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Les sales histoires rendent toujours mieux la nuit.

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Posté dans Les sales histoires rendent toujours mieux la nuit.   - Dim 20 Jan 2013 - 3:53

Ses pas résonnaient dans la ruelle déserte, déchirant le silence de la nuit. De tous les côtés, les volets fermés le rassuraient, tandis qu'en lui naissait une inquiétude grandissante. Personne ne l'observait. La fuite, voilà bien une chose qu'il n'avait jamais imaginée ! Pourtant, il n'avait guère le choix : la milice était peut-être déjà avertie de son évasion, les soldats le cherchaient probablement dans les alentours de la villa d'Istovie. Ce n'était plus qu'une question d'heures, de minutes, avant qu'ils ne le retrouvent.
Subitement, Gaspard regretta de ne pas s'être renseigné sur le circuit d'empruntaient les soldats en patrouillant dans la cité, cela lui aurait évité d'être aussi inquiet. A dire vrai, il était terrifié. Terrifié à l'idée de devoir quitter tout ce qu'il connaissait -enfin, tout ce qu'il connaissait pour l'avoir vécu-, de quitter définitivement les gens qu'il aimait. Mais à nouveau, il se rappela l'impossibilité de faire marche arrière : en le libérant, Istovie l'avait destiné à une vie de fuite et d'errance entrecoupée de panique lorsqu'il croiserait un... Gaspard se plaqua contre le mur, retenant sa respiration. A l'intersection devant lui, un bataillon de six soldats passait en marchant au pas, tenant d'une main assurée leurs torches. Le jeune homme craignit un instant que la lueur qu'elles diffusaient ne l'atteigne, mais elle ne fit qu'effleurer le sol au bout de ses bottes. Il attendit deux bonnes minutes après que la patrouille ait disparu dans une rue adjacente. Relâchant ses muscles et s'autorisant à respirer à nouveau, il se remit en marche, avec plus de prudence encore. "C'est impossible, je ne pourrais pas m'y habituer", songea-t-il en rajustant le capuchon sur son visage.

Plus il marchait, plus il ressentait la désagréable sensation d'être observé de toute part. Les fenêtres aux rideaux tirés étaient devenues de vilains yeux au regard scrutateur, les portes closes d'immenses bouches prêtes à le dévorer. Il voyait des silhouettes là où il n'y avait que des ombres, confondait le sifflement du vent avec la voix d'un passant. Après qu'il se soit aplati contre la pierre deux ou trois fois, il se fit la réflexion qu'il valait surement mieux se renseigner avant de battre la campagne dans l'inconnu. Le joyellien, les chamanes, il connaissait, la vie d'un hors la loi, un peu moins.
Il bifurqua donc et prit la direction des bas quartiers de Sant Poseïnos, espérant y trouver un quelconque informateur. Il n'eut pas de mal à comprendre à quel moment il entrait dans ce secteur, car les trottoirs furent subitement envahis de femmes aux déhanchés langoureux, et aux joues outrageusement fardées. Piquant un fard, Gaspard resserra les pans de sa cape contre lui et détourna les yeux, gêné pour elles. Il dépassa quelques tavernes d'où s'échappaient de bruyants hymnes à la bière, avant de prendre son courage à deux mains et d'accoster un homme, à l'air moins inculte que les autres et, en tout cas, capable de répondre à ses questions.

" Excusez-moi... " fit-il d'un ton hésitant, sans oser s'approcher trop de l'inconnu. Comme il ne répondait pas, il répéta un peu plus fort, jusqu'à ce que l'homme tourne son visage sale vers lui. Avalant sa salive avec difficulté, Gaspard poursuivit :

" Je suis navré de vous déranger à une heure si tardive, mais il se trouve que je manque cruellement d'informations concernant la vie de hors la loi. Auriez-vous l'obligeance, mon brave, de m'apprendre ce que je ne connais pas encore ? "

L'homme le fixa tout d'abord avec de gros yeux écarquillés, puis explosa de rire en se fouettant la cuisse du revers de la main. Il riait si fort que d'autres s'approchèrent, curieux. Gaspard trouva ça très vexant, et lui demanda ce qui était si drôle.

" C'est que, mon gars, c'est dur de t'croire quand tu dis que t'es un hors la loi !

- Pourtant, c'est la vérité vraie, et...

- Mais arrête de causer comme ça ! Si tu veux t'faire passer pour un bandit, cause comme un bandit ! "

Le jeune homme digéra cette information, incapable de ne pas être circonspect, toutefois. Certes, il abordait un langage plus évolué que la moyenne (surtout quand la-dite moyenne était représentée par ce genre de rustres personnages), mais s'il n'était pas crédible dans son rôle de hors la loi, la milice ne le considérerait pas immédiatement comme tel.
Après avoir cessé de s'esclaffer bêtement, le voyou lui donna une adresse : un certain homme, manifestement influent, pourrait lui apprendre tout ce qu'il devait savoir à propos de la vie de banni. Gaspard le remercia plutôt froidement, rajusta la bandoulière de son sac sur son épaule, et se remit en route.

L'auberge vers laquelle on l'avait envoyé était toute simple : une porte entrebâillée laissant passer la lumière jaune de l'intérieure, une pancarte grinçante suspendue au-dessus de l'entrée. Guère rassuré, craignant que l'homme se soit moqué de lui, Gaspard entra. L'établissement était propre, ce qui le surprit de prime abord. Il avait redouté de voir une dizaine d'ivrognes couchés sur les tables, et le sol recouvert d'immondices. Mais tout le monde se tenait bien, et le sol donnait l'impression d'être juste balayé. Comme personne ne faisait attention à lui, il s'avança jusqu'au comptoir, posa son sac sur un tabouret à côté de lui et demanda au tavernier :

" Bonsoir mon bra... b'soir. Dis-voir l'ami, tu saurais pas où s'cache un certain Alain Grandsabot ? "

D'un revers de main peu concerné, l'homme lui indiqua l'étage. Gaspard le remercia brièvement, monta l'escalier et s'arrêta devant une porte. Il frappa trois fois, et comme on ne lui répondait pas, il prit son courage à deux mains et ouvrit.
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Posté dans Re: Les sales histoires rendent toujours mieux la nuit.   - Dim 20 Jan 2013 - 4:57

Tandis que la porte tournait lentement sur ses gonds en poussant un grincement à vous coller des frissons dans le dos, la lueur ténue du couloir éclaira juste suffisamment la pièce pour que gaspard puisse remarquer que celle ci était vide à l'exception d'une chaise en bois des plus austères, vide elle aussi. Il eut alors moins d'une seconde pour percevoir le bruit de pas dans son dos, une main lourde et puissante le bouscula sans ménagement dans la pièce. Il du se réceptionner les mains en avant pour éviter de manger la poussière. La porte claqua et plongea la petite pièce dans les ténèbres.

Une lanterne crasseuse commença alors à diffuser un brin de clarté vacillante. En se retournant Gaspard pouvait observer deux individus.

Face à lui se tenait le tavernier, il tenait la lanterne à la main et celle-ci creusait son visages d'ombres menaçantes. A coté de lui la brute épaisse qui avait poussé Gaspard était tellement massive que sa tête qui touchait presque le plafond était entièrement plongée dans les ténèbres. L'homme respirait maintenant si bruyamment que son souffle ressemblait à un grognement des plus menaçant.

"tss tss tss"

Le tavernier soupira puis fit quelques pas vers Gaspard. S'accroupissant pour se mettre au niveau de son interlocuteur, il posa la lanterne au sol. Son visage plus distinct maintenant qu'il était tout proche se fendait d'une expression des plus sévère, comme si le jeune hors la loi venait de commettre une faute irréparable. Le tortionnaire malgré son assurance ne paraissait en fait pas beaucoup plus âgé que Gaspard mais son visage avait un aspect factice assez déroutant vu de prêt. Un observateur attentionné pouvait aussi à ce moment là noter les reflet jaune orangés des yeux du tavernier, le reflet de la lanterne mais pas seulement...
D'un geste l'homme indiqua à son homme de main de le rejoindre. La brute fit trembler la sale à chacun de ses pas, il attrapa Gaspard par les épaules, le soulevant comme un vulgaire fétus de paille et le posa sèchement sur la chaise. Il le maintenait à présent en place, une main sur chaque épaule. Le tavernier s'avança, laissant la lanterne derrière lui.
La seule source de lumière n'éclairait à présent plus que le visage du jeune homme. La silhouette du tavernier n'était qu'ombre.

"Alors comme ça on cherche monsieur Grandsabot hein?"

L'homme avait prit une voix exagérément grinçante, presque moqueuse.

"J'imagine qu'il y a une bonne raison à cela... hein?"

Il rumina quelques secondes.

"Mais, hum, j'aimerais savoir... cette raison... est-elle bonne pour chacun, ou seulement pour l'un de nous? ... Je me le demande..."


HRP:
 
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Posté dans Re: Les sales histoires rendent toujours mieux la nuit.   - Dim 20 Jan 2013 - 6:42

Le choc avait été brutal, douloureux. Un élancement désagréable était né dans son épaule droite, celle qui avait heurté le sol. A présent maintenu fermement sur une chaise, Gaspard peinait à discerner les traits de ses agresseurs car la tête lui tournait. Une voix grinçante lui cisela la tête, il se retint pour ne pas fourrer son front entre ses mains tremblantes. Heureusement pour lui, tout cela s'était passé si vite qu'il n'avait eu le temps de réaliser ce qui lui arrivait.
Clignant des yeux, il laissa s'échapper un son étouffé, avant de se reprendre. Maintenant qu'il y regardait de plus près, ce tavernier n'avait pas vraiment le physique de l'emploi. L'air retors, les cheveux soigneusement plaqués en arrière, l'inconnu le fixait avec délectation. Gaspard frissonna lorsque son regard coula vers la brute. Il n'avait vraiment pas de chance. Inspirant profondément, il s'efforça de garder une voix assurée, mais elle tremblait :

" On m'a envoyé quérir monsieur Grandsabot. J'ai quelques questions à lui poser... des questions d'ordre... de banditisme. " Paniqué, le jeune homme tenta de dissimuler son angoisse. Son coeur donnait l'impression de vouloir creuser un trou entre ses cotes et de bondir hors de sa poitrine.

" Quant à la raison, et bien je... j'imagine qu'elle me sera surtout profitable. Mais nous parviendrons peut-être à trouver un arrangement lui et moi ? " Reprenant contenance, il fronça les sourcils, intrigué : " Les taverniers n'ont pas l'habitude d'agresser les clients dans leur établissement. Vous n'êtes pas vraiment tavernier, pas vrai ? "
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Posté dans Re: Les sales histoires rendent toujours mieux la nuit.   - Dim 20 Jan 2013 - 10:00

En entendant l'explication cafouilleuse de l'intrus le tavernier, car il était bel et bien le tavernier, lâcha un profond soupirs, se cachant les yeux d'une mains. Si Gaspard avait pu voir l'expression exaspérée de son tortionnaire à ce moment là il aurait sans doute comprit à quel point il était déphasé de la réalité sombre et suintante où il était à présent empêtré. L'homme ne se montra pas clément et même l'attitude de son vis à vis avait eut le don de l'agacer.

"C'est moi qui pose les question ici cul terreux!"


Ne possédant pas une voix très puissante, le tavernier avait du forcer sur ses cordes vocales pour en arracher un cri digne de ce nom et il en était ressorti une menace teintée d'hystérie qui aurait fait trembler plus d'un homme. Il calma sa respiration et s'éclaircit la gorge avant de reprendre plus posément.

"Qu'est ce que tu lui veux à monsieur Grandsabot? Cause ou bien mon ami ici présent se fera une joie de t'arracher une oreille!"

Le colosse en comprenant qu'on l'avait mentionner avait jugé bon de rappeler sa présence au jeune hors la loi en affermissant la pression de ses mains surs ses épaules.

"Allez je t'écoute, dis moi tout !"
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Posté dans Re: Les sales histoires rendent toujours mieux la nuit.   - Lun 21 Jan 2013 - 3:25

S'il l'avait pu, Gaspard se serait frappé le front contre un mur. La tension venait de monter d'un cran dans la pièce, et tout ça à cause de son entêtement. Il se fit la réflexion que, après tout, il aurait peut-être mieux de se rendre à la milice pour finir ses jours en prison. L'homme qui lui faisait face était bien plus inquiétant, et dangereux. La brute qui montait la garde près de lui renforçait encore cette impression.
Portant une main à son oreille gauche, le jeune homme coula un regard inquiet au mastodonte, et finit par répondre :

- Je suis pourchassé par la milice. Je ne connais rien au mode de vie des hors la loi, et plutôt que de me jeter dans la gueule du loup, j'ai préféré demander conseil auprès d'un homme qui saurait m'enseigner les rudiments de l'art des bandits. J'ai accosté un inconnu tout à l'heure, il m'a envoyé ici. Je ne lui veux rien de plus que ça, à votre Grandsabot.

Agacé de s'être mis dans le pétrin tout seul et aussi rapidement, Gaspard détourna les yeux. A vrai dire, il était furieux. Lui qui croyait se montrer prudent et éviter les ennuis, c'était raté !
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Posté dans Re: Les sales histoires rendent toujours mieux la nuit.   - Lun 21 Jan 2013 - 12:31

Pour le tavernier, gaspard racontait des énormités tellement grosses qu'elles en étaient presque crédibles. Il eut envie d'éclater de rire et de se moquer ouvertement de la naïveté du jeune homme. Il soupira et se retourna pour ramasser la lanterne puis en alluma deux autre qui étaient accrochées aux murs. La pièce, quoiqu'encore sombre, était à présent suffisamment éclairée pour distinguer convenablement chaque individus.
Moda emprunt d'une certaine perplexité cessa à ce moment de jouer au tavernier démoniaque mais il n'était pas certain de l'attitude qu'il devait adopter. En fait l'absurdité de la situation l'avait quelque peu désarmé mais plus il y réfléchissait et plus cela sentait roussi. En effet face à lui se trouvait un individus des plus douteux. Si son histoire était vrai c'était bien la requête la plus stupide qu'on ne lui avait jamais faite, mais dans le cas contraire il avait face à lui un ennemi; fallait-il éliminer le gêneur, se débarrasser du cadavre? Se contenter d'une sévère correction et le laisser détaler serait prendre la situation trop à la légère. Plus grave encore, l'intrus avait mentionné un inconnu qui lui aurait donné l'adresse de Grandsabot. L'affaire du pauvre Allain était certes mal famée mais pas au point qu'il soit de notoriété publique que c'était un repère de hors la loi, ce genre de mauvaise publicité risquait d'attirer de mauvais visiteurs. Dans tous les cas la situation semblait avoir échappé à son contrôle et c'était mal, très mal.

"Tu peux prouver ce que t'avances morveux?"

La question était presque rhétorique, la seul chose qui intéressait Moda était l'intervention de cet inconnu qui avait guidé Gaspard et il savait qu'à moins de retrouver l'homme en question - chose qui serait des plus ardues - il était obligé de se fier à la parole du jeune homme. Il soupira longuement, cherchant à se remettre les idées en place.

"Ton histoire à dormir debout est probablement le truc le plus sordide que j'ai entendu depuis que je tiens cette auberge, tu prétends que tu t'es trimbalé dans tout le quartier poursuivit par la milice en demandant aux gens que tu croisais si quelqu'un pouvait t'apprendre à devenir un hors la loi et qu'un type dont tu ignores l'identité t'as donné l'adresse de MON auberge?"

Tout en récapitulant la situation à voix haute un déclique s'opéra dans son esprit et il réalisa la porté des actions du jeune homme; les conséquences désastreuses que pouvait avoir un comportement si peut consciencieux. Il du se mordre la lèvre pour retenir sa colère et ne pas écraser son poing déjà serré dans la jolie petite face de l'intrus. Il pesta, les jurons qu'il avait entendu de la part de son père adoptif s'écoulèrent naturellement par sa propre bouche. Laisser sa colère s'exprimer n'était pas une chose courante chez lui mais pour la première fois de sa vie il sentait ses affaires basculer et c'était la seule façon de masquer la panique qui l'envahissait. La milice allait probablement débarquer d'un moment à l'autre, la taverne était peut-être même déjà cernée, il fallait se ressaisir, agir promptement et avec assurance.

"Pauvre inconscient, tu me payeras ça, je te le garantis !" menaça-t-il à l'attention de Gaspard.
"Hans, occupe toi de l'auberge pendant mon absence, et ne laisse pas entrer les clients douteux, je veux que tu me vire tous ceux dont tu ne pourras pas prouver l'identité!"

Le géant, comprenant grossièrement la gravité de la situation se redressa, libérant Gaspard de son étaux et se précipita hors de la sale en maugréant un "Oui Chef" peu assuré. A peine avait-il passé la porte que Moda, seul avec l'intrus, avait sorti un révolver de sa veste et le pointait d'un air menaçant vers Gaspard.

"Bon allez debout, on se tire, avec tes idioties on sais pas quand la milice va rappliquer ici mais si tu veux mon avis c'est plus qu'une question de minutes..."

Il lui montra la porte d'un mouvement de l'arme et emboita le pas à sa suite. "Pas par là !" Indiqua-t-il à gaspard qui avait pris la direction des escaliers. Il s'appuya alors sur le mur au fond du couloir qui bascula pour dévoiler un trou béant dans le sol. "Après toi !" La seul façon de descendre était d'emprunter une échelle poussiéreuse qui plongeait dans les ténèbres. La lumière de la lanterne ne suffisait pas à éclairer le fond mais on pouvait deviner la destination à l'odeur de moisissure qui émanait du puis. Lorsque gaspard fut à mi hauteur, Moda commença à descendre à son tour.
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Posté dans Re: Les sales histoires rendent toujours mieux la nuit.   - Ven 25 Jan 2013 - 3:35

"Tu peux prouver ce que t'avances morveux?"


Evidemment, non, il ne le pouvait pas. De plus en plus angoissé, Gaspard s'apprêtait à leur proposer de retourner sur ses pas, pour retrouver le vieil homme rencontré dans la rue, mais son intervention fut coupée net par la tirade du tavernier, qui n'en était pas vraiment un. Il résuma si bien la situation que le jeune homme se contenta de bafouiller quelques mots incompréhensibles. Vu comme ça, les choses paraissaient complètement folles. Cet homme avait raison de se méfier.
Soudainement, les choses se précipitèrent : le garde du corps reçut l'ordre de surveiller l'entrée de l'auberge, et Gaspard fut relevé avec brusquerie. La milice ? Mais qu'est-ce que la milice pourrait bien venir faire ici ?

"Excusez-moi de vous déranger dans votre panique organisée, mais j'ai bien veillé à ce que la milice ne me suive pas, et..."

Le revolver que l'homme pointait sur lui avec un air menaçant le dissuada de poursuivre. Mieux valait obéir et éviter de discuter.
C'est tout naturellement que Gaspard se dirigea vers la porte, mais le tavernier lui indiqua une trappe dans le sol. Une trappe. Il y avait toujours des trappes, dans les histoires de gangsters ou de bandits. Les choses ne s'arrangeraient-elles donc jamais ? Sans broncher, il se glissa dans l'ouverture, et agrippa les barreaux de l'échelle. Il eut un haut le coeur lorsque l'odeur âcre de la moisissure le saisit à la gorge, et s'empressa de respirer par la bouche. C'était vraiment la cerise sur le gâteau. Ils allaient probablement fuir par les égouts de la ville, se retrouver dans un champ à la périphérie de Sant Poséïnos, et le tavernier le descendrait quand la milice les aurait rattrapés. Gaspard serra les poings et les dents, s'obligeant à avancer devant l'homme au revolver. Les taverniers n'avaient pas de revolver. Les taverniers n'avaient pas de trappe dans leur bureau. Une question lui brûlait les lèvres, mais la menace de l'individu l'empêchait de parler. Oh, et puis après tout ! Au point où il en était...

"Vous allez penser que je suis obstiné, mais j'ai besoin de savoir. Pour mon profit personnel, pas pour vous vendre à la milice", ajouta-t-il d'un ton railleur. "Vous êtes Grandsabot, hein ? Oh, allez-y. Menacez-moi avec votre arme, je m'en fiche. Je me dis toujours que les choses ne peuvent empirer, mais elles empirent bel et bien. Peut-être que si vous tentiez de me tirer une balle dans la tête, les canalisations des égouts exploseraient et je finirais noyé plutôt que mort de votre main.

Il pataugeait dans une espèce de liquide verdâtre, recouvert d'une fine pellicule d'origine douteuse. Gaspard ne put s'empêcher de soupirer. Des prostituées, des bandits crasseux, un garde du corps baraqué et brutal, un homme qui le menaçait d'un revolver, et maintenant ça. Il commençait à espérer qu'une hypothétique inondation le submerge avant qu'une nouvelle épreuve lui tombe dessus.
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Posté dans Re: Les sales histoires rendent toujours mieux la nuit.   - Sam 26 Jan 2013 - 15:01

Le contacte de l'acier froid de l'échelle, l'eau répugnante du conduit, Moda regrettait déjà de n'avoir pas fait aménager un échappatoire plus accueillant. L'odeur pestilentielle et l'eau boueuse jusqu'aux genoux étaient, pris séparément, deux éléments déjà désagréables, mais réunis leur pouvoir de répulsion était à peine imaginable. Bin sur il fallait encore ajouter à cela les couinements des divers créatures vivant dans ces eaux croupies et qui fuyaient à la vue des deux hommes. Moda qui ne cherchait même pas à masquer son dégout n'était en revanche pas vraiment intimité par la tournure de la situation. S'il y avait une expression qui se dessinait sur le visage du pseudo-tavernier c'était bien l'exaspération.

"Et j'imagine que tu te crois malin. Tu te prends pour un hors la loi? Leçon numéro un quand on est poursuivi par la milice on reste discret et on fait profil bas, alors ferme là un peu veux-tu !"


Le calvaire ne dura heureusement pas longtemps, une centaine de mètre à peine plus loin une nouvelle échelle débouchait sur une espèce de cave au plafond vouté. La pièce pouvait sembler glauque mais au moins l'air y était sein et le sol sec. Dans le fond de la pièce on pouvait observer plusieurs tonneau, des caisses et divers autres marchandises. L'échelle par laquelle ils étaient arrivés était la seul entrée visible. Moda pris soins de la remonter et de refermer soigneusement la trappe derrière lui. Il s'assit ensuite sur une caisse et posa la lanterne à même le sol. Il n'avait pas cessé de braquer son arme sur Gaspard mais à présent ses traits semblaient plus détendus, moins menaçant.

"Si tu es venu me chercher c'est que tu as besoin de mon aide, non? Je viens déjà de t'éviter un bon séjour au trou, et gratuitement, c'est plutôt généreux de ma part tu ne crois pas?"

A l'attitude de Gaspard Moda réalisait que cette histoire de milice n'était encore pas complètement entré dans la caboche du jeune hors la loi. Il prit une inspiration et essaya d'adopter un ton moins austère.

"Quand tu as vagabondé dans les rues en cherchant de l'aide, tu n'étais surement pas suivit mais plusieurs personnes savent que tu es un hors la loi, ils ont vu ton visage et l'un d'eux sait même où tu te trouve... Ta première erreur a été de penser que ces personnes étaient dignes de confiance et que tu pouvais leur révéler ton statut. Tu ne t'es pas dis que tu avais peut-être révélé à un milicien en civil que tu étais hors la loi?"

Il reprit lentement sa respiration. Tendis qu'il parlait il rythmait ses propos de gestes de ses mains et son révolver ne tenait plus vraiment Gaspard en joue.

"Allez reste pas planté là, prend une place. On est coincé là pour la nuit alors met toi à l'aise. On sera mieux pour causer... Tu m'as pas l'air bien féroce, t'as fait quoi exactement pour être poursuivi?"
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Posté dans Re: Les sales histoires rendent toujours mieux la nuit.   - Lun 28 Jan 2013 - 2:47

L'attitude de l'homme changea du tout au tout lorsqu'ils pénétrèrent dans une vaste salle. Gaspard fut soulagé de constater que les murs ne luisaient plus de moisissures, mais de toiles d'araignées, et qu'une pâle lumière filtrait. Peut-être se trouvaient-ils dans de vieilles catacombes ?
Les mots de l'homme le frappèrent en pleine face. Il réalisait maintenant à quel point son comportement avait été dangereux : faire confiance à un hors la loi ? Drôle d'idée. Ce n'était pas parce-qu'il venait d'entrer dans la bande récemment que tous les autres étaient aussi droits que lui. Son humeur baissa à nouveau d'un cran, et il soupira en se laissant tomber sur une caisse. Les choses allaient être encore plus compliquées que prévu.

"Je me suis comporté comme un idiot, pas vrai ?" lâcha-t-il en grognant, oubliant l'arme que l'homme tenait. Il ne la braquait même plus sur lui, de toute manière. "Je vous assure que mon but n'était pas du tout de vous mettre en fâcheuse posture. Je ne serais pas venu vous voir si je n'y avais pas été obligé."

Il n'était pas difficile de le croire. Tout ça semblait totalement irréel, et il détonnait horriblement dans ce décor. C'était comme si un forban se retrouvait attablé devant un bon dîner, dans la villa du Gouverneur en personne. Vraiment pas crédible.
Son capuchon avait glissé de sa tête depuis longtemps déjà, mais il eut tout à coup la sensation d'étouffer, aussi déboutonna-t-il le col de sa cape en inspirant profondément.

"Vous risquez d'être déçu," commença-t-il en grimaçant. "Ce n'est pas une histoire extraordinaire. Pour tout vous dire, j'ai presque honte de vous la raconter telle qu'elle... enfin. J'étais, jusqu'à il y a très peu, l'amant d'une riche héritière marchande. Tout allait pour le meilleur des mondes, mais elle m'a... elle a prévenu son père de notre liaison, et m'a décrit comme un harceleur sexuel. Allez-y, riez", ajouta-t-il sans regarder son interlocuteur, les joues rouges. "Je n'ai jamais levé la main sur elle, bien sûr, et c'était elle qui me demandait de lui rendre visite la nuit. J'ai passé quelques jours dans les cachots personnels de la famille, puis elle m'a relâché. Sans un au-revoir, sans une excuse. Comme si je n'existait déjà plus."

Gaspard détourna le visage, sentant sa gorge se nouer. La trahison était encore trop récente, elle était comme une plaie béante dans sa poitrine. Quand il eut repris le contrôle de sa voix, il poursuivit :

"Je suppose que la Milice est déjà à ma recherche. Je préfère fuir, plutôt que mettre en danger les gens que j'aime. Ils n'ont pas à payer les frais de mes erreurs. Comme je n'ai aucune connaissance de la vie qui s'offre à moi, j'ai désiré me renseigner auprès d'une personne capable, et au courant des us et coutumes des hors la loi et autres bandits. Voilà, vous savez tout."

Le jeune homme poussa un énième soupir, et ferma les yeux, croyant déjà entendre le rire strident de son interlocuteur.
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Posté dans Re: Les sales histoires rendent toujours mieux la nuit.   - Lun 28 Jan 2013 - 7:36

Moda s'était permit un ricanement en apprenant l'histoire de Gaspard, mais c'était un rire jaune. Après tout s'il était dans cette situation aujourd'hui c'était aussi à cause, ou plutôt grâce à une femme. Malgré tout il se retint de sourire d'avantage et continua d'écouter Gaspard l'aire impassible. Encore une fois ses histoires étaient véritablement des plus farfelues, fouillant sa mémoire le sang-mêlé se mit à chercher machinalement s'il avait déjà rencontré pire exemple de naïveté et naturellement il n'en trouvait pas. Dans un sens, pour Gaspard la rencontre avec Moda était probablement providentielle, ou du moins c'est ce que pensait le fils de pirate, car il n'imaginait pas un tel homme survivre plus de quelques jours dans une jungle telle que celle des hors la loi de Sant-Poseïnos... pas librement en tout cas.

"t'aurais mieux fait de fuir la ville en vitesse et de changer de nom. T'aurais pu vivre comme un citoyen modeste loin d'ici... "

La solution apportée par Moda trahissait presque son désir de voir le hors la loi disparaitre et de pouvoir ainsi retourner à ses affaires. La chose la plus simple aurait sans doute été de descendre le gêneur sur le champs, le mettre dans une boite et le larguer dans le vide au large de Matroos. Il n'avait encore jamais eut à recourir à une telle situation, espérait ne pas y être forcé mais savait qu'il le ferait sans sourciller le jour où il le faudrait.

"Je ne vois même pas pourquoi je t'aiderais, j'ai déjà fait beaucoup pour toi en ne te livrant pas, et me voilà avec une personne qui en a déjà trop vu et qui ne me servira sans doute à rien. Qu'est ce que je vais bien pouvoir faire de toi hein?"


Un homme inexpérimenté, qui ne connait rien à la vie de malfrat, n'a visiblement aucune notion de discrétion ou d'infiltration et... Une idée venait de germer dans son esprit. N'avait-il pas dit qu'il voyait une marchande en secret? S'introduisait-il chez elle comme un cambrioleur? Avait-il quelques informations intéressantes concernant cette marchande et sa famille? Faire de ce petit intrus un informateur était possible également. Il fallait cependant être sur de pouvoir lui faire confiance.

"Comment t'as dis que tu t'appelais déjà?"
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Posté dans Re: Les sales histoires rendent toujours mieux la nuit.   - Dim 3 Fév 2013 - 7:42

La réaction de ce Grandsabot ne fit qu'accroître l'abattement de Gaspard. Tout ça n'était qu'un énorme, un monstrueux, un gigantesque cauchemar. Et pourtant, il s'agissait de la réalité. Le jeune homme enfouit son visage dans ses mains, les coudes appuyés sur les genoux. Peu lui importait à présent que l'homme qui lui faisait face tente de le tuer pour protéger ses arrières. Sa vie virait à l'enfer ces derniers temps.

"Fuir la ville ?" lâcha-t-il en ricanant. "Et pour aller où ? Même si je parvenais à échapper à la milice et aux avis de recherche, je ne saurais comment faire pour me débrouiller. Oh, recommencer une vie, ça, pas de problème. Mais..."

Gaspard poussa un soupir. Il ne savait même plus comment décrire ce qu'il ressentait.
La question suivante de Grandsabot le figea : devait-il répondre la vérité ? Et si jamais l'inconnu remontait jusqu'à ses parents ? Suspicieux, le jeune homme fixa son interlocuteur sans parler. Il l'avait gardé en vie jusqu'ici, alors qu'il aurait pu le supprimer depuis longtemps. Cela voulait surement dire qu'il n'avait pas l'intention de lui faire du mal. Pour l'instant. S'il trouvait le moyen de se révéler utile, peut-être qu'il le laisserait partir sans problème.
Sans trop y croire, il finit par lâcher, tout de même méfiant :

"Gaspard. Gaspard Laragore."
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Posté dans Re: Les sales histoires rendent toujours mieux la nuit.   - Dim 3 Fév 2013 - 10:48

Plus la conversation avançait et plus le visage de Gaspard semblait se décomposer, comme si l'atmosphère glauque de la cave s'imprimait sur ses traits et ternissait son regard. Le manque de conviction de son interlocuteur fatiguait Moda, il avait l'impression de réfléchir à comment intégrer une personne qui allait de toute façon se laisser dévorer par sa nouvelle vie... autrement dit, il perdait son temps.
Un silence pesant s'installa, un blanc gênant qui laissait place aux couinements répugnants des muvers qui grouillaient juste en dessous. Moda s'était courbé et son front reposait à présent sur le bout de ses phalanges. Son regard alternait à présent entre ses pieds et le visage de Gaspard. Il soupira.

"Gaspard... Gaspard Laragore"
répéta-t-il à voix basse.

Il se leva finalement, se dirigea vers le fond de la cave, s'aventurant entre les piles de caisses en bois et de tonneau. Il en épousseta une d'un revers de manche, tiqua, en essaye une autre. Il rangea alors son arme et souleva le couvercle puis en sorti un bocal et revint s'assoir. Le pot contenait des sortes de graines épaisses et verdâtres conservées dans du vinaigre. Il l'ouvrit et commença à picorer. Les graines craquaient bruyamment sous ses dents et lui arrachaient quelques rictus de part leur acidité. C'était une spécialité qu'il avait rapporté du village où il avait passé son enfance, trop rustique pour être apprécié à Matroos ces amuses bouches ouvraient généralement les repas des paysans. Il était occupé à se lécher les doigts plein de vinaigre quand Hans refit son apparition.

L'arrivée du Géant avait été annoncée par quelques couinements intensifiés des Muvers. Il ouvrit la trappe, mais se contenta de montrer sa tête. La pestilence refit aussitôt son apparition.

"La milice est passée Chef! Ils ont contrôlé les clients et ont fouillé le bureau, sont repartis bredouille. Surveillent peut-être encore."


Moda s'était rapproché de la trappe pour pouvoir converser confortablement avec son acolyte.

"Bien, Ont-ils dit ce qu'ils cherchaient?"

"Un jeune Homme, Un genre de délinquant sexuel si j'ai bien compris"


La description de la brute arracha un rire à son patron qui jeta un regard moqueur à Gaspard.

"Parfait, parfait, écoute Hans, tu vas fermer à l'heure habituelle et nous on passera par l'autre sortie. Si jamais Ils ont laissé un homme pour surveiller, arrange toi pour être suivit et rentre chez toi normalement."


Le Géant acquiesça d'un grognement puis redescendit dans son trou. Avant de refermer la trappe il demanda:

"Vous voulez qu'je prépare la barque chef?"


Moda répondit par l'affirmative, la trappe se referma et aussitôt l'odeur d'égouts s'estompa. Le tavernier retourna à son pot et croqua dans une nouvelle graine.

"T'en veux?
dit-il en présentant le pot à Gaspard. Ce sont des Cornassols, c'est pas très bon mais au moins ça fait passer la morosité. Bon je n'ai pas besoin de me présenter hein? T'as déjà deviné qui j'étais. Alors voilà je peux te proposer un genre de ... compromis. Je t'aides à te sortir de cette mélasse, je t'apprends à éviter la milice, et à trouver les personnes de confiance, mais en échange tu seras mes yeux et mes oreilles... c'est simple"

Un nouveau blanc s'installa, plus court et moins stressant cette fois.

"Bien sur tu peux refuser. Je te relâcherais en bordure de la ville et si je réentends parler de toi tes mots auront intérêt à être accompagnés de pièces d'or cette fois."
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Posté dans Re: Les sales histoires rendent toujours mieux la nuit.   - Mar 12 Fév 2013 - 7:21

Dès qu'il eut cessé de parler, Gaspard soupira à nouveau, abattu. Plus que la sensation de ridicule qui pesait sur ses épaules, déjà courbées par le poids des problèmes, l'incertitude le rongeait. Il avait décidé de fuir pour préserver sa famille, s'était juré de ne donner sa véritable identité à personne. En venant trouver ce Grandsabot, il espérait bien faire. Mais ce n'était pas la seule facette se sa situation qui l'angoissait : où aller, maintenant qu'il était à la rue ? Que faire ? A supposer que Grandsabot le relâchait -puisque Gaspard était toujours en vie, il imaginait que l'individu lui redonnerait sa liberté un jour ou l'autre-, et même s'il acceptait de lui enseigner les rudiments de la vie de vagabond, il peinait à s'imaginer suivre une telle existence.

La brutale intervention du garde du corps, que Gaspard espérait ne pas revoir de si tôt, le fit sursauter. Méfiant, il écouta la brève conversation entre les deux hommes, tentant de comprendre ce qu'il se passait. Visiblement, Grandsabot avait eu raison à propos de la Milice. Ce qui signifiait que le bandit à qui il avait demandé son chemin l'avait lâchement vendu. Étouffant un juron, le jeune homme regretta vivement que la solidarité entre malheureux ne soit pas plus vivace. Son visage se ferma aux mots "délinquant sexuel". Il s'était préparé à ce que cette étiquette le suive constamment, mais ces mots étaient si décadents, si horribles, qu'ils le dégoûtaient à chaque fois.
En écoutant la suite de la conversation, il comprit que Grandsabot avait l'intention de quitter la ville en barque. Evidemment. C'était plus discret que de gambader dans les rues au nez des miliciens.

Il hésita à peine avant de saisir la nourriture que lui tendait son interlocuteur, après que la brute s'en soit allée de sa démarche pesante. Gaspard mordit à pleines dents le mets, et le goût prononcé de la graine envahit sa bouche. Grimaçant, mais continuant à écraser les graines sous ses molaires, il se figea lorsque l'individu qui lui faisait face reprit la parole. Suspicieux, Gaspard laissa s'écouler quelques secondes. Grandsabot lui proposait tout simplement de lui sauver la vie, en lui enseignant ce qu'il devait savoir. En échange... il lui suffisait de lui faire parvenir tout ce qu'il apprenait. Mais à propos de qui ou de quoi ? Lui fournir des informations n'était pas un problème en soi, à condition que lui-même ne soit pas mêlé dans ses magouilles.

"Si j'accepte... Vous me promettez de ne pas m'obliger à... voler, tuer, truander, ou à faire tout ce que vous faites d'ordinaire ? Mes informations contre les vôtres, rien de plus ?"

Il fixa un instant Grandsabot, cherchant sur son visage la moindre trace de conspiration malhonnête. N'y trouvant rien d'autre qu'une hâte de quitter les lieux, il secoua la tête, regrettant déjà son choix. Mais s'il retournait dans la rue seul, la Milice ne mettrait pas longtemps à l'attraper.

"Marché conclu" grommela-t-il en serrant la main de son nouvel employeur. " "Mais pas d'entourloupes, hein ?"
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Posté dans Re: Les sales histoires rendent toujours mieux la nuit.   - Dim 17 Fév 2013 - 16:54

"Pas d'entourloupe" répétât-il avec un léger sourire tout en serrant la main de Gaspard.

Le jeune hors la loi semblait avoir tant à apprendre sur la vie qui l'attendait. Si seulement il pouvait savoir, ou ne serait-ce que se douter du quotidien de Moda, ce qu'il fait d'ordinaire, il serait tellement surpris, sa nouvelle vie ne lui apparaitrait sans doute plus sous ce voile de ténèbres mais comme illuminée d'une multitude de possibilité, si large, si libre. Il en oublierait la milice et la truanderie et profiterait dorénavant de chaque journées avec tranquillité. Finalement la vie à Sant Poseïnos était paisible, si Moda, un fils de pirate, pouvait en profiter, Gaspard qui n'avait finalement commit qu'un délit mineur, ne devrait pas avoir de difficulté pour y faire sa vie.

"Tu doutes encore, soupira-t-il, peut-être que la première chose à t'apprendre sera de te détacher des apparences. Tu penses vraiment que je passe mon temps à assassiner de pauvres bougres dans ton genre?"

Même si cela pouvait ressembler à une remontrance, le ton du Tavernier était beaucoup plus doux que lorsqu'il l'avait menacé dans l'auberge. C'était presque une moquerie, une boutade aux accents macabres mais dont il ne fallait pas prendre peur.

"Eh bien figure toi que je n'ai jamais tué personne, ni moi, ni mon cher Hans, le grand gaillard que tu as vu à l'instant. Et pour ce qui est du vol... Et bien cela fait des années que je n'ai pas eut à recourir à une telle mesure !"

Son sourire s'était élargi et il toisait à présent Gaspard avec une certaine fierté, comme si faire voler en éclat les a priori de son vis à vis méritait une récompense. Il continua à parler ainsi pendant un long moment, il expliqua en premier à Gaspard sa propre condition, comment il repérait et accueillait certains hors la loi, leur offrant un lieu à la fois sur et convivial. Comment il se servait de son réseau d'informateurs pour toujours aller au devant des ennuis, déjouer les mouvements de la milice. Pour le moment son organisation était naissante et devait demeurer secrète et c'est la raison pour laquelle l'arrivée de Gaspard avait semblé si suspecte. Bien sur toutes les informations qu'il donnait au hors la loi étaient vagues. Il ne lui dressait qu'une vue d'ensemble, un tableau grossier destiné simplement à combler les principales question qu'il aurait pu avoir.

Il lui expliqua alors que la personne qui avait envoyé Ggaspard ici était probablement un élément dangereux, une taupe, une personne qui en savait trop et dont la présence à Sant-Poseïnos mettait en péril la survie de l'auberge et de ses occupants. Si Gaspard pouvait aider, en apprendre plus sur cet homme, le retrouver et permettre à Allain de l'interroger, il se montrerait digne de faire parti de cette équipe soudée et il aurait apprit à se déplacer sans attirer l'attention, esquiver les rondes de la milice, se fondre dans les foules. Tout cela s'apprenait, Gaspard parviendrait sans doute à exceller dans ce domaine, il avait la silhouette fine et agile des meilleurs espions et c'était finalement la méthode la plus sure pour survivre.

L'exposé de Moda se poursuivit, puis l'heure avancé de la nuit commença à ternir leurs regards, la fatigue se fit de plus en plus lisible sur leurs traits mais l'heure n'était pas à la sieste. En fait il s'agissait même du moment propice pour changer de refuge. Les deux hommes redescendirent dans la coursives nauséabonde. Leurs membres engourdis par cette longue attente nocturne leur donnait une démarche mollassonne que les muvers semblèrent remarquer instantanément. Il osaient s'avancer jusque dans le halo de lumière de leur lanterne, attirés par ce qui ressemblait à une proie potentielle.

Au détours de quelques boyaux une chaussée s'élevait au dessus de l'eau croupissante leur permettant de marcher au sec. Le conduit y était aussi plus large et sans nul doute bien plus profond. Un peu plus loin une barque de fortune était amarrée à une grille et les attendait en clapotant, ils y embarquèrent. Les égouts sous la ville formaient un complexe large et lugubre où la navigation était difficile. Les imposants piliers de pierre qui s'extirpaient de l'eau soutenaient de large voutes couvertes d'algues. Certains étaient équipés d'un ponton et on pouvait voir une échelle remonter le long de leur tronc. D'autres s'ornaient d'une plaque rouillée où figurait le nom d'une rue.

Bientôt Moda stoppa la barque près de l'un d'eux et fit signe à Gaspard d'emprunter l'échelle.

"On va te trouver un toit pour cette nuit, une petite piaule de larbin, pas très engageant je sais, mais ça fera l'affaire pour cette fois"
Avait-il annoncé en amarrant l'embarcation.

Quand ils arrivèrent à la surface ils débouchèrent dans l'arrière court d'une large échoppe qui n'avait pas encore repris le travail malgré l'arrivé des premiers rayons matinaux. Moda guida Gaspard le long d'un escalier de service en bois qui grinça copieusement à leur passage. Au sommet des marches une porte branlante, puis un couloir poussiéreux et bas de plafond. Tout au fond une porte minuscule dissimulait une mansarde à peine plus large qu'un placard à balais où était arrangée une paillasse et quelques couvertures.

"Repose toi ici jusqu'à la mi journée puis rends toi à cette adresse en essayant de croiser un minimum de passants." Expliqua-t-il en griffonnant un bout de papier qu'il lui donna. "Je t'attendrais pour le déjeuner."

Sur ces mots, et sans attendre la réponse de Gaspard il reparti comme il était venu, laissant le hors la loi seul avec sa chambre d'appoint. Le bruit de l'escalier grinçant sous ses pas résonna quelques instants dans la court puis le calme reprit son emprise, seulement troublé par le chant des oiseaux.
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Posté dans Re: Les sales histoires rendent toujours mieux la nuit.   - Lun 25 Fév 2013 - 7:59

"Tu penses vraiment que je passe mon temps à assassiner de pauvres bougres dans ton genre?"
Gaspard se contenta d'un regard entendu. Il ne s'abaisserait pas à répondre à une telle question. Sans opposer la moindre résistance, il emboîta le pas de Grandsabot. Si la soirée prenait une tournure innatendue, il ne pouvait pas vraiment faire machine arrière. A supposer que son nouvel employeur le laisser partir sans le descendre, il n'avait aucun endroit où aller. Même si cela semblait incongru pour un jeune homme de sa nature, honnête, droit et juste, il était décidé à aller jusqu'au bout des choses.
C'est ainsi qu'il suivit le petit homme aux cheveux gominés dans le dédale des égouts, puis grimpa dans une embarcation précaire. Gaspard n'appréciait pas vraiment la navigation, en grande partie car il n'avait guère eu l'occasion de s'exercer à la nage papillon. Pourtant, il serra les dents, écoutant avec attention les explications de Grandsabot pour éviter de songer aux algues gluantes qui s'accumulaient à la surface de l'eau. Tout ça était franchement dégoûtant. En s'efforçant de ne pas observer les alentours, Gaspard n'avait pas remarqué que la barque s'approchait inéluctablement d'un établissement inquiétant.
Poussant un soupir résigné, le jeune homme mit pied à terre en jetant un coup d'oeil à l'échoppe vers laquelle ils se dirigeaient. Les escaliers grincèrent sous leur poids.
"Une petite piaule de larbin", voilà qui n'était pas vraiment très engageant ! Et, en effet, Gaspard fronça le nez en passant la tête à travers l'encadrement de la porte. Ça puait le renfermé, et des toiles d'araignées pendaient au plafond. Il recula d'un pas, ravalant les imprécations qui lui venaient, refoulant aussi son inquiétude. Il écouta les dernières recommandations de Grandsabot avec une attention décuplée. Au moment où l'homme repartait, il lança, presque de mauvaise grâce :

"Merci. Pour tout ce que vous faites, je veux dire. Je ne voulais vraiment pas vous attirer d'ennuis."

Il lui tourna le dos prestement afin de ne pas voir sa réaction, puis tapota le mince oreiller afin de se donner une contenance. Ce ne fut que lorsque l'escalier eut grincé à nouveau qu'il se détendit tout à fait. Enfin, tout à fait... c'était tout de même relatif. Ce placard puait la vieille poussière, la sueur, et quelque-chose d'autre d'indistinct qu'il ne valait mieux pas tenter de reconnaître.
Gaspard décida d'ignorer ses angoisses, et se laissa tomber sur le dos sur sa paillasse. A la lueur de la lune, il déchiffra l'adresse griffonnée sur le bout de papier. Il ne connaissait pas cette portion de la ville.
En priant Vama pour que la milice ait cessé de le rechercher le lendemain, il ne tarda pas à sombre dans un profond sommeil.

Il était tôt lorsqu'il quitta sa cachette. Les rues, déjà pleines de badauds, constituaient un défi à relever. En ricanant, Gaspard songea : "Attention mesdames et messieurs, le jeune et séduisant hors la loi en fuite parviendra-t-il à destination avant de se faire attraper par la milice ?"
Aucun plateau chargé de nourriture ne l'avait attendu à son réveil, si bien que son ventre émettait des grognements de protestation. Il saliva en avisant les étals des marchands, remplis de fruits et de petits pains chauds. Mais il se refusa à en voler, cela était contraire à ses principes et, de plus, il ignorait comment s'y prendre. Pourquoi les choses ne se passaient-elles pas comme dans les romans d'aventures ? Le héros découvrait toujours quelques victuailles à côté de son lit le matin. Ce n'était vraiment pas juste.
Il courba la tête et parcouru les ruelles dans une attitude qui clamait haut et fort son désir de discrétion, ce qui attirait évidemment l'attention. Fort heureusement, personne ne l'interpella. Gaspard se perdit un peu mais il se garda bien de demander son chemin. Il ne referait pas deux fois la même erreur.
Au bout d'un certain temps, le jeune homme parvint à destination. Il s'agissait d'un bâtiment somme toute banale, et plus précisément d'une porte, donnant certainement sur un appartement. Presque à regrets, il se fit la réflexion qu'il ne devait pas s'agir d'un palais fait de marbre et d'or. Peut-être ce Grandsabot en avait-il un, mais probablement était-il trop malin pour l'avouer au premier venu. Il inspira profondément, frappa trois coups, et attendit qu'on vienne lui ouvrir.
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Posté dans Re: Les sales histoires rendent toujours mieux la nuit.   - Mer 6 Mar 2013 - 13:14

Au moment où gaspard frappait à la porte, Moda en était arrivé à se demander si le hors la loi allait vraiment réapparaitre. Tapis dans un recoin à quelques mètres de là, et faisant mine de se reposer à l'ombre d'une colonnade, Moda l'observa quelques instant attendre devant la porte qui ne s'ouvrirait pas. Son regard balaya ensuite la rue tâchant de repérer un passant à l'allure inhabituelle ou à la démarche douteuse. Peu de monde. En face un garçon tirait une petit vieille par le bras pour la faire avancer, un peu plus loin un homme d'âge mure et au pas vif semblait pressé par quelque nécessité. Au coin de la rue deux femmes discutaient en échangeant des éclats de rire. Rien ne semblait suspect, sans précipitation il se leva, et se mis en marche avec détachement.

Arrivé au niveau de gaspard il attira son attention d'une tape sur l'épaule et sans dire le moindre mot, l'invita à le suivre d'un signe de tête. Il s'engouffrèrent alors dans une série de ruelles étroites auxquelles la saleté donnait un air lugubre. Comme il s'y attendait, gaspard n'avait pas pu se changer, les péripéties de la nuit ajoutées à son séjour dans la mansarde se lisaient autant à l'aspect de ses vêtements qu'à l'odeur qu'il dégageait. Il n'avait pas du passer facilement inaperçu dans de telles conditions.

Après avoir tournée à deux reprises ils arrivèrent dans une impasse ombragée qui ne présentait aucun autre intérêt qu'une petite porte. Moda donna un tour de clé, la porte émis un cliquetis qui résonna à l'intérieur puis tourna sur ses gonds avec un grincement aigu qui rappelait le cri d'un rapace.

Les deux hommes se trouvaient à présent dans un séjour spacieux qui rappelait celui d'une petite famille. Une lourde table en bois au centre, un âtre décoré de quelques babioles où crépitaient les restes d'un feu. Dans le fond un escalier, quelques étagères, un évier... c'était tout. Un habitat des plus classiques quoique terne et sans vie.

"Tu trouvera de quoi te décrasser et te changer à l'étage" Expliqua-t-il en désignant l'escalier. "Traine pas" ajouta-t-il pour couper court à toute hésitation.

Sans plus attendre il se dirigea vers la cheminée, remua les braises, installa une nouvelle buche et s'assura que le feu reparte bien. Pendant que Gaspard était à l'étage il mit le repas à chauffer disposa le couvert pour deux personnes.

"Te voilà plus présentable" Plaisanta Moda quand le hors la loi vint le rejoindre à table.

"Aujourd'hui nous allons préparer notre sortie, changer ton apparence et t'apprendre la discrétion."

Tout en parlant il avait commencé à servir deux verres de vin.

"L'objectif est de retrouver ce soir l'homme qui t'as... nous as balancé... Il est surement possible de le retrouver en retraçant ton itinéraire de la nuit dernière et si nous le retrouvons, nous pourrons l'empêcher de causer plus de tort."

Il tendit le verre à Gaspard.

"Il s'agira d'une véritable filature donc tu devras essayer d'en apprendre un maximum de choses. Si tu réussi ton coup, tu seras peut-être même prêt à te débrouiller seul."
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Posté dans Re: Les sales histoires rendent toujours mieux la nuit.   - Jeu 21 Mar 2013 - 15:03

Le changement de lieu n'étonna qu'à peine Gaspard. Au point où il en était, Grandsabot aurait très bien pu loger dans les égouts, ou dans un palace, cela ne lui aurait fait ni chaud ni froid. Néanmoins, redoublant de méfiance depuis les derniers évènements, le jeune homme prit le temps d'observer les angles du vaste salon pour les graver dans sa mémoire. Mieux valait se souvenir de tout dans ce genre de situation. La moindre information pourrait certainement se révéler utile, voire précieuse.
C'est avec reconnaissance sincère que Gaspard accueillit la proposition (ou plutôt l'ordre) de son hôte. Sans ajouter quoique-ce-soit, il monta donc à l'étage, y découvrant avec un soulagement grandissant une salle de bain confortable. L'eau brûlante paru laver toutes ses peines et ses craintes, coulant sur sa peau comme un pardon divin. Gaspard poussa son désir de propreté jusqu'à enfouir sa tête sous l'eau, et à rincer sa chemise une fois sorti de la baignoire. Une fois lavé, il ébouriffa ses cheveux pour les sécher, jetant un regard critique sur sa personne, usant du miroir comme tant d'autres considéraient cet objet comme exclusivement féminin.

Au rez-de-chaussée, un bon feu rugissait dans l'âtre de la cheminée. Gaspard s'en approcha afin de rejoindre son employeur, qui ne manqua pas de se moquer gentiment de lui avant de passer aux choses sérieuses. Reprenant son sérieux instantanément, le jeune homme écouta les directives de Grandsabot, fronçant les sourcils au fur et à mesure. Quelque-chose clochait dans ce beau discours.

" Je n'ai rien contre filer cet homme. Mais qu'entendez-vous exactement par "l'empêcher de nous causer plus de tort" ? Que ce soit bien clair monsieur, il est hors de question que je commette acte de violence, de quelque façon que ce soit. "

Il porta le verre de vin à ses lèvres, et une vive chaleur naquit au creux de son ventre lorsque le breuvage épicé coula sur sa langue. Il sourit, reposa le verre et reprit, l'air confiant :

" Hormis ce léger détail potentiellement problématique, je suis prêt à faire ce que vous me demanderez de faire, bien entendu. "

Ce n'était évidemment qu'une bonne grosse façade. Cette nuit de sommeil et ce bain lui avaient remis les idées en place, mais Gaspard n'était pas dupe. Il ne connaissait rien à ce milieu, ni aux filatures d'ailleurs. Seulement, il commençait à être passablement agacé de l'attitude condescendante que prenaient ses pairs en sa présence. Quitte à devenir quelqu'un d'autre, autant commencer par donner l'impression d'être un minimum sûr de lui.
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Posté dans Re: Les sales histoires rendent toujours mieux la nuit.   - Sam 6 Avr 2013 - 8:15

Moda ricana. Pour lui les faux semblant, les intrigues, les actes de violences, étaient des choses habituelles. Monter un canular de toute pièce, mentir, se faire passer pour quelqu'un d'autre, tout ça il le faisait depuis sa plus tendre enfance et il en oubliait presque que son quotidien de tromperies n'était pas l'apanage de chacun mais plutôt le résultat de sa naissance que même les rebuts de Matroos considéreraient contre nature.

"Ma foi, vous craignez encore d'être embarqué dans une affaire sordide n'est-ce pas ? Vous avez raison de vous méfier car il se pourrait que vous ayez à vous battre effectivement... Bien sur nous allons tâcher d'éviter cela car nous ne voulons pas attirer l'attention mais quand il faut frapper, l'hésitation n'est pas permise, il en va de notre survie. Le fait d'être un hors la loi ne signifie pas être mauvais en sois mais que conserver sa liberté se fait au prix d'une vie dans les ombres où tu ne peux compter que sur toi pour protéger tes os."


Il planta son regard dans celui de gaspard puis esquissa un rictus.

"A moins que tu ne veuilles moisir dans une des geôles de la prison des brumes?"
Ajouta-t-il d'une voix grinçante.

Une tension presque palpable s'était instaurée et Moda laissa sciemment le silence alourdir encore un peu l'atmosphère avant d'éclater d'un rire sonore. Il se leva alors, alla cherche la marmite et la posa lourdement sur la table.

"Evidement que je ne vais pas te forcer à brutaliser ce bougre." Repris-t-il d'un ton plus léger en servant une pleine louchée de bouillasse à gaspard. "remarque ça te ferait peut-être du bien"

Le repas préparé par Moda, loin d'être grandiose - les légumes trop cuits et fades, la viande caoutchouteuse - avait au moins l'avantage d'être revigorant. Après avoir dévoré son assiette et passé plusieurs minutes à en éponger les moindres recoins à grand renfort de morceau de pain, il s'affaissa un peu sur sa chaise, une expression indéchiffrable sur le visage.

"On se mettra en route dés que tu seras prêt"
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Posté dans Re: Les sales histoires rendent toujours mieux la nuit.   - Dim 28 Avr 2013 - 9:04

Les paroles bourrues de son hôte ne satisfirent Gaspard qu'à moitié. Sans vouloir lui manquer de respect -après tout, même les plus viles canailles avaient leurs propres codes-, le jeune homme doutait de sa bonne foi. L'allusion à la malheureusement célèbre prison de la brume le fit frissonner et, grimaçant, il écarta tout ça d'un revers de la main. Cette hypothèse n'était pas vraiment à prendre en considération. Il était encore trop tôt pour y songer sérieusement et, de plus, à quoi cela aurait-il servi d'envisager le pire des scénarios ? Les choses pouvaient difficilement empirer de toute manière.
La remarque suivante de Grandsabot piqua son orgueil et, alors qu'il affichait un sourire hypocrite, il s'imagina en train de brutaliser quelqu'un. Drôle de tableau, pas spécialement crédible de surcroît...

Le repas n'était pas bon, mais au moins apaisa-t-il la faim du jeune homme. Alors qu'une agréable chaleur s'étendait dans son estomac rassasié, Gaspard se passa une main dans les cheveux et signifia à son interlocuteur que l'heure était de partir.
Savoir qu'il ne serait pas seul dans cette quête assidue le réconfortait un peu : il lui semblait bien trop tôt pour être lâché sans surveillance ni protection.

Ils traversèrent la ville afin de rejoindre les bas quartiers, ceux où Gaspard s'était arrêté pour demander son chemin. De jour, les ruelles semblaient bien différentes, et il craignit de se perdre à plusieurs reprises. Grandsabot lui emboîtait le pas en silence, et le jeune homme ne savait s'il était désespéré par les innombrables erreurs de son nouveau disciple ou s'il ne disait rien parce-que tout allait bien et qu'il n'y avait rien à dire. Alors qu'il s'apprêtait à exploser, stressé par ce comportement, Gaspard se cogna dans quelqu'un. Il ne l'avait pas vu arriver, peut-être trop occupé à ruminer ses pensées bougonnes, mais l'homme qui lui faisait face le ramena bientôt à la réalité. Il mesurait au moins deux têtes de plus que lui, et on aurait pu faire tenir deux personnes entre ses larges épaules, sur lesquelles divers tatouages inquiétants étaient visibles. Déglutissant avec peine, Gaspard s'excusa précipitamment, et l'homme se contenta de le pousser hors de son chemin en grognant. Massant son bras endolori, le jeune hors la loi le regarda s'éloigner avec inquiétude, craignant qu'il ne fasse demi-tour pour le surprendre le dos tourné. Mais l'inconnu disparut bientôt dans la foule.

" Vous savez, je ne suis pas tout à fait certain de m'y faire. Je devrais peut-être me rendre tout de suite à la milice. "

Il soupira, s'appuya contre le mur.

" Nous ne retrouverons jamais cet homme. Il doit être loin à présent, et à quand bien même nous le trouvions par miracle, que ferions-nous alors ? Il a averti la milice, le menacer n'y changera rien. " Une idée fusa dans l'esprit du jeune homme qui, relevant les yeux, ajouta en hésitant, craignant la réaction de Grandsabot : " Je ne conteste pas vos méthodes. Mais le plus prudent ne serait-il pas de quitter la ville et de prendre de l'avance sur la milice ? "
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Posté dans Re: Les sales histoires rendent toujours mieux la nuit.   - Dim 12 Mai 2013 - 2:05

"Te... t'arrête pas ! Regarde devant toi !"

Moda poussa le hors la lois devant lui sans faire preuve de ménagement. L'attitude de sa recrue commençait à lui vriller les nerfs. On avait pas idée d'être aussi poltron.

"Observe ton entourage, le meilleur moyen de se fondre dans un décors c'est d'en faire partie. Qu'est ce que tu vois ?"

Le soleil avait entamé sa descente depuis plusieurs heures, sa position basse étirait les ombres, créant de larges zones de ténèbres. Les passant entraient tours à tour dans un des puis de lumière qui rythmaient la rue, puis replongeaient dans la masse sombre de la foule. On pouvait observer toute sorte d'individus, la plupart allaient d'une démarche nonchalante mais certains pressaient le pas, habités par une certaine tension. D'autres encore affichaient un air festifs ou une allure titubante, ils bousculaient leur entourage dans leur maladresse et étaient parfois remis à leur place d'un coup dans les côtes.

"Ces gens n'ont rien d'exceptionnels, peut-être que c'est une population plus rustre que par chez toi mais ici c'est ce qu'on appel des gens normaux."

Il imposa à Gaspard de continuer droit devant en le poussant légèrement devant lui de temps à autre, quand il sentait que l'homme doutait ou qu'il s'apprêtait à se retourner pour lui parler.

"Tu dois être une personne normale pour passer inaperçu. Le camouflage c'est avant tout du mimétisme alors observe bien, mais évite de croiser leur regard."

Soudainement il arrêta gaspard en le tirant vers lui. Il lui désigna alors un petit groupe d'hommes qui allait, adoptant une vitesse de marche ralentie. Tout en discutant ils scrutaient la foule. Ils ne semblaient pas vraiment différents du reste des passants mais avec un peu d'attention on pouvait remarquer une bosse singulière sur leur flan. Celle que fait un blaster caché sous une veste.

"Des miliciens."

Il coupa court à toute tentative de panique de sa recrue en lui attrapant le bras. D'un mouvement de tête il lui ordonnait de garder son calme.

"Tu n'es pas le seul que la milice recherche... Je doute qu'ils soient en patrouille spécialement pour retrouver un homme dans ton genre... Regarde les... Nous avons l'avantage sur eux, nous savons où ils sont... eux non. Tu parlais de prendre de l'avance sur la milice? Tu l'as ton avance, temps que tu sais où es ton ennemi tu as un coup d'avance."
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Posté dans Re: Les sales histoires rendent toujours mieux la nuit.   - Mar 25 Juin 2013 - 4:21

Les explications de Grandsabot eurent l'étrange effet de piquer l'ego du jeune hors la loi. Au fur et à mesure que son professeur lui exposait ces vérités existentielles, Gaspard sentait l'indignation monter en lui. Ou était-ce le héros qui avait été égratigné ?
Serrant les poings, Gaspard détourna les yeux. Il était furieux, mais pas contre le petit homme suspect qui lui faisait face. Sa colère se dirigeait vers lui-même, vers sa couardise, vers son inquiétude. Être prudent était une vertu, mais peut-être exagérait-il. Il ne pourrait guère aller de l'avant s'il effectuait deux pas en arrière à chaque fois qu'il avançait. A la réflexion, le temps était peut-être venu de laisser certains de ses principes de côté. Les choses ne changeraient jamais s'il ne faisait rien pour ça. Mais peut-être avait-il peur du changement ?
Cette révélation fut pour lui comme un coup de poignard au creux du ventre, et il lui fallut inspirer profondément pour chasser cette sensation désagréable.

Tournant les yeux vers les soldats discutant un peu plus loin, Gaspard fut obligé de se ranger de l'avis de Grandsabot. Tant qu'il pourrait prévoir où et quand la milice le rechercherait, il ne courrait aucun danger immédiat. En théorie, bien sûr, et cela demandait à être vérifié. Mais ça lui laissait tout de même une bonne marge de liberté et de manœuvre. Non négligeable. Surement mieux que se terrer dans un coin en attendant que le danger passe...

" Y a-t-il un quelconque moyen de se renseigner sur les tours de gardes et les chemins de veille qui sont le plus souvent utilisés pour les patrouilles ? "

La question lui était venue naturellement, et il s'en étonna. Ce n'était pas si idiot en fin de compte. S'il apprenait par coeur l'emplacement des principales postes de surveillance ainsi que les chemins de ronde, cela lui faciliterait la tâche. Et lui éviterait par conséquent quelques frayeurs.

" Et pour cet homme que nous recherchons ? Poursuivons-nous ou laissons-nous tomber ? "

A l'heure actuelle, il désirait surtout apprendre autre chose, il ignorait encore quoi. Apprendre à se glisser dans la foule sans crainte d'être reconnu, apprendre à devenir quelqu'un d'autre. S'il comprenait les motivations de Grandsabot à propos du rustre qu'ils recherchaient, cela lui paraissait tout à coup parfaitement secondaire.
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Posté dans Re: Les sales histoires rendent toujours mieux la nuit.   - Mar 3 Déc 2013 - 5:50

Moda avait poussé Gaspard à poursuivre les recherches mais en vain. Le jeune hors la loi ne semblait pas avoir la volonté de mener la mission à son terme et le sang mêlé avait autre chose à faire que d'essayer de motiver un élément qui ne désirait pas progresser. La recherche pris fin à une heure avancée de la nuit où les rues étaient encore vivantes mais se faisaient plus glauques et inquiétantes. Les deux hommes se séparèrent et bien que Moda garda de temps à autre un œil sur Gaspard, il ne chercha pas à le recontacter.


Surprise, surprise:
 

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Posté dans Re: Les sales histoires rendent toujours mieux la nuit.   -

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