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[RPFB] L'amour est la seule chose que l'on peut emporter avec soi quand vient l'heure du départ.

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Posté dans [RPFB] L'amour est la seule chose que l'on peut emporter avec soi quand vient l'heure du départ.   - Sam 6 Juin 2015 - 16:05

C'était un voyage en speeder comme il en avait vécu des dizaines depuis son arrivée chez les Veilleurs. Il adorait ces moments de calme, quand, bercé par le ronron des réacteurs, il luttait contre Morphée, piquait du nez puis se redressait, l'air de rien. S'il y a bien un instant pendant lequel Chakib n'était pas sur ses gardes, c'était lors d'un voyage motorisé. Il ne se l'expliquait pas, mais il était simplement incapable de résister aux balancements du speeder et à la chaleur qui l'écrasait au fond de son siège.

Après un nouveau piqué, il s'endormit profondément, comme lorsqu'il était encore petit garçon et qu'il trouvait un peu de repos dans les bras de sa mère, après une journée trop agitée à courir derrière quelques Kaïghos farceurs. Un Kaïgho, il en avait vu un, aujourd'hui, alors qu'il patrouillait le long des remparts de Penjoie. C'était d'ailleurs l'un des seuls souvenirs qui lui restait de sa mission de surveillance. Penjoie avait été calme. Tant mieux.

Dans son sommeil, il se mit à rêver. D'Arish, sa belle Arish. Il y patrouillait, avec les mêmes camarades qu'aujourd'hui. Arrivé dans son quartier natal, tout le monde le reconnaissait, et tout le monde le félicitait. Il était devenu Veilleur. Les premiers visages inconnus passés en revue, il finit par reconnaître une tête carrée, dure, sur laquelle était greffés deux yeux sombres dans lesquels on pouvait tout de même deviner une once de fierté, si petite soit-elle. Son père. A son bras, un petit morceau de douceur monté sur deux petites jambes et un visage à peine assez grand pour accueillir un si large sourire. Sa sœur, Mowiel. Sa vision s'estompa comme un reflet dans l'eau disparaît après avoir été troublé.

Le speeder se posa brutalement dans le hangar surpeuplé de mécaniciens toujours plus inquiets en voyant un vaisseau revenir à la base. A peine avait-il mis un pied à terre qu'un officier se rua vers lui et lui tendit un papier chiffonné. Informé par ce dernier que le Commandant en personne le demandait pour une entrevue, Chakib secoua la tête pour chasser les quelques rêveries qui campaient encore dans son esprit. De retour dans son dortoir, il entreprit de nettoyer au mieux son armure et sa cape, harcelés par la poussière accumulée tout au long de la journée. S'il devait se présenter dans le bureau du Commandant, il s'y présenterait propre et présentable.

Le chemin lui rappela que lors de sa dernière visite dans ce dit bureau, il avait contraint le Commandant à prendre soin de lui. Une honte à son grade, et une honte à son statut de soldat. C'était à lui de protéger le Commandant, coûte que coûte, et surement pas l'inverse. Désireux de faire bonne figure, il toqua à la porte, entra et se mit au garde à vous.

Le Commandant était là, derrière son bureau. D'épaisses gouttes de sang perlaient de son arcade sourcilière gauche, éclatée, et d'une plaie béante au bas de la joue droite, là où les traits de sa fine mâchoire étaient habituellement visibles. Ses poings étaient teintés du rouge de la bagarre à mains nues et son regard, d'habitude si doux, trahissait encore la furie de la survie. Et pourtant, elle était là, assise, stylo à la main, sans doute en train de rédiger le rapport de sa mission. Oubliant un temps le gouffre hiérarchique les séparant, Chakib s'avança et s'apprêta à dégager une mèche de cheveux trempant dans le sang qui inondait son visage avant de réprimer son geste inexplicable et de retrouver le garde à vous qu'il n'aurait jamais dû quitter.

Même blessée et exténuée, elle restait sa supérieure et lui donnait une nouvelle fois une leçon d'abnégation et de courage. Quel Veilleur, pensait-il, quelle femme !

"Chakib Solverre, au rapport, mon Commandant. Rien à signaler du côté de Penjoie. Tout semble assez calme, mon Commandant."

Après un long moment d'hésitation, il se décida à reprendre la parole. Au diable les codes de bonne conduite !

"Sauf votre respect, mon Commandant, vous êtes blessée. Laissez moi vous aider, mon Commandant."
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Posté dans Re: [RPFB] L'amour est la seule chose que l'on peut emporter avec soi quand vient l'heure du départ.   - Dim 7 Juin 2015 - 14:50

Le speeder avait atterri brutalement dans le hangar du QG, secouant les trois soldats à bord. Tous, y compris le pilote, portaient les traces d’une lutte ardue et sanguinaire et Enaïa, en descendant du vaisseau, ne perdit pas de temps. Laissant les médecins se charger de ses camarades de combat, elle repoussa celui qui s’approcha d’elle, se contentant de lui prendre un linge qu’elle appliqua une demi seconde sur la plaie béante de sa joue avant qu’il ne soit déjà imbibé de sang. Elle pesta, traversa les couloirs et rejoignit son bureau dans lequel elle s’enferma, après avoir fait convoquer Chakib Solverre. La colère brillait encore dans ses yeux, et malgré la réussite de la mission, elle s’en voulait d’avoir été à ce point blessée et bernée par une attaque … explosive.

Sans attendre, la journée avait été bien chargée mais elle devait encore faire son rapport et avoir une entrevue avec le jeune soldat qui ne tarderait pas, elle attrapa de quoi écrire et s’y attela rapidement. Des coups à la porte, quelques instants plus tard, la firent légèrement tressaillir et elle ordonna d’entrer.

“Ah, soldat Solverre, merci de votre rapidité. Et de votre efficacité.”

Souffla-t-elle entre deux coup d’oeil à son attention, avant de terminer son rapport et de pousser son matériel d’écriture. Elle vérifia son travail, grimaça en s’apercevant que les mots tenaient plus du sang que de l’encre et dans un soupir, le rangea quand même avec les autres archives qu’elle conservait dans son bureau. Tout en se redressant, elle adressa un regard curieux au jeune homme qui lui proposait son aide et haussa les épaules en guise de réponse, avant d’esquisser une ombre de sourire qui se voulait poli, mais qu’elle rengaina bien vite. La plaie qui lui balafrait la joue lui faisait sacrément mal et elle attrapa son matériel de soin dans un guéridon.

Le miroir à pied de fortune qu’elle posa sur son bureau lui renvoya l’image d’un visage tiré par la fatigue et sanguinolent, alors qu’en penchant la tête sur le côté, elle scruta la blessure béante de sa mâchoire. Ils l’avaient bien arrangé, sans compter son arcade qui n’avait pas meilleure mine. A tâtons, elle attrapa de quoi désinfecter et retint un gémissement de douleur lorsqu’elle entreprit de s’attaquer à la plaie ouverte.

“Satané bombe artisanale ! Je leur mettrai bien où je pense moi… Désolée, tu sais faire des points de suture ?”

Déclara t-elle finalement, l’agacement faisant vibrer sa voix habituellement chaleureuse et laissant couler un flot de familiarités rarissimes. Elle en avait même oublié les principes, usant d’un tutoiement qui lui était venu naturellement à l’égard de Chakib et préféra ne pas revenir dessus. Le moment était assez gênant sans pour autant s’emmêler dans des excuses inutiles. Elle se contenta de lui faire signe de la rejoindre de l’autre côté du bureau et lui désigna le matériel de soin, lui laissant tout le loisir de charcuter un peu plus son visage abîmé.

Elle avait fermé les yeux lorsqu’il avait approché de quoi soigner ses blessures, se laissant porter par un contact appréciable bien qu’inconnu. Elle avait toujours eu l’habitude de panser ses plaies seules, ou un médecin Veilleur s’en chargeait. Mais ce soir, elle avait décidé de mettre son rang de côté et de faire entièrement confiance à un soldat dont elle avait déjà éprouvé la détermination et qu’elle avait apprécié par son comportement exemplaire en mission. Il était jeune, mais prometteur. Et tout aussi humain qu’elle.

“Je vais partir pour l’île Blanche. Dans quelques jours.” Elle s’interrompit le temps de serrer les dents, la douleur de sa joue se réveillant à chaque mot, et reprit aussi vite : “Souhaiterais tu te joindre aux effectifs qui partent avec moi ?”

Demanda t-elle brutalement, alors que ses paupières relevées laissaient passer un regard doré qui se fixa sur le visage concentré du jeune homme. Elle l’avait convoqué pour cela, pour lui demander de faire partie des soldats qui partaient avec elle. Justement parce qu’il était un soldat comme elle savait les apprécier. Mais elle avait imaginé lui annoncer cela dans d’autres circonstances, autrement qu’en étant en train de se faire soigner par ledit soldat et différemment qu’avec cet air de révélation incroyable. Tant pis. Il saurait bien apprécier la demande à sa juste valeur, même avec les doigts trempant dans le sang de sa supérieur.



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Posté dans Re: [RPFB] L'amour est la seule chose que l'on peut emporter avec soi quand vient l'heure du départ.   - Dim 7 Juin 2015 - 15:57

Quelques billes pourpres perlaient encore le long du visage de la femme quand elle demanda à Chakib de bien vouloir l'aider. Il n'était pas médecin, et il aurait sans doute été plus sage qu'il aille chercher un Veilleur expert en la matière tant la blessure lui semblait profonde, mais il se sentait capable de redonner à ce visage sa grâce habituelle. La personne qu'il estimait le plus après les membres de sa famille lui demandait de l'aide, et il aurait été bien sot de lui refuser. Animé par la peur de ne pas être à la hauteur et l'excitation de mener à bien cette tâche, il acquiesça. Ravalant ses dernières craintes, il approcha d'un pas décidé.

Alors qu'il était occupé à passer le fil de suture dans une aiguille, il se sentit animé d'un étrange sentiment. Celui de ne plus être soldat. Depuis son arrivée au QG des Veilleurs Pourpres, ses relations humaines s'étaient limitées à des relations verticales hiérarchiques, ponctuées de salutations solennelles, de titres officiels et de gardes à vous obligatoires. Ses camarades, et même ceux qui partageaient son dortoir, n'avaient pas le droit à plus que quelques sourires de circonstance et félicitations de sa part, quand celles-ci étaient méritées. D'un naturel timide, la froideur de ses expressions juraient bien souvent avec la chaleur du désert qu'il habitait.

Seulement, à cet instant précis, dans le lieu qui représentait pourtant parfaitement l'ordre hiérarchique qu'il avait toujours pris grand soin de respecter, il sentait les épaisses parois des grades tomber. Peut être était-ce le tutoiement que le Commandant venait d'imposer, ou peut être était-ce ce furtif sourire qu'il avait attrapé avant qu'il ne s'estompe. Toujours est-il que lorsqu'il dégagea le visage du Commandant, gêné de quelques cheveux trempés de sang, il se sentait plus humain que jamais. Désinfectée, la plaie pouvait être soignée.

Il planta l'aiguille une première fois, la ressortit avant de la replonger, plus profondément cette fois ci. Il ne connaissait que le point de Blair-Donatti mais s'appliquait à le réaliser parfaitement. A chaque contact, il ressentait la douleur de la femme qu'il soignait de ses mains inexpérimentées. Il eut un peu de mal à se l'avouer, mais, dans des circonstances similaires, sans anesthésiants et avec la même plaie, il aurait sans doute pleuré de douleur. Mais elle, elle parvenait à tout contenir. Comme si elle avait appris à faire de la douleur sa compagne.

“Je vais partir pour l’île Blanche. Dans quelques jours. Souhaiterais tu te joindre aux effectifs qui partent avec moi ?”

Elle avait prononcé ces mots comme ça, alors qu'elle aurait dû être trop occupée à serrer les dents. La question l'avait tellement pris au dépourvu que Chakib crut l'espace d'un instant l'avoir rêvée. Mais non, tout cela était bien réel. Finissant son quatrième point, il détourna la regard de la plaie et croisa celui du Commandant. Ses deux sphères blondes ambrées lui firent prendre conscience de l'importance de la demande.

Bien que les questions se bousculaient dans son crâne encore et toujours trop petit, il sut qu'il ne pouvait pas laisser s'installer un silence trop long. Il ne voulait pas que le Commandant pense qu'il hésitait, qu'il refusait l'honneur qui lui était fait. Seuls quelques soldats - les plus compétents et les plus fiables - étaient envoyés sur l'Île Blanche. Il ne pouvait pas refuser.

L'Île Blanche... Il avait entendu tellement de légendes colportés par les vents et les voix des officiers, qui résonnaient parfois un peu trop dans les couloirs du QG, à son sujet... Quelque chose de grand s'y tramait, et il voulait en faire partie. Il avait beau souvent se le cacher, il voulait quitter Korrul depuis longtemps maintenant. il voulait découvrir le monde, ne serait-ce que Matroos, depuis qu'il a su qu'un monde existait bel et bien en dehors de Korrul. Alors, l'Île Blanche...

Cependant, partir, c'était renoncer, au moins un temps, à sa quête première : retrouver sa soeur. S'il n'était plus là pour mener à bien cette mission, qui s'en chargerait ? Il la savait esclave, mais ni où, ni de qui... Et puis, qui pourrait protéger le reste de sa famille si lui même, le soldat, quittait le territoire ? Il aurait tant aimé pouvoir faire part du dilemme qui le déchirait au Commandant, mais il lui était impossible de se livrer devant sa supérieure ultime et de prendre le risque de la gêner avec des problèmes qui ne sont que ceux d'un gamin face à deux promesses qu'il ne veut pas rompre. Celle faite à sa famille, et celle faite au corps des Veilleurs.

Il prit sa décision. A son retour, il retrouverait les siens et ne les quitterait plus jamais.

Son travail d'infirmier terminé - il en était plutôt fier - il se releva. Le visage amoché ne l'était plus tant, et bien qu'il conserverait longtemps cette cicatrice, elle ne faisait qu'endurcir un peu un visage décidément trop doux pour être celui d'une guerrière. Essayant de ne pas trahir son monologue interne et les questions qui le hanteraient longtemps encore, il prit la parole.

"C'est un honneur que je ne peux refuser, mon Commandant. Je vous suivrai sur l'Île Blanche et serai à vos ordres une fois sur place", dit-il d'une voix qui tremblait un peu sous le poids de l'émotion. "Merci, mon Commandant."
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Posté dans Re: [RPFB] L'amour est la seule chose que l'on peut emporter avec soi quand vient l'heure du départ.   - Mar 9 Juin 2015 - 5:15

La désagréable sensation de l’aiguille se faufilant à travers la peau avait tiré quelques grimaces à Enaïa, qui tentait pourtant de rester la plus impassible possible. La douleur faisait partie de son quotidien depuis des années maintenant, mais la fatigue rendait les choses difficiles et elle se retint de peu lorsque sa main manqua de se poser sur celle de Chakib, après un point réussi et nécessaire mais particulièrement pénible. Elle se contenta d’enfoncer ses ongles courts dans l’accoudoir du fauteuil et échappa un soupir difficilement contenu lorsqu’il termina enfin son oeuvre.

Il se recula finalement, et elle accorda un rapide regard dans le miroir pour admirer le travail du jeune soldat. Il n’était pas médecin, mais s’en était très bien tiré et elle était certaine de pouvoir le remercier, puisqu’il lui avait évité une atroce cicatrice sur le visage. Elle lui adressa un regard reconnaissant et brillant de chaleur, avant de se concentrer quelques minutes sur l’application d’un pansement qui cacherait la blessure le temps de la guérison. Elle haussa un sourcil méprisant en voyant son propre reflet, dont le visage sale de sang et de poussière contrastait avec le poste qu’elle occupait et qui aurait dû l’obliger à se présenter sous le meilleur jour avant de recevoir Chakib. Mais quel soldat digne de ce nom pouvait avoir le temps de faire tranquillement sa toilette en revenant d’une mission ?

“Je suis contente que tu acceptes. J’ai besoin de pouvoir compter sur des soldats comme toi.”

Commença t-elle, alors qu’elle repoussait le miroir afin de lui faire enfin véritablement face. Il était jeune, encore et elle ne l’avait vu combattre qu’une fois à ses côtés. Elle prenait pourtant le risque d’en faire l’un de ses coéquipiers les plus proches, consciente que son échec serait de sa responsabilité mais surtout confiante de ce qu’il mènerait là-bas avec elle. Les nombreux rapports qu’elle avait reçu depuis qu’il était devenu soldat l’aidaient dans son choix et elle avait rarement vu de nouveaux guerriers aussi impliqués dans leur oeuvre de protéger Korrul, d’autant que lui avait su garder le plus important. Son humanité, profonde et sensible.

Elle posa un regard sérieux sur le visage concentré du garçon, et l’observa un instant, détaillant ses traits et son corps déjà costaud pour son âge. Cette guerre, à l’autre bout du monde, Enaïa l’exécrait et bien plus que ça, elle rêvait de la faire cesser et de ramener à Korrul tant de soldats sacrifiés pour rien et qui souffraient pour des raisons qu’elle ne comprenait pas. L’ithilium, certes, mais surtout le confort de ceux qui en avaient le plus besoin. Elle haïssait plus que tout cette barbarie, et pourtant, elle allait y emmener ses meilleurs éléments. Quelques hommes de plus qui agoniseraient dans le froid et qui mourraient peut-être même avant d’avoir réellement combattu. Comme elle. Mais au fond, elle espérait simplement que leur arrivée galvaniserait les troupes et que tous ensembles, il pourrait changer la situation.

“Du reste, je t’avoue que nous n’y allons pas pour faire une promenade de santé. Et le danger là-bas est omniprésent, plus qu’ici actuellement. Nous partons à la guerre, véritablement. La mort sera notre compagne au quotidien et il se peut que nous ne revenions pas en vie.”

Ajouta t-elle sur un ton presque impassible, où elle avait volontairement enlevé toute intonation dramatique et tragique. La réalité de la guerre l’était, mais elle n’avait pas besoin d’en rajouter des tonnes, et ses mots, avaient pour réel but d’ébranler la confiance de Chakib qui avait déjà accepté le voyage. Il était courageux, ambitieux et profondément convaincu de son devoir envers Korrul, malgré une hésitation qui n’avait pas échappé à sa supérieur. Une famille proche peut-être, ou quelqu’un dont il serait dur de se séparer. Elle ne connaissait aucune vie intime de ses soldats, les omettant volontairement afin d’apprendre à les connaître directement au quotidien de leur vie au QG.

Malgré une tentative d’ébranlement face à la volonté de l’accompagner du jeune homme, Enaïa soupira, espérant intérieurement qu’il ne changerait pas d’avis et ajouta, avec un ton qui n’était en rien celui d’une supérieur parlant à un soldat, mais bien plus d’une femme inquiète du soucis des autres, ainsi qu’un regard transperçant et une ombre de sourire déterminé :

“Mais je ferai tout pour, je te le promets.”



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Posté dans Re: [RPFB] L'amour est la seule chose que l'on peut emporter avec soi quand vient l'heure du départ.   - Mar 9 Juin 2015 - 15:16

Il n'arrivait pas vraiment à comprendre la démarche du Commandant. Elle l'avait convoqué personnellement dans son bureau pour l'inviter à se joindre à elle dans un voyage vers l'inconnu, et voilà qu'elle essayait maintenant de l'effrayer. Tout cela n'avait aucun sens sinon un. Elle voulait tester sa résistance morale face à l'éventualité d'une période d'atrocités. Il ne savait pas comment le prendre. Pendant un temps, il sentit son sang bouillonner dans ses veines.

Elle le prenait pour un faible, un adolescent incapable de faire face à la mort et un couard qui fuirait devant le moindre danger où il rêvait ?! Avait-il fait quoi que ce soit pour lui donner une telle impression ?! Il avait toujours mené ses missions à bien, il avait toujours rendu des rapports aussi détaillés que possible, et il était prêt à mourir pour Korrul. Elle le savait ! Elle aurait dû le savoir ! Quand son compagnon était mort, lors de la première véritable mission qu'il avait accomplie hors du QG, il avait fait face à son deuil comme un homme. Il lui avait ouvert les portes et avait demandé à Ruyn de l'accueillir ! Alors quoi ?! Parce qu'il avait eu un moment de faiblesse dans ce même bureau, elle avait de quoi douter de ses capacités ?!

Comme si Chakib n'avait jamais entendu parler de la situation sur l'Île Blanche, comme s'il était assez dupe pour croire qu'il partait faire du tourisme ! Sans qu'il ne sache si c'était son but premier, elle l'avait vexé. Touché dans son orgueil, il désinfecta puis rangea l'aiguille qui lui avait permis de soigner sa supérieure. Alors qu'il s'apprêtait à repasser derrière le bureau et à expliquer au Commandant qu'elle avait tort de douter de lui et de ses capacités, il croisa son regard.

Pendant un cours instant, il décela un sourire se dessiner au milieu de ce visage tout juste rafistolé. Même naissant dans le sang et même faiblard après la douleur d'une chirurgie à vif, ce bref rictus eut le même effet que tous les autres auparavant. Perdu dans l'immensité de ses yeux dorés qui le sondaient, Chakib se délecta des ses quelques mots comme s'ils furent les premiers qu'il entendait.

“Mais je ferai tout pour, je te le promets.”

Quel idiot il pouvait être. Jamais le Commandant n'avait douté de lui. Elle avait simplement compris qu'il était déchiré par une tempête interne et voulait s'assurer qu'il ne changerait pas d'avis au dernier moment. Mais il ne changerait pas d'avis ! Il avait pris sa décision ! Il aurait aimé se mettre à genoux, lui prendre la main, lui hurler qu'il ne changerait pas d'avis ! Il était un Veilleur entièrement dévoué à sa mission première et à sa supérieure, pas une vulgaire girouette. Ruyn saurait le récompenser. S'il partait sur l'Île Blanche et qu'il réussissait les missions qui lui seraient assignées, tout lui réussirait à son retour. Rien n'arriverait à sa famille pendant ce laps de temps, rien, parce que Ruyn les protégerait. Il voulait lui expliquer tout cela, il voulait plus que tout lui prouver que jamais il ne la décevrait.

Trop timide, ou trop bête, il se contenta de rester planté là, affichant un sourire béat après la promesse du Commandant, qui n'aurait jamais dû avoir autant d'emprise sur lui avec un visage aussi amoché. Se pourrait-il que Chakib ressente quoique ce soit d'autre que de l'admiration pour celle qu'il devait suivre à travers Grand Vent ? Non, c'était impossible. Il s'en convainquit un temps. Il était un soldat. Un point c'est tout.

Il se redressa, retrouva une allure de fier soldat et tenta de paraître aussi "soldat" que possible.

"Sauf votre respect, mon Commandant, je sais quelles ignominies m'attendent sur l'Île Blanche, et je suis prêt à les affronter si tel est mon devoir. Ma vie appartient au corps des Veilleurs Pourpres, et, si Ruyn le décide, à ceux qui les affronteront", déclara-t-il, d'une voix troublée par un léger tremblement. "Je ne crains qu'une chose, c'est de manquer à mon devoir. Quand partons nous, mon Commandant ? Je suis prêt à partir immédiatement, si tels sont les ordres."

Il ne mentait pas. Il était prêt. Il aurait juste souhaité sentir les bras de sa mère l'étreindre une dernière fois avant le départ.
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Posté dans Re: [RPFB] L'amour est la seule chose que l'on peut emporter avec soi quand vient l'heure du départ.   - Mer 10 Juin 2015 - 14:24

Fier et impatient, Chakib avait effacé d’une traite les inquiétudes d’Enaïa à son égard, se montrant bien plus motivé et empressé qu’elle ne le pensait. Une ombre de sourire lui traversa le visage, alors qu’elle l’observait attentivement, et elle détourna finalement le regard.

“Bien, nous partons dans une quinzaine de jours. Je veux simplement m’assurer que tu partes en connaissance de cause. Pas comme les premiers soldats envoyés là-bas…”

Commença t-elle d’une voix sérieuse mais vague, comme soudainement noyée dans des regrets. Elle se trouvait pitoyable à faire un exposé de la situation à Chakib, mais elle ne pouvait pas faire autrement, elle ne pouvait pas laisser sa conscience ainsi, sans avoir eu la certitude qu’il y allait de son plein gré et qu’il savait ce qu’il risquait. Elle avait vu trop de jeunes soldats partir bien plus pour le goût de l’aventure que pour la guerre en elle-même. Et les rapports qu’elle recevait faisaient souvent mention de la mort des plus inexpérimentés.

Dans un soupir, elle détacha la protection en cuir épais qui lui ceignait le torse et le déposa par terre, avant de s’attaquer à celles de ses poignets et de ses épaules. Moins serrée, plus libre, elle s’étira les bras avant de déboutonner la chemise de la même matière, quoi que plus fine pour conserver une certaine aisance des mouvements, et la retira, dévoilant le simple maillot de corps qui terminait de la protéger. Elle inspira à fond, comme si elle n’avait plus eu l’occasion de le faire depuis son retour et passa instinctivement une main sur son épaule droite dénudée, celle qui conservait encore la cicatrice indélébile d’une morse de Styx qui avait manqué la priver de son membre. Plongée dans ses pensées, elle leva mécaniquement les yeux sur Chakib, et le fixa, lâchant finalement des mots qui lui tiraillaient les lèvres depuis des mois.

“Cette guerre… est mon pire cauchemar. Je suis devenue Veilleur Pourpre pour protéger, servir Ruyn et son peuple. Pas pour aller tuer des innocents à l’autre bout du monde. Et pourtant, c’est ce que l’on me demande de faire. On me demande de choisir mes hommes, et de les envoyer au massacre.”

Sa voix s’éteignit, se brisa presque, dans un murmure tremblant qu’elle ne parvint pas à maîtriser. Ses yeux brillaient, non pas d’une vive détermination comme il était coutume de le voir, mais d’une amertume, d’une triste rancoeur qui la rongeait depuis que la guerre était déclarée. Elle aimait son travail, elle aimait être un soldat, elle aimait risquer sa vie dans une totale abnégation de ses propres sentiments, simplement pour la protection de son peuple. Mais elle s’était mise à se détester, elle-même, depuis que son poste de Bras droit l’avait conduite à des responsabilités qu’elle n’avait pas imaginé. Tenir la vie de ses hommes entre ses mains. Les envoyer à la guerre, tout en sachant que la plupart mourraient de froid avant le premier combat. Tout en étant persuadée que cette solution violente n’était pas la bonne, et qu’une alternative pacifiste restait imaginable. Tout ça, pour de l’ithilium, pour une denrée précieuse qui permettrait à Korrul de devenir indépendante de Matroos. Une belle idée. Au prix conséquent. Et ce prix, elle n’arrivait pas à l’assumer. Elle passa une main dans ses cheveux, lasse.

“Le Général m’a demandé de me rendre sur l’Ile Blanche pour m’assurer de la situation directement sur place. Je n’ai pas le choix. Mais je ne ferai jamais l’apologie de cette guerre sanglante et inutile. Si je vais là-bas, et si je m’entoure de soldats en qui j’ai confiance, c’est pour essayer d’arranger une situation qui nous coûte trop. Je ne veux plus de cette guerre, pas pour moi, mais pour tous les hommes qui se battent avec moi.”

C’était son dilemme à elle. Faire son devoir, respecter les ordres qu’elle recevait à son tour sans sacrifier inutilement des vies. Chaque soldat perdu pour cette guerre, c’était un soldat en moins qui rentrait sain et sauf, et qui ne protégeait plus les frontières korruliennes du véritable danger à l’extérieur. Les forbans. Son tempérament humain, généreux et toujours juste l’avait tiré de bien des choix, bien des situations. Mais aujourd’hui, il la consumait de l’intérieur, alors qu’elle se retrouvait face à un cas où le juste milieu n’était pas possible. Soit la victoire, soit la défaite. Mais dans tous les cas, des hommes tués inutilement. Elle ne voulait plus ça, mais elle ne pouvait l’empêcher sans être une paria à son poste, sans remettre en cause les ordres du Général lui-même. Elle ne pouvait rien faire, si ce n’est envoyer d’autres hommes, en espérant que ceux là puissent sauver la situation. Alors, dans un soupir, elle se laissa tomber contre le dossier de fauteuil, tout à la fois fatigué d’une situation qui ne désempirait pas, que gênée de se livrer comme une pauvre jouvencelle égarée.



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Posté dans Re: [RPFB] L'amour est la seule chose que l'on peut emporter avec soi quand vient l'heure du départ.   - Mer 10 Juin 2015 - 15:35

Il pesait chaque mot du Commandant comme s'il s'agissait d'un gramme de la plus précieuse denrée de Korrul. Jamais il n'aurait pu penser que sa supérieure puisse se confier à lui de la sorte. Il n'était rien de plus qu'un jeune soldat. Elle n'avait sans doute aucune idée de l'honneur qu'elle lui faisait, mais il l'écoutait, là, debout, refusant de bouger de peur de perdre une information importante. Il ne pouvait pas se targuer d'être un bon confident, puisqu'il ne l'avait jamais été pour personne, mais pour elle, il s'efforcerait d'être l'oreille la plus attentive qu'elle n'ait jamais connue.

A mesure qu'elle retirait son armure tachée de sang et de poussière, elle gagnait une dimension que Chakib lui ignorait jusqu'alors. A nu devant lui - du moins, sans la tenue avec laquelle il avait l"habitude de la voir évoluer - elle semblait lui parler comme à un semblable. Dans ses riches yeux ambrés luisait la détresse de l'humanité perdue dans la barbarie. Son visage aux courbes plus douces que la plus régulière dune du désert des murmures se noyait dans la dureté du combat entre ses profondes aspirations humanistes et ses obligations militaires. Ce combat interne bouleversait Chakib qui restait planté devant son bureau, comme un enfant incapable de réagir en voyant sa mère pleurer.

Alors que la plupart des Veilleurs n'accordaient que si peu de crédit à la mort - ils devaient d'ailleurs exécrer Ruyn au plus haut point - elle gardait, malgré son grade de bras droit, une sensibilité toute particulière à l'égard des soldats qu'elle estimait. Alors qu'il l'entendait se confier, il comprit que le poste qu'elle occupait la forçait à trahir certains de ses principes. Pourtant, jamais Chakib n'avait vu une personne assumer aussi bien ses responsabilités.

Un frisson le parcourut quand il comprit qu'à cet instant précis, il faisait la découverte d'une nouvelle personne. Au delà du Commandant qu'il admirait pour sa bravoure et son courage, il découvrit une femme, qui, descendue de son piédestal, n'avait qu'une seule aspiration : éviter le plus possible de jouer à la guerre. Pourtant, elle incarnait sa fonction avec un flegme quasi robotique. Et c'est justement ce paradoxe qui la rendait si admirable. Malgré ses propres questionnements, elle dirigeait le corps des Veilleurs d'une main de maître. A cet instant précis, Chakib n'eut qu'une pensée qui lui traversa la tête.

Puisse cette femme rentrer saine et sauve de l'Île Blanche, et puisse Ruyn lui permettre de trouver le bonheur véritable loin des atrocités des combats qui insultaient sa personne depuis si longtemps.

Une fois son monologue terminé, Chakib n'eut même pas à réfléchir pour lui répondre. Aucun de ses mots n'était calculé, et aucune de ses phrases n'avait pour but de rassurer sa supérieure. Il s'adressait simplement, comme ça ne lui était plus arrivé depuis si longtemps. Il ne faisait plus attention à rien si ce n'était à faire usage de la politesse la plus élémentaire. Ici, maintenant, face à cette fille qui semblait, dans sa tenue de repos, n'avoir que quelques années de plus que lui, il parla comme à une proche.

"Puisque vous vous livrez à moi, mon Commandant, permettez moi de vous répondre", balbutia-t-il doucement avant de s'éclaircir la voix. "Quand je vous ai vu pour la première fois, soyez certaine que je ne me suis pas trompé. Mon jeune âge peut vous induire en erreur, mais je suis déjà capable de dissocier les assoiffés de sang des justes et des braves", continua-t-il d'une voix plus assurée.

"Le violent qui dirige pour la violence n'a aucun mérite, il ne fait qu'aller dans son sens. Celle qui accepte la violence comme dernier recours, et qui, même à ce moment là, ne peut s'empêcher de sentir son âme se soulever à la vue du sang, peut se vanter de savoir diriger."

A aucun moment il ne se sentit supérieur à elle. Elle avait beau être là, et las, dans son fauteuil, il n'avait qu'un seul objectif. Lui faire comprendre quelle personne extraordinaire elle était.

"Au delà de toutes choses, mon Commandant, j'accepte de vous suivre pour une seule et bonne raison. Quand je serai de retour ici même et qu'on me demandera de conter mes aventures, je ne dirai qu'une chose : j'ai suivi le Commandant Vara'Da et sous ses ordres, j'ai fait bien des choses. J'ai combattu, j'ai pourparlé et j'ai conquis. Mais je n'ai retenu qu'une seule chose : si je prends la vie d'une créature de Ruyn, je mérite de la rejoindre où je l'ai laissée. Si un jour je dois parler pour vous, mon Commandant, je ne dirai qu'une chose. Avec le Commandant Vara'Da, j'ai appris à être humain."

Il aurait voulu en rajouter, lui expliquer qu'il ferait tout pour que ses tracas cessent, mais sa gorge déjà se nouait sous l'émotion. Sans se l'expliquer, il ne supportait pas que le Commandant doute de la grandeur de sa personne. Il ne pouvait accepter de voir le Commandant souffrir.
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Posté dans Re: [RPFB] L'amour est la seule chose que l'on peut emporter avec soi quand vient l'heure du départ.   - Ven 12 Juin 2015 - 15:29

Les mots que prononçaient Chakib, sans hésitation, et d’une voix un peu plus assurée à chaque intonation, laissèrent sa supérieure bouche-bée. De surprise d’abord, puis, à mesure que son esprit décelait le sens de ce qu’elle entendait, un étrange sentiment lui remonta le long du dos et manqua la faire frissonner. Le jeune soldat lui livrait là un discours enflammé d’admiration et de respect, elle ne pensa même pas à reprendre sa respiration, toute chamboulée qu’elle était. Des félicitations en tout genre, elle en avait eu, mais ça, elle n’en revenait pas. Et d’aussi loin qu’elle se souvienne, personne ne lui avait jamais parlé avec autant d’ardeur et de franchise. Si bien que quand il eut finit, Enaïa resta immobile un instant, incapable de répondre à ce qu’elle venait d’entendre.

“Je... “

Balbutia t-elle avant de se taire, le contre coup de ses angoisses et l’émotion des mots du jeune homme faisant soudainement surface. Ses yeux ne brillaient plus de rancoeur, mais surtout d’humidité, alors qu’une certaine émotion s’amusait en même temps à lui nouer la gorge et lui tordre l’estomac. Elle avait le coeur serré, non pas de peine, mais d’une surprise incontrôlable mais agréable. Elle baissa subitement la tête, plus gênée qu’autre chose de ne pas trouver quoi dire. Les mots de Chakib l’avait laissé… sans mots.

“Merci. Merci de ta franchise Chakib.”

Réussit elle finalement à murmurer après de longues secondes de préparation mentale et d’inspirations discrètes mais profondes. Elle avait relevé le visage, et posé sur le soldat ses deux iris flamboyantes. Elle avait senti ses prunelles rosirent de gêne, à l’idée de ressembler à une enfant perdue, sans savoir quoi dire, mais son sang-froid lui avait sauvé la mise, lui évitant de passer bêtement pour une femme sans répartie. Elle soupira pourtant lentement, encore animée d’émotion par ce qu’elle venait d’entendre et se redressa dans son fauteuil, galvanisée. En silence, elle détacha le semblant de chignon qui retenait encore à moitié ses cheveux et les laissa tomber dans son dos, avant de se passer les mains sur le visage, cherchant à recomposer une expression confiante. Ou presque.

“Je suis désolée de m’être égarée ainsi devant toi. Ce n’est pas très rassurant de voir sa supérieur douter d’elle-même.”

Elle s’interrompit pour rire doucement, en proie à une certaine nervosité qui l’amusait, elle qui était d’habitude si pleine de confiance. Pourtant, cette situation n’avait rien de gênante, au contraire, elle s’était simplement ouverte, brisant les barrières d’une hiérarchie qu’elle respectait, mais qui parfois, entravait les relations. Alors, elle laissa émerger un rire chaud et doux, sincère et léger qui lui fit du bien malgré la gravité de ses précédents mots et de la situation. Elle en oublia presque la douleur vive et brûlante de sa joue tout juste suturée et qui la rappela à l’ordre, alors qu’elle posait vivement une main sur le pansement, comme si le contact stopperait le mal. Elle ferma les yeux une demi seconde, le temps de laisser passer la piqûre de douleur et de stabiliser un esprit qui commençait à vaciller sous le poids de la fatigue accumulée. Lorsqu’elle les rouvrit, ce fut pour les poser directement sur le visage encore figé de sérieux du jeune soldat, qui ne démordait pas d’une exemplarité à toutes épreuves. Son rire s’était tari, mais elle lui accorda bien volontiers un franc sourire avant d’ajouter :

“Mais je ne le regrette pas.”

Être humain, c’était aussi assumer ses faiblesses, comme ses forces. Ses douleurs et ses joies. Elle venait de le faire, sans gêne, elle s’était mise à nue sur ses angoisses face à Chakib, ce jeune soldat qu’elle ne connaissait que depuis quelques mois. Elle lui avait pourtant accordé une confiance presque aussi solide que celle qui la liait à de nombreux officiers, non pas pour son expérience qui débutait juste, mais pour leur similarité. Leur humanité. Il possédait la qualité qui comptait le plus pour elle, et elle espérait simplement que le vécu de la guerre ne le lui ôterait pas. Et elle ferait tout pour que ça n’arrive pas.

Le sourire bienveillant avait retrouvé sa place privilégié, sur le visage abîmé d’Enaïa. Elle ne se sentait pas plus avancée dans ses choix, pas plus rassurée quant à l’avenir du massacre auquel elle allait participer, mais la légèreté de s’être confiée lui embauma un instant le coeur. Depuis combien de temps cela ne lui était-il pas arrivé ? Et surtout, depuis quand n’avait-elle pas parlé aussi franchement avec quelqu’un, tout simplement, comme aujourd’hui ? Le regard qu’elle posa sur Chakib était devenu curieux, découlant de ce sentiment de paix qu’elle avait éprouvé en trouvant son oreille attentive, et ses mots rassurants. Elle se contenta de l’observer un peu plus longtemps et demanda, au bout de quelques secondes :

“Tu as peut-être de la famille ? Je t’accorde quelques jours de repos, pour aller les voir et leur annoncer ton départ, si tu le souhaites.”

Une nouvelle esquisse de sourire, un signe de chaleur et de bonté. Qu’il puisse profiter des bras familiers de ses proches tant qu’il le pouvait. Qu’il aille les voir, pour leur annoncer fièrement qu’il partait à la guerre et reviendrait dans quelques temps. Qu’il se réjouisse de l’amour de ses parents, et de leurs larmes émues, de leurs étreintes chaleureuses. A défaut de connaître ça, Enaïa pouvait au moins le souhaiter de tout coeur à ses soldats.



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Posté dans Re: [RPFB] L'amour est la seule chose que l'on peut emporter avec soi quand vient l'heure du départ.   - Sam 13 Juin 2015 - 9:04

Il avait perdu toute notion spatio-temporelle. Si son corps était bien là, au Quartier Général des Veilleurs Pourpres, il n'était plus qu'une enveloppe charnelle inanimée. Son esprit se promenait dans des contrées lointaines qui n'existaient même pas. Il avait alors l'impression qu'il venait de manger un sac entier de langues de Pitris, ces sucreries réservées aux enfants mais dont il raffolait en secret. A bien y réfléchir, la douceur du moment présent était elle aussi réservée aux enfants, et pas aux soldats. Et pourtant, Chakib dévorait ce petit rire discret et chantant du Commandant comme le plus gros bonbon qu'il eut jamais mangé.

Le goût acidulé de ce bref instant arracha un franc sourire à Chakib. Sa vie lui donnait tellement peu d'occasions de sourire qu'il avait l'impression de redécouvrir les muscles de son visage. Béat, il pensa au paradoxe qui l'animait. Il venait d'apprendre qu'il partirait à la guerre risquer sa vie sur un territoire inhospitalier et froid - départ qui nécessitait qu'il abandonne ses rêves de protection familiale - et il était là, tout sourire face à sa supérieure. Il étouffa un rire avant de rehausser à nouveau son bandeau, décidément trop lâche. Après avoir retrouvé un semblant de sérieux - il était toujours animer par des pensées enfantines lui donnant une folle envie de jouer - il prit la parole.

"Mon Commandant, ne vous excusez pas. Je préfère partir sous les ordres d'un humain sensée que sous les directives d'un fantassin qui ôte la vie plus qu'il ne la chérie."

A l'évocation de la possibilité de revoir sa famille, il fut envahi d'un sentiment nostalgique qui aurait dû le pousser à accepter, à prendre un baluchon, à sauter sur un speeder et à aller embrasser sa mère. Mais, comme c'était souvent le cas avec Chakib, la fierté du soldat prit le pas sur les instincts primaires.

"Je vous remercie infiniment pour cette proposition, Commandant. Mais je ne me rendrai pas à Arish rendre visite à famille", commença-t-il, hésitant à poursuivre pour expliquer les raisons de son refus. Il avait peur d'embêter sa supérieure avec ce qu'il pensait. Après tout, elle avait le droit de ne pas s'en soucier. Il se lança quand même.

"Mon coeur me crie d'aller embrasser ma mère et partager un repas avec mon père. Seulement, je sais qu'une fois là bas, j'infligerai une peine immense à ma famille et à moi même. Je suis entièrement dévoué à mon métier, n'en doutez pas, mais je suis également un garçon qui ne vit que pour le sourire de sa mère et le revoir pour le quitter à nouveau serait une torture que je refuse de m'infliger."

Il marqua un temps d'arrêt, déglutit, puis, sans vraiment y réfléchir, ajouta :

"Et j'ai ici un sourire que je m'interdis de quitter."

Dans la seconde qui suivit, la chaleur de la gêne fit bouillonner son cerveau, qui en avait encore une fois fait qu'à sa tête. Submergé par la honte toute naissante qu'il venait de s'infliger, il rehaussa une dernière fois son bandeau avant de s'incliner respectueusement devant sa supérieure. Il priait Ruyn qu'elle ne lui tienne pas rigueur de ses errements.
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Posté dans Re: [RPFB] L'amour est la seule chose que l'on peut emporter avec soi quand vient l'heure du départ.   - Dim 14 Juin 2015 - 14:35

Le refus du soldat de voir sa famille laissa Enaïa dans une totale surprise, bien que ses arguments, justes et compréhensibles, lui étaient exposés. Elle pouvait aisément admettre que la rupture des retrouvailles soit plus difficile qu’il n’y paraissait, mais habituée à la seule compagnie des hommes et femmes que comprenait le corps des Veilleurs Pourpres, elle n’arrivait pas à se l’imaginait. En fait, elle n’eut même pas le temps d’essayer de se l’imaginer. Chakib ayant finit ses explications, les mots qu’il ajouta de suite après laissèrent un silence pesant tomber sur la pièce, pourtant chaleureuse. Il était devenu subitement rouge de honte, et sa supérieure sentit à son tour ses joues rosirent de nouveau, malgré un féroce combat interne pour ne pas faillir face à l’étrange sentiment qui lui chatouillait l’estomac. En vain, elle se contenta de l’observer avec de grands yeux surpris, cherchant dans son esprit chamboulé comment répondre et briser une atmosphère désagréablement silencieuse. Elle commença au hasard :

“Eh bien Chakib, tu peux te vanter d’être le premier homme à m’avoir jamais complimenter. Sur autre chose que mes capacités militaires du moins.”

Elle s’interrompit pour rire, préférant prendre ainsi cette situation qui était brusquement devenue gênante, tant pour le jeune homme que pour elle. Machinalement, elle se passa une main dans les cheveux, comme elle le faisait lorsqu’un sujet la laissait sans voix. Ainsi dans son fauteuil, sans son armure, les cheveux laissaient libre et les joues roses, elle se donnait elle-même l’impression d’une jeune femme, - non pas qu’elle soit âgée - à qui l’on susurre des mots d’amour pour la première fois. On en était loin encore, mais tout de même, c’était une nouveauté !

“C’est étrange, je ne sais même pas comment je dois réagir. Je suppose que je dois dire merci, pour ce bien joli compliment ?”

Souffla t-elle finalement, non sans un ravissant sourire, malgré son visage marqué par les traces de son combat précédent. Son regard était de circonstance, brillant et lumineux, joyeux en fait, de sentir pour la première fois, l’excitation et la fierté de recevoir un vrai compliment. Non pas pour sa manière de combattre, ni pour la justesse de ses tirs ou la bonté de ses décisions. Simplement pour un sourire, accordé au détours d’une conversation mais qui semblait compter bien plus que ce qu’elle aurait jamais pu penser.

Elle était tout autant perdue pourtant, mais la lueur de ses yeux parvenait encore à masquer cette drôle de sensation qui prenait de l’ampleur. Elle avait réussi à tourner agréablement la situation, le prenant en riant et avec bonne humeur, et c’est ce qu’elle souhaitait de tout coeur. Mais elle se sentait en même temps complètement désarmée face à ce genre de cas qu’elle n’avait jamais connu. Aucun homme, ni son père, n’avaient jamais fait attention à son sourire, ni rien d’autre d’ailleurs que ses compétences de soldat. En fait, c’était même plutôt agréable de ressentir cela. Mais complètement déboussolant, pour une femme qui ne s’était jamais vraiment vue comme telle.

Sans un mot, elle se leva, autant par réflexe que pour évacuer une nervosité qui ne lui ressemblait pas, et s’approcha d’un guéridon près de son bureau. Une coupe de liqueur de Pitris y était disposée, et elle servit deux verres, faisant signe à Chakib d’en prendre un s’il le souhaitait. Elle but, quant à elle, une bonne gorgée du sien, et l’alcool lui réchauffant le gosier, elle retrouva par la même occasion, le peu de confiance qu’il lui manquait. Juste assez, pour changer de sujet. Elle se racla la gorge et reprit donc, le plus sérieusement possible :

“Quant à ta famille, fais ce que bon te semble, mais si tu changes d’avis, n’hésite pas à y aller. Si c’est une torture de devoir quitter le sourire de ta mère, ça l’est d’autant plus quand on ne le revoit jamais.”

Et elle parlait en connaissance de cause. Elle aurait donné n’importe quoi, même à l’instant présent, délaissant armes, honneurs et grades pour pouvoir retrouver les bras de celle qui lui avait donné la vie. Pour apercevoir de nouveau son visage souriant, celui qui lui ressemblait tant d’après son père. Et celui pour lequel il s’était mise à la haïr, tant elle lui ressemblait. Elle garda pourtant ses conseils pour elle, jugeant plus sage de se taire à propos de sujets qui ne la concernait nullement et dont elle ne connaissait rien. Le sens de la famille, chez les Vara’Da, s’entendait majoritairement à faire des hommes des soldats, et des femmes des pondeuses de futurs guerriers. Rien de bien touchant, et Enaïa gardait une majorité de mauvais souvenirs de son enfance.

Elle se contenta donc de lui adresser un regard compatissant, mais sans une once de pitié. Le cocon familial était un sujet que bien des soldats évitaient d’engager, pourtant Chakib n’avait pas eu peur de mettre des mots sur les sentiments qui le poussaient à s’en éloigner. C’était indéniablement une preuve de courage, que de savoir si bien gérer ses émotions, surtout s’agissant de ses proches.



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Posté dans Re: [RPFB] L'amour est la seule chose que l'on peut emporter avec soi quand vient l'heure du départ.   - Dim 14 Juin 2015 - 16:03

Il remercia longuement Ruyn quand les quelques mots du Commandant vinrent briser le silence qu'il avait imposé avec sa sincérité incontrôlée. Elle aurait pu lui demander de prendre congé d'elle, le faire sortir elle même – il n'aurait pas résisté – de son bureau, rédiger un rapport condamnant une attitude qui n'avait en aucun cas sa place au sein du Quartier Général et faire en sorte que Chakib ne soit plus un soldat. Mais elle ne le fit pas. Parce qu'à ce moment précis, elle n'était pas le Commandant, et il n'était pas l'équipier de recherche. Ils étaient deux êtres humains profitant de l'ombre d'un arbre de sincérité posé au milieu du désert aride qu'était la vie des militaires. Et il avait bien l'intention de profiter jusqu'au bout de cette fraîcheur.

S'il admirait et avait pour le Commandant un profond respect, il découvrait en cet instant une femme qui, une fois l'armure tombée, jouissait d'un charme inouï. Si ses yeux y étaient pour beaucoup – ils étaient rieurs et taquins, eux qui paraissaient normalement si sérieux et concentrés – ses longs cheveux noirs avaient de quoi fasciner plus d'un homme avec un minimum de goût. Sans qu'il ne puisse le montrer, au risque de gêner encore un peu plus son interlocutrice et de refaire tomber sur la salle un long silence, il était fasciné par son aura. Et encore, elle avait un pansement énorme sur une joue.

"Je ne demande des remerciements que lorsque j'ai fait mon devoir, mon Commandant. Et je ne considère pas qu'énoncer une vérité soit un devoir", lâcha-t-il en regardant ses pieds comme un enfant trop timide pour lever la tête.

Il la vit se lever et servir deux verres d'une liqueur dont l'odeur lui monta instantanément au nez. La pitris... Il pensa d'abord qu'il aurait été plus sage pour le Commandant de ne pas boire d'alcool fort après une suture à la joue, et il n'osa imaginer la brûlure qu'elle allait ressentir, mais il ne ferrait aucune remarque. Après tout, il n'était qu'un gamin, et le Commandant avait bien le droit de faire comme bon lui semblait. Invité à l'imiter, il fit semblant de réagir comme un habitué et descendit le verre qu'elle lui offrait d'une traite. Le goût était bon, mais le liquide fit naitre dans sa trachée un feu grégeois qu'aucune salve de salive ne put contenir. Il tenta de dissimuler son mal être le plus possible, mais déjà il sentait une petite larme rouler le long de l'arrête de son nez. Pourquoi le Commandant n'avait elle pas sorti une boîte de Langues de Pitris ?! Là, il aurait pu agir en expert.

La chaleur passée, il écouta attentivement les mots du Commandant, avant de s'éclaircir la voix et de répondre avec la sincérité qui l'animait depuis qu'il avait mit ses pieds dans ce bureau.

"Vos conseils m'honorent, mon Commandant. Seulement, et je reconnais bien là l'égoïsme de ma démarche, je me sais incapable d'assumer un tel voyage. Celui qui peut regarder sa mère dans les yeux et lui promettre qu'il reviendra est un héros menteur que je ne peux pas devenir. Et puis, si je ne dis pas au revoir maintenant, je serai bien obligé de revenir pour m'excuser de mon manque de politesse, vous ne pensez pas ?", glissa-t-il dans un sourire malicieux.

A cet instant précis, il était persuadé qu'il reviendrait entier de son voyage vers l'inconnu. Le Commandant lui avait promis qu'elle ferait tout pour, et il s'était promis qu'il ferrait tout pour, lui aussi. Au delà de ces promesses, il avait surtout l'impression de n'avoir que 7 ans, de partir jouer dans un quartier qu'il ne connaissait pas avec d'autres enfants qui voulaient tromper l'ennui. Mais ils se reprit très vite en reposant le verre qu'il n'avait toujours pas lâché. Dans un dernier sourire, il rehaussa son bandeau et posa ses prunelles d'enfant sur sa supérieure.

"Sauf votre respect, mon Commandant, je pense que vous avez besoin de repos. Je vous sais forte, n'en doutez pas, mais je n'ose imaginer la douleur que vous ressentez depuis que je vous embête ici", dit il en touchant sa propre joue. "Après une nuit méritée, assurez moi, je vous le demande, que vous irez voir un infirmier qui désinfectera la plaie pour vous. Il ne faudrait que vous risquiez de perdre l'objet de votre premier compliment, si ? Et puis, l'amatrice de Pitris que vous êtes doit soigner sa bouche pour goûter aux Langues d'Arish", conclut-il en rigolant.

Il plongea une dernière fois son regard dans le sien, rehaussa son bandeau et offrit un dernier franc sourire à sa supérieure. Elle avait fait d'une convocation à la guerre un moment incroyablement parfait. Et cela méritait bien un sourire.
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Posté dans Re: [RPFB] L'amour est la seule chose que l'on peut emporter avec soi quand vient l'heure du départ.   - Lun 15 Juin 2015 - 0:22

La gêne passée, l’instant d’échange autour d’un verre de liqueur de Pitris se mua en une agréable conversation, pleine d’échange et de sincères paroles. Rapide pourtant, il laissa tout de même l’occasion à Enaïa de se rendre compte de toute l’étendue d’une maturité sans cesse en évolution de la part de Chakib, pourtant encore jeune. Ses yeux brillaient encore d’une malice enfantine, - et il la garderait sûrement, comme elle, dans de tels moments -, mais déjà son visage, avaient pris les traits d’un homme fort et déterminé, prêt pour le combat. La réponse qu’il lui offrit, à propos de son retour chez ses parents la surprit tant elle émanait de justesse et de générosité, malgré l’égoïsme de la démarche comme il pouvait bien le dire. Elle lui adressa ce même sourire, qu’il semblait apprécier, miroitant celui, plus rare, qu’elle eut l’honneur de recevoir.

Ce fut lui, finalement, qui mit fin à cet entretien qui aurait dû être purement professionnel. Non sans regret, - après tout, ce n’était pas si facile de revenir à la dure réalité après un aussi joli moment -, Enaïa approuva et laissa quelques notes de son rire couler de nouveau, se mêlant à celui du jeune homme, en touchant sa propre joue.

“Je te promets de la faire soigner dès demain. Et j’attends avec impatience que tu me fasses goûter la spécialité de ta ville.”

Un nouveau sourire, sincère et plein d’une amitié qu’elle n’aurait jamais pensé adresser à l’un de ses soldats. Sans un mot de plus, elle l’accompagna vers la porte de son bureau et posa une main sur la poignet, se stoppant l’espace d’une minute pour plonger son regard doré dans celui de Chakib et souffla :

“Merci de ta dévotion au sein des Veilleurs. Et merci, pour le reste.”

Le temps d’un dernier sourire, qui fit plisser le coin de ses yeux fatigués, elle ouvrit le battant et le laissa passer, le regardant s’éloigner, l’ombre de cet agréable moment encore scotché aux lèvres. Lorsqu’elle referma la porte, le lourd silence de son bureau lui retomba dessus brusquement et elle soupira, laissant son visage se dévêtir de la joie ressentie. La fatigue accumulée l’envahit brusquement, alors que la douleur de ses blessures se réveilla par la même occasion. Le rire l’avait soigné quelques instants des effets secondaires d’un rude combat, mais la solitude d’un soir les faisait revenir au galop.

D’un geste machinal, Enaïa obstrua l’immense baie vitrée placée derrière son bureau et donnant sur l’extérieur du QG, et se dirigea vers la partie privée de ses appartements. Là, elle se dévêtit simplement, et lasse, ne prit même pas la peine de ramasser ses affaire à terre. Elle plongea son visage, du moins la partie intacte, dans l’eau fraîche d’une bassine et se rinça ainsi, avant de se glisser sous ses draps, sans plus de cérémonie. L’obscurité de la pièce la détendit visiblement, et tout en fermant les yeux, se laissant porter par un sommeil qui la happait déjà, elle sentit ses lèvres former une esquisse de sourire. Ce fameux sourire.


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