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Les Aventuriers de la Coiffe perdue.

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Forban du Désert

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Posté dans Les Aventuriers de la Coiffe perdue.   - Dim 3 Aoû 2014 - 16:38

U
n vrombissement de moteur perturba l’oppressant silence du désert. Un vieux module rapiécé s’éleva dans les airs dans un tourbillon de grains de sable et s’élança en direction du nord, laissant derrière lui une sombre et imposante silhouette masculine. La tenue de coton beige, sur laquelle avait été fixé un plastron de cuir aux multiples encoches, laissait deviner sa stature droite et carrée. A la large ceinture étaient accrochées des sacoches de différentes tailles et les bottes de cuir remontaient jusqu’aux genoux, protections usées mais toujours efficaces. Sa tête était surmontée d’un carré de coton maintenu par une épaisse bobine de corde et un masque fait du même tissu protégeait la partie inférieure de son visage. Il ajusta autour de son cou une large cape afin de couvrir sa dégaine intimidante ; seuls ressortaient de cet accoutrement de longs doigts tout au long desquels serpentaient d'étranges tatouages.
Glissant sur le sable à pas assuré, il prit la direction du grand amas rocheux à côté duquel il se trouvait, édifice naturel d’une dizaine de mètres de hauteur pour une quinzaine de largeur. Dans l’une des façades de pierre taillées par le vent sablonneux se dessinait une ouverture de la taille d’un homme débouchant sur un sombre chemin qui s’enfonçait sous terre ; elle était barricadée par des barrières de bois sur lesquelles avait été fixé une pancarte indiquant en korrulien : « entrée interdite au public ». Il n’y prêta nullement attention. S’adossant à un pan de la paroi rocheuse offrant ombre et fraîcheur il attendit, de nombreuses minutes durant, les bras croisés.

Au loin, une caravane apparut. Sa démarche chaloupée et son allure vétuste trahissait son origine des bas-fonds ; pour rien au monde on aurait voulu voyager dans ce taudis ambulant, probablement repère de vermines et de cancrelats. Elle s’arrêta à distance raisonnable de l’amas rocheux. Une porte s’ouvrit au même moment où un escalier apparut juste en-dessous dans un cliquetis hésitant. Un vieil homme sortit en premier, suivi de deux jeunes femmes jumelles à la peau plus noire qu’un pelage de corbic ainsi que divers autres étranges personnages. A leur suite se dévoilèrent cinq hommes à l’allure crasseuse et l’air menaçant, portant des gros sacs de toile suspects.

Trois d’entre ces hommes prirent la direction de la grotte à moitié ensevelie sous le sable ; en passant devant l’homme adossé au mur, ils réduisirent l’allure et le dévisagèrent ostensiblement avant de continuer leur chemin et disparaître dans l’obscurité de l’excavation. Le chef du groupuscule, le plus menaçant de tous, ordonna au dernier de garder un œil sur la caravane et ses occupants. Enfin, il avança à pas lents vers l’étrange silhouette qui n’avait pas bougé d’un pouce depuis leur arrivée. « Païkan », dit-il d’un ton neutre. « Peïos », répondit l’autre tout en dégrafant son masque, dévoilant ainsi un visage au tatouage agressif et à l’expression indéchiffrable. Le forban fourra sa main droite dans une poche de sa tunique et en sortit une petite bourse marronnasse qu’il jeta avec dédain vers son interlocuteur crasseux. Celui-ci l’attrapa de justesse, fouilla la bourse d’un air agacé pour s’assurer de son contenu et enfin, la rangea dans un pan de sa veste de cuir.

« Le reste viendra plus tard. C’est quoi, ça ? fit Païkan d’un ton exaspéré en désignant d’un geste dédaigneux de la tête la caravane et ses habitants.
- Une bande de comédiens itinérants assez connus des bas-fonds de Korrul. Ils bougent régulièrement et ont des passes – plus ou moins – qui leur permettent de pas trop s’faire emmerder par les Veilleurs quand ils veulent pénétrer une ville. Avec le temps ils sont plus trop fouillés donc on peut espérer rentrer à Penjoie sans problème. Y’aura juste à espérer qu’ils nous fouillent pas cette fois-ci. Mais bon, si c’est le cas, on sera cachés et protégés. Fais-moi confiance, j’ai testé en sortant d'Arish. »

Païkan ne répondit pas aussitôt. Quelques secondes passèrent durant lesquelles les deux hommes se jaugèrent et analysèrent la situation.

« Pourquoi me donner rendez-vous ici ? demanda le forban. C’est une perte de temps.
- La grosse tempête de sable d’il y a trois semaines a déterré le coin dans lequel on se trouve,
répondit le contrebandier avec une satisfaction sans équivoque. Les Veilleurs l’ont localisé et ont commencé une excavation qui a permis de dévoiler des ruines assez anciennes. Mes contacts ont appris qu’ils ont stoppé toute activité ici pour problème logistique et qu’ils ne reprendront pas avant trois jours le temps de tout bien organiser. On va donc gentiment en profiter et prendre ce qu’il y a à prendre avant leur retour. »

Le contrebandier renifla un bon coup dans un bruit peu ragoutant puis sans tarder, se lança dans la longue explication du plan qui les mènerait dans les entrailles de la cité ostracisée de Penjoie.
Il puait le rance et l’alcool ; des gouttes de sueur perlaient son visage, de ses pommettes rouges jusqu’aux bouclettes mouillées de sa barbe sale. Quand il parlait, ses lèvres dévoilaient des chicots répugnants ; une dentition au moins aussi répugnante que les ongles noirs de saletés de ses mains calleuses. C’était un voleur craint et très actif dont la réputation n’était plus à faire. Il pouvait passer ses journées à fouiller la fange si cela pouvait lui apporter richesse et gloire. Son allure générale pitoyable donnait raison à cette idée.
Pendant de longues minutes, PaÏkan acquiesça aux indications de l’homme tout en considérant méticuleusement les nombreux défauts physiques et points atypiques de son acolyte du jour.

« Et donc quand on débarquera, disait l’autre d’une voix déplaisante, on retrouvera Schnaïder. Il habite au-dessus du premier apothicaire de la cité. C’est lui qui dirige la baraque. Le commerce a beaucoup diminué depuis la nouvelle loi mais il a quand même réussi à renforcer ses positions. Il a élargi ses activités et il pourra te donner ce que tu cherches. En contrepartie, tu sais ce que tu devras donner… »

Païkan voulut répondre avec son amabilité habituelle – teintée d’ironie et de cynisme cinglants – mais il n’en eut pas le temps car des cris s’élevèrent soudain de la sombre galerie rocheuse qui partait sous terre. « Chef, chef ! » faisait la voix surexcitée. Le contrebandier fit signe à Païkan de le suivre et tous deux rejoignirent l’entrée de la grotte dont les barrières de bois avaient été soigneusement déplacées. Le plus petit des voleurs, nigaud vraisemblablement tout juste sorti de la puberté, parvint à leur niveau et, s’assurant qu’aucun des comédiens de la caravane se trouvait aux alentours, tira de sa main gauche une large couverture en corde usée qui recouvrait l’objet qu’il tenait de la main droite.
La bouche de Peïos s'élargit dans un sourire mauvais.

« Nurhachi ! dit le petit voleur d’une voix suraiguë mais étouffée qui trahissait son excitation.
- Nurhachi, répondit en écho le contrebandier dont la voix étrangement calme trahissait l’explosion interne de sentiments qui l’animaient.
- Nurhachi ? » fit Païkan d’un ton agacé et incrédule avec une expression générale qui trahissait la totale désinformation sur qui ou quoi, portait le nom de Nurhachi.

Le petit voleur tenait une coiffe trônant fièrement sur un crâne humain ; ladite coiffe était faite de plumes noires brillantes qui semblaient être des plumes de corbics. Collées serrées sur un bandeau de cuir, elles offraient un splendide spectacle pour les deux voleurs qui semblaient apprécier la chose tels des enfants devant leur nouveau jouet alors que Païkan, lui, semblait plus intéressé par le crâne. « C’est quoi, Nurhachi ? » demanda le forban d’un ton sec et tranchant, frustré de ne pouvoir comprendre.

« Ça, fit le contrebandier en caressant lentement les plumes de la coiffe, c’est Nurhachi, une légende de Korrul. On raconte son histoire aux enfants de génération en génération pour leur inculquer l’amour et le respect des bêtes. Il avait le pouvoir de parler aux animaux, de les comprendre et de se faire comprendre par eux. En retour, les animaux l’écoutaient et obéissaient à ses moindres désirs. Tous les animaux du désert lui rendaient des comptes… La légende raconte qu’il possédait beaucoup d’autres pouvoirs, on le connaît d’ailleurs comme étant un des plus puissants Chamanes des temps anciens. N'est-ce pas, Bellok ?
- Le plus puissant qu'y a jamais vécu !
répondit le jeune voleur d'un ton enjoué.
- Quel joli ramassis de conneries, dit laconiquement Païkan pour qui la croyance en les Chamanes équivalait à vénérer la pisse d’un styx. Et donc, tu penses que ton ingénieux sous-fifre a trouvé la tête de Nurhachi ? Tu penses t’en mettre plein les fouilles avec ? Tu penses devenir le nouvel historien de renom de Korrul ? Intéressant. Dis-moi en plus.»

Le contrebandier émit un sifflement, ayant parfaitement saisi l’ironie insultante de Païkan qui était nullement intéressé par la suite de l'histoire.

« On sait pas si c’est Nurhachi lui-même. On sait peu de choses sur lui autre que c’que je t’ai dit à l’instant. On a peu d’archives de cette époque mais certains érudits ont mentionné que Nurhachi tirait son pouvoir d’une couronne de plumes. C’est p’tet pas la Coiffe de Nurhachi mais ouais, y’a moyen de gagner un paquet en jouant sur la ressemblance. Je sais à qui je vais vendre ça et crois-moi, dans deux semaines maximum, on trouvera ça sur le mobilier en bois-de-sorcier d’une grande famille cultivatrice… Regarde ces plumes, toujours fières et brillantes comme au premier jour. C’est superbement fabriqué, ça m’étonnerait pas qu’il y ait de la magie là-dessous...
- Rien à foutre, on passe à la suite. »


Si Peïos avait été vexé par le désintérêt de Païkan vis-à-vis de ses connaissances, il n’en montra rien. Sans plus attendre, Bellok recouvrit l’étrange trésor avec la couverture en corde pour le dérober des regards indiscrets. Il ajouta que d'autres trésors attendaient d'être saisis dans la même pièce où ils avaient trouvé la coiffe, nouvelle qui enchanta naturellement son supérieur. Le contrebandier et le voleur s’éloignèrent seuls en direction d’une excavation rocheuses non loin d’où ils se concertèrent. A quelques dizaines de mètres de là, les comédiens ambulants se dégourdissaient les jambes en discutant joyeusement. Certains lancèrent des coups d’œil intrigués vers Païkan ; par mesure de précaution, le forban raccrocha son masque pour cacher le bas de son visage. Il reporta son attention vers les deux compères qui parlaient d’une voix beaucoup trop basse pour qu’il ne pipe mot. Il avait la désagréable impression qu’on parlait de lui… mais il lui faudrait faire confiance au contrebandier, malgré tous les doutes qu’il pouvait avoir à son encontre. Le contrebandier s’était déjà montré indigne de confiance par le passé mais en ces temps troubles, qui mieux que lui pouvait offrir à Païkan ce dont il avait besoin pour mener à terme sa mission ?

Et il la vit.

Elle, la femme forban qui l’avait sauvé d’une mort certaine. Cette folle qui l’avait attaqué par derrière, avec son intérêt plus que particulier pour les plumes d’oiseaux. La seule femme qui l’avait un jour sauvé. Même Nérah, qui comptait dans sa vie depuis bien des années maintenant, n’avait pas eu ce privilège. Le Squelette se souvenait encore de ce soir où il avait du s’avouer vaincu et suivre les directives de la femme, la bave aux lèvres et prêt à succomber à ses douleurs.
Et elle était là, sur les hauteurs rocheuses, à épier les voleurs à quelques mètres sous elle. Elle était proche, beaucoup trop proche pour rester à couvert. Sa position… on aurait dit qu’elle attendait l’instant opportun pour attaquer. Elle semblait si chétive, ils n’en feraient qu’une bouchée. Ils la saigneraient et la violeraient. Mais Païkan ne pourrait laisser passer cela pour deux raisons : la première étant qu'il ne désirait pas que les comédiens soient témoins de cela et en soient assez choqués pour les trahir à la première occasion ; la seconde étant qu'elle l'avait sauvé et qu'une petite voix dans son cœur lui intimait à lui, Païkan le Bienveillant, guerrier de confiance et homme d’honneur, de lui rendre la pareille.

Il lui faudrait juste trouver assez de force pour passer outre cette affreuse sensation d’être blessé jusqu’au sang dans sa virilité.

« Bon, tu viens avec nous, fit le chef des voleurs après fin de la discussion. Ta place dans la caravane est assurée mais fais pas le con non plus. Les autres sont craintifs, on est surveillés. »

Le Squelette plissa les yeux. Il s'offrit quelques secondes d'intenses réflexions durant lesquelles il analysa la situation sous tous les angles possibles ; il en vint à penser que la femme pourrait lui être utile - surtout si elle restait sous son contrôle.

Païkan le Bienveillant.

« Tu es con, ou quoi ? annonça-t-il d'un ton moqueur. Il me semble bien t'avoir dit que je voyagerai pas tout seul. »
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On m'appelle Loth de la Vision


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Posté dans Re: Les Aventuriers de la Coiffe perdue.   - Lun 29 Sep 2014 - 6:06

C'était le Vent. Depuis des années et une fois de plus, c'était le Vent qui avait guidé Loth jusqu'à la cachette du désert. Accroupie sous l'ombre d'un rocher, quelques mètres au-dessus de l'étroite entrée surveillée, Loth observait. Immobile et silencieuse, ramassée sur elle-même comme une bête. Sa tête disparaissait presque dans la courte cape de plumes et de poils qui protégeaient ses épaules de la brûlure du soleil. Au cœur de son visage noir de crasse, deux étincelles mauve brillaient d'avidité.

Le bref éclat de la coiffe de Nurhachi avait attiré un nouveau prédateur sur le trésor de Peïos.

Lentement, avec des mouvements de reptiles, Loth glissa vers le rocher un peu plus bas, à gauche. Le Vent lui soufflait les paroles des hommes et tant qu'il ne tournerait pas, il éloignerai son odeur de leur flair vigilant. La korrulienne connaissait les pillards du désert. Pire que des charognards, ils dépeçaient leur victime de toutes ses possessions ; homme, machine ou encore lieu.

Mais si le Vent avait conduit la fille corbic jusqu'ici, ce n'était pas pour leur abandonner sans combattre son trésor !

Son poignard des dunes à la lame incurvée levé haut dans le ciel, menace certaine de sang et de mort, Loth banda ses muscles et s'apprêta à plonger sur sa proie quand elle reconnut le Squelette avec surprise. Aussitôt, la drôle de fille se tapit contre la paroi rocheuse, l'air partagé. Ses lèvres s'agitèrent silencieusement, signe de sa forte contrariété pour avoir été ainsi coupée dans son élan. Ses longs doigts osseux s'ouvraient et se refermaient sur le manche de son arme.

- Les plumes ! les plumes ! pensa-t-elle avec frustration, celles-ci m'appartiennent. Oui, le Squelette n'a pas dansé l'autre nuit sinon il ne serait pas là, alors il m'est redevable. Oui ! Le Squelette ne doit pas m'empêcher de porter la coiffe de Celui qui Écoutait.
Pendant qu'elle continuait à se persuader que Paikan n'obstruerai pas son offensive contre l'homme à barbe, Peïos et Bellock s'éclipsèrent de l'entrée de la caverne pour discuter en aparté.

- ...et n'oublie pas de lui donner cette bourse juste avant de passer les contrôles, fit le chef en confiant un sac de cuir à l'adolescent. Le tatoué, dis leur bien. S'ils se gourent, c'est toi qui finira aussi troué qu'une passoire, t'as compris gamin ?
- J'suis pas idiot ! rétorqua Bellock en prenant la bourse, la voix ferme mais le regard craintif.

Le vent, fidèle mentor, porta cet échange à la jeune Loth. Un étrange sentiment de colère mêlé de jalousie lui fit oublier son conflit intérieur. Le tatoué ? Le Squelette ? Ils voulaient du mal au Squelette ? A son Squelette ?!
Alors ça, il n'en était pas question ! Pas tant qu'il n'aurait pas remboursé sa dette ! Et quand bien même cela serait chose fait, une vie sauvée par Loth et désignée par les plumes finirai au moins l'année. Si Loth pouvait y remédier, elle y veillerait.

Avant que les deux brigands ne rejoignent le forban, Loth sortit de sa cachette. Elle s'avança juste assez pour être vue de Paikan, résolue et ignorante du danger. Ses yeux ne quittaient pas les deux traîtres. Ils cherchaient aussi la coiffe, naturellement.

Bien conseillée par les signes du Vent et des plumes, c'est avec un sourire satisfait que Loth répondit à l'appel masqué du Squelette. En deux bonds, elle quitta son perchoir et ses pieds frappèrent le sol derrière eux, soulevant un nuage de poussière dans le sable déjà chaud du matin. Elle franchit les quelques mètres qui les séparaient d'une démarche souple et arrogante, les mains croisées dans son dos.

- Salutations, chantonna Loth un sourire aux lèvres, salutations... Je suis votre humble passagère, Loth.

Et elle leur offrit une comique révérence. Quelques petites plumes et beaucoup de sable tombèrent de ses vêtements quand elle se redressa d'une secousse.
Aux côtés de Paikan, fort et immuable comme les montagnes, elle paraissait fragile et éphémère mais sournoisement mauvaise. Peïos ne contint pas sa grimace. Au fond de lui, il savait qu'il devrait s'en méfier autant qu'il se méfiait de Paikan. Une petite voix lui souffla "forban !" et lorsque son regard croisa les yeux étrangement colorés de Loth, il n'en douta plus.
Puis il la toisa de la tête aux pieds, l'air contrarié. Elle ne prendrai pas de place dans la caravane, maigrelette comme elle était. Néanmoins...

- Pour ce qui est de passé inaperçu avec vous deux, on repassera ! grogna-t-il à l'intention du forban. T'as de la chance que ce soit des comédiens qui nous couvrent, Paikan, mais j'ai pas souvenir de second passager moi.

Loth remarqua alors que le plus jeune avait disparu. Un mouvement à l'entrée de la grotte lui apprit qu'il avait réagit sans perdre une minute à l'arrivée d'un nouveau forban. Plusieurs hommes du malfrat s'étaient discrètement rapprochés d'eux. Sans être menaçants, la mise en garde était claire.
Un éclair de raison traversa l'esprit de Loth, juste assez longtemps pour réaliser quel pari risqué elle jouait.

- Tu dois bien avoir quelque chose pour me rafraîchir la mémoire ? reprit Peïos avec un sourire carnassier.

La seule chose de valeur que possédait Loth, c'était son poignard des dunes. Mais c'était à Paikan qu'il s'adressait, pas à elle, alors elle se tourna vers lui et attendit qu'il paye son droit de passage.
Naturellement.


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Posté dans Re: Les Aventuriers de la Coiffe perdue.   - Ven 5 Juin 2015 - 13:55

    « C’est ma femelle », dit Païkan après que Loth se soit rapprochée de lui, sans se préoccuper si le mensonge lui convenait ou non. Elle s’était facilement insérée dans la situation avec un comique qui néanmoins n’attira pas la sympathie de Peïos. « T’as pas souvenir d’un second passager ? Tu ne m’écoutes jamais, tu me trahis - j’ai failli le payer de ma vie la dernière fois, bordel - combien de fois tu vas me les briser ? T'es la pire racaille incapable avec laquelle j’ai travaillé. C’est la dernière fois que je coopère avec toi. »

    Peïos ne se laissa pas démonter. Il fit rapidement comprendre au forban qu’il faudrait payer pour que Loth ne vienne s’ajouter au voyage. Ses hommes de main s’étaient sournoisement approchés quand certains membres de la caravane s’étaient aussi pris de curiosité pour la scène. Pour éviter que la situation ne dégénère, Païkan s’exécuta ; il fouilla dans ses poches remplies des pots-de-vin originellement prévus pour les affaires dans la cité troglodyte de Penjoie et en sortit une petite bourse qu’il jeta sur Peïos avec une violence contenue.

    Avec un air puant l'avarice, le contrebandier rejoignit ses hommes avec lesquels il échangea quelques nouvelles phrases suspicieuses. Profitant de cet instant de répit, Païkan chuchota à sa nouvelle associée : « T’as pas idée dans quelle situation tu t’es fourrée, ma belle. On n’a pas affaire à des bleus, mais à des voleurs et des tueurs expérimentés qui vont nous égorger ou nous jeter en pâture aux Veilleurs à la moindre incartade. Tu le sais peut-être pas mais je t’ai sauvé les fesses, là.
    Mais tu vas m’aider. Tu vas venir avec moi et assurer mes arrières, parce que cette crapule n'est pas digne de confiance. Si tu vois quelque chose de louche, tu me le dis. Je sais pas ce que tu veux mais si on se la joue fine et qu'on parvient à Penjoie, notre destination, je te donnerai ta part. Crois-moi, y'a beaucoup en jeu. J’ai payé cher ton droit de passage. Alors prouve-moi que tu vaux ce prix ! »


    Naturellement, Païkan ne fit aucune référence à leur dernière rencontre. Il avait bien trop d’orgueil pour cela. Il lanca à Loth un regard dur, attendant de sa part un signe discret d'acceptation. Ils étaient surveillés ; déjà, le peu de confiance qui liait Païkan à ses contacts se délitait.
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Posté dans Re: Les Aventuriers de la Coiffe perdue.   - Sam 20 Juin 2015 - 17:58

Loth fit un effort sur-corbic pour ne pas déverser le flot de paroles  qui menaçait de jaillir entre ses lèvres pincées. Bon sang, c'était Loth qui parlait toujours beaucoup, d'habitude. Mais quelque chose dans le ton du forban boucla sa bouche. Elle n'était pas vexée, juste contrariée de ne pas pouvoir prendre le temps de lui dire qu'elle ne s'appelait pas "belle" mais "Loth" ; que les hommes ne lui faisaient pas peur, parce que le Vent l'avait conduite ici et ne l'avait jamais trahi ; qu'elle n'estimait pas sa dette remboursait, oh ça non ! Elle aurait aussi voulu lui rapporter la conversation surprise entre le contrebandier et son loustic, mais le moment était passé. Et puis, maintenant, tout ce qui comptait dans l'esprit de Loth c'était la coiffe de Nurhachi. Ces plumes, longues, soyeuses, aussi noires que l'iris du roi corbic et miroitantes comme l'eau d'une flaque sous le ciel nocturne du désert. Ni l'âge ni les tempêtes n'avaient assombri leur beauté. Loth rêvait déjà de l'instant où la coiffe toucherait son crâne. Alors, elle en était sûre, un monde nouveau s'ouvrirait à elle, dans lequel les corbics et tous les volatiles de l'île n'auraient plus de secrets pour la korrulienne.
Oui ! pensa-t-elle à voix haute. Elle s'en rendit compte car Paikan lui écrasa légèrement le pied. Elle reprit dans un murmure : Loth sait ce qu'elle veut et fera ce qu'il faut pour ça. Je t'aiderai, parce qu'il le faut.
Toutefois, le forban aurait sûrement tout le loisir de se demander ce que la fille corbic n'avait pas compris dans "se la jouer fine".

Peïos revint vers eux et leur fit signe de le suivre jusqu'à la caravane. Il appela un comédien peu éveillé, grand et maigrichon, et l'informa de la présence des nouveaux voyageurs. L'homme protesta, ils étaient déjà bien assez serré là derrière mais Peïos coupa court à ses jérémiades.
- On partira dans une heure, le temps que mes hommes en finissent avec cette caverne. HA ! railla-t-il, j'aurai aimé voir un peu la tronche de ces bronzés à cape quand ils découvriront les traces de notre passage !
La canaille continua de se réjouir de son coup tout en retournant près des fouilles. Les deux forbans ne manquèrent pas de remarquer la présence non lointaine d'un homme de Peïos. Cela n'inquiéta pas Loth. En vérité, la korrulienne commençait à trouver le moment excitant et un léger sourire vint chasser la méfiance première. Cette aventure serait distrayante, oui !
Sans crier gare, Loth disparu de la vue de Paikan pour se précipiter à l'intérieur du véhicule, heureuse comme une enfant. De nombreux coffres remplis de tissu et accessoires de théâtre occupés les deux tiers de l'espace étroit de la caravane. L'air empesté l'eralium consommé. Les moteurs se trouvaient non loin du banc des passagers. Il serait sûrement difficile de discuter avec les comédiens et c'était mieux ainsi lorsqu'on emmenait Loth en balade.
Elle décida qu'une fouille détaillée - appelons-ça un pillage - des malles serait une bonne occupation jusqu'au départ. Le grand maigrichon ne sembla pas apprécier l'initiative.
- Eh toi ! Le tatoué là !, héla-t-il d'une voix lancinante. Surveille ta femelle ou elle voyagera sur le toit jusqu'à la ville. Je garantis pas que tu la récupéreras intacte, ceci-dit.


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Forban du Désert

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Posté dans Re: Les Aventuriers de la Coiffe perdue.   - Dim 28 Juin 2015 - 16:37

Païkan fut introduit avec Loth auprès d’un des comédiens de la caravane qui exprima son désaccord. Païkan se contenta d’agripper l’épaule de Loth dans un signe de possession. Ce n’était pas une possession amoureuse mais plutôt bestiale, qui témoignait de la sauvagerie du duo atypique qu’il formait tous deux. Le visage du comédien trahissait la gêne qui l’animait. Jamais Païkan et Loth n’avaient parus si forbans et si étranges ensembles.

   « Salut » , dit le Squelette d’un air faussement désintéressé mais souriant, le visage toujours dévoilé, conscient que cela apporterait une aura malsaine à leur duo.
   Un Squelette et un Corbic. Ils n’étaient ni plus ni moins que des comédiens à leur façon.

   Par la suite, Païkan ne lâcha plus Peïos des yeux. Il se savait surveillé mais plus les minutes passaient et plus il s'intéressait au contenu des boîtes métalliques qu'on chargeait d'objets possiblement revendables au marché noir. Se trouvait-il face à une opportunité qu'il lui fallait saisir ? Ce n'était pas sa mission originelle... Mais il ne cessait de se questionner quant à son propre intérêt dans l'histoire, quant à son clan miteux en pleine déroute et son avenir brumeux...

   Le maigrichon le héla à propos de Loth, et c'est alors que Païkan se rendit compte que durant tout ce temps la femme s'était éloignée sans qu'il ne s'en soit rendu compte. La Forbanne avait profité d’un de ses instants de réflexion pour recommencer ses bêtises et pénétrer la caravane. Sans plus attendre, il se dirigea vers l’homme et se planta devant lui, fort de plus d’une tête de hauteur en plus, et lui dit d’un temps méprisant :  « Qui t’as permis de l’appeler femelle, crevure ? » Avait-il seulement cru être sur un pied d’égalité avec le Forban ? C’était une erreur, une grave erreur, et Païkan se chargea de le lui faire comprendre.  « Laute ! » lança-t-il fortement pour sommer la jeune femme de le rejoindre.

    Était-ce une erreur de l’avoir embarqué dans l’aventure ? Cette femme allait causer sa perte, il en était plus que sûr. Son mépris du principe de propriété agaçait aussi bien l’homme que Païkan, qui se hâta d’ajouter :  « C’est aussi une… comédienne. Elle danse et chante, et elle adore se déguiser. On nous a dit que vous étiez une grande compagnie et que vos spectacles étaient de qualité, elle s’est aussitôt empressée de voir ça de plus près. Faut pas lui en vouloir, elle est excentrique et un poil trop curieuse mais c’est une bonne dame. » Les deux hommes regardèrent Loth ; son étrange tenue vestimentaire correspondait parfaitement à la description donnée.

    Le Forban rajouta, l'air de rien :  « J'espère que vous êtes assez payés pour coopérer avec ces types, parce que vous risquez gros en trempant dans leurs embrouilles... Si les Veilleurs nous trouvent, on tombe avec eux. Je connais les lieux, moi, on est en plein périmètre de surveillance... Ces types sont pas de confiance. Je suis même pas sûr qu'ils vous paieront. Faites attention. » Sur ces mots plein de poison, Païkan quitta l'homme en amenant Loth avec lui. Détourner l'attention sur Loth et liguer les uns contre les autres en usant d'une menace réelle qui, pensait-il, n'était pas d'actualité ce jour-là, c'était encore la meilleure façon de placer ses pions sur l'échiquier sans user de la force.

    « T'es complètement foutraque, dit-il à la jeune femme, mais j'aime ça. T'as trouvé quelque chose ? Des armes ? »

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Posté dans Re: Les Aventuriers de la Coiffe perdue.   -

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