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La Sentinelle et l'Araignée.

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Peuplade

On m'appelle Astrid Hagen


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VILLE & APPARTENANCE : Pleyrion - Clan Hagen (Erfeydes)
MON AGE : 26 ans
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Posté dans La Sentinelle et l'Araignée.   - Mar 22 Juil 2014 - 14:03


- La Sentinelle et l'Araignée -

Ѫ


Ce fut le cri strident de Wina qui réveilla Astrid en sursaut; elle s'était endormie tardivement et ne s'était pas levée avant l'aube. Voilà qui n'allait pas arranger ses affaires, ça faisait maintenant environ un an que les étrangers étaient sur leurs terres, un an qu'elle se battait donc. Sa vie de guerrière ne lui laissait pas un moment de répit et donc aucune occasion de pouvoir partir à la chasse pour échanger ses prises contre ce dont elle aurait besoin et justement, ses gants commençaient à s'user à force de tirer la corde de son arc et il lui fallait de la paille et du duvet pour mieux rembourrer les draps et les oreillers. Sans parler du vieux chaudron en cuivre que sa mère lui avait laissé il a plusieurs années en attendant d'en avoir un neuf et qui commençait à abhorrer des trous aussi gros que des grains de gros sel, rendant impossible son utilisation à moins d'avoir le sol remplit de jus de gibier.
Le Hön Markin venait tout juste de commencer à accorder certaines permissions car après s'être battus sans relâche pendant plusieurs mois, les guerriers étaient épuisés. Astrid voulait profiter de la sienne pour attraper des proies mais pour ce faire, il aurait fallu s'y prendre tôt, avant l'aube, pendant que le gibier étaient encore endormi et négligeant. Cela faisait déjà deux jours qu'Astrid était en repos mais la nuit, les images cauchemardesques de la guerre venait troubler son sommeil ; se forçant à fermer les yeux, on aurait dit que ses souvenirs se moquaient d'elle et qu'ils cherchaient à l'attirer dans la bataille. Elle tournait alors sans cesse dans son lit sans pourtant réussir à s’endormir et c'était seulement par épuisement qu'enfin, la vague noire du sommeil la submergeait. Depuis combien de temps n'arrivait-elle à dormir plus de quatre heures de suite ? Elle avait beau fouiller dans ses mémoires, elle ne s'en souvenait pas. Soupirant longuement, elle repoussa d'une main ses longs cheveux qui tombaient sur son visage et se leva finalement sous les roucoulements joyeux de l'elfym. Il n'était pas si tard que ça mais les faibles rayons du soleil filtraient à travers les pans de bois qui lui servait de volet pour la fenêtre, unique source de lumière dans la fraîche obscurité de la chaumière. Une fois levée, elle se dirigea rapidement vers la bassine d'eau pour se rincer le visage puis se débarassa de sa longue robe en chanvre et toucha sans le vouloir son flanc balafré ; délicatement, elle toucha sa blessure comme si elle venait de la découvrir, et dessina les contours irréguliers qu'elle avait laissé à son corps. Plus elle la regardait et plus elle l'a trouvait laide mais elle l'avait acceptée comme faisant partie d'elle et plus comme une saleté qui avait fait de son corps un étranger ; alors pourquoi ce ressentiment pour Alenoä et elle-même ? Elle s'était battue pour que cette blessure ne la freine en rien dans ses activités de défenseur du village, elle n'avait rien dit de sa souffrance, elle l'avait ignorée presque balayée du revers de la main dela meme façon que s'il ne s'agissait que d'une vulgaire blessure. Ce qu'elle avait cru avoir accepté si facilement n'était enfaîte que du déni pur et simple, elle s'était voilée la face comme un enfant qui ne voulait pas croire à la mort de sa mère, qu'elle allait revenir le bercer la nuit et que tout cela n'était qu'un mauvais rêve. Alenoä et elle étaient jeunes, et la guérisseuse s'était confrontée à un mur. Depuis, elle l'avait toujours soigneusement évitée ; Alenoä et elle ne s'étaient revue qu'il y a plusieurs mois, pendant le banquet qui avait été tenu à Pleyrion après la première bataille contre les étrangers.
Beaucoup perdaient un œil, des doigts ou même une oreille, elle devait s'estimer chanceuse que sa balafre ne soit pas si évidente. Chanceuse. Astrid se sentait tout sauf chanceuse, tout ce qu'elle avait, elle l'avait durement gagné.
Nue, elle passa finalement sa tunique en laine et son pantalon, elle cintra son plastron en cuir  puis noua ses avants-bras. Hors de question qu'elle s'habille d'une longue robe en laine bleue comme les femmes du clan Hagen, elle se sentait largement plus à l'aise dans sa tenue de guerrière. Wina, qui sentait sa maîtresse partir, gratta le volet en bois de la fenêtre en poussant des cris frustrés. D’habitude elle préférait dormir dehors mais de temps en temps elle appréciait la chaleur du feu dans la chaumière qu'elle avait appris à aimer au temps où elle n'était qu'un elfron. Astrid repoussa donc le volet puis se retourna sans même s'attarder sur Wina qui prit son envol, cherchant sûrement à traquer son déjeuner. Soudainement, aussi inattendue que le pouvait être une idée, il y en avait une qui avait germé dans son esprit ou plutôt une remarque fait à elle-même. Alenoä était guérisseuse, mais son rôle consistait majoritairement à utiliser des plantes en plus de remboîter des épaules et amputer des membres. A Pleyrion, elle n'était pas la seule à s'y connaître en botanique ; une femme au village était au moins aussi douée qu'elle. Elle faisait d'ailleurs partie de son clan, mais ce-dernier évitait parler d'elle. Astrid secoua la tête. Si tout le monde allait voir Alenoä pour ses soins c'étaient pour une bonne raison ; le caractère affable et sinistre de cette femme  faisait fuir tout le monde et une étrange aura empreignait sa chaumière. Mais Astrid se sentait au bout du rouleau, épuisée. Elle devait aussi le reconnaître, sa vieille cicatrice lui faisait mal,  mais quelque chose l'empêchait de demander à Alenoä un onguent pour la soulager. D'un air décidé, elle s'était mise d'accord. La chasse sera pour plus tard : il était temps de prendre des nouvelles de Sighild Oyljern. Elle fila décrocher sa cape et ses dagues, puis glissa ses pieds dans ses bottes avant de sortir en claquant la porte, le regard résolu.

[...]

Les bottes crissaient sur la neige et pendant qu'Astrid déambulaient entre les chaumières elle essayait de se souvenir de sa dernière rencontre avec Sighild. C'était il y a environ six mois, quand ce qui avait alors de pire pour une mère était arrivé. Haldan, son fils, avait contracté une bien étrange maladie que ni sa propre mère ni Alenoä n'avait pu guérir. Quelle triste ironie, être une herboriste talentueuse et constater qu'on était incapable de soigner son enfant. Le clan Hagen semblait être sous le mauvais oeil du Gardien comme aimaient le rependre les anciens. Balivernes. Ce n'étaient pas parce qu'Haldan était mort d'une maladie et que le maris de Noroä avait été tué par des déserteurs qu'il fallait en conclure à une punition. Ce genre d’événement était loin d'être rare, toujours aussi malheureux mais courant. Si personne au sein de sa famille n'avait osé aller voir Sighild, Astrid avait bien été décidée à lui rendre visite. Si Halfred était incapable d'épauler les siens, aussi différent soit-il, c'était son problème; la concernant elle n'était pas prête de laisser un membre de son clan se noyer seul dans la tristesse.   Elle n'avait pas pour autant été naïve, elle savait à quel point le deuil transformait les gens. Noroä s'était complétement renfermée sur elle-même, dans une bulle d'amertume, de haine et de vengeance a tel point qu'elle ne voulait plus rien avoir à faire avec son fils âgé de quelques mois mais au moins Elskaï était là pour elle même si elle ne s'en rendait pas compte. Sighild, elle, n'avait personne sauf des fantômes et des souvenirs. Elle l'avait donc soutenue, autant que Sighild lui avait permis. Elles avaient passé un long moment ensemble : de brefs échanges qui avait été souvent entrecoupés de longs silences. Le silence ne dérangeait pas Astrid. Elle se souvenait d'une phrase qu'elle lui avait dite avant de repartir, une fois la nuit tombée. «Nous avons tous des blessures, sauf qu'on ne les affronte jamais de la même manière. Être entouré permet de mieux les surmonter. »
Elles ne s'étaient plus vues depuis. Astrid était partie au front avec le Hön Nivilk et sa seule pause avait été le soir du banquet et encore, ça s'était plutôt mal fini. Nivilk. Etait-il venu la voir la jour de la mort d'Haldan ? Astrid en doutait. A cette pensée, elle s'en renfrogna.

[...]

D’extérieur, la chaumière ressemblait à toutes les autres mais quand Astrid posa son pied à l’intérieur, tout n'était qu'étrange et étonnant. Fronçant les sourcils et parcourant un regard inquisiteur  sur les coins et les recoins de la chaumière, il lui semblait qu'à chaque fois qu'elle posait ses yeux elle trouvait un objet insolite. Des plumes et des poils se trouvaient sur le sol et elle cru apercevoir dans l’obscurité des tâches sombres ressemblant à du sang séché. Les pans de murs étaient totalement recouverts de plantes plus exotique les unes que les autres et le feu qui brûlait au centre de la pièces projetait un jeu d'ombres vacillantes qui accentuait le sentiment qu'une aura glauque l'écrasait. Malgré la chaleur qui s'en dégageait, elle avait l'impression qu'on lui glaçait les veines. Tout était sombre, macabre, rien ne laissait penser qu'une femme pouvait vivre ici.

« Charmant » chuchota-t-elle pour elle-même tout en levant les yeux sur le plafond de poutres poussiéreux et remplit de toiles d'araignées. Pas étonnant que personne ne vienne ici, c'était aussi accueillant qu'une tanière d'hettarotta.

Préférant ne pas avancer plus loin, elle demanda :

«  Sighild ? »

Aucune réponse. Était-elle chez elle ?

«  Sig'? » se permit-elle d'ajouter. Si Sighild avait décidé de l'ignorer peut être la ferait-elle réagir en la rendant exacerbée qu'on puisse l'appeler ainsi. C'était sûrement une mauvaise idée mais Astrid était prête à en subir les conséquences.

N'ayant aucun signe de sa présence, elle s'apprêtait toutefois à repartir, déçue, quand une ombre à la silhouette humaine se détacha imperceptiblement de l’obscurité au fond de la pièce. C'était elle. Astrid se demanda comment avait-elle fait pour ne pas la remarquer avant, mais ses cheveux sombres et sa longue robes noire l'expliquaient très bien. Sighild ne devait pas avoir l'habitude de la visite, mais si la plupart aimaient colporter des rumeurs et préféraient la fuir, ce n'était pas le cas d'Astrid. C'en était presque déroutant. De toute façon, cela servait plus à entretenir la légende et à obscurcir la vérité plus qu'autre chose. Astrid réfléchissait déjà à toutes les questions qu'elle allait pouvoir lui poser à propos de tout ce qu'elle voyait chez elle mais les renvoya d'un hochement de la tête; elle sentait une tristesse incommensurable imprégner la pièce. Elle carra les épaules puis, d'une voix douce et respectueuse elle s'adressa à Sighild :

«  C'est moi, Astrid. J'étais venue te voir quand... Il y a quelques mois. »

Elle avait presque honte d'aller la voir pour lui demander une faveur alors qu'elle ne l'avait pas vue depuis la mort d'Haldan. Ne sachant pas vraiment si elle la dérangeait, elle ajouta :

« Je suis venue te voir pour te demander que tu examines une vieille blessure. »

Astrid restait stoïque, elle n'avait pas peur de Sighild; elle la respectait mais ne la craignait pas. Souvent, les gens sont effrayés par les choses qu'ils ignorent, et Astrid avait soif d'apprendre.




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du temps qui nous est imparti. »
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Posté dans Re: La Sentinelle et l'Araignée.   - Mer 23 Juil 2014 - 2:33

Il n'y avait pas de mot pour décrire la rage et la tristesse qui rongeait le cœur de Sighild. Son cœur gangrené était devenu simplement un organe qui la maintenant en vie, un muscle qui battait dans sa poitrine, pour le reste... Il était devenue inutile. L'aranelia avait mit la majorité de ses émotions sous clé, elle se sentait affreusement vide lorsqu'elle n'était pas ivre de fureur, de vengeance. Ces six derniers moi, la femme était devenue plus sombre encore et sa chaumière n'était que le reflet de son âme. Elle s'était laissé aller, seul les plantes environnantes qui trouvaient la force de pousser le long des murs était source de vie. Comment arrivait-elle à faire pousser ainsi des plantes dans une maison à peine éclairée ? Là était tout le secret d'une excellente herboriste à la main verte extraordinaire. Pourtant Sighild ne possédait pas le lien de terre, seul son savoir et son amour de la flore lui permettait un tel acte que certain, avec beaucoup de mysticisme, qualifiaient de miracle.

Lorsque la porte grinça, annonçant l'arrivée de quelqu'un dans son antre, l'Anarelia se mouva lentement, quittant son plan de travail pour se glisser dans la pénombre. Calme, sereine et patiente, la Noire observa l'intrus dans son repaire, la fixant de ses yeux opalescent qui brillaient à peine dans l'obscurité. Tiens donc... Astrid. Voilà des semaines que Sighild n'avait pas vu cette femme, il faut dire aussi qu'elle sortait peu de sa maison, soit pour aller voir Nivilk, soit pour aller à la recherche de plantes, le reste du temps, c'était ici qu'elle se trouvait, dans l'ombre avec pour seule compagnie ses plantes et sans amertume. Sighild se demandait bien ce qui pouvait amener Astrid à lui rendre visite, car si la jeune femme avait tenté de la réconforter à la mort d'Haldan, elle n'en restait pas moins occupé et peu disposé à venir s'occuper de l'herboriste. Suivant la jolie brune du regard, l'aranelia resta caché encore quelques instant jusqu'à ce qu'Astrid décide de faire demi-tour. Se glissant silencieusement hors des ombres de sa maison, Sighild s'approcha du feu, laissant celui-ci éclairer sa sombre silhouette au teint affreusement pâle, aux yeux maquillés de noir et donc les cheveux bouclés était attachés en une coiffure volumineuse et parsemé de mèches grisonnantes qui étaient encore inexistante six mois plus tôt.

« Astrid... Je ne suis pas encore sénile tu sais.... Je sais qui tu es, je me souviens parfaitement de toi et de ta dernière visite. »

A vingt-huit ans, encore heureux qu'elle n'était pas sénile. Mais Sighild était amusée de la façon dont la guerrière avait justifié sa présence en se présentant comme si elle n'était qu'une étrangère. Hors, elle n'était pas une étrangère, elle était la famille. Le ton mielleux de la sombre herboriste accompagna un regard dur et insistant qui coula vers Astrid qui n'était pas à son aise. Tel un moucheron sur une toile d'araignée, prêt à se faire dévorer tout cru... Enfin, la jeune Hagen expliqua la raison de sa présence et Sighild rétorqua d'une voix froide.

« Je ne suis pas guérisseuse, va donc voir Alenoä. »

Sighild se détourna du feu, faisant de nouveau quelques pas lent dans son étroite maison, ses doigts caressant une plante grimpant le long du mur puis elle souffla plus doucement.

« A moins bien sûr que même notre petite boiteuse ne soit pas en mesure de t'aider... Qu'est-ce qui te fait croire que je le pourrais ? Allons Astrid, tu ne vas tout de même pas croire les rumeurs à mon sujet... ? »

Un sourire sardonique se dessina sur les lèvres de la belle et sombre herboriste qui pivota le visage, dardant sur sa consœur un regard empreint de mystère. S'approchant d'un pas vif, elle sauta presque sur la Hagen, son visage à quelques millimètres du sien et la fit reculer doucement, soufflant d'une voix sournoise et mielleuse.

« Astrid... Tu risque gros en venant ici, entrant dans MA maison sans MA permission... Osant réclamer mon aide alors que je ne suis plus qu'une ombre planant autour de ta famille... Toi comme les autres m'avez évité... Vous me regardez comme si je n'étais qu'une étrangère... Dis moi pourquoi je t'aiderais ? »

Levant une main, Sighild empoigna le menton d'Astrid, le serrant entre ses doigts. Sa main libre flotta devant la poitrine de la guerrière à quelques centimètres, paume ouverte puis descendit doucement alors que son regard affrontait toujours celui de la belle Hagen. D'un geste brusque, elle empoigna le vêtement d'Astrid et tira dessus, juste de quoi libérer la cicatrice de la jeune femme. Oh oui, Sighild savait bien des choses, observatrice, intelligente et à l'écoute, elle savait bien des choses sur bien des personnes. Et c'était pire sur ceux qui était proche d'elle, on pouvait lui cacher peu de chose. Sighild relâcha Astrid, se penchant doucement pour observer la vieille plaie puis elle fixa de nouveau sa consœur avant de reculer et de s'éloigner. Elle savait que c'était pour cette plaie qu'Astrid était venue, chacun avait été marqué différemment par l'arrivée des étrangers.

« Que veux-tu ? »
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Posté dans Re: La Sentinelle et l'Araignée.   - Mer 23 Juil 2014 - 4:23

La rencontre avec Sighild ne se passa pas comme prévu ; mais qu'avait au juste imaginé Astrid ? La douceur qui avait dans un premier temps empreint sa voix avait subitement été remplacée par une colère froide, alimentée par la gêne que Sighild avait pu voir sa blessure qu'elle avait mis tant de temps et de mal à accepter sur son corps. Elle s'était imaginée lui montrer quand elle se sentirait prête mais pas aussi violemment. Sighild avait beau être plus grande qu'elle, elle ne se laisserait pas toucher aussi facilement la prochaine fois. Remettant en place son pan de tunique d'un geste vif, elle foudroya du regard celle que tous appelait La Noire, avant de se souvenir que c'était elle qui était venue la voir.  Une étrange chaleur avait envahi son corps comme s'il s'embrasait de l’intérieur, pourtant, aucune goutte de sueur ne glissait sur sa peau. Depuis quelques mois, Astrid s'était rendue compte qu’imperceptiblement ce genre de phénomène arrivait souvent chez elle, sans en connaître la cause. D'une profonde inspiration silencieuse, elle refoula sa colère et mis sa fierté de côté pour adopter une attitude de calme feint. La chaleur retomba mais elle pouvait encore sentir comme des braises assoupies mais prêtes à s’enflammer à tout instant au plus profond de son anma. Levant le menton, résolue à ne lui montrer qu'elle ne reculerait pas en la faisant fuir, elle semblait avoir affaire à de la fumée qu'on tentait de capturer mais qu'à chaque fois glissait entre les doigts. Elle réfléchit pendant un court instant, son regard gris profondément encré dans celui étrangement opalescent de Sighild, avant d'ajouter sur un ton posé, ne laissant rien transparaître de sa frustration :

- « Si je suis venue ici pour tes talents tu te doutes bien qu'Alenoä ne peut rien faire pour moi. Et puis j'aime à croire qu'un jour nous pourrons nous faire confiance mutuellement, comme deux membres d'une même clan, dit-elle en s'avançant de quelques pas vers l'herboriste sans la lâcher un instant des yeux.

D'un œil brillant, elle ajouta sur un ton dangereusement doux, souligné par une légère pointe d'ironie dans sa voix :

- « Ne me dit pas que la ténébreuse Aranelia Noire se préoccupe vraiment de ce que Halfred et le reste du village pensent d'elle et de ses activités ?

Astrid secoua doucement la tête d'un signe faussement surpris ; puis souris légèrement à cette pensée. « Ton attitude de « sans-coeur » ne serait-elle qu'un masque finalement ? » demanda-t-elle en étant subitement intéressée par un étrange outil qui était posé sur la table à son côté pour finalement revenir à Sighild en glissant son regard sur elle.
Astrid décida de quitter ce petit jeu taquin avant que Sighild ne le prenne mal ; elle avait l'air suffisamment instable et imprévisible, mieux valait ne pas forcer les choses.

- «  Si je n'ai pas pu venir te voir plus tôt, c'est parce que comme tu le sais, les étrangers sont toujours sur nos terres et que nous nous battons à force égale pour le moment. Nivilk a dû t'en faire part[, se permit-elle d'ajouter, l'air de rien. Mais je suis ici maintenant, reprit-elle, et je compte bien ne plus te lâcher dorénavant, dit-elle avec une lueur de malice dans les yeux.

- «Tu es une personne de talent Sighild, si toi tu ne peux m'aider, personne ne le pourra. Astrid avait presque murmuré cette réalité, et elle reprit, inflexible : Je n'ai jamais cru à la magie ni au mysticisme, tout ce qui crée notre monde c'est notre ingéniosité et notre force. Le Gardien nous protège grâce au Lien mais il ne peut rien contre les maladies, le froid et la mort. C'est à nous et à nous seuls de survivre par nos propres moyens et en nous entraident. Aide-moi à avoir moins mal et je n'en serai que plus efficace au combat pour à mon tour aider le village en le protégeant... Et jusqu'à preuve du contraire tu fais partie de ce village, de mon clan, de ma famille.

Ne sachant s'il elle avait réussi à convaincre Sighild, elle continua le tout pour le tout, sur un ton laconique : «Aide-moi au moins à chasser de mon esprit ces rêves qui m'empêchent de dormir. »




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Posté dans Re: La Sentinelle et l'Araignée.   - Mer 23 Juil 2014 - 6:02

Des paroles, toujours des paroles. Comme si Sighild pouvait être atteinte pas des mots si futiles. Les mots elle connaissait et en usait à merveille, il faudrait plus de la part d'Astrid pour obtenir ce qu'elle voulait de la part de l'herboriste. Attitude de sans-coeur ? L'aranelia posa sur sa consœur un regard torve et souffla.

« Ce n'est pas une attitude Astrid, je suis sans-coeur, c'est une réalité. Ce n'est... que la vérité. »

Elle aurait pu la tuer, là maintenant pour le lui prouver. Sighild l'aurait fait sans éprouver le moindre remord. De même qu'elle se fichait éperdument de ce que les gens pouvait penser à son sujet, elle avait bien d'autre préoccupation. En revanche, la Noire savait la jeune Hagen sincère dans ses paroles... Oui elle voulait protéger Pleyrion, c'était une évidence, quant à Sighild, elle se fichait d'être protégé, la mort ne l'effrayait pas. Plus maintenant en tout cas. Elle aurait put être à son tour emporté par une affreuse maladie ou bien être atteinte par le coup mortel d'un des étrangers, elle n'en avait cure. L'aranelia se contentait de vivre selon la volonté du gardien et rien d'autre.

Tournant le dos à la brunette, Sighild ignora ses compliments, elle n'était pas du genre à s'émouvoir de la sorte, pas du genre à être prise par de belle paroles. La sombre femme s'approcha de son plan de travail en bois et commença à écraser quelques graines en écoutant les maux d'Astrid. Ainsi, la jeune femme souffrait encore malgré que la plaie soit cicatrisée et son sommeil était jonché de cauchemars... Beaucoup souffraient de ces même symptôme, bien que les Erfeydiens soient de redoutable guerrier, ils n'en restaient pas moins des êtres humains avec des sentiments et des faiblesses. Voir ses amis et sa famille mourir au combat, devoir faire face aux atrocités de la guerre, avait de quoi mettre à mal bien du monde. Sighild elle même avait combattu à plusieurs reprises, elle aussi maniait l'épée mais son esprit torturé l'empêchait de s'émouvoir de la guerre. Les seul cauchemars qu'elle faisait étaient tous tournés vers Haldan...

« Je peux t'aider à vaincre la douleur et t'offrir un sommeil sans rêves... »

La nature offrait tout ce qu'il fallait pour cela. Les plantes ici-bas étaient plus précieuse que l'or, lorsque l'on savait les comprendre et les utilisé, alors on était capable de presque tout. Voilà pourquoi Sighild était si dangereuse, son savoir était son pouvoir. Lentement, la femme pivota sur elle même, tenant en main un petit bout de cuir dans lequel reposait une petite poussière verdâtre. Elle s'approcha d'Astrid et murmura.

« Mais n'oublie pas que mes services ne sont pas gratuit. Tu devras payer pour obtenir ce que tu désir... la question est... Qu'es-tu en mesure de m'offrir... ? »

Sighild exigeait rarement. C'était à ses clients de fixer le prix mais méfiance car elle avait néanmoins son mot à dire. Si le prix ne lui convenait pas, l'on pouvait dire adieu à son savoir. Inutile de lui proposer des bijoux, du tissus où d'autre chose car ce qui faisait aussi sa si mauvaise réputation était que le prix à payer était toujours affreusement macabre où décalé selon ses propres besoin. Levant le bout de cuir à hauteur de son visage, Sighild esquissa un sourire et souffla brusquement sur la poussière qui vola jusqu'au visage d'Astrid. Un nuage vert et argenté engloba sa tête, restant en suspens dans un l'air quelques instant, juste le temps pour la jeune femme de respirer cette chose... Mais qu'était-ce au juste ? Un puissant somnifère. Sighild s'approcha d'Astrid et la soutint avant de la guider jusqu'au lit au fond de la pièce et de l'y allonger et murmura d'une voix sournoise.

« Que ton sommeil soit bon... »

Penchant la tête sur le côté, Sighild darda son regard opalescent sur la guerrière qui sombrait rapidement dans un sommeil profond et sans rêve. Elle avait réclamer le repos, elle venait de l'obtenir, à son réveil il lui faudrait réfléchir à sa façon de payer ses services de l'herboriste, espérons pour elle qu'elle se montre créative ou bien l'aranelia pourrait amèrement lui faire regretter son souhait. Si elle était en mesure de la soulager de ses maux, elle pouvait à l'inverse les rendre plus fort et persistant.


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Posté dans Re: La Sentinelle et l'Araignée.   - Mer 23 Juil 2014 - 7:29

Noir et ténèbres, voilà tout ce qu'Astrid avait en tête. Nul cri d'agonie, nul hurlement guerrier, aucunes images des siens morts aux membres découpés, au visage lacéré, au corps troué ne défilaient dans ses pensées ; seul le silence et l'obscurité profonde régnaient dans son esprit. Astrid semblait voguer sur une eau noire, bercée au rythme de douces vagues qui caressaient sa peau nue. Tout son corps était en proie à une asthénie profonde et ne semblait pas vouloir bouger ne serait-ce un peu; ses paupières étaient extrêmement lourdes et sa poitrine se soulevait à peine au gré de sa respiration. Toutefois, un grondement sourd fit écho dans les méandres de ses pensées; sans ouvrir les yeux elle sentait l'eau sombre se retirer pour disparaître et ne laisser place qu'à un vide béant. Le grondement repris plus fort et se termina par un aboiement sec. Un sentinelle; Astrid reconnaissait ce timbre particulier et il la poussait à ouvrir les yeux. Astrid fronçait les sourcils puis ouvrit les yeux, du moins elle le croyait, et vit dans les ténèbres une paire de yeux verts qui brillaient d'intelligence et perçaient l'âme d'Astrid au plus profond d'elle même; comme clouée sur place, elle n'arrivait pas à bouger. Le sentinelle s'en était aperçu et aboya plus furieusement, faisant apparaître son corps musculeux et beaucoup plus gros que la normale, il devait être au moins aussi grand qu'un shaas. Son regard perçant d'archère lui permit de distinguer une Tinelle autour de son encolure puissante; c'était un gardien qui avait déjà fait ses preuves et Astrid éprouvait un sentiment de confiance et de fierté pour l'animal. Le sentinelle continuait de la fixer et poussait des aboiements puissants, comme pour la prévenir d'un danger. Aucun doute, Astrid reconnaissait le symbole de son clan et les anciens avaient déjà raconté des histoires de ce genre; lorsqu'un membre du clan semblait se perdre ou en danger, il arrivait que le patron du clan apparaisse dans les rêves pour le guider. Était-ce qui était en train d'arriver ? La mettait-on en garde ?
Le sentinelle disparût aussi vite qu'il était apparu et Astrid replongea dans l'encre noire de son esprit.
Ses paupières battirent faiblement et elle distinguait vaguement le torchis du toit au-dessus d'elle. La guerrière resta un long moment allongée ainsi, à fixer les grosses poutres en bois comme si elle ne reconnaissait rien. Sa tête était lourde et elle ne se souvenait de rien. Enfin, quand ses esprits revinrent à elle, Astrid porta une main à son visage, frottant les yeux puis son front pour chasser le brouillard du sommeil. Avait-elle rêvé du sentinelle ? Pourtant il lui semblait encore pouvoir entendre l'écho de ses hurlements d'alerte. Elle finit par se relever, assise sur le bord du lit; si elle se levait maintenant elle savait qu'elle tomberait aussi raide qu'un bois mort. Les mains encadrant son visage, elle tentait de se remémorer ce qui s'était passé; seuls le visage rusé de Sighild proche du sien et le souvenir d'une poussière verte et brillante étaient fermement fixés dans sa tête. Pas totalement remise de son sommeil forcé, Astrid n'arrivait à ressentir que de la colère et ne remarqua pas les petites flammes qui dansaient sur les manches de sa tunique, qui étrangement ne prenait pas feu, mais finirent par disparaître. D'une voix pâteuse, elle poussa un grondement menaçant :

«  Qu'est-ce que tu m'as fait ? Tu m'as droguée ? »

Elle se sentait faible, vulnérable, et elle détestait ça. La sensation de chaleur revint et elle semblait qu'elle allait la consumer de l’intérieur. Sighild avait intérêt à lui répondre, s'il y avait bien une chose qu'Astrid ne supportait pas, c'était qu'on la dupe.




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Posté dans Re: La Sentinelle et l'Araignée.   - Mer 23 Juil 2014 - 7:53


Les heures avaient défilée doucement... Laissant sa consœur se reposer, Sighild en avait profité pour faire ce pour quoi la Hagen était venu la voir. Debout face à sa grande table en bois, l'aranelia profitait du silence de sa chaumière, coupant, écrasant, hachant des feuilles, des graines, des racines et tout ce que pouvait offrir les plantes Certaines fut misent à bouillir sur le feu, d'autres changer en une poudre légère, d'autres encore en mixture plus épaisse, voir grasse. Pourtant, une chose sortit la sombre aranelia de sa concentration... Se stoppant, elle pivota le visage et posa son regard clair sur la silhouette d'Astrid. Sous ses paupières, ses yeux s'agitaient signe que la jeune femme rêvait.

« Tu n'es pas censé rêver Astrid... »


Bien, il faudrait donc augmenter le dosage. Le somnifère en lui même était suffisamment puissant, en revanche la graine qui donnait son allure argenté à la poudre verte était ce qui devait l'empêcher de rêver. Sans attendre, l'herboriste se remit au travail, retravaillant sa poudre pour l'adapter au besoin de sa consœur qui visiblement, semblait être atteindre plus durement qu'elle ne l'aurait cru par les atrocités de la guerre. Lorsque enfin le somnifère fut à nouveau près, Sighild revint près du lit et s'assit au bord de celui-ci alors que la jeune Hagen ouvrait les yeux doucement, difficilement. Oui, il n'était jamais facile de sortir d'un sommeil forcé, le temps que l'organisme évacue ce qui restait du somnifère. Immédiatement, Astrid se montra méfiante, croyant avoir été drogué... Sighild la fixa un instant et murmura froidement.

« Attention, ne remet pas en cause mon travail Astrid... Tu es venu réclamer mon aide, je te donne ce que tu as désiré... Tu n'as jamais précisé où et comment cela devait se dérouler. »

C'était comme signer un pacte avec le Diable. Sighild baissa le regard, observant les légères flammes apparurent sur la tunique de la jeune femme puis releva de nouveau les yeux.

« Dis moi Astrid... Tu n'aurais pas par hasard un soucis avec ton second lien... ? L'as-tu au moins découvert... ? »

Se levant du lit, l'herboriste revint vers la table et s'empara de deux sachet de toile solidement attaché avec du cuir. L'aranelia en leva un et murmura.

« Ceci pour la douleur... A boire en infusion... Une pincée seulement, pas plus... Trois fois par jour au maximum. Si cela n'est pas suffisant, reviens me voir et je changerais le dosage des plantes. »

De son autre main, elle leva l'autre petit sac et ajouta.

« Ceci... Tu as fait connaissance avec tout à l'heure... Soit très prudente avec, ce somnifère est très puissant, si tu le dose trop, c'est le coma assuré. Il contient une autre substance qui t'empêchera de faire des rêves, ce sera le trou noir complet dès l'instant où tu fermeras les yeux. Pour le dosage... Au moment de dormir, tu trempes son doigts dedans, tu le colle à ta narine et tu inspire. Sinon tu peux le mettre sur la langue et avaler, mais cela mettra plus de temps à faire effet... et puis le goût n'est pas meilleur alors je te conseille de le respirer. »

S'approchant de la guerrière, Sighild lui tendit les deux sachets avant de sourire faiblement et murmura à nouveau.

« Quant au paiement... Tu as trois jours pour y réfléchir et me l'apporter sans quoi... Je viendrais te rendre visite, reprendrais mon bien et... »

Penchant la tête sur le côté, l'obscure erfeydienne garda le silence. Inutile d'en dire plus, à Pleyrion tout le monde savait qu'il fallait payer pour ses services, tout le monde savait aussi que quiconque ne payait pas, risquait d'être confronter à Sighild de la plus mauvaise façon qui soit. Elle sourit doucement bien que son regard exprimait une légère lueur de malveillance.

« Trois jours... ou je rendrait ses rêves plus terrible encore et la douleur insupportable. »


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Posté dans Re: La Sentinelle et l'Araignée.   - Mer 6 Aoû 2014 - 11:59

Trois jours étaient passés depuis sa rencontre avec Sighild. Un vent froid et violent en avait profité pour s'insinuer dans Pleyrion et avait décidé d'y rester fermement, fouettant les visages rougis par le froid mordant  ; la neige tombait à gros flocons ce qui rendait aussi les rues difficilement praticables tant le vent et la neige brouillaient la vue. Tant mieux, pensa Astrid. Elle était en train de fouiller des yeux les monticules de neige qui se présentaient devant elle ; certains corps ennemis avaient été ramenés à Pleyrion et ces-derniers avaient été entassés hors du village près de la grande barrière qui  les protégeait. Aucune sépulture, ni rite funéraire ne leur avaient été accordés mais à quoi bon, aux yeux des siens ils ne valaient guère plus que de la viande avariée rongée par les vers. Ce qui n'était d'ailleurs pas loin de la vérité si on se fiait à l'odeur que la neige et le froid couvraient à peine. Si le Hön Markin avait décidé d'en ramener certains, c'était seulement pour satisfaire la curiosité des villageois et prouver aux leurs que leurs ennemis ne leur faisaient aucunement peur. Ils resteraient sûrement là, pourrissant, jusqu'à ce qu'ils ne laissent que des os blanchis ; cela prendrait du temps à cause de la basse température de l'hiver qui aidait à la conservation des corps. Heureusement pour elle, se fit-elle remarquer, les corps étaient ramenés de divers combats contre les étrangers à divers moments. Ainsi, elle s'éloigna des corps les plus congelés et des plus endommagés pour se rapprocher d'un corps qui, en se fiant à son aspect physique, avait dû provenir d'une bataille récente,  sûrement de quelques jours à peine. Astrid s'arrêta au-dessus d'un cadavre et avec quelques coups de pieds fit tomber la neige qui était tombée sur le corps ; ses yeux vitreux étaient profondément enfoncés dans leurs orbites et les lèvres gercés décomposées laissaient apparaître un sourire macabre. Astrid s'accroupit auprès de ce qui restait de l'homme et, ne se préoccupant pas plus de l'odeur putride qu'insufflait le vent, sortit précautionneusement la machette qu'elle utilisait d'habitude pour décapiter les khan del orio, leur tête n'étant en rien nutritive tant leur cerveau était petit et leur chair inexistante à cet endroit. D'un geste vif et aussi propre que le découpage d'un cadavre le permettait, elle fit tomber à plusieurs reprise la lame affûtée sur le gorge du mort. La chair était dure mais les os fragiles du cou se rompirent facilement ; en peu de temps, Astrid arracha la tête du corps et la jeta au fond d'un sac de jonc. Sans plus de façon, elle jeta un dernier regard au mort dépossédé de sa tête, puis repartit en direction du village. Aucun remord ne la rongeait, elle n'éprouvait aucune compassion pour ces étrangers venus d'ailleurs qui cherchaient à s'approprier les terres de leurs ancêtres en massacrant les leurs. Combien de membres de son clan étaient tombés ? Combien de Hagen disparaîtraient face à ces immondices infidèles ?  Jusqu'à quel point le sacrifice de ses frères d'armes irait pour protéger le village et l'île Blanche ? Tous mourraient si nécessaire pour la survie des leurs, du plus jeune au vieillard, tel était la volonté ainsi que la brutale et profonde fraternité qui liaient les Erfeydiens. Aussi, personne ne l’interrogea ni l'épia quant au contenu de son sac qu'elle n'avait pas avant d'aller au charnier ; certains rapportaient des doigts, des dents voire des oreilles en trophée, alors pourquoi pas une tête ? En traversant le village qui semblait endormi sous la violente bourrasque enneigée, elle croisa quelques connaissances dont une qui la héla d'une main. Une femme élancée qu'elle reconnût appartenir aux Bois de Koun s'avança à grandes enjambée vers elle ; Astrid n'avait pas le temps de s'arrêter mais à l'air interrogateur qui se lisait sur le visage de la guerrière lui fit changer d'avis. Mieux valait répondre aux questions maintenant pour s'en débarrasser par la suite.
Les yeux plissés par le vent, elle lui demanda sans plus de façon en désignant du menton le sac que tenait Astrid :

«  Je ne savais pas que tu rapportais des souvenirs, je pensais que tu étais la seule à ne pas t'adonner à ça. Comme quoi, tout le monde change hein.
Astrid haussa des épaules d'un air désinvolte, et décida de ne pas lui mentir mais de ne pas en dire trop non plus, après tout ses affaires ne la regardaient pas.
- Ce n'est pas pour moi, lâcha-t-elle, sèchement, pour couper court sur le sujet.
- Ça m'étonnais aussi, toi, la « grande » Astrid qui cherche à se montrer respectueuse et digne envers ses ennemis, et qui nous bassine avec l'honneur. Pourtant, sur le champs de bataille, t'as l'air d'y prendre ton pied... 
- Comment ça se passe avec le Hön Markin ? » coupa-t-elle froidement, ne souhaitant décidément pas s'attarder avec Ingrÿd Heimdal. Le clan Hagen vivait avec un code du guerrier, strict et intransigeant qui en faisait les valeurs de sa famille. Son père avait vécu à travers ces principes, tout comme ses frères et elle maintenant. Elle n'avait pas à en justifier la moindre, et ne se souciait aucunement des remarques de sa sœur d'arme. Comme déçue de la réaction d'Astrid, elle haussa les épaules et dit d'un ton nonchalant :
- Il est sur les crocs depuis un bout de temps à cause des étrangers comme tout le monde le sait, et même s'il donne des permissions on voit que ça ne lui plaît pas plus que ça. De toute façon, la tienne est bientôt finie non ? »
Astrid répondît d'un hochement de tête, en effet, elle se terminait cette nuit. Dès le lendemain, elle devrait rejoindre ses compagnons ; tant que les étrangers resteraient sur l'Île Blanche, son devoir l’appellerait. Elle finit par ajouter, pour couper court à la conversation, s'estimant avoir répondu à ses questions:
- Que le Gardien te garde, ma soeur. »
- Et que les ancêtres veillent sur toi. »
Astrid avait déjà tourné les talons, cherchant à s'éloigner d'Ingrÿd qui était restée plantée dans la neige, et sentait son regard de harpie fixé sur elle. Elle fit semblant de ne rien entendre quand la guerrière hurla, un ton suspicieux dans la voix: « Tu ne te dirigerais pas vers la timbrée ?! »
Astrid continua de marcher, ne souhaitant pas donner l'impression à Ingrÿd qu'elle cherchait à la fuir, mais ses enjambée se firent plus grandes, voulant mettre le plus de distance entre la source de la soudaine irascibilité qui montait en elle, et sa personne.
« Elle s'appelle Sighild. » se surprit-t-elle de marmonner entre ses dents.

*
**

En ouvrant la porte de la chaumière, le vent et la neige s'introduisirent dans la grande pièce et firent voleter quelques feuilles qui jonchaient sur le sol. La refermant brusquement sous le souffle du vent, Astrid releva sa capuche en fourrure et avança vers la table qui trônait au centre de la pièce. Le feu crépitait et Astrid fut à contre-coeur, soulagée de pouvoir se réchauffer, même chez quelqu'un d'aussi obscur et glacial que Sighild. Rien n'avait changé depuis la dernière fois et Astrid jeta un œil sur la banquette dans-laquelle elle s'était soit-disant endormie plusieurs heures en plein matin grâce à la poudre étrange de l'Aranelia. Un frisson lui parcourut le dos au souvenir de ce sommeil contre nature ; considérer qu'une femme puisse être capable de plonger n'importe qui dans un profond sommeil sans qu'on puisse rien y faire avait quelque chose à la fois de glauque mais aussi de terriblement excitant. Astrid se sentait curieuse de savoir comment la femme y parvenait, comment avait-elle découvert les plantes, la technique et l'exacte dose de chaque ingrédient pour parvenir à ce résultat sans risquer la mort. Elle ne douta pas du certain nombre de cobaye que Sighild avait sûrement dû sacrifier pour en arriver à ce résultat.
Se forçant à oublier la fascination troublante que lui inspirait le don de l'étrange guérisseuse, Astrid ouvrit le sac qu'elle tenait dans sa main et, aussi naturellement que s'il s'agissait d'un morceau de gibier, agrippa d'une main vive les cheveux de la tête pour l'envoyer rouler sur la table.
« Cadeau. J'espère que cela te conviendra.»
Elle n'avait aucun doute là-dessus. Astrid s'imaginait déjà la tête faisant office de décoration dans la chaumière, peut être allait-t-elle lui faire subir une quelconque chirurgie des plus tordues, elle n'en avait que faire, la tête n'appartenait plus à son propriétaire ni même à Astrid : elle était offerte à Sighild en tant que paiement. Un bien singulier troc d'ailleurs, même au sein des Erfeydiens, Astrid ne se souvint pas la dernière fois qu'elle avait vu un morceau de corps humain échangé au cours d'un troc, la plupart du temps les trophées étaient jalousement gardés par ceux qui se les étaient appropriés. Astrid avait bien des babioles de ce genre, un crâne d'hettarotta, des griffes de skunk, et les fourrures de duniing et cuir de chevrin qu'elle faisait transformer en cape et gants qu'elle portait sur elle. Rien d'inhabituel pour un chasseur, c'était son métier, mais rien d'humain. Pourtant, en tant que chasseuse, elle savait qu'elle avait choisi une belle pièce par rapport à ce qu'il restait dans le charnier. Les corps n'étaient pas nombreux, et ceux qui restaient au charnier étaient rapidement dévorés par les charognards et les vers. Si elle ne pouvait rien faire pour l'odeur, elle s'était quand même donnée du mal pour choisir le corps le moins abîmé. Elle ajouta, d'une voix plus douce qu'elle ne l'aurait voulu :

«  Je sais que c'était un marché mais rien ne t'empêchait de me jeter dehors alors... Merci. Tes poudres m'ont soulagée, je ne sens plus autant la douleur et mes rêves ne m'empêchent plus de dormir. »

HRP:
 




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Posté dans Re: La Sentinelle et l'Araignée.   - Ven 15 Aoû 2014 - 6:59

Le moins que l'on puisse dire c'était que faire des affaires avec Sighild avait une touche d'originalité. Certains en venaient à des extrêmes pour pouvoir se payer les services de la talentueuse herboriste. Trois jours était le temps impartit et imposé de façon générale mais il,arrivait parfois, en de rare occasions que l'aranélia accepte de prolongé le délais... Mais Astrid avait tenu son engagement et c'est trois jours plus tard qu'elle refit son entrée dans la maison de l'herboriste. Une fois encore, sans frapper, sans rien demander à personne... Assise sur une chaise près de la cheminée, Sighild glissait une fine aiguille en os dans le tissus d'une vieille robe noir avant de tirer dessus pour tendre le fil. Femme dangereuse et ambitieuse, elle n'en restait pas moins une demoiselle comme une autre avec des activités plus communes... Comme rabibocher de vieux vêtements. Sans même lever le regard vers la femme qui s'était invité chez elle, Sighild se contenta de lâcher d'une voix glaciale et morose.

« C'est la seconde fois que tu fais irruption chez moi sans permission Astrid... je n'accepterais pas cela une troisième fois. »

Sighild abaissa son tissus et leva enfin le visage pour fixer sa consœur. Oh elle avait parfaitement comprit la raison de sa visite et curieuse de voir quel paiement celle-ci lui avait amener, la femme se leva de sa chaise et lâcha dessus son nécessaire de couture avant de s'approcher. Jetée négligemment sur la table, la tête roula jusqu'à l'herboriste qui observa le paiement avec un regard remplit de haine et de joie mélangée. Sighild tendit les mains et s'empara du crâne pour le lever à hauteur du sien, peu déranger par l'odeur dégagé par la chose arraché à un corps d'étranger.

« Eh bien... Astrid, je suis agréablement étonné par ce... paiement. »


La tête fut reposée doucement sur le bois de la table dans un bruit moue alors que la femme levait son regard maquillé d'une poudre sombre pour le poser sur la belle Hagen et susurra mielleusement, un sourire au coin des lippes.

« Ravie d'avoir fait affaire avec toi... Puisque tu es satisfaite de mes services... Reviens chercher ton traitement lorsque tu l'aura épuisé. Évidement, ne reviens pas les mains vide... »

Contournant la table, Sighild afficha un sourire satisfait en fixant la guerrière et d'un geste polis, la guida vers la porte qu'elle ouvrit doucement avant de la saluer.

« Au plaisir de te revoir mon amie... Que ton sommeil soit bon. »

Un dernier sourire légèrement sournois et une fois Astrid sortit de la maison, la porte fut claquée avec force. Presque jetée dehors comme une malpropre malgré les mots faussement mielleux de la femme, Astrid pouvait à présent retourner chez elle et profiter d'un sommeil réparateur. Dans son étroite chaumière, Sighild quant à elle s'empressa de dépouiller le crâne de sa peau et de sa chair avait de le plonger dans une marmite d'eau bouillante. Quelques heures après, il fut ressortit, propre et lisse. Un simple crâne humain dans lequel elle perça un trou avant qui glisser un crochet puis y mit une bougie qu'elle alluma sans attendre. Le crâne humain fut accroché à l'extérieur de la maison prêt de la porte, une chandelle bien macabre pour qui quiconque chercherait son chemin dans la nuit à la recherche d'un remède quelconque. La porte claqua pour la seconde fois de la soirée et alors que le crâne dégageait une légère lueur via la bougie qui brûlait à l'intérieur, l'aranelia s'enferma de nouveau dans sa chaumière, se coupant du monde pour profiter de sa fin de soirée avec pour seule compagnie sa solitude et son amertume.



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Posté dans Re: La Sentinelle et l'Araignée.   -

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