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Rencontre mystérieuse...

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Posté dans Rencontre mystérieuse...   - Mer 9 Jan 2013 - 8:53

Depuis son retour inexpliqué de l'île Blanche, Savanah était resté plusieurs semaines en observations à l'infirmerie du QG. Elle avait rencontré plusieurs de ses supérieurs, dont l'ex Général Saaris, Abysse ainsi que L'officier Von Schroeder. Depuis, personne n'était venu la voir, elle était oubliée de tous au sein de la milice. Elle qui avait survécu aux sauvages de ces terres glaciales et à sa détention avec son amie Skye Lewis.
La nuit, elle hurlait, ou se réveillait souvent en sursaut, avec les derniers mots de Skye qui résonnaient comme un écho dans sa tête : "Savannah... N’oublie pas de venir me chercher !" Ces mots la hantaient chaque nuits... Alors qu'elle fut de retour sur pieds, elle reprit un entrainement physique intensif. Sans relâche, elle s'entrainait encore et encore.
C'est alors qu'elle demanda à passer les tests afin de repartir sur le terrain au plus vite. Ses supérieurs lui accordèrent cette faveur. Elle avait brillé à tous les examens, autant physiques qu'intellectuels, mais son milieu de prédilection était les airs. Ses examinateurs lui fit passer le test de pilotage avec les nouvelles recrues. Le combat d'entrainement ne dura pas bien longtemps. En quelques minutes, Savanah avait éliminé toutes les cibles, ne laissant aucune chance aux bleus. Elle avait la rage, la rage de vaincre les sauvages qui l'avait retenue prisonnière, elle et Skye. C'en était presque une obsession.

Alors que le résultat de ses tests tombèrent, elle fut convoquée par son officier supérieur au QG. Savanah se présenta, habillée impeccablement de son uniforme. L'officier la pria de s'asseoir et il sortit un dossier de son tiroir.

"Pilote Vaeril... Vous avez brillé dans toutes les disciplines... A l'avenir, je vous demanderai de ne plus dégouter nos nouvelles recrues... Vous m'avez compris !?
Bref... Malgré le fait que vous êtes au meilleur de votre forme, j'ai reçu une contre indication catégorique de notre chef psychologue... Selon lui, vous êtes inapte mentalement à exercer dans la milice tant que vous n'aurez pas surmonté le traumatisme de votre détention dans le nouveau monde.
Je vous laisse une permission exceptionnelle, soldat Vaeril. le temps pour vous de vous changer les idées et de vous guérir de tout ce-ci..."


D'un coup, Savanah s'était levée et tapa du poing sur le bureau devant l'officier qui ne sourcilla pas.

"Mais enfin Monsieur ! C'est inadmissible !! Je suis la meilleure pilote de tout Matroos et vous le savez ! J'ai risqué ma vie pour notre pays, j'ai vu mourir au combat nombre de mes camarades... Vous n'allez quand même pas écouter ces abrutis de psy... Ils ne savent pas ce que c'est de..."

"C'est un ORDRE soldat Vaeril !
C'est ça ou je vous exclue de la Milice ! A vous de choisir ! Visiblement, votre réaction confirme ce que j'ai dans ce dossier. Vous êtes ingérable..."


L'officier fixait intensément Savanah. Intérieurement, elle bouillait de rage. Comment osait-il la mettre à l'écart sous prétexte qu'elle est psychologiquement inapte. Qui ne l'aurait pas été après la détention et les tortures qu'elle avait enduré ? Elle fut malgré toute sa volonté, contrainte d'accepter de partir en permission.


Plusieurs jours plus tard, à Vuulte. Savanah, après tant d'années, était rentrée chez elle, dans sa ville natale. Cela ne l'enchantait pas particulièrement, mais elle n'avait nulle part où aller après le QG de la milice. Nulle part ou elle était réellement chez elle.
Lorsqu'elle arriva dans la maison de son enfance, sa mère folle de joie de revoir sa fille après toutes ces années sauta dans ses bras les larmes aux yeux. Elle était aux petits soins avec elle, lui faisant préparer des bons petits plats par ses domestiques, ou l'encourageait à échanger ses habits "d'homme" contre des robes à froufrous. Car en tant que fille bourgeoise, elle se devait de ne pas ressembler à une souillon. Tout ce qui pouvait irriter Savanah.
Rapidement, elle chercha à passer le plus de temps hors de sa maison et de sa mère qui voulait l'obliger à faire les boutiques... Elle voulait fuir tout ça, rester dans un quotidien beaucoup plus modeste. Mais elle n'arrivait pas à oublier son amie qu'elle avait abandonnée... Alors elle allait de tavernes en tavernes. Elle allait même dans celles qui étaient les plus mal famés de Vuulte. c'était pas quelques hommes saouls qui allaient lui faire peur. Elle était souvent la première à engager le combat. Plusieurs fois, elle était revenue chez elle avec quelques blessures et hématomes au visage, et puant l'alcool. Inquiète, sa mère lui demandait ce qu'elle faisait de ses journées, mais Savanah ne répondait jamais. Elle cherchait à oublier...

Un jour, excédée, la mère de Savanah décida de la mettre à la porte après que la milicienne ai traité ses amies de tous les noms. C'était la goutte de trop et elle ne pouvait pas supporter un tel déshonneur. Cela ne faisait ni chaud ni froid à Savanah. Alors elle chercha une taverne ou elle pouvait dormir pour presque rien et où elle n'était pas connue. Sa recherche l'amena dans les quartier des plaisirs. Sans doute l'endroit le plus louche de la ville. Même les miliciens n'osaient pas s'y aventurer. On pouvaient y trouver de tout, des contrebandiers, des voleurs, mais surtout des prostitués, cherchant l'argent facile dans les rues. Le plus souvent, ces femmes appâtaient les hommes devant les maisons closes, mais aussi devant les tavernes afin de prendre le plus d'argent possible aux soulards.

Savanah marchait dans la rue vêtue d'un long manteau et le visage caché par une capuche. Même si elle n'avait pas grand chose à craindre, il valait mieux ne rien provoquer ici...
C'est alors qu'elle trouva enfin ce qu'elle cherchait, une petite auberge discrète, coincée entre deux grands bâtiments. Lorsqu'elle y entra, il n'y avait pas grand monde. Personne ne prêta attention à elle, jusqu'à ce qu'elle enlève sa capuche, dévoilant son visage et ses longs cheveux bruns. Le silence s'était fait et les regards restaient plantés sur elle. D'un regard féroce à l'assemblée silencieuse, elle les fit tourner la tête et reprendre les conversations. Seul le tavernier n'avait pas quitté des yeux Savanah.

"C'est combien la chambre tavernier !?"

"Un galon d'argent avec le repas... Pour boire il faut plus, pt'ite demoiselle..."

Savanah tira de sa poche deux galons d'argent et les balança sur le comptoir devant le tavernier qui les ramassa aussitôt en grognant. Elle s'installa sur un tabouret à côté d'un homme qu'elle regarda à peine et dit à haute voix :

"Tavernier ! Ton hydromel ! Je veux ton plus fort... Et ne me reluque pas comme une de ces catin qui traine devant ton auberge !"
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Posté dans Re: Rencontre mystérieuse...   - Ven 11 Jan 2013 - 3:33

L'on dit que la route qui mène à Vuulte est longue, et son propre chemin n'avait pas fait défaut à la règle. Depuis qu'il avait quitté Errande, quelques semaines plus tôt, Gaspard ressentait une vague lassitude. Si voyager faisait partie de l'un de ses passes-temps favoris, son statut entachait considérablement ce plaisir. Fuir la milice matroscienne, tout en tâchant de ne pas devenir aigre ou violent, s'avérait difficile. Les brutes qu'il se forçait à côtoyer dans les bas-fonds les plus miteux finiraient bien par déteindre sur lui, et cette perspective l'inquiétait. Pour ne pas attirer l'attention, il demeurait la plupart du temps silencieux, se contentait d'écouter les conversations afin de se tenir à jour des diverses actualités locales ou plus générales. Ce comportement l'agaçait, ou plutôt : fuir l'agaçait. Se cacher, sans cesse, baisser la tête en croisant un milicien, ou même bondir dans une ruelle en apercevant l'ombre d'un bataillon constituaient son quotidien.
Ce n'était pas la première fois qu'il se retrouvait tout à coup à broyer du noir. Cela finissait généralement par passer, mais tant que ça durait, Gaspard se morfondait et restait de fort méchante humeur, et en oubliait parfois ses bonnes manières. Difficile de rester aimable avec autrui quand vous savez qu'autrui vous détesterait s'il connaissait votre véritable identité. En ce moment, il s'appelait Henri Galorant, scribe de sa profession. Les gens aimaient beaucoup Henri.

Toutefois, le jeune homme avait du reprendre la route, et si cela n'arrangeait rien à son état laconique, il s'était dirigé vers Vuulte. Là, c'était tout naturellement qu'il avait rejoint les quartiers les plus inquiétants quartiers, ceux où la lumière du jour parvenait à peine dans les ruelles étroites, tant les murs étaient hauts et rapprochés. La communauté de prostituées, de leurs clients ainsi que d'autres barbares sans foi ni loi peuplaient les allées. Gaspard prit le temps de flâner dans le quartier, les mains dans les poches, et plus il constatait la misère des lieux, plus son humeur s'assombrissait. C'était comme se mordre là où avoir mal était agréable.
Après avoir rejeté de très loin les invitations lubriques de quelques catins, il s'apprêtait à dénicher un endroit calme où se reposer les pieds, lorsqu'une créature fardée à outrance se glissa en travers de sa route. "Glisser" fut le terme qui lui vint naturellement à l'esprit, car la démarche avachie de la jeune femme, qui se traînait littéralement au-devant de lui, ne réclamait aucune autre description. De son allure alanguie (un peu trop, d'ailleurs, peut-être venait-elle à peine de quitter son dernier client), les joues roses et la bouche vermeille, elle s'appuya avec nonchalance sur le mur noir de saleté, et se déhancha délicatement.

"C'est pas tous les jours qu'on croise de beaux jeunes hommes comme toi. D'habitude, c'est surtout de vieux riches mal baisés par leur femme."

Avisant la position lascive de la jeune femme, Gaspard recula poliment d'un pas, cachant avec difficulté son dégoût et sa gêne. Il n'avait jamais apprécié la débauche, la luxure et tout ce qui se rapportait à la lubricité. Néanmoins, il comprenait bien que cette pauvre fille n'avait probablement pas choisi ce métier par vocation, aussi s'efforça-t-il de répondre d'un ton aimable :

"Je suis ravi d'avoir pu vous divertir un instant, mademoiselle. A présent, veuillez m'excuser, mais la route a été longue, et...

- Si t'es fatigué, pourquoi ne viens-tu pas te reposer avec moi ?

Il la regarda fixement, et son regard se durcit tandis qu'il repoussa avec délicatesse mais fermeté la main tremblante qu'elle lui tendait.

- Je regrette, mais je n'aurai pas de quoi vous payer, et ça ne vaut franchement pas la peine que vous vous occupiez de moi gratuitement. Tenez, ajouta-t-il en fouillant dans sa poche et en en tirant un galon d'argent, louez-vous une chambre propre et dont l'hygiène sera suffisante, prenez un bon bain, ôtez ce maquillage, relacez votre corset, et essayez de réfléchir à un moyen de quitter cet endroit."

Sans attendre sa réponse, il rabattit sa capuche sur son visage et s'éloigna à grands pas, tandis que dans son dos la jeune femme le couvrait d'injures. Mais ce n'était pas sa faute. Il finissait toujours par être désagréable avec les femmes. Même lorsqu'elles étaient propres.
Plus pour se poser quelque-part que par réelle envie, Gaspard pénétra dans une taverne à la devanture inquiétante. Dans toutes les tavernes, on retrouve le même panel de clients : le petit bourgeois moyen, le dos courbé au bar, essayant de ne pas faire voir aux autres qu'il boit parmi la fange de la population; les trois amis aux rires gras qui récitent une collection de chansons paillardes; l'homme solitaire assis à l'écart, et le tavernier. Cette taverne-ci n'était très différente de toutes celles qu'il avait eu le loisir de visiter. En poussant un profond soupir, Gaspard s'avança jusqu'au bar, salua rapidement le bourgeois d'un signe de tête, et posa les coudes sur la table. Soit. Il serait donc l'homme solitaire, le nez plongé dans sa choppe, à attendre que quelque-chose se passe et à gronder dès que quelqu'un le frôlait. Avec morosité, le jeune homme se rappela à quel point il n'avait jamais aimé ce rôle.

Quelques minutes à peine après qu'il se soit installé, la porte s'ouvrit à nouveau, et un brusque silence s'abattit sur la pièce. Intrigué, il jeta un coup d'oeil par-dessus son épaule, et constata qu'une jeune dame vêtue d'une longue cape venait d'entrer. Lorsqu'elle rejeta son capuchon en arrière, les quelques hommes présents la fixèrent avec une lueur de convoitise, et Gaspard redouta un esclandre, mais la nouvelle venue les foudroya du regard, et tous s'en retournèrent à leur ivresse. Néanmoins, il ne se laissa pas amadouer par ses grands yeux gris : lorsque les gens s'habillent d'une cape, c'est généralement pour cacher quelque-chose, il le savait bien pour en avoir revêtu souvent, autrefois. Mais que cachait cette jeune femme ? Un corps alléchant, qui risquerait de lui attirer des ennuis ? Un coup d'oeil à ses pieds apprit à Gaspard qu'aucun froufrous en dentelle ne dépassait, probablement ne portait-elle pas de robe. Il ne s'agissait donc pas là d'une jeune noble à la recherche d'un parent ou d'un domestique. La venue d'une femme dans une taverne (une femme qui n'était pas une catin, s'entend) restait suffisamment rare pour intriguer. Mais lorsqu'elle prit la direction du bar et s'assit sur la tabouret à sa droite, Gaspard se rembrunit aussitôt et détourna le visage. Pourquoi fallait-il toujours qu'elles lui collent à la peau ?
L'inconnue n'était pas du genre à se laisser marcher sur les pieds : d'un ton qui ne souffrait nulle contradiction, elle demanda une chambre au tavernier, ainsi qu'une choppe d'hydromel. Mais la phrase qu'elle prononça ensuite fit tiquer Gaspard. L'hygiène n'était pas la seule chose à laquelle il faisait attention, les mots étaient importants pour lui également. La mauvaise formulation de la jeune femme le força - contre son gré - à lui faire face et à souffler d'une voix grognonne :

" La façon dont vous avez répondu à cet homme entendait que ce sont les catins qui vous fixent sans vergogne, et non lui qui les couve d'un regard affamé." Il ajouta, esquissant un sourire en coin : " Mais je suis sûr que les charmantes personnes qui attendent sur le trottoir ne rechigneraient pas à vous connaître plus intimement, si vous leur offriez quelques pièces. Elles sont prêtes à tout."

Ce n'était pas très poli de faire remarquer une erreur à une inconnue, mais Gaspard était de fort méchante humeur, et les convenances n'étaient plus que le cadet se ses soucis, à l'heure actuelle. Cet endroit réveillait ses angoisses les plus profondes, telles que la maladie ou la mort. Il se promit de ne pas rester très longtemps ici, quitte à se montrer au grand jour dans un quartier moins mal-famé.
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Posté dans Re: Rencontre mystérieuse...   - Ven 11 Jan 2013 - 8:37

Depuis qu'elle état partie de chez elle, Savanah avait tout fait pour éviter les ennuis. Quand elle y était encore, elle avait un peut trop abusé et elle avait risqué plusieurs fois de se faire envoyer en prison par ses collègues de la milice. Ca aurait fait tâche sur son dossier... Surtout qu'avec ses antécédents, elle n'aurait plus eu aucune chance d'être réintégrée. Elle essayait de faire profil bas. D'autant plus qu'elle n'avait absolument aucune envie de dormir dehors et qu'elle avait déjà payé le Tavernier.
C'est alors que l'homme assis à côté d'elle grommela quelques phrases à son adresse. Savanah s'était retournée vers lui immédiatement. Sa fureur explosait dans son regard. Elle se retenait de lui envoyer une bonne correction pour lui avoir parlé ainsi, mais elle se calma.

"Et toi !? Qui t'es pour me parler ainsi !? Qu'es-ce que j'en ai à foutre de ton foutu langage !
Putain... J'y cois pas... T'as pas fini de reprendre tout le monde dans ce vieux trou de merde alors..."


Le Tavernier qui amenait l'hydromel de Savanah venait d'entendre sa dernière phrase, et d'un geste brusque, il déposa le verre sur le comptoir, faisant renverser une partie du liquide. Le regard provocateur, Savanah fixait alors le Tavernier qui ne sourcilla pas d'un poil.

"Si vous voulez mettre l'bordel ici, faites ça dehors ! Sinon, c'est moi qui m'en chargerais... J'ai eu assez de problèmes avec la milice comme ça..."

Sur le coup, elle faillit dire qu'elle en était de la milice, et qu'il lui devait plus de respect. Mais dans ces coins là, il ne valait mieux pas en parler. On ne savait jamais sur qui tomber dans ce genre d'endroit louche.
Elle bu une bonne gorgée d'hydromel et s'adressa de nouveau à l'homme qui l'avait reprise.

"Tu crois vraiment qu'une femme a besoin de payer pour prendre du bon temps !? Nous ne sommes pas assoiffées de luxure dégueulasse comme vous l'êtes... T'as l'air de rien n'y connaitre aux femmes, toi...
T'as surtout pas l'air d'un soulard qui reste planté jour et nuit au comptoir... Non... Toi, t'es pas un de ces types crasseux puant le tabac froid à l'autre bout de la rue..."


La fureur de Savanah s'était envolée. C'était ça son caractère, elle était beaucoup trop impulsive, mais la pression redescendait toujours rapidement. Enfin pas toujours... Ce qui lui avait valu pas mal de mésaventures dans le passé. Non, ce qui lui permettait de se défouler, c'était de partir en mission. Alors que là, en ne faisant rien du tout, elle était prête à exploser à tout moment. Elle en était presque dangereuse pour les autres. Savanah reprit une bonne lampée d'alcool et d'un air malicieux, continua à l'adresse du type :

"T'es pas d'ici toi, hein ? Rien que ton parfum me dis que t'es pas un pauvre sauvage qui a vécu toute sa vie dans la rue... T'as décidé de quitter papa et maman pour t'essayer à l'aventure ?"
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Posté dans Re: Rencontre mystérieuse...   - Sam 12 Jan 2013 - 9:33

La virulence avec laquelle l'inconnue lui répondit surprit Gaspard. Visiblement, il n'était pas le seul à prendre avec des pincettes aujourd'hui. Elle avait craché ces mots avec rage, et la colère qui grondait en elle ne devait pas être seulement due à l'intervention du jeune homme, ce qui l'intrigua d'avantage.
L'arrivée du tavernier l'empêcha de répondre immédiatement, et l'inconnue en profita pour ajouter, non sans arrogance, que les femmes constituaient un domaine encore inexploré. Sur ce point, elle avait tort tout en ayant raison, et Gaspard eut un petit rire sarcastique. Ce qu'il savait des femmes ne lui donnait pas spécialement envie d'en apprendre d'avantage à leur sujet.
Mais l'allusion du tavernier à propos de la Milice avait réveillé une vive inquiétude chez Gaspard, qui sentit avec agacement sa poitrine se serrer. Son visage était peu connu à Vuulte, car ce n'était pas une vile qu'il appréciait et, par conséquent, il y passait très peu de temps. Mais si un milicien venait dans un quartier mal-famé, peut-être ferait-il le rapprochement entre l'avis de recherche et le jeune scribe, qui n'en était pas vraiment un.

La conversation aurait peut-être tourné au vinaigre si le ton de la jeune femme ne s'était pas radouci. Sans tenter de dissimuler sa curiosité, elle lui fit remarquer qu'il n'était pas vraiment le genre de pilier de bar qu'on avait l'habitude de rencontrer dans les tavernes.

Prenant le temps d'avaler une gorgée de sa boisson, et d'inspirer profondément pour refouler les bouffées d'angoisse qui l'envahissaient lentement, Gaspard finit par répondre :

"Je vous remercie, mais laissez-moi vous retourner le compliment : vous semblez très propre vous aussi, et vous ne puez guère. Je dirais même que le fumet que vous dégagez est le plus exquis que j'aie pu rencontrer depuis Errande."

Gaspard s'autorisa un sourire poli mais hypocrite, un sourire crispé par la panique. "Oh non", songea-t-il en son for intérieur. "Pas maintenant, pas comme ça." Il lui arrivait d'être saisi de crises d'angoisses, et généralement, celles-ci arrivaient dans les ordres sombres et à la propreté douteuse. Cette taverne correspondait assez bien à l'idée qu'il se faisait d'un endroit sale. Mais ces crises ne s'étaient pas produites depuis plusieurs mois, si bien qu'il avait espéré qu'elles avaient cessé définitivement. De toute évidence, il s'était trompé. L'allusion à la milice et l'agressivité de cette fille en avaient déclenchées une. Déjà, les battements de son coeur s'accéléraient, son souffle devenait irrégulier.

Tout en masquant son état du mieux qu'il pouvait, Gaspard répondit :

"Mon parfum ne vous trompe point. Je suis un jeune scribe itinérant, mes pas me portent là où ma bourse me le demande. Le voyage m'a toujours attiré. Pardonnez-moi si je vous aie offensée, ajouta-t-il en s'inclinant légèrement, sans que son sourire narquois ne quitte son visage, ce n'était pas là mon intention. Si je puis me le permettre, vous ne semblez pas, vous non plus, venir de la rue. Il est dangereux pour une jeune et noble dame telle que vous de se montrer dans un quartier aussi inquiétant."

Il avait prononcé cette dernière remarque par pure courtoisie, car quelque-chose lui disait que cette femme-là était tout à fait capable de se défendre le cas échéant.
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Posté dans Re: Rencontre mystérieuse...   - Mar 15 Jan 2013 - 3:59

"Le fumet que vous dégagez est le plus exquis que j'aie pu rencontrer depuis Errande."

Voilà autre chose... Savanah était encore tombé sur un romantique qui lui faisait des avances bidon. Mais bon, il valait mieux qu'il dise ça plutôt que l'inverse, il aurait finit par passer un mauvais quart d'heure, le bougre.
C'est là que l'homme changea. Savanah n'aurait pas su décrire ce que c'était, mais il avait l'air mal, son souffle s'était accéléré et il semblait anxieux. En général, c'était l'effet qu'elle procurait devant des ennemis, mais là, elle n'avait absolument rien fait et l'homme, tant qu'il se tenait à carreau avec elle, il n'avait aucun soucis à se faire. Mais il semblait bien cacher ce qu'il ressentait, car très vite, il se calma. Savanah ne s'était pas faite abusée, les yeux ne mentent jamais.

"Un gratte papier ! Drôle d'endroit pour loger... Vous devez être vraiment mauvais pour chercher une piaule ici... Je croyais que les bibliothécaires, ou d'autres grosses têtes offraient le gîte et le couvert aux gens qui voyagent comme vous.

Un conseil... Évitez de voyager seul la nuit... Les routes ne sont pas sûres avec tous ces enfoirés de hors la loi qui trainent... la Milice ne peux pas être partout..."


Lui aussi semblait avoir deviné qu'elle n'était pas originaire des faubourgs de la ville. Après tout, pour quelqu'un qui dispose d'un minimum d'intelligence, ce n'était pas très dur à remarquer. Il y a des habitudes qui restent et qui ne trompent jamais. Savanah resta silencieuse quelques instants, pensive et jouant avec son verre à moitié vide. Elle le termina alors d'une traite et appela de nouveau le tavernier qui grogna. Elle jeta deux pièces sur le comptoir.

"La même chose pour moi et l'autre type... S'il vous plait !"

Elle avait dit ces derniers mots avec un faux sourire. Le tavernier lui avait alors jeté un regard sombre. Elle jeta un coup d'oeil à l'homme à côté d'elle. Un flash lui parcourut l'esprit. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle était certaine de l'avoir déjà vu quelque part... Mais où ? Elle pensa aux avis de recherche disposés un peu partout au QG. C'était sa logique de Milicien qui lui faisait penser à ça tout d'abord. Quand une tête lui disait quelque chose, elle avait pour habitude de faire la comparaison à son souvenir des avis de recherche.
Mais le profil de l'homme ne correspondait en aucun cas à un hors la loi. Du moins, si il l'avait été, ça aurait été le genre de personne à se faire prendre au bout de deux jours de cavale. Elle avait sans doute du le croiser quelque part dans la rue, c'était bien plus logique.
Le tavernier arriva avec les deux verres et le posa sur la table. Savanah le remercia avec une fausse voix douce, ce qui fit grogner de plus belle le tavernier.

"Non... Je ne suis pas originaire de ce milieu... Et ça... T'en as rien à faire... Comme le but de ma présence ici...
Et ne t'inquiète pas pour moi, contrairement à toi, j'ai l'habitude me débrouiller dans des endroits bien pires que celui-ci... J'ai vu des endroits où même tes pires cauchemars sont de doux rêves à côté d'eux..."


Savanah frémit. Elle avait eu un flash de quand elle était retenue prisonnière dans la tour glaciale des terres blanches avec Skye. La voix de son amie résonnait une fois de plus dans sa tête... Ce genre de traumatisme, elle avait du mal à le cacher et elle était persuadée que ça n'avait pas échappé à l'homme. Combien de temps encore ça allait durer... Elle changea alors brusquement de sujet.

"Au fait... Moi c'est Savanah... Savanah Vael...
Ainsi donc vous venez d'Errande..."
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Posté dans Re: Rencontre mystérieuse...   - Mar 15 Jan 2013 - 5:31

Le verre qui l'appelait en silence ne lui disait vraiment rien. Sa tête lui tournait, il avait l'impression que son coeur allait sortir de sa poitrine et que ses poumons allaient exploser tant la douleur était atroce. C'était comme avoir une lame brûlante entre les côtes. Néanmoins, Gaspard parvint à garder une contenance, écoutant les recommandations de la jeune femme avec un sourire crispé, mais bel et bien présent : tout était dans l'apparence. L'allusion aux hors-la-loi manqua le faire s'étouffer, mais il se contenta de répondre d'un air confiant, en découvrant la dague qui pendait à sa ceinture :

- Je connais les pratiques de certains bandits de grand chemin, j'y suis préparé. Je ne suis peut-être pas un excellent combattant, mais au moins la vue de cette arme découragera-t-elle les moins hardis. Il n'est pas dans mes habitudes de souper dans ce genre d'endroit, mais je n'ai pas eu pas le courage de rejoindre les hauts quartiers, tant ma soif était grande.

Il sourit poliment, comme pour prouver sa bonne foi. Puis, voyant que le visage de son interlocutrice s'assombrissait, il porta son nouveau verre à ses lèvres. L'alcool lui brûla la gorge, et cela lui rappela à quel point il était anxieux. Mais c'était faux : il avait dépassé le stade de l'anxiété. La terreur qui couvait en lui tenait plus de la panique.
D'une main tremblante, il reposa sa chope, constatant avec surprise que la jeune femme semblait moins entraînante, tout à coup. Lorsqu'elle lui dit qu'elle avait vu de nombreux endroits pires que celui-ci, il la cru. Étrangement, elle ne semblait pas être le genre de femme à minaude et se jouer des hommes comme une enfant manipule une poupée de tissu. Cette idée le rasséréna, mais cela n'était pas suffisant.

- Henri Galorant", fit Gaspard en lui tendant une main amicale, après avoir essuyé la sueur qui la couvrait sur sa tunique. "Vous m'avez mal compris. Je viens effectivement d'Errande, mais suis natif de Sant Poséïnos. De plus, je..." Une violente crampe le cueillit au creux de l'estomac, vidant l'air de ses poumons. Tremblant sous la douleur, Gaspard chancela et faillit basculer de son tabouret, avant de reprendre son équilibre de justesse. Devenu extrêmement pâle, il laissa échapper un gémissement terrifié. Ses yeux se brouillaient, son souffle devenait court, il voyait diverses choses se mélanger : la milice, la prison, la maladie.
Incapable de reprendre pied, le jeune homme parvint tout de même à se redresser, à inspirer profondément et à déclarer, faisant preuve d'une volonté hors du commun :

- Veuillez m'excuser, il semblerait que j'aie abusé de l'alcool ce soir. Mieux vaut que je me retire dès maintenant, pour ne pas vous indisposer." Il récupéra sa veste, laissa quelques pièces sur le comptoir. "Ce fut un plaisir de vous rencontrer, mademoiselle Vael. Pardonnez encore mon affront de tout à l'heure. Je vous souhaite une excellente soirée, et faites attention à vous." Il la salua poliment, et s'efforça de quitter l'auberge sans donner l'impression de prendre la fuite.
L'air aviné et acide de l'extérieur le percuta comme une gifle. Sans dignité, Gaspard s'effondra contre le mur, quelques mètres plus loin. Sa poitrine se soulevait et se serrait, comme secouée de sanglots, sauf qu'aucune larme ne coulait sur ses joues. Au bout de quelques secondes, il parvint à aspirer un peu d'air, mais son corps était toujours parcouru de frissons. Il percevait ce qui l'entourait de manière indistincte, entendit plus ou mois une bande de molosses ricaner à l'autre bout de la rue, et les chansons paillardes beuglées par les ivrognes provenant de la taverne. Il attendit que le monde ait cessé de tourner pour se redresser, sans quitter l'appui du mur gris de suif. C'était vraiment une très, très mauvaise journée.

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Posté dans Re: Rencontre mystérieuse...   -

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