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Invité

On m'appelle Invité

Posté dans Grand Wyrmide pour Grand Chef   - Lun 30 Juin 2014 - 8:02

Le froid. Un vent puissant, glacial et implacable. Voilà ce qui accompagnait Krav, le long du trajet le menant à Ystenhaim. Il aurait bien attendu quelques jours de plus avant d’y aller. Disons plutôt qu’il pestait littéralement contre l’espèce de torturé cérébral qui lui avait demandé de venir exposer des wyrmides, pour une sélection. TorturéE d’ailleurs, car cette personne n’était autre que son patron. Quoi qu’il arrive, quoi qu’il advienne au sein des Vedskygge (outre la sécession), elle le serait toujours. Et la sécession n’était même pas envisageable, trop de choses s’offraient à eux maintenant qu’ils faisaient partie intégrante d’une faction, et pas des moindres qui plus est.

Pestant malgré tout, il avançait, infatigable et écoutant le chant sauvage, et furieux du vent, traînant avec lui une dizaine de ses meilleurs éléments. Ni soldats, ni artisans. D’immenses reptiles, des couleurs soigneusement sélectionnées. La plupart des gammes de bleu s’y retrouvaient, de la couleur de l’océan au bleu du ciel d’été Erfeydien -tendant spécialement vers le blanc- ainsi que des spécimen beaucoup plus rares. Comme les blancs, dont la couleur se fondait totalement dans la neige. Des gris aussi. Le blanc était si rare que la plupart évoluaient généralement vers des couleurs plus grisâtres, non dénuées d’un certain esthétisme, néanmoins.

Plusieurs jours qu’il était sur la route. Rallier Ystenhaim depuis l’autre côté de la chaîne des Perceciels n’était pas chose aisée, même pour quelqu’un d’aussi solide que Krav. Les wyrmides passaient leur temps à râler contre lui, et il ne comptait plus les tentatives de ces derniers de l’assommer d’un coup de patte fourbe, ou de queue rapide. Ce qui était plus que compliqué, vu la finesse de l’ouïe de Krav. En y ajoutant le fait qu’il connaissait chacune de ces bêtes par coeur, les ayant élevé lui-même.

---

Quoi qu’il en soit, après un trajet l’ayant rendu maussade et d’une humeur plus que massacrante, il débarqua à Ystenhaim en fin d’après midi, ses peaux trempées par la neige battante, et bien frigorifié. Tout du moins cela restait raisonnable, pensa-t-il en songeant à sa saleté de géniteur, qui avait tenu pour on ne sait quelle raison de psychopathe à l’entraîner au dressage quasi nu. Si le froid n’avait plus trop d’incidence sur lui, il ne fallait certainement pas lui demander de supporter la chaleur, c’était un bon moyen de le tuer par… hyperthermie.

«Krav Shen’Mäga. Pour les wyrmides.»

C’est ainsi qu’il se présenta à l’entrée du village. Il ne voulait pas aller plus loin, pas seul en tout cas. Si ses bêtes étaient parfaitement dressées, il préférait ne pas trop les exposer. Elles restaient habituées au calme de Vagarhaim, et à la présence de très peu de gens. Il leur faudrait un peu temps.

Et s’il parlait aussi peu, c’est parce qu’il n’était pas quelqu’un de très loquace, basiquement. Tenir une conversation, il en était capable, mais il n’était pas là pour ça et doutait que son client, même s’il s’agissait de son chef, soit là pour ça également.

Tournant la tête vers l’arrière, d’où il venait, il fronça les sourcils. Le temps se gâtait. Où n’allait pas tarder. La profonde étude de son lien en faisait un excellent météorologue. Et là, le vent lui disait clairement qu’il n’allait pas tarder à se mettre très, très en colère.
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Peuplade

On m'appelle Fjölan Kallhjärta


Infos Personnage
RANG: Peottre, Nivilk, Agazhar, Dhungaärd, Hermine, Alenoä, Edörja, Niklas, Oönvüla.
VILLE & APPARTENANCE : Ystenhaim, Shaas d'Argent, Clan Kallhjärta
MON AGE : 26 ans
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AGE : 23
INSCRIT LE : 05/05/2012
PSEUDO HABITUEL : Sumire
Joyaux : 7200
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Posté dans Re: Grand Wyrmide pour Grand Chef   - Lun 30 Juin 2014 - 8:07

Les nouvelles responsabilités de chef de Faction n'étaient pas toujours des plus passionnantes, surtout quand un Hänek vous collait aux basques pour négocier pitoyablement deux barils d'hydromel en plus. Elle ne cédait pas, mais le vieux leader des Griffes de Strix se faisait insistant. Ce qui la sauva d'un meurtre imminent, qui se serait révélé être un incident diplomatique plutôt malvenu, c'était Farkas qui vint lui annoncer une venue des plus importantes de la semaine. L'homme coupa court au début du conflit en entrant dans le bâtiment avec un fracas qui n'était propre qu'aux Kallhjärta :

-Tes wyrmides sont arrivés.

La jeune femme haussa les sourcils, surprise en premier lieu, avant qu'un large sourire satisfait se dessine sur ses lèvres. Rapides, ces Vedskygge. Leur loyauté était déjà plus qu'appréciable, voir exemplaire, et la Hön ne pouvait que féliciter son père d'avoir remarqué un tel clan quand toute la région n'avait fait que les mépriser durant des décennies. Il n'y avait plus qu'à espérer que les autres s'en inspirent. C'était fort plaisant de voir des choses se dérouler aussi bien à l'aube d'une nouvelle Faction, gonflant de confiance et d'énergie la jeune chef. Elle se contenta d'un seul mot, avant de se lever vivement de son fauteuil :

-Bien.

L'attitude de la guerrière et sa démarche pressée avait de quoi intriguer, tellement qu'un petit groupe de curieux s'était déjà mit à lui coller au train. Elle ne tarda pas à apercevoir à l'entrée du village sa livraison, plus importante que ce qu'elle avait prévu. Agacée par le rassemblement qui s'agrandissait derrière, elle ne se fit pas prier pour réprimander ce manque de tenue :

-Vous n'avez pas autre chose à faire que de vous amasser stupidement comme une nuée de Dfuns ? Qu'on prépare à ce voyageur un repas chaud au hall et quelque chose à boire, ça vous occupera utilement. Et tant que vous y êtes, virez moi Wulfstan de là avant qu'il ne demande à partir avec toutes nos réserves d'alcool.

Il n'en fallut pas plus pour obtenir la paix. La Hön n'avait pas besoin d'hausser plus le ton, ni même d'être agressive. Depuis qu'elle était à la tête des Shaas d'Argent, pratiquement personne ne lui tenait tête, même si il était évident que la situation pouvait se révéler parfois crispante pour ceux qui étaient le moins habitués à des démonstrations d'autorité. Elle luttait pour ne pas le montrer, mais cette soudaine recrudescence de puissance était tout bonnement jouissive.
Le calme revenu, elle vint vers le Vågarhaimien, plus grand qu'il n'y paraissait de loin, levant fièrement le menton pour s'y adresser.

-C'est toi l'éleveur alors ?

Ce n'était pas une véritable question, elle ne s'intéressait que peu à cet individu, hormis le fait qu'elle préférait éviter de lui offrir une hospitalité trop bancale. Sans aucune crainte, elle s'approcha lentement des wyrmides, les analysant de son regard glacé en faisant le tour du troupeau. Elle ne connaissait que peu ces créatures, mais proie ou prédateur, il suffisait souvent de se faire ferme et progressif à la fois pour approcher quelconque animal un tant soit peu domestiqué. L'Erfeydienne les découvrait avec attention, ne s'attardant que peu sur leurs plumes pourtant chatoyantes, fixant avec davantage d'intérêt leurs griffes acérées, leurs gueules venimeuses et la musculature roulant sous leur peau, au moindre mouvement, même infime, d’impatience. Ses mains se décroisèrent de son dos pour effleurer les écailles froides et douces qui luisaient sur le flanc d'un grand turquoise qui ne cilla pas au contact. Disciplinés, calmes. Mais Fjölan fronçait les sourcils, se mordait l'intérieur de la joue. Quelque chose la dérangeait. La chef finit par revenir à Krav et déclarer franchement :

-De bien belles bêtes, mais je n'aurais pas demander à les faire venir de si loin si c'était seulement pour pavaner avec une monture d’apparat. Je veux un animal puissant et féroce qui inspirera la crainte à mes ennemis. Tu les connais mieux que quiconque, dis m'en plus sur tes serpents.





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Posté dans Re: Grand Wyrmide pour Grand Chef   - Lun 30 Juin 2014 - 8:09

Krav jaugea quelques secondes celle qui, récemment, était devenue sa chef. Il était plus grand qu'elle, mais tout de même, on sentait la force nette qui émanait d'elle. Remarque, la réputation de son clan n'était plus à faire. Il n'était pas venu pour ce genre de considérations, cependant. Il la salua avec tout le respect qu'il devait à un chef. Simplement, sans rajouter de manière. Respectueux mais pas lèche-botte pour autant. Laissant de côté le murmure de mauvaise augure du vent, il se tourna vers elle pendant qu'elle observait les animaux. Ils étaient les meilleurs de tout l'élevage (il n'allait pas livrer ses vieux et ses malades à la chef des Shaas...) et tous avaient le profil pour devenir la monture parfaite.

"Oui, c'est moi."

A peine pragmatique. Il n'était pas idiot. Si on l'avait fait venir c'était par intérêt. Et en vertu de ça, se présenter ou raconter sa vie... Trop déplacé. Et clairement pas son genre.

Il eut un léger tic. Il aurait du s'en douter. Quand on voyait les wyrmides, on ne pouvait s'empêcher de remarquer leur potentiel destructeur. Entre leur salive empoisonnée, leurs dents, leurs griffes... Ils inspiraient plus la menace qu'autre chose, alors que leur intérêt résidait essentiellement dans leur agilité, leur discrétion, et leur rapidité. Ils n'étaient que des terrestres, mais connaissaient leur terrain et s'y adaptaient plus vite que n'importe qui.

"Ils ne sont pas dressés pour l'attaque. C'est dangereux. Pour l'éleveur, pour le monteur. Pour ses congénères. Les wyrmides peuvent être doux comme des agneaux. Et féroces, meurtriers. Regarde."

Il siffla. Un sifflement métallique, teinté de sonorités tout à fait inhumaines. Il suffisait de lorger la fiole d'ithylium à sa ceinture pour comprendre que ce n'était que le mélange d'une voix exercée et d'un don travaillé qui permettait cette musicalité aux airs de reptiles. Le seul wyrmide blanc du troupeau s'approcha et fixa son maître, attendant son ordre.

"Couché. Griffe le sol."

Pas besoin de le pousser. Consciencieusement, bien qu'intriguée par ces ordres, il s'exécuta. C'était facile. Il savait faire. Depuis qu'il était wyrmidon. Mais ce que voulait montrer Krav n'était pas ça. Si les bêtes avaient été mal dressées, elles auraient mal réagi à la présence d'une étrangère.

Krav sortit de son dos, sous sa cape, un lame longue et fine, légèrement recourbée, au tranchant affûté mais d'un seul côté seul côté seulement. Une simple poignée servait à le tenir, faite dans un bois simple entouré de lanières de cuir. Pas de garde, pas d'ornements. Ces armes ne courraient pas les rues car elles étaient faites pour tuer rapidement, silencieusement, efficacement. Une lame d'assassin. Et il n'y avait que les Vedskygge pour utiliser ce genre de choses. Il la tendit face à lui,horizontale ment, à hauteur de son abdomen.

"Frappe."

Le wyrmide ne bougea pas. Il ne comprenait ni ce que voulait son maître, ni ce qu'il devait faire de son côté. On ne lui avait jamais appris à réagir face à un tel ordre.

Krav siffla une nouvelle fois, et un peu perturbé par le comportement inhabituel de son dresseur, il retourna sagement à la place qu'il avait quitté. Le grand éleveur rangea son arme, puis se tourna vers Fjölan.

"Si tu veux un wyrmide dressé pour frapper et agresser... Tu me demandes d'enfreindre de vieilles traditions solidement ancrées. Je peux le faire, pour un chef méritant. Mais j'ai besoin de temps. Et tu devras être là. Il pourrait tenter de te tuer, sinon. Ça serait... Idiot."

En effet, si on ne dressait jamais un reptile de cette façon, Krav savait comment faire. Mais il fallait qu'il s'habitue à l'odeur de son futur maître. Que celui-ci l'accompagne. Qu'on lui montre à la fois qui était le chef, et qui il ne fallait pas agresser.

"L'orage est en route. Je ne pourrai pas faire ça tout de suite. Le vent est en colère, et chante une fureur plus grande encore. M'offriras-tu l'hospitalité, ou dois je dès à présent retourner à Vagarhaim ? Le chemin est long, j'aimerais supporter le mauvais temps le moins possible. Donc si je dois partir c'est maintenant."

Rentrer en plein blizzard, sous la pluie et avec un risque éventuel d'avalanche ne semblait pas le déranger. Au contraire, la sauvagerie manifeste des éléments faisaient pétiller un regard déjà éclatant, ses deux émeraudes renvoyant sans cesse des éclats de vie intenses, presque palpables. Et bien qu'éviter l'orage lui semblât être la meilleure solution, il se demandait s'il réussirait à braver les éléments pour rentrer chez lui. Un défi. Et il aimait ça.
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Peuplade

On m'appelle Fjölan Kallhjärta


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Posté dans Re: Grand Wyrmide pour Grand Chef   - Lun 30 Juin 2014 - 8:12

La créature qui sorti du rang était celle qui avait dès le début le plus retenu l'attention de Fjölan. Un des plus massifs, d'un blanc immaculé qui rivalisait avec la plus pure des plaines enneigées. Ironiquement à l'image de son éleveur, d'ailleurs. L'obéissance de la bête était exemplaire, mais elle n'était pas sans remarquer le lien de vent qui assistait Krav dans sa tâche. Elle se demanda si les propriétaires dotés d'une autre nature avaient des difficultés à faire exécuter les ordres, mais garda ses questions pour plus tard, concentrée sur la démonstration. L'homme avait sorti une arme, supposant un exemple d'attaque de la bête à venir. La Hön croisa les bras, curieuse de la suite des choses. Étrangement, la demande n'avait aboutie à rien, et le wyrmide était docilement retourné à sa place. Elle lança un regard suspicieux au dresseur avant que celui-ci n'explique la situation. La chef déchanta d'aussitôt, son visage se faisant brusquement lisse. Cachant autant que possible sa déception, elle écouta attentivement le Vedskygge. Alors ce qu'elle avait sagement espéré se révélait être un interdit ? Il lui offrait une chance, mais pour un « chef méritant ». Elle pouvait imaginer ce qu'il pouvait ressentir, elle était fraîchement arrivée à la tête d'une faction, l'heure était plus que jamais propice aux doutes la concernant. Il resta, tout simplement par son caractère, que cette phrase l'avait prise à la gorge. La jeune femme ferma les paupières un instant, irritée, mais répondit avec compréhension, même si l'amertume de laissait sentir dans sa voix :

-Je ne te demanderais rien qui menace ton honneur ou insulte tes traditions. Il est clair que ce que je convoite est un wyrmide qui puisse être chevauché comme attaquer, tu as dû le deviner dès que je t'ai fait mander. Mais la décision n'appartient qu'à toi, Krav. Tu ne seras pas jugé pour cela.

Bien sûr qu'elle jugerait, mais elle ne punirait pas. Elle ne pouvait se permettre de piétiner les habitudes d'un clan allié aussi facilement, surtout si on lui proposait un compromis. Elle avait plus d'intérêts à aller dans le sens de cet excentrique qu'à commencer dès maintenant à le sermonner à la moindre contrariété. Sans plus de manières, elle lui tourna le dos et lui fit signe de la suivre en dehors des palissades qui protégeaient les habitations, mais continua sa conversation en route:

-Ici nous récompensons ceux qui savent se faire utile. Tu as déjà prouvé ta valeur en bravant la tempête avec ton troupeau, et une tablée t'attend dès maintenant. Ystenhaim t'accueillera le temps qui faudra, comme il accueillera chaque Shaas de bonne volonté.

L'utilité était bien souvent la seule chose qu'elle envisageait dans chaque personne. Ça et le degré de confiance. Krav était d'une fiabilité relative mais d'une utilité plus que confirmée. Tout avait déjà été planifié avant sa venue. Il serait traité presque aussi dignement qu'un hänek. Pas que pour sa simple livraison, mais surtout car il était le premier invité officiel de Vågarhaim chez les Kallhjärta, après leur dernière bataille contre les anciens Wedo des Cîmes. Leur hospitalité était à cet instant même toute à prouver.
Fjölan mena son invité en premier lieu en bordure du village, où un enclos était libre, complètement à disposition pour les wyrmides. Et cela depuis peu. En effet, la Hön avait sans aucun état d'âme fait abattre la majorité des Jölgalts qui y vivaient pour libérer la place. Seules les femelles produisant du lait et leurs petits avaient été gardés, vivant dans une grange jusqu'au départ des reptiles. Cela avait un coup dur pour l’éleveur, mais il recevra des compensation, ainsi que quelques uns des meilleurs reproducteurs des Stoltnäve. Un sacrifice pour sa petite lubie, loin d'être le premier, mais comme à son habitude, elle prenait garde à apaiser la situation en graissant la patte des gens dont elle se servait. Si tout se passait bien, il n'y aurait pas autre conséquence qu'ils mangeront tous de cette viande forte et peu délicate durant un sacré bout de temps.

-En espérant que cela soit suffisant pour eux. Disons que cela n'a pas été conçu à l'origine pour des animaux aussi... Imposants.





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Posté dans Re: Grand Wyrmide pour Grand Chef   - Lun 30 Juin 2014 - 8:14

Il serra la mâchoire. Ses traits se durcirent un bref instant. Traditions, honneur. Tout ceci avait été piétiné sans la moindre pitié dès sa venue au monde. Aujourd’hui les lois, c’est lui qui les édictait. Et si, par respect de son histoire, de la mémoire de sa famille, il n’avait dérogé à presque aucun principe, il n’en demeurait pas moins qu’il désirait ardemment faire payer les traitements qu’il avait subi. Alors oui, il était en colère au simple souvenir de ces mêmes traditions qui avaient littéralement pourri sa jeunesse. Mais la Hön lui offrait dès maintenant la possibilité de justement, marcher un peu sur sa famille. Et il n’allait pas s’en priver. Un mince sourire étira ses lèvres à cette pensée, adressé à lui-même plus qu’à autre chose. Et une chose était certaine : ce type n’était pas fait pour sourire. Ça lui donnait un air encore plus méchant, chose déjà difficile de base.

Il suivit Fjölan en dehors du village. Il n’eut pas besoin d’appeler ses bêtes pour qu’elles le suivent, autre preuve de leur dressage exemplaire. Se méfier cependant, elles étaient intelligentes, assez pour faire de petites blagues à leurs maîtres. Leur tempérament capricieux, et parfois carrément paresseux en faisaient des compagnons à la fois d’une fidélité totale, et causant, de temps à autres, de véritables crises de nerfs. Suffisamment en tout cas pour que Krav en vienne à leur coller des mandales pour calmer leurs facéties.

«Ne t’en fais pas pour ça, j’ai dit que je pouvais le faire. Tu m’as fait venir pour ça, je le ferai. Si mon raisonnement est juste, il n’y a que dans le feu d’une bataille que tu utiliseras ton wyrmide pour attaquer et briser tes ennemis. Donc je ne pense pas me planter en me disant que tu ne te pavaneras pas avec pour montrer la force offensive de ta monture…»

Il l’espérait surtout. Fiers de leur nouveau pouvoir, beaucoup de chefs n’hésitaient pas à faire la démonstration de leurs privilèges. Et faire ça… C’était du coup clamer haut et fort que les Vedskygge avaient manqué à leur devoir. Ou du moins l’un d’entre eux, qui serait du coup vite identifié. Y’en avait qu’un pour se permettre d’aller à l’encontre de toutes les coutumes familiales de toute façon, et il était là, devant son chef.

«Ce que je veux dire… C’est que tant que tu n’utilises sa force que là où elle est demandée, je peux faire de ces wyrmides les pires tueurs qui soient. Et je le ferai.»

Il ne se posait pas de questions. Il emmena ses bêtes là où Fjölan le décidait : dans un enclos. Plissant le nez, il comprenait ce qu’elle voulait dire quand elle racontait que le lieu n’était pas prévu pour. Ça sentait terriblement… mauvais. Du moins pour quelqu’un à l’odorat normal, c’était très ténu. Mais l’affinité avec le vent de Krav démultipliait ce sens. Dans certains cas c’était excessivement dérangeant. Quand il nettoyait les déjections des wyrmides ou les vomissures des wyrmidons.

«Jölgalts. Aucun problème, ils savent s’adapter.»

Il entra dans l’enclos, le jaugea rapidement d’un coup d’oeil. Appelant une à une chacune des bêtes par leur nom, il les disposa soigneusement afin de prendre le moins de place possible. Vetkä, femelle turquoise qui se pavanait dès qu’elle le pouvait. Sanghörn, d’un vert bouteille assez particulier, visiblement fatigué. Il était le plus jeune, et le séjour dans les intempéries et la montagne l’avaient fatigué. Zün, gris argent, fin, agile, surexcité. N’Tak, le plus vieux mais le plus expérimenté. Altaxar, d’un bleu nuit, et un des rares wyrmides au tempérament agressif par nature. Il tenta de mordre l’épaule de Krav au passage, qui lui colla, sans la moindre cérémonie, un coup de poing magistral en pleine mâchoire. Le simple bruit de la peau contre les écailles indiquait la force du choc. Voilà, maintenant il boudait, et alla se poser tout au fond de l’enclos, loin de ses congénères. Et ils continuèrent à défiler. Lorjä, Melt, Awreth, Jörkÿn, et enfin, Wän’Shaa, blanc comme neige. Il le retint un moment avant qu’elle n’entre dans l’enclos, posant sa main sur son museau.

«On va beaucoup travailler toi et moi. Tu vas devoir faire des choses que tu n’aimes pas. Mais réjouis-toi car tu vas devenir le wyrmide du chef des Shaas. Tu n’auras pas plus grand honneur. File.»

Il attendit que toutes les bêtes soient parquées avant de passer entre elles, pour replacer leurs massives queues à la main, histoire de gagner en place. Il dut même en pousser certain, tâche ardue quand on connaissait le poids des bêtes, mais l’éleveur savait comment s’y prendre, où pousser et quoi leur dire. Au final, il restait encore la place pour deux ou trois bestioles, et des espaces entre eux suffisants pour laisser passer une personne.

Il revint vers Fjölan, détacha sa cape, et retira les peaux qui lui couvraient le torse. Son armure de dressage était toujours fixée à son épaule et son bras, cabossée, rayée par le temps et les animaux, et pourtant, toujours très bien entretenue. Il la détacha soigneusement, repliant chacune des plaques, et remit sa cape. Il faisait frais, mine de rien.

Il montra l’armure.

«Possèdes-tu quelqu’un au sein du village capable de la réparer et de l’entourer de cuir ? Le dressage va être brutal. Et cette armure est dans ma famille depuis plusieurs générations, je ne veux pas la briser, ou accessoirement, me faire arracher le bras. Je t’en serais reconnaissant.»

Cette armure servait surtout pendant la jeunesse du wyrmide, quand celui-ci débordait encore de l’énergie incontrôlable qui caractérisait les wyrmidons. Même aussi jeunes, ils étaient forts et rapides, donc le dresseur se devait d’être protégé. Cependant, leur force n’avait rien à voir avec celle d’un spécimen adulte, furieux qui plus est. Et Krav allait devoir le pousser à bout.

«Maintenant… Je dois bien avouer que j’ai un petit creux. Je te remercie d’avance pour le repas et l’accueil. Comme tu dois le savoir… ça n’a pas toujours été le cas.»

Il eut un rictus mêlant colère et mépris, se rappelant combien son clan était honni des autres, avant que les Shaas d’Argent ne détrônent les Wedos. Ils étaient un clan complètement esseulé, en fait. Vivant en autarcie quasi totale, on s’étonnait ensuite de leur comportement excentrique ? Enfin peu importait. Si leur côté étrange, rusé et mystérieux ne disparaîtrait pas -il avait fini par s’ancrer dans les gènes- au moins maintenant ils étaient reconnus en tant que clan, guerriers, et éleveurs. Ceci étant, le Shen’Mäga, n’oubliait rien. Il se nourrissait de la colère. Et ces traitements déshonorants avaient tendance à mettre salement en rogne, comme le montrait son regard… Brûlant, pour le coup. Krav parlait peu mais pensait beaucoup.

«Je te suis. Si tu as des questions n’hésite pas à les poser, quelle que soit leur nature. Les Vedskygge n’ont que peu de secrets.»
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Posté dans Re: Grand Wyrmide pour Grand Chef   - Lun 30 Juin 2014 - 8:17

Elle était rassurée et satisfaite par la confirmation donnée par l'éleveur. Bien, encore quelque chose qui se passait sans accroc. En silence, elle le regarda s'occuper soigneusement de ses reptiles. Les bêtes parquées, Krav lui montra son armure, une belle pièce mais en pitoyable état, et on devinait pourquoi.

-Lars s'en occupera, il pourra arranger un peu les choses. Mais si tu veux la remettre complètement à neuf, tu feras mieux d'aller à Källorby.

Elle le mena jusqu'au hall, mais en route, une phrase du dresseur retint son attention. « Les Vedskygge n'ont que peu de secrets » Ce qui lui tira d'ailleurs un sourire en coin. Secouant la tête, elle répliqua en ouvrant la large porte du bâtiment :

-Les Vedskygge sont un des plus grands secret d'Argenlac. Ils ne craignent pas l'eau, agissent dans l'ombre et dressent d'énormes reptiles. C'est peu pour vous, mais fascinant pour nous.

Les lieux étaient pratiquement désert, au rez de chaussée comme sur la mezzanine. Il n'y avait qu'Idun qui préparait l'assiette pour  le nouveau venu et elle avait cru entendre Bertil dans une autre pièce s'exaspérer d'une tache d'encre sur un de ses bouquins. La Hön s'assit à la table au centre de la pièce, et invita le Vågarhaimien à en faire de même, avant croiser les mains sous son menton.

-Je pense qu'il y'a plus d'intérêt à ce que vous gardiez vos mystères. Déjà parce qu'une énigme dévoilée perd de tout son charme, mais surtout car il serait trop risqué de parler trop ouvertement vos talents propres.

Elle ferma les yeux en appréciant la chaleur des flammes dans l'âtre derrière elle. Peu importe si elle avait froid ou non, instinctivement, la proximité du feu lui procurait un certain bien être. Alors plus détendue, elle décida de développer un peu ses propos. Généralement, elle n'aimait pas trop révéler le fond de sa pensée, mais ici, jouer franc jeu ne pourra lui apporter que la confiance de son interlocuteur. Pourquoi se priver d'étayer ses bonnes intentions ?

-Car vois-tu, ce à quoi je veux pousser les Shaas d'Argent, c'est la complémentarité des clans. Une co-dépendance qui nous renforcera à mesure qu'elle se développera. Plus vos talents seront spécifiques, plus vous pourrez les troquer contre ce qui vous fait défaut. Les Vedskygge ne seront jamais dans le besoin pour quoique ce soit. Je m'en porte garante.

On leur apporta de l'hydromel et un jarret fumant au voyageur. Du Jölgalt, évidemment, agrémenté d'herbes et de champignons pour pallier au manque de subtilité de la viande. Pendant ce temps là, une moitié de cadavre était offerte à chaque terrible reptile. Le maître mangerait de la même chair que ses bêtes. Fjölan reprit, en se redressant un peu sur sa chaise:

-En obtenant un de tes wyrmides, j'ouvre une voie. Les gens sont influençables, s'ils voient leur chef chevaucher ce genre de créature, immanquablement beaucoup voudront en faire de même. Un stupide effet de masse, mais aisément prévisible. Tu vas avoir du travail supplémentaire, très prochainement.

Elle planta son regard si singulier dans celui de l'éleveur pour appuyer ses propos et conclut finalement par une question :

-Mais comme tu peux le voir, je valorise les échanges justes. Ce n'est pas un présent que j'attendais des tiens, mais amorcer un nouveau départ. Que désires-tu, Krav ?

La réponse était importante, ou du moins, elle se révélera intéressante. Elle n'avait donné aucune limite, aucune précision et ce qui sortira de la bouche de l'homme en dira long sur lui. Des biens ? Un service ? Pour lui ? Pour son clan ? Parle donc, dresseur de wyrmides, la chef t'écoute très attentivement.





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Posté dans Re: Grand Wyrmide pour Grand Chef   - Lun 30 Juin 2014 - 8:18

Il appréciait l’accueil. Réellement. Même si ça ne se voyait pas spécialement, tout sérieux qu’il était. Après tout il était en voyage officiel, le premier depuis… Oh, la création des Vedskygge. En d’autres termes, merder n’était pas une option. Bien au contraire, il devait faire son maximum pour nouer des liens plus solides que jamais entre la faction nouvellement créée et son clan. Cela faisait partie de son… ou ses plans. Car il en avait beaucoup. Les Vedskygge avaient leurs secrets, notamment celui de la réflexion, tradition oubliée de beaucoup d’Erfeydiens.

«Merci pour l’accueil. Et pour ceux qui est de nos secrets… Hah. Nous sommes des tombes. Aussi mystérieux que nous soyons, nous n’le sommes que parce que pendant un nombre relativement incalculable de générations, nous avons été craint et méprisés. Si, comme vous l’avez fait, les Wedos, ou peu importe la faction, avait accepté de nous écouter… Nous aurions pu apporter beaucoup. Et bien avant maintenant.»

Il commença à entamer son  cuissot, entre deux gorgées d’hydromel. C’était… bon. Jusqu’à maintenant la viande qu’il avait mangé sur le trajet était à peine cuite avec les moyens du bord, et finalement il s’était plus nourri de sang frais que de muscle cuit. Autrement dit : un régal. Il restait cependant bien attentif aux paroles de la Hänek.

Et il y réfléchissait, en même temps. La présence de Krav était bien plus pesante depuis quelques temps. Au sein du clan. Et de fait il était au courant de bien plus de choses. Donc il avait largement les cartes en main pour pouvoir penser à ce que la volonté de Fjölan allait apporter et provoquer au sein du clan. D'un côté, cette idée lui plaisait. Elle renforcerait la présence et le poids de son clan au sein des autres. C'était clairement une de leurs volontés les plus anciennes. En revanche, une de leurs caractéristiques était cette indépendance mêlée de mystère qui faisait tant jaser en dehors de Vagarhaim. Il pouvait ce pendant formuler un début de réponse. Ni trop peu, ni trop expansif. Digne Vedskygge.

"... Je vois ce que tu veux dire et ma raison approuve. Mes mon coeur et mes racines s'inquiètent, Hon Kallhjärta. Nous sommes un clan qui passe pour étranger ici. Mais si à cause de ça nous avons étés traités comme des parias, nous avons fait avec. Développé un système autarcique et renforcé nos spécificités. Sue deviendront-elles, quand nous traiterons avec les autres autant qu'avec nous-mêmes ? Éclaire moi sur ce point."

Il but une gorgée d'hydromel. Il n'avait pas l'habitude. Lui le taciturne, le solitaire, le violent, le voilà traitant autour d'un repas de l'avenir de son clan, de sa place au sein des Shaas. C'était... Instructif. Et le respect qu'il éprouvait de façon naturelle pour Fjölan s'en retrouvait renforcé. Kallhjärta, mais très réfléchie sur les questions politiques cruciales. Son clan était entre de bonnes mains.

Ses dernières phrases resonnèrent un moment au creux de ses oreilles. Buvant une autre gorgée, il réfléchissait à nouveau. Que voulait il ? Beaucoup de choses. Trop d'un coup peut être, même. Si ses yeux restaient braqués sur ceux de son chef, si son visage affichait ce calme sérieux qui l'accompagnait toujours... En lui les pensées s'entrechoquaient comme des vents contraires, provoquant un véritable cyclone mental.

"Mh. Mes ambitions et désirs personnels ne valent pas une demande à mon chef de faction. Mais mon clan... "

Incapable de tenir plus longtemps en place il se leva, exécutant les cent pas derrière sa chaise. Ce genre de choses ne se reproduirait pas et le voilà en position étrange. Celle que tous les Hänek de son clan auraient voulu. Il aurait pu demander un coup de pouce pour la montée en puissance de sa propre famille. Une place particulière au sein de la faction. Dieu sait combien il désirait personnellement ce genre de choses. Mais c'est quelque chose d'enfoui bien plus profondément en lui qui fit surface. Des légendes, l'histoire de son clan aussi. La sienne. Il se tourna vers Fjölan, un sourire sans joie étirant ses lèvres pâles.

"Depuis des temps sue beaucoup ont oublié, notre empire est l'ombre de cette île. Nous vénérons le Gardien et le suivons aussi bien que n'importe qui et pourtant.. Pour une histoire de différences, nous avons été relégués à l'arrière plan. Les ténèbres. Les guerres ont éclate et se sont finies sans nous. Alors accorde moi ceci : au prochain conflit. Laisse nous faire couler le sang. Nous vivons dans l'ombre, nous pouvons la rendre plus meurtrière et plus effrayante qu'elle ne l'est. Depuis des années la rage coule dans mon sang Hon Kallhjärta. Laisse la s'exprimer. Peux tu faire ça pour moi ? Pour les Vedskygge ?"

Restant debout il l'observait, désireux d'entendre sa réponse. C'est un puissant instinct qui l'avait guidé. Et si lui ambitionnait bien plus encore, la meilleure voie pour y parvenir restait encore celle du sang. Elle l'avait toujours été. Il espérait ardemment qu'elle comprenne. Un souhait ardent et une volonté taillée dans le métal, voilà ce qui illuminait ses prunelles vertes.
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Posté dans Re: Grand Wyrmide pour Grand Chef   - Lun 30 Juin 2014 - 8:23

Elle donnerait cher pour que chacun de ses guerriers aient l'ardeur du dresseur. Cette envie de combattre, cette loyauté, cette abnégation. C'était comme si le Gardien avait voulu lui envoyer l'exemple même de ce qu'elle voulait voir parmi ses rangs. Était-ce un encouragement ? Une chose était sûre, elle appréciait déjà beaucoup ce nouveau clan. Ils semblaient partager de nombreuses similitudes dans leurs mœurs avec la Hön, ce qui leur assurait tout de suite des privilèges conséquents.
Mais trop, c'était bien trop. Il y'avait forcément quelque chose qui clochait et elle le découvrirait, tôt ou tard. Penchant légèrement la tête sur le côté, elle haussa un sourcil, mais ne put retenir un large sourire, certes un peu malsain mais qui était qualifiable de sincère pour Fjölan. Il était facile de deviner qu'elle était ravie par ce qu'elle entendait, elle ne le cachait absolument pas. Elle souffla lentement et répondit à tout cela avec une teinte d'amusement dans la voix :

-Ce n'est pas une faveur que tu me demandes là. C'est un devoir que vous avez en tant que Shaas et que ton chef de clan a accepté en connaissance de cause avant de nous joindre. Nous récompensons ceux qui savent se faire utiles. Nous valorisons les échanges justes. Tout est dit là, Krav.

Elle se leva à son tour, s'approchant d'un pas lent en effleurant distraitement la table. L'Erfeydienne s'arrêta cependant à une distance respectable en croisant les mains derrière son dos.

-La Faction offre une organisation. Elle offre une stabilité. Elle offre un troc équilibré. Mais en retour, c'est aussi et même surtout une union martiale. Ton clan aura largement l'occasion de s'illustrer par les armes, puisqu'il a l'obligation de participer d'une manière ou d'une autre aux conflits. Leur place est déterminée depuis le début. Mais ta soif de sang est un réel plaisir à voir. Soit rassuré, les ennemis des Vedskygge sont les ennemis des Shaas d'Argent. Ta rage ne tardera pas à être apaisée.

Son ton se faisait plus mielleux, mais son regard restait implacable, froid même. Les mots étaient enjôleurs, mais son attitude ne trahissait pas, elle était bel et bien en face de lui purement ancrée dans son rôle de chef, incarnation humaine des intérêts des siens. Lisse, ne laissant transparaître que ce qu'elle choisissait de partager, quand son interlocuteur, jusqu'alors très calme, s'animait tout juste, enhardit par un désir de reconnaissance propre aux Vedskygge. Elle comprenait son attitude et s'y retrouvait parfaitement. Il était bien courant qu'elle s'emporte rapidement dans des situations similaires, mais le feu imprévisible qui vivait était en elle était en ce moment calme et régulier. Se sentir en posture de supériorité la rendait toujours plus sereine qu'à son habitude. Elle le tenait dans le creux de sa main, comme elle tenait pratiquement chacun de ses clans. Il ne fallait pas qu'elle se fasse trop oppressante, ni trop laxiste. Un savant jeu de mesure auquel elle se prêtait avec joie.
La jeune femme leva le menton et insista finalement :

-Tu souhaiterais alors aucune autre compensation ? N'ai pas peur d'être égoïste, aujourd'hui, personne d'autre que toi n'a à recevoir des honneurs.





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Posté dans Re: Grand Wyrmide pour Grand Chef   - Lun 30 Juin 2014 - 8:24

Elle ne comprenait pas forcément toutes les nuances de sa demande, mais il ne pouvait lui en tenir rigueur. Personne ne connaissait vraiment les Vedskygge, à part eux-mêmes. Et comme elle le lui avait dit, les échanges devaient être justes. Si elle voulait pouvoir aider son clan comme eux allaient devoir aider la faction en entier, autant qu'elle soit mise au courant de certaines choses. Il esquissa un sourire situé à mi chemin entre l'ironie et l'amusement, et hocha doucement la tête à sa remarque. Il va de soi qu'elle avait raison, c'était leur devoir. Mais pas que.

"Retiens bien le fait que les Vedskygge ont avant tout agi par et pour eux-mêmes. Nous n'avons pas eu d'autres choix, mais nous avons usé de ce mode de vie et nous nous y sommes habitués. Mieux encore, beaucoup d'entre nous l'apprécions. Nous avons ainsi évité beaucoup de luttes fratricides, et très peu de neige chez nous porte la trace du sang de nos frères. Au contraire, c'est la plus pure que l'on puisse trouver. Maintenant que nous sommes partie intégrante des Shaas, nous bousculons notre mode de vie, de façon drastique. Ce que je demande est une faveur dans le sens où si nous sommes loyaux envers toi, beaucoup ne le montreront pas de la façon dont je viens de le faire. Comme tu le dis, nous agissons dans l'ombre. Il est plus que probable que tu doives à un moment jeter un coup d'oeil dans les ténèbres pour voir la preuve de notre loyauté. Mais tu peux être sûre de la trouver."

Suite à ça il se tut un petit moment, réfléchissant à la suite de ses dires, deux mêmes qu'à l'implications de ceux de la Hön. C'était assez délicat après tout.

"Je vais devoir t'expliquer un peu les fondements des Vedskygge. Leur mode de vie. Notre mode de vie. C'est chose rare car peu veulent l'entendre. Mais en tant que chef des Shaas, cela te donnera une arme supplémentaire. Un atout que n'auront pas les Hänek : tu nous connaîtras. En partie tout du moins."

A nouveau, tel un fauve en cage, il se remit à marcher. Il se trouvait dans une position qu'il aimait déjà. Si la solitude, les wyrmides et le climat inhospitalier de Vagarhaim étaient ses habitudes et son plaisir, il découvrait quelque chose. Les discussions avec les autres chefs de famille du clan étaient plus houleuses, chacun essayant de tirer un maximum la couverture à lui. Là, il négociait simplement l'avenir et le fonctionnement futur de tout un clan. C'était un échange évidemment, il n'allait pas réclamer des choses sans rien en retour.

"Les Vedskygge sont des gens... Etranges. Ca tu le sais. Mais d'abord, il faut aussi savoir que nous prenons notre temps. Quand nous voyons nos frères se ruer les uns vers les autres dans des cris de guerre plus impressionnants les uns que les autres, quand la neige et la glace craquent sous leurs pieds et que les rocs tremblent sous le fracas des armes, nous, nous écoutons, en premier lieu. Nous parlons à la nature, nous l'écoutons. Surtout, surtout, nous l'amadouons. Frapper les premiers, foncer dans le tas comme des sauvages... Jamais tu ne verras un Vedskygge faire ça. Par contre, une fois notre dialogue établi, une fois l'ombre étalée sur les champs de bataille, quand chaque camp reprend son souffle avant le prochain assaut, nous fusons comme une flèche. La nature s'est déjà arrangée avec nous. Car nous avons pris le temps. Et quand nous frappons, même si c'est au bout d'un temps qui semble interminable, c'est en plein coeur. La neige étouffe le son de nos pas, la nuit dissimule nos mouvements, les rocs se dressent comme des murs protecteurs. Et on ignore armures, armes. Nous frappons juste, nous ne frappons qu'une fois. Si tu retiens ça, si tu mets cette force à profit, tu t'assures des alliés mortels. Nous sommes pires que du poison Hön Kallhjärta. Car il met du temps à tuer. Pas nous."

Il souffla un peu, puis reprit.

"Tu dois maintenant comprendre pourquoi ma demande est une faveur. Certains des miens et moi-même avons appris à discuter avec la nature. Je parle au vent, il me parle également. Mais c'est en première ligne que nous voulons être. User de nos capacités claniques au front et non quand les assauts ont commencé depuis plus d'une semaine."

Venait la dernière partie, la plus... délicate pour Krav. Il était d'une exceptionnelle franchise, mais par son éducation, il tendait très facilement vers la manipulation et les sous entendus, n'exprimait jamais la totalité de sa volonté. Ou pire encore, la distordait pour faire croire des choses, pour que les gens l'interprètent mal. Un jeu des ombres auxquels les Vedskygge étaient passés grands maîtres depuis déjà bien longteps. Avec un petit rire intérieur, Krav se dit que ce n'était pas si étonnant, finalement, si personne n'avait voulu traiter avec eux. De quoi avait-il besoin personnellement ? Comment pouvait-il avoir besoin de quoi que ce soit ? Son père lui avait volé à la fois son enfance et sa dignité. Sa mère, l'amour maternel. Son frère et sa soeur lui avaient volé le peu d'intérêt qu'on lui portait. Mo'Duinne avait pris son seul et meilleur ami. Le temps avait pris, peu à peu, des parts de sa raison, faisant de lui le mélange explosif d'un animal et d'un homme. Bref, il n'avait rien, comment pouvait-il désirer quoi que ce soit ? Mais parce qu'il était franc, droit et loyal, parce que la manipulation et la tromperies étaient bannies entre ces murs, parce que pour une fois sa volonté propre et personnelle étaient prises en compte, alors il parla.

"Tu me demandes si je veux quelque chose. Les Vedskygge ont toujours ce qu'ils veulent, peu importe le temps que cela prend. Il nous a fallu des générations pour être reconnus mais nous l'avons finalement été. Comme les wyrmides nous tâtons et goûtons le terrain pour saisir les meilleures proies, au meilleur moment. Mais voilà ce que je veux, Hön Kallhjärta : Du pouvoir. Pas par envie d'asservissement. Mais par ambition, par vengeance, et parce que quel que soit le temps que cela prendra, je l'obtiendrai. Tu me demandes, je te réponds. Je ne suis que chef de famille des Kallhjärta. Mais je serai bientôt chef des Veddskygge. Ils n'auront pas le choix, malgré mes... Tares physiques. Malgré la Kyynel. Si tu veux m'offrir quelque chose, offre moi ça. Je me moque des honneurs. Je les récolterai dans le sang. Et je sais que j'en aurai l'occasion à de multiples reprises. Ai-je cette fois répondu clairement à ta question ?"

Il doutait sévèrement de pouvoir obtenir ce qu'il venait de demander. Mais il ne se le cachait pas, et ne le cachait pas non plus à elle. De toute façon, il obtiendrait ce qu'il voudrait. Le temps avait toujours été l'allié de son clan, il serait le sien aussi. Peu importe le nombre de cadavres à amasser pour ça. Là dessus il était impitoyable. S'il était d'une aide précieuse pour son clan, il n'en restait pas moins tout aussi dangereux pour lui. Le pire étant sûrement qu'il n'aurait aucun remords.
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Posté dans Re: Grand Wyrmide pour Grand Chef   - Lun 30 Juin 2014 - 8:42

La Hön l'avait écouté avec attention, un large sourire continuellement aux lèvres. C'était extrêmement rare, mais surtout très bon signe. En apprendre plus sur le clan le plus énigmatique d'Argenlac était déjà appréciable, mais entendre enfin Krav dévoiler ce qu'il convoitait le plus, avec tant d'ardeur, c'était captivant. On lisait aisément beaucoup de choses dans son regard et son intonation. La souffrance, la rage, la soif de vengeance. La confession d'une personne qui avait gardé toute sa vie ses rancœurs à pourrir au fond d'elle. La flamme en Fjölan avait grandit, elle savait que ce ne serait sûrement pas la dernière fois qu'elle traiterait de la sorte avec cet homme. Son potentiel n'était plus à prouver. Elle garda quelques secondes le silence, pour se mettre à lui tourner autour, comme un rapace prêt à piquer. Avec presque autant d'acidité que d'enthousiasme, elle conclut :

-Audacieux, très audacieux. Peut-être même trop. C'est dangereux tout ce que tu me révèles là. Pour toi, pour les tiens. Pour moi. Est-ce de la loyauté ou des menaces ? Tu veux être chef de clan pour l'instant, mais peut-être qu'un jour tu voudras être chef de faction ?


L'Erfeydienne s'était brusquement rapprochée à sa dernière phrase, le visage tordu d'un affreux rictus. Mais ce n'était ici que le simple fantôme d'une paranoïa qui aurait pu lui appartenir en d'autres conditions. Cela restait un avertissement quant aux risques qu'apporteraient ses desseins. Son expression se radoucit et elle recula lentement, laissant supposer qu'elle avait déjà amplement commencé à le comprendre. A le comprendre et à l'approuver.

-Tu iras loin Krav. Avec ou sans mon aide, tu iras loin. Mais tu me demandes là de berner des amis de ma famille. Je ne peux te faire parvenir à tout cela par la force, mais si tu m'es fidèle et suis mes ordres sans y répugner, tu t'illustreras largement par des exploits. Tu monteras en puissance à mes côtés. Je ne peux pas décemment évincer Olof par ma propre volonté, mais si tu brilles suffisamment, son fils Mani fera vite pâle figure à tes côtés. Si cela ne suffit pas, épouse une de ses filles et le sang Vedskygge coulera toujours dans les veines de leurs prochains chefs, cela les rassurera. Il te faudra être patient, mais je te fais la promesse que je parviendrais à te tirer vers le haut.

"Ouvre toujours tes bras aux réprouvés. Une fois qu'ils auront goûté à la justice, leur honnêteté envers toi sera plus solide que le diamant." Une phrase que lui avait apprit son père, et qu'elle prenait soin à respecter. Nibelungen, Hasëkar et maintenant Shen'Mäga. Les noms qu'elle s'apprêtait à redorer s'accumulaient. Et derrière ces noms, des hommes dans lesquels elle pourrait mettre plus de confiance que d'autres. Il était bien beau de vouloir se rapprocher de grands clans, mais rien ne garantissait chez eux de pures intentions. Non. Relever ceux qui avaient été traînés dans la boue, pour peu qu'ils prouvent leur valeur, là se trouvait quelque chose avec une véritable intensité.
La jeune femme retourna s'asseoir à sa place à table. Passant une main sur sa nuque, elle soupira pour marquer une pause, et se remit à fixer le dresseur:

-Cette histoire a bien dérivé, quoiqu'il en soit. Passer d'une proposition aussi simple à une véritable conspiration, c'est à la fois admirable et étourdissant. Ce n'est plus pour tes services que je te fais cette faveur, mais décidément parce que je perçois largement en toi des possibilités infinies. Une utilité mutuelle qui ne demande qu'à être exploitée. Nous nous ressemblons beaucoup.

Elle but une gorgée d'hydromel et eut un petit rire amusé :

-Moi qui attendais seulement un éleveur de Wyrmides, me voilà avec sûrement un des plus téméraire des Shaas sur les bras.





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Posté dans Re: Grand Wyrmide pour Grand Chef   - Lun 30 Juin 2014 - 8:44

Comment répondre à ce qu'elle venait de dire ? C'est un Krav profondément stupéfait qui posa à nouveau ses fesses sur la chaise, fixant Fjölan. D'aussi loin que remontent ses souvenirs, jamais il n'avait pensé entendre des mots pareils adressés à sa personne. Sans que les wyrmides soient le sujet de discussion en tout cas. Car à ce niveau là son clan ne tarissaient pas d'éloges. Mais d'un point de vue personnel, il avait été systématiquement considéré soit comme une erreur, soit comme un type étrange et peu fréquentable, soit les deux en même temps. Pas d'exception. C'est ce qui avait provoqué ce renfermement, et toute cette soif de pouvoir, de vengeance et de sang. Du coup, il n'en revenait pas. Et que la Hön profite : cette expression étrange, la bouche entrouverte, et les yeux légèrement plus ouverts que la normale, marquant cette stupéfaction, c'était d'une rareté assez phénoménale. Il ne comprenait pas vraiment, d'où ces compliments sortaient...?

D'un autre côté... Elle lui ressemblait. Beaucoup. Sûrement pas sur ses aspects les plus profonds et secrets de sa personnalité, mais dans leur façon d'appréhender la vie et l'avenir... C'était assez similaire.

"... Tes paroles m'honorent, Hön Kallhjärta. Réellement. Ce n'est pas dans les habitudes des Vedskygge de complimenter qui que ce soit, ni même de l'encourager. A plus forte raison ceux qui sont marqués par des défauts physiques et pire encore, la Kyynel. Sache que je ne te demande pas d'évincer qui que ce soit. En réponse à ta demande, j'ai formulé tous mes souhaits. Ne perçois pas mon ambition comme un danger. Avant de venir ici, je partais pour livrer des wyrmides, expliquer comment ne pas se faire arracher un bras en exécutant une mauvaise manipulation, et tester le chef des Shaas. C'est chose faite. Et je me rends compte que les Vedskygge n'auraient pas pu rêver meilleur allié, meilleur chef. Si mon clan peut posséder en son sein quelques fauteurs de troubles, cupides et manigançant dans les ombres d'ambitieux projets, tu peux être certaine qu'aucun n'atteindra les portes d'Ystenhaim en un seul morceau. Ce que j'entends ici, ce que je vois face à moi, me réchauffe le coeur. Ma vie ira aux Shaas sans hésitation, Hön Kallhjärta."

Sa réponse l'ayant aidé à se ressaisir un peu, il en profita pour boire également une gorgée. Décidément, il était loin, très loin de s'attendre à ce genre de choses quand il avait quitté le village. Pour lui, même si les Vedskygge avaient pu rejoindre la faction, c'était essentiellement pour les wyrmides, et pas pour le reste. Il s'était lourdement trompé, et s'en félicitait. Un sourire de satisfaction naquit sur ses lèvres. Il espérait que ses ancêtres étaient en train de regarder. De toute l'histoire du clan et des familles du Loch des Ecailles Noires, jamais personne n'avait vu pareille chose se produire. Eux les rebuts se retrouvaient à traiter avec d'autres clans, bien plus massifs que le leur. Krav avait envie de les narguer. Observant et détaillant minutieusement chacun des détails du visage de son chef, il mangeait par petits bouts. L'excitation qu'il ressentait était presque palpable. Les choses bougeaient enfin. Après tout ce temps. Et si son ambition n'avait que peu de limites, elle s'arrêterait là où commençait celle de Fjölan. S'il comptait bien se hisser, petit à petit, jusqu'aux plus hautes sphères de la faction, il était content d'avoir un chef de cette envergure. Et ne voulait pas le perdre, tant qu'elle restait telle qu'elle se montrait à lui ce soir. Il n'était cependant pas un bon samaritain : au moindre signe de faiblesse ou de traîtrise, il en profiterait. Si la faiblesse était justifiée par un quelconque coup dur, il pourrait l'aider. Mais si c'était sa force mentale qui faisait défaut, cette qualité de meneuse, cette aura de force qui émanait d'elle, sans la moindre raison, ou tout du moins un motif qui n'excusait pas une telle chute, alors le coeur et le regard de Krav deviendraient plus durs que le roc gelé. La faiblesse, il la méprisait.

"Encore une petite chose, concernant ce que je suis venu faire ici..."

Il sortit d'une petite besace un flacon rempli d'un liquide sombre et épais. Du venin de Wyrmide concentré. Il la fit rouler jusqu'à Fjö d'un geste ample du poignet, et le désigna d'un geste du menton.

"Je refuse de prendre le risque de te tuer pendant le dressage. Chez nous, dès la plus petite enfance, nous devons boire du venin régulièrement, à faible dose, pour nous immuniser. Une petite dose n'est pas mortelle, mais si jamais un wyrmide te mord, sois sûre d'y laisser la peau. Prends une goutte de ce flacon par repas. Pas plus d'une. Tu ne sentiras pas la différence, et je serai tranquilisé. Comme je l'ai dit, tu vas devoir, toi aussi, participer un maximum au dressage. J'adapterai un maximum mes séances à tes disponibilités, je ne veux pas te gêner alors que tu as du travail. Mais si tu n'es pas là tout ce que je ferai ne servira strictement à rien."

Il finit sa chope d'une dernière et longue lampée, puis soupira légèrement, un peu fatigué. Mine de rien, le trajet n'avait pas été facile. Et traiter avec Fjölan avait été une épreuve en soi. Pour la simple et bonne raison qu'il ne l'avait jamais fait, que ce soit avec des personnes normales ou le Hänek du clan. Bref, autant dire que la journée avait été riche.

"Si tu as des questions, je suis disposé à y répondre, qu'elles concernent le dressage, ou tout autre sujet. Je n'ai personnellement rien à cacher et tout à apprendre, et si jamais tu franchis les limites du secret de mon clan, je te le ferai simplement savoir. Petit détail qui n'a rien à voir, nous allons avoir besoin d'un espace dégagé, sans arbres, pour le dressage. Je ne peux laisser les autres wyrmides voir ce que Wan'Shä va endurer, et un wyrmide énervé... ça demande de l'espace. Beaucoup."

Il pensait maintenant à son séjour ici. Il espérait traîner le moins possible. Tout d'abord parce qu'il allait finir par déranger, ses bestioles avec, et ensuite parce qu'il n'aimait pas beaucoup rester loin de son village. Il avait confié tous ses wyrmides à son père en partant, avec forces menaces, et clairement à contrecoeur. Tout ce qui lui importait actuellement était le bonheur de ces étranges animaux. Comme l'avait dit le Hön, il allait devoir avant tout faire preuve de patience et de persévérance afin d'accéder à la réalisation de ses souhaits. Cela commencerait tout d'abord avec le travail qu'il faisait depuis toujours. Le reste viendrait en son temps, et en bon Vedskygge, Krav savait être très, très patient et prendre son temps. Chose qu'aujourd'hui, beaucoup d'Erfeydiens ne savaient plus faire. Les conquêtes, les guerres, tout se passait si rapidement... Et avec un fracas monstrueux. Krav et son clan agissaient lentement, mais avec une précision chirurgicale.

"J'accepterais également volontiers une paillasse ou un coin abrité pour dormir. La tempête m'a fatigué, mine de rien. Ceci étant dit... J'espère que tu aimes l'orages et la sauvagerie élémentaire. Dans très peu de temps, les cieux vont se déchaîner sur nous, si j'en crois ce que j'ai entendu en venant. Peut-être verrons nous des nuées de Thörkotka. Il faudra me retrouver très tôt demain à l'enclos, pour débuter. Sauf si tu as des obligations, évidemment. Tout ceci te convient ?"

Il se leva, son assiette et sa chope terminée. La dernière phrase qu'avait prononcé Fjölan l'avait amusé. Et il se souvint pourquoi, un petit sourire aux lèvres.

"Mon don et mes racines m'ont poussé à devenir éleveur de wyrmides. Aujourd'hui je leur suis sûrement plus semblable que je ne le suis avec mes frères et soeurs humains. Cependant... Je reste un fils du Gardien, un enfant de l'Île Blanche. Et c'est avant tout ça qui prime, avant mes origines, avant mon travail. D'où cette... témérité. Quel que soit le nom qu'on lui donne. J'ai juste le sang des Erfeydes."
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Posté dans Re: Grand Wyrmide pour Grand Chef   - Lun 30 Juin 2014 - 8:47

Sa générosité avait eut l'effet escompté et bien plus rapidement que prévu. C'est avec grande satisfaction qu'elle observa la stupéfaction de l'éleveur. Elle avait confirmation de toutes les espérances qu'elle avait mit dans cet homme. Son nom ne sera pas oublié. Son souhait non plus. Krav tenait désormais, bien que pour peu, une place clef dans la Faction. Il avait su impressionner sa Hön, et cette dernière semblait avoir gagné son respect total. Plus rien n'était à prouver, il ne restait que des promesses à tenir.
Il parlait beaucoup, aussi, semblant dérouler à l'oral tout le fil de sa pensée, peut-être par soucis de franchise ou tout simplement pour organiser celle-ci. Dans tout les cas, ce qu'il racontait était intéressant et nécessaire à savoir. Cette honnêteté était préférable, le bougre n'avait pas un visage des plus expressifs, si on l'observait attentivement. Elle en apprenait aussi beaucoup sur Vågarhaim et ses habitants, accumulant un savoir que sûrement bien peu pouvait se vanter de détenir. Mais c'était surtout quelque chose d'essentiel pour un chef de Faction, que de saisir précisément la nature de chaque clan qu'il dirigeait. Au final, ce n'était qu'un cours sur les mœurs des Vedskygge, qu'elle aurait eut à avoir, tôt ou tard.

Fjölan pensait les clarifications terminées, mais il se passa quelque chose de particulier. L'éleveur lui avait lancé un flacon, qu'elle avait attrapé d'un geste sec. Elle ne cacha pas sa surprise quant à l'obligation de boire du poison régulièrement, mais se souvint très vite de la toxicité de la salive de ces animaux. Discrètement, elle réprima une grimace. Elle analysa l'étrange fiole, faisant d'abord rouler le contenu pour noter l'épaisseur et l'aspect particulièrement repoussant du venin. Quand elle l'ouvrit, l'odeur qui en émana fut immédiatement épouvantable, mais loin de s'en dégoûter, la Hön versa la première goutte dans sa chope et la leva vers Krav avant de finir son breuvage cul-sec. Sa vie en tant que monteuse de wyrmide avait ici commencé.
Le goût était à peine perceptible, bien que laissant une déplaisante impression dans la gorge. Heureusement pour elle, aucun autre désagrément ne se fit sentir maintenant. Rassurée sur les effets, elle était bien tentée d'augmenter la dose, mais il était préférable d'éviter de se faire trop intrépide si c'était pour se retrouver impotente comme une parfaite idiote. La jeune femme patienta quelques secondes, fixant le vide, pour s'assurer définitivement que rien de mauvais n'allait se passer. Elle redressa finalement la tête en repensant à la question concernant le couchage du voyageur. Après une courte réflexion, elle lui proposa :

-Plusieurs choix s'offrent à toi, pour ton repos. Si tu tiens à être au calme, et que l'odeur des Jölgalts ne t'importune pas, tu peux dormir dans la grange. Tu seras aussi à proximité de tes wyrmides. Sinon, si tu tiens à plus de confort, mais que les allers-retours des habitants ne te dérangent pas, on peut t'installer une paillasse au rez-de-chaussée du hall, près de l'âtre. Dans tous les cas, laisse ton armure sur cette table, tu la trouveras renforcée demain à ton réveil.

Lars aurait tout intérêt à se dépêcher. Son cousin avait beau être un bon artisan du cuir, c'était un insupportable tire-au-flanc. S'il ne terminait pas son travail dans les temps, la Hön risquait de le sanctionner sévèrement, se contrefichant de tout lien de sang les unissant. Un ordre est un ordre, peu importe à qui il s'adressait. Rien de superflu ne devait ralentir son initiation, elle se devait d'avoir au plus vite sa monture opérationnelle.

-Pour ce qui est du dressage, je ne m'inquiète pas, je ne crains pas. Je ne me montrerais pas imprudente pour autant. Je sais observer, j'aime apprendre. Il serait stupide de mourir pour si peu. Je n'ai rien à te demander, je me contenterais de t'écouter. La seule chose qui me préoccupe, c'est si le temps que tu annonces n’altérera pas la patience de ta bête.

La jeune chef se leva, annonçant ainsi la fin de cet échange et concluant d'un ton un peu plus fort :

-La majorité de mes rencontres importantes se sont passées. Nous n'avons plus de réel conflit en cours, étant donné que les Wédos sont désormais complètement anéantis. Il y'a juste à espérer que des clans hostiles ou des déserteurs ne profitent pas de la naissance des Shaas d'Argent pour nous attaquer. Aucune information ne laissant supposer une nouvelle altercation ne m'a été donnée, nous pouvons alors nous considérer en temps de paix. Sans compter mes tâches quotidiennes à Ystenhaim, que je peux encore relayer à certaines personnes si nécessaire, j'ai presque tout mon temps à consacrer à ma future monture. Mais nous verrons tout ce qui concerne le dressage demain. Tu es désormais libre de vaquer à tes occupations. Je pense que tout le nécessaire a été dit. Occupe toi de tes reptiles, repose toi, visite les environs si tu le désires, n'hésite pas à réclamer si tu as faim ou soif. Tu es mon invité le temps que tu accomplisses ton devoir.





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Posté dans Re: Grand Wyrmide pour Grand Chef   - Lun 30 Juin 2014 - 8:48

Krav hocha la tête à ses explications. Le confort était toujours attirant, mais malheureusement, il avait un sommeil léger. Le moindre bruit pouvait le réveiller, et histoire de l’ennuyer un peu plus dans sa quête du sommeil, son ouïe était suffisamment fine pour entendre les grattements de papier -bruit qu’il ne connaissait pas d’ailleurs- alors même que l’âtre craquait et grinçait derrière la Hön. Il entendait même les éclats de voix des maisons à l’extérieur. C’était… exaspérant. S’il se concentrait -et usait d’un peu d’ithylium- il entendrait facilement les Wyrmides gratter la neige dans leur enclos. Donc non, il ne pouvait pas dormir devant l’âtre, la grange ferait l’affaire. Qui plus est, ils seraient tranquillisés en sachant Krav proche d’eux.

«Je te remercie pour ces attentions, Hön Kallhjärta. La grange suffira, je deviendrais complètement fou ici, j’entends presque tout Ystenhaim respirer et parler. Si je veux être en forme demain, il me faut un calme le plus plat possible. Voilà l’armure.»

Il la déposa sur la table, toujours repliée, et se leva, imitant Fjölan. Sa remarque à propos du temps lui tira un sourire amusé. Outre le défi que cela pouvait représenter.

«Je vais devoir réapprendre à ce wyrmide à devenir sauvage. Comme beaucoup d’animaux, ce qui vit dans le ciel, ce qui gronde, ce qui foudroie, les terrifie et les rend agressifs. Si ça ne va pas être une partie de plaisir, l’orage sera pour cette fois mon allié. Cela risque d’être instructif. Je ne me suis jamais battu contre des wyrmides en pleine tempête.»

Il prit le soin de ranger sa chaise, puis se dirigea vers la sortie de la salle et du bâtiment. Sans manquer aux formules de politesses, il se tourna vers la Hön, lui adressant son salut le plus respectueux.

«Je suis honoré que tu me traites avec tant d’égards Hön Kallhjärta. Retrouve moi demain aux aurores devant l’enclos, je t’y attendrai avec Wän’Shaa. Et n’oublie pas de prendre ta dose de venin. Je te souhaite une bonne nuit.»

Il se détourna, et se dirigea vers l’enclos et la grange. Le vent soufflait déjà furieusement à l’extérieur, suffisamment pour ralentir la progression d’un homme de la carrure de Krav. Il faisait nuit, mais on sentait fortement la présence des nuages de plomb au dessus. Le ciel était dans une colère noire, et le faisait sentir. L’atmosphère électrique provoqua d’intenses frissons chez l’éleveur, qui marchait d’un pas décidé, levant parfois les yeux pour essayer d’apercevoir un éclair ou deux. L’orage était proche, il serait à coup sûr sur eux sur la fin de la nuit. Ç’allait être une sacrée journée, pour sûr. Esquissant un sourire, il jeta un oeil aux wyrmides. Ils avaient senti la colère céleste qui était en marche, et s’étaient rapprochés les uns des autres, pour se tenir chaud et se protéger de la peur qui menaçait de fondre sur eux.

Il passa rapidement dans l’enclos pour les rassurer, sifflant d’une façon mesurée, apaisante. Leur réaction fut longue à venir, mais stupéfiante. Ils cessèrent de trembler, poussèrent des sifflements de contentements, et se resserrèrent un peu plus. Il fila donc dans la grange, dont il laissa la porte entrouverte, satisfait de pouvoir se reposer. Même s’il ne dormirait pas avant un petit moment : il passerait un bon moment à revivre cette soirée et à réfléchir sur ce qui avait été dit. Seul pour l’instant il ne pouvait rien faire. Mais il avait hâte de raconter tout ça au Hänek des Vedskygge, à voir l’envie dans ses yeux, et pourtant contraint d’exprimer la joie d’être ainsi traité par les Kallhjärta, et mieux, la dirigeante des Shaas. Un sourire s’étira, mauvais, perfide et malsain. Bien fait pour ta tronche.

---


Brutal, le tonnerre sortit Krav de son demi-sommeil. Violent, implacable, il en fit trembler les murs de la grange. Dehors, un puissant crépitement se faisait entendre, comme un déluge de pierre. Sauf que c’était l’eau, se déversant par barriques entières sur le sol enneigé. Un stupide réflexion traversa l’esprit de Krav : la fin du monde. Chassant cette pensée idiote de son esprit, il sortit. Il faisait encore à moitié nuit. A peine dehors depuis quelques secondes qu’il était déjà trempé. Resserrant sa cape autour de ses épaules et rabattant le capuchon sur son visage, il se dépêcha d’aller dans l’enclos. D’humeur massacrante, les wyrmides ne se privèrent pas pour lui faire ressentir leur mécontentement.

«Fermez-la, c’est pas la première fois que ça arrive et sûrement pas la dernière. Même si celui-ci est costaud inutile de vous comporter comme des wyrmidons ! Wän’Shaa, sors de l’enclos, on a du travail.»

Il dut presque traîner le wyrmide d’albâtre en dehors de l’enclos tant il avait peu d’envie de se retrouver au beau milieu de l’orage et surtout, loin de ses congénères. Krav le maintint en place, et s’assit dans la neige en attendant la Hön. Au loin, l’aube se profilait. Le seul réel changement était qu’au lieu de ne rien voir, on y voyait peu. De noirs, les alentours étaient passés à gris foncé. Et Krav adorait cette sombre atmosphère, électrique et rugissante. Il résonnait à l’unisson avec les élements et leur sauvagerie naturelle. S’il risquait surtout de tomber malade lors du dressage, il allait y prendre un certain plaisir -outre le traitement qu’il allait devoir infliger à la future monture de Fjölan, qui lui coûtait cher.
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Posté dans Re: Grand Wyrmide pour Grand Chef   - Lun 30 Juin 2014 - 8:53

Un simple salut de la tête gratifia le départ du dresseur et les portes se refermèrent derrière celui qui était devenu ce soir un allié assuré. Elle se retourna, craquant sa nuque et s'étirant avec une certaine allégresse qui ne lui était que peu courante. Mais elle avait de quoi être ravie. Elle lui avait montré qu'elle était entièrement capable de remplir ses objectifs. Qu'elle intégrait déjà parfaitement son rôle. Farkas eut un petit rire, observant sa fille depuis la rambarde de la mezzanine.

-A ce rythme là, je n'aurais bientôt plus grand chose à t'apprendre.

L'Erfeydienne leva la tête avec fierté, ne laissant aucune place à la modestie dans ses paroles :

-Tu ne m'as pas laissé la place de Hön pour rien. Je t'ai bien dit que je ne faillirais pas à cette tâche. Vois comme je rallie vite à ma cause.

La moue cynique de la guerrière n'impressionna pas le Shaas d'Argent, qui ne se défendit pas de l'avertir :

-Ne baisse pas pour autant ta garde, tu as vu par toi même qu'il n'était pas juste un simple éleveur.
-Mieux que quiconque.

Le seul regard de la Kallhjärta suffisait à traduire son assurance sans faille. Un sourire amusé et le Hanëk s'éclipsa dans sa chambre, laissant la jeune chef dans ses réflexions, ses yeux rivés les flammes dansant dans l'âtre.



Ce fut une averse qui réveilla prématurément Fjölan. Un bruit simple, léger, mais totalement inhabituel, qui fut suffisant pour tirer la Hön du sommeil. La classique neige de l'Île Blanche n’émettait aucun son en tombant et quand bien même une ondée naissait au dessus d'Ystenhaim, les feuilles des arbres ralentissait assez la chute des gouttes pour les faire s'écraser en silence sur les toits. Là, elle percevait un clapotis régulier et continu qui sous entendait une chute directe et puissante. Peut-être même quelques grêlons se mêlant à l'eau. Alors, le vent se leva, sifflement lancinant, comme une plainte, qui grandissait de minutes en minutes. La musique devint vacarme et elle comprit alors qu'elle ne pourrait s'offrir quelques heures de repos supplémentaire, malgré que l'aube soit encore loin. Déjà irritée, la chef sortit de ses draps, s'habillant après une brève toilette. Elle commença sa journée par une goutte de venin dans son gobelet d'eau, un morceau de pain aux herbes et des œufs brouillés. Et tant pis si son agitation dérangeait les autres habitants du hall, il y'avait bien mieux à faire aujourd'hui que de se soucier du confort d'autrui.

La jeune femme s'occupa comme elle pu, aiguisant son sabre, enfilant son plastron et ses épaulières de cuir souple, feuilletant le travail effectué par Bertil. L'attente dura jusqu'à l'arrivé de Lars, portant la pièce d'armure de Krav sous le bras. Le pauvre jeune homme avait des cernes énormes sous les yeux, laissant aisément supposer une absence conséquente de repos, causée par la réparation qu'il avait eu à faire à la dernière minute et la fin de la nuit qui avait été tout sauf calme. On entendait d'ailleurs encore la bâtisse grincer sous les assauts des rafales. Il ne restait qu'à espérer que rien ne cède, au moins avant que la pluie ne cesse.
La Hön regarda l'artisan de la tête au pied, avec toute l'amertume matinale dont elle était dotée. Un silence pesant avait commencé à s'installer avant qu'elle ne le brise par deux phrases courtes et sèches :

-Tu es en retard. Donne moi ça.

Pas un bonjour, ni un merci, elle lui arracha l'objet des mains sans une once de gratitude. Un sourcil haussé, la Hön observait le travail de son cousin. Les lanières avaient été changées, elles étaient correctes, mais c'était là le seul détail positif. Si son oncle voyait de là où il était le résultat global, il s'en retournerait probablement dans sa tombe. Des années d'apprentissage pour ça : des renforts en cuir grossièrement cousus sur des plaques de métal avec de vulgaires fils de laine. Fjölan ne fit pas dans la délicatesse pour dévoiler son avis :

-Bon sang, j'ai presque honte de la rendre ainsi C'est une bénédiction du Gardien qu'il ait fait les Stoltnavë ! Je n'ose même pas imaginer ce que ça aurait été d'avoir à souffrir ton incompétence sans aucune autre alternative. Mon cher Lars, tu vas passer quelques temps à Källorby ou je ne veux plus jamais te voir ici. Sort immédiatement. ( sa voix se fit rugissement ) Immédiatement, j'ai dis !

Il soupira et quitta le hall en trottant, sans rien prononcer. Qu'il ose un jour, faire preuve d'effronterie face à celle qui était passée d'une gamine plus jeune que lui, qu'il avait longtemps raillé facilement, à une supérieure intransigeante. Elle l'attendrait au quart de tour et lui renverrait son insolence de plein fouet.

Les premiers rayons du soleil perçaient difficilement les ténèbres de la nuit, qui peinait à céder sa place au jour. La Kallhjärta se rendit au point de rendez-vous, sa capuche rabattue sur la tête ne laissant dépasser que le bout de son nez. Elle n'était dehors que depuis une malheureuse minute et déjà la toile de sa cape ruisselait comme si elle était passée sous une cascade. Un éclair illumina soudainement la forêt, la présentant sous une lumière brève et crue. Un grondement sourd, éloigné, se fit entendre, résonnant plus dans sa cage thoracique que ses oreilles. Malgré le temps menaçant, plus loin, elle ne tarda pas à apercevoir l'éleveur assit aux côtés de son éclatant wyrmide. Arrivée face à lui, elle le salua sans un mot, mais avec égard, poing sur le cœur. Sans grandes manières, elle lança l'armure sur les jambes du Vågarhaimien, suivi d'un petit sac en toile.

-C'est pas du grand art, mais j'espère que ça tiendra. Je ferais en sorte de te trouver un vrai forgeron plus tard. Et ça c'est pour éviter de démarrer la journée le ventre vide. Du pain et un morceau de viande séché. A toi de décider si tu partages avec ta bête ou non. Nous partons maintenant. Le lieu choisit pour  l’entraînement est juste à côté, mais la route sera plus longue et pénible que prévue.

Elle tourna les talons et s'élança d'un pas pressé, s'emmitouflant un peu plus dans sa cape. Il ne fallait pas perdre de temps, l'orage approchait et l'ondée se faisait de plus en plus forte. Il était préférable d'arriver à destination avant que la marche devienne impossible. La pluie était une chose rare aux Erfeydes, à laquelle personne n'était réellement habitué ici. Mais loin d'être apaisante, elle était vile, verglaçant les routes, s'insinuant dans les vêtements pour vous geler jusqu'à l'os. Elle avait quelque chose d'agressif et envahissant que la neige n'avait pas. La jeune femme emprunta un chemin glissant, déjà envahit de glace souillée et pâteuse, le seul amenant à la clairière de Wiltblöm, qui était en temps normal réservé à certains rituels des émissaires du coin. Il n'était heureusement pas blasphématoire de dédier momentanément ce lieu au dressage du reptile. Il n'y avait rien d'autre à endommager que des herbes hautes et en son centre un cercle de terre battue, aujourd'hui boueuse et collante. S'il y'avait bien quelque chose qui allait les agacer, ce n'était non pas le tonnerre ou le vent, mais bien cette horrible humidité qui tranchait net avec le froid sec qu'offrait habituellement le pays. Haut dans les cieux commençaient à profiler des nuées de Thörkotka, dont les cris stridents résonnaient dans un écho qui n'en finissait plus. La bête à ses côtés se faisait de plus en plus tendue, elle le sentait aisément, l'animal avait beau ne pas esquisser une once de résistance à son maître, l'hésitation se faisait sentir dans ses pas. Le wyrmide se déroba alors brusquement suite à un coup de tonnerre plus proche que les précédents, manquant de la renverser si elle n'avait pas esquivé à temps. Elle avait jugea avoir bien fait de garder une méfiance constante envers l'énorme lézard. Tout autour d'eux semblait chargé  d'un air électrique, alors que le pire de la tempête était à venir.
Les bourrasques s'enhardirent, encore plus froides, encore plus puissantes. Fjölan se frotta les épaules, scrutant le ciel avec un air dubitatif. Il aurait peut-être fallu patienter un peu, mais il était trop tard pour reculer, et surtout il aurait été humiliant de renoncer maintenant. Elle expira longuement par le nez et écarta les bras, plantée au milieu du cercle en fixant le reptile et le dresseur.

-J'attends tes instructions.





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Posté dans Re: Grand Wyrmide pour Grand Chef   - Lun 30 Juin 2014 - 8:55

Il la salua respectueusement, sans prononcer un seul mot. Un seul, de remerciement, fusa d’entre ses lèvres quand il reçut son armure. La qualité du renforcement, il n’en avait rien à faire. L’idée était juste de rajuster une protection supplémentaire qui tienne quelques temps. Les wyrmides aimaient bien jouer pendant les dressages, montrer leur esprit rebelle pour les plus récalcitrants. L’armure se chargeait de leur rappeler qu’un bras protégé n’est pas à mordre. Un wyrmide en colère, décidé à vous dévorer vivant, en revanche… C’était une autre affaire. Il espérait que le travailleur qui avait renforcé son principal outil de dressage après son lien n’avait pas passé trop de temps dessus. Son oeuvre allait être réduite en charpie.

La pluie tentait vainement de percer des cratères dans le visage de Krav, tandis qu’ils se dirigeaient vers le terrain qui leur servirait d’entraînement. L’éleveur n’avait toujours pas entamé les provisions ramenées par Fjölan. Il préférait attendre encore un petit peu. Chaque détail devait être soigné. Non seulement il s’adonnait à un type de dressage peu commun, mais il le faisait pour son chef. Malgré la brutalité de la chose, il avait intérêt à faire ça en donnant le maximum de son talent. Y’allait avoir du spectacle. A cette idée, un frisson traversa son échine. Un frisson désagréable qui n’avait rien à voir avec le froid, le vent, ou la pluie. Il jeta un regard à Wän’Shaa, qui marchait péniblement à ses côtés. Un bref sentiment de regret, qu’il chassa aussitôt. Il n’allait pas aimer. Mais deviendrait la monture de la chef des Shaas d’Argent. Un bon échange de procédés.

Une fois arrivés sur place, Krav prit le temps de jauger le terrain, le parcourant en silence. Se remémorant chaque précepte, chaque enseignement de son satané père. C’était parfait. Suffisamment d’espace, et trop peu pour que le wyrmide puisse tenter une échappée dans le cas où la peur prendrait le dessus. Il pensa au moindre truc, la moindre parole de son père, faisant un tri mental des informations pertinentes, et de celles qui ne l’étaient pas. Mais la première chose à faire… Il leva les yeux vers le ciel, qui s’assombrissait à vue d’oeil. Il avait peut-être été un peu vaniteux sur ce coup là… Si le dressage n’en serait que plus efficace, lui n’allait vraiment, mais alors vraiment pas s’amuser. Il retira son manteau en premier, l’accrochant à une branche. Puis, en dépit du sens commun, son haut de cuir. Immédiatement, il sentit les fourches glacées transpercer sa peau lézardée de cicatrices. C’était vraiment pas agréable. Il attacha soigneusement chaque plaque, glissa ses doigts dans le gantelet, et fixa la lanière de cuir à la sangle de la hanche opposée, cousue à son pantalon spécifiquement pour ça. Il fit de grands moulinets avec son bras ferraillé pour tester la solidité de la nouvelle lanière. A ce niveau tout allait bien. Quant aux renforts… Il ne fit aucun commentaire. C’était un drôle de travail, mais il s’en contenterait.

Dès qu’il commença à se déshabiller, le wyrmide s’accroupit au sol, fixant son maître, sans remuer un seul muscle. Il savait ce qui arrivait. Ne comprenait pas. Il était déjà dressé. C’était pour jouer ? Le regard de Krav, qui se tourna vers lui, eut tôt fait de le dissuader. Les yeux de l’éleveur étaient toujours pétillant de vie, d’émotions qu’il taisait, mais qu’il ressentait. L’ironie y avait souvent sa place, et avec ses bêtes, l’amusement. Plus maintenant. Un regard de glace. Vraiment. Un reptile affamé aurait eu du mal à rivaliser avec la méchanceté et l’agressivité qui brillaient dans son regard. Si changer brutalement d’émotion était impossible, il suffisait à Krav de se remémorer son enfance au sein du clan pour s’énerver. Et en l’occurrence, il rajoutait suffisamment de panache dans ses expressions pour avoir l’air d’un tueur sur le point d’exécuter sa proie. Les poings serrés, droit comme un i, il fixait son wyrmide et ami sans la moindre once d’affection, de compassion, de respect. Un déserteur aurait sûrement eu droit à un regard plus chaleureux. L’effet fut immédiat : le wyrmide se coucha, partagé entre l’envie de se barrer de là fissa, et celle de rester, parce qu’on avait quelque chose à lui apprendre.

Il s’approcha de Fjölan, qui attendait justement qu’il fasse quelque chose, et attira le wyrmide jusqu’à lui.

«Goûte. Tends ton bras, Hön Kallhjärta. Devant toi. Oui.»

Le reptile vint sentir, puis goûter de sa langue noire et fourchue la peau de Fjölan. C’était le processus crucial de “passation”, le dresseur faisait goûter son nouveau maître. Leur mémoire des goûts et odeur était prodigieuse, et leur permettait de reconnaître une senteur à des dizaines de mètres, de même qu’un goût. La bête comprit immédiatement. Fjölan serait sa maîtresse. Ce qu’il comprenait moins par contre, c’était la tenue de Krav. Celle qu’il avait pour le dressage.

Krav s’assura qu’il ait bien mémorisé l’odeur de son nouveau maître, puis se tourna vers sa chef.

“A ce stade, le wyrmide est pratiquement sous tes ordres. En règle générale on laisse des instructions à ceux à qui on les livre. Parce qu’il faut l’entraîner à obéir aux ordres. Tu auras remarqué que les miens sont très dociles, et que je peux en diriger beaucoup en même temps. Sans mon lien ça serait totalement impossible. En revanche il leur faut le temps de découvrir ceux avec qui ils vont passer le reste de leur existence.»

Il désigna ensuite le dos de la bête.

«Monte dessus. Habitue toi à grimper dessus, à en descendre. Quand tu seras à l’aise on pourra passer au reste.»

Il attendit qu’elle ait fini. Ca ne prenait pas longtemps, mais l’épine dorsale des Wyrmides était très particulière, on ne pouvait même pas les harnacher ou les seller. De fait, ces montures n’étaient pas très répandues justement à cause de la difficulté qu’avait le cavalier à rester en place. Un tel reptile était très rapide, et les oscillations irrégulières de ses pattes pouvaient vous désarçonner assez facilement.

Une fois qu’il fut sûr qu’elle saurait remonter dessus rapidement, il désigna les abords de la clairière d’un geste de la tête. Son regard s’était encore assombri, et restait fixé sur le reptile blanc. Il avait compris, Fjölan était sa nouvelle maîtresse. Krav observa la Hön.

«Reste bien à l’écart. Quand je le dirai, interpose toi, entre lui et moi. Physiquement. Tu comprendras quand je le dirai.»

Il entraîna le wyrmide vers le milieu de la clairière, et se plaça devant lui. La pluie battait fort, très fort. Krav était complètement frigorifié. Malheureusement ça n’allait pas durer. En dépit du bruit du vent, du grondement du tonnerre, du bruit du violent crachin sur le terrain… Le choc puissant de son poing armé contre la mâchoire du wyrmide fut largement perceptible, et brutal. Il enchaîna avec un autre. Encore un autre. Le pied cette fois, visant l’épais cou de la bestiole. Il enchaînait. Son wyrmide était bien dressé, il ne réagissait pas, restait simplement dans l’incompréhension, pensant peut-être avoir fait quelque chose de mal. Mais il n’attaquerait pas celui qui l’avait dressé. Krav le comprenait parfaitement, et c’est ce qui l’énervait, le blessait. Elle était trop bien dressée cette idiote. Elle se contentait de subir les coups violents de Krav sans esquisser de mouvement à son encontre. Dommage pour Wan’Shaa, ça risquait de durer un petit moment. Et Krav n’avait aucun scrupule à le marteler de coups, de plus en plus violents. Il se faisait accessoirement mal aussi, la peau d’un wyrmide était diablement dure, et pour réussir à lui faire mal, il devait systématiquement y mettre une bonne partie de sa force.

Il reprit un peu de distance, fixant le wyrmide. Il encaissait, encaissait. Mais ça ne durerait pas, cela se voyait à son regard. Ses griffes étaient ancrées dans la neige, ses pupilles rétractées.

«Hön Kallhjarta. Tiens toi prête.»
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Posté dans Re: Grand Wyrmide pour Grand Chef   - Jeu 24 Juil 2014 - 15:39

Calmement, son regard passait du dresseur à l'animal mais la Kallhjärta haussa tout même un sourcil en voyant le Vågarhaimien se déshabiller sous ce temps infect.  Elle ne fit aucun commentaire mais s’emmitoufla un peu plus dans sa chaude cape bordée de fourrure, tout ça lui rappelant à quel point le vent était glacial et la pluie désagréable. Elle ne broncha tout de même pas quand elle dû tendre son bras, ni à la langue gluante et acide qui passa sur sa peau. Fjölan n'eut pas le temps de poser des questions que déjà Krav éclaircissait certains points. Évidemment, habitué à la tâche il savait d'avance les interrogations auxquelles étaient confrontés les nouveaux maîtres de wyrmides. Tout se gravait dans son esprit, il n'y aurait pas besoin de répéter. Il savait, elle écoutait.

Elle devait maintenant s'habituer plus concrètement à Wän'Shaa. La guerrière était monté sur le dos du wyrmide sans aucune difficulté. Ce qui était intriguant en revanche, c'était la physionomie du reptile, qui laissait un confort des plus sommaires. Modifiant son assiette, se redressant, remuant un peu, elle tenta d'estimer quelle posture était, non pas la plus agréable, mais la moins inconfortable. La jeune femme se cala un peu mieux entre les plumes, laissa l'animal avancer et estima la façon de se déplacer pour épouser plus subtilement ses mouvements ondulants. Elle ne grimaçait plus, son visage se lissa, à mesure qu'elle comprenait mieux comment la bestiole se mouvait. La Hön souffla, jugeant cette rapide étude suffisante, et mit pied à terre.

S'écarter, puis s'interposer. Tout n'était pas clair, mais elle obéit. Prenant un peu de distance, la Hön regarda d'un air intriguée la suite du dressage.  L'éleveur frappa le reptile. D'abord l'étonnement, puis la gène face à cette scène qui s'éternisait. Elle avait presque pitié de l'animal, qui fixait son dresseur avec une incompréhension tellement tangible qu'elle en était dérangeante. La compassion n'était pas le fort de Fjölan, mais voir la bête se faire frapper de la sorte, sans que celle-ci n'ait fait quoique ce soit pouvant expliquer ce geste, avait réussi à lui serrer l'estomac. Mais elle ne bougea pas d'un cil, observant en silence. Il savait ce qu'il faisait.

Wän'Shaa fini par céder et elle pu contempler là toute la puissance et l'agressivité sous-jacente des wyrmides. Il gratta la terre, s'agita en essayant de se grandir pour se faire menaçant, hérissant son plumage de neige sur sa colonne vertébrale et ses articulations. Un petit sourire satisfait avait commencé à se dessiner sur ses lèvres, mais s'effaça bien vite. La bête s'ébroua et fonça vers Krav en poussant un feulement exaspéré.  Elle ne réfléchit pas et fonça se planter au milieu de sa trajectoire, écartant les bras. Son acte lui parut soudain stupide et elle se demanda pourquoi elle avait écouté ce sombre abruti qui s'amusait à frapper de mortels prédateurs, pratiquement à poil sous une pluie torrentielle.
Mais le wyrmide stoppa sa course effrénée, utilisant même ses griffes pour éviter de percuter la Hön, laissant alors un effrayant et profond sillage dans la terre derrière lui.
Son regard était planté dans celui de la créature. Il la fixait, la gueule béante et son haleine aussi chaude que putride caressant sa peau. Un instant, elle pensa qu'il allait lui avaler tout rond la tête. Mais rien ne se passa. Il rangea ses crocs aiguisés et attendit, le souffle lourd et encore agressif.
Non sans restes de stupeur, elle demanda du ton le plus posé dont elle était actuellement capable, sans quitter les pupilles fendues qui la fixaient férocement :

-Je... Je fais quoi maintenant ?

Elle hésita à esquisser un mouvement pour repousser l'animal, mais préféra ne pas risquer de se faire arracher le bras. Alors, tant bien que mal, elle patienta en attendant de nouvelles directives.





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Posté dans Re: Grand Wyrmide pour Grand Chef   - Jeu 24 Juil 2014 - 16:11

La suite des opérations était celle qui rassurait le moins le grand Shaas. Pas qu’il aimait particulièrement cette séance de dressage, ceci étant. Elle le mettait même carrément hors de lui. Non pas que rendre service à sa faction le dérange. C’était simplement le fait de devoir leur faire du mal. C’était sûrement quelque chose d’assez difficile à comprendre pour la Hön, et il ne se risquerait de toute façon pas à parler de lui au point de s’épancher sur ce genre de sentiments. Mais les wyrmides étaient toute sa vie. Sans eux, il perdait sa raison d’être. Quand on passait autant de temps avec eux, on découvrait des animaux certes étranges -ce qui collait finalement assez bien aux Vedskygge - mais plein d’une sorte d’affection maladroite, et surtout, une fidélité sans faille. Leur intelligence et leur spontanéité toute animale en faisaient également des êtres incapables de tous les travers que l’on pouvait reprocher aux humains. Bref, malgré leur défaut, Krav avait fini par préférer leur compagnie à celle des hommes. Devoir les blesser comme il le faisait, c’était comme se poignarder soi-même le coeur. Il y avait de quoi énerver.

Il observa, avec une certaine appréhension - c’était une première pour lui - Wän’Shaa foncer droit sur Fjölan. Il aurait été bien embêté de voir la bête décapiter son chef et d’en faire son repas. Pour expliquer ça aux autres…

Cependant, elle réagit comme prévu, et comme espéré surtout. Fjölan ne fut pas touchée d’une plume par la bête, qui si elle était encore furieuse, refusait tout net de toucher à sa nouvelle maîtresse. L’inquiétude de Krav venait essentiellement du fait que la bête était intelligente. Elle aurait pu très mal réagir en voyant une maîtresse présentée par celui qui désormais, semblait la détester. La psychologie reptilienne est assez difficile à appréhender, ne nous attardons pas dessus.

«Elle refuse de te faire du mal. Tu as, dans son coeur, pris ma place.»

C’était une des étapes les plus importantes, mais il en restait une. Il resserra son armure autour de son bras, écarta légèrement les jambes, fléchit les genoux et se voûta en avant, pour se préparer aux chocs qu’il n’allait pas manquer d’encaisser.

«On va devoir vérifier qu’il sait reconnaître le mal. Et qu’il veuille bien l’éliminer surtout. Dis lui d’attaquer. D’attaquer l’ennemi. Formule ton ordre de façon simple, car tu devras l’utiliser à chaque fois. Et désigne bien ta cible, où à la moindre mention de cet ordre, il attaquera la première personne à portée de lui.»

Tout était prêt. Oh, un détail :

«… Dis lui d’arrêter avant que je ne lui serve de repas, Hön Kallhjärta. Et c’est quand tu veux.»

Un maigre sourire naquit sur ses lèvres. Ses prunelles d’émeraudes, s’étaient durcies comme la glace, et ses traits arboraient maintenant les parures de la méchanceté pure. Eut-il eu un ennemi devant lui qu’il n’en aurait pas mené très large tant l’expression de Krav tendait vers l’inhumanité. Il voulait montrer à Wän’Shaa qu’il était son ennemi, et prêt à le tuer. Qu’il sente toute sa haine (feinte au demeurant), toute sa férocité. Et avoir l’air méchant, Krav était passé maître dans l’art, ses expressions naturelles n’étant pas vraiment rassurantes de base. Il ne restait plus qu’à espérer que la Hön réagirait à temps, sans quoi son séjour à Ystenhaim aurait été aussi intense que bref.
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Posté dans Re: Grand Wyrmide pour Grand Chef   - Ven 25 Juil 2014 - 15:56

Fjölan plissa les yeux, un peu interloquée par ces méthodes des plus singulières. En tant normal, elle aurait crié à la folie, mais le Vedskygge semblait si sûr de lui qu'elle se contenta d'acquiescer. Elle lui faisait confiance, et dans le pire des cas, s'il mourait à cette tâche, c'est que ses fantaisies auraient eut raison de lui, tôt ou tard. Elle aurait presque frissonné à la vue du masque de cruauté qui venait de se dessiner sur son visage, mais la chef ne cilla pas. Bien. Commençons alors. Le regard froid et le ton sec, elle s'écarta et pointa du doigt le dresseur pour ordonner fermement :

-Attaque.

Le wyrmide ne bougeait pas d'un muscle, toujours prostré en grognant. La Hön se fit donc plus agressive, la mine courroucée, l'ordre claquant :

-ATTAQUE.

La réaction ne tarda pas plus. Elle s'écarta afin d'éviter d'être piétinée, car le wyrmide venait de foncer avec une sifflement strident. Il tentait de saisir l'ennemi factice entre ses mâchoires puissantes, finissant par coincer le bras armé entre ses crocs acérés. La force qu'il mettait à secouer la tête était inouïe, au point qu'elle se demanda comment le Vågarhaimien ne s'était pas démit l'épaule. Ce dernier d'ailleurs, s'en tirait drôlement bien. Avec intérêt, elle observa le combat. Elle avait ici l'occasion de non seulement voir de quoi était capable l'animal, mais aussi un de ses guerriers. S'il pouvait résister de la sorte à un reptile d'une centaines de kilos, il était aisé d'imaginer ses facilités face à un être humain. Mais humain, il l'était aussi et ne pouvait rester éternellement à batailler contre une telle bête. Fascinée par la scène, elle en avait oublié le temps qui passait et Krav, l'air de rien, faiblissait légèrement au fil des longues minutes. Le wyrmide, lassé de mordre pour rien, avait fini par en venir aux griffes et avait d'un revers de patte tenté d'éventrer son dresseur. Fjölan sortit brutalement de sa contemplation et s'écria de suite :

-ARRÊTE.

Comme un de ces coups de tonnerre qui résonnaient au loin, sa voix avait fendu l'air, sans qu'elle ne bouge pourtant d'un pas. Wän'Shaa lui avait obéit immédiatement, mais elle aurait dû réagir plus vite. La bête recula avec un petit grondement. Pour sa défense, les mouvements vifs de l'animal étaient relativement difficiles à prévoir, mais elle se maudit intérieurement la lenteur qu'elle avait mit à agir. Krav, lui, connaissait heureusement assez ses bêtes pour s'écarter et éviter que le coup lui soit mortel. La lésion était superficielle, et saignait peu, bien qu'elle ne devait pas être des plus agréables. Quelqu'un d'autre se serait sûrement retrouvé avec les tripes répandues sur le sol. Avec un claquement de langue agacé, elle poussa d'un coup de coude la bête, jetant un œil sur les estafilades de l'éleveur.

-Je ne pensais pas que ça irait aussi vite. Je dois avouer être assez surprise de sa pugnacité. Ta plaie ne m'a pas l'air bien grave, mais pouvons nous poursuivre ?





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Posté dans Re: Grand Wyrmide pour Grand Chef   - Sam 26 Juil 2014 - 4:22

Ces sales bêtes pesaient près d’une demi-tonne une fois adultes. Et Wän’Shaa était parmi les plus vigoureux spécimen qu’il avait jamais élevé. De fait, le combat, si on pouvait nommer cette lutte sordide ainsi, était pratiquement à sens unique. De son côté, Krav avait l’avantage de connaître parfaitement les mouvements et les “techniques” d’un wyrmide sauvage, ou furieux comme dans le cas présent. En revanche, les inconvénients étaient cumulés. Le temps, déjà, qui ne facilitait pas grand chose. La pluie le lapidait, le vent glacial engourdissait légèrement son corps. Il avait l’habitude, mais ça restait tout de même une belle épreuve en soi. Ensuite, le simple poids de la bête était à elle seule une arme. Si le wyrmide ne tentait pas de le tuer, il aurait simplement pu user de son poids pour écraser Krav sans cérémonie. Ainsi il avait la chance de lutter contre des crocs et des griffes plus que contre la gravité. Et pour finir la lutte n’était pas équitable dans le sens où le dresseur n’avait pas la moindre envie de faire du mal à ce qui était il n’y a pas si longtemps son ami.

Quand la griffe fusa, il eut la présence d’esprit de se décaler  juste à temps. Il prit un sale coup, mais au moins, n’aurait pas la vue sur ses entrailles. Pendant un instant, il crut que Fjölan oublierait d’arrêter l’assaut de sa monture, tant elle semblait obnubilé par le combat peu commun qui se déroulait sous ses yeux. Il remercia le Gardien de l’avoir fait réagir avant qu’il ne le réduise en pièces.

A moitié allongé dans la neige pâteuse, le souffle court, il observait le wyrmide et Fjölan par intermittence. Puis se souvint qu’il était blessé. Un bref regard sur sa blessure lui apprit qu’il n’y avait d’excessivement grave. Quatre longues lacération barraient son abdomen en biais, mais peu profondes. La pluie favoriserait le nettoyage de la plaie et l’écoulement du sang.

Il se releva donc, une main sur le ventre, et haussa les épaules.

«Wän’Shaa est un wyrmide assez vivace. Plus que beaucoup de ses confrères en tout cas. Enfin… tu as réagi à temps Hön Kallhjärta. Le temps passant, tu arriveras à anticiper ses plus infimes mouvements, mais ça me concerne pas vraiment.»

Son armure ayant été déplacée par les mâchoires et les coups du reptiles à de nombreuses reprises, il la remit en place et vérifia qu’elle n’était pas trop endommagée. Il y tenait beaucoup, mine de rien, et sans elle se serait d’ailleurs sûrement fait arracher le bras. Au lieu de ça, il ressentait surtout la raideur musculaire qui venait avec chaque effort trop poussif. Il s’étira copieusement le bras, puis répondit à sa dernière question.

«Oui, nous pouvons. On va commencer à tester tes réflexes… et les siens. Toute à l’heure tu as du lui demander d’attaquer deux fois. C’est trop. Cela suffirait à un déserteur pour te coller une flèche entre les deux yeux, ou pour s’enfuir. Recommence. Et cette fois, dis lui de s’arrêter au moment où il s’apprête à me frapper. Je dois voir la mort de près, mais elle ne doit pas m’atteindre.»

Il prendrait ses précautions au cas où. Il était peut-être étrange, peut être insolite, mais certainement pas fou au point de se laisser frapper par un wyrmide lancé à pleine vitesse. Restait plus qu’à voir si elle s’en sortirait.
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Posté dans Re: Grand Wyrmide pour Grand Chef   - Jeu 31 Juil 2014 - 9:23

De nouveau, elle ne fit qu'hocher la tête. Elle n'avait aucune question, tout était clair. Ses méthodes étranges commençaient à donner du sens, pour révéler une ruse à la fois fine et brutale. La guerrière ne s'inquiéta que très brièvement de l'état du dresseur. Il était opérationnel, un peu rouillé certes, mais rien ne semblant réellement l'handicaper. La jeune femme se redressa, attendant que la cible se remette d'aplomb. Quand tout était près, son regard se planta sur l'animal :

-Wän'Shaa, attaque.

Elle n'eut pas à pousser le ton, ni à répéter. L'ordre avait été sec, précis, inébranlable. La bête avait obéit immédiatement, bien plus réceptive à cette façon de procéder qu'à la précédente. Elle commençait à comprendre la psychologie de l'animal. Ces bêtes exécutaient visiblement plus facilement les directives de maîtres reproduisant leurs attitudes. La voix calme, sifflante, facilitée ici par son accent chuintant des Perceciels, une attitude froide et stoïque. En observant Krav et le wyrmide, elle assimilait les détails, au début presque imperceptibles, mais se révélant au final essentiels.
Le reptile mit plus de cœur à l'ouvrage que précédemment. Il voulait en finir maintenant, las de cet exercice bizarre. Elle laissa l'éleveur esquiver quelques coups de griffes vils, mais quand Wän'Sha  ouvrit grand la gueule, dans ce qui allait très vite devenir une morsure mortelle, elle lui ordonna, calmement, nettement :

-Arrête.

La mâchoire béante face au visage du Vedskygge, la bête attendait. Avec un râle agacé, dont les relents ne devaient pas êtres des plus printaniers d'ailleurs, il s'agita un peu, mais resta docile. Elle laissa un peu patienter, testant ses limites, mais il ne céda pas. Fjölan insista enfin sur l'affrontement finit.

-Recule.

Un souffle bref des narines et le wyrmide retourna vers sa nouvelle propriétaire. Il se coucha en grognant dans la terre boueuse, un peu agacé de cet étrange entraînement. La Hön posa la main sur la tête écailleuse, esquissant un léger sourire malgré l'eau ruisselant sur son visage:

-Je pense qu'on commence à comprendre tous les deux le fonctionnement. Leur capacité d'adaptation m'étonne. Pour des créatures à sang froid, elles sont drôlement intelligentes. Tes aptitudes y sont sans aucun doute pour beaucoup.

La Kallhjärta n'était normalement pas des plus généreuses en compliments. Elle devait s'avouer surprise d'une telle évolution, en un temps record. Une connaissance parfaite de ces animaux, et il en faisait ce qu'il voulait, quand il voulait. Certes, l'entraînement était loin d'être fini, mais le plus impressionnant était sûrement accompli. Passer d'une bête pacifiée à une machine de combat, c'était déjà assez remarquable comme ça.





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Posté dans Re: Grand Wyrmide pour Grand Chef   - Jeu 31 Juil 2014 - 14:17

L’affrontement, encore une fois, fut très âpre. Si d’expérience et avec de l’entraînement, Krav résistait avec une étonnante détermination aux assauts d’un wyrmide adulte, il n’était cependant pas de taille -personne ne l’était- à se battre sur la durée avec un reptile d’une demie tonne dont tous les assauts peuvent s’avérer mortels. Il se demanda, pendant le combat, si son chef n’en profitait pas pour tester à la fois les limites de Wän’Shaa et les siennes. Ainsi, il fut soulager dès qu’il entendit l’ordre sonnant l’arrêt des hostilitiés. Le Vedskygge avait clairement pu sentir toute l’animosité et la violence de la bête. Si pendant de nombreuses années, il s’était occupé de lui comme un père de son fils, désormais, la rancune et la colère avaient totalement remplacé ces sentiments. Ils n’étaient, après tout, que des animaux. Et leur fonctionnement, bien que complexe, était beaucoup moins retors que le psyché humain.

Il massa copieusement ses membres endoloris par le combat et le mauvais temps qui n’arrangeait pas vraiment ses affaires, puis sourit à moitié en observant la bête obéir à Fjölan au doigt et à l’oeil. Il leur restait beaucoup de travail, ça c’était indéniable. En retournant à Vagårhaim, il voulait être certain que la bête n’esquisserait aucun mouvement à l’encontre de ses alliés et de son maître. Et seul un peu de temps le lui prouverait.

Essoufflé, il hocha simplement la tête avant de répondre.

«Les reptiles sont plus intelligents que nous sur bien des aspects. Et leur réactivité nous dépasse de très loin. Même armé, je ne donne pas cher de la vie d’une proie humaine.»

Il prit quelques secondes, également, pour vérifier son état. Outre la fatigue qui engourdissait de plus en plus ses membres, il était désormais couvert de petites lacérations. Eviter tous les coups avait été totalement impossible, et encore, heureusement qu’il se nourrissait encore très souvent d’aliments imbibés de venin. Une seule griffure ou morsure pouvait s’avérer mortelle, pour peu que la blessure soit assez profonde.

«Le vent ne porte pas que le son, Hön Kallhjärta. Son souffle porte en lui plus que ce que l’on ne peut imaginer, l’écouter puis s’en servir permet beaucoup de choses. Les sentiments, même muets, font vibrer l’air aussi bien que peut le faire un hurlement ou un coup de marteau. Cela vaut pour nous, mais aussi pour eux.»

Il désigna d’un signe de tête Wän’Shaa, au pieds de sa nouvelle maîtresse. Au fond, il était blessé de voir ce changement de comportement aussi radical et démoralisant que satisfaisant. Il n’aurait pas pensé pouvoir le faire changer de bord aussi facilement, et pourtant cela s’était passé avec une vélocité qu’il n’attendait pas du tout. Ceci étant, cette même rapidité le taraudait légèrement. Après tout ce temps, changer aussi facilement… Il venait de se faire un ennemi, que seul Fjölan pourrait retenir. La mémoire des wyrmides était bien moins développée que la leur, mais ils avaient une mémoire olfactive très puissante, de même que leur mémoire du toucher. Autrement dit, l’odeur de Krav suffirait à le rendre méfiant, même s’il oubliait les évènements d’aujourd’hui et des jours qui allaient suivre.

«Par contre si ça ne te dérange pas, j’aimerais qu’on retourne à Ysthenhaim. Si Wän’Shaa me saute dessus une seule fois de plus, je pense que je vais y laisser ma peau. Nous avons bien progressé, et vous faites tous les deux du très bon travail. Il me reste quelques petites choses à t’apprendre, mais une grosse part du travail est faite. Quant à moi, je ne cracherais pas sur un bout de viande et de l’alcool bien chaud.»

Un petit rire bref ponctua la fin de sa phrase. Il n’était pas impoli, juste horriblement franc. Krav est très compliqué, d’un point de vue psychologique. Mais certains points de son psyché sont constants et totalement inébranlables, comme cette franchise qui malgré le respect immense (et le mot est faible) qu’il éprouvait pour Fjölan, le poussait à mettre par paroles ses souhaits de la façon la plus naturelle qui soit.

«Pour le retour, c’est toi qui vas guider ta nouvelle monture à l’enclos. Agis et parle simplement, il comprendra en te voyant bouger. Si je m’approche de lui, je risque de lui servir de repas.»
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Posté dans Re: Grand Wyrmide pour Grand Chef   - Mer 6 Aoû 2014 - 8:36

Elle apprécia l’honnêteté de l'éleveur. Aucune fioriture ni hypocrisie, sans pour autant manquer de courtoisie. Beaucoup devraient prendre exemple sur lui. Entre les faibles pompeux qui usaient de phrases sans fin pour demander une chose infime et les idiots vulgaires qui lui parlaient comme si elle était la tavernière de leur village, le juste milieu parfait était assez rarement observé. Avec une ombre de sourire, elle hocha la tête une énième fois, concluant ce manège une bonne fois pour toute :  

-Inutile de rester plus longtemps sous cette pluie diluvienne si ce n'est que pour commettre des imprudences, en effet. Ce dressage prendra le temps qu'il faudra, je ne tiens pas à précipiter les choses. Tu mérites ton repos.

Sans rien ajouter de plus, elle attendit que Krav se dérouille encore un peu et récupère ses vêtements. L'Erfeydienne se tourna vers le wyrmide et lui ordonna d'une voix posée de la suivre, sans qu'il ne rechigne. D'un pas lent et lourd, probablement un peu fatiguée par les exercices, la bête
avança à ses côtés, paisible un certain moment. Il vint tout de même un moment où elle tenta de mordre Krav, ouvrant peu à peu sa gueule en sifflant dans le dos du dresseur. Mais la guerrière recadra l'animal, tonnant pour éviter l'accident, même si le Vågarhaimien avait sans aucun doute senti ce qu'il se passait avant même que la Kallhjärta ne le remarque.

-Wän'Sha, calme.


L'imposant lézard étendit un peu plus le cou, défiant un peu l'autorité de sa nouvelle maîtresse, mais Fjölan resta inflexible, assénant une légère tape sur le bout du museau de l'animal.

-J'ai dis calme.

Recadré, il se remit à regarder droit devant lui, avançant docilement tout le long de cette route boueuse sans qu'aucune autre contrariété n'entrave encore leur chemin. Quand ils arrivèrent à Ystenhaim, le village ne faisait que s'éveiller, malgré le temps conséquent qu'ils avaient passé dans la clairière de Wiltblöm. Les toits et les arbres gouttaient, le peu de passants se plaignaient des flaques qui souillaient le sol et les bâtisses. Ce genre d'humidité n'était vraiment pas la bienvenue dans un hameau presque entièrement construit en bois. La journée ne faisait que commencer dans ce constat de l'averse matinale mais eux avaient déjà besoin de repos. Le Hall leur garantit la tranquillité nécessaire, où Krav pu bénéficier d'un repas consistant et d'une chope d'hydromel au lait d'Howok. Fjölan se contenta d'une simple bière et un bol de baies sauvages, n'ayant pas réellement besoin de se requinquer, seulement assimiler et retenir les informations de cette matinée.

La vieille Idun traita et pansa les plaies du dresseur, ruminant sur combien les jeunes étaient devenus imprudents, en appliquant un de ses incroyables cataplasmes dont elle seule avait le secret. La Hön avait beau lui expliquer comme elle pouvait ce qu'il s'était passé, elle restait à radoter inlassablement sur l'absurdité de prendre de tels risques. L'ancienne Tülgryningen repartit ensuite comme elle était venue, loin d'être un modèle de politesse.





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Posté dans Re: Grand Wyrmide pour Grand Chef   - Jeu 7 Aoû 2014 - 6:43

Sur le retour Krav observa attentivement le wyrmide, mais aussi sa nouvelle maîtresse. Rassembler toutes les données sur leur comportement l’aiderait à dresser Wän’Shaa comme elle devrait être. Si parfois il “bâclait” le dressage, ou tout du moins ne formait les animaux qu’à une tâche précise, il se devait cette fois de donner à peu près tout ce qu’il savait. C’était la monture d’un Hön qu’il devait re-former, pas celle du pêcheur du coin. Encore que… Les pêcheurs qui possédaient des wyrmides en avaient généralement pour chasser le nageombre… et une partie du dressage se déroulait sous l’eau. Cette pensée lui arracha un frisson. Il avait déjà assez froid comme ça, pas la peine de s’imaginer les eaux glaciales du Loch des Ecailles Noires.

Il n’avait aucune idée de l’heure qu’il pouvait être, mais il fut assez surpris de voir qu’Ystenhaim s’éveillait tout juste. Il avait l’impression d’avoir passé toute la journée dans la clairière. D’un autre côté, quand ils avaient quitté le village, il faisait encore nuit. Resserrant son manteau autour de ses épaules, il s’appliqua à se faire le plus petit possible. Même si c’était relativement compliqué. Timide ? Pas du tout. Il n’aimait vraiment pas les hommes, ni les femmes, ni même les enfants. Sa vie était calquée sur le rythme de vie des reptiles qu’il dressait, et il se satisfaisait très bien de leur compagnie. Les problèmes humains, par beaucoup d’aspects trop complexes, agaçants, chronophages pour lui, lui faisaient éviter leur compagnie. Sans compter le reste, qu’il préférait ne pas mentionner, même en pensée. La courtoisie qu’il pouvait montrer venait essentiellement du fait qu’il était loin de Vagårhaim.

«Merci pour le repas, Hön Kallhjärta.»

Ceci figurait parmi les quelques rares mots qu’il prononça une fois rentré. Il dévora sa pitance à une vitesse assez impressionnante. Tous ces exercices avaient ouvert son appétit tel un gouffre béant. Il ne parlait jamais pour ne rien dire, d’où son quasi perpétuel mutisme.

En revanche, il avait du faire un gros effort de contrôle quand il s’était fait soigner. S’il la remercia comme il se devait pour les soins apportés, il ne put s’empêcher de ressentir des picotements de colère en subissant ses remarques. Déjà le simple fait qu’elle ait le culot de commenter une discipline qu’elle ignorait totalement, et ensuite l’imprudence… N’étaient-ils pas tous destinés à prendre des risques inconsidérés en allant risquer sa vie à Mo’Duinne ? Ou peut-être considérait-elle cette épreuve comme une simple formalité ? Vu l’âge qu’elle avait il y avait sûrement moins d’os maintenant que ce qu’il y avait quand Krav avait traversé le dédale gelé, mais tout de même. On envoyait fils et filles à la mort en croisant les doigts pour qu’ils se montrent digne du Gardien, et ensuite on leur reprochait de prendre un peu trop de risques en se battant contre des reptiles.

Il préféra rester muet, et la seule manifestation de sa frustration fut des dents serrées et un silence de mort, pendant qu’il laissait l’ancienne faire son travail. Et il ne put s’empêcher de laisser un soupir de soulagement discret - mais audible - lui échapper. Il rassembla les quelques affaires qu’il avait ramené avec lui, et salua respectueusement Fjölan.

«Je vais te laisser vaquer à tes obligations, je suis parfaitement inutile ici. Je vais m’occuper des neuf autres bêtes, et rester aux alentours de la grange dans laquelle tu me loges. Si tu as besoin de quoi que ce soit, c’est là bas que je serai. Et pour la prochaine séance, demain, même heure que ce matin. Bonne journée, Hön Kallhjärta.»

Il inclina brièvement la tête, poing sur le torse, et s’en retourna vaquer à ses propres occupation, évitant avec soin le regard de toutes les personnes qu’il croisait sur la route de l’enclos. Peu nombreuses vu le temps, mais déjà trop pour Krav, dont l’ouïe subissait déjà le supplice de l’agitation humaine.

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