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par Asàf Lysereän Mar 10 Mai 2016 - 13:47


[RPFB] Haine familiale et esclavage sous le soleil

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Ordre de Ruyn

On m'appelle Asàf Lysereän


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Posté dans [RPFB] Haine familiale et esclavage sous le soleil   - Mar 12 Aoû 2014 - 16:50

« Maître... ? Maître, réveillez vous j'ai une mauvaise nouvelle... »

Avait fait la voix exaspéré de son apprenti qui ne s'étonnait même plus de trouver son maître allongé par terre dans son propre vomi en plein milieu d'après-midi. L'érudit lui s'était redressé en soulevant une paupière à la fois, non sans l'aide de Selim. Le jeune garçon ne tergiversa donc pas sur les raisons pour lesquels son précepteur se retrouvait une fois de plus dans une position délicate et poursuivi en l'aidant à se relever complètement.

« Ils l'ont annoncé et depuis tout le monde au temple ne fait qu'en parler... »

Le visage d'Asàf, émergeant enfin du néant distordus dans lequel il flottait, esquissa une moue étonnée. Il remisa sa toge, en frappa le tissu pour en faire tomber la poussière et sentant que son disciple attendait un signe pour continuer il s'éclaircit la gorge en guise de réponse.

« L'esclavage... Le conseil a ratifié une loi sur l'esclavage des Ostracisés. »

Asàf redressa la tête brutalement et se gifla pour s'assurer de son état de conscience. Si tout ou partie de son esprit avait été encore en partie inconscient, la douleur qu'il ressentait venait de l'en tirer. Sa tête se tourna alors vers Selim que ses yeux parcoururent rapidement pour s'assurer que son apprenti n'était pas une illusion créée par son esprit. Mais quand l'évidence de la réalité sauta aux yeux du prêtre, il se redressa de toute sa taille et de tout ses muscles. Sans adresser un mot à son apprenti, sans se parer de son attirail habituel pour sortir du temple, il se dirigea vers la sortie de la pièce. Selim lui ne l'avait pas quitté des yeux et ne bougea pas d'un poil.

Le calme et la sérénité habituelle qui habitaient l'érudit avaient disparu. L'annonce de son disciple avait changé du tout au tout son attitude, il était méconnaissable. Sa démarche lente et désordonné avait fait place à une marche rapide et précise, il savait où il allait et ne se gênait pas pour bousculer ceux qui se mettaient sur son chemin, comme si sa fureur l'aveuglait. Son objectif était le domaine Lysereän, là il pourrait commencer par réprimander son neveu. Il espérait que cela change quelque chose mais en son fort intérieur il savait qu'il n'en serait rien.

Entrant dans le bâtiment principal son regard se fixa sur un domestique qui, sûrement troublé par l'expression du visage d'Asàf, s'arrêta et lui fit face.

« Nous ne nous attendions pas à vous voir aujourd'hui, Maître Asàf. »
« Je désire voir mon neveu immédiatement ! »
« Il est en audience avec... »

L'érudit venait de lui lancer un regard noir pour le forcer à se taire, se rappelant qu'il avait déjà dit à ce serviteur plus d'une centaine de fois de ne pas l'appeler "Maître". Sans s'arrêter il continua en direction du bureau de Kezaël. Il bouscula le domestique qui gardait la porte, celui-ci tenta de balbutier quelque chose au moment où l'érudit ouvrit la double porte du cabinet d'un grand coup de pied, celle-ci s'abattit violemment contre les murs dans un choc sourd. Asàf se retrouva face à son neveu Kezaël tel qu'il s'y attendait mais aussi à sa nièce Nessä. Il reprit son souffle - et son calme en partie - via une longue respiration au milieu de la poussière dégagée par son irruption. L'érudit fit signe au serviteur de quitter les lieux ce que ce dernier s'empressa de faire en courant.

« Je ne vous savais pas fou au point de donner une raison aux Ostracisés de vous trancher la gorge ! »

Le prêtre regarda tour à tour les deux cultivateurs qui lui faisaient face en attendant une réponse, ou au moins une réaction de leurs parts. Le coup qu'il avait mis dans la porte lui avait rendu une partie de sa sérénité mais il était encore très loin du calme qu'on lui connaissait habituellement, ce sujet sensible avait agité quelque chose en lui.
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Cultivateur

On m'appelle Nessä Lysereän


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Posté dans Re: [RPFB] Haine familiale et esclavage sous le soleil   - Mer 13 Aoû 2014 - 16:03

La nouvelle était parvenue aux oreilles de Nessä la veille au soir, ou plutôt, elle l'avait extorquée à son cousin dès son retour sur le domaine familial. Toujours aussi soucieuse de savoir ce qui se disait dans les entrevues des grands Pontes, elle s'inquiétait surtout de l'impact que cela pouvait avoir sur les affaires liées aux Lysereän, et comment elles pouvaient les arranger.

Elle avait donc attendu Kezaël devant leur majestueuse demeure et n'avait pas perdu de temps pour l'assaillir de questions auxquelles elle trouva des réponses que jamais elle n'aurait imaginées. Le sort des pauvres gens avait illuminé son visage, tandis qu'en son esprit elle imaginait les siens gagner en puissance alors que la conquête des Terres Blanches faisait un pas en avant et que le repas caritatif qu'ils avaient récemment organisé les avait plus qu'impliqués dans la découverte de ces nouveaux territoires.

Le lendemain, elle avait déjà en tête de participer activement à l'asservissement des populations ostracisées. Le moment était critique, et les premiers arrivés seraient les premiers servis en esclaves de choix, laissant à d'autres les vieux croulants, les enfants et les malades. Elle avait chargé plusieurs hommes de mains de partir en reconnaissance dans la cité ostracisée la plus proche et la plus peuplée d'Arish, les chargeant de repérer les hommes les plus vigoureux et les femmes les plus habiles. Il leur fallait les meilleurs, et les mercenaires chargés de les repérer avaient carte blanche pour les intimider, user d'arguments convaincants et jouer les gros bras pour en inciter certains à servir sur le domaine plutôt que de s'engager.

Ce ne fut que l'après-midi qu'elle alla s'entretenir avec son cousin, chose convenue lorsqu'ils s'étaient quittés la veille. Il était avant tout question d'évoquer les effectifs d'esclaves nécessaires à certains postes plutôt qu'à d'autres, Nessä ayant particulièrement insisté pour conserver un certain nombre de domestiques pour endosser des rôles clés. C'est qu'on travaille mieux quand on est payés !
Leur entrevue demeurait dans un contexte familial et donc particulièrement proche, n'imposant aucune tenue particulière ni distance entre les interlocuteurs. Il n'était donc pas étonnant d'y voir Nessä assise sur l'accoudoir du fauteuil sur lequel se tenait son cousin dont les cheveux occupaient les doigts de la cultivatrice qui lui rapportait les premières observations matinales de la petite escouade qu'elle avait dépêchée.

Son air amusé, presque mutin, ne se décomposa pas le moins du monde lorsque la porte s'ouvrit brusquement sur Asàf, leur plus jeune oncle. Le sourire de la jeune femme s'était même élargi malgré la colère lisible dans les yeux du religieux.

- Eh bien, mon oncle, sont-ce dont là des manières ?

Le domestique à la mine dépitée s'éclipsa bien rapidement. Celui-ci serait aisément remplacé par un ostracisé...
Nessä se leva et marcha en direction de l'Érudit qu'elle frôla en continuant jusqu'à la porte qu'elle referma avec douceur en lui répondant sur le ton de la moquerie.

- Il est certain qu'ils nous atteindront plus facilement si vous leur ouvrez toutes nos portes de cette façon.



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Cultivateur

On m'appelle Kezaël Lysereän


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Posté dans Re: [RPFB] Haine familiale et esclavage sous le soleil   - Ven 15 Aoû 2014 - 7:09

La réunion avait été longue, interminable. Les délibérations tout autant, créant une véritable cession entre deux groupes bien distincts. La question de l’esclavagisme dans les cités Ostracisées avait été soulevé, créant un véritable débat politique. Les chamanes et le Haut-Conseil de Korrul s’était rassemblés pour s’interroger sur cette question, et Kezaël n’avait pas hésité une seconde quant à l’avis qu’il défendrait.

Il était rentré tard au domaine Lysereän, et bien qu’il pensait avoir enfin le temps de souffler, ce fut sans compter sur sa somptueuse cousine qui l’attendait déjà. Sa curiosité et son soucis de la puissance de la famille avait fait sourire le Représentant des Cultivateurs qui du bien se résigner à tout lui raconter sans attendre. Mais si ce rapide compte-rendu était suffisant pour l’instant, il fut convenu que les deux se retrouveraient dès le lendemain après-midi afin d’en discuter plus sérieusement. Et notamment de ce qui allait se passer pour le domaine.

Les yeux à demi clos, bercé par les caresses de Nessä qui s’amusaient des mèches pourpres de son cousin, Kezaël l’écoutait sans un mot. La jeune femme n’avait pas perdu de temps et avait fait envoyer des hommes de main dans les cités ostracisées les plus proches afin de se garder le meilleur choix quant aux esclaves qui finiraient chez eux. Cette détermination avait tiré un petit rire du Cultivateur qui ne cessait d’admirer sulfureuse cousine si insatiable de pouvoir. Comme lui. Et autant dire que depuis le repas caritatif qui avait rencontré un incroyable succès ; d’autant que l’argent récolté avait permis à l’armée korrulienne d’avancer réellement en terres boréales ; et n’avait fait qu’augmenter cette réputation déjà brillante de gloire et de pouvoir. Mais si la satisfaction étreignait les deux jeunes gens, Kezaël ne pu retenir un sourire ironique en pensant à leur oncle, Asàf, digne érudit mais qui ne partageait malheureusement pas leurs idées.

Et comme si Ruyn avait entendu ses pensées, la porte s’ouvrit dans un tel fracas que le Représentant des Cultivateurs en manqua de sursauter. Sursaut qui se transforma en sourire hautain et clairement amusé quand il y découvrir justement celui qui animait ses réflexions depuis quelques minutes. Retirant sa main de la cuisse de Nessä qu’il ne se priva pas de caresser lorsqu’elle se leva, il la suivit du regard, admirant une démarche fluide et gracieuse, et un visage mutin aux traits malicieux. Rien de mieux pour agacer un peu plus ce vieil oncle qui n’arrivait pas à s’extirper de ses idées datant du siècle dernier.

"Calmez-vous donc mon oncle, et venez vous asseoir. Et cessez d’arborer cette mine, on croirait que vous avez vu une armée de démons à votre porte."

Il retint un sourire, sachant pertinemment que s’il était chef de famille, Asaàf restait son aîné et un manque de respect ne serait pas toléré. Faisant signe à Nessä de leur apporter de quoi boire, il attendit que leur oncle soit servit, et sa cousine revenu près de lui pour reprendre.

"Je comprends tout à fait votre indignation mon oncle, mais je suis certain que vous n’avez pas imaginé tout ce qu’il serait possible de faire grâce à cet édit. D’autant que je ne suis pas encore assez puissant pour le proclamer moi-même, il a fallu une majorité de vote. S’il est là, c’est que le Haut-Conseil de Korrul le veut aussi, et pas seulement moi. Alors tempérez un peu votre colère et discutons-en plutôt."

Il attrapa son verre rempli de Vin de Gernie, un cru délicieux qu’il se procurait chez une famille Marchande amie de la sienne. Prenant le temps d’en humer les parfums, il finit par en boire une gorgée, son regard flambant toujours fixé sur Asàf.

"Dites moi, mon oncle, qu’est ce qui vous gêne vraiment dans cette décision ?"





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Ordre de Ruyn

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Posté dans Re: [RPFB] Haine familiale et esclavage sous le soleil   - Lun 2 Mar 2015 - 15:33

« Toutes créatures en ce monde est un présent de Ruyn. Toutes méritent adoration et respect. »

L'érudit avait pris place dans la chaise en face de son neveu. Sur le bureau qui les séparait Nessä avait disposé deux coupes de vin de Gernie. Visiblement Kezaël n'était pas sans ignorer le goût de son oncle pour le bon vin, et ses relations l'en honorait, à sa seule odeur le cœur d'Asàf s'adoucit un peu. Son état actuel lui interdisait de boire il laissa donc le verre de coté en y prêtant seulement une attention olfactive lointaine. Bien qu'il eut réussi à se calmer pour reprendre une conversation posée et logique des tiques de colères convulsaient encore son visage et ses mains tremblaient.

L'insolence dont faisait preuve les deux héritiers de ses propres frères n'arrangeait rien et il se surprit à souhaiter que leurs parents soient là pour leur rappeler le respect qui est dû à un homme du rang d'érudit. Même s'il n'avait jamais vraiment supporté l'étiquette, Asàf avait par moment sa fierté. De plus, il remarqua quelque chose d'étrange dans la relation des deux jeunes gens. Jusque là il avait fais mine d'ignorer ce petit jeu qui se tramait entre son neveu et sa nièce et il continuerait pour le moment. Malgré le fait que cela le gêne il n'en laissa rien paraitre car ce n'était, entre autre, pas le sujet de sa présence.

La phrase que l'homme de foi avait prononcé était connu de tout Korrulien et Ostracisé croyant en Ruyn. Il avait choisit cette phrase parmis les préceptes primordiaux de Création car elle était tout indiquer dans la situation présente. Le silence suivant cette phrase, à la fois simple et complexe, était sûrement dû à l'interrogation, Asàf avait laissé ce silence pour leur laissé ce temps d'introspection. Lorsqu'il jugea ce laps suffisant il se laissa lentement tombé en arrière dans son fauteuil tout en croisant les bras.

« Ces mots forment l'une des maximes primordiales de notre société et de nos croyances. Et parmi toutes les règles de notre religion il s'agit d'une des plus populaires. Vous pensez peut être que je ne suis qu'un érudit fanatique qui cherche à prêché la parole de son dieu... De notre dieu, Ruyn. Mais ce dogme s'applique à tous qu'ils soient pauvre ou riche, cultivateur ou ostracisé. Il est la promesse que Ruyn aime ses enfants croyants ou non. » expliqua-t-il posément.

Il marqua un silence et ferma les yeux un court instant. Lorsqu'il les rouvrit c'est avec un regard dur et accusateur qu'il fixait son neveu et ses mots tranchaient tel la lame d'une épée.

« Asservir les ostracisés en vous cachant derrière le fait qu'ils soient des impies qui ont fuis les grandes villes est en total contradiction avec le respect de notre dieu et au fond de vous, vous le savez. »

Aller plus loin dans ses accusations auraient été un acte de trahison, Asàf le savait bien. Sa confiance envers le haut conseil de Korrul et envers le reste des érudits vascillait en son fort intérieur, il le dissimulait avec brio mais pour combien de temps encore ?  Il savait qu'il n'était pas le seul érudit à interprété les textes de cette manière mais comme lui ils étaient tous museler par ce qui pourrait arriver si la parole du haut conseil et, par extension, des chamanes était mise en doute.

Décroisant les bras il tira sur sa moustache pour la replacer puis joint ses mains devant lui sans relâcher la pression de son regard sur Kezaël. Il espérait que son ancienneté, son autorité naturel et son autorité familial d'oncle est au moins un effet imperceptible sur son neveu.

« Voilà ce qui me gêne dans cette décision.. » conclut-il.
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Posté dans Re: [RPFB] Haine familiale et esclavage sous le soleil   - Jeu 5 Mar 2015 - 16:58

Le débat était lancé. De chaque côté, les deux hommes s’affrontaient calmement du regard. Kezaël savait son oncle patient et excellent orateur, mais il se savait également puissant et un parfait négociateur. Les arguments risquaient forts de s’entrechoquer, tout comme les esprits contraints à ce qu’ils voulaient entendre. La discussion était perdue d’avance, car ni l’un ni l‘autre ne renoncerait à ses idées. Mais le jeune chef des Lysereän n’entendait pas abandonner aussi facilement. S’il ne pouvait remettre son oncle sur le droit chemin, il souhaitait au moins faire preuve de l’autorité d’un véritable chef de famille. Ce dont il se savait largement capable. Le plus dur étant de tenir tête à Asàf, sans manquer de respect à l’un des plus anciens de la famille. Mais le jeu en valait la chandelle. Et retenant un sourire amusé suite aux paroles de l’Erudit, Kezaël prit le temps de répondre, après de longues secondes de silence :

"Si notre dieu, que vous fanatisez autant, est si juste que vous le dites, voulez-vous alors m’expliquer pourquoi il a laissé notre peuple se scinder de cette manière ? Cultivateurs, petit peuple et ostracisés, avec un fossé de différences toujours plus grand entre nous."

A son tour, il fit peser son regard brillant sur son oncle. S'inquiétant peu de ne pas le voir goûter à un si bon vin, lui qui était amateur, il laissa de côté ses questionnements sur les effets de la vieillesse et revint à un sujet plus préoccupant. L’accusation d’Asàf à l’égard de ceux qui approuvaient l’asservissement des ostracisés était bien plus inquiétant. Il s’était attendu à des sermons religieux et moralisateurs, mais en aucun cas, il ne s’était préparé à une opposition aussi rageuse de la part de l’Erudit. Doucement, il prépara le chemin de ses arguments en silence, ne le lâchant pas du regard. Un léger soupir s’échappa de ses lèvres, pourtant, avant qu’il ne porte la coupe de vin à sa bouche. La discussion était loin d’être terminée.

"Cette décision d’esclavagisme est loin d’être en opposition avec ce que veut Ruyn. Bien au contraire, nous sommes nombreux à voir là-dedans, des conséquences bénéfiques pour les deux parties. Les ostracisés seront de nouveau admis en ville, avec un travail, et un vrai toit. Quant à nous, nous aurons à disposition, plus de main d’oeuvre, pour des coûts plus bas. C’est une excellente manière de relancer l’économie interne."

D’un geste de la main, il conclut sa remarque, une éternelle ombre de sourire méprisant aux coins des lèvres. Il savait son oncle parfait dévot, mais surtout, très humaniste. Leur point de vue seraient à coup sûr, éternellement en opposition, pourtant, Kezaël avait l’espoir de convaincre Asàf. Peut-être pas par véritable conviction, mais bien plus par solidarité familiale. L’Erudit était sans aucun doute le seul membre de cette famille corrompue et avide de pouvoir, à ne justement pas l’être. Lui recherchait la paix, la justice et l’égalité. Le reste des Lysereän recherchaient la puissance, la richesse et une égalité qui les arrangeaient bien. Mais du fond de sa place de chef de famille, Kezaël ne parvenait à comprendre la logique de son oncle. Qu’il veuille le bien d’autrui, soit. Mais qu’il soit en total désaccord avec les idées familiales lui passait au-dessus. Ils aimaient le pouvoir, et la gloire, mais l’avaient toujours utilisé dans le bon sens, aidant le peuple tant par des mécénats, que par des dons ou des petites missions temporaires. La partie sombre de leur famille ne touchait en rien les citoyens qui n’avaient aucune idée de la corruption et des faits illégaux qui se tramaient par derrière, et qui finançaient souvent, tout ce dont ils pouvaient jouir librement à Arish. Il était grand temps que ce vieil oncle se remette dans le contexte actuel et cesse de jouer les anciens moralisateurs.

"Nessä, expliques donc à notre cher oncle que nous ne sommes pas de méchants tortionnaires. Je commence à perdre patience."

Battant l’air de la main, il fit signe à sa séduisante cousine de se servir un verre et de venir le rejoindre. Il était patient, compréhensif, mais cette manie de faire jouer sur lui une autorité d’aîné l’agaçait au plus haut point, d’autant qu’il était trop à cheval sur le respect pour se permettre quoi que ce soit à l’encontre d’un oncle. Qui restait tout de même de sa famille. Ce qui revenait à peu de chose près, à une autorité sacrée.





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Posté dans Re: [RPFB] Haine familiale et esclavage sous le soleil   - Mar 10 Mar 2015 - 10:46

La légèreté des paroles de Nessä, ainsi que des premières de Kezaël à leur oncle, n'avait pas suffi à apaiser le religieux qui semblait bouillir intérieurement. Le sérieux du sujet s'imposa très rapidement et la moue de la Cultivatrice alors qu'elle remplissait les verres de vin laissait entendre qu'elle aurait apprécié en rire encore un peu, avant de parler affaires. Euh, pardon... "Humanisme".

Avec toute l'humilité d'une femme de son rang, elle laissait parler les hommes et revint s'asseoir auprès de Kezaël, non sans s'amuser à faire courir ses doigts sur les épaules tendues du religieux au passage. Si elle pouvait exécrer la gent masculine et n'en considérer ses représentants que comme de vulgaires pantins dont elle pouvait tirer ce qu'elle souhaitait, cela ne concernait en rien les hommes de sang Lysereän qu'elle aimait et admirait plus que tout. Ils étaient le symbole de la puissance et la richesse de la famille et contribuaient à sa grandeur et à celle de Korrul avec aisance et intelligence. Rien à voir avec ces vulgaire garudas tout juste bons à réaliser n'importe quel souhait moyennant une récompense...

Mais même si elle ne parlait pas, ses oreilles n'étaient pas en reste. Écoutant attentivement les arguments de chacun, elle ne put retenir un rire discret en entendant le sermon de l'Érudit. Il avait toujours été plus raisonnable et moins intéressé que ses frères et sœurs par le besoin d'asseoir l'influence de la famille Lysereän. L'Ordre lui avait-il lavé le cerveau ou était-il comme ça naturellement ? Songeant à sa propre sœur et à son bien aimé cousin qui, malgré leurs appartenances à l'Ordre, s'appliquaient encore et toujours à servir les intérêts familiaux, Nessä trouva sa réponse. L'oncle Asàf était un doux rêveur...

De nouveau penchée sur le dossier du fauteuil, elle jouait de nouveau avec la chevelure écarlate du chef de famille, s'amusant du visage sérieux de l'Érudit. Enfin, Kezaël l'invita, elle, à prendre la parole, ce à quoi elle répondit d'abord par un beau sourire satisfait qu'elle adressait à Asàf.

- Mon oncle, défaites-vous donc de toutes ces vieilles maximes qui ne sont plus citées que par des prêtres séniles, vous valez tellement mieux... La Cultivatrice se redressa et cessa d'emmêler les cheveux de son cousin. Voyez-vous, il nous tient à cœur, autant qu'à vous, de servir Ruyn du mieux que nous le pouvons en contribuant à la grandeur de Korrul. Et pour ce faire, nous nous servons simplement de ce qu'Il a pu mettre à notre disposition. Si ces miséreux le sont, c'est bien qu'Il les y a mis et qu'ils le méritent. Autant les rendre utiles.



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Posté dans Re: [RPFB] Haine familiale et esclavage sous le soleil   - Mar 10 Mar 2015 - 16:22

Asàf les fixait tout les deux alternativement, attentivement du fond de son siège. Et tandis qu'ils tentaient de cacher leurs actes odieux derrière des arguments de paille et des mensonges le regard de l'érudit s'embrasait d'une toute autre lueur. Cette lueur était une réponse au mépris dont faisait preuve ces deux enfants.

« Je vous en prie Kezaël ne me prenez pas pour un idiot. Je ne boierais pas vos paroles de bienveillance envers les Ostracisés, nous parlons ici d'esclavage. Si je vous laissais tous les deux partir en canon d'ici quelques minutes vous m'expliqueriez que ces pauvres gens ont décidé eux même de venir travailler gratuitement en échange de l'amnistie. »

Il prit le verre toujours posé devant lui et le vida d'un seul trait. Le vin aurait eu un goût succulent si il l'avait dégusté mais au lieu de ça l'érudit avait volontairement vidé le vin hors de prix de son hôte pour lui faire insulte. Ce qui ne manqua de lui arraché un sourire qu'il voulu narquois pour répondre à celui de son neveux.  Le calme et le mépris de ces interlocuteurs n'allaient sûrement pas lui faire perdre le sien. Reposant la coupe  devant lui il reprit.

« Ruyn n'est pas un dieu aillant des volontés qu'on cherche à tout prix à combler comme celle d'un cultivateur capricieux. C'est un dieu qu'on aime et dont on suit les enseignements, c'est ce que nos dirigeant semble avoir oublié. »

C'est en finissant sa phrase qu'il prit conscience que ce débat était un débat de sourd. Chacun allait ainsi déblatéré ses arguments sans écouter l'autre pour un résultat inexistant. Et Asàf savait très bien que jamais il ne changerait l'avis de son neveux ou de sa nièce ou de n'importe quel autre Lysereän. Car en plus de la suffisance qu'ils affichaient avec naturel un démon les dévoraient intérieurement. Cet lueur dans leurs yeux il ne la connaissait que trop bien, cette envie de vouloir toujours plus. C'est ce qu'affichait ce vin, cette maison, ce domaine... C'était même leurs raisons d'être. Asàf ne se souvenait pas de la première fois dont il s'était rendu compte de cette différence entre lui et ses frères mais il avait toujours vu cette faim qui consumait sa famille et qui consumait maintenant ce pays : l'avidité.

Il souffla par le nez d'exaspération et son sourire s'effaça, il se redressa dans son siège avant de se lever et de commencer à marcher le long de la pièce en levant le visage vers le plafond.

« Mais c'est de notre famille dont je veux parler et pas des dirigeants de ce pays. Vous ne pouvez pas impunément continuer à obtenir tout ce que vous voulez au prix de la liberté de pauvres gens sans qu'un jour vous n'en payez le prix. »

Asàf les mettait en garde car malgré tout au fond il les aimait comme ses propres enfants. Il les aimait presque au moins autant qu'il les haïssait.
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Posté dans Re: [RPFB] Haine familiale et esclavage sous le soleil   - Ven 13 Mar 2015 - 17:02

Enfoncé dans son fauteuil moelleux, comme un roi dans son trône, Kezaël écouta les paroles un brin insolentes et prétentieuses de sa jeune cousine, qu’il ne put qu’approuver, d’un sourire narquois. Les mains fines de la jeune femme dans sa chevelure précédemment, l’ayant détendu, il sentit cet effet s’évaporer bien rapidement lorsque Asàf se remit en tête de les sermonner. Ou plus précisément lui, puisqu’il était à la tête des Lysereän, et qu’il semblait donc, que tout soit de sa faute.

"Il n’y a aucune bienveillance dans mes paroles, ni dans mes actes. Comme le dis Nessä, ces gens se trouvent là où Ruyn les a mis. Ils peuvent nous servir, alors utilisons-les."

Avait-il répondu aussitôt après sa cousine, ne laissant pas le temps à son oncle de répliquer. Il avait entendu assez de sermon comme ça. S’il pensait que les deux jeunes gens avaient une quelconque conscience quant à la traite de ces pauvres miséreux, il n’en était rien. Kezaël les voyait comme il l’avait dit, un moyen de relancer l’économie, en mettant en place un marché d’esclave. Rien de plus. Tant pis si l’Erudit était choqué, outré ou tout ce qu’il voulait. Dardant son regard flambant sur ce dernier, le Représentant des Cultivateurs l’observa en silence vider son verre de vin, un haussement de sourcil surpris agitant son visage. D’une main tendre sur la hanche, il invita Nessä à resservir leur oncle, et reprit de son côté :

"Nous suivons les enseignements de Ruyn. A notre manière. Celle que notre famille suit depuis des décennies, et qui nous a permis d’atteindre le point culminant de la puissance. Ceux que nos dirigeants, par leurs exemples, suivent aussi. Et ce, depuis bien plus longtemps que nous."

Son agacement se ressentait au ton de sa voix. Il n’était pas venu là pour entendre les remarques d’un religieux moralisateur et obsédé par les préceptes originaux. Il y avait belles lurettes que ces enseignements d’ailleurs, étaient interprétés de la manière qui arrangeait le plus les dirigeants de Korrul. Et ce bien avant que Kezaël n’en fasse partie. Son regard s’était teinté d’insolence et d’orgueil, et jouant à faire le tour de sa coupe de vin du bout du doigt, il ajouta :

"Ce n’est pas à moi de vous apprendre, mon oncle, que les Lysereän ont toujours été à la recherche de pouvoir. Cela fait peut-être de moi un homme détestable, puisque je perpétue cette “tradition”, pardonnez moi de l’expression, mais je n’ai aucun regret à le faire. La famille passera avant tout, et le peuple n’a aucune raison de se plaindre de nos actes, bien au contraire. Il nous adore, et pour rien au monde, je ne ferais marche arrière, puisque cela reviendrait à détruire la moitié des bâtiments culturels d’Arish, ainsi qu’à faire plonger l’économie. Alors cette puissance que vous exécrez, vous aurez beau dire tout ce que voudrez, elle profite à tout le monde."

Il laissa couler sur Asàf un regard dur et brillant de fermeté, auquel s’accrochait férocement cette flamme d’orgueil et d’ambition mêlés. Son oncle aurait beau dire tout ce qu’il voudrait, Kezaël était plongé dans cette vie depuis bien trop longtemps, il avait été éduqué, si ce n’est formaté pour rechercher la puissance jusqu’à sa plus extrême évolution. Il était conscient de cela, il était lucide quant à son envie jamais assouvie, mais il ne regrettait rien. Car regretter aurait voulu dire effacer l’existence des Lysereän sur une centaine d’année, et tout ce qu’ils avaient apporter à Korrul avec eux. Si la gloire les avait mené si loin, elle avait permis aussi tant de chose, tant de progrès, qu’il était presque impossible d’imaginer Arish, sans cette famille. Et le Représentant des Cultivateurs n’avait aucune envie de regretter. Au contraire.

"Je ferais tout ce qui est nécessaire au maintien de la gloire des Lysereän. Je tuerai comme j’asservirai. Tant qu’Arish reste florissante, et que nous vivons."

Sur ces mots, il attrapa sa coupe de vin et la but entièrement, laissant l’alcool lui brûler la gorge, comme un exutoire à sa féroce détermination.





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Posté dans Re: [RPFB] Haine familiale et esclavage sous le soleil   - Ven 20 Mar 2015 - 15:03

Tout en écoutant son neveu, Asàf revint sur ses pas et attrapa la coupe que sa nièce venait de lui resservir en lui adressant un signe de tête et un sourire en guise de remerciement. Il continua à faire les cents pas en buvant quelques gorgés de vin jusqu'à ce que son neveux ai terminé de parler.

- La gloire... Si vous pensez qu'il n'y a qu'un seul chemin pour l'atteindre...

Il laissa la fin de sa phrase mourir dans sa gorge. Son ton neutre se voulait annonceur de la fin du débat. L'érudit savait maintenant qu'il n'aurait jamais une emprise suffisante pour faire changer l'avis de son neveux et de sa nièce vis à vis du pouvoir et pour la première fois il y renonçait. Finissant sa coupe de vin par petite gorgée il leur fit face. Son regard fixer sur eux il crut pendant un instant revoir la petite fille craintive qui lui courait après à chaque fois qu'il venait au domaine et le petit garçon intrépide toujours avide des histoires et des aventures que son oncle lui contait. Il se souvenait qu'il avait personnellement tenu à leur apprendre les fondamentaux du Korrulien, la lecture et l'écriture. Qu'il avait toujours été une source de conseil pour l'un comme pour l'autre jusqu'à la mort du père de Kezaël. Depuis, ils avaient changé et étaient devenus des adultes et lui devenu un précepteur des jeunes chamanes n'avaient plus le temps de venir les voir aussi souvent qu'avant. Son visage s'adoucit et un sourire mélancolique s'y dessina.

- Encore une chose…

Il souffla du nez comme si le poids du monde pesait sur ses épaules. Leur discussion précédente avait finis de sceller la décision qu'il avait déjà prise quelques jours plus tôt.

- Je pars pour l'île Blanche avec la prochaine expédition. Nous ne nous reverrons sûrement pas avant longtemps alors j'étais venus vous dire au revoir.

Son air niais et son sourire d'idiot n'enlevait rien à la gravité de ce qu'il venait de dire. Et lorsqu'il parla de "longtemps" il se dit en lui-même "peut-être jamais". Korrul aurait sûrement eu besoin qu'il reste pour lutter et aller à contre-courant comme il l'avait toujours fais mais Asàf préférait ne pas être là pour voir tout ça arriver. En même temps, il songea à toute les merveilles que pouvait receler ce nouveau territoire, à cette seule idée il ressentait une telle exaltation qu'il sentait sa moustache frémir d'impatience. Alors peu importe s'il devait laisser Korrul derrière lui pendant un temps.
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Posté dans Re: [RPFB] Haine familiale et esclavage sous le soleil   - Lun 6 Avr 2015 - 13:31

La Cultivatrice souriait aux paroles de son cousin qui soutenait les propos qu'elle avait tenus à leur oncle. De toute évidence, ce débat n'en était pas un puisque eux deux n'étaient pas prêts à revoir leur jugement et l'Érudit s'évertuait à ne pas vouloir voir le monde comme ils le voyaient, eux. Mais au fond d'elle, Nessä espérait que leur oncle comprenne un jour que les décisions que prenaient ses neveux et nièces n'étaient pas légères et ne visaient qu'à servir les intérêts d'une Korrul puissante et, par conséquent, menée par les Lysereän.

Sous la pression des doigts de son cousin, Nessä glissa de l'accoudoir sur lequel elle était assise et retourna chercher la carafe de vin pour s'en retourner vers son oncle. L'air narquois de la Cultivatrice s'était légèrement dissipé et son regard tentait de lire les pensées du religieux dont le visage n'exprimait petit à petit plus aucune colère. Elle aurait très bien pu s'en réjouir si seulement elle y avait lu de la compréhension, ou au moins un peu de résignation... Mais au lieu de cela, elle y devinait une détermination qui fit se serrer sa poitrine sous l'inquiétude. Qu'avait-il donc en tête ?

Ce fut le bref silence qui suivit les mots de Kezaël qui la ramenèrent à la conversation. Rien ne l'empêchait de prêcher encore leur parole pour tenter de convaincre le religieux, mais elle s'en abstint, comptant sur l'échange entre les deux hommes pour comprendre ce qu'Asàf avait en tête. La carafe se pencha pour verser le vin dans la coupe vide de l'Érudit et leurs regards se croisèrent un instant et celui de Nessä s'interloqua devant le curieux sourire de l'oncle. Un frisson lui parcourut l'échine et un mauvais pressentiment la saisit. L'annonce qu'il fit finit par expliquer l'étrange comportement du religieux.

Sous la surprise, Nessä laissa glisser la carafe entre ses doigts, la rattrapant rapidement mais n'ayant pu empêcher le verre ni le vin de se renverser, autant sur elle que sur le responsable de sa maladresse. Ses yeux s'étaient embués et la Cultivatrice cherchait ses mots. Autant que sous l'inquiétude qu'elle éprouvait pour cet oncle qu'elle chérissait presque autant que son propre père et qui voulait s'aventurer en terre hostile, elle frémissait sous la colère de l'entendre envisager d'abandonner les siens.

- Vous... Partez ?

Ses doigts se resserraient sur la terre cuite du récipient qu'elle tenait encore, se mouillant des gouttes écarlates qui roulaient depuis le sommet. Elle qui sacralisait sa famille, plus encore que Ruyn lui-même, elle qui l'avait toujours vue soudée et agissant dans l'intérêt des êtres qui leur étaient chers, elle tombait de bien haut. Ses yeux s'accrochèrent un instant à ceux de son cousin pour y rechercher un semblant de réconfort, puis se reportèrent sur l'homme qu'elle avait toujours adoré. Elle ne comprenait pas qu'il soit passé de l'oncle protecteur et impliqué qu'il était à cet être ébranlant l'unité Lysereän et abandonnant son neveu et sa nièce qui, pourtant, auraient du le rendre fier.

- Qu'y ferez-vous ?



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Posté dans Re: [RPFB] Haine familiale et esclavage sous le soleil   - Sam 20 Juin 2015 - 3:05

Surpris de voir sa nièce lâcher la carafe il recula mais pas assez pour éviter que le vin ne tâche le blanc de sa toge. L'érudit grimaça en pensant à la réprimande qui l'attendait lorsqu'il devrait emmener sa toge à la blanchisserie une fois de plus. Il voyait déjà le regard noir de colère d'Ismä, celle qui se chargeait des toges des érudits. Asàf lui avait si souvent amener des toges dans des états d'insalubrités avancés qu'à présent le simple fait de voir l'érudit suffisait à lui faire monter la moutarde au nez. Il souffla de dépis et souris, c'était la vie.

Sortant de sa réflexion et relevant la tête Asàf lut un grand désarroi dans le regard de Nessä, il se demanda même si c'était vraiment des larmes qu'il y voyait ou si son imaginations lui jouait des tours. La voir dans un pareil état, à cause de lui, lui pinçait le coeur. Aussi il effleura du dos de sa main la joue de la jeune fille dans un geste de consolation. La réaction de sa nièce faillit presque lui faire perdre sa résolution. Il savait que Kezaël serait moins impacté par la nouvelle, sa sensibilité toute différente lui permettait de cacher ce genre d'émotion, sûrement était-il déjà au courant d'ailleurs de par sa position de la décision de son Oncle de partir.

- Oui... Je pars...

Souffla-t-il presque machinalement pour confirmer sa volonté. Jamais il n'avait été aussi déterminé dans sa résolution de quitter Korrul et surtout de quitter Arish. Se serait la première fois de sa vie d'ailleurs qu'il le ferait. Lui qui était connu pour sa sédentarité et ne quitter que rarement son laboratoire. Malgré tout il n'en ressentait nul angoisse mais une grande exaltation et une motivation surnaturel. Cette force, il en était convaincu, lui était donné par Ruyn lui-même.

Asàf ramassa le verre au sol et le fit tournoyer comme pour agiter un liquide inexistant avant de le reposer sur le bureau du chef de famille. Il ne désirait plus de vin et s'apprêtait de toute façon à partir. Tournant de nouveau son attention vers Nessä il lui répondit négligemment.

- Oh, n'allez pas imaginez votre vieil oncle sur le champ de bataille affrontant ses ennemis de front. En tant qu'érudit je serais bien au chaud dans une tente à étudier la faune et la flore de l'île. Peut-être aurais-je l'occasion d'en découvrir plus sur la culture de ces sauvages dont on vante l'étrange magie...

Tandis qu'il parlait un sourire rêveur s'était figé sur ses lèvres et il avait laissé mourir la fin de sa phrase perdu dans ses pensées.
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Posté dans Re: [RPFB] Haine familiale et esclavage sous le soleil   - Lun 29 Juin 2015 - 4:31

Comme il l’avait pensé, le débat touchait à sa fin, en même temps que la dernière remarque d’Asàf résonnait dans la pièce. Qu’il leur montre donc un autre moyen d’accéder à la gloire, autrement que par la puissance et la richesse. La religion serait certainement son cheval de bataille, mais aussi pieux était-il, Kezaël s’était toujours surpris de trouver tant de gens peu scrupuleux dans un domaine aussi spirituel. Son cousin et la soeur de Nessä en était de très bon exemples. Qu’il lui épargne donc sa morale religieuse et innocente.

Aussi agacé était-il par cette discussion de sourd qui prenait fin, le Représentant des Cultivateurs se figea subitement à l’annonce de son oncle. Le bruit significatif d’un objet tombant au sol brutalement le fit tressaillir et d’un regard, il confirma ses pensées. Sa belle cousine était aussi affectée que lui d’une telle nouvelle.

“Comment ?”

Demanda t-il presque idiotement, comme s’il n’avait pas réellement compris le sens des mots d’Asàf. Il était pourtant certain de les avoir entendu. Leur oncle. Leur vieil oncle, partait pour l’île blanche. Et le regard désemparé de Nessä termina de lui graver cette nouvelle en plein coeur. Comment osait-il abandonner une famille qui avait tout fait pour lui et qu’il risquait d’ébranler en fuyant ainsi ?

“Je suppose que ce n’est pas pour défendre les intérêts de la famille que y aller…”

La voix de Kezaël s’était faite plus grave, alors que l’insolence et le mépris précédents avaient disparu au profit d’un mécontentement mêlé à une certaine inquiétude. Son oncle avait toujours été opposé aux idées de la famille, et en allant là-bas, il pourrait librement agir, sans la surveillance des siens. Il pourrait remettre en cause l’esclavage, et la présence des ostracisés sur ces terres glaciales. Il aurait tout le loisir de contredire tout ce que les Lysereän s’évertuait à prôner depuis des années.

Pourtant, malgré cette appréhension de le voir s’attaquer à une réputation presque indestructible, c’était bien autre chose qui lui serrait le ventre, mais qu’il se concentrait à garder pour lui. Mais le geste tendre d’Asàf envers Nessä lui tordit un peu plus les boyaux et il se renfrogna sur lui-même, dans son fauteuil.

“Faites attention à vous.”

Grommela t-il finalement, entre deux longues gorgées de vin de Gernie qui asséchèrent son verre. Il détestait devoir s’inquiéter pour sa famille, et aussi différents étaient-ils avec son oncle, aussi divergents soient leurs avis et leurs opinions, il ne pouvait se faire à l’idée que dans quelques jours, il serait à l’autre bout du monde, dans un pays glacial et dangereux, à étudier une faune, une flore et une vie totalement différentes de la leur. Il risquait sa vie en allant là-bas, et si le sang des Lysereän était une chose des plus précieuses de la famille, la vie d’Asàf en tant qu’homme lui importait tout autant. Ruyn seul savait qu’il était capable de s’angoisser pour les siens, et jamais il ne le montrerait ouvertement, alors, sans un mot de plus, il se contenta de se resservir un verre de vin, en se promettant d’attacher l’un de ses plus fidèles domestiques au service de son vieil oncle, lorsqu’il serait loin de lui. Une bonne façon de surveiller ses actes, tout comme de s’assurer de son bien être. Ambitieux, mais pas inhumain, du moins, pas avec les siens.





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Posté dans Re: [RPFB] Haine familiale et esclavage sous le soleil   -

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