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Invité

On m'appelle Invité

Posté dans La Belle & la Bête   - Lun 11 Fév 2013 - 16:26

Promenons-nous dans les bois...


Breath and Life by Audiomachine on Grooveshark

Ses grandes enjambées qui semblent engloutir les distances. Qui l'emmènent toujours plus loin. Loin de cette maison où il avait vécu... Mais les souvenirs d'avant le Labyrinthe étaient flous, au contraire de ceux qui succédaient à cette étape de son existence. Parfaitement nets. Nets dans leur confusion, teintés d'un affolement constant, chaque sons, chaque gestes lui paraissant alors comme une agression. Mais son esprit à nouveau clair s'appliquait à présent à les examiner, faisant siennes les perceptions de cet "apeuré", qui ne voyait rien là où Dhungaärd reconnaissait mots, visages, intentions.

Sans vraiment y songer, il cherchait dans ces souvenirs un lien. Un lien avec ces personnes censées constituer sa famille. Les siens... Il trouva dans ces souvenirs disparates la vision d'une femme triste. Attentionnée. Avant qu'elle ne dépérisse. D'un garçon un peu plus jeune que lui, l'ombre de "leur" père dans son dos, qui le regardait... Avec honte, dédain... Et parfois envie. Rien que des êtres qui avaient dû être proches de lui. Et pourtant, il ne ressentait de l'intérêt que pour son dernier frère vivant, qui l'avait peut-être aidé à revenir, et sa plus jeune sœur qui l'avait accompagné lors de l'un de ses égarements dans la forêt. Et son père...

Son regard errant sur la neige immaculée, Dhungaärd ralentit le pas. Rien qu'un instant, il s'intéressa à l'homme qu'il avait retrouvé. De l'amertume et de la honte, qui s'étaient muées en une haine froide à son égard. Son visage sembla presque pensif, à l'idée de cette violence contenue dont il avait été la cible... Et qu'il n'avait alors pas tant remarqué, même quand ce "père" écumant de rage hurlait son nom. Mais entre cet ancien état et le nouveau, le chef de famille n'avait pas songé à revoir sa position. A l'accepté. Dhungaärd se remémora cette sensation, celle de ses paumes appliquées sur la gorge paternelle. Aucun plaisir. Juste ce sentiment que cette vie ne valait plus rien. Inutile et destructrice. A moins que "l'apeuré" n'ait voulu laissé un dernier souvenir... ?
Celle d'une voix rendue rauque par l'étreinte des mains de "l'idiot".

Hmm...

Le Tjanba jette un coup d’œil dans la direction de l'humain immobile, guettant un quelconque geste menaçante. Mais rien ne vient. S'étant arrêté, Dhungaärd  faisait doucement tournoyer une petite portion de sa chaîne. Sous le regard du petit prédateur, il reste là où il est, sans modifier le rythme de rotation, et observe le déplacement fluide de l'animal. Jusqu'à ce qu'il se mêle aux arbres, ne laissant derrière lui que quelques traces dans la neige. Plusieurs mètres à parcourir. Le géant ne l'aurait pas rattrapé, même motivé par la faim qui lui tenaillait le ventre. Autant conserver son énergie. Pour atteindre le campement.

Plein sud-ouest. Il se dirigeait plein sud-ouest. S'il n'avait pu intégrer un clan après Mo Duinne, il n'avait guère que cette perspective en tête désormais. Rien derrière lui. Tout devant. Demeurer dans les Cimes Hérissées ne le tentait pas. Reprendre ce qui avait été interrompu... Simple. Alors il allait sud-ouest, pensant atteindre rapidement la lisière de la forêt.
Si suivre un haloronne l'avait fait sortir du Labyrinthe -bien qu'en réalité, il se souvienne avoir poursuivi au hasard chaque "guide" luminescent qui lui passait sous le nez-, appliquer ce concept lui fit perdre une journée dans les Cimes. Vêtu de vêtements usés et troués, sa chaîne toujours reliée à son poignée, et la petite fiole d'ithylium qu'on lui avait rendu... La température ne le gênait pas. Mais la faim pouvait devenir problématique, et la chasse n'était pas à sa portée.

Le vent finit par lui porter une sonorité intéressante. Son ventre gronda aussitôt, et Dhungaärd pressa le pas presque malgré lui. Une information lui revint en tête tandis qu'il se rapprochait de la source du bruit. Soudain très intéressé, le géant guetta les formes arrondies dans les hauteurs. Là où des enfants auraient dû crapahuter, il n'eut qu'à tendre le bras pour se saisir des broskitams que son corps réclamait -des fruits ou n'importe quoi de comestible-. Se tenir debout avait beaucoup plus d'avantages qu'être courbé. Mais il dut cligner plusieurs fois des yeux afin de parvenir à distinguer le fruit. Puis Dhungaärd eut un flottement quand sa main se referma sur du vide. Avant que sa nourriture ne s'éloigne à vive allure.

*Pouf* Sa masse s'enfonça en un instant dans la couche neigeuse, et la fatigue sembla le recouvrir entièrement, le poussant à demeurer coucher. Et à ne pas ciller alors qu'un broskitam lui tombait dessus, avant de rouler sur le côté. A portée de main. L'épuisement... Cela faisait longtemps. Même son ventre sembla la mettre en veilleuse.
Le broskitam ne disparaitrait pas pendant son sommeil.

Fermant les yeux sur les branches parsemées de fruits qui le surplombaient, Dhungaäd se laissa aller, tandis que la neige fondait peu à peu à son contact.
Invité

On m'appelle Invité

Posté dans Re: La Belle & la Bête   - Jeu 14 Fév 2013 - 13:33

Hela tenait sa victime entre ses mains.

C'était une journée blanche comme les autres. Une de celle où la neige est reine, le froid roi, et le vent prince. Si banale. Si commune. Mais une de celle qu'Hela redoutait tant, car alors la petite voix s'ennuyait... Et ce n'était jamais bon... Et comme Hela l'avait redouté, la petite voix s'était éveillée, et lui avait dit :

°J'ai faim°

Alors Hela était partie la rassasier... d'une mort comme il se devait.

¤¤¤¤¤¤¤

Entre ses doigts, elle sent la vie qui habite toujours sa prise. Alors elle serre, elle serre encore et toujours cette gorge qui s'acharne à lui échapper. Sa proie n'a de cesse de se débattre... Elle labour le sol, geint, gigote à s'en déboîter les os pour se défaire de cette mortelle étreinte. Et la petite voix savoure.
Elle goûte et s'enivre de cette odeur âpre qu'a la peur, ce petit quelque chose qui sent presque la pisse et qui décidément la ravie. Et cette chaleur des corps serrés l'un contre l'autre, entrelacés comme deux amants fiévreux ! C'est si bon !
Mais pas assez encore. Il manque quelque chose ... Un soupçon de sang. Oui, comme une pincée de sel qui relève la saveur d'un plat trop fade. Une petite touche ferreuse n'est jamais de trop. Elle rajoute un peu de couleur au tableau. Du pourpre sur ce blanc trop blanc qui tapisse les Erfeydes, voilà qui enchanterait la petit voix ! Voilà qui la rassasierait enfin !

°Plus de sang ! Poignarde le Petite poupée ! °

Commande-t-elle avide du nectar rougeâtre qui s'entête à tourner dans ce corps encore trop vivant. Qui reste hors de sa portée.
Il faut le libérer. Le faire jaillir. Lui qui tourne toujours et encore dans les mêmes veines, dans les mêmes artères, qui dessert les mêmes ingrats organes qui le délestent égoïstement de cet oxygène vital, et qui l’alourdissent de leur déchet ! Il faut lui montrer la pâleur du monde qu'il pourra de pourpre si joliment colorer !

°Plus de sang ! Poignarde le Petite poupée ! °

Répète la petite voix, si enthousiasmée par cette idée qu'elle en taperait des mains si elle en avait.

Hela dégaine son poignard. Son reflet gris brille dans la pupille de sa victime. Elle y voit la peur, là supplication, et peut être même la tristesse de mourir trop tôt.Hela aimerait lui demander pardon. Lui dire que ce n'est pas elle qui veut ça, mais la Petite Voix, et qu'elle n'est pas assez forte... Oui que vraiment, elle est désolée.
Mais elle ne dit rien. Elle abat son arme, fend la chaire à grands coups, tranche les artères, et déverse la vie en longs sillons vermeilles, que déjà la neige s'empresse d'absorber, comme si, elle aussi rêvait de vivre.

Le souffle de la graveuse est lourd et saccadé. Tout est fini. Ses membres en tremblent presque. Ses paupières papillonnent. Elle se relève, recule, les vêtements couverts de sang, la main toujours refermée sur son arme. Ses prunelles pâles caressent presque tendrement ce petit corps sans vie qu'elle domine. Un chevrin, mâle, dans la pleine force de l'age. Les os riches de viande... Elle n'a pourtant même pas faim.

De gestes mécaniques, trop souvent réalisés, elle rengaine son arme. Puis, plante un genou dans la neige, et peine à charger l'animal fraîchement mort sur ses épaules. Elle vacille presque sous son poids, mais parvient à se relever. Ignorant si elle arrivera à le porter jusque chez elle, la voilà qui se met en marche. Il lui faut essayer, pour la rassurer, pour se mentir à elle même, pour se prouver qu'elle l'a tué pour le manger, plutôt que pour assouvir ses sanglantes pulsions.


Il est trop lourd. Ses épaules n'en peuvent plus, son dos gémit et chaque pas est devenu une torture. La voilà qui ploie sous le poids de son macabre fardeau, les larmes aux bords des yeux... Elle s'en dégage, reprend son souffle.
Mais subitement un bruit, un mouvement suspect la propulse sur ses pieds, le coeur battant, la main sur son poignard, qu'elle dégaine.
Elle pivote, surveille ses arrières, et tend ses sens quand enfin elle la voit : la masse sombre allongée dans la neige. Elle plisse les yeux, penche la tête, interrogative. Qu'est ce donc que cela ?
Oublié sa proie, car la curiosité a pris le dessus... L'arme levée, elle marche, un pas après l'autre vers cette chose, ou visiblement bête qui jît inconsciente dans la neige...









Invité

On m'appelle Invité

Posté dans Re: La Belle & la Bête   - Jeu 14 Fév 2013 - 17:00

Loup y es-tu ?
Tout près, le voilà...


Wake by Linkin Park on Grooveshark

L'odeur. C'est cet arôme dans l'air qui lui fait ouvrir les yeux, qui réveille sa faim. Le sommeil a fui. L'arbre à fruits. Le broskitam qui a chu... Non. C'est autre chose. Sa perception se précise alors que son corps délaisse sa gangue d'oubli et de repos. Cuivrée. Si particulière. Attirant le souvenir de ses dents sur une viande froide et filandreuse. Déjà attiré par elle. D'où vient-elle ?

Un début de réponse s'approche, sous la forme d'une femme. Qu'il observe en silence, elle et la lame qu'elle tient levée. Les fourrures dont elle vêtue sont tâchées, mais l'odeur est trop forte pour venir uniquement de là, bien qu'elle l'environne, et le taraude. Impératif, son besoin de se nourrir reprend le dessus sur l'épuisement et l’aiguillonne, le tirant davantage de ses limbes. Plus de repos. Juste la question de qui elle est, et d'où vient cette fichue tentation olfactive. Avant, il aurait montré les dents, grondé. Craindre le couteau, mais ne pas résister à son besoin. Voler. Dévorer. Moins qu'un chien... Non. Ses poings se sont serrés, son corps s'est tendu. Dans l'attente d'un geste. De la part de l'inconnue. De sa part à lui.

Mais tout s'évanouit alors qu'il se redresse. Rejeté dans un soupir. Il prend un temps pour qu'un léger vertige se dissipe, et musèle la faim. L'ignore, en tient compte sans pour autant se laisser asservir. La carcasse du chevrin qu'il peut maintenant discerner ne lui appartient pas. Il ne la fera pas sienne, et les broskitams lui suffiront. Fixant le tronc face à lui, gardant la femme à la lisière de son champ de vision, il tâtonne jusqu'à sentir le fruit se loger dans sa paume. Ne serait-ce qu'avoir quelque chose au fond du ventre...
Il ne lâche que quelques mots en se levant dans un cliquetis de chaîne, prenant son temps. Pour articuler, et se mouvoir. Du moins, ce ne sont plus des grognements qui franchissent ses lèvres.

Tenter un affamé... Étrange idée...

Un pas lui suffit. Puis il oppose la coque du fruit au tronc de l'arbre, dans un geste rapide et brusque. Le coup est trop fort, et la matière explose, le jus éclaboussant écorce, peau et tissus, tandis que les graines se dispersent alentour. Portant sa main à la bouche, il aspire se qu'il reste dans la coque et ce qui coule le long de son avant-bras, tandis que de l'autre il saisit un second fruit. Moins de force dans le mouvement, et il apprécie de voir le broskitam se craqueler, lui permettant de boire aux fissures, puis de l'ouvrir totalement pour en croquer les trésors. Pas de quoi être rassasié, mais apaiser un temps son estomac. Du moins, avec quelques fruits supplémentaires.

Dhungaärd n'a pas oublié la femme, son odeur sanglante se mêlant à celle, plus sucrée du jus. Mais elle ne s'était pas montrée menaçante, si ce n'est la lame qu'elle tenait. Juste qu'il voulait détourner son esprit de l'idée de la chair de l'animal. S'adossant à l'arbre fruitier, il se laisse retomber. La fatigue est encore là, mais tenue à distance par la présence de l'inconnue. Pas de souvenir qui lui soient liés. Pas de nom. La chaîne toujours reliée à son poignée tournoie doucement. Qu'il sache à qui il doit d'être éveillé, et presque douloureusement conscient d'une nourriture saignante à portée. De quoi le caler. Mais pas pour lui.
Son ton n'est pas impérieux, exprimant tout juste l'interrogation.

Ton nom...

HRP:
 
Invité

On m'appelle Invité

Posté dans Re: La Belle & la Bête   - Mar 19 Fév 2013 - 12:55

Elle regarde la masse de déplier en forme humaine. Elle est là juste à quelque mètre, et Hela la fixe un peu interloquée par son allure singulière. C'est un monstre, voilà sa première pensé. Une lourde masse sculptée sur un haut squelette, comme un titan qu'Hela doit dévisager la tête rejetée.
Un frisson la parcourt alors que ce "monstre" pose ses prunelles laiteuses sur elle. Un instant, puis, il parle. Hela manque de sursauter, surprise de reconnaître dans ses grognements sa langue natale. Mais éberlue, elle l'est encore plus quand elle le voit se détourner d'elle, pour vaquer à ses occupations.

Clignant des yeux, elle reste là, à suivre ses mouvements, à attendre un geste suspect qui ne vient pas. Il y a indéniablement quelque chose d'animal dans cet être, qui transpire jusque dans son parfum musqué qu'Hela renifle à pleines narines.

Il est si grand ! Si étrange, avec ses chaînes qui cliquettent au moindre de ces mouvements ! Il devrait être dangereux. Féroce, même, puisqu'on semble avoir voulu le lier. Et pourtant, il ne fait rien d'elle.
Lentement, elle baisse un peu son arme, et le contemple avec curiosité. Elle le devine épuisé, et sûrement même affamé. Peut être est-il trop faible pour l'attaquer.

Une nouvelle fois il s'adresse à elle, il l'interroge sur son identité. Elle penche la tête, baisse totalement son arme, et cligne des yeux.

-Je suis Hela. Se surprend-t-elle à énoncer.

-Pourquoi es-tu là ? Demande-t-elle alors de sa petite voix fluette comme celle d'une enfant.

-Oui Pourquoi ? Répéte-t-elle en jetant un regard vers ses chaines.
Invité

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Posté dans Re: La Belle & la Bête   - Mar 19 Fév 2013 - 16:34

En connait-il la réponse ?
A cette question...


Tundra by Jeremy Soule on Grooveshark

Il observe un temps, tandis que le souffle de la femme prend forme dans l'air glacé comme le métal dans sa paume. Des arabesques, qui s'étirent et se tordent avant de disparaitre. Une voix claire, comme celle d'un enfant. Est-ce une enfant ? Non. Ce n'est pas la vision qu'il en a, pas avec le vermeille qui la colore, malgré sa voix claire, et son interrogation double. Mais ce fait, il l'apprécie. Entendre une voix, la sienne ou une autre, mais qui n'est pas chargée d'agressivité... Cela ne l'intéressait pas de devoir se défendre, gaspillant ainsi le peu d'énergie qu'il avait. S'il n'avait pas d'autre choix, il s'y résoudrait. Sinon... Savourer le prénom donné lui convenait. L'articuler, le répéter... Chuchotis, puis parole claire... Cela était bon de parler à nouveau.

Hela... Hela...

Cela lui va, et il murmure encore le prénom, alors que son regard dérive sur la jeune femme, sur sa pâleur de neige, sur son visage de femme comme il n'en a vu que peu depuis le Labyrinthe, sur ses iris où jouent des rayons blafards. Eux arrivent à le fixer, alors qu'il n'en perçoit qu'un reflet fugitif, semblable au panache d'un haloronne... Sang et haloronne... Étrange association. Qui ramène ce souvenir... Le sang qui suinte de son crâne, alors qu'il erre, perdu et apeuré. Et seuls les flamboiements bleus l'attirent jusqu'au dehors, où les murs blancs ne le cernent plus... Cela à cause de la lame morte.
Qu'Hela ait baissé son arme tue dans l’œuf son désir violent de lui broyer la main sur son arme. Personne n'avait eu besoin de tenir l'arme qui l'avait blessé. Personne à blâmer. Juste lui. Même s'il avait tué une créature. Ses mains se crispent sur la chaîne, et le froid mord sa peau. Il ignore la légère sensation de brûlure.

Pourquoi suis-je... Là... Pourquoi...

Oublier cette douleur dans sa tête est impossible. Celle de sa peau qui fut tranchée, celle de l'os crânien, dernière protection de son être, qui fut violé, ignoré par une lame maniée par personne. Son ennemi, il l'avait abattue. Mais le sort l'avait lui aussi fauché. Respirant profondément, il répond lentement, cherchant les mots... Cherchant une réponse.

Mon esprit m'a... Fui... Les miens ne... Me sont... Je ne leur suis plus rien... Il n'y a rien pour moi ici...

Pourquoi était-il ici ? De retour parmi les conscients, mais pas à sa place parmi eux, parmi ceux qui avaient constitué ses proches jadis... Et dont il ne conserve que des souvenirs flous... Pourquoi avançait-il, sans rien que des haillons, du métal et juste un peu d'ithylium, la faim au ventre, l'épuisement qui le taraude ? Parce que cela est ainsi. Que je ne vois pas d'autre voie. Le regard vacant parmi les ombres du sous-bois, compagnes des géants figés. Il ne souhaitait plus se perdre ici. Mais qu'il cesse de bouger, et sans doute le gel l'emprisonnerait... Voilà à quoi aurait aspiré l'homme, mon père... Que le froid me dévore, et dissimule jusqu'à mes os...
Se redressant, il se lève à nouveau. Mais plus lentement encore que la première fois, pour ne pas tenter le vertige. Le métal sonne, traine dans la neige, jusqu'à ce que d'une impulsion il fende à nouveau les airs. Cela il le sait, ce qu'est ce lien froid pour lui.

Me protéger. M'oublier. Là était le rôle de cette chaîne. Pas à m'aider. Mais même "l'idiot" a pu la briser, et l'utiliser. Maintenant... Il se tait un instant, fermant les yeux, appréciant le mouvement qu'il perçoit. Elle est à sa place dans ma main. Mais je ne le suis pas ici.

Ses propos sont toujours plus compréhensibles, alors qu'il s'applique à les prononcer. Retrouver le langage... Il en aurait besoin désormais. Ce qu'il avait dit, Hela pouvait le prendre comme une réponse. A moins que Dhungaärd ait simplement énoncé à voix haute l'essentiel. Un frisson le prit, tandis qu'il laissait repartir ses pensées confuses, avant de conclure, plus terre à terre.

La faim est là. Je n'ai trouvé que des broskitams.
Invité

On m'appelle Invité

Posté dans Re: La Belle & la Bête   - Mer 20 Fév 2013 - 13:03

Elle le détaille sans pouvoir se retenir. Quelque chose en lui l'a fascine. Est-ce sa peau zébrée de cicatrice ? Ses yeux aux dessins insolites ? Ou encore la rudesse qui fait rouler ses paroles comme si sa langue peinait à formuler des mots ?

Elle a vu tellement de ses semblables la regarder de haut, la mépriser. Parfois brusque, indifférents ou dédaigneux, mais jamais elle n'en a vu comme cet être là. Il est à part. Comme elle.
Elle avale sa salive, et ses muscles se détendent. Sa main range son arme. Une intuition inexpliquée lui souffle qu'elle n'en aura pas besoin.
Patiemment, elle écoute ses paroles. Prête l'oreille à ce que beaucoup prendraient pour des divagations, mais qui sonne en elle comme une vérité éclatante. Son histoire elle ne la connait pas, mais déjà elle l'a comprend.
Ils sont semblables. Elle aussi n'a plus rien ici. Elle aussi à l'esprit qui trop souvent s'envole. Oui ... Ils sont semblables, à la différence près qu'elle ne porte pas de chaîne. Pas encore... Peut être viendront-elles un jour ? Quand quelqu'un comprendra enfin qu'il faut l'arrêter.

Elle penche la tête. Le regarde et chose étrange, elle lui sourit.

-J'ai de la viande. Je peux t'en donner. Propose-t-elle.

-Tu ne me tueras pas si je te la donne ? Tu ne me tuera pas pour t'enfuir avec et me la voler ? Car je peux te la donner entière si tu veux. Oui si tu ne me tue pas je peux te l'offrir.

Demande-t-elle aussi clairement énoncée. Car elle sait qu'il n'est pas comme les autres. Que leurs folies dissemblables se reconnaissent. Il peut la tuer, elle le sait, elle le sent. Elle peut en faire de même. Il faut être sûr que les choses ne dérapent pas. Elle prend ses précautions, en décidant de faire confiance à ses paroles.

Elle retourne à la carcasse, et la tire par l'une des pattes pour revenir vers lui.

-Ne me tue pas, je ne te tue pas. Et je t'offre à manger. Car la faim est là tu as dis. Oui la faim est là...

Elle observe son visage. Elle frisonne encore de son regard. Mais qu'importe, déjà elle veut en savoir plus sur lui. Sur lui qui est si proche d'elle.
Elle pousse la carcasse vers lui. S'assoie simplement dans la neige, les jambes croisées.
-Mange. Tu peux manger. La viande est bonne ! Même crue tu verras ! Goûte pour voir ! Oui goûte !

Et brusquement comme un flash, elle fronce les sourcils et demande :

-Je suis Hela, mais toi ? Toi qui tu es ?


Invité

On m'appelle Invité

Posté dans Re: La Belle & la Bête   - Dim 24 Fév 2013 - 3:18

Viande tendre
Le feu dévore


Dawn by Jeremy Soule on Grooveshark

Par delà la chaîne dont il observe la rotation, attentif à son mouvement régulier au sifflement discret, Dhungaärd distingue Hela qui traine le chevrin. Inspirant profondément, il hume l'odeur de sang, de chair morte. Pour la lui donner... Penchant la tête, il fixe un point derrière elle, plus loin encore que la trace vermeille dans le manteau blanc. Perçoit l'ondulation légère des plantes sous l'effet d'un courant invisible, ainsi que les gestes de la jeune femme. Nerveux, fébriles presque. De la peur... ? Non. Malgré qu'elle parle de tuer, il n'est pas question uniquement de la peur. Tuer. Tuer... La tuer...

Pourquoi ?

Le mot tombe comme une pierre, de sa bouche, en même temps que la jeune femme se pose. Encore rauque, sa voix exprime un soupçon de colère illusoire, alors qu'il tente de comprendre pourquoi il ferait cela. La tuer ? Pour la voler ? L'animal, il ne l'avait ni chassé, ni achevé, ni transporté. Rien qui lui permette de le revendiquer, cela il le sait et n'y songe plus. Malgré qu'il désire arracher la peau pour atteindre ce qu'il y a en dessous. Chair, graisse, tant de choses dont il a besoin, qu'il aspire à à sentir céder sous ses dents... Mais il n'a pas à voler cette carcasse. Il n'est plus le charognard. Laissant son bras retombé le long de son corps avec un cliquetis, il demeure debout un instant, indécis, malgré le geste qui est clair dans son intention mais obscur dans ses raisons, ses yeux voyageant de Hela au chevrin. Qui est proche de lui. Qu'il se baisse et tende la main, et il pourrait le toucher...

C'est ce qu'il fait alors. Avec lenteur, il replie sa masse, bientôt accroupis, tandis que sa main liée vient effleurer le pelage brun qui ne frémira plus. La distance entre l'herbivore et son prédateur était sa garantie de survie. Celui-ci n'était pas parvenu à la maintenir avec Hela.

Pas de raison de te tuer. Pas de raison de te voler. Alors je n'ai pas à le faire.

Ses doigts suivent la forme du muscle, avant vif, puissant, maintenant plus que de la viande bonne à pourrir ou à être mangée. En aurait-il était de même avec l'homme ? Plus rien que de la chair morte que n'auraient plus animé ni amertume ni haine. Silencieuse. Que la neige aurait caché.

De même que tu n'as pas à me donner. Pourquoi le faire, Hela ?

Un murmure, qu'il néglige lui même en refermant sa main sur l'une des fines pattes de l'animal. Hela fait son choix, sans qu'il se l'explique, tandis qu'à l'insistance tenace de sa faim qui ne se considère pas comme rassasiée se mêle une autre interrogation. Un besoin de ressentir à nouveau... Le lien... Pas de feux dans sa prison de pierre, pas de flammes dans la neige, uniquement son feu intérieur sur lequel il n'a pas d'influence, jamais d'ithylium à sa portée... La dernière fois qu'il en avait eu, la fiole avait été brisée, le liquide s'était aussitôt enflammé... Et son père s'était chargé de le calmer, le jetant à nouveau dans l'inconscience.

Sa main libre trouve la fiole glissée dans les replis de son vêtement. Ses perceptions prennent en compte le liquide précieux. Un frisson lui fait secouer sa tête soudain lourde alors qu'il lui semble que son être s'est étendu... Il se concentre sur cette partie qui n'est pas sa propre chair, cherchant à rendre la sensation plus forte, trop ténue à son goût ...Et cette envie de ne plus être confiné, de brûler... Si longtemps qu'il n'a plus ressenti, laissé parler ses flammes... Non. Sous contrôle. Il répand, se répand -il lui semble- sur un peu du cuir du chevrin. Seule indication de son trouble, son souffle qui diminue, jusqu'à cesser, alors qu'il souffle mentalement, et relâche sa prise. Brûle.

Aussitôt le bleu liquide devient petites flammes aux couleurs dansantes. Fixant ces petites choses, il en suit des yeux l'ondulation hypnotique, distrait. Comme cela est bon... ! Sa perception du feu, son lien... L'interrogation d'Hela se fraye un chemin dans son esprit à cette instant.

Dhungaärd...

Il ne prête pas attention à son propre nom, qu'il n'a pu prononcer depuis... Son nom à lui, qui le désigne en tant qu'individu. Pas l'idiot, faible, lâche, inutile. Non, lui ! Mais cette idée ne perce pas, sa perception des flamme l'enivrant après une abstinence si longue, le faisant frémir de la tête au pieds, son corps entier tendu, dans l'observation de ces rougeoiements. Les flammes agiles et vivantes, que le froid fuit...

Petites par la taille. Grandes par la faim. Se mettant à dévorer le poil, ses créations commencent à courir le long de la patte, tandis que la fourrure se recroqueville et se noircie sous leur assaut. L'odeur de brûler alarme sa faim. La viande crue est bonne, même si elle peut rendre malade. La viande brûlée ne vaut rien.

Reprenant conscience de leur manège, au delà de leur danse si fluide, il réagit... N'importe comment. Car s'il se souvient de l'embrassement qu'il provoqua, ce ne fut pas lui qui souffla les flammes, les ramenant à leur état liquide. Il ne fut même pas conscient pour percevoir cela. Plaquant sa large paume sur les petites danseuses, il ne parvint qu'à se roussir la peau, tandis qu'elles s'échappent entre ses doigts.
Invité

On m'appelle Invité

Posté dans Re: La Belle & la Bête   - Mar 26 Fév 2013 - 10:37

Assise, elle le trouve encore plus grand. Il semble hésiter. Elle fronce les sourcils, contrariée Pourquoi ne veut-il pas de son cadeau ? Mais finalement, le voilà qui s'avance, et qui cède à la faim. Elle est si contente ! Elle sourit.
-Pourquoi ? Répète-t-elle.
-Parce que moi je n'ai pas faim. Non pas faim. Pas comme toi. Répond-t-elle presque enjouée, en le regardant s'affairer. Ce qu'il a l'air gentil finalement ! Il a dit qu'il ne la tuerait pas, et qu'il ne la volerait pas. C'est gentil de sa part, très gentil ! Elle continu de l'observer. Elle sent qu'il a besoin de ce concentrer. Elle ne sais pas pourquoi, peut être cherche-t-il un angle d'attaque pour mordre la chaire ? Mais il a l'air pensif. Que cherche-t-il à faire ? Elle comprend quand elle le voit chercher sa petite fiole, et que les gouttelettes s'embrassent sur la chaire morte. Il préfère donc manger chaud ? Comme il voudra...
"Dhungaärd..." Elle met un seconde à comprendre que il lui donné son prénom. Silencieuse, elle hoche la tête pour signifier qu'elle a pris note de l'information, puis ses prunelles retombent sur les flammèches et sur la peau qui se consume pour délivrer le muscle qui a son tour roussi, encore et encore.
Une odeur de brûlé.

Hela bondit sur ses jambes, entre l’affolement et la colère :

-Ca l'abîme !!! Tu l'abîmes ! Glapit-elle, alors que le colosse tente vainement d'étouffer les flammes entre ses grandes paluches.
Alors, sans réfléchir, Hela se jette en avant, le pousse de ses deux mains dans un élan furieux. Dhungaärd, surpris, bascule en arrière et tombe sur l'arrière train. Pendant ce temps, Hela se détourne de lui, et penche son esprit sur le mouvement gracieux des flammes.
Arrête et Viens. Ordonne-t-elle.
Et l'huile obéit. Glissant sous son contrôle, elle reprend sa forme originelle, et s'en retourne dans sa fiole, Laissant dernière elle l'odeur désagréable de la chair trop brûlée.

-Tu as tout cassé ! Lance-t-elle à Dhun, les larmes perlant sur le coin de ses yeux.
-Tu as tout gâché mon cadeau... Gémit-elle devant la carcasse qui n'est plus qu'à moitié consommable...


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Posté dans Re: La Belle & la Bête   - Mar 26 Fév 2013 - 12:40


Accaparée par son "cadeau abîmé", Hela ne semble pas remarqué que Dhungaärd s'est relevé pour, sans un mot, se dresser dans son dos. Juste derrière la petite femme.

D'un coup il la saisit par l'épaule, la tire en arrière et, se tournant dans un même mouvement, la plaque contre l'arbre proche, l'une de ses mains rivée sur sa gorge. Neige qui cède, fracas de chaîne et collision du corps, le choc expulse des poumons d'Hela l'air, avant que ses doigts fins de femme s'élancent à la recherche de son arme. Mais à peine l'ont-ils effleurée que l'autre battoir de l'idiot a refermé son étau, les compressant d'autant qu'ils tentent de lui échapper. Le souffle de Dhungaärd est inexistant alors que ses yeux brumeux parviennent à fixer ceux d'Hela, lapili scintillant qui ne demandent qu'à s'envoler, la peur rendant leur battements d'ailes saccadés. Est-ce qu'Hela la voit, ou bien son propre sentiment l'aveugle-t-elle ? Dhungaärd ne s'y était pas attendu. Il n'avait pas réfléchi.

Mais le cri est un son qu'il n'avait pu supporté. Le cri n'était que confusion. Le cri l'effrayait.
La peur était dans son regard avant qu'il n'ait songé à juguler la panique.

La douleur l'arrache à sa fixité, tandis que les ongles d'Hela tracent un sillon brûlant dans sa joue. Le souffle de la jeune femme lui manque, alors que ses pieds battent dans le vide, et que sa trachée et compressée. Mais la crainte, la crainte de l'autre-qui-est-un-danger veut maintenir sa prise ferme; il est fort et il s'en souvient. Les menaces, il n'a plus qu'à les broyer ! Qu'il la cogne contre l'écorce, qu'il la jette à bas et QUE SON CRÂNE SE BRISE !

*Faible ! Moins qu'un animal !*

Est faible celui qui... Laisse la peur le diriger. lâche-t-il alors qu'une éraflure marque à nouveau sa peau, mais moins profonde, tandis qu'Hela s'affaiblit.

Il ne donnera pas raison à l'homme. Je ne suis pas une bête craintive. Aussi soudainement qu'il s'est emporté, il relâche la femme, dont le corps tombe et vacille en reprenant pieds, tandis qu'il s'éloigne aussitôt à grandes foulées. Mettre de la distance entre elle et lui. Il n'avait pas à la blessé. Il frotte ses mains noircies, qui ont du laissé une trace sur la peau pâle, l'une contre l'autre, avant de les tendre le long de son corps. Ce geste est ridicule. En se retournant, il aperçoit bien le gris sur la blancheur d'Hela.

Je n'avais pas à faire ça. Tu m'as... Rappelé... Je n'ai plus à... Réagir... Comme ça.

Sa voix basse se fait à nouveau hésitante, alors qu'il tourne un instant autour de la carcasse délaissée. Comme un animal en cage, aux muscles tendus, dont le regard ne s'arrête sur rien. Des barreaux faits d'interdiction. Il ne l'avait pas tuée, mais... Ce n'était pas passé loin. La peur n'était pas efficace. Une nuque brisée est une mort rapide. Même songer à ça, il n'avait pas à le faire après l'avoir agressée. Du contrôle, du contrôle... Relâchant toute sa tension d'un coup, son poing vient s'écraser contre l'écorce. Encore du sang, et une autre douleur qu'il néglige.

HRP:
 
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Posté dans Re: La Belle & la Bête   - Sam 2 Mar 2013 - 12:59

Des largues mains la saisirent et La peur lui saute à la gorge, bientôt secondée par cette large paluche qui l'étouffe comme un étau. La dureté du bois contre lequel son dos se cogne et la texture du vide qui se déploie sous ses pieds sont autant de signes qui ne firent qu'accroître sa panique. Ses yeux s'ouvrent grands et ses pupilles se dilatent alors que l'air refuse de remplir ses poumons. Ses griffes lacèrent la chaire de son assaillant. Mais qu'importe qu'elle rue, qu'elle tente de se dégager, la vitalité la quitte...

L'homme la domine. L'homme qui est plus fort.

*Pitié pas ça ! Pas encore, pitié non !!*

Les souvenir l'assaillent. Ceux de son impuissance qui ploie sous la volonté d'autrui. Ses pieds battent l'air avec frénésie.

*PAPA, PAPA AIDE MOI !!*

Appelle-t-elle sans pouvoir le prononcer. Mais déjà ses yeux se brouillent de larme, et elle continu inlassablement de suffoquer. Elle n'a même pas compris ce qui c'est passé. Pas comprit pourquoi il avait fait ça. Elle comprend juste une chose : l'homme a menti. L'homme veut la tuer.Mais alors qu'elle vacille pour de bon dans l'inconscient, il la lâche.
Lourdement son petit corps s'écrase contre la neige, et l'air tant attendu s'engouffre enfin dans ses poumons. Hoquetant, elle reprend sa respiration, la poitrine labourée par les battements de son coeur.

°Cours petite poupée. Sauve toi !°


Ordonne alors la petite voix que ce remue ménage a réveillé.

°Ne lui laisse plus te faire de mal. Cours !
Je le tuerai . Je te promet qu'il payera.
Que je rependrai son sang.
Que j'éparpillerai ses trippes.
Quand le temps sera venu
Il payera.
Comme Hülk a payé.
Mais sauve toi pour le moment !°


Hela sait que La petite voix a compris qu'elles ne pouvaient rien faire contre lui aujourd'hui. Pas avec un simple couteau dont elles sont d'ailleurs désarmées... Non il faudra attendre le bon moment.
La vengeance est plat qui se mange froid, et encore plus aux Erfeydes. Hela sait que la petite voix a raison... Elle s'en remet à elle. A elle qui a empêché Hülk de leur faire plus mal. Alors Hela se jette sur ses pieds, et cours.

Son corps entier souffre de l'effort. Mais qu'importe, elle prend ses jambes à son cou. La peur au ventre, les larmes dégoulinant sur ses joues, elle détalle dans la neige avec la mauvaise impression d'avoir vécu trop de fois cette scène. Elle sent presque le souffle lourd de Hülk dans sa nuque, qui la poursuit inlassablement ...
Non c'est impossible, il est mort ! La petite voix l'a tué !
Elle ferme les yeux pour échapper à son fantôme. Son pied s'accroche à une racine dépassant. De sa gorge jaillit un cri de surprise, et déjà son corps s'écrase contre le sol.
Sa tête heurt une surface dur. La douleur explose, et puis ... Le noir, et enfin le calme.

Spoiler:
 
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Posté dans Re: La Belle & la Bête   - Dim 3 Mar 2013 - 13:16


Haloronne ou femme, le résultat et le même. Du coin de l’œil, il voit Hela qui détale, lui tournant le dos. Les premiers pas sont fait dans l'intention de la retenir. Mais elle s'éloigne vite. Alors il se met à courir après elle. Puis il sent, et entend. Plus seulement ce halo lumineux fugace qui tente de lui échappé, mais un souffle rapide et effrayé, et l'odeur de la peur. Il s'abime dans les sensations de son corps en mouvement, dans cette cible devant lui. La rattraper... Que son corps est lent ! Maudite fatigue qui l'entrave, maudite faim qui le ronge ! Il en fait fit, plongé dans un silence intérieur, sourd à la litanie de ses besoins.

Il ne songe même pas à quand il l'atteindra. Simplement la poursuivre, lancer chaque jambe l'une après l'autre tandis que ses muscles le brûlent, que sa poitrine le brûle. Toute réflexion est maintenue en arrière-plan par l'effort. Pendant un temps, il n'est plus qu'un corps humain en mouvement, qu'une senteur laissée par la silhouette devant lui aiguillonne. De la peur. Son aboutissement...

Puis un son qui interrompt son état. La femme cesse de courir. Et chute.
Chute. Blessure.

Hela.

Émergeant de son hébétude, Dhungaärd fixe Hela, tandis que son bras se tend et que sa main s'ouvre, prête à saisir la jeune femme, à la retenir...
Mais qui la manque de plusieurs mètres.

Haletant, il l’atteint -enfin !- et fixe ce corps étendu. Qui ne se relève pas pour fuir à nouveau. Hésitant, il retourne doucement la jeune femme d'une main, tandis que l'autre soulève sa tête. Rien qu'un peu de rouge sur la pâleur de son front, qui semble intact. Idiot. Il n'y a pas de lame dissimulée dans la neige. Rien qu'un peu de sol dur que sa tête a heurté sans réel dommage. Il n'avait pas à la poursuivre ainsi. Pas à la blesser. Que de fautes...

Secouant la tête pour disperser son assombrissement, il ne songe plus qu'à attendre son réveil. Pour savoir si le coup ne laissera pas de trace. Pour lui faire comprendre qu'il n'avait pas voulu la blesser. Pas lui. Des réflexes qui n'avaient plus de raisons d'être. Que son cadeau n'était pas fichu. Qu'elle lui en avait fait un autre, lui remémorant comment manipuler l'ithylium. Résolu, il la soulève, la calant contre lui, avant de se lever... Et d'osciller un instant, alors qu'un vertige manque la lui faire lâcher. Son regard se porte sur les traces qu'ils ont laissé. Le chevrin, loin... Mais une nourriture dont il ne songe guère à se passer. Tenant fermement Hela, il rebrousse chemin.


La ciel s'est assombri, avec la fin du jour et la chute d'une neige légère et dansante. Sans doute quelques heures se sont-elles écoulées, bien que Dhungärd les ait ressenti comme une petite éternité de lassitude. Un pas après l'autre. Hisser la carcasse raide et froide sur une épaule. Avancer toujours, les bras verrouillés autour d'Hela. Tourner en rond il lui semble, jusqu'à tomber -littéralement- sur cette petite cache. Ne percevant les reliefs en raison du manteau blanc, il avait à moitié trébuché en réalisant que le sol était plus bas qu'il n'aurait du. Le chevrin avait glissé jusqu'en bas, lui indiquant presque la grotte en contrebas. A peine assez profonde pour qu'il puisse y installer une Hela toujours inconsciente, avant de dégager un petit carré de roche où des flammèches solitaires s'élevèrent bientôt, sans combustible autre que la pensée de Dhungaärd. Puis il se pose à l'entrée, offrant l'un de ses flans au froid mordant que porte le vent, et l'autre à un froid.. Un peu moins froid.

Puis ses mains trouvent d'elles-mêmes l'une des pattes de l'animal, qu'il tord, arrache avant de la porter à ses dents, qui rongent bien vite la chair. Froide. Coriace. Mais il n'a jamais été difficile, et la faim est impérieuse. Quand enfin son appétit s'assoupit un tant soit peu, il s'adosse à la roche, et porte son regard sur l'intérieur. Prenant le relais de la faim, la fatigue tente de lui faire fermer ses paupières. Dors, dors ! Telle est sa litanie. Refusant ce sommeil, il lui tient tête un temps, papillonnant des yeux, secouant la tête dans une tentative -qui semble si vaine !- de demeurer éveillé.

Le bruissement d'un corps qui bouge. Puis l'éclat des flammes qui brillent là où elles ne devraient pas. Une lame. Ses mains se verrouillent sur les poignets d'Hela, si proche soudain. Armée. Ses yeux croisent les siens, et ses muscles se tendent alors que son esprit refuse d'agir davantage. Pas de raisons de la tuer. Je ne veux pas qu'elle m'en donne. Son souffle se condense dans l'air froid, tandis que son regard brumeux s'attarde sur le visage de la jeune femme. Aucune envie de mettre un terme à son existence. Ou de la laisser faire.

Ma faute Hela. Et cela lui fait mal de le savoir. Il avait dit n'avoir aucunes raisons de la tuer. Et pourtant ses mains avaient serrer sa gorge. Mensonge !... Mais il ne l'avait pas voulu.

Ma faute. J'ai... J'ai laissé la peur ordonné. Je n'ai pas... Voulu mentir...

HRP:
 
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Posté dans Re: La Belle & la Bête   - Mar 12 Mar 2013 - 8:28

De grandes mains la soulèvent. L'odeur âpre d'un homme. Un sentiment de sécurité. *Papa ?* Songe la petite graveuse qui ne parvint pourtant pas à ouvrir les yeux pour vérifier l'identité de celui qui la porte avec tant de facilité. Sa tête la lance. La douleur est désagréable, mais petit à petit elle semble disparaître, se diluer, et Hela la suit...

Seconde, minute, heurs ou même jour, comment savoir combien dee temps c'est écoulé durant son évanouissement ? Hela cligne des yeux, cherche à rassembler ses souvenirs, mais la douleur c'est réveillée en même temps et l'entrave dans son entreprise. Elle evite de bouger, attend un moment dans cet état étrange qui n'est ni l'éveille, ni le sommeil, puis une odeur la tire de sa léthargie : la bête est tout près !
Le petit coeur de la graveuse se contracte, et sa respiration se suspend, cherchant à se soustraire de l'attention de "la bête", mais celle ci semble bien silencieuse...

Hela tourne alors les yeux, et la découvre sommenolant contre la parois d'une grotte qui les abrite. Est-ce lui qui l'a amené ici ? Est dans ces bras qu'Hela à laisser fondre des peurs quelque heurs plus tôt ?
Elle en retient un vomissement: Il l'a touché. Sa tête en tourne, mais il faut qu'elle se calme ... Il faut qu'elle se sauve avant que ça ne recommence... Alors lentement, elle se redresse, s'apprête à prendre ses jambes à son cou, quand brusquement une lueur attire son attention. Son couteau : il lui a rendu, et il attend là à côté d'elle, sa lame brillante d'un éclat plein de promesse.
Une petite hésitation. La petite voix elle n'est toujours pas revenue.... Elle ne dira pas à Hela ce qu'elle doit faire... Mais celle ci peut elle laisser passer une telle chance ?

Du bout de la langue, elle effleure ses lèvres et calme sa respiration. Sa main se referme sur le manche de son arme. Elle sait ce qu'elle doit faire... Elle l'a déjà fait tant de fois. Son corps se glisse jusqu'à lui, et son arme fend l'air avec agressivité, pourtant son geste est avorté. La bête c'est éveillée, et déjà elle entrave son geste de toutes forces. Hela à beau grogner avec rage, cela ne change rien au fait que sa lame reste obstinément suspendu sans pouvoir atteindre sa cible pourtant si proche.

Leurs regards s'accorchent. Celui de la graveuse débordent de haine et de frustration, mais celui de la bête semble si paisible qu'un doute la prend... Sa résistance s'amenuise alors que sa proie de fait rien pour retourner la situation à son avantage. Au contraire, Dhungaärd semble simplement vouloir se défendre.

Ma faute. J'ai... J'ai laissé la peur ordonné. Je n'ai pas... Voulu mentir...

La confession achève de déstabiliser la détermination de la graveuse dont les larmes d'incompréhention ruissellent en longs sillons sur ses joues pâles.



-MENTEUR !
Crache d'elle en se rejetant en arrière.



-Tu m'as fais du mal ! Tu as voulu me tuer ! Je l'ai vu, je le sais !
Sanglote-t-elle en s'appuyant contre la parois glacée de la caverne. Ses forces déjà la quittent et elle laisse tomber son arme, alors que ses genoux flageolants sous son poids.


-Tu m'as fais peur...
Confesse-t-elle, en serrant ses genoux contre elle refusant de croiser son regard laiteux.

-C'est pour ça que tu as des chaînes hein ? Des chaines autours des poignets ?


mp : bon voilà j'ai fais de mon mieux pour nous mener vers la piste des entraves que Hela pourra brisser.
Sa dernière question sous entend "c'est parce que tu es flippant qu'on t'a attaché ?"




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Posté dans Re: La Belle & la Bête   - Mer 13 Mar 2013 - 9:21


Il ne cherche pas à la retenir, alors qu'elle s'éloigne de lui. User de sa force pour la contraindre ne l'intéresse pas, tant qu'elle ne cherche pas à s'en prendre à lui. Pas de menace. Pas de réaction violente.

Ce n'était pas mon intention.

Mais les paroles sont autant de rappels que les faits balayent ces mots. Ainsi que les pleurs de la jeune fille, qui seules se font entendre dans la cavité. Ces larmes qui brillent à la lueur de ses flammèches... Il ne comprend pas leur origine. Une autre blessure ? Pas de sang, autre que celui qui a séché sur son front, et qu'elle ait pu se mouvoir lui dit que non. Avec un soupir, il laisse retomber ses mains, quand la lame tinte en touchant le sol.

Pas tuer non... A y repenser, la peur surgit à nouveau, provoquant un frisson. Mais elle est plus faible, souvenir, ombre de ce qui l'avait poussé à la panique en un instant. Faire taire les cris... Silence. Mais à présent, cette crainte lui semble... Sans substance. Sans éléments valables pour la justifier. Les sons n'étaient pas un danger, ne pouvaient le blesser. Cela il l'avait su. Et cela ne l'avait pas empêcher de réagir au quart de tour...

Il pose un instant son regard sur Hela, qui détourne le sien. Ma peur... Est restée libre longtemps. Qu'elle porte son attention sur la chaîne, qu'il sent dans le creux de sa paume, le fait continuer, d'une voix basse et presque atone. Pas de retenue... De contrôle. Perdu. Son ancien état, il ne se l'expliquait pas. Ni le fait qu'il ait changé. Tout était un danger. Même ma... Famille. Il butte sur le dernier mot, mais ne s'arrête pas dessus. Il ne revendiquait pas un quelconque attachement, et il en était allé de même pour ces personnes. Pour la plupart.

Il s'étire un instant, son dos appliqué contre la roche demandant à se détendre un peu. Ses yeux parcourent alors les ombres dansantes au dessus de lui. Se débattre. Fuir. Mais toujours on ramenait l'idiot. Il était inutile, mais erfeydien. L'homme avait choisi de le garder en vie. Son poing se crispe tandis qu'il poursuit. Puis l'homme ne l'a plus supporté. Il a enfermé sa honte, avec des chaînes pour la retenir. Chaînes qu'il avait tordu, secoué, qu'il avait tendu de toute sa force dispersée, hurlant, poussé par l'envie de sortir, ne comprenant pas cette contrainte.

Il se détend soudain, jouant des épaules en baissant le regard, qui effleure la chaîne. Tout en parlant, sa main reprend ce geste continu qu'il avait fait pendant un temps sans limites claires, le mouvement partant de son poignet pour se poursuivre dans le métal, quelques mailles s'élevant dans les airs pour ensuite retomber, cercle sans fin, . La chaîne brisée lui a servi. A se retrouver. Puis il se tait. Silencieux, il laisse son bras retomber, le métal avec lui tintant contre la roche. Il n'est pas un conteur. Et il n'est plus l'idiot. Il n'a plus à être enchaîné.

Se détachant de ses souvenirs, il regarde l'espace autour de lui. Employer une pierre pour tordre le métal ? Le bracelet était trop proche de sa peau. Le chauffer... ? D'une pensée, il attire les flammèches vers lui, et les observe un temps se regrouper dans le creux de sa main... Avant de s'éteindre. Un léger sentiment de satisfaction lui vient, tandis qu'il remet l'ithylium dans le flacon. Le métal chaud ne lui ferait pas de bien.

Puis il reporte son attention sur Hela. Je ne voulais pas te blesser. Ni... T'effrayer. Ton cadeau n'est pas perdu pour moi. Comme pour acquiescer -ou plutôt, en redemander- son estomac produit un discret son à cet instant. Imperturbable, Dhungaärd songe plutôt qu'il ne quittera pas la grotte avant quelques temps, s'y reposer valant bien un autre endroit. Mais l'idée reste. Décrocher la chaîne. Levant le bras dans un tintement de métal, il touche le bracelet de sa main libre, songeur. Comment le retirer...
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Posté dans Re: La Belle & la Bête   - Ven 22 Mar 2013 - 10:23

Sa poitrine se soulève dans une cadence précipité. Ses larmes ruisselles et lui font du bien. Bientôt, elle se calme, et elle écoute le colosse. Il a eu peur ? Peur d'elle ? Elle fronce les sourcils, le regarde à la dérobé. Il est si grand, si impressionnant, a-t-il vraiment perdu le contrôle pour si peu ?
Elle ferme les yeux, lentement détourne la tête. Regretter ses gestes, elle connait. Elle sait ce que ça fait quand le corps par défense prend le contrôle... Quand soudainement on se retrouve les mains dans le sang alors qu'on ne voulait pas tuer.
Elle soupir tristement, désolée de le comprendre si bien, de savoir ce qu'il peut ressentir à ce moment. Il n'a pas voulu tuer, et elle le crois.

– Je ne crierais plus …

Murmure-t-elle.

- Si ça te fait peur, je ne crierais plus ...

Ajoute-elle un peu plus fort. Elle le regarde enfin pour de vrai, dans les yeux, comme pour lui prouver qu'ils peuvent revenir à zéro, oublier l'incident. Un instant le silence flotte, puis doucement elle demande :

- Tu dis "l'homme", mais c'est ton papa n'est ce pas ... ?

Le papa qui doit normalement protéger, qui n'a en réalité qu'attaché et éloigné celui qui était son fils et qui est devenu l'idiot. C'était une réaction qu'Hela connaissait... Les gens, semblent-il réagissaient comme cela quand on les décevait. En vous écartant. Pourtant ils ne se rendent pas compte que faisant cela c'est eux qui vous déçoivent.
- Tu as bien fait de partir. Oui bien fait. Il aurait fini par te faire encore plus mal encore. Parce que tu n'étais pas ce qu'il voulait que tu sois.

Une pause, elle fronce les sourcils.

- Tu n'es pas non plus ce que je pensais que tu étais. Mais ... Je ne suis pas l'homme moi. Non je suis simplement Hela...

Prononcer son prénom lui fait du bien. Il lui rappelle qu'elle a un jour était quelqu'un sans la petite voix. Qu'elle peut se dissocier d'elle. Elle sourit, tourne les yeux vers Dhun.

- Je ne t'attacherai pas, parce que je ne suis pas l'homme. Mais je peux te décrocher pour de bon, parce que je suis Hela.
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Posté dans Re: La Belle & la Bête   - Mer 3 Avr 2013 - 16:48


La main sur le métal, les paupières mi-closes, il écoute. Plus de peur dans la voix. Cela l’apaise. La jeune femme comprend, là où son propre père n'y comprenait goutte. Triste, étrange, oui. Mais l'étrangeté ne l'intéresse pas. Une inspiration sifflante lui échappe, quand elle s'intéresse à l'"homme". Il n'est plus rien. Il fut proche de lui autrefois. Dhungaärd portait l'espoir qu'est un aîné grand et vigoureux pour un père ambitieux. Mais cela n'a pas aboutit. Et rien ne changerait son dernier acte... Il écoute les paroles de la jeune femme, songe à sa proposition... Puis saisit pleinement ce qu'elle a dit.

Malgré sa fatigue, sa réaction lui échappe. De allongé, appuyé au mur rocheux, il se retrouve en un instant accroupi, soudain proche d'Hela. Car cela, il s'y accroche. Peut-être le regrette-t-il. Ou au contraire, non. Mais cela, ce geste qu'il a eu... C'était à lui. Sa position n'est pas détendue, elle irradie la menace... mais Hela semble lui accorder sa confiance, et Dhungaärd ne veut pas la perdre à nouveau. Aussi, il se force à se rapetisser, courbant le dos, baissant les yeux, desserrant les poings, avant de dire d'une voix grave, atone. Pas d'émotions là, une simple énonciation de vérité. Son regard brumeux la survole, elle, et cherche parmi les creux de roches.

Me blesser, non. Il n'en a jamais eu la force, alors que la peur aiguisait la mienne. A trois. A trois pour me retenir, le temps de refermer le fer. Je n'ai pu le briser, mais la chaîne, je l'ai arraché.

La chaîne en question racle sur le sol. De sa main libre, il s'en saisit, la tend, en suit de l'autre le contour des maillons. Ces mots-ci, par contre... Une joie. Froide.

Je l'ai atteint. Moi. Affaibli. Sans arme. D'une manière à laquelle il ne s'attendait pas.

Il n'ajoute rien. Rien qui traduise ce sentiment qu'il ressent. Ce premier geste qu'il a eu, pour marquer qu'il était à nouveau lui-même... Il a rappelé ce qu'il était à l'homme, alors que ce dernier restait aveugle au changement. Et même s'il n'est pas parvenu à ses fins, qu'il a encaissé des coups... Son père ne l'a pas vaincu. Car il le considérait comme l'idiot, un faible. Et battre un faible n'apporte aucune gloire. Il tait la volonté de mort qui l'habitait. Qui l'habite encore.
Baissant les yeux, il s'assoit, les membres raides. Passer à autre chose. Tourner la page.

Hela, oui. Hela qui écoute. A Hela, je demande cette faveur. Cette chaîne m'a servi. Me sert. Mais telle qu'elle est, elle m'entrave encore.

Paume tournée vers le haut, il avance le bras lié. Avant de pencher la tête, considérant la situation. Un concept longtemps laissé de côté, comme tant d'autres éléments de l'existence d'un erfeydien.

J'ai une... Dette envers toi.

HRP:
 
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Posté dans Re: La Belle & la Bête   - Mar 9 Avr 2013 - 10:57

Elle écoute, mi fascinée, mi horrifiée par cette histoire qui serait peut être bientôt la sienne... Elle vois la scène se dessiner sous ses yeux; trois hommes contre un, trois volontés contre une, et le bruit cliquetant des fers qui se balancent à ces poignets comme de tic tac lugubre d'un horloge.
Un frisson la parcours. Combien de fois a-t-il du force sur la chaîne pour que celle ci cède ?
Hela connait trop bien le métal pour savoir que ce temps ce compte au moins en mois... Dans un geste légèrement nerveux, elle passe sa langue sur le coin des lèvres. Elle se demande si par "affaibli" il entend tuer. Pourtant elle ne lui demande pas. Il y a des choses qu'il ne vaux mieux pas savoir.
Pourtant, en l'entendant prononcer, répéter son prénom la voilà qui se calme. Ils se regardent. Ils se comprennent d'un certain côté ...

Le voilà qui tend son bras vers elle, elle se tend. Un instant peureuse.

Hela, oui elle est Hela, Hela qui écoute, mais Hela qui a peur des hommes, et pendant un instant elle se demande si elle doit lui faire cette grâce.
Elle lève les yeux vers son regard laiteux. "j'ai une dette envers toi", lui dit il, et elle sent sa peur fondre. Voilà tellement longtemps qu'on ne lui a jamais rendu ce qu'elle donnait aux autres. Mais Dhungäard lui est si différent !

Elle plonge sa main dans une poche intérieure et en tire une simple pièce de bois. Puis lentement elle tend sa volonté vers l'huile bleutée et la commande. Un instant plus tard, voilà que la pièce de bois se coiffe d'une courte scie. L'ustensile est à peine plus grand qu'un couteau. Elle se retourne vers le géant, et lui commande :
-Tu ne dois pas bouger... D'accord ?

Puis avec précaution, elle s'avance, s'agenouille devant lui, et pose la petite scie contre le métal.De si près elle vois la chaire de l'homme que le métal a abimé. Il doit avoir mal pense-t-elle... Alors c'est lentement qu'elle entreprend sa besogne. Lentement mais efficacement le métal s'use et se creuse sous la petite scie.

Shirk Shirk Shirk

De longues minutes s'en suivent, et enfin, la délivrance. L'entrave tombe, en plusieurs morceaux, libérant le poignet pâle de l'homme. Hela se recule. Le regarde et murmure :

-Voilà. Tu es libre.
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Posté dans Re: La Belle & la Bête   - Mer 10 Avr 2013 - 6:57


Il acquiesce sans mot dire. Non il ne bougera pas. Se retiendra si besoin. Attentif aux mouvements de la jeune femme, comme à lui-même. Un bout de bois, mais à la pointe soudain bleutée. L'ithylium... Une légère appréhension, qu'il balaye, tandis qu'Hela l'approche. Plutôt que de fixer bêtement l'outil, Dhungaärd l'observe, elle. Puis la grotte. Puis il revient sur l'objet qui s'est posé sur le métal. Il l'a demandé, et c'est à lui maintenant de lui faire confiance. Un frémissement remonte le long de son bras, alors que le fer est entamé. Il trésaille intérieurement, et se jette sur ce remous. Ne pas bouger, Hela le lui à demander. Et il ne souhaite pas faire échouer la manœuvre, d'un autre geste incontrôlé. Il accepte le son du métal cisaillé.

Jusqu'à ce qu'il tombe. Le poids en moins le surprend, tandis qu'il fait lentement bouger ses doigts, qu'il avait gardé immobiles, figés. Reprenant conscience de son bras, mais avec u fer en moins... Sensation étrange. La peau longtemps cachée apparaît, encore rose de l'irritation constante, irrégulière. A la voir, il réalise d'ailleurs ce léger grattement, que le froid et l'habitude avait engourdi. Son autre main, qui tenait la chaîne, la dépose, puis ce tend vers cette partie de lui qu'il avait ignorée. Au dernier instant, il se retient de gratter, et touche simplement. Il ressent son propre touché, frais. Le murmure d'Hela, qui s'est reculée lui parvient, attirant son attention.

Merci Hela.

Mais ce n'est pas un acquiescement. Sa chaîne ne le retenait plus à un mur. Elle ne l’empêchait pas de bouger. Qu'entendait-elle par libre ? Pensif, il l'observe un temps. Son choix était d'être ici, d'avoir accepté son aide... De quelle liberté parlait-elle ? Puis il laisse la question en suspens. Fatigue. Il lui semble s'engourdir à nouveau, maintenant qu'Hela ne lui est plus hostile. Mais une chose reste importante... Idée fixe, qui ne s'éclipse pas alors qu'il se relève à demi, chaîne à nouveau en main, dans de lents mouvements, et s'adosse à nouveau à la paroi. La température dans la cavité descend, vue qu'il a éteint ses flammes. Sans que cela le gène, mais alourdie la charge de son propre corps, qui réclame de se poser. Les paupières mi-closes, ses yeux ne fixe rien, mais son regard englobe la grotte et la jeune femme. Ses mains se figent sur le tissus usés, tandis qu'une respiration lente anime encore sa poitrine. Il s'agite un peu, cherchant une position ou sa masse ne s'affalera pas. Sa dette... Il ne s'interroge pas sur ce qu'elle lui demandera. Il agira en conséquence le moment venu. Le dos calé, il baisse la tête, dit simplement :

Trouve-moi quand il le faudra.

Sa faim avait été contentée plus tôt, la fatigue restait. L'endroit lui convenait. La lisière de la forêt n'était plus loin, mais une fois là, se nourrir serait plus ardu. Commencer par reprendre son souffle était une bonne chose.

HRP:
 
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Posté dans Re: La Belle & la Bête   - Ven 12 Avr 2013 - 14:07

Dans un geste lent elle range son outil. Ses yeux regardent Dhungaard... Il a l'air contente de sa nouvelle liberté. Plus rien à présent ne peut le rattacher à son passé. Et cela, c'est Hela qui l'a fait.
Elle n'a pas tué, elle n'a pas dépecer, elle n'a pas découpé... Non, elle a libéré. Elle fait quelque chose bien. De gentille... De généreux.

Pas de petite voix pour lui dire ce qu'elle doit faire, ne pour lui dire ce qu'elle dois dire. En un sens à cet instant elle aussi est libre.

"Trouve-moi quand il le faudra."

Elle hoche la tête. Signe qu'elle a compris, enregistré le message. Comment le trouver ? Elle se posera la question quand le moment viendra. Pourquoi s'encombrer l'esprit avec ça maintenant ?
Elle est si ... Contente d'elle ! Pourquoi songer au moment où elle devrait quérir de l'aide ? Tout est si calme dans ce doux présent.
Elle se recule, le regarde ; son libéré. Que va-t-il faire ? Il semble qu'il souhaite simplement dormir. C'est normal songe-t-elle. Il n'a pas dû dormir pendant qu'elle même était assoupie. Il doit être si fatiguée...
Elle laisse le silence se faire. Fredonne juste une petite comptine, tout bas. Enfin elle le voit s'assoupir pour de bon. Alors, elle se penche et carresse les restes de la chaîne. Puis tourne les talons. Cherche à se retrouver. Choisi un chemin, et s'y engouffre. Et sa voix fredonne au rythme de ses pas qui s'éloignent doucement.

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Posté dans Re: La Belle & la Bête   - Ven 12 Avr 2013 - 17:03

Le sommeil l'a emporté. Clore les paupières un instant. Un instant qui dure, puis s'éternise, sans qu'il ne le réalise. Sans qu'il n'ait entendu la voix d'Hela, ou ses pas alors qu'elle quitte les lieux. Juste son corps engourdi, contre la pierre... Pas de rêves, pour l’Épuisé. La caverne est froide, le vent souffle, la carcasse du chevrin dont la fonte de la neige à plaquer la fourrure restante et en état, et puis... La masse humaine, chaude, dont on entend le souffle. La fin du jour arrive, puis la nuit. Et la lumière revient.

Des rayons se reflètent sur la neige, et viennent frapper ses paupières. La fatigue dissipée, il finit par réagir, remontant à la conscience. Un temps où il se secoue, réveil le corps engourdi. La faim le tenaillant, il cherche des yeux, et ne trouve que la chair froide de l'animal de la veille. Qu'importe. Il s'en approche, et est surpris par un tintement, qui ne s'accompagne pas d'une gêne. Il baisse le regard. La chaîne qu'il tenait jusque-là a chu, n'étant plus reliée à son poignet. Cela lui rappelle... Hela. Il se détourne du métal, retourne à la viande, et à son ventre qui gronde. Quelques traces indiquaient la visite d'un gourmand, qui avait été trop petit pour repartir avec le chevrin. Dhungaärd profite donc, sans retenu. Déchirer, mâcher, gratter ce qui est brûlé pour atteindre ce qui est bon en dessous. Quelques longues minutes, qui s'achèvent sur un sentiment de satiété. Lui vient l'envie de reprendre son chemin. Poursuivre jusqu'à son but...

La chaîne. Ces maillons si solide qu'ils l'ont retenus longtemps. Mais c'est presque naturellement qu'elle vient se loger dans sa main, tandis que de l'autre, il tâte l'arrière de son crâne, où se trouve, parmi les mèches emmêlées et sales de cheveux sombres, une masse anormale, légèrement sensible. Il n'est pas vierge de tout souvenir, de toute marque. Mais il n'y attache pas d'importance symbolique. La chaîne lui est utile, familière. Cette blessure, une vulnérabilité à laquelle il lui faudra remédier. Le reste... Le moment présent, et ce vers quoi il tend.

Dans une meilleure forme que la veille, il sort de l'abri, se dépliant en prenant garde à ne pas cogner au dernier instant contre les bords de l'ouverture. Ses yeux se sont déjà adaptés à la lumière. D'un pas leste et sûr, laissant les restes du petit chevrin aux charognards, il reprend la route. Un village. Des indications. Un clan. Il garde avec lui ce souvenir, celui de la petite femme qui a scié le fer, envers qui il est redevable.

Quant à la signification d'avoir une dette envers cette femme-la... Il n'en a aucune idée, et n'y pense pas. La dette sera payée, quand elle viendra le trouver.

[RP CLOS]

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Posté dans Re: La Belle & la Bête   -

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