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Peuplade

On m'appelle Niklas Helstadt


Infos Personnage
RANG: (joueurs que votre personnage à renconter en RP)
VILLE & APPARTENANCE : (ex : Muertiga - Les Gargans)
MON AGE : n29
Masculin
MESSAGES : 89
AGE : 26
INSCRIT LE : 18/10/2012
PSEUDO HABITUEL : Rakoun
Joyaux : 0
http://www.ile-joyaux.com/t1092-niklas-helstadt
Posté dans La folie qui nous anime   - Jeu 21 Mai 2015 - 17:12

Il poussa la vieille porte de la chaumière, qui manqua de sortir de ses gonds en craquant. Elle était apparemment restée inoccupée depuis qu'il l'avait quittée,  il y a de ça une quinzaine d'années. Le plancher craqua lui aussi sous ses pas, et il dut faire bien, attention à chacune de ses foules. Il avait bien vieilli, et le bois aussi. La dernière fois qu'il était entré ici, il avait ramassé les quelques babioles qu'il avait bien voulu emporter avec lui. Une dent de Shaas, que sa défunte mère avait laissée derrière elle et que son père avait jalousement gardé enfermé dans un coffre près de son lit, et une besace pleine de vêtements. Il avait alors pris la route de son clan, son nouveau foyer, mais bien malheureusement pas sa nouvelle famille.

Personne n'avait pu combler cet espèce de vide que la disparition de son frère aîné et sa mère avaient laissé. Il n'osait même pas penser encore à son père, dont il n'avait plus eu de nouvelles depuis sa sortie de Mo Duinne. Qu'il pourrisse dans la forêt, pensa-t-il. Lui qui avait désavoué son fils pour avoir échoué au Labyrinthe. Lui qui a voulu abandonner le second pour avoir refusé de le passer, et qui est revenu à bras ouverts quand il en était pourtant ressorti. Tout tournoyait dans la tête du grand Erfeydien, tout lui revenait et repartait aussi vite. Il n'avait jamais pu s'impliquer nulle part, ne jugeant personne digne d'intérêt, pensant que tout le monde était aussi moisi de l'intérieur que son père, ou destiné à mourir comme les autres. Si bien qu'il n'avait pris part à rien, et ne se senti concerné par quoi que ce soit que sa personne. Tant la vie au sein du Clan, tant à la passation de pouvoir. Farkas, pour lui ce n'était qu'un évènement comme les autres, sans importance, à peine plus qu'une bonne chasse. Sa défaite n'avait pas plus impressionné que la victoire, au final, de sa fille. Alors, à partir de quand tout cela avait changé?

Niklas prit place devant la cheminée, posa la fourrure qu'il portait à l'épaule sur le sol, et s'y assit en tailleur face au feu. Il posa deux fioles d'ithylium devant lui, son épée parfaitement parallèle à son épaule à sa droite, sa dague à l’identique mais à sa gauche. Il ne se souvenait même plus comment cette auto discipline lui était venue, et pourquoi elle s'estompait; les fioles n'étaient pas alignées. Il grogna un coup, puis ferma les yeux en expirant très lentement. Il devait se concentrer. Ne penser à rien d'autre qu'au feu, et à l'ithylium devant lui. Sa respiration s'alourdit petit à petit, et à chaque expiration, il pouvait sentir de la chaleur, et un souffle lui balayer les paupières. C'était exactement ce qu'il recherchait, et ce n'était pas une farce d'un autre manipulateur. Il ouvrit brièvement les yeux et vit deux flammes turquoise jaillir des fioles devant lui, au rythme de ses poumons, comme si elles respiraient en harmonie avec lui, comme des sœurs. Il referma les yeux, pour se concentrer, leur donner une forme malgré la petite quantité devant lui.

Il fallut à un moment, qu'il la revoie. Elle, cette fille d'un autre clan à qui on lui avait assigné la protection pour une quête bien particulière. Cette blonde qui l'avait frappé, autant physiquement, que par son comportement. Une âme rebelle, dévouée uniquement à celui qu'elle tenait en estime. Une fille qu'il avait commencé à tenir en estime, les trois jours qu'ils avaient passé ensemble sur la route, vers les lignes ennemies. Puis tout s'était précipité. Elle avait été abattue, et pour la première fois depuis Mo Duinne, il avait hurlé, à s'en percer un poumon. Elle avait disparu, elle avait été tuée. Et si cet attachement soudain lui avait permis de sourire le peu de temps où il l'avait fréquentée, la douleur de sa perte n'en avait été que plus grande.
Il en était de même pour la conteuse de son village, son nouveau né, et le seul chef de clan qui méritait le respect, selon lui.
Tous morts.
Ils avaient du mourir, tout cela par qu'une entité sacrée n'avait pu se retenir d'arracher le coeur de l'émissaire de ces hommes venus d'ailleurs. Son simple geste était devenu acte de guerre, et maintenant les erfeydiens mouraient par centaines, fuyaient leurs maisons pour se mettre à l'abri, et même le semblant de paix du pays s'était évanoui.
Les dents de Niklas se serrèrent, et il hurla de rage.

Les flammes bleues produisirent une déflagration lumineuse, qui souffla tout dans la pièce, y compris les braises de la cheminée qui s'éparpillèrent aux quatre coins de la chaumière. Les accès de colère de Niklas étaient de moins en moins espacés. La rage en lui ne faisait que s'attiser au fil du temps, comme un incendie qui se propagerait dans une maison en bois. Il ramassa ses affaires, et se leva silencieusement, le regard bien plus noir qu'auparavant. Il remis sa peau d'animal sur l'épaule, et quitta la petite maison de son enfance désormais en proie aux flammes.

Le Gardien...

Cette déité que personne ne connaît vraiment, qui ne se montre à personne, et ne s'exprime qu'à travers le corps de personnes choisies. Et qui pourtant décide du droit de vie et de mort de tous ceux qu'il croise. Qui décide de plonger son peuple dans la tourmente, juste pour un caprice. Et personne semble ne s'en soucier. Personne ne conteste sa décision. Tout le monde veut se battre pour un meurtrier. Se battre contre un ennemi dont ils ne savent rien, si ce n'est qu'ils peuvent être dangereux, disciplinés, qu'ils ont des armes puissantes, et que chaque jour qui passe, on penserait qu'il en arrive d'autres. Et que se passerait-il si les erfeydes venaient à tomber?

Niklas comprit alors que depuis peu, il chérissait les erfeydes. Il chérissait cette terre qu'il boudait, et il ne voulait pas la perdre. Pas perdre la moindre chance d'aimer à nouveau. Cet amour qui lui avait tant manqué et qu'on lui avait arraché dans la foulée. Il voulait aimer encore... et couper la tête du serpent pour préserver ses chances.
Il tourna la tête une dernière fois vers sa vieille maison enflammée. Le dernier vestige de son passé s’effondrait sur lui même dans un torrent de flammes. Signe de renouveau, il devait maintenant devenir quelqu'un.

Couper la tête du serpent.

Il fit route vers le camp des Shaas, qu'il n'avait pas vu depuis dix jours.

À la lisière du bois à quelques centaines de pas des premières tentes, il s’était enterré dans une motte de neige, à moitié recouvert par sa peau à la toison blanche. Et il attendit, ne laissant qu'un œil en dehors de sa cachette pour observer. Il était déjà probablement considéré comme déserteur, depuis le temps qu'il était parti. Il n'était pas possible qu'il puisse revenir en grande pompe, tout en sachant qu'il repartirait à la première occasion. Il patienta donc, jusqu'à la nuit.

Il attendit même bien d'être au cœur de la nuit, avant de se relever dans la pénombre. Il délia son armure, et la rangea minutieusement dans son sac de jute, le tout avec de gros paquets de neige, prévenant tout bruit que pourraient causer le bruit d'entrechoc des pièces de métal. Avec un barda pour le moins lourd, il avança silencieusement vers les premières tentes, puis le parc à bétail. Il y déposa son sac, puis repartit tout aussi discrètement vers les provisions. Chaque torche qu'il croisait finissait écrasée entre deux boules de neige et de ses grandes mains gantées de cuir. Chaque ronde était évitée avec parcimonie, chaque souffle qui sortait de ses poumons était maîtrisé. Chacun de ses pas était balayé par sa peau, attachée à sa ceinture. Son dernier obstacle, pénétrer dans le garde manger. L'obstacle se résumait simplement par les deux sentinelles postées de chaque côté de la porte. Deux gaillards, costauds, mais pleins d'ouvertures. Les bougres s'envoyait joyeusement une cruche d'hydromel qui passait allègrement d'une main à l'autre, avec autant de finesse que des aurions. Et probablement les mêmes capacités intellectuelles.

Une foulée rapide, il fait le tour de leur tente, et vient se poser face à eux. Avec même qu'ils ne réagissent, il les chope à la gorge, chacun d'un main, pousse sur les mollets et les plaques violemment au sol à l'intérieur de la tente, en écrasant un "Niklas" venant directement de la gorge d'un des deux hommes. Puis avant qu'ils ne puissent reprendre leur souffle, il se redresse, et replonge sur leurs visages, coudes en avant directement sur leurs fronts, et cela plusieurs fois d'affilée, jusqu'à ce qu'il ne bougent plus.

Il ne fut pas utile de mentionner qu'il prit assez de provisions pour deux semaines, et cela le plus vite possible. Il se fournit surtout en denrées peu périssables, de la viande et des légumes séchés, et qui pouvaient plus facilement s'entasser dans un second sac. Puis, il déchira la voile de la tente qu'il venait de forcer et de piller, pour en sortir sans passer par les allées centrales du campement. D'un pas moins discret mais plus rapide, il repartit vers le parc à bétail alors qu'il entendait de l'agitation pas loin du lieu de son méfait. On ne tarderait pas à se rendre compte qu'un traître arpentait le camp. Un déserteur, plus précisément.

Lorsqu'il mit pieds dans le parc, il tomba nez à nez avec un des Shaas, dont la corvée de nettoyage ne devait pas débuter avant l'aube. Pourtant il était là. Un jeune homme, un peu frêle, mais regard plein de résolution lui tenait tête. Une nouvelle recrue forcée, qui ne devait être là que depuis quelques jours. Il resta planté devant Niklas, muet. Il aurait bien voulu le conduire ailleurs, ne pas avoir eu à le neutraliser. Mais il avait l'air malin, et aucune ruse n'aurait eu raison de lui. C'est ce que Niklas pensait. Il en fallu peu au jeune homme pour comprendre, avec le brouhaha grandissant dans le camp, et il dégaina son épée avant de charger le déserteur. C'est pas son expérience du combat que Niklas pu le mettre au tapis. Il commença à manipuler l'ithylium, le menaça de lui projeter des petites roches en forme de pieu droit sur le cœur. La recrue y opposa sa propre manipulation pour le contrer. Un guerrier expérimenté aurait bien évidemment compris de suite, qu'on ne peut s'en prendre à erfeydien en utilisant de l'ithylium, mais la demi-seconde qu'il prit pour le comprendre Niklas était déjà devant lui. Il le saisit, par le col et le bras pour qu'il ne puisse utiliser son épée, et le renversa par dessus son épaule en se retournant, le frappant durement contre le sol. Il entendit un craquement venir de l'épaule du garçon, et tourna les talons. Il lui avait démis l'épaule, et mis hors de combat, sans pour autant lui infliger de blessure sérieuse; douloureuse mais pas handicapante. Il récupéra ses deux sacs, et les attela en hâte à un Yagock de messager avec un soupir soulagé. Il s'en serait voulu d'avoir brisé un garçon comme celui là en s'échappant. Il arracha la dent de Shaas qu'il avait pris dans sa vieille maison, en enroula le collier de corde autour de la garde de sa dague, et la planta sur un des poteaux de l'enclos.

Il monta sur selle, puis sortit son épée et sectionna celui des yagocks avoisinant le sien. Puis il hurla, les blessa de légères entailles pour les paniquer, et les pousser à fuir. Alors il entendait les hommes du camp arriver en trombe, il regarda le garçon dans les yeux, sévère et pourtant bienveillant, avant de prendre son envol sur le dos de l'animal. C'est ce genre de personne qu'il voulait à tout prix "sauver" du Gardien, ces jeunes personnes qui transpirent l'honnêteté et l'ambition, qui se tournent vers l'avenir. Ceux qui représentent tout ce qu'il n'a pas pu être dans sa jeunesse.






Plutôt que de les suivre bêtement dans leur fuite, il se servit d'eux comme d'une diversion pour partir au ras du sol à l'opposé, sur quelques lieues, avant de commencer à prendre doucement de l'altitude. Il n'avait qu'une seule idée en tête, rejoindre les Trois Glaciers. Il devait absolument arriver au sommet, de ce lieu considéré comme le domaine du Gardien. Il devait y arriver, et le tuer. Sa résolution n'était que grandissante à mesure qu'il en approchait, quitte à ce qu'il doive tuer quelques uns de ses compatriotes se faisant. Car, ce n'est en cédant ces quelques sacrifices qu'il pouvait accomplir cette quête qu'il s'était donné.

À l'aube, après quelques heures de périple, il touchait presque au but. Pourtant, plus il en approchait, plus sa monture semblait se lamenter. Elle trépignait, tentait de se retourner faire volte face, et commençait à devenir incontrôlable. À croire que les légendes disant qu'on pouvait y devenir fou n'étaient pas infondées. Cet animal tenait de fuir l'endroit comme la peste, de rejeter son cavalier pour s'enfuir, en sécurité. Mais Niklas montrait bien plus de volonté qu'elle, lui frappant le dos et les flancs pour qu'elle reste calme. Jusqu'à ce qu'elle plonge en piqué, comme endormie, puis de se cabrer d'un coup, et de se retourner. Désarçonné, il tomba.. et bien heureusement, à quelques mètres à peine du sol. Écrasé dans un amas de neige, il n'aura reçu de la chute qu'un bon choc, quelques douleurs et un bon coup de frayeur. Pour ce qui était de son bagage, l'animal avait fui avec, ne laissant que quelques semonces éparpillées. Ses gantelets, liés l'un à l'autre, deux morceaux de viande, et un légume. Un butin bien loin de ce qui était initialement prévu. Il souffla un bon coup, puis se tourna vers le sommet des glaciers, au  dessus de lui. Son véritable périple commençait ici...


"Il n'y que ça que je puisse faire pour mettre fin à la folie qui nous anime.."
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