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Invité

On m'appelle Invité

Posté dans [RPI]Le Champ des Possibles    - Ven 27 Fév 2015 - 15:34

Allègre. Telle était l’humeur de Valerian, marchant dans les rues de Vuulte, quelques papiers à la main. Il revenait d’une réunion entre bourgeois, où il représentait le chef de sa propre famille. Qui n’existait pas, d’ailleurs. Le changement de gouvernement avait eu énormément d’aspect positif pour le serpent malsain, mais il avait également eu son lot de contrecoup. Avec le brusque gain d’influence politique et commerciale des Bourgeois, caste dans laquelle il s’était rangé par commodité, il se retrouvait désormais obligé de fournir un nombre incalculable de faux papiers pour prouver son identité. Le plus difficile n’était pas de les trouver, mais de les authentifier, et de payer des faussaires suffisamment doués et intégrés dans l’administration du pays pour qu’il n’y ait pas lieu de douter sur la fausse véracité des informations qu’il fournissait. Cela lui avait coûté une véritable fortune. Car ça n’était pas que lui qui était concerné, mais la plupart des têtes pensantes du Conclave. Par pure précaution. Son excentricité était peut-être entrée dans les moeurs parmi son vaste cercle de relations, mais en ce qui concernait l’administration, l’humour n’était pas vraiment de mise.

Valerian Maevis, son nouveau nom de famille, était donc le très, très riche héritier (cela lui permettait aussi d’expliquer en partie ses fonds impressionnants) d’une très ancienne famille, discrète et peu reconnue jusqu’à ce qu’il en prenne la tête. Les Maevis avaient toujours été des mécènes ou des investisseurs qui favorisaient les petits commerces et les dons caritatifs, non pour éviter d’attirer l’attention, mais pour que les plus petits puissent eux aussi avoir de quoi prétendre à la grandeur. En d’autres termes, le diable tentait de se faire passer pour un saint. Et la corruption, vice de plus en plus répandu, aidait à faire tenir le tout debout. Chacun pouvait ainsi consulter l’arbre généalogique séculaire et les multiples ramifications (chose amusante, Aris apparaissait comme un lointain cousin dessus) de la famille à travers les âges. Même s’il y avait peu de chances que quelqu’un s’amuse à fouiller minutieusement la masse aberrante de dossiers amassés par Valerian.

Ce coup d’état était pour ainsi dire une bénédiction, si on oubliait le lot de contraintes administratives qu’il avait apporté avec lui. Ce n’était rien comparé aux possibilités qui s’offraient désormais à lui. Quand la suprématie Marchande était totale, ou tout du moins parfaitement hermétique aux sournoiseries de la Bourgeoisie et sourde aux plaintes des citoyens lambda, il était totalement impossible de percer au delà d’un certain point. C’est à dire qu’une fois le sommet de sa caste atteinte, il n’y avait plus rien à atteindre au dessus. On pouvait bien sûr étoffer son réseau, tenter d’amadouer quelques familles Marchandes dont les entreprises périclitaient pour s’en faire des alliés de poids dans les affaires, mais ils restaient au dessus, intouchables et inaccessibles. Et l’on ne parle pas que de commerce, là. Désormais un enjeu bien plus intéressant est arrivé dans la partie : le pouvoir. Si les fortunes qu’il est possible d’amasser permettent d’acquérir une certaine influence, le pouvoir dans son essence pure, l’influence politique dans son simple appareil ne peut pas s’obtenir qu’avec de l’argent. C’est là que la révolte révolutionna littéralement les accès éventuels d’un homme comme Valerian au pouvoir. Plus besoin de corrompre les hauts dignitaires puisque les sièges sont si gracieusement offerts ?

Il ne fallait pas se mentir. Les projets de Valerian pour le Conclave et lui-même étaient si nombreux que cela en devenait aussi dangereux que vertigineux. L’ennui et la sensation de ne pas avancer (alors que ça n’était pas le cas du tout) pouvaient avoir cet effet. Mais là, il venait d’obtenir la possibilité de grimper non plus la hiérarchie sociale, relationnelle de sa société, mais également de s’impliquer politiquement dans la montée en force des Bourgeois. Avoir un vrai poids signifiait éventuellement un fort gain de pouvoir pour son organisation. Si la prudence restait de mise, d’autant plus maintenant, il ne fallait pas non plus écarter cette multitude de possibilités. Ce serait un incroyable gâchis.

En tant que bourgeois, son objectif premier était un des sièges du Sénat. Le changement de gouvernement était encore récent, il fallait profiter de l’effervescence générale pour se faufiler dans les brèches, surtout en terme de sécurité. Une fois installé, il aurait tout le temps de laisser ses racines se propager petit à petit. En revanche une chose était sûre : le Conclave allait devenir très, très actif. Si les jeux politiques acceptaient désormais des personnes de moindre condition… Les voies d’infiltrations devenaient nombreuses, et bien plus faciles à exploiter.

Une fois de retour chez lui, il fut satisfait de voir qu’Erik, son majordome, avait pris soin de lui préparer quelque chose à manger, ainsi qu’à boire.

Ainsi, pendant qu’il savourait le délicieux vin en provenance de Gernie qui avait été décanté à son intention, il commença à rédiger d’une main sereine un nombre certain de courtes missives, toutes destinées à des agents directs du Conclave. Il était temps de faire un peu bouger les choses, et de faire basculer l’organisation de l’ombre vers le devant de la scène.

Les hommes étaient décidément plein d’heureuses surprises, se dit l’abject acteur, en rédigeant ses lettres d’une écriture soigneusement calligraphiées. Sauf celle à l’adresse de Doryan. Même pas sûr que ce type sache lire de toute façon.
Invité

On m'appelle Invité

Posté dans Re: [RPI]Le Champ des Possibles    - Ven 27 Fév 2015 - 17:39

La nuit était sur le point de tomber. Sur les hauteurs nébuleuses de Vuulte, là où les nuages de pollution étaient le plus épais, il était parfois intéressant de glisser un oeil à l’extérieur et de laisser s’exercer son sens de l’esthétisme. Sens que pour rappel, Valerian avait grandement développé.

Le sol de la ville et plus généralement les niveaux inférieurs disparaissaient dans des vapeurs épaisses, qui prenaient la couleur évanescente des luminaires allumés dans les rues. Des volutes soufrées, aux couleurs changeantes et inconstantes, qui s’élevaient paresseusement dans l’atmosphère. On ne voyait pas le sol, pas de l’appartement de Valerian en tout cas. Les effets lumineux qui transformaient la fumée en un curieux mélange d’or et d’encre suffisaient de toute façon à ravir l’oeil, quand on oubliait leur odeur et leur saveur viciée.

Quand elles atteignaient une hauteur suffisante, elle s’épaississaient au lieu de disparaître, et laissaient à peine traverser les rayons du couchant qui s’amenuisaient peu à peu à l’ouest, où donnaient les fenêtre du salon. Ces fenêtres avaient été installées là non par manque de place, mais pour que la température reste fraîche et revigorante toute la matinée, et que la lumière envahisse la pièce à partir du zénith, laissant ensuite derrière elle un souvenir chaleureux et une température relaxante une fois la nuit tombée. C’était un beau travail d’artiste et d’ingénieur que voilà. De fait, à ce moment précis de la journée, la température était douce à l’intérieur. Exactement comme Valerian l’appréciait. Vuulte était la ville de la brume des industries, mais laissait voir à qui savait observer des spectacles picturaux à vous tirer les larmes.


«Erik, apportez-moi une carafe s’il vous-plaît.»

La voix calme et mélodieuse de Valerian rompit un silence de plomb. Immédiatement, le majordome d’âge mûr s’exécuta. Il était en réalité bien plus que cela. C’était une nécessité. Tout d’abord, un bon bourgeois possédait forcément des domestiques. Bien que cela fut tout à fait dispensable, Valerian s’est vite rendu compte que les bourgeois tentaient d’abattre chacune des barrières les séparant des Marchands, quitte à sacrifier la moitié de leurs revenus en domestiques et autres futilités du même genre. Qui plus est, Valerian avait besoin d’une personne qui puisse se charger de transmettre les courriers urgents, quelqu’un qui serait dans la confidence, qui ne parlerait pas, et qui pourrait garder la maison quand il n’était pas là. Elle contenait bien trop de secrets pour être laissée sans surveillance, et lui-même commençait à acquérir une notoriété qui nécessitait une certaine sécurité autour de ses biens.

Erik était l’homme parfait pour cela. Sous ses habits chics et parfaitement lisses, ses airs de vieil homme placide cherchant juste à percevoir sa solde après son travail, et sous ce masque taciturne, se cachait un redoutable tueur en série récidiviste, qui s’attaquait… aux enfants. Curieux et odieux personnage, mais Valerian avait su lui refaire une jeunesse en lui offrant se de mettre à son service. Il était assuré de la fidélité de cet homme car de leur lien dépendait sa liberté (et sa vie, accessoirement). Quand il l’avait ramassé, il n’était guère plus qu’un souillon quasiment dénué de vie, aux cheveux ébouriffés, empestant l’odeur des fumées nauséabondes de la ville, la sueur et la crasse. Un clochard dans toute sa splendeur. Valerian ne l’aurait peut-être même pas remarqué si animé par le désespoir, l’homme ne s’était pas jeté sur lui comme un chien famélique sur une proie sans défense.

Quelques semaines plus tard, Erik voyait sa chevelure poivre et sel parfaitement peignée et coupée, il était entièrement rasé et ses nouveaux habits le rajeunissaient de vingt ans facilement, en plus de lui octroyer cette étrange prestance propre à la sobriété des serviteurs.

Le vieil homme était vite devenu indispensable à la vie quotidienne de Valerian. Pas tant pour le service (un coup sur deux Valerian cuisinait lui-même), que pour l’efficacité d’Erik à se déplacer pour transmettre des messages, et pour sa puissance de travail. Il pouvait passer des heures à faire des allers retours, récupérer des courses, transmettre des ordres de dernière minute ou au contraire annuler ceux-ci. Cela ne dérangeait Valerian que dans une seule mesure : si quelqu’un devenait indispensable, c’était dangereux. Ne pas pouvoir se séparer de quelqu’un n’importe quand sans réfléchir était une source potentielle de problèmes. Mais en attendant, il se félicitait de son idée (comme toujours).

«Je n’ai toujours pas pu joindre Aris… Je te donnerai un paquet de missives, tu iras les déposer sur chacun des points de réception qu’il utilise. J’ai besoin de lui rapidement. Quant aux autres, ils ont tous reçu leur liste d’instruction ?

- Chacun des Metteurs en Scène, oui. J’ai également profité de ce que j’étais à l’extérieur pour récupérer les rapport des Dramaturges, au Centre. Ils sont à l’étage, sur votre bureau.

- Excellente initiative, comme toujours. Je m’occuperai de ça plus tard.»

Il réfléchissait à toute allure depuis une semaine, à tel point qu’il en avait le tournis de temps en temps. Depuis le coup d’état, des courants souterrains s’étaient mis en branle, rapidement, puissamment, et devenaient incontrôlables. Valerian doutait que les instigateurs de la révolte se soient doutés une seule seconde des conséquences totales de leurs actes. Evidemment, leur objectif principal avait été atteint, mais il oubliaient souvent qu’une société était une médaille, et que sa face dorée possédait sa part d’ombre, son revers. Le crime et la pègre étaient le revers de la clinquante société matroscienne, et la démocratisation du dit crime serait une conséquence des nouvelles libertés populaires promulguées récemment. Ce qui était normal. S’attaquer à des proies immobiles comme les citoyens ou les bourgeois représentait peu d’intérêt. En revanche, une proie en mouvement était systématiquement la cible favorite de son prédateur, et les gains d’importance de certaines personnes au sein du pays allaient motiver les criminels à s’activer. Les criminels intelligents et organisés, s’entend. On ne parle pas des petites frappes qui s’amusent à violer la gueuse ou à ces bandits de grand chemin qui pillent les voyageurs simplement pour voir de quoi se saouler à s’en brûler le foie chaque soir. On parlait là des criminels ambitieux, qui visaient par l’illégalité et les chemins de traverse les courants secrets du pouvoir et de l’argent, qui dans l’immoralité trouvaient le moyen de se rendre aussi indispensables à la société que l’était Erik pour Valerian.

C’était justement le projet du jeune Parhelion. Se rendre indispensable. Son intelligence et son habileté en affaire étaient déjà reconnues. Il n’avait certes pas prévu que le coup d’état allait arriver aussi vite, mais savait que le Gouvernement tel qu’il était il y a encore une semaine ne tiendrait pas. C’était nécessaire. L’oppression appelait systématiquement à la révolte. Et ce serait probablement la même chose à Korrul, où l’asservissement des bannis sévissait. Ils se lèveraient et se retourneraient contre leurs fouets. Ainsi, Valerian avait pu, en écoutant les discussions, en amassant des informations, plus ou moins anticiper le coup, assez pour ne pas se retrouver pris au dépourvu avec les brusques changements qui s’étaient ensuivi. Chacun des membres dirigeants du Conclave savait ce qu’il avait à faire.

Les marionnettistes qui contrôlaient pantins et hommes de paille allaient devoir redoubler d’efforts et ne surtout pas relâcher leurs prises, et par dessous tout, les informateurs du Conclave allaient devoir mettre les bouchées doubles pour identifier les cibles les plus profitables de l’organisation. Quelques unes, à Vuulte, parmi les commerçants les plus éminents de la cité et non rattachés à la caste Marchande, étaient déjà sous contrôle indirect, ce qui facilitait grandement les choses.

Mais pour permettre une certaine expansion, ainsi qu’un poids réel dans la nouvelle politique Matroscienne, il allait falloir des têtes directement dans l’arène, à savoir le Sénat, afin de permettre au reste de l’organisation de s’étendre en fonction des directives politiques qui se prendraient en haut lieu.

Tout d’un coup, Korrul devenait une histoire bien plus exotique et lointaine qu’elle ne l’avait été il y a quelques jours. Mais le jeu ne faisait que commencer, et il promettait d’être terriblement amusant.
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