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Cendres et poussière

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On m'appelle Hinaë Aanka'Leï


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Posté dans Cendres et poussière   - Sam 15 Mar 2014 - 4:49

Le retour depuis Arish s'était fait dans la nuit, le temps de présenter ses salutations à chacun après la réception. Il faisait sombre dans le vaisseau ; Hinaë insistait, ne s'occupant pour une fois pas de l'avis des autres occupants. Trop de lumière aurait rendu le dehors impossible à voir, et Korrul était si beau sous les rayons de la lune...

La jeune fille s'était installée près d'une fenêtre, à quelques mètres de Khéops et Solaris dans le vaste engin d'apparat, pour leur laisser une certaine intimité sans déroger à la bienséance. De toutes façons, on profitait mieux de la nuit dans le calme. Elle avait toujours aimé le silence relatif des heures sombres, et cette nuit ne dérogeait pas à la règle, si l'on escomptait le ronron du moteur, à peine audible si l'on y faisait pas attention ; le vaisseau glissait dans l'air comme une ombre, un critère particulièrement important pour survoler les zones habitées. Si les constructeurs n'avaient que peu de considération pour les gens du milieu, il n'en allait pas de même lorsqu'il fallait prendre en compte le survol de nombreuses Cultures.

On arriverait bientôt au domaine Aanka'Leï. Hinaë connaissait le chemin, depuis le temps qu'elle l'observait à chaque fois qu'il était nécessaire de changer de ville. Longer l'Oasis - la plupart des pilotes n'aimaient pas la survoler de peur de blasphémer -, survoler la ville en descendant progressivement, pour atterrir dans la poussière devant les grandes portes. S'appliquant à enlever doucement ses nombreux ornements pour être plus à l'aise, puisque la fête était terminée et qu'elle était avec les siens, la jeune fille s'appuya contre la vitre en démêlant les longues mèches noires de sa chevelure. Ofägar n'était pas très belle, de jour... Une ville pas finie, misérable à côté de la splendeur de l'Oasis. Mais la nuit, les milliers de chandelles valaient la peine d'être vues, comme autant d'humbles prières adressées à Ruyn.

Hélas, en ce soir-là, à mesure que le vaisseau approchait, la luminosité se faisait plus vive qu'elle n'aurait dû l'être. Ofägar brûlait, Ofägar saignait. Hinaë mit un instant à comprendre que le brasier n'était pas naturel, une fraction de seconde sur laquelle ses yeux s'ouvrirent grand. Brusquement, le vaisseau changea de direction. Il n'était pas convenable de laisser des nobles si proche de pareil spectacle, même dans les airs.

Pour Hinaë, le mal était fait. Ce fut une autre nuit passée à dessiner, à essayer d'attendre calmement le matin. Quand enfin le jour se leva, l'aube semblait grise, terne des cendres qui volaient... Peut-être se faisait-elle des idées, car le domaine était loin de la ville en fin de compte, mais il lui semblait sentir jusque sur sa peau les horreurs de la nuit. Il faudrait ravaler sa nausée, prendre son courage à deux mains et aller voir ce qu'il était advenu des possessions de la famille au centre ville... Elle n'en avait pas envie, mais à qui d'autre cette charge incomberait-elle ? Son père était parti dés leur retour porter des dons supplémentaires au temple d'Arish, jugeant que les ordres des Chamanes passaient avant une situation à laquelle on ne pourrait de toutes façons rien faire avant le matin. Hinaë était l'héritière, elle devrait gérer.

Il lui fallut pour une fois peu de temps pour s'habiller. Une tunique grise sur un sarouel bleu nuit, de simples sandales, et les cheveux nattés serré dans le dos, rien d'ostentatoire, ce n'était pas le moment. Lorsqu'elle passa devant la chambre d'Aÿenka pour aller au quartier des domestiques, elle eut un pincement au coeur. Ce serait difficile.

Elle arriva bientôt devant la porte de la chambre de Neshenkâ. Il était encore fort tôt, aussi frappa-t-elle doucement, retenant un sourire lorsque la porte s'ouvrit sur la jeune femme qui sortait visiblement de son lit.

"Bonjour Kâ. Je suis vraiment désolée de te réveiller..." Elle se dandina un instant comme une enfant mal à l'aise, lui tendant un bout de papier sur lequel elle avait passé une bonne partie de son insomnie à rédiger une lettre d'excuses quant à une certaine visite. "J'aimerais que tu portes ceci chez les Serghar au plus vite. Il y a... Il s'est passé... Quelque chose, cette nuit. Je ne pourrai pas être disponible pour faire visiter la boutique à..." Comment devait-elle l'appeler ? Monsieur Serghar ? Radank ? Bonne question. Elle opta pour la facilité. "Mon fiancé. Enfin. Qui que tu rencontres là-bas, présente-lui mes excuses, s'il te plaît."

Neshenkâ la regardait avec un air de poisson hors de l'eau, ayant visiblement besoin d'une tasse de saïa bien chaude. Hinaë lui sourit, gênée, avant de s'éclipser. Elle avait un vaisseau à prendre, et faisait confiance à sa servante, même si elle était dans le pâté de draoma.

Le trajet fut interminablement long, même s'il n'y avait pas grand monde en route à cette heure. Plus de feux, la ville semblait une coquille creuse, emplie du silence choqué qui suit les drames. Le vaisseau était bien plus petit que celui de la veille, à peine cinq places, de manière à pouvoir se poser sur le toît de la boutique. Ce qui aurait été pratique si la boutique avait encore eu un toît. Il fallut atterrir sur la place, deux rues plus loin, où des linges parfois tachés de rouges couvraient ce qui ressemblait fortement aux victimes de la nuit. Hinaë pressa le pas, talonnée par le pilote et les deux serviteurs qui avaient insisté pour l'accompagner.

Le bâtiment tenait encore debout, c'était ce qu'on pouvait en dire de bien. Malheureusement, outre la pierre qui le constituait, il n'en restait pas grand chose d'autre, et cette dernière était noircie. Retenant son souffle pour ne pas respirer l'odeur de brûlé qui voulait la prendre à la gorge, la jeune femme entra, pour constater que tout à l'intérieur était noirci, et que certaines parties du plancher étaient effondrées. Sans pouvoir se retenir d'avantage, elle prit une grande inspiration, les larmes aux yeux. Il était probable que, dans la journée, beaucoup de membres de la famille passeraient par là, et ce serait un choc pour pratiquement chacun d'entre eux... Mais Hinaë était sans doute plus investie que la moyenne, avec son travail qui était directement lié à la boutique, et le produit d'année de création qui s'était trouvé à l'intérieur pendant l'incendie. Il lui fallut de longues minutes pour arriver à bouger, un moment passé à fixer un point dans le vague comme une poupée cassée. Et puis elle éjecta les larmes avant qu'elles ne coulent, d'un revers rageur de la main.

Ce n'était pas juste. Elle n'avait rien fait de mal, et une chose pareille arrivait... Mais sa famille à elle, se dit-elle en ressortant dans la rue respirer un peu, sa famille à elle était saine et sauve. On ne pouvait sans doute pas en dire autant des habitants du quartier. L'air frais lui fit du bien, et cette soudaine prise de conscience l'aida à enfin adresser la parole à ceux qui l'avaient accompagnée, d'une toute petite voix presque incompréhensible ; il faudrait du temps pour que son humeur s'allège, surtout dans pareil décor. On était loin de la beauté qu'elle recherchait au quotidien.

"Nous allons rechercher tout ce qui est récupérable, et l'amener au vaisseau. Il est plus sage de rapatrier ce qui peut l'être vers le domaine, le temps de... ranger tout ça." Elle regarda les serviteurs un par un, essayant de se raccrocher à eux. Et eux, ils la regardaient comme si elle allait s'effondrer d'une seconde à l'autre. "Vous faites bien attention à ce que vous déplacez, je ne veux pas d'accident. Et je ne veux pas d'Aÿenka ici, ni de Naïrann, vous êtes priés de les renvoyer à la maison si vous les croisez."

Les habitants hagards commençaient à sortir des maisons intactes où ils s'étaient entassés pour les quelques heures qui leur restaient à dormir après l'attaque. Bientôt, l'endroit serait une fourmilière grouillante où chacun s'activerait pour que la vie reprenne son cours le plus rapidement possible. Comme Ofägar toute entière, Hinaë pleurerait plus tard. Elle releva ses manches et se mit au travail.
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Posté dans Re: Cendres et poussière   - Sam 29 Mar 2014 - 9:45

Il eut pu jouer la carte du petit cultivateur choqué. Ou encore de l'affligé. Ou encore du petit compatissant. Ou...

En fait, il ne savait pas quelle comportement adopter, alors que la colère lui rongeait le cœur. Avec un soupçon de bonne humeur mesquine tout du moins, pour avoir filé dans un speeder - en "prenant en otage" l'un des pilotes, à la seule force de son autorité Serghar -au nez et à la barbe des autres membres de sa famille, tout en emmenant sans sommation avec lui une femme qui ne cessait de lui jeter des regards tour à tour noirs puis perplexes depuis leur départ. Mais le Serghar avait jugé bon d'emmener et la messagère et sa réponse auprès de l'envoyeuse. Tu es désolée... Je t'en ficherai des "Désolée" Hinaë ! Et le pilote de redouter ce que le jeune maître avait en tête, alors qu'il trépignait en regardant le paysage défiler... Mais il y a des hommes qui ont des intuitions, et qui s'y fient, et une lui soufflait que le jeune Serghar n'y allait pas par pur égoïsme...

♦ ♦ ♦ ♦ ♦

"Tu me gardes ce vaisseau jusqu'à ce que j'en ai fini !" Siffla Radank à l'attention du pilote de speeder.

Après quoi il entraîna Nêshenkâ avec lui, rejoignant la bâtisse noircie qui avait remplie l'office de magasin pour les Aanka'Leï. Le serviteur demeuré en arrière soupira, avant de parcourir les alentours du regard : la ville avait bien souffert, tandis que les demeures cultivatrices avaient été épargnées. Elles n'étaient pas la cible des forbans... Songea l'homme.

Et c'est bien ce qui mettait le jeune Serghar hors de lui, alors qu'il avançait parmi les servants occupés à récupérer ce qui pouvait l'être, parmi les décombres. A l'écart, à l'abri... Attendant que la tempête s'en aille. Ce sentiment d'impuissance qui le tenaillait ne lui était pas des plus plaisants.

"Ma très chère Nêshenka, rends-toi utile et conduits-moi à ta maîtresse." demanda-t-il avec une gentillessse sonnant parfaitement faux à la servante Aanka'Leï... Qui lui offrit un regard noir pour réponse. "HINAË AANKA'LEÏ ! Je veux la voir !" tonna-t-il en réaction, attirant immédiatement sur lui l'attention des serviteurs les plus proches.

La plupart en furent surpris, d'autres en furent aussitôt contrariés, de voir ce jeune freluquet se pavanant dans sa cape de bonne facture. Radank les ignora totalement, jusqu'à ce que la figure l'intéressant apparaisse dans son champ de vision. Ni une ni deux,  il alla à grands pas vers elle, talonné par la servante, faisant fis de la suie dont pouvait se couvrir le bas de sa cape comme ses chaussures.*

"Ma fiancée." s'exclama-t-il en arrivant à la hauteur d'Hinaë. "Vous m'excuserez, mais j'ai tenu à venir en personne, MOI." Déclara-t-il avec un immense sourire, tout en se penchant vers la Aanka'Leï...

Avant de l'embrasse fougueusement sans sommation. Quelques secondes à peine, où il entendit comme tout bruit se suspendre... Si ce n'est celui de son sang rugissant à ses oreilles. Puis il recula brusquement, se sentant beaucoup mieux.

"Voilà pour cette visite annulée." Dit-il, avant de la détailler de la tête aux pieds.

Et alors il se sentit à nouveau agacé. Parce qu'elle était sale de l'effort fourni, qu'elle ne ressemblait plus à un panier à linges sublimement organisé, mais à une jeune femme que les événements avaient mis à mal... Et qui tenait le coup malgré cela. Que père et sa sécurité brûlent dans le désert.
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Posté dans Re: Cendres et poussière   - Sam 5 Avr 2014 - 13:29

Hinaë essayait, à l'intérieur de la boutique en ruines, de déterminer comment atteindre le coffre fort scellé dans le mur de l'étage. En sachant que l'étage n'avait plus de plancher à cet endroit précis, la tâche s'annonçait ardue... Il faudrait une échelle, quelque chose. Elle était quasiment sûre que le coffre n'avait pas été trouvé, caché comme il l'était derrière une tapisserie, et que s'il l'avait été, il n'avait pu être ni descellé, ni ouvert. Il restait à savoir comment...

"HINAË AANKA'LEÏ ! Je veux la voir !" 

...Ciel. La jeune femme sursauta, se demandant ce qui lui valait d'entendre son nom entier hurlé dans la rue avec tant de véhémence. Il y eut d'ailleurs un silence par après, comme si le peuple aux alentours retenait son souffle. Hinaë se dirigea en hâte vers la porte, se demandant bien ce qu'elle avait fait, car le ton n'était pas des plus accueillant, et qui l'appelait, malgré qu'elle eut la sensation de connaître cette voix. Et pour cause.

« Radank... ? »

Elle n'avait pas fait deux pas dehors qu'il était auprès d'elle, avec un de ces sourires qui la rendaient si perplexe. Hinaë, elle, n'avait pas encore souri de la journée. Elle ne s'était pas attendue à un sourire, et encore moins à un baiser. Une étreinte fougueuse qui lui vida l'esprit en un rien de temps. Quand il la lâcha, elle était sonnée comme si elle s'était cognée, ou comme s'il lui manquait plusieurs litres de sang, qui avait d'ailleurs déserté complètement son visage, la rendant aussi pâle que possible pour une korrulienne.

Hinaë voyait bien qu'il la regardait, et elle était horrible. Elle était sale, échevelée, en ruines comme le décor, parce qu'elle était affreusement fatiguée, et affreusement malheureuse. Hinaë ne vivait que par la beauté, et on venait de plonger son univers dans une laideur insoutenable. Impuissance, injustice, la perte du travail de plusieurs années... Son coeur était rempli à raz-bord de larmes, et Radank venait de le secouer. Si la situation n'avait pas été la même, elle se serait sans doute réjouie d'une marque d'affection, elle aurait été ravie qu'il ait même envie de l'embrasser. Mais à ce moment-là, c'était juste... Un peu trop. Une émotion violente qui venait s'ajouter à toute cette angoisse, à cette horreur qui la rongeait depuis la soirée précédente, à toute son inquiétude pour Aÿenka.

Elle enfouit son visage dans ses mains et se mit à pleurer.
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Posté dans Re: Cendres et poussière   - Ven 18 Avr 2014 - 10:14

Le jeune cultivateur se pétrifia devant une telle réaction, tandis que le regard de Nêshenkâ semblait à présent vouloir lui transpercer le coeur. Un rapide coup d'oeil l'informa que tous les serviteurs présents étaient d'un avis similaire. Je ne suis pas venu jouer aux Forbans et au koït, imbéciles. Et il n'avait pas prévu de mettre en pleure sa promise - visiblement exténuée émotionnellement -. Le garçon pesta intérieurement.

Puis entreprit de sermonner méthodiquement tout son public.

"VOUS ALLEZ RESTER LONGTEMPS LA BOUCHE OUVERTE ?" S'exclama-t-il, le port altier et la voix mordante. "Vous préférez que le désert fasse le travail à votre place, recouvre tout ce carnage d'une couche de sable ? Je ne crois pas que c'est ce que désirent les Aanka'Leï, ni leur héritière ici-présente parmi vous." Sa voix était retombé, en un étrange instant de silence... Jusqu'à ce qu'elle retentisse à nouveau, tel un coup de fouet. "ALORS AU TRAVAIL. Nêshenkâ, va chercher quelque chose à boire. Vite. C'est pour Hinaë, tête de capri, alors fais-moi le plaisir de t'exécuter."

Le ton n'était pas des plus agréables, mais l'opinion que semblait déjà se forger de lui toute la domesticité Aanka'Leï l'énervait quelque peu. En d'autres circonstances, il en aurait jouer, à les mettre hors d'eux... Mais pas alors que sa promise sanglotait devant lui, parmi les ruines du commerce familiale. Ils offraient un excellent service et des tenues de qualité... Fichus forbans. Il regarda la servante s'éloigner à contre-coeur, amèrement amusé du dilemme auquel il l'avait soumis : son aversion pour le Serghar lui dictant de faire la sourde oreille, tandis que sa loyauté  et son... Attachement ? - pour Hinaë lui soufflait qu'il serait bon de rendre ce petit service.

Puis il revint à Hinaë. Hinaë dans la poussière. Hinaë aux yeux rougis et tirés. Hinaë... Qui a besoin va vite reprendre ses esprits. Le cultivateur s'amusait des crises de larmes qu'il provoquait volontairement. Là, tel n'était pas le cas. Il était donc légèrement perdu. La forçant doucement à s'asseoir - manquerait plus qu'elle s'évanouisse, avec la chaleur et l'émotion -, il lui releva le menton d'une main, réarrangeant une mèche de l'autre.

"Ce n'est pas tout à fait la réaction à laquelle je m'attendais, sais-tu ?" Fit-il remarquer.
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Posté dans Re: Cendres et poussière   - Jeu 8 Mai 2014 - 14:03

Hinaë était de cette espèce rare de filles qui ont le sanglot esthétique. Celles qui pleurent avec des reniflements discrets, et dont le visage ne se colore qu'à peine ; elle avait le chagrin doux, malgré sa respiration tremblante. Elle ne sursauta même pas lorsque Radank se mit à crier, parce qu'elle s'était fermée complètement à l'extérieur, comme cela lui arrivait parfois. Ses yeux étaient fermés comme si plus elle les plissait, plus il y aurait de chances pour que tout soit normal quand elle les rouvrirait.

Lorsqu'elle regarda à nouveau la réalité, levant le visage de ses mains pour montrer le sillage tracé par ses larmes dans la poussière, elle avait les yeux vides, et c'était pour se laisser déplacer comme une poupée cassée. Elle ne sembla reprendre vie que lorsque Radank la força à le regarder, et ce fut pour sentir à nouveau de grosses larmes rondes perler aux coins de ses yeux.

Tout d'un coup, elle était profondément désolée ; sans doute qu'il avait voulu être gentil, et elle réagissait si mal... C'était désespérant, tellement que ça lui donnait l'impression de creuser un trou dans sa poitrine. Elle avait un peu de mal à respirer, entre ce gros chagrin, toute cette angoisse qui n'avait pas encore fini de sortir à petites doses saccadées comme on vide un abcès, et l'horrible sensation de décevoir. Hinaë ne voulait surtout pas qu'il soit déçu. Elle voulait qu'il soit heureux, même si tout s'écroulait, parce que ce n'était pas de sa faute, tout ça. C'était elle, l'héritière, la future chef de la famille, elle était sensée tenir debout et protéger tout le monde, surtout celui qui allait partager sa vie à cause d'une mesquinerie entre leurs deux familles. Il n'y était pour rien. Au lieu de toutes ces belles aspirations... Elle faillait à sa tâche une fois de plus, et elle entendait presque le rire de Lïvh percer ses tympans.

Soudain, Hinaë s'aperçut qu'elle ne disait rien depuis un moment, alors que Radank la regardait avec une certaine... anxiété ? Son coeur se réchauffa, juste un peu.

« Je suis vraiment désolée... »

Juste un filet de voix cassée, peut-être encore plus incompréhensible qu'à l'ordinaire. Son fiancé était près d'elle, et elle se comportait comme une enfant. Et puis, une bouffée d'un oxygène dont elle manquait tellement s'engouffra dans ses poumons, et elle se dit que ce n'était pas grave. Hinaë se laissa brusquement aller, pressant son visage contre l'épaule de Radank et l'entourant de ses bras pour le serrer avec sa force de petit oiseau comme s'il était une énorme peluche. Elle avait mal, elle était perdue, alors elle se raccrochait à ce qu'elle pouvait, même s'il était plutôt la tempête que le rocher secourable.

« Je ne voulais pas que tu voies tout ça, pardon. »

Tout ça, c'était autant le désastre autour d'eux qu'elle-même.

HRP:
 
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Posté dans Re: Cendres et poussière   - Ven 9 Mai 2014 - 14:49

"Si tu espérais cela, il eut fallu renoncer à notre mariage, et me garder confiner dans la maison familiale. Tu m'excuseras de préférer que tu t'en abstiennes." Dit-il bas tout en fusillant du regard un serviteur trop insistant... Acceptant un instant de rendre son étreinte désespérée à sa promise.

Mais l'adolescent n'était pas du genre à s’appesantir. Il aperçut Nêshenkâ s'en revenant, et se défit doucement de l'étreinte de l'Aanka'Leï. Son "merci" fut reçu avec froideur par la servante - dont il n'avait que faire de l'opinion, si ce n'est pour la taquiner - et... La gourde lui passa sous le nez, la femme l'offrant directement à sa maîtresse. Le Serghar en profita pour se redresser, et laisser Hinaë aux bons soins féminins de sa suivante, alors qu'il regarder les serviteurs récupérer ce qui pouvait l'être, déblayer... Ses lèvres s'étirèrent en une discrète grimace alors qu'un bras apparaissait sous des décombres, dans un bâtiment voisin. Radank se concentra sur le magasin Aanka'Leï. Il ouvrit la bouche...

Et la ferma, pour se retourner vers Hinaë. Se permettant de tousser pour avoir son attention.

"Hmmm pourrais-tu m'indiquer où me rendre utile, sans gêner personne ?" Demanda-t-il, l'air de rien.
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Posté dans Re: Cendres et poussière   - Mar 27 Mai 2014 - 7:45

Neshenkâ approchait, et Hinaë se redressa, pour accepter le verre d'eau avec une gratitude qui se sentait dans le moindre mouvement qu'elle fit pour l'attraper. C'était précieux, après tout, un peu d'eau dans ce décor qui en aurait eu grand besoin quelques heures plus tôt. Elle but avec soulagement, avant de déposer précautionneusement le récipient à côté d'elle et de s’atteler à défaire sa longue natte. S'occuper de son apparence était certainement le meilleur moyen de se recomposer ; c'était toujours ce qu'on lui avait appris. Tant qu'elle avait l'air parfaite, tout allait bien. A ce moment-là, on pouvait dire que c'était un lamentable échec. Passer ses doigts dans les longs cheveux noirs brillants, puis s'appliquer à refaire une tresse serrée, c'était se concentrer pour rendre quelque chose plus joli, redonner de la droiture à quelque chose sur lequel elle pouvait agir, un petit rien de contrôle dans le chaos.

Elle n'osait plus regarder Radank. Sans doute devait-il penser comme Lïvh, à présent... Hinaë était faible, et ça aurait dû être un secret, mais il était un peu difficile de ne pas le laisser paraître. Son fiancé toussa, avant de poser une question dont il avait l'air presque gêné. La jeune fille sourit un peu tristement avant de répondre.

« Pour l'instant, je voudrais que tout ce qui peut être récupéré retourne au domaine... Il faut éviter les vols, même si les gens du coin auraient bien besoin d'un peu d'aide, je crois. »

Hinaë avait en effet envisagé de laisser les choses en l'état, et de laisser la population du quartier prendre ce qu'elle voulait dans les décombres, un genre d'aide détournée pour leurs propres malheurs, mais elle doutait fortement que son père apprécie. Elle réfléchit à ce qu'elle pourrait demander à Radank, mais ce n'était pas facile d'évaluer quel degré d'implication il souhaitait.

« Tu pourrais... Peut-être... » Elle ne savait pas. « Quand tu es arrivé, j'essayais de trouver un moyen pour accéder au coffre fort. Il est scellé dans un mur de l'étage, mais le plancher s'est effondré, les poutres qui le soutenaient ont brûlé, et je ne sais pas comment l'atteindre, parce que la porte est lourde, depuis une échelle on n'a pas l'amplitude de mouvement nécessaire pour l'ouvrir. »

Elle se leva, époussetant avec soin son pantalon ample.

« Si tu venais voir, tu aurais peut-être une idée pour moi ? »

Une idée, ce n'était pas salissant, et c'était sans doute valorisant, surtout que c'était pour la récupération du plus important. Elle aurait bien voulu tout laisser là, rentrer, prendre un bon bain et passer le reste de la journée en compagnie de Radank comme ça avait été prévu, mais elle ne pouvait pas ; ses responsabilités lui avaient rarement autant pesé que ce jour-là.
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Posté dans Re: Cendres et poussière   - Ven 11 Juil 2014 - 6:49

Et Radank qui eut jeté avec délice aux pauvres gens les richesses Aanka'Leï pour exaspérer sa future famille, et par extention la sienne. Il faut parfois se sacrifier à un peu d'altrui... Au droit de la propriété, oui. Hmmm. Son frisson face au ragard larmoyant et presque vaillant de la délicate Aanka'Leï n'ayant rien à voir avec sa coopération. Détournant les yeux pour mieux observer le "chantier" et les serviteurs y brassant du sable et des débris, le jeune cultivateur réfléchit au problème tout en suivant sa guide que l'action semblait raffermir.

"Si ses points d'appuis ont brulé, n'est-il pas risqué de chercher à y accéder...?" dit-il avant de voir la structure. "Hinaë, évites de tuer un serviteur pour un coffre. Récupérer rapidement ce qui est en dessous, puis faire définitivement s'effondrer le tout. S'il a résisté à l'attaque forbanne, ce n'est pas une chute qui abimera son contenu, n'est-ce pas ?" Dit-il doucement, menton levé vers l'objet de sa réflexion avec à l'esprit, des images fortement déconseillées d'acrobates réalisant l'exploit d'atteindre et de vider le coffre sans que rien ne s'effondre, plus léger que des voiles Aanka'Leï.

Se retournant dans un discret claquement de cuir, il fit signe à l'un des serviteurs proches de venir plus près... Et fut complètement dédaigné. Cette tasse brisée aura couté chère... Songea le Serghar avec un haussement de sourcils, hésitant en l'ignorance ou l'agacement prononcé. Criailler sur les domestiques dans une telle situation eut vraiment fait puérile.

"Toi, le fainéant !" s'exclma-t-il d'une voix dédaigneuse. "Occupes toi du bien de tes maîtres, qui git dans les décombres, là !" Dit-il en désignant la zone dangeureuse.

L'homme le dévisagea, yeux écarquillés, avant qu'une énième injonction ne le pousse à s'exécuter, non sans un regard vers sa maîtresse. Le Serghar pouvait être déplaisant au possible, il n'en restait pas moins cultivateur.

"Plaise à Ryun que la structure tienne bon tant que tu seras à ton affaire..." susurra Radank, jouissant du plaisir futile de forcer le domestique à une tâche l'effrayant.

Avant de se tourner vers Hinaë, faisant mine d'être indifférent à la tâche à peine confiée, bouillant intérieurement... Tout en gardant un oeil  vermeille sur les entrailles du magasin de tissus délicats, cruellement éventré.
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Posté dans Re: Cendres et poussière   - Sam 19 Juil 2014 - 4:37

Hinaë ne comprenait pas bien la logique des actes de son fiancé. Pourquoi lui suggérer d'éviter de tuer un serviteur si c'était pour en envoyer un dans les décombres moins d'une minute plus tard ? Évidemment, elle ne remarquait pas que Radank n'était pas obéi, donc elle s'interrogeait forcément sur ses raisons. Elle pencha la tête sur le côté, observant le malheureux tâter le terrain sans trop réagir, avant un moment du moins.

« Est-ce que c'est une leçon ? », finit-elle par hasarder, incertaine.

Son père faisait parfois des choses comme ça, pour essayer de lui faire voir le monde comme il était et pas comme un immense champ de fleurs. C'était plutôt difficile, quand on connaissait la jeune femme, mais il fallait qu'il s'acharne au vu des responsabilités qu'elle finirait par devoir affronter quasiment seule. Un genre d'exercice de sagesse, qu'elle croyait voir dans cette incohérence.

« Reviens ici ! »

Elle s'adressait évidemment au serviteur, qui recula sans demander son reste, trop heureux d'éviter cette grosse poutre tanguant dangereusement. Elle reporta ensuite son attention entière sur Radank.

« Je crois que j'ai compris. » On aurait dit une enfant qui récitait son alphabet, à l'hésitation qu'elle montrait avec la plus grande sincérité. « La vie des gens passe avant les objets. Je le sais, mais ça me semblait tellement important sur le moment... Je n'y ai pas pensé. »

Hinaë inclina la tête, à la fois contrite et humble ; toute la méchanceté dans la scène lui passait largement au dessus de la tête, trop naïve qu'elle était pour voir la mesquine vengeance de Radank pour un fait qu'elle n'avait de toutes façons pas repéré non plus.

« Merci, j'aurais fait une erreur. »

Elle se redressa en prenant une grande inspiration, se tournant vers le serviteur.

« Nous avons déjà rassemblé pas mal de choses, le reste est probablement très abîmé, il n'y a plus que le coffre qui importe. Vois si tu peux trouver un moyen de faire s'écrouler ce mur sans perturber un peu plus les alentours, mais si besoin, tu peux faire appel aux Veilleurs Pourpres, s'il y en a quelque part ; ils seront probablement heureux de nous aider. En attendant, fais sortir tout le monde de là. Et dis leur d'aider les habitants comme ils peuvent. »

Toujours fort pâle, Hinaë avait cependant fait preuve d'une autorité qui lui était étrangement naturelle. Se tournant vers Radank, elle s'efforça de garder la tête haute.

« Je regrette que ton premier aperçu de mon travail soit celui-ci... Nous pouvons partir d'ici, si tu le souhaites, ils savent ce qu'ils doivent faire... »

La jeune fille avait beau avoir essayé, elle n'était pas vraiment faite pour ce genre de situations, c'était le moins que l'on puisse dire.
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Posté dans Re: Cendres et poussière   - Sam 19 Juil 2014 - 5:48

Et Radank passa sans qu'il ne comprenne vraiment comment, du statut de cultivateur mesquin à Grand Professeur de la Gestion du Personnel en Zone Sinistrée. Il parvint presque à ne pas éclater de rire devant sa promise s'adressant à lui comme s'il lui avait vraiment dispenser une quelconque sagesse en mettant en danger le larbin. Alors Ryun a jugé qu'il ne méritait pas qu'une poutre lui tombe sur le crâne. Appréciant que son vêtement dissimule en grande partie son sourire quelque peu moqueur, le Serghar observa les servants Aanka'Leï se montrer bien plus réceptifs aux ordres de l'Héritière qu'un seul d'entre eux aux siens. Les choses changeraient. Avec le temps... Et quelques manœuvres. Vivre sa vie entière dans une maison dont toute la domesticité le détesterait ne serait guère agréable.

"Je n'imaginais pas épouser une Première Héritière et ne la voir jamais que dessiner, coudre, et tout ce qui s'en suit. Je présume que ta famille va envoyer quelques serviteurs de plus s'occuper des lieux ?" demanda-t-il en observant les trois "volontaires", supposait-il, continuer leur besogne. "Peut-être pourrais-tu désigner l'un d'entre eux comme contremaître, d'ici à ce que les renforts arrivent ?"

Et Hinaë le fit, sous l'oeil vermeille de son promis. Douceur, candeur, naïveté... Et elle pense - après réflexion - au bien de ses serviteurs. Et c'est avec cela que je vais me marier ? Si vulnérable que c'en était navrant. Il eut frapper son père pour les avoir liés s'il l'avait eu à sa portée. Au lieu de cela, il proposa à la jeune Aanka'Leî de repartir avec lui, laissant les travailleurs à leur macabre travail, dans la carcasse de magasin de la famille de Tisseurs. Sans surprise, Nëshenka suivit sa maîtresse, et Radank les laissèrent toutes deux devant la demeure des Cultivateurs. Intacte. Et son retour chez lui fut absent de toute joie à l'idée de l'agacement paternel qu'il avait sans doute engendré. Hinaë Aanka'Leï...

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Posté dans Re: Cendres et poussière   -

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