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Posté dans Il y a un peintre dans le frigo   - Mer 30 Oct 2013 - 16:36

Moda avait abandonné ses comparses Parhelions au bal en décidant de rentrer en catastrophe à Sant-Poseinos avec la proie qu'avait fait Gus. Un coup de panique sans doute, maintenant que la situation était à nouveau sous contrôle il réalisait que sa réaction avait été peut-être un peu exagérée. Ou peut-être pas. Ayant gardé en tête le vieil adage, mieux vaut prévenir que guérir, il se disait qu'avoir choisi la voie de la sureté n'était de toute façon jamais une mauvaise chose. De toute façon Sa sœur et son père resteraient chez les Shadows le temps d'une nuit puis iraient rendre visite aux Gotrusco, la disparition d'Errol ne le gênerait pas le moins du monde. Tout se passerait bien.

Tout se passera bien.

Il se répétait ces quelques mots depuis le petit-déjeuner, comme une incantation destinée à raffermir sa concentration et éloigner les prémisses de la panique. Car, en effet, dés qu'il formulait clairement les implications qu'engendraient cette petite déconvenue, son monde tout entier tremblait, ébranlé par l’écho terrifiant de cette simple  affirmation.

J'ai été découvert.

Telle était la réalité dur et amer de ce monde de faux-semblants et d'usurpation. Aussitôt qu'un homme, aussi insignifiant soit-il, était en mesure de relier entre elle les différentes identités du sang mêlé, alors il risquait à tout moment de comprendre et de révéler toute la combine.

Le châtiment réservé à un sang mêlé responsable de tant de crimes sur le territoire matroscien n'était pas très dur à imaginer.


Jack Belfort, le peintre engagé pour faire le portrait de Nathaniel Nelligan, avait été découvert par Gus, le bras droit de Moda, en train de farfouiller à bord de l'Alice Parhelion, la navette appartenant à Moda et affrétée au service de sa nouvelle famille. Or la première fois que le peintre était monté à bord du vaisseau, il le connaissait comme étant la propriété d'Eric Ramballor, une identité temporaire utilisée par Moda pour quelques sombres affaires. Comme Moda s'était lui même racheté son vaisseau sous sa nouvelle identité, le changement de propriétaire de l'engin n'avait rien de frauduleux mais après avoir été brutalisé par Gus, le peintre arriverait probablement à de néfastes conclusion quoiqu'il arrive. Un témoin potentiel donc, et  donc un risque trop important si il décidait de le laisser en liberté.

"vous inquiétez pas patron, j'vous assure que personne n'a pu remarquer la disparition de ce guignol hier soir !"

Moda jeta un regard muet à son bras droit qui s'apprêtait à ouvrir la lourde porte métallique qui les séparait du peintre.

"Il faisait trop noir, et puis on était dans l'vaisseau quand c'est arrivé, j'ai fait ça proprement !"


Jack avait été enfermé dans une chambre froide désaffectée à défaut de mieux. Il était bien évidement hors de question de le garder prisonnier dans le château même des parhelions, mais les entrepôts de la famille marchande avaient quelques atouts intéressant. Vider et condamner une chambre froide à cet effet était une solution plus simple qu'envoyer Jack dans une autre propriété de Moda où sa surveillance aurait été plus difficile et où, surtout, Moda ne pourrait se rendre régulièrement sans que son absence n'attire de soupçons. Certains employés de la demeure avaient remarqué la présence du peintre mais on avait habilement fait courir la rumeur comme quoi il s'agissait en réalité d'un espion venu voler le secret de la productivité des Parhelions, ou pire, d'un sinistre individu qui, à l'instar de l'assassin qui avait volé son visage à Errol, en voulait à la vie de l'héritier.

"ça va, ouvre cette porte"


Gus déverrouilla le bâtant  d'acier qui coulissa sur le côté avec un crissement. Moda Pénétra alors dans la chambre froide.

"Vous aurez qu'a frapper quand vous voudrez ressortir" Fit Gus avant de refermer la porte; celle-ci ne pouvant s'ouvrir que de l'extérieur.

La chambre froide éclairée à l'éralium bénéficiait d'une lumière crue et blafarde qui donnait un teint maladif à ses occupants. En outre, bien qu'elle ai été arrêtée, il y faisait toujours assez froid mais plus assez pour masquer la puissante odeur de poisson. On n'avait pas encore daigné aménager ne serait-ce qu'une paillasse pour le captif, il avait seulement été jeté là, pieds et mains liés, sans autre forme d'attention.
Moda l'observa longuement, ses sentiments sur cette affaire étaient vraiment partagés. Le peu d'humanité qu'il lui restait voyait en Jack un pauvre bougre innocent qui, par un mauvais hasard s'était retrouvé dans cette situation délicate, sans pour autant mériter la fin tragique que le côté pragmatique et sécuritaire du sang mêlé lui réservait. En fait, il était même prêt à en finir dés maintenant, son manteau renfermant une arme à feu tout comme il se pouvait qu'il le laisse simplement partir, lui rappelant toutefois ce qui se dit généralement à propos de la curiosité.  

"Tu te souviens de moi?"

Fini-t-il par demander de sa voix naturelle.
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Posté dans Re: Il y a un peintre dans le frigo   - Ven 1 Nov 2013 - 17:05

Il a froid. Par Vama, ce qu'il peut avoir froid ! Certes, ce n'est qu'un détail en comparaison du fait qu'il se retrouve ficelé dans un lieu inconnu, pour une raison non déterminé, avec une pommette particulièrement douloureuse, mais un détail qui avait pris son importance au fil du temps qui s'écoulait sans que rien ne se passe... Combien de temps d'ailleurs ? Des minutes ? Des heures ? Des jours serait peut-être exagéré. Mais assez longtemps pour que ses vêtements ne tiennent plus vraiment loin de lui la chaleur insidieuse du sol nu sur lequel il reposait. Du moins s'était-il redressé, se contorsionnant de longues secondes comme un poison hors de l'eau - l'odeur renforçant l'image - pour parvenir à se placer en position assise. Son souffle formait à présent de petits nuages de bue dans l'air froid, alors qu'il attendait...

Quoi ? Il n'en savait rien... S'en était quelque peu inquiétant.

Il se souvenait de la soirée. De la fillette colérique. De sa course vaine. Puis... Le vaisseau. Et... Le serviteur. S'il l'avait pu, il aurait touché la partie de son visage douloureuse, mais ses mains liées dans son dos en était bien incapable... Du moins le froid semblait-il engourdir la sensation désagréable. Sans guère rien changer à son ventre qui se creusait. Ni de sa gorge qui se faisait bien sèche, après ses appels vains.

Avait-il donc été oublié là dans ce lieu inconnu ? Qui d'ailleurs lui l'avait porté là, le serviteur du Bourgeois ? Le peintre n'y comprenait goutte. Il eut un instant d'inquiétude pour son matériel abandonné, ses esquisses délaissées... Puis son ventre gargouilla, l'odeur de poisson ayant aiguisé son appétit avant de le révulser. Et aucune réponse qui ne se présentait à son esprit...

Puis, il ne savait trop quand, il lui sembla percevoir des sons. Aussitôt, il se mit à appeler, sans que cela n'entraîne guère de réaction. Et il devint parfaitement muet alors que le mécanisme de la lourde porte s'activait dans un sombre grincement. Des réponses, enfin... ! Du moins il le supposait. En redoutant quelque peu. Pour quelles raisons l'avait-on laissé là ? Il n'en voyait guère de bonnes... Et il valait mieux ne pas penser aux mauvaises, même s'il n'en voyait aucune non plus.

Dans l'exclamation qui suivit, Jack reconnut la voix du serviteur brutal, et en frémit malgré lui. Il n'eut pas a y être confronté de nouveau cependant, seul s'avançant un individu dans la pièce... De ceux qui avaient fait forte impression à la réception de la Dame Shadow. Toujours plus perplexe, le jeune homme formula le nom en silence : Parhelion.

L'homme l'observe en silence, le Belfort en faisant de même, détaillant le masque et la tenue, n'ayant guère d'autre occupation si ce n'est la douleur de sa pommette, la froideur qui prenait place dans ses membres inférieurs, et la douloureuse sensation de ses épaules et de ses mains liés. Une seule question fut finalement soufflée... S'il voulut y répondre aussitôt, il ne le fit néanmoins pas, quelque chose l'interpellant. Mais cela demeurait comme une invitation pour parler, et après ce temps passé dans une chambre froide silencieuse, il ne se fit pas davantage prier.

"Bien sûr Monsieur. Vous êtes... Enfin, je ne vous ai jamais rencontré personnellement mais... Vous êtes le sir Parhelion qui fut agressé il y a peu..." commença le peintre. Il développa ensuite, ne s'attardant pas sur ce qu'il avait entendu... Bien qu'une idée e fasse un chemin avec une détermination glaçante. "Enfin, je vous ai vu à la réception... J'ai même fait quelques esquisses, vos tenues étant tout simplement magnifiques... Je..." Il se tait un instant... Puis reprend rapidement, comme empressé. "C'était votre vaisseau, c'est cela ? Je vous assure que je n'avais aucune vile intention, j'ai cru simplement reconnaître là celui d'un ancien employeur dont je n'avais pas la moindre nouvelle..."

Et malgré lui il s'étrangla sur ses mots, ses yeux s'écarquillant en regardant l'individu. Le serviteur, qu'il avait entendu. Le vaisseau, dans lequel il était rentré. Et puis... Et puis... L'attente, dans la question, et la... Voix, qui l'avait prononcé. C'était trop parfait, et rien ne venait démentir cela, sinon qu'il ne trouvait aucun sens dans ce qu'il déduisait.

"Mais vous... Vous êtes..." Dit-il bas, n'osant le regarder, croyant reconnaître la stature... Puis ne pouvant faire plus que cela, fixer ce masque qui dissimulait la vérité. Une vérité dont il savait s'il devait redouter d'en avoir la connaissance. "Vous... Monsier Remballor..." Chuchota-t-il.

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Posté dans Re: Il y a un peintre dans le frigo   - Sam 2 Nov 2013 - 9:11

Monsieur Remballor.

Le peintre parlait trop. Moda  équilibra les choses par un mutisme total. Même son corps refusait d'exprimer quoique-ce soit. Le lien avait été fait, jack avait associé les deux identités du sang mêlé, à présent il n'y avait plus d'autre solution que de s'en débarrasser. C'était ainsi et pas autrement, en quelque sorte cela lui simplifiait la vie. Il n'y avait plus de raison de douter, d'étudier les probabilités, peser le pour et le contre. Il savait ce qui était à faire, et ce serait fait. Il n'y avait rien à ajouter. Il n'ajouta rien. Sans un mot il fit demi-tours, toqua à la porte. A nouveau le grincement sinistre se fit entendre et il sorti sans même gratifier son prisonnier d'un dernier regard.

"Alors ?" demanda Gus après avoir refermé la porte.

Moda jeta un rapide coup d'oeil aux alentours, s'assurant qu'aucun employé ne trainait dans les parages puis répondit à voix basse.

"Elimine le. Trouve toi un homme de main fiable, attend ce soir, vous ferez une petite virée dans grand vent et ... "

Il fini sa phrase par un geste de la main mimant le lâché d'un objet. L'ordre était assez explicite, Gus acquiesça d'un signe de tête puis ils se séparèrent, l'un devant se prépare pour la sale besogne, l'autre retournant à la gestion d'affaires sordides. Une d'entre elle en particulier impliquait la mort d'un autre homme, un certain Eric Remballor dont l'utilité était arrivée à son terme.

La journée s'écoula avec une banalité singulière jusqu'à un certain point. Afin d'officialiser la mort d'un homme, un certain nombre de faux étaient à prévoir, une tâche sans gout ni intérêt qui ne demandait que patience et minutie, un art dans lequel il était passé maitre de nombreuses années plus tôt. Chaque lettre ou certificat demandait un certain temps et même avec l'habitude, ces heures de construction administrative devenaient fatigantes.

"Votre infusion Sir Parhelion."

La servante pénétra dans le bureau d'un pas léger en dépit du plateau qu'elle transportait. Elle déposa le plateau sur un buffet, puis apporta la tasse avec sa soucoupe sur un rebord du bureau, la rempli avec attention puis la présenta à Moda avec humilité.

"Laissez ça là"

"Sir, si je puis me permettre, nous avons essayé une nouvelle préparation, vous devriez peut-être la gouter et me dire si le gout vous convient... Je... vous pouvez enlever votre masque Sir, un de mes proches a eu le visage brulé, mon regard ne vous offensera pas, je vous le garanti."

"Laissez ça là et sortez"


Le ton était devenu plus sévère, presque brutal, un ton que le vrai Errol n'employait pas souvent. Quelque chose n'était pas juste dans la façon de formuler cet ordre. La servante qui avait été engagée suite à la refonte du personnel opérée par Moda ne sembla cependant rien remarquer, elle s'inclina, pris le plateau et se dirigea vers la porte.

"Attendez... Je suis désolé j'ai du vous paraitre rude mais cette cicatrice est encore trop jeune ... et douloureuse."

Elle se retourna, s'inclina à nouveau, s'assurant de ne pas renverser le plateau.

"C'est ma faute Sir, pardonnez moi."

"Je... Allez me chercher le contremaitre j'ai quelques mots à lui souffler."



_____


"La nuée ardente ?" s'exclama Gus.

Le soleil était encore haut dans le ciel et promettait une journée encore longue et chaleureuse mais les préparatif pour l'exécution du prisonnier étaient déjà terminés. Une qualité que Moda appréciait chez Gus et qui contrebalançait largement ses remarques déplacées.

"M'enfin patron, vous avez vu le bonhomme? Ce... C'est même pas un homme, c'est un gringalet, même les filles de Vanylle en ont plus dans les... hum enfin, vous voyez ce que je veux dire, refiler ce type à Magnus c'est cruel, bien plus que le jeter dans grand-vent si vous voulez mon avis !"

"Du calme Gus"

Les deux hommes traversaient à présent les passerelles qui reliaient la demeure aux entrepôts en passant au dessus des bassins d'élevage.

"J'ai... réfléchi..."

"Sauf vot' respect patron on dirait pas"

"C'est une sensation que j'ai depuis que je suis Errol et... quelque chose... n'est pas juste..."

"J'aurai pas cru vous entendre parler de justice patron, vous allez bien?"

"Pas de justice Gus, non, de justesse, je parle de justesse, quelque chose... fait faux !"

"Euh mais... c'est faux non?"


"Justement Gus, tout le propos du faux c'est d'avoir l'air vrai."


Plus ils se rapprochaient des entrepôts et plus Moda accélérait le pas. Il ralenti cependant sur les derniers mètres avant les bâtiments destinés au stockage, conscient que sa démarche pouvait avoir l'air curieuse.

"M'enfin" répliqua Gus en chuchotant "c'est quoi le rapport avec le fait d'envoyer l'autre guignol sur la nuée ardente?"

"Un petit marcher Gus, tu comprendras bien assez tôt"



_____


"Alors voilà monsieur Belfort" Conclu Moda après avoir enlevé son masque. "Pour résumer, tout ce que je vous demande, c'est de peindre ce visage, et, tout travail méritant salaire, votre vie sera votre récompense, simple, un tableau contre une vie... je doute que vous trouviez meilleur offre. "


Il doutait que Jack ai bien suivit tout le baratin, les histoire de thé, de ton, de justesse et de contrefaçon qu'il lui avait servit depuis qu'il était revenu dans cette chambre froide et mal odorante mais tout ce qu'il fallait retenir était dans ces derniers mots.  Si Jack ne voulait pas explorer le vide infini, il lui suffisait de réaliser le portrait de Moda, du vrai Moda, le sang mêlé sans masque ni maquillage, sans artifices ni prothèses, ce visage qui avait été dissimulé avec tant de soins depuis si longtemps.  

"Bien sur, vous vous doutez que vous vous trouvez en possession d'informations que je ne peux me permettre de laisser s'échapper et la seule solution pour m'assurer de votre silence tout en vous laissant la vie... c'est de vous envoyer à Vanylle. Sans doute pas la vie dont vous rêvez mais c'est probablement mieux que le vide de grand-vent... non?"


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Posté dans Re: Il y a un peintre dans le frigo   - Dim 3 Nov 2013 - 3:48

Jack n'y comprenait goûte : à ses propos, l'individu s'en était allé sans un mot, l'ignorant alors qu'il l'appelait pour tenter de le retenir avant que le lourd battant ne se referme. Mais il voulait comprendre, par Vama ! Pourquoi demeurait-il ainsi entravés en un lieu inconnu, sans rien si ce n'est une pièce vide et malodorante. Aucun de ses actes n'avaient été criminels, alors pourquoi le retenir ainsi... ?!

Mais ce rapide départ silencieux avait été comme un lourd acquiescement à sa supposition. Eric Remballor abhorrait donc les vêtement d'un Parhelion : mais pourquoi, si ce n'est un mariage... ? Sans conteste, cela était bien trop innocent. Et, même si le peintre demeura perplexe, une idée s'était développée, une idée des plus inquiétante car le désignant comme un témoin gênant... De ces statuts dont tout humble de sa sorte se serait fortement passé... Et avec raison, comme il l'apprit un certain temps, plus tard.

Le froid s'était propagé à tout son corps et il en frissonnait, incapable de dormir pour se reposer, tenaillé par son inconfort, par sa faim, sa soif... Rien n'était venu, et il se sentait davantage faible, le sombre projet qu'il imaginait être à l'origine de sa situation lui paraissant toujours plus une certitude... Faisant le tour de la pièce, il n'y trouva rien que ses yeux ne lui eurent déjà montré : pas un trou se skikrak par où se faufiler, appeler à l'aide. Ainsi se sentait-il s'affaiblir peu à peu dans cette espace sourd. Un peu stupidement sans doute, il avait à nouveau user de la voix... Sans nouveau résultat, si ce n'est sa gorge douloureuse. Et il était un autre "inconfort" dont il eut été regrettable de parler en termes claires, mais qu'après une petite éternité de retenue, Jack dût y remédier honteusement. Ainsi se posta-t-il dans le coin le plus éloigné, pour ne plus s'en approcher ensuite. Tentant de se dire que l'endroit sentait juste un peu plus mauvais.

Aussi se trouvait-il posté près de la porte, frissonnant comme un enfiévré, quand cette dernière s'ouvrit enfin, Remballor revenant. Ce dernier ignora totalement le "Pourquoi ?" que croassa le peintre malmené, entièrement focalisé sur son projet qu'il exposa sans retenue. Jack en demeura muet, saisi et stupéfait, écoutant avec une horreur croissante et pourtant étrangement retenue. Le tuer car il avait fait le lien entre deux hommes qui n'en étaient en réalité qu'un... Et puis plutôt préférer qu'il le peigne. Survive, livré à des pirates, mais vivant. Et toutes ces tromperies... Il ne parvint pas à dire un mot pendant un instant.

Il n'était pas d'un tempérament violent.

Et pourtant, alors qu'il faisait mine de se lever en se contorsionnant... A mi parcours il se jeta soudainement en avant, entravé et maladroit, droit sur le faux bourgeois, tous deux finissant à terre lourdement. Le geste réveilla son corps où se propagea une horrible sensation qui le fit à moitié hurlé.

"Pourquoi ?!" se mit-il à crier rapidement. "Comment osez-vous ?! Comment osez-vous jouer avec des vies ?! Qu'avez-vous fait du Parhelion ?! Vous n'osez même pas me tuer de vos mains ! Vous préférez me livrer à des meurtriers !"

Était-ce un appel à la mort ? Plutôt une réaction désespérée devant un ensemble d'actions qui le dépassaient. Des manipulations abjectes, quelque chose d'horrible à venir qui tordait son ventre déjà creux... L'incompréhension devant sa vie mise en jeu alors qu'il servait comme à l'accoutumée une Marchande, un temps plus tôt....

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Posté dans Re: Il y a un peintre dans le frigo   - Dim 10 Nov 2013 - 3:57

Moda lui s'était rapidement relevé, époussetant ses vêtement pendant que Jack baragouinait au sol, incapable de se défaire de ses liens.

"Nous nous sommes mal compris monsieur Belfort..."


La petite tentative de rébellion du peintre ne lui avait pas vraiment suscité de colère, plutôt un sentiment de profonde déception. Quelle ingratitude que celle de Jack à qui il avait finalement décidé d'épargner la vie et qui en remerciement essayait de l'agresser. Un tel comportement méritait une punition. Pas une vengeance engendrée par la rage mais une correction réfléchie et mesurée destinée à lui passer l'envie de recommencer. Il sorti son arme.

"Jack..." Il soupira. "Si je répondais à vos questions, j'ai le sentiment que cela reviendrait à encourager votre acte  de violence... ce qui me déplait fortement."

Il se mit à marcher lentement décrivant un large cercle autour du peintre. Son regard ne quittait jamais sa silhouette pitoyable et cette fois, il était prêt à répondre férocement à une nouvelle agression.

"Cependant vous laisser dans une telle confusion me chagrine profondément alors voilà ce que nous allons faire." Il prit une inspiration. "Je vais vous répondre, puis, en guise de punition et d'avertissement, je vous tirerais une balle dans le pied."

Il s'assura que Jack ai bien vu l'arme à feu dont il disposait avant de poursuivre.

"Essayez de ne pas penser à ce qui va suivre et concentrez vous sur ma voix. Voyez vous, je suis mal né. Les êtres de ma nature sont considérés par vous autres purs Matrosciens avec tant de mépris, de dégout... Chacun des habitants de Matroos voulait ma mort avant même que je ne sorte du ventre de ma mère. Vous me considérez sans doute comme un monstre mais c'est le prix à payer pour garantir ma survie. Le Parhélion lui...  n'a pas eu votre chance. Sa mort fut lente et douloureuse, vous avez la possibilité de vivre une vie nouvelle qui, croyez moi, changera votre regard sur le monde. De nouvelles perspectives et de nouveaux visages... le peintre que vous êtes devrait s'en trouver heureux. Dites vous bien que si je voulais vraiment votre mort... Vous seriez actuellement à bord de mon vaisseau pour une balade dans Grant-Vent dont vous ne reviendriez pas... Si vous avez d'autres questions, posez les sans violence, vous aurez une réponse sans douleur."

Tout en parlant il avait décrit une spirale autour de Jack, se rapprochant progressivement. A présent juste au dessus du peintre, il s'accroupi, posa l'extrémité du canon contre le pied de Jack et tira.
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Posté dans Re: Il y a un peintre dans le frigo   - Ven 15 Nov 2013 - 11:18

Il avait une arme. Étrangement, les pensées affolées du peintre furent soudain plongées dans des eaux atrocement calmes, devant le canon qui allait et venait sous ses yeux, au son de la voix contrôlée de l'individu qu'il avait cru connaître sous le nom de Remballor. Aucune réplique cinglante ne lui vint... Car il était figé comme un fupin abattu en pleine course. Sa compassion aux propos de celui qui s'avéra être de sang-mêlé fut étouffée sans ménagement par sa propre situation... Seule l'horreur trouva son chemin dans son esprit. Le Parhelion, mort. Une "vie nouvelle"... Des nouveaux visages qui ne seraient sans doute pas accueillants. Le peintre n'était que frissons de peur, allongé sur le sol comme il l'était, vulnérable.

La balle qui fut tirée le prit presque par surprise.

Qui il était. Ou il était. Ce qu'il s'était passé... Tout devint parfaitement futile.
Alors que ses os et ses muscles étaient broyés par la puissance qui jaillit du canon, et que n'eut rien à lui envier le hurlement qui le transperça de part en part avec la douleur.

L'évanouissement fut trop tardif. Trop tard pour empêcher son univers calme et organisé de voler en éclat dans la bouillie qui avait été son pied.

♠ ♠ ♠

Il n'avait pas dû être inconscient très longtemps. La plaie pulsait encore, et un geste quelconque qui accompagna son battement de paupières le laissant pantelant et gémissant sous la torture. Sur son autre pied, il sentait le liquide chaud qui avait coulé, et d'autres matières qu'il ne baisa pas la tête pour identifier.

Il rendit ce que contenait son estomac dans une convulsion pathétique. De la bile.

Mais le monstre était toujours là. Qui le regardait sans un mot. Attendant. Que je crève... Ou une simple réponse. Celle-ci lui traversa l'esprit comme une étoile brûlante, alors qu'y apparaissait son seul salut. Sa rébellion ridicule n'avait engendré qu'une souffrance sans nom.

Je... Je le ferais... Parvint seulement à souffler Jack

Ses yeux avaient du mal à le fixer. Son esprit semblait vouloir partir... Fuir faim, soif, malaise... Et douleur. Il ne se sentait plus comme un jeune peintre qui n'attendait que le bon vouloir de nobles dames pour rendre compte de leur beauté dans une toile. Il n'était plus qu'une loque dont la seule survie résidait dans le tableau qu'il ferait d'un monstre s'étant habillé de la peau, le nom d'un Marchand.



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Posté dans Re: Il y a un peintre dans le frigo   - Jeu 21 Nov 2013 - 14:32

"Un soucis patron?"

Le bras droit venait d'entre ouvrir la lourde porte et avait simplement passé la tête au travers pour s'informer de la situation.

"J'ai entendu un coup de..."

"Tout va bien"
Le coupa Moda. "A l'exception du pied de notre ami..."

Gus tourna un peu plus la tête pour découvrir le corps inanimé du peintre.

"Il s'est évanoui, rien de grave... Il me faudra tout de même de quoi le soigner."

Gus hocha la tête.

"Rapidement" Insista Moda et aussitôt son bras droit refermait la porte pour s'acquitter de sa nouvelle tâche. Le temps qu'il revienne Jack s'était réveillé.

"Les quelques moments que nous avons échangé par le passé m'avait déjà convaincu que vous étiez une personne raisonnable monsieur Belfort... Notre petit accrochage est bien regrettable mais la douleur va bien vite s'adoucir."

Il commença à déboutonner le haut de sa veste
"Je doute que le moment soit bien choisi pour discuter des modalités de la tache qui vous incombera sous peu, vous avez besoin avant tout de retrouver une vision claire et apaisée, et vous remettre de cette petite blessure."

Le dernier bouton se dégrafa, il dégagea ses manches l'une après l'autre puis plia soigneusement le vêtement.

"Je pense que deux jours de repos ne seront pas de trop, peut-être trois si vous en ressentez réellement le besoin mais faire durer les choses d'avantage ne serait pas convenable."

Le sang mêlé remontait les manches de sa chemise lorsque Gus revint avec une lourde trousse en cuire. Le sac n'était pas seulement imposant, il avait visiblement un certain vécu, délavé, les coins usés, il était même possible de deviner quelques taches qui n'étaient pas totalement parties.

"J'ai laissé mon gars à la porte, on sera tranquille."

"Tient moi ça"


Moda remit à Gus la veste et le pistolet, retira ses gants, les fourra dans sa poche puis dénoua son masque et le fit basculer sur le haut de sa tête. Il ramasse ensuite la mallette, l'installa aux pieds de Jack et l'ouvrit au maximum.

"Blessure par balle" marmonna-t-il dans un soupirs. "ça faisait bien longtemps et je dois dire que ça ne m'avait pas manqué..."

"Quelques souvenirs qui refont surface, hein patron !"

"Bien, je suis heureux de vous annoncer que la balle a traversé le pied, ça simplifiera les choses, essayez de ne pas trop bouger et tout ira bien."
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Posté dans Re: Il y a un peintre dans le frigo   - Ven 29 Nov 2013 - 11:50

Que répondre aux propos de cette homme ? Que répondre à celui qui venait de la blesser sans frémir, s’apprêtait à le soigner pour mieux l'envoyer à Vanylle une fois sa besogne accomplie ? Le peintre ne savait et se taisait en conséquence, son visage n'affichant plus qu'une douleur malade. Blessé et soigné par le même individu... Cela lui semblait aberrant. La situation lui était parfaitement étrangère. Jack ne comprenait même toujours pas comment il pouvait en être arrivé là. Mais la sensation de son pied le lui affirmait d'une manière brutale : enlevé et séquestré, oui. Totalement à la merci du sang-mêlé. Deux jours de "repos" semblaient bien insignifiants en comparaison de son état physique comme mental.

La suite fut confuse au Belfort : les gestes, les paroles, la figure de tortionnaire... Sans doute parce qu'il perdit à nouveau conscience quand la douleur revint. Conquérant à nouveau et sans effort un corps déjà mis à sac.

♠ ♠ ♠

Son réveil suivant ne se fit pas sur le sol froid et dur de sa prison, mais entre des draps délicats, dans un chambre bien luxueuse en comparaison. Sorti de son enfer, mais pas libre pour autant. Faiblard, il parvint tout juste à quitter une fois le lit... Et trouva devant sa porte une figure bien peut agréable. La demeure était Marchande, à n'en point douter... Mais il n'en vit pas  un seul, entre les repas qui lui furent servis, entre deux crises de fièvres, entre la visite visant à changer ses bandages. Son pied ne se faisait guère oublié. Du moins avait-il une vague conscience du temps qui passait, à la vue de la lumière naissante puis déclinante qui traversait sa fenêtre. Sans chaîne, tandis que son propre corps était un fardeau.

Il finit par être cherché. Vêtu sommairement, tiré de sa couche lourde de son odeur de malade. Juché sur une béquille qui ne l'empêchait pas de grimacer à chaque pas, jusqu'à ce qu'il s'habitue après plusieurs couloirs. Il suffit à une brute de le surveiller, puis de le guider tranquillement à travers le dédale. Une demeure Marchande sans Marchands, sans le moindre bruit d'une discussion altière ou de musique égrenée pour le plaisir des convives. Irréel, autant que l’état dans lequel se trouvait un simple peintre arraché à son existence. Jack ne connaissait pas cette demeure, mais il tâcha tout de même de mémoriser les lieux, dans un vague et fade espoir de fuite.

Malgré son pas hésitant, ils parvinrent bientôt dans un petit salon. Là, le peintre constata la présence de son "hôte"... Et d'un matériel douloureusement familier. Toile, pinceaux, peinture... Le temps de sa tâche était-il donc venu ?

Vous m'avez fait venir... Souffla-t-il d'une voix faible et hagarde, osant à peine dévisager l'imposteur.



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Posté dans Re: Il y a un peintre dans le frigo   - Sam 30 Nov 2013 - 16:51

"Monsieur Belfort !"

Le faux marchand masqué posa le document sur lequel il était en train de travailler pour saluer sommairement le peintre.

"Comment va votre pied? Douloureux j'imagine, mais n'ayez crainte, la blessure cicatrisera vite."

Il eut une absence d'une courte seconde, projetant mentalement le déroulement des jours qui allaient suivre, de l'échange qui allait s'opérer, un échange péremptoire et irréversible.

"Ah, j'ai quelque chose pour vous !"

Il fouilla quelques secondes dans ses papier pour en sortir une simple page. Un document qui semblait des plus officiels avec son lettrage on ne peut plus neutre et austère, sa mise en page cadrée, ses cachets, signatures... Il le tendit à Jack, Gus eut cependant la courtoisie de faire le lien entre les deux hommes pour éviter au peintre un déplacement inutile.

"Une copie de votre avis dé décès."
Annonça-t-il sans se soucier une seconde de l'effet que pouvait avoir ce genre d'annonce.

"Il a été envoyé à vos parents hier, ils devraient le recevoir dans la semaine."

Sur la lettre on pouvait lire distinctement le nom Jack Belfort, suivit de "décédé dans l'incendie de l'auberge "Le ventre d'armorie" à Errande." Le reste du document se perdait en informations administrative et autres formules juridiques, froides et sans âmes.

"Vous êtes mort... c'est ainsi, je ne sais pas quand auront lieux vos funérailles... bientôt sans doute. Il est bien triste que vous n'ayez pas d'autre moyens de faire vos adieux à vos proches, c'est ainsi. Peut-être d'ailleurs... Vous êtes vous déjà demandé, si vous veniez à perdre la vie subitement, comme c'est officiellement le cas, comment réagiraient ces gens que vous aimez? Quelles réactions inattendues les frapperaient subitement? Se mettraient-ils à verser silencieusement des larmes ou bien éclateraient-ils en sanglots bruyant? Hurleraient-ils comme si une blessure insurmontable venait de les frapper? Je me suis souvent posé cette question car, voyez vous... je n'existe pas, personne n'est conscient de mon être et le jour de ma mort... personne ne recevra de lettre, personne ne saura... assez ironique non?"


Il marqua une pause, comme s'il prenait conscience que son esprit embrumé prenait une direction inadéquat et que sa voix ne pouvait plus se contenter de déclamer ce qu'il lui passait par la tête.

"Je peux vous obtenir cette information si vous le désirez mais je préfère vous prévenir, vous êtes un homme différent à partir de maintenant, vous feriez peut-être mieux de laisser ces pensées derrière vous, elles appartiennent au passé."


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Posté dans Re: Il y a un peintre dans le frigo   - Mer 4 Déc 2013 - 13:18

L'imposteur lui parlait comme à une agréable connaissance... Le mutilé ne releva pas quand il eut la "gentillesse" de se préoccuper de sa santé. Jack ne réagit guère quand lui fut apporté un papier. Qu'est-ce que cela pouvait à voir avec un tableau et sa dispa... ?

Mort.

Il vacilla, chiffonnant brusquement le document entre ses doigts crispés, avant qu'il ne le lise, fébrile, confus. Là son nom... La date... Le lieux... Un avis de décès... Les détails lui devinrent incompréhensibles, alors que l'autre palabrait, semblant d'humeur triste devant les conséquences de son annonce, songeur quant à son propre cas. Et il parlait, et le peintre de trembler, le souffle court.

Jack se fichait de ce qui était dit.

Comment ? Non, mais... Je ne suis... Je ne suis pas... Disait-il, sans même savoir ce qu'il cherchait à exprimer.

Le mot "mort" ne voulait pas sortir, alors qu'il était transpercé par une émotion sans nom qui le laissait livide, se sentant plus faible encore qu'un fupin pris au piège. Ses proches réagiraient à sa disparition. Son corps - un corps ? - serait mis en terre. Le temps passerait alors qu'il serait ailleurs malgré lui et... Quoi ? Ce serait tout ? Il ne serait plus aux yeux de sa famille ? VIVANT ! Je suis... Il pourrait le hurler à l'envie, cela ne changerait rien. Ses yeux écarquillés se levèrent vers l'imposteur. L'homme qui le manipulait à son aise. Son pied, négligemment transpercé d'une balle. Sa "vie", enfouie, peut-être, sans doute à jamais sous de fausse information et sa disparition.

Un rire maladif s'extirpa d'entre ses lèvres.

Vous... Vous le faites souvent ? Faire disparaître ainsi... Quelques papiers... Mise en scène. Hoqueta-t-il, alors que l'avis lâché tombait piteusement à ses pieds, son oeuvre de destruction bien accomplie.

D'un geste hésitant, Jack passa une main dans ses cheveux emmêlés, sans songer à s'excuser pour son état qui, malgré sa belle tenue, ne dissimulait guère ses yeux cave, son teint cadavérique à l'instant, le tremblement de sa bouche alors que son regard dérivait, semblant chercher quelque chose à quoi se raccrocher. Mais être présentable était-il vraiment important devant celui qu'il pouvait presque nommer "meurtrier" ?

Moi aujourd'hui et... Vous avez commencez avec vous n'est-ce pas ? Vous ne devriez pas exister, vous l'avez dit. Et pourtant vous êtes là. Dans une belle demeure. Vivant. Son esprit affaibli d'avancer vaille que vaille, têtu, sans sombrer encore dans un silence abruti. Jack rigola. Haha ! Mais pourquoi ? Vanylle vous aurez très bien accueilli, alors pourquoi être ici ?

Ses genoux le lâchèrent, et il tomba, laissant chuter sa béquille de son côté. Un sourire apparaissait et disparaissait sur son visage, alors que des larmes lui venaient. Dionnia... Il ne la reverrait plus. Son père... Ils en resteraient là. L'un méprisant l'autre, l'autre n'étant pas parvenu à se faire comprendre du premier. Sa mère... Oh ! Depuis combien de temps ne l'avait-il pas embrassé ? Dame Shei'Arcath... Il lui avait si peu parlé à cette réception... Allait-elle seulement vraiment bien, avec l'individu qui lui servait de mari ?

Et il s'inquiétait pour eux alors qu'il était mort, et eux bien vivants ! Je suis ridicule, je suis... Il hoqueta, alors que son chagrin égaré se mettait à couler le long de ses joues.



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Posté dans Re: Il y a un peintre dans le frigo   - Mer 4 Déc 2013 - 15:08

"Bosse, j'peux vous parler un instant ?"

Gus traversa la pièce à grande enjambées pour se placer aux cotés de Moda et il se pencha pour lui chuchoter à l'oreille.

"Aucun capitaine voudra jamais d'un type comme ça et ... il est peut-être mignon mais je pense pas qu'il fera une très bonne fille de joie..."


Le sang mêlé donna une petite tape sur le dos de son acolyte.

"Allons allons, il est juste fatigué, j'en ai envoyé des moins solides que ça, il a bien réussi à me faire tomber, il est plein de ressource !"

"Vous faire tomber... suis pas sur que vous soyez une référence patron..."


Il ne pris pas la peine de répondre à cette dernière provocation, se leva et se dirigea vers le matériel de peinture. Il était neuf, commandé spécialement pour cette occasion. Les pinceau vierges rutilaient et leurs brosses nacrée se tenait droite, à la fois souple et résistante. Il en pris un d'une main, écrasa le crin du pouce pour en tester la dureté puis replaça le pinceau où il l'avait pris, la brosse ayant repris sa forme initiale. L'état du peintre l'attristait sincèrement, et pas seulement parce que ses pleurnicheries retarderaient surement le tableau. Il éprouvait une forme de déception ténue mais profondément encrée dans le fond de ses pensées. Un sentiment sournois. Voir Jack s'apitoyer sur son sort lui évoquait l'ingratitude. Moda avait tout de même fait l'effort de l'épargner.

"Vous savez... peut-être que vous auriez plus de facilité à accepter votre nouvelle vie si vous n'aviez pas d'attache ici à Matroos."


Il prit la direction des jardins. Gus aida Jack à se relever et le guida à la suite de son maitre.

"Je veux dire par là, supposons que votre père, votre mère... tous ceux que vous aviez connu disparaissaient, vous pourriez aller de l'avant, vous lancer dans votre nouvelle vie sans peine. J'imagine facilement à quel point les pensées allant à ceux qu'on a laissé derrière sois sont parfois des freins, des entraves insurmontable... Les registre vous concernant font état d'une sœur...  Si c'est ce qui vous abat à ce point, nous pourrions tout à fait l'éliminer elle aussi et libérer votre esprit de ces lourdes chaines."


Le jour ruisselait encore de la fraicheur matinale mais les Jardins baignaient dans une lumière apaisante. Caché sous son masque, Moda ne pu apprécier la douce chaleur de l'astre et ne reçu qu'un vent mordant. vivifiant.

"Allez, par ici, je vais vous montrer le lieu où vous réaliserez le portrait."


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Posté dans Re: Il y a un peintre dans le frigo   - Sam 7 Déc 2013 - 11:18

Oui, c'était sans doute cela. L'imposteur ne faisait que mettre à mal un être  déjà sous son contrôle. C'est cela qu'il espérait ? Qu'il soit complètement docile, reconnaissant pour son "attention" à chaque détail ? Ils l'avaient remis debout, pour mieux le jeter encore à terre. Jack se sentait vide, tenait à peine sur sa béquille au côté de cet homme. Faire disparaître aussi les siens, pour que plus rien ne le retienne... C'était aberrant, comme proposition. D'une aberrante froideur, d'un pragmatisme innommable pour lui. Il est prêt à tout. Une pensée simple, mais si lourde de sens. Qu'il ne soit pas déjà mort relevait du miracle, car sa vie causait à l'imposteur bien des "tracas" pour le faire disparaître. Son attachement pour les siens en faisait partir.

Je dois... Je dois...

Les larmes coulaient sans un son. La douleur physique lui paraissait insignifiante à présent. Là bien sûr, à le torturer... Mais il eut préféré se faire définitivement amputer du pied plutôt qu'entendre davantage de ses aberrations. Laissez-les, laissez-les... ! Le peintre avait envie de le hurler de toute sa force au visage du faux Parhelion, de le frapper de sa béquille, de, de... De faire quelque chose, quoique ce soit pour que cela s'arrête. Vous m'avez déjà tué, voulez-vous aussi les tuer eux ?! Son nom se bloqua soudain dans sa gorge alors qu'il voulait parler, s'exprimer. Il avait si mal rien que d'y penser... Dionnia... Dionnia...

La pensée que l'individu puisse la toucher, puisse envoyer l'une de ses brutes s'en prendre à elle le révulsait. Sa sœur, sa protectrice, sa confidente. En l'instant, elle lui paraissait tout, un pilier sans lequel il n'était plus rien. Oh bien sûr, il la voyait si peu souvent, avec tous ses voyages pour satisfaire ses clients et clientes. Mais sans elle, je ne serais pas moi.

Il allait disparaître, l'imposteur le voulait à tout prix, et il ne pouvait rien pour l'en empêcher. Qu'il pense à ses proches, et désire d'autant s'en tirer... C'était les mettre en danger. Être une menace pour eux.

Il devait lâcher prise.

Alors il se força à marcher plus droit. Se redressant, il s'appuya avec plus de conviction sur sa béquille, son visage se fermant malgré quelques frémissements. La douleur de son pieds passerait avec le temps, puisqu'il allait vivre. Eux, ils ne les verraient plus. Faire comme si c'était eux qui n'existaient plus.

Son cœur se recroquevilla à cette pensée, menaçant de se briser.

Ce ne sera pas la peine. Plus un croassement douloureux qu'autre chose. Il toussa. Fit un pas de plus. Cela... Ne vous vaudrait que d'autres morts à justifier, non ? D'autant qu'une famille entière disparaissant d'un coup... Cela pourrait attirer l'attention. Il rit devant une telle bêtise. Si peu de discrétion... D'un rire qui menaçait de tomber en morceaux, de se fendre, et de redevenir un pathétique sanglot. D'autant que si vous voulez bien faire les choses, vous devriez me faire disparaître au plus vite... Et réaliser un portrait convenable prend du temps, des heures d'immobilité. Un pâle sourire. Que vous ayez déjà choisi le lieu est une bonne chose. Certaines de mes clientes ont mis des semaines à se décider. Sinon, comment devrais-je vous nommer ? Remballor n'étant plus d'actualité.

Ne pas songer à si ce nom était celui d'une personne réelle autre que l'individu qui lui faisait face. Avancer. Tenter de sembler solide, apte à faire ce qui lui était demandé. Juste se concentrer, et agir comme il le devait pour...

Pour rester en vie.



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Posté dans Re: Il y a un peintre dans le frigo   - Dim 8 Déc 2013 - 7:15

L'imposteur souriait sous son masque. Son petit bluff avait fonctionné à la perfection. Jack avait compris que de sa motivation dépendait la vie de gens qu'il aimait et même si sa voix était encore faible et chaotique, elle semblait affermie. Il s'agissait là d'un mécanisme atrocement simple. Pourquoi les hommes avaient-ils tant d'attaches? Comment pouvait-on en arriver à estimer la vie d'autrui au point que la survie de l'individu passe au second plan? Pour un homme tel que Moda qui avait sacrifié tout espoir de construire des liens d'amitié ou familiaux afin de maximiser ses chances de survie, ce stratagème avec ses airs de solution miracle lui semblait finalement si mystérieux.

"Appelez moi simplement Errol."


Le trio avançait lentement. Ils contournaient les bassins d'élevage via un sentier bordé d'arbres. Sous leurs pieds courait l'épaisse tuyauterie qui reliait le lac aux bassin et permettait l'approvisionnement en eau, elle surélevait le sentier d'un bon mètre créant un faussé de chaque coté. Parfois on pouvait en ressentir la présence car les pas avaient un son creux mais il fallait tout de même faire l'effort de se concentrer sur ce bruit là et pas celui des oiseaux qui chantaient dans la végétation alentour.

"Vous aurez le temps qu'il faudra pour réaliser ce portrait, il doit être le plus ressemblant possible et je suis plus enclin à faire des concessions sur le temps que sur la qualité du résultat... Mais mon temps reste précieux, je ne tolérerais pas qu'il soit gaspillé."


Le rythme de sa voix s'était calé sur celui de la marche. Lent, reposé. Comme il était en tête, son regard vagabondait entre les arbres, cherchant  à associer un volatile à chaque gazouillis. Il ne prenait pas la peine de se retourner pour s'enquérir de ses compagnons, se contenant de les situer à l'oreille. Comme il laissait ses pensés dériver, la lenteur de la procession se mua petit à petit en lourdeur. Une lourdeur communicative qu'il transmettait par son silence.

"Nous y sommes presque."


Il désigna un sentier étroit qui divergeait et s'enfonçait dans la végétation. Sans un mot de plus il descendis du talus, tachant de pas trébucher et se faufila entre les arbres. La piste était suffisamment marquée pour être suivit sans difficulté mais de temps à autre une branche ou une pierre entravait le chemin. En outre le sol était très humide, jonché de flaque de boue il ne facilitait pas la progression. Gus était toujours à l'affut, prêt à soutenir Jack si il trébuchait mais aussi à le stopper si, dans un moment de folie, il décidait de fuir à travers un buisson.

Après une vingtaine de minute de lutte acharnée contre une végétation envahissante et un sol des plus traitre, le trio parvint finalement à l'orée d'une clairière, ou plutôt une crique. Le Lac formait un bras qui s'avançait dans les terres. Ici, protégé par un écran de végétation, et bien qu'au bord de l'eau, on ne pouvait apercevoir qu'une infime partie du lac lui même. A l'ombre de la voute centenaire d'un arbre imposant se dressait une bicoque frêle montée sur pilotis. Un ponton couvert de lichen la reliait au sentier, évitant aux visiteurs de mettre les pieds dans l'eau, puis formait une terrasse. A cet endroit les rayons traversaient et l'éclairait d'une lumière chaleureuse.

Moda s'avança prudemment sur la jeté de bois vermoulu. Une fois au niveau de la cabane le plancher semblait plus stable et il se détendit un peu.

"Nous seront tranquilles ici..."


Gus accompagna Jack jusque sur la terrasse puis rebroussa chemin.

"Je vais récupérer l'matos."
lâcha-t-il avant de disparaitre dans les fourrés.

La partie du ponton qui se prolongeait sur l'eau en formant une terrasse était définitivement plus récente. Le bois était plus claire, plus net, moins attaqué. En fait le lieu était même charmant si on faisait abstraction d'une vieille tache de sang qui brunissait les lattes. Le sang mêlé retira son masque. Sa peau avait pris une teinte grisâtre après avoir été privée du soleil pendant si longtemps et elle ne trahissait qu'à moitié ses origines. Sans les prothèse et le maquillage il était difficile de retrouver les traits d'Eric Remballor et finalement c'était son regard indéchiffrable qui complétait le rapprochement, mélange entre celui d'un carnassier et un rêveur perturbé, il était à la fois malsain et comme habité d'une étrange forme de compassion.


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Posté dans Re: Il y a un peintre dans le frigo   - Dim 15 Déc 2013 - 4:02

Le chemin lui parut comme irréel. Comme s'il n'était plus cerné par un sang-mêlé avide de le voir mort aux yeux de tous, et de sa brute d'acolyte. Un décor loin des riches demeures Marchandes & Bourgeoises... Mais aussi de la prison glacée où il était resté prostré les premiers jours. Cependant, chaque pas lui rappelait la vérité. Chaque pas qu'il faisait avec un pied douloureux, chaque pas où il s'évertuait à ne pas penser à ses proches... Même la vision de la végétation et le gens des oiseaux ne pouvaient le distraire de sa détresse. Il avançait malgré tout. La mort dans l'âme.

Malgré lui, devant la cabane, il ne put s'empêcher d'imaginer que, s'il l'avait voulu, "Errol" eut pu l'abattre ici-même et laisser son corps pourrir dans les herbes aquatiques. Cette impression morbide ne fut que renforcée par la "tâche" brune sur le bois que remarqua le peintre, tout en s'avançant au rythme heurtant de sa béquille. Sonné, il resta figé à la regarder. Qu'elle n'ait pas complètement disparue ne semblant pas important. Sans doute la trace d'une vie effacée brusquement... Mais que personne ne constatait jamais, autre que ses auteurs. Un endroit isolé, et charmant pour les meurtres. Un frisson le saisit, alors qu'il serrait davantage son bois porteur... Avant de s'arracher à cette vision, et regarder son nouveau "client".

Enfin. Il vit enfin ce visage que dissimulait jusqu'alors masque, maquillage... Et d'autres artifices dont il n'avait pas idée. Lui-même habitué à détailler la face de ses interlocuteurs, il découvrait celle-ci, grise, maladive. Eric Remballor n'était plus. Un homme qui cache son visage au soleil. Réflexe de ses années de peinture - si innocente - il le détailla aussitôt. Non sans avoir conscience de cette pression qu'il ressentait. Ce visage, c'était celui de quelqu'un qui le terrifiait, qui avait main-mise sur son existence... Qu'il haïssait. Assez pour le faire vaciller, l'émotion soudaine étant trop vive pour le citoyen affaibli.

Détournant le regard, soudain en sueur et le souffle court, il tâcha de retrouver contenance en s'égarant dans les douces ondulations du lac caché. Le peintre ne chercha pas à parler, laissant le temps s'écouler et son cœur se calmer, jusqu'à ce que la brute revienne, transportant avec un manque flagrant de délicatesse carnet, toile, pinceau, peinture, chevalet... Certes, c'était beaucoup pour un seul homme. Se concentrant sur ces éléments qui lui étaient si chers, et le rôle qu'il devait jouer, Jack durcit brusquement le regard.

Dans un cadre presque idyllique, la scène fut montée, le peintre discutant, sans parvenir à se départir d'une certaine raideur, avec l'imposteur, pour savoir quel décor il désirait, quelle pose, lumière... Quand nombres de détails furent décidés, le sang-mêlé prit place, alors que le citoyen retrouvait un semblant de cadre familier. Mais cela se révéla dur. Il se sentit comme vide devant le matériel. Il pouvait l'utiliser, mais ce n'était pas le sien. Il avait été acheté sur la demande d'un homme qui voulait l'utiliser, lui et son talent, avant de le faire disparaître.

Se pinçant pour sortir de son apathie, il se saisit d'un crayon. Les esquisses d'abord... Le contact du bois sous ses doigts lui fit l'effet d'une gifle. Il étouffa. Les larmes montèrent.

Il ne voulait pas qu'il les voient.

S'essuyant le visage d'un geste rageur de la main, Jack se força ensuite à lui faire face. Il dut se défaire de sa béquille, l'adossant à un mur pour en suite tenir sur un pied, ayant besoin de ses deux bras : un pour le carnet d'esquisses, l'autre pour le crayon. Pour se défaire de la pression au niveau de sa gorge, il toussa.

Commençons ? Demanda-t-il ensuite simplement, tâchant de retrouver sa concentration.



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Posté dans Re: Il y a un peintre dans le frigo   - Ven 27 Déc 2013 - 13:55

Moda n'avait pas vraiment l'habitude de prendre la pose mais, remarquant les effort que fournissait visiblement son employé, il se força à rester le plus immobile possible tandis que les premiers traits marquaient le carnet du peintre. La curiosité lui démangeait les pupilles, à quoi ressemblait-t-il sous le crayon du peintre ? Il n'était déjà lui-même pas vraiment familier avec la forme de son propre visage, en réalité si le peintre ajoutait des figurants sur sa toile, le sang mêlé aurait sans doute une certaine difficulté à s'identifier lui même au milieu des autres facies.

Il ne pouvait s'empêcher de se dire que ses plans l'avaient mené sur un chemin quelque peu inattendu. Bien sur, chacune de ses actions était minutieusement calculée mais comme il avait l'obligation d'adapter sans cesse la nébuleuse d'enchainement logiques qui tapissait son cerveau pour y inclure les nouvelles informations, la marche à suivre prenait finalement la forme d'une entité vivante et adaptable. C'est elle qui avait scellé le sort du véritable Errol Parhelion, qui l'avait désigné comme la cible à atteindre parmi les milliers de marchands habitant sur l'Île. A aucun moment Moda n'avait souhaité sa mort, et bien que l'ayant provoqué, il n'en tirait pas non plus de culpabilité.

Dans le fond, il ne désirait ni plus ni moins que ce qui lui revenait de droit: la richesse. Tout le tors qu'il causait au cours de son ascension était à relayer au rang de casualité, des victimes du hasard pour qui il ne nourrissait pas d'animosité mais au contraire de la compassion. Si il avait pu, conformément aux impératifs dictés par la logique, éviter ces meurtres et autres dépossessions, il l'aurait fait. Tout était finalement réduit à de simples chiffres dans un tableau de probabilités.

Cette réalité implicite des choses lui apparaissait progressivement. Il la lisait dans les yeux du peintre et devenait plus claire, plus évidente pour chaque coup de pinceau. Son propre sort se dessinait de la même façon que son portrait prenait forme. Il avait en effet pris une décision dont les conséquences n'avait tout d'abord pas été évidentes. A présent elles se propageaient comme un frisson lointain qui comprimait ses muscles. Du bout des doigts il frôla la seconde fiole d'acide, logée dans un replis de sa veste. La première lui avait offert la noblesse, la seconde serait un peu différente.


Avant même qu'il ne le réalise le soleil avait commencé à décliner. Ils avaient fait de nombreuses pause au cour de la journée. Moda pour s'épargner des crampes douloureuses et Jack pour ménager sa condition. A plusieurs reprise il entreprit de subtiliser un bref regard, un aperçu, mais il se ravisait toujours au dernier moment. Cela dura pendant plusieurs jours. Une semaine complète fut nécessaire pour finir le portrait.  Certains jours Jack travaillait seul, s'aidant seulement de ses recherches préparatoires. Pendant ce temps le sang mêlé vaquait à ses nombreuses occupations, tachant de compenser le retard qu'il prenait de-ci de là à cause du protrait.

Le résultat fut au delà de ses espérances. Moda lui même n'existait pas, il était mort à l'age de 8 ans et pourtant c'était bien lui sur ce tableau. Il était vivant et concret, plus réel que toutes ses identité réunies. Il resta un long moment impassible, scrutant l'œuvre dans ses moindres détails et, jugeant que cela lui convenait, il congédia le peintre.

_____

Une nuit sombre s'était abattue sur Sant-Poseinos. Des nuages lourds plongeaient le domaine dans des ténèbres opaques que même les lampes à Eralium ne parvenaient pas à dissiper. Le manoir était vide et silencieux. Il abritait une poignée de domestiques, Jack, Gus, et un sang mêlé.

Ce dernier n'avait encore pas vraiment réussi à se sortir de la contemplation que lui inspirait le tableau mais à force de l'observer, il en était arrivé à une nouvelle interprétation. Ses yeux plongés dans celui du portrait, il eu la sensation d'être transporté des années en arrière. Les contours de la pièce se mêlèrent à des bribes de souvenir. Il était à présent sur la passerelle de commandement du Sabot de Yöeust, une salle elliptique longue d'une dizaine de mètres qui surplombait le pont principal. Son extrémité avant était occupée par la Barre; une imposante roue de bois plaqué de fer dont les damasquinures oxydées formaient des motifs sombres. Moda était à moitié suspendu à la rambarde qui ceignait la passerelle, face à la barre, il observait son père dont les yeux scrutaient grand vent. La voix de l'opérateur radio s'éleva derrière lui.

"Je capte une transmission de l'Errandais Volant...  cible à dix heures on sera sur lui dans sept minutes ... attendez... Je crois qu'il est escorté... Trois frégates de la milice !"


Une rumeur s'éleva parmi l'équipage présent mais le capitaine resta de marbre. . Moda se laissa tomber au sol et bascula la tête en arrière projetant son regard dans la même direction que le vaisseau. Le pont principal pris des aires de plafond et la pluie qui remontait de l'abyme le martelait avec monotonie. La vision de l'enfant ne portait que jusqu'à la tourelle à Kerollium volée à la milice, les ténèbres dévoraient le reste... les ténèbres...

Il rouvrit péniblement les yeux. Le portrait lui faisait toujours face. Dans la pâle lumière de l'Eralium sa silhouette blafarde l'invitait au sommeil.

"Il est temps de rejoindre Yöeust." souffla-t-il. Son pouls s'accéléra subitement. Ses doigts fébriles empoignèrent le flacon, alors il bloqua sa respiration et, combattant un spasme, il leva le récipient au dessus de sa tête.

Le premier contact avec l'acide fut glacial puis immédiatement la brûlure lui consuma la peau. La douleur ardente ruissela de son front vers ses tempes, ses joues, encercla son nez et ses lèvres, glissa le long de sa gorge. Le tremblement de son bras devint incontrôlable, la fiole lui échappa, répandit le reste de son contenu dans une vrille chaotique. Ses muscles à vif se contractèrent à l'excès figeant son visage en décomposition dans une grimace répugnante. La douleur lui avait ôté jusqu'à la conscience de son propre corps. Les yeux désespérément clos, les oreilles sifflantes, son sens de l'équilibre l'abandonnait. Il produisit un son sourd en heurtant le sol. A ce moment, ses poumons qu'il avait soigneusement bloqué expirèrent et lui arrachèrent un cris étranglé et libérateur puis un second, plus long et plus fort. Reprenant ses esprit un court instant il bloqua à nouveau son souffle. L'acide devait être épongé avant qu'il n'attaque les chaires trop profondément. A tâtons il rampa dans la chambre jusqu'à trouver le lit, agrippa une couverture et y enfouit promptement la tête. Aussitôt la douleur fut ravivée, mais la brulure avait cessé de s'étendre.

C'est seulement là qu'il s'autorisa à respirer à nouveau. Nauséeux, Il ouvrit timidement les yeux, la chambre était en proie à des ténèbres pourpre, son père scrutait toujours le lointain, indifférent à son sort jusqu'à ce que le néant se referme sur lui et il chuta dans un abysse interminable.


Surprise, surprise:
 

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Posté dans Re: Il y a un peintre dans le frigo   -

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