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Puisqu'il faut apprendre un nouveau rôle.

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Posté dans Puisqu'il faut apprendre un nouveau rôle.   - Lun 29 Juin 2015 - 3:37

La nuit avait été bonne pour Eanna. Elle avait dormi d’une traite, vaguement bercée par les mouvements du bateau. La fatigue qu’elle avait ressenti suite à cette journée incroyable avait eu raison d’elle. La jeune femme se réveilla avec lenteur, un moment désemparée avant que les souvenirs ne s’éveillent en elle. Elle resta étendue sur la couche, tournant seulement la tête afin de voir où était Owney. Les sourcils légèrement froncés, elle détaillait attentivement du regard cet homme. Sa prévenance l’étonnait. Il n’avait pourtant pas l’air, comme ça, à le voir agir, à le voir être. Pourtant, à bien y réfléchir, pourtant tant de surprise ? Même s’il avait un côté taquin très prononcé, il était normal qu’il y ait plus en plus.
Elle se redressa lentement puis s’étira, chassant par ce mouvement les derniers restes de sommeil. Le manteau d’Owney glissa vers le sol. D’un mouvement vif, elle le rattrapa avant qu’il ne le touche complètement. De nouveau son regard se tourna vers l’homme qui l’accompagnait. Un sourire s’égara sur son visage, l’adoucissant plus encore. Elle se trouvait étonnamment chanceuse ce matin-là, bien qu’elle ne connaisse pas plus que ça son partenaire. Mais il y avait des gestes qui ne trompaient pas à ses yeux. Personne ne l’avait obligé à la laisser dormir seule sur le lit, ou à poser ce manteau sur elle.
Dans son cœur, l’espoir et la peur se battait. Elle savait que cela serait le cas pendant de nombreux jours encore mais, tant qu’elle arrivait à maîtriser toutes ces questions, toutes ces peurs qui l’assaillaient, alors elle pourrait avancer. Il fallait simplement arriver à maintenir à flot cette petite étincelle de courage qu’Owney avait fait naître en elle.

Eanna n’alla pas réveiller le jeune homme. Elle appréciait de voir son visage endormi et estimé qu’il avait bien droit de se reposer encore. Un bref instant, elle se demanda pourquoi il faisait tout cela. Pour se racheter ? Il avait pourtant dit qu’il n’était pas au courant des conséquences de son acte lorsqu’il avait agit. Combien aurait fait un si long voyage afin de faire savoir à la famille de l’un de ces passagers l’enfer vers lequel il se dirigeait ? Combien aurait accompagné de la sorte une inconnue vers ce même enfer, dans l’espoir, si infime, de retrouver une sœur ?
La jeune femme s’était approché de lui. Sa main, sans qu’elle ne s’en soit rendu compte, s’était approchée sur visage d’Owney, prête à écarter une mèche de cheveux de son visage. S’en rendant brusquement compte, la jeune femme interrompit son mouvement tandis que ses joues se coloraient d’une nuance de rose tirant sur le rouge. Voilà qu’elle recommençait.
Elle s’éloigna de lui, mais elle sentait bien que tant qu’elle serait dans la cabine, elle ne cesserait de le regarder. Comme si son corps pouvait expliquer son esprit. Il fallait qu’elle sorte un moment, qu’elle revienne en espérant qu’il serait réveillé. Aussi mit-elle son manteau et s’éclipsa-t-elle.

Elle sentait sur son passage les regards parfois lourds des personnes qu’elle croisait. De son côté, elle gardait les yeux fixés droit devant elle, ses mains crispées sur le manteau qu’elle gardait fermé sur sa poitrine. Ne m’abordez pas, ne cessait-elle de se répéter. Elle regrettait soudain d’être sortie. Caresser le visage d’Owney lui semblait soudain oh combien moins dangereux !
« Et bien, on est perdue ? »
Eanna su tout de suite que l’on s’adressait à elle. Elle aurait souhaité faire semblant de n’avoir pas entendu mais elle avait marqué un temps d’arrêt. Inspirant pour se donner du courage, elle se tourna vers la voix et découvrit un matelot qui la détaillait. Il y avait quelque chose de dérangeant dans son regard, mais Eanna n’aurait su dire quoi.
Peut-être percevait-elle cet air calculateur qu’elle avait déjà remarqué chez de nombreux hommes, notamment chez son père. Ne se démontant pas – l’habitude de qui côtoie tous les jours de tels êtres – Eanna esquissa un léger sourire dans une mine contrite qu’elle avait l’habitude d’esquisser. « Je cherchais les cuisines. Mon époux a toujours faim le matin. »

D’un mouvement d’épaule, le matelot se détacha du mur contre lequel il s’était appuyé. Une légère lueur amusée traversa son regard. « Par ici ma p’tite dame. » Étrangement, Eanna n’apprécia pas de l’entendre l’appeler ainsi. Pourtant, Owney lui donnait lui aussi du ma petite dame. Le matelot se mit à marcher, jetant un regard par-dessus son épaule pour être sûr qu’elle le suivait. Que faire d’autre que de lui emboîter le pas ?

Elle était des plus gênée et se demandait de plus en plus si elle avait eu raison de le suivre. L’odeur des cuisines fut un réel soulagement pour elle, qui put prendre quelques morceaux de pain et de fromage ainsi qu’un pichet d’elle en savait trop quel breuvage. Elle s’en moquait bien à dire vrai, et souhaitait simplement retrouver la sécurité de la cabine.
Le matelot la raccompagna jusque-là. Elle sentait de plus en plus son regard ouvertement posé sur elle. Ne lui avait-elle pourtant pas dit qu’elle était mariée ? À quelques pas de la porte de leur cabine, le matelot lui bloqua le passage, un léger sourire sur les lèvres.
« J’ai entendu votre mari parler hier. À ce qu’il dit vous êtes toute sèche hein ? Si vous voulez j’ai ce qu’il faut pour vous humidifier. »
Il lui adressa alors un sourire désagréable, d’homme fier de sa petite blague pleine de sous-entendus. Ce sourire s’élargit plus encore en voyant la rougeur gagner les joues d’Eanna. Ce rouge aux joues étaient autant du à la gêne qu'à la colère. Elle en était la première surprise, elle qui habituellement se mettait si peu en colère.
« Mon mari sait très bien s'y prendre pour ça, merci de votre sollicitude! »
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Posté dans Re: Puisqu'il faut apprendre un nouveau rôle.   - Mar 30 Juin 2015 - 5:59

Il s'était endormi comme une masse et avait eu toutes les peines du monde à se réveiller. Il avait fallu une sacré secousse pour lui faire entrouvrir un œil. Une petite lance de soleil transperçait le hublot et lui caressait la joue. Il refusa dans un premier temps de se lever et enfouit son visage dans la chemise qui lui avait servi d'oreiller. Après quelques instants remplis de grognement et de bâillements, il s'assit finalement sur le bord de sa couche. Une grosse marque lui lacérait la joue, signe qu'il avait dormi longtemps et profondément. Il mit un temps fou à rendre à ses cheveux en bataille une apparence convenable. Il renfila sa chemise après avoir essayé de faire disparaître ses pus gros plis puis s'arrêta un instant. Sa petite dame n'était pas là ! Et il lui avait fallu tout ce temps pour s'en rendre compte. Owney Lowfloor n'était pas du matin. D'un coup d'oeil rapide, il vit le bol de bouillon ramené la veille posé sur le bureau. Il était intacte. La petite poupée de porcelaine n'avait même pas dû le voir. En toute logique, elle avait donc dû se diriger vers les cuisines pour éponger sa faim.

L'esprit encore un peu embrumé, le jeune homme prit la direction des cuisines. Il se souvenait vaguement du chemin et navigua dans les différents couloirs. Il devait déjà être assez tard dans la matinée puisqu'il croisait la route de nombreux matelots et voyageurs. Arrivé devant la porte de la cuisine, il entendit une voix nasilleuse prononcer une phrase des plus vaseuses. Puis, il reconnut la voix fluette de sa petite dame répondre avec une assurance de façade qui lui arracha même un sourire. Elle était décidément très à l'aise pour jouer son rôle. Décidant de ne pas laisser la conversation s'envenimer, Owney tira la porte et pénétra dans la pièce, un grand sourire aux lèvres et les bras écartés devant ses compagnons de la veille au soir.

"Allons messieurs, où sont passées vos manières ? Nous partageons un verre le soir et le lendemain même vous vous en prenez à mon épouse ?", déclara-t-il haut et fort. La confiance n'est qu'une question d'apparence, pensa-t-il. "Ne doutez pas de mes capacités à combler ma dame, je vous en prie, vous me vexeriez !"

Il ne reçut en réponse que quelques regards noirs et un rire forcé de la part d'un des cuisiniers. Il se retourna alors et adressa un grand sourire à son accompagnatrice, manifestement soulagé de le voir enfin arrivé.

"Alors c'est ici que tu es, ma belle ? Combien de fois devrai-je te dire de ne pas te promener sans moi ? Si tu ne m'obéis pas plus, je serais bien obligé de te laisser dans cette cuisine à tout jamais !", plaisanta-t-il en lui posant une main sur la joue. "Laissons ces braves messieurs à leur travail et allons nous offrir un peu d'air frais sur le pont si tu le veux bien."

Il tourna le dos aux matelots et tira la porte, laissant Eanna s'enfiler dans l'ouverture et gagner le couloir. Alors qu'il s'apprêtait à faire de même, une main se posa sans aucune délicatesse sur son épaule. Il se retourna. Un cuisinier à l'allure relativement imposante lui faisait face.

"Dis donc, monsieur le bourgeois, tu n'allais quand même pas partir sans nous payer les repas que tu nous dois, si ?", lui demanda-t-il en tendant l'autre main.

Owney réfléchit rapidement. Il avait déjà payé le prix de tous les repas en même temps que celui de ses billets d'embarcation et savait qu'il s'agissait là d'une tentative d'intimidation. Plutôt efficace puisqu'Owney savait qu'il ne pourrait jamais rivaliser dans un combat contre quatre cuisiniers. Ni même contre le seul molosse devant lui. Seulement, Owney n'avait pas sa bourse sur lui, et quand bien même c'eut été le cas, elle n'aurait sans doute pas été assez remplie pour satisfaire ces messieurs. D'un geste lent, il passa sa main dans la poche de son pantalon et présenta à son interlocuteur un médaillon doré incrusté de petites pierres rouges, vertes et bleues. Il prit grand soin de le faire rayonner dans un rayon de soleil à proximité et commença sa présentation avec une assurance certaine.

"Bien sur que non, mon ami. Je suis un homme de paroles ! Sais-tu ce que je tiens dans ma main ?", demanda-t-il l'air grave ? "Oui, tu le sais. C'est un médaillon de Vama. Pour les plus naïfs, il est sensé apporter chance et courage. Pour les gens un peu plus intelligents, comme toi et moi, il est surtout synonyme d'un beau pactole. Si tu l'acceptes, tu pourras t'acheter bien plus que quelques breuvages mon ami", expliqua-t-il en souriant. "En échange, tu me laisseras simplement de quoi nourrir ma femme et moi chaque matin, ici même. Marché conclu ?"

Il déposa le médaillon dans la main du cuisinier et lui laisse un moment pour le contempler. Le bougre accepta finalement, persuadé qu'il tenait dans sa main un bijou des plus rares. Owney regagna le couloir et poussa un soupir de soulagement. Techniquement, il n'avait pas menti, il avait dit qu'il était un homme de paroles, sans préciser si ces dernières étaient toujours vraies. Il avait entendu sur un vaisseau, lors de son voyage aller, circuler des rumeurs sur des médaillons assez rares sculptés uniquement pour les maestres les plus importants du pays. Aussi lui avait-il semblé judicieux d'acheter à la capitale un bibelot brillant pouvant le sortir d'une passe compliquée. Une fois de retour dans sa cabine, il regarda Eanna et la mit en garde.

"Ma compagnie t'es sans doute insupportable, mais si tu veux arriver à Vuulte sans une égratignure, tu ferais bien de ne plus me fausser compagnie de la sorte, surtout pour aller te jeter dans la gueule du loup", dit-il d'un ton sérieux, mais pas sévère. Le but n'était pas de disputer, mais de poser une base de règles solides pour la suite du voyage. "Le mensonge peut nous faire gagner un peu de tranquillité, mais une fois à Midel-Heim, prie pour qu'on ne recroise jamais ces messieurs. Le premier homme avec un peu de jugeote pourra aisément leur expliquer que ce médaillon en toc ne vaut pas plus qu'une pomme."

Il venait de tutoyer Eanna mais qu'importe, il n'avait plus de temps à perdre avec de fausses considérations. Désormais, il faudrait se montrer plus prudent. Et lui apprendre quelques tours de passe passe pour se débrouiller au cas où il ne pourrait pas intervenir.
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Posté dans Re: Puisqu'il faut apprendre un nouveau rôle.   - Mar 30 Juin 2015 - 8:06

Eanna se sentait plus que gênée. Les mains encore encombrées par la nourriture qu’elle était allée chercher pour son compagnon et pour elle-même, elle restait bêtement devant Owney, les joues brûlantes. Sa poitrine lui était étrangement douloureuse également et elle avait du mal à respirer normalement. Le tutoiement nouveau, bien qu’étrange à ses oreilles, lui semblait bien moins important que son insinuation. Voilà ce qui la heurtait réellement, qu’il puisse penser que sa compagnie lui était insupportable.

« Il n’en est rien ! » lui dit-elle d’une voix rendue vive par l’émotion qui la tenait. « Je n’ai pas quitté la cabine parce que vous m’êtes insupportable, bien au contraire ! » De nouveau, ses joues prirent une teinte caractéristique qui ne pouvait être pris pour autre chose que pour de la gêne. Son regard s’égara un instant sur le visage d’Owney tandis qu’elle se souvenait de ce geste avorté qu’elle avait eu à son égard lorsqu’il dormait. Elle rougit plus encore et détourna le regard.
Se rattraper, il fallait se rattraper. D’un geste vif elle montra ce que les cuisiniers avaient bien voulu lui donner et dont elle avait pensé qu’elle avait fait payer à Owney un prix bien élevé. « Je pensais que vous auriez faim. »

Menteuse, se dit-elle en elle-même, sachant très bien que cette histoire avait été une excuse pour se précipiter hors de la cabine. Seulement, elle ne voulait ni penser ni réfléchir à cela pour le moment. Jamais. Plus tard.
Pour cesser sa palabre intérieure, Eanna tendit vers Owney ce qu’elle avait récupéré en cuisine, son regard obstinément fixé sur son menton. Son visage laissait transparaître l’obstination qui prenait corps en elle. « Je suis désolée. J’aurais dû réfléchir avant d’agir aussi sottement. Mais je vais apprendre, vous verrez. J’apprendrai à faire semblant d’être réellement votre femme, ou qui il faudra que je sois. »
Il y avait juste un problème aux yeux de la jeune femme. Elle se mordit la lèvre, soudain honteuse car elle ne connaissait au fond pas grand-chose d’autre que sa propre vie. Elle lisait peut-être beaucoup, mais cela ne faisait pas tout. Elle avait toujours essayé d’être le plus aimable possible avec tout le monde, peu lui important le rang des personnes à qui elle s’adressait, mais venait seulement de se rendre compte que cela ne suffisait pas. De par sa naissance, et quoi qu’elle fasse, il ne pouvait pas ne pas y avoir entre elle et les autres un gouffre qu’elle ne savait pas combler quand bien même elle le souhaitait.
Se fut d’’une petite voix et toujours les yeux fixés sur le menton d’Owney, pour ne pas affronter son regard, qu’elle reprit la parole. « Je ne connais cependant pas grand-chose à la vie, autre que celle que j’ai mené, aussi ai-je besoin de vous... »
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Posté dans Re: Puisqu'il faut apprendre un nouveau rôle.   - Mer 1 Juil 2015 - 6:46

Owney attrapa un morceau de pain et un peu de fromage des bras de la jeune femme puis s'assit sur le bord de ce qui fut son lit la nuit précédente. Il mordit dans le quignon avec une telle hargne qu'en deux bouchées à peine il avait englouti tout ce qu'il avait dans les mains. Il mâchait lentement en regardant la jeune femme dans les yeux. Après une déglutition bruyante, il s'essuya les lèvres du revers du bras puis lui sourit.

"Pardonne moi, tu avais effectivement raison. J'ai une faim d'incendios", lui dit-il en s'efforçant au maximum d'être plus agréable que sérieux.

Il s'en voulait un petit peu de lui avoir parler de la sorte. Après tout, elle n'avait agi que dans son intérêt et son geste était plus adorable que condamnable. Il se releva et la déchargea cette fois d'encore plus de pain et d'encore plus de fromage. Il engloutit le tout comme s'il eut été un enfant qui n'avait plus mangé depuis des jours. Owney était un gros mangeur et, malheureusement pour lui et son estomac, les dernières semaines de voyage avaient été assez maigres en bons repas, et il fallait qu'il se résolve à affronter encore bien des jours sans être parfaitement rassasié. Aussi appréciait-il grandement les quelques bouchées du moment. Lorsqu'il reporta son regard sur son accompagnatrice, il explosa de rire. Un rire franc qui n'avait rien de moqueur mais qui lui permettait simplement de libérer un peu le stress qu'il avait accumulé depuis sa rencontre avec la jeune fille.

S'il rigolait, c'était simplement parce qu'en quelques instants, la belle poupée de porcelaine était passé par tous les états possibles et inimaginables. Elle était devenue rouge, puis elle s'était mordue la lèvre, puis elle avait semblé se faire happer par ses pensées avant d'enfin lui demander de l'aide. Voilà une jeune femme bien trop anxieuse, se dit Owney, et dont le cerveau a beaucoup de travail. L'hyperactivité cérébrale de la jeune demoiselle la rendait attirante au possible. Le jeune homme était à la fois troublé et touché par la sincérité qui émanait de la jeune fille quand elle s'excusait à tort d'avoir voulu le nourrir. Sous le coup de la peur, il avait été froid et direct avec elle, et la facilité déconcertante avec laquelle elle se pliait à ses réprimandes lui fit comprendre que la petite poupée de porcelaine n'avait pas dû avoir d'autres choix que d'obéir à son cher père durant de nombreuses années. Lui qui chérissait sa liberté, il se sentait tout à coup extrêmement gêné d'avoir eu sur elle une emprise similaire. D'un geste lent, il dégagea les miettes de son pantalon et se releva pour s'approcher du hublot.

"Tu ferrais bien de manger aussi, tu ne crois pas ?", lui demanda-t-il dans un sourire. "Tu sais, je t'observe depuis notre départ, et tu ne sembles avoir besoin de personne pour tenir un mensonge. Tu me parais plutôt doué. Ensemble, nous pourrions faire des ravages à Vuulte !", continua-t-il sur le ton de la plaisanterie.

Il s'approcha d'elle et planta son regard dans le sien. Il souhaitait clarifier la situation une bonne fois pour toute et éviter qu'elle se méprenne sur qui il était vraiment. Toutes les personnes qui avaient rencontré le bon bec jusqu'alors avaient bien souvent eu le droit à un panel d'identités différentes, mais elle, elle méritait de connaître Owney Lowfloor. Après tout, elle était sa seule possibilité de s'élever vers la rédemption.

"Dis moi... je sais que ce qu'il se passe actuellement est parfaitement surréaliste pour toi. Et que c'est l'amour pour ta sœur qui t'a poussé à suivre un inconnu à travers le pays. Sache que les gens qui croiseront notre chemin et qui me reconnaîtront n'auront pour la plupart qu'une maigre estime de ma personne", souffla-t-il dans un sourire amer. "Et que tu risques d'entendre à mon sujet des histoires qui te feront pâlir. Je n'en nie aucune. Je suis un menteur, un escamoteur, un beau parleur et un usurpateur. Et j'en suis souvent plutôt fier", poursuivit-il avant de marquer une pause. "Mais s'il y a bien une chose sur laquelle jamais je ne joue, c'est la vie. Et tu dois absolument me croire quand je te dis que si j'avais su ce que je faisais quand j'aidais ces hommes et si j'avais eu idée de ce qui attendait ta sœur, jamais je ne l'aurais fait."

Il se sentait soudainement affreusement coupable. Toute cette scène lui revint à la tête. Il ne pouvait s'empêcher de repenser à son acte terrible, à ce jour où il avait abandonné la vie de petit escroc pour celle de monstre. Et tout ça pour quelques sous ! Il avait beau se dire qu'il avait été dupé, qu'il n'y était pour rien, il avait aidé à accomplir un acte horrible. Et il s'en voulait terriblement.

"Je suis un bâtard, j'ai grandi dans un bordel, mais jamais je n'ai voulu vendre une vie... Aussi ai-je besoin de toi..."

Ces révélations n'avaient pas pour but d'éveiller une quelconque empathie chez son interlocutrice. Il ressentait simplement le besoin de décharger une partie de son lourd fardeau.
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Posté dans Re: Puisqu'il faut apprendre un nouveau rôle.   - Mer 1 Juil 2015 - 8:53

Le rire d’Owney, tout surprenant qu’il était, eu pour effet de détendre Eanna. Décidemment, il ne ressemblait en rien aux hommes qu’elle  côtoyait. Il serait presque si facile de s’y habituer… Un léger sourire monta à ses lèvres en le voyant manger, se disant que, finalement, cette escapade n’avait pas été qu’une mauvaise chose. Elle préféra cependant éviter son regard lorsqu’il parla de sa capacité à mentir et se déchargea plutôt de la nourriture qu’elle avait amenée, la posant sur la table aux côtés du bol qu’elle n’avait jusque-là pas vu. Certes, elle savait mentir, elle savait jouer la comédie, devenir une autre, mais, en contrepartie, elle ne savait plus vraiment quelle était sa réelle façon d’être.

Elle l’écouta parler en silence, sans le couper une seule fois. Ce n’était pas tant une habitude venue de son éducation que son envie de le comprendre, d’en apprendre plus sur lui, et la peur qu’un simple mot de sa part pouvait le faire cesser ses confidences. Elle le fixait également attentivement, cherchant sur son visage des traces d’elle ne savait quoi.
Elle se sentait… Comment pouvait-elle décrire cela. Étonnée déjà, qu’il lui parle ainsi de lui sans qu’elle ne lui demande rien. Et puis quelque chose d’autre, de plus indistinct, de plus difficile à cerner pour elle. Une sensation douce, de voir qu’il faisait attention à elle, à ce qu’elle pouvait ressentir peut-être. De percevoir quelque chose d’autre que ce que les apparences montraient chez cet homme.
Un mélange en somme qu’elle n’arrivait pas à comprendre mais qui faisait qu’elle se sentait apaisée et rassurée. Pourtant, ce qu’il lui disait avait de quoi la laisser perturber et pouvait lever de nouvelles questions, mais elle en avait bien assez en tête pour le moment. Chaque chose en son temps. D’abord, elle souhaitait retrouver sa sœur, or, le voyage était encore long et elle n’avait que lui pour l’accompagner. Et puis, il avait eu l’honnêteté de lui en parler…

Sa main se posa comme d’elle-même sur la joue d’Owney. Elle lui sourit tendrement, émue par ses derniers mots. « Nous retrouverons Eireen, j’en suis persuadée, plus encore maintenant que je sens que je peux vous faire confiance. »

Elle garda pour elle que sa sœur ne lui aurait pas fait confiance si vite, qu’elle aurait reniflé de dédain à l’égard d’Eanna avant de lui dire à quel point elle pouvait être naïve. Mais Eanna n’était pas Eireen. Eanna n’avait pas son courage, pas sa liberté d’esprit. Elle n’avait que cette espèce de confiance qu’elle donnait si rapidement lorsque son cœur était touché. Cela n’était peut-être pas suffisant, mais pourtant elle estimait que cela avait de son importance. Qu’une union aussi mal fagotée que celle d’Owney et elle devait construire quelque chose de fort pour réussir un tel périple.
Alors pourquoi ne pourrait-elle pas prendre les aveux qu’il venait de lui faire de cette façon ? Pourquoi ne pourrait-elle pas vouloir avoir confiance en lui, apprécier sa compagnie et cette façon qu’il avait d’être ? Elle avait eu beau suivre les préceptes de son père, jamais elle n’avait réussi à se méfier des gens qui savaient la toucher.

Finalement, elle retira sa main de la joue d’Owney, à présent gênée. Une fois la spontanéité disparue, Eanna ne savait jamais quoi faire de ces gestes qu’elle pouvait avoir à l’égard des autres. « Sachez que je ne vous estime pas coupable de quoi que ce soit, je ne peux juger votre acte, qui sait ce qu’ils vous ont promis et ce qu’ils ont pu vous donner comme excuse. Je ne peux que prendre l’homme que vous êtes là devant moi. Un homme qui n’hésite pas à avouer à une femme, sans penser à sa fierté, ses faiblesses et ses torts. »

Elle laissa un instant de silence avant de reprendre à voix basse. « Un homme qui a pris soin de moi et qui m’a traité avec plus d’égards que bien des bourgeois que j’ai connu. »
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Posté dans Re: Puisqu'il faut apprendre un nouveau rôle.   - Mer 8 Juil 2015 - 13:47

Les paroles d'Eanna le touchèrent bien plus qu'il n'aurait pu l'imaginer. Il sentait, à mesure que ses mots l'atteignaient, qu'un mur était déconstruit, brique par brique. Un mur de honte qu'il avait eu tout le temps de construire lors de son voyage de Vuulte à la capitale. Un menteur comme lui savait percer le vrai du faux dans n'importe quelle circonstance, et les paroles de sa petite poupée de porcelaine lui parurent honnêtes et dénuées de toute arrière pensée. Après cette rencontre fortuite et ce départ précipité, les deux compagnons parlaient enfin à cœur ouvert sans ne rien se cacher. Les tournures de cette conversation venaient d'ailleurs de prendre une tournure intéressante. Owney, le bon bec, le beau parleur, le menteur et le conteur de fausses histoires avait eu besoin des mots d'une petite poupée de porcelaine pour le rassurer.

Elle était décidément pleine de ressources insoupçonnées, cette petite dame. Mais il y en a une qu'Owney n'aurait jamais pu imaginer, même pas dans ses rêves les plus fantaisistes. Quand il sentit la main délicate de son interlocutrice se poser sur son visage, son cœur fit le nécessaire pour propulser tout le sang possible dans son visage. Ses sens se brouillèrent un instant et quand ils reprirent leurs rôles respectifs, le corps d'Eanna s'était rapproché du sien et sa main flottait dans les airs, sans vraiment savoir où se poser. La gêne, un sentiment inconnu pour Owney, se dissipa rapidement pour laisser place à un mélange de curiosité et d'incompréhension. Il ne comprenait pas pourquoi ni comment cette petite dame pouvait lui faire aveuglément confiance, comment elle avait pu le suivre dans cette aventure rocambolesque sans même le connaître, comment elle pouvait se montrer si gentille avec lui. En fait, il n'avait pas l'habitude qu'on lui fasse confiance.

Toute sa vie, il l'avait pensé à mentir, et voilà qu'aujourd'hui, alors que c'est ce même mensonge qui l'avait poussé à la bêtise ultime, une victime de ses stupidités le considérait comme quelqu'un de confiance. Cette pensée le fit sourire. Puis une autre le replongea dans une réflexion interne sans doute trop longue au goût de son interlocutrice. Il ne méritait pas que quelqu'un le traite de la sorte. Il ne méritait pas cette douceur. Il voulait la prévenir, lui expliquer qu'il était un menteur et que rien ne le ferrait jamais changer, mais il ne voulait pas la blesser. Il se dégoûtait, il s'en voulait. Il s'en voulait terriblement de ne pas pouvoir lui promettre qu'il changerait, qu'il deviendrait l'homme de confiance qu'elle croyait avoir devant ses yeux, mais il savait pertinemment qu'il ne pourrait jamais tenir cette promesse.

Voilà dans quelle position se trouvait Owney, tiraillé entre l'envie de tenir les plus belles promesses à sa petite poupée de porcelaine et la conviction de ne jamais pouvoir les tenir. Les questions s'entrechoquaient dans sa tête et il eut rapidement marre d'essayer d'y répondre. Avec la spontanéité qui le caractérisait, il soupira, plongea son regard dans les deux saphirs qui lui faisaient face et saisit le petit visage pâle entre ses mains. 24 ans qu'il vivait sans jamais avoir appris à prendre une décision issue d'une réflexion, il pourrait sans doute pousser le vice quelques minutes de plus.

"Ces bourgeois qui t'ont connu, étaient-ils aveugles ?", demanda-t-il en souriant de toutes ses dents.

Avant qu'il ne puisse se demander s'il pouvait vraiment avoir une si jolie fille avec une phrase pareille, il pencha son visage sur le sien et déposa un délicat baiser sur les lèvres d'Eanna. Elles étaient si douces qu'il se demanda un instant de quoi elles pouvaient bien être faites. Il avait déjà goûté des lèvres par dizaines, mais il aurait juré que celles-ci étaient bien plus savoureuses que toutes les autres. En relevant la tête, il s'attendait à recevoir une gifle bien méritée à droite, ou à gauche. Il ne s'expliquait pas son geste et voulait encore moins devoir l'expliquer à son interlocutrice. Comme un enfant, il avait agi sans réfléchir, d'instinct. Et comme un enfant, il attendait désormais sa punition, l'air malicieux et le regard perdu entre ses deux chaussures.
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Posté dans Re: Puisqu'il faut apprendre un nouveau rôle.   - Jeu 9 Juil 2015 - 3:16

Avait-elle dit quelque chose qu’il ne fallait pas ? Il ne disait rien, se contentant de la regarder avec quelque chose dans le regard qu’elle n’arrivait pas à définir. Peut-être aurait-elle dû se taire, garder pour elle ces mots qu’elle lui avait dit avec une si grande honnêteté. Elle n’avait pas vraiment l’habitude de se laisser ainsi aller à dire si simplement ce qu’elle avait sur le cœur. Non pas qu’elle ne soit pas le plus honnête possible avec les gens avec lesquels elle parlait. Simplement, tout le monde ne souhaitait pas entendre de telles paroles, ou pouvait les retourner contre elle. De toute façon, son père préférait une femme discrète laissant parler les hommes à une bavarde.
Alors pourquoi avait-elle parlé si simplement ? Sans doute parce qu’il l’avait ému, qu’elle avait perçu chez lui une détresse à laquelle elle voulait répondre. Malgré ses paroles, ses aveux concernant son habilité à mentir, Eanna n’était pas capable d’imaginer qu’il puisse agir ainsi avec elle. Bien qu’ouverte d’esprit et sachant voir le monde avec une acuité particulière, la jeune femme avait également une nette tendance à la naïveté en ce qui concernait l’âme des gens., ce qui l’amenait à voir les autres meilleurs qu’ils ne l’étaient parfois.

Essayant de comprendre ce qui arrivait à son compagnon et l’état dans lequel ses paroles avaient pu le plonger, Eanna le fixait sans mots dire. Sa main retomba le long de son corps. Pourtant, elle aurait eu encore envie de caresser du bout des doigts son visage. Ne serait-ce que pour faire disparaître les tourments qu’elle voyait sur son visage sans les comprendre pour autant.
Elle n’en eut cependant pas le temps et se retrouva surprise, rougissante, le cœur battant plus rapidement en elle. Que faisait-il ? Elle sentait en elle comme une envie de mouvement de recul en sentant ses mains sur son visage. Pourtant, elle ne bougea pas, sans doute trop étonnée pour réagir. À moins qu’elle n’aima sentir ses mains sur son visage ? D’autant plus qu’elle ne les sentait pas agressive, bien au contraire. Et la chaleur qu’elles dégageaient faisait courir sur sa peau, vers son cou, sur ses joues, de doux frémissements. Oui, ce devait plutôt être pour cette raison que son corps n’eut finalement pas ce mouvement de recul qu’elle avait pourtant avec d’autres hommes.

Elle aurait pu réfléchir longuement sur la différence qu’il y avait entre lui et les autres hommes, chercher à comprendre pourquoi elle n’avait pas envie de reculer, de s’esquiver tout en s’efforçant de ne pas heurter l’ego de son partenaire d’un moment. Eanna était particulièrement douée pour réfléchir à tout un tas de choses qui ne la faisaient pratiquement jamais avancer.
Mis à part depuis qu’elle connaissait Owney en fait. Oui, depuis qu’elle le connaissait, elle ne réfléchissait plus vraiment. Et là, elle voyait le visage d’Owney s’approcher du sien. Elle n’arrivait pas à quitter son regard. Son corps était comme bloqué dans un tourbillon d’appréhension, de peur et… D’envie. Elle ne percuta absolument pas lorsqu’il parla, se demanda même pourquoi il disait cela. Des bourgeois ? Quels bourgeois ? Ne se moquait-elle pas des bourgeois, plus encore à cet instant précis ? Des bourgeois ? Pff. Aucun d’eux n’avaient réussi à lui donner envie d’être embrassée. Aucun d’eux n’avaient réu…

Eanna cessa d’y penser. Ou, à tout le moins, relégua toutes ces histoires, ces souvenirs, ces questions, en arrière plan dans son esprit. Elle pouvait encore deviner tout ce fatras de sensations en elle, mais avec assez de recul pour ne pas en être gênée et pouvoir avoir la sensation d’être uniquement tournée vers ce baiser qu’Owney lui donnait.
Il était tout doux, tout simple, ce baiser. Elle ne se sentait pas proie, pas soumise, pas forcée. Rien de tout cela. Juste… De la douceur. En somme, un baiser bien plus agréable à recevoir que ceux qu’elle avait déjà eu. Qu’on avait exigé d’elle, ou qu’on lui avait volé. Ils étaient peut-être bien aveugles, en effet, ces bourgeois. Ou se sentant un brin supérieurs. Prenant ce qu’ils pensaient avoir le droit de prendre.

La jeune femme ne bougea pas plus alors qu’Owney baissait la tête. Elle regrettait de ne pas pouvoir voir ses yeux. Après tout, c’était peut-être mieux, sinon elle les aurait scruté encore et encore, comme pour chercher une explication à ce baiser. Elle se rendit compte qu’au final, elle ne voulait pas vraiment savoir. Elle avait peur que cela gâche les choses. Enfin, la chose, le baiser. Aussi ne demanda-t-elle rien à Owney.
Elle ne savait pas comment réagir et, sans réfléchir, s’appuya contre lui, son front posé contre l’épaule d’Owney. Elle soupira et ferma les yeux. Dans quoi c’était elle donc fourrée ? Comme elle aurait aimé être comme sa sœur, sûre d’elle et pleine de ressources. Enfin, si elle avait été comme Eireen, sans doute serait-elle également aux mains avec un marchand d’esclave à l’heure qu’il était. Cette pensée la fit rougir et s’écarter d’Owney.

« C’est un bon entraînement pour jouer à être mari et femme. »

Elle avait parlé sans réfléchir, plus par gêne qu’autre chose et regretta immédiatement d’avoir ouvert la bouche. Comment pouvait-elle un moment accepter simplement ce baiser et, l’instant d’après, se mettre en tête qu’il était juste synonyme de jeu ? *Je voudrais qu’il soit synonyme d’amour* s’avoua-t-elle. Stupides petites espérances d’amourette qu’elle allait devoir s’efforcer de faire disparaître.
Eanna contourna rapidement Owney, cachant son visage en feu derrière ses cheveux, et alla regarder par le hublot. « Je me demande quand nous allons arriver à Midel-Heim. J’aime beaucoup la forêt. » Voilà qu’elle se mettait à faire la conversation comme dans un salon de thé. Mais que pouvait-elle faire d’autre ? Les mains ramenées contre sa poitrine, elle fixait sans vraiment le voir le paysage qui défilait. Soudain, elle trouvait ça bigrement compliqué de jouer à être une autre.
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Posté dans Re: Puisqu'il faut apprendre un nouveau rôle.   - Jeu 9 Juil 2015 - 12:51

En entendant la réaction de son interlocutrice, Owney trouva ça bigrement compliqué de jouer à être lui même. Il lui avait ouvert son cœur, parlé sans artifices ni apparats et embrassé spontanément et voilà qu'elle pensait qu'il s'agissait d'un vulgaire entraînement. Comme si ce baisser avait quoi que ce soit à voir avec ceux que s'échangent deux comédiens sur une scène de théâtre ! Il aurait mieux fait de la baratiner comme toutes les autres, puisque c'est la technique qui avait le plus porté ses fruits avec les dames jusqu'à aujourd'hui. En relevant la tête, il constata qu'elle lui avait déjà tourné le dos et qu'elle s'était rapproché du hublot. Il sentit un sourire amer se dessiner sur son visage et eut envie de l'attraper par la taille, de l'embrasser une nouvelle fois et de lui faire comprendre que non, il ne jouait pas à être quelqu'un d'autre. Mais il chassa de son esprit cette idée farfelue et se contenta de rire doucement en reprenant son calme habituelle.

"Comme tu dis, oui, un bon entraînement", lui dit il en s'asseyant sur sa couche.

La déception et la colère le regagnèrent cependant assez vite quand il entendit sa petite poupée de porcelaine lui demander des informations quant à leur voyage. Aux dernières nouvelles, il n'était pas capitaine de ce rafiot. L'idée que le moment qu'il venait de partager pouvait être aussi vite chassé de l'esprit d'Eanna l'énerva encore un peu plus, à tel point qu'il eut cette fois du mal à le dissimuler alors qu'il se levait soudainement.

"Et bien permet moi d'aller me renseigner auprès des membres de l'équipage. Ils auront sans doute plus d'informations que moi", dit il sèchement en s'approchant de la porte de la cabine. "S'il te plaît, attends mon retour pour aller te promener dans les couloirs. J'ai déjà usé mon quota de malices pour te sauver la mise une première fois", lança-t-il en passant la porte.

Il gagna rapidement le pont et se mit en quête d'un moussaillon à même de l'aider. Il trouva bien rapidement un groupe de trois jeunes gaillards accoudés aux balustrades qui lui indiquèrent que l'arrivée était prévue pour le surlendemain. Comme il ne décolérait pas, et qu'il n'avait donc pas envie de rentrer immédiatement dans sa cabine, il passa plusieurs heures en compagnie des mousses. Ensemble, ils jouèrent aux cartes, pariant un peu, beaucoup, et finalement trop d'argent. Fort heureusement, Owney parvint à rafler la mise finale avec un dernier coup assez chanceux, mais sans avoir user d'une quelconque ruse. Pour une fois.

Il regagna finalement sa cabine en milieu d'après midi, après avoir demandé à un de ses camarades d'aller discrètement lui chercher de bonnes rations de nourriture en échange de plusieurs billets qu'il venait de perdre. L'homme accepta, et, quelques instants plus tard, Owney retrouva Eanna les bras chargés de vivres. A cet instant, il n'était plus exactement en colère, mais il était tellement touché dans son orgueil qu'il s'efforça de minimiser les échanges à leur strict minimum sans toutefois paraître désagréable.

Le reste du voyage se déroula sans accrocs, les deux compagnons d'infortune limitant leurs sorties de la cabine à quelques promenades nocturnes pour croiser le moins de monde possible. Le reste de la journée, ils passaient généralement le temps à compter les minutes, et les minutes à regarder le temps défiler. Puis, un léger murmure monta timidement de la forêt. Avant même qu'ils n'eurent le temps de penser à la suite de leur périple, Eanna et Owney étaient arrivés à Middel-Heim.

Résumé:
 

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Posté dans Re: Puisqu'il faut apprendre un nouveau rôle.   -

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