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Les mots ne paient pas les dettes

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Posté dans Les mots ne paient pas les dettes   - Ven 30 Mai 2014 - 11:24

Non loin des quais du Spatioport existe une Auberge. Un commerce bien établi fréquenté par les Pirates, des gens peu recommandables, incroyablement paresseux, voleurs, tout à fait dégoûtants, mais contraints par la patronne de se tenir convenablement, sous peine d'expulsion. A l’intérieur, de jolies tables en bois s’éparpillent çà et là, avec, posées sur chacune d’elles, des bougies aux odeurs entêtantes, rappelant le parfum de la Délicate ou de la Goulve.

On l'appelle Le Butineur Bourré.

Une trentaine de personnes occupait tous les sièges et toutes les tables. Certains se tenaient même debout le long des murs, sur lesquels courait un comptoir à mi-hauteur. Seylan s'efforçait d'accueillir gaiement chaque nouveau client, bien qu'elle croulait sous les commandes. Heureusement, le matin pointait doucement le bout de son nez, poussant les clients les plus fatigués à quitter l'Auberge pour rejoindre leur vaisseau ; les autres, à monter dans la chambre pour laquelle ils avaient payé la patronne, un peu plus tôt dans la soirée.

Mais il y en avait un que Seylan n'avait pas servi, bien qu'il soit là depuis bien assez longtemps pour qu'elle remarque sa présence. Un homme à la peau noire et aux yeux aussi dorés que les rares rayons de soleil qui percent le ciel de Vanylle à la saison chaude. Un homme qu'il est bon de craindre. L'homme même à qui elle devait la vie. Si sa dette envers lui dépassait tout ce qu'elle avait pu connaître jusqu'à présent, la jeune femme n'avait aucune envie de lui prêter attention.

Il était comme le Corbic de Korrul. Annonciateur de malheurs.


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Posté dans Re: Les mots ne paient pas les dettes   - Ven 30 Mai 2014 - 12:08

Il n’avait pas envie de rentrer, pour le moment. Pas envie de se confronter à Cynydd après leur prise de tête dans la ruelle l’autre jour. Il allait certainement calmer ses nerfs en se défoulant sur l’équipage, comme il le faisait souvent, et Jaasau, son subalterne n’avait clairement pas envie d’être la cible de ses foudres. Si en dehors du vaisseau son ami ne l’intimidait absolument pas, sur le Pourfendeur il n’était que Gabier et lui lieutenant. Autrement dit, il n’avait pas voix au chapitre quoi qu’il arrive.

Il était donc sorti pour laisser le temps à Neuf-Doigts de se calmer, et y retournerait d’ici un ou deux jours. Aucun appareillage n’étant prévu dans les prochaines heures, ceux qui avaient accompli leur travail, ou qui n’en avaient pas quand le vaisseau était à quai avaient donc quartier libre. Lui y compris. Dirigeant les assauts au coeur de Grand Vent, il n’était d’aucune utilité sur le vaisseau quand celui-ci revenait à Vanylle.

Il était arrivé là en fin d’après midi, après avoir passé le plus clair de son temps à errer un peu partout et surtout nulle part, et avait très peu consommé. Il n’était pas homme à s’enivrer, perdre sa lucidité et le contrôle de ses gestes. Au contraire c’est quelque chose qui l’insupportait au plus au point. Se laisser dominer par une fichue boisson… Ceci étant, il avait plusieurs fois pris des Vanylla Skaï au cours de sa vie, et devait bien admettre que cela avait été une expérience… fascinante, bien que parfaitement horrible en termes de visions hallucinatoires.

Son regard d’or errait dans la pièce, revenant très souvent sur la même personne. De taille moyenne voire petite, elle slalomait entre les tables, servant, accueillant les clients, notant les commandes et leur rapportant ensuite. Il ne connaissait ni son nom ni quoi que ce soit d’elle à part son apparence, et la peur qui l’avait habitée la première fois qu’il l’avait rencontrée. Elle l’ignorait. Volontairement. Quasiment chaque client avait eu au moins une fois affaire à elle pour une consommation quelconque. Il se déplaçait pour sa part à chaque fois qu’il voulait grignoter ou boire un coup. Pas que ça le dérange, mais la peur qu’elle éprouvait et la répugnance qu’elle semblait avoir à entrer en contact avec lui… l’intriguait.

Et malheureusement pour elle, la clientèle s’estompait petit à petit, montant dans les chambres ou quittant simplement les lieux. Jaasau ne dormait pas beaucoup. Il ne monterait pas tout de suite. Et elle allait bien devoir montrer à un moment qu’elle l’avait vu. Il n’était vraiment, vraiment pas du genre à passer inaperçu.

«Toi. Approche.»

Impériaux, ces deux mots signifiaient clairement que le Baron Noir l’avait vue, lui, et qu’il ne comptait pas rester sur cette fuite due à la fois à son intervention et à une chance providentielle. Il n’oubliait rien.
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Posté dans Re: Les mots ne paient pas les dettes   - Ven 30 Mai 2014 - 14:54

Elle resta debout, les yeux posés sur le sol.

Son coeur battait si fort dans sa poitrine qu'elle avait du mal à respirer. Sa gorge était sèche et elle était incapable d'avaler sa propre salive. Elle n'avait pas seulement peur. Elle était terrorisée. Sans voix. Sans défense.

D'un pas tremblant, elle s'approcha de l'homme noir.  

Ce n’était qu’une question de temps.
Bientôt, elle pourrait rejoindre sa petite chambre à l’étage et fermer les yeux l’esprit en paix, s'émerveillant une fois de plus de la liberté que lui avait laissé Le Pâle en disparaissant dans Grand Vent, il y a de cela une année.

Bientôt, il ne serait plus qu'un mauvais souvenir parmi tant d'autres.

Levant enfin les yeux, elle croisa son regard drastique. Il réveilla en elle de mauvais souvenirs qu'elle aurait préféré oublier. Elle se rappela comme si c'était hier de ce jour brumeux où elle avait eu le malheur de s'en prendre à un pirate trop impétueux. De ses coups de pied dans son estomac, des injures  qu'il lui avait craché au visage, comme si elle n'avait pas plus de valeur que la serpillière utilisée pour nettoyer le pont. Elle se rappela de cet homme sorti de l'ombre, qui sans peur aucune, avait retenu les coups de son ami.

Il lui avait sauvé la vie. Elle lui était redevable. Mais elle le craignait plus que la Mort elle-même. Parce qu'il était comme lui. Parce qu'il avait son regard et que rien au monde ne lui ferait changer d'avis sur la nature réelle de l'homme. Néanmoins, elle n'avait pas le choix.

D'un pas tremblant, elle s'approcha de l'homme, comme elle l'aurait fait avec n'importe quel autre client souhaitant passer commande. La tête basse, elle osait à peine lever les yeux. Ses doigts jouaient avec les lacets de son long jupon noir ; un long frisson parcourait son dos, sous son chemisier blanc ; une mèche, trempée de sueur, gênait son regard et montrait à quel point la soirée avait été mouvementé pour elle. Jamais elle n'avait été dans un tel état de nervosité.


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Posté dans Re: Les mots ne paient pas les dettes   - Ven 30 Mai 2014 - 17:12


Jaasau la fixa. Longtemps. D’où venait cette peur, d’où ? … Peu importe. Il avait son attention, c’était le principal. Il prit le temps de la jauger, de voir à quel point la peur la tenaillait. Mais peu lui importait. La curiosité de Jaasau était comme ses humeurs. Imprévisible. Qui plus est, elle n’était pas en état de lui refuser quoi que ce soit. Ce qu’il voulait c’était savoir des choses. Et elle lui devait la vie. Ce n’était pas rien. Qu’elle ne s’en fasse pas il ne lui demanderait rien qui entâche sa dignité et son intégrité. Ce genre de choses, Jaasau s’en foutait. Totalement même.

«Rapporte-moi une bière s’il te plaît. Et reviens me voir après ton service, nous avons à… discuter. Je ne te ferai pas de mal.»

Ce qui était totalement vrai. Jaasau ne mentait jamais. Une qualité chez lui, souvent estompée par son physique effrayant, et son statut d’officier sur le Pourfendeur des Vents. Oui il était un dangereux tueur, mais jamais pour le pur plaisir de la tuerie, sans motif préparatoire. Sans avoir le moindre sens de l’honneur, il avait néanmoins une certaine ligne de conduite.

Il ne la lâcha pas du regard une seconde. Il doutait de pouvoir nouer une vraie relation, voire même un vrai dialogue avec elle. Elle était bien trop effrayée, c’était peine perdue. Mais avant de lui fiche définitivement la paix,quelques petites chose devaient être réglées.

Il posa quelques pièces sur la table, bien plus que pour une basique consommation, le reste étant du pur pourboire. Oh, il ne l’achetait pas, c’était pas vraiment sa façon de faire. Mais il cherchait peut-être, dans ce minuscule élan de générosité, à pardonner le comportement de Cynydd. Après… Il ne pouvait pas vraiment s’attendre à des remerciements. Ou à un contrôle absolu si elle tentait le même genre de plan foireux que face à Cynydd.

«Au fait. Au cas où tu aurais l’envie de prendre une nouvelle fois les jambes à ton cou. Je dors ici ce soir.»
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Posté dans Re: Les mots ne paient pas les dettes   - Sam 31 Mai 2014 - 8:46

Plus d'une heure s'écoula avant que Seylan ne se décide enfin à rejoindre l'homme noir et, comme elle s'en doutait, il l'attendait patiemment dehors, dans une petite ruelle longeant l'établissement. Peu fréquentée à cette heure de la nuit, elle offrait néanmoins l'immense privilège d'accueillir les tous premiers rayons du soleil. Dans la lumière naissante du matin, les yeux dorés du Pirate abritaient les reflets rougeoyants d'un bon feu de cheminée. Ainsi baigné de lumière, cet homme à l'allure habituellement austère inspirait davantage confiance.

Que peut-il bien vouloir de moi ? se demanda-t-elle avant d'annoncer sa présence en claquant la porte. Je ne suis pas douée de parole et on ne m'a jamais enseigné d'autres moyens de communication. Comme tous les autres, il va se mettre en colère parce qu'il ne comprendra pas le sens de mon silence. Il ne vaut certainement pas mieux que son ami. Quelle folie m'a conduite jusqu'à lui ?

Par instinct, Seylan resserra sa prise sur le couteau de cuisine qu'elle avait pris avec elle par mesure de sécurité. Plus affûté qu'un poignard, il était capable de découper sans peine les parties les plus difficiles d'un Triqueballe, à condition que son manieur soit une personne expérimentée, ce qui est loin d'être son cas.

S'avançant vers l'homme à la peau noire, le regard vigilant, la jeune femme se planta à un ou deux mètres de lui, la lame s'échappant à peine des dessous de sa cape. Jamais elle n'avait été dans un état de peur aussi important, si ce n'est le jour où Le Pâle l'avait privé de sa langue sans même éprouver la moindre pitié à son égard. Elle faisait face à un parmi des milliers d'autres. Un pirate. Un tueur né. Un violeur. Un voleur. De ceux qui méritaient de mourir pour les meurtres commis.

Elle en avait comblé des centaines comme lui, en échange de quelques galons de bronze. Mais jamais elle n'avait éprouvé le moindre plaisir à écarter les cuisses, doux ou brutaux, soumis ou dominateurs...Ils étaient tous les mêmes.

Tous des pourris, eut-elle envie de lui cracher à la figure, sa main tremblant autour du pommeau de sa lame.


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Posté dans Re: Les mots ne paient pas les dettes   - Sam 31 Mai 2014 - 16:08

La patience. Son maître mot actuellement. De toute façon elle ne risquait pas de s’enfuir. Et effectivement, peu après être sorti, elle fit de même. Il n’allait pas forcément la monopoliser toute la nuit, l’envie n’y était pas de toute façon, et il avait bien besoin de repos. Mais parfois, comme maintenant, sa curiosité prenait le pas, le poussait à réfuter ses besoins les plus primaires, juste pour savoir une chose. Une chose qui en plus, n’intéressait pas forcément qui que ce soit. Et pourtant, c’était important pour lui. Et une fois qu’il le savait, il se fichait que la personne en question veuille le revoir ou non. On pouvait, car après tout c’était un pirate, dire qu’il était cupide. Ceci étant, sa cupidité, comme beaucoup d’aspects de son psyché, était complètement tordue, en dehors des lois normales de la logique. Ce savoir trivial avait par exemple, en l’occurrence, autant de valeur à ses yeux, sinon plus, qu’une malle en bois sorcier remplie de galons d’or.

Il la jaugea, face à elle, tendue à l’extrême. Voilà encore un des motifs de sa curiosité. Cette peur viscérale des pirates, alors même qu’elle vivait au beau milieu de leur lieu de vie principal. Comme si vous viviez au beau milieu d’un nid d’Aranelias en ayant une peur phobique des arachnides. C’était… tellement étrange.

«Merci d’être venue.»

De la politesse. Tout d’abord. Jaasau n’était pas un goujat, loin de là. Son extrême propension au meurtre sans pitié et sa sauvagerie n’en faisaient pas pour autant quelqu’un dénué des bases de la bienséance. Il observait beaucoup, voyait énormément de comportements différents. Le moins qu’on puisse dire était que le psyché de Jaasau, bien que fortement entâché par la folie, restait d’une complexité et d’une envergure toutes deux insaisissables. Bien des gens avaient essayé de le cerner, aucun, strictement aucun, n’avait réussi.

«Plusieurs questions. La première. Cette peur phobique des pirates. Tu as bien vu que si j’étais intervenu auprès de Cynydd, c’était pour t’aider, et non pour voler sa proie. Sinon tu serais morte. Il tue des gens à tour de bras, si je n’avais eu en tête qu’un massacre de plus je l’aurais laissé faire.»

Entièrement vrai. Si Cynydd n’avait pas dénommé la jeune femme comme étant une catin, il l’aurait probablement laissé faire. Il n’aimait pas tuer des gens comme ça, parce que c’était bon pour le moral et la forme physique, mais se fichaient que d’autres le fasse. C’était après tout, un des nombreux cycles de la vie Vanyllienne.

«Seconde question. Pourquoi ce perpétuel mutisme.»

Un détail tellement trivial… Qui pourtant, intéressait également Jaasau. Pourquoi ? Lui même ne le savait pas. Tout ce qu’il savait, c’est qu’il voulait la réponse à cette question, autant qu’un pirate recherche la gloire et la fortune. Il était loin de se douter que le mutisme de la serveuse et sa peur des pirates étaient liés. Il ne la connaissait ni d’Eve, ni d’Adam, après tout.

«Et une remarque. Admirable d’avoir défié ainsi un homme de l’envergure de Cynydd. Tu serais morte sans son intervention, mais tu as néanmoins fait quelque chose de rare : défier ouvertement un homme du Pourfendeur des Vents. Peu de gens ici s’y risqueraient, même en pensée. Et prends ton temps et les moyens que tu veux pour répondre. J’ai tout mon temps. N’essaie cependant ni de me fausser compagnie, ni de m’agresser. L’issue sera la même qu’avec Cynydd, quoi que plus rapide.»
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Posté dans Re: Les mots ne paient pas les dettes   - Lun 2 Juin 2014 - 5:55

Parce que vous êtes comme tous les autres. Parce que les Pirates sont des menteurs, des manipulateurs, des hypocrites. Un jour ils vous sauvent, le lendemain ils vous tranchent la gorge. Croyez-vous être une exception parmi tant d'autres, Pirate ? Croyez-vous que l'idée de m'égorger ne vous traversera jamais l'esprit ?

Seylan porta un regard craintif sur son interlocuteur. Elle ne pouvait lire l'expression sur son visage, car il se tenait dans la semi-pénombre, mais sa voix ne laissait aucun doute sur la sincérité de ses propos. Elle se remémora sa colère, quelques jours auparavant, et sa résolution de ne pas laisser son ami la tuer.

Il avait diablement raison. Elle craignait plus que tout les Pirates. Pour rien au monde elle n'aurait voulu évoquer certains souvenirs qui lui donnaient des cauchemars à chaque fois qu'elle y pensait. Mais avait-elle seulement le choix ? Bien qu'elle ait les mains libres, elle se sentait tel un Butineur en cage.

Vous croyez encore pouvoir entendre un jour le son de ma voix, n'est-ce pas...?

Pour la première fois depuis leur toute première rencontre, un large sourire échappa à la jeune femme. Si elle avait été en mesure de le faire sans se ridiculiser, elle aurait sans aucun doute ri de vive voix, pour montrer à quel point elle trouvait cette situation grotesque. Elle n'avait jamais confié à qui que ce soit son aventure, y compris à sa patronne, et voilà qu'un pirate dont elle ne connaissait même pas le nom la contraignait  à révéler le secret de son mutisme !

S'approchant de l'homme noir, le couteau toujours en main, elle ouvrit très nettement la bouche pour lui montrer l'horrible moignon que formait la cicatrice de sa langue sectionnée. Elle ne manqua pas de lui mimer ce qui lui était arrivé, son regard portant toute la haine qu'elle avait l'égard de l'homme responsable de son mutisme. Rabaissant la main portant la lame pour ne pas inquiéter le Pirate, Seylan cracha un mollard à ses pieds puis se détourna, hors d'elle.

Qui était-il pour exiger d'elle des réponses ? Elle lui devait la vie certes, mais rien d'autre ! Que lui importait sa peur des pirates ? Que lui importait son courage face à cet homme, ce fameux Cynydd du Pourfendeur des Vents ? Elle n'était ni sa soeur, ni sa mère, ni sa femme ! Elle n'avait pas à lui justifier son moignon, ni à lui dire de qui il provenait, ni d'ailleurs à lui dire quoi que ce soit si ce n'est "Merci".

S'éloignant à grands pas de son interlocuteur, avec la ferme intention d'aller enfin se coucher, Seylan jeta un rapide coup d'oeil derrière elle.

Quel culot !


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Posté dans Re: Les mots ne paient pas les dettes   - Lun 2 Juin 2014 - 8:49

Alors, il avait raison. Par l’action -et pas des moindres il le concédait volontiers- de l’un des siens, tout du moins d’un pirate, la voilà haineuse, terrifiée, et profondément meurtrie. Il comprenait… Sans comprendre. Pour lui, les blessures étaient simplement l’empreinte du passé. S’il perdait un bras, tant pis il se débrouillerait sans. S’il perdait la langue, il arrêterait de parler, essaierait d’apprendre à écrire. Mais pour rien au monde il n’arrêterait d’avancer. Il tenterait de se venger, c’était l’évidence même, de faire payer le prix du sang pour les affronts. Mais… Rah. Les hommes étaient décidément de bien étranges créatures.

La vue du moignon ne le dégoûta pas. Il avait vu et infligé bien pire au cours de son existence de criminel. Mais voilà, il était satisfait. Sa curiosité était assouvie. De la même manière que s’il avait fini par trouver le trésor qu’il cherchait depuis longtemps. Il n’avait plus de raison de la retenir ici. Et vraisemblablement, vu le comportement qu’elle eut suite à sa “révélation”, elle non plus n’avait pas spécialement envie de rester en sa compagnie. Fronçant les sourcils -il tolérait énormément de choses, mais pas le mépris de se faire cracher aux pieds-, il la rattrapa, alors qu’elle s’en allait, furieuse. Au delà de l’incompréhension totale d’une telle véhémence (il n’avait rien fait bon sang !), il pensait bon de rappeler quelques petites choses.

Ainsi, il la rattrapa, et saisit son épaule pour la mettre face à lui. Son regard brillait de colère, même si sa voix fut relativement calme lorsqu’elle s’éleva dans la pénombre environnante.

“N’oublie pas une chose serveuse : je suis peut-être pirate comme celui qui t’a fait ça. Mais tu en es une aussi. Ne serait-ce que parce que tu vis à Vanylle. A quai mais pirate quand même. Et n’oublie pas non plus ce que j’ai fait. Tu serais stupide de croire qu’on peut mettre dans le même sac ceux qui te mutilent et ceux qui te sauvent. Je tue, je vole. Je suis un pirate et je suis né pour ça. Mais jamais pour le simple plaisir. Ne va pas imaginer que tous sont des brutes sans cervelles. Certains ont des objectifs, des idéaux, qui ne peuvent être vécus et réalisés que dans le sang. Si tu comprends ça, alors tu auras tout compris.”

Ce fut cette fois à son tour de s’en aller, se redirigeant vers l’auberge pour y dormir. Décidément ces temps-ci, il était sacrément actif à Vanylle. Lui qui d’ordinaire restait sur son vaisseau… Se rappelant d’une chose, il se retourna vers Seylan avant de lui fiche définitivement la paix :

“Si jamais tu veux apprendre à communiquer, apprends à dessiner. On peut transmettre beaucoup de choses quand on a un bon coup de pinceau. Des choses que même les mots n’arrivent pas à expliquer. Je pourrai te montrer si tu veux.”
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Posté dans Re: Les mots ne paient pas les dettes   - Mar 3 Juin 2014 - 8:36

Vous vous trompez ! rétorqua-t-elle intérieurement.

D'où pouvait-il bien venir ? N'était-il pas aveugle, pour tenir de tels propos ? Qui croyait-il convaincre en défendant la cause de certains pirates, qui selon lui, avaient plus de valeur que tous les autres ? Quel pirate ne volait pas ? Quel pirate s'abstenait de tuer, violer, lorsque l'occasion se présentait, se foutant bien du nombre de vies arrachées ? Quel pirate ne commettait pas ces actes dans un seul but égoïste ? Quel fou ne rêvait pas de plonger entre les cuisses d'une Marchandes éplorée, pour ensuite ne la céder à sa famille que contre une somme d'argent ?

Elle n'est pas Pirate. Elle n'est pas comme eux.
Elle, elle est Vanyllienne. Lui, il est Pirate. C'est ainsi.  

Au départ de l'homme noir, Seylan se laissa glisser contre le mur. Persuadée qu'il allait lui ôter la vie pour le geste déplacé qu'elle avait eu à son égard, elle avait retenu son souffle tout le temps de leur conversation, à la fois effrayée, agacée et fascinée par ses propos.

Jamais, jusqu'à aujourd'hui, un Pirate n'avait prêté la moindre attention à sa précarité. Jamais on ne lui avait proposé de l'aide pour lui apprendre à dialoguer. Jamais on n'avait tenté de la convaincre que le monde était différent de celui qu'elle croyait connaître. Cet homme n'était qu'un idiot. Mais un idiot convainquant.

Rejoignant sa chambre à l'étage, après s'être assurée que la Patronne n'avait besoin d'aucune aide, Seylan se demanda s'il était bon pour elle d'accepter l'offre de l'homme à la peau noire. Peut-être n'était-ce qu'un stratagème. Peut-être se moquait-il simplement d'elle. Qu'est-ce qui, après tout, pousserait un homme à aider une parfaite inconnue ? Elle lui avait craché aux pieds. Elle n'avait même pas remboursé ne serait-ce qu'un centième de sa dette. Qu'espérait-il d'elle ?

Me le direz-vous un jour ?


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Posté dans Re: Les mots ne paient pas les dettes   -

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