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Invité

On m'appelle Invité

Posté dans Apprendre de l'autre   - Dim 7 Sep 2014 - 8:29

Un peu de calme. C'était tout ce don rêvait le matroscien depuis un moment maintenant, et c'était ce qu'il obtenait enfin. Il y avait des jours où il se demandait pour quelle raison il avait accepté de se joindre à cette expédition. Puis, après un court moment de découragement, il énumérait mentalement et inlassablement les trois mêmes raisons. L'esprit de découverte, la volonté de garder les autres en vie, faire ses preuves.

Le médecin venait de terminer de nettoyer et recoudre la plaie d'un compagnon. Une vilaine blessure, mais qui se montrerait par chance sans gravité, puisqu'elle avait été prise en charge assez tôt. Bien qu'il soit ici depuis plusieurs mois maintenant, Mahatos continuait de peiner dans ses opérations même les plus simples. Le froid engourdissait ses doigts et l'insensibilité le rendait maladroit ; y compris à côté d'une source de chaleur, son corps peinant à oublier le climat rude qu'il subissait sans relâche. Une petite part de lui admirait les erfeydiens pour naître et vivre dans cet environnement.
Mahatos salua le milicien et lui souhaita de se rétablir vite après quelques dernières recommandations. Il fourra alors ses mains dans ses poches. Comme à chaque fois qu'il lui était donnée l'occasion d'y penser sereinement, sa famille lui manquait. Son oncle, ses filles, et les autres aussi. Songeant que le froid lui anesthésierait les idées, Mahatos quitta les baraquements.

Le milicien savait qu'il faisait froid dehors ; c'était une évidence. Pourtant, à chaque fois qu'il quittait la moindre source de chaleur, il se retrouvait tout tremblant, à rentrer sa tête entre ses épaules comme si se recroqueviller l'empêcherait de geler. Puis, lourd des vêtements chauds qu'il portait sur lui, Mahatos s'éloigna de la base. C'était en finalité un des rares avantages de cette expédition : le paysage de cette île blanche était incroyable.

Il marcha un moment dans la neige, s'arrêtant parfois auprès d'une plante qu'il ne connaissait pas, s'interrogeant sur l'usage qu'elle pourrait bien avoir en médecine. Il se demandait souvent si cette île possédait des remèdes pour des maladies chez eux incurables. Il se demandait aussi quels étaient les grands maux de ce peuple.
Légèrement fatigué de progresser sur ce terrain handicapant, Mahatos s'appuya contre un arbre. Il allait de toute façon bientôt devoir faire demi-tour. Loin de lui l'envie de s'aventurer trop en dehors des territoires connus et de s'attirer des ennuis. Il n'était pas inconscient à ce point. Et il aurait probablement déjà tourné les talons, si son regard n'avait pas déjà croisé celui d'une habitante du coin. Pour le coup, il avait vite été remarqué ; il n'était pas non plus très discret.

Mahatos se demanda vaguement comment réagir. Il savait les guerriers de cette île peu fréquentables, mais cette femme ? Faisait-elle la guerre aussi ? Était-il dangereux de l'approcher ? Elle le considérait sûrement comme menaçant. Il était un étranger, après tout. Il n'était même pas capable de lui exprimer qu'il n'était pas là pour l'embêter. On avait tenté de lui apprendre des bases d'erfeydien, à la base, mais en plus de ne pas être très bon en langues, Mahatos jugeait qu'apprendre une langue incomplètement traduite devait amener à pas mal d'erreurs. Il ne savait même pas dire bonjour ; alors il fit le bon matroscien.

- Bonjour ?

Et il leva les mains pour montrer qu'il n'était pas hostile. Et il se sentit vraiment très bête. Il pensa que même ses filles auraient rit de le voir tenter un geste aussi ridicule parmi tous ceux possibles pour témoigner d'un gage de paix.
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Peuplade

On m'appelle Alenoä Osfrid


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Posté dans Re: Apprendre de l'autre   - Dim 7 Sep 2014 - 15:59

On avait bien dit à Alenoä d'envoyer quelqu'un d'autre chercher des plantes à sa place, mais elle avait balayé toutes les objections de quelques marmonnements. Son côté grincheux ressortait toujours quand on essayait de l'empêcher de faire ce qu'elle voulait.

Les guerriers ne ramenaient jamais les bonnes plantes. Sauf Hermine, évidemment, mais la petite Nibelungen avait bien d'autres occupations en ce moment ; elle rapportait toujours les plantes très lointaines, mais elle n'avait plus autant de temps pour une cueillette assidue, apparemment. Des histoires de factions, toujours.

Ce n'était pas que Noä doutait des ravages de cette guerre. La guérisseuse avait vu et soigné les plaies laissées par les armes des étrangers, elle avait examiné les morts. Néanmoins, ce n'était pour autant qu'elle allait se laisser enfermer dans son dispensaire. Elle n'avait pas dit à Grim où elle allait, de peur qu'il veuille l'accompagner. Elle avait mis des vêtements corrects pour sortir, autre chose que les nippes qu'elle pouvait tacher en soignant ses malades, enfilé sa lourde cape. Son bâton dans une main, un grand sac de toile rempli de petits sachets distincts dans l'autre, elle avait quitté le village lentement mais sûrement.

A dire vrai, Alenoä appréciait de refaire ses stocks pour la simple raison qu'il faisait calme, dans cette neige qui crissait bizarrement sous ses pas irréguliers. De moins en moins de gens sortaient vers le sud-est de Pleyrion, chacun préférant les autres portes qui menaient vers des routes plus éloignées du point d'arrivée des étrangers. Mais elle n'allait pas renoncer aux endroits qu'elle connaissait si bien juste pour ce risque. Les étrangers avaient autre chose à faire... du moins, elle l'espérait. Un peu comme les guerriers, qui n'avaient apparemment rien de mieux à inventer que des banquets. Et voilà, elle était encore en train de ronchonner.

Elle avait bien entendu le craquement des branches, mais elle n'y avait pas vraiment prêté d'attention, pensant à un petit animal qui se serait promené dans le coin. Elle eut tôt fait de réaliser son erreur. Les petits animaux ne baragouinent pas dans des langages incompréhensibles. Alenoä se retourna, et lâcha son sac de toile pour avoir une main de libre, dans laquelle une boule de petites flammèches bleues apparut. Un étranger.

En tant que femme intelligente, elle était mitigée sur sa propre réaction. C'était peut-être utile de lui faire savoir qu'il n'avait pas intérêt à approcher, certes, un bon avertissement valait mieux qu'un geste malheureux. Il restait qu'il n'avait pas l'air hostile, et qu'elle passait probablement pour une sauvage, sans compter que la sphère qui avait l'air brûlante dans sa main était un énorme bluff. Si l'air tremblotait autour, c'était à cause du froid ambiant, pas parce qu'elle était dangereuse. Les flammes d'Alenoä étaient inutiles pour la défendre. A moins de considérer que donner à l'adversaire d'impression d'être entré dans un bain chaud était une bonne attaque, évidemment.

Alenoä aurait dû partir, mais elle était lente. Et puis, c'était un étranger. Elle en avait déjà rencontré un, elle avait soigné Skye, mais Skye avait rarement eu l'occasion de lui parler entre ses fièvres violentes et le peu de temps que la guérisseuse avait pu la voir. Alenoä était ce qui, aux Erfeydes, s'approchait le plus d'une scientifique, et elle était immensément curieuse. Elle s'humecta les lèvres avec précaution.

« Qu'est-ce que tu veux ? »

Il ne comprenait probablement pas, malgré qu'elle ait parlé comme elle se serait adressée au dernier des imbéciles, en articulant exagérément. C'était un réflexe stupide qu'elle avait attrapé avec son unique patiente matroscienne, qui n'avait pas eu l'air de trop apprécier d'être prise pour une des imbéciles susmentionnés. Mais bon. Pour l'instant, elle avait le dessus, tant qu'il ne se rendait pas compte que sa boule de « feu » ne serait même pas parvenue à faire bouillir de l'eau.

« Ça. » Elle pointa du doigt l'arme qui pendant au flanc de l'homme sans pour autant faire disparaître sa prétendue menace. « Paaaar teeerre. » Elle montra le sol du doigt.

Elle connaissait les armes et leurs dégâts de par son métier, et les choses du genre que les guerriers avaient ramené du combat ; elle ne prendrait pas le risque de voir sa propre peau fondre, merci bien.
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Posté dans Re: Apprendre de l'autre   - Mer 10 Sep 2014 - 12:06

Comme pensé bien avant que l'étrangère ne parle, Mahatos ne comprit pas le traître mot de ce qu'elle venait de lui dire dans sa langue de native du froid. Ne pas pouvoir s'exprimer était une chose ; ne rien comprendre en plus en était une autre. Bizarrement, on croyait toujours être capable de se débrouiller d'une façon ou d'une autre jusqu'au moment où l'on était réellement confronté à la situation.
Par chance, l'erfeydienne sembla comprendre que l'étranger sur ses terres n'était pas assez intelligent pour apprendre une langue jusqu'alors inconnue en quelques semaines et appuya ses phrases obscures de gestes et de regards. Il trouva par ailleurs qu'elle parlait lentement, mais ne releva pas ; c'était peut-être une particularité de la région, allez savoir.

- Donc... ça par terre, c'est ça ? Hum oui, ça doit être ça, dit-il plus pour lui-même que pour la femme.

Mahatos ne cherchant pas la bagarre, obtempéra rapidement et se délesta de l'arme qu'il avait emportée par mesure de précaution et la déposa dans la neige ; en espérant, intérieurement, que cela ne l'endommage pas. Il lui aurait été pénible de devoir perdre du temps en réparation, ou de faire perdre le temps de quelqu'un d'autre.
Si le milicien était pour l'heure dans un état d'esprit pacifique, il n'en oubliait pas pour autant qu'il se trouvait désormais en position de faiblesse, quoi que cette femme décide de faire à présent. Ce fut donc à son tour de pointer du doigt l'espèce de feu bizarre qui était vivement apparu dans la main de l'habitante de l'île et qui ne lui inspirait pas une grande confiance.

- Maintenant, toi aussi tu baisses les armes. Euh... éteindre ? Faire disparaître ? Verser de l'eau dessus ?

Le médecin ignorait quel était le meilleur moyen de se faire comprendre, aussi enchaîna-t-il les mimes un peu idiot ; celui d'une bougie dont on étouffe la mèche, d'un seau qu'on jette sur un feu et celui d'une main écrasant l'autre, comme pour compresser quelque chose entre les deux.

- Je ne fais que visiter. Visiter. Pas de menace imminente. Promenade.

Il regardait cette femme comme si celle-ci était profondément idiote ; la vérité étant que Mahatos se montrait réellement maladroit dans sa tentative d'engager un contact. De mémoire, même avec ses filles, il n'avait jamais fait preuve d'un langage aussi décousu et, d'une certaine façon, irrespectueux.  Il soupira. Que n'aurait-il pas donné pour que tous les hommes de ce monde connaissent le matroscien...
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Posté dans Re: Apprendre de l'autre   - Sam 27 Sep 2014 - 4:49

Il était presque étonnant que l'étranger obtempère ; Alenoä ne put retenir un léger soupir de soulagement en voyant l'horrible machine sur le sol. Personne de sa connaissance n'avait encore trouvé le fonctionnement de ces choses, malgré les exemplaires que les guerriers avaient ramené du champ de bataille, et cela dérangeait beaucoup la guérisseuse. C'était différent de l'équilibre naturel de l'Île Blanche, quelque chose dans ces armes était profondément contre nature, même si elle n'arrivait pas à mettre le doigt sur la raison exacte de cette impression. Elle aurait adoré avoir un lien utile hors de son dispensaire, pour une fois. Quelque chose qui gèle l'affreuse arme sur place, ou qui la fasse exploser. Mais elle devait se contenter des dons du Gardien, déjà bien généreux compte tenu de leur usage habituel.

Elle ne comprenait pas un traître mot de ce que l'autre racontait, mais les mimes étaient plutôt expressifs. Elle pouffa d'un rire un peu rauque. On aurait dit Grim la dernière fois qu'un rhume lui avait enlevé sa voix. Bon, bien sûr, les borborygmes du soldat étaient bien moins mélodieux que la voix de son enfant, même encombrée par une toux grasse, mais tout de même. Alenoä se contenta de refermer la main, et la sphère disparut, l'ithylium retournant sagement dans le flacon accroché à son bâton de marche. Il n'avait pas compris qu'elle n'était pas dangereuse, avec les précautions qu'il prenait pour bouger ; c'était un atout qu'il s'agissait de ne pas perdre.

« Et bah, t'as de la chance de pas être tombé sur un des autres cinglés. », grommela-elle distraitement en ramassant son sac en toile, vacillant au passage. Son équilibre était toujours précaire, mais rarement brisé.

N'importe lequel des Bois de Koun lui aurait probablement déjà lancé une hache à la tête. Une hache, c'était lourd – observation physique tout à fait pertinente – et Alenoä n'avait pas assez de mains pour ça. Son pragmatisme la tuerait probablement un jour. Elle secoua le sachet pour en décoller la neige. Et elle s'approcha en boitant, s'arrêtant à une distance d'un bon mètre.

« T'es pas très malin, hein ? » Elle pencha la tête sur le côté, puis soupira. « D'accord. J'ai rien à dire. Je suis aussi toute seule au milieu de nulle part. »

Elle parlait probablement toute seule, mais bon. C'était quelque chose qui arrivait de toutes façons fréquemment quand elle était fatiguée – c'est à dire souvent – donc ça ne changeait pas énormément.

« Reste à savoir ce que tu fais là. »

Mais comment le demander d'une manière qu'il comprendrait ? S'il avait monologué comme elle le faisait à présent, elle l'aurait pris pour un dément, et aurait arboré un très joli air d'incompréhension, sans doute un peu bovin. Bon. Plutôt que d'attendre une explication dans un langage qu'elle ne comprenait pas, elle allait lui montrer ce qu'elle faisait là, voilà. Ce n'était pas vraiment comme si elle était assez stupide pour s'en aller en lui tournant le dos avec cette arme par terre, si proche. Elle clopina vers un buisson qu'elle avait repéré du coin de l'oeil, s'accroupissant encore dans ce mouvement vacillant. Stupide jambe tordue.

Avec des mouvements lents et exagérés elle prit quelques baies sur une branche et les fourra dans le sac en toile. C'était du poison à l'état sauvage, mais en très petites quantités, elle pouvait en faire un onguent qui calmait la plupart des douleurs. Elle recommença l'opération, avec l'impression d'avoir l'air complètement débile à faire une démonstration aussi flagrante et peu naturelle. Elle grommela encore entre ses dents.

« Là. N'importe quel imbécile peut comprendre ça. Sauf si y a pas de plantes dans ton pays. »

Il ne fallait quand même pas pousser la paranoïa, il y avait sûrement des plantes dans son pays. On ne déclenche pas une guerre pour piller un potager.
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Posté dans Re: Apprendre de l'autre   - Lun 6 Oct 2014 - 8:34

Se comprendre l'un l'autre apparaissait clairement difficile, mais pas impossible. Mahatos vit la main de l'étrangère se refermer et, avec ce geste, la curieuse flamme s'effacer. Il ne réprima pas le soupir de soulagement qui souleva sa poitrine : se battre n'était déjà guère son domaine de prédiction, alors contre une faiseuse de magie un peu bizarre, encore moins. Il ne comprenait décidément pas grand-chose à la vie des habitants des Erfeydes.
L'erfeydienne s'approcha, mais resta à distance raisonnable. De toute façon, ils étaient désarmés tous les deux ; même si elle, elle avait son espèce de feu, là, et que ça, il ne pouvait pas le gérer. Puis, tout de même, il n'allait pas s'abaisser à échanger des coups avec une femme boiteuse ; car il avait remarqué ce pas un peu particulier, son idée confortée par le bâton dont elle s'aidait pour cheminer.

A nouveau, elle s'adressa à lui. A nouveau, Mahatos ne comprit rien et se sentit parfaitement stupide. Il arborait la même expression que ces gamins qui entendaient un mot inconnu qui sonnait un peu comme une insulte. En outre, il ignorait si l'étrangère se moquait de lui ou tentait d'engager un réel dialogue. Dans le doute, il ne répondit pas. Ce n'était pas comme si il en était capable, d'ailleurs.

Le milicien la vit alors commencer un geste. Elle... cueillait ? Oui, c'était ça. Lentement, comme dans un jeu de mime, elle cueillait une plante qu'il ne connaissait pas. Mahatos trouva ça très intéressant et, oubliant complètement que la femme tentait d'exprimer quelque chose, s'approcha, écartant toute méfiance pour satisfaire sa curiosité. Il s'accroupit près du végétal concerné et le pointa du doigt.

- Pourquoi tu la cueilles ? Elle te sert à quoi ? C'est de la nourriture ? Un aromate ? Un remède ? Elle est peut-être utilisée pour quelque chose de plus complexe ?

Il effleurait déjà la tige pour en cueillir une à son tour et, peut-être, l'étudier plus tard, lorsqu'il lui parut évident que l'erfeydienne n'avait rien pu comprendre. Il se mit alors lui aussi à mimer ses suppositions ; enchaînant l'image de quelqu'un mangeant avec des couverts, de quelqu'un étranglé par du poison et de quelqu'un pansant une blessure. Il espérait que ses gestes seraient assez explicite.

Tout de même. Être un père de famille, milicien gradé, en mission dans un pays inconnu et se retrouver à jouer aux devinettes avait quelque chose de profondément risible. On était finalement bien peu de choses.
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Posté dans Re: Apprendre de l'autre   - Dim 15 Fév 2015 - 6:38

Alenoä regardait l'étranger comme s'il avait deux têtes, alors qu'il baragouinait des choses qu'elle ne comprenait pas. C'était une langue bizarre, qui sonnait comme une chanson ; pas comme les chants de guerre, comme les berceuses. Ce qui expliquait peut-être que ces gens aient une apparence aussi chétive et le besoin maladif de recourir à leurs armes tout droit sortis de cauchemars plutôt que de taper sur l'adversaire de manière fairplay. Parce que oui, le fairplay selon Alenoä était de laisser des blessures qui se soignent ou qui tuent, pas d'handicaper les gens à vie.

Il se mit à faire des gestes. Elle ne comprit pas la première chose qu'il faisait avec ses mains, parce que manger avec des couverts aux Erfeydes n'était pas exactement dans les moeurs, mais faire semblant de mâcher était universel. S'étouffer et panser des blessures aussi. Alenoä laissa échapper un rire moqueur.

« Ce serait drôle que je te dise que ça se mange, hein ? L'étranger vaincu par sa langue incompréhensible. »

Elle secoua la tête, éloignant cette idée d'elle. Après tout, autant ne pas éliminer les gens qui essayaient réellement de s'intéresser à sa culture plutôt que de la détruire. Quelque chose lui disait cependant que ce n'était pas cet énergumène qui allait réussir à arrêter les autres de son espèce.

Alenoä prit une baie, et la porta vers sa bouche, avant de faire semblant de mâcher. Elle laissa brusquement tomber sa tête sur le côté, fermant les yeux et tirant la langue, mime très efficace pour une mort violente. Elle remontra la baie, et préleva un tout petit morceau avec son ongle, mettant en évidence cet éclat de quelques millimètres avant de faire à nouveau mine de manger. Cette fois, elle pencha la tête sur ses mains jointes, yeux fermés paisiblement, et émit un ronflement sonore digne d'un guerrier bourré. Plus clair que ça, elle ne savait pas faire, c'était un calmant. Elle aurait pu essayer de lui expliquer que ça calmait la douleur, mais c'était nettement plus rapide.

Il avait mimé le pansement d'une blessure, alors avec ça elle arriverait peut-être à se présenter. Elle plaça une main sur sa propre poitrine.

« Alenoä. »

D'un point de vue moderne, c'était un peu moi Jane, toi Tarzan. On est toujours le barbare de l'autre. Elle ouvrit un des sachets pendant à sa ceinture pour lui montrer le contenu ; elle se promenait la plupart du temps avec des outils de travail parce que, quand une urgence arrivait, c'était toujours plus simple de tirer quelque chose de sa poche que de courir à l'autre bout du dispensaire. Il y avait des bandages de toile soigneusement pliés, une fiole, un petit couteau. Elle prit une des bandes de tissu et, après s'être de nouveau désignée, elle fit mine de l'enrouler autour de son poignet avec une fausse grimace de douleur. En espérant qu'il ne soit pas trop bouché.
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Posté dans Re: Apprendre de l'autre   - Ven 8 Mai 2015 - 3:06

A la suite de ses mimes, l'étrangère se mit à rire. D'un certain point de vue, Mahatos pouvait comprendre pourquoi. Il se sentait légèrement ridicule, à imiter des gestes simples de manière aussi maladroite. Il aurait aimé connaître plus en profondeur l'erfeydien, plutôt que de galérer de la sorte ; mais c'était comme ça, il devait s'y faire.
Dans le fond, converser avec quelqu'un dont on ne comprend pas la langue, c'est un peu comme chercher la cause des pleurs de ses enfants. C'est long, fastidieux, un peu agaçant, mais on finit généralement par y arriver. Quoique, dans son cas, malgré son amour pour ses filles, il avait toujours éprouvé une certaine difficulté à les consoler lorsqu'elles n'étaient encore que des bébés.

Mahatos abandonna l'idée de comprendre le traître mot de ce qui lui disait cette femme face à lui.Il était sans doute plus utile de concentrer ses efforts et son énergie sur la traduction des actes que celle des mots.
Ce qui ne l’empêcha pas de se demander pourquoi elle secouait la tête ainsi. Est-ce qu'elle niait chacune de ses hypothèses gestuelles ? Est-ce qu'elle faisait cela pour elle-même ? C'était incongru. C'était curieux et fatigant.

Puis, contre toute attente, l'erfeydienne enchaîna des gestes que Mahatos fut enfin capable d'interpréter. Elle semblait accepter de partager son savoir au sujet de cette baie inconnue, qu'elle présenta en premier lieu comme une sorte de poison, puis un somnifère. Enfin, cela ressemblait à quelqu'un qui dort, cette attitude, alors il en concluait qu'il s'agissait d'un somnifère.

- Très intéressant, lâcha-t-il en oubliant qu'elle ne connaissait pas sa langue. Je pourrais peut-être en cueillir ?

Pas de réponse, forcément ; le contraire l'aurait étonné. Pourquoi diable les hommes ne parlaient-ils pas un langage universel ? Pour soigner les gens, on s'en fichait qu'ils comprennent, et en tant que médecin, Mahatos n'avait pas discuté avec chacun de ses patients, mais tout de même, c'était frustrant.

L'étrangère posa alors une main sur sa poitrine et prononça un seul mot, au lieu d'une phrase. Le milicien eut un moment d'interrogation durant lequel il se demanda ce qu'elle cherchait à communiquer, lorsque l'évidence lui frappa au visage.
Son nom. Ce geste, les enfants l'utilisaient parfois pour se présenter. Ceci dit... il n'était pas certain d'avoir bien compris et d'être capable de retenir le nom de cette femme.

Et, d'après ce qu'elle lui montra par la suite, et en ajoutant cela à sa démonstration concernant la baie, la profession de cette femme ne devait pas être très différente de la sienne. Il ignorait si les erfeydiens possédaient de vrais médecins, mais elle avait tout l'air, au minimum, d'une guérisseuse.

L'imitant, il plaça à son tour une main sur son torse, après avoir ouvert maladroitement son sac, de ses doigts engourdis par le froid, dans lequel se trouvaient aussi quelques outils de premiers secours, comme des bandages, des antiseptiques, quelques herbes faciles à utiliser.

- Mahatos. Je suis médecin.

Il ne savait pas si elle comprendrait. Dans le doute, il pointa ses effets du doigts, puis de nouveau lui-même, et répéta le mot "médecin" comme à une petite fille. En espérant qu'elle ne se vexerait pas de cette façon de faire un peu enfantine.

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Posté dans Re: Apprendre de l'autre   -

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