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[RPI] Les mains n'épargnent rien

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Ostracisé

On m'appelle Khalël Isam


Infos Personnage
RANG: Mowiel Solverre, Solaris Aanka'Leï, Enaîa Lysean Vara'Da,...
VILLE & APPARTENANCE : Ostracisé
MON AGE : 19 ans
Masculin
MESSAGES : 157
AGE : 24
INSCRIT LE : 05/06/2014
PSEUDO HABITUEL : Wrath
Joyaux : 36
http://www.ile-joyaux.com/t2448-journal-de-khalel-isam http://www.ile-joyaux.com/t2439-khalel-isam-termine
Posté dans [RPI] Les mains n'épargnent rien   - Mer 12 Nov 2014 - 6:39

Elles tuent pour se nourrir, elles tuent pour se vêtir, elles tuent pour attaquer, elles tuent pour se défendre, elles tuent pour s'instruire, elles tuent pour s'amuser, elles tuent pour tuer ; l'homme a besoin de tout et rien ne résiste à ses mains.

La nuit tombait dans le désert. Doucement, une brise fraîche venait caresser les joues de Khalël. Après le feu de la journée, elle faisait autant de bien que de l'eau. Les étoiles scintillaient dans le ciel noir, ses iris dorées brillaient en les examinant une à une. Il profita longuement de cet instant de paix... jusqu'à ce que la complainte de son estomac vide se fasse entendre. Une grimace lui tordit les lèvres en sentant les désagréables contractions de son ventre et il se décida enfin à rentrer pour manger ce qu'il lui restait. Il glissa de son promontoire d'où il surveillait la cité troglodyte et réveilla son camarade, lui demandant de prendre le tour de garde le temps qu'il se remplisse la panse. Le bougre lui répondit d'un hochement de tête tandis qu'il s'efforçait d'ouvrir les yeux avant de s'installer là où Khal se trouvait un peu plus tôt.

Khalël se déplaçait sans bruit, comme une ombre, ne perturbant le silence infini du désert que par sa respiration. Il courut jusque chez lui et ouvrit la porte... Depuis sa mésaventure avec le voleur de la dernière fois, il avait pris la peine de s'en fabriquer une. Il soupira en s'étirant et fixa les enfoncements dans lequel se trouvait habituellement la nourriture... quasiment vides. Depuis une énième attaque de la cité par les Forbans, pour aucune raison particulière à sa connaissance, pour le plaisir de tuer des innocents supposait-il, il n'avait plus eu le temps d'aller chercher de quoi se nourrir. Entres les tours de garde, la soudaine influence de voisins connaissant ses dons pour la fabrication d'outils dans sa grotte, les Veilleurs qui faisaient parfois des descentes pour enquêter sur les raisons d'une attaque si soudaine,... Il prit machinalement une patamo de laquelle il retira la partie moisie et ressortit en la mâchant sans enthousiasme.

Il ne courut pas sur le chemin du retour, autant pour tenter de savourer son maigre et unique repas de la journée que pour profiter de la quiétude qui emplissait les lieux. Il longea les bords abrupts des falaises, remontant les escaliers inégaux sculptés dans la roche. Arrivés à destination, son camarade n'avait pas bougé d'un cil. Fixant l'horizon, il dut percevoir Khal dans son champs de vision car il lui fit un signe en le voyant s'approcher. Il ne bougea pas quand il le rejoignit sur le promontoire. :

-Tu retournes pas te coucher Nadir ?

-J'suis réveillé maintenant, j'arriverais pas à fermer l’œil.

Nadir était un ostracisé né dans la cité, comme Khalël et comme ses parents avant lui. Il avait juste un an ou deux de moins que lui, mais son tempérament de feu dépassait de loin celui de Khal. C'était un gamin remplit de rêve de liberté, qui passait son temps à prendre des risques insensés pour vivre mieux, pour faire entendre sa voix... Le voisinage espérait qu'il se calme après la puberté, mais ce n'était pas le cas. Beaucoup se demandait s'il allait survivre bien longtemps avec un comportement pareil... Khalël l'aimait bien. Ils n'avaient jamais eu de grandes conversations, Nadir comprenant qu'il n'était pas du genre à s'épancher sur ses pensées profondes, mais il appréciait l'écouter, que ce soit lorsqu'il parlait de sa teigne de petite sœur, des différentes façons qu'il avait trouvé pour aller en ville sans se faire attraper, de ses activités de voleur, de toutes les fois où il avait ridiculisé des troupes de Veilleurs à leur insu, de la jeune fille qu'il aimait bien qui habitait la grotte voisine à la sienne, des étoiles qui brillaient dans le ciel,... :

-T'as une idée de pourquoi les Forbans nous ont attaqués ? dit-il sans attendre de réponse. Moi, je pense qu'ils cherchent quelqu'un qui se cache peut-être parmi nous... Et que les Veilleurs en sont venu à la même conclusion, c'est pour ça qu'ils fouillent les maisons.

-Hm...

-Ce serait peut-être plus simple qu'on cherche ce quelqu'un plutôt que de veiller comme des idiots en haut de cette falaise... De toute façon si les Forbans nous attaquent à nouveau, qu'on soit là ou pas ne change rien vu leur nombre.

-Ben vas-y... Trouver un pauvre type parmi la multitude de gens qui vit ici, c'est un jeu d'enfant non ? ...Si c'était aussi simple, on serait pas là « comme des idiots ».

Nadir gronda pour toute réponse et se renfrogna dans le silence. Khal sourit doucement et colla son dos à celui de son ami pour surveiller ce qui pourrait éventuellement venir de l'autre côté. Ils restèrent longtemps ainsi, surveillant le moindre mouvement suspect, tendant l'oreille pour percevoir le moindre son qui ne serait pas naturel, les corps se tendant comme des arcs. Nadir ramena ses genoux contre lui et recommença à discuter, sentant la tension naître. Khal lui fut reconnaissant, l'attente était bien plus angoissante que de devoir faire la conversation. :

-Tu crois que je devrais demander Reïla en mariage ?...

-... Je suis pas sûr d'être la bonne personne à qui tu devrais parler de ça.

-Alleeeer quoi ! fit l'adolescent en lui donnant un coup de coude, bien content d'être de dos à ami pour cacher sa gêne. Dis-moi c'que tu en penses au moins !

-Eh bien... Vous êtes assez grands pour savoir vous débrouiller, vous vous appréciez l'un l'autre donc je vois pas ce qu'il y aurait de mal à ça.

Nadir se retourna, l'air ébahi. Sentant son mouvement, Khal fit de même pour le regarder. :

-Quoi ?

-En fait t'es carrément vieux jeu !

-Je !... J'suis pas vieux jeu ! Je suis quelqu'un de réfléchi c'est tout !

Nadir retint son éclat de rire ce qui eut pour effet de le faire pouffer comme une dinde. Khal fronça les sourcils et lui donna un coup de poing à l'épaule. Pourtant, quand son camarade releva les yeux, tout ce qu'il put y lire c'est la peur. Il suivit son regard et lorsque ses propres iris glissèrent sur les dunes de sable jusqu'à percevoir au loin les ombres s'approchant à toute vitesse de la cité, il sut instinctivement qu'il ne s'agissait aucunement de simples voyageurs... Les Forbans revenaient. :

-Vite ! L'alarme !

Les deux garçons s'emparèrent des couvercles de métal et frappèrent de toutes leurs forces dessus en redescendant dans la cité. Ils n'avaient pas besoin de hurler pour faire comprendre à tout le monde que le danger approchait. Des bougies s'allumèrent une à une dans les grottes, des hommes en ressortaient armes aux poings, d'autres se postaient à leurs entrées, certains s'évertuaient à se barricader. Quand suffisamment de monde fut dehors, Khal et Nadir foncèrent rejoindre la petite armée postée le long des falaises, attendant de surprendre leurs ennemis... Le temps que les Veilleurs viennent remettre de l'ordre ici, la bataille ferait déjà rage... Ils devaient se défendre tant qu'ils le pouvaient.

Le silence regagna la cité... Les respirations des hommes étaient maîtrisées et tous avaient leurs sens aux aguets pour guetter l'arrivée des Forbans. Après un long moment d'attente sans que rien ne se passe, Khal avait espéré avoir rêvé la présence de ses ombres mortelles... Il y eut un cri... Un Forban avait attaqué un ostracisé par derrière et lui avait tranché la gorge. L'attaque surprise avait échoué. D'un seul coup, la cité se transforma en champ de bataille. Les Forbans attaquaient à la fois par-dessus les falaises de roches et au cœur de la petite vallée de sable. Ceux qui tentaient de fuir par en bas devaient aussi se battre... Ils étaient pris au piège... Leur seul espoir, tenir jusqu'à ce que les Veilleurs arrivent.

Khal sauta de la falaise, en contrebas, une chute libre de quelques mètres tout de même. Il se réceptionna lourdement sur ses deux jambes avant que son derrière ne s'écrase dans le sol. Il grimaça mais ne prit pas le temps de calmer sa douleur lancinante. Il se releva, dégaina son sabre et s'enfonça dans la bagarre... La priorité était de désarmer ceux avec une arme à feu. Il sprinta droit vers un tireur qui lui tournait le dos et l'assomma d'un grand coup de couvercle qui lui servait maintenant de bouclier. L'arme changea de camp. Le sang s'étalait sur le sable, glissait le long des falaises... Une puissante odeur de métal emplit la cité. Pourtant pas une seule fois Khalël ne tua quelqu'un. Il laissait les autres se charger de cela... Par lâcheté ou par honneur, il ne savait pas lui-même... Mais pour l'instant, il s'en sortait très bien sans ôter la vie de qui que ce soit.

Il comptait remonter la falaise par les escaliers pour aider les hommes postés là-haut mais une file indienne de Forbans l'en empêcha. Maintenant fermement son bouclier devant lui, il fonça droit devant sans se soucier d'eux en poussant un cri de guerre. Certains sautèrent, d'autres percutèrent violemment Khal avant de s'effondrer et de se faire piétiner. Arrivé en haut, la scène qui s'y déroulait lui sembla surréaliste. Tout était de nuance d'or et de rouge, entre le sable et le sang, l'aube qui teintait le ciel, magnifié par la lumière qui faisait scintiller le tout, nimbant le champ de bataille d'un éclat quasiment divin, le massacre approuvé par Ruyn lui-même. Le bruit des armes s'entrechoquant était assourdissant, pourtant l'on pouvait percevoir parfois, celui mat et sourd d'un corps mort qui s'effondre. Le cri des hommes était faible, résigné, à s'en demander pourquoi ils se battaient déjà.

Parmi l'agitation, il reconnut Nadir au loin, se battant d'une main à l'épée contre un Forban qui semblait s'amuser de la situation du gamin... Blessé, il maintenait la moitié de son visage en sang de son autre main. La différence de niveau à l'escrime était flagrante... Khalël n'était pas plus doué que Nadir à cette pratique, mais le Forban rira moins face à deux adversaires. Il se jeta en avant ; parer, attaquer, défendre, veiller aux assauts de Nadir pour combiner leurs attaques... Khalël désarma le Forban et Nadir le blessa au bras afin qu'il soit hors d'état de se battre. En le voyant fuir, Khal se tourna vers son ami pour examiner sa blessure ; une longue balafre l'avait privé de son œil droit. :

-Merci camarade...

-Va t'faire soigner au lieu de faire le malin !

Pour toute réponse, il lui offrit un sourire. Mais Khal avait oublié où ils se trouvaient... Un Forban accourait derrière Nadir. Khalël le poussa sur le côté avec une force qu'il ne maîtrisa pas, le faisant s'effondrer au sol. Il recula mais ce ne fut pas suffisant, il reçut un coup de lame au visage, non loin de sa première cicatrice... Et le reste se déroula comme au ralenti...

Le Forban prit dans son élan continua d'avancer vers Khalël, le regard fou, l'épée badigeonnée de sang brandie vers lui, les muscles saillants luisants de sueur... Sans même commander son geste, la peur, l'instinct et sans doute un peu de colère faisant le reste, Khal fit un pas, sa propre arme en avant. Elle s’enfonça sans aucun heurt dans le ventre du Forban qui continua à courir vers lui... Le métal glissa dans le corps jusqu'à la garde et c'est seulement à ce moment que le Forban sembla s'en rendre compte, hurlant de douleur, serrant les dents, lâchant son arme. Ils restèrent là, debout, se dévisageant pour ce qui sembla être une éternité au jeune ostracisé. Puis son ennemi sourit, ferma les yeux et tomba en arrière... La lame fit son chemin inverse avec un peu plus de lenteur, laissant une désagréable sensation dans la main de Khal qui tenait la garde fermement. Et il mourut.

Khalël trembla de tout son corps, la nausée lui donna un goût acide dans la bouche mais il ne vomit pas. La main moite, le cœur battant à vive allure et le regard fixe sur le corps sans vie, il essayait tant bien que mal de comprendre ce qu'il venait de se passer... Il avait tué, une vie avait filé entres ses mains... Il ne voulait même pas vérifier s'il était couvert du sang de sa première victime, ne voulant pas quitter des yeux le corps étalé au sol. Le liquide rouge goûtait de sa lame. Il avait tué un homme de sang froid. Qu'avait-il fait ? Il n'arrivait plus à bouger. Pourquoi le Forban ne se relevait-il pas ? Il était mort. Mort. Qu'est-ce que Ruyn avait fait de lui ? Un sauveur ? Un meurtrier ? Ce qu'il avait à tout prix évité d'être en mémoire à ses parents ? Mort ! Un mort sur la conscience, du sang sur les mains, des larmes aux yeux...

Nadir se redressa aussitôt le corps tombé, il jeta un regard à Khal avant de se tourner vers les cris à l'entrée de la cité. Les Veilleurs arrivaient enfin. Nadir s'empara de la main de son ami. :

-Faut rentrer ! Maintenant ! Bouge crétin !

Il sortit enfin de sa transe et suivit l'adolescent blessé jusqu'à sa grotte où sa mère prit soin d'eux... Durant tout ce temps, il se terra dans un lourd silence. Il avait tué et rien ne changeait... Il n'était pas puni, il n'était pas mort non plus. Mais il n'arrivait pas non plus à éprouver une quelconque culpabilité... Il avait sauvé sa vie et celle de Nadir, ils avaient défendu la cité et tous ses habitants... Il était partagé entre l'envie de justifier son acte tout en sachant parfaitement qu'il restait impardonnable.

Des Veilleurs entrèrent dans la grotte sans ménagement. Ils jetèrent un regard à la maisonnée, une expression de dégoût peinte sur leur visage et questionnèrent la mère... Que s'était-il passé ? Qu'avaient-ils fait ? Avaient-ils participé à tout cela ?... Elle les protégea en expliquant que les deux adolescents avaient défendu la grotte en l'absence du père qu'ils avaient été blessé. La petite sœur détourna même l'attention du soldat pour que Khalël cache sa lame encore couverte de sang sous des coussins. Le Veilleur convaincu, il repartit comme il fut venu.

Quelques jours plus tard.

Nadir entra dans la grotte de Khalël, celui-ci battait le fer et ne l'avait pas entendu frapper... Aussi il sursauta quand il le vit enfin. Surtout qu'avec l'énorme pansement couvrant son œil, il ne le reconnut pas tout de suite. Il reposa ses outils et l'invita à entrer tout en essuyant sa sueur d'un tissu. :

-Khal, il faut qu'on parle de ce qu'il s'est passé.

Le silence caractéristique qui suivait Khalël partout où il passait remplit soudain lourdement la pièce... Nadir poussa un soupir. Ça allait pas être de la tarte. :

-Au vu de ce qu'on vit, je trouve ça courageux et assez impressionnant que tu es passé tant de temps sans tuer personne à ton âge. Mais le fait est que presque tout le monde ici est passé par là. Je sais que ça ne justifie rien mais...

-En effet, ça ne justifie rien.

Nadir se tut, c'est la première fois depuis qu'ils se connaissaient que Khalël l'interrompait. Un peu abasourdi, il n'arriva pas à reprendre le fil de ses pensées. Khal le sentit et se retourna vers lui avec l'ombre d'un sourire sur les lèvres. :

-Mais j'ai décidé de faire avec si ça peut te rassurer. Le monde n'est ni blanc ni noir, si je veux survivre, il faut bien que j'accepte moi aussi d'être un peu des deux hein.

Son camarade hocha la tête, ravi de savoir que même s'il ne se remettrait jamais de son acte, Khal avait encore assez de cette soif de vivre pour continuer d'avancer. Il lui offrit un sourire sincère et sortit de son sac un bouteille remplie d'un liquide carmin. :

-Passons aux bonnes nouvelles alors ! Regarde ce que j'ai ramené !

-J'peux savoir ce que tu comptes fêter ? dit-il en s'emparant de deux verres.

-Reïla a accepté de se marier avec moi !

-La pauvre... Se retrouver avec un borgne.

-Pff... T'y comprends rien. N'avoir qu'un œil c'est un atout charme !

C'est ainsi qu'il passa outre, en se disant qu'il verrait moins Nadir après son mariage, en se disant que les tours de garde ne fonctionnaient pas et que l'on comptait autant de perte avec ou sans, en se disant qu'un cadavre de plus pourrissait dans le désert et que cela ne changeait pas le monde.



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