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Se parer des plumes du corbic.

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Posté dans Se parer des plumes du corbic.   - Mar 29 Jan 2013 - 13:23

Les débris gisaient là depuis vraisemblablement plusieurs heures. Se mêlaient plusieurs odeurs, de sang séché et de débuts de décomposition, de brûlures et d’autres plus âcres auxquelles il ne pouvait donner de nom. Un silence de plomb s’était abattu sur ce lieu de mort. Des cadavres demeuraient allongés ça et là autour de la caravane, à moitié dénudés, certains particulièrement bien amochés. L’un était presque nu avec pour seuls vêtements ses bas, un autre avec son bras gauche cassé comme en témoignait l’angle inquiétant qu’il formait, et qui se terminait sur un moignon ensanglanté coupé net. D’un rapide coup d’œil, Païkan compta quatre cadavres, tous des hommes d’âge mûr. Des marchands ? Mais il fallait être fou pour s’aventurer si loin des villes et si proche des montagnes, la zone n’étant pas vraiment pourvue en tours de garde. Ces pauvres abrutis n’avaient que ce qu’ils méritaient.

Leurs deux draomas n'avaient pas eu de sort plus agréable. L’un avait vu ses pattes salement mutilées tandis que l’autre avait succombé à un brutal coup d'épée au ventre qui l’avait vidé d'une bonne partie de ses entrailles. L’odeur était à cet endroit particulièrement nauséabonde et ne manquerait pas d’attirer les charognards en tout genre que Païkan ne tenait pas à rencontrer. Il décida néanmoins d’inspecter la caravane en piètre état en quête d’objets à dérober, si tant est qu’il en reste après la première attaque que les marchands avaient subi. Était-ce là l’œuvre d’un autre clan ou celle de forbans solitaires ? Il ne pouvait vraiment le deviner et de toute façon, cela ne l’intéressait pas.

Il trouva non loin des draomas un corbic à moitié déplumé, les pattes en l’air. Ces satanées bestioles étaient toujours là non loin des zones de combat où ils croassaient par centaines, ce qui avait le don d'agacer prodigieusement Païkan. Mais dans sa chute, ce corbic avait laissé à ses côtés de belles plumes d’un profond noir de jais. Il y en avait trois éparpillées, belles et longues plumes duveteuses qu'il trouva si belles qu’il se baissa pour les prendre et les admirer de près. Après les avoir contemplées et caressées doucement de l’index, le tatoué entreprit de les caler derrière son crâne entre le foulard beige qui cachait sa tête et l’épais bandeau de coton tressé qui maintenait celui-ci. Ainsi trônaient-elles fièrement dressées, offrant sans nul doute avec son divin visage un spectacle du plus bel effet. Il regrettait presque que personne ne puisse le voir ainsi attifé... mais il saurait en rire avec ses comparses Gargans qu'il avait laissé à leurs essais mécaniques, à quelques kilomètres de là.

En contournant la caravane, cependant, Païkan entendit de légers bruits de fouilles qui trahissaient la présence d'une personne à l'intérieur de la roulotte. Il porta instinctivement sa main droite sur sa massue hérissée de petites piques, prêt à attaquer ou parer si le besoin devait se faire sentir. A pas léger s’effaçant délicatement dans le sable, il se rapprocha de l'arrière de la caravane et de son ouverture à travers laquelle il distingua au milieu du bazar ambiant la fine silhouette d'une jeune femme vêtue de manière assez saugrenue. Quelle étrange petite chose... Une forban, vu sa dégaine, bien qu'il ne l'ait jamais vu au Col. Il ne pensa pas une seconde qu'elle puisse être à l'origine du massacre des marchands korruliens. A la manière des corbics dont elle avait piqué les plumes, elle n'était qu'un charognard qui ne faisait que se repaitre des restes que le Désert daignait lui accorder. Probablement des ustensiles pour cuisiner de la barbaque à son clan...

Il s'avança lentement vers elle, inclinant légèrement la tête sur le côté en se demandant à quel moment il lui demanderait cordialement de bouger son cul de là et de le laisser tranquillement effectuer ses propres fouilles. Il savait pertinemment qu'il ne trouverait plus rien d'intéressant à piquer... il avait juste envie de l'embêter. Ou de se moquer d'elle, il ne savait pas trop. Tout compte fait, il valait peut-être mieux retrouver ses camarades avant qu'ils ne rentrent au Col sans lui ; en y réfléchissant bien, il n'avait pas du tout l'envie de se coltiner une énième hystérique du désert. Il espéra qu'elle ne l'ait pas entendu, s'éloigna de quelques pas de la caravane et jeta un dernier coup d’œil aux alentours avant de quitter les lieux.
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Forban du Désert

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Posté dans Re: Se parer des plumes du corbic.   - Sam 13 Avr 2013 - 8:57

Le vent était l'ami des corbics. Il portait bruit et odeur, avertissait du danger, guidait l'envol. On pouvait même danser sur ses courants lorsqu'il s'affolait sur les plaines désertiques de Korrul. Il était aussi traitre. Par sa faute, le soleil vous brûlait la peau alors que vous vous pensiez à l'abri, dans un coin plus frais. Mais non, c'était juste le vent du littoral lointain qui vous rafraichissait un bref instant...
Ce matin là, le vent avait conduit la fille corbic sur le lieu du carnage. Ses frères et sœurs à plumes se disputaient le festin de chair lorsqu'elle débarqua de son pas sautillant. L'armature de la caravane brûlait doucement, rivalisant avec la chaleur dégagée par le sable qui déformait l'horizon. Les scandales en cuir de Loth étaient usées par ses dernières journées de marche dans cet enfer sec de roche et de poussière. Le sinistre tableau qui s'offrait à elle lui apparut comme une oasis divine. Le nuage noir de corbic prit sa volée sur son passage avant de s'attaquer à un nouveau cadavre. Un coup d’œil lui suffit pour constater que plus rien d'utile n'avait été laissé. Il ne lui restait plus qu'à fouiller la caravane avant que le feu ne s'embrase et dévore bois et métal comme il l'avait déjà fait de la voile solaire. Ces vaisseaux là aussi dépendaient du vent. Le savaient-ils seulement ? Lui était-il reconnaissant ? Ce n'est pas cet imposteur de Ruyn qu'il fallait couvrir d’offrandes, mais le vent. Le Vent et lui seul.

Le transport tangua dangereusement lorsque la forban monta à bord. Il faisait sombre. Seuls quelques faisceaux de lumière perçaient sa parois en bois. Le petit mobilier était saccagé, les toiles restantes en bien trop mauvais état pour qu'un voleur s'en encombre, on supposait également que toutes les richesses transportées manquaient à l'inventaire. La seule richesse que visait Loth à ce moment était l'eau. L'eau et rien d'autre.
Ses mains sèches et rugueuses mirent sans dessous le peu d'ordre qu'on y trouvait à la recherche d'une fiole, une gourde, une réserve cachée, des eaux usées même. Elle avait connu pire. Au bout de quelques minutes, elle trouva enfin une outre percée. Il restait deux bonnes gorgées d'eau et ce fut un vrai luxe pour l’assoiffée qu'elle était. Oh miracle ! On avait même conservé un tubercule d'eol en plutôt bon état. La plante gorgée d'eau ne poussait qu'au col ou dans le cimetière du nord. Ce ne pouvait être qu'une possession perdue d'un forban. Tant pis pour lui ! Loth croqua à pleine dent et avala certainement deux trois asticots au passage. Ceux là n'auraient pas raison d'elle !

Loin d'être rassasiée, elle reprit sa fouille. Alors qu'elle inspectait un éclat de verre teinté, l'ombre d'un géant se dessina sur l'objet. Son instinct prit aussitôt le contrôle de son corps. Les sens aiguisés, elle fit mine de n'avoir rien remarqué. Elle posa le verre, en prit un autre, bouscula quelques objets à ses pieds. Accroupie comme elle était, les muscles tendus, elle pourrait prendre l'appui nécessaire pour un bond puissant contre son adversaire. Ses doigts glissèrent vers son poignard, unique arme de la forban obtenue en échange de la cape de veilleur élimée gagnée au Festival. Avant qu'elle ne sente le contact froid de la lame, l'ombre rétrécit lentement jusqu'à disparaitre. Le vent, fidèle allié, porta plusieurs odeurs vers elle mais pas celle d'un homme.


Quelques minutes plus tard, la fille corbic se risqua à l'extérieur. Sur une butte, dos tourné, un étranger marchait nonchalamment en direction de l'Est. Il était fichtrement grand et.....
- Plumes !!! s'exclama Loth d'une voix rauque. Plume ! Plume ! Plume !
Elle tourna sur elle même tout en répétant inlassablement le même mot. Les plumes, c'était comme le vent. C'était un allié qu'il fallait savoir écouter. C'était un bon signe.

Ignorant le brasier sous ses pieds presque mis à nus, la jeune forban courut rejoindre son nouveau centre obsessionnel. Les corbics croassèrent sur son passage.
- Je sais, je sais, chantonna-t-elle à leur adresse, je ne vous avais pas entendu excusez moi mes amis. Les plumes sont là, je les ai vus. Les plumes ! Les plumes !

Elle arrivait tout juste derrière l'homme que le feu de la caravane s'embrasa brusquement avec un craquement. Les hautes flammes rougeoyantes léchèrent avidement la carcasse du module. Au même moment, Loth bondit sur l'étranger qui se retourna, alerté par le bruit plus que par la démarche dangereusement silencieuse de la fille corbic.



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Posté dans Re: Se parer des plumes du corbic.   - Lun 20 Mai 2013 - 14:26

Trois bons kilomètres séparaient Païkan de ses comparses Gargans. Trois kilomètres de dunes et de roches ensablées, ce qui doublaient au final la distance et le temps qu’il lui faudrait pour retrouver le vaisseau. Ce n’était pas le moment de tarder, une importante réunion étant prévue au Col dans peu de temps. C’est à ça qu’il pensait en fixant l’horizon du regard, évaluant la distance et scrutant le paysage pour s’assurer de l’absence d’ennemis ou d’animaux. Puis, lentement, il fit glisser ses pieds sur le sable brûlant et entama la descente de la dune.

Un craquement sonore le fit tiquer et Païkan sut sans se retourner que la carcasse de la caravane avait plié sous le poids de la destruction et des flammes qui la brûlaient. Sous la curiosité, il se demanda ce qu’il était advenu de l’étrange femme qui fouillait les décombres peu de temps avant. Il s’immobilisa quelques secondes, attentif, mais ses oreilles ne captèrent rien d’autre que les inquiétants sons de bois dévorés par les flammes. Peu importe, il n’avait que faire de la femme qui ne lui inspirait rien de bon et de son avenir dans le désert impitoyable.  Une vague impression de faim traversa son esprit et piqua son ventre, signe qu’il était temps de partir. Il reprit son chemin.

« … plumes. Les plumes ! »

A peine eut-il le temps de se retourner qu’il sentait un poids fondre sur lui et lui faire perdre l’équilibre, le poussant en arrière dans le vide que constituait la dune qu’il descendait alors. Il roula dans le sable le temps de quelques petites secondes avant de pouvoir se redresser vivement, encore désorienté par cette attaque par derrière qu’il n’avait foutrement pas vu venir. Et tandis que sa main gauche fondait sur son poignard dans un fourreau accroché à sa cuisse gauche, ses yeux dévisagèrent de haut en bas le corps frêle de la femme qu’il avait laissé dans le cadavre de la roulotte.

« Toi… ! »

Comment avait-il pu être assez bête pour croire que la laisser tranquille allait le préserver de tout problème. Une fois le dos tourné chacun devenait un danger, homme ou femme. Misérable femelle ! Elle n’était qu’à deux mètres de lui, le regardant d’un air… très intéressé, fixant Païkan d’une façon si étrange que le forban se demanda si elle envisageait ou non de se battre, comme avait sous-entendu sa première tentative d’approche.

«C’est ma gueule qui t’étonnes à ce point ? T’as jamais vu de tatouage ou quoi ? Arrête de me regarder comme ça ! Qu’est-ce que tu me veux ? » Son ton était sec et monotone. Passée la surprise, l’ennemi était redevenu une femme et les craintes s’étaient apaisées. Il n’avait rien à craindre d’une femme.

Païkan repassa rapidement la scène dans sa tête et les mots lui revinrent, le faisant froncer des sourcils. « Plumes ? » Pourquoi l’avait-elle attaqué pour des plumes ?
Le tatoué se rappela alors qu’il portait trois belles plumes de corbics fièrement attachées sur son crâne de manière saugrenue qu’il était censé montrer à ses frères forbans. Passant rapidement sa main sur lesdites plumes pour s’assurer qu’elles étaient toujours présentes, il devina néanmoins que l’une d’elles s’était brisée au niveau du rachis, voyant sa partie haut pendre misérablement en l’air.

« Des plumes. » dit-il calmement en fixant en retour la femme pour lui donner l’illusion qu’il maîtrisait parfaitement la situation alors qu’en vrai, Païkan se sentait totalement dépassé. La scène lui paraissait tellement incongrue !
Mais qu'est-ce qu'elle voulait, cette bonne femme ?
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On m'appelle Loth de la Vision


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Posté dans Re: Se parer des plumes du corbic.   - Lun 5 Mai 2014 - 13:38

L'explosion avait remplacé le chant du vent par un bourdonnement sourd dans les oreilles de Loth. La cire qui s'y accumulait n'aidait pas non plus. Le visage tatoué du forban s'animait au fil de ses paroles avec un plus large panel d'expressions que ne l'aurait soupçonné la fille corbic de primes abords.
Elle était clairement fascinée par ses mimiques, le mouvement des lignes et des courbes autour de ses yeux et de sa bouche alors qu'il la récriait avec humeur.
Seulement elle n'entendait rien. Loth fixait gentiment le grand homme chauve avec un sourire enfantin. Ses yeux volait de ses lèvres animées aux trois plumes fièrement dressées derrière sa tête.
L'une penchait pitoyablement sur la droite et cela attrista Loth plus que de raison. Le regard aux orbites exagérément agrandies par le tatouage de Paikan se posa d'un air pensif sur Loth. Elle avait les larmes aux yeux. Pauvre plume brisée ! Elle qui avait trouvé une place de choix avec ses deux soeurs, fièrement dressée vers le ciel comme un doigt menaçant. Maintenant, elle était mollement secouée par la brise du désert.
Loth soupira avec tristesse. Elle déduisit rapidement que leur chute avait endommagé la plume. Idiote ! Stupide ! C'était sa faute ! Elle n'avait pas su contrôler sa joie soudaine à la vue de l'éclat noir qu'elle connaissait si bien.
Avec une vivacité glaçante, Loth glissa derrière Paikan et attrapa la victime d'un bond léger. Une main puissante effleura ses côtes alors qu'elle reculait vivement de quelques pas pour maintenir la distance avec le forban.
Son visage s'agita à nouveau et ses yeux la foudroyèrent mais Loth secoua la tête de droite à gauche l'air affligé.
Comme il était étrange de voir cette frêle jeune femme temporairement sourde faire face à ce homme fort et sans aucun doute violent. Elle ne semblait rien redouter de sa part. Oui, Loth était de ceux qui savaient lire les signaux du Vent et des oiseaux. Ils l'avertissaient d'un danger, désignaient untel comme ami, un autre comme ennemi. Ils n'avaient aucun sens, seulement celui qu'elle voulait leur attribuer.
Loth ne croyait pas au hasard ni à la chance. Lorsqu'un étranger était marqué par ces signaux, Loth sortait de sa cachette ou fuyait.
Elle inspecta en détail la longue plume aussi noire que l’obsidienne. Elle la fit glisser entre ses doigts et savoura la caresse avec un demi-sourire. Puis elle arrêta son geste à la base du rachis avant de se faire piquer. Il était fissuré en deux. La pointe ainsi formée était aussi fine qu'une aiguille mais bien plus dur.
Une ombre s'approcha d'elle et soulagea un instant la brûlure du soleil qui la faisait tant transpirer. Loth leva prestement le nez vers le magnifique squelette vivant qui recouvrait le corps de l'étranger. Elle avait déjà vêtu un squelette d'une couronne de plumes et le résultat l'avait émerveillée jusqu'aux larmes.
Avec un sourire innocent, elle lui rendit la plume.
- Le jolie squelette qui bouge a été piqué par le Secret des corbics, cria-t-elle afin de s'entendre parler. Oui, oui ! Le Secret, le Secret est dans le sang du squelette maintenant. Mais bientôt le squelette ne bougera plus parce qu'il ne peut connaitre le Secret. Là, fit-elle en lui montrant un point sur sa propre nuque. Le squelette a du être piqué pendant sa chute.
Sans lui laisser de temps pour réagir, Loth glissa derrière le forban et eut tout juste une seconde pour repérer une goutte de sang à la base du tatouage crânien. L'étranger ne paraissait pas apprécier de l'avoir hors de sa vue. Il parlait, mais elle n'entendait toujours rien.
D'une poche cachée dans les plumes de sa jupe, Loth sortit une petite noix rouge.
- C'est pour oublier le Secret, brailla-t-elle en lui tendant la noix. Tu presses entre les dents du fond et tu avales le jus sinon le squelette ne bougera plus. Mais tu recraches l'écorce. Ca a mauvais goût. Elle appuya son conseil d'une grimace.
Le rachis des oiseaux du désert pouvait être contaminé par les maladies de leur proie. Manger les morts, ça sauvait la vie des corbics mais ça rendait parfois malade ceux qui les mangeraient à leur tour. Le Secret, c'était leur poison.
- Tu verras, ajouta-t-elle en fourrant la noix dans la main de Paikan avec insistance, profitant de son état mi-sidéré mi-sombre. Ce soir, quand les os du squelette joueront des percussions et que sa langue l’étouffera, la noix le sauvera !

Sur ces paroles prophétiques, Loth s'enfuit dans le désert accompagnée d'un rire hystérique. Un jour, elle recroisera la route du forban et il devra rembourser sa dette. Il ne le savait pas encore, mais l'étrange âme errante venait de lui sauver la vie.


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Posté dans Re: Se parer des plumes du corbic.   -

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