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Peuplade

On m'appelle Fjölan Kallhjärta


Infos Personnage
RANG: Peottre, Nivilk, Agazhar, Dhungaärd, Hermine, Alenoä, Edörja, Niklas, Oönvüla.
VILLE & APPARTENANCE : Ystenhaim, Shaas d'Argent, Clan Kallhjärta
MON AGE : 26 ans
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MESSAGES : 1002
AGE : 23
INSCRIT LE : 05/05/2012
PSEUDO HABITUEL : Sumire
Joyaux : 7200
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Posté dans Aube d'un renouveau   - Lun 17 Nov 2014 - 16:20

La brume se dissipait difficilement en ce petit main à Ystenhaim. Même le rayon de soleil rougeâtre qui perçait la cime ne suffisait pas à atténuer le côté sinistre que le brouillard épais donnait au totem de shaas au centre du village. La sculpture de bois était entourée d'une aura de sang qui aurait pétrifié quiconque n'étant pas habitué aux étranges jeux de lumières de cette forêt. En cette aube qui avait peu de charmes, Fjölan arpentait déjà les sentiers du hameau.

Elle avait mal dormi. Tout le monde dormait terriblement mal depuis que l'enlèvement d'une Erfeydienne s'était fait savoir dans les Monts Rümar. Les étrangers commençaient à prendre de l'avance, après des mois de léthargie un peu trop rassurante. Mais plutôt que de prier et de se cacher ou de céder à des pulsions belliqueuses, ils avaient profité de ce calme pour s'organiser, se préparer en silence. Le nombre de guerriers avait augmenté, que cela soit grâce à de nouveaux volontaires, mais aussi à l'arrivée de petits clans dans la Faction qui avaient renoncé à leur indépendance au profit d'une meilleure sécurité. Les Stoltnavë avaient accéléré leur production d'armes et d'armures, puisant du mieux qu'ils pouvaient dans leurs ressources. Les Vedkygge formaient de nouveaux hommes à leurs arts de la furtivité et dressaient autant de wyrmides qu'il leur était possible. Mais surtout, les principaux villages : Vågarhaim, Källorby, Hallëby et bien sûr Ystenhaim, étaient en train de subir un changement drastique.
Inspirée par l'imposant mur de Pleyrion, la Hön avait ordonné leur fortification progressive. Le plus difficile ayant été l'extraction et l'acheminement des pierres. Les Stoltnavë furent extrêmement avantagés, ayant rapidement bénéficié d'une protection honorable et solide faisant le tour de toutes les habitations. Du côté du Loch des Écailles Noires, les habitants furent un peu plus frileux à cette idée, clamant que ce genre de construction nuirait à la discrétion de leurs maisons qui se confondaient aisément avec les rochers du paysage. L'inquiétude l'emporta sur leur désir de singularité et ils cédèrent tout de même à la lubie du chef, toutefois de façon moins tonitruante que leurs alliés forgerons dans la montagne. Là où les choses furent le plus compliqué, ce fut ironiquement pour le village natal de Fjölan. S'établir dans une forêt était un atout en soit, mais pour ce projet, ce fut un véritable enfer. Amener les pierres se trouva être le plus gros du travail. Mais il fallut encore abattre des arbres, sur le peu qui n'étaient pas des sépultures, causant des détours et des élargissements qui ne correspondaient que peu aux limites d'Ystenhaim. Tant de contrariétés qui font qu'aujourd'hui, cinq mois après le début des travaux, le mur était encore loin d'être terminé.

La jeune Kallhjärta posa sa main sur une des pierres, pâle et glacée. Un ouvrage lent mais de belle qualité. Les artisans d'Argenlac étaient doués et productifs, elle avait confiance, tout sera prêt à temps. Les évolutions matérielles allaient de bon train, mais la stratégie devait suivre. Elle mûrissait depuis voilà presque un an, s'assagissant, se faisant plus réfléchie que violente. La force brute n'était décidément pas la solution à ce chaos. Les idées venaient, évoluaient, certaines s'éliminant pour en faire germer d'autres. Des possibilités naissaient au fil des alliances. Mais des choses étaient désormais sûres, qu'elle se devait de communiquer car l'heure de l'action était venue. Et le premier à devoir écouter ces idées, c'était son bras droit, Krav. Cet homme étrange mais ambitieux à qui elle avait promit pouvoir. Désormais il pouvait prétendre à tout le respect qui lui était dû et son ascension suivrait de près celle de son chef.

Elle l'avait mandé, et prévoyait son arrivée pour ce matin. Il s'amenait toujours horriblement tôt et ses nerfs à vifs suite à l'horripilante proximité des envahisseur le rendrait sûrement encore plus prompt à la ponctualité. Beaucoup de choses se devaient d'être décidées en cette matinée carmine qui promettait déjà un nouveau tournant pour les Shaas d'Argent.





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Posté dans Re: Aube d'un renouveau   - Mar 18 Nov 2014 - 4:55

Grisée. Telle était l’humeur de Krav, en cette nuit glaciale. Vêtu d’un lourd manteau de fourrure, il dirigeait d’une main de fer le wyrmide qui le conduisait à Ystenhaim. Il avançait rapidement, et ne voyait pratiquement rien. S’il ne connaissait pas aussi bien la route à force de l’avoir empruntée, il aurait eu toutes les chances de finir empalé sur une branche d’arbre. Fort heureusement, cela n’arriverait pas.

Il était parti en début de soirée. Il ne voyageait pratiquement que de nuit, de toute façon, d’autant plus depuis qu’une nouvelle troupe de saloperies d’étrangers s’étaient installés sur leur territoire. Si son impulsivité était à peu près aussi connue que son talent pour dresser les reptiles qui lui servaient de montures, depuis quelques mois, l’heure était à la prudence, et à la réflexion. En cela, Krav était, de façon assez ironique vu le mépris qu’il leur portait, un excellent exemple de ce qu’étaient les Vedskygge.

Filant à la vitesse du vent, il flattait régulièrement l’encolure de sa monture. En général, Krav se déplaçait sur des wyrmides solides, dressés pour les longs voyages, plus endurants que puissants. Mais les choses avaient beaucoup changés. Ce spécimen, d’une couleur bleu glace, était fin, plus petit que les spécimen de long courrier, plus nerveux, plus difficile à manier. Mais il était bien plus agile et silencieux que ses compères. Cette bête là était dressée pour conduire les espions et assassins vers le lieu de leur méfait. Celui là, Windrr, avait d’ailleurs reçu son Nageombre que quelques jours auparavant, à la fin de son dressages. Dont Krav gardait encore quelques séquelles. Les wyrmides choisis pour accompagner les assassins étaient sélectionnés parmi les pires engeances de leur espèce : rares, il s’agissait de ceux qui n’avaient pas peur de s’en prendre à un homme si jamais ils avaient faim. Leur dressage était long, risqué, douloureux, mais c’était un investissement très rentable pour la suite.

La vie de Krav avait… basculé. Sa première rencontre avec le Hön des Shaas avait scellé un accord pour le moins logique : elle lui promettait de ne pas laisser les Vedskygge en reclus, et pour sa part, lui offrait ce qu’il souhaitait, et en échange, il vendait littéralement son âme aux Shaas et toutes les compétences dont il disposait. C’est ce qui, généralement se faisait entre Hön et Hänek. Même si lui ne l’était pas, vous saisissez l’idée. Depuis quelques mois, il était passé d’une vie plutôt tranquille, rythmée par des périodes de dressage et la traque de déserteurs sur l’île à un branle-bas de combat inespéré. Qui plus est, son ascension avait été pour le moins spectaculaire. Il ne ratait jamais une occasion de se moquer ouvertement de ceux qui l’avaient jadis exclus et méprisé : désormais, il leur donnait des ordres. S’il n’abusait pas de cette sensation jouissive, il n’en profitait pas moins.

Il arrivait. Les arbres étaient familiers. De même que les odeurs et les bruits de ces bois qu’il connaissait désormais comme sa poche. Et il ne tarda pas à apercevoir son chef, habituée à ses horaires à vous rendre fou.

Il s’arrêta dans la neige à une dizaine de pas d’elle, et lorsqu’il descendit, Windrr tenta, une fois de plus, de lui mordre le bras. S’il était insensible à leur venin, la douleur de leur crochets restait cependant bien réelle. Ce fut donc avec la plus parfaite indifférence - le wyrmide n’en était pas à son coup d’essai - qu’il lui asséna un coup de poing sur le sommet du crâne, calmant ainsi le bestiau.

Le jour se levait à peine. Il se campa face à Fjölan et la salua avec tout le respect qu’il lui devait.

«Hön Kallhjärta.»

Bien droit, poing sur le coeur, il eut néanmoins un petit sourire. Il ne venait plus aussi souvent qu’avant. Enfin “avant” signifiait surtout qu’il vivait quasiment ici. Il se concentrait désormais sur l’organisation des diverses formations à Vågarhaim, concernant le dressage et les espions. Il n’avait pratiquement pas de moment à lui.

«J’ai reçu ton message hier dans la journée, et je suis parti aussi vite que possible. Il y a un problème ?»

Sa question concernait essentiellement les Korruliens installés au nord-est. Depuis qu’il était là, depuis l’enlèvement d’une des leurs, il s’attendait chaque jour à une nouvelle catastrophe. Pas au point de devenir fou, mais sa méfiance s’en était trouvée grandement exacerbée, si bien que malgré son ambition qui semblait ne pas avoir de limites, il se prenait son rôle avec un sérieux exemplaire. Concentré jour et nuit (il était capable de dresser un wyrmide sans prendre de pause quand il y avait urgenc), rares étaient ceux, même chez lui, qui avaient vus Krav aussi actif.

Son regard se tourna vers le mur. Sacré ouvrage. Il comprenait et approuvait ce choix, mais son esprit se posait parfois d’étranges questions : comment faire avec ce mur si jamais les Nageombres décidaient d’envahir Vågarhaim ? Hautement improbable, mais les questions que se posaient Krav n’était pas toujours… dans la norme, on dira.

«J’en profite pour t’annoncer que j’ai achevé la formation d’une dizaine d’hommes et femmes. Deux espions, deux éclaireurs, et une demi douzaine d’assassins qui seront prêts à rallier Ystenhaim quand tu voudras.»
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Posté dans Re: Aube d'un renouveau   - Mar 18 Nov 2014 - 7:44

Krav n'avait pas tardé, assez prévisible pour épargner une attente trop longue. Les wyrmides qu'il chevauchait paraissait de plus en plus agressifs au fil des jours. Les choisissait ils plus violents ou avait il encore raffermit leur dressage ? Elle aurait presque pu sursauter en voyant l'énorme mâchoire se refermer sur son bras mais ne s’inquiéta pas de sa blessure, il était bien trop habitué à ces aléas. Fjölan ne put retenir un léger sourire en lui rendant son salut. Sa diligence était un véritable plaisir à voir. A peine arrivé et déjà prompt à obéir au moindre ordre. Elle ne regrettait pas son choix.
La Shaas eu tôt fait de rassurer l'éleveur de wyrmides, qui s'était fait plus de soucis que nécessaire :

-Pas un problème, mais nous avons besoin de passer à l'étape suivante. Nous avons eu suffisamment de temps de préparation, il est maintenant question de planifier concrètement nos actions. C'est une excellente chose que tu ais terminé l'entraînement de ces apprentis, qu'ils viennent dès que possible. Il auront très prochainement beaucoup de travail.

Elle se mit lentement en route, faisant signe au Vedkygge de la suivre. A cette heure ils avaient plus de chances de trouver tranquillité en arpentant les bois qu'au sein du hall. Ces derniers mois, il n'était pas rare que plusieurs familles s'y réunissent pour le petit déjeuner, occasionnant un brouhaha matinal des plus insupportable. Fjölan s'emmitoufla dans son étole d'épaisse fourrure de koun. Elle préférait de loin subir le froid mordant de Velmos et son humide brume plutôt que les discussions agitées auprès de l'âtre. Ils avaient besoin de silence, et la fraîcheur ambiante ne sera que bénéfique à leurs réflexions.

-Jusqu'alors, nous n'avons observé aucune avancée de l'ennemi, mais l'otage qu'ils détiennent désormais, du moins s'ils l'ont réellement laissée en vie, en fait un avantage beaucoup trop important pour qu'on le laisse passer impunément. C'est le moment ou jamais d'agir.


La Hön sentait que cette phrase ferait tressaillir Krav. Comme beaucoup, ils n'attendait que l'heure de la vengeance. Tous aspiraient à de nouvelles batailles, mais les ardeurs se devaient d'être calmées. La jeune femme planta son regard de glace dans celui du dresseur de reptiles :

-Et par agir, j'entends des actes mesurés et progressifs. Cela ne plairait pas à tout le monde, mais nous allons devoir entamer une négociation, ou du moins une communication. La tâche promet d'être ardue, de par la barrière du langage mais surtout la nature belliqueuse et bornée de ces envahisseurs. Nous devons apprendre à les connaître pour mieux les anéantir. Toutes nos offensives se sont révélées être des échecs, il est temps d'appréhender pleinement le bénéfice que peuvent nous offrir patience et minutie.

Une volute blanche s'échappa des lèvres de la Kallhjärta, tandis qu'elle marquait une courte de pause avant de dévoiler la première partie de ses idées :

-C'est pour cela que je propose tout d'abord de répondre par un autre enlèvement. Non pas pour exiger quelque chose en retour, sauf si bien sûr une proposition intéressante se fait savoir, mais pour en apprendre plus sur eux.

La conversation était pesante, mais étrangement, Fjölan se sentait très calme, gonflée de confiance. Peut-être que la simple présence de ses ancêtres sous ses pieds et de ces arbres familiers au dessus de sa tête suffisaient à créer un atmosphère qui lui était apaisante. Il n'y avait plus qu'à espérer que son allié soit lui aussi assez serein pour réfléchir avec son crâne et non pas ses tripes.





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Posté dans Re: Aube d'un renouveau   - Mar 18 Nov 2014 - 9:23

Le sentiment de soulagement qui l’envahit quand il entendit que tout allait bien ici fut très, très vite balayé. Il resserra son manteau autour de ses épaules, congelé par le trajet. Il se serait bien collé devant un bon feu de bois, mais ici ils avaient l’avantage d’être tranquilles. Et ça n’était pas l’ennemi qui allait les déranger. Comme le releva Fjölan, ils étaient resté à leur avant poste. Il écouta donc attentivement ce que lui disait son chef. Et ce qu’il entendit… Il ne put s’empêcher d’entrouvrir la bouche, saisi par une stupeur comme il n’en ressentait que très rarement. La dernière fois, c’est quand il avait été nommé second, d’ailleurs. Et si Fjölan n’était pas ce qu’elle était, si son respect et sa dévotion n’étaient pas aussi développés, il lui aurait sûrement sauté à la gorge pour lui cogner le crâne par terre, espérant réparer les dommages cérébraux manifestes qu’elle avait subi pour avoir de pareilles idées. Le tremblement se ses mains, nouées autour de la bordure en fourrure de son manteau, n’avaient d’ailleurs pas grand chose à voir avec le froid. Il se contint cependant, pour une bonne raison : la pertinence de ses propos.

La vérité était que la soif de sang des Erfeydiens était stérile. Ils avaient beau revendiquer haut et fort leur liberté, leur volonté de fer de bouter les étrangers hors de leurs frontières, chaque tentative s’était soldée par un échec sévère. Ils étaient supérieur en nombre, mais pour l’heure encore désunis, et pour le moins… en arrière, par rapport à leurs ennemis qui utilisaient une sorcellerie inconnue contre eux. Et leurs armures de cuir étaient trop fines pour arrêter leurs maléfices.

«… Si ça n’était pas toi qui avais dit ça, je t’aurais sûrement prise pour une folle… »

Il réussit à sourire, preuve qu’il écoutait, comprenait, et approuvait ce que son chef venait de dire. Il avait le sang chaud, mais il était loin d’être idiot. Les Vedskygge réglaient assez rarement leurs problèmes par la violence, en fait. Ce genre de tactiques, il en avait l’habitude, et l’avait pratiqué plusieurs fois, même si les enjeux étaient nettement moindres.

«Je suis d’accord avec toi. Mais il va falloir être plus discrets que des esprits si nous voulons y arriver. Les envahisseurs au nord-est ne disposent pas des installations des autres, mais ils savent se défendre. Leur camp est très bien gardé. Et s’ils comprennent trop vite qu’un de leurs… chose à disparu, ils risquent de changer d’attitude et de se lancer à l’assaut de nos villages. Ce qui serait le pire scénario envisageable.»

Il émit un souffle profond, et laissa son regard errer entre les arbres. De là où il était, il entendait Windrr se faire les griffes sur un tronc d’arbre en poussant des couinements de mécontentement. Il entendait aussi la faune invisible qui peuplait les tapis de feuilles au sol, et celle qu’on ne pouvait apercevoir, au dessus de la cime des arbres. Il avait d’ailleurs profité du renforcement des hommes pour lui-même fortifier son lien. Développer des aspects offensifs. Histoire de faire comprendre aux étrangers qu’on ne marchait pas sur l’Île Blanche sans en subir quelques conséquences.

«Je me propose comme volontaire pour cette mission. Mon lien sera des plus utiles. Mais régler les détails de ce genre de mission… ça va prendre du temps. Les négociations encore plus. Elles risquent d’être âpre si nous enlevons quelqu’un là bas, qui plus est... Enfin. Si la force ne marche pas, pourquoi pas la ruse. M’étonnerait pas que tu aies des ancêtres Vedskygge… »

Il eut un petit ricanement, mais revint bien vite à la réalité. L’incursion de Korrul sur leur territoire, comparé à celle des Matrosciens, n’était qu’un problème qu’il estimait comme mineur. Il fallait le résoudre impérativement et rapidement, mais il n’y avait pas que ça.

«Y’a autre chose. Nos frères et soeurs sont captifs par dizaines dans le sud. Je ne sais pas ce que manigancent les autres, mais je crains le pire. On a eu aucune nouvelle concernant des morts éventuelles et des tortures. Je trouve ce silence plus inquiétant que des cadavres empilés.»

Il se frotta les mains pour les réchauffer. Cette histoire sentait mauvais pour eux. Personne ne savait ce qu’il se passait à l’intérieur des camps construits par les premiers envahisseurs. Il mourrait d’envie de les foutre dehors à coup de pieds au cul, mais s’il fallait être prudent pour récupérer la Hagen du côté des Rumâr, il fallait l’être encore plus pour cette sombre histoire d’Erfeydiens captifs.

«Pleyrion et les Kouns ne pourront pas gérer ça sans nous. Si nous récupérons l’otage, cela te mettra en position de force face au Hön Markin. Je sais que nous devons nous unir, mais multiplier les dirigeants d’une union, c’est la fragiliser. Si tu récupères la fille Hagen, il aura une dette qu’il ne pourra pas négliger envers toi.»
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Posté dans Re: Aube d'un renouveau   - Mar 18 Nov 2014 - 17:29

Nouveau sourire. Oh mais elle était folle, tout le monde le savait. Cette folie qui caractérise tous ceux qui ont des idées sortant des sentiers battus et que quelques années plus tard, le temps que chacun comprenne les enjeux de ces fantaisies, on appelait génie visionnaire. Elle ne céderait pas aux conventions, aux usages éternels qui vous empêtraient dans la complaisance. L'audace, c'était ce qui payait le mieux pour faire avancer une civilisation.
Elle l'écouta attentivement, soulagée qu'il approuve sans ciller. Son savoir précis sur les situation actuelle aux Monts Rümar était elle aussi rassurante. Elle tiqua cependant à l'évocation des camps du Sud. Ce n'était pas de gaieté de cœur qu'elle avait fait rapatrier la Faction et le voir sous-estimer la dangerosité de cette nouvelle invasion la décevait quelque peu. La jeune femme croisa les bras, continuant tranquillement sa marche sans rompre la conversation :

-Je n'ai pas laissé les Nörheim par hasard aux côtés des Kouns. J'ai confiance en eux, ils sauront nous livrer toutes les informations nécessaires et faire honneur à nos responsabilités. Malheureusement, même si le sort de ces villages de Fendrevent est plus que regrettable, la situation actuelle fait que nous devons axer nos priorités sur la sécurité des nôtres. Nous ne pouvons être infaillibles sur tous les fronts, Krav, même si je le désire autant que toi. Je n'ai pas tous les pouvoirs et les moyens humains restent limités malgré nos troupes grandissantes. Il faut justement empêcher que la situation s'envenime autant qu'au Sud, car cette fois-ci, c'est à nos portes que tout se joue.

Elle s'arrêta devant le totem de Shaas, l'observant en passant son doigt sur la couche de gel qui s'y était formé. Son regard se posa de nouveau sur Krav, un peu plus sévère :

-Je compte bien récupérer la prisonnière, déjà. Markin m'est de plus en plus redevable, mais c'est une tête de Jölgalt, mon emprise sur lui est limitée. Un jour j'espère bien que je le tiendrais en laisse. Je sais bien que la soif de liberté et d'indépendance qui caractérise les Höns est handicapante, mais encore une fois, nous devons y aller progressivement, mais surtout agir de façon plus locale. Il n'est pas aisé de maintenir des relations à l'autre bout du pays, surtout quand il y'a encore des tensions dans notre propre région. Je préfère pour l'instant m'occuper d'Argenlac du mieux que je peux, j'ai déjà assez de rivalités à gérer ici au Nord-Est.

Un soupir servit de brève suspension à sa tirade. Son influence grandissait, mais lui semblait toujours insuffisante, son bras droit lui avait trop vivement rappelé ce point qu'elle haïssait par dessus tout. Mais l'heure n'était pas à l'amertume, elle se détendit, son ton redevenant plus assuré, moins agressif :

-Quoiqu'il en soit, nous pouvons déjà nous permettre plus de choses que la majorité des Factions du pays. Il ne faut pas oublier que les Oracles sont de notre côté. Il n'y a pas que Nivilk qui a des dettes envers moi, Peottre me doit aussi le retour d'Agazhar. Tout est terriblement lent, mais cela nous vaut une certaine assurance dans nos projets.

Un sourire carnassier se dessina sur le visage de Fjölan. Elle restait fière des grains de sel qu'elle avait réussi à semer un peu partout. Doucement mais sûrement, les Shaas se faisaient de plus en plus tentaculaires, se mêlant à toutes les affaires les plus capitales des Erfeydes. Il leur fallait beaucoup de patience, mais elle porterait bientôt ses fruits.
La discussion avait pourtant dérivé sur un sujet qui n'était pas prévu. C'est sans douceur, ni transition que la Hön revint à ce qui l'intéressait. Tout avait été déjà dit sur ce qui se rattachait aux Kouns et Fendrevent, tergiverser là-dessus ne résoudrait rien miraculeusement.

-Pour en revenir à la mission, bien que je crois entièrement en tes dons pour mener parfaitement cette opération, il est évident que l'enlèvement en lui même ne suffira pas. Il faudra aussi nous assurer que les étrangers restent au statu quo le plus longtemps possible. Sabotage, terreur, assassinats. Je te fais confiance sur les méthodes et le rythme des événements. C'est pour cela que le clan Vedskygge a un rôle majeur à jouer dans notre nouvelle stratégie. Votre façon de faire a longtemps été méprisée, et ironiquement, elle sera peut-être ce qui nous sauvera tous. J'espère que...

Elle s'était brusquement interrompue en entendant le crissement de pas sur les feuilles gelées. Ce n'était que la vieille Idun, mais Fjölan sourcilla tout de même en apercevant sa grand-mère arriver avec deux bols à la main. Sans aucune délicatesse, la mégère leur colla leur repas dans les bras, repartant en ruminant sur la folie qu'avaient les jeunes à se promener le ventre vide par un temps si froid. Un ragoût de duniig n'était jamais de refus, il réchaufferait tant bien leurs ventres que leurs mains. La guerrière haussa les épaules en reportant son attention sur le Vågarhaimien, qui s'apprêtait à répliquer.





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Posté dans Re: Aube d'un renouveau   - Mer 19 Nov 2014 - 14:15

Il souriait à moitié. Déjà, ça l’emmerdait quand même un peu, ce statu quo. Certes, les Norheim étaient à Pleyrions, et on ne pouvait pas rêver meilleurs protecteurs. Matroos ne ferait pas un pas de plus sur les terres Erfeydiennes tant que Kjeld et son clan seraient là bas. Mais ils ne les repousseraient pas non plus. Botter le cul des Matrosciens demandait des forces offensives que Pleyrion et les Norheim n’avaient pas. La réticence de Fjölan lui parut donc assez logique. Se diviser ici alors que la menace dormante des Korruliens au nord-est ne cessait de croître était une erreur. Il reconnut son erreur stratégique, sur le coup. En revanche, c’était l’ambition démesurée de Fjölan, qui atteignait des sommets quasiment blasphématoires, qui le faisait sourire. Krav était ambitieux, et il ne le lui avait pas caché quand il l’avait rencontrée pour la première fois. Elle par contre, c’était carrément n’importe quoi. Non contente de se mettre les autres Hön et Hanek dans la poche, voilà qu’elle tenait les Oracles. Essaierait-elle de tenir le Gardien si elle en avait l’occasion ? Sa pensée lui arracha un semblant de rire. Il n’était même pas sûr de la réponse…

«Ne t’en fais pas. Ils risquent de regretter amèrement d’avoir enlevé une seule Erfeydienne. Je disperserai tous les espions que j’ai formé entre ici et Rumâr. Ils vont réagir, et au début, ça ne sera pas par la négociation. Tu seras avertie du moindre mouvement, mais il faut que nous soyons plus que prêts. J’ai déjà préparé des montures pour les hommes, et j’en ai en surplus si tu en as besoin. Je me suis sévèrement engueulé avec un chef dresseur Vedskygge d’ailleurs. Un groupe de wyrmide est dressé… hm comment dire. Wan’Shäa, ta monture, ferait office de Duniig à côté de ceux là. Je me demande quelle serait la réaction de ces étrangers face à une meute de reptiles sauvages voulant les bouffer.»

Il ne put s’empêcher de lâcher un rire mauvais, rien qu’en imaginant la scène.

Il remercia la vieille qui leur avait apporté le ragoût, et s’assit lourdement au sol pour déguster le plat. Un délicieux frisson d’aise l’envahit quand il goûta la boisson brûlante. Il était décidément congelé.

Son regard remonta vers son chef. Brillant.

«Fjölan. Dis-moi juste une chose. Comptes-tu t’arrêter simplement à l’unification de l’île ? Qui sait combien de temps durera cette guerre ? Un an ? Un siècle ? Nous ignorons tout d’eux. Et même en enlevant certains des leurs, c’est avant tout dans un but militaire que ce sera fait. Mais après, combien sont-ils ? De combien d’autres maléfices disposent-ils pour nous pourrir la vie ? Ils ne renonceront à rien, et une fois vaincus, tu seras probablement acclamée. Comme Gurdil, tu graveras l’histoire de ton nom. T’arrêteras-tu là ?»

Sa question n’attendait ni faux-semblant (il ne le tolérait pas) ni détournement. Il voulait une réponse franche avec des mots soigneusement choisis. Il s’était voué aveuglément à la cause des Shaas car elle lui apportait beaucoup plus de choses que le simple pouvoir. Mais d’autres choses étaient encore à mûrir, confirmer, en son for intérieur. S’il n’avait aucune intention de trahir la Hön, de quelque manière que ce soit, il voulait que son esprit soit net. Pour décider certaines choses.

Car Krav vouait, comme la plupart, une foi éperdue en son Gardien. Le léger hic depuis quelques mois, c’est qu’il s’était rendu compte que seuls les humains décidaient de leur sort depuis que les hommes et femmes étrangers étaient entrés sur le territoire. Pire, la seule vraie manifestation du Gardien avait coupé un de leur prêtres en deux. Etait-il vraiment de leur côté? Sa foi en était ébranlée, et beaucoup de ses questions intérieures en étaient pratiquement blasphématoires. La prise de décision devenait urgente.
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Posté dans Re: Aube d'un renouveau   - Sam 22 Nov 2014 - 17:08

La Hön écouta attentivement le Vedskygge en buvant un peu du bouillon brûlant. Il avait déjà des amorces de plan solides. L'éleveur de Wyrmide se montrait de plus en plus en phase avec son nouveau poste, apprenant avec un rapidité fulgurante la gestion des hommes et du terrain. Peut-être avait il déjà organisé des groupes, contre des déserteurs ou des clans farouches, mais un ennemi plus imposant ne semblait pas lui causer tant de problèmes que cela. Elle ne pu s'empêcher de ricaner en imaginant une armée de Wyrmides dévorer vivants les envahisseurs, mais les nombreuses questions lancées par le jeune homme lui firent l'effet d'une douche froide. Ces questions, elle se les posaient elle même perpétuellement. Elles la hantaient dès qu'elles trouvaient une place libre dans le fil de sa pensée. La guerrière se mordit la langue, mais fixa son bras droit avec intensité :

-Je vais te donner ma réponse la plus sincère Krav : Je ne sais pas. Je ne sais pas si l'unification viendra avant ou après la guerre. Ou même si elle viendra tout court. Je ne sais pas si nous serons victorieux ou écrasés. Je ne sais pas si notre nation sera détruite ou vivra un renouveau qui lui donnera la gloire qu'elle mérite. Je sais juste que je tiendrai mes objectifs au fur et à mesure en prenant les opportunités qui nous sont offertes et que je me donnerai corps et âme au bien de notre peuple. Personne ne sait de quoi l'avenir sera fait, nous ne pouvons que donner le meilleur de nous même, mettre toutes les chances de notre côté.

C'était un sourire presque mélancolique qui vint s'esquisser sur ses lèvres. Elle n'aimait pas ça, et reprit donc avec un air plus vindicatif qui lui ressemblait bien mieux :

-Après, si telle était ta question, tu te demandes si nous atteignons tous nos buts où est ce que tu veux que nous nous arrêtions ? Et bien sache que je ne nous autorise aucune limite tant que les Erfeydes ne baigneront pas dans une harmonie totale. Ce qui est évidemment impossible. Je veux surtout le meilleur pour nous tous. Et il faudra bien plus qu'une Faction et quelques têtes de Jölgalt dans mon genre pour construire cela.

Son expression devint plus franche, presque une amorce de rire. Pourtant son cœur s'était serré durant toute sa tirade. Sous ses airs impérieux, insolents et trop ambitieux, il y avait une véritable ardeur, une volonté profonde de tirer les Erfeydiens vers le haut par tous les moyens qui lui étaient disponibles. Elle s'était longtemps sentie seule dans cette tâche, entourée de personnes bien trop satisfaites de leur situation actuelle. Pourtant, cette guerre avait un avantage indéniable : tous se réveillaient, et à force de parcourir le pays, elle découvrait des gens désirant cette même évolution. Parfois même des personnes qui avaient été longtemps à ses côtés. Doucement mais sûrement, le rêve d'une unification se faisait de plus en plus palpable, crédible. Il restait pourtant deux obstacles non négligeables : les étrangers et la fierté des chefs. Mais elle ne perdrait pas espoir.





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Posté dans Re: Aube d'un renouveau   - Dim 23 Nov 2014 - 9:59


Krav resta quelques minutes songeur. Il réfléchissait à ce qu’il venait d’entendre. C’était un homme qui avait le sang chaud, parfois même un peu trop. Il se liait mal aux gens, n’appréciait que rarement la compagnie d’autrui, alors que l’instinct grégaire Erfeydien surpassait probablement de loin celui de Matroos ou de Korrul. Il n’aimait pas non plus réellement les conflits qui se réglaient la hache en main. Pour lui, les guerres entre les clans, même avant l’arrivée des Etrangers, était une démonstration ostentatoire de stupidité. Il accordait une grande part de crédit à la réflexion et à l’anticipation. En bref il était presque étranger sur sa propre terre. Il était bizarre, voilà. Mais il s’aimait comme il était. Il avait un passé trouble, mais il ne regrettait en rien ses actions, à part peut-être la traversée du labyrinthe.

«Très bien.»

Il se releva, et après un étirement félin, but une autre gorgée de bouillon. La réponse qu’il venait d’avoir était… Bien plus déguisée que sa question. Mais il avait les éléments principaux de réponse, et pouvait prendre sereinement (le mot est peut-être un peu fort) une décision. Qu’il savait irrévocable. Mais s’il voulait avancer sans lest, sans barrières, il se devait de la prendre. Et la franchise de Fjölan l’aida. Un petit peu. Il fixa intensément sa chef. Le regard de Krav était déjà intense par nature, mais là ça frôlait le surréaliste. Il ne souriait pas, avait la mine grave, et la force de ses prunelles émeraude était quasiment palpable.

«Tu n’as pas intérêt à me décevoir, Hön Khalljärta.»

Ce n’était ni une menace, ni un avertissement. Simplement une affirmation. Il venait de prendre, probablement une des décisions les plus importantes de sa vie. En échange, il estimait avoir le droit de réclamer ça. Il n’avait pas à lui dicter sa conduite, et ne le ferai pas de toute façon. Mais voilà, “elle n’avait pas intérêt à le décevoir”. Pour l’instant c’était assez bien parti, mais il avait le poste de Second, et s’il y était entièrement dévoué, il avait néanmoins la position idéale pour observer les décisions et actes de son Hön, et ne s’en priverait pas. Son côté peu loquace ne l’empêchait pas d’être observateur et analyste (bien au contraire).

«Bien… Je crois qu’on a du travail. Si on veut récupérer la fille Hagen, ce n’est pas une vague exposition des stratégies qui s’offre à nous qui va nous aider. On a beaucoup de pain sur la planche sur plein de domaine, la récupération de l’otage n’en est qu’une infime partie. Mais faut bien commencer quelque part, et je pense que le sauvetage est notre meilleure porte d’entrée. Il faudra aussi voir pour la défense de nos terres et autres détails. Les murs c’est efficace mais pas invincible, la Muraille en est la preuve.»

Il resserra son manteau qui se faisait la malle et attendit de voir quelle décision elle prendrait. Il n’était pas revenu sur la tirade, sincère et plutôt révélatrice, de sa Hön, pour deux raisons très simple: cette question avait un but tout à fait personnel qu’il n’avait pas à évoquer publiquement, et en outre, ayant obtenu sa réponse, nul besoin de revenir dessus. Pas mal de points s’étaient fixés dans sa tête, il n’avait plus qu’à attendre et observer.
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Posté dans Re: Aube d'un renouveau   - Dim 23 Nov 2014 - 18:51

Le visage de Fjölan se décomposa. Il n'avait pas l'air convaincu. Du moins elle l’interprétait de cette manière. Comment pouvait-il se permettre de tels mots, après qu'elle l'ait autant tiré vers le haut ? Cela eu tout de même l'effet de lui serrer l'estomac, ce qui était assez remarquable. Alors qu'il avait déjà rebondit sur leurs missions, ses précédentes paroles continuaient à résonner dans le crâne de la Hön, parasitant l'actuel discours qu'il tenait. Elle pu suivre, mais à l'intérieur, elle n'était pas loin de la combustion. Pratiquement jamais elle n'avait coopéré aussi sincèrement avec quelqu'un. Pas même son père, pas même Peottre. Personne n'avait eu accès au fond de ses intentions, de ses pensées avec autant de transparence. Elle avait décidé de ne se poser aucune limite à celui qui se devait de l'assister dans la gestion de la Faction. C'est lui qu'elle avait choisit, ce Vågarhaimien sous-estimé, mis à l'écart, dont elle avait remarqué tout le potentiel. Et pourtant, c'était presque une once de doute, de méfiance qu'elle avait perçu en son second. Que taisait-il ? Avait-elle vraiment fait un bon choix ? Était-elle tout simplement condamnée à être éternellement perçue comme une obscure manipulatrice ?
Ses paroles l'avaient blessée. Elle le regarda dans les yeux avec autant d'intensité, une lueur amère ne pouvant être dissimulée :

-TU n'as pas intérêt à me décevoir, Krav. Je t'ai offert bien plus d'intimité qu'à quiconque, t'avouant tous mes plans les plus irrationnels. Je n'ai plus rien à te prouver. A toi maintenant de te montrer digne de la confiance et la proximité que je t'offre.

La guerrière tourna la tête, se renfermant en rompant tout contact visuel. A la place, elle observait le totem de Shaas, le menton haut, son ton se fit plus calme, mais surtout plus froid.

-Assez tergiversé là dessus, tu as raison, nous avons beaucoup de travail. Prévoir le sauvetage nous permettra d'évaluer leurs défenses, mais quand nous passeront à l'étape kidnapping, il y aura fort à parier que celles-ci se renforceront drastiquement. Les missions de reconnaissance ne seront pas à sous-estimer. Trouver des failles, organiser des diversions, des éliminations si nécessaires, tout cela nous sera impossible si nous négligeons l'espionnage. Agir par étapes n'est pas dans les traditions de notre peuple, il faudra canaliser toute tentation de précipitation. Tu auras à tenir tes groupes d'une main de fer et empêcher toute initiative personnelle de la part de tes hommes. Dès que nous aurons réglé les points finaux, vous vous organiserez et prendrez la route dès que possible. C'est une fois sur le terrain que les détails seront arrangés, à cet instant nous ne pouvons rien faire d'autre que planifier tant que nous n'avons pas le camp sous les yeux.

La Kallhjärta se frotta les bras et dévora quelques morceaux de viande qui flottaient dans son bol. La fourrure et la nourriture ne seraient bientôt plus suffisant à son confort, elle n'était décidément pas équipée à rester longtemps dans un grand froid. Incommodée mais pas déconcentrée, elle reprit néanmoins :

-Quant à nos protections, il faudra engager des vigies. Pas besoin de trouver des héros, juste des personnes vives à et l’œil aiguisé, même des enfants suffiront à cette tâche tant qu'ils sont capables d'avertir un village à temps. Il suffira d'informer les Hänek, si certains n'ont pas déjà prit cette initiative, je leur fais confiance pour le recrutement. En revanche nous nous devrons trouver de bons éclaireurs pour organiser quelques rondes supplémentaires aux alentours des hameaux.

Elle soupira et reprit son souffle. Le plus important avait été dit, du moins, elle en avait la nette impression. Ils étaient actuellement trop ignorant de l'état de la zone ennemie pour prévoir plus et les objectifs étaient maintenant clairs. Mis à part commencer à agir, elle ne voyait rien d'autre à faire. Elle s'assura que le Vedskygge soit aussi de cet avis:

-As tu des questions ?





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Posté dans Re: Aube d'un renouveau   - Mar 25 Nov 2014 - 2:21

Il se fichait qu’elle prenne la mouche. A vrai dire c’était comme demander de résoudre une équation à quelqu’un en lui donnant seulement une donnée sur dix. Il y avait toutes les chances du monde pour qu’il se viande lamentablement. Le principe était le même ici et Krav en était tout à fait conscient. S’il devina l’effet négatif qu’eut sa phrase, il ne chercha pas à se justifier, ou à l’empêcher. Certaines phrases, certaines répliques se devaient être dites à voix haute. C’était un besoin irrépressible, contre lequel on ne pouvait pas toujours lutter. Comme le juron qui nous échappe lorsque l’on se cogne le petit orteil contre une brique, ou comme la mère qui ne peut s’empêcher de dire à son enfant qu’elle l’aime. Le même phénomène s’était ainsi produit pendant cette conversation. Et Krav était trop secret. Il ne cherchait pas forcément l’approbation ou l’admiration de son chef. Quoi qu’il arrive, il continuerait d’effectuer son travail avec une efficacité diabolique. Il ne doutait pas d’elle. Plutôt de tout le reste. De sa propre position dans tout ça. De beaucoup de choses en fait. Et aussi ridicule que ça puisse paraître, si d’un point de vue professionnel ils partageaient tout… En tant qu’individu, sorti du contexte de la Faction, Krav restait un parfait inconnu. Intelligent, calculateur, doué dans ses domaines. Mais inconnu. Et mine de rien, il ne connaissait de Fjölan que ce qu’il avait entendu dire. Et il accordait un crédit nul aux on-dits.

Ainsi, un sourire flottait sur ses lèvres, mi-amusé mi-désabusé, pendant qu’il écoutait la Hön exposer ses projets. Ils étaient, au moins sur ce point, sur la même longueur d’onde.

«Combien d’éclaireurs veux-tu pour Ystenhaim ? J’en ai quelques uns qui attendent d’être affectés. Et à Vagarhaim, je remplace facilement toute une troupe, personne ne peut s’approcher sans que je ne l’entende. Mais je ne peux pas être partout.»

Il réfléchit quelques secondes, puis pensa à un détail.

«Je voudrais aussi faire porter quelques wyrmides aux Norheim. Je me fiche de savoir si les Kouns en auront besoin, ils sont dépendants de Kjeld pour le moment et sa vie m’est éminemment plus précieuse que la leur. Et justement, c’est facile d’abattre un Yagock quand il décolle. Un wyrmide, moins. Ainsi qu’un ou deux éclaireurs. Pas plus, mais ils seront parmi les meilleurs formés.»

Krav était totalement d’accord avec le fait de devoir unifier les factions et clans Erfeydiens, sans quoi la victoire leur échapperait à coup sûr. Par contre, justement, une guerre ne se faisait pas sans sacrifice. Et quitte à laisser des gens mourir pour en sauver d’autres, autant que ça soit les Kouns. Les Norheim étaient un mur pratiquement aussi infranchissable que la muraille, même si la comparaison était depuis des mois plus vraiment d’actualité, et ils auraient besoin d’un Norheim dans pratiquement toutes leurs actions ouvertes.

«J’ai encore quelques petits détails à régler dans les environs des montagnes, je vais probablement rester un peu plus longtemps que prévu. Windrr se chargera d’apporter une missive à Vagarhaim pour faire connaître tes ordres. D’ici trois à quatres jours maximum tu disposeras des hommes dont tu auras besoin. Si nécessaire je leur donnerai des instructions particulières et des compléments de formation. Bref. Je me tiens prêt à agir.»

Ce qu’il avait à faire ici n’avait aucun lien direct avec leurs futures actions, mais il se devait de le faire. Depuis quelques temps, il n’entendait pas seulement le chant du vent. Mais des mélodies étranges, qu’il ne comprenait pas, résonnaient sous terre. Ressemblant fortement aux harmoniques qu’il percevait dans l’air - c’était ainsi qu’il les qualifiait, en tout cas -, il se doutait que ça avait rapport avec son lien. Il avait déjà vu des Erfeydiens utiliser le feu comme la glace, il ne lui avait pas fallu longtemps avant de comprendre que le Gardien, à lui aussi, avait ouvert un autre chemin en lui. Si ça pouvait l’aider à éviscérer ces maudits étrangers, il se devait d’exploiter cette force.

«Je n’ai pas d’autres questions, Hön Khalljärta.»
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Posté dans Re: Aube d'un renouveau   - Dim 7 Déc 2014 - 14:13

Son regard se dérobait, sur les extérieurs du village, au dessus de sa tête, à ses pieds. Elle écoutait toujours mais devait y mettre de plus en plus d'effort. Fjölan sentait comme l'envie brutale de s'isoler, un flux parasitant ses pensées les plus futiles. Alors qu'il s'agissait il y'a encore quelques instants que d'un vain sentiment qui n'entravait en rien à ses devoirs, il était maintenant presque impossible de suivre correctement ce que l'éleveur de wyrmides lui racontait. C'était mauvais, elle comprenait très bien ce qui lui arrivait mais cela ne lui plaisait pas. Malgré cette lutte intérieure, la guerrière saisit le plus important et tâcha de répondre du mieux qu'elle le pouvait.

-Prend le temps qu'il te faudra pour régler tes affaires, mais dès que tu auras fini, nous partirons pour les Monts Rümar. Lars ira livrer tes bêtes dans le Sud, j'en profiterais pour qu'il me fasse un résumé de l'état de la région, que cela soit dans l'avancée ennemie ou la solidarité entre les clans la bas.

Elle se sentait soudainement fatiguée de ces échanges qu'elle avait pourtant demandé elle même. Comme si le contact humain l'irritait, tel un tissu râpeux que l'on avait frotté trop longtemps sur la peau. La Hön avait l'impression de se répéter de tourner en rond. Le plus important avait déjà été dit mais elle se plierait aux interrogations de son bras droit. Après tout c'est elle qui lui avait demandé tout ça.

-Nous affecterons une demi-douzaine d'éclaireurs par village. Pas plus, pas moins. Il faudra mélanger autant que possible anciens et nouvelles recrues dans les groupes, et pour Ystenhaim, j'aimerais que tous soient des natifs, ou au moins de grands habitués de la région. Ces bois sont traîtres, ils sont une bonne protection mais je ne veux pas que cela se retourne contre de pauvres arrivistes mal avisés. J'aimerais surtout axer la priorité des nouvelles affectations sur le groupe qui partira se charger des Outremuriens.

Enfin. Un long soupir fit office de point final. Elle s'en sentie soulagée, déjà presque apaisée. La jeune femme resserra son étole sur étole sur ses bras, finit son bol et le colla dans la main libre de Krav, sans aucune manière. Cet accès de brutalité n'était pas contre lui, pas même un contrecoup de sa légère rancœur. Seulement le fruit d'une hâte indicible.

-Je n'ai plus rien à dire d'urgent pour l'instant. Tu peux te reposer, te restaurer, vaquer à tes occupations. J'aimerais rester tranquille un instant.

Un sourire énigmatique se dessina sur ses lèvres. La conversation était finie pour le moment, elle n'arrivait plus à se concentrer sur des choses qui lui étaient pourtant essentielles. Quelque chose d'autre l'appelait. Une chose viscérale et dont elle savait la nature. Pour cela, elle avait besoin d'être seule, de se perdre dans la pinède. Et surtout de méditer là dessus.
Déjà même, sans attendre une réponse de son subalterne, elle s'était enfoncée dans les sous-bois.

Résumé:
 





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Posté dans Re: Aube d'un renouveau   -

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