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[RPFB] Jusqu'à la mort nous espérons toujours

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Peuplade

On m'appelle Jorgga Nöhreim


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RANG: Fjölan Kallhärta, Kjeld Nörheim, Krav Shen'Mäga
VILLE & APPARTENANCE : Hallëby - Trappeur du clan Nöhreim
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AGE : 24
INSCRIT LE : 25/02/2015
PSEUDO HABITUEL : Momo
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Posté dans [RPFB] Jusqu'à la mort nous espérons toujours   - Ven 6 Mar 2015 - 17:39

Cinq jours durant, la petite fille ne parvint à chasser de son esprit la vision de sa mère inanimée dans la neige, le crâne fendu en deux par la hache d'un Déserteur. Cinq jours pendant lesquels elle revécut l'immense douleur qu'elle avait éprouvé lorsque l'épée de l'un de ses compagnons de route s'était plantée dans la chair de son épaule, lui arrachant un cri d'épouvante. Ils l'avaient jeté tel un vulgaire déchet dans le fond d'une crevasse des Chaînes de Perceciel, la condamnant à ne jamais revoir la lumière du soleil. Et à présent, Jorgga ne pouvait presque plus respirer.

De sa gorge ne sortait plus qu'un filet de voix. Le corps douloureux, elle s'était réfugiée au plus profond d'elle-même, là où la peur et les remords ne pouvaient l'atteindre. Longtemps avant, elle avait pleuré, mais à présent, elle n'avait plus de larmes. Le chagrin et la douleur avaient cédé place à un sentiment qu'elle n'avait jamais éprouvé auparavant : la haine. Avec une seule pensée : survivre ! Survivre à tout prix, pour qu'un jour, ces êtres immondes paient leurs crimes par le sang. Elle leur trancherait la gorge. Elle le savait...et vivait uniquement pour ce moment.

- A l'aide...

Qui l'entendrait ?

Le souffle court, elle tenta alors de grimper...sans succès. Elle essaya de s'étirer pour rechercher des prises du bout de ses doigts, mais retomba aussitôt. La tête lui tournait, son coeur battait de manière désordonnée et elle suffoquait. Son sang s'écoulait sans fin, goutte par goutte, le long de la glace immaculée, la vidant des peu de forces qu'il lui restait.

- Pas maintenant...
Invité

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Posté dans Re: [RPFB] Jusqu'à la mort nous espérons toujours   - Sam 7 Mar 2015 - 5:06

Le crissement des pattes du wyrmide dans la neige et le bruit du vent glacial dans ses oreilles, qui lui brûlait chaque parcelle de peau découverte, le grisait. Il aimait cette sensation. Il se sentait libre, surtout. Et loin de tout. Il n’aimait pas les gens de son village. Malgré sa réussite au labyrinthe… C’était très énervant. Il avait mis du temps, mais il en était sorti bon sang. Le fait qu’il revienne avec la Kyynel… C’était peut-être à cause de ça. Il ne savait pas. Mais ses reptiles, eux, étaient contents de le revoir. Alors ça lui allait bien comme ça.

Il était parti dans les montagnes pour chasser, et entraîner Seþ à flairer et identifier les proies. Pas pour les chasser, mais pour sentir ou non le danger, et d’éventuels amis. Ou les proies sans intérêt, également. C’était un travail long et difficile, qu’il réservait uniquement aux wyrmides qui excellaient dans l’art de la chasse. Nativement. Seþ était très doué pour ça. Cela devait durer encore un moment, mais il n’était pas pressé de rentrer.

Sa course s’arrêta net quand le wyrmide flaira une odeur. Celle du sang. Il fit une embardée et tourna brusquement la tête vers l’est, manquant de désarçonner son cavalier. Il émit un claquement de langue mécontent et descendit, pour fixer sa monture droit dans les yeux.

«Ne refais jamais ça.»

Le wyrmide soutint son regard quelques secondes, puis devant l’air menaçant du jeune Erfeydien, baissa les yeux. Le reptile n’aimait pas mettre son dresseur en colère. Il n’aimait pas recevoir des coups. Ca lui abîmait le museau. Il devait le plonger dans la glace pour le refroidir ensuite. C’était désagréable.

D’un sifflement sec, le dresseur lui ordonna de le guider jusqu’à la source de l’odeur. S’il y avait du gibier mort quelque part, et qu’il était assez frais pour que son sang n’ait pas été nettoyé par les animaux qui peuplaient la montagne, alors il devait le récupérer. Il ne lui restait plus que des lamelles de nageombre séchées. Et si les wyrmides en raffolaient, Krav le préférait grillé. Séché, c’était infect. Nourrissant certes, mais proprement immonde.

Cela leur prit quinze minutes, à pieds. Il n’était pas mécontent de se dégourdir les jambes, même si l’épaisse couche de neige ralentissait nettement sa progression. Il finirent au bord d’une crevasse. Et effectivement, la première chose que Krav vit en contrebas c’était une tâche rouge, qui avait déjà gelé par endroits. Mais pas de gibier, juste… quelqu’un. A cette distance, pas moyen de savoir si c’était un homme, ou une femme. Il lâcha un petit soupir déçu. Pas de viande.

«Désolé Seþ. Reste ici, je reviens.»

Prenant garde à ne pas glisser, il descendit, prudemment, pas à pas. Les prises sur les parois étaient recouvertes de glace, et plusieurs fois il manqua d’aller la rejoindre par le chemin le plus court : la chute. Et les wyrmides étaient de mauvais spéléologues.

Une fois près du corps, il se rendit compte que non seulement c’était une enfant, mais qu’elle était encore en vie (un petit trou dans la neige près de son visage indiquait un souffle régulier qui l’empêchait de geler), et gravement blessée.

Il dégagea la neige autour et sur elle, puis s’accroupit à son côté. Avisant la blessure, il n’attendit pas son avis, et sortit des bandes de tissu de la besace qu’il avait sur lui. Il en prenait toujours quand il chassait. Ses wyrmides se blessaient parfois, ou le blessaient lui-même quand ils n’étaient pas encore dressés. Et les engelures étaient une menace difficile à éviter dans ce cas. Pour elle, c’était carrément le risque de perdre son bras. La chaleur du sang ne suffirait pas à empêcher le gel de faire pourrir les chairs aux abords de la plaie. Ecartant un peu le cuir pour observer la tête de la blessure, il vit qu’effectivement, la peau commençait à jaunir. Pas bon du tout.

Il préleva quelques feuilles séchées dans son petit sac, et les mâchonna un moment pendant qu’il réchauffait les bandages en les frottant vigoureusement contre ses mains. Ces feuilles servaient à plusieurs choses. Pour les malheureux qui se faisaient mordre par un reptile sans être immunisé à leur poison, ça atténuait ses effets le temps que le corps l’évacue. Et son autre usage était d’aider les écailles à se réparer. Ca anesthésiait un peu (un tout petit peu) localement, et ça aidait à cicatriser. Ca serait insuffisant - il avait vite compris que la plaie était profonde et pas naturelle - mais ça éviterait à son bras de tomber d’ici quelques jours.

Il déposa la bouillie chaude de plantes séchées sur la blessure, étalant au maximum et évitant d’en mettre à l’intérieur, puis serra avec le bandage, fermement, mais pas trop pour éviter de lui briser le bras. Cela serait probablement douloureux, mais à son âge… Elle supporterait, tant pis.

«Hé, petite. Ouvre les yeux.»

La pâleur de la gamine l’inquiéta. Il prit une lamelle de nageombre, et la découpa en petits morceaux. Il lui fallait de l’énergie.

«Petite, tu m’entends ?»
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Peuplade

On m'appelle Jorgga Nöhreim


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Posté dans Re: [RPFB] Jusqu'à la mort nous espérons toujours   - Sam 7 Mar 2015 - 13:44

- Ma...maman...

Jorgga entendit un murmure plaintif dans le lointain, un son rauque, répétitif, le râle de détresse d'un homme inconnu...Elle essaya de parler, mais en vain. Elle s'efforça alors d'ouvrir les yeux, mais elle ne vit qu'une lueur grisâtre alternant avec l'obscurité opaque de son tombeau. Elle ne savait plus où elle se trouvait - l'avait-elle seulement su ? - et ignorait que le son qu'elle percevait était en fait la voix de l'un des siens.

Des heures, des jours entiers s'étaient écoulées, sembla-t-il, avant qu'une voix ne lui parle dans les ténèbres, avant que quelqu'un ne la trouve. Mais que disait-elle au juste ? Jorgga ne pouvait pas distinguer les mots. Quelqu'un murmurait son nom, là, quelque part, la tirant hors de l'inconscience, l'entraînant malgré elle vers la vie qui avait failli s'échapper de ses mains...Elle préférait se laisser sombrer vers l'obscurité et le silence, mais la voix faible qui lui parvenait difficilement ne la laissait pas partir.

Il l'appelait. Petite ?

Elle commençait de nouveau à ressentir la douleur. On eût dit qu'un Shaas se débattait en elle et la déchirait de part en part. Par delà la douleur, Jorgga savait que quelque chose d'horrible était arrivé. Quelque chose d’innommable. Finalement, elle ouvrit les yeux mais la blanche de la glace l'aveugla. L'air désertait ses poumons...et soudain, tandis que la douleur l'irradiait toute entière, elle se rappela pourquoi elle était ici...et aperçut pour la première fois les traits sévères du visage de son énigmatique compagnon d'infortune.

- Je ne veux pas mourir.

Les premières larmes coulèrent, gelant instantanément en contact du sol neigeux.

- Tu vas m'tuer ? T'es leur ami ?
Invité

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Posté dans Re: [RPFB] Jusqu'à la mort nous espérons toujours   - Lun 9 Mar 2015 - 7:59

Au début, il ignora les paroles de l’enfant. Elle ferait mieux de la fermer, elle était assez faible comme ça. Il s’assura d’abord que son bandage de fortune était bien fixé, avant de chercher un moyen de remonter en ramenant la gamine avec lui. C’était déjà miraculeux que la gamine soit encore en vie après une telle chute, il n’avait pas vraiment envie de se gauffrer une nouvelle fois, au risque de l’achever.

«Je n’ai pas d’amis. Tais-toi, maintenant.»

Il finit par trouver une idée. Il détacha son manteau, et hissa l’enfant sur son dos. Elle ne pesait presque rien, les carcasses de nageombres étaient nettement plus lourds. Elle avait perdu beaucoup de sang. Mieux valait se dépêcher, elle avait déjà un pied dans la tombe.

«Accroche toi avec ton autre bras. Je vais pas te tuer.»

Il rattacha ensuite le manteau, le serrant bien au niveau du col et de la taille. Ainsi, la petite était emmaillotée contre lui, et ne risquait pas de tomber. Il étouffait légèrement, mais cela suffirait pour retourner au sommet du ravin. Intrigué, le wyrmide les observait, se demandant probablement pourquoi son maître ramenait une proie déjà à moitié crevée. Autant la tuer tout de suite non ?

L’ascension fut longue, et périeuse. Descendre c’était assez simple. Mais en remontant, il s’aperçut à quel point les prises étaient fragiles. Par trois fois, il brisa un affleurement gelé qui n’était constitué que de glace, manquant de peu de finir en bas, la fillette écrasée sous sa lourde carcasse. Ce qui, heureusement, n’arriva pas.

Après vingt minutes fastidieuses et épuisantes, il parvint au sommet de la crevasse. Le reptile vint renifler et goûter de la langue ce que ramenait Krav, et déçu de sentir l’humain, se posta en retrait. Il n’avait pas le droit de manger de l’humain. Surtout les vivants.

Krav alla jusqu’au reptile et prit dans la sacoche accrochée à la selle une petite flasque, ou tout du moins une gourde en bois entourée de mousse isolante, et solidement fermée par un bouchon de corne entourée de ficelle. Le meilleur moyen en cas de gros froid aux Erfeydes était encore de se réchauffer de l’intérieur. Et la petite ne devait surtout pas dormir. Les températures étaient atrocement basses, et le sommeil loin de tout signifiait la mort. Il déboucha la gourde, déposa l’enfant au sol, lui laissant le manteau sur les épaules.

«Bois. Tu es faible, il fait froid. C’est très fort, mais ça te donnera un coup de fouet. Et ça réchauffe.»

La gourde contenait un alcool fait maison par Krav. La graisse de nageombre était sucrée, et mise à fermenter avec de la sève d’Erhpi, un arbre poussant un peu partout sur l’île, elle donnait un alcool entêtant, puissant, mais il réchauffait abondamment et n’avait pas mauvais goût. La graisse et la sève fermentée lui donnaient un petit arrière goût boisé, tandis que les lampées laissaient un agréable goût caramélisé sur la langue. Bon, les enfants n’étaient pas vraiment aptes à l’apprécier. Mais il était question de survie, après tout.

«J’ai à manger aussi. Qui tu es ?»

Le regard émeraude et perçant de Krav ne la quittait pas des yeux. Il ne s’était pas vraiment posé la question de savoir ce qu’il s’était passé. Mais il ne pouvait pas laisser une enfant en proie aux griffes du froid et du gel, peu importe d’où elle venait. Et il doutait qu’à son âge, elle soit bannie. Les Erfeydiens étaient durs, mais respectaient la vie. Et celle des enfants étaient précieuse. Sauf celle du jeune homme, visiblement.
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Posté dans Re: [RPFB] Jusqu'à la mort nous espérons toujours   - Ven 13 Mar 2015 - 4:08

Enfin, elle était sortie. Et pour la première fois depuis des jours, elle revoyait la lumière du soleil. La faible chaleur de ses rayons invisibles semblait l'appeler. Mais elle eut à peine le temps d'entrapercevoir l'astre de feu. D'un seul coup, tout s'obscurcit et les nuages gris sombre annoncèrent la chute prochaine de neige ou la venue d'une tempête. Le cœur de la petite fille se serra d'angoisse tandis que l'homme lui faisait boire l'horrible mixture que contenait sa gourde. Si la neige tombait sur l'Ile Blanche, ses chances de retrouver sa mère dans les Chaînes de Perceciel seraient à jamais réduites à néant.

- Jorgga...du clan Nöhreim.

L'homme était grand, tout habillé de peaux. Il avait une beauté inimaginable, non parce que les muscles de ses bras feraient tomber plus d'une jeune femme du village, mais parce qu'il était différent. Ses longs cheveux blancs rappelaient la neige des plus hauts sommets des Chaînes de Perceciel. Peu d'Erfeydiens avaient cette particularité aux Erfeydes. Le blond, le brun, le châtain et même le roux prédominaient au blanc, plutôt réservé à ceux qui parmi le peuple du froid, survivaient plus d'une quarantaine d'années. Quant au vert de ses prunelles, sans nul doute le Lulubiale ne brillerait pas autant de vie et de ténacité.

- Faut qu'on...trouve ma mère...elle saignait beaucoup....elle bougeait plus, mais j'suis sûre qu'elle...s'il-te plait...j't'en prie, faut qu'tu la trouves.

Un premier flocon de neige lui embrassa le bout du nez.
Et s'il avait déjà neigé ? Et si depuis tout ce temps qu'elle avait passé au fond de la crevasse, le corps de sa mère s'était retrouvé enlisé sous plusieurs mètres de neige, réduisant à néant toute chance de la retrouver, de la sauver ? Et si un carnivore s'en était déjà pris à elle ? Et si ces hommes l'avaient emmené ? N'était-elle déjà pas morte, lorsqu'elle l'avait aperçu aux pieds de ses agresseurs, le crâne fendu en deux et le regard vide de toute vie ? Prise de panique, la petite fille toussa, puis cracha quelques gouttes de sang.
Invité

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Posté dans Re: [RPFB] Jusqu'à la mort nous espérons toujours   - Sam 14 Mar 2015 - 7:40


Krav n’avait vu personne, quand il était descendu dans la crevasse. Personne à part elle, en tout cas. Mais d’un autre côté, un épais manteau de neige recouvrait déjà le fond du ravin. Elle était peut-être coincée sous la glace. Mais si tel était le cas, il y avait peu de chances qu’elle ait survécu. La neige était peut-être plus légère que la terre, mais elle étouffait aussi sûrement que cette dernière. Krav posa sa main sur la tête de la fille, et resserra son manteau autour de ses petites épaules. Il fallait qu’elle la boucle, décidément.

«Tais-toi, je t’ai dit. Commence par te réchauffer. J’irai voir.»

Phrases courtes sans intonations particulière. Son ton était peut-être un peu plus doux qu’à l’accoutumée, vu qu’il avait en face une enfant, qui n’avait probablement pas mérité son sort. La question de son destin funeste, évité de justesse, avait justement soulevé une vague de colère en lui. Sa blessure n’avait rien de naturel. Si un prédateur l’avait attaqué, elle ne serait même plus là, il n’aurait retrouvé que des chairs pourrissantes et des os soigneusement rongés. Cette blessure avait été faite par une arme. Il ne savait pas qui avait été assez lâche pour porter un coup à une enfant, mais qu’il ne se trouve pas dans les parages, sinon il goûterait des crocs de son wyrmide et de ses poings. Que deux Erfeydiens se battent autant qu’ils le veulent pour le motif voulu. Mais on ne frappait jamais un enfant. Pour le corriger, oui, à la limite, Krav en avait bien bavé durant son enfance. Mais une lame… Ce n’était pas une faute qu’il convenait de pardonner.

Il prit dans la sacoche pendue à la selle du Wyrmide une lanière de nageombre séchée, et la mit entre les petites mains de Jorgga.

«Mange. Seþ restera avec toi.»

Il saisit la fiole remplie d’Ithylium accrochée à la ceinture de son pantalon, et en retira le bouchon de corne qui protégeait le liquide sacré. Peu après, un sifflement suraigu mais étonnamment mélodieux et cristallin sortit d’entre ses lèvres. Le wyrmide réagit aussitôt, et vint se placer près d’eux, en protecteur. Satisfait, Krav lui flatta l’encolure.

«Il est gentil. Si tu aperçois quelque chose, appelle moi.J’ai l’ouïe fine, je t’entendrai.»

Il rouvrit la sacoche, et y prit cette fois un épais paquet de tissu. Il faisait vraiment un froid ignoble, et son manteau le plus chaud était actuellement sur les épaules de Jorgga. Il mit néanmoins celui-ci, cousu entièrement en cuir pour couper le vent des tempêtes qui éclataient assez régulièrement en cette saison.

«Je reviens.»

Grelottant et serrant fermement la pièce de cuir autour de ses épaules, il repartit dans le vent et la neige en direction de la crevasse. Il n’avait vraiment pas envie de descendre. Mais s’il restait une personne là dessous et qu’elle était vivante… Il ne pouvait pas la laisser là, c’était aussi simple que ça.

Curieusement, la descente lui parut bien plus facile qu’à l’aller. Maintenant qu’il savait où étaient les prises les plus traîtres et celles qui tiendraient le coup, il y avait peu de risque qu’il se vautre au fond.

Il fouilla l’épaisse couche de neige pendant une quinzaine de minutes avant de trouver ce qu’il cherchait. On l’avait probablement balancée là comme sa fille. Il eut une lueur d’espoir en apercevant les pieds bottés, recouverts d’une fine pellicule de givre. Ils ne bougeaient pas. Il s’accroupit, et déblaya la neige à grands coups de main frénétiques, ignorant ses doigts violacés qui hurlaient au supplice en franchissant les barrières de givre.

Il ne put retenir un haut le coeur et un mouvement de recul instinctif quand il aperçut le visage de la femme. Enfin, ce qu’il en restait. Une profonde entaille séparait littéralement son crâne en deux. Le coup avait été si violent qu’aucune chair ne retenait les deux parties du visage. Le sang et la matière cérébrale avaient déjà gelés, et ses yeux étaient recouverts d’une pellicule pâle, celle des morts. Une seconde vague de fureur le secoua, quand le dégoût s’atténua. Qui, pourquoi, comment ?! Même pas de sépulture digne de ce nom… Les impies et brutes qui avaient fait ça méritaient pire que la mort. Et il ne voyait guère que les déserteurs pour un coup pareil. Les hommes des clans et factions étaient brutaux et sans pitié pendant les guerres d’influence, mais ils avaient le respect de leurs adversaires. Le sang versé était honoré, et on s’occupait de ses morts.

Même morte, il ne pouvait pas la laisser là. Il retira une fois de plus son manteau, et l’enroula solidement autour du corps, évitant de regarder son visage ravagé. Une fois que chaque parcelle de peau fut recouverte, il retira sa ceinture et l’enroula autour du cadavre. Forçant sur ses bras, il la hissa sur son dos, et se servit de la ceinture comme d’un harnais qu’il passa autour du torse. Contrairement à sa première remontée, elle ne pouvait pas vraiment s’accrocher à lui.

Il fut de retour auprès de Jorgga presque une heure après. Le poids de la défunte était nettement plus élevé que celui de sa fille ,et le vent ne cessait d’empirer. Il avait les membres perclus de courbatures, et ses mains avaient saigné pendant l’ascension. Quant au cadavre, il reposait pour le moment au bord de la crevasse, à plusieurs mètres pour éviter que les rafales ne le fassent basculer.

«Petite Jorgga. Je l’ai trouvée. Mais… Je suis arrivé trop tard, je suis désolé. Il faudrait l’enterrer, mais le sol est gelé. Je vais brûler le cadavre, pour qu’elle puisse reposer en paix. Veux-tu te recueillir un moment auprès d’elle ? »

Krav ne lui épargnait aucun détail, mais il aurait été mal aisé de lui mentir. Il ne voyait pas quoi dire d’autre que la vérité, de toute façon. Une chose était sûr, il ressentait une forme de peine pour cette fille, qui s’était faite arracher sauvagement sa mère. Les questions viendraient sûrement plus tard, mais pour l’heure, elle avait le droit de pleurer et d’être triste. Le retour allait être long, ils auraient tout le temps de discuter ensuite.
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Peuplade

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Posté dans Re: [RPFB] Jusqu'à la mort nous espérons toujours   - Dim 15 Mar 2015 - 15:17

Abasourdie par les paroles du guerrier, la petite fille se traîna jusqu'au corps de sa mère, enveloppé dans une couche épaisse de peaux et de cuir, tels que l'avaient été tant d'autres morts avant elle, avant qu'ils ne rejoignent la terre d'où ils venaient. Elle essaya en vain d'extirper son corps de son habit de mort, puis, inexorablement, les premières larmes s'écoulèrent de ses yeux. Elle s'accroupit et resta ainsi, immobile et hébétée.

Pour la toute première fois de sa vie, elle ressentit la solitude, l'abandon et le désespoir.
Et elle pleura. Elle pleura aussi fort que sa joie avait été intense lorsque sa mère l'avait invité à participer à une partie de chasse à ses côtés. Elle pleura sans retenir ses sanglots. Elle hurla sa souffrance, incapable de contenir tant de douleur. Elle crut mourir, une seconde fois. Puis, épuisée, elle se laissa tomber sur le cadavre de sa mère et livra son corps aux derniers spasmes qui la submergeaient.

- Non... dit-elle en voyant le chevaucheur de Wyrmide s'approcher. Ne la touche pas.

Malgré ses blessures, malgré sa fatigue, Jorgga s'accrocha fermement à sa mère. La tristesse laissait peu à peu place à la haine. Elle se jura qu'un jour, ils paieraient. Quel que soit le temps que cela lui prendrait, ces hommes regretteraient d'avoir assassiné sa mère. Ce jour là, les larmes changeraient de joues.

- Va-t-'en.
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Posté dans Re: [RPFB] Jusqu'à la mort nous espérons toujours   - Lun 16 Mar 2015 - 15:00

Il ne chercha pas à la réconforter, ni même à prononcer le moindre mot. Ces actes ne lui appartenaient pas. Il la laissa pleurer, silencieusement, frissonnant et grelottant même dans le froid. Il avait la température et la sécheresse de la mort. Lui n’avait jamais perdu qui que ce soit, mais à défaut d’avoir perdu un parent humain, son wyrmide le plus fidèle, le premier qu’il avait dressé, était mort en l’attendant à la sortie du Labyrinthe. Depuis, la Kyynel qui ornait son oeil montrait ouvertement sa honte d’avoir failli à sa mission. Pour lui, c’était le chagrin qu’il avait ressenti ce jour-là. Aucun homme ni aucune femme n’avaient été à son égard aussi affectueux que ce reptile, qui n’était, objectivement, rien d’autre qu’un animal destiné à être monté.

Il fit volte face et s’en alla, mais certainement pas pour respecter la volonté de Jorgga. Ils ne pouvaient pas rester ici. Ceux qui avaient commis ce massacre pouvaient peut-être revenir. Et le froid était trop fort. Il ne tiendrait pas le coup longtemps, sans vêtements chauds. Et hors de question de priver une enfant de celui qu’il lui avait passé.

Il ramassa quelques branches et quelques pierres dans les sous-bois près de la crevasse, où était resté le reptile, et s’acharna à faire prendre un début de feu. Si seulement son lien était de feu et non de vent… Au moins, la petite avait le temps de profiter de ses derniers instants auprès de sa défunte mère. Isolant le vent avec son propre lien - voilà qu’il se montrait réellement utile - il frappait les pierres les unes contre les autres dans l’espoir de produire une étincelle. Une autre branche, enroulée dans du tissu servant à faire des bandages, attendait près du petit tas de bois. Si ça prenait, il avait tout intérêt à être rapide s’il ne voulait pas que l’humidité et le vent conjugués ne l’éteignent aussi vite qu’il était apparu.

Il revint quinze minutes plus tard environ, sa torche en main. Son lien évitait au vent de souffler la flamme comme une vulgaire feuille morte. Il ne perdit pas de temps, et lâcha la torche éphémère sur le cadavre, au niveau des jambes. Il arracha ensuite la petite, fermement, à la morte, et la tint sèchement entre ses bras. Le rite devait être respecté jusqu’à la fin.

«Arrête de gémir et chante, Jorgga Nörheim. Le Gardien réclame son dû, ne le lui refuse pas.»

Le chant mortuaire s’échappa de sa gorge, et il alla même jusqu’à utiliser l’ithylium contenu dans sa fiole pour lui donner plus de profondeur et de sens, ainsi que pour l’aider à couvrir le bruit du vent. Il tenait la petite dos à lui, face au brasier qui faisait brûler le cuir et les tissus rapidement. Il y avait mieux comme cérémonie, mais il ne pouvait l’emmener ni l’enterrer. Au moins, les traditions étaient respectées. Avant de s’en retourner à la terre, les cendres voleraient longtemps au gré du vent.

Il chanta longtemps, jusqu’à ce que le corps ne soit qu’une carcasse fumante que les souffles puissants commencent à effriter. Sachant qu’elle ne bougerait que s’il l’y obligeait, il hissa la petite sur son dos, et siffla son wyrmide.

«Vers le nord, Seþ.»

Il se mit en marche, suivi par un Krav tenant fermement son petit fardeau dans son dos.

«Je te ramène chez toi. Quel est le nom de ton village ?»
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Posté dans Re: [RPFB] Jusqu'à la mort nous espérons toujours   - Ven 20 Mar 2015 - 5:19

- Hallëby... souffla-t-elle, la gorge nouée par le chagrin.

Il avait une belle voix. Forte, étendue et bien audible. Il s'exprimait avec facilité. Ses paroles étaient toujours claires et précises, quoiqu'un peu laconiques ; souvent même ses paroles allaient jusqu'à l'âme et y portaient la conviction, le courage et la fierté. Il avait bien chanté. Jorgga, elle, n'avait pu émettre le moindre son, la moindre parole, lorsque les flammes rougeoyantes dévoraient le corps sans vie de sa mère. Ses ancêtres s'étaient-ils offusqués de ne l'avoir entendu chanter les anciennes complaintes ? Lui tenaient-ils aujourd'hui rigueur de la faiblesse de son esprit ? Ou bien se joignaient-ils à son chagrin au travers des sons criards du vent entre les hauts pics des Chaînes de Perceciel ?

Les tourbillons violents et une bonne épaisseur de neige rendirent le chemin glissant et particulièrement périlleux. Ils avaient déjà parcourus une lieue lorsque la neige se mit à tomber à plus gros flocons. Le froid pénétrant, qui ferait serrer les dents de n'importe quel habitant de l'Ile Blanche, attaquait les habits et forçait chacun à se concentrer sur l'effort du moment. Jorgga ne fit pas exception, malgré l'épais manteau dont l'avait emmitouflé le guerrier et lorsqu'elle prit conscience du faible habit qu'il portait, elle l'entoura de son seul bras valide.

- T'es qui ?

La petite fille fut prise d'une violente quinte de toux. Incapable de reprendre son souffle, elle posa sa tête contre le dos de l'homme et s'y accrocha fermement, luttant contre le sommeil qui la gagnait à mesure que le froid et la fatigue l'affaiblissaient. Le village lui semblait lointain, alors qu'elle n'avait d'autre désir que de retrouver la chaleur de sa couche. Mais que dira-t-elle à son père ? Comment lui annoncera-t-elle la mort de sa mère, lâchement assassinée par un groupe d'hommes armés, alors qu'elle vagabondait seule dans les montagnes enneigées, déposant des collets telle une trappeuse aguerrie ?

- Que devrais-je leur dire...
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Posté dans Re: [RPFB] Jusqu'à la mort nous espérons toujours   - Lun 23 Mar 2015 - 15:04

Krav avançait d’un pas constant. Pas très rapide, sans être lent non plus. Il économisait ses forces. Seþ étant un jeune wyrmide, il ne pouvait les porter tous les deux, et la petite ne tiendrait pas sur les écailles glaciales du reptile. Il était forcé de se déplacer à pieds. De mémoire, il essayait également de se guider vers le village des Nörheim. Il chassait dans toute la région, et avait un excellent sens de l’orientation, mais la neige tombait incessamment et brouillait toutes les pistes, souvenirs, odeurs, paysages… Tout était couvert d’un manteau aussi blanc que les cheveux du jeune homme, décidément pas bavard.

Le reptile les suivait en retrait, jaloux du fardeau de Krav. On ne le portait jamais, lui… Il lâcha ronflement agacé, et vint se mettre devant eux. C’est lui qui mènerait le cortège

«Krav.»

Ce fut tout ce que le dresseur répondit à l’enfant. Il n’aimait pas s’étendre et allait certainement pas lui étaler sa généalogie. Il se concentrait sur le chemin, qui effectivement était devenu drôlement dangereux. La neige recouvrait vicieusement des plaques de glace qu’il était difficile d’anticiper, et les rochers eux-mêmes n’étaient même plus des appuis sûrs. La descente de la chaîne allait leur prendre un moment, même s’ils n’étaient qu’aux contreforts.

Il soupira. Elle avait d’étranges préoccupations. C’est de sa survie dont elle devait s’occuper pour l’instant. Krav avait fait de son mieux pour isoler ses blessures du froid et prévenir les engelures, mais il n’était certainement pas guérisseur. Les mystères de la chair lui étaient aussi étrangers que l’amour, ou le fait de voler.

«Arrête de bouger, j’arrive pas à te porter.»

Il ajusta la position de Jorgga dans son dos, et reprit la difficile descente. Il grelottait de froid, et ne voyait pas à dix mètres devant lui. Seulement, laisser une enfant mourir dans la montagne,si elle faisait partie d’un clan, était très loin au dessus de ses forces. Ils avaient encore quelques provisions, si le voyage s’éternisait, ça irait pour la nourriture, et dans un pays gelé, l’eau ne manquait pas. C’est la perte de sang de la petite qui l’inquiétait. Le sol d’où il l’avait ramassée en était plein. Peut-être pas que le sien, mais la quantité restait surprenante.

«Tu leur diras la vérité.»

Il réfléchit quelques secondes, puis s’expliqua, d’un ton parfaitement monotone. Mais doux.

«Tu aurais du mourir. Tu as survécu, ils écouteront. Tu ne seras pas punie. Une enfant n’aurait de toute façon rien pu faire contre des agresseurs. Tu as beaucoup de chance, Jorgga Nörheim.»

Il vit le wyrmide s’arrêter quelques secondes devant lui, puis sauter au dessus d’une plaque de neige normale. Krav imita le reptile, et constata que la plaque de neige n’était qu’un mince voile dissimulant une autre crevasse dans la roche.

Il faisait vraiment très froid.
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Posté dans Re: [RPFB] Jusqu'à la mort nous espérons toujours   - Mer 25 Mar 2015 - 5:27

Jorgga ne put résister plus longtemps au sommeil. Bercée par le rythme lent et régulier du souffle de Krav, elle laissa tomber un moment ses paupières. Lui apparut alors le visage de son père. Ses joues parsemées de cicatrices et de brûlures. Et ses grands yeux gris...Au village, il était un exemple de courage et de bravoure. Il portait sur son corps les traces des nombreuses batailles qu'il avait mené : celles qui l'opposèrent aux ennemis du village, dans un premier temps, puis les autres, celles qui le conduisaient inévitablement devant son atelier de tannerie chaque matin depuis près de trente-cinq ans.

- Non d'un Howok...Je n'arrive pas à y croire.
- Jorgga !

Une voix familière sortit Jorgga de son sommeil. Face à elle se tenaient deux hommes armés d'une lance. Derrière eux, deux imposants Jölgalt tiraient un chariot transportant un chargement de peaux et de nourriture. Elle reconnut parmi les deux guerriers son frère aîné, Dankrad, l'un des hommes du village les plus prometteurs dans la traque et la chasse. S'il sembla ravi de savoir sa sœur en vie après près de cinq jours de recherche effrénée dans les Chaînes de Perceciel, il ne se montra pas moins méfiant à l'encontre de Krav et de son Wyrmide.

- Jorgga, où est notre mère ? Ça fait des jours que nous vous cherchons toutes les...
- Dankrad, l'interrompit le vieil homme. 

L'homme alla chercher au chariot une épaisse peau d'Howok, et approchant doucement de l'inconnu, il la lui tendit, ne quittant jamais des yeux l'inquiétant Wyrmide à ses côtés. Si ce jeune homme et la petite fille avaient quittés le flanc de la montagne, il n'en restait pas moins un long chemin à parcourir avant de rejoindre le village d'Hallëby. Les questions viendraient plus tard.
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Posté dans Re: [RPFB] Jusqu'à la mort nous espérons toujours   - Sam 4 Avr 2015 - 5:26

Krav resta immobile quand les deux hommes lui tombèrent dessus. Il émit juste un claquement de langue sévère pour que le wyrmide fasse comme lui. Il ne fallut pas longtemps pour qu’ils prennent la parole, et que Krav comprenne donc qu’ils n’avaient pas de soucis à se faire : c’étaient des alliés, visiblement de la famille de la petite qu’il portait sur le dos. Et de toute façon, il doutait de pouvoir tenir encore debout s’il se concentrait sur autre chose que son petit fardeau. Il avait marché trop longtemps sans faire de pause, et malgré son exceptionnelle résistance au froid de l’île, il restait un être humain, considérablement affaibli. L’air et le vent avaient émacié ses traits, creusés des cernes violets sous ses yeux, et ses lèvres déjà pâles étaient gercées, leur couleur se confondait presque avec celle de sa peau claire.

Sans rien ajouter, il réveilla doucement l’enfant.

«Jorgga Nörheim. Réveille-toi.»

Il l’enroula doucement dans la peau qu’on lui avait donnée, et remit son manteau. Son wyrmide s’approcha prudemment, et vint se placer aux côtés du jeune homme, pour qu’il puisse prendre appui dessus. Il était à deux doigts de tomber dans les limbes. Après un profond soupir, il se tint droit. Il était un Vedskygge, il ignorait la faiblesse, et ne souhaitait pas la montrer devant eux. Les relations entre clans étaient parfois confuses, mais il savait pertinemment ce que les hommes de l’île pensaient des hommes de son clan. Fourbes, étranges, et parfois, on les traitait carrément de lâche alors qu’ils avaient simplement l’intelligence de se servir de toutes les armes qui étaient à leur disposition pour avancer, survivre, et vaincre.

«Elle est faible, blessée. Il faut la soigner rapidement.»

Il réfléchit quelques secondes, puis reprit.

«Elle et sa mère ont été attaquées dans les contreforts. Sa mère n’a pas survécu. Probablement des déserteurs. Les rites funéraires ont été respectés.»

Il s’appuya un peu plus fermement sur le reptile, qui darda rapidement sa langue en direction de son maître, inquiet. Il ne l’avait jamais vu dans cet état. Krav lui-même ne s’était jamais vu dans cet état.

«Dépêchez-vous de rentrer, je n’ai plus rien à faire ici si elle est en sécurité. Je dois rentrer à Vagarhaim, plus la force de chasser.»
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Posté dans Re: [RPFB] Jusqu'à la mort nous espérons toujours   - Jeu 23 Avr 2015 - 2:16

- C'est impossible. Tu cherches à nous trom...balbutia le jeune homme.
- Dankrad, fais taire ton chagrin.
- Jorgga, il ment, n'est-ce pas ? Jorgga, réponds-moi !

La petite fille cacha son visage sur l'épaule de Krav en pleurant doucement. Le vieillard prit alors seulement conscience de l'état de fatigue de l'homme qui avait sauvé l'enfant. Le froid alourdissaient ses traits. Son visage était si pâle, si blanc, que l'on pouvait deviner sous sa peau transparente quelques veines bleutées. Des cernes profondes jetaient une ombre violacée sous ses yeux d'un vert pâle, semblable au vert du pétale de la Fol'Etoile. Ses lèvres gercées se démarquaient à peine de son teint blafard.

- Je suis Ulv Nöhreim. Et voici Dankrad Nöhreim. Il est l'un des frères de la petite. Viens avec nous au village, petit, c'est à peine si tu tiens sur tes jambes. Retourner dans la montage dans ton état serait une folie.
- Tu n'y penses pas, Ulv ?! s'agaça le jeune homme.
- Tu lui dois la vie de ta sœur, chiure d'Elfrym, maintenant ferme-là.
- Qui me dit que je ne lui dois pas également la mort de ma mère ?

Incapable d'articuler le moindre mot pour défendre Krav des paroles empoisonnées de son frère, Jorgga serra sa petite main sur un pan du manteau de l'homme, comme pour l'assurer de la bienfaisance des Nöhreim, gâchée, malgré elle, par le chagrin et la méfiance d'un jeune homme brisé. De tous, il était sans doute celui qui, ces prochains jours, allait le plus souffrir de la mort de leur mère.

La petite fille sursauta lorsqu'elle vit le vieil homme s'approcher, et ce au détriment de la présence de l'un des plus dangereux prédateurs des Erfeydes.

- Donne-là moi. Je vais l'allonger dans le chariot.
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Posté dans Re: [RPFB] Jusqu'à la mort nous espérons toujours   - Ven 24 Avr 2015 - 9:33

Krav encaissa le tout sans sourciller. Ni même répliquer, alors qu’en temps normal, il se serait fait une joie d’apprendre la vie au jeune homme qui l’accusait de choses qui ne lui auraient jamais traversé l’esprit. Il n’en avait pas l’énergie. Et quelque part, son comportement ne l’étonnait pas. Il remerciait la confiance teintée d’une méfiance avisée du vieil homme, mais comprenait tout à fait la méfiance ouverte du frère de la petite. Après tout, il était un inconnu et avait annoncé sans détour la mort de leur mère. N’importe qui d’un tant soit peu sensé l’aurait soupçonné, même si sa façon de s’adresser à lui était… blessante. Mais pas plus que celle qu’avait son père de s’adresser à lui, rappelant constamment à quel point il était mauvais ou à quel point son frère et sa soeur étaient plus méritants que lui malgré leur âge nettement inférieur au sien. Obéissant à Ulv, il lui tendit la petite, en esquissant un petit sourire, bref mais réel.

«T’en fais pas petite Jorgga Nörheim, il n’est pas le premier. Ulv Nörheim, je te remercie de ton hospitalité. Je vous suivrai sur Seþ.»

Joignant le geste à la parole, il prit appui sur le reptile, qui s’ébroua doucement, et en profita pour remettre son manteau. C’est quand il ressentit une nouvelle fois la chaleur qu’il lui procurait qu’il comprit à quel point il avait été fou de traverser les contreforts sans aucune autre protection que les quelques cuirs qu’il portait dessous, dans les vents et la neige mordants. L’invitation d’Ulv, malgré les réserves de Dankrad, était une véritable bouée jetée à un naufragé. Et il s’en saisit sans plus hésiter.

«Faites attention à la petite, dit Krav dans un souffle, elle a été blessée. J’ai fait ce que j’ai pu mais je ne suis pas guérisseur.»

Il ne dit plus rien ensuite. Chaque fois qu’il ouvrait la bouche pour parler, il avait l’impression qu’une portion de vie s’échappait d’entre ses lèvres en même temps que les mots. Il n’avait pas conscience de son état, mais il était réellement désastreux. Il eut un bref ricanement intérieur en pensant à ce que son propre père aurait dit en le voyant. Probablement des insanités et d’acerbes remarques sur sa faiblesse, comme toujours. Si on oubliait, évidemment, le fait qu’il venait d’accomplir un exploit dont peu d’hommes pouvaient se vanter : traverser les montagnes à pieds, sans guide, avec pour seule compagnie une enfant blessée, un wyrmide sur lequel il ne pouvait pas monter, et le vent glacial de l’hiver. Ajouté à sa traversée réussie du Labyrinthe, stupide serait celui qui remettrait sa force de caractère en question. Cette idée contribua à le réchauffer un peu, au moins dans l’esprit.

Il laissa la direction du déplacement à Seþ, qui avait compris qu’il fallait suivre les deux hommes, et se contenta d’observer Jorgga, tout de même soucieux de son état. Elle aussi était forte de caractère malgré ses pleurs. La preuve, même si Krav l’avait entourée de toutes les protections dont il disposait et lui avait fourni la plupart de ses rations de nourriture, la traversée des montagnes, avec sa blessure, n’avait pas non plus du être une partie de plaisir. Elle deviendrait une sacrée guerrière se dit le jeune homme, les yeux mi-clos, et à demi-inconscient.
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Posté dans Re: [RPFB] Jusqu'à la mort nous espérons toujours   - Mar 19 Mai 2015 - 4:51

Le soleil commençait à décliner lorsqu'enfin, ils arrivèrent en vue de Hallëby.

C'était un petit village isolé, mais idéalement situé. Installé en plein cœur des plaines entre le Loch et les Chaînes de Perceciels, il entretenait des liens privilégiés et solides avec la ville d'Ystenhaim et les autres villages Shaas. Le Clan Nörheim, réputé pour ses talents dans la chasse, la tannerie et les chants guerriers, obtenait ainsi de leurs voisins tout ce dont ils manquaient : le bois, dans un premier temps, rare là où les plaines ne sont qu'une infinie étendue de neige ; et enfin l'accès aux métaux, essentiels à la fabrication d'armes suffisamment solides pour résister à des mois de guerre et percer la peau des animaux qu'ils traquent sans jamais faillir.

- Nous sommes arrivés, petite, marmonna le vieil homme. Tiens le coup.

Les Jölgalts tirant le chariot accélèrent le pas sous l'impulsion de leur maître.

Jorgga releva légèrement la tête, puis, lorsqu'elle reconnut son village, l'enfouie sous les peaux qui lui tenaient chaud, ravalant ses larmes. De là où elle se trouvait, et dans son état, elle distinguait à peine sa propre maison. Les enfants jouant à proximité de là, n'étaient qu'une forme floue se mouvant de gauche à droite, se regroupant et se séparant, pour ensuite mieux se retrouver. Jamais elle n'avait tant souffert de rentrer chez elle.

Alors, lorsqu'une grande main, douce et fine, chassa la peau de bête de son épaule, l'extirpant de sa cachette, Jorgga sursauta inévitablement. Effrayée, l'enfant s'agita, mais Dankrad s'assura rapidement qu'elle ne bouge pas davantage, laissant la femme à sa besogne. L'enfant hurla de douleur lorsqu'elle souleva le bandage. Elle hurla de douleur lorsqu'elle analysa la mixture avec laquelle Krav l'avait soigné. Puis hurla à nouveau lorsqu'un homme la souleva dans ses bras, ne pouvant, cette fois-ci, contenir ses larmes.

- C'est toi qui a fait ça ? demanda la femme, en se tournant vers Krav. C'est du bon travail. Grâce à toi, et si le Gardien le veut bien, elle survivra.

Jorgga distinguait à peine son visage, mais n'eut aucun mal à reconnaître le son de sa voix, lorsqu'elle s'adressa à Krav. Mareim Nörheim. La Hän du village, la mère des enfants avec qui elle aimait le plus jouer, lorsqu'elle ne traquait pas les animaux dans les Chaînes de Perceciel, et aussi, la meilleure amie de...

- Où est Ulrika ?
- Elle...commença Dankrad.
- Ce n'est pas à toi que je m'adresse. Où est Ulrika, étranger ?

Krav était aussi pâle que la neige qui recouvrait ses épaules. La femme lui tendit la main, ses yeux forçant les siens.

- L'as-tu abandonnée ?
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Posté dans Re: [RPFB] Jusqu'à la mort nous espérons toujours   - Dim 31 Mai 2015 - 13:38

L’étranger en question mit beaucoup de temps à réagir. Pas qu’il n’ait pas compris la question, mais le peu d’énergie qui lui restait s’envolait rapidement. Il voulait juste rentrer chez lui en fait, malgré la totale stupidité d’une telle envie, au vu de son état. Ses yeux s’etrécirent en entendant les questions qu’on lui posait. Il devinait facilement les sous entendus, et il n’aimait vraiment pas la menace qui filtrait au travers de la voix de la femme qui s’adressait à lui. Un bref souffle de sa part laissa s’échapper un nuage inconsistant de vapeur, qui disparut presque aussitôt. Il rassembla les quelques forces qui lui restaient pour répondre, et se remémorer chacun des évènements survenus dans les hauts pics qu’ils avaient traversés. Il retint son souffle un moment. Il savait très bien qu’il risquait d’être assez mal reçu s’il omettait des détails ou donnait simplement une réponse qui ne convenait pas. Il imaginait mal comment il pourrait finir dans un pire état, mais bon…

«La mère de la petite est morte.»

Il commença sur cette seule phrase, aussi dure et brutale qu’elle était vraie. Krav n’était pas à s’embarrasser de faux semblants, d’autant plus sur des nouvelles aussi graves. Il raconta alors chaque moment des journées qu’il avait passées là haut, le pourquoi de sa présence, ainsi que sa rencontre avec Jorgga, et la situation quand il la trouva. Bien malgré lui, il sentit ses muscles distendus et crispés par les efforts se tendre encore plus à la mention de ses souvenirs. Il avait trouvé une raison de plus de haïr les déserteurs. Il raconta aussi comment il avait guéri la blessure de la petite Nörheim, à l’aide des maigres ressources dont il disposait.

Son regard se voilait petit à petit, mais il ne lâcha pas l’affaire, et continua.

Il raconta comment il redescendit dans la crevasse pour aller chercher la mère de l’enfant, et il décrivit tous les signes indiquant sa mort, à commencer par son état de congélation avancée, son absence de pouls et de respiration, et les blessures mortelles dont elle avait été victime. Il savait que la petite était là, mais n’épargna aucun détail, à personne.

Il sentit sa tension chuter brutalement. Un froncement de sourcils. Il se fit violence, et continua sur sa lancée.

Il raconta comment il l’enroula dans les quelques tissus dont il avait la possession, à savoir un manteau de peau et de fourrures, et comment, n’ayant pu crever la glace à l’aide de sa seule force, il avait brûlé le cadavre, en obligeant la petite à assister aux funérailles improvisées. Il avait chanté, pour l’accompagner jusqu’au Gardien, où elle reposerait en paix. Il avait bien veillé à ce que même les os finissent par carboniser, ne laissant qu’un tas de cendres fumantes, et bien vite emporté par le vent hivernal dans les hauteurs des Perceciels. Puis il évoqua son voyage. Son ton faiblissait nettement, mais il ne s’arrêta que lorsque sa conscience le quitta, pile au moment où il narrait sa rencontre avec les deux hommes.

Son reptile eut de bons réflexes et amortit la chute de son maître, qui n’avait décidément guère plus d’énergie et de vivacité qu’un mort, et couina brièvement. Il n’avait jamais vu ça chez Krav.
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Posté dans Re: [RPFB] Jusqu'à la mort nous espérons toujours   - Mar 2 Juin 2015 - 7:58

- Ulrika est morte ?

L'homme s'effondra comme une poupée de chiffon. A la vue de son corps inerte, nul ne bougea, attendant dans le silence les ordres de la Hän Nöhreim. Il y avait de la mauvaise humeur dans ses sourcils froncés. Elle n'était pas heureuse de ce qu'elle venait d'entendre et ne semblait croire aux propos du jeune cavalier. Les accepter comme une vérité immuable, une triste réalité, allait lui demander beaucoup de courage, de bon sens et surtout d'un peu de temps. Et sans doute davantage à la petite Jorgga, qui, s'il disait vrai, avait vécu l'une des expériences les plus traumatisantes de sa jeune existence.

- Ulv, tu peux l'accueillir chez toi le temps qu'il se rétablisse ? l'interrogea Mareim, la gorge nouée par le chagrin. Nous lui devons la vie de l'un des nôtres.
- Vous le croyez ? s'emporta Dankrad.
- Ma maison sera la sienne le temps qu'il faudra.
- Bien.

Krav était affaibli. Tout le monde pouvait s'en rendre compte. Les peaux de Jölgalt ne semblaient plus en mesure de réchauffer sa peau. La fatigue habitait chacun de ses muscles, chacune des parcelles de sa peau, menaçant sa vie comme sans doute jamais elle ne l'avait fait. Le comportement du reptile en était la preuve la plus accablante.

- Qu'est-ce qu'on fait de lui ? demanda le vieil homme, en pointant du doigt le Wyrmide.
- Débrouille-toi, le taquina Mareim.


La petite fille s'éveilla. L'aube dorait à peine la cime des arbres et le feu près duquel elle s'était endormie était éteint. Au contact de l'air glacial de la grande salle sur sa peau, Jorgga frissonna, serra la peau de Jölgalt autour de son corps et jeta un coup d’œil à la fenêtre. Trois jours s'étaient écoulés depuis son retour à Hallëby. Trois jours pendant lesquels elle n'avait eu aucune nouvelle Krav, pas même de la bouche de Dankrad, qui préférait la savoir loin de lui. Ainsi isolée du reste du village, Jorgga avait eu le temps d'imaginer mille et un scénarios, dont la mort de l'homme des suites de leur voyage.

Malgré la douleur lancinante à son épaule, Jorgga réussit à chausser seule ses bottes et à enfiler un manteau garni de fourrure. Elle ramassa ensuite sa petite sacoche et se tourna vers Dankrad, hésitante. Il était endormi non loin d'elle. De là où elle était, elle l'entendait respirer. Il semblait plongé dans un sommeil profond. Son souffle était lent, égal et paisible. C'est donc de son pas le plus furtif qu'elle s'échappa dans les ruelles du village, le souffle court, luttant contre le supplice que lui infligeait chacun de ses mouvements.

Spoiler:
 

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