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Les plantes guérissent aussi l'âme.

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On m'appelle Janos Leawen


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Posté dans Les plantes guérissent aussi l'âme.   - Sam 3 Nov 2012 - 10:01

Janos Leawen (Cultivateur)

Originaire d'Arish, de l'autre côté de l'oasis, une étrange caravane s'est arrêtée sous les remparts de Penjoie, après plusieurs journées d'une marche sans histoire. Là, à l'ombre des murailles de pierres et d'acier, que des siècles de vent et de bourrasques ont maculé d'ocre et de grège, elle a stationné quelques heures, tandis qu'un grand escogriffe échevelé, mi-baroudeur, mi-scientifique, disparaissait dans le dédale des ruelles gorgées de sable doré, en compagnie d'un des membres de son escorte. A leur retour, l'homme, Janos Leawen, dit « l'Aventurier », ou encore « la Bougeotte », et son acolyte préféré, nommé Jossuah, sont lourdement chargés d'outres de peau ventripotentes, remplies de litres d'eau fraîche ou de ce vin léger qui désaltère lorsqu'on le consomme avec parcimonie.

A l'aide de ses deux autres convoyeurs, Janos renouvelle donc le chargement des quatre fahrs du désert, qui s'ébranlent aussitôt, en dépit du poids et du volume de leur fardeau, réparti au mieux et prudemment arrimé. Vus de loin, les fahrs ressemblent à s'y méprendre à des montagnes qui se déplaceraient en oscillant et cahotant laborieusement.

Les quatre voyageurs, eux, ont enfourché leur draoma habituel, et ils se remettent en file indienne, Janos guidant le convoi. Ils auraient pu être plus nombreux, car l'Aventurier avait invité sa jeune cousine Glwadys à se joindre à eux pour participer à cette recherche de plantes médicinales particulièrement rares, mais elle n'était pas présente lorsque l'expédition s'est mise en route, et Janos n'a pas attendu. A vrai dire, il apprécie la jeune femme, et une paire d'yeux supplémentaire n'aurait pas été un luxe superflu pour dénicher ces précieux végétaux, mais la Bougeotte se révèle extrêmement pointilleux quand il s'agit de son travail et de sa passion, la faune et la flore. Après l'heure, ce n'est plus l'heure, et le reste n'est que littérature ! Peut-être Glwadys était-elle moins intéressée qu'il n'y paraissait, ou peut-être s'est-elle lancée à leur poursuite avec quelques employés de leur exploitation ? Ruyn seul le sait, mais qu'importe, elle ramassera une copieuse engueulade à leur prochaine rencontre.

Penjoie n'est déjà plus qu'une palissade grisâtre, lointaine et insaisissable, comme endormie sous un soleil ardent, lorsque l'Aventurier arrête sa monture et se retourne pour la première fois. Chaleur, sable et poussière ont asséché sa bouche, et il se désaltère longuement. Sa tignasse couleur d'ébène, luisante et humide, lui colle au front. En dépit de leur finesse et de leur légèreté, ses vêtements sont auréolés de sueur. Cependant, il est encore trop tôt pour faire halte et pour dresser les tentes pour la nuit. Chaque heure compte et les rapproche du but espéré.

Après un coup d’œil rapide sur la carte qu'il a dépliée devant lui, et après avoir confronté le chemin tracé en pointillés sur le plan et la topographie exacte des vastes étendues qui les entourent, Janos pousse un petit cri d'encouragement à l'adresse de son draoma, et il dirige le lent cheminement de la caravane vers un monticule de pierres plates servant de point de repère pour les rares voyageurs se lançant à l'assaut du désert. Là-bas, ils aviseront.

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On m'appelle Ylaria Desnolancès


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Posté dans Re: Les plantes guérissent aussi l'âme.   - Mar 6 Nov 2012 - 9:53

Ylaria Desnolancès (Cultivatrice)
L'aurore rosit le ciel de ce matin, encore frileux, incendiant ça et là, les toits des maisons et les dunes du Désert. De sa fenêtre, une tasse d'infusion dans ses mains, Ylaria contemple le spectacle immuable, perdue dans ses pensées. Elle apprend peu à peu à vivre avec le vide douloureux qu'a laissé Malhek dans son coeur. Depuis qu'elle est revenue au Domaine Desnolancès, elle s'est refusée à aborder le sujet de son départ d'Arish avec qui que ce soit. Elle s'est d'abord installée dans sa chambre, mais la sollicitude étouffante, dont tout le monde l'entourait a vite eu raison de son endurance. Elle a donc quitté le nid familial, pour l'une de ces petites villas d'invités qui s'éparpillent sur les terres. Elle a choisi la plus éloignée, et n'a gardé qu'une servante à ses côtés, Solys. Cette jeune femme a grandi avec les enfants Desnolancès, et est devenue au fil des semaines, une aide et une amie précieuse.

Pour tenter de combler l'immense sentiment de manque qui l'étreignait à son arrivée, la jeune femme s'est jetée à corps perdu dans l'étude des plantes de Korrul, de leurs vertus médicinales et cosmétiques, poursuivant ainsi de son côté, le projet qu'ils avaient ébauché, Malhek et elle ... Vivement elle repousse ses pensées affligeantes, inutile de se torturer sur ce qui n'est plus. Elle se polarise sur la sortie de cet après midi, il lui reste quelques préparatifs à effectuer et elle ferait bien de s'y mettre tout de suite.

Enfilant une tenue plutôt masculine, que sa nièce Gwë n'aurait pas reniée, elle range dans sa besace son carnet de croquis, et différents sachets de toiles pour y stocker les essences qu'elle récoltera, mais surtout, le lotus des sables et des oras, dont elle a besoin pour élaborer l'onguent familial, si efficace pour les muscles endoloris et les articulations douloureuses.
Une longue écharpe blanche enroulée autour de son cou, elle cherche les deux hommes qui vont les escorter, Solys et elle. Les deux frères travaillent à l'élevage des draomas, et les accompagnent désormais à chaque excursion dans le Désert. Tout comme Solys, Aldian et Kanaan savent ce qu'elle recherche. Et ils les attendent avec les montures dociles, déjà équipées, près des écuries.

La petite procession se met en route, laissant derrière elle, le Domaine en pleine effervescence matinale. Ylaria prend la tête, et avance lentement, le regard toujours à l'affût, de la moindre parcelle de végétation, car contrairement à ce qu'on pourrait croire, elle n'est pas si rare dans le Désert, elle se protège juste des rayons incandescents du soleil. Il suffit parfois de soulever une pierre, pour trouver un pied de ce qu'on cherche ...

Voilà quelques heures qu'ils avancent sous un soleil de plomb, la chemise de coton greige, pourtant légère d'Ylaria, colle à sa peau en sueur. Mais pas question d'en remonter les manches, et de brûler instantanément ! Elle a du promettre à son père de ne pas prendre de risques inutiles, ni de s'enfoncer trop loin dans les dunes, et son escorte musclée y veille. Elle porte à sa bouche son outre d'eau et avale quelques parcimonieuses gorgées, avant de stopper net leur progression. Alors qu'ils arrivent en vue du monticule de pierres qui est le but de leur sortie, elle saute à bas de sa monture, et s'accroupit pour examiner les traces qu'elle vient de découvrir dans le sable surchauffé.

- Aldian, viens voir, regarde, ce sont des traces de pas, non ? Un seul homme apparemment ... Tu crois qu'il est encore dans les parages ? demande-t-elle, anxieuse, en se relevant. Elle regarde autour d'eux cherchant d'autres indices d'une éventuelle présence ...


Calyth Montivelle, Pilote / Angélyne Montaigu, Hors la loi / Janalya Hermontrick, Maître armurier


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Posté dans Re: Les plantes guérissent aussi l'âme.   - Ven 9 Nov 2012 - 8:53

Les traces de pas trouvées par Ylaria remontaient à une petite heure. Uzor avait décrit de larges cercles autour du Nid d'Astiver. On appelait ainsi ce petit tas de pierres en raison de sa forme. La légende voulait qu'il se trouvait ici une tour à demi-ensevelie par le sable, sous laquelle dormait un de ces gros vers carnivore. En se réveillant d'un sommeil vieux de mille ans, il avait percuté la tour et s'était retrouvé coincé sous les ruines. Mais ce n'était qu'une légende, bien sûr. Tout le monde savait que les Astivers ne vivaient pas plus d'une petite dizaine d'années ! D'ailleurs, on appelait aussi ce lieu les "Gravats Perdus", et ce n'était pas pour autant que l'endroit où ceux qui s'y retrouvaient l'étaient, perdus. La preuve, beaucoup de voyageurs s'y retrouvaient car il délimitait la frontière symbolique du désert ; il signifiait que l'on avait définitivement atteint la périphérie de Penjoie, et que ce seuls des monticules et des monticules de sables s'étendraient alors à perte de vue.
Enfin. Nid d'Astiver ou Gravats Perdus, ce n'étaient toujours que des mots, des histoires qui se racontaient entre Forbans, rien de bien méchant. Ce n'était pas parce que les cailloux semblaient frémir qu'un Aspiver dormait en leur sein, et ce n'était pas parce qu'on se trouvait là qu'on était forcément perdu, songeait Uzor alors qu'il tournait en rond depuis des heures.

« Ce n'est qu'une légende », dit-il en se plantant au sommet du monticule. Il fit quelques pas et se retourna, les mains sur les hanches. « Tu vois ? Y'a rien, mon vieux. »

Non, Uzor ne parlait pas tout seul. Pour changer. Il s'adressait à un jeune spécimen de l'espèce Ugron qu'il avait eu la... joie de retrouver dès sa sortie du Col Muertiga. Joie qui n'avait fait qu'augmenter au fur et à mesure qu'il marchait, l'animal sur ses talons, ses pupilles de charognard plantées dans son dos maigre. Uzor s'était retourné des tas de fois, un sourire faussement joyeux sur les lèvres. Sale bête. Elle l'avait suivie jusqu'à son retour au col, et puis elle avait disparue. Il pensait en être débarrassé. Il était quand même resté trois mois - TROIS MOIS - enfermé dans la cité des Gargans. Ce fichu carnivore devait bien avoir d'autres choses à faire, non ? À moins qu'il ait trouvé son compte dans les déchets - ou les cadavres - semés par les Forbans. Ce n'est pas avec moi qu'il trouvera son contentement. Des cadavres, Uzor en laissait peu, et comme il ne mangeait pas beaucoup, l'Ugron risquerait d'avoir du mal à dénicher des restes. Il fixait l'animal. C'est qu'il avait grandi depuis la dernière fois, en plus. Il avait sûrement atteint sa taille adulte.

« Tu es encore là, alors ? » Si c'était bien lui. Peut-être son imagination le trompait-il. Peut-être le confondait-il avec un honnête Ugron tout ce qu'il y avait de plus normal. Peut-être avait-il trop fumé ces trois derniers mois pour oublier qu'il était enfermé. « Est-ce que c'est toi ? » avait demandé Uzor, comme si l'animal allait lui répondre. L'Ugron avait montré les dents. « Bon, bon d'accord... fais ce que tu veux. »

Il avait décidé de l'ignorer, ou plutôt, de faire semblant de l'ignorer, pour continuer sa route. Il lui faisait l'effet d'un vol de Corbics au-dessus d'un mourant. Les charognards... Il détestait les Corbics. L'Ugron passait son temps à le suivre de loin, à le dépasser parfois, mais toujours en gardant ses distances, à humer l'air et à uriner sur tout ce qui ressemblait de près ou de loin à une plante. Même les cailloux, en fait. Mais arrivé près du Nid, il avait pris ses distances. Juché sur le monticule, Uzor lui désigna un point invisible vers l'ouest :

« De ce côté-là, c'est Penjoie. Tu es déjà allé à Penjoie ? C'est une grande ville, c'est pleins de gens et de Veilleurs, je vais pas là-bas. »

L'Ugron le regarda fixement, l'air de dire "qu'est-ce que tu fais là, alors ?" Uzor fouilla dans son manteau. Quelques moulinets de bras plus tard, il trouva la poche qu'il cherchait et en ressortit un bout de papier chiffonné, à l'écriture presque illisible. Et pour cause, c'était la sienne. Vren qu'Un-Œil lui avait dit qu'un beau module s'était crashé dans le coin, et Uzor avait tracé un plan sous son œil unique avisé. Mais force était de constater que Vren et son oeil s'étaient fichus de lui. Il n'y avait pas l'ombre d'un boulon à l'horizon. La seule carcasse présente était celle d'Uzor. Le Forban sauta au bas du Nid et s'installa du mieux qu'il le put dans le creux du monticule. Cette longue marche l'avait épuisé et, tout emballé à l'idée de quitter enfin la cité, il n'avait rien emporté à manger. Même l'Ugron avait un meilleur instinct de survie que lui. D'ailleurs, il partait de son côté, sûrement pour chasser. Uzor ne se faisait pas d'illusion, il reviendrait à coup sûr.

« Il attend que je crève. »

Il pouvait attendre longtemps.

Il ouvrit les yeux une heure plus tard en se demandant ce qui l'avait réveillé. Assurément pas les grondements de son estomac, il avait l'habitude de les ignorer. Notre Forban roula sur le ventre et, se hissant au sommet du monticule avec toute la délicatesse d'un Aspiver à moitié crevé, scruta l'horizon. Voilà qu'une caravane de quatre voyageurs à dos de Draomas s'approchait dangereusement ! Il se retourna pour fuir et constata qu'une autre caravane de voyageurs à dos de Draomas se rapprochait par l'autre côté. C'était malin.

« Bon. »

Il n'avait que deux solutions : aller à leur rencontre, ou les attendre sagement. Il aurait aussi pu partir en courant, mais peut-être ces gens avaient-ils entendu parler de ce fameux module écrasé. Dans le cas contraire, il lui faudrait juste trouver une bonne façon de se venger de cet abruti de qu’Un-Œil. Uzor se préoccupait rarement des gens qui se fichaient de lui, vu qu'il se fichait lui-même de lui, mais avec les modules, il ne fallait pas plaisanter. Ayant l'ouïe mauvaise mais la vue encore acérée, il scruta les deux processions pour vérifier qu'il n'y avait aucun manteau rouge dans le lot. C'était rassurant. Il se redressa donc en époussetant ses vêtements d'un geste naturel et parfaitement inutile et, se hissant à la vue de tous, héla la caravane la plus proche :

« Bien le bonjour ! Tout le monde s'est donné rendez-vous sur le Nid ou quoi ? » Il descendit du monticule et alla à leur rencontre. « Vous n'auriez pas vu un vaisseau écrasé ? » demanda-t-il sans plus de cérémonie.

Si ceux-là ne savaient pas, il tenterait sa chance avec le groupe qui arrivait de l'autre côté.

Spoiler:
 
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On m'appelle Janos Leawen


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Posté dans Re: Les plantes guérissent aussi l'âme.   - Sam 10 Nov 2012 - 9:22


Au cœur de cet immense désert de Korrul, les distances sont souvent approximatives dès qu'on s'écarte un brin de l'oasis et des villes qui l'entourent et en tirent leur énergie et leur subsistance. Les cartes mentent, les kilomètres ont été évalués avec énormément de fantaisie ou de maladresse, si bien que le monticule de pierres aperçu dans le lointain lui paraît de plus en plus inaccessible. Il semble même s'éloigner, s'amusant à se dissimuler derrière la moindre dune, à jouer à cache-cache avec la petite troupe menée par Janos. En définitive, ce but qui lui paraissait si proche ne l'était nullement.

Et lorsque la caravane venant d'Arish arrive enfin à destination, l'Aventurier est un peu exaspéré par cette contrariété inattendue. Pour la centième fois, il a mentalement dressé l'inventaire de toutes les plantes qu'il espère dénicher à l'occasion de ce périple, et la tâche qu'il s'est fixée s'avère laborieuse et plutôt longuette. Il en est conscient. Ils mettront donc les bouchées doubles pour parvenir à rassembler tous les végétaux qu'il recherche, surtout les plus rares, et ils éviteront tout ce qui pourrait entraver le succès de leur entreprise. C'est que Janos supporte difficilement les enquiquineurs lorsqu'il s'est assigné un but précis, et qu'il a rapidement les naseaux qui fument lorsqu'on bouscule ses plans !

Dès lors, les prunelles jaune paille de l'Aventurier se remplissent de contrariété à la vue d'un escogriffe décharné surgissant du sommet de l'amoncellement rocheux, et s'approchant de leur convoi en gesticulant et en les interpellant sans s'embarrasser du moindre tact ou de la plus élémentaire courtoisie. Un nid ? Pourquoi leur parle t-il d'un nid ? Et quelle est cette étrange histoire de vaisseau écrasé ? Qui est donc ce pignouf à la gueule aussi mal recousue que les plus infâmes guenilles du plus misérable des gueux ?

Lui intimant d'un geste de la main à demeurer à bonne distance, Janos lui répond du tac-au-tac, affichant d'emblée un air supérieur : Doucement, mon gaillard, tu vas effrayer nos montures ! Mon draoma et ceux de mes gardes armés sont assez susceptibles ! ... énonce t-il de manière catégorique, insistant ostensiblement sur le fait que son escorte est prête à en découdre s'il s'agissait jamais d'un piège. De quel nid parles-tu ? Et de quel vaisseau ? ... enchaîne t-il aussitôt, assez sèchement, car dérangé dans sa progression. Vu la maigreur et le faciès peu ragoûtant du bonhomme, il ajoute encore : ... Tu es sans doute un mendiant de Penjoie. A ta place je ne traînerais pas en chemin. Il fera nuit quand tu rentreras dans ton taudis !

Distinguant alors un ugron déboulant du diable vauvert, l'Aventurier le désigne du doigt à Jossuah : Reluque un peu cette sale bestiole ! S'il approche encore, envoie lui une rafale de blaster ! Par Ruyn, j'adore les animaux, mais ceux-là me débectent profondément ! On dit du reste que ces horribles créatures sont les animaux de compagnie préférés des forbans. Méfions-nous ... Et d'ailleurs, qu'avons nous là ? ... s'enquiert-il auprès de ses gardes en constatant qu'un autre groupe, montant également des draomas, fait son apparition aux abords du monticule de pierres.

Observant mieux, il distingue deux hommes et deux femmes. L'une des deux donzelles, portant une écharpe blanche et des vêtements plutôt masculins, fouille du regard le tapis ocré du désert. Il s'agit sans doute d'une jeune écervelée recherchant un objet égaré lors d'un précédent passage. Que ferait-elle d'autre ? Lorsque ce second quatuor parvient à sa hauteur, Janos dévisage la brunette et l'interpelle d'une voix moqueuse : Eh bien, jeune demoiselle, vous avez perdu quelque chose ? Un draoma, peut-être ? Si c'est ça, vous êtes assise dessus ... ajoute t-il d'un ton gouailleur et un tantinet condescendant.

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On m'appelle Ylaria Desnolancès


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Posté dans Re: Les plantes guérissent aussi l'âme.   - Mer 14 Nov 2012 - 7:30

Etrangement, ces traces de pas, qu'ils suivaient depuis quelques minutes, décrivent de larges cercles concentriques autour du fameux monticule de pierres qui ne se trouve plus bien loin à présent. L'individu a-t-il hésité avant de s'en approcher ? Ou a-t-il vu, ou croiser quelque chose qui l'a effrayé ? Toujours est-il que la petite troupe se méfie, et lorsque des voix masculines, sans aucun doute, leur parviennent, chacun porte la main à son arme. Ylaria, tout comme Solys, porte un poignard effilé à sa ceinture, tandis que les jumeaux ont des blasters réformés par les Veilleurs Pourpres, mais qui font encore mouche si nécessaire.

Dans le silence de l'immensité de sable blanc, ces voix si différentes montent de la butte de rocaille, desséchée par le soleil impitoyable du Désert. Une en particulier semble exaspérée, comme en colère, et Ylaria en découvre bientôt le propriétaire, fort peu aimable, ainsi que les trois ... gardes ? qui l'accompagnent et un ... un autre personnage aussi bizarre que saugrenu, l'auteur des traces de pas, d'après ce qu'elle peut en juger. Ses guenilles repoussantes et malodorantes révèlent plus qu'elles ne dissimulent sa maigreur impressionnante ...
Elle n'a pas le temps de détailler plus avant les voyageurs, qu'un horrible ugron fonce soudain droit sur eux, et stoppe à une distance respectable, montrant les dents et grognant d'un air menaçant. Ylaria réprime un frisson, mélange de peur et de dégoût pour la bête hideuse, avant que les paroles blessantes du celui qui semble être le chef de l'autre caravane lui parviennent.
Quel goujat ! Mais pour qui se prend-il, ce butor ? Encore un pour qui les femmes, quelque soit leur âge, doivent rester sagement à la maison à attendre le bon vouloir de leur seigneur et maître ! Il est encore plus désagréable que le malheureux maigrichon dépenaillé qui les regarde alternativement avec un regard quémandeur de netfix battu. Mais pas question de le laisser la ridiculiser !

- Bonjour messieurs, n'en déplaise à votre malappris de chef, ma monture se porte à merveille, merci. répond la Dévouée, sarcastique, tout en fixant sans se troubler, les yeux couleur de topaze brûlée de l'homme acerbe, de surprenants iris, d'un jaune transparent qui flamboient d'exaspération. Puis elle observe rapidement les animaux de ses comparses, il n'est pas difficile de deviner, pour une fille d'éleveur de draomas, qu'ils ont fait beaucoup d'efforts.
- Mais il me semble que ce n'est pas le cas des vôtres qui ont l'air épuisées par une longue marche. A votre place, je me presserai de démonter, de les faire boire, et de les laisser souffler un peu ... Sinon vous devrez marcher à pied pour rentrer à Penjoie ... ou chez vous, où que ce soit, d'ailleurs ! Le plus loin possible ! assène-t-elle en bravant de nouveau du regard, son déplaisant interlocuteur. Elle s'adresse ensuite à l'inconscient qui se promène à pied au milieu des dunes : - Quant à vous, ne savez-vous pas que le Désert est dangereux, et qu'on ne s'y aventure pas seul ! A moins bien sûr que les Veilleurs Pourpres en aient après vous ? En tout cas si vous cherchez l'aumône, vous devriez plutôt aller mendier sur la place du marché de Penjoie ...

A y bien regarder, elle reconnaît la marque des Desnolancès sur la croupe des pauvres bêtes harassées, elle tente de conserver son calme, malgré sa colère de voir des animaux de sa famille aussi fatigués. Mais tant qu'elle ne sait pas qui elle a en face d'elle, elle préfère rester sur ses gardes. Qui peuvent-ils être ? Que transportent-ils donc sur ces pauvres fahrs ? Et d'où sort cet individu débraillé avec son ugron ? Ne dit-on pas qu'ils sont les animaux familiers de ces sauvages de Forbans ? Et si celui-là en est un, et bien il ternit plutôt leur sulfureuse réputation, il en est tout le contraire ! Même elle serait capable de le repousser sans trop de mal ... Est-ce-qu'ils trafiquent ensemble ?

- Quelle farce étrange nous joue Ruyn, en nous conduisant autour de ce même tertre de rochers ? ... Que cherchez-vous donc dans ce vaste Désert, Messieurs ? finit-elle par demander, curieuse, mais prudente, se gardant bien de donner la moindre explication sur la présence de son propre groupe ...


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Posté dans Re: Les plantes guérissent aussi l'âme.   - Mar 20 Nov 2012 - 5:27

Uzor s’arrêta au geste du premier chef de groupe a l’air assez sympathique. Pour un fils de cultivateur haut perché sur son Draoma. Le Gargan sourit devant la menace à peine voilée. Des gardes sont forcément armés, sinon ce ne sont pas des gardes. La précision indiquait clairement la méfiance du voyageur, et… Uzor se demanda s’il avait quelque chose à cacher. Intéressant. Le Forban était un explorateur à son niveau aussi. Il fouillait les carcasses des vaisseaux échoués en quête de pièces susceptibles de servir à la construction de la flotte des Gargans. Son œil était attiré par le métal, comme celui de la Reine du Désert l’était par toutes ces breloques que portaient les humains. Mais pas seulement. Uzor s’était demandé, parfois, ce qu’il trouverait dans un nid de Reine du Désert. Des ennuis, assurément… Tout comme sur les vaisseaux échoués de la milice. Ou en rôdant seul dans le désert, qui cachait décidément bien des surprises. En parlant de surprises et de nid…
Uzor ouvrit la bouche pour répondre, mais l’autre enchaîna avec un conseil à deux galons de bronze qui ne déclencha chez lui qu’un vague haussement d’épaules. Vrai, Uzor avait un air miteux. Comme un vieux sachet de thé desséché qui aurait été maintes fois réutilisé. Il était tellement sale que même le manteau de la Milice qu’il portait était méconnaissable. Un soldat matroscien aurait peut-être discerné un emblème sous les trois couches de poussière et de sable, et encore. De toute façon, des matrosciens, on n’en voyait pas beaucoup dans le désert. Uzor se gratta la nuque. La plupart de ses camarades passaient outre son air maladif, sa silhouette chétive et son allure dépenaillée qui faisaient davantage songer à un pauvre Otracisé qu’à un rude Forban du désert, mais la vie entre les dunes n’épargnait guère les faibles, et ces deux peuples le savaient. Il n’y avait qu’un tranquille citoyen des grandes villes pour le comparer à un mendiant dormant au coin d’une rue mal famée, se disait Uzor. Si c’était une insulte, elle ne le touchait pas. Son état faisait peut-être pitié à voir, mais Ruyn le savait, et ses camarades Forbans aussi : si Uzor l’Enfumé avait été trop faible pour survivre parmi eux, il serait déjà mort depuis des lunes.

« C’est gentil de vous inquiéter pour moi, mais je suis très bien ici », répondit-il avec une politesse presque ironique.

Je suis chez moi, faillit-il ajouter, mais la remarque sur l’Ugron le coupa dans son élan. Encore là ? songea le Forban en se retournant avec un froncement de sourcils, mais sans l’animosité du voyageur.

« Du calme, ce n’est qu’un individu isolé. Il ne vous attaquera pas... il est plus malin que ça. »

L’autre groupe les rejoignirent bientôt, détournant l’attention du voyageur. Uzor songea un instant à s’en aller, tout simplement. Rien ne le retenait vraiment, l’autre n’ayant apparemment pas compris de quoi il parlait. Son vaisseau n’était sûrement qu’une sale blague de Vren. Un deuxième œil en moins lui enlèverait sûrement le goût de la plaisanterie, songeait Uzor, agacé. Il ne suivit pas complètement l’échange entre les deux cultivateurs – caravane, gardes armés, beaux habits mais tenues de voyage, provisions… ce n’était assurément pas de simples citoyens. Une autre dénomination correcte aurait été « étrangers », étrangers au désert, pour quelqu’un qui se promenait à sa guise sans se préoccuper de la liste sus-mentionnée, mais Uzor n’avait pas la prétention de se sentir supérieur aux gens des villes. Il préférait se croire inférieur, car comme le disait la devise des Gargans, il fallait apparaître plus faible devant ses ennemis. Et rien de tel que d’y croire soi-même pour que les autres fassent de même. Uzor se tint donc là, presque sagement, tandis que les deux autres échangeaient quelques « politesses » du haut de leurs Draomas respectifs. Les gens de bonne famille étaient-ils tous aussi charmants entre eux ? Uzor l’ignorait. Le peu qu’il avait vu se déplacer en groupe avaient toujours été trop occupés à fuir les embuscades des Gargans pour seulement songer à se disputer. Il se grattait distraitement un œil quand la dame remit en place le fils de cultivateur, comme Uzor l’appelait, lui arrachant un petit sourire. Eh bah voilà. J’aurais été une femme Forban, il m’aurait parlé autrement, le coco. Uzor se rappelait avec une précision presque effrayante la façon dont sa propre mère remettait en place les hommes qui avaient le cran de la sous-estimer. On ne provoquait pas une femme forban. Soit on s’imposait clairement – physiquement, s’entend – pour lui prouver qui commandait, soit on la fermait pour exprimer son respect, et c’est tout. Uzor, par exemple, il la fermait. Lorsque la dame s’adressa directement à lui, c’est avec sa politesse habituelle qu’il répondit. Parce qu’on peut être débraillé ET poli, la preuve en image :

« Comme je le disais au monsieur avant que vous arriviez, c’est gentil de vous inquiéter pour moi m’dame, mais je me débrouille bien tout seul. La ville ne m’intéresse pas. »

Bon, la voix était peut-être un peu forte malgré la distance, mais Uzor entendait vraiment mal. Il avait compris la moitié de la phrase cependant, et à force, il savait compléter les mots manquants. L’Ugron attira son attention par un grognement. Il fixait les Draomas. Uzor grimaça. Ce n’était pas qu’il aurait craché sur une bonne tranche d’Ugron si la bête avait le malheur de courir dans les pattes du fils à cultivateur mal luné, mais les coups de blaster laissaient un goût dégueulasse de viande trop brûlée. Franchement. Et puis, peut-être avait-il presque fini par s’y attacher, à cette petite bête. Ou alors, c’était juste parce qu’il avait envie de contredire ledit fils à cultivateur, qui s’en méfiait outre-mesure. Je sais que tu es intelligent songea Uzor en la fixant du regard. Sûrement plus que moi. Tu sauras te tenir tranquille. Ugrons, Corbics… les charognards étaient pareils : ils savaient attendre leur heure. La question était : Uzor saurait-il tirer profit de leur expérience ? Il fit signe à l’animal de reculer, mais sans succès bien sûr. L’Ugron se contenta de rester assis à distance respectable. Uzor se gratta là où aurait dû se trouver son oreille droite et leva les yeux lorsque la femme posa une question.

« Pardon ? Parlez plus fort, j’entends très mal », dit-il assez fort. Il souleva d’un doigt les cheveux qui recouvraient sa blessure pour appuyer ses propos. « Le rocher, vous dites ? » Il se retourna et désigna le tas de pierres derrière lui : « Chez moi, on l’appelle le Nid d’Astiver. L’histoire vous intéresse ? »

Sans même attendre une réponse, il tira sur son manteau et, après quelques gestes inutiles, réussit à retrousser une de ses manches pour passer le bras dans une poche intérieure sans trop s’emmêler tout seul. Il en ressortit un sachet d’herbes qu’il coinça entre ses dents :

« Mais z’avez pas l’air là pour les léchendes du déjert. Moi, j’cherche un vaicheau écrajé. Et vous, qu’echivoujamène ? » articula-t-il en palpant toujours ses poches.

Il sentit les bâtons de dynamite à travers les nombreuses couches de tissu, mais ce qui l’intéressait se trouvait dans une des poches arrières de son pantalon. Ses doigts trouvèrent enfin le papier à rouler. Il prit une feuille et, avec l’air d’avoir oublié l’histoire du Nid, se roula tranquillement une cigarette. Son regard faisait des allers et retours entre les deux groupes de voyageurs, mais son attention était ailleurs. Si elle avait jamais été quelque part. Légendes ou pas, ça va être long c’t’histoire, songea-t-il en allumant le tout. Il inspira une bouffée de fumée salvatrice. Ruyn merci, la fuite n’était pas sa seule échappatoire.
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On m'appelle Janos Leawen


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Posté dans Re: Les plantes guérissent aussi l'âme.   - Mer 21 Nov 2012 - 4:36


Qu'elles soient rousses ou brunes, bourgeoises ou catins, les femmes parlent pour ne rien dire, c'est universellement connu, c'est aussi évident que la succession des jours et des nuits, aussi évident que le fait que le parasite qui vient d'émerger de son trou dans les cailloux n'est qu'un mendiant égaré ! Janos dédaigne aussitôt ce-dernier, d'autant plus que la pimbêche sans humour s'est insérée dans la conversation sans permettre à ce pitoyable individu d'ouvrir son groin ! C'est bien les femmes ça, toujours promptes à se mêler de tout et à émettre un commentaire sur des sujets qu'elles ne maîtrisent absolument pas ! Celle-ci n'échappe pas à la règle, loin de là, elle a la langue aussi longue que celle de ces chemanoirs de Matroos, grands amateurs de termites et autres insectes ridicules. Elle doit être éreintée de papoter ainsi sans arrêt.

Janos l'écoute avec un sourire goguenard. Cause toujours, la brunette, vide donc ton sac, lorsque mon tour viendra je te clouerai le bec. La quittant des yeux un instant, il adresse un clin d’œil complice à Jossuah, ostensiblement, afin que l'inconnue remarque son geste et qu'elle ait de quoi fulminer encore un peu plus. Provoquez, provoquez, il en restera toujours quelque chose. Janos n'éprouve aucun ressentiment à agir de la sorte, au contraire, il adore ça. Un rictus enjoué de son comparse préféré l'encourage d'ailleurs à persévérer dans cette voie. Les iris flavescents de l'Aventurier reviennent défier les yeux couleur d'aurore de la meneuse du second groupe.

Vous pouvez garder pour vous vos précieux conseils, jeune fille. Mes draomas et mes fahrs se portent très bien. Ils viennent de boire à l'instant. Ils ont encore la barbiche aussi mouillée que les bords de l'oasis. ... ajoute t-il, exagérant un tantinet. Cessez donc de croire que vous connaissez tout ! Vous ignorez d'ailleurs à qui vous avez affaire ! Je suis un zoologiste et naturaliste très connu, à la recherche de quelques plantes rares, et je n'ai que faire de votre avis ! Ai-je répondu ainsi à votre curiosité, ma jolie ?

Les yeux de Janos qui lançaient des roquettes se sont adoucis quelque peu, ils pétillent à présent de malice et, ma foi, d'une bonne pincée d'ironie. La charmante brunette s'est mise en tête de vouloir dicter la conduite du vagabond à la façade ravagée, et ceci l'amuse énormément. Bon, bien-sûr, il a fait exactement pareil, mais il est un homme averti, un homme de grande expérience, et ses conseils à lui sont toujours avisés et infiniment précieux. Ils ont bien plus de valeur que ceux d'une petite bourgeoise en quête du frisson de l'aventure, qui ferait beaucoup mieux de se dépêcher de rentrer au bercail pour y repriser ses voiles et ses liquettes.

Le « recousu » – appelons donc les choses par leur nom – se manifeste à nouveau. Il avait déjà débité quelques phrases auparavant, que Janos n'avait guère écoutées, son attention étant attirée par le Ugron solitaire et par l'arrivée de la brune et de sa garde rapprochée. A présent, il daigne prêter l'oreille à ce que le déguenillé raconte, même si cela ne présente évidemment que peu d'intérêt. Tiens donc ? Notre affreux ne se dirigerait donc pas vers la ville ? Dommage, ça aurait fait une compagnie de premier choix pour la brune arrogante, qui y retourne certainement. Ne serait-il pas mendiant ? Il en a pourtant l'aspect, la mine et l'habit. Étrange ...

Ils n'en sont qu'au début de l'après-midi, mais la chaleur est intense. Le sable est brûlant. Le monticule de pierres leur offre un coin d'ombre et de fraîcheur toute relative, ce qui est appréciable. S'arrachant une nouvelle fois à la contemplation de la brune et du « recousu », Janos adresse un bref signal à ses gardes. Ils vont profiter de l'endroit pour y dresser leurs tentes, quitte à explorer un peu les environs avant la nuit. Nul besoin de longues phrases, Jossuah a compris le vœu de l'Aventurier, et il s'active déjà. Pour sa part, Janos a bondi de sa monture et il s'approche du gueux et du deuxième groupe. Il a désormais du temps à tuer vu qu'ils font halte ici. Puisque l'affreux leur propose une légende relative à un Astiver qui nicherait sous les pierres entassées, pourquoi ne pas en profiter ? Tout ce qui concerne les animaux passionne l'Aventurier, que ce soit un mythe ou la réalité. Peut-être pourra t-il mentionner le récit du « recousu » dans un de ses ouvrages, même si le bougre ne brille sans doute pas par son intelligence et son originalité ?

Vas-y, mon gars, je t'écoute ! Tâche que ce soit intéressant ! Et veille à ne pas trop effrayer la petite dame, si elle écoute aussi ... ajoute t-il en lançant une œillade narquoise à la brunette.
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Posté dans Re: Les plantes guérissent aussi l'âme.   - Jeu 22 Nov 2012 - 13:14

La colère est mauvaise conseillère dit-on, et celle qui enfle dans le coeur d'Ylaria, y a plongé des racines douloureuses et profondes. Souffrance, incompréhension, rancoeur, humiliation en sont les amères et explosives compagnes. Le trublion moqueur qui est en face d'elle, n'en est pas vraiment la raison, mais simplement le déclencheur. Un visage doux aux yeux d'onyx, mystérieux, supplante un instant, celui, plus sauvage de son interlocuteur prétentieux. Malhek revient régulièrement hanter ses pensées, attisant ces sentiments négatifs, peu habituels chez la douce Ylaria.
La coupe se remplit depuis plusieurs semaines à présent, trop, c'est trop ! Elle déborde, elle bouillonne ! Les joues en feu, la Dévouée se métamorphose en furie ! Et elle aurait sauté à la gorge du butor, si une main ferme ne s'était posée sur son bras. Solys qui la côtoie depuis son retour d'Arish, connaît ses sautes d'humeur, elle sait l'orage qui gronde en permanence en elle, et tente de tempérer son courroux, en lui murmuant des paroles apaisantes et raisonnables :

- Non, Ylaria, non. C'est ce que cherche cet homme, il vous pousse à bout et se réjouit de vous voir vous empêtrer dans ses provocations. Ne répondez pas, par Ruyn ! Vous avez entendu ? Il est naturaliste ! Il peut nous aider à trouver les plantes que nous cherchons, ne gâchez pas nos chances ... Nos pauvres jumeaux auraient fort à faire à se colleter contre ces gaillards ... Vous êtes une Desnolancès, ne l'oubliez pas ! Et l'autre crève-la-faim-là ne m'inspire pas confiance ...

Les mots sages de sa servante font mouche et dégonflent les velléités agressives d'Ylaria. Elle est responsable des membres de son groupe, c'est elle qui les a entraînés près de cette éminence rocheuse. Et si la colère est toujours là, autant concentrer son énergie à trouver les végétaux qu'elle recherche, plutôt que de s'en prendre à l'âne bâté aux grands airs supérieurs et à ses acolytes. Et après tout s'il se vante de connaître la faune et la flore de Korrul, autant utiliser son savoir, elle-même en a assez appris dans les livres et avec sa mère pour déceler si c'est un affabulateur ou pas.

Sur un signe de la jeune femme, chacun descend tranquillement de son draoma. D'ailleurs l'autre groupe aussi met pied à terre, et semble vouloir bivouaquer près du tertre rocailleux. Mais les dernières phrases du miséreux balafré l'intriguent. De quelle histoire parle-t-il ? Et puis qu'elle est cette herbe qu'il roule pour la fumer ? Un vaisseau écrasé, ici ? Elle n'en a pas entendu parler, et un accident si proche de leurs terres c'est plutôt étonnant. Le soleil impitoyable a du surchauffer sa cervelle plus que de raisonnable !
Elle s'approche des deux hommes, Solys dans son ombre, alors que les jumeaux s'occupent de leurs montures. Elle dévisage tout d'abord le "naturaliste", une lueur de défi, étincelant dans son regard doré :

- Que Môssieur le naturaliste se rassure, énonce-t-elle calmement avec tout le mépris dont elle est capable. - Je ne suis pas l'une des stupides oies blanches ou poules mouillées qu'il a l'habitude de fréquenter dans sa basse cour habituelle. J'ai passé l'âge de prendre peur bêtement et de trembler à la moindre légende ...

Puis se désintéressant ostensiblement du barbichu arrogant, elle se tourne vers l'autre quidam, dont elle vient de remarquer, non sans un frisson, qu'il n'a plus qu'une oreille, et que toutes ses cicatrices sont bien plus impressionnantes de près. Il ressemble, en bien plus laid, aux travaux de couture que réalisent les femmes Korruliennes pour les épousailles de l'une d'elles. Un mélange coloré de petits bouts d'étoffe différentes qui au final dessine un harmonieux motif. Malheureusement, pour lui, ce n'est que du raccommodage hâtif ...
Une question incongrue surgit d'un coup, dans son esprit : *Est-ce-que tout son corps est rapiécé de la sorte ? * Mais impossible de lui demander ! Et elle se presse de changer de sujet, avant que sa curiosité naturelle ne la mette dans un fichu pétrin.

- De quel vaisseau voulez-vous parler ? Je n'ai pas entendu dire qu'un accident s'était produit dans les parages ... L'un de vos proches a-t-il été blessé dans ce crash ? Et puis n'écoutez les fadaises de ce malappris, votre histoire m'intéresse, je me suis promis de récolter, un jour, tous les contes qui circulent à Korrul, afin qu'il en reste une trace pour nos descendants ... ajoute-elle pour encourager le misérable gueux à parler.
Les autres questions, les opportunes bien sûr, elle les posera plus tard ...


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Posté dans Re: Les plantes guérissent aussi l'âme.   - Ven 23 Nov 2012 - 3:08

Apparemment, les deux caravanes avaient décidé de faire halte ici. Uzor les regarda descendre de leurs montures et déplier leurs affaires avec plus ou moins d'intérêt ; on ne savait jamais, des fois qu'ils aient quelques objets intéressants à voler. Il préférait piller les carcasses, mais s'il rentrait bredouille aujourd'hui, l'humiliation n'en serait que plus cuisante :

« Il n’y a pas de vaisseau », répondit-il sur un ton moins enjoué qu’il ne l’aurait voulu. Il fronça les sourcils. Il n’y a jamais eu de vaisseau ici. Cet abruti de Vren l’avait envoyé au diable vauvert, pour une raison qu’il ignorait. Penjoie, bon sang, Penjoie ! Uzor avait parcourut ces kilomètres depuis le Col, et pour rien ! Pour une fois, il n’avait pas envie de continuer sa petite expédition solitaire, oh non, il avait envie de rentrer dare-dare au quartier général des Gargans et d’apprendre à Vren qu’il y avait des limites à la plaisanterie. Il ne savait pas comment il ferait, ce Vren était peut-être à moitié amputé de l’un de ses sens, comme lui, mais c’était là le seul point commun qu’on pouvait leur trouver. Il était deux fois plus grand qu’Uzor, et il n’avait pas l’air d’un cadavre ambulant, lui. Mais il se débrouillerait, il devait. Il tira sur sa cigarette pour se calmer. « Une de mes… connaissances me l’avait assuré. Sûrement une erreur. C’est mon métier », ajouta-t-il avec un petit sourire pour celui qui se disait « naturaliste ». « Je récupère les pièces usagées, comme vous récupérez des plantes ou… je ne sais pas. »

Il ne voyait pas de mal à l’avouer, d’accord la flotte des Gargans était un projet relativement secret, mais Uzor n’avait aucune raison de penser qu’on le soupçonnait d’être Forban, encore moins Gargan. Enfin… Un dernier coup d’œil à l’Ugron, et il reporta son attention sur les deux chefs de groupes, qui avaient demandé une histoire :

« Oh, elle fait pas très peur, vous en faites pas. »

Consigner les légendes de Korrul ? C’était sûrement une bonne idée. Si peu de gens savaient lire et écrire, utiliser ce don à des fins utiles était sûrement honorable… enfin, cela ne concernait pas la culture des Forbans, principalement orale, mais c’était sûrement plus intéressant que des bouquins sur les plantes et les animaux. C’était bien ce que faisait un zoolomachin, non ? Comme il avait toujours vécu dans le désert, appris à apprivoiser les plantes et à différencier les animaux plus dangereux qu’un Forban de ceux qui devenaient leurs proies, Uzor ne voyait pas l’utilité d’un bouquin qui expliquerait à quoi servait telle ou telle plante et ce que mangeait un Ugron – ça mangeait de tout, un Ugron. Pas vrai ? Il jeta un coup d’œil amusé à l’animal en question, sagement assis. Peut-être que si quelqu’un lui expliquait en détail ce qu’était telle ou telle plante, justement, il tomberait moins souvent malade. Mais le savoir s’acquérait avec l’expérience, et on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs de Khaïgo, comme on dit !
Ceci dit, comme les histoires se déformaient toujours au cours du temps, un livre pour les consigner telles quelles ne serait sûrement pas superflu. Uzor se demandait sincèrement d’où venait le véritable mythe du Nid d’Astiver. On disait qu’il y avait toujours un fond de vérité dans les légendes… En tout cas, il ne pouvait raconter que la version qu’il connaissait, celle que ce vieux Forban qui vivait aux abords du clan leur contait quand ils étaient gamins. Autant que les gens de la ville écoutent attentivement, ils n’auraient sûrement plus l’occasion de l’entendre. Uzor s’installa à l’ombre des rochers, un peu en hauteur comme le faisait le vieux conteur :

« On raconte qu’il y avait une tour, ici, vous voyez celle des Veilleurs, à l’est ? La même, en plus grand. Les Gargans racontent qu’ils l’avaient construite pour défier Ruyn en touchant le ciel, un peu comme l’avait été la construction du Col Muertiga. Mais on sait tous que cette tour était bien plus vieille qu’eux. »

Uzor marqua une pause pour tirer sur sa cigarette et s’installer plus confortablement. Il plia ses jambes en tailleur et s’appuya en arrière sur un bras. De l’autre, il illustrait ses propos en faisant de grands gestes, la cigarette fumant paresseusement entre ses doigts.

« On ne sait pas trop à quoi elle servait, mais ce qu’on savait, c’est que les voyageurs qui dormaient à l’intérieur pour se protéger des tempêtes de sable, la nuit, et la nuit seulement, ils entendaient des grattements en collant leur oreille contre le sol. Les murs vibraient aussi, parfois. Mais très légèrement, seuls les animaux le remarquaient, et ils prévenaient leurs maîtres, mais personne n’écoute les animaux, hein ? » L’Ugron grommela comme pour exprimer son approbation, et Uzor enchaîna : « Une nuit, vous voyez, toute une caravane était arrêtée là, comme vous, et le soir, tout le monde entra à l’intérieur pour dormir, sauf les domestiques et les gardes qui surveillaient les alentours. Ils ne savaient pas que le danger venait de l’intérieur… »

Uzor laissa planer un instant de silence pour tirer sur sa cigarette. Parce que même un mauvais conteur comme lui, un conteur qui ne connaissait pas les bons mots, ceux qui font vibrer, qui donnent la chair de poule quand on y repense même trois lunes après, et un conteur qui ne bénéficiait pas d’un feu de camp et d’un ciel vrillé d’étoiles pour l'aider… même lui, il savait quand on avait besoin d’un peu de suspense. Lentement, baissant la voix, il reprit :

« Cette nuit là, c’était la pleine lune, et ça faisait mille ans, jour pour jour, qu’une bête immense, monstrueuse et ancienne comme l’île avait pondu un œuf sous les fondations de la tour, bien avant sa construction. La créature qu’elle avait créée se réveilla pour briser sa coquille. Le premier à réagir fut un Netfix, il aboya pour réveiller ses maîtres. Mais aucun ne fut assez rapide pour anticiper la chute de la tour. Les gardes postés dehors ne purent qu’écouter, impuissants, les cris des cultivateurs, des femmes et des enfants qui disparaissent, ensevelis sous les gravats. On dit que le sable s’était ouvert sous leurs pieds, sur un trou béant bordé de plusieurs rangées de dents. Et alors que la lune éclairait les murs vibrant d’une pâle lueur, un corps long, immense et plus pâle encore émergea des décombres pour disparaître presque aussitôt. »

Uzor tira sur sa cigarette, fixa ses interlocuteurs, souffla nonchalamment une vague fumée et acheva :

« Y’en a qui disent que la bête a été ensevelie sous les décombres et tuée sur le coup, d’autres qu’elle est retournée d’elle-même dans son trou pour attendre d’autres voyageurs. On dit qu'elle ressemblait à un gros vers blanc, comme un Astiver qu’aurait pas vu la lumière du jour, mais en plus grand. Ce qui est sûr, c’est qu’en se penchant contre le sol, on voit les p’tits cailloux tressauter, comme ça – il fit trembler sa main – et on l’entend vibrer… 'Jamais eu l’ouïe ou la vue assez bonnes pour vérifier », commenta-t-il en se redressant. « Mais paraît que les légendes ont toujours un fond de vérité… vous y croyez, vous ? »

Il écrasa consciencieusement sa cigarette en bout de vie entre ses doigts, et se releva en époussetant un peu son manteau d’un geste machinal. Descendant de son piédestal, il jeta un coup d’œil au tas de cailloux et regarda la dame dans les yeux, puis le fils à cultivateur arrogant :

« On les appelle aussi les Gravats Perdus, mais cette histoire-là, je vous la raconterais si vous m’expliquez ce que vous cherchez vraiment dans un coin pareil, tous les deux. Vous êtes pas chez vous, c’est clair. »

Si vous l’aviez été, vous seriez déjà partis, de peur de rester coincés ici pour la nuit. Comme sa remarque n'était pas des plus aimables, Uzor sourit. Ce qui n’était pas la chose la plus rassurante au monde, mais ça ne partait pas d’une mauvaise intention. Encore que… la réponse pouvait l’intéresser, qui sait ? Et puis, les gens de la ville ne pouvaient pas le savoir. La plupart des Forbans faisaient peu de cas de Ruyn, mais certains était pas mal superstitieux. Uzor avait voyagé avec bon nombre d'entre eux, qui vous répétaient que si on voyait un reflet au loin, c'était une Reine du Désert et qu'il ne fallait pas s'endormir avant d'avoir mis un kilomètre entre vous et elle ; qu'il fallait toujours revenir sur ses pas en marchant exactement dans ses traces quand on avait l'impression de tourner en rond depuis trop longtemps, au risque de se perdre indéfiniment ; et bien entendu, qu'il ne fallait jamais jamais s'arrêter pour la nuit sur le Nid.

HJ :
 
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Posté dans Re: Les plantes guérissent aussi l'âme.   - Dim 25 Nov 2012 - 0:55


De quoi se mêle t-elle, cette péronnelle ? Qui croit-elle être au juste pour prétendre émettre un avis éclairé quant aux habitudes et aux fréquentations d'un inconnu ? Il n'y a décidément rien de bon à tirer d'une telle enquiquineuse ! Janos se détourne. Il ne dépose pas les armes, non, mais il se drape dans sa dignité écorchée, tel un monarque bafoué par l'insignifiante plèbe. Il vaut tellement plus que cette brune un peu fadasse en mal de sensations fortes qu'il décide de l'ignorer pour un temps, d'autant plus que le recousu est en train de s'installer en haut des rochers, dans l'intention de commencer ce récit que l'insipide créature lui réclame. L'Aventurier effectue donc un repli stratégique, sans doute momentané, ne désirant nullement gaspiller sa belle énergie à palabrer avec cette donzelle ridicule et inutile. Il s'intéresse dès lors à son escorte, qui vaque déjà aux préparatifs de leur campement. Ses trois compagnons de route ont déjà dressé une tente, à l'ombre de la protubérance rocheuse, là où le souffle d'un vent léger et moins brûlant s'en vient doucement folâtrer parmi les pierres. En hâte, ils soulagent les fahrs de l'encombrante cargaison qui bringuebalait sur leur dos et leurs flancs musculeux.

- Donne leur à boire, ainsi qu'aux draomas ... souffle t-il à Jossuah, le plus discrètement possible, ne désirant nullement reconnaître devant la brune que ses bêtes pourraient éventuellement avoir soif.

Mais il n'y a rien à craindre de ce côté, semble t-il, car la garçonne s'applique également à l'ignorer. Quel comportement infantile, non ? Oui, bon, il fait exactement pareil, mais il a ses raisons : elle l'a agressé, alors que lui s'est contenté de plaisanter un peu. Les gens de cette espèce, n'ayant pas un soupçon d'humour, ne devraient jamais quitter leur domicile. Ce monde n'est pas fait pour les rustres et les rustaudes. Il est fait pour les gens comme lui, ouverts et agréables, s'ingéniant à apporter leur pierre au progrès de la science et de la connaissance. Et ne vous méprenez pas, il n'y a aucune mauvaise foi dans les réflexions et le comportement de Janos !

Leur bivouac s'installant de manière plus que satisfaisante, l'Aventurier se rapproche donc du mal-raccommodé, dont il ne sait toujours pas grand chose, sinon ce qu'il vient d'entendre. Le bougre traficoterait dans les pièces de rechange qu'il récupérerait dans les appareils qui s'écrasent dans le désert. Il ne serait donc pas mendiant. C'est difficile à croire, vu son aspect peu ragoûtant, et Janos statue à sa convenance, en fonction de ce que voient ses yeux, qui ne lui mentent pas : ce gueux est donc un va-nu-pieds à mi-temps, à la fois magouilleur et traficoteur lorsque l'occasion s'en présente. Bref, un parasite dont il convient de se méfier. Il l'observe, snobant toujours la brune. Voilà que le zigoto se met à conter son histoire, sa légende, comme s'il était quelqu'un d'important, s'efforçant même d'intriguer son auditoire, de le tenir en haleine. L'affreux semble en tout cas particulièrement détendu, la clope au bec. Par Ruyn, dans quel monde vivons nous donc si les dégénérés se prennent à présent pour de talentueux orateurs, hein ?

Fadaises et fariboles que tout cela, bien entendu ! Le plus docte des Leawen attend simplement la fin de cette histoire abracadabrante pour pouvoir manifester son ironie. Jamais il n'avalera de tels boniments, même s'ils émanaient d'un scientifique reconnu, ce qui n'est pas le cas.

Cette anecdote est ridicule ! ... tranche t-il vigoureusement lorsque le recousu sollicite l' opinion de son public. Ce ne sont que des sornettes ! Je suis un éminent zoologiste, et j'affirme qu'il n'y a pas d'Astiver si près des villes ! Les revues scientifiques en auraient fait état ! Par contre j'admets volontiers que ce sont de dangereuses bestioles, et qu'elles pourraient sans mal soulever ce tas de cailloux. Néanmoins, il faudra d'autres raisons pour m'empêcher de passer la nuit ici, surtout que ces mêmes revues mentionnent une possibilité de dénicher ici quelques plantes rares qui font l'objet d'études sérieuses ! D'ailleurs, à ce propos, mon gars, et puisque tu désires visiblement en savoir davantage, aurais-tu aperçu, aux alentours de l'oasis, quelques endroits particuliers où la végétation serait plus florissante ? ... s'enquiert-il auprès de l'affreux. Il ne se montre pas plus précis, doutant de la capacité du miteux à distinguer une fleur jaune d'un caillou blanc. Si tel est le cas, tu seras bien récompensé ! ... ajoute l'Aventurier, dont l'interlocuteur ne roule manifestement pas sur l'or.

* Grâce à ça, tu pourras te faire réparer la tronche et p't'être même te faire greffer une oreille ... * est-il sur le point de dire, mais il s'abstient, car la suite de son voyage dépend peut-être de la réponse du mal fichu.

Il daigne enfin adresser un regard à la brune. Serait-ce l'occasion de lui poser les mêmes questions ? Janos réfléchit un instant. Certes, il se débrouillerait parfaitement sans cette créature horripilante, il ne tient pas à lui être redevable de quoique ce soit, mais elle pourrait éventuellement lui faire gagner un jour ou deux dans ses recherches si elle disposait de quelques renseignements valables. S'efforçant de paraître plus aimable, plus enjoué, il l'interroge donc.

Et vous, ma jolie, auriez-vous repéré des végétaux peu communs lors de votre promenade ?

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Posté dans Re: Les plantes guérissent aussi l'âme.   - Mar 4 Déc 2012 - 9:49

Alors que le soleil poursuit inexorablement sa course vers l'horizon, le mystérieux balafré raconte sa version de la légende du Nid d'Astiver. Et s'il n'est pas un conteur hors pair, il sait tenir son auditoire en haleine, jusqu'au dernier mot. Lorsque son regard sombre et insondable croise celui d'Ylaria, elle a l'impression désagréable d'être un malheureux coléoptère épinglé par un entomologiste. L'irascible explorateur a droit au même traitement. Lui aussi est scruté par les yeux ténébreux du conteur, mais la légende l'a laissé de marbre, il en conteste même les origines. C'est vrai qu'il y a bien longtemps que les Astivers ne se sont pas approchés des villes de Korrul. Cependant, des histoires semblables, elle en a déjà entendues par sa grand-mère, et par d'autres anciens du Domaine Desnolancès. Alors contrairement au naturaliste, elle aurait tendance à penser comme le misérable conteur, qu'il y aurait un fond de vraisemblance, de vérité dans toutes ces légendes ...

- Je ne suis pas d'accord avec vous, répond-elle posément, regardant tour à tour les deux hommes, si différents, l'un, grand, imposant, l'autre, malingre et aussi sale, que son ugron. C'est une histoire fort intéressante, j'ai déjà entendu dire que les Astivers s'approchaient des villes en période de disette, ou de très grande sécheresse ... Mais il est vrai que je n'en ai jamais vus. Maintenant, que ce tas de pierres soit un nid, j'en doute aussi ... Pour satisfaire votre curiosité, je suis moi-même à la recherche de certaines essences. Il y a quelques temps, nous avons trouvé, sous les pierres de cet amas, une fleur étrange, que je voudrais étudier de plus près, et éventuellement récupérer quelques graines ...

Ylaria sait bien qu'en dévoilant ainsi ses projets, elle se livre pieds et poings liés aux sarcasmes suffisants du chef de l'autre caravane. Mais elle a envie d'en savoir plus sur les "gravats perdus", et puis après tout, peu importe ce que ce faraud pense d'elle, ce serait étonnant qu'ils se croisent à nouveau, elle ne connaît même pas son nom, et elle doute qu'il fasse partie d'une famille renommée de Korrul.
De leur côté, les jumeaux commencent à retourner les pierres plates, qui reposent sur le sable brûlant, là où ils devraient dénicher cette fameuse fleur. De temps à autre, l'un d'eux jette un oeil vers leur groupe hétéroclite, s'assurant qu'elle est bien en sécurité. Solys, comme son ombre, surveille silencieusement, leurs deux interlocuteurs.

- Je voudrais bien en apprendre un peu plus sur ces "gravats perdus". Il est rare qu'une légende des Forbans arrive jusqu'à nous. Je suis très curieuse de l'entendre, si l'explication de notre présence ici vous convient ... poursuit-elle, avec un premier sourire depuis son arrivée.- Ne vous inquiétez pas, je serai rentrée chez moi avant la nuit. Les terres de ma famille s'étendent là-bas plus au sud. Nous n'avons mis que deux heures pour arriver jusqu'ici. Il n'en faudra pas plus pour repartir ... Nous avons encore autant de temps pour chercher notre perle rare, mes hommes sont déjà à l'oeuvre.

Quittant enfin la figure rapiécée du pilleur d'épaves, les yeux ambrés d'Ylaria se posent sur le prétentieux scientifique. Ils glissent de la crinière sombre en bataille, au regard d'or condescendant, quelque chose dans son visage ne lui est pas inconnu, un air de déjà vu, elle le dévisage longuement, reconnaissant qu'avec un sourire aimable, il serait séduisant. Puis elle se décide à lui adresser la parole, étouffant son ressentiment, ses bonnes manières reprenant le dessus. Elle ne se montre pas chaleureuse pour autant, mais prend un ton poli et froid pour répondre à sa question, le "ma jolie" restant suspendu entre eux comme une barrière de mépris réciproque, infranchissable.

- Contrairement à ce que vous pensez, je ne suis pas une stupide péronnelle, inconsciente au point de s'aventurer dans le désert, pour m'amuser. Tout comme vous, je recherche des plantes rares ou pas. J'étudie leurs vertus médicinales ... Elle se tait un instant, tentant de déchiffrer une réaction quelconque sur les traits patriciens de son interlocuteur, mais y renonce rapidement, il va sûrement tourner en ridicule ce qu'elle vient de dire.
- Par ici, vous ne trouverez que des espèces assez communes, mais autour et dans l'Oasis, il y a quelques essences rares, et certaines inconnues de nombreux Korruliens. Malheureusement, je n'ai eu l'occasion de m'y rendre qu'une fois. Et vous ? Y êtes-vous déjà allé ? Elle sait pertinemment qu'hormis les Chamanes, seuls les membres des familles de Cultivateurs ont le droit de pénétrer dans le sanctuaire de Korrul ...


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Posté dans Re: Les plantes guérissent aussi l'âme.   - Jeu 7 Mar 2013 - 15:06


Bla bla sornettes, bla bla éminent zoomachin, bla bla revues scientifiques, bla bla…. La réponse de « l’éminent zoologiste » se traduisit ainsi dans l’esprit actuellement mal éclairé d’Uzor, mais de toute façon nous ne sommes pas certains qu’il connaissait la moitié des mots employés. « Danger imminent », ça c’était connu, « éminent zoologiste » un peu moins. Le premier (et peut-être seul) mot qu’il avait retenu étant « anecdote », il se sentit obligé de préciser :

« C’est pas une anecdote, mon bon monsieur, c’est une légende. » Et pour le Forban, la différence se situait là. « M’enfin, libre à vous de croire c’que vous voulez. »

Il hocha la tête en tirant une nouvelle cigarette de sa poche. Contrairement aux légendes, vous pouviez raconter une anecdote autour d’un rôti de Koït entre amis, pour faire oublier le goût immonde de la mixture en rigolant un bon coup. Par exemple, la dernière fois qu’Uzor avait chassé en groupe, il avait dû supporter Shaa l’Maudit qui se plaignait de sa jambe qui guérissait pas depuis qu’un Ka’as l’avait mordu, et qu’on allait devoir l’amputer, et qu’il ne serait plus jamais un chasseur, et comme Uzor disait que c’était pas bien grave et que Shaa s’énervait en le traitant d’inconscient et autres termes moins sympathiques, Uzor avait rappelé qu’une morsure de Ka’as était mortelle. Tout le monde avait bien ri de Shaa et de son malheur, même si on avait quand même dû l’amputer. Il fallait croire que ce n’était pas un Ka’as, au final. Et ça, c’était une anecdote à raconter autour d’un ragoût de Koït.

Personne n’aurait songé à parler du Nid d’Astiver autour d’un ragoût de Koït, à moins de vouloir le rendre encore plus indigeste.

Mais Uzor écouta sagement les explications des touristes. Ainsi, ils étaient tous deux à la recherche de plantes ? Rien qui ne le concerne, malheureusement. En plus, il n’y connaissait rien. Il avait appris à différencier les bonnes des mauvaises plantes, mais ses connaissances s’arrêtaient là. On lui avait dit que des gens existaient pour répertorier tous ces machins dans des livres, et il lui semblait juste aberrant qu’on veuille donner un nom à une plante. C’était une plante. C’était une plante ! On donnait un nom à son animal de compagnie, pas à une fleur en pot ! Enfin… là n’était pas la question, on lui demandait juste s’il avait vu quelque chose qui ressemblait à de la végétation. Le ton condescendant du grand type ne mit pas Uzor en confiance, pour lui, chercher des plantes n’était pas normal. Un trésor, oui. Des pièces détachées, oui. Des otages, oui. Mais des plantes ?! Il fallait en tenir une sacrée couche, et c’est Uzor qui vous le dit.

Mais bon, il savait que les bourgeois avaient des mœurs un peu différentes et du temps à perdre, alors ça ne le regardait pas vraiment. Il prit son sourire le plus crétin pour répondre un vague « Peut-être » en haussant les épaules. En fait, il n’avait simplement pas envie de se pencher sur la question, qui demandait un minimum de concentration afin de se souvenir si oui ou non il avait vu des plantes en venant ici. Il préférait nettement répondre à la dame d’abord, vu que la question était toute simple :

« Les Gravats Perdus c’est pas tellement un conte, ou alors on l’a oublié. C’est plutôt une sorte d’avertissement pour les enfants, vous voyez le genre ? » Sûrement pas, vu sa grande faculté d’expression.

Il fallait dire que parler avec trois cigarettes au bec n’aidait pas à la compréhension. Uzor cherchait dans ses poches en parlant, désespérant sur sa réserve d’herbes, et il avait besoin de ses deux mains pour cela, très doué qu’il était pour s’empêtrer dans ses vêtements.

« On dit que ceux qui trouvent les Gravats Perdus sont condamnés à tourner en rond pour l’éternité, rien d’aussi effrayant que l’Astiver. On raconte ça aux petits enfants qui rêvent de partir tous seuls à l’aventure dans le désert, mais le vrai danger, c’est jamais vraiment l’endroit où on va. »

Pas pour un Forban en tout cas, qui connaissait le terrain comme sa poche.

« C’est les rencontres qu’on y fait. Vous voulez un exemple ? »

Si elle était aussi intéressée par leur culture, autant lui donner une leçon de prudence façon Forban. Elle lui avait assuré qu’elle serait rentrée avant la nuit, mais l’autre type n’avait pas compris son premier avertissement. Uzor se sentait obligé de mettre les choses au clair et de leur apprendre un truc utile dont ils puissent se servir plus tard. Pas comme les plantes.

« Vous avez parlé de récompense, m’sieur. Je suis pas sûr de vous être très utile pour c’qui est des plantes, j’y connais rien. »

Il alluma une des trois cigarettes et rangea les deux autres dans une poche de son manteau tout en parlant, très décontracté comme à son habitude. Ou du moins en apparence. Uzor fumait quand il était nerveux. C’était déjà sa deuxième cigarette. Ça ne l’empêchait pas de chercher les emmerdes, comme disait son frère Zaar, mais Zaar était un rabat-joie de première.

« À la place, faisons un jeu. Vous m’auriez donné combien pour une info ? Pas que j’aie besoin d’argent, hein, mais ça m’intéresse quand même. »

Ce qui l’intéressait surtout, c’était de se débarrasser d’eux sans trop de dégâts, et avec si possible une récompense à la clef. Oui, Uzor faisait partie de ces gens pour qui tout est possible. On appelait cela de l’inconscience. Ou de la stupidité, ça revient au même au final.

« Maintenant, disons que je devienne un peu chiant, vous me donneriez plus que ça ? » Une pause, puis : « Ah oui, un coup de pied au cul », marmonna-t-il.

Pas besoin de bonne conscience ou de grand frère, Uzor se donnait des conseils tout seul. Un pouilleux comme lui n’aurait rien récolté que des taloches s’il avait réellement cherché des ennuis auprès du cultivateur, pardon, du zoologiste et de sa bande. Mais contrairement à ce que l’on pouvait croire, Uzor n’était pas stupide au point de s’approcher assez pour avoir des taloches. Il en recevait peu en comparaison du nombre de gens qui rêvaient de lui en coller une ou deux – ou plus – et c’était uniquement parce qu’il avait un moyen de défense imparable. Et beaucoup de culot. Ou très peu de bon sens, au choix.
Il prit sa cigarette d’une main et ouvrit son manteau de l’autre. Un ancien manteau de la milice, sale et déchiré à plusieurs endroits, mais doublé d’une ribambelle d’explosifs. Des bâtonnets artisanaux, qui avaient l'air aussi douteux et instable que leur maître.

« Plus difficile maintenant, disons que je devienne chiant et dangereux, est-ce que je vaux plus cher qu’avant ? »

L’ugron grogna et Uzor sourit. Il ne prévoyait pas de le nourrir, mais on n’était jamais vraiment sûr, avec ces choses-là. Soit les cultivateurs jouaient le jeu et le laissaient partir (avec un bonus), soit ils explosaient tous, allez savoir s’il n’était pas assez taré pour courir ce risque.
Plutôt mourir explosé que touché par un ces satanés gardes. Se tournant vers la dame, il acheva avec un sourire poli :

« Voilà ce qu’on nous apprend chez les Forbans, m’dame. Ne pas partir à l’aventure dans le désert, ne pas passer la nuit sur le Nid d’Astiver – et à l’intention de son homologue masculin – et ne pas prendre les gens pour des crétins. »

On ne dit pas qu’Uzor n’en était pas un, on dit juste qu’il avait autre chose à faire que jouer le guide touristique botanique.

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Posté dans Re: Les plantes guérissent aussi l'âme.   - Lun 11 Mar 2013 - 3:35


Décidément, en plus d'être insolente, cette péronnelle se révèle stupide ! Comment peut-elle prendre pour argent comptant les fadaises de ce loqueteux au visage aussi laid que les fesses d'un draoma atteint de dysenterie aiguë ? Des fadaises, que l'on nomme ça légende, anecdote ou conte, ça reste toujours des fadaises, non ? Le mot importe peu, c'est de l'inutile sémantique. Janos les écoute donc disserter tout en regrettant amèrement d'avoir jugé bon de faire une halte ici. Il aurait du dresser son campement provisoire sous les murs de la ville, il aurait évité ces deux ahuris et leurs histoires à dormir debout. Bon, la fille est plutôt pas mal roulée, elle a visiblement la cuisse aussi ferme que celles d'un de ses fahrs, elle a un joli visage et sans doute de plantureuses tétines, mais il y a un inconvénient majeur avec les donzelles : malgré son infinie sagesse, Ruyn leur a donné accès à la parole. Grossière erreur, en vérité, de la part de leur guide à tous. Mention « insuffisant » pour cette fois.

Les yeux remplis de sarcasmes et de goguenardise du zoologiste se posent un instant sur la fine équipe qui escorte l'arrogante brunette. Voilà que les jumeaux se mettent à déplacer des gravats, comme si ceux-ci pouvaient dissimuler de précieux végétaux. Bande de pignoufs. Les plantes ont besoin de lumière pour se développer ! Tout ce qu'ils peuvent dénicher sous ces cailloux ce sont des vestiges de repas, ou des insectes. Finalement, si un astiver surgissait des entrailles du désert, juste sous les pieds des deux « copies conformes », ça ferait un joli spectacle. Voilà encore une erreur de Ruyn : pourquoi engendrer de tels jumeaux ? Lorsqu'on a raté le premier, pourquoi en créer un second, tout à fait semblable à l'autre ? C'est idiot.

En définitive, le seul propos intelligent tenu par la brune, c'est qu'elle lui confirme que l'Oasis et ses alentours abritent bien des végétaux qui pourraient l'intéresser. Elle ne s'y est rendue qu'à une seule occasion, donc elle parle sans doute sans savoir, comme toutes les femmes, mais Janos est résolu à ne pas négliger la moindre piste. Il ne peut se le permettre, en sa qualité d'éminent naturaliste. Il daigne donc répondre à la péronnelle, avec un brin de courtoisie, sans s'emporter, sans se hérisser. Les éventuels renseignements qu'il pourra lui soutirer méritent bien qu'il fasse preuve d'un peu de savoir-vivre et de considération, même si, au fond de lui, il n'en éprouve guère.

– Effectivement, j'y suis déjà allé. Ma famille cultive quelques terres à proximité de l'Oasis. Mon dernier déplacement dans cette région remonte pourtant à un bon moment, sans doute quelques mois, car mon travail de scientifique renommé m'a contraint à de fréquents voyages aux confins du désert de Korrul. Avec mon équipe, nous irons sans doute y planter notre prochain campement.

Il n'en dit pas davantage. Si la donzelle et ses abrutis vont rôder par là aussi, il les tiendra à l’œil et s'arrangera pour profiter de leurs éventuelles découvertes. Il fera certainement un meilleur usage de ces plantes rares que la brune. Lui, il fait progresser la science, c'est un professionnel, pas une pécore qui tripatouille dans le désert quand elle s'ennuie.

Entre-temps, le ravagé continue à discourir, la cigarette au bec. C'est un exploit ça, de fumer avec une bouche aussi difforme. Le mal fichu se montre même plutôt insistant, ce qui lui vaut une œillade incendiaire de la part de Janos. Mais l'animal poursuit, et le voici qui propose un jeu. Un jeu ! Ça semble tellement incongru, au milieu de cet océan de sable et de pierres, que le zoologiste tend l'oreille avec un peu plus d'attention, même s'il est convaincu qu'il s'agit d'une pitrerie supplémentaire du rachitique. Pas vraiment ! Et même pas du tout ! De profondément chieur et pitoyable, le bougre devient menaçant ! Ce petit fumier cachait parfaitement son jeu ! C'est un forban ! Et le voilà qui exhibe toute une panoplie d'explosifs, qu'il dissimulait jusque là sous ses frusques aussi abîmées que lui.

Pas évident qu'il sache réellement les utiliser ! Vu son faciès délabré, sans doute que de précédents bâtons de dynamite lui ont explosé à la tronche, mais, tout compte fait, cette supposition n'est même pas rassurante. Ses gadgets risquent peut-être d'éclater à chaque instant ! Et, en l'occurrence, Janos préférerait de loin voir ses talons que sa bouille misérable.

- C'est d'accord mon gars. Tu veux un peu d'argent pour fiche le camp ? On va t'arranger ça. C'est pas la peine de faire exploser tes saloperies. Tiens, attrape ça !

Janos fourrage un peu au fond de ses poches, et y repêche une maigre bourse cachée là, à tout hasard. Il la lance en direction du bouseux. Le scientifique en a d'autres, bien entendu, dissimulées dans les fontes de ses fahrs, mais celles-là, pas question d'y toucher. Si le forban se montre plus gourmand, Janos prendra plutôt le risque de lui envoyer une rafale d'un de ses lasers. En outre, pas question qu'il soit le seul à distribuer quelques pièces à cet animal. Le botaniste se tourne vers la brune, et énonce clairement, afin d'être entendu de tous.

- Vous devriez lui envoyer quelques pièces également. Ça le fera décamper plus vite ...

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Posté dans Re: Les plantes guérissent aussi l'âme.   - Mer 3 Avr 2013 - 9:19

Comme elle s'y attendait le naturaliste cynique réagit avec mépris à ses propos, Môssieur est une sommité, un savant, Môssieur est célèbre, Môssieur s'y connaît en flore korrulienne ! Avant de se ridiculiser avec un accès de colère, Ylaria s'en désintéresse totalement pour écouter ce que leur étrange interlocuteur sait sur les Gravats Perdus. Curieuse, elle se demande par quel miracle il arrive à fumer tout en parlant, avec sa bouche oblique, difforme qui barre son visage couturé. Mais en fait d'histoire, il leur livre une sorte d'avertissement souligné par les grondements menaçants de son infâme bestiole. Solys a sûrement raison, c'est un Forban à qui il n'est guère bon de faire confiance. D'un signe de tête, elle approuve sa servante, et reste sur ses gardes.

Derrière elle, les draomas s'agitent alertés par l'animal sauvage, ils tirent sur les rênes de cuir qui sont enroulées aux mains d'Ylaria. Elle tente de les calmer en flattant leur encolure et en leur parlant doucement, puis elle jette un regard aux compères du savant, qui installent un campement avec la célérité et la dextérité de ceux qui le font chaque jour, leurs montures sont parquées dans un petit enclos, ils ne semblent pas prêter attention à la scène. Les jumeaux, eux se sont redressés et guettent l'ugron d'un mauvais oeil, une main discrète sur leurs armes dissimulées, dans les plis de leurs vêtements.

Cette vigilance est de mise, l'atmosphère bizarre de cette rencontre inattendue, bien que bon enfant vient soudain de virer de bord. Sans vraiment se montrer violent ou hostile, le Forban dépenaillé ouvre négligemment un pan de son manteau en loques, dévoilant des poches intérieures garnies de petits bâtons grisâtres. La main de Solys se crispe sur son bras, en signe d'avertissement, Ylaria comprend que ce sont des explosifs. Et de mendiant inoffensif et bavard, voilà que leur interlocuteur devient un sinistre Forban, avec des manières de Forban, réclamant une "récompense" pour leur laisser la vie sauve ! Affichant un sang froid qu'elle est loin de ressentir, la Cultivatrice, imite le zoologiste et fouille dans les poches de son saroual, pour en sortir une petite bourse de cuir, qu'elle jette aux pieds de la bombe ambulante, priant Ruyn pour que ce soit suffisant, que ce fou déguerpisse et si possible sans leur exploser à la figure.

- Voilà je n'ai rien de plus sur moi, énonce-telle d'une voix égale, autant ne pas énerver ce détraqué rachitique et son monstre à quatre pattes. Les jumeaux comme les gardes du Korruliens sont prêts à dégainer si besoin est, et le Forban a du le remarquer car il ramasse l'argent, soupesant les deux escarcelles. Contournant les Gravats Perdus à reculons, il passe tout près d'Aldian et de Kanaan, qu'il salue d'une pirouette narquoise, puis il s'éloigne dans le Désert, d'une démarche nonchalante, faisant sauter dans sa main, l'une des bourses. L'ugron squelettique ne tarde pas à le suivre, non sans avoir montré les dents une dernière fois.

Pressant ses mains l'une contre l'autre, pour que son sarcastique compagnon d'infortune ne les voit pas trembler, Ylaria pousse un discret soupir de soulagement, et se tourne vers le zoologiste, sa voix frémit à peine :

- Et bien, voilà un drôle de voyageur, je suis soulagée de le voir s'en aller, et de nous en tirer à si bon compte. Je vous remercie de votre aide, monsieur, et vous souhaite bon voyage. Il est temps pour nous de rentrer, si nous ne voulons pas être surpris par la nuit. Peut-être aurons nous l'occasion de nous croiser à nouveau, puisque nous avons le même intérêt pour la flore de Korrul.

Puis elle appelle les jumeaux, qui reviennent bredouilles pour cette fois. Ils enfourchent leurs draomas, plus calmes depuis que l'ugron n'est plus dans les parages. En file indienne, leur petite caravane prend la direction du domaine familial, mais Ylaria pivote soudain sur sa selle et contre toute attente et à l'encontre de toutes les convenances, elle lance fièrement au naturaliste qui les regarde s'en aller :

- Au fait, je suis Ylaria Desnolancès, de la famille Desnolancès, les éleveurs de draomas. Au plaisir, monsieur !

Puis elle talonne sa monture qui adopte le trot et s'éloigne rapidement vers Penjoie. Satisfaite de sa dernière sortie, mais surtout soulagée que cette affaire ne se soit pas envenimée. Ruyn sait ce qu'elle aurait entendu de la part de ses parents, s' il lui était arrivé quelque chose dans le Désert. Son père n'approuve vraiment pas ce qu'il appelle sa dernière lubie, et préfèrerait la voir prendre un mari ! Malheureusement pour lui, elle n'est plus une jouvencelle, et elle n'a pas envie de tenter de nouveau l'expérience ...


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Posté dans Re: Les plantes guérissent aussi l'âme.   - Jeu 4 Avr 2013 - 6:01

Janos n'est point du genre à avouer ses faiblesses. Loin de là. Il a donc dissimulé ses appréhensions sous un masque conciliant, mais il est soulagé de voir disparaître l'erreur de la nature et les dangereux joujoux accrochés sous ses frusques pourries. Qu'il aille donc faire exploser sa quincaillerie plus loin, beaucoup plus loin, de préférence au milieu de sa horde de forbans et de rebuts de la société ! Là au moins ce sera utile. Ça dégagera les routes et les cieux de leur présence nauséabonde. Ici la science est en marche, on ne touche pas à un scientifique qui fait évoluer le monde.

Finalement, c'était une excellente idée d'impliquer la brune dans cette histoire. La faire cracher au bassinet également, ça a accéléré le repli du loqueteux ! Et la donzelle le remercie, plutôt aimablement, avant de lui annoncer son départ. Bien. Voilà une autre bonne nouvelle, ils pourront s'occuper de monter leur campement sans devoir écouter davantage son incessant caquetage ! Ils se reverront peut-être, en raison de leurs activités similaires, lui dit-elle, avant de tourner les talons avec sa bande d'ahuris. Bah franchement, non merci, une seule fois, ça suffit amplement. Et Janos ne désire nullement partager les découvertes qu'il fera immanquablement, même si la brune s'avère être une Desnolancès. Ça change quoi qu'elle soit d'une famille respectable, hein ? Rien du tout ! Bon, dans un sens, les Desnolancès forment une dynastie prestigieuse, ce sont de grosses légumes en ce qui concerne l'élevage des draomas, ils ont des antennes jusqu'à Matroos, s'il faut en croire les commérages, et l'aventurier pourrait un jour avoir besoin de leur carnet d'adresses, afin d'obtenir les autorisations que requiert son projet d'aller inventorier la faune et la flore des côtes matrosciennes. Dès lors, en définitive, si leurs routes se croisent à nouveau, peut-être Janos serait-il plus avisé en se montrant un tantinet plus diplomate avec cette donzelle. Il la regarde s'éloigner un instant, d'un œil hautement appréciateur, car elle a la croupe, ma foi, plutôt intéressante, ce qui ne gâche rien. Le botaniste serait presque enclin à lui souhaiter « bonne route », mais non, il s'en dispense, il a mieux à faire, et il n'est guère disposé à sympathiser pour le moment, après cet épisode tragi-comique du mal-bâti et de sa ceinture d'explosifs.

Il grommelle une poignée de mots incompréhensibles, puis se tourne vers son équipe. Jossuah a pris la direction des opérations, pendant que la caricature de forban s'évaporait vers les immensités désertiques, et le campement a déjà fière allure. Les tentes sont dressées, à l'abri des rochers, les draomas et les fahrs sont nourris et abreuvés à satiété, et parqués dans un enclos bâti rapidement, avec quatre planches et trois bouts de ficelle. Des gourdes circulent entre les membres de son escorte, les visages sont en sueur mais satisfaits, bref, c'est du bon boulot, une fois de plus.

Habituellement avare en compliments, Janos se fend d'un « Parfait, les gars ! » puis il ploie sa grande carcasse et disparaît dans la plus petite des tentes, qu'il occupe seul. La nuit s'incline déjà sur Korrul et étend progressivement sa cape de ténèbres sur l'ocre des sables. Trop tard pour un dernier survol des plans et des cartes approximatives de la région. Cette ultime vérification s'avère d'ailleurs peu utile, les routes, même les plus insignifiantes, sont gravées dans la caboche de Janos. Demain, dès l'amorce du jour, direction l'oasis et les terres familiales qui l'entourent. Le scientifique ferme les yeux, et un visage féminin aux longs cheveux d'acajou surgit du néant. Pffff ! Tout mais pas ça ! L'aventurier secoue faciès et tignasse pour chasser l'intruse. Non mais c'est quoi ce délire ?

Suite à : " So fahr away "

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Posté dans Re: Les plantes guérissent aussi l'âme.   -

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