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Rencontre avec un Chamane, pourquoi fallait-il que ce soit elle, et rocambolesque ?

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Posté dans Rencontre avec un Chamane, pourquoi fallait-il que ce soit elle, et rocambolesque ?   - Sam 19 Jan 2013 - 19:57

Tirdad déambulait dans les rues d’Arish avec tout le sérieux dû à sa fonction de Veilleur Pourpre. Après une énième incartade de plus, il avait été envoyé en disciplinaire pour patrouiller les grandes artères d'une ville qu’il n’aimait guère. Sa prestance et son charisme ne passait pas inaperçues, son armure étincelait sous le soleil cuisant de l’après-midi. Ses épaulières étaient recouvertes par les attaches de sa longue cape d’un violet écarlate, la pourpre était une couleur fascinante. Son casque reposait sur son avant-bras bardé de cuir, son plastron lui donnait chaud et ses grèves n’étaient pas aussi confortables qu’il le voulait. Qu’importe, il était dans l’exercice du devoir, sa longue épée ceinte sur le flanc, il n’avait pas emporté avec lui son standard FFI. L’idée de faire feu dans la foule le répugnait, les dommages collatéraux ne faisait pas partit de son mode opératoire. Il était temps de faire une pause, il avisa la terrasse d’un débit de boisson et s’y dirigea. A peine eut-il posé son casque sur la table et passait une main dans ses longs cheveux humides attachés en arrière qu’une voix retentit :

« Au voleur ! Arretez-les ils partent avec la caisse ! »

Le veilleur se retourna pour voir les deux malandrins sortir par la porte située à quelques mètres de lui. Il y eut un bref moment de flottement durant lequel les trois protagonistes se regardèrent en chien de faïence. Puis la raison reprit le dessus et les voleurs prirent la fuite non sans avoir murmuré quelques secrets entre eux. Tirdad sautilla sur ses jambes et effectua quelques ronds de bras, il prit une profonde inspiration et sourit : enfin de l’action ! Jugeant satisfaisant l’avance qu’il venait de laisser aux criminels, il s’élança à vive allure après eux ; délaissant son casque sur la table. Ses chausses de fer martelèrent le sol à intervalles réguliers, le buste droit et la foulée haute, il gagnait en vitesse sur ses adversaires. L’un d’eux marqua une pause pour donner un coup de pied dans un étal pendant que l’autre retirer un piquet gardant des barriques vides. Tirdad prit une impulsion de son pied droit et il s’éleva dans les airs avec grâce, rabattant ses genoux pour ne pas heurter en plein vol le flot de fruits et légumes qui se déversait sur la chaussée. Il se réceptionna avec agilité puis il plongea vers l’avant pour effectuer une roulade par-dessus les barriques. Son épaule toucha et le sol et le reste de son corps s’enroula de sorte qu’il se retrouva sur ses pieds en un rien de temps. Il leva le bras en toute hâte pour se protéger d’une cagette volante qui faillit l’atteindre au visage. Son sourire s’effaça, ils venaient de le mettre en rogne. Tel un fauve en colère il chargea droit devant, les vauriens se séparèrent mais il n’en n’avait cure. Le jeteur de cagette était sa proie, et il ne le lâcherait pas !

Après encore quelques minutes de course-poursuite, le voleur passa les grilles d’un grand bâtiment avec le veilleur sur les talons. Il gravit les marches et passa de pièces en pièces avec la force du désespoir, il savait sa fin proche. Les lieux étaient étrangement vide, il tourna sur la droite et s’empêtra dans un rideau avant que Tirdad ne le saisisse à la taille et le plaque avec violence. Propulsés par leurs élans, les deux hommes glissèrent longuement sur un sol en marbre savonneux, avant de s’arrêter sur le rebord d’une margelle.

« Je te tiens ! » Laissa échapper triomphalement le jeune homme. Il fit déçu de voir sa proie amorphe, en effet, la tête du voleur avait heurté ledit rebord, s’assommant par la même occasion. Il planta son bras vers l’avant pour se relever et dans cette bruine humide qui habitait la salle, il ne se rendit pas compte qu’il plongea son bras cuirassé dans de l’eau. Il le retira vivement avec incompréhension, puis il prit le temps de détailler la pièce. Grande superficie, haut-plafonds, ornementations murales, d’exquises senteurs, une grande étendue d’eau, une femme nue… Malgré lui, il détailla ses courbes avec une légère admiration avant de se rappeler son devoir. La scène avait tout d’une gravure, et la remarquable beauté semblait émerger de la brume. S’il fut saisit par son charisme et son aura, il n’en montra rien, il se contenta de sourire et d’annoncer gaiement:

« Milles excuses ma bonne dame, j’ai finis de courser ma prise. Je ne vous dérangerais pas plus longtemps ! »

Il posa sa main sur son plastron en guise de salutation tout en prenant soin de ne pas la regarder dans les yeux. Des bruits de pas le mirent en alerte, il se retourna et bondit sur le côté droit en voyant une lame s’abattre sur lui. Il pivota dès sa réception pour faire face au second voleur dont l’épée tremblait encore du choc contre le dallage du sol. Avec application, mais toujours le sourire, Tirdad dégagea sa lame de son fourreau dans un doux crissement métallique. Condescendant il annonça :

« Votre prise sur la garde est très mauvaise, vous ne trancheriez pas un légume en l’abatant de toutes vos maigres forces. Descendez donc vos doigts sur le pommeau. »

Cela eut le don d’irriter son adversaire encore plus, il arma son bras et frappa à l’horizontale. Le veilleur anticipa une aussi large ellipse et s’enfonça dans l’espace vital hostile pour venir avorter le geste. Il para en apposant sa lame à la verticale avant de contre-attaquer d’un rapide moulinet pour dégager son acier et l’abattre sur celui de l’adversaire. L’épée lui échappa et heurta le sol avec fracas, Tirdad prit la dame nue à témoin :


« Ne l’avais-je pas prédit ? »

L’homme désarmé recula et s’empara d’une longue tige de support en métal qui servait de pied à un encensoir. L’odeur des huiles de bain se répandirent dans toute la pièce, le jeune homme poursuivit :


« Belle initiative, voyez cela comme une lance ! Attaquez d’estoc ! »

Cette fois-ce, le voleur l’écouta et il plongea son arme improvisée vers l’avant, Tirdad poussa sur sa jambe gauche pour esquiver et laisser le porte-encensoir filer au raz de ses côtes. Le malandrin décida ensuite de balayer horizontalement le veilleur, ce dernier se laissa choir sur ses genoux et cambra son dos vers l’arrière pour voir l’arme frôler son visage. Son expression s’était figé, cela ne l’amusait plus, il se saisit de la tige de métal au vol et il tira d’un coup sec pour l’arracher des mains du criminel. Il se releva et tournoya sur lui-même, faisant faire de même à sa lance improvisée grâce à la souplesse de son poignet. Il s’affaissa sur ses appuis et son arme vint faucher les jambes de son adversaire, ce dernier tomba lourdement au sol. Au moment de se relever il sentit l’acier froid du veilleur apposé sur sa gorge, puis il fut saisit par le col et entrainé vers la sortie sans ménagement. Un homme affolé fit irruption et manqua de bousculer Tirdad il criait à tue-tête :

« Ruyn soit loué vous n’avez rien ! Vous êtes saine et sauve Chamane Henja… »

Tirdad fit quelques pas avec son prisonnier, puis s’arrêta, il fixa le pauvre homme qui semblait tout aussi ahurie que lui. Les paroles « Chamane Henja » résonnèrent à nouveau, toujours incrédule, il fixa à nouveau sa prise du jour qui hochait rapidement de la tête pour lui faire comprendre que oui, ils étaient bien en présence de la chamane Henja. Avec une impressionnante vitesse, Tirdad rangea sa lame au fourreau et fit volte-face, il agrippa le voleur par les cheveux et le força à s’agenouiller en même temps que lui. Il y alla un peu fort et le malheureux se retrouva avec le visage aplatit contre le sol, Tirdad se racla la gorge et entonna avec cérémonie :

« Honorable Chamane Henja, je vous prie de bien vouloir excuser l’impudence de notre présence ici et les troubles que nous avons engendré en ce lieu pendant votre… Hem… Moment inti… Privilégié. Je me morfonds sincèrement de cet affront et vous supplie de nous accorder votre pardon. Je jure sur mon honneur ne pas avoir… »
Ne pas avoir quoi ? Regarder sa nudité ? Il s’était rincé l’œil. Ne pas avoir de souvenir ? L’incident datait d’une minute à peine…
« …Ne pas avoir eu de pensées impures à votre égard… Maintenant, avec votre permission, j’aimerais pouvoir ramener cet escroc au poste. Puisse Ruyn veiller sur vous. »
Le voleur y ajouta du sien dans une voix plaintive :
« Moi de même votre grandeur, moi de même ! Je suis indigne de me trouver en votre gracieuse présence, c’est bien trop d’honneur ! Je… »
Tirdad enfonça un peu plus sa tête dans le sol pour le faire taire. Quel fayot ! C’était bien à cause de lui tout ce bazar ! Ses yeux rivés sur le sol, il ne pouvait s’empêcher de penser : « Ça craint… Ça craint… Je vais prendre... Pire ! Je vais devoir disparaitre… Pourquoi moi et surtout pourquoi elle et pas une autre ! »
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Posté dans Re: Rencontre avec un Chamane, pourquoi fallait-il que ce soit elle, et rocambolesque ?   - Dim 20 Jan 2013 - 8:48

Maudit Jirkins ! Voilà deux mois déjà que les soldats de Ruyn avait quitté le désert des Murmures pour apporter leur soutien à la mission de sauvetage milicienne. Bien entendu, le renfort justifiait le départ des veilleurs de manière officielle, mais derrière les murs du Temple d'Arish, la raison en était tout autre. La veille, Henja avait rencontré l'émissaire personnel du général afin d'être tenu au courant de la situation sur l'île blanche. Il faisait froid, le moral était bas, les autochtones opposaient une forte résistance et les vaisseaux ne décollaient toujours pas. Rien de plus ! Aucune nouvelle des éclaireurs qui suivaient les côtes ! Les tant adulés veilleurs pourpre de Korrul servaient de repose pied pour ces rejetons de Vama ! L'émissaire n'avait pas osé dire clairement que de toute évidence, les informations transmises par les soldats sur le terrain étaient filtrées dès réception au QG de la Milice. Quelle folie avait contaminé cet incapable de Jirkins lors de sa rencontre avec la dignitaire matroscienne ?! Henja enrageait par cette zone noire que représentait l'île du sud. Elle devait prendre son mal en patience jusqu'à la première occasion pour détacher Korrul de la mission matroscienne. Alors, à ce moment seulement, elle veillerait à ce que les systèmes de communication de son pays soient opérationnels et à contrôler toutes les informations qui passeraient par ce biais. Il lui faudrait éloigner le Général pour y parvenir. Quant aux autres Chamanes... seuls Malhek et Muraco pourraient représenter un obstacle.

Ce jour là, la mauvaise humeur de Celle qui Sème n'avait guère décrue. Elle avait passé la nuit à ruminer son impuissance. L'attente... sa patience était sérieusement entamée maintenant. Sa compagne fit préparer le frigidarium du temple et lui proposa de s'y rendre pour méditer à toute cette affaire ou tenter de libérer son esprit. La Chamane se laissa guider, ne sachant quoi faire d'autre de toute façon, et dès lors qu'elle pénétra dans l'eau fraîche aromatisé de fleurs exotiques de l'Oasis, elle dû reconnaître l'effet apaisant qu'avaient celles-ci sur son énervement. Un serviteur du temple déposa une corbeille de fruit à portée de main avant de s’éclipser discrètement. Junarah resta une minute de plus, hésitante.
- Pars donc ! Et qu'on ne vienne pas me déranger jusqu'à ce que je vous appelle, ordonna sa maîtresse avec lassitude.

Enfin seule, Henja se délecta de l'eau pure du bain et des odeurs merveilleuses de son Oasis. Elle ferma les yeux et sombra dans un demi sommeil où le chant lointain de la flore résonnait dans son esprit.
Soudain, des pas précipités la tirèrent de sa rêverie. Depuis combien de temps était-elle là à somnoler ? Plus d'une heure sûrement. Les yeux sans fond de la Chamane transpercèrent la brume épaisse qui flottait sur l'eau et venait s'accumuler sous le haut plafond. Les murs suintaient d'humidité froide, le marbre autour du bassin était lui aussi couvert d'une fine couche d'eau. Elle esquissa un mouvement mais se ravisa lorsque la sensation désagréable de l'eau désormais tiède glissa sur sa peau. Une autre personne pénétra dans la salle ronde accompagné d'un courant d'air qui dégagea la vapeur de son champs de vision.
- Eh bien... murmura-t-elle en distinguant les deux hommes hommes.
De toute évidence, l'un d'eux était veilleur, l'autre qu'un miséreux qui venait de sonner son arrêt de mort. Sa lèvre supérieur se retroussa dans une expression de mépris devant ce vers qui pataugeait non loin d'elle. Comment osait-il souiller son bain ?! Il exsudait la maladie par tous ses pores. Son poursuivant ne manqua pas de la reluquer et ceci n'échappa pas à la Chamane qui resta immobile. Puis un troisième homme débarqua à son tour. Ce temple était-il devenu un cirque ?! La sécurité répondrait à son manquement, elle y veillerait.
La scène qui se déroulait sous ses yeux eut le mérite de la distraire. Elle détailla le jeune soldat tant dans sa manière gracile de se mouvoir que de s'adresser à elle comme à une vulgaire « bonne dame » du bas peuple. Avait-il seulement remarquer où il se trouvait et en présence de qui ? Henja était à la fois agacée et amusée. Elle apprécia tout autant l'étrange danse du soldat. Enfin, il mit un terme au duel avec une facilité déconcertante. Il aurait pu mettre bien moins de temps d'ailleurs mais il semblait prendre plaisir à se donner en spectacle.
Un vieux sage déboula avec affolement, marquant ainsi la fin de cette interlude pour la chamane. La partie la plus drôle commença alors. Visiblement embarrassé par son précédent comportant, il implora son pardon. Un sourire vaporeux pendu aux lèvres, Henja sortit lentement du bassin. Elle s'approcha des quatre hommes, dont un toujours inconscient, d'une démarche assurée et sans la moindre gêne quant à sa nudité. Le vieux sage ouvrit la bouche pour protester mais se ravisa. Il sortit dans le couloir à la recherche d'un serviteur.
« Sur mon honneur » cita-t-elle de sa voix suave et calme. Et quel est-il, veilleur ? Ne craignez vous pas de l'avoir un peu entaché ?

Avant qu'il ne puisse répondre, le vieil homme revint suivit par Junarah et... une dizaine de gardes du temple. La compagne déposa un peignoir de soie rouge sur les épaules de sa maîtresse. Le vêtement se colla à sa peau trempée alors qu'elle nouait une ceinture à sa taille. Pendant ce temps, une partie des gardes s'étaient chargés de débarrasser la salle des deux insolents voleurs. Les autres se postèrent derrière le jeune veilleur, attendant leurs ordres. Henja planta ses yeux noirs dans ceux dorés du soldat. Par sa taille, il la dominait, mais pas sa prestance, Celle qui Sème l'écrasait.
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Posté dans Re: Rencontre avec un Chamane, pourquoi fallait-il que ce soit elle, et rocambolesque ?   - Dim 20 Jan 2013 - 11:18

Tirdad ne put résister à la tentation de lever les yeux pour savoir ce qui se passait. Il jeta un bref et furtif coup d’œil, remontant le long des chevilles, puis des genoux et enfin, arrivé à l’entrejambe sans toison, il replongea définitivement le regard dans le sol. Son dos se hérissa lorsqu’il entendit ses paroles :

« Sur mon honneur »
cita-t-elle de sa voix suave et calme. Et quel est-il, veilleur ? Ne craignez-vous pas de l'avoir un peu entaché ? »

Le jeune homme ne put s’empêcher de sourire nerveusement, elle avait fait mouche. En quelques mots à peine, elle l’avait mis dans une fâcheuse posture, d’autant plus que les gardes du Temple et ses serviteurs déboulèrent en nombre. Voyant cela, il se releva et se redressa de toute sa hauteur afin de mieux affronter toute la magnificence de la Chamane. Le soulagement se lut sur son visage, elle portait une robe, son corps dénudé ne pouvait plus le perturber. Les deux voleurs furent traités avec tout l’égard que l’on donnerait à des détritus, puis les gardes se plantèrent derrière lui. Il sentait leurs intimidantes présences dans son dos, face à lui un regard noir, si appuyé et si féroce qu’il transperçait Tirdad jusqu’aux tréfonds de son être. De légers tremblements s’emparèrent de lui, la Chamane attendait une réponse. Son corps le trahissait peut-être mais il restait maître de son esprit. Il avait pleinement conscience d’avoir en face de lui Celle qui Sème, sans elle il n’y aurait plus de nouvelles terres arables, plus de nouvelles cultures. Sans elle, le peuple de Korrul mourrait de faim, pire, il ne pourrait croitre et faire face aux menaces extérieures… Il se racla la gorge et sourit avec bienveillance avant de répondre :

« Mon honneur est semble-t-il léger… Comme le vent. Il est aussi intangible que ce dernier, mais personne ne doute de son existence. Il peut déraciner les arbres et soulever des tempêtes, comme il peut caresser les corps et apaiser les mœurs. Mon honneur ne se teinte pas ô Chamane, il grandit à chaque épreuve. »

Ce faisant, il ponctua sa phrase en s’inclinant vers l’avant pour effectuer une cérémonieuse révérence. Son ton était aussi léger que son honneur, mais il était empreint de respect. Son sourire avenant avait pour vocation de plaire et d’adoucir, il ne savait ce que la Chamane attendait. Il se risqua alors à rendre à Henja son regard, le noir de ses yeux étaient vraiment déstabilisant. Tenter d'y lire une quelconque émotion était difficile, sans animosité aucune il demanda :

« Votre Grâce souhaite-t-elle autre chose de la part de cet humble Veilleur ? Ou puis-je disposer ? »

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Posté dans Re: Rencontre avec un Chamane, pourquoi fallait-il que ce soit elle, et rocambolesque ?   - Dim 20 Jan 2013 - 14:34

Un imperceptible sourire vint animer le coin de sa bouche. Ce veilleur savait comment répondre à un élu de Ruyn, et sa langue maitrisait les mots aussi bien qu'un bon négociateur, ou peut être même un poète. Il n'était pas donné à tout le monde la chance d'accéder à une certaine culture. Henja le jaugea des pieds à la tête. Sûrement plus de vingt ans, à la vue de son maintien et de la lame luisante qu'il tenait toujours il devait être originaire de cette partie du bas peuple qui avait su atteindre un niveau de vie confortable. Un brin farouche, il savait néanmoins garder sa place. A sa manière de combattre, il n'était certainement ni tireur ni pilote, et encore moins scientifique - il n'avait pas le corps d'un soldat inactif. D'après elle, il devait être lieutenant, mais elle hésitait entre les unités de renseignements ou l'infanterie.
Toutefois, quelque chose l'agaçait dans son attitude. Malgré les formules et le respect qu'il conservait à son égard, Celle qui Sème lui trouvait une arrogance déplaisante. Les questions, c'était elle qui les posait.

- Sa Grâce souhaiterait connaitre l'identité du soldat qui pourchasse son ennemi jusque dans la maison de Ruyn. Ainsi que le grade et l'affectation de 'l'humble veilleur" qui devrait se préoccuper des répercussions de son échec avant de songer à disposer.

Elle ajouta, afin de bien se faire comprendre, cette précision : On ne pousse pas la menace jusqu'au cœur de ce qui doit être protégé. On l'en éloigne pour l'acculer chez son ennemi.

L'un des gardes du temple délesta le jeune homme de sa lame tandis qu'un autre récupérait le pied de l'encensoir un peu plus loin, puis il tendit sa grande main paume face au ciel.
- Vos armes, soldat, commanda-t-il de sa voix grave. Elles vous seront restituées à votre sortie du temple, si Ruyn le veut.

Et actuellement, la seule à représenter Ruyn dans ce lieu était Henja qui d'un hochement de tête, enjoignit le veilleur à s'exécuter.
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Posté dans Re: Rencontre avec un Chamane, pourquoi fallait-il que ce soit elle, et rocambolesque ?   - Lun 21 Jan 2013 - 6:00

La réplique de la Chamane Henja fut si cinglante que Tirdad en fut décontenancé. Elle reprenait ses propres termes avec un sarcasme à peine masqué. Et puis les répercussions de son échec ? Un agacement soudain s’empara de lui, la pupille de ses yeux commençait à se dilater lentement sous les effets d’une colère naissante. Les précisions de Celle qui Sème lui mirent la puce à l’oreille, lentement mais surement, les choses s’éclaircissaient. Le jeune homme aurait dû filer sans demander son reste avant que les choses ne se compliquent, mais il pêcha par jeu et par curiosité. Il voulait savoir ce que la Chamane Henja avait à dire, voir même à offrir… Au lieu de cela il était entrain de se bruler les ailes. L’idée saugrenue de donner une faux nom et de fuir lui traversa l’esprit. Il utilisait généralement le pseudonyme Filera Langue-Lèse pour se débarrasser des charmeuses trop entreprenante. Hélas, on ne se débarrassait pas d’une Chamane comme on le ferait avec une charmeuse… L’un des veilleurs de la Garde Chamanique apposa sa main sur la poigne de son épée pour la lui retirer. Sous le coup de la surprise d’être désarmé par un frère pourpre, il ne réagit pas. Puis il serra les dents et son visage se ferma un peu plus, il n’aimait guère la tournure des évènements. Enfin le coup de grâce arriva, la voix grave de l’un des gardes lui ordonna de se séparer de ses armes restantes, tout en tendant sa main vers lui. Cela en était trop, il éclata d’un rire nerveux tout en passant sa main dans ses cheveux. Puis d’une vois ferme et tremblante de colère il répondit en fixant ses frères veilleurs de ses yeux ardents :

« Je me nomme Tirdad Arsaces, je ne suis qu’un simple soldat du rang. Et j’ai pour habitude de pourchasser l’ennemi jusqu’au fin fond du désert s’il le faut. Mais on ne saurait comparer des voleurs opportunistes avec de véritables forbans. »

Il marqua une pause, toujours immobile, refusant d’obtempérer et tentant tant bien que mal de maitriser son côté impulsif. Le garde approcha sa main et tout s’enchaina. Tirdad détendit son bras avec la vivacité d’un Ka’as du désert, il attrapa le poignet de son adversaire et l’attira à lui avec un geste brusque. Le garde fut déséquilibré vers l’avant, il voulut poser rapidement son pied au sol afin de se rétablir, mais lorsqu’il y parvint, il découvrit avec stupeur que celui de veilleur était déjà là à l’attendre. A peine le contact fut-il établit que le jeune homme usa de toute sa force pour remonter sa jambe et entrainer celle de son adversaire avec lui. Penchant vers l’avant et la jambe en l’air, ce dernier était presque à l’horizontale, Tirdad leva son bras avant de le rabattre rapidement et de frapper du coude sur la nuque du malheureux. Ce dernier s’écroula au sol sous la violence de l’impact, il trouva néanmoins la force de rouler sur lui-même pour se mettre hors de portée et se redresser. Le jeune homme passa sa main dans son dos pour en sortir une lame recourbée d’une trentaine de centimètres. Sa posture défensive dépourvue d'ouverture et l'aura belliqueuse qu'il dégageait invitait à la prudence. Son regard de braise trahissait sa colère, mais d’une voix glaciale et sans appel il leur intima de battre en retrait :

« L’une des doctrines de Ruyn est je cite, ignorer les faibles et ne pas leur accorder de crédit. Pas de gardes en factions aux grilles d’entrée du temple ? Depuis quand la maison de Ruyn est-elle un moulin ? J’ai traversé une demi-douzaine de pièce sans rencontrer âmes qui vivent. Où étiez-vous ? La garde d’une Chamane hein ? L’élite censée protéger nos guides ? Lorsqu’on atteint ce rang honorifique on lutte chaque jour pour en demeurer digne, on ne se repose pas sur ses lauriers ! »

Sentant le poids de la culpabilité les envahir, le reste des veilleurs pourpres se tinrent figés mais parés à intervenir au moindre geste suspect. Tirdad s’avança vers eux et jeta sa lame à terre qui résonna avec un tintement métallique. Puis il vint chercher dans sa grève gauche une dague dont il se sépara de la même manière. Il reprit avec une froideur meurtrière à leur encontre :

« Qu’une Chamane questionne mon honneur, soit, elle est dans son bon droit. Mais qu’un frère d’arme puisse questionner mon intégrité et ma loyauté. Ca, je ne peux le tolérer ! Puisse Ruyn préserver sa Grandeur Henja de votre pompeuse incompétence et de votre faiblesse.»

Le feu de sa passion se calma, il était de nouveau maître de lui-même. Il posa les yeux sur Celle qui Sème, il émanait du jeune homme une sérénité solennelle. Il avait tenté de démontrer qu’il valait mieux que ce qu’elle avait sous la main. C’était la seule façon qu’il avait de s’en sortir, plaire à Henja, lui montrer l’étendu de ses compétences. Peut-être lui trouverait-elle une quelconque utilité, ou juste le laisserait-il repartir avec sa tête sur les épaules. Il avait aussi sans le savoir dévoilé le bois dans le lequel il était taillé, passionné et impulsif, ses émotions pouvaient se lire facilement. Autre chose bénéfique, Tirdad était profondément intègre et personne ne pouvait questionner sa loyauté envers Korrul, et par extension à ses Chamanes…
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Posté dans Re: Rencontre avec un Chamane, pourquoi fallait-il que ce soit elle, et rocambolesque ?   - Lun 21 Jan 2013 - 14:14

Au premier geste brusque de Tirdad, trois gardes et la jeune compagne se placèrent devant Henja pour former une barrière. La Chamane du reculer d'un pas, mais elle ne quitta pas la scène de ses deux opales noires. La garde personnelle des Temples était une unité veilleur pourpre particulière. Il était difficile d'y entrer autant à cause des exigences physiques requises que des innombrables tests destinés à s'assurer de la fidélité et de la foi du soldat. Ces hommes là étaient aussi pieux qu'adulés par le peuple. Cependant, aucun d'eux ne pouvait prétendre être au service de Celle qui Sème et de seulement elle. La corruption et la déchéance qui s'emparaient du corps d'arme korrulien n'avait pas échappé à la chamane. Ses ambitions l'amenaient à avoir plus d'un ennemi haut placé capable d'infiltrer ses pions dans son territoire. Elle ne doutait pas d'en découvrir un dans "sa garde personnelle". Aussi s'appliquait-elle à changer régulièrement les soldats qui l'entouraient.
Elle ne sut qui lui souffla l'idée, mais en apprenant le statut médiocre du jeune veilleur, elle se prit d'intérêt pour lui. Son profil l'intéressait. Junarah également. La compagne s'approcha discrètement de sa maitresse et lui chuchota quelques mots à l'oreille. Sans détacher son regard des gestes aussi vifs que précis de Tirdad, elle hocha légèrement du chef. Junarah se retira du frigidarium alors que le veilleur abandonner enfin ses armes. L'espace d'un instant, le regard que portèrent les gardes sur ce jeunot qui les avait mit en mauvaise posture réjouit la chamane. Une expression mêlant à la fois crainte, outrage, colère et respect. Il n'avait pas tort, par ailleurs. Depuis quand le grand temple d'Arish était-il devenu un lieu publique ?! Ce général et ses démesures... il dorait son image aux yeux des matrosciens au prix de la sécurité des villes. A ce rythme, la vermine des cités extérieures circuleraient entre les étales du marché sans la moindre opposition !
Les dernières paroles de Tirdad finirent de la persuader. Il ne lui restait plus qu'à s'entretenir avec lui en privé tout en prenant soin de ne pas alerter les rats qui parcouraient le temple.

- Soldat Arsaces, fit-elle en quittant son immobilité. Vos intentions sont toutes à votre honneur, mais pas vos méthodes. On ne dégaine pas d'arme dans la maison de Ruyn pas plus qu'on insulte ses gardiens.

Puis sans lui accorder plus d'attention qu'elle ne l'aurait fait à un mendiant, elle sortit des thermes suivit de près par le vieux sage qui lança un ordre de la main aux gardes. Aussitôt vinrent s'ajouter aux quatre hommes restants une poignée d'autres. Ils se saisirent de Tirdad afin de le conduire aux anciens cachots du temple.


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Posté dans Re: Rencontre avec un Chamane, pourquoi fallait-il que ce soit elle, et rocambolesque ?   - Lun 21 Jan 2013 - 15:11

Tirdad écarquilla les yeux en entendant les dernières paroles de la Chamane à son encontre. Ainsi était-ce ? Il avait joué ses dernières cartes, cela n’avait pas suffi. Son sort, à cet instant précis, n’était pas des plus enviables. Il regarda Celle qui Sème s’éloigner sans autre forme de procès, puis son champ de vision se remplit de gardes du temple. Des frères Veilleurs Pourpres ? Tu parles, une bande de chiens galeux prompts à faire porter le blâme à autrui, et qui pétait plus haut que leur cul.
Le jeune homme était tellement désemparé sans ses armes, la situation lui avait échappé. Il ne put s’empêcher de sourire en comprenant qu’il était fait comme un rat.
Sans crier gare, deux hommes se saisirent de ses bras pour l’immobiliser, il tenta de résister tant bien que mal, mais leurs emprises étaient fermes.

Le garde qu’il avait projeté à terre se tenait maintenant face à lui, un sourire satisfait aux lèvres. La suite, c’était l’évidence même. L’homme prit son élan et lui décocha une droite pas piquée des vers, le poing ganté s’écrasa lourdement sur le visage de Tirdad. La lèvre fendue et la mâchoire en feu, il ne trouva d’autre réponse qu’un petit rire provocateur. L’homme lui attrapa les cheveux et tira sa tête en arrière afin de mieux contempler son œuvre et de rajouter :

« Tu vas t’en prendre plein la gueule petit veinard ! »

Le deuxième coup ne lui fit pas aussi mal, l’amplitude étant moindre et son visage étant déjà endolori, il trouva cela à la limite du supportable. Le sourire de son tortionnaire ne semblait pas vouloir s’effacer, il arma son bras pour une troisième frappe… Tirdad choisit cet instant pour donner un rapide coup de coude à l’un des gardes qui le maintenait prisonnier. Il le heurta à la jointure latérale du plastron, il parvint ainsi à dégager l’un de ses bras puis il pivota sur lui-même, libérant le second. Il présenta son dos à son bourreau, il laissa l’épaule et le poing passer par-dessus lui, puis il lui agrippa l’avant-bras de ses mains tout en fauchant son pied de son talon. Emportant par l’élan de sa frappe, le garde se retrouva dans les airs et épousa la courbe du soleil qui se lève à l’est et se couche à l’ouest. Avant de retomber avec fracas sur le dallage de la pièce, l’épaule en piètre état, et le dos en compote. Tirdad souriait malgré le sang qui s’écoulait de sa bouche. La garde d’une épée le toucha à la tête, il vacilla sous l’impact. Puis ce fut un coup de genou dans les côtes, il tomba à terre et plaça ses bras devant son visage, et ensuite vint le déluge… Sa seule satisfaction fut d’entendre :

« Aaaah la sale petite raclure, il m’a déboité l’épaule ! Aaah… »

Quelques minutes plus tard, le corps inanimé du jeune homme fut trainé jusque dans une cellule du cachot. Il fut jeté à terre sans ménagement et s’éveilla au son de la grille que l’on claque lorsqu’on la ferme. Vaseux et à la peine, il rampa vers un des coins du cachot, avant de s’arrêter. L’odeur rance des excréments et de l’urine lui fit rebrousser chemin, telle une loque humaine, il se traina jusqu’à un pan de mur. Il parvint à s’adosser après tous les efforts du monde, haletant il n’eut pas même le temps de détailler la pièce qu’il retomba dans l’inconscience. Le visage tuméfié, et le corps recouvert d’ecchymoses, le veilleur reposait là, dans ce cachot illuminé d’une petite lucarne, attendant de savoir quel serait son sort…
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Posté dans Re: Rencontre avec un Chamane, pourquoi fallait-il que ce soit elle, et rocambolesque ?   - Mar 22 Jan 2013 - 14:59

A la nuit tombée, l'ombre féline d'un intrus glissa le long du mur de l'escalier en colimaçon aussi furtivement que le vent qui s'y engouffrait en sifflant. Aucune lumière à part celle des étoiles ne guidait l'étranger. Il se faufila derrière un pilier et poursuivit sa route à pas de loup dans un passage étroit parallèle au corridor principal. Après une descente interminable vers les entrailles de la terre, au cœur des fondations du vieux temple, il atteignit la salle des cachots. Les petites cellules sableuses et nauséabondes étaient plongées dans l'obscurité la plus complète. On pouvait encore sentir l'effluve des bougies récemment éteintes. Personne ne veillerait à les remplacer avant le lendemain, si tant est qu'on n'oublie pas de descendre le repas aux prisonniers ce jour là. Il existait d'autres cachots dans la caserne qui jouxtait le temple et où résidaient les gardes en poste. La vieille prison actuelle était rarement peuplée car en journée, il y faisait une chaleur étouffante digne de Muertiga, et l'air ne faisait aucune différence entre le geôlier et son pensionnaire. En revanche, la nuit rafraichissait le trou.
C'est dans ces conditions que la belle Junarah découvrit le corps délaissé du soldat Arsaces. Personne pour le surveiller en bas, mais trois hommes fichaient à l'entrée extérieure. Un conduit d'aération en col de cheminée faisait office de plafond à chaque cellule. Par l'ouverture rendue minuscule tant elle était haute, un rayon de lumière pointait du doigt le centre du mitard. La korrulienne sortit une clé de sous sa cape tannée et ouvrit le plus silencieusement possible la grille rouillée. Le système de fermeture était d'époque, rien à voir avec les prisons sophistiquées du QG. Le verrou sauta dans un cliquetis sec, la grille grinça sur ses gonds en résonnant. Jun' grimaça. Ce vacarme remonterait vite aux oreilles des gardes. Elle se coula lestement entre le maigre espace puis stoppa à l'entrée en voyant le soldat remuer. Le bruit l'avait certainement réveillé, c'était tout aussi bien.
- Suivez moi, ma maitresse la chamane Henja souhaite s'entretenir avec vous. Elle vous transmet ses excuses pour les conditions peu accommodantes dont elle a du faire usage. Je suis Junarah.

Elle tendit l'oreille à l'affut du moindre bruit. Rien. Néanmoins, la compagne ne voulait pas trainer - et ne le pouvait pas. On ne faisait pas attendre Celle qui Sème.
- Pouvez-vous marcher ? s'enquit-elle. Vous pouvez vous appuyer sur moi si nécessaire.
Elle s'approcha de lui dans l'espoir d'en savoir plus sur son état, mais il faisait trop noir pour différencier l'ombre du sang.

La compagne de Henja était connue dans Korrul, presque autant que sa maitresse l'était. Junarah avait été la première compagne reconnue par les chamanes après les années troubles du pays, lorsque les enfants aux yeux noirs ne naissaient plus. Sa famille, des Cultivateurs en difficulté - comme toutes les familles de l'époque - fut couverte d'honneur quand Henja trouva en leur fille ainée sa compagne. Leur cas était plutôt rare par ailleurs, les vieux sages s'attendaient clairement à trouver un compagnon pour leur première chamane. Par la suite, la réputation de Junarah traversa vite les portes du temple. Subvenir aux besoins de Celle qui Sème était la tâche la moins enviée pour les gens du milieu. Les histoires que l'on murmurait secrètement sur la chamane étaient trop dérangeantes. On ne pouvait la haïr ni l'aimer : par son don de main verte, elle avait redonné vie aux cultures en peine. Mais Henja ne voulu jamais d'une compagne que l'on comparerait à une vulgaire servante. Si dans ses tâches, la différence était maigre, aucune domestique ne portait de tissu aussi raffiné ceux des vêtements de Jun', ni n'arborait une multitude de bijoux qui rehaussait la beauté sauvage de la jeune femme. Pleine de grâce et de talent, elle veillait à donner une image d'elle digne de celle qu'elle servait.
Ce soir là, elle marquait son rôle si particulier en risquant sa vie pour satisfaire les désirs de sa maitresse. Elle sentit le contact froid et rassurant de la petite dague qu'elle portait toujours sous sa robe, attachée fermement autour de sa cuisse. Comme à chaque fois qu'elle exécutait ce type de mission, elle espérait secrètement ne pas avoir à s'en servir.
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Posté dans Re: Rencontre avec un Chamane, pourquoi fallait-il que ce soit elle, et rocambolesque ?   - Mer 23 Jan 2013 - 7:22

Tirdad était assoupi, son sommeil semblait artificiel et pourtant son rêve était si réel. Souvent les mêmes, des reliques de sa vie, des vestiges de son passé. Ce qu’il voyait en cet instant, seul lui pouvait le décrire… Un bruit de verrou qui claque coïncida dans le songe comme dans la réalité. Alerte, le veilleur entrouvrit les yeux avec fatigue et douleur. Un cocard naissant lui rappela le triste était dans lequel était son corps. Lorsqu’il entendit la voix douce de Junarah, il cru tout d’abord de ne pas être pleinement éveillé. Puis cette même voix s’adressa à lui de nouveau, il se rappela ou il était ce pourquoi il était là.
Même si cela lui faisait mal, il ne put s’empêche de sourire. Henja s’excusant ? La scène tenait du fantaisiste, la compagne faisait seulement preuve d’une habile diplomatie. Tirdad demeura silencieux, ses pensés intimes fusèrent, il était tiraillé entre l’envie de renvoyer Junarah avec pour message de dire « oui » à toutes les exigences de sa maîtresse, devenant ainsi son pion. Et l’envie de héler les gardes pour que la compagne se fasse prendre, sorte de petite vengeance du veilleur avant une possible exécution. Puis son instinct de survie lui fit adopter la décision la plus sage qui soit, accepter l’invitation d’Henja. Il posa sa main au sol et se releva sans l’aide de Junarah, il était un soldat. Un homme fier, un veilleur endurant capable de faire preuve d’une volonté de fer. Ses blessures l’avaient certes diminué, mais il n’en était pas invalide pour autant. Ses jambes étaient intactes, les coups avaient plu sur son visage et son torse. Ne sachant si la gentillesse de la jeune femme était feinte ou sincère, et avec tout le ressentiment qu’il portait à Henja, il répondit froidement :

« Je peux marcher, ne vous préoccupez pas de moi. Contentez-vous de montrer la voie. »

La méfiance et l’amertume de Tirdad était presque palpable, après tout, quel crime avait-il commis si ce n’était celui de pourchasser un voleur dans le temple et de le maitriser. Dans un pesant silence, le veilleur suivit la compagne par delà la grille du cachot puis vers un escalier en colimaçon. Il avait le pied sûr et feutré, ses pas ne laissaient entendre aucun écho, seul son souffle parfois haletant pouvait trahir sa présence derrière Junarah. La main sur ses côtes, il essayait d’en contrôler la douleur tout en ignorant celle de son visage. Ce dernier s’était forgé au fil du temps un corps d’athlète, un corps de guerrier. Après une interminable ascension placée sous le signe de la prudence, ils atteignirent la surface. Durant la traversée du corridor, Tirdad suivait les pas de Junarah avec une discrétion presque égale à la sienne. Une fois dehors, il put entrapercevoir la beauté radieuse de la compagne d’Henja, qu’elle fût choisis par la Chamane devint une évidence aux yeux du veilleur. Le charme de ses traits surpassait les canons esthétiques de la société Korruliene. Puis de piliers en piliers ils arrivèrent enfin à destination, les appartements de Henja. Ils étaient passé inaperçus aux yeux de tous et Tirdad entra en second.
La pièce était si richement décorée qu’elle faisait passer le rococo pour sobre, les murs étaient surchargés de décorations de métaux précieux et de peintures rarissimes. Dans cet appartement démesuré, la Chamane était assise sur un trône à l’image de ses ambitions. Impérieuse, elle l’attendait, jambes croisés et son menton reposant sur le revers de sa main, le drapé de sa robe couvrant en partie son siège, elle daigna enfin poser les yeux sur lui. Ravalant le flot d’émotions contradictoires qui l’habitait, il mit un genou à terre et souffla à voix basse :

« Que puis-je faire pour vous ô Splendeur de Korrul ? »
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Posté dans Re: Rencontre avec un Chamane, pourquoi fallait-il que ce soit elle, et rocambolesque ?   - Sam 26 Jan 2013 - 7:00

La chamane sentit la présence de Junarah derrière elle. La jeune femme s'était glissée silencieusement à la droite de sa maîtresse mais se passa de commentaire sur sa mission. Ils étaient là tous deux, Henja n'en demandait pas plus. Il y aurait pu avoir une altercation entre eux au fond des cachots, peu lui importait du moment que sa compagne était de retour et apte à la servir. Cependant, vu l'état pitoyable du veilleur, elle ne pouvait en penser autant de lui. Les gardes avaient su profiter de leur nombre et n'avaient pas épargné la beauté de sa jeunesse. Le voir agenouillé devant elle renforça les impressions qu'elle avait de lui : malgré le traitement reçu, il était là et s'adresser à elle comme à une reine. Les lèvres de Celle qui Sème esquissèrent un sourire. Elle quitta son siège dans un bruissement léger de soie et s'approcha à pas mesurés du veilleur.

- Ruyn dit "Ignore les faibles et ne leur accorde aucun crédit", énonça-t-elle à un mètre de lui. Je désapprouve la mise à tabac des gardes du temple sur un soldat isolé, mais je suis impressionnée par votre fidélité au pays. Je vois que vous avez endossé les coups sans rébellion face à une injustice évidente. Comprenez bien que la rigueur imposée aux veilleurs dans un Temple comme celui-ci diffère de celle de votre base. Malgré tout, vous voilà devant moi, proposant vos services comme l'exige votre statut. Je vois une certaine force en cela.

Elle se tut un instant pour réfléchir à ses mots tout en le laissant ressasser ses paroles. La grande salle était déserte, si on omettait leur trois présences. Henja se méfiait néanmoins des oreilles qui traînaient derrière les murs.

- J'ai eu vent de votre insubordination régulière, poursuivit-elle d'un ton égal, qui entrave ainsi votre évolution au sein des veilleurs pourpres. Dites moi, pourquoi gâchait un tel talent ? En quoi les ordres de vos supérieurs méritent-ils opposition ?

Junarah s'approcha d'eux et souffla un mot à sa maîtresse qui grimaça.

- Suivez moi, dit-elle simplement à Tirdad avant qu'il ne réponde.

Ils traversèrent la pièce pour en ressortir de l'autre côté, à l'extérieur. Les appartements de la Chamane donnaient sur une terrasse scandaleuse par sa taille et par son opulence. L'eau et la verdure du lieu formaient un oasis miniature au cœur de l'aile ouest du Temple. Un véritable havre de paix pour Celle qui Sème, bâti de ses propres mains grâce au cadeau de Ruyn. Ils s'enfoncèrent dans cette jungle colorée jusqu'à un arbre fruitier dont les racines énormes sortaient suffisamment du sol pour permettre de s'y asseoir. Henja était en symbiose parfaite avec ce qu'elle avait créé, aussi sentait-elle la présence de quiconque pénétrait dans cet espace sans sa permission. Beaucoup disait de la chamane qu'elle était atteinte de paranoïa, mais comment ne pas l'être lorsque vos ambitions rentraient en conflit avec l'intérêt de votre entourage ? Elle fit signe au veilleur de ne pas craindre de s'approcher, Junarah sur ses talons.

- Occupe toi de ses blessures, ordonna-t-elle à sa compagne. Je vous écoute, soldat Arsaces, vous pouvez parler sans crainte. Sachez aussi que je ne vous retiens pas, vous êtes libre de retourner à votre poste sans redouter des représailles de vos supérieurs. Dès le levé du soleil, les sages du temple auront levé votre sanction. Ils ont tendance à vouloir en faire un peu trop lorsque la situation leur échappe.

Prévoyante, Junarah avait emporté avec elle un coffret médicinal. Son visage ne trahissait aucune de ses pensées ou émotions.
- Avec votre permission, fit-elle en lui indiquant une pierre plate où prendre place.
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Posté dans Re: Rencontre avec un Chamane, pourquoi fallait-il que ce soit elle, et rocambolesque ?   - Lun 28 Jan 2013 - 5:33

Tirdad avait écouté les paroles de Celle qui Sème avec un cérémonieux silence, il fut néanmoins surpris de recevoir un compliment à peine voilé de sa part. Elle se tenait là, tout près de lui, mentionnant son injuste traitement, il avait envie de lui répondre avec fatalisme qu’il vaut parfois mieux suivre le courant plutôt que de se débattre à son encontre. Mais il n’en fit rien, car la Chamane Henja n’avait pas fini de parler. La voilà qui questionnait maintenant ses états de service, le jeune homme ne savait guère ou cela allait le mener. Il conserva sagement son mutisme en voyant Junarah s’approcher de sa maitresse, puis il fut invité à suivre Celle qui Sème au sein même de sa… Son…
Tirdad en avait le souffle coupé, de sa vie, jamais il n’avait vu quelque chose d’aussi grandiose. Une sorte de miniature de l’Oasis se tenait face à lui, la végétation était splendide et luxuriante. Il souriait tel un gamin émerveillé, cette couleur verdoyante si chaleureuse, ces longues branches formant une sorte de rideau d’entrée, ce doux clapotis de l’eau qui résonne… Cet endroit était magique, le jeune homme se sentit immédiatement apaisé, un sourire béat sur les lèvres, il entra à la suite des deux femmes.

Mais le jeune homme n’était guère au bout de ses surprises, Henja fit preuve d’une compréhension inespérée. Il pouvait partir sans craindre de représailles ? Libre d’enterrer profondément les évènements d’aujourd’hui et de retourner à son quotidien ? La proposition était tentante. Et voila que Junarah l’invitait à prendre place sur une pierre plate, un coffret médicinal à la main. La situation semblait trop belle pour être vrai. Tirdad dodelina de la tête tout en laissant échapper un petit rire décontenancé, il s’avouait vaincu. Il s’assit donc sur la pierre plate et détacha sa cape de ses épaulières ainsi que ces dernières, puis il désangla les lanières de cuir de son plastron. Ses gestes étaient méthodiques, il ne saurait compter le nombre de fois ou il avait effectué ces actions. L’acier fut déposé à même le sol, vint ensuite les protèges bras et enfin ses gants. Il retira ensuite sa chemise de lin pour se retrouver torse nu, grimaçant tout au long de la procédure du fait de ses blessures. Il exhiba avec un naturel déconcertant son corps d’athlète, forgé par les feux de l’entrainement et de la danse. Quelques cicatrices éparses pouvaient attirer l’attention, signes indéniables qu’il n’avait pas chômé dans l’accomplissement du devoir. Sa carrure n’était pas immense, mais avec 1m78 pour 81 kg, il n’était pas en reste. Bien proportionné, il y avait une fine harmonie entre sa musculature et sa souplesse, le haut de son corps semblait taillé comme dans le marbre d’une statue de l’antiquité Korrulienne. Bien que son ventre fut plat, seul les abdominaux du haut et les obliques étaient dessinés. Les veines de ses bras étaient saillantes tout comme celle des ses mains, qu’il avait jolies par ailleurs. En plus de ses ecchymoses visibles, le cachot l’avait rendu crasseux, et le sable collé à sa peau par la sueur assombrissait son teint mat plus qu’à l’accoutumé. La prévoyante Junarah avait déjà en main un linge mouillé et rafraichissant qui vint le réconforter dès le premier touché. Il ne put réprimer un soupir de satisfaction tout en fermant les yeux, tentant en vain d’ébaucher une réponse aux questions de la Chamane. Symboliquement, il venait de se mettre à nu, il jugea opportun de le faire aussi avec ses idées et ses pensées. Dissimuler quoi que ce soit serait une erreur, il rouvrit les yeux et se confia avec calme et sérénité, sa voix posée se fit entendre :

« Mes insubordinations régulières… Parmi les veilleurs, il y a ceux qui obéissent aux ordres sans discuter et ceux qui malheureusement comme moi possède un sens aigüe de la justice. Cette notion à laquelle je crois s’oppose parfois aux ordres donnés, lorsque je laisse filer un voleur de fruits tout en réglant l’addition au commerçant, je ne fais pas mon travail selon mes supérieurs. Hors, il se trouve que ce jeune orphelin d’à peine 5 ans traine dans la ville à longueur de journée, les informations qu’il pourrait m’obtenir une fois sa confiance acquise seraient sans comparaison. De même lorsqu’on me demanda d’exécuter une tripotée de forbans dans leur repaire, mon bras refusa de s’abattre sur ces deux jeunes filles qui s’y trouvaient. Je n’ai vu que les sévices qu’elles ont subi, et le malheur dans leur yeux de n’être que des objets sexuels pour forbans. Elles étaient armées certes, mais terrorisées et incapables de faire quoi que ce soit. Je les ai laissé filer et me suis dresser contre mes propres frères pour leur faire gagner du temps. Seule l’une d’entre elle a survécu, je la vois souvent dans la maison des charmes de Penjoie, elle garde un œil pour moi sur les allées et venues suspectes… »

Il grimaça et ne parvint à réprimer un petit cri de douleur lorsque Junarah passa sa main sur ses côtes. Il poursuivit cependant :

« J’aime faire les choses à ma manière, j’estime qu’on n’est jamais mieux servit que par soi-même. Il est souvent nécessaire d’arrondir les angles, mais la hiérarchie est bien trop carrée pour cela. J’agis donc à mon échelle, et cela me vaut les foudres de mes supérieurs. C’est juste que… »


Il hésita un instant, puis il reprit avec un ton plus enflammé :

« Notre organisation militaire ressemble trop à celle de Matroos à mon gout. Les contrats technologiques et tout ça c’est bien beau, mais il faudrait que Korrul se réapproprie son armée. Le corps à corps est une tradition chez nous, pourquoi ne pas développer des boucliers capables de nous protéger des tirs de Fusil à Impulsion, l’alliage de nos armures et armes blanches devraient être retravaillée, les crédits manquent chez les Veilleurs Pourpres. Et puis faire copain-copain avec les Matrosciens me déplait, ils se sont installés chez nous, ils vivent du commerce et spéculent sur la valeur de nos produits, qui ne dit pas qu’ils veuillent un jour s’approprier nos terres pour plus de profit ? Je n’aime pas la direction que les choses prennent !»

Sentant la passion le gagner, il se calma avant de reprendre :

« Avec votre don, Korrul peut se développer à nouveau et notre peuple aura besoin d’une nouvelle armée et d’une organisation repensée en terme d’urbanisme. Il faut rendre à Korrul ce qui appartient à Korrul et pour cela, il lui faut un nouveau visage ! »

Sur ces mots, il fixa Henja avec à la fois étonnement, respect et une illumination soudaine. Et si c’était elle le nouveau visage de Korrul ?
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Posté dans Re: Rencontre avec un Chamane, pourquoi fallait-il que ce soit elle, et rocambolesque ?   - Dim 10 Fév 2013 - 9:48

On ne pouvait savoir si les yeux sans lumière de la chamane bougeaient. Que fixaient-ils ? Qu'exprimaient-ils ? Rien ou tout. La seule ouverture sur l'âme d'Henja était aussi noire et opaque que les cœurs d'Armory. Pourtant, il se passait bien des choses dans sa tête. Tous ses sens étaient occupées par la surveillance du lieu, excepté sa vue, qui elle, observait le moindre geste de Junhara. Elle ne le dirait jamais à sa compagne, mais elle ne supportait pas de la voir toucher un autre qu'elle même. Toutefois, rien sur le visage de Celle qui Sème ne trahissait son agacement. La jeune korrulienne s'appliquait à son devoir : faire en sorte que sa maîtresse soit généreuse et altruiste aux yeux du soldat. Qu'il l'admire, la soutienne, et elle pourrait compter sur ses services. Et plus elle l'écoutait, plus elle trouvait de la valeur dans ces services. Comme elle le lui avait enjoins, il parlait sans ambages, allant même jusqu'à remettre considérablement en question le fonctionnement militaire de Korrul. Les Veilleurs Pourpres existaient depuis des siècles. C'était l'une des plus grande fierté du pays. Sûrement que, dans sa jeunesse, il avait lui même admiré la notoriété et le statut des soldats du désert, avant de rejoindre leurs rangs tout en fuyant une misère sociale. Sa déception était presque tangible. Un Général disparu. Un incapable en remplacement. Et au milieu de tout ça, la graine de la mauvaise herbe qui assombrit le corps d'arme. Il fallait être fils de Cultivateurs ou d'officier pour accéder aux grades supérieurs, ceux qui dessinait la ligne directive des VP, cette hiérarchie trop carré qui dérangeait tant Tirdad.
Son opinion sur les matrosciens tira un sourire à la chamane. Son masque impassible reprit plus difficilement encore ses traits lorsqu'il insinua clairement la chute du pouvoir korrulien pour l'apogée d'un nouvel ordre. Le sien.

- Vos paroles sont plus sages que ne le laisse présager votre âge, soldat Arsaces, fit-elle enfin après un long silence. Et ce que vous me dites sur notre armée me laisse soucieuse. Nous autres, Chamanes, passons notre vie derrière les murs de temple comme celui-ci, auprès de ceux qui ont besoin de nous et dans l'Oasis de Ruyn sur lequel nous veillons. La création du corps des Veilleurs Pourpres est plutôt récente, si on compare à notre Histoire. Loin de nous, dans le désert, il a pu prendre le chemin que lui ont donné une succession d'hommes. Il est temps de remédier à ce triste déclin.

Henja se tut un instant, et afficha l'air de quelqu'un qui hésite. Oui, elle paraissait certainement brouillée par tant de remise en cause, mais non, elle n'était pas aussi ignorante. Elle avait bien quelques espions au sein du quartier général qui lui avait rapporté la décadence des officiers, les échecs successifs de petites missions anodines. Au moins, l'expertise korrulienne était préservée, mais ceci était une autre affaire. En soit, il n'y avait rien d'alarmant pour les cultivateurs, les sages du temple ou même ses frères et soeurs. Néanmoins pour Henja, comme pour le soldat face à elle, les méthodes actuelles des VP s'éparpillaient vers un modernisme risqué qui entachait l'identité du peuple korrulien.

- Vos suggestions mériteraient qu'on y prête plus d'attention. Hélas, je ne peux vous imposer comme conseiller stratégique aux côtés du Général. Toutefois, je pense que votre expérience du terrain et votre ouverture d'esprit seraient plus utiles dans un poste d'officier. Ces gens, ces criminels épargnés par une justice que je partage également, vous donnent accès à des informations qui servent un plus grand bien. Continuer d’agrandir ce réseau et de l'utiliser pour défaire la mauvaise graine de Korrul. Bien qu'un tel atout doit rester secret, je suis certaine que si vous supérieurs en avaient eu connaissance, ils n'auraient pas hésité à vous élever au grade d'officier. J'appuierai donc votre promotion tout en gardant ce que je sais pour moi même, évidement.

Elle ne continua pas plus loin. Il comprendrait de lui même que par ce service, il lui serait redevable. Elle ne pouvait lui dire clairement qu'elle souhaitait qu'il devienne ses yeux et ses oreilles auprès des officiers. Et avec le coup de pouce qu'elle lui apportait, il ne devrait plus avoir besoin de beaucoup pour atteindre rapidement un grade élevé, si ce n'est endormir sa rébellion le temps de s'assurer une position intouchable.
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Posté dans Re: Rencontre avec un Chamane, pourquoi fallait-il que ce soit elle, et rocambolesque ?   - Jeu 28 Fév 2013 - 8:10

Tirdad s’essaya plus d’une fois à sonder les intentions de la Chamane durant leur conversation. Mais ses yeux si déstabilisants, étaient une barrière qu’il ne pouvait franchir. Il se résigna à laisser vaquer innocemment son regard, non sans analyser l’attitude corporelle de son interlocutrice. Il esquissa un léger sourire approbateur lorsqu’elle complimenta son intelligence, s’il avait de la chance, elle n’était pas au bout de ses surprises.
Sagement, il bu ses paroles, comme le ferait un môme devant une institutrice.
Il observa son hésitation sans pour autant la juger. Cette préoccupation soudaine confirma le fait que malgré ses pouvoirs qui dépassaient l’entendement, Henja restait tout de même humaine. Comme pour masquer ce léger moment de faiblesse de sa maitresse, Junarah eut un geste malheureux qui arracha une grimace et un soupir de douleur au jeune homme. La Chamane en profita pour se relancer dans la seconde partie de son discours. Une fois qu’elle eut terminé, Tirdad joignit ses mains et croisa ses phalanges, il apposa ses coudes sur ses genoux et répondit avec aplomb :

« Avec tout le respect que je vous dois, c’est une très mauvaise idée ô gracieuse chamane. Laissez-moi-vous éclairer sur la mentalité des Veilleurs. Si vous appuyez ma promotion d’officier, je perdrais toute crédibilité, les hommes ne verront en moi que le pion de la chamane Henja. Ils fantasmeront sur une possible romance, ou inventerons des histoires encore plus farfelues les unes que les autres pour tenter de trouver une justification à cet avancement inopiné. Je les vois d’ici me pointer du doigt et me surnommer « HenjaMan », je perdrais leur respect et aurais d’insurmontables difficultés à me faire obéir et à m’imposer… »

Il marqua une pause, baissa les yeux et les fixa de nouveau sur le visage de son interlocutrice avec un large sourire dessiné sur les lèvres :

« Non, j’ai une bien meilleure idée. Envoyez-moi au front, en première ligne sur l’ile blanche, étant donné les circonstances de notre rencontre cela ne choquera personne. Je m’arrangerais pour briller et me faire remarquer, j’accomplirais un exploit au péril de ma vie. Et si Ruyn veuille bien que je survive, alors je serais digne de vous servir, si je ne reviens pas, c’est que cela était écrit. Une fois mon haut fait d’arme dument reconnu, il vous suffira d’organiser une cérémonie de remise de médaille. Je m’arrangerais pour vous souffler les noms d’autres valeureux soldats afin que je passe inaperçu dans le lot. L’enjeu est double, de l’officier pistonné par une chamane je devient le héro du jour et engrange le mérite qui va avec. Et vous, vous passez pour l’aimante figure maternelle qui s’inquiète du sort des Veilleurs. Je gagne le respect de l’armée et vous gagnez leur affection, et si jamais ils ont à choisir leur allégeance un jour, cela pèsera sur la balance ! Si on nous voit ensemble après coup, les gens trouveront naturel que le loyal Asraces se préoccupe de son honorable bienfaitrice. »

La main de Junarah n’était plus en contact avec la peau de Tirdad, cette dernière était effarée. Le jeune homme ricanait avec légèreté, le plan était parfait et bien pensé. Il avait pour humble habitude de toujours s’aligner sur le niveau intellectuel de son interlocuteur, et c’était bien la première fois ou il pouvait laisser libre cour à son génie. Il savait qu’Henja ne s’offusquera pas de sa contre-idée, ni qu’elle prendrait peur d’avoir à son service un être dangereusement intelligent. Car sans elle, il n’était rien. Accentuant encore plus son sourire et tout en passant une main dans ses cheveux il ajouta :

« J’au cru déceler une pointe d’animosité entre vous et Vaarden. Je me trompe ? Parce que si c’était le cas et que vous souhaitiez limiter son influence, je vous conseillerais de lui rappeler fermement la partie la plus déplaisante de ses devoirs. S’occuper de la logistique, de l’approvisionnement, faites lui jouer les rôles de gratte-papiers et essayez de couper son contact avec les hommes du rang. Cantonner-le à son bureau et… »

Cette fois-ci le jeune homme éclata de rire avant de se calmer et de poursuivre :

« Pardonnez-moi je viens juste de visualiser la scène… En gage de bonne foi, vous pourriez donner à Vaarden un nouveau bureau, éloigné dans l’aile ouest de la caserne et richement décoré, outrageusement décoré. De sorte que tous ceux qui passeront dedans se demanderont si le bon général n’est pas entrain de devenir complaisant avec lui-même. Justifiez cela comme le standard obligatoire pour un homme de sa position qui se doit de recevoir les Chamanes. Ensuite, je pense que le conseil pourrait lui demander un recensement complet du personnel de nos forces armées. Un travail long et fastidieux qui devrait occuper Vaardin un moment… »

Tirdad attendait avec une impatience non-dissimulée la réponse de Henja. Après tout, ils avaient toutes les cartes en mains, et cette coopération s’annoncer plus que fructueuse pour les deux parties.
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Posté dans Re: Rencontre avec un Chamane, pourquoi fallait-il que ce soit elle, et rocambolesque ?   - Jeu 28 Fév 2013 - 13:43

Elle écouta patiemment. Comme son enseignement lui imposait, elle absorba intérieurement toute réaction à chaud afin de réfléchir aux paroles de celui qui saurait trouver utilité à ses yeux. Il n'était pas sans dire que cette fois, elle du faire appel à une grande maitrise. Ce korrulien manquait d'un certain tact que son intelligence sauvait.
D'abord offusquée par sa contre-proposition présentée sans ambages, ce qu'insinuaient ses contres arguments. La chamane avait été quelque peu irritée par ses rires à répétition. Par la suite, l'absence de titre pour le Général marqua ce problème d'autorité qui entachait sa carrière et dérangeait Henja. Les petites choses constituaient le fondement des plus grandes, aurait cité un jeune Oöphrus. Toutefois, elle devait s'avouer impressionnée par le veilleur. Malgré une vie éloignée de la spiritualité du temple ou même de l'éducation d'un héritier cultivateur, Tirdad savait utiliser sa tête. Elle le testait, et il réussissait.

Junarah rangea silencieusement son matériel avant de rejoindre sa maitresse. Elle l'interrogea du regard mais Celle qui Sème l'ignora superbement. Qu'elle reste dans un coin et ne la dérange pas ! Henja ne supportait pas de donner des directives : il fallait lire en elle. La douce compagne avait encore beaucoup à apprendre, même après tant d'années.
La Chamane conserva son masque de statut mais se leva de la racine.
- A défaut d'être conseiller du Général Vaarden, vous aurez su me faire part d'un avis avisé, soldat Tirdaces. Ceci mérite un peu de réflexion. Cependant, sachez que mon influence ne me permet pas de mettre au placard le Général des Veilleurs Pourpres. La plus grande faiblesse de Korrul est, vous le savez sûrement, son administration partagée.

Ses yeux noirs se perdirent un court instant vers le sentier qui les avait conduit au coeur de la miniature florissante. Oui, il me faut consulter Mensah à propos de ce soldat, et lui laisser le temps de se renseigner proprement à son sujet, songea-t-elle.

- L'île blanche fait nombre d'envieux. Vous soulignez un bon point à son sujet : n'est-ce pas la mission parfaite pour prouver sa valeur ? Mais à qui ? A sa famille ? Un proche ? Ses camarades ? Son pays ? Ruyn ? Au fond, toutes les belles paroles que vous pourriez prononcer ne sauraient m'assurer de vos intentions. Notre rencontre, Tirdad, est aussi récente et soudaine que guidée par la main du Tout Puissant.

Elle fit un léger signe de tête à Jun' qui sorti de l'ombre d'un arbre fruitier et la rejoignit docilement. Puis Henja planta ses yeux d'abîme dans les perles dorées du veilleur une dernière fois.
- Vous aurez de mes nouvelles, d'une façon ou d'une autre, dit-elle avec un sourire flottant mais un regard aussi sévère que sa voix était emprunte de mystère. Merci pour cet échange enrichissant qui je l'espère, saura rester privé. Puisse Ruyn semer ta route de sa bonté, ajouta-t-elle comme prière d'adieu. Raccompagne-le veux tu.

Sur ces mots, Celle qui Sème s'en alla plus profondément encore dans son oasis, laissant à Jun' le soin de conduire Tirdad jusqu'à l'extérieur du temple et par la même de veiller à ce qu'il quitte les lieux sans obstacle.
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Posté dans Re: Rencontre avec un Chamane, pourquoi fallait-il que ce soit elle, et rocambolesque ?   - Ven 1 Mar 2013 - 9:25

Tirdad fronça légèrement les sourcils une fois que la Chamane eut terminée de prendre la parole, il avait perçu un changement d’atmosphère. Avait-il était trop brusque ? Trop impudent ? Il avait la désagréable sensation de perdre Henja, il pensait qu’à l’issue de cette conversation il bénéficierait de son patronage de facto. Mais cela ne semblait pas être le cas, pire elle était même sur le point de se retirer. Elle se leva et le gratifia d’une prière de salut qu’un homme de sa condition n’aurait jamais put être en mesure de recevoir. Ainsi ils se reverraient, elle devait réfléchir… Il fallait qu’il montre un visage plus docile envers sa future maitresse. Sachant qu’il ne pourrait jamais égaler la dévotion de Junarah était donné sa forte personnalité et son goût prononcé pour sa liberté d’action, il tenta de terminer l’entretien sur une note positive : son indéfectible loyauté.
Alors que la Chamane était sur le départ, il lui lança d’une voix pleine de détermination :

« Korrul ! La réponse à votre question est Korrul. Ou plus précisément la domination de Korrul sur l’ile et au delà. »


Il marqua une pause et effectua une gracieuse révérence avant de conclure avec respect :

« Puisse Ruyn veiller sur son Élue. »

Il la regarda s’éloigner et attendit qu’elle disparaisse de son champ de vision pour se redresser. Il soupira avant de passer une main dans ses longs cheveux bouclés, les résultats mitigés de son entrevue avec Henja n’étaient guère probants. Il fixa Junarah et lui annonça avec indifférence :

« Inutile de me raccompagner, j’ai mémorisé le trajet jusqu’à ma cellule lors de notre escapade. J’y attendrais patiemment l’aurore avant de reprendre ma route comme si de rien n’était. Ma discrétion sur tout ceci va sans dire… »

Il se rhabilla sous le regard inquisiteur de la compagne d’Henja et une fois son armure réajustée, il regagna sa cellule à pas de loup et sans encombres. Au petit matin, les gardes du temple l’en extirpèrent avec plus de respect que lorsqu’ils l’avaient emprisonné la veille. Aux portes du temple, une silhouette familière l’attendait avec ses armes : le lieutenant Mesraimé, son ami de toujours. Tirdad lui lança gaiement :
« Mon ami, je comprend la gentillesse soudaine de mes geôliers en te voyant ! Ta présence est une bénédiction de Ruyn !
- Mon ami, encore dans de beaux draps à ce que je vois ! répondit-il avec le sourire.
- Allons donc boire un verre pour célébrer nos retrouvailles ! ajouta-t-il avec entrain.
- Donne-moi son nom et je te jure que je lui ferais payer… souffla l’officier en se référant à ses blessures.
- Inutile, je suis d’humeur charitable. Comment va ta femme ?
- C’est la mauvaise semaine, c’est pour cela que j’ai préféré braver la route jusqu’à Arish et les problèmes administratifs pour te sortir de là plutôt que de lui faire face une minute de plus ! »

La plaisanterie eut le don d’arracher un rire aux deux hommes. Tirdad ceignit ses armes et les deux compères s’en allèrent en centre-ville afin de prendre un rafraichissement en cette matinée à la chaleur étouffante. Comme elles le sont toutes dans le désert de Korrul.

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Posté dans Re: Rencontre avec un Chamane, pourquoi fallait-il que ce soit elle, et rocambolesque ?   -

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