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Que sonne le glas des mois de beuverie !

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Posté dans Que sonne le glas des mois de beuverie !   - Mar 4 Nov 2014 - 1:13


La taverne où il boit, il n'en a que faire. Son "maître" - quel titre hideux - il n'en a - presque - rien à faire. Ce qu'il y a au fond de sa choppe, peut-être un peu moins. L’insupportable reflet qu'il y devine disparaît avec le liquide qui s'écoule dans sa gorge, allant se perdre dans les abîmes de son estomac. Le goût de l'alcool aussi, cela ne l'intéresse pas. Oublier, c'est tout ce qu'il veut. Arrêter de penser qu'il est encore vivant. Arrêter de penser qu'il est vivant et qu'il a mal. Encore et toujours. Un prénom essaye de remonter de sa mémoire...

Et disparaît avec son verre qui traverse la pièce pour fracasser le crâne du poivrot qui médit sur la danse - même si elle est vraiment grotesque - du vieux pêcheur aux skikraks, encore plus saoul que son apprenti. L'adrénaline de la "pêche", le risque de mort - bien différente de la mort sanglante des pirates -, le fait d'avoir survie tous les deux ensemble tous ces mois... L'argent ne lui faisait rien. Le fait d'avoir sauvé quelqu'un en risquant la sienne, cela le perturbait davantage. D'autant que le vieux lui avait rendu la pareille. Et que cela durait. Durait. Durait. Et chaque soir à Vanylle, toujours de l'alcool. Car quand il ne risquait pas sa vie, quand il ne laissait pas son esprit se perdre dans la contemplation de Grand Vent...

Il pensait trop.

Le vieux Pêcheur se révélait alors bien utile : longue était la liste des tavernes et auberges qu'il connaissait. Et Aeddan suivait bien volontier.

C'eut pu être une soirée comme une autre. Peut-être débouchant juste sur une énième gueule de bois. Peut-être avec une bagarre... Aeddan sourit, la gueule à moitié dans la choppe dérobée au voisin qui venait de s'effondrer en ronflant, devant son épave de maître qui trouvait la tenancière à son goût - l'alcool le déridait plus qu'il n'était imaginable à la première rencontre -. Mais son masque de bonne humeur tombait alors qu'une silhouette féminine surgissait, et que son cerveau commençait à dire, à faire remonter...

Dans un brouillard d'alcool, l'ancien pirate de l'Amante quitta sa chaise, et traversa une bonne partie de la salle, oubliant son "maître" qui, après un sourire à la maîtresse des lieux, chutait de la table qu'il avait pris pour piste de danse, au milieu d'autres poivrots de bonne humeur, pour arriver juste derrière une femme. Vanylle l'a dévorée... Mais quand il lui saisit le bras et la fit se tourner vers lui...

Aeddan était plus émacié qu'il y avait longtemps. La peau plus marqué par le soleil. Les cheveux coupés à l'épaule, après que le surplus se fut pris dans les lignes parées à être envoyées dans la gueule d'un avranaï. Mais ses cicatrices étaient toujours là. Et son esprit reçut une claque, car elle, elle ne semblait être rien d'autre que ce dont il avait rêvé pendant tous ces mois de malheur enrichissant. Elle.

"Seylan..." parvint-il à murmurer, livide.
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Posté dans Re: Que sonne le glas des mois de beuverie !   - Ven 7 Nov 2014 - 10:15

Espèce de ....

Avant qu’il ne puisse lui faire quoi que ce soit, Seylan flanqua un violent crochet dans les dents du borgne, l’anneau qu’elle portait au doigt lui marquant la joue d’une longue et fine estafilade, qui ne saigna que très peu. Elle s’obligea ensuite à une immobilité parfaite pour ne pas trahir sa peur, et plaça ses mains sur son coeur pour en contenir les battements affolés.

Les gens de Vanylle, poursuivis par une bien horrible réputation, pensaient qu’à force d’écumer le ciel, la fortune leur sourirait enfin. Mais Grand-Vent restait imprévisible et sauvage, ne leur faisant presque jamais de cadeau, à l’image du naufrage de l’Amante, qui avait été détruit il y a plusieurs mois de cela, peu avant la disparition du Pâle. Quelle magie...quelle sorcellerie, pouvait bien avoir sauvé cet homme d’une mort certaine ?

Sans davantage s’interroger sur les raisons de la disparition de son bourreau, Seylan ajusta sa capeline sur ses épaules et quitta la taverne pour s’enfermer dans sa petite chambrette, à l’étage. Connaissant l’entêtement du Pâle, elle ouvrit la fenêtre et s’engagea sur le toit, espérant qu’ici, il ne l’y trouverait pas. Elle se retrouva sur-le-champs sous la douche la plus glaciale qui lui ait été donné de connaître, la respiration coupée, haletante sous la pluie qui lui picotait les joues. Sa peau se contracta et se durcit en une chair de poule qui se mit à la couvrir de la tête aux pieds.

Seylan trembla de tout son corps. L’eau qui lui coulait dans les yeux dédoublait sa vision, et des gouttes lui pendaient au nez et aux oreilles, comme des bijoux de cristal. Les cheveux collés sur le front et les joues, du feu dans son regard sombre, elle sursauta lorsqu’elle entendit, depuis son perchoir, les pas lourds d’un homme dans le couloir.

Tu ne m'auras pas. Tu n'es qu'un fantôme, rien d'autre...

Son pieds glissa. Son épaule rencontra le bois épais du toit, jusqu'à ce que son corps s'écrase quelques mètres plus bas, dans la boue de Vanylle, au pied des cuisines.

Tu es censé être mort...


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Posté dans Re: Que sonne le glas des mois de beuverie !   - Dim 9 Nov 2014 - 4:35

Se retrouver en travers d'une table, la mâchoire douloureuse, fit un instant douter le pirate : était-ce vraiment elle ? Tandis que les consommateurs enrageaient devant leur boisson renverser, lui se mit à sourire... Puis à rire. Faiblement. Oui, c'était elle. Son visage, ses yeux, son silence. Et ce coup... Tout ce temps où elle se laissait faire... Songea-t-il, s'étonnant de la retrouver vivante, et avec cette vigueur.

Sa tentative de se relever finit en chute alors qu'un coup dans le dos l'envoyait par terre. Là il reçut quelques coups de pied d'avertissement, dont un qui lui fit rendre une part du contenu de son estomac. Il crut percevoir le piaillement agacé d'une serveuse.

Il ne sait comment, le vieux pêcheur surgit pour lui secouer l'épaule, lui soufflant son haleine d'alcool en vagues questions sur son état. Le repoussant, Aeddan balayait la pièce à la population braillarde et puante... Sans la voir elle. "Elle était là..." fut tout ce qu'il souffla en réponse. Le visage usé se tordit en une moue de perplexité. Mais il était déjà loin.

A l'étage, il en dérangea plus d'un, ou se heurta à des portes closes. Aussi ressortit-il, et entreprit de faire le tour des lieux, pour trouver un accès vers les hauteur. Mais il n'eut pas à escalader quoi que ce soit.

"Qu'est-ce que tu regardes toi ?!" grogna l'homme devant l’œil fixe du borgne, braqué sur lui... Et celle qu'il fouillait. "Chasse gardée, j'étais là le premier... Mais qu'est-ce tu... Arrêt... !"

Sa réclamation se finit en beuglante , un couteau s'étant planté dans son œil. Certaines habitudes ne s'étaient pas perdues. Que la lame soit poussée plus avant dans le crâne, alors que son attaquant se jetait sur lui sans attendre, mit fin à ses souffrances, et à l'épouvante de ne plus voir que d'un œil. Ayant arraché son bien au cadavre chaud, Aeddan se pencha sur le corps inerte de Seylan. La poitrine dénudée... Le mort ne pouvait plus souffrir. Mais aucune blessure visible. Entre les bruits omniprésents de la vie nocturne vanylienne et la semi-obscurité, il ne parvenait pas à percevoir son souffle. Le pirate appliqua deux doigts glacés et sanglants sur la gorge offerte. Et il y sentit la vie. Et la sensation absurde qu'il respirait à nouveau.

L'émotion l'étouffait. Ne compta plus que ce corps qu'il serrait dans ses bras, que ce parfum qu'il humait, que cette chaleur qu'il percevait.

"Vivante... Tu es vivante..." croassa sa voix brisée.

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Posté dans Re: Que sonne le glas des mois de beuverie !   - Mar 11 Nov 2014 - 3:58

Lorsqu'elle rouvrit les yeux, Seylan ne ressentait plus la moindre douleur. D'ailleurs, en y réfléchissant bien, elle devait admettre qu'elle ne ressentait plus rien du tout. C'était comme si son corps était mort, et que seul son esprit perdurait.

Elle jeta un regard autour d'elle, et ne reconnut rien de ce qu'elle vit. Cet homme, le visage ensanglanté et la bouche ouverte en une expression de terreur vive, ne lui rappelait aucun client du Butineur Bourré, tout du moins, aucun qu'elle n'ait jamais servi.

Peu à peu, Seylan reprit connaissance de son environnement, aidée par la voix d'un homme. Elle ne le reconnut pas immédiatement, puis son odeur particulière, et la blancheur de ses cheveux, la ramena à la réalité. Elle était en vie. Mais à quel prix ?

Lentement, son visage apparut avec plus ou moins de netteté. Le Pâle.

Ce n'était donc pas un rêve ?

Faisant fi de la douleur qui venait de se réveiller dans son épaule, elle se débattit de toutes ses forces, distribuant coups de poing et coups de pied. Puis soudainement, elle vit une expression inhabituelle chez le Pâle. Le soulagement ? Il était l'homme qui lui avait permis de survivre toutes ces années, mais elle le haïssait de toute son âme, pour toutes les souffrances qu'il lui avait infligées. Alors pourquoi, à la vue de son visage émacié et de son oeil bleu de glace, ne trouvait-elle désormais plus le courage de lui échapper ?

Pourquoi faut-il toujours que le sang coule, là où tu te trouves, Ven's ?

Il avait tué cet homme. Pourquoi ? Une expression terrifiée se peignit sur son visage auparavant dévoré par la colère et la soif de vengeance. Malgré les longs jours passés à bord de la Nuée Ardente, Seylan ne s'était toujours pas habituée à la vue des cadavres.


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Posté dans Re: Que sonne le glas des mois de beuverie !   - Mar 11 Nov 2014 - 5:07

Elle se débattit, mais cela n'eut pour effet que de raffermir la prise d'Aeddan. Car il n'était pas si loin, ce temps où il la croyait perdue, disparue... Effacée de son monde. Cela lui paraissait désormais un gouffre au bord duquel il se trouvait, et la lâcher semblait revenir à sauter dans cette noirceur dont son esprit s'extirpait avec stupeur.

"Arrête. Arrête... S'il te plait." tenta-t-il. "Je voudrais juste... Est-ce que tu as mal quelque part ? Comment..." Son esprit ayant refait le chemin supposé de la jeune femme, une idée le frappa. "Tu as tenté de me fuir." lâcha-t-il.

Ce ne furent pas les coups, mais cette pensée qui le fit la lâcher, saisissant juste le poing qui menaçait à nouveau son visage.

"Tu as failli te faire trousser pour m'éviter." fit-il observer d'une voix blanche... Avant d'éclater soudain de rire. "Mais c'est complètement... Comment as-tu pu survivre Sey' ?! Tu me fais d'abord croire que tu as finalement compris quelque chose, pour ensuite te rater aussi grossièrement. C'est... C'est..."

Son hilarité prit fin alors qu'une porte claquait, et que des indésirables surgissaient. La tenancière qui plaisait tant au vieux pêcheur et un homme... Dont le tablier l'identifiait comme cuisinier, sans doute. Éclairés à contre-jour par la lumière de l'intérieur, Aeddan mit un temps à réaliser que la première était armée d'un fusil - à la qualité encore à déterminer - et le second de couteaux.

"Qui est-ce que t'as égorgé toi ?! Mais... Seylan ! Lâches-la mon salaud, si tu ne veux pas que je te plombe dans la seconde !" s'exclama la maîtresse de l'auberge d'une voix acide.
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Posté dans Re: Que sonne le glas des mois de beuverie !   - Mar 11 Nov 2014 - 13:22

Elle entendit le son lointain d’une voix qui l’appelait. La tenancière.

Se retournant, Seylan croisa son regard, puis le canon du fusil qu’elle tenait entre ses mains, pointé sur leur commun ennemi : le Pâle. Encouragée, la jeune femme se releva, mais une douleur lancinante, régulière, au niveau de l’épaule et de la hanche, la ramena à terre quelques mètres plus loin, à quelques pas à peine de sa patronne. Cette voix...elle ne croyait jamais plus l’entendre, après avoir été enlevée par la Nuée Ardente. C’était comme dans un rêve.

Haletante, elle aspira de grandes bouffées d’air, cherchant à retrouver son souffle.

Allez-vous en…

Il allait les tuer. Il allait leur faire du mal, et cela sans ressentir la moindre pitié pour ses victimes.

Partez, je vous en prie…

Au milieu de l’épaisse pluie, elle distingua le visage flou du Pâle. Elle ne sut dire s’il riait, ou enrageait d’être ainsi la cible d’une arme capable de le tuer une fois la détente pressée. Quoi qu’il en soit, cet homme était capable du pire, comme du meilleur. Tuer cette femme et son cuisinier serait pour lui une véritable partie de plaisir. Facile, peut-être pas. Mais possible, oui.

Agitant le bras pour indiquer à sa patronne de foutre le camp au plus vite, Seylan supplia du regard l’homme qui se cachait derrière cette épaisse carapace de cruauté et de perversion : Ven’s. Cette femme était d'une douceur et d'une générosité sans limite. Elle était comme une mère pour Seylan et à l'idée que le Pâle puisse lui faire du mal, la jeune femme frémit de terreur.

- Va la chercher, ordonna la tenancière à son cuisinier.

Obéissant sans discuter, l'homme alla à sa rencontre et la prit délicatement dans ses bras, pour ne pas aggraver ses blessures. A aucun moment il ne quitta des yeux le pirate, s'assurant ainsi de rester en vie, s'il lui venait l'idée de s'opposer aux ordres de la patronne. Plus à l'aise dans les bras de son ami, qu'à terre, à la merci du pirate, Seylan retrouva un peu de son calme.


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Posté dans Re: Que sonne le glas des mois de beuverie !   - Mar 11 Nov 2014 - 15:59

Il ne dit mot, ne protesta, ne tenta de la retenir. Il la regarda simplement s'éloigner de lui, tout dans ses gestes trahissant la terreur... Et la peur. Pour eux. Et son regard... Qu'est-ce que c'est ? L'incompréhension quant au message qu'elle tentait de faire passer, se mêlait à la stupeur d'être ainsi menacé. Parce qu'il ne pouvait pas réagir. Du moins, sa première réaction avait été entravé : par le corps de Seylan, entre lui et ses cibles; par l'arme qui le braquait aussi, en partie; et puis que la tenancière la connaissait. Et cherchait à la protéger. Oh, et le vieux pêcheur eut sans doute été triste d'apprendre sa mort.

Sans oublier qu'il n'était pas acculé : mentir pouvait très bien éviter toute effusion. De son sang.

Lentement, il se releva, surveillant les gestes de la femme qui le tenait en joue, se demandant combien de temps elle pouvait ainsi tenir.

"Je n't'ai pas invité à te lever que je sache." dit-elle d'un ton menaçant.
- C'est la personne derrière moi que tu devrais menacer. Que tu aurais dû abattre, si je n'étais pas arrivé le premier. énonça-t-il tranquillement de sa charmante voix éraillée, son œil allant tour à tour de Seylan à la femme armée.
- Qu'est-ce que tu me racontes ?
- Elle était inconsciente. Lui pas, et très intéressé. Tu me suis ?
- Sois encore moins clair et je pourrais bien te faire un trou dans le crâne pour t'éclaircir les idées."

Dégageant sa vue que gênait des mèches humides plaquées sur son crâne par la pluie qui tombait, le borgne réfléchit un instant. La conclusion s'imposa : il n'avait aucunement envie d'éclaircir la situation auprès de cette femme. En réalité... Il avait envie d'être ailleurs. N'importe où où il ne serait pas séparé de Seylan par un fusil et une femme dont le regard indiquait qu'il n'aurait pas été la première victime de l'arme, ainsi qu'un homme qui semblait déjà ne pas l'apprécier.

"Je ne sais pas si elle est blessée." informa-t-il la tenancière d'une voix vide, avant de regarder celle qu'il avait cru morte tous ces mois. Un silence. Puis... Ne disparais pas. Les mots se refusèrent à lui un instant : elle obéissait au Pâle. Et le Pâle avait fini pendu. J'ai quelque chose à te donner.
- Donne-le lui maintenant et ne revient plus ! s'exclama la tenancière.
- Je ne l'ai pas. Pas encore." répondit-il.

Et il se mit à reculer. Le geste hérissa la bonne femme, dont la gâchette sembla lui démanger aussitôt. Mais il ne faisait que faire pas après pas en arrière, vers la sortie de la ruelle. Avant de se retourner, et de partir simplement. La fraîcheur de la nuit et de la pluie, le poids des regards dans son dos n'étaient pas seule responsable de ses frémissements.

♦ ♦ ♦ ♦ ♦

Deux jours plus tard, un petit homme passa la porte de l'auberge du Butineur Bourré. Ses vêtements qui semblaient n'avoir jamais été rapiécés le désignèrent comme étranger à ce genre de lieu, plus cloué au sol que sillonnant Grand-Vent, tandis que la raideur de sa démarche et son air constipé étaient explicites : il n'avait pas envie d'être là. Pourtant, il parcourut les mètres le séparant du bar, malgré les diverses bousculades et remarques dont il fut l'objet.

En nage, mais parvenu à destination, il se hissa sur l'un des sièges, ce qui lui fit gagner une bonne tête de haut, sous le nez retroussé de perplexité de la maîtresse des lieux. Il sortit de sa sacoche une paire de petites lunettes, et se les mit avec nervosité sur le nez, tous en jetant un un regard par dessus son épaule.

"Vous désirez ?" lui fut-il demandé.
"Je... Hummm... J'ai fichtrement soif et..." Il sursauta presque quand la choppe claqua sur le bois, avant de glisser dessus pour finir à quelques centimètres de ses cavités nasales.

Hésitant, il vérifia ce qu'il y avait dans son dos. Puis, prenant son courage à deux mains, il but une gorgée du breuvage... Avant de le siffler, purement et simplement. Il remercia la tenancière, avant de se remettre à trembloter au premier mot prononcé.

"Est-ce que... Est-ce qu'une demoiselle répondant au prénom de 'Seylan' demeurerait ici ? Je... Je voudrais lui parler..." dit-il vaillamment.
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Posté dans Re: Que sonne le glas des mois de beuverie !   - Sam 15 Nov 2014 - 5:08

- A quoi tu penses ?

Le regard vide, Seylan se tenait le bras gauche, que l'on avait maintenu replié contre son corps à l'aide d'une écharpe de fortune. Depuis son accident, la patronne lui refusait le droit de travailler, sous peine de la renvoyer sans commune mesure dans sa chambrette. Alors, parce que trop longtemps tenue à l'écart de la vie de l'Auberge par son enlèvement, elle accompagnait le cuisinier dans chacun de ses déplacements, goûtant ses plats, écoutant ses récits d'aventure...

- Tu as encore mal ?

Elle approuva d'un léger signe de la tête, mais l'assura que tout irait bien. Puis elle quitta les cuisines pour rejoindre la grande salle, où fourmillaient des dizaines de clients. Au centre de la pièce, un homme, bien connu de l'établissement, contait ses aventures aux plus jeunes. Au comptoir, la patronne servait ses clients, surveillant du coin de l’œil le vieux Gléor, connu pour déclencher de nombreuses bagarres dans les établissements voisins.

- Seylan, viens par ici !

La tenancière lui présenta l'homme.

Un homme de fort petite taille, à l'allure miteuse. Un p'tit bonhomme qui, même avec ses lunettes sur le bout du nez, ne semblait pas plus intelligent qu'une Gloussante égorgée ! L'interrogeant sur ses intentions d'un léger signe de la tête, Seylan le détailla, certaine de ne jamais l'avoir vu ici. Il n'avait pas l'allure d'un pirate de Grand-Vent. Il ressemblait plutôt à l'un de ces hommes qui traînaient dans les ruelles les plus sombres de Vanylle, attendant la mort comme une libération.


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Posté dans Re: Que sonne le glas des mois de beuverie !   - Mer 19 Nov 2014 - 1:07

Le petit homme la regarda avec des yeux ronds, remettant sans y penser ses lunettes qui glissaient, tant son nez tombait d'ébahissement. Peut-être espérait-il ne trouver personne répondant à ce nom en ce bas monde... Mais la jeune femme était là, devant lui, en chair et en os. Attendant ses explications.

Le rire lourd de quelques ivrognes assez proches pour apprécier sa figure déconfite le fit se reprendre, toussotant dans une main, avant de tendre l'autre à Seylan.

"Alexandrus Bequair, bibliothécaire, enchanté de faire votre... Euh... Connaissance." dit-il d'abord avec une certaine aisance, avant de finir pitoyablement, ramenant prestement sa main près de lui sans qu'elle n'ait été serrée.

Alexandrus jeta un regard craintif se voulant discret vers les soudards, et la porte, avant d'en revenir à celle qu'il avait désiré voir. Qu'il dévisagea un instant sans mot dire, une lueur dans ses mirettes lui demandant presque de savoir pour lui ce qu'il faisait là.

"Je... Hmmm... Suis ici pour vous faire profiter de mes connaissances. Gratuitement, vous rendez-vous compte !" pouffa-t-il un instant, avant de se rappeler où il se trouvait, et de retrouver son attitude de skikrak sentant la présence d'un nsach. "Hmm... Peut-être pourrions-nous voir cela dans un lieu plus..." Il chercha un instant le terme, sentant sur ses épaules le regard de la tenancière, très attentive à la prochaine bêtise qu'il pourrait énoncer. "Un endroit plus... Intime... NON, je veux dire, enfin, plus confortable, NON, moins puant, NON NON, enfin... !" Alexandrus perdait visible le peu de stabilité mentale qu'il avait conservé depuis qu'il avait passé le pas de la porte du Butineur Bourré. "Un endroit au calme, avec une table, deux chaises, et une bonne lumière... S'il vous plait." Parvint-il finalement à dire, s'effondrant à moitié sur lui-même.
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Posté dans Re: Que sonne le glas des mois de beuverie !   - Mer 19 Nov 2014 - 11:17

Seylan chercha l'approbation de la tenancière. Elle souhaitait en savoir plus sur les véritables intentions de cet homme, et cela passait par la complaisance, la gentillesse et la patience. Car à l'évidence, rien ne justifiait qu'un homme de provenance inconnue, propose à une serveuse ses connaissances de bibliothécaire.

- J'te préviens. Tu la touches, je t'arrache la jugulaire avec les dents, cracha-t-elle.

C'était une menace. Une menace qui répondait à l'incident d'il y a quelques jours.

Sur ces mots, Seylan accompagna l'homme à l'arrière de l'Auberge, dans une petite pièce qui accueillait habituellement les hommes et femmes qui ne souhaitaient pas se mêler aux autres clients our des raisons professionnelles, le plus souvent ; puis parfois parce qu'ils avaient tant d'ennemis à Vanylle, qu'ils ne pouvaient plus se déplacer sans se faire agresser par l'un d'eux. Lui indiquant une chaise sur laquelle s'asseoir, la jeune femme ne s'installa à ses côtés qu'une fois la pièce suffisamment lumineuse et la fenêtre grande ouverte, pour laisser entrer la fraîcheur.

Ne lui laissant aucun véritable répit, elle l'interrogea du regard.

Qui ? Pourquoi ? Quelle raison pouvait bien avoir poussé ce petit homme à entrer à l'Auberge du Buttineur Bourré pour offrir à leur serveuse ses connaissances dans la lecture, l'écriture, ou tout ce que pouvait contenir un livre ? Qui lui avait donné son nom ? Qui à Vanylle, pouvait bien souhaiter la voir enrichir ses possibilités ? Jaasau ? Impossible. Elle lui avait si mal parlé lorsqu'ils s'étaient quittés qu'il n'y avait aucune chance qu'il revienne vers elle. Alors qui ?

Parle au lieu de trembler, homme, s'impatienta-t-elle.


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Posté dans Re: Que sonne le glas des mois de beuverie !   - Mer 19 Nov 2014 - 15:11

"Très accueillante, oui, vraiment." disait-il avec un sourire vide tout en s'installant fébrilement, comme hanté par la menace de la patronne.

Mais une fois les mains à plat sur sa sacoche, assis en la simple et calme compagnie de la muette, alors seulement il sembla se détendre. Ne serait-ce qu'un peu. Aussi parvint-il même à parler tout en sortant ses affaires.

"Bien. J'ai cru comprendre que vous n'avez aucune expérience en la matière, aussi allons-nous commencé par les bases. Hmmm..." Alexandrus remit ses lunettes en place d'une petite poussée du doigt. "Je dois vous avouer que je n'ai jamais, à vrai dire, enseigner... Nul ici ne semble en avoir l'envie, et encore moins les enfants. Je les déteste." Fit-il avec un reniflement hautain, reprenant un peu de stature... Avant de revenir au présent. "Donc, hmmm... Qui de la gloussante ou de l'oeuf... Lecture ou écriture... Eh bien... Comprenez-vous en quoi consiste l'écriture, Mademoiselle... Seylan ? Des petits dessins auxquels sont associés des sons, les mots étant visibles, ou audibles..."

Alors seulement il regarda son "élève". Et sa tentative d'explication connut une fin prématurée alors qu'il se heurtait au regard lourd de question de la jeune femme, nullement perplexe. Déconcerté un instant, le petit homme répliqua.

"Auriez-vous des... Doutes sur la raison de ma présence ? Que je vous explique peut-être... C'est cela sans doute. Et bien j'ai été engagé, c'est évident !" La réponse ne suffisant sans doute pas, le bibliothécaire se renfrogna, marmonnant dans sa moustache, de plus en plus furieusement, jusqu'à éclater. "Et vous n'en savez vraiment rien, n'est-ce pas !? J'ai été menacé, dans mon propre logis, puis grassement payé ! Et dans quel but, une telle mascarade ? Pour que j'aille inculquer à une illustre inconnue inculte, dans l'un de ces taudis que j'ai évité consciencieusement pendant de longues années, l'un des piliers de toute civilisation civilisée ! Le langage écrit ! L'ÉCRITURE, PAR VAMA !" Fait surprenant, après une telle tirade, il parvint à se ratatiner, regardant avec anxiété la fenêtre grande ouverte. "Mais je n'avais sans doute pas à tant parler, ni à le faire sur un tel ton... Pardonnez-moi mademoiselle. Et mon commanditaire n'a pas daigné me donner son nom !" Finit-il précipitamment, honteux.
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Posté dans Re: Que sonne le glas des mois de beuverie !   - Ven 21 Nov 2014 - 3:42

Une illustre inculte.

Espèce de sale petite doduche...

Mais à quoi cet homme s'attendait-il au juste ? A trouver ici une jeune femme instruite, capable de prouesses littéraires et de vivacité intellectuelle ? A Vanylle, plus de la moitié de ses habitants ne savaient ni lire, ni écrire, ni même parler un langage de belle qualité. Aucun enfant ici n'avait le goût pour lecture ou l'écriture, car aucun n'imaginait que cet art puisse leur apporter une vie digne et palpitante. Et à raison. Car quel mousse, quel capitaine, trouvait dans les livres et la plume l'arme pour combattre leurs ennemis et détrousser les vaisseaux s'aventurant dans Grand-Vent ?

Elle, elle avait été catin. Jamais on ne lui avait demandé de lire ou écrire. Elle n'avait eu, pendant toutes ces années, qu'à écarter gentiment les cuisses et à sourire. Se levant de sa chaise, Seylan rejoignit le bord de la fenêtre pour y respirer l'air frais du soir et évacuer ses frustrations. S'en prendre à cet homme n'était sans doute pas la solution. Mais elle voulait savoir. Riska Deux-Voix ? Jaasau Le Baron Noir ? Ou...Le Pâle ? Qui avait envoyé ici cet homme pour lui offrir une nouvelle chance ? Qui était près à le menacer et à le payer chèrement pour ...

Par Vama, n'a-t-il donc pas vu son visage ?

Revenant vers son "professeur", Seylan attrapa sa sacoche et en sortit le nécessaire à son oeuvre : un crayon et une feuille de papier. Dessinant grossièrement trois visages, elle espéra qu'il reconnaisse l'un d'eux, car mettre un visage sur ce cadeau lui importait plus que de raison. Elle voulait le voir. Elle voulait lui demander pourquoi. Pourquoi lui offrir les services d'un bibliothécaire ? Pourquoi ne pas se montrer ? Pourquoi ne pas venir et lui expliquer, simplement, ses intentions réelles ? Pourquoi se préoccuper d'une fille qui passera sa vie à servir de l'alcool aux clients et à espérer ?

Réponds bien, sinon je te fais payer tes mots de tout à l'heure, pensa-t-elle en présentant à l'homme ses grossiers dessins.


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Posté dans Re: Que sonne le glas des mois de beuverie !   - Dim 30 Nov 2014 - 4:18

Gêne, perplexité, outrage ! Surprise. Toutes les étapes émotionnelles que connue Alexandrus devant la violence de la réaction de la jeune femme à ses propos. Geignant un instant sur le papier de qualité, gâché pour des gribouillis, il se tue alors qu'elle les lui fichait sous le nez, le prenant au dépourvu. Mais qu'est-ce que... ? Puis ses yeux se focalisèrent sur les visages qu'elle avait "dessiné". Son trait pouvait être encore brute, les caractéristiques physiques représentées étaient assez marquées pour être reconnaissables.

La preuve : le bibliothécaire pâlit à vue d’œil alors que son regard se fixait sur l'un des visages.

"Alors v-vous le connaissez b-bel et bien..." Chuchota-t-il nerveusement.

Marmonnant fébrilement dans sa moustache, Alexandrus descendit de son siège pour aller regarder au dehors. Avant de passer la tête à l'extérieur, il déglutit, et respira profondément. Puis, se mettant sur la pointe des pieds, il jeta un coup d’œil. Avant de rentrer prestement et de fermer la fenêtre. Un instant plus tard il s'affalait contre le mur, pâle comme un linge.

"Ne lui dites pas... Ne lui dites..." Il s'essuya le front avec sa manche. "Laissez-moi remplir ma part du contrat, s'il vous plaît, mademoiselle. Je n'ai pas envie de savoir comment il réagira si je... Si je n'arrive pas à vous faire progresser. Cela doit bien vous intéresser, ce que je vous propose, non ? Même un tout petit peu ?" Alexandrus leva vers elle des yeux implorants." Je n'avais pas à vous parler ainsi tout à l'heure. Vous n'êtes pas responsable de la décadence de cette ville..."
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Posté dans Re: Que sonne le glas des mois de beuverie !   - Mar 16 Déc 2014 - 13:33

Seylan fixa le bibliothécaire d'un œil vide, les jambes flageolantes et le souffle coupé, comme frappée par la foudre. Il ne lui semblait jamais avoir rencontré, à Vanylle, d'homme plus obstiné que le Pâle. Il la poursuivait sans trêve, impitoyablement. Malgré les obstacles, il n'avait de cesse de la retrouver, comme si toutes ces années qu'il avait passé à la torturer n'avaient pas altérées l'obsession qu'il avait pour elle.

Mais cette fois-ci, elle ne se laisserait pas faire ! Elle allait se battre. Elle allait le contrarier, le blesser, jusqu'à ce que l'ennui ou la colère le pousse à s'éloigner à jamais d'elle...Jusqu'à ce qu'il renonce enfin à obtenir d'elle ce que jusqu'à présent, elle lui devait de droit.

Que va-t-il faire de lui ? s'interrogea-t-elle alors que le bibliothécaire semblait sur le point de faire dans son pantalon. Après tout, ce ne sont pas mes affaires.

Se détournant, la jeune femme ne put s'empêcher de prendre le petit homme en pitié. Elle ressentit une émotion paralysante, qui la terrifia. La peur. La peur d'être responsable de la mort d'un homme innocent par égoïsme et ingratitude. La peur d'être comme tous ces pirates dont elle n'avait jamais approuvé les méthodes. Une meurtrière.

Alors elle s'assit à la place qu'elle avait quitté quelques instants plus tôt.

Ne crois pas avoir gagné. Je ne fais pas ça pour toi.

Elle brûlait d'envie de le revoir. De lui dire que si elle voulait finalement bien apprendre à lire et à écrire, ce n'était pas par compassion, mais uniquement pour être en mesure d'écrire sa vie. Laisser un témoignage qui pourrait marquer son passage à Vanylle était désormais tout ce qui lui restait.


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Posté dans Re: Que sonne le glas des mois de beuverie !   - Mer 17 Déc 2014 - 9:34

Alexandrus ne pouvait en aucun cas avoir connaissance de la réflexion qui avait poussé la vanylienne à revenir s'asseoir. Mais, après sa bévue, il ne lui demanda aucune explication, remplissant juste ses engagements avec un soulagement évident. Il s'avéra ensuite que Seylan avait tout à apprendre mais le bibliothécaire, après toutes ses émotions, était transfiguré par une vague d'optimisme : tout irait bien.

♦ ♦ ♦ ♦ ♦

La clé tourna dans la porte, alors que le nain sifflotait de bonne humeur, ravi d'être de retour chez lui. Seylan avait fait montre d'une volonté d'apprendre encourageante, après leur départ ardu. Cette affaire était sur la bonne voie, et il était de retour dans sa maison. En sécurité.

"Alors, petit homme ?" demanda une voix rauque derrière-lui.

Lentement, l'intéressé se retourna, leva la tête, et ses yeux écarquillé croisèrent un regard borgne pétillant de curiosité. Les pensées positives qui n'avaient cessé d'affluer après son semblant de succès auprès de sa "cliente" avaient relégué au second plan un fait important : le pirate s'était introduit chez lui, pour ensuite lui "soumettre" son marché. Alexandrus n'avait pas pensé une seule seconde qu'il y serait à son retour.

Avec un gémissement, Alexandrus s'évanouit, tombant sur le sol. De pas bien haut, il est utile de le rappeler.

Non sans ressentir de déception, Aeddan s'agenouilla auprès du petit homme : il avait attendu avec impatience son retour toute la journée, résistant à l'envie d'aller l'observer à l’œuvre. Une approche trop directe ne serait sans doute pas acceptée par Seylan. Pensif, il rit bas : à quoi tout cela rimait-il ? Envoyer le bibliothécaire et ses connaissances comme "cadeau" auprès d'elle lui avait paru une bonne idée, d'autant plus pour ce qu'il avait en tête pour la suite... C'était à cause de ce sentiment qui le taraudait quand il y pensait. Le nommer était particulièrement dérangeant.

Culpabilité. Regret. Non. Ce que je lui ai fait été justifié. Ce qu'elle pouvait dire était dangereux... Pour moi. Et à partir de là, j'ai pris soin d'elle. J'ai fait ce qu'il fallait. Mais maintenant... Le petit homme remua, ramenant Aeddan à la réalité, dans la maison obscure, emplie de meubles et de livres poussiéreux. Souriant, il le saisit par le col et accéléra son réveil en le secouant.

"Plus vite tu m'auras raconté ce qui s'est passé, plus vite tu n'auras plus rien à craindre de moi. dit-il tranquillement à son vis-à-vis visiblement terrifié. Ah ! Et surtout, tu dois aussi m'enseigner l'écriture, petit homme. Et la lecture. Tu n'as pas oublié ? Mais avant... Le pirate se pencha, un grand sourire aux lèvres. Alexandrus semblait à deux doigts de perdre à nouveau connaissance. Tu me racontes. Et après on mange. Prêt ?"

Espoir, impatience et crainte fluctuaient dans l'esprit du borgne. Mais ce qu'il affichait était de l'amusement face à l'incongruité de la situation : le petit homme était l'un des êtres qui avait le moins de raison de le craindre de tout Vanylle, étant donné sa valeur. Et il n'en avait pas la moindre conscience !
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Posté dans Re: Que sonne le glas des mois de beuverie !   - Mar 23 Déc 2014 - 6:39

Depuis le retour du Pâle, Seylan avait le plus grand mal à s’intéresser à son travail au Butineur Bourré. Et aujourd’hui, plus que jamais, ses pensées ne cessaient de revenir à lui. Lorsqu’elle l’avait entendu rire, elle avait été incapable d’associer l’homme face à elle à celui qui l’avait quitté, il y a plus d’un an de cela. L’éclat de ses yeux, son exaltation, lui avaient rappelé le Ven’s qu’elle avait tant adoré autrefois. Comme lui, les mois écoulés depuis leur séparation l’avaient changés. Et au lieu de penser à ce qu’il pouvait être devenu après tout ce temps, Seylan s’était obstinée à garder en mémoire le monstre qu’il était autrefois. Il ne l’avait pas seulement malmené. En bridant ses rêves, il l’avait privé d’oxygène et étouffé sa joie de vivre.

Alors, parce qu’au plus profond d’elle-même, elle espérait n’avoir aucune raison de lui pardonner, la jeune femme avait suivi le petit bibliothécaire jusque chez lui, espérant apercevoir, depuis sa cachette, le visage de l’être le plus vil, le plus cruel et le plus débauché que Vanylle n’ait jamais accueilli. Son inconscience pourrait lui coûter la vie, mais elle tenait s’assurer que rien n’avait changé, qu’elle était, aux mains du Pâle, qu’une victime parmi tant d’autres et non pas la proie d’un sentiment plus fort, plus complexe qu’une obsession démesurée.

Mais les choses ne se passèrent pas tout à fait comme elle l’avait imaginé.

L’assurance parfaite du pirate, ajoutée à quelque chose dans sa voix, triompha de la méfiance de Seylan. Sans se redresser, elle se rendit sous les fenêtres et se recroquevilla, tout en gardant une main près du petit couteau de cuisine qu’elle avait emporté. Il y avait, chez le Pâle, quelque chose de différent, quelque chose de changé. Il n’était pas le tortionnaire qu’elle avait connu autrefois. Il était…

Ce n’est sans doute que le fruit de mon imagination.

Depuis sa cachette, Seylan sentait la tension monter et observa un mouvement délibéré du petit homme qui indiqua que la moindre action du Pâle conduirait à un nouvel évanouissement. Non, le Pâle opérait toujours par la menace. Certes le bibliothécaire n'était pas bien brave, mais de là à perdre connaissance et pâlir à la vue d'un pirate...

Vama, faites que cet homme ne meure pas à cause de moi ! Pour une fois dans ta vie, Le Pâle, conduis-toi correctement et fais donc preuve d'un peu de pitié !


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Posté dans Re: Que sonne le glas des mois de beuverie !   - Sam 27 Déc 2014 - 16:01

Finalement, Alexandrus sembla trouver la force d’acquiescer, puis de se tenir debout tout seul. C'était sans compter sur l'enthousiasme d'Aeddan, qui le tira par le veston jusqu'à la cuisine en de grandes enjambées. La petit homme finit sur les genoux, puis soulevé et posé sans sommation sur une chaise, meuble qu'un de ses rares "amis" avait remis en état après qu'il l'eut acquis à une vente de biens d'un défunt (ou plutôt quelqu'un qui avait laissé ses biens sans surveillance trop longtemps). Il sursauta presque quand le pirate s'assit en face de lui. Et attendit, en le fixant.

Quand le borgne se mit à froncer les sourcils, le bibliothécaire se rappela ce qu'on attendait de lui. Alors il raconta... Son trajet fut expédié sur demande de son commanditaire, puis la rencontre dans l'auberge, la discussion plus approfondie, à l'écart, le dessin, le comportement de Seylan, puis finalement le cours. Quand la voix du petit homme s'éteignit, il réalisa deux choses : son auditoire avait été d'une attention exemplaire; il n'avait pas omis de mentionner que la jeune femme avait visiblement compris. La peur monta en flèche, mais un instant seulement. L'air songeur du blond le laissait perplexe.

Assis dans une maison où il n'avait pas été invité, dans une cuisine visiblement bien entretenue, coquettement décorée (quoique légèrement poussiéreuse, le petit homme ne faisant pas confiance à un tiers pour prendre l'aider à entretenir les lieux) , le pirate était on ne peut plus perdu dans ses pensées. La jeune femme avait compris mais n'avait pas refusé... Qu'y comprendre ? Elle y gagne. Pourtant... Il s'était attendu à autre chose. Quoi ? Il ne savait pas. Mais il se sentait soudainement le cœur léger à l'idée de ce qui s'annonçait. Elle va progresser. J'en ferais de même. Et je pourrais alors... Il se leva brusquement, renversant sa chaise sans y penser, et surprenant son hôte par la même occasion, avec une même indifférence, avant de marcher à grand pas vers la fenêtre. Le borgne ne voulait en aucun cas être dérangé.

"Mangeons, puis travaillons." ordonna-t-il simplement, d'étrange humeur.

Ouvrant la fenêtre, il se pencha à l'extérieur afin de tirer à lui les lourds volets. De quoi les séparer de Vanylle pour la nuit, davantage que les vitres de piètre qualité de la maison d'Alexandrus. Elles avaient le mérite d'être là, mais pas celui d'isoler de grand chose.

Un mouvement attira son attention. Il se figea, ne comprenant pas comment il pouvait la voir là.

"Sey..." dit-il, surpris.

La sensation de passer par dessus bord le prit au dépourvu, et il ne pensa même pas à s'accrocher aux volets. La voix paniquée du bibliothécaire retentit alors que le pirate chutait, finissant plusieurs mètres plus bas (la maison étant sur pilotis) dans la végétation folle.

"Hors de chez moi v-vermine !" clama avec un faux courage Alexandrus. "Par Vama qu'ai-je fais... Oh Vama, oh Vama, oooooh..." Puis, après un temps. "Vous... Vous ètes vivant ?... SI OUI, JE VOUS PRÉVIENS, JE... Je... Ne revenez pas, voilà."

Et le petit homme ferma - lutta quelques instants avec la poignée - la fenêtre. Aeddan n'avait cependant pas la tête à maudire sa pseudo victime : sa surprise s'était muée en hébètement. Son corps accusait le coup, les branchages plus ou moins épineux lui ayant lacérer le dos de sa pauvre chemise. Que son pantalon ait résisté été une piètre consolation au fait qu'il lui semblait sentir une méchante douleur au niveau d'une omoplate. Comme si quelque chose l'avait raclée.
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Posté dans Re: Que sonne le glas des mois de beuverie !   - Mar 30 Déc 2014 - 10:00

Plus les années passaient, plus "Le Pâle" semblait être un nom loin de convenir au personnage qui le portait. Le Rouge, le Purpurin, peut-être même l'Écarlate...semblaient être des noms plus en adéquation avec son mépris de la vie et son incroyable facilité à revenir couvert de son sang ou de celui de ses victimes. Le rouge de la mort...telle une maladie incurable, le suivait où qu'il aille, même dans la chambrette d'un bibliothécaire timoré, mais pas complètement dépourvu de courage. Quel avenir lui réservait Vama, alors que son corps ne pourrait bientôt plus accueillir de nouvelles cicatrices ?

A peine remise de sa surprise, Seylan afficha une moue de dépit, non sans veiller, couteau en main, à ce que le Pâle garde avec elle une distance raisonnable. Il était tombé. Poussé par un nain aux mots éclairés, le Pâle était tombé du haut de sa fenêtre, tel un oiseau privé de ses ailes. Dans toute autre situation, elle aurait sans nul doute éclaté de rire, tant la situation lui paraissait cocasse. Mais pour l'heure...

Crétin...s'énerva Seylan en fixant les volets de la petite habitation. Tu veux te faire tuer ou quoi ? Si tu crois qu'il va te laisser passer ça...

Ce n'était pas beau. Sa blessure. Certes sans danger, mais pas beau.

Détournant le visage pour ne pas avoir à observer plus longtemps le sang s'écouler de sa blessure, Seylan se retint de prendre ses jambes à son cou. Au plus profond d'elle-même, elle voulait fuir. Mais elle s'était promise de ne plus le laisser croire qu'elle avait peur de lui, aussi vrai puisse être cette triste affirmation. Tentant, en vain, de garder son calme, elle chercha dans l'enseignement que lui avait offert Riska une solution au problème qu'elle rencontrait...et n'en trouva aucune. Elle lui avait appris à survivre. Pas à se venger.

Par Vama, qu'est-ce qui m'a pris de le suivre ?

Alors que le Pâle bougeait, Seylan tendit son couteau droit devant elle, tentant de paraître fière, combative et menaçante, mais incapable de s'enfuir, comme elle l'aurait fait en d'autres circonstances.

Arrête de trembler...arrête de trembler...calme-toi...


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Posté dans Re: Que sonne le glas des mois de beuverie !   - Mer 21 Jan 2015 - 5:52

Tandis qu'il reprenait ses esprits, le Borgne accrocha le regard la jeune femme, et ne le lâcha plus. Attendant. S'il avait pu en voir, des expressions de visage, le plus souvent violente à son encontre, celle de Seylan le laissant perplexe : l'arme dans sa main, leur passé commun, ce qu'il croyait lire en elle. Et pourtant, rien. Aeddan se redressa douloureusement, se défaisant de l'emprise de la végétation, tâtant sa plaie, tout cela aux aguets. Lentement, un sourire naquit sur ses lèvres.

"Tu n'es toujours pas décidée." constata-t-il froidement.

Cette brusque prise de distance, alors même que d'étranges émotions l'avaient animé plus tôt à la pensée de ce qu'il entreprenait avec la jeune femme, n'était pas consciente. Était-ce dû au fait qu'il l'ait sous les yeux, le menaçant à nouveau ? La notion de danger seule ? Qui aurait assez de distance pour l'analyser clairement, ou l'instinct pour le comprendre ?

Presque avec précaution, il se releva, raide. Son faciès se fit moqueur, presque agressif. Et sans autre mot, il s'éloigna, faisant le tour de la maison. Là, dans le chaos de broussailles et d'arbres livrés à eux-mêmes et leur folie de croissance, le pirate retrouva le végétal au tronc penché, dont les longues branches menaient fort simplement aux hauteurs de la bâtisse. En moins bon état que la première fois, il n'en entreprit pas moins de rejoindre le toit où se trouvait son entrée : une fenêtre branlante. Le petit homme n'appréciait sans doute pas d'atteindre les étages en raison des escaliers irréguliers, aussi avait-il était pris par surprise par la venue d'un intrus les ayant descendus sans trop de mal avec ses grandes jambes. Cela fut à nouveau le cas, et Alexandrus jugea bon de s'évanouir à la vue du grand cadavre ensanglanté et pâle qu'il poussé dans le vide de son vivant quelques minutes plus tôt.

Las, le pirate alla ouvrir la fenêtre, afin de voir si l'autre benêt se trouvait toujours en dessous. Peut-être lui ouvrirait-il la porte si tel était le cas.
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Posté dans Re: Que sonne le glas des mois de beuverie !   - Sam 24 Jan 2015 - 13:44

Seylan resta plantée là.

Depuis le temps qu'elle connaissait le tempérament enflammé du Pâle, elle aurait dû être capable de rester en possession de ses moyens ; mais là, elle se sentait impuissante. Sa raison lui hurlait de fuir au plus vite, alors que son cœur la suppliait de ne pas l'ignorer de nouveau.

Il était évident que depuis qu'il était réapparu à Vanylle, elle n'était plus en sécurité. Mais devait-elle fuir ? N'était-ce précisément pas ce qu'elle faisait à chaque fois que la vie lui offrait une chance de changer les choses ? Elle renonçait à ses rêves et à Ven's au profit d'une prétendue sécurité qu'elle jugeait plus fiable...

Elle n'allait pas fuir. Du moins pas maintenant.

Alors que le Pâle se penchait à la fenêtre de la petite habitation, Seylan s'éclipsa aussi vite qu'une proie à la vue de son prédateur. L'escalade laborieuse, même dangereuse, d'un petit arbre aux branches solides, la mena directement sur le toit. Épuisée par son ascension, elle prit le temps de retrouver son souffle avant d'entrer par une fenêtre grinçante et couvertes de vieilles mousses.

Tu l'as mérité. Tu as mérité qu'il te pousse dans le vide, Ven's.

Seylan descendit les escaliers à grands pas. Elle avait les nerfs à cran. Bien qu'armée du petit couteau qu'elle avait dérobé dans les cuisines du Butineur Bourré, elle se sentait incapable de s'en servir pour ôter la vie. Elle était faible, incapable d'affronter les épreuves et manquait de courage.

Alors qu'elle atteignait enfin le petit salon, Seylan échangea un regard avec le Pâle, puis ses yeux retombèrent sur le petit homme étendu au sol. Folle de colère, la jeune femme poussa le pirate, le frappa, lui flanqua des coups de pieds dans les tibias. Après un tel traitement, le bibliothécaire allait définitivement renoncer à lui apprendre quoi que ce soit de la lecture et de l'écriture ! Ou essayer de la tuer pour se débarrasser de cette charge dont il ne voulait pas ! Ou encore pleurer sur son sort jusqu'à mourir de lui-même d'un désespoir trop lourd à porter !

Espèce de crétin ! Tu ne pouvais pas sourire et demander gentiment pour une fois ?! Crétin ! Crétin ! Imbécile de pirate ! Vous êtes tous les mêmes !

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Posté dans Re: Que sonne le glas des mois de beuverie !   - Mar 27 Jan 2015 - 5:08

S'il subit les premiers coups, victime de la surprise, il n'en laissa pas passer davantage, saisissant les bras de la fille avant de lui faucher les jambes, tombant sur elle pour ne pas perdre son emprise. En un instant il l'avait maîtrisée, pourtant son souffle était court, ses muscles tremblant. Des mèches folles encadraient son visage défiguré, alors qu'il la contemplait. Dans un état presque second, il n'avait même pas réalisé qu'elle l'avait suivi. Et voilà qu'il devait encore se défendre.
Le Borgne pouffa.

"Peu efficace, et injustifié, mais tu as agi. Pas mal." dit-il sans cacher sa surprise.

Tenant les deux fins poignets d'une main, il leva son bras libre, dans le but évident de la frapper, un air encore moqueur sur ses traits... Mais il suspendit son geste. Se relevant, il  grimaça, sa blessure le lançant, avant de poser sur Seylan un regard songeur.

"Pas vraiment utile. Je ne sais pas si tu as remarqué mais... J'essaye de changer. Les choses. Et cela, ce n'est pas... Enfin. Le pirate était visiblement mal à l'aise. Puisque tu n'as pas l'utilité de ton couteau, tu pourrais arrêter de d'emporter pour rien ?" Il avisa Alexandrus, le désignant du doigt.

Ouvrant la bouche, la refermant, il s'avança jusqu'au petit corps étendu, s'accroupit, et le saisit par le col. Quelques claques sur les joues plus tard, le nain ouvrit les yeux en gémissant. Et poussa un cri de d'horreur. Aeddan tourna la tête vers Seylan.

"Tu vois, il va bien. N'est-ce pas que tu vas bien ? dit-il en s'adressant cette fois au bibliothécaire.

Pas de réaction si ce n'est un regard terrifié, empli de la peur d'un trépas prochain. Un brin agacé, le Borgne le relâcha sans ménagement.

"Je ne vais rien te faire, tu es bien trop utile. Maintenant que tu es rassuré, et prépares-nous quelque chose." ordonna-t-il.
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Posté dans Re: Que sonne le glas des mois de beuverie !   - Dim 1 Fév 2015 - 2:54

Repoussant les assauts de la peur, Seylan s'éloigna à pas lents du pirate pour se diriger vers la petite bibliothèque qui trônait fièrement dans un coin du salon. Les larmes lui brûlaient les yeux ; un terrible poids lui comprimait la poitrine. Elle les combattit avec la même détermination qui l'avait poussé, quelques instants plus tôt, à agir à la vue du corps inerte du bibliothécaire. Mais quand cesserait-elle enfin d'avoir si peur ? Aurait-elle un jour l'impression rassurante d'être en sécurité à Vanylle ? Connaîtrait-elle jamais un sentiment de bien-être ? Chaque fois qu'elle s'en croyait enfin rapprochée, elle était ramenée brutalement à la réalité par un acte de violence ou une effusion de sang. Au cœur de sa plus grande peur...

Ven's lui n'aurait pas levé le poing.

Ven's.
Un homme du passé.

Il est mort.

Elle avait essayé de le ramener à la vie, une nuit. Elle avait joué avec le Pâle comme elle avait si souvent joué avec Ven's. Elle avait aiguisé ses sens, exacerbé son désir. Mais il était resté le Pâle. Sombre et impérieux.

Au souvenir de cette nuit, un frisson secoua Seylan, ravivant une blessure qu'elle avait cru à jamais cicatrisée. N'aurait-elle pas dû pouvoir s'enfuir, après l'avoir poignardé ? Était-il un monstre, pour être resté debout malgré la gravité de sa blessure ?

Qui était-il, maintenant ?

Faisant fi de la présence du petit homme qui cuisinait dans la pièce attenante, Seylan s'approcha du Pâle, le pas tremblant et le regard fuyant. Déposant sa lame sur le petit guéridon, elle attrapa le col du pirate et le contraint à se mettre à sa hauteur. Sans lui laisser le temps de craindre une nouvelle agression de sa part, elle l'embrassa timidement, comme elle l'avait toujours fait depuis qu'il lui rendait visite au bordel. Au début, elle fut décontenancée par ses propres manières. Elle savait qu'elle n'était habituellement pas de nature démonstrative, et que le Pâle se douterait de quelque chose. Mais elle voulait savoir. Qui était-il, désormais ? Etait-il Ven's ? Le Pâle ? Ou un tout autre homme ?


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Posté dans Re: Que sonne le glas des mois de beuverie !   - Dim 8 Fév 2015 - 15:15

Surpris pourrait être le mot juste. Ou encore troublé. Peut-être plutôt pris au dépourvu. En tout cas le pirate ne résista pas. Après un instant d'hésitation, ses mains se mouvèrent naturellement pour encadrer le doux visage, comme s'il craignait qu'elle ne décide de se retirer. Si son touché à lui était rude, sa délicatesse le laissa pantois. L'odeur d'une femme. La saveur d'une femme. Elle. Seylan. Presque inconsciemment, il commença à se rapprocher, à l'enlacer, perdant le fil de ses pensées et du plan qui avait dégénéré.

♦ ♦ ♦ ♦ ♦

Sans comprendre comment, Alexandrus était parvenu à se détendre. Faisant la cuisine pour un immonde pirate, il s'était plongé dans cette activité tel le condamné ayant droit à une dernière activité avant de passer de l'autre côté. Il était même parvenu à siffloter, par Vama ! Surveillant la cuissons des différents éléments, il en savoura l'effluve comme jamais avant d'éteindre le feu et de servir. Levant le nez du doré de la viande, son regard vit une scène qui le laissa indifférent. Il mit les assiettes sur la table. Releva la tête.

Et se mit soudainement à glapir.

"Ah non, ah non non non, pas de cela chez moi ! Pas ça en plus, je ne l'accepte pas ! Non non non !" dit-il en se précipitant à travers la petite cuisine vers le couple enlacé dans l'entrée.

Le bibliothécaire surgit à leur côté, alors que le pirate avait une main dans le corset de la jeune femme. Soudainement gêné, le petit homme se tint coi, avant de sautiller sur place, reprenant sa litanie, de plus en plus fort.

"Vous m'avez menacé, vous m'avez brutalisé, vous vous êtes introduit chez moi, je ne vous laisserai pas ajouter à la liste une telle chose. Laissez cette jeune femme... Cachée derrière les mèches pâles emmêlées, quelque chose gronda, presque animale. ... Tranquille. Un peu de respect. S'il vous plait. Vous êtes chez un bibliothécaire."

Se détournant enfin - un instant qui se voulait bref - du visage tant espéré, le pirate baissa les yeux... Et éclata de rire à la vue de la mine défaite du petit homme. Retirant sa main de la cachette chaude, non sans un autre baiser, Aeddan relâcha Seylan avant de sourire à Alexandrus, qui en perdit ses dernières couleurs.

"Si on le veut, pourquoi pas ? demanda-t-il, se prenant au jeu.
- Mais vous êtes chez moi !
- Je comptais rester le temps qu'il faudra. Cela fait de cette maison mon chez-moi à moi aussi. Hoquet de stupeur du propriétaire des lieux.
- Absolument pas !
- Mais si.
- Mais non !"

Et le bibliothécaire de trembler à la vue du rictus s'élargissant, redoutant quelque sombre dessein mais ne pouvant accepter de céder son logis, tandis qu'Aeddan luttait pour ne pas rire encore aux éclats. Cependant, sa main vint en cherchant une autre derrière lui. Se détournant de son interlocuteur sans prévenir, il en caressa la peau douce du pouce, distraitement, la tête penchée.

"Tu as posé ton couteau, tu n'as rien tenté de ce genre... Pourquoi ? demanda-t-il d'une voix pensive, d'autant plus grave qu'elle avait toujours ce petit tiraillement, abimée.
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Infos Personnage
RANG: (joueurs que votre personnage à renconter en RP)
VILLE & APPARTENANCE : Vanylle
MON AGE : 24 ans
Féminin
MESSAGES : 198
AGE : 24
INSCRIT LE : 20/03/2014
PSEUDO HABITUEL : Momo
Joyaux : 574
http://www.ile-joyaux.com/t2392-journal-de-bord-de-seylan http://www.ile-joyaux.com/t2276-seylan#51037
Posté dans Re: Que sonne le glas des mois de beuverie !   - Lun 9 Fév 2015 - 10:10

Pourquoi ?

Le souffle court, Seylan cacha son visage dans le creux de son bras.

Elle avait tellement envie de lui, le désirait si fort, si ardemment, que c'en était presque insoutenable. Son corps lui semblait vibrant et en feu, si sensible aux nouvelles sensations que les doigts masculins éveillaient partout où ils l'avaient touchés. Oubliant sa rancune, elle souhaita qu'il reprenne là où il s'était arrêté, qu'il lui fasse l'amour et éteigne le brasier en elle qui la brûlait, la consumait, la dévorait. Mais son esprit lui soufflait d'être prudente, car elle connaissait assez bien les limites qui existaient entre une fille de joie et son client.

Son coeur s'arrêta.

Des mois s’étaient écoulés depuis qu’elle avait été mise à la porte par sa patronne. Elle n’était plus une fille de joie. Elle n’écartait plus les cuisses pour quelque client que ce soit. Elle était aussi libre d’aimer que l’oiseau de chanter. N’avait-elle donc agi que par instinct ? L’avait-elle embrassé par peur qu’il ne la prenne de force, comme autrefois ? Ou bien tout simplement parce qu’elle en avait eu le désir ?

J’ai fait ça pour savoir qui tu étais devenu.

Sa main s’échappa de celle du pirate, tremblante.

Tu n’es ni Ven’s, ni le Pâle. Combien de fois encore un inconnu m’apparaîtra-t-il après des mois sans donner signe de vie ?

La pièce était remplie d'une tension presque palpable. De ses lèvres, ses paroles prirent vie, sans pourtant qu'un son ne s'en échappe. Comme un secret, un chuchotement imperceptible, d'une petite fille à son ami.

Je n'ai rien fait, parce que j'en suis tout simplement incapable.


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Posté dans Re: Que sonne le glas des mois de beuverie !   - Lun 23 Fév 2015 - 4:51

La main s'enfuit sans explications et le pirate ne la retint pas, aussi muet que la jeune femme mais pour une autre raison, perdu qu'il était désormais. Se donnant d'abord, puis reculant... Mais que voulait cette bonne femme ?! Un instant plus tôt empli de désir, il se sentait désormais outre percée, qui ne pouvait retenir le flot s'écoulant malgré sa volonté du contraire. Il faut qu'elle apprenne à écrire. Avec une moue de dépit il se retourna, bouscula Alexandrus avant d'aller s'affaler à table, prêtant tout juste attention au délicat fumet qui montait de l'assiette présentée devant lui, sur une table d'honnête facture. Du moins mit-il un instant à se mettre tout à fait à l'aise, les meubles étant d'une taille inférieure à la normale, adaptés au maître des lieux.

"Mangeons, nous travaillerons après." dit-il en entamant son plat.

Ainsi le pirate considérait comme allant de soit que Seylan demeure là, désormais qu'elle s'y trouvait et ne comptait plus user de son couteau sur sa personne. Le bibliothécaire quant à lui ne comprenait goute à ce qui se passait, à la relation qu'entretenait les deux vanylliens ni aux plans qu'entretenait son détracteur à son encontre. Face à "l'invitation" de ce dernier, il guetta sans y penser la réaction de la jeune femme... Avant d'être soudain pris par une bouffée d'indignation. Mais pas pour lui-même.

"N'êtes-vous bon qu'à vous adresser sans manière auprès des femmes ? Brute sans éducation, la galanterie, cela vous évoque-t-il quelque chose ?!" s'exclama-t-il avec une assurance jaillie d'il ne savait où, parvenant à obtenir d'Aeddan un regard abasourdi.

Du haut de sa petite taille, il s'avança avec un semblant d'élégance afin de saisir la chaise la plus proche (et la plus éloignée d'Aeddan, qui s'était mit là où il avait vue sur les deux autres), et de la reculer, avant de faire un geste à l'attention de Seylan pour l'inviter à y prendre place.

"Si cela vous convient, Mademoiselle Seylan." dit-il avec manières.

Devant un tel étalage de ridicule, Aeddan demeura bouche-bée, une cuisse de gloussante glissante de sauce dans une main. Après quoi il partit d'un grand éclat de rire, sa bonne humeur retrouvée.

"Ce petit homme, si drôle ! fit-il, le souffle court. A quoi bon être galant sur un vaisseau où les femmes sont interdites ?" demanda-t-il sur le ton de l'évidence.

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Posté dans Re: Que sonne le glas des mois de beuverie !   -

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