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Attente, désespoir, et choppes de bière

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Posté dans Attente, désespoir, et choppes de bière   - Jeu 2 Mai 2013 - 6:30

Comme toujours à Vanylle, il pleuvait. Ou plutôt : l'eau tombait du ciel on ne sait trop comment, se déversait dans les ruelles, remplissaient les caniveaux, et se transformait en une boue malodorante en se mélangeant aux détritus. Les roues du fauteuil de Charlie n'avaient pas fière allure, et en avoir conscience ne faisait qu'aggraver l'humeur déjà mauvaise du jeune homme. Voilà deux heures qu'il attendait à présent, posté près de la fenêtre de cette taverne, fixant les quais voisins avec l'énergie du désespoir. Après avoir rencontré les autres pirates du Pourfendeur des Vents, Charlie s'était tout naturellement inclus dans l'équipage. Les choses se déroulaient à merveille, jusqu'à ce que le capitaine ne le croise dans un couloir de la cale. Visiblement, personne ne l'avait averti que la nouvelle recrue était en fauteuil roulant. Quelques jours après cette rencontre, alors que Charlie se persuadait finalement que cela n'avait aucune importance, un des pirates l'avait averti que le capitaine désirait lui parler seul à seul. En soit, cela ne présageait pas forcément quelque-chose de mauvais, mais le jeune homme avait appris au fil du temps que les gens ne réagissaient pas tous de la même façon face à son handicap. Certains ressentaient de la pitié, d'autres continuaient à faire comme si de rien n'était, et d'autres encore rejetaient tout ça comme on chasse un animal errant. Le problème, c'était qu'on ne pouvait pas vraiment deviner à l'avance quelle serait la réaction des gens. Charlie redoutait que le capitaine n'entre dans la dernière catégorie et ne le chasse de son équipage. Car ensuite, où irait-il alors ?

Poussant un soupir, le jeune homme se passa une main dans les cheveux, et jetant un regard amer à la cheminée. Le feu pestait et brûlait fort à l'intérieur, crachant de temps à autre une gerbe de flammèches lorsque le bois encore humide s'enflammait tout à coup. Il regretta de ne pas s'être assis plus près de l'âtre, mais là-bas il n'aurait pu guetter par la fenêtre. L'air froid et mordant filtrait à travers les interstices mal bouchés des carreaux. Charlie resserra les pans de sa veste sur son torse. Il jeta un coup d'oeil à sa montre à gousset : deux heures quinze de retard, à présent. Certes, les hommes influents pouvaient se payer le luxe de se faire attendre, mais s'il l'avait oublié ? Ou pire : s'il l'avait éloigné du statioport pendant que le bateau mettait les voiles ? Avec inquiétude, il se redressa sur ses jambes pour tenter d'apercevoir le navire. Toutefois, la douleur familière lui vrilla la cuisse, le forçant à se rassoir.
Charlie en était à pianoter sur la table d'un air impatient, lorsque la porte s'ouvrit à la volée, permettant aux bourrasques d'envahir momentanément la salle. Le jeune homme reconnut la silhouette colossale de son capitaine, et fit l'effort de se redresser, s'appuyant à moitié sur la table pour soulager sa jambe. S'il devait prouver à son supérieur que non, il n'était pas un infirme incapable de quoique ce soit, il était prêt à souffrir un peu. Tout plutôt que de retourner à l'oubli. La vision de l'homme le rasséréna en même temps qu'elle ne fit qu'accroître son angoisse. Il se sentait comme un jeune matroscien sur le point de passer un examen important, avec le regard de son précepteur posé sur sa nuque, comme un oiseau de proie attendant que le rongeur ait fini de se débattre. Malgré ça, il s'efforça de conserver un ton assuré :

" Capitaine, fit Charlie en l'accueillant. Je nous ai commandé à boire. "

Il fit signe à la serveuse pour que celle-ci leur apporte l'alcool qu'il avait commandé un peu plus tôt. Cela ne faisait guère longtemps qu'il côtoyait des pirates, aussi ses manières étaient-elles un peu hésitantes. Fallait-il rire grassement, échanger quelques blagues ribaudes ? Une fois les deux choppes de bière arrivées devant eux, et qu'ils se fussent assis, Charlie reprit la parole :

" Bon, et bien... vous devez savoir que je ne suis pas un infirme. Je veux dire : d'accord, c'est vrai, je ne marche pas souvent, souvenir d'un accident lorsque j'étais tout gamin. Mais je peux me rendre utile autrement, vous savez. Je..."

Subitement, il se tu. Peut-être n'était-ce pas à son tour de parler. Alors il baissa les yeux dans sa choppe et ne dit plus rien.
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Posté dans Re: Attente, désespoir, et choppes de bière   - Jeu 2 Mai 2013 - 8:17

La pluie incessante ne semblait pas le gêner. Voilà deux heures que Sorcor se baladait au marché de Vanylle, achetant des petites choses par ci par là. Dans le sac qu'il transportait il y avait des vis, des mécanismes, des morceaux de ferraille et quelques outils. Tout ce qu'il fallait pour bricoler. Le Terrible avait rendez vous avec l'une de ses nouvelles recrues. Il l'avait croisé il y a deux jours sur son vaisseau et on avait oublié de lui préciser un détail, il était en fauteuil roulant. Une expérience surement terrible pour Charlie car le Capitaine avait gueulé tellement fort que tout l'équipage avait dû l'entendre ! " Qui à laisser trainer un infirme dans le vaisseau ?!? ". Puis il s'était empressé de trouver son Second. Ce qui avait donné lieu à ce tête à tête. En retard ? Sorcor ne vivait pas avec une montre, il n'avait aucune idée de l'heure qu'il pouvait être et ne pouvait jamais se repérer en fonction du soleil, celui ci étant toujours absent.
La porte du Goéland s'ouvrit et le Capitaine, trempé jusqu'à l'os s'engouffra dans la bâtisse et la referma derrière lui. L'homme aperçut très rapidement Charlie car celui ci s'était levé. Cependant, il dût s'arrêter par deux fois avant de pouvoir le rejoindre. La première fois fut à cause de la propriétaire des lieux, car ce n'est pas la première fois que Sorcor mettait les pieds ici et la deuxième fois fut à cause de Lucienne qui depuis la balustrade avait échangé quelques mots. Le Capitaine était un habitué. Puis enfin il arriva à la table de Charlie qui semblait assez nerveux. Le Terrible avait juste eut besoin de dévisager celui ci pour faire cesser le flot de paroles qui était sortis de sa bouche. Sorcor vida dans un premier temps son sac sur la table, et dans un second temps s'empara des deux boissons.


" J'imagine que tu dois être limité en langues, n'est pas ? "

Quelques secondes, pour voir s'il comprenait, puis il reprit :

" A vrai dire ton histoire d'estropié j'm'en tamponne l'oreille avec une babouche. "

Le Capitaine recommença le même petit jeu.

" Tu connais du monde dans le coin ?

Puis, après avoir fait la rapide liste de ce que pouvait comprendre Charlie au niveau linguistique, il décida de lui expliquer la raison d'un tel bordel sur la table :

" Pour faire simple, surprends moi. "

Son Second lui avait parlé du "talent" de Charlie, Sorcor voulait le voir à l'oeuvre... Charlie n'avait visiblement pas la contrainte du temps, mais le capitaine avait qu'en même prévue de vider les deux choppes...
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Posté dans Re: Attente, désespoir, et choppes de bière   - Mer 8 Mai 2013 - 3:20

Le capitaine s'était assis en face de lui, chargé d'un sac débordant de choses qui cliquetaient en s'entrechoquant. Charlie crut reconnaître la forme d'un engrenage et d'un mécanisme, ce qui attira son attention. Sans y prendre garde, il oublia un peu le capitaine, qui commençait pourtant à parler.
Un test linguistique ? Ce n'était pas vraiment ce à quoi il s'attendait. Légèrement décontenancé, Charlie écouta son supérieur déblatérer deux fois dans des langues inconnues, jusqu'à reconnaître les intonations familières du Vanyllien et du Joyellien. Décidant que, quitte à se ridiculiser, mieux valait ne pas se démonter, il répondit :

Vanylle n'a pas beaucoup changé depuis mon départ. Les mêmes personnes sont toujours là, à la même place, comme si le temps s'était arrêté. Je connais le cordonnier dans la rue à la statue, deux ou trois personnes qui trafiquent des choses en cachette -comme tout le monde ici, me direz-vous-... je connais les bonnes comme les mauvaises personnes. En revanche, navré de vous décevoir, je ne parle ni le matroscien ni le korrulien. Rares sont ceux qui le peuvent sans avoir pu voyager, de toute manière.

Il ignorait s'il avait dépassé les bornes. Il n'avait pas encore l'habitude de parler avec déférence à un supérieur hiérarchique, tout simplement car il n'en avait jamais eu. Néanmoins, il décida à nouveau de ne pas baisser les bras : le capitaine souhait peut-être simplement se faire une idée sur sa valeur.
"Surprends-moi", avait-il dit. Presque sans hésiter, Charlie se pencha sur le sac à ses pieds :

Je peux ?

Il commença à fouiller à l'intérieur du sac sans attendre la réponse de son patron. Rapidement, il posa quelques objets sur la table, et les fixa sans bouger, réfléchissant intensément. Il n'entendait plus le brouhaha de la taverne, et ne sentait pas le regard du capitaine posé sur lui. Au bout de quelques secondes, il commença à bouger les mains, tirant de la sacoche de cuir accrochée à son fauteuil un tournevis,u ne cisaille et un peu de poudre. Charlie assembla des pièces, en sépara d'autres, et au terme de cinq ou six minutes, un objet étrange se tenait sur la table devant lui. Il s'agissait d'une espèce de petite boîte de cuivre, relié à sa montre à gousset via des engrenages et câbles compliqués, qu'il tenait dans sa main. Il commença à compter à voix haute :

Trois, deux, un...

La poudre présente dans la boîte explosa brutalement lorsque le briquet dégagea une flammèche. Il y eut une fumée âcre, qui piquait les yeux, et Charlie ouvrit précipitamment la fenêtre pour qu'elle s'échappe à l'extérieur. La tavernière lui jeta un regard sombre mais ne fit commentaire : probablement avait-elle déjà vu pire dans son établissement. Il balaya du revers de la main les débris qui encombraient la table, et remarqua en toussotant, gêné, qu'une marque de brûlure noire marquait le bois.

Excusez-moi pour la fumée, je n'ai pas encore trouvé le moyen de la supprimer. Désolé aussi pour le temps que j'ai mis, d'ordinaire je suis plus rapide. Mes doigts étaient gourds à cause du froid.

Il détourna les yeux, mortifié. Cinq minute pour monter un mécanisme aussi enfantin ! Quelle honte. Il appuya son dos contre le dossier de son fauteuil en priant pour que cela passe quand même. Il n'allait tout de même pas rater cet entretien d'embauche à cause d'une petite bombe ?
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Posté dans Re: Attente, désespoir, et choppes de bière   - Dim 12 Mai 2013 - 16:53

Si Charlie ne parlait pas le matroscien ni le korrulien, en revanche Sorcor découvrit que celui ci semblait maitrisé le vanylien, ce qui ne restait pas commun. Ce premier test lui permettait de savoir ce qu'il pouvait cacher aux oreilles de Charlie en utilisant une langue qui lui serait inconnu. Se calant un peu mieux sur sa chaise, il s'enfila d'une traite la première boisson. Pour le reste, il ne lâcha pas l'homme des yeux, comme si il essayait d'acquérir ce savoir technique juste par la vision... La présence de la poudre lui avait indiquait à l'avant qu'il y aurait un risque d'explosion. Et ce fut le cas. Si quelques uns sursautèrent dans la taverne, Sorcor, lui, n'avait pas bougé d'un cil. Alors, surpris ? Peut être, mais en tout cas cela ne se voyait pas sur son visage. Le Capitaine pensait voir quelque chose de plus orignal mais en revanche la rapidité d’exécution et la précision de Charlie jouait en sa faveur.

" Bon, c'est pas trop mal. Allons y. "

Sorcor n'avait pas précisé la destination et ne comptait pas le faire. Quoi qu'il en soit, le pirate avait invité Charlie à le suivre et ils quittèrent la taverne.

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Posté dans Re: Attente, désespoir, et choppes de bière   -

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