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Chaleur de fin de journée, et une bonne raclée.

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On m'appelle Jack l'Infortuné


Infos Personnage
RANG: Dionnia [soeur, prédef],Venycia, l'Imposteur, Miobë, Mike, Eshisil...
VILLE & APPARTENANCE : Actuellement à Vanylle, mais originaire de Vuulte.
MON AGE : 22 ans.
Féminin
MESSAGES : 696
AGE : 22
INSCRIT LE : 30/10/2012
PSEUDO HABITUEL : Mentheloup
Joyaux : 98
http://www.ile-joyaux.com/t1139-jack-belfort-peintre-ou-debauche#31088 http://www.ile-joyaux.com/t1135-jack-belfort#30995
Posté dans Chaleur de fin de journée, et une bonne raclée.   - Lun 19 Nov 2012 - 17:33

Silhouette solitaire sur l'un des innombrables ponts de Midel-Heim, Jack reste un instant planté-là, sans voix, observant les quelques rayons lumineux qui transpercent les frondaisons pour frapper les Arbres-maisons de la cité. Ceux-ci scintillent doucement dans la lumière du couchant et, ainsi éclairés, sont un véritable régal pour les yeux du jeune homme qui en apprécie l'architecture minutieuse et délicate. Arrivé depuis peu, il est d’ors et déjà séduit par la magnificence des lieux, se sentant insignifiant auprès des géants végétaux faisant office de piliers à diverses demeures, dont chaque détail résulte d'un savoir-faire et d'un sens de l'esthétique incroyable. Sa cliente faisant partie des gens bien nés de Midel-Heim, il ne peut s'empêcher en cet instant d'espérer qu'elle lui permettra lors de leur entretien de profiter de l'un de ses balcons. La vue ne manquerait sûrement pas d'être à couper le souffle.

Sacoche contenant feuilles et crayons sous le bras, il se remet en route, descendant doucement en altitude, empruntant le réseau de ponts suspendus et de tyroliennes, même s'il n'usait de celles-ci que plus craintivement, propre à cette ville perchée dans les hauteurs. Bien que Vuulte soit aussi une cité dont les différents étages peuvent s'élever loin au dessus du sol, Jack n'en avait fréquenté qu'à quelques occasions les strates en étant le plus éloignées, ayant une certaine préférence pour le plancher des triqueballes... Ainsi que le peuple plus modeste qui y vit. Jack n'est qu'un simple fils de domestique après tout, et une "séance" dans les bordels du bas ne lui coutait pas ce que lui rapportaient plusieurs bonnes toiles. Dès que sa cliente le ferait mander, quand son emploi du temps le lui permettrait, il aurait tout le loisir d'admirer la ville vu d'en haut. Jusque-là il pensait en explorer les racines, et réaliser quelques crayonnés des différents points de vue qui s'offraient à lui.

Finissant par se mêler à la foule des badauds, une fois parvenu aux plus bas étages, Jack s’employa alors à se dévisser le cou à tout va, quelque fois bousculé par un passant un peu brutal qu'il oublie aussitôt. Les branches des géants lui paraissaient bien lointaines, tandis que les demeures des Marchands se perdaient dans les hauteurs, aussi insignifiantes que devait l'être la populace en contrebas. Les deux visions étaient aussi marquantes l'une que l'autre, et Jack prit le temps de crayonner rapidement ce qui le surplombait. Il arriverait bien tôt ou tard à sortir les galons d'argent pour un peu de temps avec une modèle, mais la ville elle-même lui suffisait déjà. Il reprendrait l'étude des visages en temps voulu, un peu de paysage était aussi agréable.

La pression autour de lui se fait de moins en moins ressentir tandis qu'il progresse, aux détours des "ruelles" végétales. A focaliser son attention sur chaque détail pour mieux en rendre compte dans ses peintures, le jeune homme avait aiguisé sa mémoire visuelle, et se reposait dessus pour retrouver son chemin, en sachant que celui-ci n'était pas clairement défini. Il lui faudrait remonter un peu pour rejoindre l'auberge où il avait déposé ses quelques affaires, mais là n'était pas sa destination, ni son but du moment. Un peu de vagabondage pour apprécier et découvrir Midel-Heim... Peu à peu, la lumière faiblit. Constatant l'obscurité qui pointait le bout de son nez, Jack songea à rejoindre un bordel proche, qu'il avait aperçu un instant plus tôt. Il voulut faire demi-tour, et fut surpris de se voir barrer la route. Qu'il tente de contourner l'individu par la droite, un second apparait; par la gauche, et un troisième surgit, tout sourire.

"Veuillez m'excusez, mais il me faut passer.
- Nenni l'garçon.
"

C'est le plus petit des trois qui s'est exprimé, faisant profiter au "garçon" d'un sourire troué qu'il se garde de lui rendre, sa chair de poule ne lui disant rien qui vaille. Par prudence, il eut bien voulu prendre un autre chemin... mais aussitôt il se rappelle d'une chose. Ce morceau de ruelle dans lequel il s'est engagé mène à une impasse. Une autre raison pour laquelle il voulait faire demi-tour. Le second moins grand avance une main crasseuse, qui ne manque de faire tiquer le peintre devant son état.

"Fait'y tâter ta bourse d'suite.
- Vous apprendrez à prendre soin de vos mains avant de tâter de mon bien. Permettez, j'aimerais passer.
"

La demande a agacé Jack, qui ne se sent pour l'instant pas en danger. Aussi une impulsion le mène à tenter de forcer le blocus... Avant de lever subitement le nez sous le piquant d'une lame sortie d'il ne sait où, droit sur la face burinée et fort peu sympathique du plus grand des trois, qui le dépasse d'une bonne tête. Son cou proteste, ayant déjà eu son compte. Soudain plus alarmé, le jeune homme recule doucement, sentant le petite bourse qu'il a, accrochée autour du coup et dissimulée sous son pourpoint matelassé, lui peser soudain.

"Présenter comme cela... Quelques galons de bronze... ?
- Pas qu'du bronze, j'parie qu'tu as toi. Un peu d'argent qu'je flaire.
"

Cela se voit à mon vêtement, sans doute, soupire intérieurement Jack, avant de demeuré coi. Parfait crétin, que fiches-tu dans cette tenue dans les bas quartiers !? Point de simple chemise et de veston de cuir, non, rien de moins que sa tenue pour les bien nés ! Point de surprise à ce qu'il ait si chaud ! Et que ces malandrins m'aient trouvé alléchant. Mais loin de lui l'idée de donner à ces gens-la. En voyage, il ne vit que d'un petit pécule que renouvelle le paiement pour la commande... Mais avant cela il dépend de la somme qu'il a avec lui. Hors de question d'en être détroussé. A toi de voir comment t'en tirer... Une goutte de sueur lui glisse traîtreusement le long du visage.

"Fait voir c'que tu nous caches là !"

L'un des compères se saisit soudain de sa sacoche et tire. Jack réagit aussitôt, soudain enragé à l'idée que l'on tente de le défaire de ce bien-la, résistant à la traction... Mais la baigne du plus grand lui fait lâcher prise. En résulte un cri pitoyable.

"Mes croquis !"

Un second coup l'étourdit, la brute semblant apprécier de le faire tourner comme une girouette, tandis que ses deux amis déversent papiers et crayons dans la poussière. S'en suit un concert de désolations sur pareille misère, alors que le jeune homme ne peut que contempler, atterré, toute velléité oubliée, ses feuilles et son matériel gaiement piétinés. Il frémit au son des pinceaux qui se cassent, des croquis déchirés comme de la vulgaire paperasse... Avant de voir le regard qui est posé sur lui... Ou plutôt sur ce qu'il porte. Par Vama... Les yeux écarquillés, il sent son cœur cogner tandis que l’étau se resserre autour de lui. Qu'ils s'emparent de ses vêtements, et c'est une petite fortune de galon d'argent qui lui est volée. Qu'il trouve sa petite bourse si précieuse, et il sera sans le sou, dans une cité bien éloignée de sa ville d'origine, sans soutien autre qu'une cliente qui pourrait très bien regarder de haut et dédaigner le mendiant qui se présenterait à elle.

"Ses vêt'ments vaudraient bien 'peu d'argent, qu'est-ce t'en dit ?
- Qu'ils ne vous appartiennent p...
"

Vlan ! Jack prend son envol avant de chuter piteusement, sa joue lui cuisant,s'étalant par terre. Ne prenant même pas la peine de se relever, il tente de s'éloigner autant que possible des trois bandits, qui rient de le voir "passer la toile" avec ses jolis atours. Qu'il ne se soit pas senti si acculé, sans aucune capacité qui puisse lui permettre de leur échapper, et peut-être aurait-il répondu. Mais encore eut-il fallu que l'angoisse n'ait pas tant fait se resserrer sa gorge.

Spoiler:
 



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Posté dans Re: Chaleur de fin de journée, et une bonne raclée.   - Mer 21 Nov 2012 - 13:19

Midel-Heim, la nuit tombait. Flânant de toit en toit, je n’avais pas envie de rentrer tout de suite chez moi, dans le taudis qui me servait de maison. Les bas quartiers n'étaient pas l’endroit de promenade idéal pour une jeune fille, mais je n’avais rien à craindre. Telle une amante, métal contre peau, ma précieuse dague ne me quittait jamais. Légère comme une plume, je sentais sa pression dans ma botte gauche.

De toute façon, qui se soucierait de moi ? Je ne faisais qu’une piètre cible. Mes vêtements tous rapiécés et poussiéreux commencaient à être un peu trop petits pour moi, bien qu’ils puissent encore tenir un ou deux ans avec quelques reprises. Et puis mes cheveux, tous emmêlés sur ma face barbouillée de poussière, semblaient porter les séquelles de mes diverses pérégrinations de la journée.

Ici les passerelles étaient toutes proches du sol. La lisière de la forêt n’était pas bien loin non plus, et les arbres se faisaient de plus en plus jeunes. C’est dans ces parages là que semblait s’entasser toute la misère humaine de Midel-Heim. Mendiants et gourgandines se pressaient auprès des badauds, et les badauds se pressaient auprès des tavernes. Des rires mêlés aux chansons paillardes en parvennaient déjà, l’alcool ayant commencé son œuvre.

La soirée s’annonçait chaude, et je préférais m’éloigner du tapage ambiant. A chacun de mes pas, la quiétude nocturne recouvrait peu à peu ses droits. Comme à mon habitude, je me mouvais sur les toits et parmi les branches, sautant parfois sur une passerelle, me glissant le long d’une tyrolienne. J’évoluais ainsi avec aisance, comme seuls pouvaient le faire les natifs de la ville des charpentiers.

Soudain, un éclat de voix déchira le silence. Puis un cri. Ombre parmi les ombres, je m’approchais discrètement. Un touriste pommé était en train de se faire détrousser par les voyous du coin. Une scène somme toute assez banale, dans ces quartiers qu’il n’était pas conseillé de fréquenter. Banale, oui. Je pouvais passer mon chemin, faire comme si je n’avais rien vu. Mais moi, j’avais déjà vécu cette scène-là. Moi, on m’avait sauvée ce jour-là. Je n’ose imaginer ce que serait ma vie sans l’intervention de celui qui devint mon mentor.

Je pris un instant pour analyser la situation un peu plus attentivement. Des feuilles et des crayons jonchaient le bois de la plateforme, la plupart pitoyablement réduits en charpie. Qui était cet homme ? Pour savoir manier ces outils, il devait être cultivé. Il était bien habillé, aussi. Il devait être plutôt riche... Mais idiot, pour se balader comme ça. Me donnerait-il une petite récompense pour service rendu ? Non mais à quoi je suis en train de penser là ?! Je ne le fais pas pour ça !

J'aurai bien poussé mon examen un peu plus loin, mais le temps me manquait. Je devais agir, et vite. Sans quoi je n'aurais plus grand chose à sauver... Cessant de me cacher, je m'avançais sur le bord du toit.

« Laissez-le. »
Je n'avais pas parlé spécialement fort, mais dans le silence ambiant, ma voix tranchait comme un hurlement.
Il y eu quelques secondes de flottement.

« T’occupe, Bâtarde ! C’pas tes oignons. » Me cracha le plus petit des trois.

L’un des gars, tout à coup moins sur de lui, jeta un furtif coup d’œil vers la proie qu’ils détroussaient.
« Aller Lenn, vaut rien le gosse, on s’tire... » Jeta-t-il avec un ton qui se voulait indifférent.

Ces petites frappes du quartier, je les connaissais de vue. Et c’était réciproque. J’étais loin d’être une proie facile, ils le savaient. Le dénommé Lenn lorgna néanmoins son compagnon d’un œil mauvais.
« Ta gueule Pyp ! C’est quand même pas c’te garce qui te fous les jetons, si ? »

Evidemment, il fallait que leur chef ait sa petite fierté.

« On te fait peur Bâtarde ? C’pour ça qu’tu descends pas ? T’attends que ton papa vienne te prendre la main ou quoi ? »
Visiblement, il trouvait sa petite blague très drôle, car il éclata d’un rire narquois, suivi des gloussements de ses compères.

« Aller ma jolie, viens donc me faire un câlin ! » Lança-t-il grossièrement en ouvrant grand les bras.

Un mot de plus, et il lui en coûtera...

« Alors la Bât... »

Il n’eu pas le temps de finir sa phrase. J’en avais assez. Assez de son insolence, assez de sa bande de rustres qui se prenaient pour des durs à cuire. Vive comme un Saltis, ma main s’était portée à la cheville. Tout se passait alors très vite. A peine la dague apparaissait entre mes doigts que déjà elle fusait, divisée en deux poignards jumeaux, vers ce sombre imbécile qui aurait mieux fait de partir. Les lames traversaient chacune de ses mains comme du beurre quand mon genou le percutait en plein torse, lui coupant le souffle. Emporté par sa chute, il allait tomber par-dessus la rambarde de la plateforme. J’arrachais mes deux lames de sa chair et roulait sur le côté avant qu’il ne chute, trois mètres plus bas, parmi les fougères qui tapissaient le sol de la forêt.

« L’a tué ! L’a tué ! » Piaillait le troisième vaurien, celui dont j’ignorais le nom.

Affectant une parfaite sérénité, j’essuyais consciencieusement le sang qui maculait mes poignards sur les feuilles d’un arbre voisin. Ce geste me rappelait tant mon ancien mentor qu’un instant je me sentie transportée dans le passé. Un petit sourire mélancolique étirait mes lèvres. Déjà s’entendait le bruit décroissant de la course des deux fuyards.
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On m'appelle Jack l'Infortuné


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Posté dans Re: Chaleur de fin de journée, et une bonne raclée.   - Mer 21 Nov 2012 - 15:07

Deux simples mots prononcés doucement. Deux simples mots qui firent tressaillir Jack, qui ne savait à quoi s'attendre, bien qu'il ait reconnu une tonalité résolument féminine. Mais pour qu'elle interrompe ainsi le trio en pleine affaire, c'est qu'elle devait se sentir sûre d'elle... Du moins ceux-ci s'étaient-ils détournés de lui, lui offrant un instant de répit. Le peintre acculé ne put qu'écarquiller les yeux davantage quand il aperçut enfin la nouvelle arrivante, perchée en hauteur, silhouette éclairée à contre-jour dont il ne pouvait distinguer les traits. Amie ou ennemie ? Là était la question qui lui brulait les lèvres, bien que celles-ci demeurent toujours closes, même si sa gorge semblait enfin daigner desserrer son étaux. Se faire oublier -si cela eut été possible- de ses agresseurs l'auraient bien arrangé, mais il n'en espérait pas tant, et ne put qu'assister en simple spectateur à l'échange qui suivit.

Sans surprise, le plus loquace des trois fit montre d'une vulgarité sans reproche, usant d'un pseudonyme des plus curieux - "la Bâtarde" ? - et tenant des propos d'un charme douteux. Que la femme fulmine, ou riposte verbalement, Jack s'y attendait. Aussi fut-il parfaitement pris au dépourvu quand elle bondit du toit, deux lames filant déjà se planter dans les mains de l'impudent avant qu'elle ne le percute, avant de l'envoyer faire une chute sans doute mortelle. Aussi sec, les deux comparses ne firent montre d'aucune bravoure et filèrent sans demander leur reste, leur glapissements d'effarouché s'éteignant bientôt au loin. Si Jack en vint a être amusé du retournement de la situation, cette amusement laissa bien vite place à de la gène et à une certaine forme de honte... Qui ne fit pas long feu néanmoins, tandis que son regard était attiré par son matériel abandonné dans la poussière. Il n'était pas un combattant, cela était à fait, mais il ne ressentait aucun regret à cet égard.

Sans faire plus attention à sa potentielle sauveuse - c'est-on jamais qu'elle réclamerait ce dont les autres n'avaient pas eu le temps de s'emparer -, il se releva pour s'approcher, sa peur s'étant étiolée sitôt les malandrins partis, chagriné et furibond à la fois, des débris qui demeuraient. Un ou deux crayons étaient encore en état, mais ses croquis plus fragiles n'avaient pas eu cette chance. Ils n'avaient aucune valeur pour vous, pourquoi donc les réduire en charpie alors ? Avec un soupir, il récupéra néanmoins le tout. Cela pourrait être un bon exercice de mémoire, ainsi qu'une bonne raison de flâner encore... En portant une tenue moins aguichante pour les voleurs, cela allait de soi. Une fois que sa sacoche lui bâtit à nouveau la hanche, il se tourna vers la demoiselle. D'un coup d’œil, il prit rapidement connaissance de sa tenue débraillée et usée jusqu'à la corde, de son visage qu'une couche de crasse maquillait, mais qui, propre, devait receler quelques charmes... Ainsi que des deux magnifiques lames qu'elle tenait à la main, qui contrastaient avec le reste de sa personne. Maintenant que sa fantaisie d'artiste-près-de-ses-crayons lui fut passée, la politesse lui revint soudain à l'esprit.

"Toutes mes excuses pour ce manque de savoir vivre, mais leur brutalité vis-à-vis de mes dessins m'a... Déstabilisé."

Dionnia l'avait souvent sermonné pour cela, elle qui avait la tête si bien ancrée sur ses deux épaules. "Le sens des priorité petit frère !" Cela était important pour un domestique, comme ne pas oublier d'arrêter de verser le thé avant que la tasse n'en déborde, au lieu d'en contempler les reflets cuivrés. Néanmoins, il en faisait montre pour ce qui était de l'argent. Aucune dépense superflue - les prostituées n'étant pas superflues pour lui -, et toujours prévoir de quoi vivre pour ne pas avoir à mendier auprès des clients. Ne pas se faire détrousser était aussi important pour ses comptes. Jack sourit à la demoiselle, ravi de son semblant de bonne fortune.

"Vous avez toute ma gratitude, du moins si celle d'un peintre au maigre revenu a quelque valeur pour vous. Oserais-je espérer que vous n'ayez pas l'intention de me détrousser... ? Si tel n'est pas le cas, j'ai le regret de vous dire que vous serez sans doute déçue. Ma tenue n'est guère à l'image de mon bien, qui est plutôt modeste. Mais il faut bien cela pour intéresser quelque peu les mieux dotés."

Si Jack faisait à présent montre d'un certain franc-parler, c'est que, d'une part il ne se trouvait pas en présence d'une personne bien née avec qui il eut mieux fait de prendre des pincettes, d'autre part qu'elle venait de lui éviter de finir sans le sous. Et peut-être se sentait-il plus à l'aise avec les femmes. Celles-ci préféraient souvent user de leur langue plutôt que de leur dague, et cela lui convenait mieux. Du moins espérait-il que la demoiselle qu'il avait devant lui employait aussi bien l'une que l'autre.

"Je vous offrirais bien un bon repas, si cela vous agrée. A moins que vous ne soyez intéressée par un portrait... Bien que dans ce cas-ci je vous serais à nouveau redevable. Je me nomme Jack Belfort, et j'apprécierais grandement de savoir à qui je dois de porter encore ces vêtements - ô combien peu adaptés à cet endroit, je ne l'oublierai plus - ce soir."

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Posté dans Re: Chaleur de fin de journée, et une bonne raclée.   - Ven 23 Nov 2012 - 9:29

Tandis que le jeune homme reprenait ses esprits, je jetais un coup d’œil par-dessus la rambarde. La pénombre occultait toute trace de la scène qui venait de se produire. L’avais-je tué ? A cette distance, le "malheureux" pouvait bien se rompre l’échine. Ou pas. Peut-être aurais-je dû lui ouvrir la gorge finalement... Ne serait-il pas cruel de laisser vivre un homme sans mains ? Je n’en savais trop rien. Laissant là mes réflexions inutiles –je n’allais tout de même descendre pour ça !–, je réunissais prestement mes lames en une dague unique, puis me tournais vers celui que j’avais sauvé.

S’il m’était reconnaissant, il le cachait très bien. Je l’observais rassembler ce qui devait avoir constitué une belle collection de dessins et d’outils, désormais parti en lambeaux. Pour un peu, je n’aurais pas été étonnée de le voir fondre en larmes. Des gringalets comme lui, j’en avais déjà vu chialer pour moins que ça. Il devait encore être sous le choc... Je n’en menais pas plus large que lui la première fois que l’on m’avait agressée. D’une certaine façon, j’avais l’impression de revivre cette scène de mon passé, à ceci près que les rôles étaient inversés.

Ah tiens, il semblait prendre conscience de mon existence. Je me contentais d’abord de sourire avec indulgence à ses propos. Il s’exprimait bien et avait de bonnes manières, rien à voir avec les rustres qui l’avaient mis dans cet état. Cependant, il disait être moins riche qu’il n’y paraissait... Dommage. Au moins aurais-je fait une bonne action. D’ailleurs, il m’était redevable finalement. Il avait même peur que je le dépossède à mon tour de ses possessions ! Voilà qui serait cocasse...

« Si j’avais eu l’intention de vous détrousser, ce serait déjà fait. » Lui répondis-je doucement avec un léger sourire. Je faillis rajouter que sa vie valait certainement plus que des gribouillis, mais il n’aurait peut-être pas apprécié la remarque.

Jack Belfort... Ce nom ne me disait strictement rien. Mais je ne connaissais pas grand monde de toute façon. Il se proposait même de m’offrir un repas, ou... Un portrait ?! C’était fort sympathique de sa part que de me faire profiter de son art, une telle occasion ne se représenterait probablement jamais de ma vie. Mais, que ferais-je donc d’un tableau ? Rien que de l’imaginer dans mon petit cagibi de chambre, c’était tout simplement grotesque. Oh, bien-sûr, je pourrais toujours le vendre... Mais l’idée me répugnait.

Non, rien à faire, l’idée du repas était bien plus tentante. Terriblement alléchante, même. Voilà presque un mois que ma mère se bornait à me resservir son bouillon de Pawota. Un peu de variété serait bienvenue.

« Je m’appelle Helya. »

Devais-je aussi lui dire mon nom ? Ce n’en était pas vraiment un, et pas vraiment le mien. Il ne faisait que clamer haut et fort l’impureté de mon sang, l’illégitimité de mon existence. Mais à quoi bon le cacher ? Le jeune homme avait bien entendu les autres me renvoyer ma bâtardise en pleine face. Il avait probablement déjà deviné ce que j’étais. Ou peut-être pas, vu son effarant manque de jugeote en matière de promenade.

« Helya Forest. » Lui précisais-je donc après un instant d’hésitation. Au cas où il n’aurait pas compris...

« Je n’ais que faire d’un portrait, mais vous avez parlé d’un repas... Ça, ce serait pas de refus. » Dis-je pensivement.

J’étais loin de parler aussi bien que lui. Lui, il faisait des jolies phrases, enrobait le tout dans des politesses. Mais il avait l’habitude de fréquenter ceux de la haute à ce qu’il disait, alors ça devait être normal. Moi, mes phrases ne sortaient pas toujours très bien, pas comme je voulais. Alors je ne parlais pas trop, histoire d’éviter les maladresses.

« Il faut pas rester ici. Eux ne reviendront peut-être pas, mais ils ont des amis... » Des amis bien éméchés qui voudront venger l’attaque d’un des leurs. Qu’ils connaissent la victime de près ou de loin, aucune importance. Ils voudront simplement assouvir leur soif de bagarre.

Personnellement, je n’avais pas grand-chose à craindre. Les poivrots font de bien mauvais grimpeurs. Quel que soit leur nombre, j’aurais l’avantage. Mais Jack, lui, aurait certainement bien du mal à me suivre. Il nous faudrait donc emprunter les voies normales.

« Suivez-moi. Vous avez un endroit où aller ? »

N’attendant pas sa réponse, je me mettais déjà en marche. Première étape : sortir de cette impasse. Pour atterrir dans un endroit mal famé comme celui-ci, il devait s’être perdu. Il me faudrait le guider vers un endroit plus fréquenté.
Nous fondre dans la masse.
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Posté dans Re: Chaleur de fin de journée, et une bonne raclée.   - Ven 23 Nov 2012 - 15:36

Condescendance. C'est ce qu'il perçu dans les yeux de la jeune femme avant qu'il ne s'adresse à elle, ainsi que dans son petit sourire. Mais cela, il n'en eut que faire. Son père avait déjà tenté de malmener son égo, la vision qu'il avait de lui-même... Une perte de temps que ses dessins, si coûteux pour le peu qu'ils valaient, un gâchis que de s'être détourné dès son indépendance d'une possible vie de famille... Non, le choix du fils lui était trop étrange pour que le père Belfort l'accepte, et il n'avait eu de cesse de tenter de l'en détourner. Peine perdue. La liberté dont Jack bénéficiait désormais n'en était que plus délicieuse, malgré son incertitude et ses... Risques.

Helya Forest... Si le prénom lui fut offert sans gêne, tel ne fut pas le cas du nom, qui concorda avec le cruel sobriquet dont avait usé le bandit disparu. Et cela te blesse, il me semble... Voilà pourquoi tu l'as tué ainsi ? Était-elle connu pour cela dans la cité, du moins dans les bas-quartiers ? Pour avoir été conçu hors des limites du mariage... ? On eut pu en dire autant de bien des enfants de putain que l'on ne couvre pas d’opprobre pour autant. Cela reviendrait à s'acharner sur une partie plutôt conséquente de la population de miséreux... Pour avoir quelques fois discuté avec ses modèles de leur petit, Jack n'avait jamais cru comprendre qu'ils fussent ainsi montrés du doigt. A moins que le sang qui lui soit reproché ne soit celui de... Il se retint de justesse d'écarquiller à nouveau les yeux, ce qui lui eut sans doute sur le moment donné un air de simplet. Un Beauté de Vanylle... Du moins en partie. Qu'il était ridicule de s'emballer ainsi ! Mais cette idée ne lui faisait qu'espérer davantage la voir un jour propre.

Le refus un peu sec qui lui fut adressé chagrina un instant l'artiste qui était en lui, avant que l'homme ne se réjouisse de pouvoir offrir un repas à la demoiselle, ce qui semblait une compensation bien maigre par rapport à ce qu'elle lui avait évité. Et il pourrait en apprendre plus à son sujet. Du moins si elle accepte de desserrer un peu plus ses lèvres... Distraitement, il se mit à essayer de mieux percevoir ses traits que dissimulaient la saleté, afin de les mémoriser et d'en faire une esquisse plus tard. Aussi, qu'elle sous-entende d'éventuelles représailles lui passa presque au dessus de la tête. Presque. Un coup d’œil malencontreux en direction du vide où avait chuté le malandrin lui remit les idées en place, et il ne se fit pas prier pour adopter son pas rapide afin de quitter au plus vite les lieux.

Lorsque Helya s'engagea sur une passerelle par laquelle il n'était pas passé, Jack ne voulut rien dire. Ne pas mentionner qu'il aurait pu retrouver le chemin qu'il avait emprunté à l'aller sans guère d'hésitation. Elle le voyait déjà comme un imbécile suicidaire, ou du moins un être inoffensif à l'instinct de survie douteux... Sans parler du fait qu'il n'était qu'un poids pour l'habitante agile qu'elle était. La perspective seule d'un repas offert pouvait très bien être l'unique chose qui lui fasse l'accompagner. Pourquoi ne pas profiter de l'occasion pour découvrir un peu plus la ville à ses dépens ?

"Je vous suis de bon gré, Helya, mais sachez que j'avais un bon souvenir du chemin que j'avais emprunté pour arriver ici, et que je saurais le reprendre en sens inverse, si cela vous dérange d'être mon guide. Ce que je pourrais comprendre ! Mais sans doute connaissez-vous un chemin plus directe ?"

Son visage ne voulait exprimer qu'un amusement poli, tandis qu'il aurait volontiers sourit franchement. Qu'il eut changé d'avis quant au fait d'omettre sa connaissance de l'endroit ne changeait en rien sa volonté qu'elle lui montre un peu plus de Midel-Heim, avant qu'il ne s'enferme dans sa chambre d'auberge jusqu'à ce que sa cliente le convoque. Du moins s'il se montrait raisonnable.
Lui sauvant la mise pour ne même pas le détrousser ensuite et se satisfaire d'un repas... ! Pourquoi ne pas jouer franc-jeu, alors qu'elle n'avait pas profité de sa détresse ?

"Ma commanditaire m'a proposé de séjourner au Kansou Bourlingueur. J'y ait déjà déposé mes affaires, mais sans goûter encore à leurs plats. Il me semble de circonstance de réparer ce tort."

Quand il l'avait questionné, l'aubergiste lui avait déclaré que, au commencent de son établissement, un Kansou sorti d'il ne savait où avait pénétré dans sa cuisine, alors que ces créatures étaient connu pour être craintives. Le civet servit cette fois-la lui avait gagné de nombreux habitués, bien qu'il n'ait plus eu l'occasion d'ajouter la bestiole à son menu depuis. Lui étaient restés le nom, et quelques cicatrices sur les bras.

"J'ai cru voir que vos deux lames n'en sont en réalité qu'une ? Bien que je ne m'y connaisse guère en arme, celle-ci me semble particulière et d'une qualité rare. Est-ce la personne qui vous en fit cadeau qui vous apprit à si bien vous en servir ? Si tel est le cas, je ne peux que l'en remercier. C'est grâce à elle que vous pouviez me tirer de ce guêpier. Et c'est tout à votre honneur de l'avoir fait."

Jack prononça ces derniers mots doucement, souhaitant autant en apprendre sur Helya que l'apaiser vis-à-vis de son sang. Car s'il lui était bien reproché, comme le peintre pensait l'avoir compris, cela ne lui était rien et n'avait aucune influence dans la perception qu'il avait d'elle. Son intervention seule lui importait, "Bâtarde" ou non.
Et aussi qu'elle ne l'ait pas détroussé, il ne comptait pas l'oublier.

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Posté dans Re: Chaleur de fin de journée, et une bonne raclée.   - Sam 1 Déc 2012 - 16:54

Mon pas léger se mouvait silencieusement sur le plancher de bois. Dans mon dos, je percevais le souffle et les pas du jeune homme. Comme la plupart des étrangers, il manquait d’assurance sur les passerelles, mais au moins savait-il marcher rapidement. L’oreille aux aguets, je guettais l’approche d’éventuels poursuivants. Nous n’étions pas à l’abri. Pas encore.

De son côté, Jack semblait un peu... Vexé ? Que je le prenne pour un ce qu’il était : un touriste. Il prétendait connaître son chemin. Mouais. Enfin, vu où ça le menait, de suivre son propre chemin, je préférais prendre les devants.
Si je connaissais un passage plus direct ? Oh, ça oui, j’en connaissais plein ! Mais des qu’il puisse prendre, beaucoup moins.

« Oui. Mais je nous fais prendre les chemins les plus sûrs, pas les plus rapides. » Lui répondis-je tout bas.

Dans les mauvais quartiers comme celui-ci, il fallait éviter les entrées de tavernes et les bars à putains, les coins des trafiquants et les guets-apens. Pour quiconque se voyait obligé d’emprunter les voies ordinaires, la chose se révélait bien difficile. Et, comme je m’en rendais rapidement compte, c’était pratiquement impossible une fois la nuit tombée. Je tentais tout de même de prendre la plateforme suivante. D’une taille respectable, elle englobait cinq arbres à elle toute seule, mais cela devait bien faire des années qu’elle croupissait dans un état d’abandon. Elle faisait partie des repaires que prenaient certains trafiquants de drogue. Ces derniers en changeaient souvent, mais je connaissais les principaux lieux de rendez-vous. A espérer qu’ils soient allés ailleurs pour cette nuit...

Derrière moi, Jack continuait de me parler. Le Kansou Bourlingueur... Oui, je connaissais. Un établissement modeste, mais tout à fait convenable. C’était loin d’être le pire de la ville.
En revanche, je me crispais un peu à l’évocation de mes lames. Même s’il ne voulait que me complimenter, je craignais que la rumeur d’une arme aussi précieuse que la mienne parvienne à des oreilles mal intentionnées.

Mais je n’eu pas le loisir de m’étendre sur le sujet. Alors que nous arrivions au bout du pont suspendu, je percevais l’activité discrète qui régnait dans l’un des bâtiments délabrés. Me collant au premier mur de bois pourri venu, j’attrapais vivement Jack par le bras et le plaquais de force à mes côtés. Nous étions dans le noir, personne ne nous avait remarqué. Des gens sortaient. Il ne fallait surtout pas rester ici.

Retourner en arrière ne nous mènerait nul part, je le savais. Quand au mur dans notre dos, il était trop fragile pour supporter le poids de quiconque. Non loin se dressaient d’autres bâtiments semblables. Un doigt sur les lèvres, j’intimais le silence à mon compagnon, puis m’avançais légèrement pour espionner les individus. Ils discutaient en chuchotant non loin de l’entrée. Soudain, l’un d’eux empoigna l’autre. Visiblement, l’échange tournait mal.

C’était notre chance, il fallait en profiter. D’un geste, je lui enjoignais de me suivre. Me faufilant silencieusement derrière les bâtiments, je veillais à ne pas faire craquer le bois en mauvais état, tout en priant que Jack ne fasse pas de mauvais pas. De l’autre côté, une passerelle semblait nous tendre les bras. Résistant à l’envie de courir la rejoindre, je me concentrais sur notre avancée.

Elle était là, toute proche. Quelques mètres de ténèbres nous séparaient d’elle. Les deux autres se disputaient toujours, tout à leur querelle. Vérifiant que Jack me suivait bien, je marchais à demi-penchée sur le sol, avec pour seule protection la pénombre nocturne.

C’était la dernière étape. Ensuite, il nous suffirait de suivre un petit chemin sans prétention pour déboucher sur une plateforme qui, à cette heure, devait être bondée.

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Posté dans Re: Chaleur de fin de journée, et une bonne raclée.   - Dim 2 Déc 2012 - 8:51

La tension qui semblait habiter sa guide ne cessait de croître au fur et à mesure de leur avancée, Jack prenant bientôt pleinement conscience des limites qu'il lui imposaient. De nombreuses passerelles devenaient hors de portée, autant de raccourcis que devaient connaître comme le fond de sa poche la jeune femme. Non, un vrai poids-mort... Libre à toi d'être peintre, mais tâche du moins de pas pas encombrer.

L'obscurité rendait toute observation des alentours difficiles, aussi ne fixait-il plus que la silhouette devant lui, veillant à ne pas se prendre les pieds dans un trou dû à l'usure du bois sous lui, et à marcher aussi silencieusement que possible, ne pipant plus un mot, les lieux n'y étant pas propices. Des chuchotis lui parvinrent... Juste avant que Helya ne le plaque contre un mur, le faisant hoqueter de surprise. Il prit un instant pour se reprendre, avant de percevoir le début d'un dispute. Bien sûr, d'autres bandits... Visiblement, il me manque quelques notions de survie. Sa guide ne manqua pas de saisir l'occasion que représentait cette prise de bec, et Jack lui emboita le pas, ses battements de cœur étant un peu plus rapide que d'ordinaire néanmoins.

Comme il était étrange que le temps se montre soudain retors, chaque pas paraissant durer davantage que le précédent... Seuls quelques mètres de bois usé les séparaient de leur salut. Garde le rythme, pas de mouvements brusques... Un simple coup d’œil sur le côté, et Jack put se faire une idées des deux individus : grands, vêtements en loques... Semblables à ceux qu'il avait rencontré précédemment. Il se passerait donc volontiers de leur souhaiter une bonne soirée. Avaient-ils déjà tué ? S'en étaient-ils pris à quelque idiot comme lui, mais moins chanceux, dans la journée ? L'argent obtenu avait-il servi à payer de l'alcool, ou de la nourriture pour leurs proches ? Autant de questions inutiles qu'il eut été ridicule de poser, mais qui lui occupèrent l'esprit le temps de la "traversée", sans qu'il eut une seule fois trébuché. Comme quoi, son corps se débrouillait très bien sans lui.

Ce ne fut qu'une fois hors de leur vue et quelques mètres encore plus loin que Jack se rendit compte qu'il avait retenu sa respiration... Et que ses poumons réclamaient de l'air. Se redressant, il toussa aussi discrètement que possible, souriant malgré tout. Une bonne chose de faite ! Une rumeur au loin lui fit penser qu'ils se rapprochaient d'un lieu peuplé, malgré l'heure tardive. Mais les bas-quartiers ne dorment jamais tout à fait. Cela était gage d'une sécurité à venir. Jack appréciait de laisser derrières lui bâtiments délabrés et habitants peu recommandables. En revanche, il n'avait plus la moindre idée de sa position par rapport à l'auberge. Demeurait le souvenir net du chemin parcouru, mais qu'il ne reprendrait pour rien au monde.

"Bien, je suis à présent complètement perdu, dit-il à mi-voix, tandis que son pouls reprenait un rythme normal. Une fois que nous nous serons mêlés à la foule, il n'y aura plus lieu de s'inquiéter j'espère."

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Posté dans Re: Chaleur de fin de journée, et une bonne raclée.   - Lun 3 Déc 2012 - 14:57

A mon grand soulagement, Jack me suivait sans problème. Il savait se faire discret. Pas mal pour un étranger... Pas mal du tout.

Le plus dur était désormais passé. Le petit couloir sur lequel nous nous étions engagés zigzaguait parmi les puissantes branches d’un arbre. L’agitation toute proche, de l’autre côté de la passerelle, nous préservait du danger. On pouvait déjà entrapercevoir la foule de petites gens qui se pressait là-bas. Certains rejoignaient leur foyer, d’autres allaient se réunir autour d’une choppe de bière. Pas des dangereux, ceux-là. Il devait bien y avoir quelques voleurs à la tire qui traînaient dans le lot, mais c’était vraiment une bagatelle comparé à ce que l’on venait de traverser.

« Non, il n’y a plus grand-chose à craindre. » Répondis-je.

Néanmoins, je ne m’y engageais pas tout de suite. Ce petit chemin était probablement le dernier endroit tranquille que nous verrions. Vérifiant d’un coup d’œil les environs, je m’assurais qu’il ne s’y trouvait pas d’oreilles trop proches. Il me fallait éclaircir un point avec le jeune homme. Un point important.

« Jack. » C’était la première fois que je prononçais son prénom, me rendis-je compte aussitôt.

« Tout à l’heure, tu as parlé de ma dague. » Le tutoiement m’était venu naturellement. Je me baissais pour sortir l’arme de son fourreau, resté dissimulé dans ma botte gauche. La lame miroitait d’un éclat bleu argenté lorsqu’elle captait la faible lumière des torches lointaines, et son manche bleu ivoire délicatement ouvragé s’irisait à chaque mouvement. Il était étonnant que l’artiste ai vu aussi juste, quand la plupart m’auraient tout bonnement accusée de vol. Une si belle arme dans des mains crasseuses, voilà qui ne manquait pas d’éveiller les suspicions.

« Tu l’as bien vu toi-même, elle est unique. » Lui murmurais-je, illustrant mes propos en dédoublant la dague d’un mouvement de poignet. « Et plus précieuse pour moi que pour quiconque. » Continuais-je en réassemblant prestement l’arme. Je n’ajoutais rien, préférant ne pas entrer dans les détails. Je le connaissais à peine, et parler de mon mentor à cet inconnu aurait été comme une trahison. Même avec moi, l’homme qui m’avait tout appris était resté terriblement secret.

Je le regardais maintenant bien droit dans les yeux, toute proche de lui, l’Œil de Vama dressé entre nous.
« Personne ne doit savoir que je possède cela. Personne. »

Ce n’était pas une menace, mais le ton était autoritaire.
Une fois rassurée sur ce point, je replaçais l’inestimable objet dans son fourreau.

« Eh bien, un repas nous attend, je crois. » Dis-je d’un ton plus léger, un sourire au coin des lèvres. Rien qu’à l’évocation d’un bon dîner chaud, je sentais mon estomac se manifester d’impatience. Je n’avais rien mangé depuis ce matin.

Sans attendre sa réponse, je me dirigeais d’un pas calme vers la plateforme surchargée de monde. Je ne tenais pas à perdre mon compagnon dans cette foule. Je n’avais pas franchement l’habitude de me déplacer ainsi parmi tous ces gens, et préférait raser les murs pour ne pas être trop bousculée. Que ne pouvais-je tout simplement me hisser sur un toit et continuer ma route en toute liberté... Mais c’était ça, ou le repas. Et il se trouvait que j’avais faim.

Le bâtiment du Kansou Bourlingueur ne tarda pas à nous surplomber. Bien que je ne sache pas lire, je reconnaissais entre mille l’enseigne colorée représentant le petit animal auquel l’auberge devait son nom.

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Posté dans Re: Chaleur de fin de journée, et une bonne raclée.   - Mer 5 Déc 2012 - 15:09

Que répondre à une telle exigence, si pressente, si ce n'est oui ? Il lui doit d'être entier ce soir, et ne jamais mentionner la magnifique lame qu'elle lui agite sous le nez, et qu'il ne manque pas de suivre du regard pour admirer le travail du métal, ne lui pose nul problème... D'autant qu'il y a peu de chance qu'il aille se gausser d'avoir eu l'idée douteuse de visiter, habillé en dandy, les quartiers mal famés de Midel-Heim. L'importance que la jeune femme porte à son secret attire d'autant son attention dessus : que peut-elle bien représenter... ? Mais chut ! La demoiselle a demandé, et Jack ne refuse pas. Tout juste a-t-il le temps de hocher la tête en signe d'assentiment qu'elle se détourne, semblant ne plus penser qu'au repas à venir, comme l'indique son léger sourire. Belle - sans doute, sous sa couche de crasse -, peu loquace et armée d'une lame de qualité... Il ne peut y réfléchir d'avantage, et s'élance pour ne pas la perdre dans la foule de badauds.

Habillé comme un Marchand, au milieu des petites gens, le fils de domestique qu'il était se sentait particulièrement ridicule. Sans parler du faste de sa tenue -pas tant que cela aux yeux bourgeois, mais ici oh oui !-, il aspirait tout simplement à... Respirer. Profiter de la fraîcheur du soir forestier sous son vêtement matelassé, au milieu d'une foule dense, n'était pas aisé. Même s'il se révéla utile. En effet, il crut sentir quelques mains moins discrètes que d'autres, tâter ses poches. Heureusement, sa bourse reposait sagement sous une couche de tissu, accrochée autour de son cou. Apercevoir l'enseigne de l'auberge lui fit hâter le pas pour arriver à la hauteur d'Helya. "Chose promise, chose due mademoiselle", lui dit il avant d'entrer.

Il faisait bon dans l'auberge qui sentait un peu l'hydromel, ce que l'on oubliait sitôt que l'on percevait l'odeur des cuisines. Un léger bruit de fond dû au clients déjà présents. Quelques regards se portèrent sur eux, que Jack ignora, se dirigeant vers une table libre tout en faisant signe à l'une des serveuses. Il indiqua à Helya l'une des chaises, sans s'asseoir. "Commandez ce qu'il vous plaira, autant que voulez... Sans pour autant me ruiner, si vous voulez bien. Excusez-moi un instant." Se dirigeant vers l'escalier menant à l'étage supérieur, et à sa chambre, il passa près du comptoir et renseigna l'aubergiste que les frais de la demoiselle étaient pour lui.

Une petite réflexion lui vint à l'esprit, tandis qu'il montait : il ne lui semblait pas avoir jamais vu les aubergistes - si ce n'est durant les bagarres d'ivrognes - faire autre chose que nettoyer des verres, qui semblaient d'ailleurs en toute occasion parfaitement propres. Un hobby commun à tous les tenanciers ?

Le petite espace qui lui était alloué comportait pour seuls meubles une petite armoire et un lit, qu'occupait son paquetage. Fouillant dans son matériels de peinture, papiers, crayons, et autre ustensiles, il finit par dénicher une chemise simple. A peine barbouillée. Il se défait aussitôt du maudit veston - dont les lacets résistent quelques instants -, ne se sentant enfin à son aise qu'une fois revêtu du vêtement plus ample. Une fois cela fait, il redescend prestement, espérant qu'Helya ait trouvé son bonheur, sans pour autant la laisser davantage seule en bas. Quoique, la seule compagnie d'une assiette chaude ne lui déplairait pas non plus...

Enfin attablé, il fait à nouveau signe à une jeune femme qui apportaient une commande à un client, - il a bien le droit de se restaurer lui-aussi, non ? - tout en s'adressant à Helya. "Navré pour cette attente, j'espère que ce repas compense les efforts fournis - ne serait-ce qu'un peu-." Malgré ses propos polis, seule l'arrivée de la serveuse l'empêcha de loucher davantage sur l'assiette de sa voisine. Manquer de peu d'être détroussé, une fois l'effet de l'adrénaline dissipé, voilà qui lui donnait faim. Son estomac ne put qu'agréer.

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Posté dans Re: Chaleur de fin de journée, et une bonne raclée.   - Mar 11 Déc 2012 - 13:45

En moins de temps qu’il n’en fallait pour le dire, je me voyais attablée et affublée d’une serveuse en train de prendre ma commande.

Jack devait s’absenter un instant avant de venir me rejoindre. Je le suivais des yeux tandis qu’il montait dans l’escalier, me demandant bien ce qu’il pouvait avoir de plus urgent qu’un bon repas. Peut-être devait-il déposer les reliefs de ses possessions ? Ou bien se changer ? En parlant de se changer, j’étais probablement la plus mal vêtue de l’établissement. La serveuse à mes côtés semblait réprimer une moue réprobatrice, mais peut-être était-ce mon imagination.

« Bienvenue au Kansou Bourlingueur, puis-je prendre votre commande ? » Me demanda-t-elle l’air de rien.

Que répondre ? Mon expérience en la matière se limitait à des choppes d’hydromel de quelques tavernes miteuses... J’ignorais ce qu’ils pouvaient bien servir. Cependant, il y avait une formule que j’avais déjà entendue, quelque chose comme...

« Quel est votre plat du jour ? »

« Ragoût de Saltis, Mústyx et Pawota. Cela vous convient-il ? »

De la viande... Rien que d’y penser, j’en salivais déjà.

« Oui, je vais commander ça. »

« Désirez-vous prendre un dessert ? Nous avons de délicieuses tartelettes aux grains de Vitis. »

Ça avait l’air bon, présenté comme ça, mais je me gardais bien d’accepter. Complètement ignorante des prix qui pouvaient se pratiquer ici, je préférais m’en tenir au plat principal, eu égard à la bourse de Jack. D’ailleurs, le ragoût à lui seul serait probablement plus copieux que tout ce que j’avais l’occasion de manger en une journée.

Ce dernier cuisait dans une imposante marmite dans l’âtre de l’auberge, dégageant une odeur terriblement alléchante. La serveuse en versa quelques louches dans une écuelle puis vint la déposer devant moi, accompagnée d’une choppe d’hydromel.

Que j’avais faim ! Sans plus réfléchir, je prenais la grosse cuillère plongée dans le bouillon fumant et attaquais les cubes de viande et de légume qui y flottaient. Alors que je mâchonnais un morceau de tentacule de Mústyx, le bruit d’une chaise que l’on tire me fit lever les yeux. Jack revenait s’attabler face à moi. J’avais commencé sans lui... Rougissant légèrement, je m’efforçais de manger moins rapidement.

« Oui, merci. » lui répondis-je. « Je suis désolée, je n’ai pas pensé à vous attendre... » Ajoutais-je d’un air gêné.

Maintenant que je prenais le temps de savourer le plat, je le trouvais très bon. Cependant, il fallait admettre que je n’avais pas tellement d’outils de comparaison. Quoi qu’il en soit, c’était bien meilleur de ce dont j’avais l’habitude, et j’en étais reconnaissante à mon compagnon.

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Posté dans Re: Chaleur de fin de journée, et une bonne raclée.   - Sam 15 Déc 2012 - 13:27

La serveuse semblait s'impatienter, mais la commande que Jack avait voulu passé se refusait à franchir ses lèvres. Helya venait-elle de s'excuser ? Voyait-il bien une discrète teinte rouge sur ses joues ? Voilà qui changeait de la fille des rues sûre d'elle ! Surpris malgré lui, son esprit retournant cette idée dans tous les sens comme un Butineur tournoi autour d'une fleur sucrée, il se rappela soudain qu'il avait faim et que l'on attendait qu'il demande quelque chose. Quoi, il ne savait plus.

"Eh bien, je... Comme la demoiselle, merci."

Rien que le fumet du plat de sa voisine le faisait saliver, et cela lui permettait de s'en tirer, la serveuse pouvant reprendre son service. Il revint sur Helya. Dire qu'elle n'avait pas à s'excuser, qu'il le lui devait bien après tout, que quelques cubes de viande et de légume avalés avant son arrivée ne changerait pas le cours de son existence, que... Reviendrait peut-être un peu à ce qu'il se répète. Elle devait en avoir parfaitement conscience. Ou non. Ou qu'il en faisait trop ? Après tout il n'avait pas l'habitude de se faire sauver dans les quartiers mal famés des villes qu'il visitait, mais cela devait bien mériter plus des remerciements. Un repas. D'autres remerciements ? Non, ce serait plus agaçant qu'autre chose sans doute.

Son ventre gargouilla soudain. Sans qu'il n'y prenne garde, il était resté sans voix plusieurs minutes, jusqu'à ce que son plat lui soit apporté. Et la cuillère d'Helya semblait mouliner dans le vide en attendant qu'il entame.

"Vous n'avez pas à vous excuser, cela eut été dommage que de laisser refroidir votre ragoût. D'ailleurs, est-il à votre goût ?"

Mangeant à son tour, il se sentit tout de suite mieux après quelques bouchées. L'air de rien, sans vraiment s'en cacher néanmoins, il regardait Helya, curieux de la vie qu'elle pouvait mener. Si ce n'est ses couteaux - dont il ne devait pas parler -, il ne lui avait rien vu qui la distingue du badaud, ou voleur lambda. Même si ce n'était pas des plus objectif, la jeune femme l'ayant tiré d'une mauvaise passe sans demander - enfin, il lui avait proposé - un repas, et non pas sa bourse, il rechignait à envisager que son gagne pain fut le larcin. De quoi pouvait-elle vivre ?

Hésitant quelque peu, il choisit de s'en tenir au plus simple. Cela ne le regardait en rien, mais voilà : s'il était curieux de voir à quoi elle ressemblait sous sa couche de crasse, pourquoi ne le serait-il pas de son métier ?

"Si ce n'est manier le couteau à merveille, que faites-vous ?"

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Posté dans Re: Chaleur de fin de journée, et une bonne raclée.   - Ven 11 Jan 2013 - 10:31

Un silence gêné s’installait entre nous tandis que je me bornais à reluquer mon écuelle. Pourquoi me fixait-il ainsi ? Je devais avoir dit quelque chose qu’il ne fallait pas, comme d’habitude. Je ruminais notre dialogue, me demandant ce qui avait bien pu lui paraître si étrange. Mais rien à faire : vraiment, je ne voyais pas...

Une onde de soulagement me traversa lorsqu’enfin il proféra une parole bienveillante, me rassurant quelque peu sur la question (qui restait cependant sans réponse). Mes muscles jusque-là crispés se détendirent légèrement sous l’effet des paroles apaisantes.

« Oh oui, c’est très bon ! » Lui répondis-je avec entrain, heureuse de pouvoir répondre à cette question facile.

Tandis qu’il entamait son repas, je continuais le mien, essayant de ne pas trop paraître sans manières. La pauvreté de ma tenue (et mon odeur, probablement) ne permettait aucun doute quant à mon statut social, mais je ne tenais pas à me comporter en rustre. Après un moment de silence, il ré-engagea la conversation.

« Ce que je fais ? Vous voulez dire... Comme travail ? » Lui demandais-je d’un air perplexe.

Je n’aurai pas dû être étonnée par une question aussi banale. Je n’avais pas l’habitude que l’on s’intéresse ainsi à moi, que l’on me pose des questions sur ma vie. N’étant pas le genre de fréquentation dont on pouvait se vanter, les gens préféraient généralement m’éviter.

« Eh bien... Je n’ai pas vraiment de travail. » Dis-je d’un air vaguement gêné.

Pourquoi en éprouvais-je soudain de la honte ? Accoutrée comme je l’étais, je ne pouvais prétendre avoir une bonne situation. Je ne le pourrais jamais. Et puis, j’étais loin d’être la seule dans une telle situation. Je ne faisais pas grand-chose pour y remédier, mais à quoi bon ? Franchement, qui voudrait d’une bâtarde de pirate pour employée ? Personne.

« En fait, je vis chez ma mère. Elle est serveuse dans une taverne de notre quartier. » Tentais-je de lui expliquer.

Croisant son regard, je marquais une légère hésitation, me demandant s’il s’intéressait vraiment à ma vie. Peut-être avait-il simplement l’intention d’être poli...

Soudain, un vacarme retentissant de vaisselle brisée explosa dans mon dos. Avec la vivacité d’une bête, je me retournais d’un bloc en renversant ma chaise, prête au combat. Idiote...
A quelques mètres de moi, agenouillée parmi les débris de vaisselle, une serveuse se rependait en excuses tandis qu’éclataient les jurons du tenancier.
Mes réflexes, si utiles au-dehors, devenaient ici tout à fait inappropriés. Je me rasseyais à ma place, peu fière de mon erreur. Cependant, personne ne faisait attention à moi. Tous les regards se tournaient vers la dispute qui se déchaînait sous nos yeux.
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Posté dans Re: Chaleur de fin de journée, et une bonne raclée.   - Mar 15 Jan 2013 - 10:03

La réponse de la jeune femme le surprit quelque peu. Si quelqu'un doué avec les pinceaux comme lui pouvait trouver matière à vivre, une manieuse de couteaux pouvait bien en faire autant ! D'autant qu'elle les employait à bon escient. Du moins, c'est ce qu'il en pensait. Une grimace, qu'il réprima, lui vint néanmoins, un grand nombre des "emplois" appréciant un tel don n'étant guère recommandables.

"Vraiment ? N'y aurait-il donc..." tenta-t-il de répondre, avant d'être interrompu par le bruit de vaisselle brisée... Et la réaction quasi-immédiate d'Helya, qui manqua le faire tomber de sa chaise.

Ne pas trouver soulier à son pieds avec des réflexes pareil, voilà qui est dommage ! Mais les exclamations furieuses du tenancier le détournèrent un instant de cette idée, tandis que la serveuse tentait de récupérer les morceaux coupants éparpillés. Avec un mot d'excuse pour une Helya qui semblait penaude de sa vivacité, Jack se leva pour s'approcher du patron furibond, qui ne se rendit compte de sa présence que lorsqu'il s'adressa à lui.

"Veuillez m'excuser de vous interrompre, dit-il, non sans un semblant de colère qu'il oublia de dissimuler, mais pourriez vous laisser cette demoiselle réparer sa faute en paix, ce qui lui permettrait d'être plus efficace ?"

Étouffant sitôt remarqué le soupçon d'agressivité -qui ne lui allait pas du tout d'ailleurs, en bon freluquet qu'il était-, il continua sur un ton plus calme et cordial, avec un semblant de sourire, en feignant de ne pas remarquer la colère dont il était la nouvelle cible. Non, montrer qu'il était n'appréciait pas le comportement de l'homme n'avait pas été une bonne idée. Au moins son état de client le préservait quelque peu. Un client enquiquinant, mais un client tout de même, et qui restait pour plusieurs jours.

"Cela nous serait agréable de pouvoir diner dans le calme, voyez-vous."

Et comme l'homme ne semblait pas faire parti de ces personnes que les mots calment, Jack se saisit de sa bourse pour en extirper quelques galons de bronze. A la soudaine affabilité qu'afficha le tenancier, le peintre en conclut que son impression était la bonne. Sur ce, le patron s'en retourna à ses verres, laissant un Jack satisfait, la serveuse maladroite ayant pu s'éclipser une fois les dégâts réparés.

Souhaitant retourner à son plat et à sa conversation, le jeune homme fut surpris par les dizaines de globes oculaires qui le fixaient. Préférant nier -de manière illogique, cela est vrai- qu'une autre de ses actions irréfléchies lui valait toute cette attention, il retrouva sa place consciencieusement, non sans que ses gestes ne soient imprégnés d'une certaine raideur. Le spectacle achevé, les regards se détournèrent et il se permit un soupir. Apprendrai-je un jour à ne pas me mêler des affaires d'autrui ? J'en doute... Et sa sœur aura toujours la possibilité de lui taper sur les doigts.

Hésitant à s'excuser auprès d'Helya pour le désagrément, il préféra tenter de reprendre la conversation là où elle avait été interrompue.

"Pardon pour cette interruption, et aussi pour ma perplexité mais... Mais vous êtes vive, agile de vos mains. Cela m'étonne que vous soyez sans emploi. Votre mère ne pourrait-elle vous trouver une place dans la taverne où elle travaille ?" dit-il, avant de se reculer brusquement sur sa chaise.

Cette petite altercation ne lui avait pas laissé les idées en place, voilà qu'il se mêlait encore de ce qu'il ne le regardait pas ! D'une part, il souhaitait en apprendre plus sur cette heureuse rencontre, d'autre part il ne souhaitait pas se montrer grossier et indiscret. Disons qu'il ne savait pas quelles limites poser entre lui et Helya. C'était pourtant si simple avec ses clients et clientes...

"Mais libre à vous de ne pas en parler, ajouta-t-il prestement. Il me semble m'être montré assez indiscret, ne vous sentez pas obligée d'entretenir cette mauvaise habitude," conclut-il avec un sourire gêné.

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Posté dans Re: Chaleur de fin de journée, et une bonne raclée.   - Mer 16 Jan 2013 - 13:21

La plupart des clients observaient d'un œil avide la pauvre femme se faire insulter et humilier, quand aux autres, ils semblaient s'ennuyer fermement. Tous se taisaient. Tous, sauf Jack.

Je le fixais d’un œil interloqué alors qu'il se levait et intervenait en faveur de la serveuse. Mais à quoi jouait-il ? Il ne faisait clairement pas le poids face à cet homme. Le corps tendu, je jaugeais les réactions du tenancier. Devrais-je le sauver une nouvelle fois ? A croire qu'il avait un don pour se fourrer là où il ne fallait pas. J’en venais même à me demander comment il était parvenu à vivre jusque-là !

Je le dévisageais tandis qu'il se rasseyait, en proie à tous les regards. Je sentais ma vision de lui changer légèrement. Jusqu'à maintenant, je ne le voyais pas vraiment comme un lâche, mais pas non plus comme quelqu'un de particulièrement courageux. Si la situation s'était dégradée, il n'aurait pas été en mesure de résister. Et il avait même fini par le payer... Comment pouvait-on faire quelque chose d'aussi idiot et chevaleresque à la fois ? Quoi que, la plupart des actes chevaleresques pourraient probablement sembler idiots. Ah, je m'égarais. Il fallait que je trouve quelque chose à dire pour détendre l’atmosphère, il avait l'air si gêné... Mais non, ma tête refusait de me livrer la moindre idée. Décidément, je n'étais vraiment pas douée pour ça.

Contrairement à lui, qui reprenait le fil de notre conversation comme si de rien n'était. Pourquoi les mots sortaient-ils si facilement de la bouche des autres ? La mienne n'était pas si coopérative... Je laissais en plan mes idées noires en écoutant mon compagnon. Travailler avec ma mère ?! La bonne blague ! On voyait bien qu'il ne la connaissait pas. Quand à son indiscrétion... Je balayais d'une main ses excuses.

« Ça va. Il est rare que l'on s'intéresse à moi... »

Il avait l'air de vraiment se soucier de ma vie, je me demandais bien pourquoi. Peut-être parce que j'avais sauvé la sienne ? Enfin quoi qu'il en soit, je pouvais bien faire un effort.
Un léger sourire sur les lèvres, je repris :

« Avec ma mère, c'est... Compliqué. »

Cherchant mes mots, je tentais de m'expliquer :

« C'est déjà assez difficile de rester dans la même pièce qu'elle. Alors, travailler avec... » Je ricanais amèrement, imaginant ce que cela pourrait bien donner. Rien de bon, évidemment.

« Vous savez, avec mes origines... Je ne suis pas le genre de personne que l'on voudrait embaucher. Et puis, c’est aussi bien comme ça. Je fais ce que je veux de mes journées, sans avoir de compte à rendre à qui que ce soit. »

En un sens, ma liberté dépassait celle de la plupart de mes semblables. Enchaînée à mes origines, mais libre de parcourir la forêt, me prélasser sur les toits, m'entraîner aux couteaux... Libre de vivre.
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Posté dans Re: Chaleur de fin de journée, et une bonne raclée.   - Mer 30 Jan 2013 - 4:34

Comme une impression de similitude... Mais sans doute pas pour les mêmes raisons. Songea Jack, à la pensée de son cher père aux positionx bien définies. D'après lui, je ne suis pas le fils domestique respectable qu'il espérait... Il me semble pourtant que seul le "domestique" change. Mais du moins lui restait-il une mère compréhensive, s'il pouvait dire. De même pour sa sœur. Mais Helya ne faisait mention que de sa mère, le laissant pensif.

"Sans doute cela vous paraitra-t-il étrange, mais je suis navré d'entendre cela. Ma propre mère me fut d'un grand soutien, et... Vous me semblez seule, alors que même ce recourt vous soit refusé me semble..."

Tu t'enfonces dans ta curiosité. Cherchant le mot, Jack ne parvint pas à finir sa phrase, et son assiette vide ne le renseigna guère. Aussi guetta-t-il du coin de l’œil la moindre émotion sur le visage de Helya, craignant de toucher un point sensible avec ses questions, d'essuyer une rebuffade, voir de la blesser... Il lui semblait s'emporter intérieurement, mais la jeune femme lui laissait la direction de la conversation et il ne parvenait pas à se donner de limites, sans parvenir à la cerner. Aussi n'avait-il aucune idée s'il avançait en terrain piégé ou non.

Toussant légèrement pour tenter de cacher sa gêne, il ne put s'empêcher de répondre à la dernière déclaration d'Helya avec une touche de malice intéressée.

"Mais je me dois de vous détromper, car si l'on me laissait cette possibilité, je n'hésiterais pas un instant à vous embaucher en tant que modèle. Tout en vous offrant le bain avant que vous ne preniez la pose, bien entendu."

Avant de s'empourprer violemment en réalisant tous ce que pouvait laisser entendre sa dernière phrase. Qu'il eut prononcé de tels mots à l'attention d'une dame bien née et, non seulement ses deux joues seraient pourpres d’embarras, mais aussi des gifles aussitôt reçues. Suivies ensuite du départ de la dame, ainsi sans doute de la perte d'une commande, ce qui serait annonciateur de nombreux jours de ceinture serrée au cours desquels il se sermonnerait lui-même pour son manque de tact.

Mais Helya n'était pas de celle-ci. Non, elle, elle savait très bien manier deux couteaux. Non pas que revoir les lames l'ennuierait, mais quand même quelque peu s'il était la cible de leur tranchant affuté. Une crainte qu'il ne parvint pas à étouffer, restant coi sans qu'un seul mot d'excuse ne parvienne à franchir ses lèvres.

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Posté dans Re: Chaleur de fin de journée, et une bonne raclée.   - Jeu 7 Fév 2013 - 7:20

Au fur et à mesure que Jack parlait, mes muscles se crispaient sous son regard débordant de compassion et de pitié. Comment osait-il prétendre me comprendre, avec ses beaux habits et son langage fleuri ?! M’efforçant de maîtriser mes traits, je dissimulais tant bien que mal mon énervement grandissant. Il ne voulait que m’être agréable, n’est-ce pas ? Mais qu’est ce qui m’avait pris de lui raconter ma vie, aussi ? Pourquoi avais-je eu envie de lui faire confiance ? La mémoire me fuyait, je ne savais plus. Je n’avais plus envie de savoir, toute hérissée que j’étais.

Que savait-il de moi pour me juger ainsi ? Et puis d’abord, ma solitude me convenait très bien. J’avais une très bonne amie, et c’était amplement suffisant ! Mais ça il ne pouvait pas le savoir, hein ! Dire que je commençais à l’apprécier… Idiote que j’étais. Maintenant que j’y pensais, je me demandais bien ce que j’avais pu lui trouver de sympathique. Ses yeux inquisiteurs commençaient à me taper sur les nerfs. Au final, ce n’était qu’un petit intriguant maigrichon et prétentieux, qui pensait pourvoir jouer les héros pour sauver les pauvres servantes en détresse. Mais il faisait moins le malin tout à l’heure, avec sa foutue promenade qui l’avait menée dans un beau merdier. Ah là, c’est sûr qu’il savait plus quoi faire ! Il avait même sali ses vêtements, le pauvre minet. Mais dès qu’il avait pu, il s’était vite changé, et hop ! De nouveaux vêtements tous neufs. Bah oui, il pouvait se le permettre lui ! Avec toutes ces grandes dames qui venaient lui demander des tableaux, l’argent devait couler à flot. Et avec tout ça, il prétendait pouvoir me COMPRENDRE ?! Foutu touriste.

Comme le silence s’installait, je couvais mes sombres réflexions en fixant mon écuelle presque vide, la main crispée sur ma cuillère. Sa proposition acheva de me faire exploser. Quelque chose en moi se sentait humilié par cette offre que je ne méritais pas. Depuis quand peignait-on les souillons, si ce n’est pour montrer l’étendue de leur misère ?

Avec un regard devenu glacial, je relevais les yeux vers son visage rougissant :
« Gardez votre pitié, je ne suis pas une mendiante. »

J’achevais ce qui me restait de bouillon et essuyait d’un geste vif ma bouche contre ma manche.
« Le repas était délicieux. Adieu. »

Je le laissais là et lui tournait délibérément le dos, sortant à grands pas de l’établissement. Alors que l’air frais de la nuit m’enveloppait, je grimpais prestement sur le toit et courrais me réfugier dans les arbres, qui eux ne me jugeaient pas. J’étais déçue. Etaient-ce des larmes qui coulaient sur mon visage ?


Spoiler:
 
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Posté dans Re: Chaleur de fin de journée, et une bonne raclée.   - Jeu 7 Fév 2013 - 12:09


Il avait espéré ne pas la vexer, tout curieux qu'il était. Sans songer à mal, rien qu'une discussion, l'envie de comprendre l'autre, d'en savoir plus. Avait-il était présomptueux, arrogant dans ses propos ? Il ne lui avait pas semblé, et pourtant, ce qu'il voyait en Helya n'était ni de la surprise, ni de la gène, ni encore juste un peu d'énervement dû à sa proposition -qu'il savait à la limite de la convenance-, mais autre chose. La tension dans sa posture, le fait qu'elle refusait obstinément de le regarder, cela ne lui disait rien de bon quant à sa réaction. Et ses joues qui ne le brûlaient plus, alors qu'un affreux sentiment enflait en lui. Le tohus bohus de l'auberge ne cessait pas, et pourtant le silence de la jeune femme lui paraissait assourdissant. A nouveau un nœud qui lui tordait doucement, cruellement l'estomac. La soudaine vision de ses yeux le tétanisa.

« Gardez votre pitié, je ne suis pas une mendiante. »

Jetée à sa figure, cette déclaration l'horrifia. Voilà qu'elle croyait qu'il avait pitié d'elle ! Qu'il lui faisait la charité ! Maladroit, curieux et maladroit, quelle mauvaise combinaison ! Indépendante comme elle était, avec un caractère bien trempé, elle devait présentement lui en vouloir. Et pas qu'un peu. Oh non, je ne voulais pas...

Mais la pensée devance aisément la parole, et aucun de ces mots n'avaient franchi le mur de ses lèvres qu'elle se détournait sur un remerciement froid. Qu'il tentait enfin de se lever pour la retenir, et elle avait atteint la porte. Buttant contre chaque chaise, comme si ces dernières s'étaient donné le mot pour le ralentir davantage, il ne fut enfin dehors que pour voir une silhouette agile disparaître sur les toits. Son élan premier lui dit de la suivre, mais avant même qu'il ait tenté quoique ce soit, la réalité lui revint. Ses mains qu'il aimait tant, n'était bonne qu'à peintre, pas à grimper. Il n'était qu'un touriste après tout. Gauche et inutile, ne sachant que gâcher un bon repas avec ses fichus questions.

Par Vama, je n'ai jamais dit mendiante ! Se tordant le cou, il continuait de guetter les toits, songeant à la jeune femme qui devait filer sans un bruit, l'insultant mentalement sans doute. Mais de cela, il n'avait que faire. Comprendre lui importait, comprendre pour ne plus blesser ainsi. Pitié avait-elle dit ? Était-ce de la pitié que de vouloir en savoir plus au sujet d'une personne qui lui avait épargné d'être détroussé, sans le sou et loin du moindre soutien ? Était-ce de la pitié que d'apprécier une beauté sauvage, et de ne demander qu'à en faire le portrait ? Ses "origines" qui semblait lui valoir une mauvaise réputation, il n'en avait que faire, en étant d'autant fasciné. Il se sentait idiot, sans vraiment comprendre où il avait fauté. Un regret stupide lui faisait souhaiter reprendre la soirée juste avant qu'il ne l'ait interrogé sur ses occupations. S'il lui avait parlé de ses modèles, qu'il trouvait bien plus souvent dans les bas-quartiers que chez les gens de la haute, aurait-elle considéré ses paroles autrement ? Ou aurait-elle perçu cela comme une marque d'arrogance ?

Las de ces interrogations sans réponse, une flambée de colère à l'égard de la jeune femme le prit. Qu'elle se fasse des idées tant qu'elle voulait ! Cela ne se faisait pas de s'emporter ainsi pour quelques mots ridicules ! Elle n'avait qu'à mener la conversation, il n'aurait alors pas posé de question !
Mais c'était lui qui l'avait mené dans cette auberge, où elle n'avait pas semblé à son aise. L'emportement c'était évanoui en un instant, laissant l'artiste chagrin. Si au moins elle lui avait laissé le temps de se faire comprendre...

Avec un soupir, et un dernier regard vers les sommets inaccessibles, Jack retourna à l'intérieur, retrouver sa chambre et ses pinceaux. La réaction d'Helya n'avait cependant rien enlevé à son envie de coucher ses traits sur le papier, aussi s'y attela-il, jusque tard dans la nuit.



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Posté dans Re: Chaleur de fin de journée, et une bonne raclée.   -

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