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CHAPITRE 2 : UN GESTE QUI NE PARDONNE PAS

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On m'appelle Maitre des Joyaux


Infos Personnage
RANG: (joueurs que votre personnage à renconter en RP)
VILLE & APPARTENANCE : (ex : Muertiga - Les Gargans
MON AGE : n/c
Masculin
MESSAGES : 1007
INSCRIT LE : 27/01/2011
PSEUDO HABITUEL : Dieu tout puissant
Joyaux : 150
Posté dans CHAPITRE 2 : UN GESTE QUI NE PARDONNE PAS   - Sam 13 Oct 2012 - 15:14

"Détourne toi et ton peuple te fuira. Agis, et tel un miroir, ta conscience se brisera."


Quatre jours après le grand départ, le vaisseau milicien suivit d’un cargo du désert naviguait péniblement entre Grand-Vent et… nul part. Le passage était encore ouvert, mais malgré les données recueillies lors du retour de l’officier Van Schroder, la traversée n’en demeurait pas moins longue et vague. La rencontre entre les deux corps militaires avait suscité l’intérêt de la population. Une première, dans l’Histoire de l’île, et les prémices d’une possible amitié qui dépasserait la simple entente commerciale. Durant dix sept jours, l’entrainement commun avait permit aux veilleurs de caler leur fonctionnement sur celui de la Milice, mais chacun avait pu apprendre de l’autre. Toutefois, des tensions persistaient, notamment entres officiers. La barrière de la langue était minime pour ces gradés, ce qui, finalement, ne semblait guère faciliter la coopération. Les moments les plus difficiles étaient ceux des prières, car l’animosité qui animait ces deux peuples était alimentée principalement par des valeurs et des principes divergents. Ainsi, lors des séances religieuses, plus fréquentes et importantes pour les korruliens, Ruyn ombrageait Vama, ou bien c’était l’inverse.

Le confinement du vaisseau renforça la nervosité des quarante hommes et femmes désignés pour l’expédition.

L’errance prit fin à l’orée du sixième jour. Avec un regain d’espoir et de vitalité, les soldats s’attelèrent enfin à la partie redoutée – et attendue – de leur mission. Le vaisseau se posa avec difficulté dans le brouillard blanc des côtes étrangères. Ils baptisèrent la péninsule Theus et, profitant du temps qui s’éclaircissait, ils installèrent un campement dont le périmètre fut délimité par la portée de leur bouclier énergétique, pendant que l’équipe chargée de la communication se penchait sur le défi de rallier le QG milicien d’une manière ou d’une autre. L’impatience les rongeait tous mais très vite, leur passion de l’aventure fut refroidit par une tempête glaciale, de celles qui fouettaient perfidement les Rivages d’Ivoire tout au long de l’année. Elle les força à veiller dans ce vaisseau qu’ils voyaient désormais comme une prison. On éteignit les moteurs, trop bruyants dans le calme qui suivit.

Le moment venu d’explorer les lieux, plus aucun vaisseau ne répondit. A l’instar des machines, les soldats luttaient contre le froid au lieu de probables ennemis. Le neuvième jour, la première équipe d’éclaireurs fut envoyé vers le sud. A seulement quelques kilomètres de leur installation, cachée par l’épais voile de flocons, ils découvrirent un mur d’une hauteur titanesque, rivalisant avec les vertigineuses tours de Vuulte, plus intimidant que les flancs du volcan Muertiga. Des créatures monstrueuses gravées sur sa paroi les accueillirent, et très tôt ils comprirent que le brouillard avait été leur allié jusque là, non leur ennemi. Des voix éclatèrent, trahissant la présence d’hommes sur la crête brumeuse de la muraille. Cette information suffit aux éclaireurs qui firent aussitôt un rapport à leur supérieur. Afin de tester la résistance de cet obstacle, tout comme sa composition, on profita de la nuit pour s’approcher assez pour le toucher et y laisser un léger explosif. Contre toute attente, la façade ne trembla pas d’un pouce… elle absorba la force destructrice de l’arme comme une éponge, ne laissant qu’un pâle halo bleuté pendant quelques minutes.

Face au froid qui rendait inactifs ses hommes - en particulier les korruliens malgré leur uniforme milicien de bien meilleure isolation que leur cape pourpre - clouait au sol les speeders et autres engins et maintenant ce grand mur blanc indestructible, le colonel Saule à charge de l’expédition se résolu à revoir les plans prévus avec ses supérieurs avant le départ de A à Z. Il ne pouvait pas en référer à sa hiérarchie, les communications n’étant pas encore opérationnelles. En collaboration avec ses officiers présents, il décida de lancer deux équipes en éclairage le long des rives. Deux groupes de cinq quittèrent le camp au petit matin, l’un en direction de l’Est, l’autre de l’Ouest, avec pour objectif de faire le tour de cette maudite île à la recherche d’une faille pour pénétrer le territoire. A contrecœur, la mission de sauvetage du soldat Lewis, cause officielle de la mission, fut mise sur le carreau. Les trente miliciens et veilleurs disponibles, officiers compris, entreprirent la construction d’échelles ; du moins, l’allongement des échelles déjà fournies.

Ce fut la pire erreur du colonel. Les deux échelles, ancrées solidement dans la glace de la Muraille, permirent à plus de la moitié des soldats d’atteindre le sommet de l’édifice. Seulement, malgré toutes les précautions de leur expertise, ils firent face à l’accueil barbare des autochtones. Les tirs de blasters résonnèrent sur la côte et la vallée de l’intérieur, l’éclat bref de sortilèges étranges leur répondit. Ils se battaient à l’arme blanche et se défendaient bien. Ils avaient l’avantage du territoire et du climat. Il y eu quelques pertes pour eux mais rien en comparaison du massacre des quatorze joyelliens…

Les jours suivants l’inhumation des douze (deux corps n’ayant pu être récupérés), le duo d’expert en communication parvint enfin à transmettre un message au QG. Le premier rapport était désastreux, et il fallait des renforts. Dans leur attente, tous s’occupèrent l’esprit sur la construction de tours mobiles afin de débarquer sur la crête de la Muraille par rang de dix, et non plus deux à deux. Les pensées étaient également tournées vers les dix éclaireurs partis depuis plus d’une semaine. Alors que les matériaux commençaient à manquer, un grand vaisseau milicien arborant les couleurs bleues de Matroos et le pourpre de Korrul pointa son museau métallique à travers la brume. Gonflé de presque cent hommes, le petit camp d’origine se transforma peu à peu. Il fallut du temps, car les machines refusaient de fonctionner, mais ils parvinrent à ériger à mi profondeur du sol un semblant de base. La communication marchant toujours par intervalle rare, le grand vaisseau avait chargé au maximum ses soutes de matériaux divers, contrairement au premier voyage qui avait apporté une demi-douzaine de speeders inutiles. Il n’y avait pas de quatrième expédition programmée.

Le 28ème jour, un message inattendu changea la donne. Un oiseau étrange parla en joyellien. Il ne faisait que répéter, sans comprendre ce qu’il avançait mais les quelques mots et le nom du signataire suffirent aux officiers. Un numéro de matricule qu’ils connaissaient tous désormais : celui de Skye Lewis, portée disparu depuis plus de deux mois déjà. La nouvelle raviva le moral de la base. Savoir que l’une d’entre eux avait survécu au climat et à l’animosité des habitants de l’île leur redonna cette volonté que le froid avait presque étouffé.
La semaine d’après, le colonel Saule accueillit un Chamane. L’homme de Ruyn avait été envoyé pour communiquer avec la figure divine des autochtones, ou ce qui semblait en être. D’après le message laissé par le rhywyn de Skye, cet homme là comprenait le korrulien. Le gouvernement du désert avait saisi l’occasion unique de traiter avec eux. Le Chamane Muraco s’était porté volontaire, au sorti d’une longue et mystérieuse transe, pour offrir paix et échange entre leurs deux peuples.

A la veille du solstice d’hivers, un éclaireur rapporta la réponse à l’invitation lancée. Le Gardien acceptait !

¤¤¤¤

Le Gardien était là, présent avec eux, il ne les quittait pas depuis le jour de l'annonce. Chaque clan en quête de gloire avait répondu à son appel. Le chant sinistre du cor s'était répandu en échos le long de la Muraille jusqu'au cœur de l'île, aux Cimes Hérissées. Tous au nord ! Les chefs s'étaient attablés dans ce qui deviendrait le hall des héros, un édifice érigé du sol par le savoir-faire des bâtisseurs erfeydiens, composé d'une unique salle suffisamment haute pour exposer les restes séchés d'un albus d'ithylium et illuminé par une rangée de meurtrières. Tout en longueur, elle abritait une table ovale en bois noir poli d'une épaisseur considérable, rustique aux yeux d'amateurs, une perle brute pour les sculpteurs. Plusieurs jours durant, les chefs avaient accepté de déposer leurs armes. Chacune était fixée sur un crampon dans l'arcane d'entrée, désignant ainsi qui siégeaient dans le hall ; qui participaient à la bataille ; quel clan défendaient son peuple. Laissant de côté leur rivalité, ils avaient écouté leur guide discourir sur la nécessité d'agir dans l'unité, afin d'être rapide, efficace et prêt. Car l'oracle avait parlé, les étrangers arrivaient et cette fois les erfeydiens ne se feraient pas surprendre.

Tours en bois provisoires et enceintes de glace, tranchés garnies de pics, renforcement des campements, installation de forges et d'armureries, équipements et relais pour yagock. La peuplade ne restait pas passive. C'était tout son talent qu'elle mettait en œuvre pour protéger ceux qui avaient choisi la voie guerrière. A tout ceci s'ajoutèrent catapultes et chaudrons de métal en fusion sur la crête de la Muraille. On instaura des rondes, on assigna les meilleurs archers au sommet des tours. Qu'ils osent donc grimper par là ces cavaliers d'oiseaux de fer, les erfeydiens les attendaient ! Ils goûteraient à la douce violence du froid, aux caprices du vent, à la caresse sournoise des lianes, le choc rugueux des pierres et la brûlure passionnée d'une poigne en feu.

Ce qu'ils n'avaient pas envisagé, c'était de devoir affronter leur propre magie. Mais elle était différente, souillée, pervertie. Leurs armes crachaient le sang bleue des Erfeydes comme de vulgaires projectiles mais elles blessaient, détruisaient et tuaient. C'était redoutable par cette rapidité qui trompait même les plus agiles guerriers. Les coups résonnaient sur les rivages et contre la Muraille. Pourtant, alors que l'ombre de l'inquiétude voilait leur regard, leur meilleure défense tint bon. Eblouissant ses ennemis le jour, la Muraille absorbait les tirs et frappes adverses comme la terre ingérait l'eau. La nuit, elle plongeait le camp des étrangers dans une pénombre absolue et au petit matin, elle les défiait à nouveau de toute sa hauteur. Ils tentèrent de passer de l'autre côté à l'aide d'échelles, en vain. Leurs engins cloués au sol, ils entreprirent de dresser ce qui semblait être une base avancée et autre chose... des tours ?

Passés les premiers affrontements directs, chaque partie se contenta de tenir en respect l'autre, définissant ainsi une zone de relative neutralité au pied de la Muraille. Les jours puis les semaines passèrent et la collaboration des clans présents s'effrita peu à peu. On voulait la meilleure place, on cherchait la gloire et l'honneur. Qui voudrait rester en arrière alors que l'une des plus grandes batailles erfeydiennes risquait de débuter à tout instant ? Leur attention diminuée, d'autres étrangers rallièrent les hommes en poste. A deux reprises, décuplant ainsi les rangs adverses.

Parmi les combattants du deuxième arrivage, un homme à la peau brune ne cessa de hurler du bas de la Muraille une série de mots, inlassablement. On finit par reporter les propos au Gardien, sans saisir ce qu'ils signifiaient. Mais l'être millénaire comprit. Il répondit, par le biais de ce même éclaireur, à l'invitation korrulienne. Les quelques semaines à tendre une oreille à l'ouïe fine vers les discussions étrangères avaient suffit à l'esprit protecteur pour maitriser cette langue aux racines similaires.

Le lendemain, les rangs factionnaires s'étaient entièrement rassemblés au pied de la Muraille, le corps tendu et prêt à bondir au moindre écart. De l'autre côté, miliciens et veilleurs pourpre adoptaient la même attitude, reflet de leurs ennemis. Les termes de l'invitation étaient simples : ils enverraient un représentant important pour discuter avec celui qu'il nommait "Gardien".

¤¤¤¤

Il n’y avait que l’homme aux yeux noirs et son hôte au sommet de la Muraille. De sa hauteur, les vents fouettaient leur visage avec une violence inouïe et le sol en contrebas appelait à la chute. Ce n’était pas le petit rempart de trois pieds qui vous protégerez d’un moment d’inattention… L’esprit mille fois centenaire orienta un instant sa volonté sur ce vent hurlant. Là… Le calme était plus propice à écouter. L’étranger était encore loin, la brume laissait à peine entrevoir sa silhouette vaporeuse. Il avança lentement vers le Gardien, comme s’il craignait la rencontre. C’était pourtant lui qui avait demandé cette entrevue. Curieux et méfiant, le demi-dieu s’était prêté au jeu et il attendait patiemment, un sourire aux lèvres, de voir le visage de son ennemi.

Ce n’était pas le cas du Chamane. Il ne voulait pas qualifier si négativement celui qu’il s’apprêtait à rencontrer, pas avant d’avoir pu sonder son passé et son futur pour confirmait ses doutes. Les pensées déchiraient entre les révélations de sa longue transe et ce qu’elles impliquaient pour son peuple, Muraco affichait un air fermé, sérieux presque concentré. Ses frères et sœurs ne lui connaissaient pas ce faciès là, non pas Celui qui Sait, celui qui vit avec un constant détachement sur son univers. Le vent se tue ; c’en était si surnaturel qu’il su alors qu’il avait bien à faire au « Gardien » et pas à un quelconque autochtone en guise de leurre. Un frisson parcourut son échine au moment où la brume laissa enfin place à un visage. Ses yeux d’obsidienne croisèrent deux iris reptiliens rougeoyants.

Il n’y eut aucune parole, ce n’était pas nécessaire. Le représentant envoyé descendait des « reniés ». Sa magie résonnait fébrilement dans son sang, mais elle résonnait bien. La connexion établit par un simple regard, l’esprit millénaire plongea dans la conscience du désigné Chamane comme un torrent dans un lac paisible. Il explora les moindres recoins de son ennemi, brisa ses barrières, réveilla la mémoire du sang et se frotta à son Don. Ce qu’il y vu le déstabilisa. La peur, tout d’abord, puis la perplexité ; une once d’espoir le temps d’une respiration et ce ne fut plus que colère. Suintant de tout son être, la haine prit le contrôle. Il démêla sa conscience de celle de Muraco. Répondant à sa détresse, la nature afflua sa magie vers son hôte. La peau de ses avant-bras se déchira pour laisser place à une série d’écailles vermeille qui dessinèrent un tranchant redoutable le long de ses mains. L’une se leva, raide et menaçante puis plongea vers le buste du Chamane. Aveuglé par la rage, le Gardien ne percevait que des sensations. Celle de la chair qui s’écarte, de la cage thoracique qui résiste puis craque, et le doux touché de l’organe qu’elle protégeait. Il empoigna ce cœur battant et, stoppé un bref instant par l’étrange reconnaissance que lui renvoya sa proie, extirpa sa main du corps.

Le corps sans vie de Muraco tomba du haut de la Muraille pour rejoindre les siens, ses deux pierres noires devenues de beaux iris orangés. Aussitôt le corps en bas, une rafale de tirs se déchainèrent à l’aveuglette vers le sommet du mur. De l’autre côté, les erfeydiens répondirent avec autant d’ardeur alors que les serres d’un ygran éloignaient du danger l’hôte du Gardien.



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