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L'espoir est le dernier à mourir

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Marchand

On m'appelle Miobë Marchebois


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Posté dans L'espoir est le dernier à mourir   - Sam 4 Oct 2014 - 15:27

Eyros. Il était, sur les quais de Vuulte, sans doute la plus belle création qui soit. Sa barbe scintillante, aux boucles parfaites, surplombait une carrure forte et finement dessinée. Il semblait qu'il l'observait, de toute sa hauteur, le nez un peu cassé, le front droit et les pommettes saillantes, comme s'il souriait, intérieurement, de la vision qui s'offrait à lui. Imperceptiblement, Miobë lui rendit son sourire, essuyant du revers de sa main les larmes qui coulaient le long de ses joues. Quelle pensée pouvait bien amuser ainsi ce charmeur, alors que le vent soufflait et les nuages assombrissaient le ciel ?

- Tu crois qu'il est toujours en vie ?
- Qui donc, ma Dame ? répondit le domestique, surprit par le comportement inhabituel de la jeune femme.
- Jack Belfort.
- Il est mort dans l'incendie d'une Auberge d'Errande...
- Et si...et si pour une raison qui n'appartient qu'à toi, tu étais persuadé qu'il n'était pas mort dans cette Auberge...Le recher...
- Madame Shei'Arcath...la coupa-t-il. Il ne s'agit que d'un peintre...
- C'était avant tout mon ami, répondit-elle sèchement, avant de se détourner de l'Eyros et de prendre le chemin du centre de Vuulte.

Malgré ses origines peu honorables, il lui manquait terriblement. Chaque fois qu'elle était dans le doute, elle aurait voulu qu'il soit à ses côtés pour l'encourager. Chaque fois qu'elle avait des nouvelles de ce divorce malheureux, elle aurait voulu pouvoir lui écrire une missive et en obtenir une en retour, comme ils l'avaient toujours fait. Elle aurait voulu qu'il la félicite ou la réconforte, l'aime ou la sermonne, lui sourit ou sèche ses larmes. Maintenant qu'il était loin d'elle...elle appréciait enfin à sa juste valeur tout ce qu'il avait fait pour elle - de manière fort étonnante certes, mais avec l'intention d'égayer un peu sa vie. Mordant ses lèvres, et s'adossa au mur d'une imposante tannerie, cherchant dans le silence de la ruelle le réconfort que Jack n'était plus en mesure de lui offrir.

Le mécanicien d'Eyros était introuvable.
Qui pouvaient être ces maudits Incendios dont lui avait parlé le tanneur d'Errande, puis le vieil homme de la Vivenef ? Quel rôle avaient-ils joué exactement dans l'incendie de l'Auberge et dans la mort de Jack Belfort ? Y étaient-ils liés d'une quelconque manière ? Ou bien se trouvaient-ils là au mauvais moment ? Tant de questions...et si peu de réponses.

- Ma Dame, il faut que nous...
- Ferme-la, Cleotray ! hurla la jeune femme, agacée.
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Posté dans Re: L'espoir est le dernier à mourir   - Dim 5 Oct 2014 - 11:46

Une affaire tout à fait formidable. Voilà ce qui, malgré le mauvais temps plus ou moins inhérent à Vuulte, égayait la journée de Valerian. Conclure un marché avec une petite bijouterie, pratiquement au bord de la faillite, en leur assurant un approvisionnement de meilleure qualité et à plus haute fréquence, en échange d’une petite partie des bénéfices. Le Conclave n’avait même pas eu besoin d’user d’intimidation, pour cette fois. Le pauvre homme, facilement quinquagénaire, était tellement désespérer de ne pouvoir nourrir sa famille, assez nombreuse, qu’il avait accepté l’offre de Valerian et béni l’apparition d’un mécène ne se souciant que peu de la classe sociale des cibles de ses investissement. Le simple souvenir de la joie pure et innocente de l’homme se pensant sauvé suffisait à mettre Valerian dans un état émoustillé caractéristique du personnage. En réalité, l’homme participait, pour l’instant en moindre mesure mais une fois le commerce lancé, de façon très active, au financement du crime et de la vente de la mort et de la maladie à Vuulte. De la misère aussi, dont il se croyait sorti depuis l’intervention du mécène.

Il savourait gaiement son triomphe supplémentaire en lisant un livre des plus intéressant sur la médecine moderne de Matroos. Dans la petite besace qui l’accompagnait, fort élégante et servant à conserver son matériel d’écriture, quelques livres et les papiers servant à rédiger des contrats d’investissement, il y avait, comme une marque indélébile, un petit carnet de prise de notes ou étaient retranscrits tout ce qu’il pouvait apprendre sur Korrul. Pas que les ouvrages de sociologues ou d’historiens matrosciens ne manquent à ce sujet, mais il aimait à prendre des notes soi-même, comparer son travail à d’autres chercheurs ou historiens, puis nouer les liens manquant afin d’en tirer de nouvelles déductions concernant cette culture si attrayante. Si exotique. Si…

Il fut interrompu net dans ses réflexions. A son grand regret d’ailleurs. Ses pensées voguaient assez souvent dans tous les sens, si bien que même suivant un raisonnement à but déterminé et au chemin parfaitement tracé sur les routes de la logique, une interruption de la sorte - en l’occurrence un cri de femme, hautement désagréable pour ses conduits auditifs - avait tendance à effacer la route. Il se retrouvait alors au bord d’un vaste précipice, rempli d’une mélasse sombre de pensées volubiles, où retrouver la pensée directive relevait de l’exploit. Et il en allait de même pour les rêveries, comme il venait d’en faire l’expérience. Une fois de plus.


Refermant son ouvrage d’un geste sec et abandonnant donc à contrecoeur ses rêveries fantasmagoriques d’un pays chaud respirant la musique et l’exotisme, il ne se gêna pas pour faire face à la dame, qui quelle que soit sa classe - visiblement des plus aisées qui soit vu sa tenue - n’avait pas à perturber un cerveau aussi actif que le sien (quoi que sa productivité pouvait être sérieusement mise en doute dans le cas présent).

«Bien le bonjour Ma Dame… En d’autres circonstances je ne me serais probablement pas arrêté mais… Voyez-vous, la rue étant, pour le moins dénuée de l’affluence la caractérisant ordinairement, je pouvais me laisser aller à quelques rêveries, souhaits fantômes et fantasmes qui égayaient joyeusement ma marche et ma lecture. Et figurez-vous que ce cri, qui n’a pas vraiment sa place dans une bouche aussi fine, m’a brutalement interrompu, si bien que je n’arrive même plus à faire le lien entre ce que je pensais en quittant. Je me demandais donc, et je pense cela légitime… Ce qui vous taraude à ce point pour en venir à produire des ondes sonores aussi intenses ? »

Il était habillé pour le travail civil aujourd’hui puisque sortant justement d’une juteuse affaire, et donc, pour les circonstances, habillé avec une élégance rappelant ouvertement les moyens financiers qu’il avait à disposition, bien connus à Vuulte d’ailleurs vu la réputation de surface du jeune homme, colossaux. Sa cape doublée de poil d’incendios et son gilet en cuir fin et richement brodé ne laissaient aucun doute sur la richesse non dissimulée du mécène pourri.

«Ceci étant veuillez me pardonner, j’en perds mes manières. Je me nomme Valerian, enchanté.»

Il esquissa un sourire fat, mielleux et charmeur, ajouté à ses yeux noisettes exprimant un mélange justement dosé de nonchalance, de galanterie et d’espièglerie.
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Posté dans Re: L'espoir est le dernier à mourir   - Mer 8 Oct 2014 - 4:54

- Seriez-vous en train de vous moquer de moi ?

C'était un homme mystérieux qui, par des habits de bonne coupe et par des manières toutes empreintes d'un grand raffinement, se distinguait des autres promeneurs, et dont les yeux de goguenard ironique étaient bien plus ceux d'un Bourgeois que d'un orphelin de Vuulte. Le visage d'une blancheur modérée, qu'ornaient une barbe et une moustache soignée, le regard nonchalant et pénétrant, et ne parlant que sur un ton dépourvu de toute retenue, comme s'il n'était que peu préoccupé par le rang de son interlocutrice...Cet homme n'était en rien comparable à Déolin ou tout autre grande personnalité du monde Marchand et Bourgeois. Il était à la fois unique et révulsant. Charmant et véritablement odieux.

- Quel est votre nom, Monsieur ? Seriez-vous à tout hasard l'héritier d'une Famille Marchande, ou Bourg...

Avant qu'elle n'ait pu en terminer avec Valerian, Miobë sentit la main de son domestique se poser discrètement sur son épaule. D'abord outrée, la jeune femme comprit rapidement les intentions de Cleotray et le rassura d'un sourire. La dernière fois qu'elle avait parlé à un inconnu rencontré à tout hasard dans les rues d'Errande, elle avait été propulsé malgré elle sur un chemin semé d’embûches, qui l'avait mené à Vuulte, et plus tard sur Eyros, entre les griffes d'un homme suspicieux et douteux.

- Veuillez excuser le comportement de mon domestique. Il se fait tard et la pluie menace de tomber. Il voulait simplement me rappeler que nous n'avions plus beaucoup de temps pour trouver ces hommes...

Tendant la main pour être saluée comme il se doit, Miobë ajouta :

- Je suis Agia Githal...De Sant Poseïnos. Auriez-vous à tout hasard une très grande connaissance des environs, Monsieur Valerian ? Elle me serait utile et bénéfique dans mes recherches. Ces hommes portent un Incendios dans le dos et pourtant personne ici ne semble jamais les avoir aperçu...
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Posté dans Re: L'espoir est le dernier à mourir   - Mer 8 Oct 2014 - 13:09

Il observa la main de la demoiselle. S’il n’avait pas eu un minimum de contrôle sur lui-même, il aurait très certainement eu un instinctif mouvement de mépris, accompagné d’une réplique suffisamment acerbe pour donner à cette femme des envies de meurtre. Mais c’est avec une parfaite - peut-être trop ? - connaissance des formalités de politesse Marchande et Bourgeoise qu’il baisa sa main, doucement et élégamment. Il prit ensuite le temps de réflechir quelques secondes avant de lui adresser la première de ses réponses.

«Ici, Dame Githal, on me nomme Valerian. Les ramifications de ma famille sont trop étendues pour que le nom ait une quelconque valeur ici, ou encore ailleurs. On m’a cependant affublé d’un sobriquet, sûrement en réponse à mes prouesses professionnelles. Valerian de l’Illusion. Mais je vous conseille de m’appeler, même auprès d’autres personnes, par mon prénom, vous risqueriez de passer pour une parfaite imbécile le cas échéant.»

Il rangea le livre qu’il tenait toujours en main, puis esquissa un sourire. Il doutait très fortement de l’identité réelle de la dame. Pas qu’il puisse aller jusqu’à deviner son vrai nom, mais elle n’était pas ce qu’elle prétendait être. Pour la simple et bonne raison que Sant Poséinos avait été son berceau, et qu’il connaissait suffisamment de monde là bas pour être sûr d’une chose. Agia Githal était une fiction, et si elle ne l’était pas, ça n’était certainement pas elle.

«Vous n’êtes effectivement pas d’ici, ça, au moins, c’est certain. Je connais des gens dans toutes les sphères transversales de la société de Vuulte. Mon métier et ma vocation, le mécénat, m’ont conduit et me conduisent toujours à fréquenter toutes sortes de personnes. Ils me connaissent, je les connais.»

Il marqua cependant une brève hésitation, nourrie de stupeur feinte, à la remarque de Miobë/Agia.

«Il y a des choses très amusantes à chercher dans ce monde encore plein de mystère. Mais certaines doivent être laissées là où elles sont. Je sais de quoi vous me parlez, mais je vois mal en quoi ce que je sais peut vous intéresser. Même la Milice n’arrive à rien contre ces diables.»

Si les paroles de Valerian sonnaient contre une mise en garde, son regard se teintaient d’une lueur subtile, quasi-imperceptible d’amusement. Car oui, il les connaissait, et mieux encore, cela touchait à son domaine de prédilection : les sombres royaumes du crime organisé.
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Posté dans Re: L'espoir est le dernier à mourir   - Dim 12 Oct 2014 - 8:32

- Vous êtes comme tous les autres.

La pluie s'écrasait désormais sur le sol en grosses gouttes glaciales, tandis que le vent hurlait et le tonnerre grondait. Autour d'eux, les badauds couraient pour rejoindre un abri et la chaleur d'un bon feu de cheminée tandis que les arbres les plus fragiles pliaient sous la puissance du vent.

Comme pour faire écho à la nature qui laissait si brutalement exploser sa colère, la volonté de Miobë de mettre fin à toute cette mascarade se déchaîna, forte et cinglante.

- Ils m'ont pris ce que j'avais de plus cher. Et tout ce que vous trouvez à me dire, c'est qu'il serait plus sage de ne rien faire ?
- Rien ne permet de prouver que ces hommes sont responsables de la mort de votre ami, ma Dame.
- Mais le tanneur les a vu traîner aux alentours de l'Aub...
- Ce n'est rien d'autre qu'un pauvre fou ! Interrogez son voisinage et vous serez surprise d'apprendre qu'il n'a guère toute sa tête. Allons, vous allez attraper le mal sous une telle pluie. Rentrons au Domaine, votre ami va s'inquiéter si votre absence se prolonge.

Elle porta une main à sa bouche pour réprimer un cri de désespoir. L'homme d'Eyros. Son propre père. Et maintenant son domestique. Tous, depuis qu'elle doutait de la thèse de l'accident dans la mort de Jack Belfort, tenaient le même discours. Ils ne croyaient ni à un incendie criminel, ni à l'implication des Incendios dans toute cette affaire. Pour appuyer leurs dires, ils ne manquaient pas de préciser qu'il n'était rien de plus qu'un fils de domestique et qu'il ne pouvait intéresser les Hors-la-loi.

- Je veux juste savoir s'il est encore en vie...Si vous m'aidez, je vous dirai mon vrai nom, Valerian et... ce que vous voudrez à la hauteur des réponses que vous me donnerez...

Le domestique soupira, dardant l'inconnu d'un regard sévère.
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Posté dans Re: L'espoir est le dernier à mourir   - Dim 12 Oct 2014 - 9:39

Valerian assista à l’échange entre le domestique et la dame - de haute lignée à n’en point douter - sans rien dire, presque amusé par le combat qui se livrait entre le désespoir farouche de l’une, et l’incrédulité morose de l’autre. Décidément, ces nobles… A vrai dire il n’avait aucune raison de ne pas l’aider, d’autant plus que si effectivement elle s’avérait d’aussi haute naissance qu’il le pensait, il avait là une excellente passerelle pour une partie du monde marchand. Ne serait-ce qu’en forçant cette femme à s’endetter auprès de lui, ce qui ne manquerait pas d’arriver s’il lui offrait ce qu’elle voulait. Visiblement une simple information en plus. Alors autant jouer le jeu.

Ignorant les gouttes qui commençaient à marteler son chapeau à large bord, il prit son air le plus compatissant, et saisit délicatement la main de dame Agia alias “Noble Inconnue”, et hocha la tête, un sourire avenant sur le visage.

«Je n’ai pas à juger les motivations qui vous poussent à vous enfoncer si profondément dans les méandres de la pègre, mais si je puis vous être d’une quelconque aide, je le ferai. Après tout, si c’est une information que vous recherchez, rien n’oblige qui que ce soit à entrer en contact avec eux

*Tu ne sais pas dans quoi tu t’embarques, ma jolie, ni avec qui. Ton domestique est sûrement le plus raisonné de vous deux, et tu ferais mieux de l’écouter…*

Ces pensées se perdirent en silence dans les méandres des fourbes réflexions de Valerian. Il finit par lâcher la main de Dame Githal, puis recula de quelques pas.

«Mais avant tout, sachez que votre domestique a raison sur un point : par ce temps, vous risquez d’attraper de vraies cochonneries, et l’air de Vuulte est d’autant plus vicié que la pluie qui se déverse du ciel est elle aussi empreinte des vapeurs s’échappant de la station. Venez donc prendre un thé, une infusion, et grignoter quelque chose chez moi. Je n’habite pas très loin. Ainsi, vous pourrez m’exposer les faits dont vous avez connaissance, ceux que vous soupçonnez, ainsi de suite.»
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Posté dans Re: L'espoir est le dernier à mourir   - Lun 13 Oct 2014 - 15:15

- Il est hors de question que cette femme vous suive !
- Ne sais-tu donc pas garder ta langue dans ta poche ?
- Je pense à votre sécurité et vous tout ce qui vous intéresse c'est de courir après le fantôme d'un mort ? Laissez donc le passé là où il est, c'est plus prudent.
- Je ne vois pas pourquoi j'arrêterais de rechercher la vérité sous prétexte que les autorités miliciennes l'ont déclaré mort !
- Ma Dame, vous savez que j'ai rai...
- Rentre à l'Auberge. C'est un ordre.

A contre-cœur, le domestique se plia à la volonté de Miobë.

Furieuse d'avoir rouvert une plaie mal cicatrisée, furieuse aussi que son domestique se montre si aveugle, la jeune femme détourna le regard et le laissa quitter seul la ruelle, persuadée qu'il ne saurait rester sans prévenir Esheban de ses agissements, quitte à ce qu'elle prenne la sévère décision de le congédier pour son acte.

A ses côtés, couvée par sa dévotion sans faille, Miobë avait l'impression d'être une petite fille dans la nuit sombre. A vrai dire, depuis son arrivée à Vuulte, il ne l'avait pas quitté d'une semelle, ne lui offrant aucun répit, aucun moment de relâchement. Quelles pouvaient bien être les raisons d'une telle fidélité ? De la sympathie ? Un ordre extérieur à celui d'un Marchebois ?

Libérée de son emprise désormais, la Marchande resserra les pans de sa capeline et chercha le regard de son hôte. Il était, à présent, sa seule chance d'en savoir plus sur la mort de Jack Belfort, tandis que d'autres, plus butés, refusaient obstinément de lui venir en aide. Il fallait qu'elle se montre convaincante et digne de ses services, car s'il estimait qu'ils empruntaient un chemin trop dangereux, il pourrait à tout moment la renvoyer sans plus de manières.

- Je vous suis, Monsieur.

Il habitait dans une haute tour Vuultoise. Son appartement, somptueux, était fort différent des habitations de Gernie ou de Midel-Heim, tant par la vue vertigineuse qu'il offrait que par l'extraordinaire espace de vie qu'il cachait, derrière ses hauts murs et son aspect exigu. Ne s'y sentant pas aussi à l'aise que dans les jolies habitations de bois des Marchebois, Miobë suivit avec peine son hôte, laissant son regard vagabonder d'un objet à l'autre, enviant et plaignant à la fois leur propriétaire. Tant de richesse...tant de beauté...se délectait-il d'un environnement aussi parfait, ou bien s'y ennuyait-il, comme tant d'autres Bourgeois souhaitant exposer au grand jour l'immensité de leurs richesses ?

- Aucune femme ne vit ici...

Sans retirer sa capeline trempée, la jeune femme ajouta d'une voix plus forte :

- Les Incendios ont été aperçu aux alentours d'une Auberge d'Errande qui brûlait. Un accident, selon la Milice. Mais...malgré toutes les preuves qui...je n'ose croire qu'il puisse être...

Glissant l'une de ses mains dans ses cheveux trempés, Miobë se reprit.

- Je ne sais rien d'eux, si ce n'est qu'ils ont triste réputation.
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Posté dans Re: L'espoir est le dernier à mourir   - Mar 14 Oct 2014 - 4:49

Pour l’heure, effectivement, l’appartement de Valerian était totalement désert. A part eux. Il avait un domestique, Erik, qui était déjà occupé à plusieurs affaires, bien moins avouables que les services que son maître s’apprêtait à rendre à la Marchande qui était son hôte du moment. Mais son absence ne devait en aucun cas nuire aux règles de base d’un accueil digne de ce nom. Valerian était cependant amusé. Après tout, sur le papier, et d’après ses dires, la femme à l’identité réelle inconnue qui l’avait accompagné jusqu’à chez lui était théoriquement une bourgeoise venant de Sant Poséinos. Il n’avait donc pas à se plier en quatre pour l’accueil, et se contenterait d’un service courtois, digne d’une grande bourgeoise, mais certainement pas d’une marchande - classe sociale qu’il abhorrait quoi qu’il arrive.

«Calmez-vous pour le moment, et installez-vous ici.»

Il lui désigna un fauteuil large et épais dans l’immense salon au rez-de-chaussée de l’appartement.

«Je reviens dans quelques minutes.»

Il la laissa ainsi pendant qu’il allait à l’étage se changer rapidement. Il quitta son manteau et ses riches vêtements bien trempés, pour se mettre à son aise. Une chemise d’un blanc aussi pur que son esprit était noirci par le vice, et un pantalon ample, serré à la ceinture par un cordon doré. Le bas des jambes était richement brodé de fils couleur de cuivre, certainement du poil d’incendios. Oui, Valerian adorait l’ironie. Il descendit ensuite dans la cuisine, et prépara deux infusions fruitées. Il cuisinait très bien. Généralement c’était Erik qui se chargeait de ces choses-là, mais ça n’était pas possible. Il revint donc avec un plateau d’argent supportant les tasses, la théière de porcelaine, et quelques biscuits secs. Il avait également coincé sous son bras un livre épais, et quelques parchemins vierges. Ceci concernait directement ses affaires avec la prétendue Dame Githal.

«Bien, excusez-moi pour le temps. Si vous souhaitez vous sécher, la salle d’eau est la deuxième porte dans le couloir, et je dispose de quelques habits pour remplacer les vôtre.»

Il posa le plateau sur la petite table, de même que le livre et les parchemins.

«Je crois qu’au point où vous en êtes, si loin de chez vous et dans un schéma de recherche aussi hasardeux, le temps n’est plus vraiment une contrainte.»

Il noua ses cheveux encore légèrement humide en une queue de cheval haute et bien serrée, puis servit les infusions.

«Mon Majordome est absent pour le moment.»

Il ouvrit son livre, et parcourut les pages pendant un petit moment, avant de s’arrêter sur une d’entre elles en particulier. Lire cet ouvrage était un véritable défi pour quiconque n’était pas Valerian. Comme on pouvait aisément le voir, il ne contenait aucun véritable mot, uniquement ses suites de chiffres et de lettres, à priori disposées au hasard sur les lignes. Quant aux quelques mots qui étaient bien présents, ils n’avaient visiblement aucun sens. “Draoma”, “Arbre”, “Genèse”, et caetera.

«Vous avez raison sur un point, aucune femme ne vit ici, et ce pour une bonne raison : je n’ai pas le temps de m’attarder sur les sentiments avec le travail que j’ai. S’il m’amène à faire énormément de rencontres, je n’ai pas le temps d’approfondir mes relations, qui restent de fait essentiellement commerciales et non intimes. J’ai aussi beaucoup d’activités annexes, j’étudie de façon intensive tous les domaines qui me sont à portée… Mais ça n’est pas le sujet.»

Il préleva une gorgée dans sa tasse, puis tapota la page du livre sur laquelle il s’était arrêté.

«Vous connaissez des Incendios ce que tout le monde peut savoir en cherchant qui ils sont. Sont-ils des criminels ? De toute évidence. Qui sont-ils vraiment ? Nous n’aurons peut-être jamais de réponse à cette question. Ce qui est certain c’est qu’ils laissent systématiquement comme trace de leur passage des mares de sang. Il faut également que vous sachiez quelque chose, Dame Githal. Le monde du crime est particulier, s’il existe toujours ce n’est pas forcément grâce à l’habileté mentale de ceux qui le peuplent, très souvent en dessous de la moyenne, mais plutôt parce qu’ils savent se faire des alliés solides. Vous me dites que la Milice a conclu à un accident, alors que des Incendios ont été aperçus à proximité ? Les chances pour qu’elle ait été achetée pour son silence sont maximales. Vous devez sûrement connaître le pouvoir qu’a l’argent. Eh bien malheureusement son pouvoir est si grand qu’il peut parfois corrompre même ceux qui servent Vama avec la plus grande piété qui soit. Cette personne que vous cherchez, je veux tout savoir sur elle. Je prendrai contact avec mes tantes ensuite, de sacrées bonnes femmes qui adorent fouiner un peu partout, et découvrent des choses parfois étonnantes.»

Les vieilles tantes en question étant pour la plupart des anciens indics, des malfrats courant les rues de Vuulte ayant eux-mêmes des amis ailleurs, Errande notamment, ville assez connue pour abriter une mafia virulente, dont la tête pensante appartenait très certainement à une famille Marchande. Et ce qui avait pratiquement autant de pouvoir que l’argent, c’était l’information. Avec ces deux pouvoirs en main, vous devenez très puissant. Les contacts qu’il avait sauraient sans nul doute lui dire si l’incendie était criminel. Il pourrait même demander aux membres de la Lame Blanche, très doués pour masquer des assassinats en accident, si cela entrait dans leurs habitudes.
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Posté dans Re: L'espoir est le dernier à mourir   - Ven 24 Oct 2014 - 10:08

- Il s'appelait Jack Belfort, articula la jeune femme, visiblement mal à l'aise. Je crois qu'il est né à Vuulte, il y a un peu plus de vingt et un ans. Je l'ai connu il y a quelques années, grâce à son talent pour la peinture. Il a peint mon portrait et depuis, nous sommes restés bons amis. Pas un mois ne s'écoulait sans que je ne lui écrive une lettre pour prendre de ses nouvelles. Je n'en sais guère plus sur lui...c'était un homme discret.

Portant sa main à ses lèvres, Miobë tenta vainement de cacher à son hôte la crispation de son visage. Malgré toutes ces années, malgré cette amitié indéfectible qu'elle croyait entretenir avec Jack, elle n'en savait guère plus sur lui que sur ses propres domestiques.

- Je l'ai vu pour la dernière fois au Bal des Valyssar, qui s'est déroulé il y a tout au plus huit...

Ses yeux s'agrandirent. Elle venait de commettre une erreur qui allait conduire Valérian à découvrir sa véritable identité. Les Valyssar n'étaient en aucun cas une famille bourgeoise. Ils étaient, à Errande, l'une des plus puissantes familles marchandes qui soit. Il était inconcevable que l'Agia Galith qu'elle prétendait être ait pu y être invitée. Se levant brusquement, elle rejoignit à grands pas la salle d'eau et laissa là son hôte, seul avec son livre, ses feuilles et les nouvelles informations qu'elle venait de lui apporter.

Quelle folie m'a conduit jusqu'à cet appartement ?

D'un geste las, elle quitta sa robe détrempée et défit ses cheveux. Pour revêtir la robe que Valérian avait mis à sa disposition, elle mit plus de temps qu'à l'accoutumée, réfléchissant aux options qui se présentaient à elle. Elle avait suivi jusqu'à son appartement un parfait inconnu, un homme de surcroît, qu'elle croyait bien être d'une riche famille marchande ou bourgeoise. Elle avait menti sur sa véritable identité, menti sur ses véritables intentions et menti, une fois de plus, sur certains éléments liés, de près ou de loin, à la disparition de Jack Belfort. A quoi ses imprudences la mèneraient-elles ? Resserrant le ruban noir autour de sa taille, Miobë sentit soudainement une immense culpabilité peser sur ses frêles ses épaules.

Renoncer est sans doute l'option la plus sensée qui se présente à moi.

Elle quitta la salle d'eau, silencieuse et la tête basse. Ses pas s'arrêtèrent peu avant l'entrée qui menait au vaste salon. Elle craignait de croiser son regard. Elle craignait qu'il n'ait compris et ne lui attire des ennuis. Replaçant une mèche de ses cheveux derrière son oreille, elle s'avança, visiblement bien moins sûre d'elle qu'à son arrivée.
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Posté dans Re: L'espoir est le dernier à mourir   - Dim 9 Nov 2014 - 11:47


Enfin ! Il avait failli attendre. Le problème quand on dissimule son identité, c’est qu’il faut entièrement entrer dans son personnage. En falsifier tous les aspects. Chaque détail doit être soigné. Chez certains, pas besoin de réfléchir, ils avaient ça dans le sang. Chez d’autres le travail était difficile et surtout fastidieux, car s’adonner à une chose à laquelle on était pas habitué pouvait conduire à faire des erreurs. Mettez un boulanger sur un navire marchand en lui demandant de rallier Sant Poséinos depuis Vuulte, et vous risquez de ne jamais arriver à bon port.

Visiblement, “Dame Githal” n’était pas une comédienne née. Il n’avait même pas eu à forcer sur les questions pour qu’elle fasse une erreur. Elle essayait désespérément de rattraper une personne disparue, probablement morte d’ailleurs, et prête à tout pour ça, en avait, l’espace d’un instant, oublié la place supposée qu’elle était censée avoir. Bon. Limitons tout de même l’euphorie, ce n’est pas comme si Valerian avait cru réellement à son histoire de Bourgeoisie. Tout dans ses manières d’agir, et de s’exprimer, suggéraient un certain raffinement. Un peu trop. De fait quand elle revint dans la pièce, Valerian lui adressa son plus aimable sourire. Celui de l’araignée qui sent la toile vibrer par les agitations désespérées de la proie qui s’est malencontreusement accrochée dessus. Il la tenait. Et n’allait pas la lâcher. Comme l’araignée, il allait prendre soin de l’enrouler dans la plus fine des soies, la plus confortable, pour qu’elle se sente en sécurité, alors qu’il ne fait que la conserver pour un savoureux repas, plus tard. Ce sourire et ce regard charmeur, suintant une très, très subtile perfidie, voilà un nouvel aspect de Valerian qui se découvrait, à peine visible, et dissimulé sous ces mêmes tonnes de raffinement dont la prétendue Agia n’avait pu se défaire en lui exprimant son désarroi. Cette rencontre était… un véritable délice.

Les notes de Valerian avait gagné quelques lignes, chose somme toute parfaitement normale. Il avait mis la main sur un renseignement qui pourrait grandement l’aider, et les informations valait bien plus cher que tout matériel actuellement disponible sur le marché.

«Ne paniquez donc pas, Dame Githal, ou quel que soit votre véritable nom. Vos origines ne sont pas censées m’empêcher de vous aider, n’est-ce pas ? M’auriez-vous dit, par accident, que vous étiez sang-mêlée ou quelque immondice de ce genre qui parasitent et polluent nos cieux alors peut-être aurais-je du stopper là l’aide qu’il m’est possible de vous apporter. Mais il n’en est rien, alors reprenez votre infusion et quelques biscuits. Vous avez sûrement de bonnes raisons de dissimuler votre identité.»

Il esquissa un sourire et ouvrit la bouche pour ajouter quelque chose quand son Majordome entra. Lui aussi surpris par la pluie, il souffla un petit peu dans le vasistas, puis toqua à la porte du salon en entrant.

«Monsieur Valerian, je vous prie de m’excuser pour mon arrivée impromptue, je ne savais pas que vous seriez rentré si tôt. La confiserie vous remercie de son apport, son chiffre d’affaire et sa productivité augmenteront significativement grâce à vous.

- Un véritable plaisir de les aider. Leurs friandises sont un pur délice. Je crains cependant que le repos ne soit pas de mise pour vous avant quelques heures. Prenez ces notes et allez les transmettre à l’Egide.»

Le domestique repartit donc aussi vite qu’il était venu. Afin de ne pas laisser les lecteurs dans le brouillard… Il faut savoir que Valerian n’a absolument pas transmis le moindre sou à une quelconque confiserie vuultaise. En fait littéralement, son message était “Vama Muerta a bien reçu le message et a trouvé de nouveaux moyens d’écouler de la drogue”. Quand à Valerian, si ses propos étaient explicites, le contenu des notes l’était beaucoup moins. Un mélange entre des chiffres mis en équation et des vers de drames théâtraux, que seul un membre de la branche concernée (en l’occurrence l’Egide, celle du renseignement) pourrait décrypter. Il était encore plus amusant pour Valerian de savoir qu’il venait de demander une enquête approfondie sur la femme qu’il tentait agréablement de rassurer en lui promettant sa discrétion et sa coopération.

«… Bien, désolé pour ce désagrément. Où en étais-je… Ah ! Oui, il fallait bien y arriver. Je vais faire mon possible, et des possibilités, cela ne me manque en aucune manière, pour prendre contact avec des personnes qui seront susceptibles de répondre à vos questions - les miennes, par conséquent - et de vous apporter la tranquillité. Vous avez de la chance d’être tombé sur moi. En revanche… Je vais probablement dépenser beaucoup d’argent, de temps, et demander à des amis de faire de même. Ce n’est pas très réjouissant pour vous, je le conçois, et je n’aimerais pas paraître cupide au delà du raisonnable, mais je pense, et vous serez très certainement d’accord avec moi, qu’il est nécessaire de définir une forme de contrepartie. Peu importe de quel manière - rassurez vous je ne m’abaisserai à aucune bassesse indigne de nos conditions -, mais vous qui avez probablement l’habitude des contrats, vous savez de quoi je parle.»

Il esquissa un sourire entendu, puis lui resservit un peu de thé, ainsi qu’à lui.

«Au fait, la robe est-elle confortable ? J’avoue n’avoir pas vérifié moi-même, mais on m’a assuré sa qualité.»
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Posté dans Re: L'espoir est le dernier à mourir   - Mar 11 Nov 2014 - 9:13

- Cette robe est de toute beauté.

Sur une jupe de satin vert, brodé d’arabesques, retombait, ouverte, une seconde jupe d’un vert plus soutenu, bouffante et ornée de rubans noirs. Les manches étaient couvertes de dentelles de Vuulte tandis qu'un épais ruban marquait sa taille. Ce n’était pas là la robe d’une grande dame de la Bourgeoisie, non ; c’était la robe discrète et splendide de la fille d’un humble chef de famille Marchande. Elle ne pouvait qu'être flattée qu'un homme lui fasse porter un si joli bijou de tissus.

Portant sa main à son visage pour cacher la rougeur de ses joues, Miobë détourna le regard et réfléchit aux conséquences qu'auraient ses recherches si elle permettait à Valérian d'aller plus avant. Il ne s'agissait pas là de simples brigands qui lui aurait dérobé quelques pièces d'argent. Il s'agissait des Incendios, tristement connus pour leurs crimes sanglants.

- Demandez-moi ce que vous voulez. Seulement, mon père ne doit pas être informé de notre accord. Ni suspecter quoi que ce soit. Un trop grand détournement d'argent éveillerait ses soupçons.

Elle joignit ses mains et réfléchit. Les dangers étaient trop grands.

- Je ne peux me permettre de ternir le nom de ma famille.

Miobë se leva et tourna dans la pièce comme un Incendios en cage. C'était la première fois qu'elle se retrouvait ainsi seule avec un inconnu. La première fois qu'elle se livrait à de telles manigances. La première fois qu'elle croyait, ne serait-ce qu'un peu, à la possibilité de retrouver son ami vivant, et non découpé en petits morceaux.

- Sauriez-vous accepter un paiement sur le long terme ? Ma main est à prendre, une fois que je serai mariée, mon père baissera sa vigilance.
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Posté dans Re: L'espoir est le dernier à mourir   - Mer 12 Nov 2014 - 3:16

Valerian replia toutes ses notes, et alla les ranger dans la petite étagère bibliothèque où s’entreposaient des ouvrages de toutes les disciplines. Qu’elle garde donc son argent, il en avait probablement autant, sinon plus qu’elle. Du moins, il était en état et en position d’en brasser des quantités proprement astronomiques. Ce qu’elle devrait lui donner était pour lui d’une importance capitale, et valait bien plus que n’importe quel sac de pièces. Enfin ça elle s’en doutait probablement pas et c’était aussi bien ainsi. Moins les choses étaient sues, mieux c’était.

«Bien. Je comprends tout à fait votre envie de discrétion, moi-même étant souvent obligé de me faire le plus discret possible pour éviter les ennuis. Ma renommée étant une sérieuse épine dans mon pied, d’ailleurs.»

Il eut un petit sourire amusé, et prit une plume, et un morceau de papier, qu’il posa bien à plat sur la table.

«De fait, je ne vous demanderai pas d’argent. J’ai largement de quoi subvenir à mes besoins, de telles sommes, même sur le long terme, finiraient par attirer l’attention. Je ne suis pas un Marchand, vous comprenez. Si je traite avec l’un d’entre eux, n’importe qui pourrait se poser des questions. Si pour un Bourgeois cela peut-être un honneur, je doute que votre famille et celles avec qui vous êtes liées contractuellement apprécient de voir où vont ces sommes. Je ne veux qu’une chose : Votre véritable nom, Dame Githal, ainsi qu’un moyen sûr de vous joindre. Une adresse, quelque part, où vous envoyer des missives. Il sera bon de vous tenir au courant de l’avancée de l’enquête de mes vieilles tantes, et pour vous comme pour moi, nous retrouver ici est la pire idée qui soit. Nous avons l’un comme l’autre des obligations qui contrarient ces éventualités.»

Il se releva, laissant la plume et le papier devant la jeune femme. Il aurait pu noter lui-même, remarquons. Mais… Il était un homme très joueur. En laissant ça sur la table et en la laissant écrire ce que bon lui semblait - sa détresse, l’espérait-il, la pousserait à être honnête -, il rendait totalement volontaire le scellement de ce pacte, qui avait des allures de pacte avec le diable. Et mieux encore, elle le scellait elle-même. Tout ceci n’était que symbolique, mais pour Valerian, cela avait toujours une grande importance. Ce qui expliquait souvent son attitude et ses remarques parfois complètement loufoques et déplacées.

«Si vous avez des questions, je m’engage à y répondre, bien entendu, et pour l’avenir, je vous transmettrai, aussi, un certain nombre d’adresses où vous pourrez soit trouver un de mes employés, soit moi-même, bien que cela défie l’impossible !»

Il eut un grand rire amusé. On ne l’appelait pas l’Illusionniste pour rien. Enfin, dans son travail. Sa capacité à disparaître et apparaître là où on ne l’attendait pas, si elle ne rivalisait pas avec celle d’Aris, son bras droit, était tout de même surprenante. Et ça n’était pas une étrangère qui allait réussir ce que les vuultais eux-mêmes n’arrivaient pas à faire.

«Oh, tant que j’y pense, l’orage est parti pour s’installer. Souhaitez vous que je vous raccompagne à votre logement, où préférez vous passer la nuit ici ? Je dispose d’un nombre assez conséquent de chambres d’amis, mais en ce moment j’ai peu d’amis pour les occuper. Et à votre place j’éviterais de me déplacer seule, si vous cherchez les Incendios, ils le savent soyez-en sûre.»

Et même s’ils ne la cherchaient pas, Valerian pouvait toujours prendre contact avec eux, et refermer un peu plus l’étau autour de cette jeune dame moyennant quelque somme d’argent, somme toute dérisoire.
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Posté dans Re: L'espoir est le dernier à mourir   - Ven 14 Nov 2014 - 14:43

Prenant la plume d'une main tremblante, Miobë la plongea dans l'encrier.

Mademoiselle Miobë Marchebois
Domaine de la Famille Marchebois
Midel-Heim

- Je ne veux pas attirer de problèmes aux membres de ma famille. Alors je vous en prie, ne divulguez mon nom sous aucun prétexte, pas même à vos tantes.

Sa voix était suppliante, tandis que ses mains venaient enfermer celles de son hôte. Elle ne voulait perdre aucun autre membre de sa famille. Pas dans de telles circonstances. Pas alors que la disparition de la quatrième branche des Marchebois, éradiquée par un groupe de Hors-la-loi, aurait dû la pousser à la méfiance.

- S'il arrivait quelque chose à ma famille, jamais je ne me le pardonnerais...

Il ne lui restait plus qu'eux. Les Marchebois.

Son ami Jack était mort. Esheban trouvait le bonheur aux côtés de Ravena et en aucun cas elle ne désirait le mettre au courant de ses recherches, au risque d'attirer les regards des Incendios sur sa famille. Aussi, lui mentait-elle lorsqu'il l'interrogeait sur l'origine de son trouble. Quant aux Shei'Arcath...ils ne seraient, d'ici quelques semaines, plus qu'un souvenir.

- Puis-je demander à mon domestique de faire apporter ici mes affaires ?

Cléotray était suspicieux. Mais en aucun cas il refuserait d'obéir aux ordres de sa maîtresse. Valerian ne semblait pas lui plaire. Il était pourtant un homme fort charmant, serviable et d'agréable compagnie. Peut-être était-il simplement trop protecteur ? Trop agacé par ses escapades dangereuses dans les villes Matrosciennes, à la recherche d'un mort et d'assassins sans foi ni loi ? Trop accablé de n'être en mesure de confier à Esheban Ondeluire, ou Sahjak Marchebois, la dangerosité du comportement de Miobë ?

- Je ne veux pas abuser de votre hospitalité...Vous savez, Cleotray peut me ramener en sécurité. Non pas que votre compagnie ne me soit pas agréable, mais...Je vous connais à peine et s'il advenait qu'une personne apprenne que j'ai dormi chez un homme...

Lâchant les mains de Valerian, elle ajouta, d'une faible voix :

- Oubliez ce que je viens de dire. Je m'inquiète décidément pour bien peu !
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Posté dans Re: L'espoir est le dernier à mourir   - Dim 16 Nov 2014 - 5:49

Il avait un peu de mal à croire qu’une personne aussi naïve existe réellement. Etait-ce une tare partagée par tous les Marchands, ou était-il simplement tombé sur un cas rare, particulièrement facile à manipuler ? Enfin, il n’allait pas s’en plaindre. Il jeta un petit coup d’oeil à la signature de dame… Miobë Marchebois, rien que ça… Et esquissa un sourire de triomphe, habilement dissimulé en expression compatissante à l’adresse de la jeune femme. Ses tantes, ne pas les mettre au courant ? Elles allaient surtout disposer d’un renseignement croustillant, avec ce nom. Bien entendu, les Marchands ne fricotaient pas vraiment avec la pègre, aussi ne serait-elle, théoriquement, jamais au courant. Donc…

«Ne vous en faites pas. J’ai fait de la discrétion un art à part entière, votre secret sera mieux gardé que par un mort. Votre famille peut rester sereine, et vous avec.»

Il attendit que Dame Marchebois ait fini de parler avant d’aller ranger le nom de cette femme bien à l’abri dans un de ses ouvrages, qui contenait, sous forme codée, un bon paquet de noms du même genre. Mais celui-ci était particulier: c’était le premier nom/adresse Marchand qu’il arrivait à obtenir, avec une facilité déconcertante qui plus est. N’importe qui se serait tout de même méfié… non ? Ou alors, Valerian avait vraiment l’air d’un homme serviable et respectable, soucieux d’autrui. Pour peu, il aurait eu des nausées à cette idée. Le monde ne fonctionnait pas comme ça, et il savait très bien que tout ceci n’était qu’une façade. Gentillesse, altruisme… Quelles foutues horreurs.

«Faites donc emmener vos affaires ici. Vous aurez ici tout ce qu’il vous faut en attendant que l’orage se calme. Erik devrait rentrer avant le début de la soirée, il est très occupé mais la tâche que je lui ai confiée ne devrait pas prendre trop de temps. Bien sûr, si votre domestique veut rester ici, il peut également. Erik lui montrera les différentes pièces dédiées au service, vous ne serez pas perturbée par la présence d’un autre domestique que le votre, ainsi.»

Il esquissa un sourire affable, puis revint s’asseoir devant elle, sur le fauteuil.

«Vous vous inquiétez effectivement pour bien peu de choses, il est tout à fait naturel pour quelqu’un d’offrir l’hospitalité à une Dame de haut rang - nous admettrons que je n’en sais rien - par un temps pareil. Vous eussiez été une citoyenne tout ce qu’il y a de plus basique que je vous aurais fait la même offre, vous savez.»

Il eut un petit rire. A vrai dire s’il ne mentait pas entièrement, il n’aurait pas ouvert sa porte à n’importe qui, et aurait sûrement réclamé un paiement en nature à ladite citoyenne. Sa facilité à se mettre les femmes dans la poche (et dans son lit) étant un fait assez connu dans le monde bourgeois…

«Je ferai aménager votre chambre à votre convenance dès le retour d’Erik. Que souhaitez-vous en attendant, discuter, lire quelque chose ? Je dispose d’un grand nombre d’ouvrage, couvrant un horizon disciplinaire des plus larges. De la philosophie à la médecine, des archives économiques Matrosciennes aux manuels Korruliens, il y a fort à parier que je dispose de tout ce dont vous pourriez avoir envie à ce niveau. Je me fais fort de répondre à toutes vos demandes, aussi excentriques soient-elles.»

Et il y avait de quoi ! En plus de lui offrir un excellent moyen de pression, grâce à son nom et son adresse, elle lui offrait un bon divertissement depuis… pas mal d’années. Valerian était un homme en apparence fort civique, cultivé, et très riche en terme d’ouverture d’esprit. Cependant, il haïssait profondément les Marchands. Déjà parce qu’il l’était lui même à l’origine, et qu’il n’avait jamais dirigé le traitement infligé par son père, Sigur, ainsi que le bannissement dont il avait été la victime. Et qui plus est, ces personnes-là freinaient la bonne marche du commerce. Illégal, bien entendu. A un moment ou à un autre, on se retrouvait nécessairement confronté à la présence d’une loi, d’un édit, interdisant telle commercialisation, réservée aux Marchands et à leurs fichus contrats ancestraux. Il espérait donc fermement gangréner le système de l’intérieur. Et Miobë venait de lui ouvrir une porte inespérée.
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Posté dans Re: L'espoir est le dernier à mourir   - Mar 18 Nov 2014 - 5:54

- Je vous ai donné mon nom. Donnez-moi le votre.

Valerian. Valerian de l'Illusion. Jamais au cours de ses voyages, Miobë n'avait eu l'occasion d'entendre un pareil nom. Elle avait pourtant visité chaque ville et village, rencontré de nombreuses familles Marchandes et retenu le nom d'autant de familles Bourgeoises. Alors pourquoi, malgré toutes ces années à parcourir les terres verdoyantes de Matroos, n'avait-elle jamais eu l'occasion d'entendre parler de ce fameux Valerian de l'Illusion, dont le nom incongru ne peut que marquer l'esprit de celui qui l'entend ? Pourquoi n'avoir jamais fait sa rencontre aux bals et cérémonies annuelles, ni celle des membres de sa famille ?

- Aussi peu connu soit le nom de votre famille, peut-être ai-je eu un jour l'occasion de rencontrer l'un des vôtres ? Peut-être nous sommes nous déjà rencontrés par le passé, au cours d'un repas ou...

Elle sentit ses joues s'enflammer. Elle ne put empêcher son regard de s'attarder sur ses épais cheveux noirs et la profondeur de ses yeux ; elle en était certaine à présent : elle n'avait jamais croisé sa route, pas même lorsqu'elle était encore une enfant.

- Je me fais sans doute des idées, dit-elle finalement avant de se lever et de rejoindre la fenêtre, frottant ses bras pour échapper au froid que lui causait sa nervosité. Je veux simplement connaître le nom de l'homme qui m'a tendu la main. A l'heure actuelle, la médecine et la philosophie m'importent peu. Je veux juste le retrouver.

La jeune femme serra les poings pour se retenir de se gifler. Elle manquait cruellement de retenue et n'était plus en mesure de se contenir, depuis que de nouvelles possibilités de retrouver Jack Belfort s'offraient à elle. Il était un ami précieux et elle était prête à tout pour lui...même à ternir le nom de sa famille. Réajustant ses cheveux humides pour se redonner un peu de contenance, elle chercha son souffle, priant Vama qu'il ne soit pas trop tard.

- Si je le pouvais, je ferais pendre tous ces hors-la-loi dont les mains sont tâchées de sang. Combien d'autres familles ont-ils fait souffrir par le meurtre d'un de leurs proches ? Ils me dégoûtent.
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Posté dans Re: L'espoir est le dernier à mourir   - Mar 18 Nov 2014 - 7:07

Il esquissa un sourire laconique. Il avait attendu cette question un peu plus tôt, mais elle avait fini par la poser. Il était parfaitement logique de vouloir connaître le nom de la personne avec qui l’on scellait un accord. Visiblement, le seul prénom “Valerian” ne suffisait pas. Elle aurait sûrement posé dix fois plus de questions si elle avait su que ce nom, comme tout le reste du personnage à qui elle s’adressait, était une façade commerciale, se trouvant à des éons de Victor Parhelion, une des pires engeances que cette famille ait eu un jour sous son égide. Sinon la pire, d’ailleurs.

Il ne pouvait décemment pas lui répondre. Une Marchande connaissait nécessairement le nom des Parhelion. Pour peu qu’elle ait entendu un jour parler de Victor, elle ne tarderait pas, malgré sa stupidité affligeante, à faire le rapprochement entre Valerian et ce prodige ambulant banni pour ses nombreux écarts de conduite. Telles étaient les pensées de Valerian à ce moment, mais il préféra prendre le parti de la diplomatie. Il tenait la Marchande et ne risquerait en aucune façon de la faire disparaître à cause de paroles déplacées ou d’un refus brutal de coopérer.

«Vous savez, Dame Marchebois, le fait est que je me suis totalement détaché de ma famille. Elle n’était pas très connue. Surchargée de dettes, remplie de brutes sans cervelles n’aspirant qu’à l’abrogation des lois protégeant la caste Marchande, ils n’étaient pas… comment dire. Un entourage épanouissant. Bien au contraire, j’ai préféré rayer toute trace d’eux de ma vie. Afin de me consacrer entièrement au mécénat et à l’aide, autant financière qu’intellectuelle, que je pourrais apporter autour de moi. Je peux vous garantir une chose cependant : si je vous avais croisé, je ne vous aurais pas oublié, votre visage ne fait pas partie de ceux que l’on efface facilement de sa mémoire.»

Il eut un petit sourire complaisant et un regard amusé. Il se dirigea ensuite vers le petit bar qui occupait un coin du vaste salon pour se servir quelque chose d’un peu plus fort et revigorant que l’infusion qu’il avait préparé. Il reprit la parole du fond de la pièce.

«Valerian de l’Illusion est le nom sous lequel tous me connaissent. Il a l’avantage de me rendre facilement reconnaissable, et il a été admis que bien qu’il soit un tantinet bizarre, c’était le mien. On ne me demande pas d’appartenir à une famille, vous savez. Les orphelinats auxquels j’offre mon argent n’aspirent qu’à moderniser leurs installations vétustes. Valerian est simplement le patronyme qui leur permet d’associer un nom et un visage aux sacs d’or dont ils disposent. La société Matroscienne est un gigantesque théâtre, nous avons tous nos noms de scène, qui nous servent à jouer un rôle bien précis. Si je tranche mes racines à leur base, c’est également pour que le rôle que je joue ne devienne pas une source de conflits d’intérêts. Ils seraient capables de me faire chanter ou de hurler au scandale dans le simple but de ternir ma réputation, vous savez...»

Il revint s’asseoir, après avoir saisi un nouveau livre. Il comprenait la curiosité de Miobë, mais n’était pas vraiment apte à la satisfaire. Même ses plus proches agents, comme Erik, son majordome, ou le Magicien, le second dirigeant du Conclave, ignoraient son véritable nom. Quoi qu’il n’en était pas tout à fait sûr pour Aris. Cet homme était décidément plus que malin, et recelait dans sa manche nombre de tours proprement étonnants. D’où son nom de code.

Feuilletant quelques pages de l’ouvrage, concernant les plus modernes théories mathématiques matrosciennes, il finit par s’approcher d’elle, à la fenêtre, et observa le paysage, sombre, vaporeux, et mitraillé par la pluie torrentielle qui continuait à s’abattre.

«Pour l’heure, nous devons être patients, et surtout, très prudents. Les incendios disposent également de bons espions, il serait malheureux de nous découvrir avant d’avoir trouvé le moindre renseignement fiable.»

Sa dernière remarque manqua de le faire rire aux larmes. Il camoufla cela en toux, prétextant d’une voix éraillée qu’il avait avalé de travers. Ces hommes, ces femmes… Il ne pouvait s’empêcher de les railler et de se moquer d’eux. Ils étaient bête à un point qu’il n’arrivait pas à concevoir. Et celle là était un cas rare ! Elle exprimait ouvertement sa haine pile devant celui qui avait unifié et organisé le crime à Vuulte. L’auberge de son ami et la présence des Incendios avait sûrement même été la conséquence d’un ordre quelconque donné en amont, et concrétisé par la Lame Blanche qui était probablement passé par un intermédiaire… Non décidément, l’ironie était trop belle pour ne pas saisir l’occasion.

«Je suis totalement d’accord avec vous, Dame Marchebois. Pour nous autres, mécènes, qui par nos dons ne souhaitons que propager et concrétiser la volonté de Vama - qu’elle soit bénie - la présence de tels parasites dans notre société me fend le coeur. Il faut lutter contre cette peste qui hante nos terres ! Votre fougue est compréhensible, mais contenez votre véhémence. Elle sera mieux placée quand nous attraperons ces enfants de Yoëust.»

Il posa une main complaisante sur l’épaule de la jeune femme, la regardant droit dans les yeux. Mais oui, il faut l’encourager ! Plongez dans les tréfonds de la pègre, Dame Marchebois, découvrez l’incroyable structure parallèle qu’est le crime organisé ! Combien de vos parures ont été financées par de l’argent sale ? Combien d’or avez vous pu obtenir d’un bourgeois ou marchand corrompu par le crime ? Comment déceler le Mal quand celui se présente sous la forme d’un ami, d’un bon samaritain, vous promettant votre voeu le plus cher ? Ces Marchands ignorent tellement de choses sur leur propre monde, que comme Miobë Marchebois, certains vendent, avec la plus candide des bonnes volontés, leur âme au Diable. Bienvenue en Enfer.
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Posté dans Re: L'espoir est le dernier à mourir   - Mer 19 Nov 2014 - 5:38

- Je suis tellement en colère... Tellement en colère que je ne sais plus quoi faire. Et, contrairement à vous, je n'ai pas les moyens de mes ambitions. Comment ont-ils pu ? Jack n'a jamais fait quoi que ce soit qui puisse contrarier les Hors-la-loi...Il n'aurait pu...

Bouleversée, Miobë attrapa la main de son hôte.

Elle ne connaissait Jack qu'à travers ses lettres et les portraits qu'il avait fait d'elle. Elle ne le connaissait que par ce qu'on disait de lui, et ce qu'il voulait bien montrer de lui. C'était un homme doux, instruit et plein de gentillesse. Romantique, poétique, il n'avait pas son pareil pour trouver les mots qu'une femme voulait entendre. Mais que faisait-il, lorsqu'il ne parcourait pas le Domaine Marchebois à la recherche de son modèle ? Que faisait-il, lorsqu'il ne peignait pas ? Quel loisir, autre que la peinture, rythmait sa vie et enchantait son cœur ?

Elle aurait dû le retenir, ce soir là. Elle aurait dû le supplier de rester, et non l'ignorer pour les mots qu'il avait prononcé. Ainsi, il serait toujours là, à écouter ses confidences, à rire de ses aventures, à peindre les traits de son visage. Portant sa main à ses lèvres pour contenir un cri de désespoir, elle essaya, en vain, de garder un peu de contenance et de ne pas laisser transparaître ses doutes.

- Je serai prudente...dit-elle finalement, la voix nouée par l'angoisse.

Valerian ressemblait un peu à Gaspard. Gaspard aimait porter la moustache et la barbe. Gaspard avait les cheveux noirs et le regard sûr. Gaspard était attentif aux personnes qui l'entouraient et ne laissait jamais personne dans le besoin. Gaspard lui avait tendu la main, lorsqu'elle en avait eu le plus besoin. Comme lui l'avait fait alors qu'elle était égarée dans les rues de Vuulte.

- Ne seriez-vous pas de famille avec les...les Laragore ?

Rougissant subitement, et sans oser briser la proximité qu'avait instauré son hôte, elle détourna vivement le regard. C'était impossible. Les Laragore n'étaient des citoyens, pas des Marchands, pas des Bourgeois. Des citoyens. Valerian ne pouvait être de famille avec eux.

- Pardonnez mon insistance. Je suis terriblement têtue. J'espère que mon futur époux saura faire preuve d'autant de patience que vous.
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Posté dans Re: L'espoir est le dernier à mourir   - Jeu 20 Nov 2014 - 13:35

Valerian tenta de l’apaiser par une douce pression de sa main sur la sienne. Il n’aurait pas aimé qu’elle pique une crise de panique, il avait horreur de l’irrationnalité, et ça aurait fait désordre dans son salon. Il n’aimait pas non plus les femmes en pleurs. C’était atrocement bruyant. Mais Valerian étant un homme bon, généreux, et profondément altruiste, il n’avait plus qu’à faire des pieds et des mains pour la calmer. Aris se serait moqué de lui jusqu’à la fin de ses jours s’il avait assisté à la scène d’ailleurs…

«Ecoutez, rien n’indique qu’il s’agit absolument de la faute de votre ami. Chez les Hors-la-Loi, il faut se méfier, la moindre action, même triviale, peut donner lieu à de tragiques conséquences. Et si ça se trouve, il était juste au mauvais endroit, au mauvais moment. Mes vieilles tantes m’en diront plus, en attendant nous nous devons de rester lucides, et stoïques. Céder à l’émotion serait la pire des erreurs.»

Si sa phrase ressemblait à un reproche, elle en fut néanmoins compensée par la douceur manifeste de Valerian, qui la guida vers le canapé d’où elle était partie.

Sa question en revanche, le fit tiquer. Laissant Miobë près du canapé, il alla ranger son livre, dissimulant ainsi sur son visage une expression de profond mépris. Bien qu’atténuée par la douceur et la désinvolture naturelle de Valerian, elle n’en demeurait pas moins visible. Il eut simplement la présence d’esprit de se retourner, le temps que ça passe. Quand il revint, il était tout sourire, comme toujours. Il n’arrivait pas à croire ce qu’il avait entendu. Le nom des Laragore lui était vaguement familier. Il n’avait jamais eu affaire à l’un d’entre eux, mais le nom avait du glisser sur une ou deux lèvres en sa présence. Ils n’appartenaient pas à son monde. Alors comment, que diable, avait-elle pu l’associer à ces foutus pécores ?! Bien qu’elle soit physiquement très intelligente, et douée d’une noblesse qui aurait bien poussé Valerian à la culbuter, son crâne semblait quant à lui aussi vide que celui d’un Papouff. De quoi rendre fou le chef du Conclave qui comparé à elle, se sentait évoluer dans des sphères de consciences radicalement plus élevées et subtiles que les siennes. Rien que son débordement d’émotions le dégoûtait. Tout ce qui était sentiment le dégoûtait plus ou moins d’ailleurs, lui qui avait fait de la Raison une valeur absolue.

«Non, j’ai peut-être entendu ce nom une fois ou deux dans la bouche d’une vague connaissance mais sans plus. Je comprends votre curiosité, mais il est inutile de persévérer, quand je ne veux pas dire quelque chose, et en l’occurrence c’est son inutilité qui m’y pousse, je ne dis rien quoi qu’il arrive. Mais ne vous en faites pas, ça ne change rien pour vous.»

Il entendit du bruit dans le vasistas, et releva brusquement la tête dans sa direction. C’était certainement Erik.

«Ah.»

Ce fut sa seule réplique. Il se dirigea d’un pas vif vers l’entrée de l’appartement et échangea quelques mots silencieux avec lui, avant de revenir vers la Marchande.

«Dame Agia, peut-être devriez vous donner l’adresse du lieu où se trouve votre domestique pour qu’il fasse venir vos affaires. Pendant qu’il ira le mander, je vous ferai faire le tour du propriétaire, si vous le souhaitez. Vous voudriez peut-être voir votre chambre ?»

Cette fois histoire d'en rajouter une couche sur le bourgeois plein de bonne volonté, il avait volontairement omis de l'appeler par son vrai nom, pour que son domestique (qui était au courant), ne soit... pas au courant. Valerian est un homme très charmant, oui.
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Posté dans Re: L'espoir est le dernier à mourir   - Dim 23 Nov 2014 - 2:15

L'Auberge du Nsache Étincelant. Il s'agissait d'un établissement de bonne réputation, situé en plein centre de Vuulte. Elle accueillait en son sein les membres des familles Marchandes et Bourgeoises qui n'avaient d'autres endroits où loger, ou qui souhaitaient passer inaperçus. Seuls les hommes et femmes fortunés de Matroos pouvaient se payer le luxe de louer l'une de leurs chambres.

- Demandez Cleotray, indiqua-t-elle au domestique de Valerian. S'il refuse de vous accompagner, n'en faites pas cas...C'est un homme terriblement obstiné. Prenez simplement mes affaires et rentrez. Vous perdriez votre temps à le convaincre de sa bêtise.

Elle lui sourit, amusée.

Cleotray dépassait souvent les limites de l'acceptable. Mais c'était un homme juste, raisonnable et prudent. Elle avait plus d'une fois échappé au pire en écoutant ses précieux conseils.

Mais aujourd'hui, c'était différent. Jack Belfort valait bien la peine qu'elle prenne quelques risques pour le retrouver. Joignant les mains, elle rejoignit son hôte et lui indiqua d'un signe de la tête qu'elle acceptait son offre. Elle ne connaissait que très peu les "demeures" des habitants de Vuulte, plus habituée aux paysages Midel-Heim et aux vignes de Gernie. Occuper son esprit à d'autres choses qu'à la disparition - peut-être définitive - de son ami, n'était pas sans la charmer.

Mais tandis qu'elle avançait à ses côtés, le remord lui noua la gorge.

- Valerian. Je ne vous ai pas dit toute la vérité.

Essayant de garder toute la contenance d'une femme de son rang, elle ajouta :

- Actuellement, je ne vis pas au sein de ma famille, à Midel-Heim. Mais soyez sans crainte, vos lettres me parviendront.

Esheban n'avait pas à savoir. Et Valerian n'avait pas à connaître Esheban. S'accrochant au bras de son hôte pour lui paraître plus sympathique après ses cachotteries, elle s'émerveilla en découvrant la chambre dans laquelle elle allait dormir cette nuit. Comme elle se l'était imaginée, elle était bien différente des chambres de Midel-Heim. Plus vaste. Plus lumineuse, lorsque le soleil voulait bien briller. Plus...moderne. Se détachant de Valerian, elle glissa ses doigts sur le drap soyeux.
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Posté dans Re: L'espoir est le dernier à mourir   - Dim 23 Nov 2014 - 11:08


Valerian conduit effectivement Miobë dans sa chambre une fois qu’Erik fut reparti en vadrouille, et esquissa un sourire amusé en voyant l’expression de la Marchande devant la disposition de la pièce. Vuulte était réputée pour être une ville à la pointe de la modernité, et pour une Marchebois, cela devait sacrément changer des habitations pittoresques de Midel-Heim. Il la laissa donc visiter la vaste pièce. Si jamais le soleil, comme aujourd’hui, n’était pas au beau fixe, elle disposait tout de même d’une lampe à huile. Il existait des appareils bien plus modernes et pratiques que ça, mais Valerian avait toujours eu une espèce d’affection pour les vieilleries. Et cette lampe ancienne, si elle demandait un peu d’entretien, diffusait une lumière douce et chaude. Dans sa chambre, il y avait le même genre de choses. On se sentait comme près d’un feu de bois, avec ces lampes.

«Votre chambre, comme la plupart des autres chambres ici, possède un verrou automatique. Vous pourrez choisir vous-même le code, ainsi personne ne pourra vous déranger.»

Il ne lui dit pas qu’il avait quand même le passe-partout qui permettait donc d’outrepasser les verrouillages des portes (ç’aurait été un comble de ne pouvoir accéder aux pièces de sa propre demeure, non ?)(et il n’était pas nécessaire de l’inquiéter avec ce genre de sujets).

«Vous trouverez des couvertures, vêtements et autres détails dans les armoires, et vous disposez également d’une salle de bain dans la pièce juste face à la vôtre.»

Il attendit qu’elle ait fini de visiter un peu sa demeure temporaire avant de la guider vers les autres pièces. Il lui montra ainsi la salle de bain, à la pointe de la technologie, la pièce où elle pourrait éventuellement se soulager, la cuisine rattachée à la pièce qu’ils occuperaient un peu plus tard pour dîner. Le tour du propriétaire à l’étage fut en revanche un peu plus… concis. Tout d’abord son bureau resta hermétiquement fermé, il se contenta de lui montrer le second salon, plus vaste et surtout bien plus meublé que celui du rez-de-chaussée, et la bibliothèque, surchargée d’ouvrages traitant de tous les domaines culturels que l’on puisse imaginer, qu’il s’agisse de médecine, de philosophie, de mécanique ou même de musique et d’histoire des arts. L’éclectisme de Valerian était assez… effarant.

Cependant, le temps qu’ils visitent tout, que Valerian occupe ce temps en discutant de ses études de la langue Korrulienne, qu’il avait quasiment maîtrisée à l’écrit aussi bien qu’à l’oral, ou des dernières découvertes - il aimait à se tenir au courant des progrès Matrosciens - en matière de médecine, Erik était revenu, accompagné de Cleotray. De ce qu’il en avait vu avant d’emmener Miobë ici, le domestique était d’un naturel moins crétin et naïf que sa maîtresse. Il devrait faire preuve d’un poil plus de prudence en sa présence. Ce qui ne requerrait heureusement pas d’efforts. Mais la Marchande était un peu plus facile à manipuler quand il n’était pas là. Néanmoins elle avait commis ses principales erreurs en son absence. Le reste, il le découvrirait via le Conclave, son armée de l’ombre.

«Soyez le bienvenue. La chambre de votre maîtresse est ici, je vous laisse donc disposer comme vous l’entendez des lieux. Sachez juste que l’étage est formellement interdit à ceux qui ne sont pas autorisés ou en ma présence, vous vous en tiendrez donc au rez-de-chaussée. Peut-être souhaiterez vous aider Erik à faire la cuisine ? Je nous servirai un apéritif à tous les quatre dans la salle à manger.»

Il l’installa à table, une grande table d’un bois noir parfaitement verni. Il leur servit à tous deux un verre de vin de Gernie, qui lui avait d’ailleurs coûté un oeil (le prix des apparences préservées, sûrement), et s’installa à son tour à proximité. Que Cleotray ne s’inquiète pas, la cuisine était rattachée et ouverte sur le salon afin que les odeurs de plats stimulent l’appétit des visiteurs qu’il recevait régulièrement, et dont aucun n’était aussi bien réputé que Miobë. Pour cause, tous étaient des criminels appartenant à son organisation ou lui étant affiliée. Et ce petit ange de Marchebois s’apprêtait à dîner dans la salle où quelques jours plus tôt, s’était rassemblées les cinq têtes pensantes du Conclave, ou les cinq pires criminels de la ville. L’ironie était… magique. Voilà, c’était le mot.

«Dites-moi, en dehors de vos recherches opiniâtres pour retrouver Monsieur Belfort, que faites-vous ? Je veux dire, vous êtes la première personne de votre caste avec qui je discute plus de trente secondes. Les autres ont tendance à vite essouffler ma patience et semblent également éprouver un certain mépris pour nous autres bourgeois… ainsi que pour mon cas, une certaine jalousie. Mais votre vie doit être jalonnée de tout un tas de détails amusants, insolites ou même merveilleux, non ?»

Et la machine du gentil bourgeois curieux, à l’écoute et affable était relancée… A ce moment Valerian se sentait d’ailleurs assez étrange. Il éprouvait un drôle de mélange émotionnel : d’un côté ce profond dégoût envers les Marchands et lui-même pour être aussi… abominablement sympathique, et de l’autre, il se sentait grisé par le rôle qu’il jouait. Nul doute qu’il n’avait pas prévu de s’amuser autant en quittant Sant Poséinos. Il l’avait espéré mais ne s’attendait certainement pas à ce que cela arrive.
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Posté dans Re: L'espoir est le dernier à mourir   - Dim 23 Nov 2014 - 13:20

- Oh, et bien...

Cleotray la regarda tristement.

Ces derniers mois, Miobë n'avait su occuper ses journées autrement qu'en pleurant la disparition de son ami, fuyant, malgré elle, les personnes pour qui elle avait de l'affection. Tiraillée par le remord et la culpabilité, elle avait perdu son assurance, sa vivacité et ses grandes qualités de négociatrices. Et les choses ne semblaient pas s'arranger. Les nuits qui avaient précédé son arrivée à Vuulte, la jeune femme n'avait pas trouvé le sommeil. Elle n'avait même pas osé clore les yeux, de crainte d'affronter ses incessants cauchemars une fois endormie. Aux yeux de Cleotray, sa maîtresse n'était plus la femme pour qui il avait eu tant d'admiration. Elle était...comme morte. Cherchant son regard, qu'il trouva perdu dans le contenu de son assiette, l'homme détailla chacune des expressions de son visage. Si d'abord l'inquiétude la fit très légèrement grimacer, le mensonge lui permit rapidement d'offrir à son hôte un sourire d'une fausseté sans pareil.

- J'aime, tout comme vous, lire des heures durant dans la bibliothèque. Je rends également visite à des amis, organise des bals, soutiens mon père dans ses négociations et couds des robes à mes jeunes sœurs. La vie d'une Marchande, à Midel-Heim, est paisible et douce.

Riant, elle ajouta :

- Malheureusement rien qui ne puisse satisfaire votre curiosité, Valerian.

Alors c'était un Bourgeois. Miobë sentit son coeur tambouriner dans le creux de sa poitrine. Depuis qu'elle était enfant, on lui avait appris à se méfier des Bourgeois, à les haïr et à les fuir. Aujourd'hui, malgré elle, elle se retrouvait à la table de l'un d'eux, à partager son repas et lui quémander de l'aide. L'appétit coupé, la jeune plongea son regard dans celui de son hôte, cherchant, au fond de ses prunelles, un mensonge, une quelconque vilenie.

- Je croyais les Bourgeois conscients du mépris qu'ont les Marchands pour leurs...agissements. Pourquoi m'avoir caché vos origines, Monsieur ? Vous saviez pertinemment que j'allais finir par l'apprendre. Alors pourquoi ? Je suis...Je suis une Marchande. Je ne suis pas censée être à votre table, ni partager vos appartements. Ni d'ailleurs même vous adresser la parole.

Se moquait-il des conventions ? Était-il l'homme juste, généreux et altruiste qu'il prétendait être ? Ou bien se jouait-il d'elle ? Le détaillant, elle ne put s'empêcher de noter chez lui une noblesse qu'elle retrouvait régulièrement chez les hommes des familles Marchandes. Les Bourgeois étaient-ils, comme le prétendait ses aînés, si différents des Marchands ? Ses pensées se perdirent lorsqu'elle sentit la main de son domestique se poser dans son dos.

Que suis-je devenue ?

Frottant ses yeux, elle chercha son souffle.

- La famille que je sers n'a pas pour coutume de...
- Ça ira, Cleotray. le coupa-t-elle.

Elle brûlait d'envie de quitter la table et de rejoindre sa chambre. Mais elle était une invitée. Elle ne pouvait ainsi faire preuve de grossièreté en ne se comportant pas comme une dame de son rang. De plus, Cleotray n'accepterait sans doute pas qu'elle saute à nouveau son repas et ne manquerait pas de le lui faire remarquer, jusqu'à ce qu'elle accepte de manger l'intégralité de son assiette. Cherchant ses mots, elle glissa son regard jusqu'à son hôte.

- Je ne sais que penser.
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Posté dans Re: L'espoir est le dernier à mourir   - Lun 24 Nov 2014 - 13:58

Chaque bourgeois, citoyen, ou même marchand ayant rencontré au moins une fois Valerian aurait pu certifier qu’en effet le jeune homme se moquait éperdument des conventions. Elles l’étouffaient, le paralysaient. Bien qu’il soit un criminel, son métier de façade lui imposait les mondanités, de même qu’un certain contact social avec beaucoup de monde. Il était souvent obligé de participer à des réceptions - dont il se serait volontiers passé - juste parce qu’un partenaire commercial y était. Et tout pouvaient témoigner de son caractère désinvolte et irrévérencieux, faisant fi des us et coutumes, des rangs et de la noblesse. Son charisme, son charme et ses connaissances encyclopédiques pardonnaient et rattrapaient largement ces erreurs de conduite, qui était de toute façon associées comme inhérentes au personnage. «Un machiavélisme curieusement allègre» avait stipulé un jour un bourgeois qui le connaissait un peu plus que les autres. Le pire étant que c’était parfaitement vrai.

«Je me moque du mépris que vous pouvez éprouver à mon égard, au moins autant que du mépris qu’éprouvent les autres Marchands pour les autres bourgeois. Ce n’est pas parce que nous pourrions mourir dans un caniveau sans que vous daigniez lever le petit doigt qu’il en va de même pour moi. Au risque de radoter, je suis un mécène. Par nature mon métier me pousse à aider, d’un point de vue financier, toutes sortes de gens. Si je m’amusais à faire la différence de rang à chaque fois, je serais au chômage technique depuis un moment...»

La moquerie et le sarcasme étaient ouverts, parfaitement francs, mais il avait dit ça avec un grand sourire bien heureux, comme si ça ne le chagrinait pas plus que ça de voir sa caste “officielle” dénigrée à ce point. Il aurait probablement été révolté s’il avait été lui-même été Bourgeois, mais il avait bénéficié de la rude éducation Marchande des Parhelion, et qui plus est, n’officiait même pas réellement en tant que Bourgeois Vuultais. Pratiquement tout son emploi du temps était employé à s’occuper du Conclave.

«Pourquoi ne vous l’ai-je pas dit ? Eh bien… Ca ne me paraissait pas nécessaire. Si je ne me trompe pas, et ça ne m’arrive jamais, vous avez besoin de toute l’aide possible pour retrouver cet ami perdu. Les Marchands ont probablement bien plus de moyens de recherche que moi, selon leur famille, et pourtant c’est mon aide que vous acceptez. J’en déduis donc que vous ne souhaitez pas les mettre au courant. Ni votre famille, ni les autres. Vous êtes une Marchebois, me dites-vous. Vu votre âge et votre beauté, vous n’allez pas le rester longtemps. Vous auriez donc pu mettre votre belle famille au courant. Ce qui je présume n’est pas le cas.»

Il sirotait son verre de vin tranquillement, son sourire insolent toujours accroché aux lèvres, le regard… pétillant d’amusement. Valerian s’amusait comme un petit fou. Déballer ses hypothèses, probablement vraies, sans aucune retenue, ne lui posait pas de problème. Elle était désespérée, et ils avaient passé un accord. Tant qu’elle accepterait ou aurait besoin de son aide, elle restait sous son joug. Et ses règles pouvaient s’avérer particulièrement vicieuses.

Son regard devint en revanche particulièrement corrosif quand le domestique de Miobë tenta de rappeler les coutumes des Marchands à sa maîtresse. Il retint une remarque particulièrement violente et acerbe concernant la soumission aveugle et le gâchis intellectuel que la classe domestique représentait, en plus de transformer leur maîtres en pantins oisifs et dépendant de personnes dont l’instruction frôlait littéralement le plancher des vaches. Il se retint cependant. Conventions, conventions ! Il n’avait pas envie de vexer son hôte.

«Ne pensez pas et agissez, Dame Marchebois. C’est à vous de voir si la vie de votre ami vaut le respect total des coutumes de vos ancêtres, ou si elle vaut bien une petite entorse à vos sacro-saints règlements. Je me contenterai d’apporter ou non mon aide en conséquence. Les choix ne dépendent pas de moi, et vous le savez.»


Il esquissa un sourire enjoué. Il savait qu’en prononçant une phrase tournée de cette manière, il ne lui laissait même pas le choix. C’était le choisir lui, ou prendre le risque de passer pour une atroce égoïste sauvant les apparences quitte à laisser mourir un ami. Et il ne doutait pas que la sensibilité de cette jeune femme aurait de toute façon le dessus sur la logique la plus élémentaire et le respect, parfois biaisé, il faut l’avouer, des traditions.
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Posté dans Re: L'espoir est le dernier à mourir   - Mer 26 Nov 2014 - 4:59

- Je ne vous méprise pas.

Miobë repoussa son assiette et inspira profondément.

- Et à l'avenir, veuillez ne plus parler de ce que vous ne savez pas.

Elle détourna le regard, sous les yeux effarés de son domestique. C'était la frustration qui la faisait parler ainsi, et il le savait. Mais comment blâmer cette femme qui, malgré les obstacles, gardait l'espoir de retrouver un jour la trace de son ami ? Il ne pouvait rien lui reprocher. Ni sa fougue...Ni ses espoirs vains. Car c'était ce genre de femme qu'il avait toujours voulu servir.

- Et si ça vous intéresse tant, ma main est à prendre, Monsieur. Quant à mon désir de retrouver mon ami, il est aussi vivace que lorsque nous nous sommes rencontrés.
- Dame Marchebois ! s'exclama le domestique, choqué.

Se levant de table, la jeune femme rejoignit la fenêtre, bien que l'idée de s'enfuir dans sa chambre lui ait traversé l'esprit. Cleotray, conscient qu'il était de trop ici, les laissa seuls. Le silence s'installa dans l'immense salon. Un silence à l'image de celle qui l'avait entraîné. Immense, innommable et pesant.

Miobë s'en voulait terriblement, car elle ne devrait pas être ici.

Elle devrait être au Domaine. Elle devrait être la mère de deux adorables enfants, combler son mari de toutes les attentions et faire honneur à son nom. Elle devrait apprendre le chant et la danse à sa fille, les mots et l'honneur à son fils. Mais elle n'était rien de tout cela. Ni une épouse. Ni une mère. Ni la digne fille d'un dirigeant Marchand. Elle était une pauvre cruche qui, incapable de faire son deuil, recherchait le fantôme d'un ami disparu.

- Combien de temps dureront les recherches ? glissa-t-elle, alors que le tonnerre venait de la faire sursauter.
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Posté dans Re: L'espoir est le dernier à mourir   - Dim 15 Fév 2015 - 10:32

Valerian ne prit même pas la peine de bouger de sa chaise. Il l’observa, en proie à ses états d’âme, et ne pouvait s’empêcher de trouver le spectacle proprement splendide. A lui, on avait enseigné l’art de la sérénité. Un Marchand se devait, en toutes circonstances, de garder son calme. Quoi qu’il arrive. Or, en ce cas présent, la Dame Marchebois, bien qu’elle fasse de son mieux pour garder contenance, était visiblement bien perdue. Et c’était terriblement agréable à voir. Il n’avait qu’à se positionner de façon à lui apparaître comme une ancre au milieu de la tempête qui la secouait, et le tour serait joué. Sur le long terme, s’entend. Il n’y avait pas pire sensation que de se savoir redevable envers quelqu’un, surtout quand sa caste était bien en dessous de la sienne.

«Ne vous méprenez pas, Madame. Je suis simplement curieux, et j’aime à connaître mes… clients, avant de leur accorder mon aide. Bien que vous pourriez tout à fait m’imposer de le faire.»

Il esquissa un petit sourire, et but une brève gorgée de vin. Excellent, en passant, arrivant tout droit de Gernie. Être immensément riche avait cet avantage de vous offrir l’opportunité de goûter aux meilleures choses de ce pays. Tant en terme de nutrition que de compagnie, ou de toute autre chose facilement obtenable avec de l’argent.

Il observa ensuite fixement la Marchande, en jaugeant silencieusement le temps qu’il faudrait effectivement pour les recherches. Même s’il employait un effectif conséquent, ce qui était de toute façon impensable - chacun avait des tâches plus prioritaires que cela à accomplir -, il leur faudrait beaucoup de temps. La Marchebois elle-même ne semblait pas savoir grand chose sur lui, malgré le fait qu’elle le nomme “ami”. Sûrement une tendresse et un attachement propre aux bonnes femmes émotives, se dit le jeune homme.

«Le temps qu’il faudra. J’ai le bras long, mais je tiens à rappeler que nous ne savons pas grand chose, hormis un lien éventuel avec les Incendios. Aussi, il faudra faire preuve de patience, et me faire confiance. J’ai pour trait de toujours obtenir ce que je veux, qu’importe le prix et le temps nécessaires.»

Il but une autre gorgée, et se leva, verre en main. L’orage battait son plein à l’extérieur, démontrant autant de sauvagerie que de souveraineté. Valerian était fasciné par les manifestations climatiques d’envergures. Là où certains voyaient la colère de Vama ou Ruyn, ou encore un mauvais présage, il ne voyait que la suprématie des éléments et une forte tendance de ceux-ci à asseoir leur totale domination sur l’homme. Et il trouvait ça proprement magnifique. Car bien que sacrément atrophié du point de vue du sentimentalisme humain et des émotions positives telles que la sympathie, l’empathie ou encore la compassion, il n’en demeurait pas moins un esthète amateur d’art, qui trouvait dans beaucoup de choses une magnificence que beaucoup ne pouvaient même pas percevoir.

Il se tourna vers Miobë, le regard pétillant d’amusement.

«Vous devriez aller vous coucher, quelque chose me dit que vous avez eu votre dose d’émotions fortes ce soir, et nous n’aurons pas de nouvelles des recherches ce soir, nous pouvons en être sûrs. En revanche, il me reste encore une montagne de travail à accomplir, j’ai pris suffisamment de retard. Prenez le temps de vous reposer et de vous calmer, voulez-vous ?»

Si Valerian ne l’envoyait pas impoliment au lit pour la simple raison qu’il avait du travail, il voyait clairement que la femme en face de lui avait besoin de se reposer et de se clarifier les esprits. Quant à lui, une tonne de rapports provenant des divers agents du Conclave l’attendaient sur son bureau, et il aimait à garder une longueur d’avance sur toutes ses branches, ainsi qu’une vue d’ensemble parfaitement claire, à jour, de tout ce qui se passait au sein de son organisation. Cela évitait les décisions biaisées et les jugements erronés.

«Erik et moi nous tenons bien évidemment à votre entière disposition, quelle que soit l’heure de la nuit. Je pense d’ailleurs veiller jusqu’au petit matin, vous n’aurez pas la crainte de me déranger, ainsi.»
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Posté dans Re: L'espoir est le dernier à mourir   - Mar 17 Fév 2015 - 11:35

- Faites au mieux.

Miobë ne s'endormit qu'après une longue attente.

Dans le silence de la nuit, on ne percevait, calme et régulière, que la respiration de Cleotray, plutôt devinée que réellement entendue. Dans l'obscurité que l'orage faisait plus épaisse et sinistre, il était là, elle le savait, mais ne le voyait pas. Il veillait.

Le lendemain, la jeune femme s'éveilla dans un sanglot immédiatement contenu, parce qu'une fille marchande ne fait pas étalage de ses sentiments lorsque le malheur l'afflige. L'esprit embrumé par les cauchemars, elle gagna la salle d'eau et y prit un bain brûlant. De l'armoire mise à sa disposition par Valérian, elle tira une magnifique robe de soie rouge. Un rouge sombre aux reflets noirs, qui faisait ressortir la blancheur de sa peau. Satisfaite, elle dénoua ses cheveux et les laissa flotter librement jusqu'à la ceinture. Alors seulement elle se regarda dans le grand miroir qui ornait le fond de la pièce. L'image que lui la glace ne lui déplut pas, à elle qui avait toujours eu en horreur le rouge.

Après avoir jeté sur ses épaules une ample cape épaisse, Miobë sortit précipitamment, en prenant soin de ne pas faire de bruit, pour ne pas attirer l'attention sur elle.

- Dame Marchebois, l'aborda Cleotray.
- Est-il...?

Cleotray désigna le petit salon, dans lequel elle rejoignit son hôte.

- Chaque jour j'attendrai de vos nouvelles. Soyez certain que vous avez toute ma reconnaissance. Un jour, je serai en mesure de vous remercier dignement pour votre accueil et la générosité de vos actions.
Citation :
Miobë, toujours à la recherche d'indices sur l'organisation des Incendios, fait la rencontre de Valérian l'Illusionniste, qui lui offre une formidable opportunité d'avancer dans son enquête. Mais Miobë ignore qu'elle est tombée entre les griffes de l'un des chefs de l'une des organisations de malfaiteurs les plus puissantes de Matroos.

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Posté dans Re: L'espoir est le dernier à mourir   -

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