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Ou comment introduire des êtres déjà vivants depuis longtemps.

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Posté dans Ou comment introduire des êtres déjà vivants depuis longtemps.   - Sam 1 Fév 2014 - 13:04

« L'enfance trouve son paradis dans l'instant. Elle ne demande pas du bonheur. Elle est le bonheur. »
Louis Pauwels.

       Aaaaat…

Cela faisait déjà une bonne quinzaine de mètres que le nez de Melina lui démangeait, sans qu’elle n’en ressente cependant le moindre effet.  Les températures un peu plus basses l’avaient atteinte, la rendant un peu plus faiblarde. Elle se grattait à chaque pas, espérant que cela passe, s’apprêtant à tout instant à placer son coude devant sa bouche, comme Onyx lui avait appris. Il n’aurait pas pris cette peine si elle n’avait pas attrapé la mauvaise habitude de le regarder, abasourdie, chaque fois que cela se produisait. Et sa patience n’était pas à l’épreuve de la salive. Bref. Mais là, rien n’arrivait, à son grand désespoir. Sauf que, forcément, cette fois-ci…

       Choum !

La jeune femme sentit les petites gouttelettes sur ses mains, les observant avec une grimace digne de celles habituelles de son compagnon de route. Secouant la tête, un peu ennuyée, elle s’essuya négligemment sur la tenue d’un passant, sans se rendre compte qu’il s’agissait d’une personne et non pas juste une masse de tissu ambulante. Il n’eut d’ailleurs pas plus de réactions, il faut avouer. Le fait est que la jeune femme était beaucoup trop absorbée par ce qui se tramait au-dessus de sa tête.

       Onyx ! Onyx ! Onyx ! Tu as vu ?

Bien sûr qu’il avait vu. Ou plutôt, bien sûr qu’il savait ce qu’il verrait. Cela faisait des années que ce moyen de locomotion existait, il n’en avait probablement plus rien à faire, contrairement à Melina qui continuait de s’émerveiller comme une gamine à la vue de ces véhicules. C’était d’ailleurs la seule et unique raison pour laquelle ils avaient fait un détour dans ce coin-là de Vuulte, alors qu’ils étaient attendus à l’autre bout de la ville. La jeune femme avait entendu parler du Spatioport, et avait agi comme une peste jusqu’à ce qu’Onyx accepte, à regret, de l’y amener pour voir ce qui en sortait. Elle avait commencé à agir un peu comme maintenant, tapant le sol du pied tout en faisant la moue, voyant que l’homme qui était, assez littéralement, toute son existence, n’avait pas de réaction.

       Onyx ! Onyyyyyyyyx !

Plus elle pestait, plus les gens se tournaient vers l’origine du bruit. Heureusement pour le duo, tous étaient trop pressés que pour s’attarder sur la scène et voir le visage des deux protagonistes. Pour l’instant, tout du moins. Cela n’empêchait pas la gamine de continuer, contrairement à ce que ferait probablement la brutasse.
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Posté dans Re: Ou comment introduire des êtres déjà vivants depuis longtemps.   - Dim 2 Fév 2014 - 16:00


Onyx avançait tranquillement dans la rue. Tranquillement signifiait ici qu'il bousculait quiconque ne s'écartant pas pour le laisser passer et qu'il continuait à faire son éternelle grimace malgré les quelques sourires éphémères que lui adressaient des passants un peu trop bons et naïfs. Il jeta un rapide coup d'œil derrière lui, espérant ne pas voir la jeune femme qui le suivait, - ou plutôt qui le harcelait sans cesse, depuis plusieurs années déjà. Il poussa un grognement dépité en apercevant sa chevelure rouge à moins de trois mètres de lui. Il soupira. Ce n'était pas aujourd'hui qu'il allait la perdre.

Ils avançaient en direction du Spatioport de Vuulte. Il avait cédé aux jérémiades de Melina qui voulait voir les Vivenefs et autres engins volants qui circulaient majoritairement par ici. Non pas qu'il ait eu envie de lui faire plaisir mais il se devait de préserver ses capacités auditives encore quelques temps. De plus, elle attirait l'attention ce qui n'était pas la meilleure des choses quand vous êtes un hors-la-loi.

Un éternuement d'éléphant lui indiqua que la rouquine était toujours derrière lui. Il se pinça l'arête du nez et grogna de nouveau. Melina ne connaissait visiblement les principes de discrétion et de féminité. Parfois, il se demandait fugacement qui était le plus grossier jusqu'à ce qu'il se rappelle quel type de personne il était lui-même.

Onyx entendit la jeune femme piailler quelque chose. Il n'y prêta pas attention jusqu'à ce qu'elle se mette à insister encore et encore, lui cassant les oreilles.


"Quoi encore ?"

Il jeta un coup d'œil dans la direction qu'elle lui indiquait et soupira. Il regrettait d'avoir cédé et de ne pas lui avoir collé une baffe comme unique réponse à ses demandes incessantes.

"Juste des Vivenefs hein."

Voyant qu'il n'arrivait pas à la calmer, il se dirigea vers elle et la souleva pour la jeter sur son épaule. La brute épaisse fit demi-tour et tout en râlant, faisait en sorte de rendre le voyage inconfortable pour Melina. Ça lui apprendrait à être insupportable. Ils avaient autre chose à faire qui incluait de traverser quelques rues, rejoindre quelqu'un à la taverne, prendre des informations et aller coller quelques baffes. Une mission comme il les aimait. Et pour tout ça, il gagnerait de quoi nourrir ce qu'il pouvait qualifier de sangsue pendant presque une semaine. C'était un bon deal. Sa grimace s'estompa quelques millisecondes avant de redevenir l'expression qu'il gardait toujours.

Avec son colis sur l'épaule, - comme au bon vieux temps, il se dirigea vers le lieu de rendez-vous avec une seule pensée en tête : ça allait faire mal.
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Posté dans Re: Ou comment introduire des êtres déjà vivants depuis longtemps.   - Lun 3 Fév 2014 - 3:58


Melina se sentit emportée. Ne comprenant pas tout de suite ce qui lui arrivait, elle cherchait le sol des pieds, les balançant sans retrouver la terre ferme qu’elle cherchait. Ce n’est qu’une trentaine de secondes plus tard qu’elle parvint à analyser que ce n’était plus le ciel qu’elle était en train de voir. Et, en l’occurrence, il s’agissait actuellement de beaucoup de pieds. Ce qui, sans l’ombre d’un doute, était à l’origine de sa confusion.

La brute avait beau réussir à tout faire pour rentre le voyage inconfortable, la jeune femme commençait à être habituée. Voire, à apprécier ce moyen de transport. Être tout près de son persécuteur, ne pas avoir à faire d’effort, voir le monde sous un autre angle… Elle pouvait bien endurer quelques douleurs musculaires pour profiter de cela.

Onyx se déplaçait rapidement. Mais pas assez que pour que la demoiselle ne remarque le reflet brillant du soleil sur le crâne dégarni d’un passant. Son regard s’illumina, tant qu’elle ne se rendit pas compte que son bras se tentant vers la personne n’était pas assez long que pour l’atteindre. Etouffant un juron, elle tenta de se débattre, produisant par là-même des petits bruits tous plus étranges les uns que les autres. En vain. La brute continuait son avancée de gorille géant, imperturbable, et l’inconnu s’éloignait jusqu’à disparaître de sa vue. Abattue, elle soupira.


      Ooooooh…

Quand ils arrivèrent à destination, juste devant la porte de l’établissement, le porteur la fit enfin redescendre au sol. Elle commença par se détendre et frotter les parties endolories de son corps, une grimace de douleur transformant les traits de son visage. Quand elle finit son inspection, se rendant compte qu’elle était toujours dans un état respectable – A savoir en un seul morceau, ce qui était déjà un tour de force lorsque l’on avait poussé à bout son compagnon – elle fixa Onyx d’un regard mauvais. Croisant ses bras sous sa poitrine, elle se mit à souffler, exaspérée.

      J’espère que tu es fier de toi.

Melina dévia son regard et pénétra dans la taverne quand elle sentit une larme lui monter aux yeux. La colère passagère de la jeune femme laissait maintenant place à la tristesse. Qui elle-même disparaîtrait dès qu’elle rentrerait, quelques secondes plus tard, dans la taverne. Là, elle serait souriante, joyeuse. La vue d’inconnus avec qui elle pourrait discuter la réjouissait, et l’odeur des petits plats dont elle pourrait s’empiffrer encore plus. Quand elle ne faisait pas, dans un élan de folie, l’inverse. Mais, dans l’immédiat, elle ne faisait que pousser la porte et gardait encore son ton amer.

      Qu’est-ce que tu attends ? Je pensais que tu étais pressé de faire ton stupide truc que l’on ne fait surtout pas presque tous les jours.
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Posté dans Re: Ou comment introduire des êtres déjà vivants depuis longtemps.   - Lun 3 Fév 2014 - 11:35


Onyx était satisfait, il était arrivé à la taverne sans complications. Même si Melina avait pas mal gigoté pendant le trajet, il n'avait presque rien senti et il la tenait trop bien pour qu'elle puisse déclencher un incident. Il n'y avait pas de risques de la voir s'enfuir malheureusement donc il ne se souciait pas trop de cela. La rouquine le ramena à la réalité lors d'une de ses nombreuses sautes d'humeur. Il secoua la tête de gauche à droite tout en soufflant bruyamment.

"Allez, avance !"

Il accompagna son ordre une pichenette qui malgré tout avait suffisamment de force pour faire bouger un homme de carrure normale. Onyx emboîta le pas à la jeune femme puis la dépassa rapidement pour aller s'asseoir à la table où les attendait leur contact, - enfin son contact. Sans s'embarrasser d'un bonjour ni même vérifier que Melina l'avait suivi, il demanda :

"Qui ? Quand ? Où ?"

Son interlocuteur sourit et commença à le taquiner un peu :

"Alors Onyx, on ne connaît plus la politesse. Et je vois que tu as amené la demoiselle avec toi. Je croyais que c'était un fardeau, pourquoi tu la gardes ?
- Ta gueule. Réponds. L'est utile.
- Ouais mais tu pourrais te trouver une ribambelle de filles utiles qui elles obéiraient au doigt et à l'œil, - enfin, je ne pense pas que tu utilises ces membres là mais passons, pour tout ce que tu voudrais faire...
- J'ai dit ta gueule.
- Le patron en a pas mal des comme ça...
- Ta gueule bordel !"


Son contact soupira en réalisant qu'il ne pouvait pas continuer comme ça sinon il allait se prendre une gifle monumentale. La main de la brute était d'ailleurs levée et il savait que la seule chose qui l'avait retenu jusqu'à maintenant c'était qu'il avait des informations à lui fournir. Sauf que là, le hors-la-loi était aussi hors de lui et risquait de lui refaire le portrait.

Il était toujours aussi ennuyé de voir à quel point ses quelques leçons de politesse n'arrivaient pas à porter leurs fruits. Préférant répondre à la brute plutôt que de recevoir quelques baffes, - oui, bizarrement les leçons d'Onyx rentraient plus facilement dans la tête des gens que celles que ces mêmes personnes tentaient de lui inculquer, l'homme lança d'une voix rapide :


"Un marchand stupide qui ne veut pas payer mon patron. Dans quelques heures tout près du Spatioport, tu ne pourras pas le rater, il est très... voyant. Menace-le suffisamment pour qu'il comprenne qu'on ne rigole pas avec le chef. Tu vois ce que je veux dire."

Onyx grogna en guise de réponse. C'était assez clair pour lui. Il allait se lever lorsqu'il eut une drôle de surprise en baissant les yeux vers la rouquine...
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Posté dans Re: Ou comment introduire des êtres déjà vivants depuis longtemps.   - Mar 4 Fév 2014 - 4:16


Onyx n’avait pas tergiversé, se rendant tout de suite d’un pas assuré, digne de l’homme avec un objectif en tête qu’il était – Il n’aurait pas été capable d’en assimiler un second de toute façon. Sans même tenter de relever Melina qu’il avait fait tomber avec sa « pichenette ». Elle se tourna sur le dos pour mieux bougonner, croisant à nouveau les bras. Cependant, puisque personne ne l’observait, elle se rendit compte que cela n’avait aucune utilité et devrait se relever toute seule. Effort pour lequel elle dût s’y reprendre à deux fois, glissant assez ridiculement dans la flaque de ce qui ressemblait à de la bière. Et qui devait en être, espérait-elle.

Une fois plus ou moins fermement installée dans sa position naturelle de bipède, elle secoua sa tête pour faire disparaître le plus de liquide de ses cheveux. Plusieurs clients maugréèrent sans comprendre d’où provenaient les gouttes volant droit sur leur visage, sans plus. La plupart d’entre eux étaient trop occupés, ou couverts que pour s’en rendre compte. Toute secouée par cette histoire, Melina préféra aller droit au comptoir plutôt que de rejoindre son compagnon.

Une fois de plus, elle songea à s’en aller loin, sans lui donner de nouvelles, pour lui montrer ce que cela faisait de se sentir abandonné. Mais une fois assise sur le tabouret, regardant la carte pour faire sa commande, elle ne pensait plus qu’à lui faire un gros câlin et le chatouiller. L’homme s’occupant de l’établissement souri à la jeune femme, lui demandant ce qu’elle désirait. La malade leva sa main droite, pour lui dire d’attendre un peu, puis lui dit très rapidement, en faisant glisser son doigt sur chaque entrée de la liste :


     Je veux ça… Et ça… Avec un peu de ça… Oh, oh ! Et ça aussi, beaucoup de ça !

Attendri par le sourire et a candeur de la jeune femme, et peut-être aussi sa joie à remplir sa caisse, le gérant lui prépara son festin dans les plus brefs délais. Presque instantanément en fait. Ce n’était pas de la grande gastronomie, plutôt des plats préparés le matin-même quand on avait de la chance, la semaine d’avant quand on en avait moins. Ce qui n’avait pas d’importance pour Melina, qui avait déjà commencé à s’empiffrer des restes qui lui avaient été servis.

Entre deux bouchées, elle se tourna pour voir qu’Onyx se trouvait dans son dos, sa maigre capacité de compréhension mise à mal par le spectacle auquel il avait droit actuellement.


     Bah quoi ?

Elle le regarda ensuite d’un air mauvais, gardant de son corps son repas.

     N’espère pas que je partage. Si tu veux quelque chose, tu fais ta commande !
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Posté dans Re: Ou comment introduire des êtres déjà vivants depuis longtemps.   - Mer 5 Fév 2014 - 6:38


Depuis le temps, il savait qu'il devait s'attendre à tout avec Melina. Mais encore une fois, il avait oublié qu'elle était quelque peu folle et qu'à chaque fois qu'il la laissait sans surveillance, elle lui faisait un nouveau coup pendable. Onyx était surpris par la quantité de nourriture que la jeune femme avait commandée mais aussi par celle qu'elle avait déjà avalée. En écoutant les propos de Melina, il secoua la tête, dépassé par ses bêtises. Il se mit à marmonner :

"Et ce n'est pas toi qui va payer je suppose..."

Il jeta un regard mauvais à son contact qui étouffa rapidement le ricanement qu'il émettait puis un autre au patron de l'établissement et aboya à l'intention de ce dernier :

"Une bière."

Alors qu'il se faisait servir, Onyx regarda de nouveau vers la rouquine et bougonna de plus belle :

"Et dire que je la protège, la nourris, la surveille et lui tiens compagnie depuis des années. Quand je pense à tout ce que je fais pour elle. J'aurais dû la laisser dans son asile de fous, je ne serais pas obligé de faire tout ça et j'aurais plein d'argent à moi."

Et il le pensait vraiment. Enfin, à moitié. Malgré tout, il s'était habitué à la jeune femme. Mais cela n'empêchait pas le fait qu'elle l'agace au plus haut point la majorité du temps. Alors qu'il grommelait encore et encore, il sentit quelqu'un le bousculer légèrement. Le sang d'Onyx ne fit qu'un tour, - il était déjà plutôt bien énervé, et lâchant ses instincts primitifs, il envoya tout en poussant un grognement, un puissant coup de poing dans la figure de la personne qui avait osé l'ennuyer. Son coup brisa le cartilage du nez de l'homme et l'envoya proprement dormir.

Après avoir lancé un regard assassin à toute l'assemblée, - et accessoirement avoir provoqué quiconque ayant eu la folle idée de s'opposer à lui, il se tourna vers Melina et gronda :


"T'as fini oui ?"

Une fois le repas de la jeune femme finalement terminé et presque entièrement payé, - le patron avait été étrangement conciliant quand Onyx lui avait proposé de ne faire plus qu'un avec son établissement et au sens propre du terme, le duo rejoignit tranquillement le Spatioport. La brute voulait trouver un endroit tranquille où rester et où il passerait à peu près inaperçu. La foule était son amie. Les gens étaient trop occupés et trop centrés sur eux-mêmes pour faire attention aux nombreuses affiches décrivant les Hors-la-loi. Et puis que ferait un Hors-la-loi sagement assis dans un coin tout près du Spatioport hein ?

La brute était impatiente. La cible ne devrait pas tarder à apparaître. Il jeta un regard vers Melina qui s'amusait comme elle pouvait dans son coin et soupira pour la énième fois de la journée.
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Posté dans Re: Ou comment introduire des êtres déjà vivants depuis longtemps.   - Jeu 6 Fév 2014 - 2:27


La remarque d’Onyx concernant le prix du repas toucha Melina, l’ennuya même. Elle n’avait pas spécialement pensé au fait qu’ils devraient payer. Ce n’était pas sa faute, le patron ne le lui avait jamais dit, mais elle se sentait coupable. La jolie malade se tourna vers lui avec des yeux de chiens battus, en lui disant d’une voix sincèrement tristounette :

    Mais tu sais très bien que je n’ai pas d’argent.

La demoiselle ne fit pas spécialement attention à l’emportement d’Onyx. Et encore moins à sa façon de négocier, elle était beaucoup trop occupée à finir son repas, puis à le digérer gentiment. Tout au plus remarqua-t-elle des mouvements familiers, mais rien qui sortait de son ordinaire. Avant de partir, elle passa faire la bise aux différents clients, leur souhaitant une bonne journée. Elle ne manqua pas de conseiller à l’homme qui avait décidé de faire une petite sieste à même le plancher de la taverne de continuer son activité ailleurs, au vu de la propreté du sol. Et enfin, elle remercia le gérant, qui lui répondit d’un sourire inquiet, pour son hospitalité avant de suivre les pas de son compagnon en courant un peu pour le rattraper.

    On devrait revenir ici. Les gens sont sympas.

De retour au SpatioPort, la jeune femme ne voulait plus regarder le ciel. La dernière fois qu’elle avait fait ça, elle s’était faite emportée sans le moindre avertissement, mieux valait ne pas répéter la chose. Non, là, elle était plutôt décidée à observer les gens, et à les suivre sur une courte distance. Certains pour leur frotter le crâne, avant de devoir courir pour éviter leur incompréhension parfois synonyme de colère. Certains pour les délester de leurs bourses, et alourdir celle de la brute. D’autres, elle les suivait juste pour le principe, imitant le moindre de leur mouvements. Et, parfois, elle combinait les trois activités sur la même personne, dans un ordre relativement étrange.

Melina observa au loin un couple se promener main dans la main, visiblement heureux, et elle commença à sentir un peu de jalousie monter en elle. Ce n’était pas la peine de lui expliquer que l’homme ne s’exposait pas actuellement avec sa femme mais plutôt sa maîtresse, qu’il rejoignait justement parce que sa relation battait de l’aile et qu’aucun des deux membres de cette dernière n’osait se l’avouer, préférant rejoindre dès que possible diverses personnes aux esprits, entre autres parties du corps, plus ouverts. Tout ce que la jeune femme voyait était le sourire des deux personnes, sans se rendre compte que celui sur le visage de l’un reflétait sa joie de ne pas être avec celle qu’il avait aimé, tandis que celui sur le visage de l’autre n’était que factice, fruit de la jolie somme d’argent dont elle avait été payée pour produire un tel spectacle, ainsi que de rabaisser le niveau de ses principes.

Elle se mit à se rapprocher d’Onyx. Elle allait le lui demander, enfin. Mais son courage s’évanouit en un seul instant quand elle vit son regard froid et un peu ahuri se tourner vers elle. Son visage grimaçant lui fit perdre toute consistance. Complètement perdue, elle se retourna d’un seul coup, avant de s’assoir en tailleur au sol en se disant que, après tout, il valait probablement mieux qu’elle ne pose pas sa question. Elle connaissait la réponse, sans en avoir eu la confirmation. Et tout aussi immature et irréfléchie pouvait-elle être, elle savait qu’un doute pouvait parfois être bien plus agréable à vivre qu’une certitude. Sentant le regard interrogatif de l’homme, ou plutôt croyant le sentir puisqu’il n’avait probablement pas pris la peine de s’attarder trop longtemps sur autre chose que la recherche de sa cible, elle s’empressa de dire quelque chose, juste pour ne pas rester en silence :


    Je… Je trouve que tu donnes bien sur les affiches placées pour que l’on aille à ta recherche !

Elle ne se rendit compte qu’environ vingt secondes plus tard d’à quel point le fait de dire cela à voix haute était une stupidité.
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Posté dans Re: Ou comment introduire des êtres déjà vivants depuis longtemps.   - Jeu 6 Fév 2014 - 11:38


N'ayant que peu à faire des états d'âme de Melina, Onyx avait décidé de continuer à scruter la foule sans rien répondre mis à part quelques grognements peu amicaux. Il avait quand même autre chose à faire que s'occuper de ça. Il avait deux bouches, enfin une bouche et un trou seraient plus exacts, à nourrir. Les derniers mots de la rouquine le mirent instantanément en alerte. La brute balaya du regard la foule autour de lui et se rendit compte que quelques personnes avaient saisi les paroles de la jeune femme. A la fois déçu et énervé, il se leva d'un bond et lança un regard de défi au petit attroupement. Une personne avait couru jusqu'à un mur pour vérifier la véracité de l'information donnée par Melina et revenait en poussant des petits cris hystériques.

N'écoutant que ses instincts primitifs, Onyx le chargea à la manière d'un taureau et le réduisit au silence en écrasant la cage thoracique du malheureux entre son propre corps et le mur. Il se recula et marmonna des menaces. Le silence s'était fait autour de la place, personne n'osait parler. La brute courut vers Melina et la jeta sur son épaule pour prendre la fuite. Il devait vraiment partir avant que la Milice ne débarque et le découpe en petits morceaux. L'homme réalisa qu'ajouter une victime à son palmarès n'était pas le meilleur moyen de faire baisser sa notoriété. La prochaine fois il arracherait ces fichues affiches comme il l'avait vu faire par un autre guignol encapuchonné.

Un homme imposant vêtu d'habits colorés, et tellement parfumé que l'atmosphère proche était irrespirable, lui barra la route. Sans réfléchir, - de toute façon il était incapable d'avoir la moindre réflexion, il pivota sur lui-même et envoya les pieds bien chaussés de Melina dans le visage de l'homme. Normalement, cette dernière ne devrait pas trop en souffrir vu les bottes qu'Onyx lui avait acheté.

Continuant sa fuite, il laissa sa deuxième victime au sol avec le visage complètement en bouillie sans savoir que cette personne était en fait sa cible. Ce qu'il ne pouvait pas deviner, c'est qu'il avait réussi son contrat car sa cible aurait tellement peur de sortir en public, - ainsi que des bottes, allez savoir pourquoi, qu'il ne pourrait plus jamais sortir de chez lui. Mais tout ceci est une autre histoire.

La brute jeta un coup d'œil en arrière et remarqua que personne ne les poursuivait. Il soupira et déposa Melina au sol :


"Mais tu penses parfois ?"

Il tourna en rond en lui jetant des regards assassins.

"Faut qu'on se planque. Ils savent que je suis là maintenant. Le contrat est foutu, prépare toi à faire la diète pendant quelques jours."

Agacé, il envoya un coup de pied dans un déchet qui s'envola un peu plus loin. Après s'être à peu près calmé, il lança à la jeune femme d'une voix plus proche de son ton habituel :

"Allez, on y va, suis moi. Ou non. 'fin démerde toi."
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Posté dans Re: Ou comment introduire des êtres déjà vivants depuis longtemps.   - Mar 11 Fév 2014 - 5:56


Certaines choses ne changent pas, et Onyx était décidemment beaucoup trop limité pour ne pas faire partie de ces choses. Face à une menace, il n’avait qu’une seule réaction dans son panel : Frapper. Et ce fût exactement ce qu’il fit, avec un résultat assez peu agréable à regarder. Ses bras faisaient des dégâts irréparables dans le faciès de ses victimes, c’était un fait. Mais vu la force, Melina était certaine que le cerveau subissait lui aussi.

Ensuite, elle se fit à nouveau emportée. Pour un voyage bien moins agréable, lui donnant presque le tournis. La brute courait, ne faisait pas attention au fait qu’elle soit bien calée dans ses bras, n’hésitait pas à la tourner dans tous les sens pour se servir d’elle comme l’extension de son corps, ou à plus proprement parler comme arme. Et ce n’étaient pas les petites lamentations qu’elle faisait qui l’arrêtaient – Au fond, elle soupçonnait même que cela l’encourageait.

Bien que n’ayant rien  fait, si ce n’est se faire promener, Melina reprit son souffle. Onyx ne le faisant pas, elle jugeait qu’il était nécessaire que quelqu’un le fasse à sa place, par peur de le voir étouffer un jour. La jeune femme s’approcha de lui, avec l’idée de le remercier de les avoir tirés d’affaire à l’aide d’au minimum un câlin, mais fût arrêtée dans sa lancée par les remarques de l’homme, qui la firent rougir. Elle croisa les bras et tapa du pied, tout en lui répondant :


   Peuh ! Bien sûr que je pense, parfois !

Cependant, malgré ce qu’elle montrait, elle était fort ennuyée. Même elle se rendait compte qu’elle avait gaffé – Une fois de plus, mais cela n’entrait pas en ligne de compte dans son esprit – et tenait à se racheter. Le fait est qu’elle se doutait bien que la toute petite somme qu’elle avait volé durant leur arrêt dans la taverne paraîtrait bien pâle face à la récompense et ne suffirait pas à apaiser son compagnon. Elle regarda de fait les alentours, et plus précisément la bâtisse devant laquelle ils étaient arrêtés. Il n'y avait pas de bruit qui en provenait, pas de lumière. Mais elle n’avait pas l’air à l’abandon non plus. Ce qui ne pouvait signifier qu’une chose, que les occupants habituels n’étaient pas là présentement. Ou qu’ils dormaient. Dans les deux cas, c’était suffisant à ses yeux.

   Diiiiis, ce ne serait pas bien ici, pour se cacher ?

N’attendant pas une quelconque réponse, Melina s’agenouilla devant la porte et sortit quelques petits outils de ses poches. Une trentaine de secondes de concentration et de chipotage, la langue tirée, plus tard et la serrure de la porte était déverrouillée, permettant au duo de rentrer à l’intérieur à loisir. Toute fière, la demoiselle se releva en souriant et se mit à sautiller en regardant Onyx.

   Tadaaa ! Qu’est-ce que tu en dis, hein ?
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Posté dans Re: Ou comment introduire des êtres déjà vivants depuis longtemps.   - Mer 12 Fév 2014 - 6:23

"Ouais, parfois, c'est ça, ça explique tout."

Onyx n'eut pas le temps, le courage ou l'envie de protester lorsque Melina commença à forcer la porte. Il se résigna à attendre les quelques secondes nécessaires à l'opération en surveillant les alentours. Il réfléchissait aussi en même temps, fait rare vu qu'il ne se contentait que d'une action à la fois habituellement. Il avait pris sous son aile malgré lui la rouquine et se sentait plus ou moins forcé par il ne savait quoi de la protéger. Etait-ce alors une bonne idée de la garder toujours avec lui même dans des situations dangereuses ? De plus, il fallait quand même avouer qu'elle en était assez régulièrement la cause. Il secoua la tête en se rendant compte qu'il n'arriverait de toute façon pas à la forcer à rester quelque part pendant qu'il faisait le sale boulot. Elle le suivrait quoiqu'il arrive ou alors il l'embarquerait sur son dos, au choix.

Une fois la porte ouverte, la brute s'avança et entra en premier. Il devait s'assurer que personne n'était conscient ici. Il fit signe à Melina de rester dans l'entrée de la maison puis commença sa fouille. Pièce par pièce, il avançait de manière méthodique, vérifiant les recoins sombres. Visiblement, personne n'était là, une aubaine. Il poussa la dernière porte et eut la surprise de trouver quelqu'un endormi dans un lit. Onyx s'avança prudemment et jeta un rapide coup d'œil avant de soupirer de soulagement. Vu l'odeur et la couleur, ceci n'était que de la viande soûle. Et ce n'était pas encore prêt à reprendre conscience vu l'intensité du relent.

Retournant vers la rouquine qu'il avait abandonnée sur le seuil de la porte, il réfléchit à ce qu'ils pourraient bien faire jusqu'à la tombée de la nuit. Ce n'était pas la première fois qu'ils devaient se cacher mais il n'y avait rien d'intéressant à faire dans cette maison. La brute espéra un court instant que l'homme décuvant à l'étage se réveillerait pour qu'il puisse aller le renvoyer dans les bras d'une quelconque déesse du sommeil mais il préférait ne pas prendre de risques. Il connaissait sa force mais il valait mieux être discret pour l'instant et si les choses ne se passaient pas comme il l'avait prévu, ils seraient tout sauf discrets.

Onyx referma la porte après avoir vérifié que Melina était bien rentrée et non pas restée dehors, on ne savait jamais avec elle. Soudain fatigué, il se dirigea vers le large sofa qui trônait au milieu d'un salon à la propreté douteuse. L'homme à l'étage devait vivre seul. C'était un peu stupide qu'il profite de cette situation pour se coller dans un état minable. Des gens mal intentionnés pourraient rentrer chez lui et essayer de le tuer par exemple. Ou de lui voler ses biens. La brute ferma les yeux et grogna :


"Melina ? Quelqu'un dort à l'étage, essaie d'être discrète pour une fois."
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Posté dans Re: Ou comment introduire des êtres déjà vivants depuis longtemps.   - Jeu 13 Fév 2014 - 6:41


Si Melina possédait une plus grande compréhension du large panel des expressions humaines, elle aurait été surprise de se rendre compte qu’Onyx était capable de se servir d’une sorte de sarcasme, un exploit en soi pour quelqu’un d’aussi basique. Sauf qu’elle ne possédait pas cette compréhension, et se sentit même plutôt fière d’avoir réussi à apporter une réponse à son ami. C’est donc toute joyeuse, sautillant presque sur place, qu’elle attendit le signe pour pouvoir lui emboîter le pas.

Le voyant prendre ses aises, la demoiselle se dit qu’il avait bien mérité un petit massage pour ses efforts. Mais en s’en approchant, elle se souvint du réflexe malheureux – Du moins, elle voyait les choses ainsi. Onyx voyait probablement cela comme plus relaxant qu’un massage – qu’il avait eu la dernière fois qu’elle avait tenté de s’approcher avec cet objectif en tête. Et elle ne désirait plus vraiment passer deux jours coincée dans un lit, à ne plus pouvoir regarder la lumière sans quoi sa tête la faisait affreusement souffrir.

Elle préféra donc faire le tour de la pièce, chipotant un peu à tout. Il n’y avait pas grand-chose, mais suffisamment de choses à toucher et à déplacer que pour s’amuser pendant une bonne heure ou deux. Il lui était impossible d’agir comme Onyx, simplement s’assoir et reposer ses muscles. Trop de choses à faire, à découvrir. Melina était certaine qu’elle n’aurait pas assez de toute sa vie pour voir tout ce que le monde pouvait offrir. Alors le comprendre... Elle cessa cependant ses recherches l’espace d’un instant, pour entamer sa réponse à la remarque qu’elle considéra assez blessante, tout en n’étant parfaitement  pas pertinente et justifiée :


  Comme si moi je n’étais pas…

Accompagnant sa protestation d’un ample mouvement de bras, la rouquine fit basculer un vase d’une table. Table sur laquelle elle s’écrasa avec fracas en tentant d’empêcher la chute du récipient. Qui, de toutes manières, se brisa au sol, la jeune femme l’ayant laissé s’échapper de ses mains suite à son choc avec le meuble. Si tout cela ne suffisait pas, elle accompagna tout ce mouvement d’un petit cri aigu, avant de s’exclamer en se relevant :

  Une fois n’est pas coutume, d’accord ? Il n’avait rien à faire là, ce truc !

Melina se rendit compte qu’elle ne faisait qu’empirer son cas en voyant le visage d’Onyx devenir de plus en plus de la couleur d’un jaspe. Elle ne comprit d’ailleurs pas tout de suite que les grognements ne provenaient pas de lui, mais d’un étage au-dessus. Grognements accompagnés d’une démarche lourde et hésitante, de quelqu’un qui avait visiblement des difficultés à tenir debout. Se faisant toute petite, elle chuchota :

  Je comprends, je me tais…
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Posté dans Re: Ou comment introduire des êtres déjà vivants depuis longtemps.   - Ven 14 Fév 2014 - 7:08


Onyx l'avait senti venir d'instinct, d'où sa réflexion mais il avait vraiment espérer que Melina fasse un peu attention à l'univers dans lequel elle évoluait. Sans succès. Et elle ne cassa pas que le vase, - non pourquoi s'arrêter là ?, tout y passa à côté d'elle. La chose qu'il craignait plus ou moins se produisit. L'alcoolique du dessus s'était réveillé. La brute se leva d'un bond, adressa un regard lourd de menaces à la rouquine et attendit au bas de l'escalier que l'homme descende. Il comptait l'assommer rapidement puis d'aller le recoucher pour qu'il ne se doute de rien. Sauf que ça n'allait pas se passer comme ça.

L'alcoolique mal réveillé glissa dans les escaliers et finit la descente sur les fesses ce qui le sauva d'une gifle monumentale. Onyx jura et se jeta sur le maladroit pour l'écraser sous son poids avec succès. L'ex-milicien fit juste suffisamment attention pour ne pas écraser de trop le malheureux et surtout pour ne pas le tuer sur le coup. Il plaqua sa main sur la bouche de l'homme et appuya sur son cou sans l'étrangler pour lui faire perdre connaissance. Au bout de quelques longues secondes, l'homme cessa de s'agiter sous la brute qui en profita pour se relever. Sans accorder un regard à Melina, il attrapa le corps inconscient, le balança sur son épaule et monta à l'étage le recoucher.

Une fois l'homme dans son lit, Onyx vérifia rapidement s'il ne lui avait pas cassé quelque chose et s'il n'avait pas trop causé de dégâts. A priori, il devrait s'en remettre, tant mieux. Il essaya de réfléchir à un moyen de justifier les dégâts plus bas car il ne pouvait pas tout réparer ou tout faire disparaître sans éveiller de soupçons. Autant le combat pouvait passer pour un mauvais rêve, autant des dégâts matériels ne feraient que rendre plus réel ce cauchemar. Il redescendit d'un pas lourd et retourna s'exploser sur le canapé. Il s'installa confortablement, se frotta les yeux et lança à Melina :


"Heureusement que tu m'écoutes. Ce n'est pas possible d'être aussi empotée. Je comprends pourquoi ils t'ont enfermée, tu es un tel danger pour toi et pour les autres que c'était un service à rendre à l'humanité. Ce n'est pas la première fois en plus que ça se passe comme ça. Qu'est-ce qui te passe par la tête ?"

Il râlait plus pour évacuer que par réelle méchanceté. De toute façon, Melina avait tendance à tout prendre au mieux ou ne gardait pas rancune longtemps donc il n'avait pas trop de soucis à se faire et n'était pas obligé de prendre des pincettes. Même s'il faut avouer que c'était quelque chose dont il était incapable. Il continua :

"Maintenant tu viens t'asseoir à côté de moi et tu ne bouges plus, si tu as faim, j'irai chercher, si tu as soif j'irai chercher et si tu as une envie pressante, tu te retiens. Et si tu pouvais avoir une idée pour masquer ton massacre en accident ce serait la moindre des choses."
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Posté dans Re: Ou comment introduire des êtres déjà vivants depuis longtemps.   - Mer 19 Fév 2014 - 2:54


Melina aurait aimé qualifier le spectacle se déroulant devant ses yeux – celui d’une masse de muscle décérébrée écraser une masse de graisse avinée – de majestueux, mais il n’en était rien. A vrai dire, cela avait même plus un côté dégoûtant qu’autre chose, ne fût-ce qu’au niveau des sons produits, fort peu ragoûtants. Elle se retourna, donc, à la recherche de quelque chose qui lui permettrait de s’occuper l’esprit pour ne pas penser à ce qui était en train de se dérouler au bas des escaliers. Son attention se porta donc sur les débris de la table qu’elle avait cassée. S’asseyant par terre, elle se saisit de deux d’entre eux et s’amusa à rejouer ce que l’imaginaire que les histoires qu’on lui avait raconté voyait comme étant une bataille entre deux vaisseaux, bruitages compris.

La demoiselle ne se rendit pas compte tout de suite qu’Onyx était déjà redescendu de la chambre avant qu’il ne se mette à lui parler. Elle ne l’écouta pas réellement, ses pensées étant perdues ailleurs. Fixant son compagnon, elle se disait qu’il serait un excellent père. Ferme avec les enfants, capables de les envoyer au lit sans crise comme il venait de le prouver, il était aussi du genre à favoriser le contact, ce qui ne pouvait être qu’un plus pour que les rejetons se sentent proche de leurs parents. En fait, la seule chose qui la dérangeait vraiment dans cette image qui lui semblait idyllique provenait de la tête de leurs enfants – Melina était persuadée qu’ils naîtraient avec la même capuche que leur père greffée sur la tête, et cela la dérangeait beaucoup.

Onyx n’était visiblement pas très joyeux. Encore moins que d’habitude, s’entend. La preuve en était les longues tirades qu’il était capable de débiter actuellement. Dont la seule chose que Melina tira fût « Viens t’asseoir à côté de moi ». La rouquine s’exécuta, bien entendu, un grand sourire aux lèvres, et s’installa. Ce qui lui prit cinq bonnes minutes. Tout d’abord pour choisir que la distance idéale entre elle et lui serait la plus courte possible. Ensuite, pour se placer confortablement, à moitié couchée sur le sofa et à moitié sur les genoux de la brute. Au pire, il l’enverrait faire un petit vol plané, et elle aurait un peu profité de cette position. Et elle n’aurait qu’à attendre qu’il s’endorme pour, comme d’habitude, se coller tout contre lui.

Elle n’osa rien dire, se faisant toute petite. Avec un peu de chance, il finirait par oublier sa présence – Comme il aurait aimé pouvoir le faire – et elle pourrait profiter de la situation un petit peu plus longtemps. Melina n’avait aucune idée de combien de temps ils allaient devoir rester cachés, et avait même déjà oublié pourquoi ils devaient se cacher, mais espérait que cela ne soit pas trop court.
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Posté dans Re: Ou comment introduire des êtres déjà vivants depuis longtemps.   - Mer 19 Fév 2014 - 6:25


Onyx soupira en voyant le peu d'effet qu'avaient ses paroles sur Melina. Elle écoutait vraiment que ce qu'elle voulait entendre. Il soupira de nouveau lorsqu'elle vient se coller contre lui et encore une dernière fois pour le moment parce qu'elle prit près de cinq minutes à s'installer, le dérangeant vraiment. Lorsqu'enfin elle cessa de gigoter, la brute décida de ne pas la virer car il n'avait pas envie que son petit manège recommence. De toute façon, il la retrouverait collée à lui comme d'habitude alors à quoi bon. Il ferma les yeux et se mit à somnoler, gardant toujours un contact avec la réalité. Il ne tenait pas du tout à se faire prendre même si la seule personne apte à les découvrir ne l'était plus vraiment pour l'instant compte tenu du traitement qu'il lui avait infligé un peu plus tôt.

Il s'éveilla deux ou trois heures plus tard, plus en forme. Il lâcha un soupir digne de lui en voyant Melina collée à lui telle une sangsue et, sans aucune délicatesse, la repoussa pour pouvoir se lever sans la mettre par terre - même si cela ne l'aurait pas dérangé, il préférait ne plus faire de bruits s'il pouvait les éviter. Il s'étira rapidement en observant la scène. Non ce n'était pas un mauvais rêve, les dégâts étaient bien là et n'avaient pas pris le soin de disparaître pendant sa sieste. Encore un soupir. Onyx se dirigea silencieusement vers l'étage et alla vérifier si tout se passait bien pour leur hôte. A son grand soulagement, il dormait de nouveau, bien. Il redescendit les marches sans bruits inutiles et se dirigea vers la rouquine. Il vérifia qu'elle était toujours là et sans un mot, il alla jeter un coup d'œil à l'extérieur.

Les rues étaient calmes, la Milice avait sans doute suspendu ses recherches pour l'instant. Tant mieux. Onyx savait qu'ils allaient le traquer plus tard et qu'il ne serait pas si aisé que cela de leur échapper. Mais il y était arrivé jusque là et il devrait bien pouvoir continuer. Un frôlement contre sa jambe le fit sursauter et il baissa les yeux. Un chat rouquin se frottait à lui en ronronnant et lui miaula après dès qu'il posait les yeux sur l'animal.


"Encore un truc qui me colle. Décidément."

Il allait envoyer valdinguer le chat lorsqu'une idée lui traversa l'esprit. Il savait que les animaux pouvaient parfois être destructeurs, ses géniteurs ayant eu des chats, il savait à quoi s'en tenir avec eux. Onyx ramassa la bestiole et lui gratta le dos pendant qu'il l'amenait à l'intérieur. Il referma la porte derrière lui et posa le chat au sol. La brute se dirigea vers la cuisine et entrouvrit une fenêtre. Il revint dans le salon et chuchota à l'intention de Melina :

"On rentre, bouge ton derrière faut pas qu'on traîne ici."
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Posté dans Re: Ou comment introduire des êtres déjà vivants depuis longtemps.   - Jeu 20 Fév 2014 - 2:56


Elle appréciait la position dans laquelle elle se trouvait. Non pas celle où elle était actuellement, au sol, propulsée par un Onyx bougon après son réveil, mais celle juste avant cela, couchée au niveau de son torse, bercée par sa respiration. Et, si elle tournait un peu son visage, elle pouvait profiter d’un très léger sourire, bien trop rare à son goût. De fait, dès que l’un d’entre eux apparaissait, elle cessait toute activité, tout mouvement, juste pour pouvoir se délecter de la vue tant que cela durait. Jusqu’à, effectivement, un vol plané et une marche rapide pour s’en aller, à vrai dire. Parfois pour que son compagnon revienne, accompagné comme ici. Sauf que c’était la première fois que cette compagnie était un chat.

Il ne sera pas surprenant d’apprendre que Melina se jeta au sol à côté de l’attendrissante créature, avant de se diriger vers le chat qui était un peu plus loin et se mettre à le caresser. Chose qui, au vu du plaisir qu’il semblait prendre, n’avait plus été faite depuis un sacré bout de temps. Elle essaya de lui apprendre des tours, comme se rouler au sol, ou se tenir sur ses deux pattes arrières, chaque fois en lui montrant l’exemple par elle-même. Elle allait justement entamer l’apprentissage de la marche sur ses pattes avant quand Onyx revint de son petit tour, pour lui signaler qu’il était amplement temps qu’ils déguerpissent.


  On peut l’adopter ? Dis moi qu’on peut ! Je suis certaine qu’il pourrait nous être utile !

Ses caresses se firent de plus en plus lentes au fur et à mesure que son esprit analyse la situation. Oui, le chat pourrait leur être utile, et au vu de ses dernières performances, bien plus que Melina. Le calcul serait donc vite fait pour Onyx, quitte à avoir un être vivant ronronnant qui traîne dans ses pattes, autant prendre celui qui lui posait moins le problème. Et le fait que le choix soit roux n’allait pas aider – Melina était persuadée que son compagnon avait un faible pour les rouquines. S’arrêtant totalement de toucher le chat, elle se releva en regardant la bestiole d’un air mauvais. La demoiselle finit par reprendre, sur un ton un peu plus agressif :

  Il est très bien ici en fait, on a pas besoin de lui.

La jalouse s’avança, fièrement, vers la cuisine. Fixant le chat dans les yeux, elle prit Onyx dans ses bras, et l’embrassa sans qu’il n’ait eu le temps de réagir, juste pour bien faire comprendre que les tentatives de l’animal pour la remplacer avaient été vaines. Toujours énervée, elle sortit par la fenêtre en grognant, maugréant injures et autres réflexions envers la boule de poils et le quadrupède.
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Posté dans Re: Ou comment introduire des êtres déjà vivants depuis longtemps.   - Ven 21 Fév 2014 - 12:56


Onyx ne chercha pas à en comprendre plus. Il s'attendait plus ou moins à ce genre de réaction de la part de Melina, du moins, la première partie. Il n'avait pas imaginé une seule seconde qu'elle vienne l'embrasser et qu'elle fasse une crise de jalousie pour un chat qu'il voulait juste laisser là. Elle avait effectivement des élans affectifs pour lui, qui se terminaient souvent plus de la manière dont la brute l'avait décidé il fallait l'avouer, mais rarement aussi vite. Il la voyait venir d'habitude. Certaines personnes philosopheraient et diraient qu'une vie pleine de surprises est mieux qu'une vie plate mais parfois Onyx désirait que les choses se passent comme il l'imaginait. Doucement et comme il s'y attendait. Seulement comme ça. La sortie rageuse de Melina ramena la brute à la raison et il la suivit avec grande peine. Il n'avait pas sa carrure toute frêle et devait faire attention de ne pas se cogner.

Une fois dehors, Onyx repéra la rouquine et grogna à son attention un mot monosyllabique pour lui dire d'avancer. Il la fit rester derrière lui, ne voulant pas qu'elle attire de trop l'attention et surtout pour lui permettre de vérifier si quelqu'un de mal intentionné venait. Ils eurent beaucoup de chance, la Milice venait juste de cesser les recherches et ne les reprendraient que dans une heure. Ils avaient largement le temps de rentrer se mettre à l'abri. Le chemin se déroula tranquillement mis à part le fait que Melina ne pouvait pas toujours anticiper les arrêts brutaux d'Onyx lorsqu'il voulait vérifier si la voie était libre.

La brute poussa enfin la porte de chez lui en soupirant de soulagement. Il laissa la rouquine entrer et referma rapidement. Il aperçut un morceau de papier par terre et haussa un sourcil. Qu'est-ce que ça pouvait bien ficher là ?


"Melina, qu'est-ce que t'as encore laissé traîner par terre ? Je t'ai déjà expliqué que c'était pas un dépotoir ici."

Il ramassa la feuille et la retourna. Ses yeux froids déchiffrèrent maladroitement les quelques mots et l'étonnement marqua son visage.

"Au fait, au final c'est toi toute seule qui va te serrer la ceinture, j'ai accompli mon contrat."

Finalement, les choses ne s'étaient pas si mal passées. Il alla s'installer confortablement dans son sofa et croisa les jambes. Sa grimace s'était légèrement atténuée et il était assez fier de lui. Pour une fois amusé, il guettait avec impatience la réaction de Melina, si elle allait en avoir une évidemment.
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Posté dans Re: Ou comment introduire des êtres déjà vivants depuis longtemps.   - Lun 24 Fév 2014 - 4:12


Il était rare que Melina soit en colère plus que deux minutes. Mais là, ce chat avait définitivement dépassé les bornes. Séduire celui qui était parfait pour elle n’était vraiment pas quelque chose à faire. C’est pourquoi elle râla tout le trajet, lâchant de temps à autre une délicatesse à l’attention du félin. Certaines, comme son « Sale bête » étaient logiques, d’autres, de l’ordre de son « Résidu de boules de poils mutant », faisaient déjà beaucoup moins sens. Elle se laissa même aller à des « P’tit con », alors que la rouquine n’avait pas l’habitude de se servir d’un tel vocabulaire. L’influence d’Onyx, certainement.

Et cela aurait duré encore plus longtemps si Onyx n’avait pas fait sa remarque quant à la nourriture. La demoiselle vérifia d’abord sa taille par réflexe, ayant cru comprendre que son pantalon était en train de tomber, et nécessitant donc un resserrement de sa ceinture, mais elle ne tarda pas à se rendre compte qu’elle n’en portait pas. De ceinture, bien entendu. Bien que ce n’ait pas été simple, Onyx avait pris soin de lui enfiler un pantalon au matin, pour éviter des soucis qu’ils avaient eu deux ou trois semaines plus tôt.


    Mais mais mais... Pourquoi... ? Je t’ai aidé pourtant...

Les larmes montèrent aux yeux de la jeune femme, sentant étrangement son estomac gargouiller pile à ce moment-là. Le goût des steaks et cuisses de poulet lui manquaient déjà. Elle jeta un regard particulièrement attristé à son compagnon, tout en lui disant :

    Et puis, tu sais, si je ne mange pas, je vais maigrir. Et si je maigris, je vais mourir, c’est toi qui l’as dit ! Et si je meures, hein ? Tu feras quoi si je meures ?

N’obtenant pas de réponse immédiate, Melina en déduit qu’Onyx ne s’était jamais donné la peine d’y réfléchir. Parce que cela n’avait pas d’intérêt, parce qu’il ne voulait pas imaginer cela ou parce qu’il n’en avait pas la capacité, tout était possible – En réalité, non, il n’y avait qu’un choix possible. Mais il est clairement établi que ce qui se passe dans la tête de Melina n’a que très rarement un rapport très léger avec une interprétation rationnelle de ce qui l’entoure. Elle fit donc les cent pas, énumérant, en s’aidant de ses doigts, les diverses conséquences de son décès :

    Parce que tu devras sortir mon cadavre, et comme je serai toute maigre je casserai quand tu me portera, donc tu devras sortir les bouts... Et vu que ce ne sera pas propre, tu vas devoir laver tout ça... Et tu devras trouver un endroit dans lequel mon cadavre ne sera pas relié à toi, sinon ce sera clair que tu seras recherché pour meurtre en plus de tout le reste, parce que bon, tu m’auras tuée après tout... Et puis... Euh... Et puis... Et puis tu devras faire la fête aussi, et ça te coutera plus cher que de me nourrir !
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Posté dans Re: Ou comment introduire des êtres déjà vivants depuis longtemps.   - Mar 25 Fév 2014 - 1:12


Onyx écouta quelques instants le débit de bêtises de Melina. Sa première réaction fut de se prendre le front entre les mains et secouer la tête de gauche à droite tout en soufflant de lassitude. Ensuite, il décide de ne plus vraiment y faire attention pour enfin désirer un grand silence tout à coup et la rouquine allait à l'encontre de son désir. La brute essaya de trouver une solution qui ne lui demanderait pas trop d'efforts, qu'ils soient physiques ou intellectuels. Pour lui, les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures et la jeune femme n'avait pas l'air de partager ce point de vue.

L'homme se leva de son canapé et observa Melina qui était toujours en train de déblatérer ses âneries. Il soupira de nouveau, se demandant encore une fois pourquoi il l'avait embarquée sur son dos ce jour-là sans trouver une réponse qui lui plaisait dans le lot de celles qui lui venait à l'esprit. Onyx regarda la rouquine puis décida de l'attraper pour la faire taire. Elle avait tendance à se calmer assez facilement quand il la serrait contre lui, non pas qu'il essayait de l'étouffer, bien que ce soit tentant, mais elle aimait bien cela visiblement et au moins, il obtiendrait ce qu'il voulait. La brute ceintura donc la rouquine pour l'emmener avec lui sur le sofa tout en grognant une petite poignée de "chut" menaçants. Une fois bien installés, pour lui vautré assis au fond du canapé, pour elle vautrée à moitié sur lui, il rouspéta :


"Au moins, tiens-toi tranquille la prochaine fois. On n'aura pas tout le temps autant de chance. Le jour où ils m'attraperont tu ne pourras pas me suivre où ils vont m'emmener."

Ce serait enfin un genre de délivrance même si Onyx ne se faisait pas trop d'espoirs à ce sujet. Il savait qu'en poursuivant sa propre volonté primaire, il avait signé son arrêt de mort. Au mieux, il finirait emprisonné à vie. Au pire... Ses yeux se baissèrent vers la rouquine. Il s'en sentait bizarrement responsable même si cela allait à l'encontre total de sa nature. La brute savait aussi qu'il fallait qu'il prenne une décision rapidement par rapport à son mode de vie. Il se devait, même s'il n'arrivait pas à savoir pour, d'assurer à Melina sa survie. Il acheva son très court monologue en ordonnant d'un air presque agressif :

"Bon, maintenant tu te reposes encore et tu restes silencieuse. J'en ai marre, j'ai besoin de calme."

Il ferma les yeux en soupirant. Fichu instinct.

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