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♠ Déjeuner d'Affaire avec une Veuve Noire.

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Posté dans ♠ Déjeuner d'Affaire avec une Veuve Noire.   - Dim 23 Sep 2012 - 4:11

Ces derniers temps, rien n'allaient comme le souhaitait Dame Selim. Bien qu'elle avait résolu son problème de vendeuse et de musicien personnel, l'un de ses principaux problèmes, la liste de celle-ci était encore importante. Assise dans le bureau de son dernier époux, décédé depuis, elle faisait ses compte et trouvait qu'il manquait quelque chose à ses affaires pour les rendre plus distrayantes. Elle avait le besoin d'avoir un nouveau but, mais de quel genre ? Les affaires avec son partenaire allaient mal, au point qu'elle ne pouvait rien faire pour le moment et que le temps la pressait. Tout en laissant sa plume tomber sur ses notes, elle posait enfin son dos sur le dossier de son fauteuil, l'air lasse. La côte de popularité en prenait un coup. Elle n'avait rien lancé depuis des mois pour faire de nouveau parler d'elle et craignait qu'on l'eut déjà oublié. Son regard absent, elle fixait les multiples bibelots de son défunt époux et finit par trouver ceci étrange d'y voir plusieurs petits vaisseaux. Que ceux-ci soient utilisé comme presse-papier, comme petits objets décoratifs ou bien comme coupe-papier... Selim remarquait enfin après plus d'un an après le décès de son époux, que dans le bureau de celui-ci, à côté de sa photo de mariage il y avait autant d'objets mécaniques. Curieuse, elle cherchait dans sa mémoire si celui-ci lui avait déjà parlé d'un quelconque amour pour ces petites choses. Hélas, elle n'y trouvait rien, mais en revanche, elle se rappelait qu'avant la naissance de leur enfant -mort né peut de temps après le père- le vieil homme lui avait confié qu'il était sur un grand projet qui une fois bien lancé, devrait rapporter assez d'argent pour veiller à ce que l'enfant et elle ne manque de rien.

Songeuse, elle se levait de sa chaise pour se diriger vers une vitrine dans laquelle reposaient des maquettes poussiéreuses de vaisseaux déjà connu de nos jours. Elle fit plus ou moins le tour du bureau, observait plus attentivement la bibliothèque sans rien trouver si ce n'est une passion folle pour la mécanique, les vaisseaux, des records et quelques schémas jaunis. A force de toucher à toute cette poussière, une crise d'éternuement la toucha. Cette sensation désagréable que votre palais vous gratte, que votre nez vous pique et les yeux qui vous poussent à les laisser se fermer un instant. S'en suivi un puis deux puis une dizaine d'éternuement. Lorsqu'elle avait dépassé le cinquième, Selim finissait par pester tout en continuant d'éternuer. A force de hocher la tête à chaque éternuement, le dernier de ceux-ci lui permit de voir un coffre rangeait sur la dernière étagère de la bibliothèque. Après s'être armé d'un mouchoir, elle alla délicatement déloger ce trésor et l'épousseter. A sa mauvaise surprise, elle découvrir qu'elle allait devoir trouver un clé pour continuer son inspection et déposait alors le lourd coffre sur le bureau. Reprenant sa place, elle commençait à fouiller et chercher une clé qui pourrait lui permettre d'ouvrir un tel coffre, suppliant Vama que son défunt mari ne l'est pas emporté avec lui dans la tombe. Après avoir passé le bureau au peigne fin, elle s'attaquait aux tiroirs et soupira de bonheur lorsqu'elle trouva enfin une petite clé lourde et richement décorée capable d'ouvrir le fameux trésor.

Le résultat fut au premier coup d’œil inintéressant, car à la place d'or et de bijoux, Selim ne trouvait que des schémas jaunis par le temps, un compas, une règle pliée en trois, un petit cahier de note et une boussole. Néanmoins, elle se força un peu à s’intéresser à ses vieilleries et elle fit bien, car les plans qu'elle avait là était ceux de vaisseaux pensés et dessinés par son troisième et défunt époux. Une idée vint aussitôt à la tête de la jeune femme, si elle mettait ces schémas en constructions, puis en vente auprès des marchants et bourgeois, elle pourrait en tirer une bonne affaire, donner une réception à sa boutique de parfum et se servir de son musicien pour les distraire. Oui. Selim entendait déjà le son de la douce harpe jouer une mélodie victorieuse. L'idée était bonne à être exploité. Aussitôt, elle s'empressait de fouiller dans le petit cahier pour trouver le nom d'un homme capable de réaliser son projet. Elle trouvait enfin un nom, mais celui-ci ne pouvait pas l'aider... Le pauvre homme en question était mort depuis déjà quelques mois. Selim soupirait. Où allait elle trouver quelqu'un de compétant pour réaliser ceci maintenant ? Massant ses tempes, fermant ses yeux, elle fouillait une nouvelle fois dans sa mémoire. Avec tout les gens qu'elle croissait, qu'elle côtoyait, elle devait bien avoir entendu parler une fois d'une personne capable de faire ça pour elle. Elle remontait alors jusqu'à l'époque où elle vivait à  Midel-Heim avec son second époux, le plus mauvais qu'elle eut jamais connu mais aussi celui-ci lui permit d'apprendre comment confectionner un poison efficace. Le nom de Météora lui revint alors à l'esprit. C'était un vivenef célèbre pour ses performances et il lui semblait même que son troisième époux lui en ai parlé un jour. Néanmoins, elle n'arrivait pas à remettre la main sur le nom de la famille qui l'avait en sa possession et c'est en cherchant dans le livre des records qu'elle y retrouvait le nom, Nelligan.

Une fois le nom trouvé, elle n'eut pas trop de mal à trouver le reste des formalités pour envoyer aussitôt une lettre à M. Nelligan.

Dame Selim a écrit:
Cher Sieur Nelligan,

J'espère qu'il fait bon vivre à  Midel-Heim et que vous vous portez à ravir.
Je me permet de vous contacter dans le plus simple appareil pour vous demander vos services d'expert. Voyez vous, mon défunt époux, que Vama le garde à ses côtés, m'a laissé dans son héritage quelques plans de constructions qui sont pour moi un véritable casse-tête korrulien. Il ne s'agit pas de petits schémas non-réfléchie ou bien encore des fantaisies. Ils sont minutieusement bien pensé, car connaissant mon défunt époux, qu'il repose en paix, le travail ne peut être que sérieux.

Si le projet vous convient, sachez que je serais présente à  Midel-Heim la semaine prochaine pour quelques autres affaires.
S'il vous en dit donc, nous pourrons parler de ma requête en personne.

Agréablement,
Dame Selim, Parfumeuse de L'Artkange.

Cachetant sa lettre d'un tampon représentant une tête d'un animal bien connu à Matroos, elle demanda à une domestique de se presser pour faire apporter cette lettre à son destinataire, puis alla faire sa valise de voyage. Il y avait fort longtemps qu'elle n'avait pas remit les pieds là-bas. De biens mauvais souvenirs lui hantés l'esprit. Là-bas, on la connaissait généralement sous le nom de son second époux, un homme colérique et ivrogne qui avaient des dettes monstrueuses. Personne ne regrettait celui-ci et au fond d'elle, même si elle savait toute l'histoire et qu'il était maintenant bien mort, s'était une véritable épreuve que de retourner vivre dans son ancienne demeure quelques temps. Pour le bien de ses affaires, elle se forçait donc à le faire et c'est en fin de journée qu'elle prit le large pour regarder  Midel-Heim.

Une fois arrivé là-bas, après un temps de voyage long mais confortable, elle put se détendre un peu en ville avant de regarder son ancien domicile. La première chose qu'elle demanda alors qu'on fasse, ce fut d'y faire le ménage pendant qu'elle allait rendre visite à de vieilles connaissances pour s'informer des nouvelles d'ici. Comme elle l'eut pensé, une petite poignée de personne se souvenait encore d'elle en particulier grâce à sa beauté, car du temps qu'elle vivait ici, elle était l'une des plus belles jeunes épouses de  Midel-Heim. En rentrant chez elle, elle eut le plaisir d'avoir la confirmation de Sieur Nelligan pour la voir pendant son séjour ici. Ce qu'elle ne savait pas ci celui-ci était le grand père, le père ou l'un des fils Nelligan. Comment pourrait elle le savoir de toute évidence ? Pour elle, s'était avec le grand-père avec qui elle s'entretiendrait. Elle allait avoir une bonne surprise à ce sujet... Après quelques nuits inconfortables à cauchemarder, le jour J arriva enfin et joliment toilettée et coiffée, Selim se rendit au lieu de rendez-vous, sur la terrasse communale de Midel-Heim. Pendant qu'elle attendait sagement l'arrivait de l'homme avec qui elle aurait un contrat à faire en ce petit matin, elle profitait du temps qu'elle avait encore pour observer la vitrine de la boutique de Kalaan. En temps que femme, croqueuse d'homme qui plus est, les bijoux l'attiraient et l'hypnotisaient.
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Posté dans Re: ♠ Déjeuner d'Affaire avec une Veuve Noire.   - Lun 24 Sep 2012 - 11:40

« On refait un essai avec la nouvelle calibration. Amorce une poussée à 73 degrés et monte jusqu’à 50 %...Doucement, je veux entendre la révolution des réacteurs. »

Cela faisait déjà plus de quinze jours que Nathaniel travaillait sur la réparation de ce vaisseau, mais il ne s’en laissait pas. Habitué à travailler ces derniers temps sur de la machinerie agricole assez ennuyeuse, s’attaquer à la complexité d’un navire de course était plus que rafraichissant pour lui. Ce modèle possédait deux immenses moteurs superposé au –dessus et en-dessous de la coque, ce qui demandait beaucoup de réglages précis pour assurer une bonne manœuvrabilité. Lorsqu’on lui avait présenté l’appareil, celui-ci était dans un triste état. La machinerie était rouillée, l’huile suintait d’un peu partout et surtout, un des réacteurs était complètement fissuré, le résultat d’une mauvaise calibration et d’un sur usage avec une négligence totale côté maintenance. L’ingénieur avait demandé une fortune pour le restaurer et avait été étonné de voir le client accepter. L’homme était un pilote à la retraite qui avait eu ses heures de gloire grâce à cet engin. Nathaniel avait donc rassemblé une équipe de trois mécaniciens et l’aventure avait débuté. Rapidement, le vaisseau reprenait une forme moderne mais beaucoup de travail restait à faire, surtout sur le moteur brisé. Trouver de la documentation sur l’appareil avait pris beaucoup de temps et Nathaniel était forcé de travailler à l’instinct la plupart du temps. Ce n’était pas quelque chose qui le dérangeait réellement, puisque c’était après tout son talent et sa passion. Faire de l’ingénierie lui faisait oublier tout le reste : sa solitude, la situation financière précaire de sa famille, l’aptitude de son frère ainé à être meilleur que lui dans tous les domaines, et son père casse-pieds.

Il écouta le bruit du moteur et hocha de la tête légèrement, satisfait. L’appareil se soulevait de façon correcte et on pouvait sentir l’équilibre de puissance. Le jeune Nelligan fit signe à son acolyte d’éteindre le tout. Daime semblait plutôt content du résultat et déclara un peu trop vite qu’ils avaient réussis. Nathaniel le regarda fixement à travers ses lunettes de travail qu’il rajuste d’une main gantée.

« Réussi ? Le réacteur supérieur est encore fissuré selon moi. On peut voir des volutes de fumée s’échapper sur la longueur du concentrateur. On a l’impression que sa marche parce que c’est le réacteur inférieur qui soutient l’appareil. Si on laisse les choses en état, le déséquilibre de la poussée amènera une tension sur tout le squelette du vaisseau. Et dans quelques mois, notre client aura la chance de voir son vaisseau se scinder en deux parties…En plein vol. »

Après un moment de silence embarrassant, Nathaniel prit congé du mécanicien en l’envoyant refaire une batterie complète de tests et lui demanda de recontacter l’homme qui s’était occupé de réparer le moteur supérieur. Lui et le Nelligan aurait une petite discussion sur la qualité du travail. Nathaniel s’en voulut de ne pas avoir fait le travail lui-même, sans quoi aujourd’hui il n’y aurait plus de fuite. De toute évidence, on ne peut faire confiance qu’à soi-même. Pourtant Nathaniel n’en demandait pas beaucoup. Un peu de savoir-faire et une conscience de la qualité nécessaire à donner à un travail de cette envergure. La réputation de sa famille était en jeu. Si seulement il pouvait se dédoubler… Mais le jeune homme oublia vite cette pensée, deux fois sa personne serait un peu trop pour ses pauvres nerfs. Il prit une petite pause et demanda qu’on lui apporte du thé.

Comme la plupart des Nelligan, Nath’ n’était pas porté à l’élégance ni à la beauté qu’adorait les familles marchandes en général. Il but sa tasse assis sur un bloc d’alimentation graisseux et rouillé, ses vêtements parsemés de taches d’huile et divers autres composants. Un mécanicien lui apporta deux lettres attachées ensemble. La première était incontestablement de son grand-père, Gramps comme il l’appelait souvent. L’autre venait d’une femme qu’il n’avait jamais rencontrée. L’ingénieur parcouru rapidement la lettre de son chef de famille.

Gramps Nelligan a écrit:

Nathaniel,
J’ai il y a peu reçu cette lettre d’une bourgeoise, Selim Mustang, une femme d’Errande si mes informations sont correctes. Selon son message, celle-ci possèderait des plans de vaisseaux complets de la part de son défunt mari. Je n’aurais pas prêté attention si l’on ne m’avait pas divulgué le nom de l’homme. Je suis actuellement en négociation avec la milice de Matroos par rapport au renouvellement de notre contrat d’entretien des aéronefs de guerre et je suis donc indisponible à la rencontrer. Ton père effectue des vols de routine sur le Méteora et ton grand-frère est à son habitude en train de perdre son temps. J’aimerais donc que ce soit toi qui rencontre cette femme. Qui plus est, elle sera peut-être plus portée à dialoguer vu ton plus jeune âge que le mien ! Estime la valeur de ses plans et voit ce qu’elle veut en faire. Tu connais nos politiques par rapport à ce genre de cas et je te fais donc confiance par rapport aux accords commerciaux.

N’oublie pas que notre situation financière est plus que fragile, alors ne laisse pas tes émotions ruiner cette affaire. Je dis ça, mais tu sais très bien que tu as toute ma confiance.

Bonne chance. Gramps.

Nathaniel reposa la lettre en soupirant. Il n’aimait pas jouer les garçons de course, même avec son grand-père. C’était l’une des raisons pour laquelle il travaillait directement dans la mécanique, il détestait reléguer des tâches. Enfin bon, au moins aurait-il le temps de terminer son ouvrage ici et puis, avec un peu de chance les plans de la femme seraient incomplets et la rencontre serait courte. Après avoir lu la lettre originale de la veuve, l’ingénieur fit signe à un domestique de signifier sa présence au rendez-vous demandé. Son nom lui disait quelque chose, mais semblait seulement se rattacher à un autre, celui d’un homme ayant vécu à Midel-Heim, mais qui était mort aujourd’hui. Un type de très mauvaise réputation. Es-ce que c’était lui, le mari dont parlait Selim dans sa lettre ? Nathaniel pouvait alors très mal imaginer que ces plans auraient une quelconque valeur… Après une ou deux minutes, il fourra les lettres dans la poche de son manteau de mécanicien et reprit le travail. Ces réacteurs n’allaient pas se calibrer tout seul…

L’homme se présenta à la terrasse communale avec un léger retard calculé. Il ne fallait jamais laisser l’impression à un potentiel client que l’on avait trop besoin de son argent. À ce moment-là, on perdait le contrôle de toute négociation et on finissait plumé à tous les coups. Nathaniel était loin d’être un commerçant ou un habile négociateur, mais son grand-père lui avait dit une fois que sa rigidité dû à son domaine de maîtrise le rendait tout à fait apte à ce genre de discussion commerciale. Ce serait une bonne façon de le vérifier en tout cas. On avait fourni au Nelligan une description sommaire de l’apparence de la femme, basé sur des ragots colporté entre les domestiques et la plèbe en général. Nathaniel méprisait ce genre de combine en bon noble qu’il était, et n’oubliait pas du même coup que le sang de Selim était plus qu’ordinaire. Repérant sommairement la femme avait qui il allait converser, le jeune homme inspecta ses vêtements, beaucoup plus propres que la moyenne. Il portait le manteau brun des ingénieurs de Matroos, avec le sigle de sa famille en noir dans le dos et sur l’épaule, par-dessus un gilet gris simple mais d’un matériel de bonne qualité. Il portait enfin aux mains les traditionnels gants sans doigts des Nelligan, devenus un symbole de sa famille avec le temps, d’un blanc étincelant et portant encore une fois le symbole de sa famille sur le revers des paumes. Satisfait, il s’avança jusqu’à elle, qui regardait le contenu de la vitrine d’un magasin de bijoux. Nathaniel songea qu’elle semblait hypnotisée, mais le fut également à son tour. Par elle. Il n’avait pas remarqué à quel point la dame était dotée d’une grande beauté avant de la voir de près. L’ingénieur se surpris à être légèrement décontenancé, mais reprit rapidement ses esprits. Il se demanda si elle l’avait remarqué. Après un moment de silence durant lesquels leurs yeux se croisèrent, Nathaniel déclencha les hostilités.

« Je suis Nathaniel. Nathaniel Nelligan. Vous devez être Dame Selim. Parfumeuse si j’ai bien compris ? Voilà une science qui m’échappe en totalité… »


Après moins d’une minute, ils étaient assis à une table et une servante leur amenait quelque chose à boire. Il avait commandé du thé à son habitude. Par tradition familiale, Nathaniel avait fait la bise à la paume de la femme, une coutume complètement ridicule mais qui s’accordait avec les joies de mercantilisme. Essayant de ne pas se laisser déconcentrer par l’allure de la dame, l’ingénieur amorça les discussions.

« Je souhaite d’abord vous donner de ma part et de celles de ma familles nos condoléances pour la mort de votre mari. Un homme influent qui manquera à plusieurs personnes. Vous devrez également excuser mon grand-père de ne pouvoir vous rencontrer personnellement. Il est actuellement en pleine négociation avec les hautes sphères de la milice. »

Nathaniel remercia sommairement la serveuse pour la tasse de thé dont le contenu était plus aisé à regarder que son interlocutrice, puis leva enfin son regard gris acier.

« Vous m’excuserez mais si j’ai bien compris, vous êtes issue d’une famille marchande, si j’ai bien compris… Parlez-moi un peu de votre famille, Dame Selim. Je suis intrigué. »

Façon coquette de dire qu’il devait vérifier si la femme avait de quoi subventionner un contrat marchand. Il faut dire que contrairement à bien des nobles, Nathaniel ne se tenait pas beaucoup au courant de l’univers marchand. Il ne pouvait donc pas savoir la situation financière de Selim, du moins pas totalement. Puis, l’ingénieur avait envie de voir quelle était la personnalité de la femme, afin de pouvoir la jauger pour plus tard…
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Posté dans Re: ♠ Déjeuner d'Affaire avec une Veuve Noire.   - Lun 24 Sep 2012 - 14:49

Selim était en train d'émettre plusieurs hypothèses sur la qualité et la valeur des pierres quand un jeune homme vient à sa rencontre. Croisant une première fois son regard dans le reflet de la vitrine, elle émit un léger sourire en remarquant, comme la majorité des hommes qui la croisait, que celui-ci ne faisait pas une entorse à la règle. Mais elle n'était pas la pour faire du charme à un bel homme, mais plutôt pour des affaires très sérieuses. Fine observatrice, elle remarquait avec étonnement le symbole de la famille Nelligan sur les gants du jeune homme. Le léger sourire laissait alors place à un sourire plus affirmé et presque malsain alors que ses beaux yeux bleus se plissèrent un instant pour montrer toute la malice qu'ils comprenaient. Tout en se redressant lentement, puis se tournant avec la douceur d'une petite poupée mécanique, elle avait retrouvait ses yeux de biche et son sourire candide. D'une voix douce elle lui sifflait alors une petite réprimande, lui indiquant qu'elle était une femme pressée qui n'avait aucun temps à perdre. Bien qu'elle aimait être en retard pour qu'on attende sa venue, elle n'aimait pas attendre à son tour et mettait ça dans le domaine des mauvais points lorsqu'il s'agissait des contrats. En vérité, c'était plutôt de la mauvaise fois et probablement même une pointe de narcissisme.

- Vous êtes en retard, Nathaniel. Le royaume des odeurs est plus un lieu de senteur plutôt qu'une science si vous voulez mon avis, enfin pour ceux qui ont le nez.

Malgré son rang de bourgeoise obtenu par alliance à deux reprises, Selim restait une fille de marchand avec les manières qui allaient avec. Lui laissant alors baiser sa main dans un élan de grâce qu'elle pouvait encore s'estimait heureuse d'avoir gardé, elle le saluait à son tour avec une petite courbette maniéré. Quelques instant plus tard, une fois les présentations plus où moins faite avec les formes qu'il fallait leurs apporter, ils allaient prendre place à une table et Selim commandait à son habitude un thé doux et sucré. Silencieuse, elle n'en gardait pas moins son sourire confiant et son regard perçant, écoutant attentivement le jeune représentant de la famille Nelligan. C'est avec étonnement qu'elle apprit que le plus âgé des Nelligan était encore en service et de qui plus est, toujours en lien avec la Milice. Elle qui avait l'habitude de parler avec des hommes plus mûrs était assez déçue de n'avoir pas pu s'entretenir directement avec le chef de famille en qui elle aurait eu une plus grande confiance. La serveuse vint porter les commandes et Selim se saisit de la tasse et de sa soucoupe et la portait à ses lèvres tout en ne perdant pas une miette des explications du jeune homme. Décidément, celui-ci s'excuser énormément et Selim finit par se demander si ceci n'était pas un tic de langage amusant. A son grand étonnement, il lui demandait de parler de sa famille. Voilà une question à laquelle elle n'avait pas répondu depuis plusieurs années. Depuis son premier mariage avec un marchand, probablement même. Avec un sourire faussement gêné, elle reposait sa tasse sur la table et après avoir joint ses doigts elle réfléchit à ce qu'elle pourrait bien lui révéler.

- Effectivement, je suis née d'une famille marchande. Voilà un bon moment qu'on ne m'avait plus appelé par mon nom de jeune fille. C'est assez flatteur. La famille Mustang, d'Errande, fut un temps très connu pour nos pierres... Enfin, ce temps est bien loin à présent. On ne peut pas dire que les Mustang son très puissant de nos jours, je dirais même qu'ils ont perdu tout leur capital. Mais laissons cette affaire de côté voulez-vous ? Il ne s'agit pas de faire affaire avec la famille Mustang, mais plutôt avec moi.

Elle marquait un temps de pose. Sa réplique pouvait paraître choquante elle venait de mettre une barrière entre ses racines et elle même. Se rendant compte de ceci et de l'impact qu'il venait d'y avoir, elle s'empressait de se justifier. Fine manipulatrice qu'elle est.

- La matriarche ne me porte pas dans son cœur et le vivenef familial m'a était comme refusée après mes échecs matrimoniaux. On vont mari de force, vous souille, vous offrez de qu'on redorer le blason familial et voilà comment on vous remercie. En vous mettant dehors en utilisant comme prétexte votre nouveau rang. Ironie du sort.

Avec un sourire pincé et amère, elle essayait de savourer une nouvelle gorgée de son thé avant de poursuivre.

- Aujourd'hui j'assume entièrement mes finances et celles-ci se portent à merveille. Mais quelque chose me manquait. Une nouvelle ambition. Un nouveau projet. Vous voyez ? D'où ma lettre à votre aïeul. J'ai en ma possession plusieurs plans. Néanmoins, je ne compte pas tous vous les montrer. Probablement un. Histoire de ne pas trop m'avancer et perdre des sommes montreuses si par malheur le projet n'aboutissait pas. Dans le cas contraire, je serais ravie de poursuivre mes affaires avec votre famille.

D'un air plus lointain, elle repoussait lentement sa tasse à demi-vide et d'un ton plus que froid et plus que sérieux elle reprit le file de sa proposition.

- Bien entendu, si vous n'êtes pas intéressé par ce marché il est inutile d'en parler plus encore et je m'excuserai de vous avoir fait perdre un temps précieux. Dans le cas contraire. J'aimerai savoir laquelle des catégories est la moins chère pour construire un de ces transports chez vous. Non pas que je n'ai pas les moyens pour financer plus. Disons que c'est un pré-marché, un petit test de routine. Vous devez avoir l'habitude d'en faire, des tests de routines... Une petite analyse globale pour savoir dans quoi je vais me lancer.

Selim était connue en Errande pour ne pas être une marchande facile. Elle n'était pas rapiat ni même voleuse, elle aimait seulement les marchandises de qualités et rentables. Sans quoi, il était impossible de faire affaire avec cette femme. Plutôt franche en affaire, n'aimant faire le tour du pot pendant des heures pour venir au sujet qui l’intéressait, elle pouvait en déstabiliser plus d'un, en braquer d'autres, mais des fois ce genre de contact passait plutôt bien. Elle était une femme qui savait ce qu'elle voulait, ce qui mettait à l'aise les marchands par moment. Néanmoins, si celui ci refusait sa requête, elle se demandait bien où elle pourrait trouver un nouveau marchand pour mener à bien ce projet.
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Posté dans Re: ♠ Déjeuner d'Affaire avec une Veuve Noire.   - Lun 24 Sep 2012 - 16:20

Nathaniel se contenta de boire son thé pendant que la dame parlait, afin de garder sa concentration. Celui-ci n’avait rien de très bon, trop doux à son goût, une boisson de femme… Il repensa aux remontrances de la parfumeuse à son arrivée. Croyait-elle vraiment intimider une des familles les plus puissantes de Midel-Heim avec ce genre de caprice ? Elle avait de la chance qu’on s’intéresse à elle, rien de plus. Cela dit, jusqu’à voir la nature des fameux plans, Nath’ serait forcé de garder un certain civisme chaleureux avec elle. Si jamais c’était un mensonge ou encore des gribouillages, ou même simplement des dessins dépassés par le temps, elle paierait, d’une façon ou d’une autre. Pour le moment, l’ingénieur resterait donc courtois, la beauté de la femme aidant naturellement en ce sens, volontairement ou pas. La nature humaine ne pouvait pas être trompée, et Nathaniel avait bien l’impression que cette Selim en était bien au courant. Le jeune homme n’avait pas oublié la disparité entre l’âge de la fille et de son feu mari…

Elle parla de sa famille avec un certain étonnement et Nathaniel se demanda s’il n’avait pas affaire à une hurluberlue lorsqu’elle annonça son rejet familial. Ce n’était jamais bon signe, même si Selim avait sans doute ses raisons. Un certain blocage survint par rapport au sujet et Nathaniel fronça légèrement les sourcils lorsqu’elle ferma avec force la porte sur sa famille. Elle sembla s’en rendre compte et donna d’autres détails qui faisaient un peu froid dans le dos, mais pas pour les bonnes raisons. Cette femme avait du vécu et surtout, des frustrations. On pouvait déjà voir que traiter avec elle ne serait pas aisé, comme partenaire financier, qui plus est. L’ingénieur était satisfait du déroulement de la conversation jusqu’ici. Selim Mustang était une femme, et les femmes sont tout autant soumises à leurs émotions que les hommes le sont aux…aux femmes, justement. Utiliser le thème de la famille la ferait peut-être commettre des erreurs plus tard. Très intéressant.

Enfin vint le sujet des finances que Nathaniel attendait aussi. Évidemment, elle lui répondit que tout allait bien, qui aurait fait le contraire. Mais le jeune homme n’était pas vraiment convaincu. Sans soutien de sa famille, sa fortune ne pouvait être si élevée. Peut-être l’héritage de son défunt mari ? Dans tous les cas, on pouvait se faire une idée relative de ses moyens et de son sérieux. Il souffla du nez lorsqu’elle parla des plans et surtout du fait que Nathaniel n’aurait l’occasion d’en voir qu’un seul. Cela lui indiquait plusieurs choses pour la suite, à savoir les avantages qu’il aurait contre Selim. La femme exprima ses désirs par rapport à son projet et l’ingénieur eut un petit sourire en hochant légèrement la tête et les yeux avant de prendre une gorgée de thé, aussi mauvais soit-il. Cette Mustang avait appris à marchander, très bien même. Mais elle marchait en territoire inconnu actuellement. Nathaniel releva la tête pour croiser son beau regard et se concentra.

« Il faut m’excuser, connaître votre passé m’est nécessaire afin de mieux connaitre un potentiel partenaire pour nos services. Merci de votre honnêteté à ce sujet. Même si je suis d’avis que nous devons toujours respecter notre famille et notre héritage, toutes les familles ne vivent pas la noblesse de la même manière. En effet, nous traiterons avec vous et non avec les marchands Mustang. Vous devez toutefois comprendre que nous ne pourrons alors pas discuter de projets relatifs aux vivenefs étant donné votre état de bourgeoise. Nous souhaitons un jour ouvrir ce marché aux classes inférieures mais ce jour n’est pas venu malheureusement. »

Nathaniel ignorait la nature des plans du mari mort mais suspectait qu’il ne s’agissait pas de vivenefs vu les questions et les intentions de Selim. Enfin, une parfumeuse était-elle capable de différencier les plans d’une vivenef et d’un vaisseau standard. Quelque chose lui disait de ne pas sous-estimer cette jolie dame.

« La famille Nelligan est intéressée, tout du moins intriguée par votre projet. Cependant, par rapport à votre souhait par rapport aux plans, je dois tout de même vous mettre en garde que nous ne pourrons jouer qu’à jeux égal. De mon côté, j’ai les meilleurs constructeurs de vaisseaux de Matroos. Nous ne sommes ni mécaniciens, ni commerçants. Nous sommes ingénieurs. De la conception jusqu’à la vente, nous menons la barque. Trois vivenefs actives, les plus grands chantiers de construction d’aéronefs. Vous me demandez quel serait nos modèles les plus abordables, je dois vous répondre que cela dépend. Il nous faudra voir les plans pour en décider. Vous devez comprendre qu’il s’agit là d’un aspect technique que vous auriez bien du mal à comprendre, comme j’ai bien du mal à comprendre votre art du parfum. »

Le jeune homme reposa sa tasse vide en se demandant s’il était un peu trop brutal ou bien encore trop gentil. L’important était de passer le message.

« Ainsi donc, me montrer un seul plan ne pourra vous mener qu’à un seul prix, selon nos possibilité d’adapter les conceptions à un modèle existant et que nous fabriquons déjà, ou bien un design entièrement original. Quel est la vocation de votre projet ? Le transport de marchandises, de passagers ? De nature militaire, sportive ou civile ? Il serait un bon moment de m’expliquer plus en détail quelle est votre ambition, afin que nous puissions mieux comprendre vos besoins. »

Nathaniel leva un peu les mains pour exprimer son impuissance par rapport à ces détails importants.

« Il faut également comprendre que la production de vaisseaux, même dans un test de routine comme vous dites, est foncièrement différant de la mise en marché d’un parfum. Nous sommes prêts à collaborer avec vous pour cette entreprise, mais il faudra en respecter les termes. À savoir que nous devrons nous accorder sur l’usage de ces plans qui ne pourront, logiquement, rester votre entière propriété. »

Le jeune homme savait que sa dernière phrase marquait un changement brutal dans l’humeur et la nature de la discussion, ainsi décida-t-il de la laisser à présent. De toute façon il se perdait un peu dans l’océan de ses yeux….
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Posté dans Re: ♠ Déjeuner d'Affaire avec une Veuve Noire.   - Mar 25 Sep 2012 - 7:41

Un vide vient à se faire dans l'esprit de Selim, pendant un court instant elle crut même que son cœur n'était qu'une simple machine mécanique qu'il fallait maintenant remonter après avoir parlé de la chute de son titre. A l'époque, l'aspect bourgeois lui semblait plus fêtard, plus brillant, plus luxueux... Maintenant à son âge, elle n'avait plus la même notion de cette idée de fête. L'idée de gagner de l'argent sur le dos des bourgeois lui paraissait bien moins bonne à présent. Hélas il n'était plus possible de faire machine arrière maintenant, du moins, elle n'avait pas encore trouvé la solution pour redorer son statut de marchande. Vu par certain comme étant une paria, du moins pour les famille marchande les plus nobles, elle devait jouer de subtilité pour arriver à traiter avec cette classe qui avant lui avait tendu la main à plusieurs reprises. Se rendant compte que ses fantômes étaient en train de prendre le dessus, elle se ressaisit bien vite et rejetait de nouveau se passé bien trop sombre pour reprendre la main. Droite sur sa chaise, le menton fière et le regard autoritaire, elle restait de fer sous une apparence de douceur et de beauté. La dernière phrase de l'homme lui déplus et ceci était bien normal. Néanmoins, elle n'émettait qu'un simple claquement de langue sur son palais pour montrer son mécontentement.

- Je vois. Néanmoins, je ne fais pas assez confiance à votre entreprise pour mettre en danger mes intentions. Ni voyez rien de personnel. Votre famille est plus que respectable.

Attrapant sa petite sacoche de cuir noir sur ses genoux, elle tirait de celui-ci plusieurs rouleaux au nombre de douze. Elle avait prit soin de les observer avant de les apporter à cet entrevue. Il n'était pas tous au complet ici, un seul était resté dans sa chambre, enfermé à double tours. Celui ci avait apparemment bien trop de valeur pour qu'elle l'emporte avec elle ce jour ci. Délicatement, elle posait en silence les douze travaux sur la table, mettant au passage les tasses sur le côté de la table. Les douze rouleaux étaient celés par le poinçon de la famille Mustang, sur une cire de bougie bleuté. Celui-ci était un oiseau très particulier au long cou et au long bec. Généralement ce type d'oiseau était d'une blancheur magnifique et avait une grande grâce. Devant ce symbole familial, Selim eut un petite sourire, les Mustang méritaient ils encore ce symbole ? Ou du moins, méritait elle encore de l'utiliser ? Posant ses avant bras sur la table, ses doigts se touchant, elle attendait qu'il fasse son choix. Sereine, elle lui expliqua alors comment ils pourraient procéder pour trouver un terrain d'entente.

- Voici ce que je vous propose. Vous avez devant vous, douze travaux. Ne pouvant vous montrer les douze, ne pouvant vous dire ce que je souhaite exactement sur le type du vaisseau que je souhaite voir naître et n'étant pas prête à vous offrir la totalité de mes biens ici présent. Je vous donne l'occasion dans choisir un, et un seul, pour commencer. Puis Vama vous guider.

Malgré ses nombreux pêchés, l’aristocrate n'avait jamais cessé de croire en sa bonne étoile. Maintenant plus qu'avant d'ailleurs, car elle n'avait plus la chance d'être aussi jeune qu'elle l'avait été et redoutait déjà le moment où les rides parcourraient son visage. Probablement songerait elle a ce moment d'entrer dans un couvant. A moins qu'elle est une nouvelle fois l'occasion de se marier. Mais Selim pensait déjà cette époque révolu, la trentaine étant déjà à sa porte. Peut être mettrait elle l'argent qu'elle avait en sa possession aux neuves qu'elle avait de ses défunts époux. N'ayant pas d'enfant à proprement dit, elle ne pouvait offrir un héritage à sa descendance et ne voulait même pas penser à l'offrir aux Mustang après les différentes magouilles familiales. Alors, avant d'être dévorée par le temps, elle essayait de disperser son argent intelligemment.

- Je vous demanderai de faire le plus attention possible. Ces documents n'ont plus toute leur jeunesse et chaque rouleau contient de nombreux plans très descriptifs. Bien un peu trop pour moi. Vous les comprendrez bien mieux que moi de toute manière.

Si ses souvenirs étaient bons, deux étaient de petits gabaries, trois étaient des gabaries bien plus gros et imposants, cinq étaient de taille moyenne et respectable pour emporter un certain nombre d'individu et deux restaient en suspend. Selim n'avait pu définir combien de personnes pouvaient entrer à l'intérieur ni même à quoi ils pouvaient servir. Les autres, elle en avait une vague idée à cause de leur forme et de leur taille, néanmoins, elle n'était pas une spécialiste dans ce domaine et elle espérait que Nathaniel puisse lui expliquer. Elle n'aimait pas qu'on l'exclus de toute évidence des projets qui à la base étaient les siens. Bien que dans ce cas, il était à son troisième époux avant que celui-ci ne meurt.
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Posté dans Re: ♠ Déjeuner d'Affaire avec une Veuve Noire.   - Mar 25 Sep 2012 - 22:27

Nathaniel eut une certaine satisfaction à voir que sa pique avait fait effet, tant du côté du statut de bourgeoise de la femme que sa réticence à n’avoir accès qu’à un seul plan. Mais ce côté-là n’avait rien d’une ruse ; l’ingénieur avait vraiment besoin d’avoir le plus de cartes en main pour savoir si le jeu en valait la chandelle. Jusqu’ici, ils ne parlaient que dans l’hypothétique et cela l’énervait. Il avait vraiment besoin de voir au moins l’un de ces fameux plans pour savoir si tout ceci en valait réellement la peine. Selim exprima son manque de confiance envers les Nelligan, ce à quoi Nathaniel ne put que faire une moue en haussant légèrement les épaules. Si elle ne pouvait pas avoir confiance en les meilleurs constructeurs de vaisseaux de Matroos, à qui le ferait-elle ? Un manufacturier de seconde zone ? Et de son côté, pensait-elle avoir gagné la faveur de sa famille. Cette Mustang voulait clairement mener les négociations et la discussion, et réussissait jusqu’à un certain niveau. Mais pour l’instant, trop de zones restaient floues, et Nathaniel n’était pas le genre d’homme à donner dans la futilité. Jamais un être vraiment social, il ne pouvait se montrer sympathique parfois, à l’occasion. Mais pas aujourd’hui. Sa politesse était le masque lui permettant de cacher ses vraies émotions.

Il se demande si Selim jouait un jeu similaire. Sans doute. Mais elle avait plus d’expérience, et la différence d’âge la plaçait en position de force d’une certaine manière. Nathaniel n’avait que sa connaissance du domaine des vaisseaux pour rester à flot. La femme s’appuya sur la table et le Nelligan suivit les froissements de ses vêtements alors qu’elle déposait sur la table une douzaine de rouleaux à l’apparence identique. Le symbole sur le sceau des documents lui rappelait quelque chose. L’homme fouilla sa mémoire et trouva enfin ; enfant, on l’avait forcé à apprendre les noms et les symboles de toutes les familles marchandes de Matroos. Jusqu’à aujourd’hui, le nom de Mustang n’avait jamais refait surface et c’est ainsi qu’il avait oublié. N’était-il pas ironique d’utiliser le symbole d’une famille dont l’on ne souhaitait plus l’affiliation ? Décidément, cette femme avait des secrets à enterrer ou encore déjà cachés. Il n’aurait pu se douter de la nature monstrueuse de ceux-ci, mais pour l’heure essayait toujours de se faire un meilleur portrait de la belle. Il écouta patiemment et fit encore la moue en voyant l’offre qu’elle lui proposait. Cette intrigue ne dépendait pas de Vama mais bien de la chance, ce qu’il lui fit remarquer après qu’elle l’aille mit en garde contre l’état fragile des documents.

« Vama guide les Nelligan depuis notre arrivée en cette lande. Nous volons droit et fier dans la voie de nos ancêtres ou de l’inconnu. C’est notre devise… Mais il n’y a devant que l’inconnu. Fort bien, je vais participer à cette offre, par respect pour la curiosité qu’a porter mon grand-père envers vous. »

Sans hésitation, il prit délicatement le rouleau directement devant lui. Donner du poids à la chance serait une faiblesse que Vama punirait un jour ou l’autre. Nathaniel en inspecta le sceau et partagea sa précédente réflexion.

« Je connais ce sigle. Je pensais que vous souhaitiez mettre votre famille derrière vous. Mais on dit que la famille est un lien indestructible. Même dans la haine, on a toujours la fierté d’en porter les armoiries. Ai-je tort, Dame Selim ? »

Il retourna le rouleau entre ses mains gantées et en brisa le sceau avec la prudence d’un mécanicien expérimenté. Repoussant délicatement les autres documents pour se faire de la place, Nathaniel déroula l’objet et en disposa le contenu sur la table avec méthodisme. L’ingénieur sut rapidement que l’affaire était sérieuse en retrouvant les divers documents standards composant habituellement les plans de vaisseaux. Après un coup d’œil à la femme, il retira ses lunettes dont il plaça l’une des branches dans le col de son gilet, avant de retourner sa concentration sur les plans. À ce moment, le reste du monde entier devint silencieux pour lui. Ses mains suivirent les lignes de la coque pendant un moment, puis s’arrêtèrent, revinrent et recommencèrent. Il était dans son propre univers à ce moment, fouillant entre les différents documents pendant au moins cinq bonnes minutes, ignorant complètement la femme.

Au bout d’un moment, il releva les yeux, et remit ses lunettes.

« Je ne sais quel métier pratiquait votre mari, mais il aurait dû l’abandonner pour travailler pour nous. C’est la première fois que je vois ce genre de modèle. Nous parlons ici d’une sorte de vaisseau capable de se projeter sur terre à grande vitesse mais aussi de prendre les. Je spécule, mais nous aurions à faire à une sorte de transporteur de bien combinant à la fois les avantages d’un véhicule et d’un vaisseau, gagnant une versatilité utile pour déjouer les navires pirates qui ne peuvent trop descendre ou monter dans les airs. Outre cela, il est fortement blindé selon les modèles. Peut-être résisterait-il à une salve du Meteora. On parle d’un tonnage d’une cinquantaine de personne. Une sorte de petit cuirassé sans armes, autrement dit. Je remarque l’absence de moteurs bi-axiaux, ce qui veut dire dans que le vaisseau sera assez lent dans les airs. Votre inventeur – Quel est son nom, dame Selim ? – semblait penser que l’avantage du sol était suffisant pour compenser. »

Il continua à regarder les plans, songeur.

« Évidemment, les moteurs et les équipements décrits par votre époux sont désuets vu le temps, mais ce sont des éléments aisément remplaçables pour nous. Si telle est votre question, il est fort possible que nous soyons en mesure de produire un tel appareil, du moins un prototype. Ce qui nous amène à la question des accords commerciaux. Les Nelligan ne construisent pas de modèles sur lesquels ils n’ont aucune part de vente. »

Nathaniel se frotta le menton en réfléchissant, les yeux toujours rivés sur les plans. Voilà longtemps que le travail d’un autre ne l’avait pas intéressé à ce point.

« Je demande 65 % des parts d’exploitation. Il faudra un large capital pour produire un prototype et nous ne prenons pas les investissements risqués, surtout lorsqu’on ignore si une niche existe sur le marché pour ce type d’appareil. Le véhicule prendra une désignation conjointe décidée par vos soins et par notre famille, en l’absence de titre sur les plans de votre mari. Pour l’instant, nous en parlerons comme le Nelligan-Mustang 1, autrement dit NM1. »

L’ingénieur se força à ne plus regarder les plans pour voir son interlocuteur, mais l’appel de la science était puissant. Il était déjà impatient à l’idée de travailler de longues heures sur cet appareil. Mais ça, il ne pouvait pas le laisser voir à cette femme.

« Avec votre accord préliminaire, j’enverrai ces plans à nos dessinateurs et sculpteurs qui nous donnerons un modèle beaucoup plus…Approchable… pour vos yeux de néophyte. Mais pour ce que j’en vois, le navire ressemble à une sorte de requin… »

[ Image disponible si Selim accepte l’envoi aux dessinateurs et sculpteurs Wink ]







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Posté dans Re: ♠ Déjeuner d'Affaire avec une Veuve Noire.   - Mer 26 Sep 2012 - 5:21

La belle Selim dans sa robe d'un bleu sombre au style victorien, faisait de son haut de corps une silhouette fine et mise en valeur alors que le bas de la robe prenait une forme plus longue et légèrement plus ample cachant ses fines jambes et ses talons d'on ne sait combien de centimètre. Complexée par sa taille, alors que celle-ci était plus que normal pour une femme, notre bel oiseau de nuit aimait gagner des hauteurs qui malgré le fait qu'ils nécessitaient un bon équilibre, lui donnait une démarche féline et légère. Ses cheveux dont le haut était joliment tressé, laisser retomber ses boucles aussi sombre qu'une nuit d'hiver sur son dos, sa gorge et ses épaules frêles qui avec le vêtement semblaient être légèrement pointus. Elle passait tellement de temps à se rendre parfaite. A rendre une image impeccable et soignée qu'elle aurait vu un affront si les gens ne prenaient pas le temps de l'observer. Fort heureusement, elle savait jouer des couleurs et de ses charmes naturels pour éviter les surplus ce qui donnait à son visage et à sa personne un aspect raffiné et léger. Raffiné et léger comme ses parfums d'ailleurs qu'on venait acheter en personne en Errande dans la boutique Mère. Néanmoins, elle ne fut nullement outrée lorsque Nathaniel observa attentivement le plan qu'il avait choisi. Si celui-ci attirait temps son attention, cela ne pourrait être que profitable à la jeune femme qui pendant que l'on observer le plan, se frottait les paumes de ses mains gantées.

- Votre grand-père ne sera pas déçu. Je peux vous l'assurer.

Ses yeux bleus perçant ne fixait plus qu'une seule chose, le Nelligan et en particulier ses mains. D'un voix fluette mais sûre d'elle, elle assurait qu'il n'était pas venu pour rien. Son regard reptilien ne perdait aucune miette et ses remarques étaient sifflantes et discrètes comme celles d'un serpent.

- Ne dit on pas que lorsqu'on le chasse le naturel, celui-ci revient au gallos ? La seule amertume que j'éprouve pour les miens est du à leur absence de reconnaissance. Les histoires de famille... Toutes compliquées et mystérieuses...

Avec minutie elle observer les gestes de l'ingénieur et ses yeux s'agrandirent un instant lorsque celui-ci se décidait à ôter ses lunettes pour admirer le travail de son défunt époux. Même après la mort de celui-ci elle allait enfin pouvoir tirer sa fortune dans ses biens. N'est-ce pas un bien beau cadeau ? Cette veuve récidiviste n'avait peut être plus aucune notion de l'amour, mais elle savait reconnaître un homme économiquement intéressant. Des trois qu'elle eut épousé, chacun lui léguait un grand trésor. Le premier l’apprentissage des parfums, le second celui des poisons et le dernier lui laissait une multitude de plans qu'elle pourrait faire naître pour remplir un peu plus ses poches et son coffre déjà bien lourd. Elle n'était peut être pas aussi riche que les Saule, mais elle valait quand même son pesant d'or. Le problème avec tout cet argent c'est que lorsqu'on en a autant, on ne sait plus quoi en faire... La capricieuse avait eu tout ce qu'elle désirait en un temps relativement court. Elle se demandait déjà ce qu'elle ferait une fois les plans tous dévoilés au grand jour. Un nouveau mariage ? Mais avec qui ? Un Saule ? Elle y réfléchit un instant, puis renonçait plus ou moins en ce rappelant que son statut de bourgeoise ne l'aiderait pas. Puis elle y revint en se disant que si elle arrivait à piéger l'un d'eux, un qui de préférence était bien né, elle n'aurait aucun mal à regagner son titre de marchande et quelques biens. Alors qu'elle voyait déjà la liste de ses invités pour inaugurer son nouveau projet, Nathaniel se mettait à parler et la tirait doucement de ses doux rêves de grandeur. D'une voix rêveuse elle expliquait qui été son défunt époux, lui faisant comprendre à quel point il avait été un homme bon avec elle et qu'il avait encore toute son admiration même après sa mort. En vérité, Selim le gardait encore dans son cœur grâce aux plans qu'elle venait de trouver et regretter seulement le fait qu'il n'en avait pu faire plus.

- Mon époux était Monsieur Cenedril. Je ne sais si votre famille aurait accepter un bourgeois dans ses rangs, de toute évidence il était un homme fort âgé qui n'avait d'yeux que pour les miens. Un homme respectable, bien aimé, qui conçu plus d'un plan pour divers bâtiments et airs de loisir. Malgré son âge, il aimait tant faire la fête. Si son physique n'avait pas été si abîmé par le temps, j'aurais cru qu'il dépassait à peine mon âge.

Regagnant son air sérieux et chassant toute frivolité, la Dame de fer faisait de nouveau acte de présence, il était temps de parler argent. Elle écoutait attentivement les points que le Nelligan avançaient. Malgré l'âge de celui-ci, de quelques années en dessous du sien, elle devait bien reconnaître qu'il avait bien plus d'expérience qu'elle sur la construction et la vente de ce genre de produit. Néanmoins, le pourcentage ne lui plaisait pas, mais elle ne pouvait se permettre de trop descendre celui-ci de crainte qu'il ne veuille prendre l'affaire par la suite.

- Disons plutôt 45%. En temps qu’experts, je suppose que votre famille et vous même en avait vu d'autres plus bancales que celui-ci de projet. Pour ce qui est de l'espace, pour ce type de transport, vous pouvez me laisser faire. J'ai l’œil pour trouver ce genre de choses, ainsi que pour faire la publicité de celui-ci. Pour ce qui est du nom... Le NM1 me va.

Son regard se fit plus dur et plus perçant à l'appellation de « néophyte », il n'avait pas tord, mais Selim était bien trop orgueilleuse pour aimer ce terme. Le nez et le menton relevé, le regard dominant, le côté snob de la jeune femme vexée faisait son entré avec charme. Tout en rangeant le reste des rouleaux, elle lui répondit sur une tonalité mesquine.

- Profitez de leur apparence du moment alors, car ils ne le seront plus dans quelques temps. J'accepte que vous les envoyaient, mais faite en une copie manuscrite. Je tiens à voir l'original sans tâche.

Elle se doutait que le pourcentage qu'elle avait proposé ne lui plairait pas, elle attendait donc à une nouvelle remarque de sa part pour poursuivre sur l'échange.
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Posté dans Re: ♠ Déjeuner d'Affaire avec une Veuve Noire.   - Mer 26 Sep 2012 - 21:53

La femme lui affirma que son grand-père ne serait pas déçu et à la lumière de la qualité de ces plans, Nathaniel pouvait affirmer qu’il serait tout du moins intéressé. Mais tout dépendrait des accords commerciaux, le vieil homme ayant toujours préféré les finances à la mécanique. Les Nelligan n’étaient pas tous des ingénieurs de talent ; son père était un pilote et son frère, un soldat. Sa petite sœur étudiait les lois de Matroos pour un jour faire de la politique. Mais tous participaient d’une manière ou d’une autre à l’entreprise familiale. Nathaniel se demandait parfois qui prendrait la relève quand Gramps tirerait sa révérance, mais rien ne lui en venait en tête. Son père lui semblait trop agité pour accepter ce genre de rôle, son grand-frère trop irresponsable, et sa sœur trop inexpérimentée. Et le jeune homme lui-même n’était pas un grand amateur de commerce, comme il le montrait ce matin. La beauté de son interlocutrice adoucissait les choses, songea-t-il. Elle était plus vieille, mais pas si vieille que ça non plus, remarqua-t-il en haussant les épaules légèrement, pour lui-même.

Elle parla ensuite de son mari. Nathaniel se demanda pourquoi sinon pour l’argent aurait Selim accepter d’épouser un vieillard. Avec son physique, tout homme de son âge était vraisemblablement à ses pieds. Était-elle vraiment riche, ou tirait-elle son argent du talent de son ancien mari ? Ce genre de question ne changeait rien de toute manière. Les plans restaient là, utilisables, prêt à projeter la famille Nelligan dans une prospérité qui lui manquait cruellement. Voilà déjà des années que l’entreprise roulait sur des chapeaux de roues, tout ça pour respecter sa philosophie ancestrale par rapport au progrès. Les Nelligan dépensaient des sommes folles dans la recherche et n’arrêterait pas de le faire, même au bord de la faillite. C’était comme ça. Un vrai noble, un vrai marchand, ne nie pas son sang et n’oublie pas ses aïeux. Selim Mustang pouvait bien utiliser les sceaux de sa famille, elle n’en restait pas moins d’un paria à son rang. Avait-elle seulement réalisé la hauteur de sa chute ?

Elle parla d’un nouveau pourcentage et le Nelligan hocha négativement de la tête, désapprobateur. Gramps n’approuverait jamais ce genre de marché. Cet investissement était un réel risque que ne pouvait se permettre la famille, et encore moins se permettre de perdre. Il jeta un nouveau regard aux plans étalés devant lui. Y avait-il là la mine d’or qu’attendait son grand-père depuis si longtemps ? Cette femme avait-elle un réel filon ? Dans tous les cas, le marché ne pouvait pas tenir sous cette forme-là. Nathaniel s’appuya un peu davantage sur la table.

« Dame Selim, notre famille n’a pas l’habitude de prendre des projets bancaux comme vous dites. Nous laissons ça aux petits joueurs qui échouent de toute manière. Vous avez les plans, certes, mais les fournir ne vous coûte rien. Nous, de notre côté, devons payer pour l’expertise, la main d’œuvre, les matériaux et l’outillage nécessaire. Dans cette affaire, nous assumons la quasi-totalité des risques. Même si vous nous fournissiez une partie des fonds nécessaire, la plus grand part du travail reste la nôtre, pour organiser la construction du NM1. La mise en marché est une étape qui viendra plus tard, importante mais qui n’est qu’une des parties de ce projet. Jusqu’à ce que la vente, si vente il y a, du NM1 rapporte quelque profit, il est non négociable que ma famille acquiert une majorité des parts des marchés sur les plans, comme garantie au cas où cette affaire ne marcherait pas. Dans ce cas-là, nous pourrons au moins vous revendre nos parts ou les vendre à quelqu’un d’autre pour couvrir nos pertes. Si la vente du NM1 se révèle profitable, nous vous revendrons les 15 % pour atteindre la moitié des parts. Nous serons donc tous les deux à parts égales dans cette affaire. C’est une procédure normale considérant que vous n’avez strictement aucun passé dans la manufacture de vaisseaux. »

Il commença lui aussi à ramasser les plans et à les replacer précieusement dans le rouleau protecteur, tout en réfléchissant à la suite.

« Sur mon sang, je promets qu’ils seront intacts, mais il faut comprendre que faire une copie d’autant de documents prendra du temps. Nous avons des ouvriers spécialisés dans ce genre de tâche et qui y seront bien plus efficaces, sans toutefois pouvoir en tirer quelque profit d’espionnage industriel. Être partenaire veut également dire avoir une confiance mutuelle. Une fois que nous aurons prouvé le potentiel de cette affaire, nous en profiterons de manière égale. Et pour répondre à votre question, certes nous n’aurions pas mis votre époux comme concepteur de vivenef, mais notre famille considère les classes inférieures importantes et nécessaires à la société, du simple ouvrier au bourgeois, comme vous, Dame Selim. »

L’homme croisa ses bras massifs sur sa poitrine, se demandant s’il avait oublié quelques choses. Il fixa son regard gris alors qu’une lumière s’allumait dans sa tête.

« En gage de bonne foi, j’aimerais alors vous inviter à visiter nos chantiers et surtout l’atelier où nous concevrons l’NM1. Nous vous assignerons également du personnel que vous pourrez orienter pour préparer votre campagne publicitaire et ajuster certains détails sur l’appareil comme la conception intérieure et la gestion de la place. Vous prendrez du même coup une expérience utile sur les vaisseaux qui sera utile par la suite. Comme vous voyez, les Nelligan sont prêts à faire de leur mieux pour vous accommoder, en autant que vous acceptiez de faire de même. Nous apprendrons à mieux nous connaître et vice-versa.»

Nathaniel songea que sa dernière phrase pouvait prendre une étrange interprétation.


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Posté dans Re: ♠ Déjeuner d'Affaire avec une Veuve Noire.   - Lun 1 Oct 2012 - 13:54

Décidément, celui-ci aimait piquer dans la plaie béante de la bourgeoise au point que celle-ci était de moins en moins disposée à passer un marché avec lui. Après un sourire venimeux, elle tendit la main vers le marchand, réclamant son du. Apparemment le vent avait tourné et les affaires avec, Selim n'était plus d'humeur à traiter avec des pincettes. A trop lui rappeler son nouveau rang, il avait réussit à faire siffler les serpents qui se dressaient sur la tête de la Gorgone, ne demandant qu'à mordre à présent.

"La confiance. Un mot et une formule magique. Je ne crois ni en la magie et encore moins en la confiance Monsieur Nelligan. Puisque l'accord ne me convient plus, je vous demande mes plans."

Les longs ongles de l'ancienne marchande semblaient être de véritable serres d'oiseaux. Elle qui quelques minutes plus tôt ressemblait à un ange, s'était soudainement changé en une de ces mutations étranges, mi-femme mi-prédateur. Elle semblait sérieuse malgré son petit sourire au coin droit de ses lèvres. Ses beaux yeux bleus qui semblaient aussi beaux et purs que l'itilium ressemblaient maintenant à un temps gris et nuageux. Son bleu parfait laissant place à un gris métallique. Ne voyant pas son bien lui revenir aussitôt dans sa main tendue, elle enchérit, expliquant pourquoi elle avait soudainement changée d'avis.

"Les pourcentages ne me plaise pas. Vos termes encore moins et donc l'envie de vous connaître et vous faire confiance me semble fortement lointaine. Faites savoir à votre Grand-père que je suis navrée de lui avoir fait déranger son petit-fils, pour traiter sur des plans de bourgeois."

Tel un oiseau de chasse, elle tournait la tête à la recherche d'un visage particulier ou plutôt un être qui serait un homme de l'ordre. Que cherchait elle à faire ? Le faire passer pour un voler ? La fourbe jeune femme avait plus d'un tour dans son sac. Si elle avait pu faire enfermer un homme d'ici une fois, aurait elle la chance de le faire une seconde fois ? Chose qui était sûr en tout cas, les plans ne reverraient probablement plus la lumière du jour avant un certain temps avec elle. Que ferait elle dans ce cas ? Une nouvelle idée avait pointé le bout de son nez. Probablement qu'elle épouserait de nouveau un marchand et qu'elle ressortirait les plans qu'à partir du moment où une nouvelle famille plus connue dépasserait les Nelligan. Selim avait de la patience, là n'était pas le souci. Sûre d'elle elle fit donc un petit geste de ses doigts pour appeler de nouveau les plans du NM1.

"Étrange que vous releviez mon statut du moment tout en tenant à garder le M de Mustang pour l’appellation du vaisseau. C'est vrai, le C aurait été plus approprié pour mon statut actuel, puisque je suis une bourgeoise comme vous dites si bien. Enfin... Personnellement je dirais plutôt que c'est une tache sur ma tenue."

Bien que le ton était resté aimable et courtois, la suite allait devenir plus froid et épineux.

"Faites attention Nelligan, les Mustang ne sont pas du genre à se laisser clore le bec avec autant de facilité. Soit nous revoyons nos pourcentage avec un ton plus cordial. Soit vous pourrez rapporter à votre Grand-père comment vous avez pu perdre une telle affaire par simple manque de tact envers une dame. A vous de voir."

Le visage glacial laissait doucement place à un visage plus tendre, la Gorgone semblant reprendre des airs de Muse.
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Posté dans Re: ♠ Déjeuner d'Affaire avec une Veuve Noire.   - Lun 8 Oct 2012 - 11:08


La femme signifia son désaccord complet et demanda les plans, ce à quoi Nathaniel répondit d’un regard incrédule et ne faisant pas un seul geste en ce sens. Quoi encore ? N’avait-elle pas compris le raisonnement des termes commerciaux ? La jolie dame était devenue bien amère tout à coup, constata-t-il, ce qui nuisait à son charme pourtant considérable. Son grand-père serait probablement parti depuis longtemps de cette table, songea l’ingénieur. Le vieil homme refusait toute négociation basée sur l’émotion, pour sa propre sécurité et pour l’honneur de l’art ancien mercantile. Cette femme réagissait comme tous les autres, en fin de compte. La question était de savoir comment lui allait réagir. Son premier instinct fut de ne pas lâcher l’affaire et encore moins lui rendre les plans avant d’avoir pu tirer le maximum de cette potentielle aventure. La porte n’était définitivement pas encore fermée. Elle expliqua alors que les parts de marchés étaient inacceptables et qu’elle n’avait aucune confiance en lui et sa famille, ce à quoi le Nelligan soupira brièvement. Quel drôle d’oiseau. À quoi s’attendait-elle de parfaits inconnus commerciaux ? Qu’on soit les meilleurs amis du monde et qu’on base le tout sur une poignée de main. N’avait-elle rien compris de ce qu’il avait expliqué ? Le potentiel de marché de cet appareil était loin d’être assuré. Sa bouche lâcha encore des insanités et Nathaniel dut rassembler sa concentration pour rester concentré. Au lieu de ça, il garda un silence froid pendant que la femme s’époumonait à loisir.

Selim Mustang fit part de son irritation par rapport à l’usage du sigle des Mustangs pour l’appellation du vaisseau, mais qu’elle soit considérée malgré tout comme une bourgeoise. Nathaniel serra les dents et attendit qu’elle termine sa phrase pour mettre fin à cette mascarade de dispute domestique.

« Tout d’abord, Dame Selim, j’aimerais exprimer mon incompréhension par rapport à votre refus des termes proposés par ma famille. Non pas le fait que vous refusiez, mais plutôt pourquoi ? Si vous n’expliquez pas vos décisions, comment pourrais-je agir pour adapter la situation. Je vous ai expliqué pourquoi nous nécessitons ce pourcentage initial. Je n’ai rien entendu de votre part sur ce sujet. La communication est clé dans cette affaire et penser que je vais céder à vos demandes sans avoir une réelle raison de le faire est…inacceptable. »

Il avait serré les poings sans s’en rendre compte, les deux bras fermement appuyé sur les plans, exprimant son refus de les rendre pour le moment.

« Maintenant, il est grand temps que vous preniez le temps de vous renseigner sur vos associés de commerce. De tous les constructeurs de Midel-Heim, nous sommes les PLUS favorables, et ce de loin, au commerce avec les classes inférieures. Insinuer que nous considérons les clients bourgeois comme négligeables, c’est insulter le travail que nous accomplissons depuis des dizaines d’années. Et ce n’est pas en tant que négociateur mais en tant que membre de cette famille que je ne le tolérerai pas. »

Il pointa le plan du vaisseau du doigt.

« Cependant, tous les marchands ne sont pas aussi ouverts que nous. Même qu’entre un produit bourgeois et un produit marchand, même les bourgeois auront tendance à aller vers les marchands, surtout si le dit marchand supporte ceux-ci depuis fort longtemps et tente de les permettre d’acquérir des vivenefs. Voilà pourquoi Mustang est sur l’appellation du vaisseau, et non pas votre nom de famille. C’est un strict intérêt de commercialisation. Comme vous voyez, nous connaissons et maîtrisons ce marché. Nous n’essayons pas d’insulter votre caste. Si un jour vous reprenez le rang de marchand, nous prendrons votre nouveau nom avec courtoisie et un respect encore une fois, total. Votre tenue, comme vous dîtes, est donc intacte et même d’une élégance rare, si je puis le permettre. »

Et son décolleté aussi, songea-t-il. Il croisa finalement les bras.

« J’ai été amplement cordial avec vous. Ce n’est pas une affaire de tact et mon Grand-père, comme vous le dîtes, a confiance en moi. Il n’accepterait pas de baisser son taux simplement parce qu’on lui demande. Je vous le demande une fois encore, expliquez-moi pourquoi ma famille devrait risquer une somme considérable d’argent sur un produit dont vous ignorez le fonctionnement, le commerce et ses multiples facettes. Et si cette réponse est claire, sensée, dénuée de subjectivité, il me fera plaisir de baisser ce taux à la hauteur de 50 %. Autrement, je vous rends les plans et vous souhaite une bonne chance pour trouver quelqu’un à Midel-Heim, ou même, tout Matroos qui acceptera de vous aider, surtout après que votre réputation se soit répandue. Nous sommes les meilleurs, Dame Selim, et de ce fait nous avons le bras long. »

Puisque le ton avait clairement monté, Nathaniel n’hésitait plus à y aller franc-jeu avec la femme. Il avait vu son regard vaguer autour d’eux.

« Et n’essayez pas de faire ce que je pense. Dans cet endroit, mon sang m’avantagera sur tous les aspects. Nous sommes partis sur de mauvaises bases, madame, mais il nous est encore possible de négocier et converser. N’ai-je pas raison ? »
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Posté dans Re: ♠ Déjeuner d'Affaire avec une Veuve Noire.   - Dim 21 Oct 2012 - 13:29

S'il ne s'était pas rendu compte de son geste, son enfermement soudain sur les plans avait été perçue par la marchande. Comme lui, elle avait soulevé un sujet glissant, la famille n'était pas un domaine à prendre à la légère. Refermant sa main et la portant à son menton, Selim observait le marchand qu'elle avait en face d'elle. Il avait beau être à peine plus jeune qu'elle, il ne semblait pas vouloir plier aussi facilement à ses demandes. Il faut dire qu'ici, elle n'avait pas l'avantage, il ne s'agissait pas de vendre des pierres ou bien encore du parfums. Demander à Selim de faire confiance à quelqu'un, c'était comme lui demander de donner aux pauvres tous ses bijoux et objets de valeurs. Peureuse, elle n'avait pas envie de faire confiance à un jeune blanc bec émotif et pourtant, elle n'aurait pas le choix cette fois-ci. Après un moment de silence, elle lui fit part de son sentiment. Cette manière d'agir, ce regard, une affaire à ne pas louper parce qu'on ne pouvait pas se le permettre, elle l'avait vu tellement de fois dans la branche Mustang. Eux qui ont la peur au ventre de perdre leurs biens. Eux qui veulent toujours plus et s'engraisser dans un sens. Du moins, c'était toujours ainsi qu'elle les avait perçu du côté de sa mère. Après, ne vivant pas avec eux tout le temps, bien qu'étant plus proche qu'eux que de la branche paternelle, Selim ne pouvait avoir un meilleur point de vue d'eux. Sentant la migraine pointer le bout de son nez, la belle respira un bon coup avant de laisser couler ses mots d'entre ses lèvres.

- Je connais cette expression. Vous en avez besoin et moi aussi.

Elle avait fait cette remarque sur le ton de la confidence en terminant son thé. Une fois sa tasse terminée, elle observait le monde qui s'était éveillé autour d'eux. D'un petit geste de la main elle fit signe en direction du milicien qu'elle observait quelques minutes plutôt. Après un coup d’œil vers Nathaniel, armée d'un petit sourire elle appelait sans gêne le serveur en lui faisant signe de venir leur apporter l'addition. Tout en posant ses bras sur la table, ses mains l'une sur l'autre comme si elle attendait quelques chose, la veuve reprit.

- Si vous tenez véritablement à ce que cela fonctionne, mettez alors un S au lieu du M... en ce moment la famille Mustang connaît une mauvaise passe. En revanche, je n'en dirais pas autant pour les Shadow. Si vous voulez bien me suivre, il est effectivement temps de faire connaissance.

Tout en réglant leur consommation, Selim quittait la table pour s'avancer de nouveau vers la vitrine qui l'avait tant hypnotisé au début de leur rendez-vous. Droite, fière, les mains gantées et jointes au niveau de son ventre, elle avançait solennellement vers sa bijouterie. Tout en ne quittant pas des yeux la vitrine, son visage semblait se tourner légèrement vers le jeune homme pour lui faire la conversation. Elle semblait lointaine comme plongée dans des souvenirs lointains, revivant les scènes une à une, passant ainsi les portes des temps et époques qu'elle avait vécue jusqu'ici. Sa voix était légère et pourtant, elle se voulait aussi fraîche et lointaine qu'un jour d'automne. La douce nostalgie qui animait alors sa bouche de poupée en porcelaine semblait les transportait dans une autre époque, la vitrine reflétant la scène qu'elle avait bien voulu lui dévoiler à ce moment.

- Laissez, c'est pour moi. Pour cette fois. Mustang n'est que le nom de jeune fille de ma mère. Comme vous avez pu le comprendre, mes rapports ne sont plus très bon ces temps ci avec eux. J'ai été élevé dans le domaine paternel, chez les Shadow. Néanmoins, nos rapport étaient étranges. Je ne saurais l'expliquer autrement, je n'ai jamais su me mettre en avant avec eux. Il faut dire que le cadre familial était assez froid. Mes grand-parents ont toujours été stricts. Il n'y eut jamais d'effusions de sentiments ou d'émotions au sein de nos repas ou réunion familial. Comment l'expliquer... C'est comme si vous mettiez un enfant au croisement de deux chemins. L'un est beau, chaud, coloré et l'autre raide, dur et gris. Comme tout enfant, j'ai pris le chemin des bonnes odeurs et des bons gâteaux où la fête battait son plein. Luxe, fête et beauté. Tss... C'est ridicule aujourd'hui, à la veille de mes un an de deuil de me rendre compte que je me suis berçais d'illusions et de fantaisies. Mais approchez et voyez comme je me suis trompée sur la valeur des choses...

De son ongle fin, elle tapotait la vitrine en lui indiquant au centre de celle-ci des créations des femmes de la famille Shadow. Une fois ceci fait, elle se redressait doucement et mit ses mains dans son dos, se tournant vers Nathaniel, elle arborait un air sérieux et pourtant un sourire navrant embrassait ses lèvres.

- Ne me demandais pas d'offrir ma main à une bête féroce. Je ne suis pas mauvaise pour un sou. Fixons, pour le moment, à 50% et je signe aussitôt. Si ce projet réussi bien, j'augmenterai le pourcentage. A chaque nouveau contrat. Voyez ceci comme un signe de confiance, nous commençons de la moyenne pour grimper les échelons.

Selim sentait quelques choses d'étrange en elle. Un vide soudainement remarqué, un cœur aussi dur que la pierre était en train d'oppresser l'intérieur de sa cage thoracique. Venait-elle de se rendre compte qu'elle avait probablement choisi le mauvais chemin ? Du haut de ses trente ans, elle n'aurait jamais cru pouvoir un jour se retrouver sur un pont branlant. Elle qui était bien peu courageuse, maintenant qu'Albie était un pilonne fêlé, comment allait elle faire ? Que devrait elle faire ? Sourire et parader comme elle l'avait toujours fait ? Elle ne le pouvait pas maintenant que les Mustang lui tournaient tour à tour le dos. Elle avait la crainte de finir isolée. Seule dans une grande maison sombre et froide comme celle où les Shadow se retrouvaient pour les fêtes. Elle qui avait toujours eu peur du noir et du silence... Allait-elle devoir finir ainsi ? Vieille et frigide dans une maison affreusement lugubre ? A cette idée, un frisson la parcouru entièrement et elle cru voir par dessus l'épaule du jeune homme, l'oncle Shadow, héritier de la vivenef Hécate.
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Posté dans Re: ♠ Déjeuner d'Affaire avec une Veuve Noire.   - Mar 30 Oct 2012 - 22:12

Nathaniel s’était rendu compte un peu trop tard que le sujet de la famille l’avait emporté quelque peu. Le message à passer était toutefois transmis et c’était ça l’important. Si les Nelligan avaient désespérément besoin de nouvelles sources de revenus pour financer leurs ambitieuses traditions, l’ingénieur n’aurait jamais été jusqu’à les humilier avec un marché qui ne leur serait pas profitable, surtout au fait des risques que devraient prendre la famille pour tenter de mettre en marché ce produit. Il avait fini par voir que Selim jouait toute les cartes qu’elle possédait ; elle n’avait pas de bonnes raisons de refuser les termes de départ du contrat mais ne les acceptait pas malgré tout en sa qualité de commerçante. Nathaniel pouvait respecter ça, du moins autant qu’il le pouvait en sa qualité d’homme de science et non de paroles. Lorsque Selim lui rétorqua qu’il avait besoin, que les Nelligan avait besoin d’elle, il resta silencieux, son regard plein de reproche. Comment osait-elle … ? Quelle étrange femme, qui prenait des airs hautains un moment, puis le ton de la confidence un instant plus tard. Elle appela alors le serveur pour demander l’horizon, et Nathaniel se contenta de serrer les bras sur sa poitrine. Elle tentait de le gêner en payant l’addition, et le pire était sans doute de penser qu’elle y arrivait, d’une certaine façon.

Le jeune homme considéra que c’était sans doute ce qui faisait de la dame une bourgeoise et non une marchande, à présent. Une fille de marchande n’oserait jamais briser les traditions ainsi. Elle parla enfin du nom de l’appareil, un des points qui semblaient l’avoir fâché, et mentionna un terme marquant – Shadow. Nathaniel fronça des sourcils de surprise. Selim Mustang était issue de deux familles marchandes ? Si les Mustang restaient une relique poussiéreuse sans plus, les Shadow étaient une autre histoire. Une famille marchande bien implantée, qui avait son lot de richesses et de relations. Assez riche pour s’être payé les services de sa famille il y a quelques générations. Assez riche pour construire Hécate, l’un des plus grands chefs d’œuvres des ingénieurs Nelligan. Une œuvre rivalisant avec Meteora. Cette réunion prenait une tournure plus qu’inattendue. Si Selim était bien ce qu’elle prétendait, Nathaniel lui devait un respect total et avait lui-même, de façon involontaire bien entendu, contrevenu aux lois de sa propre famille. Mais alors que la femme se levait et lui demandait de la suivre « pour faire mieux connaissance », Nathaniel se demanda si cela changeait en vérité quoi que ce soit. Cette femme s’était mariée à un bourgeois, et avait donc renié son statut de marchande par la même occasion. S, M, cela ne changeait rien à la fin ! Non ?...

Ils étaient devant la vitrine d’un magasin d’objets précieux. Une bijouterie. Nathaniel avait ramassé en se levant le plan soigneusement roulé dans son étui et le gardait fermement dans sa main désormais. Il jeta un regard aux objets exposés mais n’éprouva pas le dixième de la sensation de Dame Selim. La beauté n’avait pour lui qu’un objectif secondaire dans un objet. La fonctionnalité prônait. Tout en racontant des histoires de famille, elle pointait différents objets vraisemblablement fabriqués par sa famille. Nathaniel feignit l’admiration devant les babioles après qu’elle eut fini de s’exprimer sur sa famille.

« La perle trouvée dans le sable vaut tout l’or du monde, jusqu’à ce qu’on rend compte que nous ne savons absolument rien des perles. Pourquoi ne pas m’avoir dit dès le début que vous étiez une Shadow ? Si nous faisons affaire, ma Dame, vous n’avez aucun avantage à me cacher ce genre de détails. Il y a longtemps que je n’ai vu l’Hécate. Un trésor de conception qui sied bien à la nature artistique de votre famille. »

Il fut surpris de l’entendre alors accepter le contrat et même offrir d’augmenter le pourcentage avec le temps et les résultats. Ce marché était plus avantageux encore que le premier proposé par Nathaniel. Pourquoi, après avoir tenté de marchander un taux avantageux, se retrancher dans un contrat qui pourrait ultimement les rendre tout deux riche. Ces pourcents supplémentaires feraient toute la différence…S’ils réussissaient. Mais de ça, Nathaniel était confiant. Les Nelligan étaient les meilleurs.

« Je discerne enfin la sagesse dans vos propos, ma Dame. Les Nelligan verront d’un bon œil votre coopération dans cette affaire qui sera, avec nos efforts, fructueuse. Je vais demander immédiatement la rédaction et l’envoi du contrat à vos quartiers et ferai faire la copie de ces plans pendant ce laps de temps. »

Il se détourna et fit quelques pas avant de s’arrêter avant de se retourner.

« J’ose espérer que vous comprenez que cela ne change rien par rapport à votre statut de bourgeoise ? Je n’irais jamais prétendre comprendre votre deuil, mais aussi longtemps que vous n’aurez pas repris de liens avec le sang marchand, les lois ne nous permettrons pas de vous considérer comme tel. Avez-vous autre chose à me dire, ou puis-je prendre congé ? »

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Posté dans Re: ♠ Déjeuner d'Affaire avec une Veuve Noire.   - Jeu 22 Nov 2012 - 9:57

Alors que le jeune homme semblait être de nouveau enclin aux affaires, Selim laissait de nouveau son regard vagabonder. Sans allant vers d'autres horizons pour porter la nouvelle s'en doute, Selim ne trouvait rien à redire pour retenir le bel oiseau et marquer ainsi la fin de leur rendez-vous d'affaire. Une question vient néanmoins troubler ses pensées, avait-elle bien fait ? La voix de son partenaire en affaire vient la tirer une nouvelle fois de ses manigances et dans un haussement de sourcils, le visage gracieux et gentillet elle lui affirmait que tout serait parfait.

-Ma foi, non. Il me semble que nous avons fait le tour de la question. Prenez soin d'envoyer les documents à Errande surtout et s'ils dépassent les trois mois a compté de ce jour, marquez les au nom de Mlle Selim Shadow. Mon deuil prendra fin sous peu et il serait dommage de gaspiller de l'encre et de retarder nos affaires. Dans le cas où ils sont conçus dans le courant de ses trois mois, vous n'aurez donc qu'à les mettre au nom de mon défunt époux. Sur ce, mes salutations distinguées à votre famille, Monsieur Nelligan.

Après une petite révérence, Selim réajustait ses gants et tout en prenant un plie de sa robe d'un bleu roi, décidait de retourner dans sa seconde résidence. Arrivée là-bas, une fois la porte franchie, elle inspirait profondément et comme paralysée dans le hall de la maison, devant le grand escalier de bois, elle semblait voir sous ses yeux les différents cauchemars qu'elle avait vécu ici. La demeure alors sombre, semblait reprendre ses couleurs luxueuses et alors qu'elle observait l'escalier, elle entendit un vase éclater dans la salle à sa gauche. Ses grands yeux bleus se dirigèrent alors vers la pièce, redécouvrant ainsi son ancien salon. Doucement, les souvenirs du fameux soir où son second époux avait fait tombé son masque de mari modèle vinrent refaire surface. Elle semblait alors revivre une nouvelle fois la scène, entendant les cris et les injures. Ses yeux, paralysés devant cette scène fantomatique, ses lèvres murmurants les paroles qu'ils s'étaient jetés ce soir là. Horrible cauchemar qui prit soudainement fin quand Pierrot apparu en haut de l'escalier sombre. Selim sursauta en l'entendant et tout en prétextant être fatiguée de son voyage, elle monta les marches, le croisa dans l'escalier, s'arrêta un instant pour le regarder avant de finalement regagner sa chambre.

-Ma Dame ? Vous êtes déjà rentré ? Vos voisins nous ont invité pour souper. Vous... Vous allez bien ? On dirait que vous venez de croiser un fantôme...
-Cesses de dire des âneries.Je suis simplement épuisée de ce voyage. Annonces leur qu'il est très aimable à eux de nous inviter, mais que nous devons repartir sous peu et que je me sens déjà bien trop faible pour veiller tard ce soir.
-Bien Ma Dame.
-…
-…
-Ne me regardes pas de la sorte et qu'attends tu ? Va leur annoncer sur le champ. Chercherais-tu à me faire mal voir d'eux ? Je vais à ma chambre et ne veux être dérangée sous aucun prétexte. Demain nous partirons en au levé du jour.
-Mais nous n'avions pas d'autres visites à faire ?
-Assez ! Demain nous partirons. Je ne peux déjà plus supporter de rester entre ces murs. Une fois à Errande, rappelles moi de vendre cette maison. Ou bien encore de la brûler !
-Bien Ma Dame...


Ainsi s'achevait alors le fameux retour de Selim à Midel-Heim. Non contente d'avoir retrouver les locaux dans lesquels elle avait vécu les pires moments de sa vie de bourgeoise, Selim avait la forte impression de se sentir étouffer dans un tel décor. Une fois dans sa chambre, elle semblait en proie à de profondes réflexions sur son être et la nuit ne fut que cauchemar. Somnambule, elle s'était alors fait surprendre par l'une de ses domestiques qui l'avait accompagné à Midel-Heim. La jeune bonne assure alors avoir vu Selim déambuler dans l'escalier en se frottant les mains et en répétant sans cesse qu'elle devait laver ses mains, car celles-ci étaient pleine de sang. Bien heureusement, la dame fut reconduite à sa chambre et pu terminer sa nuit. Néanmoins, le bruit circule dans la maison et en particulier chez les domestiques comme quoi, Selim serait enclin à la folie...

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