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Rencontre en terrain conquis

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On m'appelle Pyotr Datsiouk


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Posté dans Rencontre en terrain conquis   - Ven 6 Nov 2015 - 21:54

Aslÿn arghusa, Lumen, Gartina, Hölkov, Svenga, Sauveuse d’âmes, Albus d’Ithylium...

Toute une flore à devoir percer ses secrets. Digne de chirurgiens, les scientifiques matrosciens disséquaient, analysaient, bouillaient, écrasaient des plantes jusqu’alors méconnues. Le laboratoire du campement militaire rassemblait un petit nombre des meilleurs chercheurs de la milice matroscienne. Cette nouvelle terre conquise offrait des ressources naturelles intéressantes et exploitables.
Parmi eux se trouvait un Pyotr Datsiouk bougon qui se demandait pourquoi il se trouvait là. Son environnement naturel était à des milliers de kilomètres de distance au sud. Beaucoup plus au sud. Ici, les vastes plaines enneigées contrastaient avec les forêts accueillantes de Matroos. Pire que tout, le froid jouait sur son caractère.  Qu’on l’envoie dans le désert des murmures passait encore. En général, le jeune homme tolérait excessivement bien la chaleur, mais il ne supportait pas les températures glaciales. Lors des journées les plus froides, le botaniste avait l’impression que mille aiguilles lui piquaient la peau. Respirer en devenait douloureux. Dans son for intérieur, il maudissait l’homme qui avait décidé cette invasion.
Plus encore depuis ces derniers jours.

« Par Vama, Datsiouk bouge ton cul. T’as assez de racines comme ça. »

Après un dernier coup de pelle, Pyotr glissa la fleur dans son sac avant de rejoindre le groupe. Depuis deux heures, les miliciens et lui recueillaient diverses plantes de la région afin de les ramener au laboratoire. Ils étaient à trois jours de speeder du campement de base, dans une bourgade perdue sur la côte sud de l’île. Cette tâche de «jardinage» n’enchantait pas les soldats et ils le faisaient comprendre au botaniste. Après tout, n’était-ce pas sa faute s’ils étaient là, à mourir de froid pour quelques fleurs ?

Le retour au village se fit en silence. Tous serraient les dents tentant d’oublier le froid humide qui se glissait traîtreusement dans leurs vêtements. L’habit isolé milicienne ne suffisait plus à les garder aux choix. Pyotr avait abandonné le sien pour le troquer pour les vêtements erfeydiens qui étaient beaucoup plus chaud et plus adaptés à leur environnement. Et puis, il n’était pas un soldat à proprement parlé. Un détail que les autres aimaient bien le lui rappeler oubliant ses années d’apprenti pilote d’élite.
Chaque respiration formait un nuage qui se dissipait aussitôt et le jeune homme enfonça son nez dans le foulard qui lui barrait le visage. Il s’était mis à neiger ralentissant leur procession vers le confort d’un bon feu. Pour une centième fois dans la journée, il jura contre la température.
Après une heure de marche, le groupe arriva enfin au village et ils prirent la direction de l’auberge. Les miliciens allèrent rejoindre leurs compagnons déjà attablés pour la soirée et Pyotr s’installa au bout de la table, légèrement à l’écart du groupe.
L’atmosphère était festive. Un second groupe de soldats s’arrêterait au village pour la nuit et on aurait enfin du divertissement. Pyotr ne partageait guère l’enthousiasme général. Comme à son habitude, il monterait dans sa chambre travailler sur les plantes récupérer aujourd’hui.

Au moment où l’aubergiste déposait un tasse d’eau chaude devant le matrooscien, la porte s’ouvrit.
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On m'appelle Larkin Reaner


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Posté dans Re: Rencontre en terrain conquis   - Lun 9 Nov 2015 - 13:32

Il régnait dans la salle une tension palpable. Cette imposante chaumière pourtant faite de planches de bois grossièrement assemblées et au toit recouvert de paille avait du servir de grange ou d'étable et je suis sûr que si mes sens n'étaient pas saturés par le froid, mon odorat me confirmerait cette hypothèse. Quel qu'ait pu être son usage précédent, la Milice l'avait promptement vidé de son mobilier et en avait fait une de leurs fameuses "salles de réunion".

« Du coup, quand un matrooscien meurt ... Enfin, décède, on incinère son corps et ... euh ... après, on récupère ses cendres pour les jeter dans le Grand Courant qui entoure notre île. » Je fis une pause, laissant le temps à l’interprète de traduire et de répéter à mon auditoire ce que je venais de dire dans leur répugnante langue de barbares.

Ils étaient huit, cette fois-ci - tiens, plus que la dernière fois - et étaient venu avec plus ou moins de bonne volonté. Mais la réalité, je la connaissais. Les miliciens débarquaient, armés, dans leurs cahutes miteuses et les rassemblaient sous la contrainte. Cela expliquait probablement, du moins en partie, les mines énervées qu'ils affichaient ainsi que les signes d'impatience et de désintérêt qu'ils ne cachaient nullement. Heureusement, en plus de moi, des deux autres instructeurs et de notre interprète, une dizaine de miliciens armés les encerclaient et s'assuraient que la séance se passe dans le calme.
Ils étaient traités comme des bêtes ... Mais qu'étaient-ils de plus ?

« Après ça, y'a une cérémonie d'adieu où les gens s'habillent avec du vert, chantent ... euh ... » Une légère agitation commençait à gagner la salle et me déconcentra brièvement. « Donc, on chante des chansons tristes et on boit un peu de vin. Si c'était un homme marié, sa femme doit attendre un an pour se remarier et ... euh ... dans tous les cas, on donne des fleurs à ... »

« Oh, attend, attend. » M'interrompit l'interprète en question, mais en matroscien cette fois. Il peinait déjà à tout traduire et mon débit s'était soudainement accéléré. Je n'était pas à l'aise avec la prise de parole devant un auditoire, notamment lorsque l'auditoire en question n'a pour seul désire que de vous tuer et qu'il a bien faillit y arriver une fois.
Les boréaliens commençaient d'ailleurs à discuter entre eux, à haute voix et de plus en plus fort.

« Qu'est-ce qu'ils disent ? » M'enquéris-je.

« Je sais pas trop. Je crois qu'ils sont outrés qu'on brûle nos morts, quelque chose comme ça. »

Et puis quoi, encore ! Qu'est-ce qu'ils en font, eux ? Ils les entèrent ? Ou bien ils les mangent tant qu'on y est ? Je trouvais inconcevable que des sauvages pareils aient quelque chose à redire à nos coutumes civilisées.
En tout cas, le débat était clos. L'un des babares se leva pour crier quelque chose et il n'en fallut pas plus pour que les miliciens lèvent leurs armes et se mettent à leur hurler de rester calmes. C'était le signe habituel qui marquait la fin des  "réunions".

Les instructeurs - dont moi-même - se levèrent, enfilèrent leurs manteaux épais et évacuèrent l'étable. Ce manège ne m'était pas rendu aisé par ma canne et mon attelle à la jambe, mais j'y parvins tant bien que mal.

Il n'avait pas été facile de faire le vide dans mon esprit et d'oublier les horreurs que j'avais vu et vécu lors de la dernière bataille ... Et tous ces efforts étaient tombé à l'eau à partir du moment où je m'étais mis à côtoyer quotidiennement les boréaliens. J'étais extrêmement nerveux en leur présence, et j'avais recommencé à faire mes cauchemars.
Chaque jour, je maudissais un peu plus l'officier qui m'avait arraché de la sécurité et du calme de la base de Mirjak pour m'envoyer dans ce guêpier.


***
Le 2 Velmos,
Mirjak, base militaire avancée de la Milice de Matroos,

Soldat Reaner,

J'ai été ravi d'apprendre que les blessures que vous avez reçu pour la gloire de Matroos et de Vama se sont stabilisées et que votre guérison n'est plus qu'une question de temps.
Vous n'êtes pas encore en état de prendre part au combat, mais j'ai le plaisir de vous annoncer que le haut commandement a trouvé une solution à votre ennui.
Un convoi de ravitaillement partira de Mirjak dans deux jours, en direction de l'un des villages conquis par la Milice où vous allez avoir la chance de participer au grand programme d'échange culturel entre nos deux factions.
Vous aurez les détails complémentaires sur place.

Faites honneur à Matroos, et que Vama vous garde.

Le capitaine Renassio,
Membre du haut commandement.

***


Le jour était en train de tomber, la soirée était en route. La luminosité chutait à vue d’œil, et la température avec elle. Pour remplacer les torches et braseros que les barbares avaient l'habitude d'utiliser, la Milice avait installé des unités d’éclairage à éralium à certains endroits du village. Plusieurs fois, j'avais surpris un boréalien grimacer en passant devant, comme si la technologie les faisait souffrir au moindre coup d'oeil. Curieux.
Je suivi donc la lueur de ces éclairages. Je savais très bien où j'allais. Au même endroit que beaucoup de matrosciens ici, qu'ils soient miliciens ou simples civils. Il s'agissait en effet d'une grande battisse - peut-être encore une étable ... Y avait-il autre chose que des paysans en ces terres gelées ? - qui avait été aménagée en bar et où chacun pouvait aller se reposer.

Et se reposer, j'en avais bien besoin ! Les médecins m'avaient dis, avant mon départ de Mirjak, que j'étais tiré d'affaire même s'il faudrait sûrement plusieurs mois pour retrouver totalement l'usage de ma jambe. Mon bras, en revanche, allait beaucoup mieux depuis deux semaines. Il manquait encore un peu de mobilité et me faisait souffrir par moment, mais j'avais définitivement abandonné mon écharpe et j'étais ravi de retrouver un certain degré de liberté.

L’intérieur du bar était déjà bien rempli. De nombreux miliciens étaient attablés, ensembles, et festoyaient jovialement. Sauf l'un d'eux, qui était resté en retrait, en bout de table. Cet homme attira mon attention et ma curiosité me poussa à aller le voir. D'autant qu'il n'était pas question de rejoindre la masse de soldats, un peu trop bruyante à mon gout, et qu'il me fallait m'assoir.
Après avoir commandé une boisson chaude, je pris donc la direction du bout de table en question et y pris place.

« Salut, tu es nouveau ici ? » Je l'avais peut-être déjà croisé mais, entre nos uniformes et nos volumineux manteaux de fourrures, il m'était difficile de reconnaitre mes camarades matrosciens. « Tu es milicien ou ... civil ? »

« Au fait, moi c'est Larkin ! » M'empressai-je d'ajouter en me rendant compte que je ne m'étais même pas présenté.
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Posté dans Re: Rencontre en terrain conquis   - Sam 14 Nov 2015 - 10:36

Durant un court instant, Pyotr fouilla dans son sac pour en sortir une petite bourse. Il défit le cordon qui la maintenait fermée et il la déploya. À l’intérieur se trouvait plusieurs fioles remplies de différentes substances. Cette bourse ne le quittait jamais. Antipoison et plantes médicinales s’alignaient les unes à côtés des autres dans un dégradé de couleurs parfait. Ses doigts glissèrent sur la deuxième rangée jusqu’à s’arrêter sur une fiole noir avec des touches orangées. Il vida son contenu dans l’eau chaude et l’odeur familière de la Pitris vint caresser son nez. On ne trouvait pas d’aussi délicieuse tisane sur ces terres sauvages.
Le botaniste en était à savourer sa première gorgée qu’un homme vint s’asseoir devant lui. Il leva les yeux le regard légèrement suspicieux. Pas qu’il détestait la compagnie de ses camarades, mais les soldats avaient tendances à l’exaspérer. Leurs conversations manquaient cruellement de diversité. De leur côté, le jardinage de Pyotr n’avait aucun intérêt pour eux.
Ainsi, la présence de ce soldat inconnu devant lui était surprenante. Le jeune homme n’allait toutefois pas faire son Efreydien. Il tendit une main à ce Larkin une fois qu’il se fut présenté.

« Enchanté. Moi c’est Pyotr. Et je suis botaniste. Donc, à toi de voir si tu me considères comme un milicien ou non. »

En théorie, il était un milicien. Sa formation passée lui donnait plus que les bases du combat, mais il n’avait pas eu à participer à une bataille depuis des années (à l’exception de celles dans les bars de Matroos). Malgré tout, Pyotr doutait qu’il survivrait à une rébellion efreydienne. Son asthme le tuerait avant tout autre chose.

« Je suis arrivé il y a quelques jours avec la dernière garnison. T’es ici depuis longtemps ? »

Pyotr prenait pour acquis que oui. S’il posait lui-même la question, c’était qu’il devait être un habitué de l’endroit.

« On t’as envoyé ici pour quoi ? »
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Posté dans Re: Rencontre en terrain conquis   - Sam 14 Nov 2015 - 12:56

« Ah, t'es botaniste ! Du coup, tu dois faire partie des expéditions qui tournent un peu autour des villages du coin, non ? J'ai entendu d'autres miliciens en parler l'autre jour. » Même si mon ton était avenant, je n'osais pas trop lui dire dans quels termes les miliciens en question avaient parlé des expéditions en question ... Il m'expliqua qu'il était tout nouveau - bienvenue mon gars, tu vas t'éclater ... tu vas voir - et me demanda pourquoi et depuis quand j'étais ici.

« Moi ? Je suis là depuis ... depuis ... » La réalité, c'est que je n'avais jamais vraiment compté. Et faire le calcul me fit plus froid dans le dos qu'autre chose. « Bah, ça fait un an depuis la semaine dernière. » Réalisais-je, les yeux fixés dans le vague, avant de me reprendre. « J'ai donc été envoyé au tout début de la guerre ... et j'ai participé à la première grande bataille qu'il y a eu, je sais pas si t'en as entendu parler. Après ça, j'ai passé un bon moment à Mirjak, pour ...

« Oh, merci ! » M'interrompis-je lorsque le tenancier m'apporta ma boisson. J'en bus une gorgée qui me réchauffa agréablement le gosier, avant de reprendre où je m'étais arrêter.

« Euh, donc ... Ouais, j'ai passé du temps à l’hôpital de Mirjak. Et quand ça a commencé à aller mieux, j'ai rejoins le programme d'échange culturel. Du coup, ça fait à peu près un mois que je tourne dans les différents villages boréaliens du coin. »

« D'ailleurs, tu en fais partie, toi, du programme ? Je t'y es encore jamais vu. Pourtant, en tant que scientifique, il devrait y avoir des trucs que tu pourrais leur apprendre ... et inversement. » Je ne croyais pas trop moi-même à ma dernière phrase. De tous les sauvages que j'avais pu côtoyer, aucun ne s'était réellement montré receptif à l'éducation que nous leur accordions. Et ils se refusaient fermement à partager quoi que ce soit avec nous.

J'étais d'humeur bavarde, en cette soirée. Les séances d'éducation qui tournaient mal avaient beau être monnaie courante, elles ne me laissaient jamais vraiment indifférent. Et ce jeune homme, ce Pyotr, qui devait sensiblement avoir le même âge que moi, qui restait également en retrait du groupe, ... avait attiré ma sympathie.

« Bon, et sinon, dis moi ! En quoi consiste le travail d'un botaniste dans le coin ? Je t'avoue que je suis au courant que beaucoup de civils affluent de Matroos, mais j'ignore tout de leur travail ... »
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Posté dans Re: Rencontre en terrain conquis   - Ven 20 Nov 2015 - 16:08

Un faible sourire étira ses lèvres. Pyotr connaissait bien l’opinion des autres soldats sur les expéditions que les scientifiques effectuaient. Les miliciens ne se gênaient pas pour s’exprimer haut et fort et le botaniste n’en aurait pas tenu rigueur à Larkin s’il avait partagé les mêmes idées. Ça en aurait fait un de plus à qui ne plus parler, voilà tout.
Le milicien était ici depuis plus d’un an. Ce que le temps passait vite. Cela faisait un an que les Matrosciens avaient envahi les terres erfeydiennes. Pyotr ne le réalisait pas vraiment. Jusqu’à la semaine dernière, le conflit qui s’y déroulait lui avait toujours semblé lointain. Quelque chose qui n’affectait pas son quotidien. Maintenant, le scientifique réalisait que des miliciens vivaient dans cet enfer glacial depuis des mois et il les plaignait.

« Ouais, j’ai eu de vagues échos de cette bataille… » glissa Pyotr au moment où autre s’arrêtait pour récupérer sa boisson. Au QG de la milice à Vuulte, on en avait parlé durant une semaine. Cette bataille était sur toutes les lèvres. Mais était-ce la meilleure solution ? La coopération n’aurait-elle pas prévalu ? Pourquoi devoir venir en conquérant et non pas en ami ? L’entraide avec les sauvageons aurait certainement été plus facile. Le jeune homme préféra s’enfermer dans son laboratoire que poser ses questions.

« Le programme d’échange culturel ? Pas vraiment. Je suis ici pour mes recherches pas pour partager mes connaissances sur la flore matroscienne avec eux. Pas que je ne veuille pas le faire, juste que ces informations sont classées confidentielles. Et puis, on se comprend pas. Seulement avoir le nom des plantes c’est la galère. Alors espérer travailler main dans la main avec eux… ça arrivera pas. »

Pyotr sourit et observa la réaction de son compagnon. Il était reconnu par ses paires pour ses recherches sur les poisons et leurs antidotes. Entre de mauvaises mains, les résultats de ses expériences pouvaient s’avérer dangereux. Il but une gorgée de sa tisane avant de reprendre.

« Comme dit précédemment, je peux pas trop te dire exactement ce que je fais. Mais en gros, un botaniste s’intéresse aux propriétés de la végétation.  Pour l’instant, je fais de la cueillette. Donc, je passe des heures dehors à chercher des plantes. Rien pour intéresser les miliciens qui m’accompagnent sur le terrain. Il y a toujours moyen à ce que tu te joignes à nous la prochaine fois. Je suis certain que n’importe lequel de ces idiots » Pyotr regarda sur sa droite vers les miliciens un peu plus loin « sera heureux de te laisser sa place. »

Comme de fait, certains des hommes à l’autre bout de la table beuglèrent en tapant leur verre sur la table. Parfois, le botaniste ce demandait qui étaient les plus civilisés sur cette terre. Le tenancier vint poser un plat devant chacun d’eux. Le brunet le remercia avant de jouer avec le contenu de son assiette.

«  Encore de la viande. J’ai l’impression qu’il n’y a que ça. Bref… Toi, "l’échange culturel" se déroule bien ? Ils sont réceptifs ? »
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Posté dans Re: Rencontre en terrain conquis   - Dim 13 Déc 2015 - 14:54

Le jeune Pyort m'avoua que ces travaux étaient confidentiels et qu'il ne pouvait par conséquent par en parler avec moi, et encore moins avec les boréaliens. Ces recherches devaient être sacrément sérieuses, alors ! Quoi qu'il en soit, j’appréciai son honnêteté et je décidai de ne pas pousser plus loin mes questions.
D'autant qu'il ajouta que les difficultés que nous éprouvions à communiquer rendaient quasiment impossible tout échange en termes techniques ou scientifiques - à supposer que ces mots aient un sens pour ces sauvages - avec eux. Il semblait fort pessimiste, et je ne pouvais guère lui donner tort.  

Il me parla ensuite de son travail, qui consistait à passer des heures dans les forêts alentours à faire de la cueillette. Rien qu'à l'écouter, je ne pus retenir un frisson et je repris immédiatement une nouvelle gorgée de ma boisson chaude.
Le botaniste me proposa au passage de l'accompagner, pour une prochaine mission. Les miliciens qui l'accompagnaient habituellement s'ennuyaient à mourir et seraient ravis d'abandonner leur place. Sa façon de parler d'eux me fit sourire.

J'allais lui répondre lorsque le serveur nous apporta notre repas - fort bruyamment acclamé, à l'autre extrémité de la table - et déposa devant nous une assiette modestement garnie. Encore de la viande, comme le fis remarquer Poytr ... Fut un temps où j'avais adoré ça mais, depuis que j'étais sur cette fichue île, l'on ne m'avait pratiquement rien servi d'autre à manger. Bizarrement, je commençais à m'en lasser !
Mais j'avais trop faim pour faire la fine bouche et je ne perdis pas de temps avant d'attaquer mon assiette.

Pyotr reprit la discussion en me demandant comment se passaient les séances d'échanges. Je pris bien soin de finir de mâcher ce que j'avais dans la bouche et de ne pas m'étouffer devant une telle question. S'ils sont réceptifs ? Il m'était difficile de me souvenir d'une seule séance qui ne se terminait pas par une évacuation forcée de la salle, fusils et cris à l'appui.  

« Pas vraiment. Non seulement ils ne sont pas du tout intéressés par nos coutumes, notre culture et tout ce qu'on pourrait leur apporter ... Mais en plus ils n'ont pas l'air décidé à nous apprendre quoi que ce soit d’intéressant sur eux. » Je marquai une pause. « Non, je crois que ... qu'ils nous considèrent encore comme leurs ennemis. »

« Et, pour ce qui est de t'accompagner ... C'aurait été avec plaisir, mais je pense pas que ma jambe me l'permette ! D'autant qu'on m'a justement assigné aux séances culturelles parce que j'suis pas encore reconnu comme de nouveau apte au combat ... »

« Mais sinon ... c'est pas trop mouvementées comme sorties ? On raconte qu'il y a des monstres horribles qui rôdent dans les forêts, et que les sauvages sont toujours prêts à tendre des embuscades ... Ça vous est déjà arrivé ce genre d'embrouilles ? »
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Posté dans Re: Rencontre en terrain conquis   - Sam 26 Déc 2015 - 20:10

« Ce serait difficile d’être considéré autrement » glissa le botaniste entre deux bouchées. Que les rôles soient inversés, Pyotr n’aurait certainement pas considérer les envahisseurs autrement qu’en ennemis. Il prierait même pour que l’un d’eux s’empoisonne avec les plantes sauvages de son pays quitte à les empoisonner lui-même. Que le gouvernement dise ce qu’il désirait, il n’y avait rien de charitable dans la conquête des Erfeydes. On s’intéressait d’abord aux ressources, puis aux colons et finalement à la population locale.

Le jeune continuait à manger mastiquant la viande comme s’il s’agissait d’une semelle de botte. Qu’est-ce qu’il ne donnerait pas pour un bon plat de fruits du sud avec une salade digne des meilleures auberges de Vuulte.  Pour mieux faire passer le tout, il but une longue gorgée de sa tisane pour mieux avaler sa bouchée.

« Pour le moment, les excursions se déroulent assez bien. On a eu une histoire avec des Erfeydiens qui nous ont hurle dessus pour je ne sais quel raison, personne n’a compris ce qu’ils beuglaient, mais ils ont vite été maitrisés.  Ca a légèrement dégénéré quand l’un des idiots au bout de la table a tiré dans le genou d’un des sauvages, mais bon, faut pas trop leur en demander, je suis certain qu’on m’a refile les plus cons des soldats. »

Pyotr les regarda par-dessus sa tasse et les vit en train de s’esclaffer comme des escarpons donnant un merveilleux aperçu de la viande à moitié mastiquée.  Le jeune homme ne put s’empêcher de lever les yeux au ciel.

« Par la toute puissante Vama… pourquoi dois-je être accompagné d’hommes aussi cons que des papouffs. Bref… t’as parlé de ta jambe. Puis-je savoir ce que t’as eu ? Je dois bien avoir un remède pour alléger ta douleur. »
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Posté dans Re: Rencontre en terrain conquis   - Dim 27 Déc 2015 - 14:01

Selon Pyotr, il serait bien difficile d'être considéré par les autochtones comme autre chose que des ennemis. Et il y avait comme des reproches dans sa voix. Des reproches que je n'aimais pas trop ...
Peut-être. Peut-être bien que les boréaliens nous verraient à jamais comme une menace. Peut-être ne seraient-ils jamais conscients que nous faisons aussi cela pour leur bien. Après tout, nous aurions pu continuer de les écraser sur le champ de bataille avec notre discipline et notre technologie.
Mais je restais persuadé qu'ils finiraient par se rendre compte qu'ils avaient beaucoup à gagner et qu'ils accepteraient un jour tout ce que nous avions à leur offrir. Et puis c'était en quelque sorte un devoir que nous avions, en tant que civilisation supérieure envers les civilisations moins avancées ... Non ?

Je me rendais bien compte que toutes ces questions me retournaient la tête. Après tout, je n'étais qu'un soldat ! On ne me demandait pas de prendre des décisions - ça, c'était pour des types qui avaient été formé à ça et qui savaient ce qu'ils faisaient - mais d'obéir aux ordres.

Pour en revenir à la discussion, Pyotr me confia que, mises à part les conflits que déclenchaient eux-mêmes les miliciens – qu'il ne semblait pas vraiment porter dans son cœur – les expéditions se passaient plus bien. Ça m'étonnait, mais il avait l'air sincère.
Peut-être que c'était pas si terrible que ça, finalement ? Je commençai à voir une reconversion se dessiner à l'horizon. Cela pourrait être un bon moyen de couler des jours tranquilles, loin des combats et des boréaliens en général.
Je décidai de reporter mes plans de carrière à plus tard lorsqu'il me demanda ce qui avait bien pu arriver à ma jambe, me confiant au passage qu'il avait peut-être un remède contre la douleur.

« Bah c'est pas tellement que ça fait mal. Enfin, si, un peu, mais pas tout le temps. C'est surtout que ça me gêne pour marcher, quoi. Les toubibs ont dis qu'il fallait attendre que les muscles se régénèrent complétement et aussi que je ré-apprenne à m'en servir correctement. » Déblatérai-je en baissant les yeux en direction de la jambe en question, avant de me rendre compte que je n'avais pas vraiment répondu à la question. « Et sinon, j'ai ... j'ai pris un tir d'éralium dans la cuisse pendant qu'un de ces salopards de sauvage se servait de moi comme d'un bouclier. Oui, je sais ... La blessure à la con, quoi. » Je n'avais plus vraiment faim. Me remémorer ce colosse nimbé de flammes qui me soulevait dans les airs comme un tabouret m'avait subitement coupé l’appétit.

« Bon, je pense que je vais pas tarder à y aller. Il commence à se faire tard et j'ai besoin de repos. » Pendant que je parlais, je rajustai mon manteau et commençai à me relever péniblement.
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Posté dans Re: Rencontre en terrain conquis   - Jeu 31 Déc 2015 - 9:57

Aux différents symptômes de Larkin, Pyotr se mit automatiquement à réfléchir à différentes plantes pouvant l’aider dans sa guérison. Il n’était pas un expert dans le domaine, mais ses connaissances lui permettraient sans aucun doute de trouver un truc ou deux. Une crème appliquée directement sur la blessure serait plus effective qu’une solution ingérée. Bref, la prochaine fois que le botaniste rencontrerait son camarade, il aurait un médicament à lui donner.

Larkin fit un mouvement pour se lever, signalant l’heure tardive, et Pyotr l’imita. Il ne voulait pas rester avec ces papouffs ivres qui hurlaient de plus en plus fort. Malheureusement, leur mouvement ne passa pas inaperçu et un des miliciens de son équipe jugea bon de les interpeler.

« Datsiouk, vient faire un bras de faire. Voir ce qu’un botaniste vaut face à un vrai soldat. » dit-il en s’avançant vers le duo.
« Non merci, nous savons tous deux que ça ne sert à rien. Puis, je partais dormir parce qu'on part à l'aube en expédition. »
« Allez, ne fait pas ton poltron d’Erfeydes. »
« Ces poltrons ont plus de couilles que toi. » nargua le botaniste en se retournant afin de signaler la fin de leur échange. L’autre n’en avait pas terminé et il agrippa Pyotr pour le ramener vers l’arrière et le plaquer contre la table. La colère étirait ses traits. L’insulte avait mal passé… très mal passé. Sonné, le jeune homme attrapa la main qui le cloué contre la surface en bois et essaya, en vain, de se libérer. L’autre, le dépassait d’une bonne hauteur et faisait sans aucun doute deux fois ça taille.

« Par Vama, lâche-moi ! Retourne faire l’idiot avec tes amis. » Ses « amis » qui n’avaient pas réalisé jusqu’à maintenant ce qui se déroulaient juste à côté d’eux – ils étaient bourrés pour la plupart – se levèrent pour former un cercle autour de Larkin, Pyotr et le milicien.

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Posté dans Re: Rencontre en terrain conquis   -

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