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Rancunes au spatioport

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Posté dans Rancunes au spatioport   - Ven 9 Mai 2014 - 19:36

Spatioport de Vanylle, année quelque chose. Tintagel n'avait jamais régularisé sa vie et ça ne s'était certainement pas arrangé en rejoignant les Teths. Alors inutile de préciser que vivre parmi les pirates n'avaient rien changé. Ils rentraient d'une tournée dans Grand-Vent où heureusement il n'avait surpris aucun vaisseau matroscien mais ça n'empêchait pas les nombreuses caisses de vivre, de matériels et autres accessoires volés dans les villes du littoral. Chargée de l'une d'elle un peu lourde, Tintagel se débrouillait pour descendre du vaisseau sans se prendre les pieds dans une des planches du pont.

"Vas-y, passe-la moi." L'interrompit un des pirates, en attrapant la caisse sans attendre sa réponse.

Non pas qu'il voulait la soulager, mais augmenter le rythme surtout. Leur capitaine n'était guère conciliante et assez autoritaire. Elle n'hésitait pas à distribuer les coups pour travaille mal fait, mais étrangement, la Teth y avait échappé. La capitaine la traitait comme une invité de marques - n'ayant pas le droit de partir, et devant bosser comme tout le monde, et jeté par dessus bord si elle ne voulait pas soigner son équipage, mais bien traitée quand même. Un coup d'œil au spatioport la laissait se rappeler qu'elle avait de la chance.

S'écartant pour laisser circuler les autres pirates, Tintagel fit un petit bond pour descendre de la passerelle. C'est un endroit tellement animé : vaisseau à quai en débarquement, à l'entretien, pirates et contremaîtres et contrebandiers échangeant, circulation de marchandises et de quelques speeders ainsi que des bêtes de transport. C'est un des rares endroits qu'elle appréciait, probablement pour ce caractère animé (et pas emprunt de constants malheurs et violences comme tout autre endroit de Vanylle) mais aussi parce qu'elle prenait peut-être goût au vaisseau. Elle passait de plus en plus de temps avec le mécanicien de bord, il lui fallait bien un peu de compagnie de temps en temps. Parler lui manquer. Elle restait discrète ici, alors être Teth n'était pas à l'ordre du jour ; elle avait juste trouvé avec le temps le moyen de vendre des fleurs.

Se retournant pour apercevoir l'intérieur du vaisseau, elle aperçut la capitaine qui la fixait, accoudée à un bord. Ses yeux perçant feraient réfléchir n'importe qui. Et d'ailleurs évitait-elle de prolonger trop longtemps leur regard. Bon, c'était le signe qu'elle pouvait y aller ! Tintagel rajusta sa longue cape bleu sur ses épaules - c'est qu'il ne faisait pas extraordinairement chaud malgré tous les moteurs tournants et l'agitation. Un vent froid secouait Vanylle aujourd'hui. Tintagel avait le droit de se promener comme bon lui semblait quand le vaisseau débarquait - du moment qu'elle revenait ensuite - mais elle devait impérativement toujours partir à un moment où la capitaine la voyait. A bon entendeur s'y était-elle pliée.

/sbaf/ Elle venait de percuter la caisse d'un pirate, qui débarquait d'un autre vaisseau, à force de penser.

"Non mais fais gaffe, t'es ´veugle."
Et il la repoussa d'un assidu coup de ladite caisse.

Ça faisait un moment qu'elle ne s'en formalisait plus. Depuis le plus d'un an qu'elle passait à Vanylle, c'était monnaie courante. Et ce n'était pas pour ça qu'elle appréciait forcément les ennuies. À côté, un peu plus loin, un pirate et un homme qui semblait tenir un bordel s'entretenait sur une "cargaison". Et le ton était un peu en train de monter. Dans ces cas là, mieux valait s'éclipser. Mais se retournant brutalement, Tintagel percuta à nouveau le pirate d'un peu plus tôt et cette fois si brutalement qu'il en tomba à la renverse.

Fulminant, l'illettré se redressa pour lui exprimer le fond de sa pensée. "Tu vas voir, j'vais t'app´ende moi." Et sortit-il un blaster en piteux état de sa veste.

Un pauvre sourire illumina le visage de Tintagel qui se pencha pour ramasser un bout de la caisse qui avait volé en éclat. "Sans rancune ?" Tenta-t-elle en le lui tendant.
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Posté dans Re: Rancunes au spatioport   - Sam 10 Mai 2014 - 13:59

      Un vent glacial s’insinua entre les mèches folles sa tignasse châtain, la gonflant d’air et d’aventures, et vint couler dans sa nuque un frisson qui lui lécha délicieusement le long de l’échine, et qu’elle accueillit en resserrant vivement autour d’elle un long manteau de cuir noir et de laine ; Une petite merveille matroscienne qu’elle avait fraîchement cueillit sur le corps inanimé d’un pauvre hère dont le bâtiment – de commerce – avait eu la mauvaise idée de croiser la route des Larmes. Que de denrées avaient-ils pu récupérer ! Vêtements, armes, consommables, débordant des caisses de la soute en abondantes gerbes colorées ! Elle avait même eu le privilège de pouvoir croquer à pleine dents dans la chair d’un aphylis, fruit exotique dont l’extrême rareté faisait le coût, et dont il ne lui restait plus qu’une maigre bouchée. Le souvenir du jeu doré giclant dans le fond de sa gorge, sucré mais amer, acide mais doucereux, la faisait encore saliver quand la silhouette grêle de Vanylle se profila à l’horizon.

      Les vents étaient toujours plus forts aux abords de la ville pirate, aussi prit-elle le soin de quitter le pont pour regagner son office, un niveau plus bas. Elle croisa quelques membres de l’équipage, qu’elle salua brièvement avant de s’engouffrer dans l’étroite piécette et soupira avec délice.  Elle n’était meublée, en tout et pour tout, que d’un bureau sur lequel Amelya se plaisait à écrire parfois des remèdes qu’elle élaborait, et d’une large armoire cadenassée qui contenaient les médications qu’elle utilisait sur l’équipage. Elle comportait également un lit d’appoint, pour les blessés, si bien qu’on pouvait aisément qualifier l’endroit d’infirmerie. En dehors de quoi la pièce était sobre, mal éclairée et infernalement chaude à la saison sèche. Mais elle aimait cet endroit, comme un espace où elle pouvait librement laisser aller le cours de ses pensées et quérir la solitude parfois chère à son cœur. Un coup de corne sonore les avertit qu’ils étaient en train d’accoster à l’instant même où elle leva les yeux de son ouvrage, et c’était avec un plaisir non-dissimulé qu’Amelya s’apprêtait à replonger dans les flots tumultueux de l’agitation grossière et grotesque de Vanylle.  La ville pirate lui avait manqué, avec son statioport, ses bordels, ses marchés, ses tavernes et leurs meurtres, ses viols, ses cris et ses rires, gras, lourds. Il y avait quelque chose de malsain dans l’air, quelque part entre la décadence et  la perversion. Et elle avait appris à aimer cet effluve, si bien qu’elle venait parfois à la regretter. Parfois.

      Le Capitaine leur avait laissé l’après-midi de libre, sachant qu’une descente au marché noir était prévue tôt dans la soirée, pour se décharger de leurs marchandises auprès de contrebandiers passés pour la plupart maîtres dans la revente d’objets rares. Leurs prises s’étaient on ne peut plus diversifiées depuis qu’il leur avait paru clair que les collectionneurs étaient nombres à Vanylle, et étaient prêts à mettre un prix conséquent pour obtenir l’objet de leur convoitise, souvent d’une rareté à nul égal. Comme c’était le cas des aphylis. Goulûment, Amelya engloutit la bouchée qui lui restait et se dirigea vers le pont des Larmes de Vama. Faisant un léger signe de main à Reinar, elle fila sur la passerelle branlante et mit enfin pied à terre, avec un soupir de contentement. Journée libre, oui, mais pourquoi faire ? Les sourcils froncés au-dessus de ses yeux bleus, Amelya arrangea une mèche rouquine venue folâtrer contre son visage et porta mécaniquement la main à sa ceinture où, d’ordinaire, ses doigts venaient frôler les formes sèches de son blaster. Rien. Quand elle était à bord des Larmes, la jeune femme se passait volontiers de l’arme, mais à Vanylle c’était une autre histoire… Du quai, elle héla Thomas le Vif, qui s’empressa d’aller chercher et de lui lancer son arme, qu’elle réceptionna avant de le remercier d’un signe de main et de s’éloigner du bâtiment, se perdant rapidement dans la foule compact qui se massait sur les quais du statioport.

      Elle ignorait toujours où se rendre quand, dans ses pérégrinations, un détail attira son regard. Les altercations dans cette ville étaient monnaie courante ; Même plus que ça, c’était une façon d’être, une façon de vivre. Celle-ci avait néanmoins un quelque chose d’original. Lui était grand, large d’épaules, brutal. Un pur produit de Vanylle. Elle était fine et menue, élancée aux traits doux, essayant le pacifisme là où il n’en existait pas moins. Elle n’était assurément pas d’ici.  De là où elle se trouvait, Amelya ne pouvait comprendre le motif de leur discorde, mais la jeune femme n’était pas sans lui rappeler elle-même, à son arrivée à Vanylle, et elle connaissait la rage qui animait les pirates d’ici. Elle intervint quand il sortit son blaster.  « Vais t’en d’nner ma’ d’la rancune », marmonna-t-il en jouant des phalanges sur la gâchette de son arme. La silhouette de la pirate se faufila entre les protagonistes. « Ohlà du calme ! S’exclama-t-elle. Pas besoin de se mettre dans un état pareil pour une caisse, si ? » Un sourire charmeur illumina les traits de son visage, elle tourna ses prunelles céruléenne vers le visage enfantin de la jeune femme et la gratifia d’une œillade chaleureuse. « Et je suis sûre que la demoiselle regrette. Pas vrai ? » Elle avait tout intérêt à regretter à dire vrai, Amelya n’ayant aucune envie de s’engager dans des échauffourées qu’elle n’avait pas elle-même provoqué. Mais si le pirate ne se montrait pas plus conciliant, il existait bien d’autres moyens de gérer ce genre de conflits, et deux d’entre eux se trouvaient par ailleurs à sa ceinture en ce moment-même.
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Posté dans Re: Rancunes au spatioport   - Lun 12 Mai 2014 - 20:24

Non, apparemment, il n’avait vraiment pas l’air de s’en accommoder. Le sourire de Tintagel décrivit la courbure d’une petite grimace en le voyant continuer à s’agiter. L’air léger de la vie lui apprenait à ne pas dramatiser les choses, mais elle commençait tout de même à s’inquiéter un peu. Voire à avoir un peu peur. Pourtant, pendant que ses paupières clignaient lentement à la recherche d’une réplique rapide pour se sortir de là, le ciel amena une tierce personne pour les interrompre. C’est avec surprise que la Teth vit l’opportune. C’était une pirate tiens, aucun doute là-dessus, mais habituellement ils ne cherchaient pas à éviter les conflits des autres. Et ce n’était pas parce que c’était une femme que cela faisait une différence. Non, rien qu’en pensant à son capitaine, non, c’était évident que non. Mais cette jeune femme la sauvait bien pour le coup. Elle lui inspirait plus confiance que l'autre pirate en tout cas, et Tintagel lui répondit d'un petit sourire agréablement surpris mais surtout remplie de sa reconnaissance.

« Ah, je désespérais de le lui faire comprendre » Soupira de soulagement Tintagel, son visage levé vers le ciel. « Une caisse ne vaut pas un mort ! » Termina-t-elle à l'adresse du pirate.

Tintagel avait beau connaître Vanylle depuis plus d’un an, elle gardait son caractère assez .. innocent quelque part, assez bon. Mais le pirate lui ne sembla pas particulièrement aimer sa réponse, s’agitant furieusement comme s’il ne savait pas ce qui le retenait de tirer. Mais c’était peut-être la présence de l’autre pirate qui le faisait hésiter, il n’avait probablement pas envie de mourir dans la foulée .. Quelque chose comme ça. Malheureusement le « je suis sûre que la demoiselle regrette », tentant d’alléger à nouveau la situation, envoya des petites lueurs agacées dans les yeux de Tintagel. Bien sûr qu’elle voulait éviter que la situation ne dégénère mais de là à s’abaisser .. Personne n’avait jamais dit qu’elle n’avait pas de fierté. Bon d’accord, d’orgueil. Mais un coup d’œil à l’arme qui crépitait méchamment lui rappela la situation.

« Je ne voulais vraiment pas renverser cette caisse. » Tenta-t-elle de lui expliquer, mais dès que sa voix avait commencé à parler, son ton honnête et évident la fit enchaîner le reste des phrases tout seul. « Je ne pense pas que vous devriez en arriver là. Tirer sur quelqu’un pour ça c’est –»

Non, en fait, là s’en était vraiment trop pour le pirate qui se dépendait vraiment d’où cette femme pouvait sortir. Il allait lui apprendre lui. Le coup était parti tout seul, tétanisant Tintagel sur place, qui avait vu passer la décharge à un centimètre d’elle. Elle était encore en vie ? L'arme devait vraiment être en mauvais état. Pétrifiée sous le choc, son corps ne répondait plus alors que le pirate avait immédiatement tourné son blaster vers l’autre femme pour tirer afin de ne pas lui laisser le temps de répliquer, car c’était au premier qui le ferait qui resterait en vie.

Malheureusement, la situation avait également dégénéré autrement : la décharge perdue venait de percuter le capitaine pirate qui se disputait un peu plus tôt avec l’homme tenant un bordel. Son corps était resté figé dans un premier temps, fumant, les yeux ouverts sous le choc pendant que son interlocuteur calculait ce qu’il se passait. La mort était tellement courante à Vanylle qu’on ne s’étonnait pas quand elle frappait – mais ça n’empêchait pas forcément de vouloir avoir envie de représailles. Si certains s’en fichaient complètement, ce n’était pas vraiment le cas de l’équipage du dit capitaine qui venait de voir une décharge sortie d’on ne sait où abattre leur chef – en pleine transaction. « Héééééé ! Espèce de fumier ! » Les armes sortaient de leur étui pour une bagarre bien sentie ou une escarmouche mortelle – on ne savait jamais trop à Vanylle, où les étincelles étaient toujours les biens venus. Pendant ce temps, le directeur du bordel s’était légèrement reculé, marchant éternellement quelques herbes roulées ensemble.
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Posté dans Re: Rancunes au spatioport   - Mar 13 Mai 2014 - 7:53

      Amelya plongea ses prunelles dans les cerceaux noirs du pirate qui lui faisait face, laissant luire au fond de ses yeux la détermination et la témérité. Elle savait comment ce genre d’individus fonctionnait, à la peur et au mépris, c’est pourquoi c’était les dernières choses qu’elle devait lui montrer. Aussi restait-elle, marmoréenne et insolente, sans jamais détourner le regard. Son visage ne lui était pas inconnu, quoiqu’elle fût persuadée de ne l’avoir jamais rencontré. Peut-être l’avait-elle un jour croisé au détour d’une rue de Vanylle, peut-être était-ce, finalement, parce que tous les pirates de sa trempe se ressemblaient… Le sourire que lui avait tendu la jeune femme – plein de reconnaissance, semblait-il – la conforta dans l’idée qu’elle n’avait peut-être pas mal fait de lui venir en aide, et si la demoiselle était prête à faire preuve d’un soupçon de déférence, peut-être pourraient-elles s’en sortir sans trop d’arias.

      Mais sa compagne d’infortune ne semblait pas du même avis. Elle leva les yeux au ciel, soupira, objecta, arguant qu’une caisse ne devait pas valoir un mort. Ce à quoi Amelya se crispa, laissant ses yeux lâcher un instant son adversaire, qui – elle semblait pouvoir le sentir d’ici – se tendait imperceptiblement avant de s’agiter, raidissant son bras, au bout duquel l’arme crépitante vibra. Le médecin des Larmes n’avait-elle pas sensiblement exprimé la même chose, peu de temps auparavant ? Absolument. Mais elle était un pirate, elle appartenait à ce monde et ça se voyait ; Pour lui, ça devait faire la différence. Aussitôt, la pirate regretta de s’être interposée, priant silencieusement que Vama la sorte de l’écueil dans lequel elle avait eu le malheur de se fourrer, tout en sachant pertinemment que son sort résidait maintenant entre les mains d’une continentale – oh non, ça, elle n’en doutait pas un instant – qui ne semblait pas capable de tenir sa langue.

      La suite ne lui prouva malheureusement pas qu’elle s’était trompée. Un mot de trop fit brutalement pencher la balance des évènements, les entraînant dans un torrent de réactions en cascade qui, si elles ne déguerpissaient pas très vite, finirait par se retourner contre elles. En effet, la situation se détériora très vite, beaucoup trop vite ; Si vite, en réalité, qu’il lui sembla que tout se passait au ralenti. L’espace d’un instant, Amelya se demanda même si le tir n’avait pas transpercée la jeune femme de part en part, la foudroyant sur le coup. Quand l’arme se tourna vers elle, la pirate sortit son propre blaster et tira sans l’ombre d’une hésitation. Si le coup du médecin fit mouche, atteignant le pirate à l’épaule, le sien alla se perdre dans la foule percutant Vama seule savait qui. À dire vrai, elle n’eut pas vraiment le temps de voir ce qui s’était produit, mais les cris et le bruit des holster lui donnèrent suffisamment d’indications pour qu’elle n’ait pas envie d’en savoir plus. Ni une, ni deux, elle saisit la main de la brunette et l’entraîna à sa suite sans plus de cérémonies, dans un « Maintenant on court, demoiselle ! » on ne peut plus équivoque. Fort heureusement, et à croire que ses prières avaient finalement été entendues, la panique générale que créa l’altercation massive qui s’en suivit leur permit de fuir sans se faire remarquer.

      Au bout de quelques minutes de course effrénée, quand, au creux d’une ruelle insalubre, elle fut certaine de s’être suffisamment éloignée du cœur palpitant du spatioport, Amelya se permit de ralentir leur allure. Un coup d’œil derrière elle lui assura qu’elles n’avaient pas été suivies. « Mauvais calcul demoiselle, lâcha-t-elle amère, une lueur de reproches brillant dans le creux de ses prunelles. Rien n’est moins bon que l’honnêteté. Et elle-même l’avait appris à ses dépens. Une vie ne vaut rien ici, sache-le. L’argent seul et la force ont leurs droits sur Vanylle. » Ses iris électriques se plantèrent dans celles de la jeune femme, dont l’air juvénile et innocent lui rappela qu’elle n’était pas d’ici – peut-être même nouvelle arrivante. Aussitôt, son air se rasséréna, et en dépit de sa contrariété, elle lui offrit même un sourire des plus rassurants. « Mais l’important c’est que nous nous en soyons sortis n’est-ce pas ? Soupira-t-elle enfin. Je m’appelle Amelya. Elle tut son nom de famille, comme elle avait pris l’habitude de le faire depuis son enlèvement. Tu es… ? » Des éclats de voix retentirent dans une ruelle adjacente, beaucoup trop proches à son goût. Elle eut une moue contrariée. « Non, plus tard. Trouvons un endroit au calme, qu’en dis-tu ? »
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Posté dans Re: Rancunes au spatioport   - Sam 17 Mai 2014 - 20:18

Les yeux de Tintagel reflétaient tout l’égarement de son être, fixant un point indéfini dans le paysage, aussi immobile que l’aurait probablement été la mort. Les voix circulaient autour d’elle avec véhémence mais .. elles atteignaient pourtant à peine son oreiller. Seul le tir se répercutait encore dans son esprit, comme un écho qui rebondirait dans un enclos vide. Pourtant .. mais, que se passait-il ? Cette fois, les pupilles de la jeune femme s’écarquillèrent quand elle se sentait brusquement tirée. Chancelant, elle crut perdre l’équilibre et s’affaler au sol mais par réflexe sa main s’appuya sur le seul appui le plus évident à sa portée : le bras qui l’entraînait à sa suite. Retrouvant son équilibre au dernier moment, Tintagel s’enfuit à la suite de la jeune femme qui l’avait sauvé, non sans apercevoir avant de son regard plongé vers le sol le pirate abattu qui les menaçait une seconde plus tôt. Une bouffée d’horreur étreignit sa gorge pendant que ses pas courraient maladroitement à travers l’agitation générale. Comment tout avait pu se dégrader si vite ?

Essoufflée, par la course et l’émotion, Tintagel resta plié en deux quand on lui permit enfin de cesser de courir. Pressant sa main contre sa poitrine, ou son estomac, elle ne savait pas trop afin de reprendre sa respiration, ou de s’empêcher de recracher son repas, elle ne savait toujours pas trop : la jeune femme ne se sentait vraiment pas bien. Pourtant, elle devrait être habituée à cet endroit, mais non, dans le fond, c’était évident. Elle ne pourrait jamais vraiment y être habituée. Une voix assurée mais tintant de reproches raisonna enfin à ses oreilles, sans qu’elle ne daigne d’abord relever la tête, elle ne se sentait vraiment pas bien. Des larmes restées encore coincées dans ses yeux. Elle se demanda quand même un instant si elle était vraiment sortie d’affaire, et cette femme ?

Relevant enfin son visage crispée, Tintagel eut le loisir d’observer celle qui les avait interrompu tout à l’heure. Alors, malgré tout, un sourire se dessina sur les lèvres de la jeune femme à sa vue. « Merci. » Lâcha-t-elle entre une des phrases de celle qui l’avait sauvé, et qui s’appliquait également désormais à lui faire apprendre sa mauvaise attitude, bien qu’elle ne l’écouta d’abord pas, avant de se rendre compte qu’elle ne pouvait définitivement pas  y échapper. Une petite moue boudeuse traversa alors le visage de Tintagel qui détourna le regard face à ce sermon. Sa voix minauda légèrement. « Mais ce n’était vraiment pas la peine de s’énerver pour ça. » Malgré qu’elle ne s’était pas encore remise du choc, sa nature caractérielle se réveillait déjà. « Oui, je sais bien tout cela.. Je suis désolée. » Lâcha-t-elle une dernière fois dans un profond soupir, se rendant pertinemment compte qu’elle avait risqué sa vie, mais qu’elle avait également mise celle de cette femme en danger. Un petit sourire éclaira cependant à nouveau ses lèvres lorsqu’elle lui donna son nom – il lui fallait vraiment rien pour lui rendre un peu d’éclat. « Je m’appelle Tintagel. » Assena-t-elle avec une brusque confiance renouvelée, alors qu’elle se tenait toujours les côtes, mais qui expliquait largement l’oublie que son esprit fit de la dernière parole d’Amélya.

Son regard se déroba sur le côté quand de nouveaux éclats de voix se firent entendre. C’était décidément de bien mauvais échos à la situation. Mais les émotions subies étaient encore bien trop présentes, et tout ce que la Teth fit, fut de laisser choir en avant son buste et ses bras, laissant échapper un profond soupir. « Je suis vraiment désolée, ces hommes sont vraiment des brutes épaisses. Je ne pensais pas qu’il allait si mal le prendre. » Un accablement certain assenait ses paroles où on pouvait y lire en même temps une immense sincérité. Les yeux de Tintagel avait désormais retrouvé leur calme, et reflétait une grande douceur, ainsi qu’une mine assez désolée. « Tu n’es pas blessée ? » S’enquit-elle en tendant une main vers elle, bien qu'à vrai dire, elle avait l’air assez robuste sous ses vêtements. Elle devait être formé à la vie de Vanylle depuis longtemps .. Les éclats de voix retentirent à nouveau et plus proches, rattrapant les pensées de Tintagel. « Tu penses qu’ils vont nous retrouver ? » S’enquit-elle auprès d’Amélya, qu’elle n’avait vraiment pas envie de quitter tout de suite. Mais où aller ? Le spatioport n’était enfin .. Trouver des cachettes ici n’était pas vraiment son fort. Soudain, une voix les interrompit.

« Je peux vous aider peut-être ? »


Sursautant, Tintagel se décala vers Amélya tout en se tourna vers la source de la voix sortie de nulle part. C’était l’homme de tout à l’heure .. Celui qui était en transaction avec le pirate qui s’était fait abattre à cause du tir perdu. Enroulé dans un long par-dessus brun et d’un chapeau de même couleur mettant à l’ombre la plus part des traits de son visage, on voyait pourtant y briller ses iris. Nonchalant, ne semblant pas le moins du monde inquiété par la précédente agitation, il mordillait à ses lèvres les herbes qu’il fumait alors que ses doigts tournaient le papier machinalement dans lesquelles elles étaient enroulées. Ses yeux confiants les fixaient à la limite de la supériorité et de la malice. Elle n’aimait pas tellement ces regards, mais il ne manifestait aucun signe d’agressivité non plus. Finalement, il haussa les épaules avant de s’expliquer sur la situation. « Je possède un vaisseau pas loin, à quai, je pourrais vous y abriter le temps que ça se calme. » Il s’exprimait vraiment bien constata-t-elle. Un long sourire écorcha ses lèvres tandis qu’il ouvrit les bras pour appuyer son discours. « Voyez-vous, vous m’avez rendu un fier service en éliminant ce pirate tout à l’heure, alors je me dis que je peux bien faire quelque chose pour vous. »
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Posté dans Re: Rancunes au spatioport   - Mer 28 Mai 2014 - 16:09

      Si une chose était certaine, c’était que la dénommée Tintagel était dotée d’un sacré caractère ! En dépit du fait que les petites incartades de la demoiselle avaient failli leur coûter cher, il fallait avouer qu’Amelya aimait bien l’impertinence qui résonnait dans sa voix. Elle-même s’étant forgé un tempérament fort et insolent – quoiqu’elle n’était déjà pas en reste dans son enfance – au fil des années passée à Vanylle, elle comprenait aisément la verve qui poussait les gens comme elles à se dresser d’instinct contre des brutes comme lui. Sauf quand un blaster crépitant se tenait entre eux, et qu’un doigt farouche s’amusait d’en titiller la gâchette. « Enchantée, Tintagel. »

      Les éclats de voix se rapprochaient d’elles, des ombres dansantes se dessinaient sur les murs, que la pirate observait avec crainte, les muscles bandés, prête à courir si le besoin s’en faisait ressentir, tandis que sa main libre continuait de tâter les angles de son arme dont elle n’avait, par chance, pas encore eu besoin de se servir. Elle entendit à peine la voix fluette de la jeune femme qui lui parlait, si bien qu’elle prit la phrase en chemin, mettant un temps à en assembler les morceaux. Elle bégaya, fronça les sourcils puis, enfin, percuta. « Non je ne suis pas blessée, je te remercie. » Même si, pour tout dire, ça n’était pas passé loin. Amelya semblait encore pouvoir sentir le souffle de la décharge plasmique la frôler, crépitante, chaude, sourde. L’homme n’était pas un mauvais tireur, elle devait en convenir. Un probable mauvais pirate, pas foutu de se fournir d’un matériel propre qui – elle en jurerait – devait lui avoir coûté la vie depuis qu’elles avaient quitté le cœur du statioport, mais pas un mauvais tireur. L’échauffourée qui s’en était suivie avait probablement viré au massacre généralisé, et s’il restait des pirates à leurs trousses ceux-ci devaient être passablement remontés, ou dans un très probable piteux état. Sans égards pour quiconque, Amelya pria la déesse qu’ils soient dans le pire état imaginable : C’est-à-dire morts. Elle ouvrit la bouche pour répondre à Tintagel qu’elle ne savait pas s’ils les retrouveraient quand une voix l’interrompit net. Sous le coup de la surprise, elle dégaina son blaster et le pointa sur l’individu qui les avait accostées.

      Elle l’avait brièvement aperçu lorsqu’elle s’était interposée entre la jeune matroscienne et le pirate. Il était situé un peu en retrait de la scène et s’était évaporé sitôt que les choses avaient mal tourné, sans doute pour ne pas se trouver impliqué dans l’altercation qui avait suivi. L’homme avec qui il était en transaction venant d’être froidement abattu, Amelya n’aurait pas donné cher de sa peau s’il était resté là-bas. L’inconnu dégageait une odeur forte de vieux tabac, et quoiqu’un long pardessus, accommodé d’un chapeau, cachait la plupart des traits de son visage, ses prunelles d’or brillaient d’un éclat indescriptible ; C’était un pur Vanyllien, fruit de l’union interdite d’un matroscien et d’une korrulienne. Il y avait dans son regard quelque chose de malicieux, un éclat de finesse rare, et un soupçon malsain qu’elle parvenait sans peine à identifier. Aussi, et quoiqu’il ne leur semblait pas le moins du monde agressif, Amelya choisit de ne pas se laisser bercer par son laïus et le maintint en joug. D’un pas de côté, elle se plaça entre Tintagel et l’homme, au cas où il serait tenté d’intenter quoi que ce soit. « Tout le plaisir était pour nous, mais je crois que nous nous passerons de votre aide. » Son ton était était étonnamment jovial, alors qu’une tension sous-jacente crispait ses doigts sur la gâchette. Non, décidément, elle sentait que quelque chose se tramait et elle n’aimait pas ça. Elle connaissait la ville, ce qui impliquait qu’elle connaisse ses chausse-trappes.
      Et ça, c’en était un.

      Tout bascula très vite, beaucoup trop vite. Elle entendit Tintagel pousser un petit cri derrière elle et s’effondrer aussitôt après. Le temps qu’elle se retourne pour voir ce qu’il était advenu de la jeune femme, un carré de soie se plaquait sur sa bouche et son nez, l’étouffant. Il ne lui fallut pas plus d’une fraction de seconde pour reconnaître l’odeur forte et amère qui lui brûla la gorge – elle-même l’utilisait quand elle devait pratiquer des soins lourds sur l’un des membres de l’équipage –, avant que son esprit ne s’embrume que la ruelle de Vanylle ne soit plus qu’une tâche claire dans la pénombre tortueuse de son esprit. Au creux de son oreille, une voix murmura suavement : « Ce n’était pas une invitation. » Puis ce fut le vide.

      Lorsqu’elle ouvrit de nouveau les yeux, un mal de crâne tenace lui vrilla les tempes. Grimaçant douloureusement, elle voulut porter ses paumes au creux de ses yeux, par lesquels une vive lumière commençait à poindre. Arrêtée dans son mouvement par des liens qu’elle sentait lui enserrer les mains, elle geint. Par bribes, les souvenirs revenaient à elle, s’écrasant à flot sur les récifs qui peinaient à émerger du creux tumultueux de sa conscience. Amelya peinait à reconstituer le puzzle éclaté de sa mémoire si bien que, lorsqu’elle se rappela, il lui fallut encore un temps pour réaliser que les évènements n’étaient pas le fruit de son imagination. « Tintagel, tu m’entends ? Appela-t-elle doucement. Où sommes-nous ? » Elle essaya de se redresser, mais étouffa un cri à la vive douleur qui s’insinua entre ses vertèbres, comme un coup de poignard. À son inconscience avait dû suivre une chute plutôt lourde. « Tu vas bien ? » Demanda-t-elle enfin, priant que la matroscienne n’ait rien.

      Et se maudissant de les avoir conduites dans un piège aussi grossier.

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Posté dans Re: Rancunes au spatioport   -

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