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Toujours être soi-même.

Invité

On m'appelle Invité

Posté dans Toujours être soi-même.   - Jeu 16 Mai 2013 - 16:23




"... et en un seul morceau !"

"Qu'est-ce que tu racontes ?"

"Non, je disais, on arrive bientôt."

"Oh..."

Le groupe de trois compères approchait de leur destination. Après plusieurs jours de voyage, Salem, Josh et Hobald allaient enfin pouvoir trouver le repos bien mérité. Cherchant à Penjoie ce qu'ils n'eurent pas trouver ailleurs. Un peu de calme et de sérénité. Salem, alors âgé de 31 ans était l'aîné de Josh qui lui n'avait que 24 ans. Toujours accompagnés de leur plus fidèle ami d'infortune, Hobald. Un vieux con aigri par la temps qui s'était fortement attaché aux deux lascars. Lui approchait de la cinquantaine.
Baroudeur, il apprenait aux deux frangins à survivre depuis plus de 10 ans maintenant. Ils s'étaient rencontrés. Et depuis, jamais ne s'étaient quittés. Oh, il y'eut bien querelles de nombreuses fois, surtout pour des questions d'argent ou de croupion, mais jamais ils ne restèrent fâchés. Ensemble, rien ne semblait pouvoir les stopper. Oh, non pas qu'ils avaient des ambitions, mais la chance semblait les accompagner.

Salem veillait sur son frère depuis leur plus tendre enfance. Ayant quitté le bercail très tôt à cause de parents peu soignés et surtout très aclolisés, l'aîné prit la responsabilité de donner à son frère et à lui-même une vie meilleure. Une vie prospère. Mais ce fut l'inverse. Vivant de petits larcins, de jobs sans intérêts, ils vivaient au jour le jour.
Puis ils ont rencontré le vieux Hobald, qui n'était pas si veux que ça à l'époque, qui vit en eux ce potentiel... Cette bonté d'âme qu'il n'avait jamais croisé auparavant. Tous avaient connus la pauvreté. Hobald, lui, était du genre à passer du mauvais coté. Ayant été même forban, fut un temps. Il réussit à se faire passer pour mort. Hobald n'est pas son vrai nom à vrai dire.
Ils avaient presque une vie de vagabonds, mais au final, ils se voyaient plus comme des aventuriers. Ils aidaient ceux qu'ils rencontraient, rendaient services, vendaient des plantes et des peaux d'animaux divers... Bref.

Une vie de balais à chiotte quoi.

Ces trois voyous marchaient dans le désert depuis plusieurs jours. Venant à cours d'eau, il était temps qu'ils arrivent enfin à Penjoie. Hobald fit un signe aux deux frères. Il se stoppa net. Les deux garçons se fixèrent lentement, puis jetèrent un regard interrogateur à droite et à gauche. Rien. Il n'y avait pas un bruit, si ce n'est le vent qui battait doucement les grains de sable.

"J'ai entendu quelque chose." Dit-il alors sèchement le vieux à ses camarades d'infortune.

"Qu'as-tu entendu Ho' " ? Demanda alors le plus jeune d'entre eux. Le plus âgé ne répondit pas de suite. Il leur fit signe de se taire. Il se sentait épié, observé. Il ne savait par qui. Ou même par quoi. Mais il ne se savait pas seul. Bon, déjà parce qu'ils étaient trois, mais vous m'avez compris. Arrêtez de m'interrompre, sinon on y arrivera jamais. Bon.

"Reprenons. Nous verrons bien..." Dit-il doucement alors. Les deux frères se fixèrent de nouveau. Haussant les épaules. Ils durent se dire que le vieux avait pris un coup de chaud. Ou qu'il devenait parano et qu'il faudrait s'en débarrasser. Enfin, ce ne sont que des suppositions.
Ils se remirent en route. Penjoie toujours en vue. A peine à quelques kilomètres de là.
Salem passa un bref coup d'oeil par dessus son épaule. Il aperçu une cavité grotesque, difforme, à plusieurs kilomètres de là. Une grotte dans une protubérance montagneuse, à l'abri des regards indiscrets, qu'il n'aperçu que par un éclat étrange qui lui tapait dans les yeux. Comme si quelque chose luisait au soleil.

"Hé les mecs. Y'a un truc qui brille dans le sable."

"Pardon ?" Demanda le plus jeune à son frère.

"Laissez tomber..." Dit alors le vieux sur un ton exaspéré. "On perd du temps, on est bientôt à Penjoie. On reviendra ici après avoir bu un..."

"Non non non." Répondit Salem en coupant Hobald au passage. "Je suis persuadé de voir quelque chose. On n'est plus à quelques mètres, si ? Je suis sûr que c'est la providence qui nous envoie ce cadeau." A peine eut-il fini son discours aberrant qu'il se mit en marche vers ce petit truc luisant faiblement dans le sable. Suivit de près par son frère, collant toujours son aîné de peur de le perdre de vue ne serait-ce qu'une seconde. Il avait une foi aveugle en lui et il l'aurait suivit jusqu'au bout du monde. Oui.
Fronçant les sourcils, le vieux aurait aimé leur foutre un coup de pied au cul.

Salem faisait des bonds de plusieurs mètres. Il ne courait plus. Il volait littéralement. La curiosité le gagnait peu à peu. L'excitation et la curiosité le poussaient à courir vers son destin. Son frère accéléra la cadence, suivit de près par le vieux. Tout s'enchaîna si vite. Peut-être allaient-ils être déçu par leur découverte, mais depuis bien longtemps ils n'avaient pas eu la joie de découvrir quelque chose. Une simple pièce, un trésor enfouit rejaillissant du sol ou des emmerdes ?

Salem bondit alors, genoux au sol, glissant sur le sable sur plusieurs mètres et atteint alors l'objectif tant convoité. Hobald à une dizaine de mètres derrière lui, tira sur l'habit de Josh, le faisant tomber sur le dos. Dans un léger éclat de rire. Puis Hobald fit un pas.
Un pas de trop. Là, figé dans le sable, Salem l'eut évité, par chance. Si il n'avait pas fait tomber le plus jeune, cela n'aurait pas été pour lui. Mais la providence. La providence est parfois cruelle.
Ce petit *tic* significatif, le vieux le connaissait. Il l'avait déjà entendu. Il en avait entendu parler. C'est le bruit que l'on entend. Le bruit que l'on entend avant de devenir cul-de-jatte. Dans son esprit, il se souvint de toutes ces histoires. Ces histoires que le sable du désert arrache les membres des Hommes. Forbans. Femmes. Enfants. Marchands, mendiants, nobles. Le désert ne se contentait pas d'assécher, ni de faire perdre l'esprit, de créer des illusions, de tromper. Non. Ce sable déchirait la chair et faisait disparaître les os.
Une rondelle de métal. Cachée dans le sable.

L'explosion retentit. Josh, figé par l'effroi, assistait à la scène en première loge. Le souffle le bouscula même et cela le fixa au sol. Ces millièmes de secondes étaient comme... Figées dans le temps. Ce petit bruit, le sable qui volait. Et son ami, bousculé par une déflagration. Elle n'était pas impressionnante. Le son dégagé par l'engin explosif suffit pourtant à lui vriller les tympans et un bruit strident sifflait dans ses oreilles. Pendant que le corps d'Hobald virevoltait avec le sable du désert. L'explosion n'avait fait que lui retirer sa guibole droite et une partie de la gauche. Ce sont plus les éclats qui causaient de lourds dommages. Ils déchiraient et pénétraient dans la peau de manière totalement aléatoire. Pour peu qu'on ne meurt pas sur le coup, comme ce fut le cas pour le vieil homme, on meurt d’hémorragies diverses causées par ces morceaux de métaux logées dans votre carcasse fumante. Josh, les mains au sol était... Paralysé. Son frère se retourna alors. Il était aussi pris de stupeur. Puis, dans un éclair de génie il dirigea son bras en direction de son frère.

"NE BOUGE P..." N'eut-il pas le temps de finir.

Cette lueur se souleva alors. Au soleil, ce petit éclat n'était autre qu'une lame. Une lame, dont le reflet n'était visible que par les rayons du soleil. Cette lame, surgit du sol, accompagnée un zigoto totalement recouvert de vêtements déchirés, amples et crasseux. Cette lame s'abattit sur la gorge d'un malheureux qui crut trouver un trésor, mais ne trouva que la mort. Un coup brutal et sale, alors que le jeune homme, à genoux, tournait le dos à son agresseur pour prévenir son frère du danger, pour lui dire de ne plus bouger. Mais qui s'était condamné par la même occasion. Le vil bandit venait de lui planter un couteau dans la trachée. Devant les yeux de son propre jeune frère.
Edstraz sortit alors complètement de sa cachette du déserte, repoussant rapidement le corps sans vie de Salem. Sans même prendre le temps de se mettre pleinement sur pieds, il bondit sur le plus jeune qui était toujours assommé par le spectacles. Marchant même sur les restes calcinés des jambes du vieux Hobald, le dément atteint sa dernière proie, faible et sans défense. Ce n'est, qu'armé de ses poings, qu'il abattait alors une fureur et une folie destructrice, défigurant à la force de ses poings le visage du jeune homme qui n'eut pas la présence d'esprit de se défendre autrement qu'en mettant ses bras devant sa tête. Défense qui se baissa rapidement sous l'assaut incessant d'un enragé encagoulé.
Son sang éclaboussa le sable. Et il n'y eut plus un bruit.

Il s'essuya alors les mains sur les vêtements du plus jeune et entama le pourquoi de tout ce déchaînement de violence... L'ARGENT !
Il fit les poches de chacun, méticuleusement. Cherchant des compartiments secrets, même dans les sous-vêtements. Mais rien. Pas un rond. Nacash. Que dalle. Tout ça pour rien.
L'homme reprenait alors son souffle, avant de mettre, de rage, un coup de pied dans le visage d'Hobald. Il croisa les bras, frustré par cette récompense inexistante. Le Korrulien pesa alors le pour et le contre. Le pour, c'est que ça mettait de l'animation dans sa vie. Le contre. C'est qu'il n'avait plus d'explosif du tout. C'était fini. La crise. Plus rien. Plus de poudre, plus de soufre. Plus de mèches. Plus rien du tout. Obligé de finir à l'arme blanche et au poing. C'en devenait vulgaire. Sa réputation allait en pâtir. Aussi, valait-il mieux faire disparaître ce menu fretin rapidement et mettre ça sur le compte des Forbans. Ne pas revendiquer ses crimes, parfois c'est nécessaire. Et ça fait peine au coeur, croyez-moi sur parole.

Puis... Son oreille attentive de mec sourd d'oreille servit à quelque chose. Il entendait des bruits de pas. Son couteau était un peu loin. Il aurait du mal à le dissimuler à temps si on venait ici. Que faire ? Vite... Prit d'une certaine panique, il lui vint une idée. Il mit alors ses mains autour du visage du jeune homme qu'il venait de détruire à coups de poings et s'écria :

"Allez mon vieux, vous allez vous en sortir ! Parlez-moi ! Allez ! Tenez bon !"

Puis il se mit à feinter quelques gestes grotesques de premier secours. Lui appuyant sur la poitrine, pour tenter de le réanimer. Pour peu que ce soit efficace, il devrait lui redéfoncer le crâne. Ce qui serait fâcheux. Il n'aime pas le travail bâclé. Il espérait même qu'on le trouve, à présent. Que quelqu'un de fortuné passe par là, seul et désarmé. Qu'il puisse lui planter ses ongles dans les yeux avant de l'étouffer avec du sable.
Maintenant... Il n'y avait plus qu'à prier. Que ce ne soit pas un forban. Qui viendrait immédiatement le planter...

Edstraz venait de mettre fin, en quelques instants, à trois vies dont personne ne se souciait. Que personne ne viendrait réclamer ou pleurer. Sans familles et, au final, sans histoires, il les planquerait dans un fossé, comme bon nombres de disparus. Au final, tuer ces trois personnes, désarmées et auxquelles le destine souriait habituellement, n'avait rien apporter. Jamais les autorités ne tiendront rigueur de ce crime à qui que ce soit. Simplement car on ne les retrouvera pas. Ils n'avaient ni rendez-vous, ni réservation. Le vieux n'avait plus de nom depuis longtemps. Les deux jeunes garçons s'étaient évaporés dans la nature et leurs parents ne les avaient jamais fait recherchés. Ils n'avaient pas d'habitation. Pas d'autres amis.
Ces gens venaient de trépasser, seuls, dans le désert. Au final ils étaient morts comme ils avaient vécus.

Et le plus beau dans tout ça.

C'est qu'on s'en fout.
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Bourgeois

On m'appelle Venycia Howk


Infos Personnage
RANG: Thélador Gotruscos, Elior Gotruscos, Solomon Valyssar, Varen Shei'Arcath, Coco du Rico, Jack Belfort, Delian Howk, Errol Parhelion (Moda l'Imposteur), Nodin Kellen (Günel), Miobë Shei'Arcath, Talis Hadmas, Neylie Valyssar, Hiempsal Saule, Ebenezer Eisenheim
VILLE & APPARTENANCE : Vuulte ● Famille Marchande Gotruscos / Famille Bourgeoise Howk
MON AGE : 18 printemps.
Féminin
MESSAGES : 378
AGE : 26
INSCRIT LE : 13/04/2013
PSEUDO HABITUEL : Kathy
Joyaux : 1356
http://www.ile-joyaux.com/t1523-cher-journal http://www.ile-joyaux.com/t1507-venycia-howk-gotruscos
Posté dans Re: Toujours être soi-même.   - Ven 17 Mai 2013 - 13:42

Une fois de plus, Venycia Gotruscos, première du nom et espérons dernière, se demandait ce qu'elle venait faire là. A juste titre, me direz-vous. Elle était ce jour-là habillée comme une parfaite petite Marchande : robe à manches longues, dont la partie inférieure traînait jusque par terre, et un corset bien serré par dessus. Mais en quoi est-ce important ?

En ce fait que Venycia, cette chanceuse, se trouvait au milieu du désert de Korrul. Et elle n'appréciait pas tellement.

La jeune fille était en effet plus que grognon. Sa famille avait rendu visite à d'anciens amis, les Desnolancès, pour tenter de renouer des liens commerciaux, qui avaient été rompus pour cause de dettes. Les Gotruscos avaient remboursé les Cultivateurs par le don singulier d'un enfant, le cousin Thélador, et avaient réussi à résorber plus ou moins complètement leurs autres créances. Néanmoins, comme l'on peut s'en douter, ce dernier voyage à Korrul était en pure perte. Ektor, le père de Venycia, avait été reçu chez les Desnolancès la veille, et le refus avait été net. Ils n'avaient même pas vu Thélador, et avaient été prévenus que ce dernier ne serait pas avisé de leur visite, « pour ne pas le perturber ». Mouais.

Alors tant qu'à faire de se trouver à Penjoie pour des queues de pelles, Ektor avait décrété que leur but serait de ramener le plus possible de plantes Korruliennes, pour remplir un peu les serres familiales. C'était ainsi que Venycia, quinze ans alors, se retrouvait à cueillir des fleurs dans un stupide désert, avec une ombrelle bien inutile au dessus de sa tête. Non seulement elle suait comme il ne sied point à une damoiselle, mais son décolleté, plus grand que celui de la veille, arborait une énorme tache rouge : elle était rousse, et avait eu le malheur de vouloir profiter du soleil. Aussi, par endroits, sa peau avait pris une couleur proche de celle de ses cheveux. On était loin de son élégance habituelle. Et en plus, elle était fatiguée. Ces barbares de Korruliens avaient apparemment l'habitude de faire des feux d'artifice à toute heure du jour ou de la nuit -ce qui était en soi idiot, qui peut voir un feu d'artifice à midi? - et elle avait passé la nuit à ronchonner, la tête sous son oreiller pour étouffer le bruit des explosions. Une vraie ville de cinglés, Penjoie. Elle était bien contente de repartir bientôt. Vuulte, ville magnifique s'il en est, lui manquait cruellement. Peut-être pas autant que son bordel, mais soit.

Revenant au moment présent, Venycia se pencha pour cueillir une fleur. La récolte du jour concernait la « Belle des Amants », une plante aphrodisiaque. Oh, bien sûr, ses parents ne lui avaient pas directement précisé l'utilisation, mais rien que le nom suffisait, pour qui était suffisamment précoce. La fleur rejoignit les autres dans le petit panier accroché au manche recourbé de l'ombrelle. Ils étaient, ses parents, son frère Elior et elle, sur une partie rocheuse du désert, tous occupés à ramasser leur butin. Parlez donc de Marchands respectables. C'est alors que Veny eut l'idée : pourquoi ne pas tenter directement de prendre un plant avec ses racines, au lieu de s'amuser plus tard à repiquer des fleurs coupées ? Quel éclair de génie.

La jeune fille regarda autour d'elle, et finit par repérer l'endroit où la plateforme rocheuse rejoignait véritablement le désert de sable. Un peu loin, mais si elle parvenait à prélever une Belle des Amants entière, pour une fois, Père et Mère feraient ses louanges, pas celles d'Elior. Satané petit frère. Elle avait presque eu assez de cran pour le balancer par dessus le bord de la Vivenef. Presque.

Elle s'éloigna en douce pour aller voir s'il n'y avait pas de fleurs dans le sable plus maléable. Et il s'avéra que oui, la Belle des Amants poussait aussi dans le sable. Yay. Néanmoins, elle y poussait de manière moins dense, tous les vingt mètres environ. Lorsque Venycia eut arraché la première, elle se dit que, tous comptes faits, en avoir plusieurs était bien aussi. Elle cueillit la suivante. Et la suivante. Et la suivante. Et la suivante. Et la suivante.

Dans le lointain, un autre feu d'artifice retentit. Parce qu'apparemment, ces arriérés aimaient tellement ça, qu'ils le faisaient en plein désert aussi. En plein jour. Pour la peine, elle en parlerait à l'artificier de Vuulte, juste pour voir. Bien que le bruit violent l'ait fait sursauter, elle finit l'extraction de sa plante avant de lever les yeux. Une chose à la fois.

Et lorsqu'elle finit par regarder autre chose que la fleur, elle la vit. A cinquante centimètres d'elle à peu près, sur le sable. Une chaussure, une sandale rustique.

Avec un pied dedans, juste un pied.

Des feux d'artifice, disions-nous ?

Elle se redressa précipitamment pour s'écarter du morceau d'humain devant elle, incapable d'émettre le moindre son. Quand elle sortit de sa tétanie et qu'elle fut capable de lever les yeux, un long moment plus tard, elle aperçut bien plus loin le carnage sur lequel était penché un homme qui s'époumonait, penché sur un blessé. Qu'est-ce que c'était donc que cette scène ? Veny s'approcha, pour voir ce dont il retournait, et surtout pour réduire la distance entre elle et l'humain entier le plus proche, tout Korrulien qu'il ait l'air.

Quoique, maintenant qu'elle le voyait d'un peu plus près... Il avait un espèce de truc autour de la tête. Hm. Preuve une fois de plus que l'esprit s'attache à des détails insignifiants lorsque la situation est horrible, Venycia se fit la réflexion qu'une cagoule, c'était vachement bien. Contre le sable, le soleil, tout ça. Elle maudit une fois de plus les finances de ses parents qui l'avaient empêchée d'acheter des vêtements appropriés au voyage. S'il y avait une prochaine fois, elle se procurerait une cagoule, voilà. Ce serait plus efficace et moins encombrant qu'une ombrelle, et si ça tombe elle lancerait une mode chez les filles de Marchands qui se rendaient à Korrul.

Sur ces divagations vestimentaires, elle était arrivée à côté de l'inconnu, qui s'efforçait visiblement de maintenir quelqu'un en vie. Brave gars, vraiment. La demoiselle hésita un instant à lui prêter main forte, mais non, en fait pas. Il n'avait pas la tête de quelqu'un qui s'en sortirait sans un maestre ou un guérisseur, et ce désert n'avait pas la tête à regorger ni de l'un ni de l'autre. Du coup, pourquoi salir sa robe ?

... Oui, l'état de choc était costaud.

« Par Vama... Que s'est-il passé ici ? », commença-t-elle en matroscien, avant de se souvenir que ce n'était pas l'idiome du coin. Elle farfouilla dans le fond de son panier à fleurs, pour en sortir un minuscule ouvrage relié, qu'elle feuilleta frénétiquement. C'était un genre de guide de la langue Korrulienne pour les touristes, et elle en avait bien besoin. Après quelques instants plantée là comme une cruche avec son bouquin, elle finit par avoir les quelques mots qu'elle devait aligner :

« Quoi passé ici ? Votre amis ? Avoir-vous secours appelé ?  Aide ? Ma famille près ! »

Quand on disait que sa maîtrise du Korrulien était rudimentaire, c'était vraiment ça. Le tout était accompagné des gesticulations frénétiques sensées appuyer le propos. C'était pas gagné, cette histoire.
Invité

On m'appelle Invité

Posté dans Re: Toujours être soi-même.   - Dim 19 Mai 2013 - 14:51

Et puis, comme on dit. Perdre un parent, c'est une tragédie. En perdre deux, c'est de la négligence.

Puis au final c'est ça aujourd'hui. Les gens se négligent. On néglige tout. Les bonnes manières, les valeurs, les principes, l'orthographe, les mots, les paroles, les allusions, les périphrases, les métaphores. L'esprit, la culture.
Mais heureusement, tout ceci est rattrapé par l'artisanat. La façonnage à la main, oui m'dame. Des ouvriers, des lutteurs du quotidien. Des gens qui bossent dur pour survivre dans un monde hostile et impitoyable. Oui madame, des gens qui fabriquent, qui construisent, à l'aide de leurs mains et au mépris de leur sueur qu'on ne compte plus en litres mais en galons. Au mépris de leur vie et accessoirement de celle des autres pour mener à bien la tâche que le tout puissant nous a confié. Se sentir investit d'une mission sacrée, devenir zélé. Se détacher de la masse à défaut de détacher les pièces d'un corps entier. Se sentir différent, l'être et bien entendu le rester.

Tout ça pour dire que, il suffit qu'on pose deux ou trois petits engins explosifs et on vous prend pour un cinglé. Au final, vous ne faites que ce que vous savez faire. Et voilà que pleut critiques et jugements hâtifs d'ignorants et de pignoufs. C'est attristant (A défaut d'être à Iseult) (Oui, c'est un calembour) de voir qu'avec l'originalité vient le mépris. Mais au final, tout ceci n'a que peu d'importance.

Edstraz dévisagea cette personne un bref instant. Il aurait pu la tuer. La déchiqueter. La casser en deux. En faire du composte. Lui pourfendre le visage en deux, lui latter le groin, lui désosser la mâchoire à mains nues, lui refaire le portrait, lui briser les omoplates, se faire un banjo avec sa colonne vertébrale et se repaître de ses entrailles. Mais au final, pourquoi déployer tant d'efforts pour une créature si faible et si misérable qui viendrait sans doute à mourir d'elle même en se fracturant lamentablement le gros orteil droit sur un cailloux. Ce qui lui provoquerait des lésions et des séquelles irréversibles et déclencheraient des hémorragies partout dans son petit corps meurtris par la douleur et le drame qui l'envahirait. Puis elle mourrait comme elle a vécu. Comme une loque.
Aussi, il était tiraillé. Mettre fin à son existence puérile et sans importance lui rendrait service au final. Mais en même temps, se fatiguer pour supprimer cette "chose" de sa belle mer de sable serait presque insultant. Puis le couteau était trop loin de toute façon.
Et puis, contrairement aux idées reçues, les hommes simulent très bien aussi.

"Mes amis ? Non." Dit-il en gloussant légèrement d'un air hautain et dédaigneux. "Si vous saviez mon enfant."

Il se releva de sa positon et pris délicatement le petit ouvrage logé entre les mains de son interlocutrice. Ne lui laissant bien évidemment pas le choix. Il resta vif dans son geste et ne lui laissa pas le temps de le rattraper.

"Sans cette chose, vous ne comprendrez rien à ce que je raconte, n'est-ce pas ?" Dit-il en se raclant légèrement la gorge. Sa toux chronique revenait ua galop. Il entama alors une petite marche gracile autour de la demoiselle. Son regard se portait sur l'ouvrage qu'il feuilletait fébrilement. Il ne lisait absolument pas le contenu, mais il mimait l'absorption par le papier. "Vous ne comprendrez alors pas que j'ai d'abords feinté ces trois pantins en me cachant dans le sable pendant des heures, les ayant aperçus s'approchant de la ville, dont vous venez très certainement vu votre accoutrement grotesque et inadapté. Je me suis donc, comme je viens de vous le dire, mais vous ne pouvez me comprendre puisque j'ai la chose qui vous permets de traduire mes paroles au fur et à mesure de ce que je raconte entre les mains." Sa toux le coupa à cet instant, mais il reprit rapidement après s'être de nouveau raclé la gorge. "Je disais donc, que je me suis caché dans le sable en les attendant. Voyant qu'ils s'éloignaient de ma position, j'eusse décidé de faire briller la lame de mon arme blanche pour attirer leur attention. Vu leur dégaine, ils n'étaient sans doute que des mendiants ou des gens de basses extractions. Je ne me suis pas trompé." Puis il s'interrompit et se stoppa devant la demoiselle. Il approcha son visage cagoulé d'elle, et resta fixe à quelques centimètres. Son regard se plongea alors dans le sien, du moins il cherchait à le capter. "Puis mon jouet a fait son office. Pas sur le premier qui, je le reconnais a eu bien de la chance." Il lança alors le petit calepin par dessus son épaule et se rapprocha d'avantage. Son ton s'était durcit et sa voix devenait saccadée. "Je suis alors sortit de ma cachette et... Je les ais. Tués. Un à un. En une poignée de secondes." Alors qu'il parlait, ses doigts d'approchaient de cette masse de tissus qui cachaient son visage. Ils effleuraient légèrement la partie inférieure du vêtement, mais il n'abaissa pas son masque. Il tourna les talons et lui tourna le dos. Puis il se baissa pour rattraper le petit bouquin et lui tendit amicalement.

"C'est à vous, je crois." Lui dit-il, mimant un sourire à peine forcé derrière sa protection faciale. Puis il se pencha vers elle et lui demanda très lentement : "Et... Vous... Avez un... Nom, mademoiselle ?"


(C'est plus court, évidemment. Mais je préfère aller jusqu'à ce que mon inspiration me dit, plutôt que de rajouter des longueurs inutiles (Ce que je fais beaucoup déjà) qui n'apporteraient rien au RP. Mieux vu aller à l'essentiel, plutôt que décrire à quelle altitude volent les mouches.)
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Bourgeois

On m'appelle Venycia Howk


Infos Personnage
RANG: Thélador Gotruscos, Elior Gotruscos, Solomon Valyssar, Varen Shei'Arcath, Coco du Rico, Jack Belfort, Delian Howk, Errol Parhelion (Moda l'Imposteur), Nodin Kellen (Günel), Miobë Shei'Arcath, Talis Hadmas, Neylie Valyssar, Hiempsal Saule, Ebenezer Eisenheim
VILLE & APPARTENANCE : Vuulte ● Famille Marchande Gotruscos / Famille Bourgeoise Howk
MON AGE : 18 printemps.
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Joyaux : 1356
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Posté dans Re: Toujours être soi-même.   - Lun 20 Mai 2013 - 2:21

Le moins que l'on puisse dire, c'est que Venycia était perplexe. D'abord il gloussait, puis il lui volait son livre. Dans l'ordre... Pourquoi glousser ? Elle supposa que les nerfs craquaient, qu'une perte aussi douloureuse lui brûlait le coeur, qu'à cause de la fameuse cagoule elle ne pouvait voir l'expression de souffrance sur son visage. On a parfois de drôles de réactions sous le coup de la peine, et le rire nerveux était peut-être l'une des plus gênantes. Et puis... Pourquoi voler son livre ? Peut-être parce que c'était un Korrulien. Il ne devait pas souvent en voir, des livres, dans ce pays de barbares.

Il commença une longue tirade que Venycia ne comprit pas, sans oser réclamer son guide. Si ce dernier pouvait offrir quelque distraction au pauvre affligé que voilà, c'était tant mieux. Elle pouvait parfaitement imaginer la traduction, de toutes façons : sa voix s'enraillait dans une toux, probablement d'émotion, il était agité. Elle eut un pauvre sourire à son attention. Peut-être ces gens étaient-ils de sa famille ? Ou l'un d'eux était-il son amant ? Après tout, dans un pays où l'on réclamait des petits garçons en paiement de dettes, pour en faire Vama seule savait quoi, elle ne se serait étonnée de rien.

Elle écouta sans mot dire le flux de paroles dans cette langue abrupte, hochant la tête régulièrement avec compassion, comme on le fait dans les visites aux défunts ; on ne sait pas que dire pour exprimer avec assez de force toutes ses condoléances.

Le malheureux inconnu finit par arrêter de sautiller en tout sens pour se figer devant elle, un peu trop proche à son goût. Il faut dire que le coco ne sentait pas bon les fleurs... Il dégageait une odeur de poussière et de soleil, comme un livre ancien aux pages jaunies et un peu moisies. Evidemment, il n'aurait pas compris la comparaison, selon Venycia ; d'après elle, il était évident que les Korruliens étaient tous des illettrés, comme nous l'avons vu précédemment. Et l'odeur... Il fallait supposer qu'ils étaient tous sales, aussi. Hourrah pour la tolérance, l'amour interracial et les échanges culturels.

Il plongea ses grands yeux jaunes dans les siens. Elle n'avait encore jamais vu d'yeux jaunes, mais cela lui évoquait un regard reptilien, sans pourtant que les pupilles n'aient une forme particulière. Ce étrange effet combiné à l'odeur qui s'était considérablement rapprochée, elle eut son premier mouvement de recul devant l'étrange personnage. Avouez, il était temps.

...Mais, petite cruche, elle s'en voulut immédiatement. Qui était-elle pour le repousser, alors qu'il venait de subir pareille perte ? Peut-être même était-il un sage ermite, qui souffrait de son impuissance à protéger les innocents des monstres qui avaient perpétré ce carnage ? Il avait semblé tenter de lui montrer son visage... La cagoule faisait-elle partie des voeux qu'un saint homme korrulien devait prononcer ? Les prêtres matrosciens avaient bien eux aussi des règles étranges à respecter. La petite Marchande avait l'impression, sans pouvoir la justifier pleinement, qu'elle faisait une rencontre peu commune, même pour le désert de Korrul. Elle était sans doute dans le bon, puisque l'homme n'avait pas eu l'air de vraiment s'attarder sur les corps en eux-mêmes, mais plutôt sur la scène en général. C'était cela : le désespoir des gens de nature bonne et généreuse devant les horreurs du monde. Ses dernières paroles, qui semblaient directement adressée à la jeune fille, étaient sans doute pour la mettre en garde, la gronder de se trouver seule dans le désert alors que des malades armés de bombes, et visiblement d'un couteau dont elle voyait la lame briller plus loin, se baladaient en liberté dans le coin. Que Vama la préserve de croiser de telles ordures, vraiment.

Elle finit par récupérer son livre, avec un sourire en plus. Oui, elle ne pouvait s'être trompée. Elle regrettait toutefois de ne pas avoir pu suivre tout ce qu'il avait dit... Peut-être y aurait-elle trouvé quelque mot de sagesse. Et enfin, elle comprit une bribe de parole : il lui demandait son nom. A ça, elle pouvait répondre, c'était dans ses compétences limitées.

« Je m'appelle Venycia. Et toi ? »
...Oui bon, elle torturait les mots, mais cette phrase était parmi les quelques rares qu'elle connaissait, comme « Bon appétit », « Merci », « Bonjour », « Au revoir » et « Voulez-vous couchez avec moi ce soir ? ». Les premières nécessités, quoi. Ah et aussi :

« Je ne parle pas Korrulien. »

Autant dire que, s'il n'avait pas encore compris, il était vraiment bouché.

Veny aurait bien consolé son interlocuteur, elle l'aurait bien pris dans ses bras malgré le sable et l'hygiène, pour lui montrer que quelqu'un sans ce désert compatissait à sa douleur, mais elle avait les mains un peu chargées. Et de toutes façons, il faisait bien deux têtes de plus qu'elle. Aussi, la jeune fille se contenta de chercher quoi dire dans son bouquin :

« Condoléances monsieur. Désolée votre amis. »

...Et aussi de poser doucement une main sur l'avant-bras de cet homme si bon, dans un geste de soutien, sans se douter qu'il aurait été plus prudent de la mettre dans la gueule d'un styx des sables. Le styx, au moins, il n'aurait pas vu la moindre utilité à du compost, et encore moins à un banjo.
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Posté dans Re: Toujours être soi-même.   - Mar 21 Mai 2013 - 13:11

Edstraz n'arrivant plus à sa contenir bondit littéralement sur la jeune personne. La mettant à terre, elle se retrouva vite sans défense. Il coinça ses bras le long de son corps à l'aide de ses genoux. Alors qu'elle hurlait au désespoir, l'encagoulé sortit une nouvelle lame d'une poche dérobée de ses vêtements amples. Alors que l'on pouvait entendre accourir en cette direction pour sauver la demoiselle, son sort se condamnait et nul n'était suffisamment proche pour intervenir. Pris de rage sans commune mesure, il commença par s'acharner sur son visage. Le balafrant, l'entaillant, taillant dans la chaire, appliquant la paume de sa main droite pour la maintenir en place pendant qu'il lui refaisait le portrait. Il charcutait ce minois au rythme des hurlements de douleurs et aux cris aigus poussés par sa présente victime. Alors que l'on se rapprochait de plus en plus, le ciel s'assombrissait, et on pouvait entendre la première déflagration. Les flammes montaient jusqu'au ciel, la fumée noire et épaisse recouvrait à présent le ciel. Alors que l'on tombait à gravelote, que l'on explosait, les tripes et les membres volaient dans une danse macabre. Sa proie, toujours en vie après cette défiguration abominable, n'avait plus la force de hurler. Edstraz lançait alors sa lame par dessus son épaule. La jeune femme ne souffrait plus pour ainsi dire, transit par l'horreur et les visions cauchemardesques de ses proches, disparaissant dans la noirceur, se déboîtant derrière les dunes, les larmes jaillissaient de ses yeux bouffis sur son visage défiguré. Puis les paluches froides de l'illuminé se posèrent contre son cou et il entreprit de l'étrangler dans ce bal macabre...

Puis il revint à lui et se retint simplement de ne pas lui mettre son bras en travers de la gueule. Alors qu'il jubilait sur place, son esprit avait comme... Quitté son corps. Il restait là, figé, ses yeux écarquillés par une vision de fantasme grotesque. Un grand sourire se dessinait sur son visage, mais il était dissimulé par sa capuche. Mais on pouvait facilement ressentir cette joie qui émanaient par tous les pores de sa peau.

Lorsqu'il eut fini, il se racla la gorge et remit les choses dans son contexte. Il posa sa main contre son menton et fit mine de réfléchir. Cela en devenait grotesque, presque ridicule. Son rêve éveillé ne pouvait être accomplit et il ne voyait aucun amusement à la tuer de sang froid. Surtout que la pauvre semblait ne rien comprendre. Il la fixa longuement sans réaction au premier abord. Cela laissa donc un long silence, mais lui ne s'en rendait pas spécialement compte. Puis il haussa les épaules et comme de toute façon elle semblait complètement cruche, il se dit qu'il valait mieux faire en sorte que la journée n'ait pas servie à rien. Il s'approcha d'elle et laissa son regard parcourir les courbes de la demoiselle avec beaucoup d'attrait. Son regard s'arrêta au niveau de sa poitrine, il regardait si il y'avait du monde au balcon, puis il se pencha, à droite, à gauche, puis fit le tour de la petite dame, avant de revenir devant elle. Edstraz se servit alors de ses bras, palpant, touchant, vérifiant sans aucune gêne. Qu'aurait-elle bien pu lui faire après tout ? Il aurait eu tort de se gêner. Cependant, aucune satisfaction ne sembla le gagner. Il reprit ses mains et lui tourna le dos en soupirant.

"Encore une journée de perdue." Finit-il par s'avouer à lui-même. "Et même plus un truc à faire sauter..."

Il commença à repartir le plus naturellement du monde. Il fit quelques pas en direction du cadavre de Salem. Il se pencha sur lui et en retira la lame plantée dans le gorge. Il essuya alors l’ustensile en métal sur son pantalon pour retirer le plus gros de l’hémoglobine qui tâchait l'objet. Il la rangea dans la poche appropriée avant de marcher en direction de sa grotte à quelques centaines de mètres de là. Légèrement dépité et surtout gravement dégoûté de n'avoir rien fait de constructif, pire encore, de n'avoir rien gagné mais bel et bien perdu sa dernière mine, il n'avait eu aucune récompense digne de ce nom.
La saison avait été très mauvaise. Oui.

Au fond, cette pauvre jeune fille se voilait littéralement la face. Même si il se fichait éperdument de ce qui se passait dans son crâne, il ne put s'empêcher de penser que cette fille, si naïve soit-elle, n'aurait pas survécu une seule seconde dans ce désert si Edstraz avait de quoi le combler correctement. Mais il faut croire aussi que parfois, certains ont de la chance.
Aussi, pour pousser le vice à fond, il se retourna brièvement. La jeune fille n'avait pas spécialement bougé, mais il siffla quand même pour attirer son attention.
L'encagoulé commit alors un acte qui, comme une aurore boréale en plein jour d'été en Penjoie métropolitaine, il retira son "masque" de tissu. Il était assez loin pour qu'elle ne puisse pas spécialement le dévisager et visualiser correctement toutes les marques de son visage, juste un aperçu global. Les balafres, sa peau grêlée, les valises sous ses yeux jaunes fatigués, sa pilosité faciale dérangeante, brûlée en certaines endroits, mal entretenue et irrégulière en de nombreux endroits. Le plus étrange était ce sourire. A première vue bienveillant et chaleureux. Ce sourire que l'on arbore pour dire "Bonne route" à un camarade que l'on rencontre lors d'un voyage, que l'on apprécie et que l'on quitte avec tout autant de joie. Ce sourire plein d'entrain, ce sourire de bon vivant.

Ce sourire qui dissimule les pires intentions. Ce sourire hypocrite, plein de rancœur, d'un homme qui ne souhaite que votre mort. Qui regrette de n'avoir pu vous tuer convenablement. Ce sourire qui traduit un "Ouais, t'as survécu cette fois, mais la prochaine, t'auras les genoux au niveau des omoplates." Edstraz tourna alors une dernière fois les talons et disparut derrière une dune de sable. Le vent commençait à se lever et les grains virevoltaient alors doucement. Comme pour appuyer sa disparition.

Elle put sans doute, malgré tout, l'entendre tousser et jurer de sa voix qui s'éloignait.

"... De sable à la con... ourquoi... enlevé cette... de cagoule de..." Entrecoupés de maux de gorges...
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Bourgeois

On m'appelle Venycia Howk


Infos Personnage
RANG: Thélador Gotruscos, Elior Gotruscos, Solomon Valyssar, Varen Shei'Arcath, Coco du Rico, Jack Belfort, Delian Howk, Errol Parhelion (Moda l'Imposteur), Nodin Kellen (Günel), Miobë Shei'Arcath, Talis Hadmas, Neylie Valyssar, Hiempsal Saule, Ebenezer Eisenheim
VILLE & APPARTENANCE : Vuulte ● Famille Marchande Gotruscos / Famille Bourgeoise Howk
MON AGE : 18 printemps.
Féminin
MESSAGES : 378
AGE : 26
INSCRIT LE : 13/04/2013
PSEUDO HABITUEL : Kathy
Joyaux : 1356
http://www.ile-joyaux.com/t1523-cher-journal http://www.ile-joyaux.com/t1507-venycia-howk-gotruscos
Posté dans Re: Toujours être soi-même.   - Jeu 23 Mai 2013 - 6:04

Pendant un moment, l'interlocuteur de Venycia eut l'air d'avoir été pétrifié. Il restait là, les yeux dans le vague, comme si tous ses mécanismes internes s'étaient arrêtés. La jeune fille passa deux-trois fois sa main devant les yeux de l'inconnu, pour voir si sa pupille suivait le mouvement, mais le résultat était négatif. A croire qu'elle l'avait cassé en posant sa main sur son bras. Après tout... S'il était vraiment un ermite, il ne devait pas avoir souvent l'occasion d'éprouver souvent le contact humain, c'était peut-être normal.

Il sembla néanmoins sortir de sa torpeur, au bout d'un temps que Veny jugea infini car elle n'osait pas bouger de peur de causer ce que nous pauvres mortels contemporains appellerions un nouveau bug. L'homme fit alors la dernière chose à laquelle elle se serait attendue, à savoir la zyeuter puis la palper sans aucune gêne. Ce n'était pas qu'elle n'avait pas l'habitude, mais la moindre des politesses aurait tout de même été de demander la permission, non ? Elle n'eut cependant pas le temps de réagir pour lui en coller une, ou lui crever les yeux suivant le temps qu'il aurait mis à réagir, car il s'écarta en grommelant quelque chose dans cette langue pourrie qu'était le Korrulien. Ceci dit, même si elle n'en aimait pas les sonorités, Venycia ajouta sur sa liste mentale de choses à faire d'apprendre à le parler correctement dés que possible, parce que, tout de même, c'était embêtant. Elle le regarda s'éloigner, sans réagir, un peu sonnée par la situation en général et son comportement en particulier.

Et là, ce fut l'épiphanie. La révélation. Car le couteau qui avait apparemment tué au moins un des hommes qui gisaient sur le sol autour d'eux s'emboîtait parfaitement dans une poche du vêtement de l'inconnu. La peur explosa dans la tête de Veny, se répandant en sueurs froides dans tout son corps. C'était loin d'être trop tôt, n'est-ce pas ? Le comble vint quand il enleva sa capuche, et qu'elle put prendre toute conscience de ce qu'il était en réalité. Elle venait de rencontrer un grand malade, qui ne l'avait probablement laissée en vie que pour une raison mystique, qui ne serait jamais connue d'elle.

A son tour, elle se figea, debout dans le désert, sous son ombrelle avec son petit panier de fleurs tout juste cueillies. C'est dans cette attitude de poupée cassée que ses parents et son frère la retrouvèrent une bonne vingtaine de minutes plus tard, l'homme ayant disparu depuis belle lurette entre les dunes. Elle l'avait regardé partir sans le voir, l'avait entendu parler sans l'écouter. Au milieu du désert de Korrul, elle tremblait de froid. Sa famille la ramena à la vivenef sans même qu'elle s'en rende compte, et des Veilleurs Pourpres furent dépêchés pour examiner les lieux du massacre.

Oh, ne vous en faites pas pour Venycia, elle s'en est remise. Elle a juste passé ses derniers jours à Korrul dans une très, très épaisse fumée d'herbes... aromatiques, au point qu'un véritable brouillard sortait de sa cabine jusque dans presque tout le reste de la vivenef. Il ne lui reste de ce fait pas beaucoup de souvenirs de cet épisode à l'heure actuelle, ce qui explique qu'elle porte encore des robes et non des camisoles de force élégamment brodées. En vérité, une petite chose la poursuit encore... De temps en temps, quand elle a le malheur de dormir seule, deux grands yeux jaunes et un sourire s'imposent à ses cauchemars, sans aucun visage pour les porter. Heureusement pour elle, il était peu probable qu'elle retourne un jour seule en plein désert, et encore moins probable qu'elle y croise à nouveau le psychopathe du coin.

N'est-ce pas ?

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Posté dans Re: Toujours être soi-même.   -

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