AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  
» Communication externe
par Loth de la Vision Mar 21 Juin 2016 - 15:06

» Réversa [ TOP ]
par Invité Ven 27 Mai 2016 - 8:21

» Le monde de Dùralas
par Invité Jeu 26 Mai 2016 - 7:00

» Anthalia
par Invité Dim 22 Mai 2016 - 15:17

» Marbrume, La Cité des Damnés
par Invité Lun 16 Mai 2016 - 15:07

» Questionnaire pour soutenir infinite RPG !
par Invité Sam 14 Mai 2016 - 17:33

» Escalus
par Invité Jeu 12 Mai 2016 - 9:02

» Mass Effect : Reborn
par Invité Mar 10 Mai 2016 - 15:00

» Forum en pause
par Asàf Lysereän Mar 10 Mai 2016 - 13:47


avatar
Peuplade

On m'appelle Noröa Hagen


Infos Personnage
RANG: (joueurs que votre personnage à renconter en RP)
VILLE & APPARTENANCE : Pleyrion
MON AGE : 25 ans
Féminin
MESSAGES : 41
AGE : 28
INSCRIT LE : 24/04/2014
PSEUDO HABITUEL : Nanaya
Joyaux : 15
Posté dans Gibier et Hydromel    - Dim 25 Mai 2014 - 11:19



Out of the Cold by Jeremy Soule on Grooveshark








La nuit était douce à Pleyrion ce soir là. Pas de blizzard, pas de chutes de neige ni de froid trop intense qui avait le don de mordre violemment le visage... Les conditions étaient donc réunies pour cette première soirée qui voulait réchauffer les cœurs qui venaient de subir la vague des envahisseurs.  

En effet, après des journées noires, les Erfeydiens avaient trouvé un moment de répit pour se remettre de tout ce qu'il venait de se passer. Les blessés, les captures, les pertes, les disparus... les dégâts... On n'avait de cesse de mentionner tout cela à longueur de journée.... Ainsi, une soirée tranquille, similaire à celles qui avaient toujours pris place dans le village, avait été organisée par toutes les âmes charitables du coin, pour profiter de l'instant, autant une bonne viande saignante et une pinte d'hydromel. Tous ceux présents entre les murailles de Pleyrion pouvaient rejoindre les tables en vieux bois installées pour l'occasion, le but étant de reprendre des forces physiques mais aussi morales. Certains blessés étaient déjà sur place, parlant vivement avec ceux qui faisaient tourner le gibier sur une broche... D'autres parlaient la mine déconfite, sans pour autant perdre leur fin sourire... Mais on trouvait aussi quelques « musiciens improvisés » qui souhaitaient mettre l'ambiance, et des guerriers en piteux état, légèrement alcoolisés, qui contaient les affrontements avec les étrangers. De l'autre côté, des enfants jouaient et riaient au éclat, bien surveillées par leurs mères, ce qui venait apporter une touche de douceur au tableau marqué par la guerre.

Noröa n'avait pas compris pourquoi on l'avait forcée à sortir de sa tanière... mais elle s'était laissée faire par Elskaï, non sans faire preuve de sarcasme en gardant un faciès inébranlable.  Son état pitoyable ne faisant pas partie de ses préoccupations, elle se demandait surtout quand est ce qu'elle pourrait s'éclipser pour éviter d'échanger des paroles avec les liens amicaux et de parenté qu'elle avait avec certaines personnes du coin... 

Et en vue de la soirée qui venait de démarrer... Cela allait sûrement mettre du temps.  De ce fait, elle alla se poser dans un coin, dos à une vieille chaumière pour observer ceux qui faisaient trop de bruit à son goût... Attendre allait être... long. Trop long.


Spoiler:
 


A day will come... When you think you're safe and happy, and your joy will turn to ashes in your mouth...
Northern Light
avatar
Peuplade

On m'appelle Grim Hagen


Infos Personnage
RANG: Alenoä Osfrid, Céléno Thogen, ...
VILLE & APPARTENANCE : Village de Pleyrion - Clan Hagen
MON AGE : 8 ans
Masculin
MESSAGES : 116
AGE : 24
INSCRIT LE : 18/05/2013
PSEUDO HABITUEL : Mowiel Solverre
Joyaux : 88
http://www.ile-joyaux.com/t2391-journal-de-bord-de-grim-hagen http://www.ile-joyaux.com/t1587-grim-hagen
Posté dans Re: Gibier et Hydromel    - Mer 4 Juin 2014 - 4:34

L'Enfant courait, sa Sentinelle à sa suite. Leurs petites courses ne duraient jamais bien longtemps, compliquées par toutes ces grandes jambes qu'il fallait éviter, sous peine d'être sévèrement réprimandé. Aujourd'hui, malgré les morts et la guerre, les adultes avaient décidé d'organiser un grand banquet, occupant par centaine la Grande Place du Village.

Grim fut bien vite essoufflé. Iker, le premier, déclara forfait. Il s'assit alors sur son train arrière, épuisé. Malgré les appels de son petit maître, il refusa d'en décoller, couinant pour faire connaître son avis sur ces efforts inutiles. L'enfant le prit alors dans ses bras, tout attendri par tant d'ardeur à se donner dans les jeux qu'il inventait. Il susurra à l'oreille de sa Sentinelle, lovée dans ses bras, des mots pleins d'amour, sans se soucier un instant de ce que pouvait bien penser les grandes personnes autour de lui.

- Je suis sûr que tu fais exprès de perdre Iker ! Ce n'est pas drôle ! Normalement, les Sentinelles comme toi peuvent courir sur de très grandes distances !

Lâchant son ami, Grim reprit sa course effrénée, tout de suite suivi par sa Sentinelle, qui veillait sur lui depuis le tout premier jour. Depuis son arrivée, la moindre sortie hors du Dispensaire devenait une fête, à condition qu'il ne quitte jamais les limites du Village. C'était d'un cœur léger qu'il réfléchissait aux prochaines escapades dans le quartier, lui qui, jadis, rechignait à sortir de chez lui.

Le petit garçon s'arrêta à l'écart de la foule, tout épuisé et en sueur, malgré le froid des Erfeydes. Il remarqua, adossé au mur d'une bâtisse, une femme dont il lui semblait connaître le visage. S'approchant, il lui tendit la main, lui demandant :

- Tu veux jouer ? Mon ami, il fait exprès de perdre. Il faut courir dans la foule sans toucher personne. Sinon, ils se mettent très en colère parce qu'un peu de leur boisson est tombée dans la neige.
avatar
Peuplade

On m'appelle Astrid Hagen


Infos Personnage
RANG: Grim; Noroä; Alenoä; |koun|Ed; Nivilk; |shaas|Dhungaärd
VILLE & APPARTENANCE : Pleyrion - Clan Hagen (Erfeydes)
MON AGE : 26 ans
Féminin
MESSAGES : 55
AGE : 21
INSCRIT LE : 20/05/2014
PSEUDO HABITUEL : Astrid
Joyaux : 100
http://www.ile-joyaux.com/t2413-astrid-hagen
Posté dans Re: Gibier et Hydromel    - Jeu 5 Juin 2014 - 6:58

Astrid était en train de discuter avec Ed et quelques factionnaires lorsque quelque chose ou plutôt quelqu'un attira son attention. Elle profita d'un éclat de rire général pour s’éclipser et traverser la petite foule qui la séparait de son neveu, trop occupé à courir dans tous les sens avec Iker.  Celui-ci paraissait bien insouciant malgré la guerre qui avait éclaté et pourtant, Astrid savait que Grim avait déjà dû voir beaucoup plus que ce que son jeune âge ne laissait transparaître. Entre les blessures, l'agonie et la mort auxquelles il assistait avec Alenöa, son neveu devait avoir grandi en très peu de temps. Sans compter que la vie n'avait pas été tendre avec lui et ce depuis sa naissance. Trop d'espoirs et d'attentes ont reposé sur ses frêles épaules par des parents qui s'attendaient à voir une parfaite copie de ses frères aînés. Astrid le considérait elle-même comme son propre petit frère, même si elle n'avait pas beaucoup l'occasion de le voir, elle aimait garder un œil sur lui. Le voir si décontracté et heureux lui faisait oublier pour quelques instants la dure réalité qui ne tardait jamais à lui revenir en pleine face.
Cependant, si elle avait quitté ses camarades de faction ce n'était pas uniquement par simple joie de discuter un peu avec Grim, mais parce qu'elle avait remarqué vers qui son neveu s'était approché.
Après quelques sourires forcés et autres saluts militaires, la koun put enfin rejoindre le jeune garçon. Il était en train de discuter avec une femme à moitié cachée par la pénombre de la chaumière le long de laquelle elle s'adossait. Iker, qui se tenait comme toujours fidèlement aux côtés de Grim, adressa à Astrid un halètement de bienvenue. Celle-ci n'entendit pas ce qu'il se disait entre les deux mais coupa net la conversation en posant ses mains sur les épaules du jeune garçon le faisant sursauter. Elle lui fit un sourire qui signifiait « Tout va comme tu veux ? » puis reporta son attention à la femme qui se tenait en face d'elle. Même si son ton se voulait léger, son regard lui, s'était soudainement aiguisé.

- Bonsoir Noröa. Est-ce que Grim t'ennuie ?

En réalité, c'est de Noröa qu'Astrid se méfiait. Depuis la mort de son époux dans une embuscade, elle n'avait plus jamais été la même. La mort de celui-ci avait aussi affecté le clan Hagen dont Astrid puisqu'il y en faisait partie mais plutôt que de vivre son deuil et de continuer à vivre, Noroä s'était enfermée dans un cercle d'amertume et de haine qui lui rongeait l'esprit. Elle avait parfois des réactions imprévisibles et elle ne se laissait pas vraiment approcher. Astrid aurait préféré voir Grim continuer à gambader avec Iker plutôt que de rester avec Noröa. Si son frère, Halfred, était mis au courant ça allait encore barder pour Grim.

- Je n'aurais pas pensé te voir ce soir, ça me fait plaisir que tu participes aux festivités. Me ferais-tu le plaisir de te joindre à nous ?

Astrid était sincère. Même si Noröa inspirait méfiance, elle n'avait pas toujours été ainsi autrefois. Les deux femmes avaient eu des points communs qui les avaient rapprochées dans le passé : la même envie de découvrir le monde, le même désir de liberté. Plus jeunes elles avaient même partagé des liens d'amitié il y a désormais bien longtemps, quand Noröa venait d'arriver au village puis, son entrée dans les Bois de Koun et le décès de son maris avaient coupé tous les ponts.

Noröa était-elle prête à accepter la main tendue d'une vieille connaissance, en cette nuit où le peuple de Pleyrion chantait et buvait ensemble pour oublier la tristesse et le chagrin de la perte des êtres chers ?




« Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire
du temps qui nous est imparti. »
J.R.R. Tolkien

« Notre vengeance sera le pardon. »
Tomas Borge
avatar
Peuplade

On m'appelle Noröa Hagen


Infos Personnage
RANG: (joueurs que votre personnage à renconter en RP)
VILLE & APPARTENANCE : Pleyrion
MON AGE : 25 ans
Féminin
MESSAGES : 41
AGE : 28
INSCRIT LE : 24/04/2014
PSEUDO HABITUEL : Nanaya
Joyaux : 15
Posté dans Re: Gibier et Hydromel    - Dim 8 Juin 2014 - 14:55



Out of the Cold by Jeremy Soule on Grooveshark








Au fur et à mesure que le temps passait, l'ambiance devenait de plus en plus conviviale et chaleureuse. La musique rythmaient certaines pas de danse improvisés, mais aussi les éclats de rires tonitruants de certains guerriers. L'hydromet coulait à flot, on commençait à croquer de bon cœur dans les pièces de viande bien cuites... et à chanter bien fort pour certains...Tout était  donc parfait pour oublier la situation critique dans laquelle se trouvait l'ïle avec cette histoire d'envahisseurs.

Toutefois, Noröa restait... loin de tout cela. Détachée, le corps et l'esprit dans un autre monde, elle contemplait le spectacle, d'un œil vide, depuis qu'Elskaï était partie dans la foule pour aller chercher quelque chose dont elle ne se souvenait pas tant elle l'avait ignorée. Pas de sourire, pas de regard illuminé par les différentes scènes qui prenaient place sous ses yeux... Elle était là, comme un élément du décor qui se fondait parfaitement dans la masse, et cela lui convenait parfaitement.  Malheureusement, alors qu'elle pensait que personne ne viendrait la déranger dans sa bulle malsaine, une petite bouille  entra dans son champ de vision... Une petite bouille qui lui donna une impression étrange.  

Ce visage, cette voix.... La jeune femme ne pouvait pas rester indifférente.. Oui, ce gosse était un Hagen.  C'est pourquoi, durant un court instant, elle se sentit...horriblement mal.  Les souvenirs d'un passé heureux et chaleureux lui revinrent en tête... Tout lui semblait lointain... Comme si les images et sentiments qu'elle ressentait provenaient d'une autre vie. Mais rapidement, le malaise fut inhibé par son côté sombre et brisé, et Noröa replongea de nouveau dans sa bulle malsaine qui la rendait aussi inexpressive qu'un baril d'hydromel.

Il voulait jouer ? Il lui tendait la main ? Ne détachant pas son regard du gamin, l'ancienne Chercheuse resta... de marbre. L'envie de répondre ne lui disait même pas... Gaspillage de sa vie pensa t-elle... mais avait d'avoir le temps de fuir cette soudaine rencontre, un nouveau visage lui apparut... pour la faire encore une fois voyager dans le temps durant un quart de seconde.  

Un éclat de vie passa alors dans son regard d'ambre lorsqu'elle reconnut Astrid Hagen... L'éclat qui prouvait que son âme n'était pas définitivement perdu, mais qui passa tellement rapidement qu'il en était désolant. Car oui, en un battement de cil, la magie des souvenirs avait disparu, pour laisser place à la nouvelle Noröa , aussi instable qu'associable.  

« Me joindre à qui ? »

Sa voix, bien plus glaciale que la brise qui venait caresser la peau, avait retenti pour formuler une question des plus banales.  Cependant, avant d'avoir une réponse, la jeune femme braqua un regard blasé sur le petiot pour reprendre.

« 'Ennuyer' est si un petit mot. »

Grim ne lui avait rien fait, mais l'Erfeydienne  se comportait de façon totalement détestable  avec tout le monde, même s'il n'y avait jamais eu préjudice. Et peu lui importait de prendre une belle morale dans la figure... Ce n'était que du vent, des paroles qui rentraient par une oreilles et qui ressortaient par l'autre tant elle en avait rien à faire...  Toutefois, avant que cela ne dégénère, chose dont elle rêvait afin de prendre la fuite, Elskaï revint à la charge, avec deux chopines de boisson dans la main.

« OH !! Grim et Astrid ! Héhé, j'vous avais pas vu !  »

Amie de la famille Hagen depuis toujours, la femme d'une quarantaine d'années tout juste  avait toujours de la bonne humeur à revendre. Chasseuse expérimentée, mais aussi spécialiste de la flore de l'Île,  elle prenait  aussi plaisir à former les plus jeunes grâce à son vécu, et s'attendait bien avec la plupart des habitants de Pleyrion. Un véritable pilier dans le village... Un pilier qui ne prenait d'ailleurs pas de pincette avec celle  dont le comportement restait une énigme.

«  Allez ma Grande, on te suit, allons rejoindre les autres ! Et toi petite Sentinelle, faut boire un coup sinon t'pourras plus courir. Et toi, bois ça aussi, ça ne te fera que du bien.»

Tout en s'adressant à Astrid, Elskaï avait saisi le bras de Noröa en lui calant sa choppe dans une main vide, sans lui demander, afin de l'entraîner vers le centre des festivités. Exaspérée, et sachant pertinemment que son état ne lui permettait pas de lutter contre la personnalité de cette femme qui semblait l'avoir prise sous son aile,  la jeune femme se laissa guider, tout en gardant une expression blasée et peu avenante sur le visage.  

Pourtant, il y avait tout pour rire une fois dans le « bain ». En effet, un trio chantonnait joyeusement une marche barbare en tapant des pieds et des poings en guise de rythme.   Et d'un autre côté, commençant à ne plus sentir la douleur sous le coup de l'alcool, trois guerriers blessés reproduisaient certains affrontements entre grands paroles et gestes faussement violents pour divertir ceux qui voulaient en savoir plus.

« HE V'LA QUI M'CHOPPE COMME CA !!! » lança l'un du groupe en saisissant un de ses compatriotes par le bras.  
« VAS-Y MONTRE LEUR ! »
« Ahahha, ils sont complètement fous !  Ça va mal finir c't'affaire ! » commenta Elskaï en riant.

La vision de ces gaillards bien entourés  qui commençaient à user de leur lien en plus de leur force aurait, pour sûr, tirer un sourire à Noröa... Mais il n'en fut rien... Même pas un rictus, même pas de retenue... elle se fichait royalement du banquet, et ne prêtait même pas attention aux échanges de paroles qui pouvaient y avoir.  Ainsi, elle resta aussi droite qu'un piquet, sa choppe à la main, l'esprit hagard, et ne sursauta pas une seule seconde lorsqu'un des gars finit par s'écraser sur une table afin de mimer un coup reçu.  

« Ahah fais pas attention à eux Grim ! L'Hydromel ! Hé oui l'Hydromel !  »  

Marquant une pause, la Sage se tourna alors vers Astrid en prenant une voix plus sérieuse.  

« Hm.. Sinon... ça va chez les Bois de Koun ? Il y a eu des pertes un peu partout, mais c'bien compliqué d'être à jour avec tout ce merdier...»  

Les Bois de Koun. Ces mots résonnèrent dans l'esprit perdu de la jeune femme qui faisait plus potiche qu'autre chose à se trouver dans la foule sans rien dire. Il y avait bien longtemps maintenant, peu avant 'sa' mort... elle avait songé à les rejoindre, pour être à 'ses côtés' … Mais tout ceci semblait loin... Trop loin...  Et le simple fait d'y penser lui rongeait les entrailles.


A day will come... When you think you're safe and happy, and your joy will turn to ashes in your mouth...
Northern Light
avatar
Peuplade

On m'appelle Grim Hagen


Infos Personnage
RANG: Alenoä Osfrid, Céléno Thogen, ...
VILLE & APPARTENANCE : Village de Pleyrion - Clan Hagen
MON AGE : 8 ans
Masculin
MESSAGES : 116
AGE : 24
INSCRIT LE : 18/05/2013
PSEUDO HABITUEL : Mowiel Solverre
Joyaux : 88
http://www.ile-joyaux.com/t2391-journal-de-bord-de-grim-hagen http://www.ile-joyaux.com/t1587-grim-hagen
Posté dans Re: Gibier et Hydromel    - Lun 9 Juin 2014 - 7:30

- Je n'ai jamais peur ! se défendit le petit garçon, en se réfugiant dans les jambes de sa tante. Je pourrais tuer un étranger d'une main s'il le faut ! Et puis, quand ils boivent trop d'alcool, ils tombent tout le temps. Et il est gros lui d'abord !

Grim n'aimait pas les gros buveurs, parce qu'après, ils venaient tous embêter Alenoä pour des maux de tête insupportables, des vomissements ou autres maux qu'ils auraient pu éviter en buvant de l'eau chaude plutôt que leur hydromel dégoûtant. De plus, ils ne manquaient jamais d'exagérer chacune de leurs histoires, se décrivant comme des héros, alors qu'ils n'avaient fait qu'écraser la tête d'un étranger sur une pierre se trouvant à leurs pieds.

- Il dit n'importe quoi, marmonna Grim.

Portant son regard sur l'étrange femme qui accompagnait la Sage, le petit garçon la détailla, sans trop savoir quoi penser d'elle. Il l'avait vu plus d'une fois dans le quartier des Hagen. Il n'avait jamais connu son nom, ni même osé le lui demander. Dans tous les cas, elle n'était pas un exemple de gentillesse. Il la sentait distante et de forte mauvaise humeur, comme sa mère lorsqu'il rentrait à la maison, lorsqu'Alenoä ne pouvait pas s'occuper de lui. D'une petite voix innocente, il ne put s'empêcher de lui demander :

- T'es bizarre. Tu ne souris jamais. Tu ne parles jamais. Tu es malade ? Faut aller voir Alenoä, elle te soignera, elle est une bonne Guérisseuse, tu sais ?

Attrapant la main de la jeune femme, Grim essaya de la convaincre de le suivre, en tirant de toutes ses forces. Ses petites mains minuscules avaient bien piètre allure devant les mains fines, mais grandes, de l'adulte.

- Après tu joueras avec moi, d'accord ?
avatar
Peuplade

On m'appelle Astrid Hagen


Infos Personnage
RANG: Grim; Noroä; Alenoä; |koun|Ed; Nivilk; |shaas|Dhungaärd
VILLE & APPARTENANCE : Pleyrion - Clan Hagen (Erfeydes)
MON AGE : 26 ans
Féminin
MESSAGES : 55
AGE : 21
INSCRIT LE : 20/05/2014
PSEUDO HABITUEL : Astrid
Joyaux : 100
http://www.ile-joyaux.com/t2413-astrid-hagen
Posté dans Re: Gibier et Hydromel    - Lun 9 Juin 2014 - 13:24

La question d'Elskaï voilèrent momentanément les yeux d'Astrid, la replongeant au cœur de la bataille dont la défaite cuisante était encore à vif dans les esprits des factionnaires. Pas seulement les factionnaires, tous les Erfeydiens avaient été touché. Ils attendaient tous le retour glorieux des leurs et au lieu de quoi, ce sont des hommes blessés et abattus qu'ils ont vu revenir. Heureusement que ce banquet était là pour redonner espoir aux cœurs meurtris. L'espoir des hommes, c'est leur raison  de vivre et de mourir. N'importe quel guerrier, aussi fort et entraîné soit-il, sans une étincelle d'espoir brillant dans son cœur,  n'est rien de plus qu'un cadavre ambulant, bon à décorer les champs de batailles et à remplir la panse des charognards.  Ce banquet avait un atout stratégique : redonner courage et c'est ce courage qu'elle voulait transmettre à Elskaï  même si elle n'avait pas l'air d'en manquer. Il fallait en avoir beaucoup pour continuer à rire et à encourager ceux qu'on aime dans des moments aussi durs que ceux qu'ils étaient en train de vivre, tout comme elle le faisait avec Noröa ce soir.

- « Pour ne rien te cacher, nos troupes ont beaucoup soufferts mais nous n'avons rien à envier aux étrangers. Je dirais même qu'il s'en est fallu de peu pour que nous renversions la situation. Nous avions une bonne stratégie, je t'assure, peut être pas la meilleure c'est vrai, mais avec deux factions aussi imposantes que les Bois de Koun et les Shaas d'Argent, difficile de faire mieux tout en étant organisé et efficaces.

Astrid laissa échapper un silence dans la cacophonie générale, réfléchissant au plan de combat et à la manière dont les étrangers avaient repoussé leurs attaques.

- « Les étrangers ont encore beaucoup de choses à nous révéler, ils ont en leur possession des armes jamais vues auparavant et des moyens de communication au-delà de l'imaginable, même dans nos rêves les plus fous. Si seulement je pouvais  mettre la main sur l'un de leur engin je pourrais peut être essayer de comprendre comment ils fonctionnent et par quel moyen ils y parviennent sans même avoir besoin de l'aide du Gardien.

Astrid jeta un regard à Elskaï qui semblait l'écouter d'une oreille attentive ce qui lui fit esquisser un sourire. Si c'était Edvald qui se trouvait face à elle plutôt qu'Elskaï cela ferait longtemps qu'il aurait arrêté d'écouter. Il préférait largement raconter ses combats et chahuter avec ses compagnons d'armes qu'essayer de comprendre quoique ce soit. S'il fallait frapper il était le premier à répondre présent mais question tactique on était loin du compte.

- « Mais Hön Markin devrait prochainement faire une annonce pour mettre tout le monde au courant des projets qui vont suivre. Ce n'est plus qu'une question de temps maintenant.

Sans parler de la disparition de Sanngridr Skögul, bras droit du Hön, qui ne devait pas arranger ses affaires. Astrid décida cependant de taire cette information.
Du coin de l'oeil, elle remarqua que Grim essayait, en vain, de tirer Noröa pour une raison qu'il lui échappait totalement. Son corps se raidit mais finalement elle décida de laisser Grim se débrouiller avec Noröa. Qui sait, peut être que là où les adultes ont échoué lui réussira. Astrid poussa un soupir et s'adossa à une table tout en tendant le bras pour attraper une chope d'hydromel quand une douleur lui foudroya l'épaule. Elle ne put s'empêcher de grimacer en repensant à sa blessure reçue pendant la bataille. Astrid s'estimait chanceuse de n'avoir qu'une « luxation » quant beaucoup d'autres y avaient laissé leur peau. Heureusement qu'Alenöa l'avait remise en place - non sans avoir  morflé - mais la douleur ne la quittera pas avant plusieurs jours.
Tout en se frottant l'épaule, elle demanda à Elskaï :

- « Et toi ? Comment ça se passe ici ? Garder un œil sur Noröa ne doit pas être facile tous les jours mais entre nous je n'aurais jamais pensé qu'elle puisse venir ici avec nous ce soir. Je pense pas que cela aurait été possible sans toi, dit-elle en balayant son regard sur l’intéressée.

Avant qu'Elskaï puisse répondre, une ombre passa devant les deux femmes. Une grande tape sur l'épaule d'Astrid lui fit regretter amèrement d'être ici. *Jamais seule bien longtemps avec les Bois, laissez-moi donc tranquille et allez donc vous saouler*
Pendant qu'elle continuait à voir des étoiles danser autour d'elle, une voix juvénile mais pas tant que ça, monta d'un ton :

- « Eh ben te voilà ! On se demandait où était passé le Vif-Argent. Tu sais bien qu'on ne peut pas se passer de toi.

Un grand homme, une gouialle de jeunot et pourtant du haut de ses vingt-huit ans il avait déjà connu pas mal de combats. Son visage dessinait  un grand sourire et ses yeux très clairs donnaient l'impression de se trouver face à deux lacs en plein été. Astrid lui répondit un sourire ironique. Plus collant que lui tu meurs.

- « Et toi Erik ? Tu n'es pas encore à la recherche d'une femme assez saoûle pour vouloir de toi ? 

Ce-dernier fit semblant de ne rien entendre, haussant des épaules et se tourna vers Elskaï, ses yeux s'illuminèrent à la manière d'un enfant qui avait trouvé un nouveau jouet à maltraiter :

- « Hm. Mais si c'est toi ! Si si je te connais, je t'ai déjà vue. C'est bien toi...Elskaï ! Oui c'est ça ton prénom. T'es la femme qui s'occupe de l'autre tim...

Un coup rapide dans les côtes et un regard noir le fit taire. Après quelques quintes de toux, il leva les mains d'un air faussement coupable.

- « Très bien, très bien. Je m'en vais. Je me disais juste que c'était dommage qu'une femme jolie comme elle soit aussi bizarre. Au fait, sache que les autres te cherchent. »

Sur ce, il tourna des talons après avoir posé son poing sur le cœur en se tournant à la fois vers Elskaï et Astrid. Il risqua un dernier coup d’œil à Noröa et lui fit un clin d’œil pour ensuite disparaître dans la foule.

- «  Excuse-le, Erik est toujours comme ça avec à peu-près tout le monde. Sauf peut être le Hön Markin. Raconte-moi donc, ensuite je crois que je ferais mieux de partir si vous ne voulez pas voir un troupeau de saoûlards arriver fissa.




« Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire
du temps qui nous est imparti. »
J.R.R. Tolkien

« Notre vengeance sera le pardon. »
Tomas Borge
avatar
Peuplade

On m'appelle Noröa Hagen


Infos Personnage
RANG: (joueurs que votre personnage à renconter en RP)
VILLE & APPARTENANCE : Pleyrion
MON AGE : 25 ans
Féminin
MESSAGES : 41
AGE : 28
INSCRIT LE : 24/04/2014
PSEUDO HABITUEL : Nanaya
Joyaux : 15
Posté dans Re: Gibier et Hydromel    - Jeu 12 Juin 2014 - 4:20



Out of the Cold by Jeremy Soule on Grooveshark








« Eh beh, va en falloir du courage pour tout ça. Quitte à faire des banquets chaque soir. Ahahaha ! »

Elskaï n'avait pas voulu se montrer trop sceptique, pas en cette soirée qui se voulait réconfortante. Ainsi, elle avait osé se lancer sur le chemin de l'humour avant de passer à autre chose après s'être assurée que Noröa était occupée avec Grim.  

« Ca se passe... Garder un œil sur elle, ça va, c'est juste que je ne comprends pas pourquoi elle... OH ! Erik ! »

Un homme avait rejoint le groupe, en donnant une bonne  tape dans le dos à la jeune Astrid.  Cependant, il n'alla pas taquiner la jeune femme qui venait de le titiller... Non, il alla plutôt sur un chemin plus sinueux.  

La Sage fit mine de se gratter le front  après la maladresse du guerrier, la concernée quant à elle, resta à contempler le gamin exaspérant sans dire un mot. Gaspiller de la salive pour un constat si... idiot ne  valait pas la peine, mais avant qu'elle ne décide de partir en lançant une remarque cinglante, la Bois de Koun s'excusa à la place de son ami... Un acte qui vint enfin réveiller celle dont une étrange folie semblait ronger l'âme.  

« L'excuser ? Sa bêtise est incurable. Comment ne pas avoir pitié d'un homme dont sa force va de paire avec le manque d'intelligence ? Et surtout d'un homme qui finira sûrement embrocher par l'ennemi vu son comportement dégradant. »

Une voix, monotone, détachée et à la glaciale avait finalement franchi ses lèvres charnues. Le visage toujours figé en une expression blasée, elle prit alors une nouvelle bouffée d'air, ignorant le regard lourd d'Elskaï, pour répondre cette fois ci, au petiot qui l'emmerdait royalement.  

« Je ne parle pas car je n'ai pas envie. Je ne souris pas car je ne vois pas l'intérêt. Et toi, tu m'ennuies avec tes questions. »
« Noröa. »
« Quoi ? Tu savais pertinemment je ne voulais pas venir. Je ne sais pas à quoi tu t'attends avec moi Elskaï, mais tu vas attendre longtemps. »
« J'ai de la patience à revendre ma grande. Je sais ce que je fais, et je me souviens très bien du jour où on s'est connues. A cet époque, tu n'étais pas du tout une gamine cette sale gamine associable et irascible aux comportements complète-»
« Tu recommences avec ça ? »

Elskaï n'avait pas pu tenir bien longtemps face aux dires de celle qui avait perdu la raison. Ainsi, elle s'était lancée, en laissant l'énervement prendre le dessus, alors que son interlocutrice prenait toujours le soin de répondre d'un ton froid et... lassé.  Mais alors qu'elle avait pensé la blesser en la confrontant de nouveau à la réalité, elle fut coupée dans son élan.

« Ça commence à devenir agaçant d'être confrontée à vos esprits étriqués qui ne cessent de me répéter la même chose.  Finalement, je crois que je préfère rester avec ce gamin. Lui au moins il.. »

Cette fois ci, ce fut à la Sage d'agir avec vitesse. Sans prendre de pincette, elle gifla Noröa de façon furtive dans un « clac » parfait qui fut étouffé par la musique et les rires. Les yeux fermés, encaissant la douleur sans rien dire, la jeune femme se contenta en prendre une bonne bouffée d'air. Braquant alors un regard toujours aussi froid sur Elskaï, elle traça sa route dans la foule, sans se préoccuper du gosse qui serrait toujours sa main, afin de trouver un endroit calme.  

De son côté, celle qui avait finalement craqué se tourna vers Astrid en soupirant.  

« Eh beh... comme tu vois, garder un œil sur elle, c'est compliqué. Comme si j'avais besoin d'ça dis moi. J'comprends rien avec elle, depuis la mort de ton cousin,  elle est différente. Enfin bref... »

Portant sa choppe à sa bouche, elle en but deux trois gorgées avant de porter un regard vers la foule qui continuait d'honorer le banquet en faisant autant de bruit qu'un troupeau de bestiaux à l'agonie.

« Entre ça et ces profanateurs,..  On m'a parlé de leurs armes. Je comptais  faire un tour sur les lieux des affrontements pour récupérer d'quoi s'faire une idée plus précise... Mais attendons l'annonce du Hön, et aussi que tout le monde soit rétabli. Profitons d'la fête calmement plutôt. »  

Ponctuant sa phrase par un clin d'oeil vers Astrid, Elskaï ne pouvait s'empêcher de se demander où est-ce que Noröa se trouvait à présent... L'imaginer avec Grim était si bizarre... Elle qui refusait de toucher son propre fils de quelques jours... Peut-être qu'il était le seul à pouvoir la ramener vers le droit chemin finalement.


A day will come... When you think you're safe and happy, and your joy will turn to ashes in your mouth...
Northern Light
avatar
Peuplade

On m'appelle Grim Hagen


Infos Personnage
RANG: Alenoä Osfrid, Céléno Thogen, ...
VILLE & APPARTENANCE : Village de Pleyrion - Clan Hagen
MON AGE : 8 ans
Masculin
MESSAGES : 116
AGE : 24
INSCRIT LE : 18/05/2013
PSEUDO HABITUEL : Mowiel Solverre
Joyaux : 88
http://www.ile-joyaux.com/t2391-journal-de-bord-de-grim-hagen http://www.ile-joyaux.com/t1587-grim-hagen
Posté dans Re: Gibier et Hydromel    - Jeu 12 Juin 2014 - 13:38

- Dis... questionna timidement l'enfant, tandis que la jeune femme le conduisait à l'écart des festivités. Pourquoi est-ce qu'elle t'a giflé Elskaï ? Tu as fait quelque chose de mal ? C'est ta maman c'est ça ? Toi aussi ta maman te frappe quand tu es triste ? Moi je croyais que normalement, on devait être gentils avec les gens tristes. Elle est bizarre en fait ta maman.

Le petit Grim n'y comprenait décidément plus rien. Si ses parents ne manquaient pas une occasion de le gifler lorsqu'il les décevait ou osait verser des larmes, ceux des autres enfants du village eux ne manquaient pas de rassurer leurs progénitures...à leur façon. Ils leur répétaient inlassablement qu'ils étaient des enfants forts ; qu'ils n'avaient pas le droit de pleurer ; qu'ils devaient relever la tête et représenter fièrement leur Clan. Souvent, les papas tiraient leurs enfants à la chasse pour leur occuper l'esprit ; les mamans aussi, mais plus rarement. Mais elle, cette Elskaï, elle avait giflé Noroä avec une rare violence.

- Pourtant, tu n'as pas pleuré. Pourquoi tu ne pleures pas alors que tu es malheureuse ? Moi quand j'ai peur ou que je suis triste, je ne peux pas m'empêcher de pleurer et d'aller me cacher. Parce que si mes parents me voient pleurer, ils vont me battre. Alenoä elle, elle ne me frappe pas trop ça va.

Instinctivement, le petit garçon chercha Astrid des yeux. Elle lui était très proche et en vérité, il ne se sentait pas très à l'aise, seul en compagnie de Noroä, alors qu'elle refusait obstinément de jouer avec lui. Même Iker ne l'avait pas suivi, très probablement intéressé par les bouts de viande qui termineront leur route dans la neige, aux pieds des gourmands.

- Tu n'aimes pas faire la fête ? demanda-t-il, les joues rouges de timidité. Puis tu n'aimes pas joué non plus ? Ni parler avec les gens ? Ni boire ? Tu n'aimes rien c'est ça ? Mon frère aussi il n'aime rien ! Mais lui, il est méchant et dangereux ! Tu es dangereuse toi ? Tu fais du mal aux gens ? Aux petits garçons ?
avatar
Peuplade

On m'appelle Astrid Hagen


Infos Personnage
RANG: Grim; Noroä; Alenoä; |koun|Ed; Nivilk; |shaas|Dhungaärd
VILLE & APPARTENANCE : Pleyrion - Clan Hagen (Erfeydes)
MON AGE : 26 ans
Féminin
MESSAGES : 55
AGE : 21
INSCRIT LE : 20/05/2014
PSEUDO HABITUEL : Astrid
Joyaux : 100
http://www.ile-joyaux.com/t2413-astrid-hagen
Posté dans Re: Gibier et Hydromel    - Mer 18 Juin 2014 - 2:47

Astrid avait assisté à la scène, ses yeux trahissant la surprise. Jamais elle n'avait vu Elskaï s'emporter, même un peu. C'était une femme qui réussissait à garder son sang froid en masquant ses ressentiments par son humour et sa franche parole qui lui étaient bien caractéristiques. Gifler Noröa n'avait pas dû lui être tâche facile. Voir cette-dernière, furieuse, partir en agrippant Grim sous la main était hors-de-question pour la Bois. Astrid se raidit et s'apprêtait à rattraper Noröa pour qu'elle laisse son neveu tranquille quand Elskaï la coupa dans son élan. Elle paraissait regretter son geste – Noröa allait sûrement lui causer du tord pendant un petit moment - et pendant quelques instants, la femme semblait perdue dans ses pensées, plus intéressée par la foule qui les entourait. Cependant, son regard vague s'illumina et ce qu'elle annonça à Astrid la contraria. La Bois hocha négativement la tête et lui répondit sur un ton ferme :

- «  Non Elskaï. Qu'il y ait annonce ou pas, tu ne dois pas aller là-bas. Ces terres sont perdues – pour l'instant bien sûr – et elles sont désormais aux mains des étrangers. Ils doivent patrouiller toute la journée et toute la nuit et cette-dernière ne leur cause aucun souci, il semblerait qu'ils soient nyctalopes ou alors qu'ils aient à leur dispositions des moyens qui nous dépassent encore une fois. Un individu, même seul, se ferait repérer de très loin et même avec un entraînement de guerrier tu te ferais tuer sur-le-champs - Astrid posa sa main sur l'épaule d'Elskaï, de manière à avoir toute son attention Tu n'es ni une Bois, ni une Shaas et tu ne fais pas partie des Early-Dawn non plus. Laisse-nous mourir au nom du Gardien, et toi vis pour toutes les personnes que nous laissons derrière nous.

Astrid lui jeta un regard insistant pour qu'elle comprenne de quoi, ou plutôt de qui, elle voulait parler. Sans Elskaï, comment Noröa ferait-elle ? Même si cette-dernière ne l'admettra jamais, elle avait besoin de l'Erfeydienne. Tout Pleyrion avait besoin de personnes comme Elskaï. Astrid, elle, avait son frère au sein des Bois de Koun. Personne ne l'attendait. C'est sur le sentier de la guerre qu'elle avait choisi de consacrer sa vie. Si les deux femmes avaient un but commun, sauver Pleyrion,  un fossé les séparait pour cependant arriver à la même fin : Astrid devait mourir, Elskaï devait vivre. De même que Grim. Lui aussi devait vivre pour permettre à d'autres vies de ne pas s'éteindre, balayées par le souffle de la guerre que ces étrangers apportaient avec eux. La Koun voyaient ces vies plus lumineuses et plus importantes que la sienne. Si elle se battait, si elle voyait ses camarades mourir sous ces yeux, c'était pour sauver Grim et Elskaï , ou plutôt pour préserver ce qu'ils représentaient : la vie et la paix au sein de son peuple. Se dire que tout ce qu'elle connaissait allait peut être disparaître à tout jamais, lui était insupportable. C'est ce à quoi elle pensait à chaque fois qu'elle tirait une flèche qui venait se planter dans un œil, ou qu'elle égorgeait ses ennemis, ou encore lorsque plusieurs d'entre eux s'écroulaient sous une pluie de projectiles tranchants. Lorsque les cris agonisants et pleurants s'élevaient peu à peu jusqu'à former une mélopée macabre, que la blancheur si pure de la neige prenait une teinte rouge écarlate et que l'air si frais devenait pestilentiel. Si son courage continuait à guider chacun de ses mouvements c'était en partie parce qu'elle espérait voir vivre son peuple aussi longtemps que le Gardien foulerait cette terre.

Astrid finit par soupirer. La conversation qui tournait jusqu'à présent autour des étrangers, sujet intéressant mais limité avec Elskaï, allait brusquement s'orienter en diverses banalités, ce qu'Astrid voulait à tout prix éviter. Parler de choses et d'autres ne lui convenait pas, elle aurait l'impression de perdre du temps. L'Erfeydienne n'avait rien contre Elskaï, au contraire même, on aurait pu la confondre avec une sœur aînée ou une mère, mais Astrid avait besoin aussi d'être seule. Rester trop longtemps à discuter n'était pas son fort, surtout si c'était pour parler de la pluie et du beau temps. Elle avait appris à fuir ce genre de situation avant de ne paraître visiblement ennuyée et de paraître trop associable auprès des autres. La Koun voulait réfléchir aux récents événements, trouver des solutions s'il y en avait et surtout chercher un moyen d'aider le Hön Markin à gagner la prochaine bataille. Si ce n'est s'éloigner pour tout simplement jeter un regard au loin et ne se faire déranger par personne. La solitude est une sœur que l'on cherche souvent à éviter et pourtant, elle nous apporte réconfort lorsqu'on a besoin d'elle.

- « Désolée. Je crois que je vais te laisser, sans doute cette douleur à l'épaule qui me fatigue et je crois que si ça continue je vais finir par mordre quelqu'un, prétexta-t-elle d'un petit sourire confiant.

Sur ce, la jeune femme quitta la table et le centre des festivités, aussi discrètement qu'une ombre et finit par être engloutie par l'obscurité dansante au grès des lumières des flambeaux.





« Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire
du temps qui nous est imparti. »
J.R.R. Tolkien

« Notre vengeance sera le pardon. »
Tomas Borge
avatar
Peuplade

On m'appelle Noröa Hagen


Infos Personnage
RANG: (joueurs que votre personnage à renconter en RP)
VILLE & APPARTENANCE : Pleyrion
MON AGE : 25 ans
Féminin
MESSAGES : 41
AGE : 28
INSCRIT LE : 24/04/2014
PSEUDO HABITUEL : Nanaya
Joyaux : 15
Posté dans Re: Gibier et Hydromel    - Dim 22 Juin 2014 - 11:29



Out of the Cold by Jeremy Soule on Grooveshark








Le gosse l'agaçait. De plus, Noröa se demandait bien pourquoi elle ne l'avait pas laissé au centre des Festivités. Il fallait croire que dans sa dernière provocation, elle ne avait oublié sa main coincée dans la sienne. Ainsi, elle décida de s'arrêter, une fois écartée de la masse étouffante autour du banquet, et écouta, sans y faire attention, le véritable moulin à paroles nommé Grim Hagen.

Totalement fermée, complètement détachée, la jeune femme laissa alors la main du gamin en laissant échapper une simple phrase en guise de réponse.

« Tu parles trop, vas donc jouer dans les pattes des autres. »

Et ce fut tout. Telle une ombre, l'ancienne Chercheuse se glissa entre les danseurs et autres fêtards blessés, sans éprouver aucun remord, comme à son habitude. Il lui fallait du calme, loin de cette fête et de ses idiots qui ne pensaient qu'à boire et à se remplir la panse. Toutefois, elle ne pouvait regagner sa maison, sous peine de devoir s'occuper de ce bébé qu'elle ne pouvait serrer contre elle et regarder... C'est pourquoi, elle opta pour une vieille caisse en bois située dans une allée plus sombre qui la cachait du monde, mais qui pouvait lui permettre d'avoir un œil sur la scène...

Et quelle scène nom du Gardien ! Maintenant que les esprits étaient aptes à rire jusqu'à l'épuisement, les premiers défis commencèrent à fuser dans tous les sens. Entre concours de boisson, ou de kilos de viande ingurgitée en passant par les chansons les plus connues des Erfeydes, on devait sans doute discerner l'emplacement de Pleyrion à des kilomètres à la ronde. Et cela ne faisait que commencer...

Elskaï, de son côté, qui avait laissé partir Astrid après un dernier clin d'oeil, fut rapidement alpaguée par un guerrier massif à l'âge avancé qui la défia à coup de choppe d'hydromel. Riant comme une gosse, la femme se dirigea vers la table la plus bruyante en oubliant ses petites contrariétés .

La fête commençait à battre son plein, tout le monde cherchait tout le monde en criant, entre les gamins qui jouaient et les chanteurs improvisés. D'ailleurs, un Erik bien déterminé à trouver une certaine Astrid pour lui montrer de quoi était un capable un Bois de Koun se faisait bien entendre dans tout le brouhaha ambiant ! Sans parler d'un petit Iker qui cherchait aussi son ami perdu d'une petite voix aiguë.


A day will come... When you think you're safe and happy, and your joy will turn to ashes in your mouth...
Northern Light
avatar
Peuplade

On m'appelle Grim Hagen


Infos Personnage
RANG: Alenoä Osfrid, Céléno Thogen, ...
VILLE & APPARTENANCE : Village de Pleyrion - Clan Hagen
MON AGE : 8 ans
Masculin
MESSAGES : 116
AGE : 24
INSCRIT LE : 18/05/2013
PSEUDO HABITUEL : Mowiel Solverre
Joyaux : 88
http://www.ile-joyaux.com/t2391-journal-de-bord-de-grim-hagen http://www.ile-joyaux.com/t1587-grim-hagen
Posté dans Re: Gibier et Hydromel    - Ven 27 Juin 2014 - 2:30

Grim regarda Noroä s'éloigner. Il savait qu'il devait la rattraper, lui expliquer qu'il s'était comporté comme un enfant, qu'il était désormais un adulte responsable et que plus jamais il ne l'embêterait avec toutes ses questions, elle ou qui que ce soit d'autre d'ailleurs. Mais il n'en eut pas le courage, ni d'ailleurs la moindre volonté, vexé par l'aigreur et la méchanceté de chacun de ses mots. Elle se comportait exactement comme ses frères, ses parents, ses oncles et tantes, à marmonner lorsqu'il devenait exaspérant, sans jamais lui faire comprendre en douceur qu'il dépassait très largement les limites du supportable.

Rejoignant la foule, le petit garçon vagabonda parmi les anciens et les guerriers, les enfants et les animaux, l’œil attiré par un cri, un coup ou un mouvement brusque. Les banquets Erfeydiens étaient toujours semblables : alcool, plats goûteux et bagarres jusqu'au levé du jour. Mais celui-là avait une saveur tout à fait différente, comme si cette guerre ravivait une flamme depuis longtemps éteinte. Les bagarres étaient plus violentes. Les estomacs débordaient, tandis que l'alcool rendait même les plus raisonnables complètement fous. Le petit garçon se dit alors qu'il était peut-être mieux pour tout le monde qu'aucun d'eux n'ose se présenter au Dispensaire avec un nez brisé ou totalement ivre, sous peine d'être sévèrement renvoyé par Alenoä en personne. La guerre faisait bien assez de dégâts comme ça.

- Erik te cherche, dit l'enfant à Astrid, tendit qu'il était enfin parvenu à la rejoindre. Il n'arrête pas de hurler ton nom, une choppe à la main et le poing levé. Il a le menton couvert de sang...Dis, tu ne vas pas te battre avec lui n'est-ce pas ? Alenoä n'appréciera pas de te voir au Dispensaire si jamais tu te fais blesser !

Caressant le poil d'Iker qui était enfin parvenu à le retrouver, Grim porta un regard inquiet sur le dit "Erik", qui avait enfin trouvé sa cible. Qu'il veuille faire un duel du nombre de choppes consommées en un temps record ou encore battre Astrid dans un combat aux poings ou à l'épée de bois ne regardait que lui. Mais il était question de la santé d'un membre de sa famille, qui bientôt, rejoindrait à nouveau le front pour combattre l'invasion étrangère.

- Si tu veux je peux le battre moi, Edvald m'a appris plein de trucs ! Et je suis un homme maintenant, plus un petit garçon ! Il est gros et lent !

Spoiler:
 
avatar
Peuplade

On m'appelle Astrid Hagen


Infos Personnage
RANG: Grim; Noroä; Alenoä; |koun|Ed; Nivilk; |shaas|Dhungaärd
VILLE & APPARTENANCE : Pleyrion - Clan Hagen (Erfeydes)
MON AGE : 26 ans
Féminin
MESSAGES : 55
AGE : 21
INSCRIT LE : 20/05/2014
PSEUDO HABITUEL : Astrid
Joyaux : 100
http://www.ile-joyaux.com/t2413-astrid-hagen
Posté dans Re: Gibier et Hydromel    - Dim 6 Juil 2014 - 9:56

L’inquiétude que montrait Grim fit rire Astrid. Un rire franc, comme elle n'en avait eu depuis longtemps. Il se pourrait que dès le lendemain elle parte en direction des lignes ennemies pour les combattre et son neveu se souciait des ennuis que pouvait lui apporter un homme saoul qui n'arrivait pas plus à tenir sur ses jambes qu'à prononcer une phrase jusqu'au bout. Le regard que lançait son neveu lui serra quand même le cœur.
Sans se préoccuper de sa blessure, elle entoura le jeune garçon de ses bras et le souleva à la manière d'un baril d'hydromel, pour enfin le faire tourner dans les airs. Grim riait.
La jeune femme reposa finalement son neveu à terre. Elle n'avait jamais fait ça auparavant, ni son père ni sa mère d'ailleurs. Démontrer de l'affection n'était visiblement pas l'apanage des Hagen. Cependant, à ce moment précis elle aurait tout fait pour que Grim se sente bien.

« C'est bien vrai qu'il est gros et lent mais entre nous je me préoccupe plus de ce qu'Ed a bien pu t'apprendre.»

C'était un garçon débrouillard et plein de vie, qui comprenait plus de choses qu'on ne pouvait le croire. Si Ed et elle devaient mourir, la première personne vers qui ses pensées allaient était son neveu. Il se retrouverait seul avec Halfred et Njall ainsi que ses frères et sœurs qui jamais ne le comprendraient.  
* Non, je me trompe. Grim ne sera pas seul, Alenoä sera présente pour lui. Sans oublier Iker. *
Cependant, la réalité que peut être elle ne pourrait jamais plus le revoir, la poussa à dire à Grim quelque chose qu'elle jugeait d'important.

«  Grim regarde-moi. N'oublie jamais que le plus important se trouve ici et là.

Astrid toucha le front du garçon puis sa poitrine.

« Comme tu l'as dit toi-même, tu n'es plus un petit garçon mais un homme. Toutefois, tout le monde peut en être un mais rares sont ceux qui deviennent de grands hommes. Pour ça, ne te repose pas uniquement sur la force mais sur ton intelligence et ton courage. L'un sans l'autre ne mène à rien mais si tu parviens à les unir alors tu en deviendras un et tu pourras être fier. Parfois, c'est l'être le plus craintif qui démontre le plus grand des courages.

C'étaient les mots de son père. Elle devait être un peu plus âgée que Grim la première fois qu'il lui avait adressé ces mots mais jamais elle ne les avaient oubliés. C'est ce qui avait fait d'elle sa force.  

« Sais-tu pourquoi Alenoä est tant respectée ? Pourquoi tout le monde la considère comme une grande guérisseuse ?  Pas pour ses compétences mais parce qu'elle est la personne la plus courageuse que je connaisse. Elle et toi ne sauvez pas uniquement la vie des vôtres mais celle de tout le monde, qu'ils soient ennemis ou allié. C'est pour ça qu'un jour, toi aussi tu seras cette personne. Le vrai courage n'est pas de savoir quand supprimer une vie, mais quand en épargner une. »

Astrid espérait qu'il retienne le sens de ses mots et qu'il s'en souvienne pour affronter les moments douloureux et de doutes. C'est le seul cadeau qu'elle pouvait lui offrir, si comme tant d'autres elle devait partir pour ne pas revenir.

Une voix enraillée la tira de sa conversation. Astrid jeta un regard derrière elle et vit Erik chancelant se diriger vers elle. Le sang sur son visage en disait long. Malgré tout la « sympathie » qu'elle éprouvait pour ce simple d'esprit, du moins elle le considérait comme tel, il y avait un moment pour tout. Si bien que lorsqu'il l'empoigna par la taille et l'attirer contre lui et son haleine avinée, le temps de la correction était venu. Son point s'écrasa violemment contre le nez du jeune blond et Astrid pouvait sentir les os se briser sous ses doigts. Le sang poisseux gicla sur le visage d'Erik qui montrait un visage ahuri comme s'il n'arrivait pas à comprendre ce qui venait de se passer. Avant même de pouvoir dire quoique ce soit, une ombre fonda sur lui avec un cri strident. Bientôt, c'était une tempête de plumes et de coups qui s'affichait devant Astrid et Grim. Erik, quant à lui, n'arrivait à lancer des coups dans le vide, incapable de distinguer correctement ce qui l'attaquait sans retenue, l'alcool n'aidant pas.

«  Wina. »

C'était un ton ferme et dur. Le combat cessa, sauf pour Erik qui semblait encore se battre contre un adversaire imaginaire. Astrid leva les yeux vers le toit d'une chaumière, et put y voir une paire de yeux jaunes menaçants. L'elfym femelle poussa même un cri frustré à la vue d'Iker. Décidant de l'ignorer, la jeune femme constata l'état pitoyable de son compagnon d'arme. Des zébrures et stries de tout genre barraient son visage et certaines étaient sérieuses. Poussant un soupir, elle se concentra sur Grim.

«  Va falloir chercher Alenoa pour ce crétin. Wina n'attaque jamais à moitié.  Tu sais si elle est encore à son dispensaire cette nuit ? Astrid jeta un œil à sa main qui s'était mise à tourner au violet et quand elle toucha son épaule, elle vit rouge. Et pour finir, je crois bien que je me suis déboîtée encore une fois l'épaule, marmonna t-elle. »

Avec une épaule en compote et un homme de la taille d'Erik saoul et blessé, elle se demandait comment elle allait pouvoir faire pour se déplacer. Dire que la fête avait plutôt bien commencé.  D'humeur morose, elle se demandait même si elle n'allait pas le laisser en plan et se débrouiller seul.

Spoiler:
 




« Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire
du temps qui nous est imparti. »
J.R.R. Tolkien

« Notre vengeance sera le pardon. »
Tomas Borge
avatar
Peuplade

On m'appelle Alenoä Osfrid


Infos Personnage
RANG: Grim, Nivilk, Hermine, Fjölan, Dhungäard, Noröa, Astrid, Edvald, Chilali, Skye
VILLE & APPARTENANCE : Clan Hagen ~ Village de Pleyrion
MON AGE : 27 ans
Féminin
MESSAGES : 89
AGE : 25
INSCRIT LE : 12/08/2013
PSEUDO HABITUEL : Kathy
Joyaux : 202
http://www.ile-joyaux.com/t1828-carnet-d-une-guerisseuse http://www.ile-joyaux.com/t1822-alenoa-osfrid
Posté dans Re: Gibier et Hydromel    - Ven 11 Juil 2014 - 11:11

Il y avait du mouvement à Pleyrion, ce soir-là. Evidemment, Alenoä n'avait pas le temps ; Alenoä n'avait jamais le temps. Il y avait toujours quelque chose à faire, surtout en ces temps troublé. D'ailleurs, la simple perspective de voir des crétins se rajouter à sa masse de travail quotidienne parce qu'ils étaient trop saouls pour se retenir de se taper dessus la refroidissait considérablement quant aux soirs de fête. En plus, qu'est-ce qu'il y avait à fêter, franchement ?

La guérisseuse était plus connue pour ses talents que pour son aimable caractère, c'était le moins que l'on puisse dire. La fête se donnait sur la place du village, à une rue à peine de chez elle, devant le hall dans lequel elle ne pouvait plus mettre les pieds sans sentir les odeurs des chairs brûlées par les armes des étrangers, puisque c'était la seule salle assez grande pour contenir tous les blessés après la bataille perdue. Elle se souvenait de la tétanie qui avait failli la faire flancher devant ces plaies dont elle ne connaissait pas la nature, elle se souvenait du moindre détail ; une trop bonne mémoire n'est pas toujours un don. Pas qu'elle ait l'estomac fragile, mais si c'était une bataille, qu'en serait-il au bout d'une guerre ?

Ce soir-là, Alenoä avait essayé de dormir longtemps. Elle avait envoyé l'enfant s'amuser, puisqu'il y avait du monde, et elle s'était couchée tôt, pour la première fois depuis des semaines. Bien que son sommeil ne puisse jamais être profond, que le moindre appel l'éveille, elle avait essayé. Les cauchemars ne l'avaient pas laissé faire.

Elle admettait difficilement que les songes puissent la déranger. Quand elle rêvait, c'était souvent le sang sur la neige qui causait son réveil, les cendres de l'ancien Pleyrion qu'elle voyait voler au vent à chaque nuit où il plaisait à son subconscient de lui rappeler que tout ce qu'elle avait était fragile. Alenoä n'était pas du genre à avoir peur pour rien, elle avait une certaine force de caractère que l'on pouvait par moments lui reprocher, mais elle craignait d'être lucide. Personne dans ce foutu village n'avait la tête sur les épaules, et la guérisseuse prêchait la catastrophe dans le vide. Elle ne prétendait pas savoir quoi faire, et sans doute cette peur aurait-elle été plus facile à vaincre s'il n'y avait pas Grim. Un cadeau à double tranchant, un petit pour recevoir tout l'amour bien caché sous la carapace de la guérisseuse, mais aussi quelque chose de précieux, pour lequel avoir peur de l'avenir et des décisions inconsidérées.

La jeune femme s'était réveillée un peu avant qu'un soûlard ne vienne hurler sous sa fenêtre que l'on avait besoin d'elle. Pour une fois, elle était seule, et l'on pouvait voir une brèche dans l'armure ; elle avait chaud, elle tremblait. Assise sur son lit, elle regarda sa jambe nue, tordue, elle regarda ses mains frémir, avant de les fermer dans des poings aux jointures blanchies tant ils étaient serrés. Les mains d'Alenoä ne pouvaient jamais défaillir, mais la fatigue et les drogues qu'elle s'était administrées pour tenir le choc après la funeste bataille se rappelaient à elle, un peu moins chaque jour, mais encore... Un prix à payer pour des vies sauvées, des marques de faiblesse pour elle qui ne devait jamais faillir, des tremblements sous le poids de responsabilités qui s'agrandissaient à chaque blessé, à chaque malade. Le dispensaire était plein à craquer, et elle jouait avec sa santé.

« OH ALENOÄ! »

Il aurait fallu s'y attendre, à cette voix mâchonnée qui criait devant la maison, au geignement de celui qui s'était éloigné de la fête parce qu'on avait besoin du seul ronchon qui avait décidé de ne pas s'y rendre. Noä prit une grande inspiration ; les atermoiements étaient terminés. Elle se leva, et c'était comme si la détresse s'écoulait hors d'elle, comme si le personnage qu'elle s'était construit revenait. Respirant profondément pour se calmer, elle évacuait à vue d'oeil tout ce qui l'avait tracassée quelques minutes plus tôt, et quand elle ouvrit son volet...

« OH MAIS TU VAS T'CALMER LA ? J'AI DES MALADES QUI DORMENT ! »

... Pour ne pas réveiller tout le quartier c'était plutôt raté. Mais elle n'avait aucun regret. On aurait pas pu dire en la voyant qu'elle se posait tant de questions ; encore quelque chose sur lequel elle ne pouvait pas flancher. C'était ce qu'on attendait d'elle.

« Ouaiiiis... Booon... Y'a Astrid qu'à démonté Erik, elle a b'soin d'toi, t'peux descendre ? L'gamin a commencé à r'garder, mais c'mieux si c'est toi, paraît. »

Évidemment, on ne pouvait pas lui foutre la paix une soirée.

« Je vais arriver. »

Le Koun fit un geste vague de la main, et reprit une gorgée de la choppe qu'il avait amenée avec lui, avant de se remettre en route dans le sens inverse. Alenoä se débarrassa de sa tunique de toile pour enfiler une robe plus convenable, pas la meilleure s'il fallait soigner un nez cassé, mais correcte, pour une fois. Manteau, sac de secours, bâton de marche tout neuf – Dhungaärd ayant brûlé le précédent... - elle se mit en route, remontant son capuchon sur son visage dans l'espoir vain de cacher un peu ses grands cernes violets. La place n'était pas loin.

Le visage neutre, elle regarda la foule, à mesure que chacun se taisait en se rendant compte de sa présence. Tous des gosses, mais elle en cherchait un en particulier. Son garçon d'abord, les idiots ensuite. Elle le trouva évidemment à côté du blessé, ce qui amena l'ombre d'un sourire sur ses lèvres.

« Astrid. »

On n'entendait pas autant de glace dans sa voix qu'il aurait dû y en avoir, parce que la guérisseuse voyait bien ce qu'il s'était passé. Ce n'était pas la Hagen qui avait le hoquet à cause des litres d'hydromel ingurgités, et sa bestiole n'aurait pas attaqué sans raison. Alenoä soupira, et ce soupir sembla s'accorder avec la brise glaciale qui souffla brusquement sur l'endroit – elle-même ne le savait pas encore, n'ayant même pas remarqué quoi que ce soit d'étrange, mais son nouveau lien avait le sens de la théâtralité. Elle avait de l'autorité, elle en avait toujours eu, même lorsqu'elle était beaucoup plus jeune, mais c'était encore accentué depuis qu'elle ressemblait à un spectre, maigrie, fatiguée, et que son lien secondaire faisait des siennes selon ses émotions.

« C'est vraiment trop demander que vous arrêtiez de vous taper dessus entre vous ? »


Posant un regard fatigué sur Grim, elle s'efforça de lui sourire, malgré sa fatigue, malgré un début de colère qui aurait pu retentir bien trop fort dans ces festivités qui, malgré tout, étaient là pour remonter le moral des troupes, quoiqu'elle en dise. Cela l'arrêta dans un flot de paroles qu'elle sentait monter, entre la stupidité de faire la fête au milieu d'une guerre, et la folie d'avoir la moitié des guerriers morts pleins au milieu de cette même guerre. Elle avança un peu, regarda Erik, puis Astrid.

« Il attendra. Montre ta main. Comment va ton épaule ? »

Elle était assez proche que pour ne plus parler à la cantonade, aussi les conversations reprirent leur cours, chuchotées au départ – sans doute des critiques sur la rabat-joie – puis avec l'entrain précédent. Alenoä s'approcha d'Astrid, mais son regard croisa celui de Noroä, auquel il resta accroché. Où était donc son fils ? Les yeux de la guérisseuse s'assombrirent, puisqu'elle était bien placée pour savoir que le petit était vivant et en bonne santé ; il faudrait sérieusement qu'elle discute avec la jeune femme. Non seulement ça ne pouvait pas durer, mais en plus, Noä sentait la jalousie menacer de la brûler de l'intérieur. Il y avait un drame qui avait assombri l'évènement, mais elle avait un fils. Elle refusait de s'occuper d'un enfant, là où Alenoä aurait fait n'importe quoi pour en avoir un de sa chair et de son sang. Néanmoins, elle secoua la tête, comme pour se remettre les idées en place, et entreprit de palper la main de la bagarreuse, dans ce qui était redevenu l'indifférence générale. Noroä avait sans doute vu qu'elle ne s'en tirerait pas comme ça.

« Tu ne l'as pas raté, »
commenta-t-elle d'une voix neutre.

Spoiler:
 
Invité

On m'appelle Invité

Posté dans Re: Gibier et Hydromel    - Dim 13 Juil 2014 - 15:38

Plus de silence. Plus d'oubli. L'esprit de Dhungaärd s'était arrachée depuis longtemps à sa léthargie réparatrice. Son sommeil n'était pas le seul à manquer de profondeur. Parmi d'autres blessés, le géant attendait... Ecoutait... Aucun mot de l'Oeil depuis la défaite. Il n'y avait que l'agitation de la maison de la Guérisseuse. Mais cette nuit, des rires et des éclats joyeux transperçaient les murs de pierre. Et lui aussi se sentait transpercé. De la joie.

Alenoä Osfrid - pas celle de ses souvenirs, celle-la était plus âgée, plus marquée - sortit, en réponse à des appels. Presque silencieusement malgré sa carrure, Dhungaärd la suivit. Son corps en avait assez de ne plus bouger... Négligeant la douleur des plaies.

La fraîcheur du vent, au lieu de l'odeur de sang et de la chaire sanglante, brûlée. La neige piétinée n'opposant aucune résistance à ses pas... Et les bruits qui lui emplissent le crâne. La foule semblait plus calme... Au milieu des voix, il y avait un noyau de calme. Je ne rêve pas. Malgré l'impression qu'il en avait.

"Alenoä Osfrid." appela-t-il d'une voix éteinte.

Comme un enfant pas tout à fait réveillé. Il se croyait réveillé. Tout en ayant encore quelques doutes.

HRP:
 
avatar
Peuplade

On m'appelle Noröa Hagen


Infos Personnage
RANG: (joueurs que votre personnage à renconter en RP)
VILLE & APPARTENANCE : Pleyrion
MON AGE : 25 ans
Féminin
MESSAGES : 41
AGE : 28
INSCRIT LE : 24/04/2014
PSEUDO HABITUEL : Nanaya
Joyaux : 15
Posté dans Re: Gibier et Hydromel    - Ven 18 Juil 2014 - 13:16



Out of the Cold by Jeremy Soule on Grooveshark








Enfin seule, Noröa profitait du "calme" que pouvait lui donner la solitude. Assise sur un vieux tonneau, le yeux contemplant le vide, elle attendait, sans rien dire, que la fête se calme un peu pour rejoindre la maison qui était... la sienne. Comme anesthésiée, elle donnait l'impression de ne ressentir ni la douleur de sa cicatrice, ni la chaleur qui avait enflammé sa pommette suite à la gifle d'Elskaï... Pourtant, le mal était là... Elle en avait conscience... D'ailleurs, dans un geste lent et totalement détaché, elle posa une main sur son ventre, et ne bougea pas durant de longues secondes telle une âme perdue qui n'avait plus la notion de rien.

Ce fut un étrange vacarme qui vint alors la sortir de sa transe malsaine pour la faire revenir à un semblant de réalité... Un type criait, ou chialait, elle n'arrivait pas à le dire, et une sorte de petit troupeau semblait se réunir au centre des festivités. Dans un premier temps, l'Erfeydienne observa la scène d'un oeil vide... puis, poussée par un élan inexplicable de curiosité, elle descendit de son perchoir, pour se faufiler dans la foule sans grande conviction...

C'est alors qu'elle vit cet homme, oui, cet homme stupide du nom d'Erik, en sang et chouinant comme un gamin face à une Guérisseuse qui se trouvait dans un état de fatigue plus que prononcé. D'un autre côté se trouvait Astrid... blessée... et aussi un autre homme... Un immense gaillard dont l'état inquiétant n'était en rien lié à la fête qui reprenait tout doucement...

Silencieuse, et ne montrant ni émotions, ni aucun signe de détresse , Noröa n'arrivait pourtant pas à détacher ses yeux de ce dernier dont le nom lui échappait totalement... Elle l'avait déjà vu, elle en était persuadée... Mais cela semblait remonter à une autre vie, une vie qu'elle avait enterré depuis bien longtemps et qui était à l'origine de tous ses problèmes.


A day will come... When you think you're safe and happy, and your joy will turn to ashes in your mouth...
Northern Light
avatar
Peuplade

On m'appelle Grim Hagen


Infos Personnage
RANG: Alenoä Osfrid, Céléno Thogen, ...
VILLE & APPARTENANCE : Village de Pleyrion - Clan Hagen
MON AGE : 8 ans
Masculin
MESSAGES : 116
AGE : 24
INSCRIT LE : 18/05/2013
PSEUDO HABITUEL : Mowiel Solverre
Joyaux : 88
http://www.ile-joyaux.com/t2391-journal-de-bord-de-grim-hagen http://www.ile-joyaux.com/t1587-grim-hagen
Posté dans Re: Gibier et Hydromel    - Sam 19 Juil 2014 - 14:25

A l’approche d’Alenoä, le comportement du petit Grim changea du tout au tout. Il fit soudainement preuve d’un peu plus de courage, de prestance et de maturité, s’assurant ainsi et il l’espère, toute la reconnaissance de son maître. Car comme tout bon guérisseur digne de ce nom, le petit garçon ne devait sous aucun prétexte privilégier un malade plutôt qu’un autre. L’origine et les affiliations de chacun importaient peu, car lorsqu’ils accueillaient un déserteur ou un guerrier appartenant à un clan rival au sein du Dispensaire, c’était pour préserver une vie qu’ils travaillaient si durement, et rien d’autre.

- Les plaies ne sont pas très belles...

Il regardait Alenoä de son plus beau regard, de son plus beau sourire. Il se sentit alors tout petit devant tant de beauté, devant tant d’acharnement et tant de force, et pourtant si coupable lorsqu’enfin, il remarqua les traits de la fatigue sur son visage. Malgré la guerre, malgré les conquêtes et les morts, elle se battait chaque jour sans relâche pour préserver des vies, délaissant sa propre santé, ses propres loisirs, délaissant jusqu’à ce que toute femme de son âge devrait chercher : l’amour, l’amitié, les joies d’une compagnie agréable.

- Mais elles sont bien moins graves que celles des guerriers qui nous reviennent du sud.

Une parole qu’il aurait aimé ne jamais prononcer mais qui était à l’image même de la réalité. Toutes ces bagarres, tous ces règlements de compte n’étaient rien à côté de ce qui attendaient les combattants plus au sud près des camps Matrosciens. On pouvait reprocher à ses hommes de se conduire comme des enfants, comme des inconscients, mais qu'étaient-ils au fond à côté de ces étrangers qui revendiquaient leurs terres ? Rien de plus que des chevrins face à une horde de Skoll enragés.

Couvrant les plaies les plus impressionnantes d'un peu de neige et d'un morceau de tissu, Grim se tourna ensuite vers sa tante, blessée dans la bagarre. Elle venait de se faire respecter de l'un des hommes les plus imposants -hormis lorsqu'il a bu- de tout Pleyrion. Malheureusement, elle y avait laissé plus que quelques gouttes de sueur.

Il t'a blessé alors que tant des siens se meurent en allant combattre, marmonna-t-il malgré lui. Il t'a blessé alors que tu as besoin de ta main et de ton bras pour te défendre et défendre l'Ile. Il n'a eu que ce qu'il méritait.
avatar
Peuplade

On m'appelle Astrid Hagen


Infos Personnage
RANG: Grim; Noroä; Alenoä; |koun|Ed; Nivilk; |shaas|Dhungaärd
VILLE & APPARTENANCE : Pleyrion - Clan Hagen (Erfeydes)
MON AGE : 26 ans
Féminin
MESSAGES : 55
AGE : 21
INSCRIT LE : 20/05/2014
PSEUDO HABITUEL : Astrid
Joyaux : 100
http://www.ile-joyaux.com/t2413-astrid-hagen
Posté dans Re: Gibier et Hydromel    - Mar 22 Juil 2014 - 5:39


Astrid était assise sur le rebord d'une table qu'on avait tirée et poussée légèrement à l'écart du centre des festivités pour laisser toute la place nécessaire à Alenoä ; la guérisseuse portait une capuche qui cachait son visage mais la lumière vacillante des flammes provenant des flambeaux en résine qui illuminaient la fête laissait apparaître ce qu'Astrid pouvait décrire comme un visage fatigué et fermé et les ombres dansantes des flammes accentuaient ses cernes si bien qu'on aurait cru se tenir face à une revenante. Un visage sans âge, pensa-t-elle. Quel âge avait la guérisseuse ? Elle paraissait à la fois en avoir trente que soixante tant elle était marquée par l'épuisement et le surmenage, et son regard glacial, aussi aiguisé et concentré que celui d'un archer sur sa cible, prêt à tirer sa flèche, ne se détachait pas d'elle et sa main qui gonflait. Alenoä se souvenait de son nom, elles s'étaient déjà vues, et ce n'étaient pas les quelques minutes passées à remboîter son épaule il y a quelques jours qui auraient laissé le temps de se présenter. Elles s'étaient à peine croisées du regard; le dispensaire avait ressemblé à un amas de blessés enveloppés dans une odeur de maladie et de sang qui ne changeait pas vraiment du champs de bataille. Tous priaient la guérisseuse de faire vite, de les guérir et de les remettre debout. Même l'estropié en faisait autant, comme si ses mains possédaient un quelconque pouvoir miraculeux, et c'était d'ailleurs en quelque sorte ce qu'elle pensait elle-même. Non, si elle connaissait son nom ce n'était pas non plus pour ses très rares visites au dispensaire pour s’enquérir de Grim, contrairement à Ed qui à un moment avait semblé même vivre là-bas même si c'était pour une raison plus romantique. Se replongeant dans un souvenir qu'elle aurait préféré laissé enfoui, à un temps qui remplaçait deux femmes par deux gamines qui ni l'une ni l'autre n'avait semblé comprendre ce qui se déroulait sous leurs yeux ; elle secoua la tête pour éloigner ses pensées sombres et essaya de plutôt de prendre un ton léger pour ne pas inquiéter Grim qui venait de panser Erik ; l'homme semblait déjà s'être endormi.   :

«Vu ma taille de géant j'ai dû apprendre à frapper vite et bien, répondit-elle sur un ton empreint d'ironie, un sourire forcé aux coins des lèvres.

La guérisseuse lui renvoya  un regard aussi neutre et acéré que d'habitude. Est-ce pour ce regard inchangé qu'elle avait l’impression désagréable que le temps venait de s'arrêter ;que son masque de bonne humeur venait de glisser pour se briser au sol  dans un bruit de fracas qu'elle seule pouvait entendre? Son masque avait pourtant toujours bel et bien tenu toutes ces années, si bien qu'elle avait jusqu'à présent été persuadée qu'il s'était soudé à son visage. Était-ce parce qu'elle était déconcertée de revoir la guérisseuse si soigneusement évitée pendant tout ce temps ? Ou alors parce qu'elle avait trouvé incroyablement pitoyable d'avoir dû se percher sur la pointe des pieds pour frapper Erik, lui rappelant le pourquoi de ses années de combats avec elle-même ? Peut être pour tout ça à la fois. Son sourire disparût et elle retira vivement sa main des doigts d'Alenoä comme si elle s'était rendue compte qu'elle touchait un ortie. Sur un ton laconique, elle ajouta :

- «Ma main va bien, je n'en suis pas à mon premier coup, elle guérira. Essaie de remettre mon épaule comme elle était, j'en ai besoin pour tirer mes flèches, dit-elle comme s'il ne s'agissait de rien d'autre que d'un essieu tordu qu'il fallait remettre en place d'un coup de marteau bien porté.

Astrid concentrait son regard sur l'obscurité d'une ruelle derrière la guérisseuse pour éviter de croiser son regard accusateur; elle aussi avait son orgueil mal placé et elle ne tenait pas à montrer ses faiblesses plus que ça. Ses frères étaient bien pire, jamais l'idée de venir se soigner ne semblait effleurer leur esprit jusqu'à ce que, hébétés, ils tombent au sol à cause des blessures et du sang qu'ils avaient trop perdu. Les Hagen étaient bornés, c'étaient bien connu. Astrid les traitaient d'irresponsables mais elle-même se demandait si elle n'aurait pas été aussi inconsciente qu'eux s'il en avait été autrement, si elle était plus grande de dix centimètres et si sa force lui avait permit de porter des marteaux aussi lourds que des barils d'alcool bien replis.
Sans s'en rendre compte, sa main valide avait glissé sur son flanc droit, là où une blessure profonde était soigneusement cachée par sa tunique et son plastron, une blessure encrée à la fois dans la chair et dans l'esprit. Le regard toujours au loin, laissant Alenoä faire ce qu'elle voulait d'elle, un arrière-goût amer emplit sa bouche quand des images défilèrent dans son esprit. Elle se remémora quand elle venait à peine de passer son rite de l'Aviné, il y a de ça moins de dix ans, pour devenir Marteau ; rêve que beaucoup de jeunes voulaient atteindre mais que seuls certains arrivaient à passer. Si elle avait réussi, cela n'avait pas été sans sacrifice. Une fois arrivée au village au bout des trois jours de traque traditionnels, le noir l'avait envahie pour se réveiller à la lumière blafarde du dispensaire récemment bâti à l'époque. Tout son corps avait semblé tétanisé comme si du plomb avait coulé dans ses veines. Une fois qu'elle s'était redressée sur le lit dans lequel elle avait semblé avoir dormi pendant des jours, une douleur lancinante l'avait fait plier en deux, et avait furieusement fermé ses yeux pour chasser les larmes. La douleur était enfin devenue sourde, suffisamment pour lui laisser un temps de répit, et elle avait pu en profiter pour jeter un oeil sur la balafre rouge et si laide le long de son flanc. La cicatrice avait semblé avoir été cousue dans l'urgence, et son flanc devenu déformé par endroit semblait qu'il avait été essoré là où normalement la peau devait être présente. Pendant le rite, elle ne s'était pas rendue compte à quel point ses côtes avaient été fêlées, à quel point les coups qu'on lui avait portés avaient fait de ravages à l’intérieur. Alenoä non plus ne semblait pas savoir ce qui s'était passé, elle lui avait pourtant demandé maintes fois sans rien tirer d'Astrid, et plutôt que de s'enfermer dans une bulle silencieuse elle s'était bornée à demander à la jeune guérisseuse si elle pourrait continuer d'être guerrière. Cette fois, cela avait été au tour d'Alenoä de ne rien pouvoir dire, comment aurait-elle pu ? Rien ne pouvait prévoir si son corps allait s'en remettre ou non. Loin d'être découragée, elle avait donc décidé de sortir une fois qu'elle avait pu remarcher et se s'était forcée de ne rien laisser transparaître de sa douleur pendant les combats d'entraînement ou les missions ; tous les jours pendant des mois elle était venue voir Alenoä pour faire vérifier sa blessure pour finalement peu à peu disparaître du dispensaire après des remerciements sincères et ne la revoir que des années plus tard, après la confrontation contre les étrangers et cette nuit. Personne mis-à-part Alenoä et elle-même n'était au courant pour cette horrible cicatrice et pourtant, beaucoup en portaient et personne ne s'en préoccupaient mais ses remarques sur sa taille avaient disparues des lèvres des guerriers depuis quelques années seulement et elle ne tenait pas à ce qu'on lui ajoute pour titre de n'être qu'un corps balafré. Elle avait bien trop trimé pour se faire respecter pour que tout cela soit gâché par une stupide balafre.

- « Pourtant, si ça n'était pas arrivé je ne serais pas aussi dure à tuer, murmura-t-elle d'un ton égal, repensant aux nuits passées à s'entraîner et à endurcir son corps, ne se préoccupant pas du froid mordant de la nuit erfeydienne ni des nombreux cals sur ses mains ou des muscles tétanisés de fatigue jusqu'à ce que, épuisée, elle finissait par s'endormir dans le local d'entraînement pour repartir avant l'aube avant que les autres ne remarquent sa présence.

Une imposante silhouette humaine se détacha imperceptiblement de l'ombre, ce qui éclata ses pensées; au vu des cicatrices et des cals sur ses mains, de son air perdu et des blessures, il avait participé au combat. Aucun tatouage des Bois de Koun sur son corps. Un shaas donc. Elle  parcourut d'un regard précis le guerrier, il semblait bafouiller un nom et il regardait le dos de la guérisseuse avec insistance. Fronçant les sourcils, elle se rendit compte que pendant que la guérisseuse remettait son épaule en place, d'autres l'attendaient. Certains guerriers étaient encore en convalescence et le temps qu'elle prenait pour son épaule était autant de temps perdu pour d'autres qui en avaient plus besoin qu'elle. D'un œil neuf, elle s'adressa à Alenoä d'un ton ferme :

« Dès que tu me le permets, j'irai reposer mon épaule chez moi. Merci Alenoä, finit-elle en plongeant ses yeux gris dans ceux de la guérisseuse. En la remerciant aussi intimement, ne la remerciait-elle pas pour une raison plus profonde encore ?




« Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire
du temps qui nous est imparti. »
J.R.R. Tolkien

« Notre vengeance sera le pardon. »
Tomas Borge
avatar
Peuplade

On m'appelle Alenoä Osfrid


Infos Personnage
RANG: Grim, Nivilk, Hermine, Fjölan, Dhungäard, Noröa, Astrid, Edvald, Chilali, Skye
VILLE & APPARTENANCE : Clan Hagen ~ Village de Pleyrion
MON AGE : 27 ans
Féminin
MESSAGES : 89
AGE : 25
INSCRIT LE : 12/08/2013
PSEUDO HABITUEL : Kathy
Joyaux : 202
http://www.ile-joyaux.com/t1828-carnet-d-une-guerisseuse http://www.ile-joyaux.com/t1822-alenoa-osfrid
Posté dans Re: Gibier et Hydromel    - Mar 29 Juil 2014 - 11:21

Alenoä avait fait semblant de ne pas voir Grim se redresser ; c'était un enfant, elle était bien au courant de ce fait, mais elle faisait comme s'il avait son entière confiance sans toutefois la lui donner entièrement, consciente qu'elle était de ses limites. Elle hocha la tête à ses conclusions. Le garçon attrapait une certaine clairvoyance, sans nulle doute apparue avec la connaissance. Pendant que Grim se tournait vers l'homme ivre, elle s'occupa elle-même d'Astrid, tout en surveillant du coin de l'oeil qu'Erik ne fasse aucun geste déplacé à l'égard de son apprenti.

Elle trouvait fort dommage que quelqu'un qui eut autant de plomb dans la tête – pour une Hagen, les choses restant relatives – soit tout de même embarquée dans les inepties des Bois de Koun. Elle au moins acceptait d'être soignée, pas comme certains qui considéraient que l'infection d'une plaie était une réaction à un manque de piété. Le Gardien n'était déjà pas fichu d'intervenir quand des villages entiers tombaient, quand les guerriers se faisaient décimer par les armes des étrangers, qu'est-ce qu'il pouvait bien en avoir à faire des petites coupures de cette bande de cinglés ? Alenoä était croyante. Assez croyante pour considérer que le Gardien avait d'autres desseins que de s'occuper de sa petite personne. Nivilk Markin lui avait fait prendre l'orgueil en horreur.

Elle soupira doucement en sentant la main d'Astrid glisser hors des siennes. Il y avait toujours entre elles ce non-dit, un silence que la guérisseuse pardonnait difficilement, à tout ceux qui avaient gardé cette stupide épreuve secrète. La guerrière avait été un des cas les plus graves, et elle s'était tue... On pouvait considérer comme un miracle qu'Alenoä lui parle, après tant de temps, ou ne l'envoie pas se faire soigner ailleurs ; c'était justement le fait qu'elle l'ait appelée qui lui épargnait la rancune tenace de la guérisseuse. Et puis... Noä se disait, sans jamais l'exprimer à voix haute, que s'il n'y avait pas des gens plus ou moins bien aux côtés de Markin, malgré qu'ils suivent ses ordres, la situation serait pire. Il y aurait bien longtemps que le village aurait sombré dans la folie. C'était bien triste, pour un endroit d'une telle ampleur.

Sans rien dire, elle tira sur l'épaule d'Astrid, pour la remettre en place ; la jeune femme ne cria même pas. Elle s'était endurcie, et il semblait à Alenoä que ce murmure qu'elle seule put entendre avait à la fois le goût de la victoire d'une femme sur son environnement hostile et celui, amer, des transformations qui n'auraient pas dû avoir lieu.

« Ce n'est pas la manière dont on panse ses blessures qui compte, c'est plutôt les choses que l'on met en place pour éviter d'être à nouveau blessé. », répondit-elle sans en avoir l'air, sur un ton qui aurait pu être conversationnel s'il n'était pas aussi bas.

Un mouvement attira son regard, mais Astrid parlait à nouveau. Il la jugea d'un regard plutôt froid, avant d'aquiescer.

« Tu passeras demain, que je regarde si ta main ou ton épaule n'ont pas gonflé. »

Elle tourna enfin les yeux, pour prendre une émotion d'agacement profond.

« Qu'est-ce que tu fais là, toi ? »

Alenoä ne l'avait pas entendu appeler, elle venait juste de le voir. Pourquoi Dhungaärd était-il sorti ?

« Il y a un problème au dispensaire ? Tu es sensé te reposer. »

Sa voix était dangereuse, on pouvait presque y entendre les crépitements qui précèdent l'explosion.
Invité

On m'appelle Invité

Posté dans Re: Gibier et Hydromel    - Jeu 31 Juil 2014 - 23:00

L'esprit confus, Dhungaärd ne saisissait pas de ce qui se passait ni de ce qui se disait dans la foule. Il n'y eut que la voix de la Guérisseuse pour suffisamment retenir son attention. Mais même cet ensemble de mots-là lui furent quelques peu obscurs. La menace qui perçait dans son ton lui passa complètement au dessus de la tête. Il sembla s'y reprendre plusieurs fois avant de dire :

"Le bruit. Les... Cris." Sa propre réponse parut pas le satisfaire. Il baissa - encore plus - la tête, presque... Penaud. "... Rien, Alenoä Osfrid. Il n'y a rien."
avatar
Peuplade

On m'appelle Noröa Hagen


Infos Personnage
RANG: (joueurs que votre personnage à renconter en RP)
VILLE & APPARTENANCE : Pleyrion
MON AGE : 25 ans
Féminin
MESSAGES : 41
AGE : 28
INSCRIT LE : 24/04/2014
PSEUDO HABITUEL : Nanaya
Joyaux : 15
Posté dans Re: Gibier et Hydromel    - Jeu 28 Aoû 2014 - 15:43

On soignait, on s'expliquait, l'ambiance se calmait... Noröa commençait à sentir sérieusement la fatigue à cause de sa blessure encre récente. Pourtant, elle ne laissait rien transparaître... Aucune mimique, aucun gémissement, elle subissait, en silence, tout en regardant le géant d'un œil intrigué. Lui aussi avait subi la guerre... Tout comme Astrid, et la Guérisseuse... Leur visage était marqué, par la fatigue, par la douleur...

Sentant d'étranges sentiments l'envahir, la jeune femme décida alors de s'éclipser telle une ombre pour regagner la maison qui était sienne. Elle se sentait... bizarre, tout à coup, et cela la faisait paniquer doucement mais sûrement... Non, pas question de céder, pas question de sentir ces « choses » là.

Ainsi, le visage crispé sans pour autant comprendre ce qu'elle ressentait, Noröa se dirigea vers sa chambre, en ignorant ouvertement le bébé qui dormait non loin d'elle. Depuis sa naissance, sa présence avait le don de la déranger au plus haut point... mais à cet instant précis, elle n'y pensait même plus... Tout ce qu'elle voulait était sombrer, sombrer dans un sommeil profond sans rêve qui allait la remettre en forme pour une nouvelle journée sans grand intérêt.


Spoiler:
 


A day will come... When you think you're safe and happy, and your joy will turn to ashes in your mouth...
Northern Light
avatar
Peuplade

On m'appelle Grim Hagen


Infos Personnage
RANG: Alenoä Osfrid, Céléno Thogen, ...
VILLE & APPARTENANCE : Village de Pleyrion - Clan Hagen
MON AGE : 8 ans
Masculin
MESSAGES : 116
AGE : 24
INSCRIT LE : 18/05/2013
PSEUDO HABITUEL : Mowiel Solverre
Joyaux : 88
http://www.ile-joyaux.com/t2391-journal-de-bord-de-grim-hagen http://www.ile-joyaux.com/t1587-grim-hagen
Posté dans Re: Gibier et Hydromel    - Ven 29 Aoû 2014 - 14:56

Encore lui.

Dhungaärd était un homme de forte stature. Il avait les épaules larges, les cheveux longs et le teint pâle. C'était un homme habituellement en santé, qui suite à une blessure grave, avait été contraint de se faire soigner au Dispensaire d'Alenoä. Costaud, subjuguant et excentrique, ce qui frappait chez lui, c'était les jointures qu'il avait en proéminence sur les mains. A part cela, il n'avait rien de bien extraordinaire, si ce n'est le talent -presque commun à toutes les brutes Erfeydiennes- d'effrayer Grim lorsque ce dernier était contraint de lui apporter le repas. Face à son imposante stature, le petit garçon ne faisait pas le fier, du haut de son petit mètre vingt. L'homme ne s'était jamais montré agressif ou de mauvaise compagnie, bien au contraire...mais il y avait quelque chose de déroutant chez lui. Un petit truc indéfinissable.

- Pourquoi est-ce qu'ils ne respectent jamais tes consignes, ces Shaas d'Argent ? marmonna le petit garçon plus fort qu'il ne l'aurait voulu. Ce n'est pas si difficile de rester allongé quand on le demande, quand même !

Attrapant la main d'Alenoä, Grim la serra très doucement, comme pour lui dire : "ne te mets pas en colère pour si peu, il retournera au Dispensaire si tu le sermonnes gentiment", "ne te fatigue pas à t'occuper de lui, s'il veut mourir que bien lui fasse !" ou encore "il y a pire dans la vie, ne t'en fais donc pas pour ça, il est solide".

- Ta curiosité pourrait te tuer un jour, osa-t-il clamer, malgré ses jambes qui tremblaient. Tu t'inquiétais pour Alenoä, c'est ça ? Elle va bien tu vois.
avatar
Peuplade

On m'appelle Alenoä Osfrid


Infos Personnage
RANG: Grim, Nivilk, Hermine, Fjölan, Dhungäard, Noröa, Astrid, Edvald, Chilali, Skye
VILLE & APPARTENANCE : Clan Hagen ~ Village de Pleyrion
MON AGE : 27 ans
Féminin
MESSAGES : 89
AGE : 25
INSCRIT LE : 12/08/2013
PSEUDO HABITUEL : Kathy
Joyaux : 202
http://www.ile-joyaux.com/t1828-carnet-d-une-guerisseuse http://www.ile-joyaux.com/t1822-alenoa-osfrid
Posté dans Re: Gibier et Hydromel    - Ven 5 Sep 2014 - 14:32

La colère d'Alenoä était retombée comme le pain dans un four ouvert trop tôt. Elle cligna des yeux, regardant son apprenti avec perplexité. Après un instant de stupéfaction, il lui fallut beaucoup de maîtrise d'elle-même pour ne pas éclater de rire devant son petit garçon qui commençait à se prendre pour l'homme de la maison. Cela faisait bien longtemps qu'il était le centre de son monde, mais il commençait à vouloir rendre la protection qu'elle étendait sur lui ; elle ne devait pas rire de ses efforts. Elle serra doucement la petite main dans la sienne.

« Je ne sais pas pourquoi. Peut-être que les guerriers n'obéissent que quand leur chef est un tyran, va savoir. »

Alenoä Osfrid serait probablement un jour pendue sur la place publique si elle n'apprenait pas à se taire, mais elle était trop usée pour s'en soucier. Elle se demanda vaguement pourquoi Grim pensait que l'autre grand machin se serait inquiété pour elle. Il n'y avait pas de quoi. Il n'y avait jamais de quoi. Elle sourit néanmoins.

« Il voulait probablement juste voir ce qui faisait autant de bruit. On va rentrer. »


Noä trouvait difficilement son équilibre à l'extérieur, et plus encore avec Grim accroché à elle, mais ce n'était pas grave. Elle préférait l'avoir près d'elle.
Invité

On m'appelle Invité

Posté dans Re: Gibier et Hydromel    - Mer 10 Sep 2014 - 13:19

"Beaucoup de choses peuvent me tuer, enfant. Aucune ne l'a encore fait." répondit-il distraitement à la voix haut-perchée.

L'agitation ambiante l'avait attiré, mais à présent elle le repoussait. La fatigue était présente, et ses sens assaillis. L'air presque renfrogné, le Shaas finit par faire demi-tour sans causer d'autres dérangements, laissant là la guérisseuse et son disciple. A peine s'était-il allongé dans le dispensaire que son esprit sombrait aussitôt.
avatar
Peuplade

On m'appelle Grim Hagen


Infos Personnage
RANG: Alenoä Osfrid, Céléno Thogen, ...
VILLE & APPARTENANCE : Village de Pleyrion - Clan Hagen
MON AGE : 8 ans
Masculin
MESSAGES : 116
AGE : 24
INSCRIT LE : 18/05/2013
PSEUDO HABITUEL : Mowiel Solverre
Joyaux : 88
http://www.ile-joyaux.com/t2391-journal-de-bord-de-grim-hagen http://www.ile-joyaux.com/t1587-grim-hagen
Posté dans Re: Gibier et Hydromel    - Dim 14 Sep 2014 - 9:23

- Tout le monde meurt un jour.

Conscient de l'énormité qu'il venait de dire, Grim rougit et baissa timidement la tête. Bien entendu que tout le monde mourait un jour, mais le dire à voix haute, sur un ton désinvolte, à un homme qui faisait deux fois sa taille était une imprudence qu'il ne devait pas reproduire. Heureusement, l'homme n'en tint pas rigueur et quitta la place pour rejoindre le Dispensaire, conformément au souhait d'Alenoä. Il ne l'avait sans doute pas entendu marmonner ces mots ; à moins qu'il se moque simplement de l'avis d'un enfant qui n'avait jamais encore eu l’opportunité de prouver sa valeur à son village, du moins jamais au travers de faits guerriers.

- Tu ne veux pas profiter de la fête ? demanda l'enfant à son maître. Boire un peu, manger, rire. Comme tous les autres habitants du village quoi... Depuis que cette guerre a commencé, tu ne t'autorises aucun moment à toi. Tu es fatiguée et...

Le petit garçon se ravisa d'aller plus loin. Il lui serait impossible de convaincre Alenoä de prendre un peu plus soin d'elle, car elle portait trop d'attention à son dispensaire et aux malades qui franchissaient sa porte. Elle donnait son énergie et sa santé pour tous ces gens...et lui, il était quand même parti assister au banquet, oubliant qu'elle avait besoin de soutien. C'est donc en silence qu'il l'accompagna, le cœur trop lourd pour rester plus longtemps au milieu de ses amis. Cette guerre ne faisait pas seulement de dégâts chez les combattants. Elle en faisait également au sein même des villages.

Résumé du RP a écrit:
Date du RP : 6 arvur 316
Résumé : Un banquet est organisé au sein du village de Pleyrion, pour distraire les guerriers et les habitants du village de la guerre. Boissons et viandes sont disponibles à volonté et les bagarres sont nombreuses. Au sein du RP se déroule une réunion familiale entre les membres du clan Hagen, ainsi que l'apparition rapide de Dhungaard, guerrier des Shaas d'Argent, qui a quitté le dispensaire malgré les recommandations d'Alenoä, la guérisseuse.

On m'appelle Contenu sponsorisé

Posté dans Re: Gibier et Hydromel    -

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum