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Sur la voie du guérisseur.

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Posté dans Sur la voie du guérisseur.   - Ven 11 Oct 2013 - 15:46


Devant ses yeux, le soleil se lève enfin. Elle sourit, car il est à peine l’aube. Le ciel s’éclaire, et les doigts éparses de la rosée retombent sur toutes les Erfeydes. Elle, elle est déjà debout depuis quelques heures. La vie d’un trappeur est la vie d’un reclus, de celui qui court après le soleil mais toujours doit le devancer. C’est toujours aux heures encore sombres du petit jour que l’on trouve les meilleures fleurs, encore vives et à peine écloses. C’est aussi à ces heures que l’on ne croise pas encore le prédateur endormi, et que l’on peut croiser la proie somnolente.
Sous l’oeil du nouveau jour, elle plonge finalement sa main dans une motte de neige et en extirpe quelques sauveuses d’âmes aux lueurs presque éteintes qu’elle met sagement dans la petite sacoche qu’elle traîne sur son dos. Elle est encore jeune la petite Hermine du haut de ses quinze ans, mais elle s’y connaît mieux que la plus part des jeunes. Il faut dire qu’en tant qu’ancienne déserteuse, elle n’a pas eu le choix que d’apprendre. Là dessus, elle jette un oeil à sa récolte et sourit, satisfaite. Elle a quelques fruits d’albus, de nombreuses sauveuses d’âmes, quelques pétales et pistils de svenga - notamment des violets, et enfin un bon kilos de balbuties. Cette semaine a été calme il faut dire, et elle est partie depuis cind jours entiers. Elle a bien évidemment avertit Fjölan, et cette dernière n’a rien dis. Elle l’a regardé d’un oeil sévère - un seul - et puis a haussé les épaules, à peine intéressée.

Là au milieu de la neige et du froid, elle se rend compte que c’est son élément, sa vie entière pour des glaciers et des falaises à perte de vue. Elle inspire profondément car elle a froid, mais la brûlure qui lui ronge la peau est délicieuse.
Au dessus de sa tête, un oiseau piaille. Le soleil est maintenant à vue. Il est temps de redescendre avant que la neige ne se réchauffe et ne commence à glisser.

Alenoä attend.

Les pas de l’archère se font profonds dans la neige mais rapides malgré tout. Par habitude, elle ne cherche pas à lutter contre le poids qui l’enfonce dans son élément mais joue avec son poids et son équilibre pour ne pas jamais trop s’enfoncer. Ses cuisses, fines mais musclées, l’aident et sa robe ouverte sur les côtés également. Elle avance à grand pas, en silence, avant d’atteindre finalement le bas de la falaise. Son wyrmide l’attends et la fixe de ses grands yeux ronds. Il est impatient et piétine. Ou est-ce que c’est à cause du Strix qui est perché en hauteur ? L’archère ricane alors qu’elle grimpe sur l’écailleux qui pousse un petit sifflement serpentin.

Qu’attends-tu ? Le wyrmide siffle et piétine. Non… On ne tuera pas le strix… Il siffle de nouveau, de ce petit air désespéré. La faim le prend. Elle lève les yeux au ciel et finalement et finalement décroche de son épaule l’arc à la dent accérée. Elle bande ce dernier, et sa flèche glisse entre ses doigts. Un oeil fermé, l’autre ouvert, fixemment. Le wyrmide entier cesse de bouger ou de respirer. Un petit fssssh rapide et déjà la flèche touche la cible, transperçant le strix qui tombe dans un petit urrrg guttural. Il chute et le wyrmide le rattrape aussitôt dans sa gueule, mais une claque sur le museau le rend plus patient comme Hermine arrache du corps du piaf la flèche à présent ensanglantée. Sois un peu patient, morfale !

Le wyrmide secoue la tête en signe de mécontentement, mais finalement se soumet en se taisant. Le temps pour l’archère de ranger sa flèche dans son carquois d’os et son arc à l’épaule. Là elle fait glisser par dessus l’épaule du wyrmide le poulet, s’accrochant à la selle afin de ne pas gringoler quand le reptile commence à descendre la neige, cherchant en même temps à engloutir le pauvre oiseau.
Il faut encore quelques longues minutes pour atteindre le premier campement, et enfin cinq bonnes heures pour atteindre l’orée du village de Pleyrion. Le sourire fin sur la bouche de la jeune Hermine montre à la fois sa fatigue des cinq derniers jours passés dans les steppes, tantôt aux glaciers, tantôt aux falaises escarpées, mais une fatigue dont elle est fière et qui la laisserait presque assoiffée de plus.

Tout doux, tout doux…

Le wyrmide se calme et ralentit sa course quand ils passent l’orée et entre à l’intérieur du village. Il connaît bien le chemin, et si elle n’a qu’une hate, qu’il cesse de rebondir sur le sol et la pose sur la terre ferme, elle ne lui donne aucune indication. Il retrouve de lui-même, par la mémoire, le laboratoire de la guérisseuse. Alenoä. Ses yeux gourmands se posent même sur le petit potager, mais à peine reniflé, aussitôt reculé : rien à voir avec de la bonne viande, voilà qu’on fait pousser du vert dans la terre ! Hermine ricane de nouveau, amusé par le jeune wyrmide qu’on lui a donné à son entrée dans la faction des Shaas et qui, malgré les déplacements, n’a toujours pas compris.
Descendant de la bête, elle s’étire et attrape sur son dos le paquetage soigneusement plié et replié encore sur lui-même, un paquetage valant bien cher de par les fleurs que la jeune trappeuse ramène. A elle, il lui importe peu de savoir que les plantes sont rares ou sont chères, c’est celles que la guérisseuse lui a demandé et ceux sont celles qu’elle lui ramène tout naturellement. Sans chercher à discuter ou quoi que ce soit, elle s’avance comme à son habitude et passe le pas de la porte de la baraque de bois.

Ses yeux d’or tout d’abord se posent sur Grim comme il est là, et il marche, faisant des allers retours. Elle a un petit sourire de fouine, plongeant dans sa poche sa main et finalement en sort une petite poche qu’elle lui jette entre les pattes.

Eh voilà ! comme promis la dernière fois, je t’ai ramené des Voiles de Neige² ! Mange-les doucement, alors sinon tes dents vont rester coller et vont devenir toute noire, comme celle d'Higgeburg le Laid...  

Un petit sourire sur le minois d’ange de la jeune fille alors que ses yeux cherchent aussitôt Noä, sans l’apercevoir. Hermine penche la tête.

Alenoä n’est pas là ? Elle demande, au hasard, déposant à ses pieds le paquetage qui pèse bientôt presque autant qu’elle-même. Elle est dans le labo’ ? Elle osculte quelqu’un ?

Le minois d’ange du petit démon reste neutre. Ca ne la dérange pas. Bien sûr elle est fatiguée, bien sûr elle en a plein les pattes, mais elle a toujours trouvé ça plus rassurant d’être fatiguée d’avoir fait quelque chose que d’être fatiguer à ne rien faire à vraie dire. Elle qui ne supporte pas de rester en place après tout…

______________________

² Voile des Neiges : il s'agit d'une préparation à base de lait d'howok, de pistil jaune de svenga, d'un peu de sucre blanc tenu par un bâton fait de sève d'arbre au goût de miel, à savoir de la sève de pinakküra. Le glaçage qui le rend un peu piquant est fait maison.
Très calorique pour peu de chose, a le don d'être très dur à croquer mais de fondre avec la salive, laissant un goût très sucré sur le palais. Calme les maux de ventre aux dires de certains ... ou peut-être est-ce juste par gourmandise ? Il laisse une bonne haleine goût miel, mais à la longue fait perdre les dents et les rend noir !
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Peuplade

On m'appelle Grim Hagen


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Posté dans Re: Sur la voie du guérisseur.   - Sam 12 Oct 2013 - 18:28

Cette fille s’appelait Hermine. Elle le lui avait dit à l’oreille la dernière fois, juste avant de lui promettre mille friandises. Des Voiles des Neiges par dizaines, soigneusement enfermés dans un petit sac en toile qu'Alenoä ne devra jamais trouver.  

Plusieurs fois par mois, Hermine rendait visite au village pour vendre des plantes médicinales à la Guérisseuse. Lorsque la glace venait à manquer au dispensaire, il lui arrivait même de proposer ses services et d'user de son Lien pour recongeler la cave.
C’était une très jolie fille, avec des cheveux blancs comme la neige et deux grands yeux dorés. Elle était intelligente, un peu maigrichonne et possédait deux petits seins minuscules. Quand il serait grand, Grim comptait bien se marier avec une fille comme Hermine : à peine capable de porter un Jölgalt sur ses épaules, du genre pas bien méchante et surtout, le plus important, une femme qui lui ramènera chaque soir plusieurs sachets de Voiles des Neiges, sa friandise préférée. 

Cette fille aux cheveux blancs, c’était son tout premier amour.

- Elle est partie dans la réserve juste avant que tu arrives, lui répondit-il timidement, la tête baissée. Je l'ai entendu dire qu'elle manquait de...

Il essaya de se rappeler du mot que son Maître avait prononcé, mais il n'y parvint pas. Comment pouvait-on mémoriser des termes aussi compliqués ?

- Et puis, aussi de...du...quelque chose comme ça...Tu comprends ? Elle en donne au monsieur qui n'arrête pas d'hurler qu'il a un gros Shaas dans le nez.

Rougissant, il détourna subitement le regard et joignit ses mains dans son dos. Gesticulant comme un enfant honteux, voire impatient, il espéra silencieusement qu'Alenoä ne mette pas plus de temps à revenir de la réserve. Si Grim aimait beaucoup la jolie Hermine, il ne supportait pas de rester trop longtemps seul en compagnie d'étrangers.
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On m'appelle Alenoä Osfrid


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Posté dans Re: Sur la voie du guérisseur.   - Dim 13 Oct 2013 - 14:11

Alenoä soupirait. Elle parcourait les étagères de sa réserve, ses yeux se posant successivement sur chaque étiquette, chaque contenant. Désespérément, elle cherchait quelque chose pour remplacer la sauveuse d'âme si rare qui entrait dans la composition de la seule tisane qui réussissait à redonner un semblant de lucidité au vieux Hendrik. Il n'arrêtait pas de hurler dans un délire sans fin, depuis qu'il était revenu au dispensaire après une crise de démence, et le visage froissé de Noä portait les marques d'une nuit passée à lui redonner régulièrement des somnifères pour éviter qu'il ne réveille toute la maisonnée, dans laquelle de nombreux autres malades devaient tout de même se reposer avant de pouvoir reprendre leurs activités quotidiennes.

La poudre de sauveuse d'âme avait été la clef du problème, comme la guérisseuse l'avait redouté. Elle n'avait que peu de réserve de cette plante, qui ne poussait qu'à flanc de falaise, un endroit où elle ne pouvait pas aller en chercher elle-même. La jeune femme se mordit la lèvre inférieure. Il était grand temps que la petite Nibelungen revienne, au vu des quantités restantes. Un nouveau soupir, et elle empoigna le bocal, avant de quitter la réserve, sans manquer de la refermer à clefs. Plus que jamais, il était important de garder l'endroit hors d'accès, à présent qu'il y avait un enfant dans la maison.

Un enfant... En boitant vers son laboratoire, Alenoä sentit son coeur se serrer. Il était son apprenti, parce que Halfred Hagen s'inquiétait de la voir prendre de l'âge – devait-elle se sentir vexée, du haut de ses vingt-cinq hivers... ? - sans enfanter un successeur.... Il n'était pas de son sang, il n'était pas son petit, et poser les yeux sur lui était comme raviver la douleur de son infertilité. Elle serra les dents. Cela passerait, comme le reste, ce n'était pas de la faute du gamin après tout. Noä était adulte, elle devait se comporter comme telle, sans pénaliser le petiot qui n'était pour rien dans la détresse de son maître.

Sur le chemin vers son laboratoire, une scène agréable l'attendait, venant briser net ces noires ruminations, sans doute engendrées par la fatigue. Un nouveau soupir, mais la note n'était pas la même ; soulagement. Hermine était là. Alenoä s'approcha des deux enfants – certes, l'un étant plus enfant que l'autre, mais la jeune fille était si petite, si menue... - avec son éternel boitillement. Elle passa une main dans les cheveux de Grim, geste d'affection un peu raide, tendresse pas encore sincère, bloquée par sa douleur. C'était encore trop tôt, mais elle se forçait, elle s'appliquait.

« Bonjour Hermine. Je suis vraiment contente de te voir. » Son visage aux traits tirés s'illumina d'un sourire sincère. « Tu as trouvé tout ce que je t'avais demandé ? »

Elle en avait l'espoir. Parce que de ces plantes pouvaient dépendre la vie de beaucoup de gens, ou plus simplement l'intégrité de son sommeil, comme dans le cas d'Hendrik. Et du sommeil, chacun à Pleyrion savait qu'Alenoä en manquait cruellement, mais qu'elle ne daignait jamais s'en octroyer. Trop de vies à sauver. Alors elle buvait des infusions, et elle continuait, chaque jour avec des cernes un peu plus grands. Il aurait fallu qu'elle mange, aussi, mais elle n'avait pas faim. Un jour, disait-on dans son dos, Alenoä tomberait malade, et ce serait là un bien grand problème pour tous ceux qui comptaient sur elle.
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Posté dans Re: Sur la voie du guérisseur.   - Dim 13 Oct 2013 - 16:49


Le regard de la jeune fille reste sur le petit Grim comme il gesticule, comme s’il n’était pas à l’aise. Ce n’est pas faute d’essayer de s’attirer ses faveurs - dans le meilleur sens du terme. Hermine est une jeune fille tout ce qu’il y a de plus posé et pacifique. Enfin, entendant par là hors du champs de bataille. Comme si le démon restait là bas, sur les steppes gelées, et qu’il ne revenait que l’étrange petite fille au sourire doux et aux yeux brillants comme deux pièces d’or figées. Elle est entière pour autant, droite, sa main tenant fermement son sac.

Dans la réserve, mh… Je vois…

Son sourire est moqueur, mais c’est qu’elle l’est souvent, un peu moqueuse. Certains la disent arrogante. Elle pense que c’est davantage une carapace contre certaines remarques déplacées.
Depuis son retour des plaines et du village, on ne l’embête plus trop, mais elle sait qu’une fois que les faits d’armes se seront tu, on recommencera. Elle ne leur en veut pas. Elle s’en moque, et ça se voit. Pour l’instant.

Là, un bruit la tire de sa contemplation et son regard d’or croise celui d’Alenoä. Un petit sourire patine sa figure, plus sincère.

Bonjour Hermine. Je suis vraiment contente de te voir. Tu as trouvé tout ce que je t'avais demandé ?

En effet, elle a l’air contente. Et elle le sera encore plus quand Hermine lui montrera tout ce qu’elle a pu dégoté, et tout ce qu’elle ne lui avait pas demandé mais qu’elle a eu la chance de trouver malgré tout. Comme quoi marcher dans la neige au hasard a du bon.

Là la petite main de la fée détache la ficelle et elle sort un premier paquet qu’elle déplie. Il y a dans le petit sac fait en panse d’howok imperméable une trentaine de tiges de sauveuses d’âmes qu’elle tend à la guérisseuse afin qu’elle en vérifie autant la qualité que la fraîcheur :

J’en ai une cinquantaine environ, peut-être un peu plus, et une quinzaine de séchées et réduites en poudre déjà. Pour le reste, j’ai réussi à dégoter quelques pistils également.

Sa main plonge dans le grand sac qui fait presque sa taille et que le wyrmide a du porté tout le long du trajet. Là, quelques bocaux qui renferment d’un côté les pistils violets des svengas, et de l’autre les pistils jaunes, plus nombreux. Dans quelques fiolines, Hermine a même pris le pari de récolter leurs sèves qui aident aux ongents. Et enfin, un dernier paquet qui contient en masse des pétales ceuillis deux par deux sur les fleurs qu’elle a croisé. Cinq jours pour une excellente cueillette, mais la cueillette est facile quand on connaît bien les environs.

J’espère que ça ira. Dans le cas contraire, Fjölan m’a laissé champs libre jusqu’à la lune nouvelle prochaine, alors j’aurais encore un peu de temps pour faire de meilleurs stocks. J’ai aussi des baies, et des branches d’albus si tu as besoin d’écorce. J’ai quelques autres fleurs, mais bien moindre. Les glaciers étaient inaccessibles à cause des neiges.

Elle se tait, puis soupire :

Enfin, au moins tu as assez pour tenir une semaine s’il n’y a pas de grabuge…

Un nouveau sourire sincère qui se dessine. Elle espère que ça sera au moins assez.

Là elle tend à Grim les deux grands bocaux de verre qui contiennent les pistils. Bien sûr il faut y faire grand attention car ce n’est pas une chose que l’on récolte facilement, mais ça le petit Hagen doit le savoir, pas vrai ? Les yeux de l’archère guettent, perplexe un instant, et ne lâche pas les pots tout pendant qu’il n’assure pas sa prise.

Pas question de retourner aux glaciers avec les déserteurs qui y trainent.

Avec son père aussi près.
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Posté dans Re: Sur la voie du guérisseur.   - Mar 15 Oct 2013 - 17:17

Pour qui ne connait pas le domaine d’Alenoä, le décor pouvait sembler curieux. Tous les murs étaient recouverts d’étagères sur lesquels reposaient des bocaux, ramequins et autres récipients transparents, comme si elle en faisait la collection. Il y en avait partout ! Mais les plus importants, ceux auquels on ne peut accéder sans être en possession d’une clef bien spécifique, étaient soigneusement rangés dans la réserve. Chaque pot était étiqueté avec un nom et une date.
Depuis peu, Alenoä lui avait appris à écrire les mots qu’elle lui épelait, car s’il connaissait presque toutes les lettres que contenait sa langue, ses connaissances en botanique laissaient sérieusement à désirer. Il rêvait déjà du jour où il ne dépendrait plus d'elle pour faire l'inventaire.

Grim observa avec curiosité les deux récipients que lui avait confié la gentille Hermine. Leur contenu lui disait vaguement quelque chose, mais il ne parvenait pas à s'en souvenir, même après avoir écrit son nom plus de trois fois ces deux derniers mois. Impatient de faire ses preuves, le petit garçon arbora alors une moue boudeuse, semblable à celle d'un enfant qu'on aurait grondé. Ce n'était pas aujourd'hui qu'il allait pouvoir se vanter de quoi que ce soit. A moins que...

- Hermine ! Alenoä m'a appris à écrire des lettres, pour mettre les noms des plantes sur les bocaux que tu ramènes tous les mois ! Tu veux voir ?

Sans laisser le temps à son amie d'approuver, l'enfant partit dans la pièce voisine en courant, menaçant à tout moment de faire tomber les deux bocaux qu'il tenait dans ses petits bras. Il était si heureux de pouvoir montrer ses progrès à Hermine. Il espérait bien qu'elle le complimente et lui donne deux ou trois sacs de Voiles des Neiges supplémentaires.

Il récupéra d'abord plusieurs étiquettes, puis alla chercher plus loin de quoi écrire. Ne pensant pas à poser les pots qu'il tenait avant de manœuvrer, le petit garçon fit malencontreusement tomber l'un d'eux dans un fracas assourdissant. Inquiété, Grim s'empressa de poser l'autre au bord d'une table, avant de s'accroupir pour ramasser les morceaux et le contenu. En silence, il pria le Gardien qu'Hermine et Alenoä n'aient pas entendu, par crainte d'être très sévèrement puni. L'arrivée du malade délirant à ses côtés confirma ce qu'il craignait depuis le début : comment ne pas entendre un raffut pareil ?
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Posté dans Re: Sur la voie du guérisseur.   - Mer 16 Oct 2013 - 7:16

Alenoä sentait ses épaules se décontracter à mesure que Hermine énumérait les différents produits de sa récolte. Il y avait là des choses précieuses, et si l'on comptait en vies sauvées, le résultat serait impressionnant. Elle saisit les tiges de sauveuse d'âme, comme si elle tenait de l'or pur ; c'était important. Elle caressa les fleurs du bout des doigts, souriant doucement. C'était parfait.

D'entendre les chiffres enleva une partie de la lassitude de son sourire. Cela allait représenter du travail, étiqueter, trier, conserver tout cela, dans la vaine espérance que tout ne partirait pas trop vite, que les gens iraient bien, qu'elle pourrait reconstituer quelques réserves plutôt que d'administrer ses soins à des gens qu'elle préférerait voir en bonne santé. Elle déposa doucement les tiges sur la table non loin, écoutant jusqu'au bout Hermine lui expliquer tous les détails de son expédition.

La fatigue se fait moins ressentir, quand on la contre avec l'espoir de faire toujours plus, l'envie de continuer à suivre sa vocation. Il aurait fallu qu'Alenoä dorme, mais ce n'était pas possible, alors elle rêvait debout, elle regardait avec soulagement ce qui allait lui permettre de continuer sa tâche.

« Merci, Hermine. »

Ce n'était pas une longue tirade, mais la chaleur de sa voix ne laissait pas de doute quant au poids que l'adolescente venait d'enlever de ses épaules.

« C'est parfait. Normalement, tout cela devrait tenir plus d'une semaine, sauf si les guerriers du coin se comportent encore comme des inconscients. »

Elle regarda Grim avec bienveillance, alors qu'il se saisissait des bocaux et en scrutait le contenu. La guérisseuse était contente de le voir si à son aise avec Hermine, après les efforts manifestes de la jeune fille pour se faire accepter de cet enfant si timide. Elle était bien au courant qu'un trafic de friandises s'organisait, elle n'était pas aveugle, mais elle ne disait rien ; c'était mieux comme cela, et au moins, il mangeait quelque chose. Elle secoua la tête, attendrie, alors qu'il s'éclipsait pour ramener son matériel d'écriture. La jeune femme avait beau regretter qu'il ne soit pas de son sang, elle ne pouvait nier son implication admirable dans son apprentissage.

Se dirigeant vers l'une de ses étagères, elle saisit un gros paquet qui était prêt là depuis quelques jours dans l'attente de la visite de Hermine. Une collection de préparations médicinales, le produit transformé d'une partie de sa dernière cueillette. Elles n'étaient pas du même clan, les factions supérieures n'étaient pas alliées, mais chacun s'était entendu pour mettre les services de la jeune déserteuse à disposition de la guérisseuse tant ils étaient complémentaires ; Alenoä soignait tous ceux qui se présentaient à sa porte, c'était la condition de son appartenance au clan des Hagen plutôt qu'à un autre. Alors, il était logique que ceux qui le pouvaient lui viennent en aide.

Néanmoins, elle n'était pas ingrate, et tendit le colis à la jeune fille.

« Pour Hön Fjölan. Ce sont des médicaments, qu'elle les remette à qui saura s'en servir. Il y a bien quelqu'un qui saura lire les étiquettes et les instructions, n'est-ce p... »

Noä sursauta. Un grand fracas s'était fait entendre dans la pièce d'à côté. Elle s'y précipita, pour trouver Grim à quatre pattes, qui tentait avec un air malheureux de ramasser les morceaux d'un malheureux bocal, heureusement celui qui contenait les pistils jaunes de svenga, moins rares que les violets.

« A trop se hâter, on ne crée que des catastrophes, mon garçon, c'est une bonne leçon à retenir. A présent, pense à ceux que le contenu de ce bocal devait sauver. » Lassitude, à nouveau perceptible dans cette voix qui se voulait pourtant grondante et sévère. Il allait falloir passer du temps à trier ce désastre, à en enlever les morceaux de verre... Des moments perdus, qui auraient pu être consacrés à des travaux plus importants. Enfin... Le mal était fait, et elle n'avait plus qu'à pousser un grand soupir et à se radoucir.

« Tu n'es pas blessé ? »

Vacillante, elle s'accroupit à côté de son apprenti, prenant ses petites mains entre les siennes pour vérifier l'absence de coupures. Elle était bien plus douce que ne l'aurait été sa mère, finalement ; il n'était pas chez elle depuis longtemps, elle était trop fatiguée pour hurler comme elle l'aurait fait sur n'importe qui d'autre. Elle leva les yeux vers Hermine.

« Je suis désolée, nous ferons en sorte d'en récupérer le maximum. » Noä se redressa, époussetant sa tunique. « Raison de plus pour poursuivre sur ma précédente lancée. Outre les excuses que Grim » Elle lui adressa un regard entendu. « va te présenter avant de tout ramasser, que puis-je t'offrir pour te remercier ? »
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Posté dans Re: Sur la voie du guérisseur.   - Mer 30 Oct 2013 - 10:14

Thème que je trouve bien trouvé.

C'est parfait. Normalement, tout cela devrait tenir plus d'une semaine, sauf si les guerriers du coin se comportent encore comme des inconscients.

Un sourire simple s’inscrivit sur les lèvres de la jeune fille qui hocha la tête. Elle comprenait. Elle était dans les deux cas ; elle ravitaillait à la fois la guérisseuse et comprenait que les blessures étaient trop nombreuses certaines semaines et que des vies s’achevaient pour peu de chose, mais d’un autre côté elle savait également que sur un champ de bataille, il était aussi difficile d’éviter la mort que d’éviter une blessure. Une chance sur deux. Elle avait de la chose. Par habitude, c’était souvent ses os qui craquaient et lâchaient, mais un jour, elle reviendrait comme Dhungaärd, le ventre ouvert, et serait bien heureuse de pouvoir être réajuster.
Elle jeta un œil au jeune apprenti car il s’agitait. Un petit sourire de grande sœur, amusée, patina son joli visage clair alors qu’elle haussait les sourcils.

Hermine ! Alenoä m'a appris à écrire des lettres, pour mettre les noms des plantes sur les bocaux que tu ramènes tous les mois ! Tu veux voir ?

La factionnaire eut un sourire charmé. Elle n’avait pas eu la chance d’apprendre grand-chose des arts de l’écrit, ni même de grand-chose d’autres que de la chasse et de la survie.
Dans les montagnes, près des Cimes hérissées, elle avait vécu l’enfer du froid et de la faim. Elle se souvenait avoir pleuré parfois tant son ventre était creux et son corps faible. Elle avait cru mourir des centaines de fois. Elle avait cru ne jamais en revenir, ne jamais pouvoir se lever à nouveau des nuits où le sommeil trop lourd l’emportait sur la raison et l’envie d’avancer.
Mais elle était vivante aujourd’hui. Elle l’était encore. Même si une part d’elle-même était morte là-bas dans les montagnes, au plus profond de la neige. Elle avait appris à tuer, seulement à tuer. Son regard un moment s’était fait vague, comme elle s’imaginait à son âge. Puis finalement l’image disparut et elle eut un petit sourire.

Je veux bien oui… Si tu apprends bien, tu pourras m’apprendre un jour…

Un petit rire de nouveau comme en toute humilité la jolie Hermine ne se targuait de rien. L’ignorance était pour elle une maladie, mais l’on pouvait en guérir. Le premier pas était encore de savoir où se trouvait les lacunes. Chez Hermine, elle était grande. On ne l’appelait pas la Sauvageonne blanche pour rien d’ailleurs. Avec son air de canaille fragile, ses cheveux éparses et ses grands yeux innocents mais qui pourtant avaient vu parfois… On se demandait encore si elle tenait plus de l’ange que du démon.
Elle laissa le garnement partir avec les bocaux, pinçant les lèvres. Un mauvais pressentiment. Mais… Mais elle n’avait pas confiance, si peu souvent. Il fallait guérir ça. Elle sera un peu les poings pour s’empêcher de le suivre d’un œil sévère. Alenoä lui facilita la tâche en revenant vers elle avec un colis. Hermine afficha un air circonspect, perplexe, en l’attrapant du bout des doigts, de peur que ce ne soit fragile.

Pour Hön Fjölan. Ce sont des médicaments, qu'elle les remette à qui saura s'en servir. Il y a bien quelqu'un qui saura lire les étiquettes et les instructions, n'est-ce p...

Un grand bruit. Le regard doré de la jolie amazone jeta un semblant d’éclair. Son instinct lui avait parlé, et elle ne l’avait pas écouté. Faites confiance, qu’il disait ! Faites confiance ! Elle se tu mais aurait aimé pester à ce moment-là. Contre le gamin tout d’abord, puis pour lui, car les bocaux étaient fait de verre et dieu sait qu’une vilaine blessure pouvait entraîner de grands chamboulements dans le monde du froid.
Hermine posa le paquet sur son grand sac ouvert et finalement suivit, silencieuse, la guérisseuse d’un air curieux. Elle se pencha, à peine, pour finalement voir le jeune Grim en train de ramasser les morceaux qui jonchaient le sol. Elle pinça de nouveau les lèvres, d’un air contrit. Elle avait passé tellement de temps à n’arracher que deux pistils par fleur pour respecter la tradition, et ils étaient à présent étaler sur le sol.
Ses épaules s’arrondirent sous l’effet peut-être de la fatigue, ou du désarroi, au choix. C’était une semaine de travail répandu sur le sol. Ca faisait étrangement mal au cœur.

A trop se hâter, on ne crée que des catastrophes, mon garçon, c'est une bonne leçon à retenir. A présent, pense à ceux que le contenu de ce bocal devait sauver.

La jeune Hermine approcha, à peine, de quelques pas, observant le petit désastre sur le sol.

Tu n'es pas blessé ?

Il n’avait pas l’air. Pas de sang. Juste des morceaux. La factionnaire ne disait pourtant pas un mot. On lui avait aussi appris à économiser tout ce qui avait de l’importance, et les mots coutaient parfois de l’or à celui qui n’avait pas su se retenir de parler.
Son père lui avait raconté l’histoire de ce chef de clan qui, avide et cupide, parlait et parlait sans cesse. Un jour qu’il avait de trop parler, on l’avait tenu obliger de gravir le col d’une montagne qu’il avait dit avoir gravi un jour avec facilité. Il ne fit que la moitié du chemin que la corde lâcha et il s’écrasa quelques mètres plus tard. Il n’eut plus jamais la possibilité de parler. C’était pour cela que les mots étaient chers et qu’il ne fallait pas les gaspiller à outrance.
Comme les pistils et les pétales.

Je suis désolée, nous ferons en sorte d'en récupérer le maximum. Raison de plus pour poursuivre sur ma précédente lancée. Outre les excuses que Grim va te présenter avant de tout ramasser, que puis-je t'offrir pour te remercier ?

La factionnaire jeta un regard sur le sol, puis finalement releva le menton car elle était plus petite qu’Alenoä mais qu’elle aimait regarder les gens quand elle parlait. C’était une forme de respect qui petit à petit se perdait – mais jamais chez elle.

Je ne suis pas sûr qu’il y a dans le clan de l’œil un homme ou une femme capable de lire les inscriptions sur les bocaux. Et s’ils sont capables de lire, alors capable de soigner.

Elle repensa à l’épisode dans les steppes de glace, où les wörmens avaient attaqué et décimés le village ou presque. Dhungaärd avait été blessé, et elle n’avait pas su faire grand-chose. Il aurait pu mourir… S’il faut, il était déjà mort. D’une fièvre ou d’une autre maladie, cette vieille maladie qui fait devenir la plie sombre puis noire et qui rejette le sang et le reste du corps… Elle grimaça à cette idée, avant de reprendre, de sa voix toujours aussi claire que concise :

Il y a quelques lunes, un guerrier Shaas a été blessé et je n’ai pas su le soigner correctement. Je n’ai fait qu’arrêter le sang de couler. Je… Je sais que tu as déjà un autre apprenti, ses yeux se posèrent sur Grim avant de revenir sur Alenoä, et que tu es très occupée avec les blessés, mais… Je me demandais si tu ne pouvais pas, à hauteur de quelques heures ici et là, m’apprendre.
Je ne suis pas très bonne à guérir les gens pour l’instant, mais j’apprends vite.

C’est une chose dont les Shaas ont besoin, je pense…


Son sourire était calme, sans accroc, sans débordement.



______________
Sorry all pour le retard ! Je n'ai que 2 semaines de retard ! *part se pendre*
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Posté dans Re: Sur la voie du guérisseur.   - Dim 17 Nov 2013 - 6:34

- Je...je ne voulais pas casser tes bocaux, pleurnicha le petit garçon, terriblement désolé. Pardon Hermine. Pardon.

Grim était parfaitement conscient que les choses auraient pu se dérouler tout autrement, que ce n'était pas si grave  en comparaison de ce qu'il se passait à la maison. Son Maître s'était aujourd'hui conduit comme une véritable mère. Elle avait choisi de ne pas le punir pour ce qu'il avait fait, mais à la seule et unique condition qu'il présente immédiatement ses excuses à la jeune Hermine.

Sa véritable mère, celle qui lui avait donné la vie, était violente et méchante. Tantôt agréable, tantôt noire et complètement incontrôlable, à l'image des guerriers des Bois de Koun. C'était comme si elle était deux personnes à la fois, deux soeurs jumelles qui partageaient l'éducation du petit Grim. Au fond, elle ne s'était jamais posée la question de savoir si son fils adhérait à ses méthodes d'éducation, allant jusqu'à le frapper lorsqu'elle estimait ne pas avoir le temps de lui faire un sermon.

Désemparé, le petit ne savait plus qui était sa vraie maman. Il lui arrivait de prier pour qu'on lui annonce qu'il allait vivre définitivement chez Alenoä, même s'il la connaissait seulement depuis quelques semaines. Elle était la maman juste et droite dont il avait toujours rêvé, car si elle s'abstenait de faire preuve d'autant de cruauté que sa génitrice, elle ne lui laissait pas non plus faire ce qu'il voulait, lui donnait des limites et un but dans la vie. Néanmoins, il ressentait également de la pitié pour la noire et méchante et coléreuse femme qui partageait son sang...Parce qu'elle pleurait beaucoup, même si elle se cachait pour ça. Dans ces moments là, Grim était prêt à n'importe quoi pour la consoler et la voir sourire à nouveau...Mais il craignait trop qu'elle se mette en colère et ne le frappe de nouveau.

Le courage, il lui en manquait beaucoup.

Pour encourager Hermine à la lui pardonner, l'enfant se colla contre ses jambes, s'accrochant fermement à elle. S'il sanglotait, alors il pourrait cacher ses larmes à cette fille en évitant son regard, en l'obligeant à ne voir que le petit enfant désolé qui réclamait son pardon. Puis il se pencha à nouveau sur les éclats de verre au sol, ramassant de ses petits doigts les pétales et pistils qu'il pouvait trouver au milieu de tout ça. Etre un enfant était aujourd'hui un avantage : outre le goût d'offrir son aide, ses petits doigts lui permettaient d'attraper ce que les gros doigts d'un adulte peineraient à ramasser. Il allait tout récupérer, vérifier qu'aucun éclat de verre de s'y était logé et cette fois-ci, ne pas courir pour aller ranger les bocaux. Plus question pour lui de décevoir son Maître, de décevoir la jolie fille qu'était Hermine. D'autant plus que si Alenoä lui offrait son enseignement, alors cette jolie fleur des neiges allait rester quelques jours ici.
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Posté dans Re: Sur la voie du guérisseur.   - Lun 18 Nov 2013 - 5:32

Grim avait effectivement présenté des excuses, et il entreprenait de ramasser les fleurs intactes... Alenoä sourit de son initiative, de sa volonté de réparer sa bêtise. Les choses progressaient, un peu ; il n'était pas parti se cacher, sans doute grâce au fait qu'Hermine, malgré son air las, ne l'ait pas grondé.

« Fais attention à ne pas te couper. Si tu en as besoin, tu sais où sont les gants. Si tu as des doutes sur certaines fleurs où il y aurait des morceaux de verre, tu peux les mettre à part, on en fera directement le jus en le filtrant, ça vaut mieux. Sois bien attentif. »

Une fois les directives données, Noä reporta son attention sur la jeune fille qui lui demandait un enseignement, la jaugeant du regard. Non pas de manière hautaine, mais en essayant déjà de déterminer par où commencer. En effet, elle appréciait toujours de former quiconque se sentait motivé par la tâche, à n'importe quel degré, car cela permettait de sauver plus de vie grâce à une plus grande disponibilité des soins. Hermine était en fait bien placée pour apprendre, puisqu'elle reconnaissait les plantes à vue sans avoir besoin d'étiquettes ; c'était aussi le cas d'Alenoä, mais en correspondance avec les carnets où elle consignait chaque découverte, elle préférait poser un nom sur les bocaux au cas où quelqu'un d'inexpérimenté devrait s'en servir hors de sa présence.

« Je ne peux pas te promettre de tout t'apprendre, je ne peux pas non plus t'accorder un temps illimité, » dit-elle enfin, « mais tu peux certainement assister aux leçons de Grim, et apprendre les choses nécessaires aux premiers soins et à la stabilisation d'un blessé ou d'un malade en attendant de trouver quelqu'un de plus compétent, du moins dans un premier temps. Ces choses-là peuvent s'apprendre en quelques jours, le reste prendra beaucoup plus de temps, surtout par courts moments comme ceux que nous pouvons avoir ensemble sur le sujet... Mais si tu es motivée, ça reste possible. C'est une demande qui t'honore. »

Noä sourit, étirant ses yeux fatigués.

« J'espère cependant que tu as une bonne mémoire. »

S'écartant un instant, elle entreprit de remplir d'eau la petite marmite qui chauffait au dessus du feu, jetant dedans une poignée d'herbes à tisane ; autant discuter autour d'une boisson qui réchaufferait les mains. Tout en s'activant, elle parlait.

« Il y a des choses que tu pourrais déjà faire sans aucun entraînement. Presque tous les liens avec l'ithylium ont une utilité dans l'art de guérir, quoique ce ne soit pas la même. Grim peut cautériser, brûler les linges souillés, nettoyer les instruments à la flamme sans qu'ils ne noircissent, ou du moins il le pourra lorsqu'il se sera suffisamment entraîné et lorsqu'il aura l'âge de supporter le spectacle de la première opération. Moi, je crée des cocons de flammes : je peux réchauffer quelqu'un tombé dans l'eau glacée, je peux maintenir des bébés dans des conditions proches du ventre de leur mère pour qu'ils survivent aux premiers jours. Mon lien peut sembler inutile à un guerrier, mais le Gardien a voulu qu'il soit adapté à ma tâche. Toi... »

Elle saisit une louche et remplit deux bols du breuvage brûlant, réfléchissant à ce qu'elle savait du lien de la jeune fille.

« La glace brûle parfois mieux que le feu. Glacer une blessure peut empêcher l'infection, mais uniquement dans le cas où... Oui... »

Alenoä réfléchissait à voix haute aux possibilités, la fatigue lui embrouillait l'esprit. Marmonnant presque comme une vieille folle tout en boitillant vers la table, la tisane tanguant joyeusement dans les bols ; mais elle avait l'habitude, et parvint à s'asseoir à la table, invitant d'un geste Hermine à la rejoindre. Grim se joindrait à la conversation lorsqu'il aurait fini sa tâche, probablement.

« Je dirais, pour n'avoir pas l'expérience de ce genre de possibilités, que tu peux cautériser des blessures ouvertes avec ta glace. C'est une manière d'empêcher les chairs de se putréfier, dans les cas vraiment graves, mais les cicatrices resteront très marquées, et le processus sera douloureux, plus long qu'avec du feu. C'est généralement quitte ou double, et à n'utiliser qu'en cas d'extrême urgence. De manière un peu plus fréquente, le froid réduit les hématomes et fait dégonfler les zones de choc, c'est exceptionnellement utile. Lorsque quelqu'un se présente avec un membre cassé, je gratte un peu de glace sur les murs de la cave pour refroidir la zone et mieux toucher ce qu'il se passe vraiment sous la peau. »

Une gorgée de tisane lui fit le plus grand bien. C'était le moyen le plus sûr de tenir sa journée, un mélange énergisant et revigorant.

« Au delà de ton lien, que tu maîtrises déjà, la priorité est l'hygiène et l'équipement... » Elle sembla revenir à la réalité un instant. « Je m'emporte peut-être. Dis-moi si je vais trop vite. »

Alenoä aimait partager son savoir, cela se sentait, peut-être plus encore face à une adulte – ou presque – qui comprenait ce qu'elle racontait sans qu'elle doive faire mille détours de vocabulaires. Elle glissa un regard vers Grim. Peut-être pourrait-il aider Hermine aussi, mine de rien ; il avait déjà appris beaucoup de choses.
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Posté dans Re: Sur la voie du guérisseur.   - Mer 18 Déc 2013 - 16:21

La jeune fille ne cilla pas quand Grim se colla contre elle. C'était sa façon d'être, très peu communicative, et pourtant l'air si doux de ses princesses de guerre. De guerre froide. Elle avait reçu l'éducation très rigide d'un père  déserteur et ancien chef de clan. C'était tout un art pour elle que de ressentir de la compassion ou de la pitié, même si petit à petit, à force de côtoyer des gens et de se lier avec eux, elle ressentait de plus en plus de colère quand on s'en prenait à eux et n'était plus muée dans une forme d'égocentrisme dur. Dans le passé, elle ne se serait jamais retournée pour un autre qu'elle, parce que c'était les règles de la survie du Glacier. Aujourd'hui, elle se retournerait. Elle le savait : les Shaas avaient changé quelque chose en elle. Malgré leur réputation, ils l'avaient rendu plus "humaine" sans doute.

Je ne t'en veux pas.

C'était ce genre de phrase que son père aurait pu dire. Pas de pardon, pas de merci, seulement des faits et surtout, la vérité. C'était vrai. Elle ne lui en voulait pas. Les conséquences ne la touchaient que très partiellement, somme toute elle serait "payée" en retour de son travail, et si on lui donnait de nouveau du travail, cela ne faisait que grossir son salaire final.
Pour autant, après avoir passé une semaine en haut des montagnes et des falaises-glaciers, la jolie Hermine avait encore du mal à se faire à l'idée qu'on puisse anéantir une semaine de crapahutage perdue dans la forêt seul et s'en sortir avec un simple "pardon"...
Ça aussi, c'était une conséquence directe de son éducation.

La gamine posa ses yeux sur Alenoä et la suivit des yeux, l'écoutant comme un élève sage et humble. Hermine avait cette chose qui faisait d'elle une suivante parfaite, tant elle était intègre et droite. C'était la noblesse d'Erwin Nibelungen qui ressortait en elle, qui jaillissait pour prendre de l'ampleur. C'était d'autant plus drôle que personne ne lui dirait tant Erwin était honni à présent en tant que déserteur, autant honni qu'il avait été aimé par son peuple et ses hommes "avant".

La jolie Hermine eut un sourire et ses yeux d'or brillèrent. Peu reconnaissait elle quoi que ce soit qui fut utile. Fjölan la première aurait aimé se débarrasser de la petite guerrière car elle ne servait, à ses yeux, à rien qu'à ralentir le Clan. Pourtant, et ce malgré les dires de tous, Hermine était utile.
Elle était une fine trappeuse et excellait en tant qu'éclaireuse. Sa légèreté en faisait une proie aussi rapide qu'agile, et ses yeux, favorisés par des années d'entraînement à l'arc, ne manquait disait on jamais un lièvre à cinq cent pieds de distance. Elle était une denrée rare, mais si peu estimable quand on venait à la comparer à Dhungaärd ou à Edorjä.
C'était vrai, elle n'était pas comme eux. Mais elle était utile, à sa façon. Et elle était motivée à le devenir de plus en plus, sur tous les plans, délaissant l'idée de faire un jour le poids avec son physique contre quiconque...

Si tu expliques bien une fois, je retiendrais dès la première fois.
Si je ne comprends pas, je te le dirais.
Je peux apprendre vite et bien. J'ai une bonne mémoire. J'ai appris à apprendre vite et bien pour survivre. J'apprendrais à soigner vite et bien pour la survie des autres.


Elle était claire et quoi qu'elle fut concise, elle cherchait surtout à ne pas faire de longs discours pour peu de chose. Il y avait beaucoup à apprendre: moins elle parlait, plus Alenoä lui parlerait en retour, et plus elle occupait le temps de parole, plus Hermine apprendrait vite.
C'était ainsi qu'elle avait fonctionné toute sa vie durant, ou presque, auprès de son père et de ses frères. Réfléchir vite pour mieux comprendre. Un véritable credo.

Cependant certaines choses se compliquaient dans son esprit. Lors du second discours d'Alenoä, Hermine se mit à douter. Et si même à ça son lien lui était entièrement inutile ? Et si elle ne pourrait jamais faire quoi que ce soit de son lien de glace, dans un pays pourtant à 90% couvert de glace ?
Les yeux d'or de la Shaa ne quittèrent pas le Maître comme elle parlait, aussi intéressée qu'absorbée par ses propres pensées. De la glace sur les corps... c'était risqué. Les engelures et les nécroses étaient fréquentes. Aussi fréquentes que lors de la cautérisation par le feu, bien sûr, mais... mort pour mort, y avait il véritablement un choix à faire ?

Hermine hocha la tête, entendant et comprenant le raisonnement de la Guérisseuse dans un seul regard d'incompréhension. Jusqu'à maintenant, elle suivait et imaginait concrètement les ressortissants et les aboutissements de sa formation.
C'était une véritable épopée qui s'ouvrait à elle. Elle mettrait du temps, bien sûr, mais elle n'avait pas peur du temps, car aussi intangible fut il, elle savait qu'elle en aurait assez pour servir ne serais-ce qu'un peu aux Shaas et c'était tout ce qui compter à l'heure actuelle.

Un petit sourire amusé, un peu désolé également, se dessina sur la fine bouche de la naine blanche. Elle haussa doucement les épaules, d'un air un peu perdu. Il était sûr qu'à comparaison, infliger des brûlures était encore dans ses "cordes" (ce qui était assez ironique pour une archère), bien plus en tout cas que de réfléchir à l'hygiène.

Non, non... J'arrive à suivre. Je comprends.
Mais je ne vois pas ce que c'est, l'équipement, et... l'hygiène. Ça, je sais. Il faut se laver les mains et laver tous les instruments ainsi que les chairs avant de faire quoi que ce soit. J'ai déjà fait...


Sans aucune pudeur, elle souleva son haut de toile de lin pour dévoiler une cicatrice qui partait de son flanc gauche et remontait jusque sous son sein. Une vilaine rencontre avec un félin des glaces dont elle ne se souvenait même plus le nom. Elle n'était ni trop jeune, ni trop vieille, mais ce jour là, elle avait été seule, et ça lui avait presque coûté la vie.

La cicatrice pour autant avait ses défauts: elle était sale et large, car elle n'avait pas assez serré les points à cause d'un fils trop lâche. On voyait encore les points du fils sur les bords de la cicatrice, ce qui donnait une dimension encore plus étrange à cette estafilade d'une bonne dizaine de centimètres.
Elle baissa sitôt observée son haut de lin.

Dans les montagnes, une sorte de... de shaas m'a attaquée un jour.
Je n'ai pas eu de saletés, mais... Je crois que je ne suis pas très douée avec les outils. J'avais utilisé une aiguille de glace que j'avais faite avec mon lien à l'époque, mais je n'étais pas encore très... douée en la matière.
De nos jours, je peux faire des aiguilles très fines.
Ce n'était pas le cas, avant.


Elle était encore trop jeune au jour de l'attaque, mais elle était arrivée à une telle maîtrise de son lien qu'on pouvait de très loin la jalouser.
Certes la force lui manquait, mais elle était douée.
Diablement douée.


______________
Une fois n'est pas coutume... Le temps passe trop vite, mais je suis en vacances !! encore désoulée TwT
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Posté dans Re: Sur la voie du guérisseur.   - Dim 26 Jan 2014 - 1:12

Séparer les pétales de fleurs des morceaux de verre lui prit moins de temps qu'il ne l'aurait imaginé. En vérité, ses petits doigts se révélèrent bien plus efficaces que ceux d'un adulte, car si d'autres se seraient déjà coupés, Grim se montra suffisamment habile pour épargner à Alenoä l'obligation de lui apporter des soins. Elle n'avait pas besoin de travail en plus de tout ce qui l'attendait au dispensaire.

Sa tâche achevée, l'enfant reporta toute son attention sur son Maître.

De quoi elles parlent ?

- Moi je peux...

Glisser une phrase au milieu d'une conversation d'adulte n'avait rien de facile. Elles semblaient obnubilées l'une par l'autre, l'ayant complètement oublié alors qu'il s'affairait à son nettoyage. Apprendre d'une personne plus compétente était l'une des choses les plus merveilleuses qui soit. Apprendre à quelqu'un de moins compétent, encore plus. Pas étonnant donc qu'Alenoä et Hermine ne se laissent pas distraire, surtout par un petit garçon qui n'aimait pas voir son Maître le mettre de côté trop longtemps. Pour Grim, cette situation était insoutenable !

Alors qu'il allait montrer son mécontentement par quelques gémissements plaintifs, le petit garçon remarqua l'immense cicatrice que leur dévoila Hermine, cette dernière ayant oublié sa pudeur à la porte du dispensaire. Après deux années aux côtés d'Alenoä, le petit garçon en avait vu des blessures comme celles-ci. Mais se soigner seule, avec un Lien que l'on ne maîtrise souvent jamais complètement, relevait de l'exploit. Du moins, c'est ce que lui laissait penser la manière dont Hermine exposait les faits.

- Ce n'est pas beau, dit-il de but en blanc, sans se préoccuper de savoir s'il pouvait vexer ou non son interlocutrice. Plus tu vas vieillir, plus ta peau va se flétrir, plus ta cicatrice sera moche et fragile. Tu aurais dû aller voir un Guérisseur. Il aurait pu reprendre tout et arranger ça.

Des mots qui ne suffirent pas à chasser Hermine du dispensaire. Ni d'ailleurs à la mettre dans une colère noir. Rouspétant intérieurement, Grim termina sa besogne et alla s'occuper des malades qui devaient être nourris. Il était égoïste d'empêcher une jeune femme de vouloir en savoir plus que la médecine. Une de plus ne pouvait être que bénéfique pour les Erfeydes. Une de plus pour tous les soigner...

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Posté dans Re: Sur la voie du guérisseur.   -

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