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[RPFB] Réveil d'entre les morts à l'heure du casse-croute

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On m'appelle Coco du Rico


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Posté dans [RPFB] Réveil d'entre les morts à l'heure du casse-croute   - Ven 23 Mai 2014 - 15:19

Il arrivait parfois à Coco de rester immobile au milieu du camp à fixer le mur au loin. Il la fascinait. Depuis un mois qu'elle était dans la base milicienne, en tant qu'aide soignante, elle n'arrivait que rarement à sortir ce mur de son esprit.
Son quotidien était tellement loin de celui du bordel ! Certes, le travail avait toujours été là et le serait toujours, mais les rythmes, les horaires (beaucoup moins nocturnes), étaient complètement différents. Elle devait se tenir loin du maquillage, avait arrêté de se boucler les cheveux à outrance et portait l'uniforme de la milice comme un collier à son cou. Et pourtant, tout en se sentant incroyablement enchaînée et enfermée dans ce système militaire qui correspondait si peu à sa nature volage, elle se sentait plus libre que jamais. Ce mur était le signe de sa liberté, d'aventures, de rencontres, de nouveautés.
« Bon Rico on arrête de bailler aux corneilles et on se remet au boulot hein ?!?!? »
Mais en attendant, elle avait du travail à faire.

Les Matrosciens étaient sortis victorieux de la dernière bataille, certes. Cela n'empêchait pas que les soldats avaient été blessés, et parfois gravement, par d'étranges projectiles non-identifiés. On lui avait parlé d'eau, de feu, de trucs vraiment bizarres. Elle était pas là et n'avait pas vraiment l'imagination assez développée pour aller chercher des trucs tordus, mais assez de curiosité pour être désespérée d'en savoir plus.
Revenue de ses courses à l'inventaire de la base, après avoir rangé tout ça et en évitant soigneusement de se faire remarquer, Coco partit en pause déjeuner. Son petit sac sous le bras, elle se faufila presque discrètement jusqu'à sa cachette habituelle : derrière les rideaux dissimulant un jeune soldat en plein coma depuis, heu, un certain temps.
Et comme Coco réussit rarement à se taire et bien, tout en mangeant, elle se mit à papoter avec le comateux.

« Je commence à en avoir marre de ce travail tu sais. Certes je vois plein de gens, et j'ai plein de nouvelles, et on me demande pas de faire de trucs trop physiques... Et puis il y a aussi le fait de pouvoir regarder de jolis hommes quasiment nus en train de se faire soigner mais... Tu sais, le côté ''ne bougez pas s'il vous plaît pendant que je vous arrache la jambe'' ça commence à me fatiguer un peu hein. Des trucs gores y en avait déjà bien assez à la maison pour que je veuille pas en retrouver ici. (Petite pause pendant qu'elle mâche.) M'enfin j'dis ça mais tu dois avoir vu pire avec les batailles et tout ça, j'suis plutôt loin lotie on peut dire en fait. Mais bon, moi j'aimerais bien parfois pouvoir aller plus loin, découvrir les Terres Boréales avant tout le monde et... »

Elle s'arrête, la bouche ouverte, le sandwich encore à la main, des miettes sur son pantalon. Ses yeux étaient plongés dans ceux du comateux, définitivement éveillé. « Oh. » Finit-elle par lâcher. « Bien... Bien dormi ? » Non vraiment, même avec son entraînement et un mois d'expérience, Coco manquait encore de ce petit côté professionnel qui la rendait crédible.


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On m'appelle Larkin Reaner


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Posté dans Re: [RPFB] Réveil d'entre les morts à l'heure du casse-croute   - Ven 23 Mai 2014 - 16:32

« … vois plein de gens … »

J'étais en train de marcher, tout droit, tout seul, dans une immense plaine neigeuse qui s'étendait à perte de vue. Le temps clair et dégagé laissait dépasser de l'horizon de hautes montagnes aux pics glacés, tandis que la lumière du jour m'éblouissait en se réfléchissant sur toute cette blancheur qui m'entourait. Sans but, sans me poser de question, je me contentais d'avancer.

« … faire des trucs trop physiques … »

Lentement, insidieusement, le vent commença à se lever. Et avec lui s'installa un opaque brouillard qui ne tarda pas à masquer le paysage environnant, et même le soleil. Pourtant, je continuais de marcher, à l'aveugle, un vent déchaîné et chargé de flocons me fouettant le visage et me sifflant dans les oreilles.

« … de jolis hommes quasiment nus … »

Soudain, un cri déchirant transperça la tempête. Je m'immobilisai aussitôt, cherchant du regard la source de ce bruit. Jusqu'à ce que mes yeux ne s'attardent sur une ombre floue et fugace. Une ombre qui se révéla être une silhouette humanoïde tout en s'approchant de moi, grandissant à chacun de ses pas.
Sans pouvoir plus distinguer les contours de cet être dont la carrure s'apparentait désormais plus à celle d'un taureau et duquel émanait une curieuse lueur, une odeur monta cependant à mes narines. Une odeur vive, me rappelant les barbecues en famille à Errande … ainsi que l'odeur de la chair carbonisée.

« … y'en avait déjà bien assez à la maison … »

Finalement, la quiétude qui m'habitait m'abandonna au moment même où la "silhouette" émergea de la brume. Il s'agissait d'un véritable géant à la musculature saillante et couverte de cicatrices, avec pour unique vêtement un simple pagne noué autour de sa taille. Une terrifiante aura de flammes dansantes flottait autour de lui, dégageant une étouffante chaleur.

« … j'aimerais bien parfois aller plus loin … »

Le sauvage boréalien à l'allure si familière me hurla au visage dans sa langue gutturale et si incompréhensible à mes oreilles. Puis, sans plus attendre, il leva vers moi une main ardente et se saisit fermement de mon épaule.
Dans un grésillement écœurant suivi de cette odeur de chair brûlée, une intense douleur me transperça l'épaule et s'étendit à mon corps entier. J'aurais voulu crier mais je ne le pouvais pas. J'aurais aimé courir mais ça m'était impossible. Tout ce que je pouvais faire, c'était ouvrir les yeux et me réveiller.  

Un visage. Humain. Non plus celui d'un barbare aux yeux vides, couturé de cicatrices et entouré de flammes, mais celui d'une jeune femme à l'air étonnée, ses yeux verts plongés dans les miens et sa longue chevelure raide et rousse assortie aux tâches de rousseur qui parsemaient sa peau claire.
Visiblement en train de manger, elle ouvrit la bouche pour parler - pour me parler - mais aucun son distinct ne parvint à mes oreilles, mon sang battant tellement fort dans mes tempes que je n'entendais que ça.

Le temps que ma mémoire et mes souvenirs de mes derniers instants éveillés ne me reviennent, j'eus juste le temps de bredouiller un : « Que ... quoi ? Je ... combien de temps ? Où ? Et il s'est passé quoi ? »
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On m'appelle Coco du Rico


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Posté dans Re: [RPFB] Réveil d'entre les morts à l'heure du casse-croute   - Dim 25 Mai 2014 - 14:07

Heu c'est qui lui déjà ?

Merde, elle est trop loin pour voir le nom sur la fiche. Heu. Il vient d'où ? C'est lui qui s'est pris le marteau sur la gueule ? Si c'est le cas il s'en est bien sorti... Zut, flûte, scrogneugneu, elle n'avait pas l'aptitude pour traiter ce genre de crise existentielle. Il lui fallait au moins un doc à ce niveau-là. Un mec qui sort du coma c'est du lourd nan ? Elle devrait pas être là nan ? Nan ?
Le pauvre garçon devait s'attendre à quelqu'un d'efficace, à un soldat, au minimum quelqu'un avec un minimum d'intelligence. Mais si Coco était la gentillesse incarnée, c'était parfois aussi parce qu'elle était sacrément simplette. Juste une petite ex-prostituée avec un goût pour l'aventure, encore un peu trop niaise et pas habituée à être foncièrement utile, active, et plus seulement une actrice des plaisirs de ces messieurs. On l'avait dressée toute sa vie à plaire avec sa douce bêtise, mais du coup maintenant elle s'adaptait un peu maladroitement quand il s'agissait de se montrer productive.

« Heu bah il est dans les environs de midi là et heu, j'utilise ton coin pour manger depuis, heu, deux semaines quelque chose comme ça ? » La magie de Coco c'est de répondre complètement à côté avec son habituel aplomb désarmannt. « Du coup on est chez toi, enfin à ton lit quoi... ton lit d'infirmerie. » Merci de la précision, il était temps. « Et sinon il s'est juste passé que c'est l'heure du repas, que je mange mon sandwich de papouff, qui est très très bon d'ailleurs, si tu en veux t'inquiète, tu peux te servir, même avec les perf tu dois avoir la dalle un peu. » Et la voilà repartie dans ses délires personnels... « Et heu, il s'est passé quoi ? Heu, j'sais pas ? Il a neigé ? » C'était la blague du moment au camp, et elle l'a dit avec le sourire fier de ceux qui se savent appartenir à une blague de groupe. Elle ne tilta même pas que le pauvre comateux devait l'être depuis trop longtemps pour la connaître.

Et puis de toute manière, qu'on lui pose des questions toutes simples comme ça, ça l'ennuie un peu la Coco. Tout ce qu'elle lui a dit, il aurait pu le savoir tranquillement en regardant autour de lui, au lieu de demander. Coco, elle, ait des questions bien plus importantes à lui poser : « C'est quoi ton p'tit nom sinon en fait ? Et tu t'es fait ça comment ? » Et la plus importante de toute. « Tu as vu des Boréaliens ? »
Elle est là, penchée vers lui, ses yeux verts illuminés d'excitation, d'impatience, de curiosité. Elle meurt d'envie d'en savoir plus, d'en savoir avant les autres. Peut-être qu'il avait assisté à une scène toute particulière et incroyable et qu'elle serait la première, la seule, la seule pour au moins quelques instants, à savoir.


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Posté dans Re: [RPFB] Réveil d'entre les morts à l'heure du casse-croute   - Jeu 29 Mai 2014 - 11:54

J'étais encore en train de me réveiller quand cette femme aux traits fins et aux cheveux roux penchée au dessus de moi se mit à déblatérer tout un monologue. Encore groggy et étourdi, je n'en saisis pas tout le sens ... mais, en gros, il était à peu près midi, j'étais dans un lit d’infirmerie depuis deux semaines et le sandwich qu'elle mangeait - et dont elle semblait s’évertuer à mettre des miettes partout - était très bon.
Elle m'en proposa, ne sachant pas trop si mes perfusions me nourrissaient assez. Je n'avais pas l'habitude de refuser un peu de bouffe, mais je parvins à trouver la force suffisante pour hocher négativement la tête. A vrai dire, je n'avais pas faim : je ne ressentais qu'un mal-être oppressant et teinté d'une douleur qui grandissait au fur et à mesure que je retrouvais mes esprits et ma mémoire. Mon ventre, mon dos, mon épaule, ma jambe, ... Je n'avais pas encore la force de me redresser pour regarder mes blessures, mais je les distinguaient déjà bien distinctement.
Et puis j'étais complétement paumé, désorienté. Cette femme parlait d'une infirmerie ... Était-ce celle de Mirjak, la base milicienne sur l'Ile Blanche ? Au fond de moi-même, j’espérais tellement avoir été rapatrié à Matroos ...

J'allais le lui demander mais elle ne m'en laissa pas l'occasion, reprenant la parole à toute vitesse et m'assaillant de questions. Elle voulait connaitre mon nom, ainsi que l'origine de mes blessures. Puis, les yeux pétillants de curiosité, elle me demanda si j'avais vu des boréaliens. Cela avait l'air d'être un jeu pour elle, une sorte de fabuleuse aventure !
Mes pensées étaient floues et embrouillées, mais cette femme mouchetée de tâches de rousseur avait l'air très jeune - je ne lui aurais pas donné plus d'une vingtaine d'années - et son discours laissait entendre qu'elle n'avait rien à voir avec le monde médical, ni même avec le monde miliaire. Une question s'imposa alors à moi, et je me promis de la lui poser plus tard : qui était-elle et qu'est-ce qu'elle foutait là ?

Mais tout d'abord, elle m'avait posé ses propres questions. Et j'avais beau être encore tout empatté, je n'en avais pas perdu ma politesse. Aussi trouvais-je la force de lui répondre à haute voix : « J'm'apelle Larkin … Mais  si tu m'demandes ça, c'est qu'personne a pu m'identifier ? » D'un côté, ça m'étonnais pas vraiment. Mais le sergent de mon escouade, lui, aurait du me reconnaitre ... Ou alors faisait-il partie des pertes ? « Le sergent Hariel ... L'est encore en vie ? » Ça m'ferait vachement chier qu'il y soit passé, c'était un bon gars. « C'est les boréaliens ... qui m'ont mis dans c't'état. Ils ont l'air de vachement t’intéresser ... Pourquoi ? Et puis t'es qui ? »

Comme ça, au moins, j'avais posé mes questions en répondant aux siennes.
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Posté dans Re: [RPFB] Réveil d'entre les morts à l'heure du casse-croute   - Lun 28 Juil 2014 - 14:35

Oh, il n’avait pas faim. Ou alors il était tellement triste et choqué et traumatisé par son coma qu’il ne pouvait plus manger ? Peut-être qu’il n’allait plus jamais manger de sa vie ? Ce serait rigolo ça, de ne plus pouvoir manger de touuute sa vie. Sous perfusion toute sa vie. Coco se demandait si c’était vraiment possible. Enfin bref, s’il ne voulait pas du sandwich cela en faisait plus pour elle, et c’est sur cette pensée qu’elle en prit une nouvelle grande bouchée.
Oh, Larkin, c’était joli ça. Son prénom ? Son nom ? Il était haut gradé ? Inconsciemment, Coco essaya de se souvenir s’il avait déjà été son client à son époque de fille de joie, mais elle se serait souvenue de cette tête-là. C’était mieux comme ça. Il y avait déjà bien assez de gens dans ce camp qui connaissaient son ancien métier et qui l’embêtaient à ce propos.

Hein ? Identifié ? Heu, j’sais pas. C’est sur ta fiche là-bas, mais c’est pas moi qui te soigne donc j’en sais rien.” Il croyait quoi, qu’elle connaissait le nom de tous les patients qui passaient par là ? Surtout ceux qui étaient muets et inactifs depuis des semaines ? En plus c’est pas comme si la jeune fille avait une si bonne mémoire que ça. “Mais sinon c’est joli Larkin, j’aime bien.” Elle eu un charmant sourire en disant cela, le sourire innocent et joyeux d’un être pur, ou presque.
Le… sergent… Hariel…” Elle répéta lentement le nom qui suivit, fronça les sourcils dans un signe de concentration attendrissant, sentant visiblement que c’était quelque chose d’attendrissant. Mais, pour la énième fois, elle ne semblait pas capable de se montrer utile au ressuscité. “Je… ne me souviens pas. Je ne l’ai pas vu passer par là en tout cas, donc soit il est mort soit il n’a pas été assez blessé pour venir de mon côté.” On avait vite remarqué que Coco était une des rares aide-soignantes débutantes à ne montrer aucun signe de faiblesse devant le sang et les membres découpés, du coup on l’avait placé du côté des grosses opérations. “Mais on a assez peu de ratio de perte de sergent sur le champ de bataille.” Par contre, quand il s’agissait de souffrir du froid… Mais ça, elle se garda bien de le souligner.

… Oh, donc il avait bien vu des borréaliens. Il n’était donc pas un de ces énièmes soldats ennuyant qui essayaient de prétendre en savoir un max alors qu’ils étaient à cause d’un clou mal placé, un membre gelé ou une intoxication alimentaire. Super. Il devenait de plus en plus intéressant… Mais pas vraiment bavard. Et un peu bête.
Coco le regarda avec un air un peu interloqué. “Ce n’est pas évident ? Nous venons de découvrir un nouveau continent complètement différent du nôtre, avec une population dont nous ne connaissons rien. Tu ne trouves pas ça fascinant ? J’veux dire, ENFIN quelque chose qui se passe ici !” Elle était enthousiaste, rayonnante, et passa juste quelques secondes à savourer le goût de ses propres paroles. “Et je suis Coco, une aide-soignante.

Tout comme lui, elle n’avait pas donné de nom de famille. Mais davantage parce qu’elle n’était pas habituée à en avoir. Et que celui-ci montrait un peu trop rapidement à quiconque avait été à Saint Poseinos qu’elle était une bâtarde.


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Posté dans Re: [RPFB] Réveil d'entre les morts à l'heure du casse-croute   - Jeu 21 Aoû 2014 - 10:29

Elle s’appelait Coco, et c'était une aide-soignante. A vrai dire, je ne savais même pas en quoi consistait réellement le rôle d'une aide-soignante. Est-ce qu'elles se contentaient de nettoyer l'infirmerie et de harceler de questions les blessés à leur réveil ? Ou bien assistaient-elles réellement les chirurgies et les interventions ?
Même en tant que membre de la Milice, je n'avais quasiment jamais eu à fréquenter un hôpital de la sorte. En fait je me débrouillais le plus souvent pour me tenir le plus éloigné possible du combat, mon rang de tireur d'élite aidant … Mais cette fois, ça avait été différent !

Dans un bref flash, certaines scènes de la précédente bataille me revinrent. Le brouillard, le vent, les détonations des armes à éralium. Une explosion, des cris. Une sphère de glace qui éclate dans sinistre bruit cristallin.

Revenant à moi en clignant des yeux, mon attention se porta à nouveau sur cette Coco qui mâchonnait toujours son sandwich. Elle avait l'air charmante et gentille comme tout, mais terriblement naïve. Juste après avoir balbutié quelque chose à propos d'une fiche de soin, elle me décrocha un large sourire en me disant que, Larkin, c'était joli comme nom.
Encore une fois, je ne savais pas trop quoi en penser. Dans des conditions normales, le compliment aurait pu me faire rougir et j'aurais sûrement essayer de répondre quelque chose de gentil, mais là j'avais un peu autre chose en tête.
« Euh …Merci. » Lâchais-je quand même en essayant de faire une sourire en retour. Mais j'avais bien peur que cela ne soit rien d'autre qu'une sorte de grimace crispée.

Elle parla également du sergent Hariel, m'annonçant qu'elle ne l'avait pas vu et que cela ne pouvait signifier que deux choses : soit il était bien mort - mais il n'y avait pas eu beaucoup de pertes d'officiers, d'après elle - soit il n'était pas assez blessé pour venir ici.
Pas assez blessé pour venir ici …
Ces mots résonnèrent en moi comme un glas.
« Attends, c'est … Euh … Ce que j'ai, c'est grave ? » M'empressais-je alors de lui demander, lui coupant presque la parole.

Je sentais bien que j'étais en mauvais état, mais j'avais peur de savoir à quel point. La panique commença à me prendre et mon rythme cardiaque s'accéléra tandis que j'essayais de bouger chacun de mes membres, mes doigts et mes oreilles tout en tentant maladroitement de me redresser. Mais une vague de douleur me cloua au lit et mes sensations étaient si floues que je n'étais pas sûr de sentir encore mes membres.

Plusieurs hommes hurlent. Leurs fusils en font de même. Puis plus rien. Une masse sombre passe au dessus de moi en soulevant une montagne de neige et va s'écraser plus loin. Une pièce d'artillerie explose. De nouveaux cris.

Mais Coco, elle, continuait de déborder d’enthousiasme à propos des Boréaliens et de ce nouveau continent que nous avions découvert : l'action, le dépaysement et les étrangers semblaient la fasciner. Elle avait même l'air étonnée que je ne le sois pas.
Cette fois c'en fut trop. En un instant, je rassemblai mes forces et décidai de lui dire tout de suite ce que je pensais. J'avais bien l'intention de lui faire comprendre qu'il n'y avait aucune admiration à avoir pour l'horreur que représentaient cette guerre, ce nouveau continent, et tout ce qui y touchait de prés ou de loin.

« Écoute, euh … Coco ! J'sais pas c'que t'as vu de cette île ou de ses habitants, depuis ton infirmerie, mais … » Mais, coupé dans mon élan, je ne pus m'empêcher de faire une pause pour poser cette question qui me brûlait les lèvres. « D'ailleurs, euh, on est où ? A … A Matroos ? »

« En tout cas, tu m'as pas l'air d'avoir beaucoup vu le champs d'bataille … Les boréaliens sont ... » Je pris une inspiration, avalant ma salive et cherchant mes mots. « Ce sont des sauvages, des brutes, … des monstres. Ils ressemblent à des humains, comme toi et moi, mais leur peau est aussi pâle qu'la neige, leurs yeux sont comme d'la glace et leur force … L'un d'eux m'a … Il m'a soulevé d'une seule main et il m'a jeté au loin, comme si j'pesais rien. »

Un court silence passa, l'occasion pour moi de reprendre ma respiration tout en essayant de chasser les images et les souvenirs qui hantaient ma mémoire.

« Ils craignent pas le froid d'l'île. » Repris-je en toussotant, réveillant la douleur qu’abritait chaque parcelle de mon corps. « Ils se baladent presque à poil, avec juste des fourrures et des peaux de bêtes … Ils ne craignent pas les coups, ni les tirs d'éralium. Je … J'crois qu'il faut leur tirer dans l'cœur ! »

« Mais c'est pas l'pire ... Ils ... Ils ont des genre d'pouvoirs qui ... Qui leur permettent de contrôler la glace ... ou le feu ... le feu ... » Une boule se noua dans ma gorge, me coupant la parole alors que ma vision devenait floue. Je mis un petit moment à comprendre que c'étaient des larmes.
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Posté dans Re: [RPFB] Réveil d'entre les morts à l'heure du casse-croute   - Jeu 13 Nov 2014 - 13:19

Un instant, le sourire de Coco disparu au moment où Larkin s’inquiéta de son état. Elle le regarda un instant en silence sans oser trop rien dire. Elle ne prenait jamais vraiment la peine de lire les fiches des patients mais elle connaissait et reconnaissait les corps. Et le corps de Larkin, elle s’en souvenait. Elle se souvenait du sang, de la brûlure qui manquait de s’infecter, de la blessure d’ithylium si dure à soigner… Elle choisit de garder le silence, au moins un instant, alors que sa gorge devenait sèche dans un souvenir absolument asexuel du corps nu de son interlocuteur. Les soldats prenaient rarement bien le fait de peut-être finir boiteux jusqu’à la fin de leurs jours.
Elle resta de nouveau muette lorsqu’il demanda leur position. Il y avait trop d’espoir dans ses yeux. Comment lui dire qu’il était toujours en enfer et qu’il avait peu de chances d’en sortir avant encore quelques temps ? Comment lui expliquer qu’il avait déjà de la chance de ne pas être mort de froid, comme tant d’autres ? Coco avait toujours peur de la réaction des gens. Elle avait toujours eu une vie de merde, elle avait déjà failli mourir trop de fois, ça ne lui faisait plus grand chose ce genre de chose, quand ça lui arrivait. Mais voir les autres sombrer dans le même enfer la dérangeait toujours.

Le reste des paroles de Larkin résonnèrent avec difficulté dans la tête de Coco. C’était certes des informations de ses chères terres borréaliennes, mais elle ne pouvait pas faire abstraction de la haine, de la peur, du rejet que faisait preuve Larkin. Il avait l’air véritablement traumatisé et, si cela faisait bien longtemps qu’elle connaissait la monstruosité humaine, le voir ainsi la dépeindre avec une telle douleur lui rappelait à quel point, pour les autres, ce genre de choses était normale. Il lui rappelait douloureusement Jens, Jens et son abrupte innocence, qui avait toujours trouvé injuste et absurde ce qui constituait depuis longtemps le quotidien de l’ancienne prostituée.
Pour une fois, une rare fois, Coco resta silencieuse et l’écouta jusqu’au bout. Dans sa tête résonnait cette question : comment lui dire ? comment lui expliquer ? comment lui faire accepter ? Elle déglutit lorsqu’il acheva enfin son discours et qu’elle vit les larmes tomber sur ses joues. Posant son sandwich à côté, elle quitta son tabouret pour s’asseoir sur le lit, à côté de Larkin, les yeux plongés dans les siens avec une douceur qui lui était rare. Un regard doux qu’elle avait longtemps réservé aux pauvres puceaux de son métier, mais qu’elle avait fini par offrir à ces si nombreux blessés de guerre. Une main se leva pour caresser sa joue, essayant de chasser les larmes qui dégoulinaient de ses joues. Il lui rappelait ces jeunes filles de joie qui, pour la première fois, découvraient la monstruosité humaine dans la brutalité d’un homme.

Larkin…” Par contamination, elle sentit sa voix flancher, mais se reprit vite. Il serait hypocrite et déplacé de pleurer avec lui. Elle ne savait pas quoi dire. Aucune phrase téléphone ne lui venait en tête. Elle décida de partir pour le plus facile à expliquer. “Nous ne sommes pas à Matroos, nous sommes toujours aux Terres Boréales. Tu es à Mirjak, la base principale. A l’infirmerie, plus particulièrement. Et… Et je ne pense pas qu’ils comptent te faire rentrer à Matroos avant un petit moment. Mais on a gagné Larkin, on les a vaincu et on avance, on progresse.” Elle réussit à lui sourire, un sourire avenant, réconfortant, ou qui du moins essayait de l’être. Elle voulu un instant lui parler de ses blessures, mais rien ne vint. Instinctivement, dans sa tendresse habituelle, elle le prit par la main, ses doigts caressant sa peau dans un essai de le calmer, de le réconforter. “Ça va aller. Tu t’en es bien mieux sorti que d’autres, tu as eu de la chance. On avait surtout peur que tu ne te réveilles pas, mais maintenant que tu es réveillé on va pouvoir commencer la rééducation. Rien d'insurmontable.” Les précisions refusaient encore de passer le seuil de ses lèvres et elle se contenta de répéter, pour se convaincre elle-même : “Ça va aller.


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Posté dans Re: [RPFB] Réveil d'entre les morts à l'heure du casse-croute   - Dim 21 Déc 2014 - 15:27

Le sourire de Coco s'effaça et elle garda le silence un moment, contrastant brusquement avec son comportement habituel - de ce que j'avais pu en voir, du moins. Elle se leva et vint s'assoir sur le rebord de ce qui devait être mon lit, essuyant d'une main délicate les larmes qui coulaient désormais sur mes joues.
J'étais quelque peu honteux de paraitre ainsi, dans un tel état, et je ne pus m'empêcher de détourner les yeux un instant. Elle m'annonça d'une voix posée mais sérieuse ce que je m'attendais malheureusement à entendre : nous nous trouvions à Mirjak, et que je n'étais pas prêt de rentrer à Matroos. Mais elle ajouta d'un ton encourageant que nous étions en train de gagner et de progresser. "A quoi bon ?" pensais-je, subitement. Tout ceci me dépassait et me semblait tout à coup si lointain, si inutile.

Les innombrables corps sans vie que j'avais pu voir me revenaient. Certains flous, lointains et presque ensevelis sous la neige. D'autres plus en détails. Recouverts de sang, tailladés de plaies béantes ou horriblement amputés. Puis l'odeur me revint aussi en mémoire. L'odeur de la mort dans sa sinistre réalité, celle du sang, de la chair brulée, des entrailles exposées à l'air libre, ...

En me prenant par la main, cette infirmière rousse qui s'occupait de moi me ramena à la réalité et, en relevant les yeux vers elle, je me rendis compte du regard doux et compatissant qu'elle me lançait. Elle poursuivit en m'expliquant que j'étais chanceux, que beaucoup d'autres s'en étaient sortis bien moins bien que moi et qu'un peu de rééducation suffirait à me remettre sur pieds.
J'en vins à me demander si c'était une bonne nouvelle. La dernière chose que je voulais était de retourner me battre contre ces ... ces monstres, ces abominations inhumaines. Mais ses yeux, ses manières et mon état de fatigue m’ôtèrent toute envie de protester et me poussèrent à la croire.

Clignant des yeux pour en chasser les dernière larmes, reniflant et me raclant la gorge jusqu'à m'être totalement repris, je décidai de changer de sujet et m'apprêtai justement à prendre la parole au moment où Coco se leva et m'annonça qu'elle devait partir car elle avait du travail.
" Ah, ok. A la prochaine, du coup. " Dis-je alors avec une pointe de déception dans la voix.

Tandis qu'elle récupérait les restants de son sandwich entamé et qu'elle tournait les talons après m'avoir adressé un bref sourire, je me surpris à penser que je l'aimai bien et que, en sa compagnie, mon séjour à l’infirmerie serait peut-être moins désagréable.

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Posté dans Re: [RPFB] Réveil d'entre les morts à l'heure du casse-croute   -

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