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Qui se ressemble, s'assemble

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On m'appelle Enaîa Lysean Vara'Da


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Posté dans Qui se ressemble, s'assemble   - Sam 24 Nov 2012 - 12:43

La chaleur intenable du désert commençait tout juste à s'apaiser, et le soleil déclinait lentement, tandis que les Veilleurs Pourpres regagnaient le QG, terminant leur journée dans la sueur et la poussière de sable. Alors que chacun regagnait ses appartements ou divers endroits, Enaïa sortit par la porte principale et inspira à fond. Les rayons rougeâtres de l'astre solaire vinrent l'éblouir doucement tandis qu'elle s'étirait et qu'elle fit un pas en avant. La journée avait été calme et reposante. Pour cause, elle n'avait donné rendez-vous à Thélador pour son entraînement, qu'en fin de journée, ayant une idée bien précise derrière la tête.

Pour l'instant seule, elle profita donc de cet instant de solitude pour s'évader dans ses réflexions tout en avançant dans les prémices du désert. Sa récente nomination en tant que bras droit du Général Jirkin l'avait touché, et elle mettait un point d'honneur à remplir son rôle avec la plus grande application. Son attitude envers ses collègues n'avait , lui, pas changé, et elle restait la jeune femme officier impulsive, agréable, mais exigeante qu'ils connaissaient tous. Et qu'ils appréciaient, ou pas. Thélador avait accueilli la nouvelle avec une certaine fierté, du moins c'est ce qu'en avait cru sa formatrice, et à l'occasion, elle l'avait laissé libre pour la journée. Mais quelques semaines s'étaient écoulées depuis, et la formation allait bon train.
Alors que le soleil se couchait progressivement derrière la montagne, plongeant les alentours du QG dans une semi-obscurité, Enaïa s'arrête et grimpa sur un rocher, surplombant les dunes de sable. Assise en tailleur, elle ferma les yeux et vida son esprit, se laissant porter par ses sens. Sa méditation aurait pu durer ainsi de longues heures, mais une présence familière la fit frissonner et une voix rauque l'apostropha :

" Un officier, bras droit qui plus est, ne devrait même pas s'accorder quelques minutes de repos de cette sorte. Et une femme... ne devrait pas rester seule dans le désert. "

Deux perles dorées se fixèrent aussitôt sur le visage barbu de l'arrivant, le dévisageant d'un air impassible. Son père. Sereine, et ne relevant pas la remarque sur son sexe, la jeune femme répliqua dans un souffle :

" J'attend mon apprenti. "

Son regard dévia, et elle manqua de soupirer de soulagement en apercevant au loin, Thélador. Avec un peu de chance, son père la laisserait en paix une fois le matroscien arrivé.



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Posté dans Re: Qui se ressemble, s'assemble   - Lun 26 Nov 2012 - 12:56

C'est avec une certaine impatience mêlée à de l'excitation que Thélador bondit chercher ses affaires alors que le soleil déclinait à peine. Sa mentor lui avait laissé sa journée, lui fixant rendez vous pour son entrainement qu'une fois le soleil disparu par delà les dunes. Cela l'avait surpris, et plus que tout, il avait essayé d'imaginer quel exercice nécessitait que le nuit soit tombée... Plusieurs idées lui étaient venu, mais la réponse ne viendrait qu'avec la levé de la nuit, alors il avait occupé sa journée aux côtés des autres apprentis, sans oublier d'aller s'occuper de Modow.

Mais voilà enfin que l'heure de l'entrainement était venue, et il se mettait déjà en chemin, étrangement impatient de connaitre le programme de la soirée...

Pourtant il aurait eu de bonnes raisons de s'inquiéter... Sa mentor lui avait déjà fait faire quelque exercices pour le moins ... Périlleux. Peu avaient été une partie de plaisir. Mais voilà, il avait toujours fini par les réussir, et il fallait bien qu'il se l'avoue, générer une lueur de fierté dans l'oeil de l'officier Vara'da suffisait à l'emplir de bonne humeur pour plusieurs jours !

L'oeil habitué à la pénombre, il distingua la silhouette assise d'Enaïa, il pressa inconsciemment le pas, avant de marquer un temps d'hésitation... Il y avait quelqu'un avec elle. Fronçant les sourcils, il chercha son attention. Il ne désirait pas déranger une conversation importante, mais comme elle tourna son regard vers le sien, il comprit qu'il était invité à la rejoindre, et s’exécuta sans attendre.

Arrivé à hauteur, il distingua les traits de l'invité. C'était un homme d'une cinquante d'année, dont la préstance brillait même dans la pénombre environnante. Respectueusement, Thélaodr le salua ainsi qu'Enaïa, se demandant si la venue de l'inconnu avait un lien avec l'entrainement.



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Posté dans Re: Qui se ressemble, s'assemble   - Sam 1 Déc 2012 - 10:22

Les pas feutrés de Thélador dans le sable parvinrent jusqu'aux oreilles d'Enaïa, et c'est avec une pointe de soulagement qu'elle le vit arriver pour s'arrêter à ses côtés. Poliment, il offrit un signe de tête à l'homme qu'il ne connaissait pas, avant de regarder sa formatrice. Échappant un soupir, cette dernière se redressa, les surplombant depuis son perchoir en pierre et sauta à terre, face à son père. Ses prunelles dorées parlèrent pour elle, et sans un mot, elle se détourna de lui pour se concentrer sur son protégé. Retrouvant un sourire habituel, elle le salua et souffla :

«  Nous allons débuter l'entraînement, dès que le soleil sera complètement couché. En attendant, je vais t'expliquer en quoi il consistera. La nuit dans le désert, est propice à la sortie d'un tas de bestiole, plus ou moins dangereuses. Et si elles nous voient parfaitement, pour nous humains, il est très dur de les capter avant qu'elles ne nous attaquent. Ton objectif sera de survivre à cela. »

Elle se tut, laissant à Thélador le temps de digérer l'information. L'exercice n'était pas simple, et le danger y était très présent. Alors qu'elle s’apprêtait à ajouter quelques consignes, le rire cynique de son père la fit frissonner. L'ignorant, elle ouvrit la bouche pour parler, mais la voix froide et dure de son ancien formateur la coupa :

« Si mes souvenirs sont bons, tu n'avais toi-même pas réussi cette épreuve. »

La jeune femme eut un haut le cœur, et son visage se décomposa aussitôt. Le regard fixé sur Thélador, elle se sentit soudainement ridicule. Il était effectivement vrai qu'elle avait échoué la première fois, mais combien de nuit avait-elle passé seule dans le désert afin d'y arriver, au lieu de récupérer pour les exercices suivants. L'estime qu'avait son père pour elle était déplorable. Elle avait cru que son aversion pour les femmes s'était calmée depuis qu'elle lui avait prouvé de quoi elle était capable ; mais apparemment, il aimait toujours autant se jouer d'elle en public. Et Enaïa se sentit comme une enfant : petite et discréditée. Comment Thélador pourrait-il avoir confiance en elle, si son père venait l'enfoncer ainsi devant lui. Elle avait durement grimper les échelons afin d'arriver jusqu'ici, ce n'était pas pour rien. Ce n'était plus pour entendre ça...

Inspirant doucement pour reprendre le calme qui la caractérisait si bien, la jeune femme baissa les yeux, et toujours dos à son géniteur, elle murmura d'une voix profonde :

« Il réussira cette épreuve puisque je serais là. Je ne laisserais pas mon élève dans une situation mortelle, et agonisant dans le sable. Contrairement à toi, père. »

Tournant à demi la tête, elle lui lança un regard noir par dessus l'épaule, et se reconcentra sur son protégé. Lui adressant un demi sourire plein d'excuses, elle le saisit par le bras, et avec fermeté mais douceur, le guida vers le lieu d'entraînement. Avant de s'éloigner, elle se tourna vers son père, plantant son regard doré dans le sien et déclara :

« Nous discuterons ensembles plus tard. Et ne réplique pas, c'est ton supérieur qui te l'ordonne. »

Les traits décomposés du visage de son paternel lui procurèrent une véritable fierté, et reprenant son chemin, ils disparurent de son champ de vision après quelques minutes.

La marche dans le sable fut pénible et laborieuse si bien qu'une fois arrivée à l'orée des montagnes bordant le désert, Enaïa échappa un soupir de soulagement. La nuit était complètement tombée, le soleil ayant disparu derrière la crête rocheuse. Et les différents gémissements animales ne tardèrent pas à se faire entendre. Concentrée et sereine, le bras droit des Veilleurs posa un regard rassurant sur son élève.

« Ne t'en fais pas, quoi qu'il arrive, je ne serais pas loin. »

Car contrairement à son père, elle était une formatrice inquiète pour son élève.



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Posté dans Re: Qui se ressemble, s'assemble   - Dim 2 Déc 2012 - 7:24

Ravalant sa curiosité, Thélador s'appliqua à ne porter attention qu'à sa mentor. Et bien qu'il lui démangeait de savoir qui était cet homme, il savait aussi ne pas devoir se disperser, ainsi se concentra-t-il exclusivement sur les propos d'Enaïa qui visaient à lui expliquer la suite des évènements. Il s'apprêta à hocher la tête, signe qu'il avait bien comprit le déroulement de l'exercice, quand un rire sardonique s'éleva par dessus l'épaule d'Enaïa.

« Si mes souvenirs sont bons, tu n'avais toi-même pas réussi cette épreuve. »

L'impétuosité de ces paroles choqua Thélador. Certes, l'homme semblait être un veilleur plus âgé, mais, la jeune femme avait été choisi par le général pour la seconder ! Le matroscien osa les sourcils, surpris, puis reporta son attention sur Enaïa, cherchant à savoir d'elle si il devait agir, où la laisser défendre seule son honneur. Mais la lueur qu'il distingua dans les prunelles de la jeune femme le déstabilisa plus que jamais.
Car jusqu'à présent, elle n'avait affiché que de l'assurance et de la prestance, et à aucun moment il n'avait décelé en elle de serai-ce qu'une trace d'hésitation... Du moins jusqu'à ce moment.
Ses sourcils prirent une courbe interrogative devant la détresse passagère qu'elle semblait ressentir. Cela était-il possible que l'homme dise vrai ? Lui n'avait toujours vu en elle qu'un exemple inébranlable, et intouchable ... Mais il réalisait à présent que comme lui, elle avait dû apprendre ... Et peut être aurait-il dû comprendre à cet instant que l'inconnu ne l'était que pour lui et qu'il s'agissait en vrai du paternel de la seconde. Mais son esprit manqua peut être d'imagination, n'avait même pas entre aperçu cette éventualité, ainsi lorsqu'il perçu le murmure rageur de la jeune femme, lui fallut-il retenir sa mâchoire afin qu'elle ne se décroche pas.

Sans qu'il n'ai le temps de porter un regard plus appliqué sur le visage l'homme pour en découvrir les similitudes qu'il partageait avec celui d'Enaïa, il se retrouva à forcer l'allure pour suivre le jeune femme vers le lieux de l'exercice.

La marche fut aussi longue qu'éprouvante, mais l'esprit de Thélador flottait tellement loin qu'il n'en sentait plus les plaintes de ses muscles. Ce ne fut que lorsque Enanïa ordonna un arrêt que le matroscien réalisa à quel point ses poumons lui brûlaient, et que ses jambes protestaient.

"Ne t'en fais pas"

Plus déconcentré que jamais, Thélador faillit lui demander pourquoi il était sensé s'en faire, avant de se rappeler l'exercice.

-Je n'ai pas peur. Déclara-t-il avec sincérité. C'était vrai. Il n'avait pas peur... Il la savait préte à agir, et il n'avait jamais douté qu'elle saurait veiller sur lui.

-J'ai confiance. Ajouta-t-il avec un sourire complice, cherchant inconsciemment à la rassurer sur le peu d'impact qu'avait eu la réplique moqueuse de son père, dans l'estime qu'il lui portait.
A vrai dire, la chose qu'il l'avait plus désarçonner était plutôt l'attitude du paternel à l'égard de sa fille... Idiot qu'il était songea-t-il brusquement ! Ne lui avait-elle pas confié le jour de leur deuxième rencontre qu'elle avait subit de nombreuses humiliations durant sa formation ?
Pourquoi n'avait-il pas compris ? Enfin si, il avait compris, compris que son enseignant avait été très exigeant ... Mais pas qu'il s'agissait de son père...
Remerciant la pénombre qui masquait la perplexité qui marquait ses traits dont il n'arrivait pas à se défaire, Thélador chercha à porter son regard aux alentours pour y déceler les premiers dangers potentiels...
Il fit un pas en avant, et déjà trébucha sur une pierre. Rétablissant son équilibre de justesse, il ravala un juron.
- Désolé j'ai .. Manqué de concentration. Confessa-t-il avant qu'elle n'ai le temps de le reprenne. Secouant la tête, cherchant à se débarrasser de ce qu'il venait d'apprendre, il prit une inspiration, et s'ordonna mentalement de reprendre ses esprits.

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Posté dans Re: Qui se ressemble, s'assemble   - Sam 8 Déc 2012 - 4:51

La lune brillait maintenant faiblement au dessus du désert, n'éclairant que quelques endroits convenablement. Adossés à la montagne, les deux veilleurs pourpres étaient hors de portée des rayons de l'astre lunaire, et la pénombre qui les entoura it était propice aux rencontres en tout genre. La jeune bras droit pria Ruyn pour ne pas tomber sur un groupe de Forban au risque de voir l'exercice se terminer dans un bain de sang.

" Je n'ai pas peur. J'ai confiance. "

Haussant les sourcils sous l'impact de la surprise, Enaïa tourna le visage vers Thélador. A cet instant même, elle remercia les ténébres alentours de cacher suffisament ses traits pour pas qu'il n'y décèle sa surprise, et son émotion. Elle ne s'était pas attendu à une telle marque de confiance de la part de son élève. Mais le sourire qu'il lui adressa en plus ne fit qu'appuyer ces paroles. Et la jeune femme ne pu s'empêcher, à son tour, de lui offrir un sourire. Elle n'était pas une si mauvaise formatrice que ce que son père pouvait penser. Son coeur se gonfla d'une fierté sincère. Pourtant, la jeune femme ne se laissa pas longtemps disperser par ses pensées, puisque Thélador, dans un moment de déconcentration, manqua de tomber au sol , juste sous ses yeux. Ne pouvant retenir un sourire amusé, la formatrice leva les yeux au ciel et secoua la tête. Puis, posant une main douce sur l'épaule du matroscien, elle fixa son regard doré dans le sien et souffla :

" Je m'excuse de cette querelle à laquelle tu as du assister. J'aurais voulu garder cette partie de ma vie cachée un peu plus longtemps, mais Ruyn en a décidé autrement. Nous avons beaucoup de points en commun Thélador... "

Elle s'interrompit, cherchant à comprendre l'expression de son élève. Elle espérait simplement qu'aucune déception ne viendrait assombrir la bonne entente qui s'était installée entre le "maître et l'élève".

" Je suppose que cette découverte a du t'interloquer. Je te promet que si tu le souhaites, nous pourrons en reparler calmement. Tu dois avoir quelques questions... Mais en attendant, un dur entraînement t'attend. "

Ponctuant sa réplique d'un sourire mystérieux, elle retira sa main de l'épaule de Thélador et la porta à l'un des nombreux poignards qu'elle portait en ceinture. Attrapant l'un d'eux, elle ferma la paume de son autre main autour de la lame et tira doucement, de manière à s'entailler légèrement la peau. Le sang ne tarda pas à couler, et se baissant, elle attrapa une poignet de sable avec son membre blessé. Une fois les grains colorés de pourpre, elle les laissa s'envoler au grès de la brise désertique. L'odeur de sang ne tarderait pas à attirer les quelques bestioles environnantes.

Et le temps ne s'écoula que peu jusqu'à ce qu'un cri bestial retentit à peine à quelques lieux d'où se trouvait les deux soldats. Adressant un signe de tête confiant à Thélador, Enaïa tourna le dos et grimpa rapidement sur un rocher surélevé, d'où elle pourrait voir les animaux susceptibles d'attaquer le jeune homme, et le défendre en cas de besoin. Elle avait reconnu le hurlement d'un Ogron, et d'un Styx des Sables. Le premier serait très facile à intimider, le deuxième risquait de se défendre. Alors, à l'affût, elle fixa tour à tour son regard sur les alentours et sur son élève, concentré. Les hurlements résonnèrent de nouveau, et fermant les yeux, Enaïa pu ressentir les légères vibrations du sol. Un Styx.



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Posté dans Re: Qui se ressemble, s'assemble   - Jeu 13 Déc 2012 - 12:38

Qu'elle puise si facilement déceler ce qui l'avait déstabilisé ne manqua pas de le faire rougir... A vrai dire, il n'arrivait pas à savoir pourquoi cela le travaillait tellement... Il s'agissait de sa supérieure, et il n'avait pas à connaitre les détails de sa vie privée ... Pourtant, la culpabilité le prenait de n'avoir jamais cherché à le savoir.

Était-ce parce qu'il partageait le même secret ou parce qu'elle savait pour lui, qu'il se sentait si coupable de son aveuglement ?

Et pourtant, voilà que quand elle lui propose d'en reparler plus tard, il se fait l'effet d'un voyeur, curieux et irrespectueux ! Ses yeux se détournent. Il aimerait lui dire de ne pas se dévoiler si elle s'y refuse, autant que les questions lui brûlent les lèvres pour en savoir plus ...
Heureusement pour lui, elle lui laisse l'occasion de reléguer cette préoccupation à plus tard en lui imposant le début de l'exercice. Il secoue la tête, comme si par ce geste il pouvait remettre en ordre ses idées, alors qu'Enaïa, elle, s'en va se percher un peu plus haut. La pénombre la rend presque invisible, et il lui faut plisser les yeux pour distinguer sa silhouette dans son immobilité.

Dans un geste inconscient, il tâta la garde de son sabre. Etrangement, la perspective de devoir massacrer des créatures injustement appâter ne l'enchantait pas vraiment... Même si cela lui servirait sûrement d'un point de vu de l’apprentissage.

Un demi sourire caressa ses lèvres... Enaïa lui avait donné simplement l'ordre de survivre aux attaques. Rien n'indiquait de lui qu'il abatte les bêtes. Il laissa son raisonnement s'approfondir ; c'était le sang qui amenait les bêtes, les saigner inutilement ne lui servirait en rien...
C'était Ian lui avait enseigné à appréhender les créatures sauvages alors qu'il lui apprenait à surveiller le troupeau. Savamment, il lui avait raconté que pour ne pas se faire attaquer, il suffisait de ne pas réagir en proie... Les animaux, aussi affamés qu'ils pouvaient l'être, n'useraient jamais leur énergie dans un combat perdu d'avance, lui avait-il expliqué. Car dans la nature, tout est plus difficile à obtenir, et les prédateurs avaient apprit à ne s'épuiser en vain, cela expliquait qu'ils choisissaient toujours les proies les plus affaiblis, et que c'était les animaux malades qu'il fallait le plus surveiller.
Thélador se rappela de cette leçon, et ce décida d'en tirer tout l'enseignement ce soir. Si il pouvait relever le défi en économisant sa propre énergie, et en limitant les pertes, cela ne pouvait pas le pénaliser. Du moins il l'espérait ... Enaïa pouvait très bien considérer qu'il agisse en lâche, et en coeur sensible en essayant de plus intimider ses adversaires, qu'en les tuants pour de bon ... Quoi qu'il advienne, le verdict tomberait à la fin...

Premièrement, il lui fallait chasser toute sa peur pour éviter qu'elle ne transpire trop et excite les animaux... Cela s’avéra le plus compliqué, car déjà, une forme souple se profilait à quelque mètre.

Inspirant profondément, il laissa la concentration le gagner, et ouvrit ses sens au monde nocturne qui l'entourait.

La créature, apparemment très agile passa d'un rocher à l'autre, puis elle se figea, pour humer l'air. De ce que Thélador pouvait en distinguer, il pariait sur un félin et très probablement un Styx. Il plissa les yeux, mais ne remarqua pas de dents spécialement longues... C'était déjà ça, si il s'agissait d'un mâle, cela serait plus aisé que si il avait eu à faire à une femelle. Ce constat le rassura un peu, et sa confiance s'affirma. Le plus dur à présent serait d'impressionner l'animal, sans le provoquer.

Se redressant, afin de paraître le plus grand possible, il tira son sabre. Il possédait aussi un blaster, mais il n'était pas sûr de pouvoir viser assez juste pour effrayer l'animal sans le blesser, il faisait bien trop sombre. En outre, il jugeait plus utile de garder cette arme en réserve plutôt que de gaspiller ses munitions contre des adversaires qu'ils pouvaient vaincre d'un manière plus économe.

Son regard ne quittait pas la forme sombre qui se faufilait vers lui. Il la vis s'arrêter à bonne distance. Sûrement cherchait-elle à analyser le meilleur angle d'approche... Le matroscien quand à lui, savait qu'il ne lui fallait à aucun moment la perdre de vu. Faire savoir au prédateur qu'il l'avait vu, et qu'il ne fuierait pas était le fil solide de sa tactique...

Toujours immobile, il continua donc à le fixer. Il s'écoula un moment avant que la bête ne se remette en mouvement pour s'approcher subrepticement. Il ne la quitta pas du regard, et parvins même à croiser son regard. Heureusement, le temps qu'elle mettait à approchait servait à Thélador pour se défaire de sa peur... Et quand il jugea que le Styx était assez proche pour lancer son assaut d'un minute à l'autre, le matroscien fit un pas en avant, et si son sabre était toujours au repos, il se mit à "feuler" comme il avait déjà vu un garuda le faire pour éloigner un prédateur du troupeau. Il s'efforça d'effectuer des gestes amples, faisant ouvertement rouler ses muscles pour afficher clairement sa bonne santé aux yeux de son ennemi.

Bien que peu orthodoxe, sa tactique fonctionna. Il vit le Styx, se redresser sans lancer l'assaut. L'animal feignait l'indifférence, humant une nouvelle fois l'air.

Thélador s'arrêta à distance respectable. Continuer à avancer, l'aurait mit à porté de saut. Ainsi continua-t-il sa tactique d'intimidation de loin. Du feulement, il passa au grognement, et fit claquer sa botte contre la pierre, cherchant à signifier à l'animal qu'il ne l'avait pas oublier, et qu'il voulait le voir partir...
Le petit jeu continua un moment, en devins presque une danse entre eux. Lorsque le Styx faisait un pas, Thélador en faisait un aussi. Et quand le Styx essayait de se faire oublier, pour lancer une attaque surprise, le matroscien ne le quittait pas du regard, et suivait ses déplacements. Une seule fois, le prédateurs retourna sur ses pas pour disparaître là où il était apparu, et Thélador remercia son assiduité car bien qu'il se soit retrouvé seul un moment, il sentit brusquement l'animal rôder non loin, cherchant un nouvel angle d'attaque. Il faillit se faire avoir alors que celui ci s'élancer dans l'ombre de son dos, mais parvins à se jeter sur le côté juste à temps, pour pivoter et surprendre à son tour le prédateur d'un rude coup de botte placé dans les côtés, alors que son sabre lui entaillait l'échine. Il avait répliqué, en grondant plus fort que jamais pour impressionner son ennemi, et eut la joie de le voir se retirer plus rapidement qu'il était venu.

Des longues minutes s'écoulèrent, et Thélador comprit qu'il avait découragé son premier prédateur. Il en retint un soupir de soulagement. Il ignorait combien de temps l'affrontement passif avait duré. Vingt minutes au moins, évalua-t-il. Mais sa concentration n'en était que plus tenue, et ses yeux commençaient à s'habituer à l'obscurité... Il ne s'était jamais sentit aussi vivant.

Une inspiration. Une expiration. Il ferma les yeux, écouta un instant. Un bruissement ... A-t-il rêvé ? Il ouvrit les yeux, pivota. Son regard croisa alors celui de Enaïa, qu'il avait presque oublié... Mais alors, l'effroi lui noue la gorge... Il y a une ombre ... Une ombre perchée sur un rocher qui les surplombe tout les deux... Elle glisse dans la nuit, et bondit ... Mais sa proie n'est pas Thélador. C'est le rocher sur lequel Enaïa est pêrché qu'elle vise...

-Attention !
S'entant-il crié au moment où la pensée lui traverse l'esprit.






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Posté dans Re: Qui se ressemble, s'assemble   - Sam 22 Déc 2012 - 7:29

Du haut de son perchoir improvisé, Enaïa riva les yeux sur son élève et ne le quitta plus du regard. Néanmoins attentive, elle s'accroupit pour mieux l'observer et se fondit dans l'obscurité et le silence devenu pesant du désert. Un souffle rauque et bestial chatouilla ses oreilles, et elle vit Thélador se préparer. La concentration tirait ses traits et une aura de force émanait de son corps. Lorsque l'animal sortit enfin de l'ombre pour s'approcher, elle crut assister à un duel entre deux mâles dominants. Contre toutes attentes, le matroscien n'attaqua pas et s'appliqua surtout à effrayer son adversaire. Une technique futée que la jeune femme apprécia avec surprise. Un léger sourire vint étirer le coin de ses lèvres, titillant sa fierté.

Alors, Enaïa pu suivre une véritable prouesse de la part de son protégé. Confiant, les grognements coulaient de sa gorge, tandis qu'il s'appliquait à intimider le Styx. Le duel resta passif, mais leur regard ne cessaient de se croiser et de s'affronter. A coups de feulements, les deux combattants tentaient de faire plier l'autre. Homme contre bête, cette dernière finit par rebrousser chemin et disparut dans les ténèbres. Les oreilles aux aguets, la formatrice resta sur ses gardes et pria pour que Thélador fasse de même. Car elle le sentait, l'animal n'était pas loin. Et il ne fallu que quelques minutes pour que d'un bond, il sorte de l'ombre, et n'attaque par derrière. Plissant les yeux, presque inquiète, Enaîa salua les réflexes du jeune homme, qui, d'un mouvement bien placé, évita les griffes et ne se défende d'un coup de pieds et de sabre cumulé. Un léger soupir de soulagement échappa des lèvres du bras droit des Veilleurs, rassurée de voir son élève en un seul morceau.
Le styx, blessé et penaud de s'être fait aussi facilement repoussé, était parti la queue entre les pattes. Et le silence était retombé sur les alentours. Le combat avait duré assez longtemps pour que la jeune femme puisse juger des compétences de Thélador. Il méritait sa place parmi eux, autant que n'importe qu'elle autre nouveau soldat. Elle était fière de son apprenti et ne se retint pas de lui offrir un sourire lorsqu'il se tourna vers elle. Un sourire qui ne reçu qu'un accueil inquiet. Fronçant les sourcils, elle croisa le regard turquoise de son élève, tandis qu'un grognement perça la toile silencieuse dans son dos.

"Attention !"

Son coeur manqua un battement, et se retournant d'une traite, elle n'eut le temps d'apercevoir qu'une ombre bondir au dessus d'elle, avant d'être projeté au sol, quelques mètres plus bas. Le choc fut rude et lui coupa le souffle un instant, alors que la masse importante de la bête l'écrasait contre le sable. Les crocs acérés se dévoilèrent devant son visage, et d'un coup de genou puissant dans le foie, elle réussit à faire reculer l'animal. Mais les pattes puissantes la maintenaient toujours immobile. La gueule du Styx approcha dangereusement et la jeune femme ne put qu’interposer son avant-bras protégé par une fine armure de cuir afin de sauver son visage. Son coeur battait de plus en plus vite et tournant rapidement la tête sur le côté, elle hurla à Thélador :

" Ton poignard ! Lance moi ton poignard ! Et reste à l'écart ! C'est un ordre ! " Ajouta-t-elle lorsqu'elle le vit s'élancer pour l'aider.

Stupéfait, il s’exécuta, l'arme s'enfonçant à quelques mètres de la tête de sa formatrice. Serrant les dents, elle sentit les crocs de la bête qui se débattait, traverser l'armure et atteindre sa chair. Se contorsionnant pour atteindre l'arme, elle échoua de quelques centimètres tandis que la gueule de l'animal se refermait sur son bras. L'adrénaline lui montait au cerveau, et instinctivement, elle saisit l'oreille de la bête entre ses dents et mordit jusqu'au sang. Le Styx couina, lâchant le membre de la jeune femme qui en profita pour se redresser avant de répliquer d'un coup de patte puissant, qu'elle ne pu éviter qu'à moitié. Les griffes eurent le temps d'entamer la peau et la brûlure sur sa joue et son cou la fit grimacer. Sonnée, elle se jetta sur le poignard, roula sur le dos, évita un nouveau coup de patte auquel elle répondit par une entaille dans le flanc qui raviva la fureur de l'animal. Dans un hurlement bestial, il la cloua au sol de nouveau et ferma avidemment la gueule sur l'épaule de la jeune femme. Un cri de douleur échappa de ses lèvres ensanglantées, tandis que ses yeux s'embuaient, à mesure qu'elle se vidait de son sang. Dans un dernier élan de survie, elle planta le poignard dans la nuque de la bête et tira de toute ses forces vers le bas, arrachant tendons et artères. Dans un souffle rauque, le Styx lâcha prise et s'écroula de tout son poids sur sa proie. Aussitôt, un silence de mort s'abattit de nouveau sur le désert. Essoufflée, Enaïa laissa son bras retomber au sol et ferma les yeux, la douleur lancinante de son épaule presque arrachée lui faisait perdre presque connaissance. Elle garda pourtant assez de lucidité pour tourner la tête vers son élève qui accourrait déjà vers elle.
Il repoussa la carcasse de l'animal, et aida sa formatrice à se redresser. Tremblante, Enaïa dû se faire violence pour rester debout. Un faible sourire étira ses lèvres rouges vif et elle souffla :

" Tu as réussi cette épreuve. Félicitations Thélador. "

Elle posa une main souillée de sable et de sang sur son épaule, et ignora la douleur autant qu'elle le put, son membre blessé pendant le long de son corps et sa joue la brûlant horriblement. Pourtant, aussi forte qu'elle avait pu le paraître jusqu'à maintenant, l’hémorragie de son épaule gauche et la blessure de son avant-bras du même côté l'épuisèrent bien trop vite. Un frisson lui traversa le corps, et ses jambes finirent par céder. Elle se sentit tomber, et attendit le choc du sol. Qui n'arriva pas. A la place, la chaleur des bras la maintenant lui prouvèrent qu'elle était encore en vie. Les yeux à demi fermés, elle regarda Thélador et murmura d'une voix presque inaudible :

" Merci. "

Elle se débattit contre les ténèbres qui tentaient de prendre possession de son esprit et garda conscience autant qu'elle le pu. La douleur finit pourtant par remporter la partie, et elle sombra dans l'ombre de l'inconscience.



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Posté dans Re: Qui se ressemble, s'assemble   - Jeu 27 Déc 2012 - 8:58

" Ton poignard ! Lance moi ton poignard ! Et reste à l'écart ! C'est un ordre ! "

Il n'avait pas fallu moins d'une demie seconde à l'apprenti pour se jeter à l'aide de son mentor, mais lorsque l'ordre lui parvint, il se figea sur place. L'indécision fut la première chose qui le fit hésiter, puis finalement, il lui envoya son arme tout en restant en retrait...

Jamais "rester à sa place" ne fut aussi difficile. Alors que l’angoisse lui serrait le coeur, le collier de la discipline se refermait sur son cou. Il lui aurait suffit de s'en défaire, d'outre passer l'ordre pour mettre fin à cette scène dont on le maintenait à l'unique rôle de spectateur, mais il ne pouvait pas.
Obéir, était son premier sermon, et il devait s'y tenir. Il lui fallait remettre sa confiance entre les mains de sa formatrice... Elle avait rejeté son aide, il n'avait pas à en connaitre les raisons, il n'avait qu'à obéir.

Cela n'avait rien de naturel. Il vivait le combat autant qu'elle sans pouvoir intervenir, et pire encore était qu'il avait sur lui de quoi en finir rapidement !
C'était à juste portée de main. Et lorsque la gueule de l'animal se referma sur l'épaule de la jeune femme pour lui arracher un cri de douleur, il cru la limite de sa discipline atteinte... Sa main se resserra sur son sabre alors que sur son visage transparaissait sa détresse. Qu'elle le libère de cet ordre stupide ! Pria-t-il. Un mot, un geste, qu'importe, mais qu'elle le laisse agir !
Seulement, il n'eut rien... Et chaque blessure qu'elle recevait, il lui semblait que lui même la recevait par procuration... Il avait mal pour elle. Il avait peur pour elle... Et quand le Styx poussa son dernier râle, il se jeta en avant, agrippa la fourrure le l'animal pour le rejeter d'un geste dont il ne perçu par la force tant l'inquiétude lui serrait le coeur.
Les mots lui manquaient alors qu'il l'aida à se relever, et qu'il la soutint au moment où elle manqua de s’effondrer. Et alors qu'elle le félicitait, il n'en fut en rien flatté, car il aurait préféré qu'elle ouvre les lèvres pour lui assurer que tout allait bien...
Mais tout n'allait pas bien, et l'odeur ferreuse du sang qu'elle perdait donnait presque à Thélador le tournis ! Le découragement le happa alors qu'elle lui glissa dans les bras évanouie...

-Maitre ?!. Lança-t-il d'un ton apeuré, et complètement désemparé alors qu'il réalisa qu'il se trouvait à présent seul, responsable de leur survie, à un endroit d'où il n'était même pas sûr de pouvoir rentrer sans se perdre !
Le coeur battant, il la déposa avec toute la délicatesse du monde au sol. C'est alors qu'il remarqua le sang... Elle en avait l'épaule recouverte. Quand à son visage, les griffes de l'animal l'avait durement atteint, et des lambeaux de peau pendaient lamentablement autour des profondes entailles qu'elles tracées.

*Par Ruyn !!*

Jura-t-il intérieurement se sentant dangereusement faiblir ... Il n'avait rien pour la soigner. Impossible même de faire un garrot, en vu de la position de la blessure. Il lui fallait de l'aide. Mais comment l'obtenir ? Ils étaient venus à pieds, sans vaisseau, ils n'avaient donc aucune radio à disposition.
Et quand bien même, il lui fallait absolument la déplacer... L'endroit était bien trop dangereux, et l'odeur du sang achèverait d'attirer les prédateurs !
Essayant de garder son calme le plus possible, ce qui n'avait rien d'être évident, il décida donc de la ramener au QG.
Un inspiration plus tard, il se pencha de nouveau sur elle, et c'est alors qu'il eut l'illumination ! -sans mauvais jeux de mot- car à la ceinture de Veilleuse pourpre, il découvrit une fusée de détresse. Bénissant sa prévoyance, et priant pour que cela marche, il actionna le mécanisme, et laissa la fusée éclabousser le ciel de sa lueur rougeoyante.

D'une main qu'il voulu confiance, il attrapa son blaster. Si cette fusée pouvait indiquer leur position à des amis, elle le pouvait aussi à des ennemis... Mieux valait le prévoir, sans trop y penser tout de même.

Les minutes qui s'écoulèrent, lui semblèrent plus longues que ses années déjà passé. Il n'avait de cesse de guetter l'horizon, tout en vérifiant régulièrement le pou de la jeune femme qui n'avait toujours pas reprit connaissance. Et enfin la libération vint. Un bruit de réacteur lui fit lever la tête, et il reconnu un vaisseau militaire d'un gabarit assez faible pour pouvoir se poser non loin d'eux.
Les portes s'ouvrirent, et il vit jaillir plusieurs de ses confères à sa rencontre. Chose surprenante qu'il ne remarqua pas tout de suite, fut que même le pilote sauta au sol pour se joindre à eux.


[color:ff32=orange]-Que c'est-il passé ?
Demanda-t-on à Thélador une fois que le groupe fut arrivé à sa hauteur. Cherchant à reprendre ses esprits, celui ci fit courir son regard légèrement incrédule sur les renforts .
Un moment ses lèvres s'ouvrirent, et se refermèrent, alors qu'il reculait pour leur laisser la place d'approcher la blessée.

-Répondez soldat !
S'impatienta l'un des nouveau venu. Le matroscien leva les yeux vers l'homme, et se heurta à son expression sévère, qui lui était à présent familière. Les mots, lui glissèrent alors des lèvres sans qu'il ne puise les retenir :

-C'est ... C'est de ma faute. J'ai manqué d'attention, et elle a dû s'interposer... Et le Styx l'a attaqué...

S'entendit-il mentir alors que le bouleversement le rendait plus que crédible. Puis, ne supportant plus le regard inquisiteur de Daeran Vara'da, Thélador se retourna vers ce qui semblait être le médecin.
Il avait l'impression que ses jambes allaient se dérober sous lui. Il venait à l'instant de mentir, sans qu'il ne puise véritablement comprendre pourquoi, et pire si il se sentait véritablement coupable de l'état dans lequel se trouvait sa formatrice, il eut l'impression de la trahir par ce mensonge.

Il sentit qu'on l'attrapait par les épaules pour le mener au vaisseau.

-On va s'occuper de la ramener au QG... Venez vous asseoir dans le vaisseau, vous êtes tout pâle soldat.

Lui conseilla une voix douce et féminine appartenant à la personne qui le guidait avec délicatesse.

-J'ai toujours étais pâle, je suis matrosicen, s'entendit-il répondre par habitude.

-Non, je veux dire ... Vous être vraiment très pâle. Précisa la jeune femme avec sourire presque navré.

-Ha... Comprit-il en se laissant prendre en main. Car de toute façon ses forces lui manquaient trop pour résister à la moindre proposition d'aide.


mp : J'arrête là, donc en gros on les embraque tous les deux pour un retour au QG ^^ Désolé pour les fautes, j'ai pas le courage de me relire XD

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Posté dans Re: Qui se ressemble, s'assemble   - Sam 29 Déc 2012 - 4:23

[ Retour au QG des Veilleurs Pourpres - Appartement d'Enaïa - Lendemain de l'exercice , début de soirée ]

La noirceur, les ténèbres, et la douleur. L'inconscient est un bien mauvais rêve, dont il semble impossible de se débattre et de s'échapper. Enaïa avait l'impression d'être une petite figurine dont se servent les enfants pour jouer; une figurine perdue au milieu d'un océan d'ombre et de souffrance, à la recherche de cette lumière dévoilant la sortie. La douleur était lancinante, brûlante et l'obligeait à rester enfermer dans ce cocon d'inconscience pour s'en préserver le plus possible. Pourtant, perdue dans ce monde d'esprit, elle savait qu'elle n'en mourait pas. Et bien que courageuse à souhait, elle aurait préféré se laisser glisser dans un lit de calme éternel plutôt que d'endurer encore une telle souffrance.

Et puis, des mains bienveillantes se sont posées sur elle. La chaleur des soins apportés calma son esprit embué par le mal et elle sentit que chaque plaies, chaque blessures étaient pansées avec précaution, par des doigts délicats. Une femme. Une odeur entêtante lui parvint à travers ses pensées; de plus en plus forte. Un mouvement de tête pour y échapper, mais une main plus ferme la maintient en place. On l'obligea à boire un breuvage sans nom, et son esprit s'en retrouva apaisé. Elle sentit son corps entier se détendre, tandis que la douleur disparaissait. La figurine s'effaça, petit à petit. Les ténèbres aussi. Et elle glissa dans un profond sommeil.

La voix d'un homme résonna dans l'appartement, et sonna le réveil de la jeune femme. Immobile, elle garda les yeux clos un long moment, reprenant ses esprits, remettant chaque parcelle de sa mémoire en place. Le Styx. Thélador. Sa blessure à l'épaule.

" Non, elle n'est pas encore réveillée. Je vous l'ai déjà dit il y a une heure, nous vous appellerons quand ce sera le cas. "

Les mots lui parvinrent et du les remettre dans l'ordre pour les déchiffrer. Des pas se rapprochèrent d'elle, et une main se posa sur son front.

" Vous êtes enfin revenue parmis nous Offier Vara'Da. "

Doucement, elle ouvrit les yeux pour découvrir le visage avenant de ce qu'elle reconnut comme étant la doctoresse du QG. Les brumes de son esprit se dissipèrent à mesure qu'elle s'éveillait. Soupirant, elle tenta de se redresser légérement et grimaça lorsque la douleur de son épaule la rappella à l'ordre. La soigneuse la mit en garde, et l'aida à s'asseoir confortablement contre un cousin, appuyé à la tête de lit.

" Combien de temps suis-je restée inconsciente ? "

Elle entendit vaguement la réponse, à mesure que ses yeux se posèrent sur la fenêtre de sonn appartement. Dehors, le soleil commençait déjà à décliner. Elle avait donc sombré durant une journée. La doctoresse déclara :

" Les soins ont été longs, nous avons été forcé de vous endormir , vous étiez très agitée. Votre épaule était en très mauvais état, heureusement, les nerfs principaux n'ont été que peu atteints et vous en retrouverez l'usage d'ici quelques semaines. La blessure de votre visage était assez profonde aussi, mais la cicatrisation ne devrait pas être très longue. Vous retrouverez votre joli minois en peu de temps. "

Instinctivement, Enaïa porta la main à sa joue. Ses doigts furent arrêter par le pansement, protégeant la blessure. Les griffes du Styx l'avait atteint près de l'oreille, allant jusqu'au menton et entamant le haut du cou. Elle avait eu de la chance. Perdue dans ses pensées, elle sursauta légèrement lorsque sa sauveuse reprit la parole :

" Votre élève, Thélador. Il semble s’inquiéter énormément. Il passe toutes les heures depuis que vous avez été rapatriée. Vous avez été bien courageuse de vous interposer entre lui et ce Styx"

Les pupilles ambrés de l'officier se dilatèrent légèrement sous la surprise, prenant le pas sur l'attendrissement qu'elle ressentit au fond d'elle. S'interposer ? Il n'avait jamais été question de cela.

" Faites le venir, je vous prie. "

La doctoresse acquiesça, et sortit de la chambre. Un nouveau soupir échappa à la jeune blessée, et elle s'enfonça dans ses cousins, fermant les yeux paisiblement. Thélador avait donc menti sur la situation ? Les légers coups contre la porte lui firent cesser toutes réflexions, et elle invita la personne à entrer. De nouveau, elle entendit les pas s'approcher d'elle, et lentement, elle ouvrit les yeux pour les poser sur son élève. Elle l'observa un moment, remontant le drap qui couvrait à moitié son buste vêtu seulement de bandages et finit par souffler :

" Je suis désolée. Que l'exercice ait prit cette tournure. Tu t'es très bien débrouillé. En revanche, j'ai du te décevoir. J'ai manqué de vigilance. Pardonne moi Thélador. "

Ses prunelles dorées continuèrent à le fixer un instant, avant de baisser la tête. Sa fierté en prenait un coup. Mais plus encore, elle avait eu terriblement peur qu'en cas d'échec de sa part, Thélador ne finisse dans le même état qu'elle. Elle s'en serait voulu. Énormément.



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Posté dans Re: Qui se ressemble, s'assemble   - Sam 29 Déc 2012 - 6:11

-... Et puis Garthon, c'est mit à voler, les yeux exorbités et le bras en moins en se prenant pour un draoma borgne.

Thélador, saisissant à la volé la phrase redressa la tête surpris.

-Hein ?! S'interrogea-t-il et regardant Salim. Celui ci s'étira, et leva les yeux au ciel ;

-Je savais bien, que tu écoutais pas un traître mot de ce que je te disais. Soupira le Korrulien avec lassitude.

Prit sur le fait, le Matroscien coubra l'échine et murmura un :

-Désolé, mais ...

-Tu es préoccupé, je sais. C'est toujours comme ça avec toi de toute façon. A croire que toute la misère du monde te colle au sabre ! Franchement le pâle, j't'aime bien, mais faudrait voir à arrêter de te prendre la tête pour un rien, et dramatiser au moindre truc qui va de travers. T'es vraiment pas drôle à tirer la tronche non stop !. Le coupa Salim visiblement excédé. Thélador haussa les sourcils et se leva.

-Je vois, dans ce cas je vais m'empresser de t'épargner mon ennuyante compagnie. Au revoir Salim.

Lança-t-il sans retenir la froideur de sa voix, alors qu'il s'en allait déjà laissant son ami stupéfait sur place.
Il poussa un long soupir et se passa la main sur les yeux. Il était fatigué... Il avait mal dormi, et les évènements de la veille le travaillait bien trop. Et surtout ce mensonge ! Pourquoi avait-il donc ressenti le besoin de "couvrir" la jeune femme devant son père ? A force d'y réfléchir, il avait fini par en trouver la raison, mais il était loin d'en être fier. Et maintenant, il ne pouvait pas revenir en arrière...
Marchant tout en traînant des pieds, il se demandait combien de temps allait-il devoir encore attendre pour qu'on lui annonce le réveil de son maître...
Deux heure, fut la réponse à cette question. Et il ne fit pas couleur une minute de plus pour se rendre à son chevet, le coeur balançant entre le soulagement et l’appréhension.
Il s'approcha avec réserve du lit, constatant qu'elle avait les yeux fermé, il craignait qu'elle se soit bel et bien rendormi... Mais la jeune femme était bien éveillée, et elle tourna les yeux vers elle. Apercevoir le bandage qui lui couvrait la joue fit courir un frisson désagréable sur l'échine de Thélador, mais il s’efforça de paraître le plus optimiste possible, et garda son sourire. Elle était encore faible... Il le devinait, mais essayait de ne pas s'en préoccuper. Au moins elle était vivante.
Sans qu'il n'ai le temps de réagir elle parlait déjà :
"Je suis désolée... En revanche, j'ai du te décevoir..."

Il ouvrit les yeux ronds, et ses lèvres s'ouvrirent plusieurs fois sans qu'il ne puise articuler le moindre son.

-Non ! Jamais ! Finit-il par lancer presque avec détresse.
Comment aurait-il pu imaginer qu'elle mettrait à ce point sa fierté de côté pour s'excuser ? Comment pouvait-il simplement imaginer qu'un officier supérieur s'excuse au près d'un soldat en formation ? Cela défiait ses plus fous espoirs, et il avait l'impression de recevoir un présent dont-il n'était pas digne.
Et pourtant, il savait bien qu'il avait au fond de lui une certaine déception... Pas qu'elle se soit fait blessé... Non, à vrai dire la seule chose que celui lui éveillait était la peur. Mais il y avait quelque chose d'autre qu'il n'avait pas comprit, qu'il n'avait pas aimé...

-Je veux dire ... je ne me permettrai pas... de...d'être déçu.

Tenta-t-il d'expliquer gauchement, détournant le regard à son tour, ravalant les reproches qu'il nourrissait véritablement.

-Vous êtes vivante, c'est l'essentiel...

Conclu-t-il en fronçant un sourire.








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Posté dans Re: Qui se ressemble, s'assemble   - Mar 1 Jan 2013 - 12:00

Les yeux rivés sur ses doigts égratignés, Enaïa fronça les sourcils en entendant Thélador chercher ses mots.

" Non ! Jamais ! je ne me permettrai pas... de...d'être déçu. "

Surprise, autant par les paroles qui lui parvirent que par la voix instable qui la prononça, la jeune femme releva les yeux vers son élève et le fixa un instant. Le sourire qu'il se força à composer laissa la formatrice perplexe, alors qu'il ajoutait que le plus important était qu'elle soit en vie. Certes. Mais quelque chose semblait ne pas aller. Ne le quittant pas des yeux, elle se redressa un peu plus contre les cousins, grimaçant au passage sous l'éclair de douleur que son épaule lui éveilla et se racla la gorge, l'esprit encore un peu embrumé.

" Tes pensées semblent contrariées Thélador. "

Elle tenta de croiser son regard d'azur qu'il s'apliquait à détourner. En vain. Elle commençait à connaître les grands traits de caractère qui correspondaient au jeune homme, et elle savait parfaitement qu'ouvrir son coeur , parler franchement et se libérer de ses pensées n'étaient pas choses aisées pour lui. Elle entrouvrit les lèvres, prête à rajouter quelque chose, mais fut interrompue par la doctoresse qui frappa rapidement et pénétra dans la pièce. S'excusant du dérangement, elle désigna à la blessée deux bolets dont le contenu peu avenant était à ingurgiter, et se pencha pour vérifier ses pansements. Ses doigts experts arrachèrent quelques grimaces et gémissements de douleur à l'officier lorsqu'elle analysa le bandage de l'épaule. Puis, satisfaite , elle se redressa, prévint Enaïa que les liquides médicamenteux risquaient de la faire sombrer dans le sommeil et quitta la pièce tout en lui souhaitant une bonne nuit.
De tout ce temps, la formatrice n'avait pas quitté une seule fois des yeux Thélador. Elle soupira et reprit, d'une voix calme et douce :

" J'ai appris que tu avais raconté que je m'étais interposée, entre toi et le Styx. Tout deux savons que c'est faux, et que c'est moi qui n'ais pas été assez rapide pour comprendre son attaque. Il est trop tard pour aller raconter la vérité, tu serais mal vu d'avoir proféré un mensonge pour protéger ton maître. Mais dis moi, Thélador, pourquoi as-tu raconté cela ? Cela a t-il un rapport avec cette tension que je sens en toi ? "

Ses prunelles dorées analysèrent son visage et le visage impénétrable , elle lui tendit la main en lui faisant signe de s'asseoir près d'elle. Une discussion était la chose idéale pour palier aux maux de l'esprit.



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Posté dans Re: Qui se ressemble, s'assemble   - Mar 1 Jan 2013 - 13:31

Etrangement, même si il avait passé sa journée à venir, maintenant qu'il avait l'autorisation de rester il n'aspirait qu'à filer. Il savait cette attitude lâche, mais ne pouvait pas réprimer le mal aise grandissant qui l'habitait... Il n'aimait pas ça.
Son regard dévia vers la porte alors qu'elle l'intimait à prendre place près d'elle. Il ravala un soupir, et sous la contrainte prit place doucement.

Son coeur cognait contre sa poitrine. Il avait l'impression de n'être qu'un gosse sur le point de se faire sermonner... Pourtant, il ne décelait pas de colère dans la voix de sa supérieure... C'était peut être là le pire ; Surement avait-elle assez confiance pour songer qu'il avait fait ça pour une bonne raison.

Il se passa la langue sur le coin des lèvres.

-C'est que j'ai pensé ... Votre père, était le pilote de l'engin qui est venu nous rapatrier, et je me suis dis ... que... J'ai pensé...


Une inspiration.

-Pourquoi m'avoir interdis d'intervenir ?

Demanda-t-il brusquement, d'un ton dont il n'avait pas réussit à ôter l'accent le reproche.
Il releva les yeux, et réalisant l’outrecuidance dont il venait de faire preuve, il chercha à adoucir ses propos ;

- A deux contre un le Styx n'aurait sûrement pas insisté... Les dommages auraient pu être moindres...
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Posté dans Re: Qui se ressemble, s'assemble   - Mar 1 Jan 2013 - 15:21

Le malaise de Thélador semblait de plus en plus grandissant, et finit par atteindre le coeur d'Enaïa. Elle n'avait aucune idée de ce qui le perturbait, mais pleine de bonne volonté et de reconnaissance, elle était prête à l'écouter et à le conseiller autant qu'il en aurait besoin. Pourtant, elle était loin de s'attendre aux paroles du jeune homme.

" Votre père, était le pilote de l'engin qui est venu nous rapatrier. Pourquoi m'avoir interdis d'intervenir ? "

Son coeur rata un battement, et ses yeux d'habitude si pétillants et lumineux s'éteignirent comme une torche sur laquelle on souffle. Le regard de Thélador lui apparu soudain lourd de reproche, tout comme sa voix, et elle baissa la tête, vaincu par un poids invisible. De la culpabilité ? De la honte ? La gêne qu'elle ressentait lui mordait les entrailles, et elle se sentit aussi vulnérable comme une enfant. D'ailleurs, son visage décomposé par la surprise et la tristesse évoquait plus, au même instant, celui d'un gamin qui a perdu son animal de compagnie, que celui du bras droit des Veilleurs Pourpres. Les mots disparaissaient les un à uns à mesure qu'elle les pensait et qu'elle voulait les dire. Mais que dire ? Comment avouer que même après tant d'années, même en étant une des plus haute gradée des Veilleurs, elle sente encore le besoin irrémédiable de prouver qu'elle était capable de se débrouiller sans l'aide d'un homme. Son père, son éducation et son machisme l'avait traumatisé. Et elle s'en sentait honteuse. Du bout des lèvres, le visage baissé et les doigts tripotant nerveusement son drap, elle réussit à balbutier :

" Je suis désolée. Vraiment désolée Thélador. Je pensais... j'étais sûre d'avoir le dessus. Mais j'ai manqué d'attention et je me suis laissée prendre par surprise... Je ne voulais pas t'impliquer.. et risquer que tu sois blessé. "

Elle s'interrompit, se mordant la lèvre en repensant à ce que le jeune homme lui avait dit. Son père était celui qui était venu les chercher lorsqu'elle était blessée.Une profonde irritation la fit frissonner, avant que la honte ne reprenne le dessus. A demi mot, elle reprit la parole, d'une voix tremblante, retenant les larmes qu'elle n'avait jamais laissé couler depuis qu'elle était entrée au QG en tant que Veilleur :

" Je n'ai pas besoin.. que l'on me protège face à mon père. Tu aurais ... dû dire la vérité. C'est de ma faute. Je suis terriblement désolée Thélador.. Je suis pitoyable. Ma réaction était dangereuse, j'ai honte... et j'ai encore plus honte maintenant, d'être dans cet état devant toi... "

Elle n'était pas invincible. Elle l'avait toujours su, son père lui avait fait très largement comprendre qu'elle restait avant tout une femme. Mais sa crédibilité en prenait un coup, et elle avait peur que son élève ne veuille plus d'elle comme maître, sa fierté d'être un soldat en prendrait un terrible coup. D'un soldat, à l'instant, elle n'avait plus rien. Ses cheveux détachés lui tombaient autour du visage dans une cascade d'ébène; sa carrure de femme, bien que finement musclé mis à nue et seulement recouverte d'un bandage et ses yeux avaient perdu la détermination que chacun pouvait y lire en temps normal. Elle avait simplement l'air d'une femme , perdue et honteuse. D'une enfant désespérée de ne pouvoir tirer un seul sourire de fierté à son père.



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Posté dans Re: Qui se ressemble, s'assemble   - Mer 2 Jan 2013 - 12:35

Voir le visage de son maître se décomposer de la sorte avait quelque chose d'horrifiant... C'était comme découvrir la face cachée d'un père qu'on a toujours adulé, ou apprendre que la vérité que l'on penser la plus absolue n'est en réalité qu'un mensonge à peine déguisé...

La matroscien sentit les fondations de son nouvel univers vaciller, alors que lentement le masque qu'Enaïa lui avait toujours montré se disloquait sous le coup d'une honte trop sincère. Il comprit que ses paroles avaient achevé d'abattre le reste des apparences, il regretta immédiatement de les avoir formulé.
Et alors qu'elle se répandait à outrance en excuse, il brûlait de lui demander de se taire. D'arrêter. Il pria pour que tout redevienne comme avant...

Mais la vérité ne s'oubli jamais lorsqu'elle se dévoile. Il la regarda, et pour la première fois, eut l'impression de la voir pour la première fois de sa vie. Elle était une femme, à peine plus agée que lui, aussi humaine que lui, écrasée par les responsabilités d'un poste exigent, et qui comme tous devait se débattre avec les pièges toujours plus vicieux que tendait l'existence... S'ajoutait à cela un passif dont il ne distinguait que des contours flous, mais dans lequels il pouvait lui même se reconnaître.

Ils étaient si semblable ... Et en les découvrant aussi vulnérable, il sentit ses reproches s'envoler comme une nuée de colombes...

Pourtant, les mots se bousculaient dans sa tête sans qu'il ne sache lesquels il lui fallait prononcer pour apporter son soutien à la jeune femme.
Il craignait heurter d'avantage l’orgueil de la jeune femme en lui glissant une parole de réconfort comme il en sortait parfois à Lalah. Il craignait creuser un fossé plus grand encore si il s'aventurait à la remettre en selle. Mais à la fois, il lui semblait important de dire quelque chose, de faire quelque chose pour lui prouver qu'elle ne s'était pas dévalorisé à ses yeux...

A si seulement il existait un moyen de lui monter ce qu'il voyait d'elle quand il la regardait !

Luttant contre le sentiment d'impuissance qui menaçait devant la situation dans lequel il se trouver, il se contraignit à ne pas fuir. Elle avait été là le jour de son humiliation et elle lui avait été si précieuse... Il se devait d'être là pour elle aussi.

-Inutile de vous excusez, je vous ai déjà pardonné.

Commença-t-il.

-Et il est vrai, vous n'avez nullement besoin de mon mensonge pour vous protéger aux yeux de votre père. Mais peut être que votre père lui en a besoin pour se protéger de moi... Peut être que je n'aurais pas aimer qu'il vous dévalorise devant moi une nouvelle fois. Peut être suis-je de ceux qui n'aime pas qu'on s'en prenne et que l'on dévalorise les gens pour lesquels j'ai beaucoup d'estime...

Continua-t-il en laissa un moment sa phrase en suspend, puis il reprit :

-Je me permet de vous le souligner, parce que il me semble vous avoir distinctement entendu dire de mon maître qu'elle était pitoyable, et qu'il me chagrinerait de frapper quelqu'un déjà blessé.

Conclu-t-il en haussant un sourcil d'un air provocateur, comme pour la défier d'ajouter un seul mot qui puissent la dévaloriser d'avantage.
D'un même coup, il laissa le coin de se relever dans un demi sourire amusé. Peut être Salim avait-il raison... Pourquoi toujours dramatiser les choses ? Ils étaient vivants tous les deux. Ils auraient tout le loisir de réfléchir sur ces évènements et en tirer les conclusions qui les feraient avancer, alors pourquoi s'alourdir l'esprit de remords et de "et si" ?




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Posté dans Re: Qui se ressemble, s'assemble   - Sam 5 Jan 2013 - 4:10

La culpabilité et la honte ne finissaient pas de s'engouffrer dans le coeur de la jeune homme. Sa blessure à l'épaule était douloureuse, mais la souffrance qu'elle ressentait n'était pas comparable à celle de son esprit. Qu'elle idiote elle avait été. Si elle n'avait pas manqué d'attention à un moment aussi crucial, si elle avait bien voulu mettre sa fichue fierté de côté pour que Thélador vienne l'aider, elle n'en serait pas là. Elle serait en train de féliciter son élève de sa réactivité et de l'emmener sur un autre exercice. Au lieu de ça, elle était alitée, une épaule à moitié paralysée, et l'esprit plongé dans les ténèbres des remords.

Pourtant, d'autres mots, sortis de la même bouche que les paroles précédentes qui avaient terminé de l'atterrer, vinrent la sauver des larmes qui menaçaient de couler. D'un air confiant et presque sévère, Thélador l'informa qu'il lui avait déjà pardonné, et que son mensonge , s'il n'était nullement au service de sa formatrice, l'était pour lui, puisqu'il n'appréciait pas les personnes dont le plaisir était d'en humilier d'autres pour qui il avait de l'estime. Et il ajouta, que de ce fait, elle devrait se méfier de ce qu'elle disait en tant que maître.

Pardonner ? De l'estime ? Pour elle ? Ce fut comme une courant d'air de soulagement qui allégea le coeur d'Enaïa. Relevant la tête, elle posa un regard brillant de larmes retenues sur le matroscien et souffla instinctivement :

" Tu ne m'en veux pas, vraiment ? Tu... me souhaites toujours en tant que formatrice ? "

Autant de doutes dans une même phrase était loin d'être habituel à la jeune femme, mais se voir aussi facilement discréditer à cause d'une innatention lui avait fait l'effet d'un coup de poignard dans le coeur. Elle qui avait toujours tout fait pour atteindre la perfection, dans le but de prouver qu'une femme pouvait réussir à égaler n'importe quel homme. Voilà qu'elle était blessée et que sa confiance pourtant bien ancrée en prenait un sacré coup. Il fallait pourtant se rendre à l'évidence, qu'elle soit une haut gradée n'excluait pas les erreurs. Elle était humaine après tout.

" Frappe donc pour voir, je suis certaine que je parviendrai à te parer, même dans mon état. "

Finit-elle par lâcher, tentant de s'approprier le peu d'assurance qu'il lui restait. A l'instar de Thélador, ses lèvres esquissèrent un fin sourire, peu certain, mais le geste était là, et ses yeux se fixèrent dans ceux, bleus, de son élève. Les regards valant mieux que des mots dans ces moments-là, elle pria Ruyn pour qu'il reçoive les remerciements qu'elle lui formulait inconsciemment. En toutes circonstances, et même face à sa formatrice se battant contre un Styx, il avait été un élève obéissant, valeureux et humble. Il lui restait encore du chemin, dans l'art des armes, mais son mental été déjà celui d'un vrai soldat. Et de cela, Enaïa, même agonisante, ne pourrait jamais s'en défaire la fierté et la joie.



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Posté dans Re: Qui se ressemble, s'assemble   - Dim 13 Jan 2013 - 13:31

Il ignorait sincèrement si ce qu'il venait de dire lui était autorisé comme simple apprenti, mais il ne le regrettait pas.Car quoi qu'en fusse la réaction de sa formatrice, il sentait l'importance que représenter le sens de ses mots et le fait de les avoir prononcé.

C'est avec un certain soulagement qu'il vit le regard d'Enaïa reprendre de l'éclat bien qu'encore, elle semblait comme ces enfants qui doutent des dires de leurs parents après une cuisante déception.
Se défaire d'elle comme formatrice ? L'idée ne lui avait même pas traversé l'esprit... Mais il étudia l'option ...
Il songea aux nombreuses fois où on l'avait lui même repoussé alors qu'il avait déçu. Il songea à la façon dont Azeor, son cousin, l'avait réduit à un membre " lâche et sans intérêt" de la famille, il songea à la façon dont son père l'avait désigné comme "pourri", il songea à ces gens qui l'avaient repoussé, et au mal qu'il en avait ressenti.
Non assurément, cette femme ne méritait pas un tel exil ! Et jamais il ne lui imposerait ce sort... Dès leur deuxième rencontre, il lui avait donné sa fidélité, mais aujourd'hui seulement il se rendait compte du profond enracinement de son engagement vis à vis d'elle.

*Je mourrais pour vous...*

Réalisa-t-il sans pouvoir pour autant le prononcer. Et alors qu'elle lui lancer le défis de porter la main sur lui, le visage du matroscien s'éclaira d'un sourire presque attendri. Sans qu'il n'y prenne garde, sa main s'en alla couvrir celle de sa formatrice, et le temps d'une simple pression, presque timide il lui fit comprendre combien il était soulager de la retrouver ;

-Je n'en doute pas une seule seconde ... Glissa-t-il dans le souffle d'un murmure sincère, avant doter sa main .
Puis un silence s'étira entre eux, et craignant que le mal aise ne les gagne, il proposa :

-Peut être devrais-je vous laisser vous reposer à présent...
Mais il n'avait pas fait le moindre geste dans ce sens, il attendait qu'elle le congédie, mais resterait si elle désirait davantage profiter de sa compagnie.

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Posté dans Re: Qui se ressemble, s'assemble   - Sam 19 Jan 2013 - 4:06

Le sourire, et le contact de sa main avec celle de Thélador troublèrent légèrement l'esprit de la jeune alitée. Jamais auparavant, on ne lui avait sourit avec autant de gentillesse. Jamais on ne lui avait prit la main pour la réconforter et lui montrer qu'elle n'était pas seule. Et dans son état de faiblesse actuelle, elle manqua de se laisser aller et de pleurer de joie. Thélador était avant tout son élève, mais elle en était sûre, elle avait trouvé en lui, une sorte d'ami.

Aussi, quand il déclara qu'il serait peut-être temps de la laisser se reposer, Enaïa marqua un temps d'arrêt et grimaça. Il ne bougeait pas, attendant simplement un mot d'elle pour partir. Un mot qu'elle ne prononça pas. Au contraire, sa main se leva, ses doigts se tendirent, et effleurant ceux du jeune homme, elle lui fit signe de s'asseoir. Lentement, elle posa son regard doré sur son visage blanc et souffla :

" J'aimerai que tu restes avec moi. "

Lui offrant un sourire bienveillant, elle tapota le bord du lit près d'elle pour l'inviter à rester. Sans se douter que sa phrase pouvait être quelque peu gênante, si interprétée à la manière d'un homme. Mais elle se contenta de lui sourire, se redressant doucement sur ses multiples coussins, et reprit, d'une voix murmurante :

" Si tu me tiens compagnie un peu plus longtemps, mon père ne viendra pas me voir. Et, je pense que... c'est préférable. "

Elle grimaça légèrement, et passa sa main valide dans ses cheveux, dans un signe de nervosité. Elle se doutait que Thélador comprendrait sa gêne, et s'en sentit rassurée. Après tout, ils semblaient avec énormément de points communs, propre à leur côté "paternel".

" Peut-être te poses-tu quelques questions. Je ne t'ai jamais parlé de mon père. Tu dois sûrement comprendre pourquoi... Nous ne sommes pas si différents après tout... "

Ses mots étaient sortis dans un souffle, sans qu'elle ne sache vraiment si elle aurait du les prononcer ou non. Ses yeux ambrés se posèrent à nouveau sur le visage de Thélador. Elle était presque honteuse d'entamer un sujet aussi sensible. Sensible pour chacun d'eux. Mais peut-être que le faut d'en parler, les en guérirait.



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Posté dans Re: Qui se ressemble, s'assemble   - Sam 19 Jan 2013 - 6:20

" J'aimerai que tu restes avec moi. "
La demande le surpris de la plus agréable des manières. Plus qu'il ne se l'avoua, il était touché qu'elle réclame sa présence... Et même si le prétexte était celui d'éloigner son père, plus que celui de profiter simplement de sa compagnie, il ne pouvait rester totalement insensible à cette requête.

Ainsi prit-il place à côté d'elle, un léger sourire flottant sur le coin des lèvres. Il attendit, docile qu'elle leur choisisse un sujet de conversation. Et c'est presque sans surprise qu'il la vit aborder le sujet de leur douleur commune...

-C'est vrai ... Je m'en pose. Avoua-t-il avec précaution. D'aucune manière, il voulait paraître indiscret, et il devinait dans le regard de sa supérieur qu'elle même avait dû mal à aborder le sujet. Peut être même n'en avait elle jamais parlé... Comme lui qui avait gardé le secret pendant presque 11 ans ...
Aujourd'hui encore, il ignorait si il avait fait là un bon choix. Mais à y regarder, avec qui aurait-il pu en parler ?
Lalah... Lalah était la seule à savoir... Elle était détentrice de son secret sans pouvoir le comprendre vraiment ... Etait-il soulagé de lui en avoir parlé ? Peut être l'aurait-il véritablement était si les choses avaient ensuite évoluées de façon différentes. Il ravala un soupir, et se concentra sur sa supérieure.

-Est-il aussi ... Violent ? Demanda-t-il hésitant. C'était une question qui lui était venue presque immédiatement en tête, et qui le travaillait. Le père d'Enaïa partageait-il le plaisir malsain de Viktor pour l'humiliation sous toute ses formes ?
Il avait toujours cru, d'une façon où d'une autre mériter les coups de colères de son père. Car il avait mal fait les choses, où qu'il l'avait blessé... Mais se pouvait-il qu'un père, malgré des liens de sang, puise prendre plaisir à frapper ses enfants ? A les humilier ? Sans raison ?
L'amour paternel, pouvait-il être vraiment inexistant ? Et si ce n'était pas le cas, pourquoi alors ... Pourquoi ce plaisir de l'humiliation ?
Enaïa, n'était sûrement pas le genre d'enfant méritant un tel traitement ...



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Posté dans Re: Qui se ressemble, s'assemble   - Mer 23 Jan 2013 - 5:41

Le sujet était lancé. La douleur ravivée. Mais en parler ne leur ferait que du bien. Les mots leur permettraient sûrement d'évacuer tout ce qu'il n'avait jamais pu dire, ou faire comprendre. Oui. Car qui aurait compris la douleur d'être humilié quotidiennement par son père? La douleur de se sentir indésirable et de ne représenter qu'un être étranger aux yeux de celui dont le même sang coulait dans les veines. Comprendre était une chose, en percevoir la véritable douleur en était une autre. Et depuis qu'elle était en âge de comprendre que son père ne voyait en elle, qu'une fille indésirée, Enaïa n'avait jamais trouvé à qui en parler. Thélador était la première personne. L'unique à avoir compris la souffrance de la jeune femme. Car la sienne était similaire. Bien sûr , ses collègues s'étaient rendu compte que les relations entre le père et la fille étaient tendues. Mais qui aurait pu imaginer que la haine nourrissait presque complètement son regard. Thélador , lui, l'avait vu, et ressenti.

Aussi, quand, d'un air hésitant, il posa sa première question, ce n'est pas un regard de pitié comme l'aurait fait le commun des mortels incultes de cette douleur que posa Enaïa sur le visage du jeune homme; mais un regard compréhensif et affectueux. Secouant la tête doucement dans un signe de négation, elle inspira lentement et répondit :

" Non. Il n'a jamais levé la main sur moi. Je suis une femme avant tout à ses yeux. Et on ne frappe pas les femmes. Car ce sont des êtres faibles. "

Elle ne put s'empêcher de laisser échapper un petit rire nerveux à cette pensée bien misogyne. Mais après tout, c'est ce qu'était son père. Lentement, elle reprit :

" Ses humiliations à mon égard passaient par ses entraînements. Il était mon formateur en tant que Veilleur Pourpre. Je me demande d'ailleurs toujours si entraîner ses propres enfants et autorisés... Quoi qu'il en soit, il l'a fait. Ses exercices étaient insurmontables, et l'humiliation qui suivait si j'échouais , était pire que n'importe quelle morsure de Styx. Son but était de me pousser à bout. Et il n'était pas rare que le soir, je rentre inconsciente raccompagnée par un officier pris en peine. "

Elle soupira longuement à la fin de ses mots, et reposa son regard brillant sur son élève. Peut-être devrait-elle lui parler de son frère aîné, mort, et de son cadet, mort-né. Peut-être cela la déculpabiliserait de parler ainsi de la méchanceté de l'homme qui était son père. Peut-être cela donnerait une excuse valable au sadisme de son géniteur. Mais elle préféra se taire. Il ne le méritait pas, il ne méritait pas qu'on daigne vouloir gommer ses fautes et ses crimes.

" Et toi Thélador ? A-t-il toujours été comme j'ai pu le voir durant le Festival ? "

Demanda t-elle d'une voix douce, tout en posant une main compréhensive sur celle du jeune homme. Si c'était le cas, alors elle s'en voudrait énormément de pas avoir pu intervenir plus tôt pour le sauver des griffes d'un père vicieux, car sans aucun doute, Thélador était un homme qui méritait tout, sauf de subir telle humiliation de la part d'un père.



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Posté dans Re: Qui se ressemble, s'assemble   - Lun 28 Jan 2013 - 13:45

C'est avec une attention toute particulière que Thélador prêta l'oreille à la réponse d'Enaïa. Et en l'écoutant il réalisa à quel point Korrul l'avait changé...
Car à Matroos, son pays natal, il n'aurait pas été choqué du machisme évident de Daeran... Bien au contraire, il l'aurait trouvé plus naturel que jamais. Que la femme soit un être plus "faible" que l'homme, était une notion qu'il avait toujours paru "normal" là bas...

Mais il était arrivé à Korrul, et bien que fils, homme et aîné, il était passé derrière Lalah dans toutes les closes de l'héritage ... Femme, et cadette, sa demi soeur hériterait quand même du domaine, et il n'avait jamais eut mot à dire à ce propos.
Son manque évident d'ambition ne l'avait pas faire réagir à cette " étrangeté". Il n'avait jamais convoité les biens des Desnolancès, l'élevage des Draomas restant pour lui trop exotique. Et, même, il s'était réjouit qu'on ne lui en donne qu'une faible part des responsabilité !
Et lentement, le temps avait fait son office sur ses préjugés. Comme il avait fini par comprendre que la culture Korrulienne était au moins aussi riche que celle Matroscienne, il avait compris que les femmes possédaient des ressources bien supérieures à celles qu'on lui avait exposée... Si surpris il l'avait été en constatant qu'une femme pouvait atteindre un tel rang dans le domaine militaire, il ne doutait en rien qu'elle ne le méritait plus que n'importe quel homme.

C'est en sentant la révolte qui lui serra le coeur en écoutant l'histoire de la jeune femme, qu'il comprit qu'en lui Korrul avait définitivement changé certains de ses plus profonds fondements.
Il aurait voulu trouver une justification pour le comportement du vieux veilleur... Mais malgré toute sa volonté, il n'y arriva pas. Non à ces yeux, Enaïa, toute femme qu'elle était, n'aurait jamais dû subir une éducation aussi dur ! Aucun parent ne devrait agir comme l'avait fait son père avec elle !

Fugace il se fit la promesse que jamais il n'imposerait un tel mépris à sa fille. Puis, il se rappela que son droit de paternité n'était plus ici. Que jamais il n'aurait de fille qu'il ferait sauter sur ses genoux, a qui il pourrait apprendre à monter à dos de Draoma, ou même surveiller alors qu'un garçon lui tournerait un peu trop autour...

Sa gorge se serra et il dégluti avec difficulté. Heureusement Enaïa l'avait interrogé juste à ce moment là et il pourrait faire passer son mal aise comme résultant de cette interrogation.
Il laissa un temps s'écouler avant de répondre presque incertain ;

-Oui etNon ... A vrai dire, mon père restait souvent à la caserne... D'aussi loin que je me souvienne, il m'a toujours terrorisé autant que qu'il m'inspirait de l'admiration. J'étais son seul fils, alors naturellement, il m'imposait de lourdes responsabilités. Il avait toujours de grand projet pour moi, et je n'aspirais qu'à le satisfaire.
Mais plus je grandissais, et plus il se faisait distant. Il a toujours était très ... Lunatique. Et quand je le décevais, ses colères le rendait ... Terrifiant. Pourtant rares ont été les fois où ses coups m'ont blessé sérieusement. Il lui arrivait plus souvent de me secouer, et de me faire comprendre qu'il pouvait me briser la nuque d'une simple pression. Une fois seulement sa colère m'a plongé dans l'inconscient, et c'est ma nourrice qui a mentit à ma mère en disant que j'étais tombé sur la tête ...
A l'époque je pensais qu'elle avait fait ça pour protèger mon honneur aux yeux de ma mère, aujourd'hui je vois la chose sous un autre angle.
Mais ... J'étais son seul héritier, et sûrement cela m'a-t-il épargné durant nos rares entre-vues. Cependant j'avais compris qu'il aspirait à un autre fils. Avec plus de caractère, de prestance je suppose... Alors je redoublais d'applications, mais il ne me félicitait plus et ne se gênait pas pour me faire comprendre que je ne lui arriverais jamais à la cheville. Et quand il y eu cette histoire de dette de sang ... Là tout à véritablement basculé. Quand mon oncle nous a jeté dehors en exigeant que je sois celui qui paye la dette, à la place de ma cousine car il jugeait mon père responsable de notre déshonneur, notre vie à tous est devenu un véritable calvaire... Je craignais même de me retrouver dans la même pièce que lui.
Il détestait les korruliens... Ou plutôt, les méprisait... A un point même, ou parfois il m'arrive de me sentir honteux en songeant à toutes les idées que j'avais en tête en arrivant ici...
Il a commençé à boire, et quelque heure avant que je parte, il était à moitié ivre et m'a dit qu'il devrait"me tuer plutôt que de me laisser partir chez les sauvages", et qu'il préférait que je doive mourir plutôt que je devienne plus attardé que je ne l'étais déjà ... En y repensant, peut être que c'était là sa plus grande déclaration d'amour à mon égard, mais à l'époque je l'avais juste mit sur le compte de l'alcool... J'avais alors la crédulité de penser que la situation se rétablirais rapidement, et que je pourrais rentrer chez moi ... Que je pourrais encore le rendre fière. C'était pur chimère, je m'en rend compte aujourd'hui. J'aurais dû comprendre qu'il m'avait enterré depuis longtemps alors que cela faisait déjà des année que seule ma mère m'écrivait. Aller à sa rencontre le jour du festival était suicidaire, mais cela ne m'a paru si évident sur le moment. J'imaginais je pense qu'il serait content de voir qu'en grandissant je m'étais mit à lui ressembler physiquement... Enfin je ne sais pas trop ... Je ne sais pas ce qui m'a prit ce jour là.


Expliqua-t-il vaguement, cherchant en lui les raisons de ses gestes, comme les parcelles de son histoire qui pouvait expliquer le geste de son géniteur.

-Je suppose que son rôle de tortionnaire au sain de l'armée ne l'a pas beaucoup plus aidé... Peut être même cela à renforcé sa croyance qu'on peut tout obtenir par la force ... Mais je suppose que ces choses là ne me regarde plus. Voilà déjà quelques années que même mes échanges avec ma mère se sont raréfiés. Cette famille n'est plus la mienne...

Acheva-t-il le regard plongé dans le vague. Les mots prononcés eurent alors un effet aussi libérateur que destructeur. C'était comme ôter un couteau d'une plaie : la gêne de la lame disparaît, mais la plaie laisse le sang couler à flot.
D'un geste qu'il voulait désinvolte, il se frotta l'arrête du nez, cherchant en réalité à retenir ses larmes.

-J'espère ne pas vous paraître trop inhumain par ce discours... J'aime ma famille. J'ai conscience de ne jamais pouvoir véritablement me détacher d'eux... Mais d'autre part je sais être devenu quelqu'un qui ne saurait les contenter. J'ai appris trop de chose à Korrul pour redevenir le Matroscien qu'ils espéraient me voir devenir. Peut être est-ce lâcheté de me dissimuler derrière cette frontière, là où ils patauge dans le déshonneur que je devais racheter... Mais quoique je fasse, j'ai l'impression de pouvoir en apporter plus au monde qu'ici. Sous vos ordres.

Conclu-t-il, surpris lui même de voir à quel point il avait ouvert sa coquille aux yeux de la jeune femme. Il lui fit un sourire bancale mais non moins sincère.

-Et vous, n'avez vous jamais voulu faire autre chose que ce que votre père vous demandait de faire ? N'avez vous pas souhaiter une autre vie que celle de veilleur ?





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Posté dans Re: Qui se ressemble, s'assemble   - Dim 3 Fév 2013 - 9:10

De la même manière qu'il l'avait écouté avec toute son attention, Enaïa pencha toute la concentration dont elle était possible vers le récit que Thélador débutait. Sans bouger, malgré la douleur de son épaule qu'elle ne sentait plus tellement elle était absorbée, elle constata à quel point leur deux pères étaient à la fois si différents et si semblables. Un matroscien et un korrulien. Un fils et une fille. Mais le même désir d'humilier et d'oublier. La violence d'un côté, le mépris de l'autre.

Avec dégoût, elle avala le fait que le père de Thélador haïssait les korruliens, au point de les surnommer comme étant des sauvages. Silencieuse et impassible, elle se promit que s'il elle revoyait cet homme devant elle, elle s'arrangerait pour qu'il goûte du caractère de ces sois-disants animaux du désert. Et elle en profiterait, pour lui faire payer tout ce qu'il avait fait subir à Thélador. Aucune enfant, aucun fils, aucune fille, ne devraient subir un tel traitement de la part d'un père. Qu'importe qu'un rôle dans l'armée le rende dur, froid, ou autre. Qu'importe qu'il ait une troupe à diriger, des hommes à commander. Qu'importe qu'il n'ait plus de femme pour l'aimer. Ruyn et Vama, qu'ils soient des dieux aussi différents l'un de l'autre, ne devraient pas laisser faire ça.

Le silence reprit ses droits dans la chambre, et Enaïa redressa les yeux, pour les fixer sur le visage de son élève. Ses yeux brillaient, mais la retenue et la distance dont il avait toujours fait preuve jusqu'ici semblaient avoir disparu. Pour la première fois, la jeune femme l'avait entendu parler de lui, véritablement, et sans secret. Et, lui rendant un doux sourire, elle murmura de sa voix calme et chantante :

" Nous aimons tous notre famille. Quoi qu'elle nous fasse subir. Elle reste notre sang. Nous pouvons nous en éloigner, mais jamais, nous ne pourrons l'oublier. Je ne peux te trouver inhumain de dire ça, puisque moi-même, avec toute la souffrance vécue à cause d'elle, je me suis trouvée une nouvelle famille. "

D'un geste ample de sa main valide, elle désigna les alentours et reprit :

" Les Veilleurs, quoi que tous plus différents les uns que les autres, ont pallié à la solitude d'une famille méprisante. Tous, sont mes frères, mes soeurs et je sais que je peux compter sur eux à n'importe quel moment. Le sang ne nous lie pas. Mais l'honneur est bien plus fort. Et tu verras, qu'à ton tour, tu t'y sentiras vraiment comme si tu y étais né. Et je ferais en sorte, que sous mes ordres, tu t'y sentes encore mieux. "

Elle réajusta son sourire, plus large et bienveillant, avant de froncer les sourcils, suite à la question de Thélador. Sa réponse engendrerait obligatoirement le fait de parler de ses frères. Elle ne l'avait jamais fait auparavant. Du moins, pas à une personne lambada. Mais après tout, le jeune homme n'était plus un inconnu. Il lui avait livré sa vie, sans se poser de question. Elle devait lui rendre la pareil. Elle devait honorer la confiance qu'elle lui portait. Alors, d'une voix instable et peu confiante, elle commença :

" Depuis toute petite, je rêvais de faire partie des Veilleurs. Ma famille, les Vara'Da, est une longue et puissante lignée de soldats. Tous les hommes , pères, frères, cousins, entrent dans l'ordre de Ruyn. Néanmoins, la génération de mon père fut peu productive. Son frère eut deux filles et un fils, mon cousin, actuellement en mission sur l'Ile blanche.
Mes parents, quant à eux, donnèrent naissance à un premier fils. Mon frère aîné. "
Elle s'interrompit un instant, déglutissant difficilement et sans lever les yeux, reprit :
" Il était mon modèle, et il me donna le goût du combat et de l'honneur de servir notre pays. Mon père était sans cesse avec lui, l'entraînant et en faisant un parfait soldat. Il ne s'occupait guère de moi, n'étant que sa fille, qu'il marierait plus tard à un autre soldat. A l'époque, il m'acceptait volontiers dans la famille, puisque mon frère était là pour l'honneur. Il me donnait même quelques cours d'armes, et me confiait de petites missions à travers la ville. Et ma mère est tombée de nouveau enceinte. Le médecin avait prédit un fils, ce qui enchanta mon père. Pourtant, la grossesse se passa mal, et ma mère finit par mourir avant l'enfantement, ainsi que son bébé, qui était en effet un garçon. J'ai vu pour la première fois, mon père pleurer.
Mon frère, à ce moment là, était soldat depuis un petit moment et ne rentrait que très peu à la maison. Et quelques mois après le décès de ma mère et de son fils, mon aîné fut retrouver égorgé dans le désert. Les Forbans sans nul doute. A partir de cet instant, la rancoeur de mon père à mon égard débuta. D'une part car je ressemblais trop à ma mère, son épouse bien aimée qu'il avait perdu, et d'autre part, car j'étais sa fille restante, la seule parmi les deux fils qu'ils avaient tant chéri. Il me répétait sans cesse que j'aurai du être celle qui devait disparaître. Mais comme ce n'était pas le cas, il décida de se venger autrement. Puisque je tenais tant à faire partie des Veilleurs Pourpres, il me prit comme élève afin de m'entraîner en tant que soldat , et sa colère se déversa dans les exercices qu'il me faisaient faire, comme je te l'ai expliqué... "


La voix tremblante d'émotion, et peut-être d'avoir trop parlé aussi, Enaïa termina enfin son récit et soupira doucement. Les souvenirs lui martelaient le crâne, et sentant les larmes monter, elle ferma les yeux , le visage baissé, et inspira doucement. Elle ne souhaitait sa vie d'avant à personne.



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Posté dans Re: Qui se ressemble, s'assemble   - Mar 5 Fév 2013 - 11:15

Thélador n'eut pas la moindre idée de la promesse qu'Enaïa formulait silencieusement, alors qu'il lui comptait son histoire. Pas un instant, la perspective qu'elle puise désirer le venger de son père ne l'effleura. Peut être avait-il oublié qu'il pouvait exister des gens désireux de le protéger... Peut être avait il vécu trop longtemps tourné vers lui même pour s'ouvrir à ce genre de pensée ...

Aujourd'hui pourtant, il sentait cet univers là basculer. Ouvrir son histoire, la dévoiler enfin, fut comme une délivrance étrange... Il s'en sentait plus léger. Plus ... Libre.

La culpabilité se fit fugacement sentir. Les Desnolancès lui avaient reprochés tellement de fois de ne pas agir envers eux comme un membre officiel de leur famille, et le voilà qui se prenait à souhaiter plus fort que tout d'appartenir à celle des veilleurs ! N'avait-il aucune reconnaissance pour ces années d'éducations à leur côté ?

*C'est différent ...*

Chercha-t-il à se justifier, sans arriver en formuler plus. Et puisque son Maitre s'était mise à s'ouvrir à son tour, il rejeta la préoccupation, et lui offrir son attention.

Lorsqu'elle eut fini de parler, l'estomac de Thélador lui semblait douloureusement lourd. Il se retenait d'afficher l'expression du profond choc qu'il venait de ressentir en découvrant les détour de cette morbide histoire, et sentit sa gorge se nouer à un point telle qu'elle lui était devenue douloureuse.
Par un effort de volonté, il parvint à déglutir.
A l’instar des épargnés, il ressentait comme une impression honteuse d'avoir vécu une vie si simple qu'il avait cru jusque là complexe...

-Je suis désolé. Parvins-t-il à formuler, d'une voix si sincèrement bouleversée qu'il eut peine à la reconnaître.

-Je veux dire ... Pour votre mère et vos frères ... Si j'avais imaginé j'aurais ... Enfin...

Tenta-t-il de s'exprimer, mais sans y parvenir. Les mots lui venaient, mais leur sens lui semblait inapproprié à la situation. Comme clef ronde pour une serrure carrée...

-Je ne voulais pas me montrer indiscret. Eluda-t-il, alors que la vérité peinée encore à se faire dans son esprit. Pouvait-t-on vraiment se remettre de ça ? Comment ?! Comment porter le fardeau d'un tel passé, et parvenir à s'en redresser sans s'y briser l'âme pour de bon ?

-Je crois comprendre pourquoi vous m'avez dit lors de notre première rencontre, que se relever était le plus dur, mais cela forgeait un caractère apte à nous faire progresser... Je n'avais jamais vraiment imaginé le prix que vous aviez dû payer pour une telle sagesse...

Murmura-t-il humblement en détournant le regard. Il savait inutile d'essayer de la consoler sans s’empêtrer dans un discours creux, fait de grands principes auxquels il ne connaissait rien... Elle avait vécu et survécu à son histoire, et en avait tiré plus de force qu'il ne saurait lui prodiguer par ses mots de réconfort.







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Posté dans Re: Qui se ressemble, s'assemble   - Dim 10 Fév 2013 - 7:06

Le silence ne resta pas roi longtemps, après qu'Enaïa eut terminée son récit. Quelques secondes, longues et silencieuses s'écoulèrent, avant que la voix touchée de Thélador ne prenne le pas. Il s'excusa. De quoi ? De se montrer indiscret d'après lui. Mais il n'y avait rien de déplacé dans l'échange qu'ils avaient eu. Chacun d'eux s'étaient dévoilés et avaient parlé librement, conscients qu'ils découvraient là leurs plaies les plus profondes et les plus douloureuses.

Retenant les larmes à ses yeux d'un frottement de la main, et d'un petit reniflement, la jeune femme redressa la tête pour poser son regard doré et humide comme le soleil couchant, sur le visage de son élève. D'un fin sourire, elle le rassura et souffla :

" Comment te serais-tu montrer indiscret puisque c'est moi qui ai choisi de te raconter mon histoire ? "

D'un geste bienveillant, elle tapota le dos de la main du jeune homme, qu'elle tenait toujours dans la sienne. Les paroles qu'il prononça en plus lui firent hausser les sourcils de surprise. Et un frisson agréable et rassuré lui parcourut le corps. Elle sentit même ses joues se colorées légèrement. Heureusement, Thélador avait détourné le regard. De la sagesse ? Elle ? Elle qui faisait tout pour réussir, donner pour les korruliens et risquer sa vie pour eux; était-ce donc ainsi qu'on la voyait ? Si tel était le cas, alors toutes ses années de douleur et d'entraînement n'étaient pas vaines.

" Je ne sais pas si l'on peut appeler ça de la sagesse..." Murmura-t-elle, ne pouvant s'empêcher de croire que ce qualificatif était loin d'être le plus approprié à sa personne. Elle reprit pourtant :

" Mais je vois que mon récit a su te faire comprendre ma première leçon. C'est le plus important. Qu'importe tout ce que tu vivras, il te faudra te relever et continuer. C'est le meilleur moyen d'arriver à tes fins, et de ressentir enfin, une véritable paix en toi, une fois que tu te seras éloigné de tous tes démons du passé. "

Elle s'interrompit lorsqu'un coup à la porte retentit. Et la doctoresse apparut de nouveau, un plateau portant quelques mets dans une main, une fiole de ce qui semblait être encore un médicament dans l'autre. Écoutant les consignes du médecin d'une oreille qui se voulait attentive, Enaïa ne tarda pas à la congédier en la remerciant de ses services et reporta son attention sur Théldor.

" Cette leçon est sans nul doute la plus difficile de tout ce que je t'enseignerai. Mais lorsque tu l'auras réussi, tu te sentiras libre et revivre, comme un enfant venant de naître. A ce moment là, tu seras apte à servir Korrul dans les meilleurs conditions, et pourvu d'une force mentale que tu te t'imaginais pas posséder avant. "

Soutenant le regard azur de son élève afin qu'il comprenne toute l'importance de cette leçon, elle détourna enfin les yeux et grimaça lorsqu'elle avala le contenu de la fiole.

" Par Ruyn, ils veulent me tuer plus que je ne le suis déjà avec ça ?! " Jura-t-elle en fronçant les sourcils.



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Posté dans Re: Qui se ressemble, s'assemble   - Mar 12 Fév 2013 - 12:42

Voilà qu'elle lui avait donné matière à réflexion ! A un point qu'il en sentait presque sa tête tourner...
Il était si étrange de ce rendre compte qu'après toutes ces années où il avait cru être adulte, penser comme tel, et agir de façon responsable, il en avait encore tant à apprendre sur sa vie et sa façon de la gérer !

Lui qui s'était si longtemps retranché derrière son déterminisme il commençait à entre voir une ouverte jusque là absente de son raisonnement. Evidemment celle ci était encore floue, à peine dessiné et lointaine, mais elle n'en restait pas moins là ! Enaïa venait, sûrement inconsciemment, d'offrir à son élève un angle nouveau, jusque là jamais exploré.
Il pouvait utiliser ses blessures du passé pour en faire la force de son futur ! Oui ... Et il deviendrait enfin quelqu'un, quelqu'un de plus que "le matroscien"... Il serait comme elle, forte. Intouchable.Vivant plus que jamais !

Et alors qu'il formulait ce voeux fou, il sentit ses propres entraves se délier, et l'alléger. Et malgré la peine qui lui avait serré le coeur une minute plus tôt, il avait à présent envie de sourire.

Il remercia mille fois Ryun d'avoir poser au détour de son chemin cette jeune femme qui lui avait enfin ouvert l'esprit et offert l'espoir. Celle ci même qui pouvait le comprendre comme jamais on l'avait compris jusqu'ici !

Et alors qu'elle se plaignait de la mixture qu'on venait de lui déservir, il lui offrit un sourire engageant :

-Vous vous remettrez vite. La rassura-t-il avec confiance.

Un instant de silence s'écoula quand brusquement il se rappela :

-Par Ruyn, j'allais oublier ! L'officier Forcher m'a demandez de vous transmettre que l'opération "belle aile" s'était déroulée de la plus belle des façon !

Lui même ne savait pas ce qu'était cet opération "Belle aile", mais il n'aurait pas questionné sa maître à ce sujet. Il se contenta de transmettre ce message qui sembla ravir sa supérieure.
Ensuite, se conformant à son voeux, il resta à ses côtés, et chose incroyable, lui fit la conversation. Presque devenu un vrai moulin à parole, il lui raconta de tas de petits choses qu'il avait pu entrendre dans le QG simplement en laissant traîner ses oreilles. Il ne se priva pas non plus pour lui compter les anecdotes les plus drôles et se régaler de son rire hilare, et lorsqu'elle montra de vrai signe de fatigue, il continua à lui parler d'une voix plus douce, pour l'en bercer.
Quand elle se fut endormit pour de bon, il hésita même à rester la veiller, mais la soigneuse le congédia sans autre forme de procès.

C'est le coeur allégé que cette nuit là Thélador s'endormit, et cette fois il ne rêva pas des largues mains de son père qui pouvaient lui rompre le cou ...


[RP FINIT]

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Posté dans Re: Qui se ressemble, s'assemble   -

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