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Posté dans Aye aye, capt'n !   - Jeu 12 Avr 2012 - 14:55

C’est un curieux rituel que de se chercher un nouveau capitaine, à Vanylle. Tout d’abord, il faut considérer que les postulants se retrouvent scindés en 3 groupes distincts. Il y a tout d’abord les bleus qui cherchent leur premier équipage (« Fous l’camp tant qu’t’auras pas de poél au menton et qu’tu sauras pas faire un nœud que mon clébard manchot arrivera pas à défaire !»). Puis, ceux qui n’ont pas remplis les critères de qualités exigés par leur précédent capitaine (« T’étais pas assez bon pour l’autre taffiole, pourquoi tu’l’s’rais pour moé ? Fous l’camp! »). Et finalement, les types pas trop étanches  qui ne comprennent plus vraiment ce qui se passe (« J’t’engage si tu me donnes ta bourse. AH! Pauv’ couillon! Fous le camp, mon rhum vaut mieux que ton gosier de bois-sans-soif ! ».

Ceux qui n’en sont donc pas à leur première postulation savent donc que, pour éviter de se faire dans l’une de ses catégories, il vaut mieux attendre que l’occasion se présente plutôt de prendre les devants. Méthode qui, bien que peu proactive, cadre très bien avec ce que l’on est en droit de s’attendre chez un bon pirate. La vie de flibustier étant ce qu’elle est, il y a un bon roulement de personnel dans le domaine, et sous viendra à point à qui sait attendre. Cette tactique de chasse passive implique d’attendre son éventuel futur employeur là où il est le plus susceptible de se trouver : la taverne.

C’est dans l’un de ces hauts lieux de la cordialité humaine que nous rejoignons Vrix, chassant passivement dans un coin, sous les encouragements répétés de la serveuse et d’une choppe percée se vidant constamment. Vrix, vous vous le rappellerez certainement, revenait en effet d’un périple plutôt chaotique sur l’archipel maltroscien, ayant coûté la vie à la plupart des membres d’équipage, ainsi qu’au navire lui-même. Depuis, il investissait sans mesure pour se retrouver un équipage qui voudrait bien de lui. Tellement qu’il venait de donner sa dernière bague au tavernier afin de pouvoir prospecter les employeurs une énième soirée de plus.

Finalement, l’inattendu se produisit, et un capitaine pénétra dans l’établissement. Cette engeance, facilement reconnaissable de par la hauteur du port de son menton, son chapeau et la propreté de sa chemise, possédait par ailleurs la caractéristique de faire lever quelques têtes lors de son entrée en n’importe quel lieu. Caractéristique qu’ils ne partageaient qu’avec l’élite des dames de petite vertu.

Ce capitaine fit donc son entrée, suscitant l’intérêt de quelques bleus, tandis que les autres, les vrais, demeuraient concentrés sur leur(s) choppe(s). Il s’avança vers le centre de la salle, révélant derrière lui une bonne dizaine d’hommes de fort bonne humeur, si l’on se fiait à l’expression sanguine de leurs visages crispés.

Quelques murmures se firent entendre, et les deux voisins de tables de Vrix se levèrent discrètement (pour des hommes qui buvaient en continue depuis 12h) pour quitter l’endroit, sous le regard chaleureux des dix matelots. Le capitaine, dont la perspicacité avait attiré l’attention dans la direction de cette agitation, se dirigea sans hésitation vers Vrix. Mettant ses deux mains sur la table, il fixa le dessus de sa tête (Vrix surveillant toujours avec autant d’attention sa sournoise choppe), il l’interpella d’une voix grave et menaçante.

« C’est toi, l’Abîme ? »

Sans relever la tête, l’interpellé répondit, en faisant des efforts évidents de prononciation.

« Qui le demande ? »

L’aubergiste s’agenouilla derrière son comptoir

« Le frère du capitaine que t’as précipité en Enfer! »

Une fausse rumeur, bien entendu, mais qui valu tout de même à Vrix un retentissant crochet du droit. Il encaissa durement, avant de reprendre sa position et de cracher sa salive au goût cuivré sur le sol. Les dix matelots s’installèrent en arc de cercle derrière leur fier capitaine. Quelques occupants en profitèrent pour prendre la poudre d’escampette. Certains réveillèrent leurs voisins de table d’un coup de coude. On entendit vaguement la voix aigue du tavernier, qui se perdit dans la tension muette

« Vrix, je t’en prie, si tu as un jour eu une bonne pensée pour moi… »

Le capitaine cracha à son tour, manifestement dégoûté que Vrix ne daigne toujours pas bouger.

« Pfff. T’es qu’une pauvre morue. Un tê-ta-rd. Tu ne verras pas la prochaine lune, l’Abîme. C’est moi qui te le dis ».

Je vous le concède, ce n’était pas la meilleure entrevue de Vrix.

Alors que le capitaine crachait une derrière fois (dans la choppe de Vrix, cette fois-ci) et se retournait en direction de la porte de sortie, Vrix releva finalement la tête (comme si sa choppe l’intéressait soudainement moins)

« Votre frère était un excellent capitaine… »

Dans n’importe quelle autre peuplade civilisée, cette déclaration aurait été suivie d’une touchante accolade virile entre les deux hommes, et de pleurs tout aussi virils. Mais nous sommes, je vous le rappelle, à Vanylle…

« JE VAIS TE TORDRE LE COU ICI ET MAINTENANT, SALE TRAÎTRE! »

Bien que peu se sentent concerné par l’échange entre les deux hommes, l’intonation résonna très clairement en eux en un appel des plus limpides : c’était l’heure de la baston! Comme dans un mariage, ils laissèrent les premiers mouvements aux invités d’honneur (le capitaine qui se catapulta littéralement sur Vrix, les bras tendus devant lui dans le geste approprié pour mettre sa menace à exécution), avant de se joindre à la danse.

Habitués à ce genre de situations, les musiciens enclenchèrent un morceau plus rythmé, tentant de couvrir les bruits d’impact et de vaisselle fracassée. Une table fut rapidement installée tout juste derrière le bar, le plus loin possible de la trentaine de belligérants, où les gens pouvaient venir parier sur le vainqueur de la rixe capitaine/Vrix (3 contre 1 pour le capitaine), ou sur la plus proche approximation du nombre de dents qui seraient récoltés par la suite, entre autre chose.

Un peu confus de s’être fait renverser, d’avoir consommé deux bouteilles de rhum et d’avoir reçu de violents coups sur la mâchoire, Vrix se dépêtra tant bien que mal de la masse hargneuse qui venait de se jeter sur lui. Saisissant sa choppe, il se retourna vivement et la fracassa sur le visage du capitaine, qui venait de se relever. Ou plutôt, sur le visage qu’il croyait être celui du capitaine, mais qui appartenait manifestement à quelqu’un d’autre.

« Merde! C’est pas toi que je… »

Il fut interrompu par un violent et sournois coup de chaise dans son angle mort qui le projeta au sol, avec une certaine douleur, je dois dire…


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Posté dans Re: Aye aye, capt'n !   - Dim 22 Avr 2012 - 8:28

Ce n'est pas que Gïlh'Or, surnommé l'Inexorable, était un buveur compulsif comme la plupart de ses coéquipiers de bord, mais de temps à autre, il se permettait une petite incartade à son régime strict de vie comportant donc un régime strict alimentaire. L'alcool, il en buvait donc peu. Mais une bonne dose d'houblon pétillante ne pouvait lui faire de tort, et c'est donc responsable et la conscience tranquille qu'il avait gravit le perron d'un de ces nombreux bars de la ville.

A peine entré, il regretta quelque peu son choix. L'endroit était un véritable capharnaüm et le tintamarre qui régnait en ce lieu le fit grimacer. Le spectacle désastreux devant lui également. Son amour pour l'art du combat en pris un sacré coup ; sous ses yeux, deux hommes se disputaient comme le feraient deux chiffonnières hystériques. Il eut l'impression de les voir se griffer, se tirer les cheveux et se tirer la langue entre deux coups traîtres. Évidemment, c'était sa vision déformée de la scène, car en vérité les coups de poings et de pieds fusaient plus violents les uns que les autres. Les crânes s'entrechoquaient contre les articulations et les os semblaient craquer à chaque volée. Pires que des barbares, les deux bagarreurs hurlaient des obscénités, crachant un peu de sang mêlé à leur salive. Gïlh'Or, figé à l'entrée, regarda donc ce triste déluge d'agressivité avec consternation, avant de se reprendre et de se diriger le plus précautionneusement vers le comptoir, histoire d'éviter un coup perdu.

Malheureusement, les deux chamailleurs se déplaçaient sans aucune réflexion dans tous les coins de la salle, renversant tout sur leur passage. De ce fait, alors que Gïlh'Or n'avait même pas encore atteint le bar tant désiré, ils déboulèrent brutalement contre lui. Avant même qu'il ne réalise dans quoi il s'était fourré, c'est-à-dire une querelle grotesque, il se prit un poing en pleine mâchoire. Crrr, fit-elle. L'Inexorable jura par réflexe, et encore plus par réflexe, leva son propre bras. Comme un boulet de canon, et avec une précision hallucinante, son poing s'écrasa sur le visage... Ah, non. Il s'écrasa plutôt dans le vide. La personne qu'il visait ainsi gisait à ses pieds, visiblement sonné, des morceaux de bois vernis brisés autour de sa tête. Pas loin, le reste de la chaise cassée entre ses mains, l'autre bagarreur respirait avec force tel un buffle essoufflé, fixant avec rage sa victime à même le sol. Les sourcils d'abord froncés, ses traits se détendirent. Puis, il poussa un rire viril, signe de sa soi-disante victoire.

- Vous avez vu ça, les gars ? J'l'ai massacré ! J'vous l'avais dit !

Cette attitude énerva fortement Gïlh'Or. Ce gros pirate déclarait qu'il avait gagné, alors qu'il avait lâchement abattu une stupide chaise sur la tête de son adversaire tandis que celui-ci avait le dos tourné. Voyant rouge tout à coup, ses principes étant plus fort parfois que sa lucidité, il déclara au capitaine :

- Bravo ! En effet, vous devez en gagner des duels si à chaque fois, c'est dans le dos que vous vous prenez à eux !

- QUOI !?

Visiblement, cela ne plut guère au pirate dont l'immense chapeau pendait misérablement sur son front cramoisi et luisant de sueur. Il s'avança rapidement vers lui, presque sur lui, et postillonna à son visage une ribambelle d'insultes dont je n'oserais vous les réécrire ici... Gïlh'Or n'était pas spécialement susceptible, mais il n'avait pas à la bonne ce foutu capitaine. Capitaine de quoi, d'ailleurs ? D'une barque ? Alors que la flopée d'injures ne semblait pas s'arrêter, Gïlh'Or perdit patience et, ni une ni deux, il dévasta littéralement le visage déjà déformé naturellement du fameux chef d'équipage. Cela suffit à le clouer au sol, inconscient. L'inexorable avait le don de viser bien pour ne pas gaspiller sa force...

Ceci une fois fait, les autres matelots s'attardant à essayer de ranimer leur supérieur, Gïlh'Or se baissa près de l'autre jeune rouquin dont le strabisme prouvait qu'il n'avait pas encore tout à fait repris ses esprits. Une main sur son épaule, il le secoua doucement.

- Ca va ?

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Posté dans Re: Aye aye, capt'n !   - Lun 23 Avr 2012 - 10:56

Retirant tant bien que mal les éclats de bois de ses cheveux et de ses épaules (un geste sur deux se perdant dans le vide), il s’efforça de porter son regard sur l’homme penché sur lui. L’entreprise ne connut qu’un succès très relatif.

« À merveille, vraiment. Tu peux me dire il est passé où, l’éléphant qui m’a marché sur le crâne ? »

Un moment de silence avait accompagné le retentissant direct du droit du troisième bagarreur, comme si le prochain qui aurait le malheur de l’ouvrir serait également le prochain sur la liste. Du coup, les deux-trois escarmouches contextuelles qui commençaient à se former prirent discrètement fin. Le bookmaker rendait leurs pièces aux parieurs, qui murmuraient maussadement que ce n’était pas du jeu. On replaçait les chaises et les bancs retournés. La musique reprit un tempo plus relaxant, et les serveuses se remirent au travail.

S’aidant de l’épaule de Gïlh’Or et de la table voisine, Vrix parvint à se remettre en position verticale, et même à se stabiliser sur ses genoux flageolants. Il jeta un regard mauvais au capitaine toujours étendu au sol.

« Hmpf… c’est fou comme plus ils sont laids, plus ils ont une grande gueule… »

Reportant son attention sur Gilh’Or, il ajouta :

« Je suis convaincu qu’il ne le pensait pas vraiment, ce qu’il a dit à propos de ta mère et de son chien… Je ne la connais pas, mais je suis certain que ce n’est pas son genre. En plus, il est aussi moche que lui, son chien… »

Maintenant que ses cristallins parvenaient à s’ajuster correctement et à lui transmettre des images à peu près nette, il reconnut vaguement l’intervenant comme étant l’Inexorable. Il avait entendu de très bonnes choses sur lui. Comme quoi il avait déjà arraché la langue d’un fanfaron qui croyait avoir la plus grosse, avant de l’étrangler avec. Ou qu’il était parvenu à arracher la tête d’un milicien d’un savant coup de planche de bois. Un fort respectable pirate, donc, malgré sa réputation d’ascète. Et ces sordides histoires concernant son manque d’intérêt envers la gent féminine.

C’est donc convaincu qu’il n’allait pas se ruiner qu’il poursuivit :

« Rhum ou houblon ? La prochaine est pour moi. »

Reprenant sa place assise (car il avait beau faire le fier, il aurait eu l’air d’un poney nouveau-né faisant ses premiers pas s’il avait tenté de marche plus de 10 pas consécutifs), il en tira une seconde en une invitation muette. Il inspecta précautionneusement le contenu de sa choppe, avant d’afficher un air dépité et de la vider par-dessus son épaule.

« Hey, mais fais-gaffe, pauv’ moule! »

Ne relevant pas, Vrix s’adresse plutôt à Gil :

« Vas pas croire que j’apprécie pas ce que t’as fait, l’ami, mais tu gagneras pas grand-chose à prendre le parti d’un matelot dans mon genre. À moins que tu ne t’ennuies à mourir et que tu cherches de nouveaux visages à présenter à tes jointures si solitaires. D’autant plus que, pour ce que j’en sais, y’en a plusieurs qui sont sortis de la même fournée que celui que tu viens d'aplatir. »


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Posté dans Re: Aye aye, capt'n !   - Mar 24 Avr 2012 - 0:56

« Hmpf… c’est fou comme plus ils sont laids, plus ils ont une grande gueule… »

C'est avec un simple sourire que Gïlh'Or répondit à ce propos. Sourire qui s'élargit davantage lorsque celui qu'il avait aidé - sans vraiment vouloir l'aider, dans le fond, ça avait juste été une pulsion poussée par ses grands principes de brave gars épris de justice - ajouta :

« Je suis convaincu qu’il ne le pensait pas vraiment, ce qu’il a dit à propos de ta mère et de son chien… Je ne la connais pas, mais je suis certain que ce n’est pas son genre. En plus, il est aussi moche que lui, son chien… »

Le guerrier leva un regard qui ne trahissait aucune tristesse malgré les paroles qu'il s'apprêtait à dire, et c'est d'une voix tout à fait normale, comme il aurait parlé de la pluie ou du beau temps, ou de ses dernières courses au marché, qu'il déclara calmement :

- Je n'ai jamais connu ma mère. Ces insultes m'ont plus agacé que vraiment vexé et touché. Il me tapait sur le système, à la manière d'un moustique un peu trop insistant, si tu vois ce que je veux dire. Rien de bien grave, mais ça énerve, ça énerve, ça énerve... et à un moment, tu n'veux plus qu'une chose, l'écraser !

Comme si cela était nécessaire d'en faire une démonstration, il leva vivement ses deux larges bras et frappa avec force ses deux paumes en l'air, comme si un véritable moustique se trouvait juste sous son nez. Un claquement sonore retentit, ainsi qu'un rire gras, faisant tourner plusieurs têtes audacieuses vers ce nouveau et étrange duo. Pour les quelques renseignés, la nature de ces hommes tout juste rencontrés étaient connue, et les voir ensemble était une chose au-delà de l'absurde. Le guerrier aussi inexorable que ses poings avec un sacré raté, selon les rumeurs. Le jour et la nuit. Beaucoup, si pas tous, pensaient sincèrement que le premier n'allait pas tarder à fracasser la gueule de son freluquet de voisin de comptoir. Et l'Abîme pourrai porter encore mieux son surnom qui lui collait à la peau comme le purin collait aux fesses des canassons. Pourtant, la bonne entente semblait bien présente pour l'heure ; ces deux-là pourraient-ils tout de même s'entendre, malgré ce qu'on disait d'eux et qui les différenciaient tant aux yeux des gens ?

« Rhum ou houblon ? La prochaine est pour moi. »

- Va pour une pinte. Une brune, je t'en prie.

La commande prise, le temps que le tavernier revienne leur tendre leurs chopes bien remplies et mousseuses à souhait, le rouquin continua de parler d'un air qui apparut un peu las et abattu à Gïlh'Or, ce qui soulignait avec justesse ces propos.

« Vas pas croire que j’apprécie pas ce que t’as fait, l’ami, mais tu gagneras pas grand-chose à prendre le parti d’un matelot dans mon genre. À moins que tu ne t’ennuies à mourir et que tu cherches de nouveaux visages à présenter à tes jointures si solitaires. D’autant plus que, pour ce que j’en sais, y’en a plusieurs qui sont sortis de la même fournée que celui que tu viens d'aplatir. »

Gïlh'Or leva ses yeux bruns sur son interlocuteur, plus du tout goguenard.

- Un matelot dans ton genre, dis-tu... Sauf que je ne sais pas qui tu es. Moi, c'est Gïlh'Or, mais j'ai l'impression que te le dire est totalement inutile, il tendit une large paume à la puissance palpable. A qui ai-je l'honneur ?


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Posté dans Re: Aye aye, capt'n !   - Mar 24 Avr 2012 - 18:38

Il y a plusieurs principes fort sages concernant les pirates. Aussi nombreux que contradictoires, en fait, ce qui en rend la maîtrise plutôt hasardeuse. Le premier de ces principes mentionne que l'on ne peut jamais savoir lorsqu'un pirate ment ou non, et que, dans certains cas, lui-même ne saurait trop le dire.

Ainsi donc, lorsque Gil lui rétorqua qu'il n'avait jamais connu sa mère, Vrix demeura sceptique. C'était peut-être vrai. Ou c'était peut-être pour se donner un genre. Le genre "Je suis tellement dur que je n'ai même pas eu besoin de lait maternel pour devenir aussi dur". Ou encore "Je suis tellement dur que j'aime parler de mon passé douloureux". Ça aussi, c'était plutôt tendance.

Ceci étant dit, il n'y en avait pas beaucoup de pirates d'ici qui pouvait se targuer d'avoir eu une histoire parentale à ne pas faire rougir d'embarras une jouvencelle marchande à son premier bal. Tout comme très peu de parents se remémoraient avec le sourire leurs liens avec leurs portées. À ce qu'on dit, l'important, c'est l'équilibre.

Vrix jeta un regard circonspect à la main de son nouveau partenaire de table. Il faut dire que la première impression qu'elle lui avait faite était plutôt...fracassante. Et qu'il lui avait un peu explosé une choppe dans la figure. Après une courte hésitation, où il se dit que tout acte vindicatif serait de toute façon justifiable, il s'essuya grossièrement la main sur sa chemise, avant d'aller la plonger dans la grosse paluche de Gil, en une poigne ferme, mais qui ne se voulait aucunement un duel.

"On m'appelle l'Abîme. Parce que tous les bateaux sur lesquels j'accepte de monter s'y rendent."

Lui aussi, il pouvait jouer au dur. Le cynisme : l'ultime rempart contre le désespoir.

"T'as raison, j'ai entendu des trucs pas mal sur toi, tout comme sur l'Horizon. Va pas croire que ça va empêcher l'autre lourdaud de tenter de venir te chercher des noises, cependant. Les prises sont bonnes, ces temps-ci ? Quelles nouvelles du continent ? "

Car oui, les pirates sont également une fière bande de commères. Il faut les comprendre, cependant, de s'intéresser à ce qui se passait hors de Vanylle. C'était un peu la terre promise, pour eux. Sur laquelle ils pouvaient pénétrer sans aucun sacrifice que ne serait prêt à faire Épicure lui-même.

Une plantureuse brunette choisit ce moment pour leur apporter leurs boissons.

"Et v'là pour toi, l'Abîme. Pour vous, mon-sieur"

Alors qu'elle n'avait que distraitement déposé la choppe de Vrix à peu près proche de ce dernier, elle prit grand soin d'aller porter celle de Gïlh'Or devant lui, se donnant même la peine de bien s'arqué à l'horizontal pour y parvenir, au péril de son pauvre dos. Et de son corsage, qui supportait tant que mal une charge considérable.

"Merci, Rinne. T'es vraiment une perle."

S'agitant légèrement sur sa chaise, il toussota et reprit la parole.

"Hem...tu vas rire...mais je crois que j'ai oublié ma bourse à ma chambre..."

Sans quitter Gil du regard, elle lui répondit.

"Oh, mais je le sais bien que t'es fauché, Vrix chéri. Il ne te reste même plus une bague au doigt. Et je n'ai vraiment pas envie de repartir avec ta chemise sale... C'est la maison qui offre."

Arborant un sourire enjôleur (et toujours sans jeter ne serait-ce qu'un regard en coin à Vrix), la dénommée Rinne poursuivit.

"Au lieu de dire des âneries, tu me présente à ton nouvel ami qui craque pour les brunes ? Je suis timide avec les étrangers. Et j'aime pas...être timide...surtout avec les étrangers avec des bras noueux..."

Après une série de regards successifs entre Gil et Rinne, Vrix s'exécuta.

"Hem...Gïlh'Or, je te présente, hem... Rinne. La...hem...meilleure serveuse de la ville. Au moins. Sûrement. Rinne, je te présente le Capitaine Gilh'Or. Probablement le meilleur de la ville. Et il sait se servir de son épée comme pas un. Même si je n'y ai jamais goûté... ahem... N'est-ce pas ?"

À Vanylle, tout était trivial. Sauf la monnaie. Ceux qui croyait encore en l'existence de la charité désintéressée n'y faisait pas vieux os. Et comme il n'y avait plus beaucoup d'établissement qui le laissait rentrer en paix...

"Je viens de me souvenir que j'ai oublié de... nourrir...mon poisson. Voilà. Mon poisson. Gïlh'Or, je reviens dans deux petites minutes. Je te laisse entre les mains capables...très capables, de Rinne, en attendant. Et je compte sur toi pour surveiller mon rhum. Y'a beaucoup de rapaces dans le coin...Surtout le vieux, là. Il dort pas vraiment, fais gaffe."

Et il entreprit de se lever subtilement de sa chaise. Avec un peu de chance, l'Inexorable comprendrait que ce n'était pas une tentative de lui fausser compagnie. Mais avec ce qu'on disait sur lui...
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Posté dans Re: Aye aye, capt'n !   - Mar 1 Mai 2012 - 11:19

Lorsque l'homme qu'il avait aidé se présenta sous le nom de l'Abîme, avec un petit propos expliquant ce drôle de surnom, Gïlh'Or ne tilta pas. Que ce matelot se présente ainsi, il trouva cela étrange. Le Capitaine se dit tout simplement que cet homme plaisantait, d'une façon bien bizarre, mais pourquoi pas... Cela n'empêcherait pas les deux hommes d'échanger une bonne chope avant de se quitter, certainement. Il pouvait s'appeler l'Abîme, le Gouffre ou le Ravin, cela ne changerait rien. Gïlh'Or avait juste accepter de toquer bière contre bière, histoire de faire ce qu'il avait prévu de faire ici-même. Leurs chemins se sépareraient bien vite par après. L'homme d'armes n'avait pas trop de temps à perdre en ce moment avec des broutilles. Ce repos était bref, c'était ce qu'il avait prévu, point barre.

Puis, Gïlh'Or s'était assis au comptoir, et la commande fut demandée par Vrix. Une jolie brune, qui laissa pourtant Gïlh'Or de marbre, arriva avec les alcools de houblon. Il avait jeté son habituel regard pour les femmes telles que cette Rinne : de la pure méfiance s'y lisait, et un certain mépris. Lorsque celle-ci s'était penché, lui, il avait reculé dans la même cadence. Il n'aimait pas ce genre de femmes, et la vue de ses loches le fit rouler des yeux. C'est sans intérêt qu'il suivit les présentations de Vrix, et n'apprécia pas trop comment ce jeune homme le "vendait" à cette demoiselle par des éloges pareils. Bon, il y avait du vrai, mais à quoi bon dire cela à cette femelle qui ne l'intéressait pas ? Il jeta un ultime regard à la jeune femme, celle-ci sembla s'émoustiller de la pénétration ténébreuse purement fictive, elle devait croire que c'était une façon de la draguer... Alors que son indifférence était plus que sincère, et qu'il n'hésiterait pas, si elle insistait, à la rembarrer ni plus ni moins, Vrix commença à tenir des propos farfelus. Nourrir son poisson ? Quelle idée d'avoir un poisson lorsqu'on était un pirate. Ce type-là le prendrait-il pour un idiot ? Gïlh'Or poussa seulement un soupir quand Vrix se leva un peu trop subitement, après une perdition totale dans ses propres paroles. Et le laisser avec cette femme, non merci !

Sa voix se fit sèche, grave et autoritaire :


- Si l'argent est un problème pour toi, ce n'est pas mon cas, je payerai. Je n'apprécie pas qu'on me fasse faux bond... Tu vas me faire le plaisir de reposer ton cul sur ce tabouret. Je ne le répèterai pas deux fois, l'Abîme.

Est-ce que le sourire de Gïlh'Or était amical, seul lui le savait. Et il ne l'était pas vraiment. Des principes, il en avait, un peu trop peut-être, et parfois légèrement idiots. S'il avait convenu qu'il boirait avec ce type, il allait boire avec ce type. Tout ce qu'il prévoyait sonnait comme une promesse, une sentence, une chose à laquelle on ne pouvait rien changer. En tout cas, il ne quitta pas du regard le dos de son compagnon de beuverie en cet douce après-midi. Celui-ci avait freiné sa marche trop rapide pour être naturelle - ce n'est pas à quelques minutes près que son poisson allait mourir de faim... Si ce poisson existait. Des fois, les gens pouvaient sérieusement agacer le Capitaine de l'Horizon. C'était quoi, ces manières, hein ?
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Posté dans Re: Aye aye, capt'n !   - Mar 1 Mai 2012 - 12:22

Spoiler:
 

Sous le ton impérieux du capitaine, Vrix stoppa net toute progression vers la sortie. Malgré l'apparente irritation de Gil face à ce qui semblait un bien maladroit stratagème pour lui fausser compagnie, Vrix en conçu un certain soulagement. Il ne pouvait plus se permettre d'envoyer ouvertement paître la serveuse, mais si cela venait directement de l'Inéxorable, qu'y pouvait-il ?

Ravalant sa fierté blessée, Rinne releva la tête et, avec un souffle de mépris, regagna les cuisines d'un pas rapide, tandis que Vrix reprenait place sur le tabouret bancal à la gauche de Gilh'Or.

Reprenant une expression sérieux et une élocution plus profonde et plus calme, il s'adressa au capitaine d'une voix basse.

"Loin de moi l'idée de me défiler d'une trinque, encore moins lorsque je suis redevable. Cependant, il y des créatures plus dangereuses et plus fourbes que le mieux entraînés des miliciens, et j'ai appris à ne pas attiser leur ire."

Le regard éloquent qu'il porta à Rinne, en train de murmurer des paroles inaudibles à sa rouquine de collègue, montra le fond de sa pensée.

Levant sa choppe, il reprit, sur un ton plus gai

"Après ce deuxième maladroit départ, et il est temps que nous fassions quelque chose de bien, Gilh'Or l'Inexorable, et que nous honorions nos boissons. À la tienne, l'homme au bras de fer et à la langue d'acier. Puisse tes pillages t'assurer renommée et bombance."

Le toast porté, il avala goulûment une bonne rasade.

"Désolé pour la choppe, au passage. Ce n'était pas à ta figure qu'elle était destinée."

Après une courte pause passée à fixer le fond de son verre, Vrix poursuivit.

"Je ne connais que deux types de pirates qui rentrent seul dans une taverne : ceux qui sont cloués à terre, ou ceux qui sont trop fauchés pour risquer de devoir partager avec un membre de l'équipage. Je ne m'y connais cependant que très peu en ce qui concerne les motivations des capitaines."
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Posté dans Re: Aye aye, capt'n !   - Jeu 10 Mai 2012 - 13:25

Gïlh'Or ne le montra guère, mais il était assez content que cet homme fasse demi-tour aussi facilement. La plupart essayait encore de se défiler et le Capitaine finissait par user de la forme. Sauf que, en général, après cette leçon du Goliath, le petit David, perdant dans cette version de l'histoire, n'était même plus en mesure d'articuler une seule parole. Profondément déçu, Gïlh'Or, la conscience étrangement tranquille, s'en allait vers d'autres horizons en poussant deux ou trois jurons qui faisaient bien pirate. C'était un homme juste, qui usait de ses poings que s'il considérait que c'était utile, toutefois, sa vision de l'utilité de frapper n'était pas la même que tout le monde... Pour un rien, il pouvait décocher une droite dans la mâchoire d'un gars. Juste pour lui faire comprendre ce qu'il n'avait pas à envie d'exprimer avec des paroles, c'était tellement plus court et plus précis qu'un discours... Pour lui, c'était sa façon personnelle d'être diplomate. Certains se plaisaient tout de même à raconter que c'était simplement parce qu'il était une brute épaisse sans cervelle. Des mauvaises langues.

C'est vrai, aussi, que Gïlh'Or était de loin le plus modeste des Capitaines. Son vaisseau était beau mais restait humble dans son apparence, et non luxueux quoique très confortable et même douillet dans les couchettes, et puis son équipage avait de la morale. Basée sur celle du Capitaine, il évitait les massacres inutiles, ne tuait pas s'il pouvait l'éviter, et se contentaient la plupart du temps de ce qu'il fallait pour subvenir à leurs besoins. Un peu plus pour être bien à l'aise et pouvoir s'offrir une vie agréable, tout de même ! Mais Gïlh'Or refusait de vivre comme un roi, et ses matelots comme des princes. Ca permettait de garder l'humilité de chaque personne, d'éviter également d'attirer la jalousie des autres équipages. D'ailleurs, chose qu'il n'avait pas prévu, ils n'étaient pas jaloux, certes, mais se moquaient d'eux. On les traitait parfois d'idiots. Ceci dit, ça n'affectait pas Gïlh'Or, et ses pirates non plus certainement. Leurs valeurs étaient différentes de celles des autres navires.

C'était des hommes fiers, à l'image de leur chef. Quoique il ne se vêtait pas d'habits onéreux, dans des tissus magnifiques, affichant une tenue élégante et somptueuse, toute sa richesse, en quelque sorte, se trouvait au fond de ses prunelles vives et éclatantes. Avec l'Abîme, à les voir ainsi, il était difficile de se dire que l'un était un simple pirate, et l'autre un supérieur. Supérieur. Un mot que Gïlh'Or n'aimait pas trop. Il préférait Commandant de Bord, car il commandait, mais il ne se sentait en rien supérieur aux autres pirates. Il avait juste des qualités qui lui permettaient de diriger les autres, chose qu'il faisait avec un plaisir évident.

Gïlh'Or resta attentif aux paroles de l'Abîme. Il l'imita, but une grande gorgé, s'humectant agréablement les lèvres et couvrant sa barbe d'une fine couche de mousse vaporeuse. Il s'essuya du revers de la main et claqua de la langue, tout en continuant de regarder son interlocuteur avec intensité. Il ne le lâcha pas des yeux jusqu'à ce qu'il eut l'air de finir de parler. C'était une sorte de test pour sa nouvelle rencontre. Une façon simple et efficace de vérifier son tempérament, sa personnalité. S'il semblait embarrassé, se mettait à bafouiller, à se tordre les doigts, à éviter son regard insistant... Il coupait court la conversation. Tout bêtement. Mais si l'autre se mettait à le défier, essayer de se montrer mieux que ce qu'il n'était, et se lançait dans une sorte de stupide duel de regards, il soupirait d'exaspération et s'en allait aussitôt. Non. Ce qu'il voulait, c'était quelqu'un de franc, mais d'égal à lui, qui se sentait égal à lui en tout cas. C'était ça le plus important dans ses relations.

Le capitaine avait donc entamé ce petit stratagème. Lorsque Vrix se tut, il dit :


- Pas de but précis pour ma part excepté me nettoyer le gosier d'une bonne bière. La solitude est volontaire. Mon équipage aime boire à excès et faire la fête ; moi, j'aime le calme. Je n'y participe que très rarement.

Il souleva à nouveau sa chope et se "nettoya" à nouveau le gosier.

- Ceci dit, nous manquons de quelques matelots. Je me suis dit, cette fois, qu'avec un peu de chance, je tomberai sur un brave gars. Tu n'en connaîtrais pas un, par hasard ?

Un large sourire apparut sur son visage qui était resté très stoïque jusqu'à maintenant.

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