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Tout vient à point, à qui sait attendre

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Posté dans Tout vient à point, à qui sait attendre    - Jeu 5 Nov 2015 - 12:29

La neige avait cessé de tomber durant la nuit, et le vent, déçu de ne plus avoir de flocon à charrier, s’était tu peu après, laissant planer sur le village endormi, un voile de silence et de calme. Seuls les pas étouffés par la poudreuse accumulée inspiraient un signe de vie et dénonçaient les soldats erfeydiens qui patrouillaient autour des habitations. Leurs armes puissantes pendaient dans leur dos et à leur ceinture, et leur regard, concentré mais confiant, virevoltait sur les ombres inoffensives des ténèbres qu’ils connaissaient bien. Au loin, les cris de quelques animaux sauvages résonnaient dans le noir alors que la silhouette imposante de la chaîne d’Adiem s’élevait à l’horizon, écrasant de sa hauteur, les environs plongés dans un sommeil salvateur. La guerre faisait des ravages dans la région de Fendrevent et les nuits devenaient de moins en moins paisibles. Gestifell pourtant, dormait encore tranquillement, dans l’attente d’une attaque que tous savaient proche.


“ Tues les ! Tues les tous ! ”

Céléno ouvrit les yeux brusquement, fixant le plafond de chaume qui l’abritait du froid extérieur. Silencieuse, elle tendit l’oreille à la recherche de la voix qui l’avait réveillé en sursaut, alors qu’une main instinctivement protectrice passa sur son ventre arrondi. La respiration profonde de Nivilk, à ses côtés, l’assura qu’il n’y était pour rien, et elle fronça les sourcils. Un imbécile de soldat avait dû se sentir pousser des ailes, dehors. Doucement, elle repoussa l’épaisse couverture de fourrure et s’extirpa du lit de fortune qu’elle utilisait depuis plusieurs semaines. Rabattant le rideau de tissu qui séparait la chambre du reste de l’habitation, elle s’approcha d’une petite fenêtre et observa. Personne. Pas même un soldat, près de la maison, qui aurait pu être la cause d’un tel hurlement, celui qu’elle voyait était bien trop loin pour ça. Nouveau froncement de sourcil, nouvelle caresse sur son ventre. Un frisson la secoua en même temps qu’elle sentit ses entrailles se serrer dans un même élan nauséeux.

L’eau fraîche sur son visage la détendit visiblement. L’aube se levait progressivement à l’extérieur, et son étrange réveil la maintenant dans un état qu’elle n’avait jamais ressenti. La fatigue de la maternité l’exténuait, mais elle savait qu’elle ne parviendrait plus à se rendormir, comme si cette voix entendue n’était autre qu’un pressentiment qui lui battait l’intérieur du corps. Un malaise difficilement descriptible lui enserrait la gorge, mais elle y mit rapidement fin en dégustant quelques fruits qui terminèrent de la réveiller. Tout en réfléchissant, elle se convainquit elle-même que cette sensation inconnue n’était autre qu’une excitation mêlée à l’angoisse, due tout à la fois par sa grossesse qui approchait de son terme, que de leur future rencontre avec les hérétiques. Si le plan mis en place avec Nivilk fonctionnait, les miliciens comme ils se nommaient, ne tarderaient pas à vouloir conquérir ce village, marquant leur avancée fulgurante à Fendrevent. Depuis deux mois qu’ils avaient investis Gestifell, Céléno ne cessait de se repasser en boucle les étapes de la stratégie. Jouer les simples paysans erfeydiens n’était pas aisé pour elle qui avait l’habitude d’un certain confort dû à son statut d’émissaire, mais le jeu en valait la chandelle.

L’air glacé lui rougit instantanément les joues, alors qu’à peine un pied dehors, elle s’avançait en direction d’un groupe de soldats qui échangeaient leur tour de garde. Ils se turent aussitôt qu’ils la virent, et elle leur adressa un large sourire. Sa confiance revenue, elle le sentait très clairement. Bientôt l’heure sonnerait.        




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Peuplade

On m'appelle Nivilk Markin


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Posté dans Re: Tout vient à point, à qui sait attendre    - Ven 6 Nov 2015 - 6:48

Gestifell ne dormait que d'un œil cette nuit là, comme toutes les précédentes depuis que les Bois de Koun en avaient investi les murs. Les habitants originels avaient été rapatriés à Pleyrion où on leur garantissait une bien meilleure protection que celle de leurs pitoyables clôtures encadrant leurs maigres cultures. Ceux qui peuplaient à présent l'imposant hameau étaient, pour la plupart, des combattants expérimentés, les meilleurs éléments que Nivilk ait pu trouver dans ses rangs. D'autres s'étaient installés dans trois autres villages et hameaux, Kaleklif, Herivik et Horildar. Gestifell était le plus imposant des quatre, le rendant plus attractif pour ces engeances qui auraient plus tendance à s'en approcher. La présence du hön n'y était donc pas anodine, vue la rancune tenace qu'il gardait envers ces étrangers qui lui avaient fait essuyer une cruelle défaite des mois auparavant.

Mais, cette fois-ci, hors de question de démontrer leurs forces. Pas encore. Conscient qu'il avait pu être identifié en tant que meneur des troupes lors du dernier affrontement, Nivilk avait laissé pousser une barbe dense qui lui masquait la moitié du visage, et conservait ses cheveux attachés à l'arrière du crâne. Le troc de son armure contre de simples frusques de paysan, suffisamment larges pour dissimuler ses cicatrices et sa musculature, finissaient de lui donner l'allure d'un pégu, comme le reste de ses hommes ainsi que les quelques faiblards, enfants et vieillards qui avaient été entraînés dans cette stratégie pour leur donner l'air le plus inoffensif possible.

Gestifell s'était transformé en village d'éleveurs, les cultures ayant été remplacées par des enclos où des dizaines de kouns cohabitaient. Leur aspect trahissait l'entraînement de bêtes de guerre qu'ils avaient subi depuis leurs jeunesses, donnant un nouvel atout aux erfeydiens qui n'avaient laissé aucune place au hasard. Leur apparence, les kouns, l'ithylium enterré au dehors et étendu sous les maisons, les armes dissimulées aux quatre coins des lieux, rien n'indiquait qu'il s'agissait là d'un traquenard, d'autant plus que la première lutte ne serait que de courte durée, accordant la victoire aux hérétiques pour mieux les abattre ensuite.

La bourrasque d'air frais qui s'introduisit dans la chaumière tira Nivilk de son demi sommeil lorsque l'émissaire sortit. Faisant voler les fourrures du lit, il en sortit rapidement et commença à se vêtir, pestant intérieurement contre cette femme qui se plaisait à aller continuellement à l'encontre de ses ordres. Elle qui n'était pas censée participer à cette mission pour le moins dangereuse s'était faite démasquer sur le chemin du village de Gestifell, plongeant Nivilk dans une colère noire. Toute autre personne ne portant pas le titre d'émissaire aurait subi un accès de violence incontrôlé, mais la religieuse bénéficiait d'un rôle qui limitait les démonstrations de rage du guerrier envers elle, d'autant qu'elle avait profité de l'occasion pour lui annoncer sa grossesse. La haine de l'erfeydien n'en fut que décuplée, mais à ce stade de leur mission, il n'était plus question de faire machine arrière, et le hön n'envisagea pas une seconde qu'elle rentre seule.
Il la gardait donc toujours à l’œil, choisissant d'en faire la femme du fermier qu'il incarnerait. Tant qu'à être là, elle se montrerait utile avec son ventre grossissant de jour en jour qu'elle était priée de mettre en valeur pour l'arrivée des étrangers.

Une fois chaudement vêtu, il sortit de la chaumière, l'air clairement contrarié. Au dessus des toits de chaume perçaient les premiers rayons du soleil qui promettaient de réchauffer cette journée qui s'annonçait comme les précédentes, rythmée par l'entretien des enclos et des bêtes, comme tout quotidien d'un clan fermier. Il aperçut la silhouette de l'émissaire, encadrée par la maigre troupe de ronde. Quand bien même ces guerriers aient été surentraînés et prêts à mourir pour une servante du Gardien, Nivilk ne la considérait pas en sécurité ailleurs que sous "leur" toit ou à ses côtés.
Les visages déconfits de deux des guerriers se tournèrent vers le hön qu'ils savaient insulté par le comportement de l'émissaire qu'ils ne pouvaient pour autant aucunement contrarier. Mais si Nivilk ne pouvait laisser éclater toute sa colère contre la seule coupable de son énervement, ce serait forcément l'un d'eux qui prendrait...

Heureusement pour eux, l'attention du hanek fut détournée par un bruissement qu'il ne connaissait que trop bien. S'arrêtant net, il se retourna vers le semblant de ruelle plongé dans le brouillard, où une forme bien particulière se distingua progressivement. L'aranelia s'arrêta à quelques mètres de Nivilk, et la silhouette menue de sa cavalière en glissa pour accourir vers lui. L'air complice avec lequel elle le regarda fit doucement sourire le guerrier.

- Ils arrivent, hön. L'informa Sighild qui ne cachait pas son désir d'en découdre. Deux jours à se planquer dans leur clairière, ils se sont enfin décidés à venir à nous.
- Ces pucelles savent se faire désirer. Répondit Nivilk dans un rictus approprié. Planque ta bestiole, revêts tes vêtements et rejoins ton poste. La noire hocha la tête et s'élança vers la maison qu'elle avait investie avant d'être interrompue. Sighild ! Elle se retourna, presque frustrée d'être retardée. N'oublie pas. On perd pour mieux les écraser ensuite. Ne t'emballe pas. Après un haussement d'épaules et un signe las de la main, la jeune femme reprit sa course.

L'attention du hön se reporta sur le petit groupe devant lui. Après avoir ordonné à deux des guerriers de prévenir le restant des Bois présents dans Gestifell, Nivilk adressa un signe de tête à l'émissaire, lui intimant de le suivre jusqu'à l'entrée d'un enclos où quelques kouns évoluaient paisiblement, attendant que l'on ait besoin d'eux. Se saisissant de deux fourches, il en envoya une à Céléno sur qui il portait un regard sévère plutôt que haineux. Leurs mains avaient eu le temps de se transformer depuis leur arrivée en ces lieux, le travail d'élevage n'étant pas de tout repos, et cela ne faisait qu'ajouter à leur crédibilité.

- Joue ton rôle et ne t'avise pas de t'éloigner. Tu auras besoin de rester en vie si tu veux avoir l'occasion de les voir se faire massacrer ensuite.

Ces mots pleins de détermination combattive et fanatique tranchèrent avec la tâche qu'ils entreprirent d'accomplir, lui à l'extérieur de l'enclos basculant de massives bottes de foin à l'éleveuse improvisée qui les déliait et les répartissait au milieu des bêtes. Ils avaient été rejoints par quelques autres Bois qui participèrent au nourrissage lorsque le troupeau de kouns vibra d'une inquiétude soudaine. L'attention des bêtes s'était portée au loin, derrière le brouillard d'où rien n'apparaissait aux yeux ni aux oreilles des hommes. Mais ceux-ci savaient ce qui approchait. Les mains serrées sur le manche de sa fourche, Nivilk souriait.

- Mes frères, tenez-vous prêts.




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On m'appelle Larkin Reaner


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Posté dans Re: Tout vient à point, à qui sait attendre    - Ven 6 Nov 2015 - 10:51

Je me rappelle encore de ma réaction lorsque j'avais reçu le papier qui m'avait gentillement expliqué que, en gros, j'avais bien assez glandé à l’hôpital comme ça et qu'il était temps de se remettre au boulot. Et que, si je n'étais effectivement plus capable de tenir une arme, donner des cours élémentaires à des sauvages incultes et analphabètes devait rester dans mes cordes. En gros.
Je serais incapable de donner le nom de l'officier qui m'avait donné cet ordre - moi et les noms ... - ni même de prononcer le nom du village boréalien où j'avais été assigné - en même temps, avec un nom de barbare pareil ... - mais je m'en souviens comme si c'était hier ! Un genre de surprise mêlée de désespoir m'avait alors envahi, et j'avais eu l'impression que le monde entier s’effondrait autour de moi.

Ce qui est fabuleux avec le désespoir c'est que, même quand on pense avoir atteint le fond du fond, on peut toujours creuser plus profond ! C'est un peu ce que j'ai ressentit quand on est venu me voir, l'autre jour, pour me dire : "Écoute Larkin ... Certes, tu marches encore avec une canne. Mais regarde le bon côté des chose : ton bras va mieux ! Et si les tireurs avaient besoin de leurs jambes, ça se saurait, hein ? Ha ha ha, aller, mon brave ! Prépare ton packtage, on part demain à l'aube. Ha ha, sacré Larkin !"

Et me voila ! Boitillant sous la cime des arbres, manquant de m’effondrer dans l'épaisse poudreuse toute les deux enjambées, grelotant de froid dans cet air nocturne glacial et croulant sous mon barda. Ah, qu'elle a fière allure la Milice de Matroos !
Fort heureusement pour mon pays, je n'étais pas seul. Non, au moins une vingtaine d'autres miliciens avaient été dépêchés pour cette escarmouche. En effet, bien que la Milice ait opté pour une stratégie plus culturelle et diplomatique qu'offensive, il lui fallait toujours plus de villages à convert... euh, à éduquer, pardon !
Celui dont nous nous approchions, en l’occurrence, avait été repéré il y a quelques jours de cela par des éclaireurs et réunissait les critères qui faisaient de lui une cible de choix. Position stratégique, faible présence militaire, relief en faveur de l'assaillant, ... Du haut de mon rang de troufion, c'est tout ce que je savais.

Notre mission était simple. Nous approcher discrètement pour frapper vite, et fort. Éliminer toute résistance et épargner les civils tout en les empêchant de s'enfuir.
Pour ma part, le sergent qui menait l'attaque m'avait assigné deux soldats qui devaient m'escorter et me protéger jusqu'au sommet d'une bute, non loin d'ici, qui m'offrirait une vision dégagée sur l'objectif. Pendant ce temps, le reste de le troupe avancerait et mènerait une attaque frontale.

Tandis que nous progression tant bien que mal dans les fourrés enneigés, je ne pu m'empêcher de remercier intérieurement le sergent d'avoir envoyé ces hommes avec moi. En effet, le silence était pesant, seulement interrompu par le bruissement de la brise dans les feuillages, et par les cris lointains de quelques bêtes féroces qu'il ne me tardait pas de rencontrer. Et ils ne seraient pas de trop si les choses venaient à mal tourner
L'un des deux soldats, Jurgen - je crois - se proposa pour m'aider à avancer. Et je dois avouer qu'il fut d'une grande utilité, notamment pour franchir les derniers mètres, les plus escarpés.

Arrivés en haut de la bute, les deux hommes se positionnèrent à couvert, sans un bruit, en montant la garde aux alentours. Pour ma part, j'avais repéré mon poste de tir. Je pris alors le temps de déposer ma canne, d'installer convenablement mon arme, d'ajuster la lunette de visée, ... Puis, portant la main à mon oreillette :
- Reaner. Je suis en place. Je répète, je suis en place. Terminé.

- Parfait, préparez-vous à ouvrir le feu. Et faites preuve de discernement, sinon il n'y aura plus personne à éduquer demain matin ! Me répondit-on après un court silence, avec une pointe d'ironie.

Je n'avais pas une vue sur l'ensemble du village mais sur une bonne partie des bâtiments qui le composaient et des ruelles qui courraient entre ceux-ci. C'était suffisant pour couvrir l'attaque frontale et désorganiser leurs défenses.

Les minutes passèrent. Ni mon oreillette, ni Lugren, ni son camarade inconnu ne prononcèrent le moindre son. J'étais concentré à l'extrême.

En voyant les modestes cahutes en bois et en paille qui constituaient le village que nous attaquions, lui-même seulement entouré par une maigre palissade de rondins, je ne pus m'empêcher de me dire : " Les pauvres. Ils n'ont aucune chance ". Ils étaient par ailleurs tous probablement en train de dormir.
Et pourtant, je ressentais comme une sorte d'excitation. Cela faisait fort longtemps que je ne m'étais pas resservi d'un fusil sniper. Pas en conditions réelles, du moins. Et j'étais habité comme d'un de sentiment de vengeance pour ce que ces monstres brutaux m'avaient fais.

Soudain, je distinguai mes camarades miliciens qui faisaient irruption des bois. Discrètement, méthodiquement, ils se rapprochèrent de la palissade. Certains d'entre eux commençaient d'ors et déjà à en faire le tour pour couper une éventuelle retraite. D'autres se mettaient en position , à couvert. Un petit groupe, enfin, se détacha et alla poser une charge explosive contre le flanc de la vétuste muraille qui séparait ces ignorants de la civilisation ... ou de la mort.

Toujours rien de mon côté.

Les poseurs de bombe se mirent à courir pour se mettre à couvert.

Une seconde. Deux. Trois.

Tout alla très vite. Une détonation sourde retentit tandis qu'une portion entière de la palissade volait en éclats dans un flash lumineux. Puis, avant même que les fragments et copeaux de bois encore fumants aient le temps de retomber, les miliciens s'élancèrent à toute vitesse dans la brèche.
Il ne se passa pas une seconde complète avant que la première détonation de fusil à éralium ne retentisse, suivie par bien d'autres.
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Posté dans Re: Tout vient à point, à qui sait attendre    - Sam 7 Nov 2015 - 12:54

Un regard peint d’un calme sans faille percuta celui, sévère, de Nivilk, alors qu’il lui faisait signe de le suivre jusqu’à l’enclos des Kouns. Sans un mot, elle se mit en marche derrière lui, soutenant d’une main un ventre qui n’arrangeait en rien ses déplacements et qui se faisait de plus en plus lourd à mesure que les jours passaient. Elle parvint tout de même à se saisir de la fourche lancée dans sa direction et ouvrit la barrière de bois pour se faufiler parmi le troupeau. Un simple sourire confiant fit office de réponse au conseil du Hön, et bientôt, elle perdit ses pensées dans une activité qu’elle avait pris l’habitude de pratiquer depuis leur arrivée à Gestifell. Nourrir les bêtes était loin d’être agréable ou au moins un tant soit peu divertissant, mais l’Émissaire bouillait intérieurement de quitter ce rôle car cela sonnerait le moment de tuer les hérétiques, un à un. Son ventre rond avait beau la ralentir, elle gardait une tonicité et une détermination qu’il lui tardait d’exprimer. Et l’heure était enfin arrivée.

Aux mots de Nivilk, Céléno redressa légèrement la tête, guettant de la même manière que les Kouns dont elle s’occupait, un bruit qu’elle ne pouvait pas entendre. Le regard fixe des animaux, et leurs oreilles tendues ne mentaient pas, et instinctivement, la religieuse serra plus fort la fourche entre ses mains, alors qu’elle déglutit, plongée dans une concentration extrême mêlée à une angoisse excitante. Ce fut le frémissement d’une des bête qui la tira de son attente anxieuse, et d’un geste, elle fit signe aux autres Bois de Kouns de reprendre leur activité. Ils devaient jouer leur rôle jusqu’au bout, jusqu’à ce que les hérétiques arrivent et prennent le village face à une défense qui ne ferait pas long feu. La majorité du village était encore endormi, et ce fut dans un silence de plomb que la détonation retentit brusquement.

Céléno avait sursauté si violemment qu’elle cru perdre les eaux sous le choc, ne lâchant finalement que sa fourche. Une main sur le ventre, l’autre sur sa poitrine où rebondissait son coeur surpris, elle inspira à petits coups et fit virevolter son regard en direction des habitations d’où sortaient cris de frayeur sincères et d’autres imités. Les tirs des armes technologiques des hérétiques ne tardèrent pas à résonner alors que l’épaisse fumée de la palissade explosée s’étendait dans les cieux et au dessus du village. L’enclos des Kouns se situant plus en amont de l’entrée du village, les envahisseurs n’y parvinrent que quelques minutes plus tard mais ne perdirent pas de temps pour braquer leurs canons sur les pseudo fermiers. Un des Bois tenta une riposte, usant de son lien mais le tir de l’ennemi ne manqua pas et il s’écroula juste à côté de l’Émissaire qui tressaillit visiblement et manqua perdre l’équilibre. L’arme se dirigea vers elle et Nivilk, non loin, et instinctivement, elle posa une main sur l’épaule du Hön et ferma les yeux en hurlant :

“NOOON !”

Une sphère de racines épaisses se forma autour du meneur des Bois de Koun, alors que Céléno, dont le corps frêle mais rond s’était recouvert du même mélange végétal, comme une seconde peau, attendait le tir. Qui ne vient pas. Alors, doucement, elle rouvrit les yeux et aperçu que l’attention du tireur était accaparé par son ventre rond. Elle manqua d’échapper un sourire de satisfaction mais composa plutôt son regard le plus larmoyant, et une mine déconfite au possible, alors qu’elle libérait le Hön de sa prison végétale mais protectrice, et leva les mains en signe d’abandon. Finalement, sa grossesse n’aurait pas pu mieux tomber.




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Posté dans Re: Tout vient à point, à qui sait attendre    - Mar 10 Nov 2015 - 10:38

L'air trembla sous la violente explosion qui illumina le brouillard étendu dans le village. Fronçant les sourcils, le hön sauta par dessus la barrière pour pénétrer dans l'enclos des kouns qui s'énervaient progressivement, s'approchant de l'émissaire tout en envoyant une poignée d'hommes en "renforts" au cœur de l'action, tandis que ceux restés avec lui joueraient parfaitement les éleveurs soucieux de préserver leur troupeau.

Les silhouettes des hérétiques se dessinèrent peu à peu dans la brume, jusqu'à laisser voir leur accoutrement ridicule et leurs armes insultant la puissance du Gardien. Les poings serrés sur sa fourche, Nivilk se campait fermement sur ses jambes dans une posture de défense lorsque l'une des engeances pointait son arme vers lui. Il n'était pas évident, pour un combattant né, d'avoir l'air d'un novice aux réflexes peu aiguisés et à l'attitude manquant d'assurance, mais l'erfeydien misait sur l'apparence de la colère d'un fermier défendant son bien et sa femme pour flouer l'ennemi.

La voix de Céléno résonna brusquement à son oreille et la main de cette dernière l'agrippa avant qu'un bruissement de feuilles ne l'assourdisse. D'abord surpris, Nivilk laissa percer son regard au travers des quelques interstices laissés par les racines et branchages, le faisant glisser du tireur à la jeune femme qu'il n'aurait jamais cru jouer aussi bien le rôle d'une épouse éplorée. Son corps tressaillit d'excitation alors que l'idée que cette grossesse si bienvenue soit un don du Gardien lui traversait l'esprit.

Pas le temps de sourire cependant, car le bouclier de racines se dissipait alors que l'émissaire s'avouait vaincue. L'hérétique avait réarmé son fusil dans la direction du hön, lisant dans les yeux de celui-ci une haine certaine et une soif de liberté qui allait à l'encontre de la mission qu'on lui avait confiée. Les deux hommes se fixèrent silencieusement à plusieurs mètres de distance, avant que le barbare ne pose son regard sur sa "femme" au ventre rebondi. Ses traits s'apaisèrent instantanément alors que le milicien, d'un signe de tête, leur faisait signe de rejoindre le centre du village. Inutile de risquer d'être blessé avant l'affrontement final, aussi le hön se contenta-t-il de jeter rageusement sa fourche au sol et avança vers Céléno qu'il enveloppa d'un bras protecteur pour l'inviter à suivre l'ordre de l'idiot qui était bien loin de se douter que, quelques jours plus tard, sa tête seule serait rendue aux autres de son espèce.




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Posté dans Re: Tout vient à point, à qui sait attendre    - Mar 10 Nov 2015 - 16:17

De là où j'étais, j'avais une vision assez globale du village assiégé. A l'intérieur de son mur d'enceinte - qui n'avait pas vraiment fais long feu - étaient entassées de façon désordonnée des battisses simples, faites de bois, dépourvue de décorations et entourées par de nombreux enclos remplis de ces créatures quadrupèdes qui leur servaient de montures.

La fumée n'avait même pas eu le temps de se dissiper totalement que les miliciens avaient déjà investis le village. Même à ma distance, je pouvais percevoir les cris paniqués des paysans qui, pris au dépourvu, s'agitaient en tout sens. Ils sortaient en trombe de chez eux, vêtus de peaux de bêtes et brandissant des armes de fortune. Une fourche, un maillet, ... Ils n'étaient nullement des guerriers, et leur comportement le montrait au moins autant que leur armement.
En effet, à la vue des fusils des soldats, la plupart d'entre eux restèrent cloués sur place, déposèrent les armes ou implorèrent d'être épargnés. Mais il y eut quelques téméraires. « Des suicidaires, oui ... » Me dis-je, tout en suivant le moindre de leurs mouvements depuis ma lunette télescopique.

L'un d'eux, justement, eut juste le temps d'emprunter une ruelle encore inoccupée des forces matrosciennes avant que je ne le perde du regard. Il n'avait pas d'arme mais son allure m'avait semblé assurée et son regard décidé. Et j'étais bien la dernière personne à qui il fallait rappeler les pouvoirs meurtriers dont étaient dotés ces monstres. Je ne savais pas si tous les boréaliens pouvaient maitriser cette magie ou bien si elle était réservée aux plus puissants guerriers ... Mais, dans le doute ...

- Ici Reaner. Vous avez un individu isolé qui vous contourne par une ruelle Nord, Nord-Est. Posture agressive confirmée. Terminé.
- Bien reçu. Me répondit-on. Puis, une poignée de secondes plus tard, une série de brefs flashs lumineux illumina la zone évoquée.
- Individu neutralisé. Me confirma-t-on finalement.

Satisfait, je repris calmement mes observations ... lorsque ma lunette s'arrêta de nouveau sur une scène qui mit immédiatement tous mes sens en alerte. A proximité d'un duo de miliciens qui cherchaient à maîtriser un groupe de boréalien, se tenait une femme barbare d'une carrure imposante. Immobile, son bras tendu devant elle, une forme cristalline s'y dessinait progressivement. Foutue magie ...
Sans réfléchir, je pris mon inspiration et alignai le viseur de mon arme sur son visage bestial. Une puissante détonation suivie le moment où je pressai la gâchette et, quand je revins sur la scène en question, ma cible étaient étendue au sol, inerte, un trou béant encore fumant dans la poitrine.

Pendant un court instant, j'oubliais à quel point j'étais frigorifié. A la place, je mourrais de chaud et transpirais à grosses gouttes. Mon cœur battait la chamade dans ma poitrine et je peinais à maîtriser ma respiration.
Mais ce n'était nullement un sentiment négatif. Bien au contraire, j'étais empli de la même satisfaction que j'avais ressenti en recommençant à marcher depuis ma dernière bataille. Comme si je retrouvais une part de moi-même. En ce moment précis, depuis le sommet calme et rassurant de cette colline éloignée de tout danger, durant une infime poignée de secondes, la guerre ne me sembla pas si désagréable que ça.

Mais le "bonheur" fut de courte durée. Tout s'était passé extrêmement vite et, en quelques minutes à peine, le village était pacifié.
Les paysans qui n'avaient pas essayé de se défendre étaient regroupés sur un genre de grande place. Les maisons, enclos et jusqu'au moindre recoin de la zone étaient inspectés de fond en comble. Des patrouilles de miliciens s'organisaient pour surveiller les prisonniers - qui n'en étaient pas, officiellement, rappelons-le - pour rassembler leurs possessions, en établir l'inventaire, ...

« Conquête du village opérée avec succès. Je répète, la mission est une réussite ! A tous, rassemblement immédiat à l'entrée du village. » Nous confirma-t-on par radio.

Notre petit trio leva alors promptement le camp, prenant pour direction aussi rapidement que possible - dur retour à la réalité que ce maudite canne ... - le fameux village qui avait l'immense privilège de rejoindre notre grand programme d'échange culturel !
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Émissaire

On m'appelle Céléno Thogen


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Posté dans Re: Tout vient à point, à qui sait attendre    - Jeu 12 Nov 2015 - 11:09

Le rôle de fermière en cloques lui allait à ravir, mais Céléno, dans toute sa haine de fanatique, bouillait intérieurement. Les mains le long du corps mais toujours en évidence, elle marchait sans un bruit en direction du centre du village sous le regard aiguisé de l’hérétique qui les avait intercepté. Pauvre fou. Elle l’imaginait déjà, dans quelques jours, sanguinolent dans la neige, après lui avoir elle-même tranché la gorge. Enceinte ou pas, elle ne manquerait pour rien au monde la bataille qui couvait, quitte à frapper dans le dos de ses ennemis pour se préserver d’un choc frontal et dangereux pour le bébé à venir. Nivilk lui interdirait très sûrement de s’éloigner, peut-être même de sortir, mais elle préférait mourir que voir les siens se battre et obtenir la chance de verser un sang tant attendu.

La voix du milicien la tira de ses violentes pensées, et elle redressa la tête. S’en se rendre compte du chemin passé, ils étaient arrivés au centre du village. Son regard se porta sur les autres villageois déjà rassemblés, et elle compta, intérieurement, combien de Koun camouflés sous les habits de fermiers, il restait. Bien assez. Elle retint un sourire de satisfaction et redressa le menton, affichant l’air fier d’une mère de famille digne et refusant de se soumettre. Son regard translucide transperça tour à tour les hérétiques qui les surveillaient avant de se porter sur un groupe de trois nouveaux arrivants. L’un claudiquant comme s’il avait du mal à marcher, et les deux autres, suivant sont rythme. D’où venaient-ils ? L’Émissaire fronça les sourcils, suspicieuse quand à leur rôle qui semblait important puisqu’ils étaient attendus, mais effaça rapidement sa mine interrogative. Elle devait paraître le plus naïve possible.

“Tue-les ! Tue-les !”

Céléno ferma les yeux, brusquement prise d’un violent frisson qui la fit tituber. En même temps, une douleur lui traversa le crâne, comme si son esprit lui-même tentait de s’échapper ou que quelqu’un le lui arrachait. Un coup de hache lui fendant la boîte crânienne n’aurait pas fait plus mal, et elle retint un gémissement. Placée près de Nivilk, elle se retint à lui, sa main gantée agrippant le bras imposant et resta ainsi, immobile, pendant plusieurs secondes. Plus rien. Elle retrouva un équilibre mis à mal, et porta aussitôt une main à son ventre, feintant un malaise lié à la grossesse quand elle distingua que plusieurs regards s’étaient portés sur elle. Elle évita soigneusement celui du Hön, incapable de lui expliquer ce qu’il s’était passé et reporta plutôt son attention sur les miliciens.




Merci Nivilk pour le kit :heart2:

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Peuplade

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Posté dans Re: Tout vient à point, à qui sait attendre    - Mer 18 Nov 2015 - 10:35

Rares avaient été les fois où Nivilk avait eu les mains liées, inexistantes avaient été celles où il se montrait aussi consentant. Malgré son regard dur et meurtrier envers les envahisseurs, il avait simplement l'air d'un pauvre éleveur pris au dépourvu et incapable de se défendre. Et pourtant, son esprit résonnait si fort avec cet ithylium répandu dans le village qu'il aurait pu tous les empaler et les servir en brochettes au Gardien.

Lorsqu'ils entrèrent dans la grande salle, les regards de ses hommes semblèrent soulagés de le voir revenir avec l'Emissaire qu'il accompagna là où on les guidait, devant les prisonniers que l'on tenait agenouillés en les menaçant de ces armes pestilentielles.

Le bras brusquement agrippé, Nivilk se hâta de soutenir la jeune femme dont la pâleur soudaine eut tôt fait de l'inquiéter. Si elle jouait parfaitement la future mère, son teint blême trahissait un malaise réel qu'il ne put mettre que sur le compte de sa grossesse. Retenant un regard sévère à l'intention de Céléno qu'il aurait préféré savoir à Pleyrion, il la fit s'asseoir sur un tabouret et s'agenouilla à ses côtés pour porter son attention sur les hérétiques.

- Ils sont tous là ?
- Tous les survivants, mon lieutenant. Nous n'en avons pas trouvé d'autres.
- Parfait, faites venir l'interprète.


Les minutes passèrent pendant lesquelles le hön dévisagea chacun des étrangers, cherchant à déduire leurs rôles par leurs attitudes, leur assurance ou leur soumission. La dégaine de celui qui paraissait être leur chef ne lui revenait décidément pas. Un trio entra, l'un des hommes claudiquant laissant imaginer à Nivilk que leurs ennemis les sous estimait pour leur envoyer des éclopés.
Enfin, "l'interprète" arriva. Il s'agissait d'un jeune soldat pimpant et impressionné par la barbarie dont avaient fait preuve ses propres frères d'armes, plutôt dégoûtée par celle des barbares qu'il venait de voir à l’œuvre. Un carnet sous le bras, le regard d'un homme trop fraîchement sorti de l'école militaire, il rêvait déjà aux articles et comptes rendus signés de sa main quand il serait officiellement reconnu comme un explorateur compétent.

- Explorateur Médevain à vos ordres, lieutenant !
- Bien. Faites savoir à ces sauvages qu'on ne les grillera pas s'ils restent sages et trouvez-moi leur chef.


Le soldat hocha la tête et ouvrit son calepin dans lequel il avait rassemblé des centaines de notes griffonnées au cours de ses différentes visites en villages conquis. Trouvant la page qu'il cherchait, il s'exerça d'abord sans prononcer un son puis se racla la gorge avant de se lancer.

- Bon... Bon-jour, frères. L'assemblée d'erfeydiens gronda en l'entendant s'adresser à eux en tant que frères et, comprenant son erreur, le soldat sourit nerveusement. Nous amis. Nous fils de lupien. Cette fois, un rire gras fit vibrer les autochtones qui constatèrent que leurs compatriotes avaient su limiter l'apprentissage de leur langue à ces hommes. Qu'importait, le soldat continua. Chef ? Ses yeux innocents parcoururent la salle à la recherche de celui qui se désignerait. Chef ? Pas chef ?

Nivilk se tourna vers Céléno.
- Reste là et ne bouge pas. lui glissa-t-il avant de se lever.
- Ah ! Chef !
- Oui, "Chef". Pas comme toi, sous-merde.
Cracha Nivilk à l'encontre du gringalet. Le regard du paysan qui n'en était pas un balaya une nouvelle fois, se posant finalement sur celui de l'éclopé qu'il n'arrivait pas à remettre. Mais pourquoi ?




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Milice

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Posté dans Re: Tout vient à point, à qui sait attendre    - Lun 14 Déc 2015 - 16:42

En arrivant devant la barricade de bois qui entourait le village, je me fis la réflexion qu'il était curieusement plus aisé d'être courageux au travers de la lunette de mon fusil de sniper, à quelques centaines de mètres de distance, que directement sur place.

Le trajet avait duré moins d'une dizaine de minutes. La brêche qui perçait le rempart d'enceinte était désormais encadrée par deux miliciens qui guettaient attentivement les alentours. La tension n'était pas réellement retombée, et cela se comprenait : les boréaliens ne se rendaient pas aisément et nous n'étions pas à l'abri d'une arrivée de renforts.
On nous expliqua au passage que le gros des troupes et des prisonniers se trouvaient vers le centre du village, dans un grand bâtiment qui allait abriter la réunion diplomatique initiale, et que nous étions attendus. A vrai dire, je n'avais encore jamais assisté à un tel événement et j'étais un peu curieux de savoir comment les miliciens pouvaient bien amener le sujet.

Le village en lui-même était majoritairement constitués d'enclos de fortunes qui renfermaient nombre de ces créatures quadrupèdes et étranges qui leur servaient occasionnellement de montures. A part cela, l'endroit entier était désert et sinistrement calme. Pourtant, des traces de combat le parsemaient. Un mur criblé d'impacts d'éraliums par ici, une trainée de sang par là, ... En quelques minutes à peine, nous étions devant le bâtiment qui nous avait été indiqué et il ne fallut pas nous prier pour y pénétrer. En effet, la chaleur moite de l’intérieur nous réchauffa agréablement et nous fit le plus grand bien.

Ils étaient là.
Peut-être une trentaine. Agenouillés et encadrés par des miliciens armés qui les tenaient en joue. Ils étaient sales, pauvrement vêtus et affichaient des expressions mêlées de peur et de colère. Parmis eux, des hommes à l'allure de paysans mais aussi des femmes et des enfants. L'une des femmes présentait même un ventre dont la forme ne laissait aucun doute ... elle était enceinte.

Enceinte.

Cette vision me fit un effet des plus étranges. Ces sauvages étaient si différents de nous ... et pourtant si semblables. Un constat qui paraissait évident, sur le coup, mais qui ne m'avait jamais traversé l'esprit. Dans ma tête défilèrent les images de toutes mes rencontre avec les boréaliens. Des combats, encore des combats ... Entrecoupés des discours de propagande de l'état major à leur sujet et de ces "séances d'échanges culturels" où ils n'étaient guère plus que du bétail : trimballés à droite, à gauche, à nous écouter parler jusqu'à ce qu'ils lâchent la moindre information utile et réprimandés à la moindre protestation. Comment les considérer comme des personnes à part entière, dans de telles conditions ?
Pourtant, comme nous, ils communiquaient. Comme nous, ils tissaient des liens entre eux. Comme nous, ils ...

Mes pensées furent interrompus par l'arrivée tant attendue de l’interprète qui allait servir d’intermédiaire entre le lieutenant matroscien qui dirigeait l'assaut – et qui semblait bel et bien motivé à montrer à nos hôtes qui était en position de force, à grand renfort de menaces et d'insultes – et le chef du petit village, qui se redressa sans hésiter parmi les rires de ses camarades lorsqu'on lui demanda de se désigner. Ce dernier me fit effroyablement froid dans le dos, sans que je sois capable de dire pourquoi, et je m'empressai de détourner le regard lorsque ses yeux se posèrent sur les miens.

- C'est bien lui, leur chef. Indiqua l'interprète – Médevain, de son petit nom – après avoir griffonné quelques notes dans un calepin dont il feuilletait frénétiquement les pages.
- Dis lui qu'on vient en paix. Lança alors le lieutenant d'un air détaché, comme s'il se répétait pour la dixième fois. Dis leur qu'ils n'ont plus à vivre dans la misère, le froid et la crasse. Nous pouvons leur apporter la chaleur, la lumière, la médecine, l'art, la littérature, la science, ... mais ce serait bien, pour ça, qu'ils partagent avec nous leurs coutumes, leur culture, leurs connaissances.

Le jeune Médevain s’attela alors à la tâche qui lui était confié. Avec beaucoup de dévotion, certes, mais aussi visiblement beaucoup de difficultés.
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Émissaire

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Posté dans Re: Tout vient à point, à qui sait attendre    - Sam 26 Déc 2015 - 6:28

La chaleur de la grande pièce, attisée par un imposant foyer flamboyant et par le nombre de personnes présentes, réchauffèrent peu à peu le corps encore tendu par le malaise, et le visage blême de Céléno. Assise sur le tabouret, elle avait obéit simplement aux ordres de Nivilk, à savoir ne pas bouger de là. Essoufflée par la grossesse qui lui avait valu cette drôle de réaction, qui avait manqué la jeter à terre, elle se contenta de suivre le Hön des yeux, alors qu’il se levait pour répondre au nom de chef. Les regards de leurs compatriotes se tournèrent vers lui dans un même mouvement, alors que les rires moqueurs en direction de l'interprète de fortune cessaient en même temps. Sur les visages erfeydiens, la confiance reprenait vie alors que certaines lueurs de colère mais aussi de peur, brillaient encore dans les prunelles.

“ Nous venir en amis. Nous vouloir donner à vous tout ce que vous ne pas avoir. Lumière. Technologie. Médecine. Culture de nous. Vous ne plus avoir à vivre dans …” Médevain l’interprète, chercha ses mots un instant, alors que les regards mécontents si ce n’est furieux des prisonniers erfeydiens se tournaient vers lui à l’écoute de ses paroles. “ Dans la crasse et dans villages miteux. ” Se risqua t-il pourtant à dire, pour conclure ce que lui avait ordonner de traduire son supérieur.

Un grognement général s’éleva dans les rangs erfeydiens, si bien que la plupart n’entendirent même pas ce qu’il ajouta. “ Pour ça, vous donner à nous connaissances de votre pays. ” Ceux qui eurent la chance d’intercepter ces mots s’agitèrent un peu plus, alors que précautionneusement, les miliciens présents armaient leurs basters et autres armes à éralium. Un mouvement de foule trop vite arrivé, et d’autres erfeydiens tomberaient encore sous les tirs hérétiques.

“ Nous ne voulons pas de votre culture. Nous avons notre médecine, notre art et notre lumière. Nous n’avons pas besoin de vous. Rentrez chez vous. Hérétiques. ”

Le silence était retombé comme une chape de plomb sur la pièce, alors que la voix de l’Emissaire avait résonné. Le visage sévère et le regard froid, elle s’était levé d’abord tremblante sur ses jambes affaiblies, mais avait tôt fait de retrouver le port altier que lui conférait son orgueil naturel. Hors de question de paraître faible devant l’ennemi. Ses yeux virevoltaient entre les différents visages, croisa celui de Nivilk dont elle osa imaginer l’énervement, et finit par s’arrêter sur l’homme éclopé, que le Hön avait fixé haineusement. Il avait l’air moins abruti par le désir de tout avoir que la plupart de ses compagnons hérétiques, et concentrée à jouer son rôle de paysanne enceinte et éplorée par la guerre, elle fixa sur lui un regard lourd de reproches et de peur, plus ou moins sincère.




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Posté dans Re: Tout vient à point, à qui sait attendre    -

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