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Gens du Milieu

On m'appelle Ren Kartal


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Posté dans Brûle   - Dim 1 Sep 2013 - 17:33

Queen of the Sun by Angels of Venice on Grooveshark

Quelques minutes d’inattention, cela lui avait été suffisant à perdre Isidro. Elle avait arpenté les rues durant de longues minutes avant qu’elle ne puisse trouver quelqu’un ayant pu témoigner de ce qui s’était passé. C’est un commerçant, qui remballait sa marchandise lors de la scène qui lui raconta tout. La jeune femme déglutit, ne sachant quoi penser, sinon se sentir coupable. Mais son instinct de survie rognait le remord. Si elle avait été aux côtés du voyageur, elle aurait eu de sacrés problèmes, et des problèmes qu’elle ne pouvait se permettre d’avoir. Une seule arrestation et elle était foutue. Il restait néanmoins qu’elle regrettait son impuissance et ressentait un pincement au cœur à l’idée que les évènements aient prit une telle tournure. La Korrulienne s’était tout de même un peu attachée à son compagnon d’infortune. Elle ne put qu’implorer intérieurement la clémence de Ruyn pour cet étranger téméraire,  qui gardait encore bien de mystères.
Elle rejeta son lourd sac de toile sur son dos et rentra chez elle, laissant petit à petit le festival de Bonne Entente et la mésaventure du désert derrière elle, sa routine désordonnée lui revenant peu à peu en tête. Aucun contrat en cours, peu de prêts en attentes. Elle avait laissé un business calme pour profiter des bénéfices du marché aux pigeons Matrosciens. Un petit sourire moqueur, un dernier soupir désolé pour Isidro, et cette histoire fit partie du passé dès lors qu’elle ferma sa porte d’entrée derrière elle.


Une odeur de fumée, une chaleur étouffante. C’est en sueur qu’elle se réveilla la troisième nuit qui suivit son retour. Un crépitement stressant, une agitation fourmillant dehors. Ren se leva, le pied hasardeux et la tête qui tournait. Un brouillard noir et épais avait envahi sa petite bâtisse. Une quinte de toux la prit tandis que de grosse gouttes parcouraient son échine creuse. C’est alors qu’elle comprit en apercevant de grandes et rouges flammes lécher l’encadrement de sa porte. Elle se cru d’abord fichue mais la volonté de vivre la repris, la réveillant d’un seul coup. Ce fut son avidité qui suivi lorsque qu’elle s’empara d’un lourd coffre pour le porter sur son dos, et fuir hors de son foyer qui s’était transformé en fournaise. Elle n’analysait pas vraiment la situation et se contentait d’agir, ignorant sa blessure au bras qui tirait, encore trop fraiche pour pouvoir subir ce genre d’effort. Elle se brûla au passage le bas de la cuisse, dénudée en raison de la tunique beige qu’elle portait pour dormir. Quand elle sortit, elle inspira un grand coup, ne calculant seulement que la pureté de l’air extérieur. Elle ignora proprement les citoyens et veilleurs pourpres qui tentaient de maîtriser l’incendie avant qu’il ne se propage. Et portée seulement par sa cupidité retourna dans le four, dans le but de sauver un maximum de ses possessions. Ren ne put faire que deux allers retours, le dernier ayant faillis lui coûter la vie pour deux malheureuses robes et un coffre d’or. C’est une veilleuse qui la stoppa, l’attrapant par l’épaule en lui disant qu’elle allait se tuer. La Korrulienne se débattit alors, ne voulant pas entendre raison, ni laisser sa vie s’envoler sous ses yeux. Ils furent trois à la maîtriser avant qu’elle ne se fatigue, épuisée par l’effort et la quantité de fumée qu’elle avait inhalé. Elle s’était alors assise sur son coffre, au milieu des choses qu’elle avait pu récupérer. La catastrophe était forcément criminelle, car elle ne laissait pas la moindre flammèche allumée chez elle quand elle dormait. Assommée par les évènements, c’est d’un œil morne qu’elle regarda les hommes et les femmes se battre contre le terrible élément, qui ploya finalement sous leurs efforts. Ren elle ne leur lâcha pas un mot, pas un merci, prostrée dans son coin, l’esprit encore enfumé. Elle ne remercia même pas le veilleur pourpre qui prit la peine de lui sacrifier sa cape pour lui offrir un peu plus de décence. Elle resta plantée là, repoussant le tissu de ses épaules, se recroquevillant tandis que l’assemblée retourna se coucher, maintenant le danger écarté. Et elle ? Elle venait de quasiment tout perdre, d’un claquement de doigt. Elle n’aurait peut-être pas dû se réveiller, car si l’opulence et l’insouciance du lendemain était son rêve, la pauvreté et la survie étaient sa hantise.

Des larmes caressèrent son visage, tandis qu’elle observait les ruines de sa maison, encore fumantes. Elle ramena ses jambes contre sa poitrine, pour poser sa joue sur ses genoux, ressemblant à n’importe quelle gamine des rues. Elle plissa ses yeux embués, priant pour que tout cela ne soit qu’un terrible cauchemar. Etait-ce une punition ? Un avertissement ? Une vengeance ? Une silhouette apparût, comme pour lui éclaircir les idées. Ses dents se serrèrent et elle grimaça, secouant doucement la tête, refusant cette réponse-là. Elle espérait qu’elle délirait sous le coup du choc, que son cerveau lui jouait un sale tour. Mais c’était bien le forban qui se tenait non loin d’elle, la fixant avec un air goguenard. La douleur fit vite place à une aversion viscérale. La tueuse s’était levée avec une lenteur spectrale, oscillant presque mais retrouvant doucement un certain équilibre. Ren se pencha sur le sac de toile du festival, avec la même torpeur. Un nouveau brasier s’allumait, mais en elle. Bien plus dangereux que l’incendie qui venait de sévir. Elle regarda la lame en silence, jugea les inscriptions sur le métal, testa la tranchant sur son pouce. Et brusquement reporta son attention sur l’homme, le regardant attentivement pour être sûr qu’elle ne faisait aucune erreur, qu’il ne soit pas un fruit d’une imagination trop simpliste. Son regard ambré humide croisa celui rouge sang moqueur de son vis-à-vis. Elle était bien sûre et certaine d’avoir Cerberus le Porte-Mort en face d’elle.
Son sang ne fit qu’un tour dans ses veines lorsque la certitude la frappa. Comme un rapace, elle avait fusé, bondissant ensuite sur lui pour le renverser brusquement avec tout son poids et sa vitesse. Assise sur sa poitrine, elle lui tira les cheveux de façon à lui découvrir sa gorge, qu’elle menaça avec son propre cimeterre. Les mots qui sortirent de la bouche de la jeune femme ne lui ressemblèrent pas, autant que sa voix, acide et violente, un cri déchirant le calme qui était revenu de la nuit. Et peu lui importait les veilleurs pourpres, peu lui importait son code d’agissement, ce n’était plus vraiment elle, mais une personnification de son grief qui hurla :


-TOI. JE TE SAIGNERAIS ET BOUFFERAIS TON CŒUR DE BÊTE.

Animalité et rage tournoyaient dans son crâne, le feu s’était transféré dans son âme. Seule la haine restait dans ses yeux. Leurs deux regards se posèrent sur le sabre qu’elle avait à la main, qu’elle appuyait assez pour faire couler un léger filet de sang. Un large sourire sans joie déforma ses lèvres :

-C’est ça que tu voulais ? De toute façon j’ai pas réussi à vendre ta vieillerie.  Alors je vais te le redonner Cerberus.  (Le sourire disparu et sa voix redevint rugissement) Je vais l’enfoncer au fond de ta putain de gorge !

La main se resserra sur le manche, et elle passa vivement la lame ancestrale sur la joue du forban, à deux doigt de lui élargir la commissure des lèvres.  La plaie était profonde mais pas assez pour traverser complètement sa peau. Elle approcha son visage du sien, la colère semblant descendre pour devenir sourde, bien que toujours palpable dans le moindre de ses nerfs, le moindre de ses muscles et le moindre de ses tendons. Sa voix n’était plus que sifflement :

-Mais d’abord je te ferais tout payer. On finit toujours par me payer.


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Posté dans Re: Brûle   - Sam 21 Sep 2013 - 20:59

C’était le jour. Assis sur le sol, devant la tombe de ses aïeux, une tombe faite d’un simple cimeterre planté dans le sol décoré de fleurs qu’Eurysthée avait trouvé ici et là, Cerberus n’en menait pas large. Dans son crâne, il revoyait encore et encore le sang et les larmes, le feu également… la mort avant tout. Il imaginait très bien la douleur qui avait été celle des siens, et la rancoeur remontait dans sa trachée comme un poison indélicat. Il avait la bile hargneuse, et il aurait été compliqué, voir fou, de vouloir lui parler. Sa cousine elle-même ne disait rien, et passait dans son dos aussi discrète qu’elle pouvait. Je ne veux pas t’entendre parler, lui avait-il dit le matin à peine levé. D’habitude, Cerberus était plus bavard avec elle. C’était un grand homme. Il ricanait, moqueur, mais très rarement semblait aussi fermé sur le monde. Son côté nihiliste disparaissait derrière le voile de la culpabilité. Sa seule naissance avait réduit à néant son clan entier. Ce qu’il en restait aujourd’hui ? Quelques uns d’entre eux qu’il avait recruté sur les chemins de sable chaud, ces yeux rouges sauvageons qu’il avait dressé à coup de poings et de pieds, à grande frappe dans le crâne jusqu’à leur faire comprendre qu’il était ici le chef. Mais quel chef marchait le jour sans son cimeterre ? Quel Mah’Tanza faisait il ?
Il grimaça. La vérité lui revenait en pleine face. Il se détestait. Il avait troussé cette nana contre un mur et si l’instant avait été plaisant, et lui ravivait encore quelque part un peu l’estomac, il la détestait autant pour lui avoir voler son seul outil, son seul bijou. Il aurait pu sacrifier n’importe qui pour ce putain de cimeterre, et elle, elle n’en avait fait qu’à sa tête. Il avait cherché si longtemps sa maison pour la menacer, mais une fois qu’il l’avait trouvé, on lui avait juste répondu un : elle n’est pas là, on sait pas où elle est. Alors il avait fait le pied de grue, il avait attendu, terré dans l’obscurité, qu’elle revienne, mais elle n’était jamais revenue.
Il s’était trouvé un peu bête sur le moment, comme un amoureux transi un peu déçu, sauf que lui était transi de colère à l’idée qu’elle est pu revendre son bijou de famille, forgée des mains mêmes de son grand-père, de ce chef de famille, de ce forban à la réputation de lion. Six pieds sous terre encore, à voir son petit-fils, il devait se retourner dans sa tombe.

Il se frappa le visage, cachant ses yeux derrière sa main immense. Quel con. Quel con Cerberus, quel con tu fais…


(…)

Il fallait qu’il aille vérifier. C’était plus fort que lui. Marchant de toit en toit, comme une ombre passagère n’offrant rien de bon au guetteur de la nuit, Cerberus s’arrêta. Au loin, de grandes flammes rouges formaient comme un brasier infernal. Dans une ville du désert où les nuits sont chaudes et les éléments secs, le feu était plus dangereux que la peste. Un feu mal maîtrisé et mal contenu pouvait raser la moitié de Penjoie s’il le voulait… Cerberus eut un sourire mauvais mais content en imaginant que ce puisse être la maison de Ren. Au moins, elle l’aurait méritée cette peste.
Il avança, d’un naturel curieux, pour vérifier l’état des environs. Il prit la peine de se tapir dans l’obscurité pour ne pas se faire remarquer par les Veilleurs qui tournaient autour. Quand le brasier fut éteint et que seule la fumée remplissait les rues, le forban sortit de sa cachette. Sous ses yeux, il crut deviner ce qui avait été la demeure de Ren. Comme quoi.. Il y avait peut-être bien un Dieu à Korrul… Un petit sourire moqueur patina la face du forban en imaginant assez bien la réaction de la jeune fille quand elle reviendrait pour voir la gueule de sa baraque. En plus, avec un peu de chance, elle penserait à lui et finirait par le tuer sur place alors que dans le fond, il n’avait fait qu’une seule chose : regarder.

Quand il se retourna, il s’arrêta aussitôt. Ses yeux pivoine tombèrent sur le petit corps qu’il avait un jour serré contre un mur et qu’il avait pris plaisir à découvrir. Ce petit corps qui par la suite lui avait bien mise d’ailleurs en volant son seul et unique trésor de famille… Sa face devint un peu blême, mais ce n’était nullement par peur de représailles, c’était à l’idée que son cimeterre était resté dans les flammes. Si ça se vérifier, il n’aurait plus qu’à lui exploser le crâne contre un mur plutôt qu’autre chose.
Ses yeux accrochèrent enfin la lame qu’elle tenait la main - à savoir la sienne. Il ne fut cependant pas assez rapide, sans doute endoloris par le plaisir de voir que la lame n’avait pas subi l’outrage des flammes, pour apercevoir le mouvement de la petite furie. Il tomba à la renverse, propulsé par la môme, un peu surpris, un peu amusé aussi. Sa vie ne coûtait pas grand chose. Ce serait une chose qu’elle apprendrait.

TOI. JE TE SAIGNERAIS ET BOUFFERAIS TON CŒUR DE BÊTE.

Un petit ricanement grimpa sur les lèvres du forban comme il ne semblait pas prendre la menace au sérieux. Il aurait du vu l’état de colère avancée de la korrulienne, mais fallait il rappeler que quelques jours plus tôt il avait mis à feu et à sang les murs de Korrul avec d’autres forbans ? Le sang était encore frais sur les mains et ça ne le dérangeait pas outre mesure de le faire couler à nouveau. Surtout son sang à elle.
Il sentit la lame qui s’enfonçait dans sa peau mais ne cillait pas. Si elle le tenait pour responsable du feu, alors elle n’avait rien compris à ce qu’il était. Vaincre les hommes sans les faire saigner, ça aurait été tout de même assez ironique pour un Saigneur, pas vrai ? Il ravala difficilement sa salive, soutenant le regard de la furibonde.

C’est ça que tu voulais ? De toute façon j’ai pas réussi à vendre ta vieillerie.  Alors je vais te le redonner Cerberus.  Je vais l’enfoncer au fond de ta putain de gorge !

Comme prévu elle avait essayer de la vendre. Il doutait vraiment qu’elle eut essayé car véritablement, c’était un si bel ouvrage, si ancestral, qu’il aurait pu partir à la première des brocantes du pays, ne serais-ce que de par son tranchant finement ciselé. Lui-même n’en revenait pas : son aieul avait sans doute fait là le plus beau sabre du pays. Il la regarda comme elle menaçait toujours. Il leva finalement une main, doucement, frôlant sa cuisse mais elle ne le vit pas, trop enfoncée dans sa colère sombre. Elle allait attiré les veilleurs avec ses cris… Il n’avait pas envie d’en découper. Pas ce soir. C’était armistice.

Il gronda car la plaie était brûlante, et si elle n’était pas vraiment douloureuse, la fumée et les cendres volantes autour d’eux finiraient bien par l’infecter tôt ou tard. Il eut un petit grognement.

Mais d’abord je te ferais tout payer. On finit toujours par me payer.

Il la fixe quelques longues secondes et finalement posa brusquement ses lèvres sur les siennes. Sa première main agrippa la tignasse de la gamine, fermement, alors que son autre main écartait sans trop de difficulté vu leur différence de force physique la main qui tenait le sabre pour le lui faire relâcher. Aussi drôle ça pouvait paraître, Ren lui avait tout de même manquait avec son petit caractère de chien, ses sauts d’humeur, ses colères noires sans queues ni tête… Il relâcha ses lèvres avant qu’elle ne les mordre et ricana, ses grandes dents de prédateur bien visibles.

Moi aussi t’m’as manqué, ma vieille…

Il leva les yeux au ciel et finalement se redressa. La main qui tenait jusqu’alors la tignasse de Ren vint se saisir de son second poignet, anticipant un coup qui aurait pu mettre finalement de très sale humeur le forban.

Mais alors si t’crois que j’ai foutu l’feu à ta baraque, tu t’met le doigt dans l’oeil jusqu’au coude ma pauvre… Il avait l’air sincère en disant ça. Ses yeux roulèrent dans leur orbite. J’ai aut’chose à foutre qu’à déclencher des feux dans Penjoie, franchement… Même si j’t’avouerais que rien pour t’voir un peu en colère, j’y pens’rais une prochaine fois…

Un nouveau ricanement pointa sur la bouche du forban alors qu’il repoussait cette fois entièrement Ren sur le côté pour se relever. Elle venait de lui détruire le coccyx sur le sol cette bêtasse. Il se pencha et reprit son arme délicatement. C’était son moment émotion tiens. Son petit moment à lui. Il passa sa main sur le tranchant de la lame où son propre sang avait coulé…

Elle t’a pas fait d’mal la madame ? C’que t’es sale… Il jeta un regard à Kartal : t’aurais au moins pu l’nettoyer ! J’te d’mande pas ton hygiène d’vie quand j’vois la gueule d’mon sabre !

Il haussa les épaules d’un air exaspéré avant de raccrocher à sa ceinture la lame, à l’endroit où elle appartenait, où elle avait toujours appartenu. Finalement le forban jeta un regard par dessus son épaule, jetant un regard à la bâtisse qui avait flambé. Sans doute que Ren ne le croirait pas, mais mettre le feu n’avait jamais été son truc. A ça il préférait le viol et les meurtres barbares… la nécrophagie aussi. Mais vraiment, les incendies…

Fais pas la gueule, ça s’reconstruit bien y paraît…

Il lui tendit la main, histoire qu’elle se relève. La scène était hautement surréaliste, mais bon, dans le fond, il l’appréciait quand même la petite Ren Kartal… Ou alors peut-être était-ce vraiment une armistice aujourd’hui.
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Posté dans Re: Brûle   - Dim 22 Sep 2013 - 14:45

Ils s’étaient fixés un certain instant, Ren prête à lui trancher autre chose, le souffle lourd, les muscles tendus.  Cerberus eut alors ce qui lui sembla être la tentative de diversion la plus inappropriée de toute l’histoire Korrulienne.  Il l’avait embrassée, le plus naturellement du monde, mais le geste restait dans le cadre d’une défense, car il ne tarda pas à lui agripper les cheveux et éloigner le sabre qui la menaçait. Inutile de préciser que la jeune femme était loin de se réjouir du geste et ne se fit pas prier pour se dégager, ignorant sa raillerie, et amorçant un coup de poing dans lequel elle y mit toute sa force, dans lui but de lui briser quelques dents. Il réussit à dévier son attaque et ne tarda pas à préciser :

-Mais alors si t’crois que j’ai foutu l’feu à ta baraque, tu t’mets le doigt dans l’œil jusqu’au coude ma pauvre. J’ai aut’chose à foutre qu’à déclencher des feux dans Penjoie, franchement… Même si j’t’avouerais que rien pour t’voir un peu en colère, j’y pens’rais une prochaine fois…

Elle ouvrit des yeux ronds, encore embués et le regarda se relever sans dire un mot, ni protester lorsqu’il récupéra l’objet des hostilités. L’assassine se sentit soudainement très bête et hésita un instant à le croire, même il n’avait aucun intérêt à mentir. Se venger du vol aurait été un bon motif à ce crime, bien qu’excessif (mais tout le monde savait que forban était loin d’être un synonyme de tempérance) mais s’il disait qu’il n’était pas le responsable, il n’y avait aucun doute à avoir. Il aurait surement plutôt pavané avant de se réjouir de la confrontation. Là, il n’avait même pas tenté de la frapper. Aurait-il même pitié d’elle ? Elle ne voulait même pas s’imaginer aussi pathétique que ça et préféra ignorer cette hypothèse.  Se rendre compte de l’innocence de cet énergumène avait eu l’effet d’une douche froide, éteignant le brasier de rage qui s’était étendu en elle, avec une brusquerie tétanisante. Et c’était mieux ainsi, elle n’aimait pas se sentir hors d’elle. Oh elle n’était pas apaisée, juste raisonnée. Des braises restaient là, prêtes à être rallumées. Elle inspira, expira et reprit une meilleure conscience de ce qui l’entourait, observant Cerberus. Ren aurait pu rire de le voir en train de parler amoureusement à son sabre et même à la boutade, mais elle n’eut qu’un rictus rapide.

-Fais pas la gueule, ça s’reconstruit bien y paraît…

Cela aurait pu se finir comme ça, mais elle eut droit à une deuxième surprise lorsqu’il lui tendit la main pour qu’elle se lève. Main qu’elle accepta sans broncher, mais un peu décontenancée par cette attitude qu’elle ne lui connaissait pas. Ren ne disait rien, le regardant seulement. Puis, la jeune femme lâcha le soupir le plus long du monde et posa tout simplement son front sur le torse du forban, les bras ballants. Elle ferma les yeux et se concentra pour reprendre ses esprits, laisser son stress se dissiper et ses émotions se raisonner.  Elle était quelque part rassurée qu’il n’était pas responsable de cette catastrophe, mais d’un autre côté, elle était déçue de ne pas avoir sous la main le coupable pour lui mettre la raclée de sa vie. Et alors que toute haine s’était évaporée pour relaisser sa place à la tristesse, elle en était maintenant presque tranquillisée par sa présence. Toujours silencieuse, elle s’éloigna pour fouiller dans le bazar qu’elle avait sauvé, ramenant un linge et une bouteille d’alcool. Elle but une bonne gorgée, avant de mouiller le torchon, allant le passer sur la blessure encore fraîche de Cerberus. En temps normal, elle se serait amusée de la grimace qu’il tira, mais l’œil de l’assassine resta morne, endeuillée de sa bâtisse écroulée, mais surtout des biens et des souvenirs restant qui venaient d’être calcinés. Le soin qu’elle apporta à ce bougre qu’elle voulait tuer il y’a encore quelques minutes lui rappela aussi qu’elle devrait aussi changer ses bandages, qu’elle n’aimait pas garder trop longtemps. Manque de bol, sa trousse à pharmacie se résumait maintenant à des cendres. Elle souffla, regarda le forban et s’abstint de toute plainte. Tout d’abord car il était dénué de véritable compassion et de bon sens. Mais surtout, parce que ces types-là vivaient dans le désert, au mieux dans des cabanes pitoyables. Sa vie allait devenir dangereuse, hasardeuse, car son mont de piété était désormais foutu, mais elle pourra toujours se payer une chambre dans une auberge en attendant une vraie solution. Elle allait galérer, désespérer, peut être pleurer encore un peu, mais jamais sa vie ne sera aussi misérable que celle d’un habitant du désert. Rien que sa récente expédition suffisait à lui prouver que rien n’était comparable dès lors qu’on franchissait les murs d’une cité. Ren avait juste à regarder son bras ou les yeux rouges de Cerberus pour s’en rappeler. Non, hors de question de se lamenter.
La jeune femme eut un maigre sourire, contrefaçon de son habituel air moqueur et se risqua à dire :

-Le sabre n’était peut-être qu’un prétexte pour que tu reviennes à ma rencontre.

Elle avait tout de même vraiment essayé de le vendre, mais peut-être que le prix trop élevé qu’elle y avait mis se révélait être un acte manqué. Plus sérieusement, elle ajouta, sa voix redevenant soudainement plus monocorde :

-Du coup, comme tu n’es pas l’homme à abattre, tu as peut-être vu quelque chose ?

Son estomac s’était crispé en énonçant la question, balayant bien vite sa tentative d’humour en la laissant concentrée sur la réponse.


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Posté dans Re: Brûle   - Lun 23 Sep 2013 - 3:42

Le géant ne bougea pas. Même si la petite chose était attendrissante, il ne cilla pas. Il aurait pu poser sa main sur son épaule et la tapotait comme on faisait souvent pour rassurer sans un mot, mais Cerberus n’était pas un homme à faire les choses comme les autres. D’ailleurs, il n’était pas véritablement un homme, mais un hybride entre l’animal et l’être humain, une espèce unique. Le plus tragique était qu’il était peut-être le dernier de son espèce encore en vie.
Il attendit finalement que Ren Kartal assimile les choses, sans avoir à les lui dire, à les lui lister. La douleur était une chose tout à fait personnelle, un mal être incertain, une boule au ventre. Ce n’était pas une chose tangible pour autant, et rien de ce qu’il aurait pu faire, de ce qu’il était capable de faire, ne l’aurait soulagé. Il aurait pu reconstruire de ses mains cette vieille cabane que ça n’aurait pas aider la gamine. Il y avait des choses dans ce bas monde, des choses qu’aucun pansement ne soulageait. C’était les blessures du coeur, plus profonds que la chaire : moins de sang pour plus de douleur. Il en connaissait un rayon. Lui aussi avait sa plaie.

La seule chose qui le soulageait, lui, c’était tuer. Depuis son plus jeune âge il y trouvait un plaisir malsain, mais il fallait dire que tuer un veilleur pourpre avait un quelque chose de plus… jouissif encore. C’était prendre sa revanche sur la tumeur, prendre sa revanche sur la vie aussi. Faire un fuck au destin, comme un clin d’oeil à ceux qui étaient partit. A Artémis, à son grand-père, à son père et ses frères aussi. A toutes ces choses qui lui manquait au quotidien et dont il ne disait jamais rien. Comme Ren Kartal, il avait appris à baisser la tête le temps de ravaler les larmes et le poison, de le sentir s’insinuer dans ses veines, que la colère et la haine ne deviennent plus que rancoeur… Quel beau poison que la rancoeur. Quelle jolie nom pour une chose si pourrie aussi.

Il haussa un sourcil quand elle se décolla de lui, et la suivit des yeux. Son regard était vif. En dehors d’elle, il fallait aussi qu’il guette la ruelle. Ce n’était pas tout de revoir sa donzelle du soir, et de récupérer son cimeterre, il fallait aussi assurer ses arrières et ne pas crever comme le dernier des cons après une si belle prise que celle d’Olfägar. Surtout pas après ça. Pas maintenant que le blason familial brillait derrière sa couche de crasse et de sang. Pas maintenant alors que tout allait pour le mieux pour le forban. Il avait mangé trois jours d’affilée à sa main, et son corps s’était un peu épaissit, un peu plus. Une force de la nature comme on en faisait plus à Korrul.

Il grimaça pourtant quand elle posa sur sa peau son bandage. L’alcool sentait assez fort pour qu’il devinne qu’elle ne venait pas de l’empoisonner. Le plus étonnant était qu’il n’avait pas levé la main pour la frapper avant. Comme s’il avait… confiance. Il baissa les yeux, les paupières mi-closes, en la regardant faire, dans un silence religieux, tentant de comprendre ce qui se passait mais également de se comprendre lui. Pourquoi est-ce qu’il n’arrivait pas à se sentir énervé contre elle ? A se méfier aussi ? Il détourna le regard alors qu’elle fouillait la cendre. Son esprit vagabondait ailleurs. Non. Pas deux fois la même erreur. Il ne finirait pas comme son père. Il ne finirait pas comme son clan. Il ferait mieux…

Le sabre n’était peut-être qu’un prétexte pour que tu reviennes à ma rencontre.

Le forban reposa finalement ses prunelles carmines sur la voleuse qui le toisait avec ce petit sourire un peu forcé, épinglé sur ses joues. Il leva les yeux au ciel dans une mimique amusée, en haussant les épaules. Elle jouait le chat et il devait se faire souris, mais ce n’était pas un rôle qui lui convenait. Le rat à la limite, mais là encore, il y avait toujours ce problème de taille… Cerberus n’avait pas vraiment le gabaris d’un rat. Alors aujourd’hui, face au chat, il se ferait clébard. Ca lui allait toujours un peu mieux à vraie dire, ce rôle de chien charognard… cette gueule de l’enfer.

Quel stratagème infaillible, Ren. Bien réfléchi, dans les moindres détails… enfin. SI l’on oublit le fait que j’aurais pu très bien récupéré ce sable pour t’étriper et gratter tes entrailles du bout de mon cimeterre hors de ton bide pour me venger. Mais sinon, c’était très bien pensé !

Un petit ricanement malsain grimpa sur ses lèvres alors qu’une once de mauvaiseté patinait la gueule du forban. Les gens du désert restaient les gens du désert. Sa faiblesse, quoi que passagère, n’était pas un gage d’acceptation perpétuelle. Tôt ou tard il lèverait la main sur elle et la soumettrait. Elle refuserait, alors il frapperait plus fort, jusqu’à qu’elle accepte, ou qu’elle meurt. C’était ainsi que ça marchait chez eux, et si Cerberus se voulait le fruit d’une korrulienne et d’un forban, il n’en restait pas moins un Chef de clan redoutable et les traditions, c’était les traditions. A respecter à tout prix…
Il s’approcha d’elle, irréfléchi, mais étrangement il avait besoin de ça, de se rapprocher. Comme un prédateur peut-être, mais il ne fallait pas trop demander à un chacal.

Du coup, comme tu n’es pas l’homme à abattre, tu as peut-être vu quelque chose ?

Le forban s’arrêta. Il sembla réfléchir. Vraiment réfléchir. Ses sourcils se froncèrent pour repenser à la scène… Il n’avait pas exactement vu le départ du feu. Il avait vu un brasier, c’était sûr. Les flammes avaient été visibles de loin, et en pleine nuit, elles n’avaient été que plus belles… Et puis, il y avait eu ce type, courant dans la ruelle plus en bas, s’engouffrant dans une baraque à quelques pâtés de maison. Le forban n’avait tout de suite pas vraiment percuter. Courir la nuit après le couvre-feu, c’était presque un suicide, mais alors mettre le feu… Non. Il n’y avait pas de raison que ce type soit le responsable… Mais en même temps, n’était-ce pas une étrange coïncidence de courir seul dans la nuit sans poursuivant et que quelques secondes plus tard un brasier se déclenchait ? Il se tapota le menton, une moue perplexe sur la gueule.

Tu m’poses une colle ma belle, c’était la première fois que Cerberus lui faisait un compliment… enfin, faisait un compliment à quelqu’un tout court surtout, mais maintenant qu’tu m’en parles, j’ai vu un type courir dans la rue, pas loin, pendant que j’cherchais un truc à déglinguer… Bon, j’avoue, sur l’coup, j’ai pas vraiment fait le rapprochement entre un pécore qui rentre chez lui à la hâte en pleine nuit et un brasier à l’autre bout d’la ville qui se trouve être, en fait, la barraque d’une de mes anciennes femelles… Mais j’me dis, dans l’fond… Pourquoi pas. Si faut c’te con a foutu l’feu à ta taule…

Il se gratta le menton, toujours aussi perplexe. Fallait dire que jouer la vie d'un homme sur un coup d'poker, ça relevait plus du forban que du korrulien. Elle allait p't'être paniquer la p'tite... Non. Pas Ren. C'était justement ce qui lui plaisait en elle.

Bon, dans l’cas où c’est pas lui, et que tu l’as déjà un peu s’coué, j’le finirais à la limite. S’pas ça qui va m’coûter. Et si c’est lui, bah… Bah t’en fais c’que tu veux. Ca marche ? On va l’voir et on lui pose deux trois questions, histoire de dire ?

Le forban se gratta la joue. La réponse ne se fit pas attendre et finalement le forban indiqua le chemin, prenant la première ruelle à droite avant de grimper sur un toit de manière toujours aussi agile et ce malgré un corps entièrement en muscle.
Il était plus facile pour lui de sauter de toit en toit qu’être à terre. Question de vue sur les veilleurs, et de sécurité aussi… On ne sait jamais vraiment sur qui on va tomber en pleine nuit. D’ailleurs, ce type doit même pas se douter de ce qui l’attends… Tant mieux dans l’fond, se dit le forban en marchant, un sourire amusé sur la gueule, parce qu’sinon il s’rait déjà crever d’peur...
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Posté dans Re: Brûle   - Sam 28 Sep 2013 - 17:28

« J’ai vu un type courir dans la rue, pas loin »
Ren passa ses mains sur son visage en lâchant un rire nerveux. Elle n’aurait jamais pensé être aussi heureuse d’avoir Cerberus à ses côtés. L’attention qu’il avait à cet instant la touchait, et il lui était là d’une aide plus qu’inespérée. Elle aurait pu se jeter sur lui, mais elle préféra retourner vers les biens qu’elle avait sauvés. Il ne fallait pas oublier qu’il y avait encore pas bien longtemps, elle était tranquillement dans ses draps en train de dormir, et qu’elle demeurait en tunique courte. Elle allait éviter d’aller régler des comptes à moitié nue, ça nuisait un peu à la crédibilité. La fête du slip ça sera après le bain de sang.
Elle fouilla dans ses affaires pour y trouver un pantalon en toile beige et des sandales, qu’elle enfila sans perdre de temps. Elle accrocha ses précieuses dagues à sa ceinture et déjà elle était prête à décoller. Ren craqua sa nuque, Cerberus se mit en route. Elle lui emboîta le pas sans tarder.
Elle avait cette fois du mal à suivre le sauvage. L’assassine avait un bras handicapé, qu’elle ne pouvait réellement utiliser sans pousser de petits cris de douleur. Ses muscles étaient encore meurtris et la plaie pouvait se rouvrir à n’importe quel moment. Chaque fois qu’elle avait à s’accrocher à un rebord, elle se devait de retenir  un maximum ses souffrances. A regret, elle se faisait plus lente et prudente, mais son orgueil la poussant à ne pas prendre trop de distance. Une fois qu’elle se sera vengée, elle ira voir un docteur digne de ce nom. Hors de question de rester avec des séquelles à vie de cette morsure. Déjà qu’elle allait très probablement se payer une vilaine cicatrice.  
Ils semblaient déjà arrivés. Ren doutait que l’enfoiré  dorme. On ne dort pas après avoir commis un méfait. Même si l’on pense la tâche réussie, même si l’on pense que personne ne vous a vus. Aucun homme normalement constitué ne pouvait dormir sur ses deux oreilles après avoir brûlé une maison. Comment sommeiller tranquillement quand on savait que peut-être, une personne était en train de se faire dévorer par des flammes par votre faute ?

Le silence était complet. Elle entendait seulement le vent nocturne et la respiration calme de Cerberus. La jeune femme lui adressa un petit sourire, plus franc que précédemment. Sans prévenir, elle prit le visage du forban entre ses mains  pour poser furtivement mais tendrement ses lèvres sur les siennes. Elle ne dit rien. C’était un merci muet. Puis elle disparût, s’étant laissée glissée jusqu’au sol, sans un bruit, à peine plus perceptible qu’une ombre.  C’était une humble bâtisse de pierre, classique des maisons les moins riches de ce quartier. Ren fouilla dans ses poches et s’attaqua à la serrure de la porte, dont le verrou était peu compliqué. Un claquement de langue et quelques cliquetis plus tard, et elle cédait. Elle retint son souffle, lente et décidée à la fois. Son pas se faisait félin et silencieux, son œil aiguisé et alerte. Elle aurait pu débarquer comme une barbare, retournant la maison dans le seul but de se défouler sur quelque chose, mais il s’agissait là de réflexes. Infraction était égal à discrétion, peu importe son état mental, son humeur ou ses intentions.

Quand elle vit l’homme, un trentenaire des plus banals à l’air fatigué, elle sut immédiatement qu’ils ne s’étaient pas trompés. Ses hypothèses étaient bonnes, il n’était pas au fond de son lit. Il lisait, sur un fauteuil, comme si de rien n’était, comme s’il n’avait absolument rien fait. Agissant de manière professionnelle même si tout ce manège était personnel, elle se glissa doucement derrière lui, posant le fil glacé de sa lame contre sa gorge. Il manqua de se tuer tout seul en sursautant et geint d’une voix chevrotante :

-Par les tripes de Ruyn ! C’est pas moi ! Je vous jure !

Le simple fait de devoir clamer son irresponsabilité de la sorte, de façon si éclairée, éliminait tout de suite la probabilité qu’il soit innocent. Elle affermit sa brise et lâcha sèchement :

-Un cri. Un seul cri et je t’ouvre la gorge. Et me prend pas pour une abrutie.

Elle illustra ses paroles en désignant la brûlure fraîche qu’il avait à la main, où elle remarqua une alliance. Ses cheveux noirs et courts sentaient même la fumée et la sueur. Son teint basané devenu blême puait la peur et le remord. Elle l’entendit soupirer. Il tenta d’expliquer son geste :

-J’ai juste été payé pour le faire, j’ai rien à voir avec ça !

Coupable. Mais elle était déçue. Il n’était qu’un pion.  Elle allait devoir le cuisiner d’abord pour savoir qui était en amont de tout ça et ensuite, elle pourrait le liquider pour son geste impardonnable. Quant à l’abruti qui lui avait donné cet ordre, il paierait au centuple. La jeune femme trépignait comme un ezeaelle prêt à bondir sur un nareshio. Elle voulait bouffer sa vengeance encore brûlante.

-Ah, tu vois que c’est toi. Tu as mis le feu à maison, tu as quand même pas mal à voir avec tout ça quand même. Qui ?
-Il va nous tuer si je dis quoique ce soit !

Ren rit jaune et lui empoigna les cheveux en tirant sa tête en arrière, pour planter ses prunelles ambrées luisantes de haine dans les siennes. La Korrulienne se tenait droite pour ne rien laisser transparaître mais trop d’émotions confuses se mélangeaient en elle. Elle voulait étriper tout de suite ce pantin, mais elle voulait aussi ses informations. Une situation bien difficile pour l’impulsive et colérique Ren. Elle siffla d’une voix tremblante :

-Parce que ce n’est pas ce que je vais faire si tu t’obstines à pleurnicher sans rien cracher ?  (Elle se tourna vers le forban) Cerberus, fouille la baraque. Trouve sa femme et fais en ce que tu veux.


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Posté dans Re: Brûle   - Mar 1 Oct 2013 - 2:24

Le forban observait plus qu’il ne participait. Déjà dans la course, il avait mené la danse mais ne s’était pas montré des plus impliqués. Il fallait dire que déglinguer c’était tout un art, mais il n’avait, finalement, pas le goût de la revanche. Hormis les veilleurs pourpres, sa colère habituelle était sans regard, à l’image d’une justice divine qui tombe d’on ne sait où sur on ne sait qui mais qui tombe toujours plus brutale et sans équivoque. Cerberus est ainsi, et c’est pour cette raison qu’il la laisse passer devant, l’observe dans son art. Lui n’en aurait rien eu à faire. Il se serait tapis dans l’ombre, et une fois la proie en approche, comme un grand fauve du désert se serait jeté sur lui pour le mordre à la gorge. C’est ainsi qu’il fait et jusqu’à preuve du contraire, ça a toujours bien marcher.

Il sourit en la voyant aussi froide, aussi dangereuse aussi. Il a ce sourire appréciateur qui laisse deviner le fin fond de sa pensée sur le moment mais le fauve est calme encore. Il tourne doucement, contourne l’homme. Ses yeux rouges ne font que briller davantage dans l’obscurité, trop habituer à cet état naturel dont il est le fils et le père, le frère et le cousin. Ses doigts courent sur la garde d’un sabre qui n’a plus eu le droit d’être rassasier par son maître depuis quelques temps déjà, des temps trop long mais qu’y peut-il lui ? Le sourire est goguenard. Cerberus se poste alors là, comme un chien gardien d’un enfer en préparation. Ses yeux immenses se fixent sur la scène, et s’il sourit quelques longues minutes, il finit par grimacer. Son visage se relève et il semble tout d’un coup plus grand. Par le jeu des ombres et de la lumière sans doute. Derrière lui, son double obscure d’ailleurs est immense et large.

Parce que ce n’est pas ce que je vais faire si tu t’obstines à pleurnicher sans rien cracher ? Cerberus, fouille la baraque. Trouve sa femme et fais en ce que tu veux.

Pendant quelques secondes qui se retrouvent être des minutes, Cerberus reste planté là. Il a bien compris, il en a tout l’air, et c’est sans doute la raison pour laquelle sur le moment il ne cille pas. Au final, il hausse un sourcil avec un sourire moqueur et froid à la fois.
Elle a peut-être été quelques minutes sa femelle, ça ne lui donne pas pour autant de droits sur lui. Pas à ce niveau là en tout cas.

Ne me donne pas d’ordre, Kartal. Tu pourrais le regretter à l’avenir… Ce soir, j’t’en fais cadeau… C’est bien parce que c’est ce soir…

Lentement la grande baraque se met en marche. Ses os craquent comme l’immense colonne avance dans l’obscurité. Il se dirige vers une porte et l’ouvre, mais ce n’est qu’une cuisine mal rangée. Il s’enfonce un peu plus dans le baraquement et finalement trouve une jeune femme, un peu plus jeune que l’homme, allongée dans un grand lit. Il ignore s’il s’agit de sa femme ou de sa fille, mais dans les deux cas, ça ne changera pas grand chose à ce qu’il compte lui faire - une chose que Dieu seul sait ça faisait longtemps qu’il n’avait pas fait.

Finalement, il laisse la porte ouverte et approche, repoussant dans son dos la ceinture d’arme afin que le sabre ne le gêne pas. Sa main est immense et elle vient empoigner la chevelure de la jeune fille qui se réveille dans un sursaut, jetant un regard effrayé à l’homme qui vient perturber son sommeil. Elle aimerait pousser un cri mais le regard pourpre du forban l’incite à se taire et à ne pas faire d’histoire… à moins qu’elle ne veuille passer sous la lame d’une épée. Finalement il sourit et la traîne hors du lit, la tenant par la nuque, la poussant en avant sans la ménager. Il n’est pas de ce genre, Ren le sait.

Arrivé dans ce qui ressemble au salon, il se place en face du fauteuil et son sourire crasseux est dégoulinant de mauvaises attentions. Peut-être parlait-elle simplement de lui faire un peu mal, un peu peur, mais Cerberus est un électron libre qui ne supporte pas les ordres - surtout pas les ordres d’une femme. Alors lentement il glisse sa main immense sous ce petit haut de tissu, écarte le chemisier pour en saisir le sein petit et encore ferme alors qu’il vient renifler sa gorge blanche. Le tarin collé à la peau et une main sur son sein, la seconde glisse sur ses hanches et enfin sur ses cuisses. Elle étouffe un sanglot apeuré et tremble, tremble tellement dans les mains du monstre qui n’a pas l’air de vouloir la lâcher. Lourdement il vient même mordre dans le creux de son épaule ce qui la fait gémir de douleur et verse sur ses joues les premières larmes.

L’innocence a toujours eu un goût délicieux.
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Posté dans Re: Brûle   - Mar 1 Oct 2013 - 17:12

-Ne me donne pas d’ordre, Kartal. Tu pourrais le regretter à l’avenir… Ce soir, j’t’en fais cadeau… C’est bien parce que c’est ce soir…

Elle eut un petit sourire. Elle ne croyait pas à cette bonne foi, il ne lui faisait aucun cadeau, il ne pouvait tout simplement pas résister à l’envie de malmener quelqu’un. Il s’était mis en route et ne tarda pas à revenir avec une dame gigotante. Une de ces pâlottes coquettes qui faisaient tout pour ressembler aux Matrosciennes, aussi ridicules que frivoles. Insupportables. Elle sentit le pauvre pion s’agiter sur son siège, tentant de lui lancer des regards de pitié. C’était inutile.
Cerberus opta d’une bien étrange et fort désagréable méthode pour faire parler leur bonhomme. Sans aucun scrupule, il avait défait le corsage de la femme, la touchant, la sentant, la mordant. Animal et délicieux, comme à son habitude. L’assassine déglutit. Son visage se décomposa tandis qu’elle ouvrait des yeux ronds. Ce n’était pas vraiment ce qu’elle avait sous-entendu. Elle s’était attendue à quelque chose de plus sanglant et moins charnel. Enfin, c’était un forban, elle avait été naïve de ne pas se douter qu’il agirait de la sorte. Elle détourna alors seulement la tête en soufflant d’un air contrarié. Mais elle ne dit rien, car cette indécence se révéla efficace et après tout c’était elle qui lui avait demandé. L’homme remua sur son fauteuil en geignant. Ressaisie, Ren murmura d’une voix moqueuse :

-Tu auras surement deviné que mon ami là est un forban. Il hésitera pas à violer, tuer et dévorer ta donzelle sous tes yeux, et pas forcément dans l’ordre auquel tu t’y attendras.
-Je vous en supplie, épargnez ma pauvre Shona, elle n’y est pour rien !
-Tu sais ce qu’il te reste à faire.

Sèchement, elle le força à regarder sa femme. La vision de son aimée saignant dans les bras d’un criminel allait surement lui redonner la raison. Quant à l’assassine, elle commençait à perdre patience, se sentant étrangement elle aussi incommodée à cette vue. Surement qu’elle n’était que trop peu habituée à ce genre de violent chantage. Le silence se fit long. Sa victime soupira et cracha enfin le morceau. Il changea alors toute la donne, tous ses calculs :

-Zimyad. Zimyad Kartal.

Elle lâcha sa dague, tétanisée. Ren s’était retournée, cachant son visage avec ses mains. On pouvait l’entendre répéter frénétiquement des « non » qui laissaient clairement entendre qu’elle ne prévoyait pas et n’acceptait pas ce responsable-là. Un coupable qu’elle n’allait pas pouvoir éliminer. Elle ne voulait pas en savoir plus. Sans reprendre sa respiration, dans accès d’énergie mauvaise, elle tira sa seconde lame pour égorger l’infortuné qu’ils avaient secoué. La femme avait commencé à crier, mais elle ne tarda pas elle lui faire subir le même sort, mettant un terme au divertissement de Cerberus. Son regard croisa le sien et suffit à lui faire comprendre la situation. Sans plus attendre, elle ramassa ce qu’elle avait fait tomber et quitta les lieux. Elle ne parlait pas, mais ses traits tremblants en disaient beaucoup. Les choses avaient pris une dimension qu’elle n’aurait jamais imaginée et qu’elle avait bien du mal à réaliser.
L’idée d’une vengeance avait soudain prit un aspect moins noble. Même la mort du pion lui semblait désormais fade, juste une vie de plus effacée, aucune satisfaction. Plus qu’une déception, c’était même une désillusion. Plusieurs questions émergeaient, son ventre se tordait.
Comment son propre père avait-il pu vouloir mettre le feu à sa maison, avec elle à l’intérieur ? Comment l’avait-il retrouvée ?
Elle se tourna vers le forban, posa une main qui semblait bien petite sur son bras et lâcha d’une voix blanche et maladroite:

-Je te remercie pour tout, absolument rien ne t'obligeait à m'aider. Pars si tu le souhaite.


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Posté dans Re: Brûle   - Ven 4 Oct 2013 - 18:22

Les mains du prédateur tiennent la proie et il n’est pas question de la relâcher, pas maintenant. Oui, elle n’a rien fait, et alors ? Car il faut mériter son châtiment ? Car c’est ce qu’on leur dit ? Ah les naïfs ! pense le forban, resserrant sa poigne sur la gorge de la jeune femme, repoussant vers le bas le haut de son pantalon, passant ses mains sur la courbé de ses cuisses. Il sait qu’il pourrait très bien la tringler contre un fauteuil juste devant eux, mais il sait étrangement, il pressent à la façon d’un animal en chasse, qu’il n’en aura pas le temps. A peine un nichon attrapé et un petit feulement à l’oreille de la brunette que déjà le vieux largue l’information tant désirée - qui tombe d’ailleurs comme une épée de Damoclès entre eux - et finalement, c’est la fin. Le forban ne dit rien, et si ses doigts gardent la proie entre ses griffes, ses yeux, eux, ne sont plus que pour la petite voleuse de rien du tout, cette Ren Kartal qu’il imagine faible et qu’il voit, là, brisée. Brisée par un nom qui, pour lui, ne signifie rien, mais qu’il devine être quelqu’un d’important, et quoi de plus important pour une femme qu’un homme ou qu’un père ?
Cerberus reste pour autant stoïque, comme le dernier des sphinxs paumés dans Korrul, comme le premier des soldats d’une armée de pierre. La lame est rapide, comme Ren n’a plus l’air de vouloir attendre ou de jouer, et elle n’a même pas l’air de prendre plaisir à ôter cette vie. Si elle l’ôte, c’est sans doute pour la forme, mais certainement pas par plaisir. Il la laisse faire, retire ses mains et laisse la femme à son sort. Il n’est ni protecteur, ni justicier. Ce qui arrive à chacun, chacun le subit et le vit. La mort n’est qu’une passade. Et puis merde, que Ruyn les sauve…

Ses yeux se posent sur l’assassine, et il sent sur son visage coulait les quelques gouttes de sang qui lui a sauté à la gueule. Il passe sur sa joue ses doigts, capture les quelques gouttes, et si le geste est obscène, la voleuse ne le surprend pas, trop perdue dans ses pensées. Heureusement ou non, dans les deux cas, Cerberus n’y fait pas attention. Pendant quelques longues secondes,  il regarde la femme, au sol, morte. Il la détaille, et se dit que même jeune, elle fait une morte très laide, le visage crispé et les yeux trop ronds… Pas son genre.

Finalement il suit du regard la jolie Kartal sortir dehors. Ses yeux glissent sur ses hanches avec un sourire pensif. Longtemps. Il relève les yeux sur les deux corps et grimace en voyant tant de viande gâchée. Quelle misère… Il soupire, bruyamment, et finalement la rejoint, passant le pas de la porte comme une immense montagne coincée dans un trou de rat. Il inspire l’odeur chaude qui s’élève du sable chaud de Korrul. Tout à Korrul est chaud, sauf le coeur de Ren Kartal ce soir, à l’aube d’un jour où le froid mord dans son myocarde. C’est le goût de la trahison qui pourrit la voleuse, et Cerbeurs sourit, amusé, moqueur dans le fond, car c’est un goût qui est devenu si naturel qu’il ne se souvient plus de sa morsure. Petite mélancolie pour lui aussi. Il est devenu trop insensible à ce genre de connerie. Il le sait. Il n’y peut rien. Il ne veut rien y faire non plus - dans sa situation, il vaut mieux être insensible.

Il pose ses yeux sur elle, suit le mouvement de sa main. Elle touche son bras. Elle touche plus profond dans sa chaire aussi, mais il n’en dit rien. Il n’a rien à dire à une femelle…

Je te remercie pour tout, absolument rien ne t'obligeait à m'aider. Pars si tu le souhaite.

Il semble réfléchir quelques secondes, longues, mais elle ne bouge pas, et elle ne semble que l’ombre d’elle-même. Il fronce un peu les sourcils, car ce ne sont pas des choses qu’il a déjà faite avec d’autres femelles. Il n’a jamais vraiment eu de considération avec ses promises… Jamais avec personne à vraie dire. Il gronde, et finalement lève la main, la tend et aggripa la tignasse de Ren Kartal, venant la serrant contrer lui, brutalement, sincèrement. Il a ces bras qui jurent de par leur seule présence de toujours être là, et s’il n’y pense pas vraiment, dans le fond, il sera toujours là, car Cerberus est une ombre qui tâche, une ombre qui traque et qui ne lâche jamais. Et elle le sait.

Hey… Il hésite, quelques secondes, puis soupire, fatigué, car c’est bien la première fois qu’il réfléchirait avant de parler à une de ses femelles : S’tu veux, j’le crève. Il la regarde, car elle relève le nez. Ton daron. J’le descend. J’l’éparpille… Il a voulu t’foutre l’feu, j’vais l’allumer si tu veux. S’il te rend…Il fronce les sourcils car le mot bloque. Il ravale sa salive, difficilement : …maussade.

Maussade, car ça vaut toujours mieux que triste. Finalement le forban donne de petites claques sur la joue de la mioche, l’air terrible.

T’es fatiguée, t’dois dormir. S’tu veux, j’connais une auberge, plus bas, qui r’garde pas trop sur qui rentre, qui sort…

Il se demande sur le moment ce qui le pousse à être aussi sympa, et puis finalement, il se dit que c’est le fait de ne pas avoir à pouponner Eurystée. P’t’être bien que ça lui manque. Ça, ou le fait de tringler, au choix.
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Posté dans Re: Brûle   - Ven 4 Oct 2013 - 21:03

Une étreinte, aussi inattendue que brutale. Agréable aussi, elle retrouvait là ce corps vigoureux qui l’avait déjà serrée auparavant. Elle s’abandonna à lui certain moment, blottie sans rien dire comme une gamine qu’on consolait d’une terreur nocturne. Ren ne voulait plus penser à rien mais la tâche lui était impossible. Elle s’autorisa à laisser s’échapper quelques discrètes et nerveuses larmes, qui s’épongèrent vite sur la chemise du criminel.

-Hey… S’tu veux, j’le crève.

Son ton était inhabituel, elle releva la tête, le fixant d’un regard intrigué, un peu ravivé. Certes la proposition ne l’intéressait pas, aussi aigrie et haineuse qu’elle était, elle ne voulait pas la mort de son père, seulement un règlement de compte. Elle resta néanmoins attentive à la suite.

-Ton daron. J’le descends. J’l’éparpille… Il a voulu t’foutre l’feu, j’vais l’allumer si tu veux. S’il te rend… maussade.

La Korrulienne haussa les sourcils, ne sachant comment réagir à ça. Si elle avait pensé un jour que Cerberus, ce forban qu’il l’avait insultée, frappée et troussée sauvagement contre un mur lui dirait cela et sur ce ton, elle aurait surement éclaté de rire. Visiblement conscient de son ahurissement, il lui tapota la joue et ajouta :

-T’es fatiguée, t’dois dormir. S’tu veux, j’connais une auberge, plus bas, qui r’garde pas trop sur qui rentre, qui sort…

Peut-être que c’en était trop d’un coup de sa part. La seule réaction à vif qu’elle eut fut de l’embrasser, avec une certaine vigueur, sa gorge et son estomac serrés, longtemps insatiable. Elle se sentait stupide et manipulable d’agir ainsi, mais à cet instant elle était confuse, crevée et dépitée, la moindre de ses réactions et sensations étaient démesurées. Ce genre de soutien, même venant d’un monstre de forban était plus que bienvenu. Pire encore c’était justement cette nature monstrueuse momentanément enfouie au profit de cette étrange tendresse qui la désarmait. Ses grands bras étaient excessivement confortable, elle n’avait plus envie de partir mais ne voulait pas se laisser se capturer non plus, car les étreintes des hommes comme lui se transformaient bien vite en cage. L’assassine n’aimait pas se voir agir de la sorte. Elle savait qu’elle n’était qu’un divertissement pour lui, mais malgré cette conscience, elle n’était capable que de jouer le jeu. Elle posa son nez sur le sien, en profita quelques secondes et souffla :

-Tais-toi. Tais-toi je t’en prie.

Elle avait un sourire tiré et les yeux cernés, mais une trace d’amusement était discernable dans ses pupilles. Ren recula, à regret, mais ne voulait pas jouer les petites choses plus longtemps. C’était un peu contre ses principes tout ça. Principes que Cerberus avait l’air de prendre un malin plaisir à piétiner, d’ailleurs. Elle ne savait jamais quoi penser de lui. Il outrageait, violait, torturait et tuait, mais la minute d’après se retrouvait à avoir des attitudes décontenançante, des accès d’affection. Alors qu’elle avait grand doute qu’il soit vraiment capable d’éprouver une quelconque forme de dite affection. Et elle, elle tombait les deux pieds dedans. Elle, la démone de Penjoie qui faisait tourner les gens en bourrique pour son propre plaisir, riait des faibles, méprisait la moindre autorité et se jouait des lois. Bien sûr, elle avait besoin d’une pause, mais pas avec des gens comme lui. Si elle se débarrassait de l’étau qui lui serrait le cœur à l’instant, il le boufferait cru.
Elle se mit alors en route dans la direction indiquée. L’œil errant et marchant irrégulièrement, à une certaine distance devant lui, elle avait encore l’impression d’être au milieu d’un cauchemar, lors de ces instants de flottements surréels. La ville était trop calme pour elle, comme si rien ne s’était passé. Il devait être un peu plus de quatre heures du matin mais l’air restait lourd. Tout cela était une pire sensation que les ivresses épouvantables qui vous déconnectaient de la réalité sans vous offrir la moindre bribe d’extase.
L’assassine connaissait bien l’auberge en question. C’était une de celles où elle recevait ses contrats. Pour être peu regardant, le patron était même qualifiable d’aveugle volontaire. Et la clientèle si peu fréquentable qu’elle pouvait hurler qu’elle allait égorger un commerçant d’ici quelques heures, rien n’en ressortirait. Machinalement, elle entra, oubliant presque qu’elle était accompagnée. Il restait peu de monde dans la pièce principale hormis quelques bonshommes ivre morts, dont un habitué qui pour sa plus grande horreur l’avait reconnue :

-Heeey ! R’gardez, la Kartal a enfin viré catin !
-Ta gueule.

Le ton était celui d’une morte-vivante, pur produit de lassitude et de fatigue. Ses mains, elles, ne connaissaient jamais de baisse de régime. Tout naturellement, de sa main droite elle l’avait menacé de sa dague et de la gauche s’était saisie de la houka posée sur sa table, d’où émanait une douce fumée familière. Aucune opposition, la simple présence de Cerberus avait dû suffire à lui couper toute envie de riposte. Elle s’avachit sur une banquette en fond de salle et posa le narguilé sur la table basse, comme une prise de guerre. En s’installant, la jeune femme fut parcourue d’un frisson mauvais qui lui secoua les muscles, comme pour la glacer d’un seul coup. Elle soupira et se ressaisit, aspirant une bouffée pour se décontracter et emplir ses poumons de la chaude et parfumée vapeur. Ren reposa sa tête en arrière et s’autorisa enfin une vraie trêve, fermant les yeux pour essayer de se relâcher enfin, chose impossible depuis ces longues heures où elle était sous haute tension.
Laisser s’envoler les cendres, laisser s’envoler la rage. Mais persistait au creux de son ventre comme une boule d’énergie noire et nerveuse.
Elle rouvrit les paupières. Cerberus n’était plus à ses côtés et elle avait une très mauvaise impression, tandis qu’elle le cherchait du regard. Cette nuit était interminable.


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Posté dans Re: Brûle   - Sam 5 Oct 2013 - 6:24

Quand il la voit se rapprocher, il ne bouge pas. Il reste comme ça, suspendu dans un ailleurs, silencieux, et finalement répond avec toute sa sauvagerie et son animalité au baiser qui se veut corsé mais passioné également, un fameux mélange entre les deux caractères. Il ne la sert pas car il sait que les créatures de Korrul ne sont pas faite pour les cages et que s’il a l’habitude, avec Eurysthée, d’imposer aux beaux oiseaux des barreaux d’or, Ren Kartal n’est encore pas assez pour lui pour en faire quoi que ce soit. Elle est cette petite créature qui est là, pendue à ses lèvres, les joues un peu rouges et le souffle un peu court. Leurs deux corps sont si proches et leurs esprits pourtant si éloignés. Il sourit, bêtement, moqueur comme à l’habitude alors qu’elle lui donne encore un ordre, mais se rattrape aussitôt. Le monstre de forban gronde tout bas, et ses grandes paluches se détachent petit à petit de la môme qu’il sent se remettre en marche. De pas beaucoup car les batteries sont déchargées, mais assez pour se traîner jusqu’à l’auberge. Lui-même la suit, de loin, de quelques pas en arrière, pas pressé, pas lent non plus. Il profite, hume l’air chaud et lourd qui traîne sur les terres de Penjoie. Dans le ciel, les dernières volutes de fumée noire indique la mort du feu… Mais quoi qu’en en dise, il rester toujours des braises quelque part.

Il pousse finalement l’entrée, les portes grincent mais l’accueillent comme une femme, dans un claquement métallique, comme un “ça faisait longtemps”. C’est dire que le forban n’aime pas vraiment à traîner dans les endroits des saoulards - les tavernes forbanes, du Volcan, sont à ses yeux plus chaleureuses et moins chères… Même si elles sont, finalement, du même gabarit.

Y en a qu’ouvre sa gueule, mais Cerberus ne relève qu’à peine les yeux sur lui. Son air est entre deux eaux. Doit-il s’énerver, l’attraper et le secouer jusqu’à qu’il regrette ? Ou tout simplement laisser la môme faire, car après tout, on parle de son cul ? Il lève les yeux au ciel, ailleurs un instant, puis finalement s’échoue sur la banquette qui est d’un vieux velours rêche. Il ferme les yeux un instant et souffle, car finalement, à par avoir marcher et tâter la marchandise, il n’a pas fait grand chose de sa nuit, et y a toujours ce petit monstre dans le creux de son bide qui en demande, du sang, de la violence, d’un petit quelque chose dont il est accro. L’adrénaline, qui sait !

Son regard se pose sur Ren qui est accrochée au bec du calumet, et inspire à s’en faire péter les poumons la fumée. C’est ironique quand on sait que la fumée a failli la tuer quelques minutes plutôt, se dit le forban sans en piper mot. L’image est assez délicate pour ne pas avoir à la briser en parlant. Après tout, elle lui a demander de se taire, et c’est une chose que Cerberus peut faire facilement. Se taire. Il n’est pas bavard, et c’est tant mieux, car il n’y a que des conneries qui lui traversent l’esprit, notamment celle qui lui ordonne de se lever et d’aller péter la gueule à ce macaque sans dent et ivre au comptoir qui lorgne sa femelle avec les yeux du prédateur. Dans cette écurie, y a qu’un seul étalon. Dans cette jungle, c’est lui le roi, pas l’autre connard. C’est ce qu’il pense sur le moment, mais en même temps, faut-il absolument montrer qui a la plus longue à chaque sortie ?

Il hésite…

Oui. Oui, il le faut. Il est forban, pas mastrooscien, nom de Ruyn !

Doucement finalement, alors que la gamine est ailleurs, se perd dans les désirs nécrosés d’une vengeance sans goût, il se lève, comme un roc, comme une masse; Il est une montagne montée sur des échasses, et ses jambes sont les deux colonnes d’Atlas. L’ivrogne le sait bien et c’est pour ça qu’il se ratatine - lui et ses noix - contre le comptoir, déviant sitôt le regard de la petite pimbêche qui a déjà du le plumer, parce qu’il n’a pas envie de connaître l’ampleur de la sauvagerie forbane.

C’est con, car Cerberus a toutes les envies du monde de le lui montrer ce soir.
Il avance dans le bar, et finalement il pose sa paluche d’ours sur l’épaule du type, et la sert. Un petit couinement sort de la bouche de rat du type qui relève le nez, avec cet air crispé, entre la colère et la terreur. Il connaît bien ce regard, il l’a déjà vu cent fois et s’en délecte à chaque fois. Cerberus ricane. Son corps est un arme et l’ivrogne, lui, n’a que ses yeux pour pleurer.

T’as un soucis, bande-mou ? T’trouves pas qu’ta bière est assez intéressante ? J’trouve, moi, qu’tes yeux font trop d’aller-retour, et j’aime pas ça, les girouettes, alors si t’ravales pas un peu ta virilité, j’te l’arrache et j’te la fais manger… Littéralement.

Le type devient blanc comme neige, et autant dire que dans le désert, ça fait tout drôle.
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Posté dans Re: Brûle   - Sam 5 Oct 2013 - 7:40

Elle fouilla la pièce des yeux et soupira en le voyant enguirlander un type au comptoir, très probablement pour un regard trop insistant ou un sourire de travers. Elle ne s’étonna de rien. En vérité, elle n’en avait pas grand-chose à faire. Il pouvait le démembrer sur place, elle n’était même pas sûre qu’elle hausse un sourcil. Sa violence et sa bestialité ne la surprenait déjà plus, même si elle devait avouer qu’une partie d’elle aimait le voir dans cet état. Ren inspira les dernières taffes de sa houka, se leva, un peu engourdie, et se dirigea vers le tenancier, qui visiblement se maudissait de se charger des tournées de nuit. L’assassine n’était pas sûre d’avoir assez de monnaie pour sa chambre et en profita pour détrousser discrètement la victime de Cerberus, visiblement terrorisé par les exotiques menaces du forban. Accoudée sur le meuble, elle adressa un regard entendu à l’aubergiste, qui semblait presque aussi désabusé qu’elle.

-Faites pas gaffe, il est tout le temps comme ça. Il vous reste des chambres ?
-Z’avez de la chance mamzelle, y’en avait plus qu’une de libre.

La Korrulienne négocia un certain moment le prix de la nuit, rapiat jusqu’au bout des ongles. Si elle pouvait économiser le moindre sou, elle ferait tout pour, elle avait désormais mille fois plus raison de le faire qu’avant. La jeune femme monta à l’étage, laissant le forban martyriser les clients, l’oublia, tandis qu’on lui montrait là où elle logerait. Elle s’était sincèrement attendue à pire. C’était sommaire, un peu abîmé, mais propre. Les draps étaient sans vermine, fraîchement lavés. Ça lui suffisait. Au point où elle en était, elle aurait presque pu dormir en bas, sur la banquette que cela ne l’aurait pas dérangée. Elle ferma les yeux, respirant pour profiter de ce calme. Sans plus réfléchir à rien, elle se déshabilla pour se débarrasser de ses vêtements poisseux, mais la porte s’était ouverte à l’instant, la faisant de suite se saisir de la couverture pour s’enrouler dedans. Bon sang, on lui avait pas filé une clef pour rien, elle était tellement hors service qu’elle en oubliait même ces détails-là. Sa tête allait finir par imploser, à la fois par la fatigue et l’énervement, deux émotions trop opposées pour cohabiter.


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Posté dans Re: Brûle   - Sam 5 Oct 2013 - 9:50

L’gars s’excuse comme une sous-merde, et il a tout intérêt car vu la gueule du forban, lui tenir tête aurait été la signature d’une mort possible. Finalement, Cerberus suit du regard Ren car elle s’éloigne, et l’gars lui aussi la suit du regard, alors pour la forme - et surtout car il en a envie - il lui fout une baffe sur la tronche, de celle qui secoue et marque. L’ivrogne tombe le cul sur le sol, l’air ahuri, un peu sonné. Son copain d’beuverie se lève, lui aussi, et Cerberus n’a qu’à relever le menton et sifflait entre ses lèvres pour que ses petites noix se ratatinent et qu’il recule, baffouillant un petit truc.

Si tu bouges, mec, j’t’ouvre en deux et j’te bouffe l’foie…

Le pécore vient de lâcher un pet de peur qui sent la mort. Cerberus grimace, dégoûté sur le moment. En fait, c’était p’t’être pas qu’un pet, mais ça, le forban, aussi dégueulasse soit-il, ne veut pas l’savoir.
Finalement le forban tourne le dos, sans crainte, et se dirige vers les escaliers. Dans le petit colimaçon de bois, il attrape d’une main le patron qui lui indique, pas inquiet, la chambre de la donzelle. Pas sûr qu’il soit avec elle, mais bon, dans le fond, vaudrait p’t’être pas trop l’énerver le clébard.

Cerberus finit par trouver la porte, l’ouvre, la referme. A clef. Parce qu’il faudrait pas non plus qu’on vienne le saouler avec cette histoire à la con. Il détache sa ceinture sans jeter un regard à la môme, jette sur le lit son cimeterre qui luit, puis le haut - seulement le haut. Car on a jamais idée d’avoir l’air aussi con la nuit que de se lever le cul nu pour mettre une dérouillée au premier connard du coin.

Là, il fait quelques pas et finalement se glisse sans trop de douceur dans le lit. Il hausse un sourcil et finalement sa main se glisse sous le drap, effleure une peau. Il n’arrive pas à deviner s’il s’agit d’un nichon, d’une fesse ou d’un bourrelé - faut dire que dans les trois cas c’est plutôt plat chez Kartal - alors finalement il l’agrippe et l’attire vers lui pour s’en servir comme d’un reposoir. Là, il plante son menton sur le haut de la tête de la gamine et baisse les paupières, prêt à pioncer. Enfin, presque.
La tentation était forte, il glisse ses doigts sur sa hanche. Dans l’obscurité, il ne la voit pas, encore moins car elle est contre lui, mais il sent un tressaillement, un frisson. De plaisir ou d’horreur, au choix.

Tu tirais la tronche quand j’tripotais l’aut’ gueuse… Il sourit, l’air un peu fier, un peu con aussi, mais Cerberus est un fin mélange des deux : un con fier, de la pire espèce. S’toi qui m’a dit que j’devais l’faire parler… Puis façon, j'ai deux mains...

Il baisse le nez, renifle son crâne dans un petit ronronnement. Son sourire est lubrique, mais ça, Ren Kartal n’a pas besoin de le savoir.
A la limite d’ailleurs, il ne fait pas grand chose. Il pelote, mais plus n’a pas l’air de l’intéressé. Pas encore. Peut-être demain, quand il en aura fini avec cette vilaine blessure aux côtes qui le tiraillent depuis l’attaque forbane...
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Posté dans Re: Brûle   - Sam 5 Oct 2013 - 13:13

Emmitouflée dans sa couverture, elle fut à la fois soulagée et crispée de voir qu’il s’agissait de Cerberus. Ren lui tourna le dos en voyant qu’il se désapait, serrant les dents en craignant qu’il ne réclame son dû, à la forbane. Il était envisageable qu’il lui demande de le remercier comme il se doit, mais elle n’était pas d’humeur. Il s’était glissé sous les draps, elle le senti la frôler, puis l’attraper brusquement, lui tirant un petit cri presque inaudible. Serrée contre lui et sentant son torse nu contre son dos, elle se demandait quand la situation allait tourner au vinaigre. Elle sursauta en sentant sa main parcourir les courbes de son flanc et de sa hanche, mais il ne se passait rien de plus pour le moment. La jeune femme se cala, appréciant finalement d’être enlacée de la sorte.

-Tu tirais la tronche quand j’tripotais l’aut’ gueuse… S’toi qui m’a dit que j’devais l’faire parler… Puis façon, j'ai deux mains...

Etonnée, elle hausse un sourcil. Il avait donc remarqué alors qu’elle n’avait pas voulu trop le laisser transparaître. L’assassine le prit comme une excuse, même s’il ne devait probablement pas considérer cela comme un dérapage, mais plutôt s’intriguer de la réaction qu’elle avait eu. Avec un petit sourire, elle se retourne et se blottit finalement contre lui, le visage enfouit contre son cou. Elle conclut l’affaire d’une simple phrase :

-Je sais, y’a pas besoin de rediscuter là-dessus.

Ils n’échangeaient aucun mot de plus, appréciant seulement le doux et chaud contact de leurs peaux. La Korrulienne frémissait d’abord sous ses mains, craignant un assaut dont elle n’aurait pas assez d’énergie et de cœur à subir. Il n’en fut toujours rien, elle le sentait détendu, calme, même sous les baisers qu’elle déposait sur son épaule et le coin de ses lèvres. Elle se relaxa à son tour et ferma les yeux, ronronnant sous ses caresses avant de prendre sa main pour entremêler ses doigts aux siens. Lasse et enfin en confiance, elle se laisse emporter par le sommeil, bercée par cette délicieuse étreinte, qui la consolait presque de cette éprouvante nuit.
Mais demain ne promettait rien de reposant non plus.


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Posté dans Re: Brûle   -

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