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Posté dans Rencontre décisive   - Ven 12 Avr 2013 - 12:38

Tuer un homme. Rien de plus simple. Surtout quand on était un Gargan. Habillé d'un costume de toile beige, d'un voile cachant ses cheveux et son visage et ne montrant que ses yeux, le jeune homme avait réussi à soudoyer un garde pour le faire entrer, se faisant passer pour un des habitants de la ville. Arish était une ville agréable à voir - enfin, si l'on voulait. Au moins, il y avait de l'animation. Debout dans le marché, facilement repérable par sa grande taille, Ama avait décidé de se tapir sur les toits à la recherche de sa proie, un riche marchand. Ses armes étaient planquées sur lui : sabres, dagues, chaînes. Tout cela était capable, d'un geste de tuer, de percer, de lacérer. Mais ce n'était pas son intention, pas pour le moment. C'était sa mission : tuer cet homme, et piller ses marchandises. Maintenant qu'il avait repérer les habitudes de ce dernier, il pouvait prédire où il irait.

Ama descendit le long des toits pour redescendre dans une rue vide, puis marcha jusqu'à une taverne. L'homme allait y prendre du lait au rhum. Ama s'assit à une table et commanda une assiette du plat du jour et un peu d'alcool. Il était assez réticent quant à dévoiler son visage, mais il n'avait pas mangé depuis deux jours et la faim commençait à se faire sentir. Il accueillit le plat avec reconnaissance, ignorant le regard curieux de la serveuse quant à ses cicatrices au niveau de ses yeux, et mangea avec un air affamé. Il recommanda une fois de la nourriture, puis s'étira, faisant craquer les muscles de ses bras. Cela faisait du bien d'être en ville ; il en avait beaucoup entendu parler. Il y était, à présent. Peut-être en profiterait-il pour aller faire un tour du côté des prostituées, certains Gargans lui en avait dit le plus grand bien. Il sourit à lui-même puis jeta un oeil à l'homme qu'il suivait. Il était adossé au bar, sirotant sa boisson.

Il avait envie d'aller taquiner le poisson. D'aller lui parler, de faire sa connaissance. Que son visage ne lui soit pas inconnu quand il enfoncerait son cimeterre dans ses entrailles. C'était mesquin, mais son nez se fronça en un sourire amusé en y pensant. Cet homme était un gros bonnet, un homme cruel et immonde qui ne pensait qu'à lui. Les êtres aussi égoïstes ne méritaient que ce qui leur tombait dessus - souvent rien, parfois des êtres comme Amasyr, des assassins. Hélas, au moment où il voulait mettre son idée à exécution, l'homme finit sa boisson et se leva rapidement pour sortir. Pestant contre son hésitation, Amasyr en profita pour sortir lui aussi - sans payer, en se cachant dans les ombres, pour que l'on ne remarque pas son départ - et il se plongea dans la foule. Ne retrouvant pas l'homme qu'il devait suivre, il pesta et se tourna vers la foule pour essayer de l'y repérer. Rien, bien entendu. Il soupira. Il connaissait vaguement son emploi du temps ; il retrouverait l'homme ce soir. Il se donnait la journée pour vaquer à ce qu'il voulait.

Il s'étira encore, puis disparut sur les toits sans attirer les regards. L'homme avait disparu, tant pis. Il se dirigea vers le marché et s'y engloutit de nouveau, et se laissa happer par la foule de gens. Les étals vendaient des choses fantastiques, ou totalement communes. Tout en vérifiant l'état de ses armes proches de son corps, il se laissa tenter et s'amusa à voler et replacer des choses sur les étals. Il piqua un fruit qu'il mangea en marchant, et alors qu'il se penchait sur un autre étal, une silhouette s'approcha de lui. Féminine. Il la remarqua et, par amusement, se mit devant elle au dernier moment. Ils se percutèrent dans un grand choc, et il se tourna vers elle, ses yeux d'or faussement énervés.

« Faites attention où vous marchez » grogna t-il, alors qu'il observait la jeune créature qu'il venait de prendre dans ses filets.
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On m'appelle Mowiel Solverre


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Posté dans Re: Rencontre décisive   - Sam 13 Avr 2013 - 2:41

Mowiel n’avait jamais mis les pieds dans un endroit pareil. Elle ne s’en était même jamais approchée. Elle mourrait d’envie de voir ce qui se passait à l’intérieur. Sans doute sera-t-elle chassée, se dit-elle en évaluant sa loque et ses pieds nus. Sauf qu’elle n’avait pas de vêtements comme les Gens qui pénétraient l’établissement. Bah, de toute façon, elle devait juste y acheter une robe pour la tendre épouse de son Maître Cultivateur. Elle n’allait y entrer qu’un instant, regarder, payer son achat et ressortir aussitôt.

A l’intérieur, elle fut d’abord saisie par la fraîcheur de la salle principale, qui contrastait merveilleusement avec la chaleur étouffante qu’il faisait dehors. Il faisait très sombre car seules deux petites lucarnes étaient dépourvues de rideaux. Mowiel attendit un instant que ses yeux s’habituent à la pénombre. A peine eut-elle eu le temps de faire un pas en avant, qu’elle fut violemment saisie par le bras et traînée au dehors.

- Dehors ! Je ne veux pas de « ça » dans mon établissement !
- Mais je dois… ! commença-t-elle, attristée.
- Tu ne dois rien. Dégage ou je fais appel aux Veilleurs Pourpre, misérable petite voleuse !

Sans perdre de temps, elle prit ses jambes à son cou et se précipita vers le Marché. Jamais elle n’avait couru aussi rapidement. Portée par son cœur, par les tréfonds de son âme, elle n’écouta plus son corps ni son souffle, précipité par la peur d’être privée de sa liberté. Elle monta deux marches et s’arrêta, essoufflée.

Le Marché d’Arish était immense. Son seul panier ne suffisait pas à transporter la totalité des fruits et légumes souhaités par le Maître. Alors que sa tâche se terminait enfin, elle percuta un homme de plein fouet avant de voltiger par-dessus son chargement et de s’écrouler sur le sol. De s’écraser comme une bouse de Draoma, pensa-t-elle sans la moindre hésitation.
Elle reprit très vite ses esprits et sentit une légère douleur au genou. Un liquide chaud et visqueux souillait ses mains ; elle saignait, la chute avait sans doute était plus violence qu’elle ne l’aurait imaginé.

- Vous êtes arrivé si subitement, je ne vous avais pas vu ! Etes-vous blessé ? Avez-vous mal quelque part ? demanda-t-elle avec condescendance, malgré son attitude déplacée. Je ne pense pas qu’une petite chose comme moi ait pu blesser un homme de votre corpulence, mais…je…

Il était grand. Immensément grand. Pourvu d’une peau légèrement plus pâle que celle de ses confrères Korrulien, tout chez lui respirait la puissance et le désir. Il possédait bien plus que de la force physique. Son regard doré portait de lourds secrets, de lourds passés, et de lourds projets. Il lui faisait peur. Pourtant…il n’y avait pas que cela. Cet homme avait quelque chose en plus, quelque chose qui l’empêchait de le traiter comme ce qu’il était : un type hautain incapable de s’excuser lorsqu’il est la cause d’un malheureux accident.

Elle aurait voulu s’approcher, vérifier qu’il n’ait rien, mais sa raison le lui interdisait formellement. Détournant subitement son regard, elle s’agenouilla et ramassa son chargement, soucieuse de savoir si aucun aliment n’avait été abimé.

- Comment me faire pardonner ?
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Posté dans Re: Rencontre décisive   - Sam 13 Avr 2013 - 3:15


Mowiel & Amasyr


« Rencontre décisive »



Ama n'avait pas voulu lui faire de mal. Juste entrer dans sa vie, si l'on pouvait dire, d'une façon un peu théâtrale, un peu brutale. Il n'avait pas voulu la faire voltiger et tomber au sol. La pauvre petite chose se releva, un peu hésitante, les mains pleines de son propre sang. Il retint un soupir, mais son regard se fit moins dur, écho de ce qu'il ressentait : un peu de compassion. Faire du mal aux femmes n'avait jamais été son loisir, comparé à d'autres forbans. Certes, il les utilisait et les manipulait, mais elles repartaient, sinon heureuses, au moins entières et en vie. Il l'observa alors qu'elle se répandait en paroles : elle babillait littéralement, puis l'allusion à sa grandeur lui fit émettre un rire rauque, semblable à un grognement d'animal. Il se gratta la joue et s'approcha d'elle, comme poussé par la foule, au moment où des personnes affluaient vers l'étal.

Elle ramassa son chargement, et il comprit à cet instant : elle était une servante. Cet état de fait fit gonfler son immense poitrine, comme sous la force d'un coup. Ha, l'injustice de la vie. Ama se força à reprendre doucement son souffle, alors que l'inconnue prononçait des paroles légèrement tendancieuses. Un regard vers elle lui fit comprendre qu'elle n'avait aucune idée de ce qu'il aurait pu répondre face à cela. Quel âge avait-elle ? Une quinzaine d'années, à la voir, mais elle était maigrelette, et certaines putains étaient bien plus féminines qu'elle. Alors pourquoi avait-il jeté son dévolu sur ce pauvre petit chat émacié ? Aucune idée. L'envie d'un peu de nouveauté, peut-être. Il s'approcha, sans répondre à ce qu'elle venait de dire, et posant ce qu'elle portait sur sa large épaule, il prit ses mains et les observa.

« Et vous, où avez vous mal ? » déclara t-il un peu plus rudement que ce qu'il aurait voulu.

Il ne s'excuserait pas, bien entendu ; un forban ne demandait jamais pardon. A quoi bon ? Mais il pouvait au moins faire en sorte qu'elle ne le prenne pas pour un crétin fini qui l'aurait blessée. Ses paumes de mains étaient un peu égratignées, et le sang était déjà en train de coaguler, mais par cette chaleur étouffante, mieux valait prévenir que guérir. Maugréant contre sa tendresse soudaine, il sortit de sous sa tunique un petit pot d'onguent. Il l'ouvrit et une odeur de marécages s'en dégagea. Il ne s'expliqua pas, et appliqua le baume sur les mains de la demoiselle. Un bon assassin ne devait pas négliger les soins, songea t-il avec un âpre sourire. Il avait acheté cela il y avait longtemps, mais il savait cet élixir efficace pour l'avoir utilisé soi-même ; d'abord une sensation de frais, extrêmement agréable, puis quelques picotements qui arrêtaient la douleur tout en stoppant le saignement et en chassant une possible infection. Il referma son pot, le rangea sous sa tunique. Ses armes eurent un léger bruit, comme un cliquetis, mais il n'eut pas une tressaillement.

« Quel est ton nom ? » demanda finalement Ama, en posant son regard sur elle, curieux et un peu plus amical qu'auparavant.

Elle n'était pas une prostitué qu'il pouvait malmener comme il le désirait pour un peu d'argent. Elle était une jeune fille, sûrement pas encore femme. Elle avait quelque chose de faible chez elle, comme un petit oiseau, et maintenant qu'il était près d'elle, il avait envie de l'avoir pour lui, quitte à la protéger. Cet entremêlement de sentiments étranges le poussait à s'enfuir : pourquoi vouloir ressentir ? Pourquoi ne pas aller dans le lit de la premier putain venue ? Parce qu'il avait soif d'autre chose, peut-être. Mais il n'était pas exactement sûr qu'une jeune fille d'à peine quinze ans puisse lui apporter ce qu'il désirait.

Mais avant de fonder des espoirs, poser des connaissances. Il fonctionnait comme lorsqu'il assassinait des gens : il menait d'abord son enquête. Puis après il agissait. Là, ce serait pareil, sauf qu'à la fin il ne comptait pas la tuer.

(c) Suika


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Posté dans Re: Rencontre décisive   - Sam 13 Avr 2013 - 10:49

Instinctivement, elle recula d’un pas pour maintenir une distance entre eux. Il était un homme imposant, par sa taille, sa carrure mais aussi par sa prestance. Sa compassion mêlée à une intrigante sévérité, son ton profond et sincère, lui donnaient envie d’être différente, plus belle, plus chaleureuse.
Depuis l’enfance, elle s’était renfermée dans une douloureuse réserve, n’osant parler à personne de la situation précaire dans laquelle ils vivaient. Elle avait tenté de trouver du secours dans une branche plus éloignée de sa famille, mais elle s’était rapidement retrouvée face à un mur d’indifférence. Aujourd’hui, les choses semblaient changer : pour la première fois depuis des années, on lui tendait la main. Le tout était encore de savoir s’il s’agissait d’une ruse ou bien d’un véritable geste de compassion. Depuis qu’elle avait l’âge de prendre un époux, nombreux étaient les hommes soudain devenus attentionnés à l’égard de ses parents. Encore hier, elle avait chassé l’un d’eux de sa modeste demeure, agacée d’être l’objet de projets auxquels elle n’avait ni le temps ni l’envie de s’adonner.

- Je m’appelle Mowiel, lui dit-elle en détournant prestement le regard.

Pour ne pas croiser ses beaux yeux d’or, elle porta son entière attention sur la paume de ses mains, feignant s’intéresser à elle et au travail qu’il avait effectué dessus. Il y avait enduit un onguent qui empestait. La douleur diminuait déjà, et ses mains désenfleront probablement après une bonne nuit de sommeil. Ce soin de fortune se révélait nettement plus efficace que les pommades et herbes des guérisseurs. Un soin qui, s’il était plus accessible aux gens dans le besoin, sauverait la vie de plusieurs dizaines de Korruliens blessés par la rudesse du désert. Par Ruyn, qui était-il donc ?

Une longue minute s’écoula. Puis une seconde. Et enfin une troisième. Gênée d’être ainsi assistée et observée alors qu’elle n’avait toujours comptée que sur elle-même, elle finit par tendre les mains dans le but de reprendre son chargement. Elle n’était pas contre la générosité et le soutien, mais que l’une des servantes de son Maître l’aperçoive en train de paresser en compagnie d’un homme l’inquiétait. La journée avait été assez éprouvante, elle ne tenait pas particulièrement à prendre des coups en rentrant ce soir.

- Vous êtes adorable, mais je peux porter ce panier seule, vous savez ? C’est mon travail, je suis payée pour cela !

Le soudain contact de ses mains avec le bois du panier lui arracha un gémissement de douleur. Les tâches à la Demeure promettaient d’être rudes ces prochains jours ! Tout ça à cause d’un jeune homme qui n’avait pas pris la peine de regarder devant lui avant de reprendre la route ! Pas une fois il s’était excusé ! Pas une fois il avait cherché à comprendre le pourquoi du comment ! Pas une fois, non pas une fois, il s’était présenté ! Il était aux yeux de Mowiel un enfant dont l’éducation n’était pas encore achevée. Et par conséquent, un être plus vulnérable qu’on ne pouvait se l’imaginer.
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Posté dans Re: Rencontre décisive   - Sam 13 Avr 2013 - 11:41


Mowiel & Amasyr


« Rencontre décisive »



Le forban observait la demoiselle. Le baume sur ses mains semblaient lui avoir fait du bien. Tant mieux ; c'était idiot pour un homme habilité à tuer, mais il s'en serait un peu voulu de lui laisser un souvenir douloureux. Il préférait laisser aux femmes un souvenir heureux. Sur l'oreille si possible. Mais il aimait aussi courtiser puis s'évaporer comme une brume. Le désir était une chose impalpable, capable de créer une sorte d'amour impossible à délier tant que l'objet du désir n'a pas abouti.

La demoiselle se présenta sous le nom de Mowiel. Ce nom se grava dans sa mémoire ; il s'en souviendrait. Il en userait en bons termes. Oh, oui. Il lui sourit, en essayant d'effacer de son visage l'air dur qu'on lui connaissait ; il avait l'habitude d'effrayer par sa carrure imposante. Il dominait tout le monde d'une bonne tête, et même si il était fin, il était musclé. Cela, associé à un visage aux yeux d'or et aux cicatrices, et vous obteniez un mélange rendant méfiant quiconque posait les yeux dessus. Repoussant une mèche de cheveu collée par la sueur, il garda son sourire en l'observant d'un air à la fois amusé et innocent.

Il la laissa reprendre son panier, mais son gémissement de douleur lui indiqua qu'elle n'était pas prête à soulever quoi que ce soit. Dans un soupir faussement exaspéré, il souleva le sac comme si il s'était s'agit de plumes.

« Allons, Mowiel, vous n'êtes pas encore remise de notre rencontre brutale. Je vais vous aider. Vous allez loin ? »

Il gardait toujours le sourire, sachant qu'elle devait être impatiente de connaître son nom. Il voulait la faire attendre. Mais pas trop, sinon elle risquait d'exploser. Peut-être pas littéralement, mais sait-on jamais avec les femmes d'Arish. Remettant le sac sur son épaule, il pencha la tête de côté, puis déclara d'une voix amicale :

« Je m'appelle Amasyr. »

Amasire. Sire. Quel prénom idiot. Et quel idiot de dire son véritable prénom. Il n'avait pas réfléchi ; c'était sorti tout seul. Il aurait préféré penser à un autre nom, pourquoi pas Moran, ou Soren ? Mais non, il avait donné son vrai prénom. Tant pis ; personne ne le connaissait ici. Et il y avait quelque chose d'un peu excitant dans le fait qu'elle avait, en quelque sorte, une vérité entre ses mains. Voyant l'air changeant de la demoiselle, le forban se dit qu'il devait s'excuser ; elle avait l'air de réfléchir à des choses bien sombres, et même si ce n'était pas dans son habitude, celle-là, il la voulait.

« Je suis vraiment désolé. De vous être rentré dedans. J'aurais dû faire attention, moi aussi. Que puis-je faire, moi, pour me pardonner ? Puis-je vous offrir quelque chose ? Comme vous êtes maigre. Vos maîtres vous traitent-ils bien ? »

Chiens qu'ils étaient. Une lueur de colère était apparue dans son regard quand, prenant délicatement le bras de la demoiselle pour lui montrer un étal de tissu colorés et de bijoux, il avait remarqué le peu de chair qu'elle avait sur les os. Il aurait dû s'y attendre. Mais ses maîtres étaient des coyotes juste bon à nourrir les corbeaux. Pourquoi la traiter ainsi ? Il aurait aimé l'inviter à manger, quelque part ; engrosser un peu ce corps fin et si cassable. Il lui lâcha le bras, puis, en un geste, il se retrouva devant un vendeur. Son étal était couvert de diverses nourritures, et notamment du bouillon. Ce n'était pas exactement ce qui était le mieux, vu la chaleur, mais il en prit un bol et l'offrit à la demoiselle.

« Tenez, reprenez des forces. Je peux vous accompagner jusque chez votre maître pour vous aider. »

Il voulait savoir où elle habitait ; peut-être aurait-il le courage et l'envie de revenir, un soir, si son maître se révélait aussi cruel qu'il le supposait. La société des korulliens le faisait vomir ; injustice, cruauté. Il n'était pas un exemple de bonté, mais il n'était pas un hypocrite. Enfin si, mais ce n'était pas pareil, pour lui. Il se tourna vers Mowiel et lui sourit, délicatement ; elle était là, comme une fleur, vivace, voulant survivre. Qui étaient-ils, tous autant qu'ils étaient, pour venir la piétiner ? Elle n'était peut-être pas un canon de beauté, mais il y avait quelque chose de touchant dans sa fragilité, dans sa timide féminité qui laissait supposer une future jeune femme gracile et jolie. Amasyr se sentit fondre. Il était habitué aux putains, à leurs manières rudes, à leur temps monayé. Mais cette fille-là ... Elle était différente. Oui. Différente ....

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Posté dans Re: Rencontre décisive   - Lun 15 Avr 2013 - 0:39

Silencieuse, elle porta un regard hésitant sur le bouillon.

Mowiel était si misérable qu’aucun homme ne lui avait jamais tendu la main. Mais elle était douce, toujours serviable et souriante. Si elle se retrouvait aujourd’hui dans la misère, c’était parce qu’elle était trop généreuse : ce qu’elle avait, elle le donnait. Dès qu’un membre de sa famille était dans la peine, elle était là pour le soutenir. S’il fallait effectuer un travail de longue haleine, notamment au profit de Cultivateurs, elle était la première, et la dernière à quitter la Demeure. Quoi qu’il se passe, elle trouvait toujours plus malheureux qu’elle au coin d’une ruelle.

Mowiel se mit à savourer ce repas inattendu, plus affamée qu’elle ne l’aurait imaginé. Alors qu’elle mangeait lentement afin d’en apprécier le goût et la senteur, son regard croisé les beaux yeux dorés d’Amasyr, puis repartit de plus belle vers les dizaines de repas exposés à la vue des promeneurs. Cette seule nourriture suffirait à faire vivre convenablement la totalité de sa famille le temps de plusieurs jours. Seulement, elle n’avait pas les moyens de les leur offrir. Cet homme par contre, il ne semblait pas se soucier de sa dépense. Nourrir une parfaite inconnue, à qui il ne devait absolument rien, cachait quelque chose : une trop grand générosité, ou peut-être une situation aisée qui lui permettait ce genre de folies.

Elle pourrait le voler puis prendre la fuite. Donner l’argent à sa famille et lui assurer ainsi des moments de bonheur et de plénitude. Mais c’était bien trop dangereux, plus encore pour quelqu’un qui n’avait jamais dérobé quoi que ce soit. Et à l’opposé même des valeurs qu’elle défendait avec tant d’acharnement. Elle tendit la main, attirée par toutes les promesses du gain…pour finalement se saisir de celle d’Amasyr, tremblante.
Comment avait-elle pu avoir de telles pensées !

- Si mon Maître vous voit, j’aurai de graves ennuis. Il me garde auprès de lui uniquement parce que je lui suis utile. Que s’imaginera-t-il si sa servante fait porter son panier par un autre homme ? Donnez-moi donc cela ! J’ai l’habitude et je suis une assez grande fille !

Pour excuser son refus, elle lui accorda un petit sourire discret, puis elle se mit sur la pointe des pieds et tandis les bras, insistant sans ménagement pour qu’il lui rende son chargement. Etonnement, elle s’attendait à avoir beaucoup de difficulté à le faire plier, mais cela ne l’effrayait pas : il était certes un homme –elle devait donc le respecter- , mais pour rien au monde elle le laisserait lui faire perdre son travail pour de pareilles stupidités !

- Vous refusez de me rendre ça ? Vous allez me faire beaucoup de peine !

Elle s’accrocha à son vêtement pour essayer de prendre un peu de hauteur, en vain :

- Cessez de faire l’enfant !
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Posté dans Re: Rencontre décisive   - Lun 15 Avr 2013 - 3:29


Mowiel & Amasyr


« Rencontre décisive »



Depuis un bout de temps, il enviait Nausicaa et Jude. Ils étaient ensemble, malgré leurs origines forbans. Ils avaient cru en l'amour. C'était, certes, un amour de forbans, mais ils s'aimaient, c'était un fait que personne n'osait ni ne pouvait contester. Beaucoup d'autres forbans préféraient prendre les femmes au bordel ou lors des pillages. Mais Amasyr désirait autre chose. Quelque chose qu'avaient la forte forban et son puissant époux. Le forban observa la demoiselle qui mangeait ; apparemment elle aurait pu manger tout ce que l'étal offrait. Le forban hésita ; il avait amené un peu d'argent volé et économisé. Volé durement à la sueur de son front, bien sûr, et à la lame de ses cimeterres. Il regardait un peu la nourriture, se demandant comment gagner des points auprès de la jeune fille, et aussi comment aider cette fille pauvre. Il avait été un être repoussé de tous, dont la faim était l'amie. Il connaissait ce genre de situation ; il aurait aimé que quelqu'un lui tende la main. Il acheta un sac de racines, des raves et quelques légumes, et porta le sac sur son autre épaule, alors que Mowiel se mettait à l'engueuler. Il haussa les sourcils, un peu surprit alors qu'elle tentait de reprendre son sac.

Il était trop grand, bien entendu. Il avait deux ou trois têtes de plus qu'elle, et que la demoiselle se mette sur la pointe de pieds ne change rien. Accrochée à sa tunique, elle tentait de reprendre son chargement. Amasyr éclata de rire à sa dernière réflexion ; personne n'avait jamais osé lui parler sur ce ton, et que ce soit une pauvre fille qu'il aurait pu casser en un souffle, c'était une ironie qui ne lui échappait pas. Il rit, d'un rire bas, rauque, comme un aboiement, et lui lança un regard amusé.

« Hé bien, nous ferons attention à ne pas nous faire voir de lui. Je peux faire le plus gros du chemin et vous laisser faire le reste. Et si vous me traitez encore une fois de gamin, c'est vous que je porte comme un sac de patates. »

Il pointa un doigt accusateur vers elle, toujours amusé. Puis, il désigna du pouce le second sac sur son épaule. Il pointa le menton vers elle, d'un air de défi, comme pour lui dire : ose refuser. Ses yeux s'étaient enflammés de lueur orangées et jaunes pâle.

« Ceci, c'est pour toi. Ne refuse pas. Tu pourras te nourrir pendant quelques temps, toi, tes amis si tu as envie, ton époux. »

Petite allusion à un hypothétique époux, au cas où elle réfuterait cela. Il haussa ses larges épaules, et la repoussa enfin de son vêtement, retirant ses petites mains de son torse. A ce moment là, le tissu tira sur les lanières qui retenaient ses armes, et certaines émirent un cliquetis de métal. Il retint une grimace et lança un regard sérieux à Mowiel ; avait-elle entendu ? Il ne pourrait pas compromettre sa mission pour une jeune fille, aussi séduisante soit-elle.

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Posté dans Re: Rencontre décisive   - Mer 1 Mai 2013 - 6:23

La jeune fille n’en revenait pas. Jamais personne n’avait osé la traiter de la sorte, hormis ses Maîtres. Un sanglot gonfla sa poitrine. Qu’on la soumette hors des Domaines lui déchirait toujours le cœur. Sortir faire quelques achats était pour elle un moment de détente pendant lequel elle pouvait prendre des initiatives, faire le choix des meilleurs fruits, marcher à l’ombre des hautes bâtisses aux heures les plus chaudes. Qu’un homme se permette de faire de prendre des décisions à sa place réveillait en elle une sombre colère, très vite noyée parmi ses larmes chaudes. Se sachant en position de faiblesse, elle se détourna sans ménagement.

Avant ce jour, Mowiel n’avait jamais adressé la parole à cet homme. Elle était même certaine de ne jamais l’avoir croisé, car sa peau plus blanche que celle des autres habitants de Korrul aurait indéniablement marqué son esprit. Il était beau et très grand. Ses cheveux noirs étaient négligemment coiffés en arrière, venant effleurer le col de son chemisier. Et ses yeux…des yeux dorés et perçants qu’il promenait sur elle. Avec impertinence. Mais ne faisait-elle pas de même à son égard ? remarqua-t-elle brusquement. Décidée de ne rien laisser paraître de son trouble, elle sécha ses larmes et releva fièrement le menton.

- Soyez raisonnable, insista-t-elle une dernière fois.

Elle le toisa, mais compris rapidement que cette technique là n’était pas meilleure que la première. Cet homme ne connaissait pas le sens des mots « abdiquer », « renoncer », « réfléchir » et « prudence ». Elle soupira, las de cette conversation. Qu’il pouvait être têtu ! En seulement une journée, Amasyr lui avait donné plus de mal que ne l’avaient fait ses petits frères en quatorze ans d’existence. Afin de mettre fin à son petit jeu, Mowiel prit le chemin du Domaine, sans un mot. Il pouvait toujours espérer l’amuser, elle comptait bien lui faire comprendre qu’il s’était trompé de cible !

Le temps semblait s’écouler plus lentement qu’à l’accoutumé et Mowiel perdait peu à peu patience. Ce trajet qu’elle effectuait chaque jour en moins d’une heure, durait sur le temps, comme si Ruyn se réjouissait d’assister à un tel spectacle. Décidemment, son comportement au « Jour du Remerciement » ne devait pas lui avoir beaucoup plu, car sa vengeance se révélait plus terrible qu’elle ne l’aurait jamais imaginé. La mort de ses frères. La faim qui décimait son entourage. Le sort que lui réservait chacun de ses Maîtres, par le feu ou le fouet. Et enfin cet homme. L’ombre de ses tortionnaires.

A quelques centaines de mètres du Domaine, elle se retourna enfin et tendit la main, afin qu’il lui rende son chargement.

- Nous sommes bien assez proches. Maintenant, vous pouvez vous décharger de tout cela et me laisser rentrer chez moi, dit-elle avec une froideur qui ne lui correspondait pas du tout. Vous êtes sûrement un Veilleur Pourpre qui n’attendait qu’un geste mal attentionné de ma part pour m’enfermer dans l’une de ses geôles et me faire exécuter sans délai.

Encore une fois, on avait voulu la piéger. Encore une fois, on profitait d'elle sans hésitation.

- Ne croyez pas que je n’ai pas remarqué que vous transportiez des armes ! Ce sont les enfants qui mentent, pas les adultes !
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Posté dans Re: Rencontre décisive   - Mer 1 Mai 2013 - 10:44


Mowiel & Amasyr


« Rencontre décisive »



Cela ne marchait pas avec lui. Elle avait beau lui faire les yeux doux, il ne flancherait pas : c'était pour son bien. Il s'en voulait presque de lui avoir fait mal, presque, si ce regret n'avait pas été obscurci par la joie de rencontrer cette jeune femme si étrange et si distrayante. Le forban se mit donc à marcher à sa suite, sifflotant sans faire attention à la colère de la demoiselle. Elle semblait même excédée qu'il soit d'aussi bonne humeur. Le jeune homme était bien décidé à profiter de sa compagnie, mais trop tôt, et d'un ton trop froid à son goût, elle voulut récupérer ses affaires. Etait-ce parce qu'il ne lui avait pas révélé son port d'armes qu'elle était en colère ? Toujours les sacs et le chargement sur ses épaules, le forban haussa les sourcils, un peu surpris.

« Moi, un veilleur pourpre ? »

Amasyr éclata de rire. Si cela n'avait pas été aussi drôle il se serait senti presque insulté. Cette garde totalement incapable ? Oh non, il n'en faisait pas partie. Il lança un coup d'oeil amusé à la demoiselle puis, cédant à son air distant, déposa ses bagages à ses pieds, dont ceux qui la nourriraient. Il s'approcha d'un pas, mais resta à bonne distance d'elle pour ne pas empiéter sur son territoire. A présent qu'ils devaient se séparer, il ne voulait pas.

« Oh, non, je ne suis pas un Veilleur. Mais, croyez-moi, douce dame, vous ne souhaitez pas savoir pourquoi je porte des armes sur moi. »

Il lui fit un clin d'oeil et s'étira, faisant rouler les muscles de ses épaules légèrement raides d'avoir porté tant de poids. D'ici quelques heures, cela ne paraîtrait plus. Quelle heure était-il ? Aucune idée ; il allait retourner en ville et filer sa proie de nouveau. Mais bien qu'il essayât de se remettre dans l'ambiance d'un assassinat, ses pensées fusaient vers la brune.

« Peut-être ne devrais-je pas vous dire cela, car je suis dangereux pour vous, mais je vous aime bien. Dites-moi quand vous revoir. »

Ca faisait assez théâtral, mais peu importait. Il s'approcha d'un pas, et fut en face d'elle, les yeux baissés vers son visage. Elle était si fine qu'il aurait pu la briser d'un geste, et pourtant c'était le contraire qu'il désirait : la mettre à l'abri, la nourrir, la protéger. Il ne voulait plus la voir aigrie par son esclavagisme. Il voulait la voir libre, mais accepterait-elle une vie comme la sienne ? Non. Et ses chefs non plus. Il soupira en sourdine et lui jeta un autre coup d'oeil, plus tendre celui-là.

« Vous êtes encore jeune » fit-il, plus pour lui-même que pour elle. Il ne devait pas jeter ainsi son dévolu sur elle ; pourquoi n'allait-il simplement pas en ville s'acheter une femme ? Il avait toujours fait cela ; les femmes qu'il achetait lui étaient reconnaissantes de ne pas les blesser, il les traitait relativement bien sans les choyer. Mais celle-là ...

Il n'avait cependant pas l'habitude qu'on lui donne des ordres, et c'était très amusant de la voir trépigner. Il leva une main vers elle et frôla du bout de son index son front et sa joue, décollant un peu de poussière de sa peau. Amasyr eut un sourire qu'il espérait charmeur et engageant. Il voulait la revoir, quoi que cela lui coûte.

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Posté dans Re: Rencontre décisive   - Ven 3 Mai 2013 - 18:36

Au contact de ses doigts, elle ferma doucement les yeux, entraînée dans une spirale d’émotions contre laquelle elle ne pouvait rien. C’était la première fois qu’on lui touchait ainsi le visage. Chaque parcelle de sa peau, chaque muscle semblait réagir à cette caresse. Son cœur battait à la chamade, tel un tambour. Elle s’en voulait terriblement de son comportement. Désormais, cet homme ne lui accorderait plus le moindre crédit –lui en avait-il seulement accordé ?-. Il la savait fragile, impressionnable et il pourrait en jouer à loisir, comme beaucoup s’étaient essayés à le faire depuis le début de l’année. Son manque de confiance la hérissait. Et l’assurance qu’affichait cet homme n’avait rien de très rassurant, pas plus que les armes qu’il transportait avec lui, mais ce dernier point n’était pas le plus important.
Elle n’avait jamais ressenti des sentiments d’une telle force. Pour la première fois depuis des années, elle devait faire face à l’inconnu le plus total. Dans un premier temps, valait-il peut-être mieux prendre les devants et fuir le plus loin possible.

- Ce…ce n’est pas possible, balbutia-t-elle, le coeur battant. Pas comme ça. Pas dans ces circonstances.

A peine avait-elle fini sa phrase qu’elle se sentit rougir de confusion. Qu’imaginait-elle ? Sous son regard perçant, elle se sentait plus vulnérable, car il devinait tout. Son sentiment d’insécurité, son irrépressible nervosité, ses angoisses dévorantes…elle ne pouvait pas les lui cacher. Même son petit frère, qui avait encore moins d’expérience qu’elle, était plus capable dans ce domaine. Elle crut perdre l’équilibre, un instant.
Fuir n’était finalement pas une solution envisageable. Ses jambes tremblaient beaucoup trop pour qu’elle puisse faire un pas de plus. Elle risquait simplement de chuter au premier faux geste et de se blesser. De quoi attiser la colère de son Maître une fois de plus. Une raison valable pour qu’il la jette dehors, après l’avoir sauvagement soumise à une dizaine de coups de fouet.

- Mon Maître a besoin de moi, je n’ai pas de journée à vous accorder, mentit-elle sans vergogne, bien qu’elle déteste cela. Si vous cherchez à vous occuper, il y a tant de choses à faire à Arish ! Allez donc vous rafraîchir dans les tavernes, vous ravir des spectacles de rue, admirer les hautes dunes depuis les toits des bâtisses abandonnées. Vous avez le temps de le faire, moi non. Alors allez-y pour moi et laissez-moi donc !

Elle s’en voulut immédiatement. Le mensonge la travaillait, aussi nécessaire soit-il dans certaines situations. Voilà qu’Amasyr commençait à influencer son comportement de manière pernicieuse. Elle était méprisable. Avec fébrilité, elle prit sa main dans la sienne et l’éloigna de son visage. Elle était si grande !

- Vous êtes capricieux, têtu, incapable, mais tellement convainquant, qu’il vous suffit d’un simple regard pour soumettre le monde à votre volonté. Je pensais que seul mon petit frère était capable de telles prouesses. Mais gare à vous, vous pourriez rencontrer plus fort que vous un jour, et y perdre des plumes…

Elle prit son chargement et laissa l’homme, seul au milieu de l’allée. Elle ne lui avait donné ni heure, ni lieu de rencontre. A vrai dire, elle espérait qu’il ne s’agissait que l’un de ses caprices et que ce soir, il comblerait son ennui dans les bras d’une femme de goût, devant un verre ou en compagnie de ses amis. Avant de partir, elle n’avait pu s’empêcher de rattraper son erreur de tout à l’heure : non, ses parents ne l’avait offert à aucun homme pour le moment.
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Posté dans Re: Rencontre décisive   - Lun 6 Mai 2013 - 10:46


Mowiel & Amasyr


« Rencontre décisive »



Amasyr eut un léger sourire, entre amusement et un peu de nonchalance, un peu de tristesse. Il devinait son trouble, peut-être même une vague attirance dont elle ne connaissait rien, mais il y avait aussi réellement le désir de le repousser. Peut-être n'arriverait-il pas à ses fins pour une fois. Elle le planta là, après lui avoir lavé les oreilles d'un sérieux sermon. Il écarquilla les yeux en la regardant s'éloigner, puis avec un sourire torve, détala en courant. Il avait autre chose à faire, mais il reviendrait. Pas demain, ni après-demain. Avant de partir. Il reviendrait la voir.

Ses jours se passèrent rapidement. Il suivit sa proie, puis finit par utiliser son plan. Il connaissait à présent ses habitudes, mais celle d'avoir un sabre planté dans le thorax n'en était certes pas une. Néanmoins, le forban ne s'était pas attendu à ce qu'il se débatte. Blessé à l'épaule, Amasyr laissa son travail achevé et détala encore une fois. Il avait toujours été très bon pour la course. Mais il devait partir, à présent. Les veilleurs pourpres étaient sur sa piste. Il hésita : amener les gardes sur une piste en direction du maître de Mowiel serait-il une bonne idée ? Peut-être pas. Mais qui lui disait que ces chiens qui aboyaient si fort mais ne mordaient pas étaient derrière lui ? Ces limiers de bas étage le croyaient encore en ville. Le forban sourit, finit de panser son épaule, écrasa, essuya les derniers indices, puis partit en direction de Mowiel.

Elle l'intriguait. Il n'avait pas pu se résoudre à coucher avec une autre femme, à se payer un corps de rêve. Pourquoi donc ? Parce qu'elle l'obsédait. Ses paroles, sa façon de faire, de parler. Quelle étrange petit bout de femme ! Le jeune homme ressentait pour elle une attirance physique, mais pas uniquement : il voyait en elle couver un certain feu, une flamme qui était en train de se mourir dans le trou perdu où elle vivait.

Arrivé là où elle l'avait délaissé, il s'étala à l'ombre d'un arbre et soupira ; ouvrant sa gourde, il but une gorgée. Son épaule le lançait, et il remarqua une petite tâche rouge sombre qui pointait le bout de son nez sur son vêtement pâle couleur sable. Il serait bon à jeter.

« Viens à moi, Mowiel » fit-il d'une petite voix, comme une prière.

Il ne pourrait pas rester longtemps là. Si quelqu'un l'apercevait, il pourrait avoir des ennuis. Mais il resta là ; son égo l'empêchait de se l'avouer, mais il avait été blessé plus durement qu'il ne l'avait cru. Ses muscles n'avaient pas été touché, mais le sang qu'il perdait lui donnait le tournis. Il n'avait pas eu l'occasion de racheter un onguent contre les blessures ; quelle ironie ! Dans un grognement, il se cala plus confortablement contre le tronc noir et dur. Le soleil tapait déjà fort, et il sentit ses yeux d'or papillonner sous une pellicule de sueur. Qu'elle se dépêche, grands dieux, ou il ne la reverrait pas ! Il désirai de tout son coeur que la dernière image qu'il voit soit son visage. Content, tant qu'à faire.


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Posté dans Re: Rencontre décisive   - Mar 7 Mai 2013 - 2:37

Aujourd’hui, le Maître était en déplacement à Ofägar pour y rencontrer une puissante famille de Cultivateurs. Afin de préparer convenablement son retour, tous les domestiques étaient au travail, s’appliquant à organiser l’un des plus grands repas de tous les temps. Nombreux étaient ceux qui se demandaient comment un homme pouvait être aussi sûr de sa réussite, au point d’ordonner avant de signer. « La prétention » disaient certains. D’autres évoquaient plutôt la foi du Maître en Ruyn, qui devançait de celle de la majorité des Korruliens.

Comme à son habitude, Mowiel était chargée d’aller acheter tout ce dont les cuisinières avaient besoin : fruits, légumes, condiments et divers aromates. Mais aujourd’hui, plus souvent qu’à l’accoutumé, elles se rendaient compte assez tardivement qu’il leur manquait un élément primordial à la recette. Sans la moindre pitié, elles la renvoyaient sur le marché, ignorant l’effort que cela impliquait pour elle.
La jeune fille était au bord de l’épuisement. Ses pieds la faisaient souffrir et elle aspirait à se coucher prochainement, pour prendre quelques heures de repos. Consciente néanmoins que la journée ne s’achèvera qu’à l’aube du lendemain, elle était bien forcée de prendre sur elle et de continuer de se battre contre la fatigue. Mais plus Mowiel se montrait impatiente, plus le temps semblait se jouer d’elle.

Amasyr.
Elle le vit.
Allongé, une large tache de sang sur son vêtement.
Mort ?
Non, grâce à Ruyn, il respirait. Mal, mais il respirait.
Il était encore en vie mais sérieusement touché. Du sang ruisselait d’une blessure importante à l’épaule. Elle l’appela. Il la regarda mais ne sembla pas la reconnaître, à moins qu’il soit juste dans un état de semi-conscience. Mowiel le prit dans ses bras et lui parla, en le berçant comme un enfant, en essuyant le sang qui coulait le long de son bras. Elle avait souvent soigné les blessures de ses petits frères, mais jamais elle n’avait vu autant de sang de toute sa vie. La panique prit finalement le dessus et elle se mit à pleurer, en colère contre sa propre impuissance.

Elle fit appel à ses toutes dernières forces pour tirer le corps derrière l’arbre, afin qu’il soit à l’abri des regards indiscrets d’autres domestiques. Sans la moindre douceur, elle arracha un pan de ses jupons et banda la plaie, après lui avoir retiré son chemisier. Finalement, la blessure était peut-être plus impressionnante que réellement dangereuse. Le risque majeur restait qu’elle s’infecte et qu’Amasyr attrape une maladie incurable.

Le blessé était tout de même livide. Les hommes d’armes n’étaient décidément pas soucieux ! Que faisait-il ici, alors qu’il devrait déjà avoir réclamé le secours d’un Guérisseur d’Arish ? A défaut de posséder de quoi le payer, celui d’un Ostracisé ?

- Je vous avais dit de partir ! Que je n’avais pas de temps à vous accorder !

Elle serra les poings sur ses genoux, à la fois en colère et ravagée par la culpabilité.

- Ne me suis-je donc pas montrée assez convaincante ? cria-t-elle, au bord des larmes. N’écoutez-vous rien lorsque l’on vous parle ? Ce n’est pas ici que vous devriez être aujourd’hui, mais chez un Guérisseur de la ville ! La vie est trop précieuse et fragile pour la mettre en péril comme vous vous amusez à le faire !

Mettant un instant de côté son état, elle le gifla sans retenue.

- Ne dites rien qui puisse me déplaire, ou je vous en mets une deuxième ! Vous n’êtes qu’un morveux prompte aux caprices et j’espère que vous apprendrez un jour de vos erreurs !
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Posté dans Re: Rencontre décisive   - Mar 7 Mai 2013 - 2:58


Mowiel & Amasyr


« Rencontre décisive »



La chaleur avait fait fondre les défenses du forban, qui dormait à moitié, dans un semi-sommeil. Il voyait des tâches sombres dans sa vision, puis une silhouette. Il se sentit tracté, allongé par terre, puis on posa quelque chose sur sa blessure. Il eut un spasme, qui le réveilla à moitié. Mowiel. Son regard d'or pâle légèrement vitreux se posa sur elle alors qu'il feignait de n'avoir pas retrouvé sa conscience. Elle l'avait trouvé, et amené loin des regards. Est-ce qu'elle .... Elle pleurait ?! Non. Pas vraiment. Mais, pourquoi était-il torse nu ? Il voyait du coin de l'oeil sa peau pâle, et sa blessure, large mais finalement pas si profonde. Il écouta, toutes oreilles dehors, les remontrances de la demoiselle, puis la gifle arriva.

Wow.

Elle avait de la poigne la petite ! Amasyr se redressa alors, secouant la tête. Au moins, le coup lui avait remit les idées en places. Se haussant sur son séant sans faire attention à ses épaules qui rouvraient la blessure, il la toisa d'un regard curieux, appréciateur, un demi-sourire aux lèvres.

« Quelle poigne, petite. Tu vas m'en mettre une deuxième, alors ? Je ne crois pas. »

Amasyr lui attrapa les mains avec les siennes ; sa main droite était aussi grande que les deux de la demoiselle. Il se faisait l'effet d'un géant. Il tourna la tête et regarda son sang suinter de la blessure en un filet continue, puis eu un grognement. La chaleur combiné à l'infection pouvait lui être fatale. Il se signerait une fois retourné chez les forbans. L'idée de son départ le fit revenir sur terre ; il lâcha les mains de la demoiselle. Non, il ne pouvait pas faire ça. Il ne pouvait pas la laisser partir, rejoindre son maître. Il la désirait. Oui, il était un gamin.

« Ce n'est pas un peu de sang qui va me faire peur. Petite, je suis peut-être un gamin, mais j'ai déjà tué, et on a déjà essayé de me tuer. Mon corps couturé de cicatrices porte les stigmates de ma vie. Peu importe. Je suis dangereux, je te l'ai dis. Mais tu m'intrigues. Tu m'intéresse. Personne n'aurait osé me frapper. Personne n'aurait osé me menacer de m'en mettre une seconde, bien méritée. Je fais peur aux gens, et même si ils ont raison de me craindre, parfois c'est bon de se sentir remis à sa place.»

Il haussa les épaules et grimaça. La chaleur le couvrait d'une pellicule de sueur. Amasyr avait chaud, et bu une gorgée à ma gourde avant de se rappeler les bonnes manières et de la tendre à la demoiselle. D'un geste, il posa ma main sur le manche de ses armes, cachées dans ses pantalons bouffants, puis soupira. Il devait partir ; combien de temps était-il resté ainsi, inanimé sous cet arbre ? Il pressa le morceau de vêtement sur sa blessure, épongeant le sang, respirant l'odeur de la demoiselle, puis remit sa chemise.

« Les veilleurs pourpres en ont après moi. Je dois m'en aller. »

Sans dire un mot de plus, il se redressa d'un bond, agile comme un félin. Il était capable de monter un mur à mains nues, d'abattre un Styx d'où il portait son nom. Il était comme cette bête cruelle et féroce. Mais en cet instant, il s'addoucit. Il se pencha vers elle et lui vola un baiser qu'il jugea bien mérité. Un baiser pour une gifle ; avec ce genre de transaction, il voulait bien me faire tabasser par elle. D'un bond, il fut hors de son champ proche, esquivant donc un coup qu'elle lui aurait sûrement porté. Il s'inclina, lui sourit délicatement, un peu tristement.

« Je penserais souvent à toi. »

Amasyr préféra ne rien dire de plus. Les grands discours ne valaient rien, pour lui. Il hocha la tête, puis, d'un bond, disparut de nouveau. Sa course jusqu'au désert serait longue. Mais il avait à présent quelque chose en tête pour le motiver. Il voulait la revoir. Il voulait connaître encore la sensation de ses lèvres sur les siennes ; peut-être la prochaine fois la laisserait-il réagir, plutôt que de lui voler ce baiser. Un sourire fendit son visage alors qu'il pénétrait dans les grandes étendues de sable.


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Posté dans Re: Rencontre décisive   - Jeu 9 Mai 2013 - 4:35

Encore sous le choc du baiser volé, et malgré son tempérament irascible, Mowiel se sentait déstabilisée. Ce premier échange intime avait mis ses sens en émoi.
Mais elle ne voulait pas éprouver le genre d’espoir qui lui avait gonflé le cœur. Un baiser, voire même plusieurs, ne signifiait rien de concret. De même que la décision d’Amasyr de revenir la voir ici, après plusieurs jours sans donner la moindre nouvelle : il éprouvait peut-être juste le besoin de mieux connaître les territoires de Korrul, voilà tout. Mais, alors que sa raison répétait ces arguments en boucle, son cœur continuait de rêvasser et de lui faire revivre la sensation de ces lèvres brûlantes sur les siennes. Jamais elle n’avait éprouvé pareil trouble avec ses autres prétendants. C’était de la folie pure ! Car, au fond, Amasyr était tout sauf un compagnon avec lequel elle pouvait envisager de se marier ! Ne l’avait-il pas dit lui-même ? Les Veilleurs Pourpres en avaient après lui !

Au premier abord, cet homme n’était ni effrayant, ni dangereux. Mais les évènements l’avaient amenés à penser le contraire. C’était peut-être un bandit de grands chemins. Il finirait par répondre de ses actes en affrontant la terrible autorité des Veilleurs Pourpres. Justice serait rendue. Mais ce baiser volé prouvait qu’il était toujours en cavale, malgré le travail des hommes et femmes à sa recherche. Mowiel n’avait pas de quoi être fière d’elle : elle venait de tomber sous le charme d’un criminel, un Ostracisé ou peut-être même un Forban.
Impossible ! Un Forban l’aurait violé ou tué sans état d’âme ! Devait-elle le craindre désormais ?
Ne plus le revoir était la solution la plus adéquate.

Le banquet fut un véritable succès. Trois jours après, Mowiel fut chassée du Domaine, à cause de sa santé. Jamais plus elle ne mit les pieds sur les parcelles de la famille qu’elle avait servie pendant près de six ans. Jamais plus elle n’approcha du grand arbre sous lequel elle avait échangé son premier baiser.

Obsédée par sa survie et celle de sa famille, elle finit par oublier Amasyr au fil des années. Il devint un souvenir parmi tant d’autres, logé dans un coin de son esprit.

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Posté dans Re: Rencontre décisive   -

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