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Scream 'til the words dry out

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On m'appelle Invité

Posté dans Scream 'til the words dry out   - Lun 7 Jan 2013 - 16:24


    Il y repensait, encore et encore, à tel point que cela hantait ses nuits, enfin plutôt ses journées puisqu'il avait des gardes de nuit plutôt régulières depuis quasiment un mois. Sa rencontre avec Cerberus avait, outre la légère croûte de sang en cicatrisation sur sa gorge, laissé d'autres marques, plus invisibles. S'il se réveillait en sueur et ses yeux ocres en panique, devant l'air incompris de sa mère, il avait également pris l'habitude de dormir avec son épée juste à côté de sa paillasse. Oui une paillasse, car ils n'avaient qu'un seul lit et, bon fils, il le laissait à sa génitrice. Un mois avait passé et depuis, il n'avait pas eu de nouvelles du Forban qui lui avait laissé voir la mort de si près et qui l'avait... l'avait quoi au juste ? Il n'arrivait pas à mettre un mot sur cette sensation mais, un mois après, il se sentait encore sale de son contact. La façon qu'il avait eu de se coller à lui et de renifler sa peau avait eu quelquechose de révoltant dont il ne se remettait pas. Toutefois, les jours passant, la menace de Cerberus se faisait moins présente dans son quotidien ; après tout, se disait-il pour se rassurer, quelle probabilité pouvait-il y avoir qu'il retrouve tous ces noms et qu'il découvre la supercherie ? Infime, pas vrai ? En attendant, on n'était jamais trop prudents alors il avait une tendance un brin paranoïaque à toujours regarder par dessus son épaule quand il marchait. C'est ainsi qu'en revenant de sa garde de nuit, il s'était glissé sous un drap de lin fin, gardant tout de même son épée à proximité. Peur ? Non. Simple... précaution. Il se laisse rouler sur le côté, se couchant en chien de fusil, et fermant les paupières sur ses yeux ocres. Il rouvre les yeux brusquement, à peine une heure ou peu s'en faut plus tard, entendant la porte d'entrée claquer. Un grondement, comme il se lève pour regarder par la fenêtre et voir sa mère s'éloigner en direction du marché. Un soupir, comme il la voit fatiguée par les années et par la tristesse de la perte de son mari. D'ordinaire, il irait l'aider, comme il le fait à chaque fois, mais il est trop fatigué ce matin, aussi il esquisse une moue coupable avant de se glisser à nouveau entre ses draps, baillant et se frottant les yeux comme un enfant.Si dehors, les oiseaux chantent ce n'est pourtant pas ça qui le réveille à nouveau. Non, c'est autre chose, une sensation infime, un pressentiment ajouté au grincement du parquet vermoulu et le voilà qui bondit sur ses pieds, attrapant sa lame au passage. Paranoïaque ? Non pas du tout. Il sait juste que sa mère n'entre jamais dans sa chambre sans frapper et que Hemsworth doit dormir comme une barrique pleine à l'heure qu'il est. Ainsi, si ce n'est pas un ami, c'est forcément un intrus, il n'y a pas à tortiller... Le drap glisse de dessus lui quand il se lève soudainement, le révélant à demi-nu, simplement revêtu d'un pantalon de lin fin. Ses prunelles jaunes se posent sur l'intrus en question et il est à peine surpris de reconnaître Cerberus, comme s'il s'y était attendu. Il n'avait pas douté un seul instant de le revoir, tôt ou tard. Il espérait juste que ce ne soit pas si tôt... Non, pas si tôt. Il reste aux aguets, les muscles de ses bras saillants et faisant ressortir les tatouages qui parsèment sa peau d'un bras à l'autre pour se rejoindre dans sa nuque. Reste à savoir pourquoi il revient ; parce qu'il est au courant de son éhonté mensonge ou juste... pour assouvir une espèce de plaisir malsain ? Dans un cas comme dans l'autre, cela lui déplaît, comme on peut se l'imaginer. Il baisse la pointe de son épée, ne se voulant pas menaçant, il ne faudrait pas l'énerver et lui donner de raisons de s'en prendre à lui quand il est sensé avoir fait preuve de bonne foi en lui donnant les noms qu'il désirait. Toutefois, il ne peut s'en empêcher, il ne lâche pas sa lame et sa main libre se tend pour attraper le drap resté au sol, le tenant maladroitement par un bout et le ramenant contre son torse pour dissimuler le plus possible sa peau nue. Il ne voudrait pas que Cerberus se fasse des idées sur son compte, déjà que le Forban lui avait semblé plus que débauché, il n'était pas nécessaire de lui donner, en plus, des idées salaces. « Cerberus, c'est ça ? » tente-t-il d'un air hasardeux. Comme s'il avait pu oublier son nom une seule seconde... La blague. « Tu as trouvé ce que tu cherchais j'espère ? » Il se permet même un sourire amusé, l'air de rien, comme s'il n'avait rien à se reprocher. Mais étrangement, malgré la chaleur de Korrul et le drap qu'il tient contre sa peau comme un bouclier, il frissonne de froid.

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Posté dans Re: Scream 'til the words dry out   - Mer 9 Jan 2013 - 18:05

    Il avait chassé tout un mois durant. La traque était longue pour les prédateurs comme lui, mais il ne s’était pas lassé. Il ne vivait que pour ça, il ne vivait que pour les retrouver et égorger devant leurs yeux leurs enfants, pour leur faire sentir quelle peine l’avait envahi, quelle colère avait étreint son cœur et combien il avait pu mourir. Son père, son grand-père, ses tantes et ses oncles lui manquaient atrocement, et sous le ciel de Korrul, couché dans le sable, il ne voyait dans le ciel que des milliers d’étoiles et aucun coupable. Ses doigts se refermaient sur du vide à chaque fois qu’il pensait approchait de quelque chose, et ça filait entre ses phalanges. Les grains insaisissables étaient la réponse au repos de son âme. Il fallait que la brûlure de leur absence s’apaise sous l’eau, sous leur sang. Il fallait qu’il noie le peu d’humanité pour en sortir plus fort. Il sentit ses yeux se remplir de larmes pour la première fois depuis longtemps. Il avait tellement espéré, il avait tellement couru mais les Veilleurs étaient plus intelligents. Encore une fois il venait de se faire berner par l’un des leurs. Encore une fois il finissait bredouille d’une quête trop longue.
    Il se tourna sur le sable, en silence. Son garuda du désert vint se nicher contre lui, reniflant contre son ventre, comme il semblait ressentir la tristesse et la peine immense qui envahissait petit à petit Cerberus. La chaleur était telle dans le volcan que ses larmes s’asséchèrent à peine former au coin de ses yeux. « Ais-je mériter ça ? » L’animal releva les oreilles, mais aucune réponse ne se fit entendre. « Si je le retrouve, je le tuerais. De mes mains nues. Un Veilleur n’est bon et utile qu’une fois mort. » Pesta le forban, sous l’emprise de la colère. Sa main forte d’homme glissa dans le pelage de l’animal, le serrant un instant. Ses muscles saillants ressortaient, et sur sa tempe se dessinait une veine de colère. Son visage, fermé et froid, ne semblait plus rien laisser filer, pas même des larmes. « Je vais le tuer. Je vais tuer Farrow Nucingen. »
    L’animal émit un petit soupire plaintif, ses grosses narines rejetant une volute de fumée.

    La chasse était ouverte. Marchant dans Penjoie, les pas rapides et discrets, le loup solitaire qu’était Cerberus dépassait à peine des toits des maisons en direction d’un endroit précis. Son visage était dissimulé derrière un simple keffieh qu’il avait enroulé de ses cheveux jusqu’à son nez, ne laissant apparaître que ses yeux rouges, formant comme deux lunes pourpre dans l’obscurité. La nuit était tombée, et c’était les heures ouvertes pour la traque. Il ne mit pas longtemps à trouver l’endroit qu’un informateur lui avait indiqué. Un bond rapide et il se retrouva sur le toit de la fameuse maison. Il se pencha à une fenêtre et y découvrit une femme endormie, plutôt ancienne et vieille. Sans doute sa mère. Il se hissa alors jusqu’à la porte d’entrée et lut sur la boîte aux lettres le nom de cette femme. Il continua ses recherches extérieures dans le plus grand des silences, et découvrit un autre homme que Farrow, qui ronflait allègrement. Ses sourcils se froncèrent puis il pensa aussitôt que sa génitrice avait dû reprendre un époux. C’était il y a dix ans, il en aurait sans doute fait de même.
    Il entreprit d’ouvrir la porte quand la petite femme sortait justement. Il marcha jusqu’à la ruelle la plus proche, tout naturellement, et l’observa de haut et de loin. Il nota qu’elle se dirigeait vers le marché, et si tôt le matin que ça devait être une marchande. La démarche et le dos arrondi par des années de travail pénible. Un petit sourire de dessina sur le visage du forban : ça aurait été bien tragique si elle perdait la vie bêtement… Il secoua la tête, chassant cette idée de sa tête. Il n’était pas là pour elle, mais bel et bien pour lui. Il se rapprocha de nouveau de la porte. Main sur sa dague planquée entre ses reins, accrochée à sa ceinture, il poussa lentement la porte. Le parquet grinça sous ses pas, mais très rapidement et presque silencieusement il se retrouva à l’étage des chambres. L’instinct le fit marcher jusqu’à la porte de Farrow, s’éloignant des ronflements, et la poussa. Ses yeux se font perçants en voyant Farrow qui bondit, arme et… à demi-nu.
    Il referma la porte en silence, un sourire presque appréciateur flanqué sur la tronche. Appréciateur oui. Le regard doit être surpris car déjà, presque aussitôt, il se cache derrière un drap. Les yeux rouges du monstre se relèvent et se fixent dans les yeux du veilleur, silencieux à l’instant. « Cerberus, c'est ça ? Tu as trouvé ce que tu cherchais j'espère ? » Le sourire du forban se fait pincé, hasardeux comme ça l’agace. Oui. Il se souvient maintenant, il était venu pour l’attraper à la gorge et mordre dedans, arraché des dents la pomme d’Adam, emportant avec lui au moins un fils de ces assassins. Ses doigts se serrent sur l’arme à sa ceinture, un cimeterre long et large qui aurait coupé en deux n’importe quel homme tant la lame était affutée. Il sent le sang, comme à chaque fois. « Je les ai tous trouvé, oui. » Il avance d’un pas. « Tous six pieds sous terre, déjà. Tous sans enfants. Tous… inutiles. » Ses yeux glissent sur les courbes du veilleur, d’un air malsain, mais il ne peut s’en empêcher. Après tout, il l’aurait bien cherché si avant de le tuer il profitait de ses reins sans doute inexplorés.
    Ce serait une bonne vieille vengeance. Une méritée. Il fait alors un pas, grondant tout bas. « Du temps perdu, Farrow. Et je déteste perdre mon temps avec de tels enfantillages… » Il le détaille, ses yeux semblent briller d’une flamme lubrique et dansante. « Il va donc falloir que j’agisse, et vite. Que je réprimande, que je te fasse apprendre où est ta place dans ce monde, vois-tu… Et pour cela, j’ai plusieurs options. » Il se pourlèche les lèvres, vulgairement, sans honte et sans gêne. Pourtant il est attentif, il n’oublie pas que peu loin, il y a un autre homme, plus grand, plus épais. « Soit je te tue. Soit je tue ta mère. » Son sourire se fait carnassier. « Soit les deux ? Ou alors je te déflore ? » Son sourire s’étire, de plus en plus malsain. « Ou alors je fais le tout, de préférence en te violant devant ta mère avant de la tuer devant tes yeux, mais tu seras tellement cassé que tu ne pourras pas même parler et t’insurger, et tu attendras la mort comme une délivrance, suppliant de tes yeux, le visage collé dans la mare de sang de ta propre mère et de tes reins déchirés. » Un petit rictus parvient sur sa bouche, et il sort déjà quelques centimètres de son cimeterre, le regard sérieux. « Je vais t’apprendre ce que c’est, qu’un vrai forban… Farrow. »
    Visiblement, il ne rigole pas du tout.
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Posté dans Re: Scream 'til the words dry out   - Ven 11 Jan 2013 - 7:12

    « Tu as trouvé ce que tu cherchais j'espère ? » Il fait son possible pour conserver sur le visage un air détendu, comme quelqu'un qui serait sûr et certain de son bon droit. Après tout, les noms qu'il lui avait donné n'étaient pas des faux ; ils avaient tous été Veilleurs et ils avaient tous participé à la mission Mah'Tanza. Le fait qu'ils soient tous morts et qu'ils n'aient pas de famille ? Pas son problème, non ? Il avait rempli sa part du marché, se martelait-il mentalement pour se donner bonne conscience. Toutefois, vu le regard haineux de Cerberus, il comprenait clairement que le Forban pensait différemment. Il ne bouge pas quand il avance d'un pas : il n'a rien à se reprocher, okay ? « Je les ai tous trouvé, oui. Tous six pieds sous terre, déjà. Tous sans enfants. Tous… inutiles. » « Oh ? » Il joue les étonnés à merveille ; comme s'il l'avait ignoré une seule seconde... Ses prunelles ocres surprennent son regard intrusif sur ses formes et il resserre le drap contre sa peau sombre, le fusillant du regard pour son impudence, pour cette façon déplaisante qu'il a de le prendre pour la dernière des catins. « Du temps perdu, Farrow. Et je déteste perdre mon temps avec de tels enfantillages… Il va donc falloir que j’agisse, et vite. Que je réprimande, que je te fasse apprendre où est ta place dans ce monde, vois-tu… Et pour cela, j’ai plusieurs options. » En réponse; Farrow relève lentement la lame de son épée, la dirigeant pointe vers son adversaire ; il n'avait pas voulu se montrer agressif, mais les menaces de Cerberus ne pouvaient pas lui laisser conserver cet état d'esprit plus longtemps sans passer pour un lâche ou un débile. Et puis quand le Forban parle de lui faire apprendre où est sa place dans ce monde, ça ne peut réveiller en lui que des sentiments de fierté ; s'entendre dire une telle chose par la lie de Korrul ça a quelque chose de drôle quand on y pense. Il a un froncement de sourcils à peine perceptible lorsqu'il le voit se lécher les lèvres et il resserre ses doigts sur la garde de son épée. « Soit je te tue. Soit je tue ta mère. » A cette idée, son regard se fait plus incisif et il gronde à mi-voix, menaçant. Il est des choses dont il ne faut pas parler mais quoi d'étonnant de la part d'un Forban pas vrai ? Des chiens sans honneur aucun. « Soit les deux ? Ou alors je te déflore ? » Pour le coup, il gagne une expression mi-surprise, mi-révoltée : pardon ? En plus de ne pas avoir d'honneur, il n'a pas non plus de fierté ? Comment un homme pouvait prétendre vouloir d'un autre homme, même pour juste le détruire ? Et ça se disait viril et puissant. Une blague, voilà ce qu'il était. Un reste d'une ancienne gloire, celle de son clan qui, malheureusement pour lui n'avait fait que l'éclabousser sans lui être transmise. Un chien bâtard. Moins que rien. « Ou alors je fais le tout, de préférence en te violant devant ta mère avant de la tuer devant tes yeux, mais tu seras tellement cassé que tu ne pourras pas même parler et t’insurger, et tu attendras la mort comme une délivrance, suppliant de tes yeux, le visage collé dans la mare de sang de ta propre mère et de tes reins déchirés. » Les mâchoires serrées et le regard assassin de Farrow traduisent bien assez ce qu'il en pense, tout comme l'épée qu'il rend encore plus menaçante, la tenant prête à parer le moindre coup. « Je vais t’apprendre ce que c’est, qu’un vrai forban… Farrow. » Tu n'es pas un vrai Forban, pense-t-il pour lui-même mais il se garde bien de le lui dire, il ne faudrait pas l'énerver davantage, pas vrai ? Sous la colère, les hommes font parfois des choses stupides, alors imaginez un peu ce que pourrait faire un chien qui a la rage... Il inspire profondément, le regard dur et incisif, le corps et les muscles tendus à leur paroxysme. Il est comme un animal prêt à bondir. Ses prunelles ocres glissent sur la fenêtre ouverte ; s'il s'en sort bien, une chute de cette hauteur ne devrait pas lui être fatale. Avec un peu de chance et en imaginant qu'il retombe bien. « Ils sont morts, Cerberus. Tous. Je pourrais te donner d'autres noms que ça n'y changerait rien. Ca fait dix ans. Trop long pour une vengeance. » Sa voix est calme, posée, appelant à la raison. « Alors, si tu veux te battre encore, soit, je me battrai avec toi, jusqu'à la mort, si cela peut te faire plaisir, mais aie un peu d'honneur et laisse ma mère en dehors de ça. » L'espace d'un instant, il baisse brièvement sa lame comme s'il était fatigué de tout ça, comme si cela représentait trop de risques pour les siens. S'il se rendait et le laissait le tuer, épargnerait-il les siens ? Le doute était permis. Il pouvait aussi bien le tuer et s'en prendre à sa mère ensuite. Avec un soupir, il laisse retomber le drap par terre, tenant son épée à deux mains, prête au combat. « Tu devrais laisser tomber, tu sais. Tu as perdu dix ans de ta vie pour une vengeance que tu n'auras jamais. Renonces-y, retourne dans le désert et je ne te pourchasserai pas, tu as ma parole. » Il lui désigne la fenêtre d'un mouvement de menton ; dernière chance de t'en aller Cerberus. « Sinon, je suis ton homme. » Pour le combat s'entend, hein, pas que le Forban s'imagine encore qu'il l'invite à autre chose.
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Posté dans Re: Scream 'til the words dry out   - Ven 11 Jan 2013 - 22:01

    arabian theme.

    Il est un véritable chien dans l’âme, il a la mort et la haine au bord des lèvres. La vérité sur Cerberus, c’est qu’il a une plaie à la place du cœur, un vide ferme où rien ne pourra jamais entrer que la colère. La peur l’avait abandonné, quand bien même il avait une cousine il ne s’en faisait pas pour elle. Il l’avait élevé pour qu’elle se débrouille sans lui, alors même s’il venait à mourir, il ne s’en faisait pas. Mourir aurait été pour lui une délivrance certaine ; il aurait alors rejoins les siens, il aurait épousé le linceul de son peuple et le repos éternel. Quelle beauté que le repas. Quelle folie également. « Je vais t’apprendre ce que c’est, qu’un vrai forban… Farrow. » Il le jauge comme un animal le ferait. Il est prédateur, un garuda pour sûr. Ses doigts tirent davantage sur le cimeterre qui, docile, obéît à son maitre. Il sait déjà comment il va le tuer. Il va commencer par trancher ses deux mains, et il l’observera souffrir en silence. Ensuite il ira dans la chambre d’à côté, et tuera très rapidement l’homme qui y dort, l’égorgeant comme un porc. Il le trainera dans la chambre, le jettera dans un coin et il lui suffira d’attendre le retour de sa mère. Là il l’attrapera, soulèvera son jupon et l’humiliera au possible devant son jeune fils. Il la ficèlera rapidement car il n’aura pas beaucoup de temps. Ceux sont ensuite aux jupons de Farrow de se soulever, et il brisera tous les os de ses reins jusqu’à que mort s’en suive. Là, vidé de son sang, il s’arrangera pour faire souffrir sa génitrice.
    Entre deux il y aura sans doute des veilleurs, et peut-être qu’il sera abattu avant même d’écorcher la vieille, mais qu’importe car au moins il en aura eu un, un véritable, un descendant de ces traitres sans nom, cachés derrière des masques et des turbans. Il les déteste, et sa colère qui boue en lui ne fait qu’augmenter ses douleurs et sa force. « Ils sont morts, Cerberus. Tous. Je pourrais te donner d'autres noms que ça n'y changerait rien. Ça fait dix ans. Trop long pour une vengeance. » Il le fixe et son visage se déforme, mais avant même qu’il ne hurle ce qu’il entend, lui, Farrow le coupe. Il fait alors claquer sa langue contre son palet, d’un air mauvais et dangereux. « Alors, si tu veux te battre encore, soit, je me battrai avec toi, jusqu'à la mort, si cela peut te faire plaisir, mais aie un peu d'honneur et laisse ma mère en dehors de ça. » Il sert plus fort, plus fort son épée. Sa mère en dehors de ça ? Mais la sienne, ils étaient venus la chercher jusque dans son berceau doré. Ils l’avaient tout d’abord blessée, peu pour qu’elle puisse vivre, mais assez pour qu’elle puisse parler. C’était eux, les assassins. C’était eux qui avaient déclenché et tout ça, et lui, lui le forban, le barbare comme on disait, il devait épargner quelqu’un ? Foutaises !
    Le drap tombe dans un silence brodé. Cerberus dégaine. La lame est lourde et elle couperait un cheveu en deux si un cheveu tombait exactement sur le tranchant de la lame. D’ailleurs à ce moment, il ne pense même plus à le violer, à prendre ce petit corps, mais une seule idée trotte dans son esprit, et c’est celle du sang. Il a besoin de son sang. Maintenant. « Tu devrais laisser tomber, tu sais. Tu as perdu dix ans de ta vie pour une vengeance que tu n'auras jamais. Renonces-y, retourne dans le désert et je ne te pourchasserai pas, tu as ma parole. » Il fronce les sourcils, le cœur criant, douloureux. « Sinon, je suis ton homme. » Il grimace et tient d’une seule main une arme plus lourde encore que l’épée des veilleurs. Un bijou de la ferronnerie. Un bijou forban. « A t’écouter, le passé appartient au passé. A t’écouter, l’on devrait pardonner… » Il recule un pied, prenant un appui solide, prêt à attaquer. « …mais le pardon, vois-tu, n’est pas une chose que l’on apprend chez les forbans. »
    L’attaque est brutale. L’épée contre le cimeterre, une étincelle bleutée frissonne entre les deux lames de métal, mais rapidement la lourdeur et la puissance du coup l’emporte sur l’agilité et la vitesse, et c’est dans le planché de la chambre que la lame se plante. Le regard rouge de sang du forban détaille alors Farrow, grondant. « Je n’ai plus rien que ça. » Il articule lentement, comme si ça avait une quelconque importance, une quelconque valeur, qu’il sache… « Je vis au jour le jour, sans clan et sans famille. Seul, je marche dans le désert. Un forban est peut-être beaucoup de chose pour toi, Farrow Nucingen, un assassin, un violeur ou encore un voleur, mais un forban, c’est un homme loyal avant tout. » Il le fixe, mauvais, l’observant plus en détails. Comment va-t-il pouvoir lui faire mal ? Lui tirer des larmes de souffrance ? « Vous avez tué les miens. Je tuerais les vôtres jusqu’aux derniers. »
    A la surprise de tous, il plante lui-même le cimeterre dans le bois et tape dans les mains, invitant Farrow à approcher. Bien sûr le veilleur n’a aucune chance, même au corps à corps. Cerberus est une bête, et quand il retire à son tour son veston et sa chemise de lin, son torse griffé n’en ait que plus effrayant. Dans l’obscurité de la chambre, son regard brille. Il attrape la dague et la jette contre un mur où elle se plante. Il ressemble vaguement à ces félins du désert, pernicieux et invisibles. Quand il se plonge dans la pénombre, l’on ne semble plus voir que ses yeux. Quand il en ressort, c’est pour mieux observer Farrow, d’un sérieux morbide. « Ne me loupe pas Farrow. Car je ne te louperais pas. » Son ton est une menace, mais ça, il n’en a cure.
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Posté dans Re: Scream 'til the words dry out   - Mar 15 Jan 2013 - 13:49

    « Sinon, je suis ton homme. » Il tend doucement son épée devant lui ; à vrai dire, il n'a pas envie de se battre pour une histoire qui n'est pas vraiment la sienne mais il lui suffit de se rappeler que Cerberus a prétendu avoir tué son père pour ne plus éprouver ce sentiment de pitié qu'il peut avoir à son égard. Ses doigts s'agrippent davantage à son épée. « A t’écouter, le passé appartient au passé. A t’écouter, l’on devrait pardonner… » Il ne parle pas de pardonner, juste d'oublier. Il le voit prendre appui et il gronde légèrement, faisant de même, prêt à contrer toute attaque. « …mais le pardon, vois-tu, n’est pas une chose que l’on apprend chez les forbans. » S'il voit venir l'attaque, il a toutes les peines du monde à la contrer car la puissance de frappe de Cerberus est telle que c'est tout son bras qui tremble quand leurs lames se croisent dans un tintement métallique. Il a beau résister le temps de quelques passes, ce terrain est un désavantage pour un combattant tel que lui ; trop étroit, trop étriqué, visiblement pas assez d'espace, et très vite sa lame lui échappe des mains pour se planter dans le plancher de bois. Les prunelles ocres de Farrow cillent légèrement et il esquisse un mouvement de recul, inquiet de la suite. « Je n’ai plus rien que ça. Je vis au jour le jour, sans clan et sans famille. Seul, je marche dans le désert. Un forban est peut-être beaucoup de chose pour toi, Farrow Nucingen, un assassin, un violeur ou encore un voleur, mais un forban, c’est un homme loyal avant tout. Vous avez tué les miens. Je tuerais les vôtres jusqu’aux derniers. » Le jeune Veilleur gronde comme il sait bien que tous ces autres dont il parle sont ses frères d'armes, sa famille en somme ; il ne peut laisser faire une telle chose décemment. Ca aurait été une trahison, un crime envers les siens.

    Il le voit planter son cimeterre dans le plancher à son tour et il hausse un sourcil interrogateur quand il semble lui proposer un combat au corps à corps. Pourquoi prendre autant de risques quand il aurait pu lui décrocher la tête d'un seul coup de lame bien placé ? Il gronde comme un animal en réalisant que c'est simplement qu'il sait que Farrow n'a aucune chance. Et il lui suffit de le voir tomber chemise et veston pour s'en rendre compte : Cerberus est une montagne de muscles quand il n'est lui, qu'un jeune homme trop fin et trop élancé pour lui tenir tête bien longtemps. Sans doute le Forban a-t-il envie de faire durer le plaisir et de sentir se briser chacun de ses os sous ses doigts ? C'est plus que probable, se dit-il, comme il voit la dague se planter dans le mur et Cerberus l'observer avec un air et un sourire mauvais. « Ne me loupe pas Farrow. Car je ne te louperais pas. » Il lui laisse l'avantage du premier coup, quelle faveur de sa part ! Ses pensées sont aussi amères que sa bouche et il gronde indécis quant à la conduite à tenir. Fuir ne ferait que reculer l'échéance encore et mettre les siens en danger. L'affronter revenait à courir vers une mort certaine. Rester sans rien faire serait considéré comme de la lâcheté pure et simple. Et finalement, il cesse de se poser des questions et il bondit comme un fauve en cage dans sa direction, ses prunelles ocres lançant des éclairs meurtriers. L'élan aidant, il parvient à le précipter au sol, entraîné par sa chute, se retrouvant au-dessus de lui, quasiment à califourchon. Leurs regards se croisent brièvement et le Veilleur le sait, il doit agir vite sous peine de le voir reprendre le dessus alors il lui assène un violent coup de poing dans la mâchoire, espérant bien l'assommer. Cela ne lui fait gagner que quelques secondes, précieuses toutefois, comme cela lui laisse juste le temps de s'emparer de la propre dague du Forban fichée dans le mur et de revenir la lui coller sous la gorge, sur la défensive plus que sur l'agression. Il gronde comme la lame vient épouser la courbe de sa joue, tandis que son autre main, posée sur son épaule, prétend le maintenir couché sur le sol. « Tu as tué mon père... » Ses doigts se resserrent sur la garde de la dague, faisant blanchir ses phalanges et il appose encore plus la lame sur la peau sombre du Forban, fou de cette colère si longtemps tûe. Il a tellement de rage en lui qu'il en tremble et que sa main se fait moins sûre. Les cheveux si longs du veilleur leur font comme un rideau qui dissimulent leurs quatre prunelles assassines et les doigts vacillants de Farrow ne savent plus s'ils doivent trancher ou épargner. Car sans doute son père l'aurait-il voulu ainsi, en guise de réparation pour les pertes de Cerberus. Mais s'il offrait cela au Forban alors qui réparerait la mort de son propre père, mh ? Dans ses iris orangés, c'est toute une bataille intérieur qui fait rage avant que finalement, il ne lève bien haut la dague, comme s'il allait frapper au coeur pour la planter juste à côté du visage de Cerberus, arrachant un lambeau de peau de son épaule au passage, un filet de sang venant dégoutter sur le parquet. Il le crucifie néanmoins du regard comme il marmonne entre ses dents serrées. « Nous voilà quittes. Je rachète la faute de mon père en te laissant vivre. Quant à ta propre dette envers ma famille... » Il le dévisage, silencieux quelques instants. « J'ai tué suffisamment de Forbans pour effacer ton crime envers moi. » Ca lui coûte énormément, comme il aimerait cent fois mieux voir ce corps détruit et sans vie mais il reste gonflé de cet honneur qu'on lui a légué comme il se relève lentement.
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Posté dans Re: Scream 'til the words dry out   - Mar 15 Jan 2013 - 22:25


    « Ne me loupe pas Farrow. Car je ne te louperais pas. » Il le fixe comme si c’était la fin du monde, comme s’il tenait sa vie entre ses doigts, comme un ciseau qui frôlerait le fil de son destin. A-t-il seulement un destin ? Il s’offre à corps perdu, vie comme le dernier des rats, au jour le jour. Bien sûr il a des « amis », des forbans qu’il côtoie, qu’il connaît. Il connaît les sentiers du désert et les heures passaient sous le soleil de plomb. Il connaît le dur de la faim, et la sévérité de la soif. Il connaît la brûlure d’une griffure, la douleur d’une morsure, l’éclat meurtrier dans les yeux de l’autre. Il connaît toutes les choses du monde, toutes, sauf la paix. Il ne se repose jamais au sol, sur les grains chauds, en ne pensant à rien. Sa tête fourmille, brûle, et son sang boue plus fort quand il imagine que parmi les étoiles les siens reposent, trop loin de lui. Quelque part, au plus profond, l’envie est belle, l’envie est là ; il suffirait seulement que Farrow ait la force, ait la chance du coup, mais s’il se défend il le broiera comme un enfant. Il suffirait d’un simple coup de poing dans la gorge pour enfoncer loin dans son corps la pomme d’Adam et le voir tombait à genoux, s’étouffant dans son propre sang, sans pouvoir pousser le moindre petit cri, le moindre petit gémissement. Une mort inaudible et sanguinolente.
    Il le fixe comme s’il attendait qu’il se décide. Et Farrow prend l’initiative laissée. Il se jette à corps perdu contre lui, le fait chuter. Il aurait pu résister et ne pas bouger d’un poil, mais s’il veut la jouer au sol, alors il ne sait pas dans quoi il se projette, dans quel jeu malsain et lubrique le forban va le plonger. Il se mord la langue en le fixant à califourchon sur lui. Il n’a pas l’air de lutter, mais Farrow prend l’œillade pour une déclaration de guerre et donne un coup de poing. Brutalement, le forban se crispe et si sa tête est lourde, c’est uniquement car c’est la première fois qu’on ose le frapper à cet endroit précis. Il gronde comme un animal blessé, dans son égo. Petite enflure, semble-t-il marmonner entre ses lèvres alors qu’il cherche à se redresser. Son geste est pourtant avorté et ses yeux se plissent, dans un mélange de rancœur et de mépris quand il reconnaît sa propre dague. Il penche naturellement la tête et sa langue passe sur son palet pour éviter de se fâcher. Même s’il doit mourir ici, son esprit continuera, ses idées voyageront sur les lèvres d’Eurysthée… Pourquoi est-ce qu’il pense à ça ? Il ne va pas mourir. Pas d’un simple coup. Il le brisera bien avant. « Tu as tué mon père... » Il soutient son regard en silence, préférant se taire. Bien sûr qu’il l’a tué. Il lui a tout d’abord enfoncé cette même dague dans le ventre, profondément, jusqu’à la garde, et il l’a regardé mourir lentement, abandonnant ses dernières forces, en pleurant. Il s’en rappelle comme si c’était hier, cette sensation, ce goût sur les lèvres. Le sang. Il ravale sa salive mais ne détourne jamais les yeux. Si c’était à refaire, je le referais, semble-t-il murmurer, il aurait pu me supplier cent fois, pleurait, gémir, je le referais, quoi qu’il arrive je l’aurais fais. Il n’a pas peur même s’il sent que Farrow est fébrile. Il n’a pas peur car Farrow n’a pas cette lueur dans les yeux ; il doute, et ça se sent, sinon pourquoi sa main tremblerait ? Le forban reste pourtant aux aguets.
    Ses pupilles se rétrécissent quand il voit la dague se levait haut, et il lève la main pour se protéger avant de voir qu’au dernier moment elle dévie. Il fronce les sourcils, ne comprenant pas avant de grimacer en comprenant que son épaule saigne. Il siffle tout bas. T’as un problème Farrow, sincèrement, pense-t-il sur le moment, toi qui cherchait tellement à me faire payer… « Nous voilà quittes. Je rachète la faute de mon père en te laissant vivre. Quant à ta propre dette envers ma famille... » Il le dévisage, silencieux quelques instants. « J'ai tué suffisamment de Forbans pour effacer ton crime envers moi. » Il le fixe, et pendant un instant, ne sait pas s’il doit le prendre au sérieux ou rêver. Encore qu’un rêve serait un grand mot, mais c’est une hallucination. Les Veilleurs sont les ennemis héréditaires des Forbans. Comment peut-il l’épargner alors qu’il avait tout prévu dans son crâne ? Rejoindre les étoiles et laisser derrière lui une lignée de poudre fumante ? Il fronce les sourcils mais ne dit rien jusqu’à ce que Farrow tente de se relever. Le forban tend la main, attrapant l’épaule du korrulien et le projette sur le sol, à ses côtés. Suivant le geste, il se retrouve à quatre pattes au-dessus du veilleur, yeux dans les yeux, d’un sérieux presque morbide. « Nous sommes quittes, mais ça ne veut pas dire que les amis de ton père ne me doivent plus rien. » Il le fixe, de son regard brun couleur de sang, cramoisi. Sur le sol comme ça, si proche, le Forban gronde tout bas. Farrow n’est pas vilain à regarder ; plus loin, il est typiquement son genre dans un argot un peu haché aussi il se tend un peu à le voir si proche. Il a beau se dresser sur ses deux bras, gagnant quelques centimètres de hauteur, leurs corps restent atrocement proches, leurs jambes se frôlant. « Ça ne veut pas dire que je ne viendrais plus te harceler en pleine nuit… » Son sourire s’étire doucement, avec un petit quelque chose derrière, un brin vicelard peut-être. « Et rien avoir avec te tuer. »
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Posté dans Re: Scream 'til the words dry out   - Jeu 17 Jan 2013 - 16:36

    « J'ai tué suffisamment de Forbans pour effacer ton crime envers moi. » Il cille légèrement, un peu ennuyé de trouver la force de l'épargner quand il ne demandait qu'à assouvir une vengeance qu'il avait rêvé des années. Son père aurait été fier sans doute ou alors il devait sans doute se retourner dans la tombe qu'il n'avait pas eu en le maudissant de ne pas venger son nom et de laisser la vie sauve à l'un de leurs ennemis de toujours. Au-delà de ça, il y avait un principe qu'il tenait à respecter plus que tout : on ne verse pas de sang dans la maison de ses parents. Que dirait sa mère si elle rentrait chez elle et découvrait son parquet recouvert d'hémoglobine ? Elle pleurerait sans doute, sous l'effet de la panique, et il resterait là, impuissant à sécher ses larmes, comme lorsqu'il avait été enfant et qu'il l'avait vue sangloter en silence en apprenant la mort de Farseer. Alors à choisir entre les larmes de sa génitrice et épargner la vie de ce chien errant, il préférait encore vivre avec l'idée que Cerberus était vivant quelque part. Il préférait souffrir lui plutôt que d'imposer encore à sa mère une souffrance aussi grande. Lentement, il se relève, considérant que cette parenthèse est close et que, puisqu'ils sont quittes, l'affaire s'arrête là. C'est sans compter la poigne de Cerberus qui se referme sur son épaule, l'attirant sur le sol à son tour. Une lueur de panique naît dans ses yeux ocres comme, l'espace d'un instant, il se dit qu'il a mal joué et que le Forban, lui, ne va pas laisser passer cette chance de le tuer. Alors quand il le voit se redresser à son tour, il tente bien d'attraper la dague qu'il a laissé plantée dans le plancher, dans l'espoir de s'en servir comme défense mais déjà Cerberus est au-dessus de lui et ses prunelles ocres sondent celles rouges sang du Forban. « Nous sommes quittes, mais ça ne veut pas dire que les amis de ton père ne me doivent plus rien. » Il ne répond pas, préférant rester prudent ; il lui a déjà dit que les amis de son père étaient morts et que personne ne pourrait régler ces dettes là, pas même lui, car il faudrait au moins toute une vie de servitude pour racheter la mort de tout un clan, et il n'était pas vraiment prêt à payer pour une mission qui ne le concernait que de loin, très loin.

    Il reste donc silencieux et figé sur le sol, n'osant bouger d'un pouce maintenant qu'il sent le Forban si proche et que chaque mouvement malencontreux ne ferait que les rapprocher davantage l'un de l'autre, faisant se frôler leurs peaux. Pour le cou, à voir son regard et à l'attendre gronder tout bas, il en regretterait presque le drap qu'il a laissé à l'autre bout de la pièce. Sans pouvoir le maîtriser, il rougit comme un gamin pris en faute ou comme une jeune fille innocente devant ses premiers émois amoureux, et il cille légèrement mais de façon bien visible. Jamais il n'a été si intime avec quelqu'un ou dans une position aussi ambigue. Comme le voulait généralement le mode de vie des Veilleurs Pourpres, il avait consacré sa vie à Korrul et elle était une amante qui ne laissait pas de place à d'autres, possessive envers ses soldats. Il y avait bien eu cette fille, un soir où il s'était laissé entraîner à boire par ses pairs dans une taverne de Penjoie, mais sitôt qu'il avait prétendu l'embrasser, elle lui avait envoyé sa main à la figure et ils n'avaient pas manqué de rire, les autres, en voyant la trace rouge sur sa joue. Il déglutit péniblement ; la mort lui paraitrait plus facile. « Ça ne veut pas dire que je ne viendrais plus te harceler en pleine nuit… » Les lèvres du jeune Veilleur se tordent en une moue d'incompréhension ; n'avait-il pas dit qu'ils étaient quittes ? « Et rien avoir avec te tuer. » Et dès lors qu'il comprend l'allusion, Farrow s'empourpre carrément, sentant la chaleur lui monter ridiculement aux joues, et le voilà qui détourne le regard, ailleurs, sur un noeud du bois, une vermoulure du plafond... N'importe quoi sauf Cerberus, comme il n'ose même pas le regarder dans les yeux, de peur de tomber sur la peau nue de son torse. « C'est très... flatteur mais... Ca ne m'intéresse pas. » Ses paupières papillonnent nerveusement et finissent par effleurer du regard la dague quasi à portée de main ; est-il trop tard pour faire marche arrière et reprendre sa parole ? Sans doute un peu. « Ce que tu proposes, au delà d'être impossible vues nos appartenances respectives, est totalement contre-nature, même chez un peuple aussi sauvage que le tien... » Il finit enfin par replonger ses prunelles dans les siennes, prenant soin de ne pas descendre plus bas que son visage, par pudeur. Il se racle la gorge, mal à l'aise. « Reprends ta dague, reprends ton cimeterre et je ferai semblant de ne pas t'avoir entendu faire des allusions salaces comme une vulgaire catin. » Il pose lentement ses mains sur le torse du Forban, cherchant à le repousser sans grand succès comme cette position ne lui donne pas l'avantage physique. « A défaut d'honneur, aie au moins un peu de dignité. » Ses mains retombent lentement à plat sur le plancher comme il s'en sert finalement d'appui pour s'extiper de dessous lui en rampant.
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Posté dans Re: Scream 'til the words dry out   - Ven 18 Jan 2013 - 20:53


    Il le fixe avec une telle intensité que ça doit en faire mal. Il est un prédateur devant une proie, et la proie ne semble même pas encore imaginer de quoi il est capable lors de ses chasses. Il grogne tendrement. « Et rien avoir avec te tuer. » Il a un sourire amusé à le voir devenir plus rouge qu’une pucelle à qui l’on fait la bise. Il ne le quitte pas du regard, voyant bien dans ses yeux qu’il est tout sauf habitué à ce genre de chose. A vraie dire, Cerberus n’a jamais vraiment de… rapport intime avec un homme. Tout du moins consentant. Préférant au regard dégoûté le regard d’un mort, ses amants, encore que le mot est bien grand, furent généralement tous bien morts et encore un peu chaud quand, dans une étreinte honteuse et tremblante, il chassait ses démons. Si ça s’apprenait, certains feraient de drôle de tête, parce qu’à tout hasard, au-delà même de son statut de forban, Cerberus n’avait clairement pas la gueule du genre. La nature l’avait doté comme un reproducteur né ; un grand homme, endurant et infatigable, un de ces cons qui marchent dans le désert sans eau sans mourir pendant quelques jours quand d’autres seraient morts en quelques heures. Un être remarquable de par sa musculature, sa mâchoire forte. Un être atrocement bien charpenté qui aimait des choses interdites. Il avait tout d’abord mis ça, à l’adolescence, sur un clan exclusivement masculin ou presque, en se disant qu’il avait peu de chance de pouvoir avoir des fantaisies sur des femmes nues quand il n’en avait jamais vu aucune. Puis avec l’âge, quand il avait commencé à voir les poitrines rondes et les femmes, les fantasmes de l’âge aidant, il avait tout simplement perdu la route du droit chemin et avait emprunté, sinueux et dangereux, les désirs des gens sales, l’envie d’étreindre un corps dépourvu de forme, soyeux et svelte, tout fragile entre ses doigts. Un corps que Farrow avait malgré une musculature fine et saillante.
    « C'est très... flatteur mais... Ça ne m'intéresse pas. » Il a un petit sourire en coin, un sourire pincé cependant. Bien sûr que ça ne t’intéresse pas, pourrait-il s’insurger, mais est-ce que ça aiderait à quoi que ce soit ? Est-ce que, pris de pitié, Farrow viendrait lentement se blottir contre lui et offrir pour une rare fois le confort du consenti, un consensualisme chaud et sensuel ? Visiblement le Veilleur ne semble pas de cet avis, et étrangement, ça ne semble pas étonner le forban. Il aurait pensé qu’au moins la proximité rapprocherait leurs émois, le désir purement bestial et félin, mais ça ne doit être que lui pour avoir ce genre d’idée. « Ce que tu proposes, au-delà d'être impossible vues nos appartenances respectives, est totalement contre-nature, même chez un peuple aussi sauvage que le tien... » Difficilement, Cerberus ravale sa salive. Contre-nature. N’est-ce pas contre-nature d’être le fils d’une Charmeuse korrulienne et d’un Forban amoureux ? N’est-ce pas contre-nature de vivre sous le soleil de plomb sans jamais avoir la peau rougie par la chaleur ? N’est-ce pas tout simplement contre-nature de demander à sentir la peau d’un homme sans vouloir croquer à l’intérieur ? Le grondement de Cerberus indique que le mot à fait mouche et que le forban, si calme soit-il, ne semble pas avoir la même idée. Il se tend, ses poings se serrant sur le parquet de bois. Pourquoi est-ce que ça le serait ? Aussi il le fixe droit dans les yeux, avec un sérieux à en faire pâlir la madone. « Reprends ta dague, reprends ton cimeterre et je ferai semblant de ne pas t'avoir entendu faire des allusions salaces comme une vulgaire catin. » Il se renfrogne de nouveau, un peu plus. Qu’a-t-il contre les catins celui-là ? Ne sont-elles pas là pour exaucer les plaisirs les plus sales des hommes ? Ces mêmes plaisirs qui viennent d’abord de l’homme que de la femme ? Il renâcle tout bas, comme un animal qui s’agacerait. Le comportement de Farrow mériterait une punition. Après tout, sa mère était une catin. « A défaut d'honneur, aie au moins un peu de dignité. »
    Il le fixe de nouveau, dans un silence presque morbide et finalement, son poing vient se poser juste à côté de la tête de Farrow, sur ses cheveux, tenant fermement sa tignasse sans la tirer encore – mais au moindre mouvement brusque, c’est quelques mèches qui pourraient s’envoler, et s’il cherche encore à reculer sur le sol, c’est son épaule qui risque d’être arrêté par sa main. « Je n’ai ni honneur, ni dignité devant des Veilleurs. Ni pitié ni compassion. » Il penche doucement la tête alors que son corps entier se rapproche de celui de Farrow, venant se glisser, serré, contre le sien. « Ma mère était Charmeuse à Ofägar. » Il penche la tête en avant et lentement son nez vient glisser contre la joue de Farrow qu’il fixe toujours, reniflant l’odeur que dégage sa peau, comme pour s’en imprégner – pendant ce temps, sa voix, chaude et grave, parle tout bas, comme si quelqu’un d’autre aurait pu entendre. « Mon père était l’héritier du Clan. Un homme très amoureux vois-tu… Seulement, c’était… contre-nature, pour un forban, de délaisser le Clan pour une femme, mais mon père le fit. Il partit avec ma mère, vivre à Ofägar. Elle cessa d’être charmeuse et commença à travailler comme domestique. Mon père aidait quant à lui dans les champs, aux moissons… » Doucement sa bouche glisse jusqu’à son oreille, ses doigts repoussant vaguement ses mèches. Il ne sait pas vraiment pourquoi il lui raconte cette petite histoire. Son histoire. Il n’est pas le genre d’homme à donner des leçons de moral, ou à faire s’apitoyer les gens sur son sort, mais il a ce sentiment d’avoir besoin de faire plier Farrow, un peu, pour entamer une armure qui le sépare de lui. Il est peut-être la seule personne l’ayant jamais autant attiré, sans même savoir… pourquoi.
    « Un jour, mon père est rentré des champs. Il est monté à l’étage pour saluer ma mère, mais elle n’était pas là. Il y avait du sang partout, sur le sol, les murs, le lit. Alors il a suivi les traces jusqu’à la terrasse. Il y avait une jolie fontaine au milieu de la terrasse, et ma mère était la tête dedans, à moitié morte. On l’avait violé, frappé, torturé, et gentiment laissé agonisante dans l’eau pour qu’elle perde plus rapidement son sang… » Le forban a un rire grave à l’oreille du Veileur, alors que sa langue doucement en fait le tour, caressante, chaude. « Elle a averti dans un dernier souffle mon père. Il a eu peur, peur pour les siens, pour son père comme pour son fils, alors bêtement il s’est jeté dans le désert pour nous rejoindre. Les Veilleurs l’ont suivi et ont massacré tout mon village. Jusqu’au dernier des nourrissons… » Il s’arrête un instant. Pendant cet interlude, il a réussi a glisser son bassin contre les cuisses de Farrow, et finalement vient presser ses hanches contre les siennes, grondant, entièrement sur lui, si proche que c’en devient dangereux autant pour la proie que pour lui. « Tu me parles d’honneur, de dignité, Farrow, de contre-nature aussi… Dis-moi alors si ton Dieu t’a demandé de tuer des enfants, s’il trouve ça bon d’avoir sur tes mains du sang… » Culpabilisateur ? Sans doute. Lui-même ne pense pas ainsi, mais il est si facile de venir susurrer ses mots à l’oreille du Nucingen, profitant de sa faiblesse pour mordre à l’intérieur, l’écrasant sous lui. « N’est-il pas mieux d’aimer que de tuer… » Et un petit rire enfin ponctue la fin de sa tirade.
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Posté dans Re: Scream 'til the words dry out   - Ven 25 Jan 2013 - 17:26

    « A défaut d'honneur, aie au moins un peu de dignité. » Le poing de Cerberus qui vient se poser sur ses longues mèches de cheveux ne lui fait pas mal tant qu'il cesse d'essayer de ramper pour s'extirper de dessous lui, alors il retient le grondement qui ne demande qu'à sortir de sa gorge et il s'immobilise. Il n'est pas bon de jouer les kamikazes dans une situationt elle que celle-là. Son père le lui avait appris, lors de ses récits de retour de mission. Quand tu es dans une position de faiblesse apparente, disait-il, ne pense jamais à t'en sortir par la force, au contraire, montre toi plus fin, rentre dans son jeu jusqu'à ce que tu reprennes l'avantage. Ça ne lui avait pas mal réussi jusque là, aussi il se contente de le regarder, apparemment docile. « Je n’ai ni honneur, ni dignité devant des Veilleurs. Ni pitié ni compassion. » Le jeune Nucingen fronce légèrement les sourcils en entendant sa remarque et l'espace d'un instant, il pense bien à répliquer quelque chose de cinglant mais comment lui en vouloir ? Après tout, n'éprouve-t-il pas la même chose pour les Forbans ? Il cille, se crispant brutalement, quand le corps de Cerberus vient se coller contre le sien, son cœur s'accélérant tout à coup. « Ma mère était Charmeuse à Ofägar. » Aïe. Il comprend la remontrance à la façon qu'il a de le dire et il se morigène mentalement d'avoir aussi mal parlé des catins. Tout cela ne joue pas en sa faveur et il aura bien du mal à endormir sa méfiance s'il ne gagne pas tout d'abord sa confiance. Ses prunelles ocres se fixent sur le plafond lorsque son nez vient caresser sa joue, comme si le fait de ne pas le regarder faire rendait la chose moins humiliante et dérangeante. Il avait beau appliquer les conseils de son père, il doutait que son géniteur ait eu, un jour, à affronter quelque chose d'approchant. « Mon père était l’héritier du Clan. Un homme très amoureux vois-tu… Seulement, c’était… contre-nature, pour un forban, de délaisser le Clan pour une femme, mais mon père le fit. Il partit avec ma mère, vivre à Ofägar. Elle cessa d’être charmeuse et commença à travailler comme domestique. Mon père aidait quant à lui dans les champs, aux moissons… » Il cille et son cœur palpite plus fort comme la bouche du forban vient murmurer à son oreille et que tout cela prend des proportions quelques peu effrayantes. Lui, il n'a jamais été de ces chasseurs qui jouaient avec leurs proies avant de les tuer alors il ne comprend pas quel intérêt sordide Cerberus peut-il bien avoir à s'amuser ainsi. Qu'il le tue et qu'on en parle plus. Il le regarde à nouveau lorsque ses doigts captent ses mèches volages pour les écarter de son visage. Pourquoi lui raconte-t-il ça, hein ? Qu'est-ce qu'il peut bien en avoir à faire, lui, de sa fable ridicule ? Il ne lui racontait pas, lui, comment on était venus lui annoncer la mort de son père. Non, et pourtant il aurait pu en dire. « Un jour, mon père est rentré des champs. Il est monté à l’étage pour saluer ma mère, mais elle n’était pas là. Il y avait du sang partout, sur le sol, les murs, le lit. Alors il a suivi les traces jusqu’à la terrasse. Il y avait une jolie fontaine au milieu de la terrasse, et ma mère était la tête dedans, à moitié morte. On l’avait violée, frappée, torturée, et gentiment laissée agonisante dans l’eau pour qu’elle perde plus rapidement son sang… » Si Farrow se débat légèrement en sentant sa langue sur son oreille c'est aussi et surtout parce que ses propos le révoltent. Jamais des Veilleurs n'aurait fait une chose pareille, il ne pouvait que mentir de manière éhontée pour une obscure raison. Jamais son père n'aurait pu faire une chose pareille. Jamais. « Elle a averti dans un dernier souffle mon père. Il a eu peur, peur pour les siens, pour son père comme pour son fils, alors bêtement il s’est jeté dans le désert pour nous rejoindre. Les Veilleurs l’ont suivi et ont massacré tout mon village. Jusqu’au dernier des nourrissons… » Le jeune Veilleur gronde en sentant son bassin se presser contre le sien, comme à nouveau, il semble le considérer comme une de ces catins aguicheuses et si impudiques. Tout ce qu'il n'était pas, tout ce qu'il détestait. Comme il détestait les mensonges qui sortaient d'entre ses lèvres et, pour contrer le chemin qu'ils faisaient dans son esprit, il se répétait en boucle que ce type, qui se pressant contre lui, ce type avait tué son père. C'était à cause de lui, cette enfance avortée, à cause de lui, les pleurs de sa mère, à cause de lui les années difficiles à trimer pour survivre, à cause de lui sa haine des Forbans. « Tu me parles d’honneur, de dignité, Farrow, de contre-nature aussi… Dis-moi alors si ton Dieu t’a demandé de tuer des enfants, s’il trouve ça bon d’avoir sur tes mains du sang… » Je n'ai pas fait ça, répète-t-il en boucle, je n'ai pas fait ça. Vraiment ? Non pas encore mais cela signifierait-il qu'il hésiterait une seule seconde si on le lui demandait, si on le lui ordonnait et qu'il s'agissait d'enfants Forbans ? Se dresserait-il comme avait souhaité le faire son père ou n'aurait-il même pas ce courage là, cette force ? Il ignorait tout de cette histoire, mais il savait une chose, oui sans doute qu'il l'aurait fait, s'il y était allé l'épée au clair et aveuglé par sa haine. Bien sûr qu'il aurait tué des enfants s'il avait pu par cet acte anéantir la race des forbans. « N’est-il pas mieux d’aimer que de tuer… » Son petit rire résonne à ses oreilles comme il semble enfin comprendre où il a voulu en venir ; oh vraiment ? Toute cette tirade pour finir aussi mal ? Tout ce cheminement subtil pour ensuite venir mettre les pieds dans le plat ? Dommage, ça aurait presque pu fonctionner, s'il n'avait pas eu le malheur de se trahir avec cette phrase fatidique, ce couperet qui disait à quel point tout cela n'était qu'un moyen de le faire culpabiliser pour le faire plier. Plier pour quoi ? Il craignait de voir juste à ce sujet. En temps normal, il aurait sans doute eu un ricanement en jurant par Ruyn que tout cela était dégueulasse mais il n'était pas en position de force. S'il n'avait pas l'air de coopérer un minimum, Cerberus pouvait tout aussi bien prendre ce qu'il semblait vouloir de force et il ne pourrait pas grand chose pour s'y opposer. Alors il fallait la jouer fine quitte à jouer salement. « Je ne peux pas payer les dettes de tout le monde, Cerberus. » Il le fixe de ses grands yeux ocres comme ses mains se posent sur ses épaules, les agrippant légèrement et cherchant à les repousser un peu pour éloigner leurs deux corps accolés. « Mon père n'aurait jamais fait une chose pareille, ce n'était pas un tueur d'enfants. » S'il l'affirme avec autant de calme et de sérieux c'est qu'il est sûr de son fait. Farseer n'était pas de cette trempe, il en restait persuadé, toutefois, il se garde bien de dire que lui non plus ne l'aurait pas fait, car il ne peut pas en être sûr et qu'il préfère ne pas mentir. S'il comble toutes les failles, Cerberus n'aura plus de prises auxquelles s'agripper et cela ne le rendra que plus dangereux quand il suffisait de l'endormir en se montrant fragile. Lentement, ses mains retombent de part et d'autre de son corps, sur le plancher, comme il le regarde, un air plein d'appréhension sur le visage. « Je... Je ne sais pas aimer... » Un silence étudié. « Mais tuer, ça, je sais. » Il termine sur une petite note étranglée qui lui donne un air enfantin. Oh, il les a suffisamment vues faire, les Charmeuses, pour savoir reproduire leurs techniques de séduction, les manières qu'elles ont de se faire paraître plus jeunes et plus innocentes. Ses doigts se posent finalement sur le poignet du Forban, celui de la main qui tient ses cheveux et il détache doucement ses mèches de son emprise, si doux que ça en deviendrait presque suspicieux et il ne fait plus mine de vouloir s'enfuir. « Tu m'écrases, Cerberus, ça fait mal... » Il constate simplement, risquant même une petite toux pour appuyer ses dires. « Laisse-moi me relever et promets-moi que ma mère restera sauve et je payerai la dette de tous les autres. » Il déglutit difficilement en le disant car, même s'il n'en pense pas un mot, tout cela sonne si vrai qu'il y croirait presque lui-même. Ses prunelles ocres se plongent dans celles, rouge sang, du Forban, retenant cette envie de vérifier où est plantée exactement son épée, les détaillant avec attention et refusant de lâcher ou de se soumettre. Il ignore si Cerberus va se laisser prendre à son piège, il espère juste que sa luxure prendra le pas sur sa raison.
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Posté dans Re: Scream 'til the words dry out   - Lun 28 Jan 2013 - 7:31


    thème.
    Il souffle comme un prédateur, tente d’en tirer ce qu’il veut, mais Farrow lui échappe, il le sait, il le sent, et il sent qu’il devra tôt ou tard se résigner à lâcher l’affaire et le tuer. « N’est-il pas mieux d’aimer que de tuer… » Son dos se creuse comme une panthère, la peau élastique dévoile la musculature du monstre. Cerberus n’est qu’une bête de muscle, sa vie entière n’a été que course effrénée entre la vie et la mort, échappant à la grande faux parfois de peu comme son torse le montre. Il faudrait pourtant plus pour tuer Cerberus, au point que s’il s’était cru invincible dans ses jeunes années, il a fini par y croire vraiment et ne plus avoir peur de la mort, plus du tout. C’est peut-être pour cette raison qu’il se retrouve dans une maison de veilleur, collé serré contre la peau de son ennemi naturel, de son ennemi juré. Peut-être aussi car sa libido lui joue des tours et le font réfléchir avec un tout autre cerveau bien moins efficace et utile. Cette situation dangereuse ne l’effraie pourtant pas. Même si Farrow doit le tuer aujourd’hui, ça ne changera pas grand-chose. Ni le passé ni le futur ne peuvent être changés et métamorphosés. Encore que ça en ferait du changement si Farrow acceptait… L’idée lui traversa rapidement l’esprit, il émit un petit ronronnement contenté avant de se rendre compte de ce à quoi il pensait. Quelle horreur. Quelle erreur ! Il se reprit, ses yeux rouges perçant de nouveau les yeux d’or du jeune homme. « Je ne peux pas payer les dettes de tout le monde, Cerberus. » « Tu devrais… » Cerberus eut un petit sourire en coin, amusé, mais il ne bougea pas d’un pouce quand bien même Farrow voulait le repousser. Il gronda tout bas, le fixant encore, insistant. « Mon père n'aurait jamais fait une chose pareille, ce n'était pas un tueur d'enfants. » Ce qu’il s’en fout… à ce moment-là, sa mission, sa quête de toute-une-vie ne lui semble finalement pas si importante. A sentir son corps contre le sien, il se dit qu’à la vérité, il n’y a rien de mieux que la luxure auprès des hommes. Bien sûr il n’en dira pas un mot, il se taira, et qui irait lire sur son visage de brute qu’il préfère le péché de chair auprès des mâles ? Qui irait lui dire qu’il est de cette trempe de décadent ? Personne. Personne n’oserait.
    Les yeux rouges du forban suivent les mains du veilleur. Il abandonne ? Il fronce imperceptiblement les sourcils. Ce n’est pas normal. C’est même tout à fait… inespéré ? Il hausse un sourcil, silencieux encore, fixant Farrow, se demandant encore ce qu’il prépare. Il est fourbe, il le sait, il l’a déjà vu à l’œuvre et il ne doute pas qu’il serait capable de lui planter un couteau dans le dos lors d’une partie de jambe en l’air. D’ailleurs ça risque d’être même fortement le cas… La question serait de savoir si ça dérange véritablement Cerberus ? Pas vraiment sûr, le forban observe en silence le visage de son ennemi, un long grondement sortant de sa gorge, grave et chaud. « Je... Je ne sais pas aimer... Mais tuer, ça, je sais. » Bien sûr que tu ne sais pas, siffle la conscience du forban, sinon tu n’aurais rien d’intéressant, rien que je ne puisse prendre, détruire et reconstruire. Il se mord la lèvre à le voir sur le sol, et son cœur s’emballerait presque. Pas de sentiments cependant, cependant de l’envie, du désir peur de voir cette petite innocence disparaître derrière la souillure de leurs corps. Que ce serait beau ! Que ce serait plaisant de voir un filet de bave glissait sur son menton, d’entendre ses soupirs, ses cris, et de sentir son corps vibrait à chaque coup de r… Un nouveau grognement résonne quand il voit les doigts du veilleur s’enroulaient autour de ses poignets. Il lui fait perdre la raison et il va le conduire à sa perte, mais quelle perte pour un ange si sombre… il se maudit en silence, comme le dernier des hommes, d’avoir si peu de cervelle et autant de couilles. . « Tu m'écrases, Cerberus, ça fait mal... » Il ne sait faire que ça, c’est un forban, pas un ange de la chorale. Il relâche doucement les mèches du jeune homme cependant, plutôt docile quand il le faut, si ça peut après tout servir ses intérêts, il n’est pas contre. Loin de là. Si seulement cela peut lui permettre d’imprimer ses empruntes sur les hanches du jeune homme, il ferait (presque) n’importe quoi. « Laisse-moi me relever et promets-moi que ma mère restera sauve et je payerai la dette de tous les autres. » Ses yeux cillent et le forban penche doucement la tête, comme le ferait un garuda à qui l’on parle. Il ne comprend pas. Il disait ne pas avoir à payer pour tous et il se dévoue à présent ? Il ne veut pas ça. Il ne veut pas que l’on lui demande un pardon pour ces gens. Il veut les tuer. Il veut tenir dans ses mains les yeux de leurs enfants en croquant dans leurs cœurs chauds sous le regard des parents, qu’ils sentent le leur se tordre et se briser. Comme il voudrait leur faire mal, comme il aimerait… si seulement il savait : qui. Il l’observe un long moment, de nouveau, avant que ses lèvres soudées ne s’ouvrent, réfléchies.
    « C’est à eux de payer leur crime Farrow. Tu n’peux pas payer pour tout le monde, pauvre fou… » Finalement il se penche, lentement, très lentement, et son nez vient frôler le sien, donnant un petit coup contre lui, un coup fondamentalement sensuel et doux. Il a l’air d’un chat cherchant la caresse, a l’air si calme quand son sang pulse trop vite pourtant. C’est du bout des lèvres qu’il susurre un tendre « ...pourquoi se lever alors que nous sommes si bien sur le sol ? » Ses yeux rouges se plantent dans les prunelles ocre, d’un air entendu. Pour lui tout est clair, il vient de recevoir sa bénédiction ou presque, et d’ailleurs, même s’il ne l’a pas, qu’est-ce qu’il l’empêche de le prendre ce « oui » attendu ? Qu’est-ce qui l’empêche de ne pas l’écouter et de continuer comme il l’a toujours fait ? Il gonfle lourdement son torse alors que ses mains, ayant relâchées la tignasse de Farrow, glissèrent jusqu’à sa cuisse, effleurant le tissu, remontant vers sa hanche. Il ne le lâche pas du regard, prudent et méfiant, ne cherchant pas à le brusquer davantage. Il guette ses réactions, ses mouvements, ses yeux. Le moindre tiraillement sur son visage ne passe plus inaperçu. Sa raison perdue, il semble bien que la luxure ait pris le relais comme il pose délicatement ses lèvres au coin des siennes, le fixant, d’un air terrible mais silencieux. « Ta mère restera sauve. » Cela lui semble pourtant logique. Bien sûr un forban n’a aucune morale, aucun honneur, mais Farrow est quelque part « spécial »… sinon il ne serait pas là, à le fixer.
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Posté dans Re: Scream 'til the words dry out   - Mer 30 Jan 2013 - 14:48

    « Laisse-moi me relever et promets-moi que ma mère restera sauve et je payerai la dette de tous les autres. » Il le voit bien qui réfléchit et qui hésite et qui lui en voudrait ? APrès tout il lui a donné bien des raisons de se défier de lui, quand bien même ce genre de choses est sans doute normal entre un Forban et un Veilleur. Ennemis nés, ce genre de procédés était sans aucun doute la règle. Et puis, c'était Cerberus qui avait commencé ; lui qui avait bien failli le tuer dans cette ruelle et il n'avait du sa vie qu'à un signe du destin, la chance d'avoir les mêmes traits que son père. Chance ou malchance. Tout dépendrait de ce que Cerberus lui réservait et à en croire son air lubrique, il craint bien la suite. « C’est à eux de payer leur crime Farrow. Tu n’peux pas payer pour tout le monde, pauvre fou… » Et pourquoi pas ? Est-ce sa faute si son père lui a légué son sens inné du sacrifice ? S'il imagine sa charge de Veilleur comme un conte héroïque et chevaleresque ? Mais là, allongé sur le sol avec le corps de son ennemi si proche du sien, il ne sentait définitivement plus l'âme d'un héros. Ou alors un triste héros, l'un de ceux qui avait renié tout ce pour quoi ils se battaient. Le nez du Forban vient se frotter contre le sien et il retient sa respiration, son coeur manquant un battement, voire plusieurs autres ensuite, en suspens, paniqué à l'idée que cette mascarade ne se retourne brusquement contre lui et qu'il soit le dindon de la farce. Il retient ses prunelles, gardant son regard obstinément dardé dans le sien, faisant tout son possible pour s'éviter de penser aux armes qui jonchent le sol tout autour d'eux. Il déglutit péniblement, comme un gamin effrayé quand il est un vrai guerrier sur le champ de bataille. Un combat lui aurait fait moins peur, n'en doutez pas un seul instant. « ...pourquoi se lever alors que nous sommes si bien sur le sol ? » Oh. Il cille bien malgré lui quand il avait réussi à garder tout le contrôle de lui-même jusque là. Celle-là, il ne l'avait pas vraiment vu venir quand elle était pourtant d'une évidence rare. C'est juste que le Veilleur n'est pas coutumier de ce genre de situations et que par conséquent, chaque phrase, chaque geste, ne fait que refermer davantage le piège sur lui. C'est tout son corps qui se tend lorsqu'il sent les doigts du Forban effleurer sa cuisse puis remonter jusqu'à sa hanche et, s'il rougit comme une fillette, c'est parce qu'en fidèle de Korrul et de ses traditions, il n'a jamais eu de contacts aussi "intimes" avec personne. La plupart des jeunes hommes de son âge pas encore mariés étaient loin de respecter l'abstinence que leur imposait normalement leur condition et il en avait vu plus d'un, de ses frères Veilleurs, aller se traîner dans les bordels en catimini. Il détourne le regard un bref instant mais pour le coup, il est tellement perturbé qu'il ne pense même pas à vérifier où se trouve exactement son épée. Alors, quand en plus, pour en ajouter à sa vergogne, Cerberus posent ses lèvres au coin des siennes, il laisse échapper un petit couinement terrifié. Sûr qu'il va en mourir de honte. Et si quelqu'un les voyait, là, comme ça ? Il serait renié de tous les côtés, c'était certain, ce genre de chose n'étaient pas acceptables, n'étaient même pas envisageables. Ses doigts attrapent le poignet du Forban et repousse un peu trop brusquement peut-être, ses doigts de dessus sa hanche. « Ta mère restera sauve. » Il penche la tête, plonge son regard dans le sien, sans comprendre son raisonnement, une façon de penser qui lui échappe totalement et ses phalanges restent du coup accrochées au poignet de Cerberus, indécises. Vraiment ? Il ne la tuera pas ? Ca ressemble à une parole donnée mais que vaut la parole d'un Forban pour un Veilleur. Rien, ça ne devrait rien valoir car ils sont tous fourbes et menteurs, un peuple sans la moindre once d'honneur et il le sait bien, lui, que sitôt que Farrow aura accédé à sa requête, ce sauvage reviendra sur sa promesse et qu'il la tuera quand même, pour l'exemple, par vengeance, qu'en sait-il lui ? Ses doigts relâchent lentement son poignet et il tremble un peu parce que tout cela va à l'encontre de tout ce qu'il est, de tout ce en quoi il croit, mais s'il peut par la-même sauver la vie de sa mère, qu'y a-t-il à y perdre de plus que sa fierté et son honneur ? Rien. Mais c'était tout ce qu'il avait de plus cher. Après sa mère, certes. Il soupire et, s'il tremble un peu, c'est parce qu'il sait qu'il ne peut pas se permettre le risque de le repousser et de le voir s'enfuir par la fenêtre, le cimeterre à la main, retrouver sa mère et l'égorger sous ses yeux. Il n'y survivrait pas. Finalement, il se résigne et quelque chose change dans son expression. La flamme combattive de ses prunelles s'éteint et une larme vient rouler sur sa joue, mourant essuyée par son bras avant d'avoir pu aller plus loin. Il serre les dents ; il ne sera pas dit qu'il avait flanché comme un lâche. Même dans la honte, il pouvait tout aussi bien rester digne et droit, et l'étincelle féroce dans ses yeux en témoigne à nouveau, ravivée. « Même comme ça, ne t'imagine pas que je serai jamais à toi... » Il gronde ; il est un esprit et un corps libres et même si Cerberus s'empare de lui, il ne lui appartiendra jamais, du moins le pense-t-il, lui, persuadé de son bon droit. Il pensera à autre chose, il ne sera même pas là, son esprit s'évadera ailleurs, comme on le lui a appris pendant ses entraînements et tout ce qu'il aura ce ne sera que la coquille vide de son corps. Doucement, il repose ses doigts sur le poignet du forban, venant tirer sa main à lui pour la déposer sur sa gorge. D'un mouvement, il pourrait lui briser le cou, il le sait bien, mais n'est-ce pas la meilleure façon de lui prouver qu'il se soumet ? Ses doigts hésitent longuement avant de relâcher le poignet du Forban, craintifs, et si ses prunelles papillonnent nerveusement et que ses mains restent à portée, c'est simplement parce qu'il a peur que tout à coup, il décide de l'étrangler.
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Posté dans Re: Scream 'til the words dry out   - Ven 1 Fév 2013 - 13:21


    Cerberus, cette créature sans pitié, sans morale, sans raison… faire une promesse. Cela lui rappelle les enseignements d’Hyléos parfois. Parfois il lui manque. Comme ce soir. « Ta mère restera sauve. » Hyléos lui a enseignait bien des choses. Le massacre et la passion de la guerre et du sang. Comment violer une femme, comment dépecer un styx. Comment tuer un homme sans armes, où frapper pour éclater sa rate, où frapper pour lui couper la respiration. Et une fois, dans le désert, Hyléos se pencha, regarda son petit-fils droit dans les yeux, avec cette froideur extrême pour un homme des sables, et lui dit tout bas : « Un homme se mesure à la hauteur de sa loyauté. L’honneur ne vaut rien, la gloire non plus. Seule la loyauté compte. Même si ça doit te coûter, tiens toujours tes promesses ; elles auront plus de poids quand tu les diras. » Hyléos était mort, mais sa voix résonnait encore dans l’esprit de son héritier. Il émit un grondement de bête, grave et caverneux. Il respecterait ses engagements, comme Hyléos l’avait toujours fait. Il pouvait bien manger le cœur d’un ennemi s’il ne lui avait pas fait la promesse inverse.
    Il s’arrêta cependant de penser en voyant sur la joue de sa victime une perle, blanche et transparente à la fois, glissait. Voilà qui était curieux. Il avait vu des dizaines de personne pleurer avant Farrow mais il n’avait vraiment fait attention à ce pleur, délicat et gracile. Une larme. Quel joli mot. Quel joli petit chose… Voilà que maintenant il le trouvait touchant. Quelle fouterie. Dans quoi est-ce qu’il venait de se fourrer ce con aussi ? Il se crispa doucement, le fixant d’un regard noir. Pourquoi est-ce qu’il jouait la comédie, la petite orpheline esseulée ? Pour le faire chuter, c’est ça ? Pour le rendre le plus doux peut-être ? Il lui aura presque craché à la figure s’il ne se doutait pas que tout ceci était très loin d’être une comédie. « Même comme ça, ne t'imagine pas que je serai jamais à toi... » Il lui jeta un regard entendu, comme s’il comprenait quelque chose à ce rapport qui doucement, sinueusement, venait s’immiscer entre eux, pour les lier à tout jamais. S’il avait su que la seule chose qu’il n’est jamais désiré pourrait dans le futur le mettre à genoux, le réduire dans le pire des esclavages qui soit, l’aurait-il tenté ? L’aurait-il quand même tenté ?
    Son regard suivit doucement les mouvements de sa proie. La victime qui se donnait était la plus belle des images pour un prédateur, mais également la plus troublante. Il lui disait oui, mais en même temps se dérobait, lui signifiant très clairement que même après ce soir, il ne lui serait pas véritablement acquis. Etait-ce qu’il voulait ? Un accouplement froid et sordide ? Il en avait eu des dizaines, des centaines. De toutes ces nuits où le péché revenait sur ses épaules, forts et appuyant. Comme il se haïssait. Il aurait dû le tué dès le début, tout ça ne se serait jamais passé. Tout ça n’aurait jamais pris le pas sur sa raison. Et il pourrait. Il pourrait très bien serrer sur sa gorge ses doigts, jusqu’à l’étrangler, sentir dans ses yeux cette peur panique de la vie qui doucement s’en va et disparaît dans un souffle. Ça serait la moindre des choses en souvenir d’Hyléos et les autres. Ça serait un veilleur de moins sur cette terre. Ça serait tellement de chose à la fois…
    Dont une chose qu’il n’aimerait pas. « Tu as peur de moi… » La voix toute basse était pernicieuse, effrayante même. C’était rhétorique. Ça n’appelait à aucune réponse de sa part. Le silence était bien plus délectable que la voix de Farrow, et il l’aurait sans doute tué pour de vrai s’il avait osé ne serais-ce que penser une seule seconde à lui répondre. Qu’il se taise, pour l’amour de Ruyn, qu’il se taise. Sur ce plancher-là, fallait-il qu’il se déflore ou le gracie ? Le regard rouge sang du forban hésita. Ses doigts se serrèrent, à peine, pas assez en tout cas pour lui faire mal ou peur, juste assez pour lui faire comprendre qu’il avait sa vie entre ses doigts, et que c’était le moment, unique, fatale, ultime même, où il prendrait une décision qui viendrait régir le restant de toute sa vie.
    Le laisser en vie. Ou le tuer.

    Il avala difficilement sa salive, se redressant lentement. Ses doigts quittèrent la gorge de Farrow, et lui le sol, s’élevant comme une masse destructrice, immense et froide. Il le fixait encore, détaillant son corps, nu, ses hanches divines appelant à la luxure. Quel diable l’avait-il piqué pour qu’il ne jure que par lui ? Que jusque dans la nuit le songe parfait vienne le hanter ?
    Il émit un doux grognement, ressemblant vaguement à celui d’un garuda en finalement se pencha pour attraper son arme. Il dégagea du sol son cimeterre, l’éleva dans les airs et le rabattit. Le petit « shlinkg » passa inaperçu dans le silence de la pièce. L’arme rentré dans son fourreau, il délogea la dague et la rentra de nouveau dans sa ceinture. L’atmosphère était pesante, lourde. Quelque chose se tramait dans son esprit mais il ne savait clairement pas quoi. Il s’avança de deux pas vers la fenêtre, jaugea l’extérieur. Le soleil perçait à peine, et le ronflement de la barrique d’à côté avait cessé depuis une minute environ. Il ne s’en était pas rendu compte avant, trop… accaparé par le veilleur. Voilà une erreur de taille. Il grimaça.

    « Tu le seras tôt ou tard Farrow. » Ses yeux rouges glissèrent jusqu’au veilleur. « Tu m’as laissé la vie sauve une fois, je t’ai laissé fuir une fois également. Ne me dis pas que je ne te hante pas, que la nuit dans ton lit tu ne te rends pas malade à l’idée que je m’y glisse… » Il eut un petit rire, malsain, malade. Il se rendait lui-même fou à cette idée. « Nos destins sont liés. Nous nous recroiserons tôt ou tard. Et tu seras à moi. »

    C’était lâché. Un bruit dans la pièce d’à côté, et déjà Cerberus passait par la fenêtre, disparaissant dans les ruelles, comme une ombre qu’il était, passant.

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