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Touche le fond mais creuse encore !

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On m'appelle Isidro l'Mécano


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Posté dans Touche le fond mais creuse encore !    - Sam 15 Déc 2012 - 15:32

Suite du RP Une invitation ? Pourquoi faire ?!

Les pirates ne sont pas faits pour errer pendant de longues semaines dans le Désert des Murmures, Isidro avait tellement de coups de soleil que le simple fait de s’asseoir devenait une vraie torture ! Mais il n’allait pas se plaindre pour autant, il pouvait enfin se poser quelque part. Ce n’était qu’une simple caravane … mais ça restait le premier moment de tranquillité depuis que l’Hélios avait décidé de traverser le Passage Ardent pendant le Festival de Bonne Entente. Depuis le début, il était très clair que ce projet n’était que pur suicide, mais les pirates ne savent pas dire non face au danger. Pourquoi ? Peut-être la soif d’aventure, le rêve d’entendre son nom cité dans une légende, l’inconscience ? Un peu de chaque sûrement.

L’Hélios avait pointé le bout de son nez la dernière nuit du festival, et ne ménagea pas ses efforts pour faire face aux speeders Matrosciens et Korrulien : les morts furent nombreux, militaires comme civils. Oh et surtout, un bon paquet d’explosions, surtout pendant le crash du vaisseau ! Tous les canons dirigés vers le tas de ferraille volant ! Le navire pirate piqua du nez aussitôt, jusqu’à s’écraser sur le sable du désert. Ce fut sans aucun doute le moment le plus horrible. Il n’y avait plus d’issue et le seul espoir restant, était une fuite désespérée à travers le barrage des deux armées. Un plan, ou du moins ce qui aurait voulu porter le nom de plan, fut mis en place puis exécuté… ce qui se termina en un carnage. Seulement quatre pirates et Isidro avait pu s’en sortir.

L’aventure continua à dos de draoma, qu’ils avaient volés non loin du Passage Ardent. Les premiers jours furent un enfer, pas d’eau, ni de nourriture, mais beaucoup plus de soleil que désiré ! Heureusement ils tombèrent rapidement sur un marchant qui revenait du festival. Le pauvre korrulien ne put rien faire face aux pirates désespérés. Et ceci continua, des jours d’errances, puis enfin une rencontre inattendue avec des humains ou des animaux qui leur permettaient de survivre encore un peu. Isidro se serait bien tiré une balle dans la tête depuis le début. Lord du crash de l’Hélios il avait perdu sa maison, sa famille, ses amis et son but dans la vie, plus rien ne le retenait sur cette île. En fait non, une seule et unique chose le retenait : survivre jusqu’à la découverte du trésor du Capitaine Rodhia, pour que tous ces sacrifices n’aient pas été faits pour rien ! Sans compter qu’il perdait petit à petit ses derniers compagnons survivants. Deux étaient morts d’épuisement, et les deux autres… perdus lors d’une tempête de sable. Mère Nature les avait séparés et le pirate n’avait aucune idée de la direction à prendre pour les retrouver.

Ce supplice toucha à sa fin lorsqu’une caravane croisa la route du mécanicien. Isidro n’en pouvait plus, c’était à peine s’il pouvait tenir debout et par il ne sut quel miracle, le vieil homme qui conduisait la caravane voulut le prendre. Etait-il gentil ou tout simplement idiot en prenant un inconnu comme lui ? Isidro ne se posa pas la question, on lui apportait de l’aide et vu son état il ne pouvait pas la refuser. Heureusement comme il portait ses lunettes de mécanicien encrassés le sable, personne ne put voir ses yeux verts, sa principale caractéristique de sang mêlé.

On l’aida à monter dans la caravane, difficilement, puis on le plaça à côté d’une jeune femme qui lui fit discrètement signe de se taire. Le pirate ne comprit pas pourquoi… Ou c’était peut-être un signe de désapprobation. Après ces semaines à errer dans le désert il devait sentir tellement bon et avoir beaucoup de charme ! Mais pour faire simple : il ne comprenait rien du tout. Il écoutait le Korrulien pour la première fois, ce qui était assez perturbant. Et leur accent était si étrange, qu’ils pouvaient parler Joyellien il n’aurait peut-être pas compris d’avantage….
Une nouvelle galère, une nouvelle aventure…




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Posté dans Re: Touche le fond mais creuse encore !    - Sam 15 Déc 2012 - 21:56

Les feux de joie l’aveuglaient, la musique était assourdissante. Les danses restaient lassantes et la masse oppressante. Tout lui rappelait douloureusement son ancienne vie, ce qu’elle n’était plus, ce qu’elle ne voulait plus être. La jeune femme ferma les yeux et se leva en soupirant, s’éloignant du cercle qui s’était attroupé autour d’un groupe de danseuses Korruliennes.

Les premiers jours furent un réel plaisir. Il y’avait deux ans qu’elle n’avait pas pu se rendre au festival de bonne entente, faute de moyens. Le brassage culturel de cet évènement était l’occasion rêvée pour en apprendre plus sur Matroos. Elle avait économisé pour se payer le voyage et avait décidé d’occuper un petit stand, où elle vendait toutes les cautions des mauvais payeurs. Et bien qu’elle en gardait une partie pour elle, bon nombre des objets qu’elle amassait lui était inutiles. Le festival de bonne entente était l’occasion rêvée pour vendre des bibelots et vêtements traditionnels à prix d’or à des Matrosciens un peu trop crédules. Elle était arrivée au début de la dernière semaine et son stock s’était vidé à une vitesse folle, lui laissant une quantité d’argent plus que satisfaisante. Elle allait pouvoir se permettre quelques vacances, ces dernières commençant en profitant du festival en tant que touriste. Durant deux jours, elle fit la fête, apprit quelques coutumes et tenta de faire connaissance avec des Matrosciens. Malheureusement, beaucoup la percevait comme une sauvageonne, les gens ayant fait le déplacement étant vraisemblablement de bons snobs. Les rares personnes entamant la discussion avec elle se résumaient à des curieux qui l’étudiaient plus qu’autre chose ou bien des Don Juan voulant profiter de la douce chair Korrulienne. Malgré les différents aspects du festival dont elle aurait pu tirer profit, elle fut vite lassée du brouhaha et de l’arrogance ambiante. Elle passait désormais sa dernière nuit au passage ardent, partageant sa tente avec une autre marchande. Elle partira avant l’aube, quand l’air serait encore frais et que les rayons du petit matin n’auront pas encore donné leur chaleur étouffante aux dunes.
La femme avec qui elle avait passé la nuit, son nom était Elana, lui proposa de faire route avec la caravane de sa famille. Ils faisaient une escale à Penjoie et en échange de quelques coups de main, il lui garantissait un voyage, certes plus lent, mais gratuit. Et Ren n’ayant jamais vraiment fait de traversée du désert, elle accepta avec plaisir, voyant une expérience à ne pas rater.

Cela faisait déjà quelques jours qu’elle était en route, et malgré les conditions assez rudes, elle fut surprise de son temps d’adaptation. Elle avait néanmoins la vie plus facile que les caravaniers. Peu habituée au climat aride pur, on lui faisait occuper la seule roulotte du convoi, qui servait essentiellement à transporter les marchandises trop importantes pour les montures, et les éléments servant au campement. Elle s’y était déjà fait son nid, ayant réquisitionné une pile de coussins pour que le voyage se fasse moins inconfortable. Elle aurait pu se contenter de jouer les bagages humains durant toute la traversée, mais elle avait pris pour responsabilité de désensabler la verdine et de la pousser quand le terrain devenait trop inapproprié. Un travail épuisant pour une citadine mais qui lui assurait la gratuité du transport. Et puis bon, il fallait qu’elle profite un peu du paysage. Même si il y’a bien mieux, il faut avouer.

Peu après l’heure du repas, la caravane s’était arrêtée brusquement, la coupant en pleine lecture d’un roman passionnant en l’écrasant peu délicatement contre la paroi. Grognant et craignant une nouvelle besogne, Ren sortit la tête en regardant tout autour d’elle. Le convoi était figé et le vieil Alek était accroupi à côté d’une personne assise sur le sable. D’abord inquiète à l’idée qu’un de ses compagnons de route eut un problème, elle remarqua bien vite que l’homme n’était pas des leurs. Sa curiosité la poussa néanmoins à aller voir ça de plus près, lui faisant commettre l’horrible erreur de marcher pieds nus sur le sol brulant. Après un bref sprint, elle s’enfonça jusqu’au chevilles dans le sable, tandis qu’elle observait la trouvaille du vieil homme. Un voyageur d’une trentaine d’année, portant des lunettes noires de poussières. Il semblait desséché.

-Ren, conduit le à la caravane, veux-tu.

-Mais, et si c’était un forban ou un autre gredin du genre ?


C’était une question assez ironique de la part d’une tueuse, mais elle restait sincère. Alek eut un faible sourire et répondit d’une voix calme, mais insinuant l’inflexibilité de son ordre.

-Je ne vois qu’un homme dans le besoin, fillette.

Elle ne discuta pas plus et contenu un grommellement. Ren aida le naufragé à avancer jusqu’à la roulotte, essayant de le ménager pour ne pas se bruler les orteils plus longtemps. Il avait beau avoir l’air affamé, il restait bien lourd le bougre. Par contre, il avait bien l’odeur peu délicate de quelqu’un qui avait passé un sacré moment dans le désert. La jeune femme le fit monter, et lui céda quelques coussins. Ren le regarda en plissant les yeux, comme si elle n’avait jamais vu d’être humain auparavant. Elle lui retira ses lunettes sales et tiqua en voyant la couleur de ses yeux. Verts. Elle fronça les sourcils, prenant un air plus fermé. Il n’était définitivement pas Korrulien. Que faisait-il perdu au milieu de nulle part ? Sa méfiance s’accrue de secondes en secondes.
Alors qu’elle se posait de plus en plus de questions, Alek, Elana et quelques curieux s’étaient approchés. L’ombre dans laquelle ils étaient permettait de ne pas discerner le léger problème que causait leur « invité ».

-Tout va bien ici ?

Ren se força à sourire, tendue par sa découverte compromettante :

-Il a l’air épuisé, mais je vais faire en sorte de le remettre sur pieds d’ici notre arrivé à Penjoie.

-Tu es bien dévouée ma petite, c’est un réel plaisir que nous avons de faire route avec toi !


Elle vit l’étranger s’agiter en les voyant discuter et lui fit discrètement signe de se taire. Alek les fixa d’un air bienveillant, mais sa fille ne tarda pas à poser une main sur son épaule, pressée d’arriver dans une ville au plus tôt.

-Ne perdons pas de temps père.


Il hocha la tête et ils repartirent tous à leur place. La jeune femme poussa un soupir de soulagement et la caravane se remit en route.
Elle posa brutalement une gourde remplie d’eau à côté de lui et dans un Joyellien parfait, si on omettait son accent roulant et sifflant, elle s’exprima enfin, désignant les yeux de son interlocuteur.

-S’ils découvrent que tu n’es pas Korrulien, ils n’hésiteront pas à te jeter dehors. Leur hospitalité à des limites. Et si tu veux voyager gratis, tu vas devoir te rendre utile, mon gros.

Elle doutait qu’Alek laisserait faire ça, mais l’étranger ne tarderait pas à avoir des problèmes. Autant les ralentir tant qu’ils étaient ici. Savoir une telle chose mettrait une pagaille pas possible et elle avait besoin de tout sauf d’un ralentissement. Ren l’observa un instant et secoua la tête en soupirant.

-Enfin, du moins, quand tu seras dans un meilleur état.

La jeune femme se pencha vers un grand bol dans lequel elle versa de l’eau claire, avant d’y tremper un linge dont elle se servit pour essuyer le visage crasseux du voyageur. Elle laissa le tissu frais se coller sur le front de l’homme, pour retourner vaquer à ses occupations. Nonchalamment, elle attrapa un avotius, puis un livre et se posta dans un coin de la caravane, se plongeant immédiatement dans sa lecture. Elle grignota un instant, se disant par la suite que l’invité avait surement bien faim, le fixant en haussant un sourcil. D’un geste vif, elle poussa la corbeille à fruits à côté de lui, avec son pied et se remit à lire tranquillement.

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Posté dans Re: Touche le fond mais creuse encore !    - Lun 17 Déc 2012 - 13:14

Le pirate ne chercha pas à comprendre ce qui se passait autour de lui jusqu’à ce qu’on lui enlève ses lunettes. Qui pouvait bien être l’infâme, l’ignoble et l’horrible joyellien qui avait osé faire cela ? Les lunettes sont un organe vital du mécanicien, sûrement le plus important après la clé à molette ! Il cligna de yeux, comme s’il venait de sortir du ventre de sa mère. C’était la première fois depuis des jours que cette partie de son visage n’avait pas été caressée par l’air frais.

« Crre.. »

Joli début de phrase, très explicite, mais sa gorge était tellement sèche que le moindre mot ne voulait pas sortir. La seule chose qu’il pouvait faire, c’était fixer celle qui avait osé enlever ses lunettes. Il ne lui fallut pas plus de deux secondes pour reconnaître une habitante de cet affreux désert. La peau basanée et les yeux oranges sombres ne pouvaient mentir sur les origines de la jeune femme, qui d’ailleurs, semblait aussi méfiante que lui.

D’autres personnes arrivèrent et le mécanicien aurait bien voulu leur dire merci en Joyellien ( règle numéro une de manipulation : paraître gentil si ça peut nous donner accès à des avantages ) , mais la jeune femme lui signala discrètement qu’il devait plutôt se taire… Où avait-il la tête ? A la place de parler il aurait pu porter une pancarte « je ne suis pas un korrulien » ça aurait été tout aussi efficace. Mais l’avait-elle protégée ou avait-elle agi pour une autre raison ? Quand la discussion toucha à sa fin elle souffla un coup, comme si elle était soulagée que le vieil homme et sa fille soient partis. Le pirate la fixa à nouveau : à quoi jouait-elle ?

Le plus perturbant furent ses quelques paroles en Joyellien après. Isidro l’écouta en vidant la gourde, et dû faire preuve d’un certain self-control pour tout ne pas tout recracher quand elle prononça : « tu n’es pas Korrulien ». Elle avait quand même un léger accent, différent de celui des matrosciens, mais il l’avait comprise… Qu’était-il censé répondre ? Elle était maline, et essayer de lui mentir empirerait surement les choses, mais lui dire qu’il était précisément un pirate pouvait aussi amener des problèmes. Autant les matrosciens pouvaient être tolérés, mais les sangs mêlés comme lui étaient craints comme la peste ! Que pouvait-il bien dire ? Les questions défilèrent encore dans sa tête quand elle lui déposa un linge sur le front.

Il se serait bien endormi, ici, sans rien dire, mais son égo le poussait à agir, il n’était pas le genre d’homme à se laisser guider de A à Z. Il devait dire quelque chose, mais quoi ? Finalement il se ridiculisa sans même avoir dit un mot lorsqu’elle poussa vers lui une corbeille de fruits. Une délicate attention qui le fit sursauter tellement il était absorbé dans ses pensées… Il se reprit une fois pour toute en se passant le linge sur le visage.

« Isidro, je m’appelle Isidro… »

Son nom n’était connu que chez les pirates, le type de personne qu’il ne risquerait pas de croiser dans cette région de l’Île.

« Et en effet je ne suis pas un korrulien. »

Dit-il en souriant, la nuance entre ne pas être un korrulien et être un pirate l’amusa. Reconnaîtrait-elle ses origines à son accent de Vanylle.

« Pourquoi ? Pourquoi vous comportez-vous comme ça ? Je ne suis pas contre du tout, au contraire c’est très agréable. Mais pourquoi avoir caché aux autres que je ne suis pas un Korrulien ? Surtout que je suis un poids pour vous, une bouche supplémentaire, sans compter qu’ils verront bien à un moment que je ne suis pas d’ici. Et vous êtes totalement consciente qu’une fois qu’ils sauront ils me jetteront, donc pourquoi vous, vous me gardez ? »

La question cachée derrière était : qu’est ce que je vais devoir faire en retour ? Elle avait bien dit qu’il devrait se rendre utile, mais comment étant donné qu’il devrait cacher ses origines ? De plus il ne croyait pas du tout à la possibilité qu’une personne le recueillisse par simple bonté. Tout a un prix.




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Posté dans Re: Touche le fond mais creuse encore !    - Sam 29 Déc 2012 - 13:01

Isidro ? Quel prénom bizarre. A Korrul, quelqu’un s’appelant comme ça deviendrait surement la risée du quartier. La jeune femme entendit le naufragé du désert se présenter, alors qu’elle ne lui avait absolument rien demandé. Bon, au moins ça sera déjà chose faite, et autant en faire de même.

-Je m’appelle Ren Amila Kartal. Mais Ren est amplement suffisant,
fit-elle lentement, sans même lever les yeux de son livre.

Au moment où elle se dit qu’il ne valait mieux pas qu’il soit un gros bavard, à cet instant précis où elle ne souhaitait pas être dérangée, « l’invité » s’était mis à débiter des questions à une vitesse ahurissante, comme si sa langue déversait des mots sans même qu’il ne les ait pensés. Décidément, la chance n’était pas de son côté.
Désirant bien montrer qu’elle voulait que sa tranquillité ne soit pas perturbée, la jeune femme grogna et leva la main, le fixant ensuite avec une certaine dureté.

-Tsssk… Tais-toi et dort. Nous discuterons plus tard.

Malgré tout, il lui faisait un peu pitié, avec son air exténué et crasseux. Si elle répondait à ses questions tout de suite, elle pourrait moins facilement lui en renvoyer d’autre. Il valait mieux qu’elle reste concentrée sur son livre, le temps qu’il retrouve des forces et qu’elle réfléchisse un peu à la situation.
Le dénommé Isidro ne tarda pas à s’endormir, bien que la froideur de Ren semblait l’avoir interloqué. Il était vrai qu’elle ne cessait d’avoir des réactions contradictoires. Le sauver, le menacer, lui demander de se la fermer alors qu’il l’intriguait au plus haut point. Tout cela était en réalité la conséquence d’une certaine panique. Elle ne savait pas qui il était exactement, ni la réaction qu’auraient réellement les marchands s’ils apprenaient qu’ils avaient un non-Korrulien dans leur caravane. Et les conséquences retomberaient évidemment sur Ren, qui ne pourrait d’aucune façon feindre l’innocence. Elle le regarda dormir quelques secondes, se disant qu’elle venait surement de faire une bêtise. Une sacrée bêtise.
Elle pesta et secoua la tête, oubliant le temps et la situation quelque peu bourbeuse grâce à son passionnant roman.

La nuit était enfin tombée. La chaleur écrasante se transformait peu à peu en frais agréable et les marchands nomades installèrent le campement. Ren préférait rester à l’écart, installée sur le toit de la roulotte en grignotant quelques galettes d’herbefeu accompagné de volaille. Elle avait beau voyager depuis maintenant quelques jours avec eux, elle ne préférait pas trop interférer dans leur vie quotidienne, ni même s’attacher à eux. Elle se contentant de politesse et de sympathie, tout en exécutant ce qu’on lui demandait de faire, en guise de paiement du transport.
Isidro se posa cependant à côté d’elle, la tirant de ses rêveries. La jeune femme haussa d’abord un sourcil et se contenta de lâcher d’un ton calme :

-Maintenant, nous pouvons parler.


La Korrulienne se redressa un peu, eut un sourire en coin et prit une grande inspiration en levant son menton, comme si elle s’apprêtait à réciter tout un poème d’une seule traite.

-J’ai caché le fait que tu n’étais pas des nôtres car Alek, le vieillard, a insisté pour qu’on te ramasse. Je doute même qu’il n’ait pas deviné que tu n’étais pas du coin. Moi je m’en fichais un peu jusqu’à ce que je découvre ton petit secret. Je vais te demander de te méfier des autres, Isidro. Ils ont déjà un peu de mal avec les gens comme moi, sauf Elana mais passons, alors je ne préfère pas les laisser savoir ton identité.

Elle marqua une pause de quelques secondes, pour se remémorer les paroles exactes du rescapé.

-Et si je t’ai protégé ? C’est parce que je me suis dit que tu pourrais m’être utile. J’ai un peu réfléchi, j’essaie d’étudier les pays alentours, mais je ne trouve pas les livres très détaillés. Tu pourrais…


Dans un éclair de génie, elle le saisit par le col, le secouant sans même s’en rendre compte et le fixa avec un air d’abrutie heureuse qui trancha violemment avec la froideur qu’elle s’était précédemment forcée à garder. Avec tout l’enthousiasme du monde, elle s’écria :

-Tu pourras m’apprendre le Matroscien ! Ces débiles du festival de bonne entente n’arrêtaient pas de me dire qu’ils n’avaient pas le temps ! Mais toi, t’auras le temps !


Ren le lâcha et plissa les yeux, prise d’un doute. Elle se frotta le menton et demandant :

-Mais attends. T’es bien Matroscien ? Et qu’est ce tu faisais dans le désert ?




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Posté dans Re: Touche le fond mais creuse encore !    - Mar 1 Jan 2013 - 10:34

« Soit…»

Elle n’avait pas envie de parler. Le sale caractère du pirate l’aurait plutôt poussé à poser plus de questions, à obtenir les réponses qu’il désirait, mais il était trop fatigué. Isidro posa sa tête sur un coussin, se détendit, et sombra immédiatement dans le monde des rêves. Trop de journées à marcher, trop de nuits à veiller pour sa survie… Mais il n’avait pas l’esprit tranquille pour autant. Au milieu de la nuit il se réveilla d’un coup, complètement perdu.

« Mais je suis où ? Coussin, eau, nourriture ? Ils ont refait la déco de l’Hélios ?»

Le mécanicien se leva lentement, en essayant de se souvenir des derniers événements. La caravane, la femme, Ron ? Non il se trompait d’univers. Rin ? Non plus ! Ah oui Ren ! Le Passage Ardent, le désert, et la korrulienne. Tout lui revenait douloureusement en tête. Il s’était juste échangé leur prénom et il lui avait posé plein de questions, d’ailleurs elle était où ? Isidro tourna la tête, mais aucune trace de la jeune femme. Un rapide coup d’œil dehors mais aucun visage éclairé par le feu ne semblait être le sien…

Sans plus tarder il profita de ce petit moment de solitude pour engloutir rapidement deux ou trois fruits. Il n’avait plus senti cette sensation depuis tellement longtemps, et c’était bien meilleur que les biscuits secs de l’Hélios. Mais il interrompit son repas quand il entendit de l’agitation dehors, d’autres marchands venaient se joindre au groupe apparemment. Isidro ne comprit rien ce qu’ils se disaient, mais il put lire la joie sur les visages. Tout le monde se salua pour partager le repas du soir.

« Alek, j’ignore si tu dois être heureux ou malheureux d’être parti si tôt du festival. Vous tous, vous auriez dû voir ça, ah si j’étais ménestrel ma fortune serait faite juste en racontant cet événement !»

Le corpulent marchand sourit à l’idée de raconter ce qu’il avait vu et entendu pendant la dernière nuit du Festival de Bonne Entente. Depuis son départ il ne cessait de réfléchir à la première fois qu’il devrait rapporter ces faits.

« Le soleil était déjà couché depuis une bonne heure, lorsque nous purent entendre un grondement lointain. J’étais au bout du Passage Ardent, donc je ne pus qu’assister à la fin du spectacle. Mais soit, j’étais là, avec tout le brouhaha personne n’y fit attention au début. La paix régnait, tout le monde rigolait, puis BOUM ! Un coup de canon, de pistolet, ce que vous voulez, mais l’ambiance changea du tout au tout. On échangea tous un regard, que devions-nous faire ? Qu’était-ce ? Mais pas le temps de réfléchir un tir d’ithylium passa au dessus de nous et oh euh passe moi une cuisse de ça, j’ai faim. Je vous raconterai la suite après.»

Pendant ce temps Isidro profita que l’attention de chacun soit captée par le marchand pour sortir et chercher Ren. Il lui fallut une bonne minute pour remarquer la silhouette sur la caravane, et alla la rejoindre discrètement. Elle n’avait pas été très bavarde tout à l’heure donc le pirate s’assit simplement à côté d’elle. Si elle voulait parler, elle parlerait, en tout cas ce n’était pas en restant isolé qu’il arriverait à s’en faire une alliée.

Finalement le fugitif n’eut pas à attendre longtemps, elle se mit rapidement à parler. Isidro ne put s’empêcher de sourire quand elle prononça : « Je vais te demander de te méfier des autres ». Toute sa vie de pirate était rythmée par la haine des autres peuples. Mais pas le temps de réfléchir d’avantage, Ren le prit d’un coup par le col pour qu’il lui apprenne le Matroscien. Le pirate la fixa droit dans les yeux, sans comprendre cette soudaine excitation, et il ne sut pas vraiment quoi dire. Elle était très étrange. Froide, puis d’un coup tout l’inverse, les gens de son propre peuple se méfiaient d’elle… Elle semblait imprévisible…

« Suis-je un matroscien ? Euh… ben… »

Presque instantanément dans sa tête il se faisait déjà une petite esquisse du caractère de la korrulienne : impulsive, maline, et surement curieuse… Oui curieuse, voilà, il devait jouer sur cette facette de son caractère pour essayer de la mettre de son côté. Rester dans le flou pour qu’elle ait toujours une question. La soif de réponse sera le meilleur moyen pour qu’elle le garde avec lui et s’intégrer à la société korrulienne. Juste un petit détail : devait-il mentir ? Non, elle saurait la vérité à un moment ou à un autre et il devait gagner sa confiance. Par contre, rien ne l’obligeait de tout déballer.

En même temps qu’Isidro, le marchand reprit son histoire au Passage Ardent :

« Oui. Un fier habitant du littoral. Pour être plus précis je suis un explorateur… un aventurier… ou touriste un peu con… Comme vous voulez. J’ai passé un bon bout de ma vie à visiter Matroos, villes, ports, me liant souvent d’amitié avec les marchands d’ailleurs… »

« Après le tir nous levèrent tous nos têtes et virent passer un énorme tas de ferraille fumant. Indescriptible, difforme, à moitié pété ! C’était ces vils pirates de Vanylle m’a-t-on dit ! Puis je ne vois pas qui d’autres seraient assez cinglés pour oser traverser comme ça le Passage Ardent. Piller les marchands matrosciens ne devait plus assez leur rapporter pour foncer comme ça chez nous. …»

« … enfin bref, appelez ça crise de la quarantaine ou comme vous voulez, mais un jour je me suis dit qu’il était temps de visiter Korrul. Bon oui, je sais, on n’est pas trop aimé, mais soit, je suis plutôt faiblard face à la curiosité, j’ai craqué et suis allé au Festival de Bonne Entente. Tout se passait bien au début. Je visitais, faisait quelques échanges, admiré le paysage… »

« … Ce fut un carnage, ils ont envoyé des feux d’artifices qui ont cramé nos stands, pire encore, il aurait déchargé à un moment leur fosse sceptique ! Certains parlaient d’une pluie d’étrons ! Heureusement c’est arrivé avant qu’ils ne me passent au dessus de la tête. Ils ont aussi fait tomber quelques blocs de la falaise, vous vous en rendez compte ! A chaque fois que je pense à ça je bénis Ruyn de pas m’avoir placé dessous … »

« … Puis sans vraiment savoir pourquoi, on nous a attaqués. Oui nous, j’étais avec des amis, nos gueules ne devaient pas plaire à certains ou ils ont dû nous prendre pour des brigands. Ça a très mal tourné, ma mémoire se fait flou à ce moment là et je me suis retrouvé seul dans le désert, sans mon sac et mes provisions. Juste ces lunettes que je trouvais cool et que j’avais acheté juste avant… »

« … La chasse donnée par les speeders fut sans merci et le vaisseau pirate s’est crashé à la sortie du Passage Ardent. J’en ai vu des bouts calcinés lorsque nous sommes partis. Les autorités ont fait un petit passage pour qu’on puisse quitter le festival et faisaient tout pour nous faire circuler rapidement. Il ne voulait pas nous avoir entre leurs pattes, ceci dit, j’ai quand même réussi à en voir un peu ! J’ignore s’il y a eu des survivants… Mais par Ruyn, je n’aurai jamais pensé être témoin d’un fait pareil ! »

«… Il ne me restait plus qu’à marcher, toujours et encore jusqu’à croiser quelqu’un. J’ai plutôt un bon instinct de survie, donc j’ai su me débrouiller, et là vous m’avez recueilli aux portes de la mort… Voilà ce que je faisais dans le désert. Merci, sans vous je ne sais pas ce que je serai devenu. »

Le pirate baissa la tête et se tut, en repensant à ses paroles. Ren voulait apprendre le Matroscien mais Isidro fit comme si elle n’en avait jamais parlé: il ne connaissait pas cette langue. De plus, sans savoir la parler, il savait la reconnaître, et la jeune korrulienne surement aussi, donc il ne pourrait pas la tromper sur ce détail. Essayer de le lui apprendre serait le meilleur moyen pour lui mettre la puce à l’oreille. Avec de la chance, son monologue sur son passé lui ferait oublier cette demande. Ou mieux, l’obliger à parler d’elle :

« Vous, que faites-vous ici ? Et sans vouloir être indiscret, que vouliez-vous dire par "Ils ont déjà un peu de mal avec les gens comme moi" ? »

Il s'éclaircit la voix puis rajouta :

«S’il vous plaît, répondez sans me prendre par le col… »

Tranquillement il piqua une galette d’herbefeu.




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Posté dans Re: Touche le fond mais creuse encore !    - Mar 15 Jan 2013 - 17:35

Ren écouta attentivement Isidro, bien que parfois déconcentrée par un marchand qui venait de rejoindre la caravane. Visiblement une connaissance du groupe, qui parlait fort et avec emphase. Même si ce dernier était déconcentrant, elle put suivre tout ce que disait son interlocuteur. Elle apprit qu’il était un voyageur ayant eu des soucis au festival de bonne entente. Son récit étrange lui fit hausser un sourcil, mais elle goba tout ce mensonge très inventif tout sans se poser vraiment de questions. L’homme en revanche recommença avec les siennes. C’était assez agaçant, de détester les interrogations, quand on était quelqu’un de curieux. On demande des informations, puis on rechigne à en donner à son tour. Quelque chose de très peu équitable, mais d’essentiel pour quelqu’un comme Ren. Quand on avait des activités pour le moins illégales et immorales, il valait mieux ne pas être trop bavard sur sa personne.
Elle prit cependant une grande inspiration et lui répondit d’une voix calme :

-Ils se méfient de tous ceux qui sont extérieurs à leur famille. Il n’y a qu’Alek et Elana qui sont plus ouvert d’esprit. Mais malgré leur générosité, ils gardent une part de méfiance envers les gens taciturnes ou un peu louches. Je suis taciturne. Et toi tu es louche. Sympathique, mais louche.

Il lui posa une nouvelle question, mais elle ne l’écoutait plus, son attention reportée sur le marchand qui avait désormais un roman des plus intéressants. Il y’a encore cinq minutes, il déblatérait des banalités, et maintenant qu’elle l’ignorait, il disait enfin des choses intéressantes ? C’était révoltant ! N’ayant pas pu bien saisir toute l’histoire, elle esquissa une moue agacée, bien décidée à en entendre plus. C’était bien trop dur de suivre de dialogues en même temps et cela dans deux langues différentes ! Elle était certes maline, mais pas à ce point quand même. Ren se laissa doucement glisser de la roulotte pour aller s’approcher de l’homme afin de mieux pouvoir profiter de son récit.

-Saletés de pirates ! J’espère vraiment qu’aucun n’a survécu au crash, sinon ce serait une catastrophe épouvantable. Vous imaginez les dégâts qu’ils pourraient causer ? Ces types-là n’ont peur de rien, leur attaque rocambolesque mais destructrice en est une belle preuve. Imaginez l’horreur s’ils s’alliaient aux forbans ou une autre horreur du genre. Par Ruyn, je ne préfère pas y réfléchir plus longtemps, ça me colle des frissons.

Alek secoua la tête en retenant un rire. Ses compagnons de voyage semblaient eux moins rassurés. Peu satisfaite de n’entendre que cette conclusion, elle s’avança, secouant les bras pour demander au voyageur de s’arrêter, alors qu’il démarrait une nouvelle phrase.

-Attendez, attendez. Des pirates ? A Korrul ? Festival de bonne entente ? Qu’est-ce que j’ai raté ?


Le marchand lui fit un bref résumé qui lui permit de mieux comprendre les faibles morceaux qu’elle avait cru entendre. Elle resta bouche bée un moment, le temps de bien analyser tout ce qui venait d’être énoncé. Elle avait l’impression d’écouter quelqu’un lui contant un livre d’aventures. La jeune femme était tiraillée entre la crainte et l’excitation, le fait d’apprendre que quelque chose d’aussi extraordinaire et ignoble à la fois se soit passé à Korrul faisant bondir son cœur. Elle n’arrivait pas à savoir si elle était déçue ou rassurée de ne pas avoir pu assister à la scène. Bon l’avantage net était qu’elle avait surement échappé à une mort certaine, dégoutante ou extrêmement douloureuse.

-Mais dites-moi mamzelle, qu’est-ce qu’une frêle jeune fille fait parmi des marchands baroudeurs ? Y’a des moyens plus rapide de retourner chez soi, non ?

Ren tiqua sur le « frêle jeune fille », mais préféra ne pas commencer à s’énerver pour si peu. Elle se contenta de répondre d’un air nonchalant en regardant ses ongles.

-On m’a proposé de voyager gratuitement en caravane, je dis pas non. Je suis pas très pressée de retourner à Penjoie, mais je pense que ça plairait à l’autre squatteur de voir une nouvelle ville. Il est jamais sorti de la sienne, il a voulu voyager et résultat, il s’est retrouver à errer dans le désert, comme un gland. Il est peu con sur les bords, et en plus, il est incapable de parler. Il reste aimable et gentil. A condition de connaitre le langage des signes.


Elle regarda un peu partout autour d’elle en se pinçant la bouche, se demandant si c’était une si bonne idée que ça de raconter autant de bobards à la minute juste pour ce Isidro. Mais dans un sens, inventer ce genre de choses l’amusait. Même si ça vous retombait bien souvent sur le coin du nez.
Le marchand ouvrit sa bouche en rond, un air enjoué se dessinant sur son visage joufflu.

-Penjoie ? J’y allais justement. Vous n’avez qu’à embarquer quand je partirais demain matin et d’ici le midi vous y serez déjà ! Enfin, si ma vieille Rosa me fait pas trop de caprices, j’ai déjà dû la réparer deux fois aujourd’hui. J’crois qu’elle aime pas les allers-retours quotidiens, héhé.

-Ce serait formidable ! Mais… Euh… Vous appelez votre vaisseau Rosa ?

-Ça a beau être un pauvre tacot, elle mérite bien un nom et un peu d’affection ! Et surtout de repos ! Depuis le festival de Bonne Entente, j’arrête pas crapahuter partout !


Ren pouffa de rire devant l’air convaincu de l’homme rondouillard. A croire que ce vaisseau était sa seule amie. Se rappelant qu’elle avait encore faim elle alla vers la marmite qui reposait sur le feu de camps, prit deux portions de ragoût et retourna s’assoir à côté d’Isidro, lui donnant un des bols. Elle vérifia que tout le monde soit bien occupé pour lui adresser la parole, ne voulant qu’ils le surprenne en train de converser. C’est assez peu courant pour muet que de papoter.

-Bon appétit ! Attention c’est encore bouillant.

La jeune femme eut un grand sourire fier de pouvoir sortir une phrase en Matroscien, mais l’air dépité du prétendu voyageur la fit vite déchanter. La honte remplaça immédiatement la fierté sur son visage et elle grommela après un long soupir :

-Ma prononciation est misérable, c’est ça ?

Elle secoua la tête, l’air dépité, mais la releva finalement, avec un grand sourire :

-On vient de me raconter quelque chose d’époustouflant ! Des pirates ont essayé de s’introduire dans Korrul, mais ils se seraient lamentablement vautrés. D’après les témoignages, ils seraient tous morts, mais auraient fait des dégâts énormes ! Je ne sais pas si ils étaient stupides ou trop téméraires, mais en tout cas, ils feront longtemps parler d’eux. D’ailleurs, c’était peut-être des survivants qui t’ont attaqué ?


Voyant qu’Alek les regardaient, elle fit semblant d’être concentrée sur son repas, avalant rapidement une grosse bouchée, pour se brûler cruellement le palais. Plissant les yeux et couinant, elle se força à ne pas tout recracher sous la douleur et laissa le ragoût lui détruire la gorge. Après quelques jurons, elle précisa à Isidro :

-Sinon, je leur ai dit que tu étais muet. Donc pas de bêtises, je rends la chose plus facile, c’est pas pour créer d’autres catastrophes. Ah et aussi, est ce que ça plairait à un explorateur de visiter une ville Korrulienne ? Penjoie pour être précise. Y’a l’autre petit gros qui me propose de me raccourcir le voyage en me prenant comme passagère dans sa vieille machine et bon, l’idée te laisser ici me rassure pas sur ton cas. Par contre, j’espère qu’on tombera pas en panne en route. Son vaisseau a l’air vraiment douteux.


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Posté dans Re: Touche le fond mais creuse encore !    - Dim 20 Jan 2013 - 15:49

« -Bon appétit ! Attention c’est encore bouillant. »

Ren lui tendit un bol de ragout, mais Isidro resta sur l’un des mots qu’elle venait juste de prononcer : attention… C’était le seul mot qu’il avait compris et c’était l’un des rares qu’il connaissait en mastroscien. Durant les abordages dès qu’ils tiraient, pillaient, menaçaient, les mastrosciens criaient toujours cet enchainement de syllabes. Leurs ennemis préférés le répétaient tellement qu’il devint petit à petit une insulte sur l’Hélios. Un pirate se montrant peureux était appelé « Attention » en référence à ces poules mouillés.

Mais revenons à nos draomas, ce mot sorti de la bouche de Ren inquiéta tout de suite le pirate. Heureusement sa question sur la prononciation fit comprendre à Isidro qu’elle n’avait pas dû dire quelque chose de si important…

« Encore quelques petits progrès à faire, mais vous êtes sur la bonne voie. Ceci dit je ne suis pas un bon professeur, je voyage partout dans le monde, rencontre des personnes de tout horizon, donc j’ai toujours privilégié le joyellien. »

Il écouta ensuite les dernières nouvelles sur un groupe de pirates qui auraient perturbé le festival. Il se retint de rigoler, et sentit une certaine fierté en les écoutant. Que c’était dur de ne pas faire un commentaire… Sa bouche de contracta pour essayer de ne laisser transparaître aucune émotion, mais ça devint pire finalement, il feinta plutôt une petite toux passagère. Quant à la suite des nouvelles, elle encore plus intéressante :

« Penjoie ? Aller à Penjoie ?! »

Isidro lança un coup d’œil du côté des marchands pour s’assurer que personne ne les regardaient puis il essaya de se rappeler de l’emplacement de Penjoie par rapport au Cœur de Korrul.

« Avec plaisir ! Et si son vaisseau a un problème, ne vous en faites pas, je suis là ! Faut bien que je me gagne ma croûte pendant mes voyages : je suis aussi un mécanicien ! »


Il fit une pause pour gouter le ragout :

« Ah mais que c’est chaud ! Oui donc, euh où j’en étais. Voilà, il y a toujours quelqu’un qui a besoin d’un petit coup de pouce en mécanique, et ça m’a très souvent permis de payer mes voyages ! Oh et d’ailleurs, merci pour le coup du « muet » ça va beaucoup m’ai… »

Pas le temps de continuer sa phrase, tous les korruliens autour du feu se mirent à crier, que se passait-il ?

« Des styx ? Je crois bien que ce sont des styx des sables ! Protégez nos draomas ! Que chacun prenne quelque chose pour se défendre, si on leur montre qu’on a pas peur, ça les fera peut-être fuir ! Vite vite vite ! Utilisez le feu ! Là regardez, et là-bas, ils sont une demi douzaine ma parole !»

Alek s’inquiétait pour ses bêtes, ces prédateurs du désert étaient connus pour s’attaquer principalement aux montures. De son côté Isidro ne comprenait rien. Quelque chose de mauvais se passer, mais il ne sut pas quoi. Le mécanicien prit tout de suite Ren par le bras pour être sûr d’avoir son attention :

« Traduis-moi, qu’est ce qui se passe ? Euh derrière toi ! »


Sans lui laisser le temps de réagir le pirate la retourna pour lui montrer : deux petits points jaunes se rapprochaient lentement d'eux, surement un styx intéressé par de nouvelles saveurs.

« Gentil ? Méchant ? Faut pas bouger ? »


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Posté dans Re: Touche le fond mais creuse encore !    - Lun 21 Jan 2013 - 14:15

Cela faisait une semaine qu'elle parcourait le désert. Cette expédition n'étai en aucun cas été prévue, mais Salëm n'avait pour habitude de prendre le temps de réfléchir ou de préparer un voyage. De plus, elle ne craignait nullement de se retrouver seule. On trouvait toujours de quoi survivre dans le désert, si l'on savait où chercher.
Pourtant, la jeune femme devait s'avérer déçue : alors qu'elle avait quitté la cité d'ostracisés dans le but d'amasser une petite fortune, elle reconnaissait l'échec de son expédition. Elle n'avait croisé que deux caravanes aux maigres provisions, et le cadavre du cavalier et de son draoma ne lui avait rapporté que peu d'argent. La viande de l'animal lui avait permis de dîner, toutefois, mais cela l'agaçait. Salëm détestait travailler inutilement.

Aussi marchait-elle dans le désert, les mains dans les poches, se demandant s'il valait mieux rentrer à la cité ou poursuivre. Rentrer immédiatement ne l'enthousiasmait guère, mais si elle continuait de chercher pour le plaisir de marcher... ce n'était pas forcément mieux. Bien que possédant une source inépuisable d'énergie, due autant à sa jeunesse qu'à son entêtement, elle ne redoutait pas la fatigue. Mais vagabonder dans le sable épuiserait n'importe qui, à la longue.
Au fil des heures, ses jambes s'alourdissaient, et Salëm connaissait les risques. S'aventurer trop loin dans le désert signifiait ne plus avoir la force pour le retour. Poussant un soupir excédé, elle donna un grand coup de pied dans une motte de sable. Subitement, elle perçut des voix, et s'aplatit immédiatement au sol. Ses lèvres frôlaient le sable chaud, et elle resta immobile ainsi plusieurs secondes, aux aguets. La possibilité que des veilleurs pourpres patrouillent dans le désert n'était pas à exclure. Retroussant ses lèvres en une grimace haineuse, la jeune femme rampa sur quelques mètres, et jeta un oeil au sommet de la dune.
Une dizaine de marchands se trouvait en contrebas, attroupés autour d'un feu de camp. A la fois rassurée et déçue de ne discerner sur aucun d'eux la célèbre tunique pourpre, Salëm se laissa glisser sur le sable, mais veillant à rester hors de leur champ de vision. Une caravane ! Avec un peu de chance, ceux-là transportaient un butin un peu plus appréciable que les autres...
Sans un bruit, elle se coula dans le dos des marchands, et posait un pied sur le marche-pied de la roulotte lorsqu'un mot l'arrêta. Penjoie, hein ? Un sourire retors s'étira sur ses lèvres, et elle pénétra dans le compartiment. Rapidement, elle jaugea ce qui se trouvait à l'intérieur : rien de valeurs, assurément. Elle étouffa un juron, ouvrit un tiroir, un autre, jeta un oeil sous le tapis. Rien de rien. Elle trouva seulement un fruit, pas trop pourri, dans lequel elle planta ses dents. Le jus coula sur son menton, qu'elle essuya d'un revers de manche.
Consternée, elle s'apprêtait à sortir, lorsqu'un cri l'alerta. Elle coula un regard à travers la lucarne, et discerna les silhouettes floues de Styx du désert. "Pauvres marchands", songea-t-elle sans aucune émotion. Elle referma les tiroirs qu'elle venait d'ouvrir, et se fit la réflexion qu'il valait mieux attendre que l'attaque soit terminée. Les fauves seraient tellement occupés à dévorer les hommes dehors qu'ils ne prendraient surement pas la peine de fouiller eux aussi l'intérieur des roulottes. De plus, si elle avait bien compris, ils allaient à Penjoie. A supposer qu'ils s'en sortent, ils la mèneraient directement aux portes de la ville. Finalement, la chance finissait par lui sourire. Il lui avait semblé entendre qu'un homme imposant allait emmener deux voyageurs à Penjoie dans "Rosa". Rosa devait être le vieux vaisseau délabré. Poussant un soupir résigné, elle sortit de la roulotte et se dirigea vers le vaisseau sans prendre la peine de courir. Courir était le meilleur moyen d'attirer l'attention des Styx. La bataille faisait rage, mais elle ne s'en préoccupa aucunement. Tant qu'ils ne venaient pas l'attaquer elle...
Elle grimpa dans le vaisseau, qui sentait le vieux bois et l'acier. Avisant un genre de gros sac en toile, elle fronça les sourcils :

"Il n'est pas né le premier qui me fera me cacher là-dedans."

En plus d'être inconfortable, ce serait sacrément humiliant. Elle souffla, puis s'accroupit devant la couchette. Il y avait suffisamment de place pour elle dessous. Sans se presser, ignorant délibérément les cris provenant de l'extérieur, elle prit place contre le bois, n'oubliant pas de placer des sacs devant elle, afin qu'on ne puisse pas la voir, à moins de la chercher volontairement. Elle finit de grignoter son fruit, plaça le trognon dans l'un des sacs qui la dissimulaient et avala une gorgée d'eau tiède à sa gourde. Bien, elle était fin prête. Il n'y avait plus à attendre que les nomades meurent, ou finissent d'exterminer les Styx. Parfait. Elle espérait juste que ça ne durerait pas trop longtemps, car le parquet deviendrait vite inconfortable.
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Posté dans Re: Touche le fond mais creuse encore !    - Mer 23 Jan 2013 - 16:24


Sable sous mes pieds. Sables à l'horizon. Sable dans les yeux... Clignant des paupières, je disperse les grains inopportuns, tout en descendant une dune abrupte, m’enfonçant à chaque pas jusqu'aux chevilles. Une autre me bloque la vue, mais bientôt je pourrais voir encore l'étendue de sable, infinie. Puis un autre amas de grains, que le vent déplace continuellement, me la dissimulera à nouveau. Que fais-je ici ?

La sacoche qui me bat la hanche contient ma gourde, et diverses plantes, qui viendront regarnir mes réserves. De quoi soigner nausées, mal de gorge, tant de petits maux quotidiens, aussi bien que les plus graves, chairs gangrénées, fièvres. Mais souvent, ce sont les derniers que je dois soigner. On ne vient pas voir la Guérisseuse tant que sa vie, ou la conservation d'un membre, ne semble pas menacée. Une règle que je n'ai pas établi. Ils se le sont imposés, comme à moi. Devoir soigner des blessures virulentes en coupant les chairs perdues, alors que quelques points de sutures quelques heures plus tôt auraient évité bien des souffrances. Mais tel est leur choix. Idiot. Et je les laisse se complaire dans cette bêtise douloureuse.

Comme il me semble percevoir a nouveau l'odeur de la maladie, j'inspire à fond l'air nocturne du désert. Mes doigts frôlent les écailles de Veinard, dont la tête est cachée dans mon cou. Sentir le petit frétillement de sa langue me fait sourire. Mais je suis dans le désert. Où la mort est partout. Où la vie ne tient jamais qu'à une goutte d'eau. Où je ne suis qu'une vie comme une autre. Prendre de la distance me fait du bien. On ne me dira rien pour m'être absentée si longtemps. Mais les regards parleront. Je ne leur suis rien, mais reviens toujours pour eux.
J'espère juste ne pas trouver de mort à l'entrée de ma grotte.

En haut d'une dune... Les mirages dansent. La cité quelque part derrière moi, sans doute. Puis j’entends, d'infimes sons. Je poursuis mon chemin, mais ils se distinguent. Des cris. Des rugissements. Je ne suis pas concernée... Mais cette pensée ne dure pas, et mon pas se fait rapide, course. Veinard resserre légèrement son étreinte autour de mon cou, pour s’adapter à la cadence. Combien de minutes, à ne découvrir qu'une nouvelle dune devant celle que je viens de gravir ? Ma gorge est sèche quand je distingue le camp, éclairé par un feu. Et elle se serre quand je crois distinguer un sable vermeille, aux milieux des corps, vivants ou morts, animaux ou humains.

La crainte d'être vu ne me vient pas, alors que je les vois lutter. Leurs vêtements, désormais déchirés, ou en passe de l'être, les désignent comme des marchands. Marchands contre... Styx ? Ils n'attaquent pas d'ordinaire. Pourtant tel est le cas, et leurs proies sont humaines. Sans que je n'y prenne garde, ma main saisi ma dague, qui me sert aussi bien à couper les plantes que les chairs pourrissantes. Mais je reste figée, contemplant les vies se débattre en contrebas. Je ne sais pas me battre. Qu'ils ne parviennent pas à repousser la meute, et je mourrais avec eux.

Je commence à me ramasser sur moi même, espérant me fondre dans le sable, attendre le calme pour aller m'occuper des blessés. Mais toujours ces cris. Et là... Un autre corps qui tombe, un Styx sur son dos. Mais vers moi.
Je dévale la dune.

Je vois les lances et des sabres s'abattre sur le Styx. J'entends son rugissement de douleur et de rage, alors qu'il délaisse sa victime pour se jeter sur l'un de ses agresseur. Je perçois l'odeur du fauve qu'il laisse dans son sillage, mêlée à celle du sang. Et je vois le corps, l'homme qui gémit. Alors qu'autour du feu, tous les hommes luttent, seuls ou en groupe, que les styx semblent partout, à bondir sur le premier humanoïde venu, personne ne me prête attention, tandis que je traine le blessé à l'écart, dans l'ombre d'une tente. Gardant un œil alentour, je déchire les lambeaux de tissus qui me cachent la plaie du marchand, et cherche des plantes das ma sacoche. Que les hommes ou les Styx vainquent, je verrais ça le moment venu. Quand une lame ou des crocs me déchireront la gorge.
Alors, cette vilaine plaie ? Peau et muscles déchirés par les griffes de la Styx.

Je m'affaire depuis quelques instants, dans une bulle de concentration, quand la vision d'un styx chutant non loin m'alarme. Bondissant sur mes pieds, je constate qu'il s'occupe déjà de quelqu'un d'autre. Mais il est trop proche. Et je crois voir la personne se débattre.
En quelques secondes je suis prêt de la bête, qui ne semble pas m'avoir remarquée, trop occupée à mâchouiller le bras d'un malheureux. Aux grondements du fauve se mêlent les cris et les injures de sa victime. Où frapper ?!

Elle a pleuré. Je vise l’œil.

La réaction est immédiate. Le styx gueule de douleur, relâchant sa prise, et la femme se retrouve baignée dans le sang de l'animal. Elle a frappé à la gorge. Le Styx va mourir... Elle est sous lui. Lâchant ma dague, je m'empresse d'attraper le premier bras venu à deux mains, tirant de toutes mes forces alors que le prédateur tressaute en se noyant dans son fluide vital, avant de s'effondrer, agitée encore de quelques spasmes. Mais j'ai eu le temps de dégager la femme. A mes mains que je sens à poisseuses d'un nouveau sang, je devine que le bras que j'ai saisi n'est pas en bonne état. Des herbes contre la douleur...

Mais je n'ai pas le temps de prononcer un mot. Sans que j'ai pu réagir, une pointe de dague se pose sur la peau tendre de mon cou, tandis que la femme me fusille d'un regard empli de douleur et de fureur. Toujours le bruit de la chair que vient transpercer le métal, les cris de rage et d'agonie, mais mes perceptions se réduisent à la lame sur ma gorge, et à ces yeux où brille une étincelle meurtrière. Dirigés vers moi. Et j'attends qu'elle parle. Ou qu'elle me tue. Que Veinard ne l'ait pas encore mordu m'indique qu'elle ne l'a pas touché, mais je le sens s'agiter.

"Recule ou je te plante. T'es qui et tu nous veux quoi ?"

Je perçois dans sa voix l'épuisement, la douleur, la méfiance... Et c'est cette dernière émotion qui m'embrase, me donnant une soudaine envie de la gifler. Elle ne sait rien de moi, mais elle me rejette d'emblée, alors que je suis venu l'aider. Et cela m'insupporte. Rien dit. Rien fait de mal. Alors pourquoi... ? Ma gorge se noue alors que mon cœur bat à tout rompre. Des larmes de rage me viennent aux yeux.
Mais je sens son bras sous mes doigts, un bras sanglant. Une chair blessée. Que je dois soigner.

Une voix basse et rauque. Pas menaçante. Pas criarde. Une simple mise en garde.

"Garde tes forces pour la douleur, et ne touche pas l'écailleux, ou tu ne pourras plus te servir de cette main non plus."

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Posté dans Re: Touche le fond mais creuse encore !    - Ven 25 Jan 2013 - 14:32

Alors qu’elle s’apprêtait à reprendre sa conversation avec Isidro, Ren entendit les caravaniers s’agiter et crier. Des bêtes arrivaient et ils allaient devoir se préparer à se protéger. La jeune femme se laissa tomber sur le sol, et répondit à son compagnon de route qui lui demandait une traduction de tous ces braillements confus:

-Des Styxs arrivent ! Oh bordel, j’espère qu’ils savent se défendre ! Ils sont énormes !


Elle fronça les sourcils en le voyant être long à agir et le tira vers elle, pour qu’il s’agite un peu plus que ça.

- Cache-toi si tu veux pas te faire bouffer vivant !

Sans en dire plus, elle le poussa sous la roulotte et lui fit signe de se taire. La jeune femme monta brièvement dans la caravane, pour ressortir avec ses deux lames courbes. Elle était désormais armée, mais les silhouettes massives des bêtes l’effrayaient. Elle n’avait tué auparavant que des humains. Et cette fois-ci, ce n’était pas des hommes, mais des monstres aux muscles puissants, avec des griffes et des crocs mortels.

L’assaut sauvage arriva rapidement. Ils s’en prirent d’abord aux draomas, dont la majorité ne fit pas long feu. Puis, ils s’attaquèrent aux nomades qui étaient trop près d’eux. La plupart n’avaient que des bâtons ou des épées émoussées, mais elle vit qu’Elana possédait un taser, dont elle ne préférait pas savoir la provenance. Deux ou trois caravaniers avaient tout de même des fusils de basse qualité, mais les corps brutaux des Styx nécessitaient plusieurs balles pour être achevés. Leur rapidité était aussi un des meilleurs atouts de ces animaux, et ne tarda pas à faire des blessés.
Ren avait d’abord réfléchi à se cacher, mais elle avait promis à Alek de se rendre aussi utile que possible. Elle déglutit et s’élança dans le camp, où presque huit Styxs s’acharnaient pour s’essayer à la viande humaine. La jeune femme était terrorisée, mais s’efforça d’aider les marchands et plantant ses dagues dans les nuques des bêtes. Mais son courage ne fut pas récompensé, car une femelle lui sauta dessus, l’écrasant sous son poids et prenant dans ses mâchoires puissantes le bras dont elle s’était servi pour protéger sa gorge. Elle était au sol, cernée.

Ren hurlait et se débattait, énervant de plus belle le Styx. La bête ne lui lâchait pas le bras, le tenant de plus en plus fermement entre ses crocs. Elle sentait ses os commencer à craquer, les longues dents se planter de plus en plus profondément dans sa chair, jusque ses muscles. Et alors que l’espoir de survivre la quittait lentement, elle se surprit à pleurer, à chaudes larmes. Elle allait crever, dévorée par un fauve, sans même avoir pu attraper ses dagues pour se défendre.
Alors que son radius et son cubitus étaient à un cheveu de se briser en deux, le Styx eut un instant de faiblesse, la lâchant pour rugir de fureur en se redressant. Ouvrant grand ses yeux et ne perdant pas une seconde, elle profita de sa liberté de mouvement pour attraper une de ses lames et égorger profondément l’animal. Le sang coula brutalement et abondamment sur son visage, et elle dû couvrir pour ne pas être aveuglée. La jeune femme se sentit alors tirée vers l’arrière, par son bras infirme, ce qui la fit hurler de douleur. Elle se releva d’un bond en brandissant sa dague, imaginant d’abord qu’un nouveau Styx venait pour goûter sa chair. Il s’agissait en réalité d’une femme à la peau très sombre, presque nue, qui venait de l’empêcher de se faire écraser par 400 kilos de muscles et de poils. Mais l’autre chose qu’elle remarqua, c’est qu’elle ne faisait aucunement partie de la caravane. Et comme à ses yeux, tout ce qui venait directement du désert était hostile, ce fut un réflexe normal pour elle de s’élancer vers elle et poser la courbe tranchante de sa dague contre son cou. D’une voix rauque, elle grogna :

-Recule ou je te plante. T'es qui et tu nous veux quoi ?


Sa mâchoire était serrée, et elle peinait à garder son air menaçant. Mais Ren recula vivement, remarquant le serpent enroulé nonchalamment autour de ses épaules qui sifflait d’un air menaçant, tandis que la femme s’adressa à elle :

- Garde tes forces pour la douleur, et ne touche pas l'écailleux, ou tu ne pourras plus te servir de cette main non plus.


L’assassine grogna en lui lançant un regard noir. Elle était au moins assurée que la femme n’était pas une menace directe, mais son ton ne lui plaisait pas.

-Si tu ne viens pas nous aider, part tout de suite. Je ne te laisserais rien piller. Ce n’est pas cette égratignure qui m’empêchera de t’égorger.


Ren plissa les yeux et esquissa un mouvement combattif, mais se stoppa en baissant la tête. Puis, elle s’immobilisa complètement et regarda de grosses gouttes de sang tomber puis se faire aspirer voracement par le sable. Elle vit enfin l’ampleur des dégâts et la charpie qui composait son avant-bras. La jeune femme émit un léger cri, abandonnant toute position offensive et s’agenouilla sur le sol, compressant son membre estropié contre elle, en gémissant. Elle n’avait jamais été aussi gravement blessée et les douleurs si brutes lui étaient inconnues.
C’est alors que dans un moment d’inquiétude, elle redressa le menton, pour chercher Isidro des yeux. Il n’était plus sous la roulotte. Il ne faisait pas non plus partie des quelques cadavres qui jonchaient au sol. Elle espéra brièvement qu’il ne lui était rien arrivé, mais le nombre de fauves diminuant rapidement la fit garder espoir.


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Posté dans Re: Touche le fond mais creuse encore !    - Dim 3 Fév 2013 - 15:49

Pfff… mais vivre sur terre, quelle idiotie ! Isidro était bien plus heureux dans les airs, lorsqu’un vaisseau ennemi attaquait on pouvait le voir tout de suite, avec le temps de préparer un abordage. Mais ici sur le plancher des draomas, les humains devenaient des cibles faciles. Ah si seulement l’Hélios avait tenu bon pendant la traversée du Passage Ardent. Mais revenons à l’attaque de Styx, Ren poussa vite le pirate sous la caravane.

Tout le monde essayait de s’organiser, de protéger sa vie, sauf Isidro qui était caché, tel le petit enfant bloqué dans son berceau alors que ses parents étaient en train de se disputer à côté. Il n’aimait pas du tout cette situation. Rester à côté sans rien faire était à l’encontre de ses principes. Tout bon pirate se doit de foncer dans la mêlée quand il y en a une ! A la lumière du feu il put bien distinguer la menace, des carnivores quadrupèdes qui chassaient en meute. Après plusieurs secondes d’observation le mécanicien commençait à se faire un scénario dans sa tête pour combattre ces bêtes. Ca avait l’air très différent d’un abordage, la nature de l’ennemi et de l’attaque changeaient… Il était censé être muet… Pas de grosse clé à molette à agiter comme un marteau, ni de pistolet. Tout cela lui rappelé un pirate sur l’Hélios, un jeune nouveau qui avait toujours grandi avec un animal de compagnie. Lorsqu’il s’était engagé dans l’équipage il avait tenu à amener son animal. Bilan des courses : l’animal devint fou dès que l’Hélios gagna en altitude et mangea son propriétaire. Quelle belle amitié.

Enfin bref, Isidro divergea encore et s’il ne s’était pas cogné la tête contre la caravane ça aurait encore duré longtemps. Il sortit de sa cachette et eut le même réflexe que Ren : se trouver une arme ! Il tourna rapidement la tête à droite, puis à gauche pour s’assurer que le champ était libre mais à ce moment là il vit un styx qui mordait la jambe d’un korrulien. Pire encore, l’animal n’arrêtait pas de balancer sa tête dans tous les sens comme s’il voulait arracher un bon gros bout de quadriceps. Une arme ou sauver tout de suite ce marchand ? Que voulait-il dans le fond ? Sa survie ! Donc pour cela il devait s’intégrer parmi les korruliens, et vivants si possible. En le sauvant il s’approchera plus du Cœur de Korrul ! Le mécanicien fonça vers le styx puis lui donna un puissant coup de pied dans le ventre, mais rien à faire, la bête ne lâcha pas prise. Il avait beau le taper ou le pousser, elle tenait bon.

Finalement Isidro changea de tactique, il devait étranger le styx. Dans la mêlée générale et avec une classe inimaginable le pirate enleva sa ceinture pour commencer un strip tease dont toute l’île se souviendra ! Youhou ! Faites péter le string léopard ! Euh bon ça c’était pour voir si vous suiviez ! Plus sérieusement Isidro enleva sa ceinture et la passa autour de la gorge du styx. Une fois le tout placé il serra le plus fort possible. Vu de l’extérieur la scène était surement ridicule, mais au final le styx faiblit jusqu’à enfin desserrer ses mâchoires. Il y eut juste un petit problème, l’animal les desserra uniquement pour changer de victime ! La bête mordit le mollet du Vanyllien, bien décidée à lui faire lâcher sa ceinture. Maintenant la scène était encore plus ridicule, avec du sang en bonus. Mais il tint bon en canalisant sa douleur dans l’étranglement du Styx qui lâcha prise au bout de trente longues secondes.

La pression retomba peu après. Tous les styx menaçants avaient fui ou avaient été neutralisés. Le pirate en profita pour regarder sa blessure, puis utilisa un long bâton de bois qu’on lui apporta pour chercher Ren. Elle était son seul contact avec ce peuple. Il ne la connaissait pas très bien, mais il avait besoin d’elle. Finalement il la trouva avec une étrange femme à la peau foncée, que voulait-elle ? Comment il devait jouer le muet Isidro se contenta de pointer son pouce vers le haut, puis vers le bas pour lui demander comment elle allait. Il pointa notamment son bras pour lui signaler qu’il avait vu sa blessure. Quant à sa propre blessure à la jambe, en voulant la montrer il perdit l’équilibre et tomba sur la mystérieuse inconnue… en espérant que cette dernière ne soit pas colérique ni violente.

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Posté dans Re: Touche le fond mais creuse encore !    - Dim 3 Fév 2013 - 17:25

A ma mise en garde, la jeune femme répond par de l'agressivité. Encore. Et je ne cherche pas à la toucher quand elle se repli sur elle-même avec un cri. Là est un élément que certains mettent du temps à comprendre : je ne peux soigner que si l'on me fait confiance. Si l'on accepte mon aide. La confiance... Rester sur le qui-vive est une nécessité que je comprend. Mais qu'elle saisisse que je lui apporterais plus vive que morte me faciliterais la tâche. La douleur a détourné son agressivité, mais mourir à cause d'un réflexe serait idiot et inutile. L'envie de la désarmer pour palier à cette gène ne me manque pas, mais le problème reste le même.

"Égorger un styx est une chose. Égorger une Guérisseuse en est une autre. dis-je d'une voix calme. Je soignais l'un des vôtres quand je t'ai vu, et il faut que je retourne auprès de lui."

Mais le bruit d'une approche m’interrompt. Un bref instant, je crains un autre styx. Mais la démarche est trop lourde et lente, me laissant le temps de me retourner pour voir un inconnu venir. Son apparence ne correspond pas à un marchand, et qu'il ne tente pas de communiquer m'étonne... Du moins jusqu'à qu'il fasse d'étranges gestes. Sa blessure à la jambe ne m'a pas échappé, mais je n'en distingue pas au niveau de sa tête... Puis sans prévenir, je me retrouve sous lui. Le choc de son poids expulse l'air de ma poitrine, mais je retiens tout mouvement brusque. Me débattre ne servirais sans doute qu'à le blesser d'avantage, et il me semble que j'aurai déjà assez à faire. A ce propos... Veinard. Que je sens glisser sur ma peau, le long de mon cou. S'approchant pour mordre.

"Ne t'agite pas." Le ton est sec, net. Tout dépend de sa réaction. Du moins semble-t-il assez interloqué pour se figer un instant, le temps que je reprenne mon souffle. "Tu peux respirer. Mais évite de bouger." Je lève ma main doucement, jusqu'à atteindre l’entrelacs de mes cheveux d'où la tête dorée ne demande qu'à jaillir. D'un côté, je sens le souffle de l'inconnu, de l'autre, le petit battement de cœur de Veinard. J'aurais presque pu apprécier le contact si je ne craignais pas que le venin de l'écailleux ne paralyse la gorge du blessé, car je ne savais pas de combien de temps je disposerais avant qu'il ne suffoque.

Heureusement, mes doigts atteignent le doux museau avant qu'un sifflement fatidique n'ait retenti. Je le repousse dans mon dos. Bien au chaud. Restes-y, curieux, veux-tu ?

Je peux à nouveau me concentrer sur un certain poids mort.
"Bien. Je ne pourrais pas voir ta blessure dans cette position." Manière de dire : "Tu peux te relever maintenant." Alors qu'il tente de s'exécuter, je le pousse d'une main appliquée sur son torse, juste assez pour gagner un peu d'espace sans pour autant le déséquilibrer, avant de me glisser dès que possible sur le côté. La jeune femme a évité de mourir étouffée sous un styx. Pour ma part, j'ai évité d'ouvrir davantage la plaie à la jambe d'un maladroit. Bien que je me sois déjà expliquée une fois, éclaircir aussi la situation au nouveau venu me semble de rigueur. Au cas où l'agressivité de l'inconnue aurait reparu entre-temps. Un coup d'oeil à la ronde, et je me rend compte que les prédateurs ont disparu. La tension me quitte peu à peu. Mais pas la pensée de mon premier blessé. Un cataplasme ne soignerait pas seul son dos déchiqueté.

"Orän est mon nom, et je ne pille personne. Je sais panser des plaies, vous êtes blessés, l'un des vôtres se trouve derrière cette tente. Laissez-moi vérifier que l'hémorragie ne l'a pas tué, et je pourrais m'occuper de vous si vous le voulez."

Le danger est passé. Ne reste que des plaies à soigner. Les autres marchands semblent reprendre leur esprit, et ma présence en étonnera plus d'un. Mais je m'en fiche. Que les valides posent autant de question qu'ils veulent -à moins qu'ils ne réfléchissent un instant et passent outre, mais comment savoir ?-, mon attention va aux blessés. Aux agonisants en priorité. Et les questions sont réputées mortelles par la perte de temps engendrée.
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Posté dans Re: Touche le fond mais creuse encore !    - Sam 16 Fév 2013 - 20:30

La jeune femme sursauta quand une masse fit tomber l’inconnue. Mais sa surprise se transforma bien vite en un certain soulagement, quand elle remarqua qu’il s’agissait d’Isidro. Elle haussa cependant un sourcil en voyant sa blessure à la jambe. Bon, il n’avait pas été épargné non plus. Quelle belle bande d’estropiés cela nous faisait là.
L’écailleux manqua de le mordre, mais sa propriétaire le rappela vite à l’ordre. Etrange. Elle ne savait pas que ce genre de bête pouvait se faire aussi obéissant. La femme poussa Isidro, lui permettant de se relever. Aucun geste offensif, et elle parlait de nouveau de s’occuper des blessés. Ils allaient devoir compter sur elle, aussi dangereux que cela pouvait s’annoncer. Ren ferma les yeux et lâcha un long souffle rauque. Elle rangea lentement ses dagues, avant montrer sa main vide, paume vers l’avant, laissant son autre bras pendre le long de son corps. Il fallait éviter tout geste inutile. La grande brune rouvrit la bouche, mais pour se présenter cette fois –ci :

-Orän est mon nom, et je ne pille personne. Je sais panser des plaies, vous êtes blessés, l'un des vôtres se trouvent derrière cette tente. Laissez-moi vérifier que l'hémorragie ne l'a pas tué, et je pourrais 'occuper de vous si vous le voulez.

Orän. Juste Orän. Ce n’était définitivement pas un habitant des cités. Ren la trouvait bien trop paisible pour une Forbane. Et Ruyn savait qu’elle pouvait amplement témoigner de l’agressivité de ces derniers. Peut-être se trompait-elle, ou peut-être elle avait bien en face d’elle une ostracisée. Malgré l’once de méfiance qu’elle gardait pour cette habitante du désert, l’assassine choisit de lui donner leurs noms et sa confiance.

-Je me prénomme Ren. Et lui c’est Isidro. Ça sert à rien de communiquer avec lui, il est con comme un meuble.

Elle adressa un bref sourire narquois à son compagnon d’infortune, lui faisait bien comprendre qu’elle allait apprécier pouvoir tirer profit de la situation pour son amusement personnel.
Puis, elle regarda Orän dans les yeux, tentant de lire dans son regard, comme la vieille Junarila savait si bien le faire. La jeune femme ne put capter que le calme et la bonne volonté de son interlocutrice, sans pouvoir saisir quelque chose de plus profond ou plus intéressant.

-Donc tu es une guérisseuse, hein ? Bien, on va alors devoir te croire sur parole. Je ne vois pas ce qui pourrait t’amener à nous aider, mais t’auras ma reconnaissance si tu m’évites une infection ou une hémorragie.

Elle regarda autour d’elle les blessés se relever, les plus saufs aider les autres, les plus estropiés crier ou râler. Il y’avait eu quelques morts, mais malgré la gravité de la situation, cela aurait pu être tristement pire. Ren tiqua, serrant un peu les dents. En partie à cause de sa blessure, mais aussi car elle n’avait toujours pas aperçu le marchand, leur seul moyen de rejoindre plus rapidement Penjoie et éviter une nouvelle embuscade sauvage de ce genre. Alek et Elana semblaient eux plus sains que la majorité des caravaniers, mais leur air abattu traduisait une douleur qui allait bien au-delà des plaies. Il y’avait fort à parier que quelqu’un qui leur était très cher comptait parmi les quatre cadavres qui gisaient sur le sable rougit.


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Posté dans Re: Touche le fond mais creuse encore !    - Mar 19 Fév 2013 - 16:37

Alors ça, Isidro n’aimait pas, mais alors vraiment pas ! Généralement, quand on tombe sur un coussin vivant avec des formes pareilles on s’attend à d’autres choses, et surtout le long « truc » faisant son apparition n’est pas censé être un serpent ! De plus quand son coussin parlait il ne comprenait rien, surement du Korrulien, encore. Mais pourquoi le Capitaine Rodhia, un Vanyllien avait décidé de cacher son trésor dans un autre pays ? Aussi loin ? Tant de questions qui demandaient des réponses ! Tant de choses qui poussaient toujours Isidro à approfondir le sujet.

Après un intense duel de regard avec le gros asticot, Isidro s’écarta de l’inconnue. Une fois installée dans une position plus normale il fixa la femme au serpent, puis abaissa sa tête en prenant un air désolé. Une geste minable et passable de la peine de mort pour un pirate, mais il fallait sympathiser avec les gens du coin. Gens du coin qui n’étaient plus en grande forme, les Styx n’étaient pas partis seuls dans leur tombe. Quatre morts s’il avait bien compté.

La discussion entre Ren et l’inconnue reprit, et comme depuis le début Isidro ne compris rien. Ah si, juste à un moment Ren l’avait évoqué, mais il ne saisit rien de plus. Cette incapacité à comprendre ce qui se passait autour de lui l’énervait, mais il ne le laissa pas paraître. Après tout il était con comme un meuble, ne rien comprendre devait faire parti de son quotidien. Dès que la guérisseuse s’éloigna un peu il sauta sur l’occasion pour parler avec Ren. Il avait besoin de discuter, même si ça faisait peu de temps qu’il devait jouer le muet, le fait d’être bloqué dans ce rôle le démangeait énormément. Empêcher un homme d’écouter et de parler, c’est lui enlever son humanité. Du moins c’est ce qu’il avait lu dans un livre, ces objets bizarres et bien rares sur un vaisseau pirate. Il se déplaça maladroitement avec sa jambe blessée, mais il ne tomba pas cette fois :

« Ô chère traductrice, pouvez vous me rapporter vos dernières paroles ?
D’ailleurs, si tu ne l’avais pas encore remarqué, je suis blessé à la jambe. Me suis fait mordre en aidant quelqu’un… Non je ne suis pas doué je sais. Et toi sinon ça va ? Question bête, vu ta tronche, mais je disais ça par… Euh je me tais. »


En effet Orän allait bientôt revenir et il valait mieux laisser le temps de répondre à Ren. En même temps Isidro observa sa blessure qui lui faisait de plus en plus mal. Elle n’était pas très profonde, mais assez étendue. Petit à petit elle s’infectait et la peau autour enflait. Sans la regarder il pouvait le sentir, la douleur s’intensifiait, s’il se concentrait bien il pouvait sentir le sang s’accumuler tout autour. Sa peau devait être brûlante et si quelqu’un venait à toucher sa blessure, ses nerfs transmettraient cette information au centuple, comme s’ils étaient à vif. Une sensation qu’il n’avait plus senti depuis longtemps et qui ne lui manquait pas.




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Posté dans Re: Touche le fond mais creuse encore !    - Jeu 21 Fév 2013 - 16:25

Rien qu'un simple hochement de tête à l'attention de Ren, en réponse à ce semblant de confiance accordé. Qui devrait suffire. Je n'en demandais pas plus. Presque rien, mais je me sens ainsi plus à mon aise, déliant le noeud qui s'était formé à mon insu, dès l'instant où je m'étais adressée à la jeune femme. Car d'ordinaire je ne proposais pas mes soins, car bien souvent refusés en raison d'une fierté mal placée, ou d'une méfiance tenace. On venait à moi, ou on se débrouillait. Mais dans ce cas-ci... Il y avait lutte, non pas entre des hommes aux volontés en conflit, mais entre des hommes et des prédateurs du désert. Il n'y avait pas à prendre parti, sauf rejoindre les premiers. Mais le "oui" n'était donc pas donné d'office, bien qu'évident. Du moins à qui ne se limite pas à ces "barrières" invisibles constituées par le sang. Si Ren devait se douter de ce qu'il en était pour moi, elle ne s'était pas arrêtée à cela. Un bon point. Malgré que son Isidro ne me semblait pas si idiot, attentif comme il l'était...

M'éloignant d'un pas rapide après avoir ramassé ma dague lâchée plus tôt, je les laisse avec leur plaie. Celle de Ren est loin d'être bénigne, de même que celle d'Isidro, bien que moins il m'avait semblé. De cette constatation, je songe déjà aux plantes à employer. Dont les effets bénéfiques seront à la hauteur de la douleur causée. Avec un soupir, je pense plutôt à l'état dans lequel doit se trouver mon blessé. A moins qu'un styx ne l'ait achevé dans mon dos.
Quand je le trouve, encore bien vivant, le soulagement me vient ainsi que cette idée, que sans doute l'homme désirerait à son réveil qu'il en eut été ainsi, durant les premiers jours.

Nettoyer une plaie dans le désert est difficile, notamment parce que l'élément vital sans doute utilisé à Matroos était ici bien rare : l'eau. Même si ma gourde avait été pleine, son contenu n'aurait pas suffit rien que pour cette blessure-la. Tout ce que j'ai à ma disposition avaient toujours été mes mains et mes plantes. Avec les premières, je retirais les corps étrangers les plus visibles, telle qu'une griffe oubliée dans les plis sanglants, avec les secondes, je pouvais tenter de palier au manque, notamment grâce à l'une d'entre elle qui, se gorgeant d'eau au cours de son existence, ne nécessite nul liquide pour, une fois broyée, donner un cataplasme efficace, qui diminue les risques d'infection tout en facilitant la cicatrisation. Mais ces effets bénéfiques s'accompagnent d'autres dont les blessés se passeraient bien. Une intense douleur lors de l'application, allant en diminuant dans les heures qui suivent, et une démangeaison suite à la guérison qui peut durer plusieurs jours. Les "cadeaux" du désert n'en sont pas, du moins, pas dénués de travers.

Mais de cela, j'ai pu m'en occuper avant d'être interrompue. Cela aurait aussi pu le tuer, si son corps n'avait pas supporté, étant donné son état de faiblesse. Et je n'aurais pas été là pour éviter cette extrémité. Son dieu s'était peut-être penché sur lui aujourd'hui. Son souffle ne l'a pas quitté, et bien que son inconscience ne semble pas des plus agréable, elle lui évite bien des tourments. Le flot de sang qui s'écoule pourrait aussi lui être fatal, mais il semble commencer à coaguler. Alors que je lui humidifie les lèvres, me parviennent peu à peu d'autres plaintes. D'une souffrance qui n'est pas de mon ressort. Afin que cet homme ne rejoigne pas ses compagnons tombés, il lui faudra boire... Sans que le Soleil ne le prive aussitôt du liquide.

Une présence dans mon dos. Les styx survivants s'étant selon toute vraisemblance, retirés, je ne peux qu'en déduire qu'il s'agit d'un humain. A sa démarche pataude. A son souffle lourd et rapide. Me tournant à demi, j'observe le marchand qui s'avance, me dévisageant lui aussi, bien que son visage, orné une éraflure qui ne manque pas de saigner, exprime un semblant de confusion. Sa silhouette plutôt grassouillette pour un homme du désert me fait m'interroger sur le comment de sa survie : des styx affamés l'auraient manqué... ? Mais je ne pense plus à cela alors qu'il ouvre la bouche. Question inutile ou... ?

"...Tu sais soigner toi ?"

Je ne pipe pas un mot. Cligne à peine des yeux. Une question inutile, et pas l'une des moindres. Perte de temps et bêtise. Si ses yeux voient correctement, il a vu que je m'occupe de son compagnon. A moins que son égratignure soit plus profonde qu'elle ne me semble l'être... Il semble vouloir ajouter quelque chose, se ravise, me détaille furieusement alors que ses sourcils se froncent sous l'effet de la concentration. Son manège m'exaspère, mais du moins puis-je tourner mon attention vers un autre qui s'approche, mais une arme à la main. Pointée vers moi. J'en fais fi, et m'adresse à lui, tandis que mon premier interlocuteur se décide et me demande, tout en désignant son front d'un doigt.

"T'occuper de ça, tu pourrais... ?
- Je suis guérisseuse. Votre ami peut s'en sortir, à condition de ne pas être davantage exposé. Fabriquez un brancard, et transportez-le à l'ombre. Puis donnez-lui à boire régulièrement."


La consigne semble prendre au dépourvu le guerrier -car c'est ainsi que je le perçois en comparaison de l'autre-, et me laisse le temps de me détourner. M'occuper davantage de l'homme étendu serait une perte de temps, tandis que les plaies de Ren et de son compagnon muet attendent toujours...
J'avais espéré que le marchand égratigné n'insisterait pas. A mon grand dam, je l'entend me suivre, réitérant sa demande chaque mètre. Peut-être Veinard perçoit-il ma tension, car je le sens siffler à l'attention du gêneur, sans que celui-ci n'y prenne garde. Je n'ai doublement pas intérêt à le laisser trop m'approcher.

Voir le duo -Ren semblant s'adresser à son compagnon- me soulage d'un grand poids, l'homme paraissant reconnaitre la jeune femme, et m’oublie un instant, juste assez pour que je presse le pas. Ren et Isidro sont toujours conscients, ce qui est une bonne chose. A voir s'ils le seront toujours ensuite...
Lui rendant son regard, je m'intéresse ensuite à la plaie de Ren. Bouger son bras ne va pas lui plaire. Ouvrant ma sacoche, je fouille à l'intérieur, rempli de feuilles dont les tons vont du gris au vert terne, douces ou piquante, jusqu'à trouver celle que je cherche. Un peu rêche. Regardant à nouveau la jeune femme dans les yeux, je lui dis simplement :

"Cela va être douloureux. Maintenant. Et encore plus tard. Mâche cette herbe, et peut-être pourras-tu ignorer la sensation."

Malgré moi, un semblant de douceur s'est glissé dans ma voix. C'est pour son bien, mais elle ne va pas aimé. Encore de la confiance... J'espère qu'elle comprend que sans, je crains que son avant-bras ne soit plus aussi efficace à l'avenir.

"Sinon, trouve quelque chose dans quoi mordre. Tu vas mordre fort. Une langue coupée, je ne pourrais rien."

Cette dernière remarque était sans doute inutile. Mais une brute trop fière m'avait déjà claqué ainsi entre les doigts. La jeune femme semble hésiter un instant, puis accepte, de l'appréhension dans les yeux. J'attends qu'elle trouve de quoi serrer les mâchoires, et une fois cela fait... J'inspecte la plaie, sans trouver de corps étranger qui puisse gêner, et applique la plante que j'ai préalablement écrasé sur la chair à vif. Du coins de l'oeil, je vois les muscles de Ren se tendre, son visage s'empourprer... Face à une douleur intense, je pourrais lui proposer encore une autre herbe, mais son corps opte pour une autre solution. Quand toute la tension se relâche soudain alors qu'elle perds conscience, je l'accompagne dans son mouvement, la déposant au sol tout en prenant garde à son bras blessé. A son réveil, la douleur aura diminué jusqu'à un seuil tolérable. A présent, se reposer lui fera du bien.

En ayant fini avec la jeune femme, je lève les yeux vers Isidro et le marchand qui ont observé la manœuvre, je constate la perte de couleur du second. Avant qu'il n'ait pu reprendre ses esprits, je m'approche de lui et inspecte sans douceur son égratignure. Tout juste s'il grimace. Un mot pour lui dire qu'il n'a pas à craindre pour sa vie et pour lui demander de nous laisser au calme, puis je me tourne vers Isidro. Lui, si sa plaie s'infecte... La réaction de Ren ne l'a sans doute pas rassuré. Mes propos n'ont pas trouvé échos en lui, mais les propos que la jeune femme lui a tenu, oui. Et ce n'est pas le korrulien que j'avais cru distinguer...

"La plaie de Ren ne s'infectera pas. Il faut que je veille à ce que la tienne non plus. Ce que je vais appliquer sur ta blessure te fera mal. Puis ça passera. Tu comprends ?"

Qu'Isidro comprenne ce que j'allais faire m'arrangerais. Un coup de poing pour se défendre me générait. Surtout s'il perd ensuite l'équilibre, et que sa plaie se retrouve gorgée de sable...
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Posté dans Re: Touche le fond mais creuse encore !    - Mer 27 Mar 2013 - 15:57

Le pirate observa le visage de Ren se tordre de douleur. Une envie incompréhensible, une forme inconsciente de compassion ? L’homme était toujours attiré par la violence et par conséquent par la douleur, celle qu’il crée et celle qu’il ressent. Mais l’esprit d’Isidro ne vagabondait pas sur de tels sujets philosophiques. Non, il était sur l’Hélios. Voir Ren dans cet état lui rappelait les lendemains d’abordage et de pillage : une fois les réparations finies il passait toujours à l’infirmerie pour aider… vieille habitude due à sa mère infirmière. Même si cette dernière n’était plus sur le vaisseau il ne sentait mal s’il ne venait donner un coup de main. Quel grand homme vous pouvez penser ! Non du tout, ce ne sont que les restes des traumatisantes punitions qu’il recevait s’il ne venait pas aider, ahhh… sacrée maman.

Quand le Vanyllien la vit perdre conscience il se précipita lui prendre le pouls. Son ticket d’entrée pour Penjoie ne pouvait pas l’abandonner comme ça ! Il avait besoin d’elle pour piller l’oasis ! Heureusement il put sentir les pulsations régulières de son cœur, son bien aimable et bien formé guide faisait toujours parti des vivants. Elle n’avait pas dû supporter la douleur, rien que ça. D’ailleurs en évoquant ce sujet : ça allait être son tour ! Sachant qu’il ne pouvait pas parler, et donc ne pas pouvoir hurler sa douleur, ça allait être marrant ! Comme avec son mentor sur l’Hélios. A ses débuts Isidro s’était blessé, mais il avait dû se retenir de crier, car si par malheur, il réveillait son mentor pendant sa sieste, il souffrirait bien plus ! Une vraie partie de plaisir !

Une fois la plaie du marchand pansée, Orän se tourna vers lui. A son grand étonnement elle lui parla en Joyellien. Le pirate plissa des yeux en réfléchissant à ses discussions avec Ren : n’avaient-ils pas fait assez attention ? Savait-elle tout à son sujet ? Son « Tu comprends ? » confirmait qu’elle le croyait muet, mais elle n’avait pas choisi le Joyellien pour rien… Elle les avait entendus. Et d’ailleurs qui était-elle ? Une guérisseuse à première vue, mais les marchands étaient étrangement distants avec elle. Qu’était-elle ? Une forban peut-être… Il avait entendu parler d’eux, les sangs mêlés de Korrul, mais d’après des descriptions c’était des sauvages, sans pitié, et surtout des gens qui ne leur viendraient jamais en aide comme ça.

Pour répondre à ce mystérieux bout de femme il hésita à sourire tout simplement, une manière simple de montrer son consentement, mais soit il passerait pour un débile, soit il passerait pour un sado maso. Non, pour afficher sa bonne compréhension il prit un objet dans le lequel mordre puis s’assit dans une position qui ne gênerait l’ostracisée pendant son travail. Mais à ce moment là, sur le sable, il eut une idée : écrire. Le pirate plaça vite sa main devant sa blessure pour arrêter Orän et fit bien attention à ce que personne d’autre ne le vit écrire en Joyellien. Juste quatre mots dans le sable.

« Qui êtes-vous ? Pourquoi ?»

Maintenant il ne lui restait plus qu’à attendre sa réponse et la douleur.




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Posté dans Re: Touche le fond mais creuse encore !    - Mar 2 Avr 2013 - 17:43

Guère de frayeur, ou de sensiblerie. Non. Au lieu de cela, voilà "le con comme un meuble" qui s'avance et vérifie d'un geste plutôt sûr le pouls Ren. J'observe. Ne dis rien. Et puis... Là. Cette expression sur son visage... Le Joyellien, cette langue-ci, il comprend. A son hésitation, je suppose qu'il s'interroge. Sur mon compte. Et il semble passer outre la douleur de sa chair à vif. Pas un petit marchand sensible, comme celui-ci qui s'en est allé rejoindre ses compagnons, vérifier l'étendue des dégâts. Des pertes. Mais cet Isidro n'est pas comme eux. Un instant, je pense l'interroger d'avantage. Mais les mots ne franchissent pas mes lèvres. Cela ne regarde que lui. La vie de chacun... Ceux qui m'entourent ne rentrent dans la mienne que le temps que je m'occupe de leur plaie, de leur maux. Puis ils la quittent aussitôt. Rien de plus. Rien de moins. Même mes compagnons... Une douleur sourde se ravive dans ma poitrine, mais je l'ignore. Je ne suis pas chez moi, à l'abri, ou seule dans le désert. Guérisseuse. Ce nom résume ce que je suis, à l'instant.

Comme si rien ne m'avait interloqué, je me penche vers lui tandis qu'il adopte, de lui même, une position semi-couchée qui lui évitera de tomber comme la jeune femme. Alors que je sors encore un peu de mon cataplasme et me penche sur la jambe blessée, je suspend mon geste. Sa main... Il écrit. Les yeux rivés sur les caractères flous, dont les bords s'effritent au moindre petit courant d'air, j'en suis un temps les contours du doigts de ma main libre, alors qu'il achève sa manœuvre. Je sens son regard. L'attente d'une réponse sans doute. Je lève lentement les yeux jusqu'à croisé les siens. Si lentement. Le visage figé. Ridicule. Si ridicule...
Ma main se lève en un poing fermé. De petits grains s'en échappent. Puis je déplie les doigts, et c'est une petite cascade sèche qui s'écoule. Presque aussi douce que les écailles de Veinard.

Le message d'Isidro a disparu, le vent rabattant ses restes qui s'écoulent près de mes pieds.

"Je ne sais pas lire."

Voilà qui est dit. Orän Dühl'n n'a jamais appris à lire. Orän Dühl'n n'a jamais appris à écrire. Parce qu'Orän Dühl'n est fille d'ostracisée !
Vive, je saisis le menton d'Isidro entre mes doigts, serrant juste un peu, le dévisageant durement, les mâchoire contractées. Je me sens... Froide. J'aimerais rester de marbre, comme toujours. Que rien ne me touche. Je suis la Guérisseuse, cela seul devrait compter ! Mais... Je ne peux pas comprendre un message tracé dans le sable. Un message tracé par un idiot. Mensonge de Ren. La situation vire à la moquerie. Et alors que j'ai l'avenir de leurs membres blessés entre mes mains, je me sens... Plus sûre. Capable de le dire. De la laisser parler. Cette colère froide que m'inspire cette vie stérile, que je m'acharne à préserver. Sans recevoir en retour qu'un rappel de ma solitude, à chaque silhouette qui disparaît à ma vue.
J'approche mon visage du sien. Le cataplasme est retourné dans ma besace. Un murmure. Sec. Suffit, la patience.

"Mensonge. Mensonge que cela ! "

Je desserre ma prise pour mieux planter mes doigts dans ses joues rêches, les pressant, forçant ses mâchoires, et ses lèvres, à s'entrouvrirent. Dans le même geste, je lève sa tête vers le haut, afin que les rayons lumineux forcent les ombres. Et je vois bien la petite chose, plus sèche que de raison, qui frétille, révélée.

"Une langue pour parler ! Des doigts pour écrire ! Mais pas de cervelle ? Pas de ça avec moi ! Il y a eu trop de sang pour que j'accepte ces bêtises. Que m'importent tes secrets ! Que m'importent les étendues vertes dans tes yeux ! Tout ce qui compte, c'est ta confiance ! Saisis-tu ?! Une Guérisseuse soigne. Protège ses blessés. Parce qu'ils acceptent de remettre leur vie entre ses mains ! Je ne suis pas un ugron qui mord à la première occasion ! "

Puis je rompt le contact physique, sans que la tension qui m'habite ne retombe. Je ne le regarde plus. Ressors mon cataplasme. En silence, je vérifie sa plaie. Plus tard les interrogations. Qu'il se prépare... A parler, ou à se taire. Mais je laisse de côté cette pensée. Juste, la chair à vif, quelques grains de sables, pas de tissus gênant. Puis je saisis le morceau de tissus sale d'Isidro, et le lui met de force dans la bouche. Pas de questions. Après. Et j'applique la pâte. Recouvrant chaque parcelle de la plaie. Étalant, massant à demi. Là, je sens le raidissement de sa jambe, et lève un temps les yeux. Ce qu'il doit ressentir inhibe toutes idées, alors qu'il se tend, resserre ses mains sur le sable, le souffle court. Ma tâche est achevée, mais ses sensations à lui non. Je me déplace. Applique une pression sur son torse pour qu'il se couche, puis m'accroupis près de lui. Passe un temps où ses yeux restent révulsés. Sans qu'il s'évanouisse.

Me concentrer sur l'action m'a permis de me ressaisir. Je ne songe plus qu'à le veiller, lui, Ren. Les autres blessés que l'ont pourrait m'amener. Sans savoir s'il m'entend, je conclus, d'une voix moins rude.

"Parler. Ou te taire. Choisis. Mais plus de jeu, avec moi."

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Posté dans Re: Touche le fond mais creuse encore !    - Ven 5 Avr 2013 - 14:43

* Elle ne sait pas lire… *

Isidro se répéta plusieurs fois cette phrase dans sa tête. Pour rester concentré et éviter de rire il fixa sa blessure. Loin de lui l’idée de se moquer, mais cet excès de malchance devenait presque comique. Il devait se faire passer pour un muet à deux neurones, mais quand enfin une personne avait percé une partie de son secret et qu’il espérait pouvoir communiquer avec elle, et bien non ! Elle ne savait pas écrire…

* Bon, voilà, tu rigoles pas, tout va bien, pense à autres choses. Oh mais qu’est ce qu’elle fait là ? Pourquoi elle me prend par le menton ? Elle a saisi que j’étais blessé à la jambe ?
Et voilà qu’elle me fixe maintenant ! Mais qu’est ce qu’il lui prend ? Non attends je sais, elle essaie de communiquer par télépathie, ou soit elle a fumé quelque chose… Elle contracte sa mâchoire, genre elle se concentre, maintenant elle approche son visage, rien n’est louche. Elle doit croire que la télépathie ça marche mieux quand on est plus proche… sauf que tout cela c’est des foutaises, la télépathie ça marche pas.
Oh la la mais c’est qu’elle s’excite maintenant sur mes joues la sauvage ! Une technique de drague Korrulienne ? Une nouvelle forme de bisou qui n’est pas encore arrivée à Matroos ? Mais qu’est ce qu’elle fout ?! Je dois réagir ou non ? Ren lui a fait confiance donc je peux lui faire confiance… Elle fait mal en plus ! Quoi, tu te lèves un peu ? Qu’est ce que tu regardes là ? *


Isidro lui lança un regard interrogateur quand elle le lâcha, tout ça pour simplement voir sa langue ? Il de massa les joues où elle avait fermement enfoncé ses doigts. Pour une guérisseuse elle était spéciale, mais pas idiote pour autant. Elle avait vu très clairement dans son jeu de muet. Tous les éléments étaient là, mais elle fut la seule à faire les connexions entre chacun. Son petit discours sur la confiance lui faisait penser à son propre discours aux jeunes recrues sur l’Hélios, il voyait très bien de quoi elle parlait. Mais allait-il lui adresser la parole tout de même ? Ses réflexions à ce sujet furent subitement stoppées par Orän lorsqu’elle lui mit un bout de tissu dans la bouche. Ca y est, on y était, son quart d’heure de souffrance allait commencer.

Il serra fort le bout de tissu avant même qu’elle eut commencé, comme si cela allait adoucir la douleur. En même temps il ne put s’empêcher de regarder la korrulienne s’occuper de sa jambe. Les premières secondes furent assez agréables, un massage comme un autre. Puis il regretta d’être né. Isidro avait l’impression que la pommade était du concentré de braises incandescentes qui lui brulait la peau. En contractant ses muscles il luttait pour garder sa jambe immobile malgré la douleur. Chaque passage de la main d’Orän permettait à la peau de mieux absorber la pommade, mais c’était aussi un supplice pour le pirate. Il n’était blessé qu’au mollet, cependant il avait l’impression que tout les nerfs de sa jambe réagissaient à la pommade. S’il fermait les yeux il jurait qu’on était en train de le laisser mourir dans une bassine d’acide. Mais pourquoi il ne tombait pas dans les pommes comme Ren, au moins la douleur disparaitrait !

L’ostracisée l’invita à se coucher, puis resta à ses côtés un petit moment. Toutes ses pensées étant focalisées sur sa douleur, le pirate l’ignora. En temps normal il se serait demandé si elle faisait vraiment son travail, si ce remède n’était pas l’œuvre d’une ignorante qui voulait se rendre importante. Mais la douleur embrouillait son esprit. Ce fut à peine s’il capta la dernière phrase d’Orän sur le fait de parler ou de se taire. Son esprit l’enregistra mais ne la traita pas, ce qu’il était en train de ressentir était trop intense.

Plusieurs minutes s’écoulèrent avant que la douleur ne devienne supportable, et à ce moment la dernière parole de la guérisseuse lui revint comme un boomerang : « Parler. Ou te taire. Choisis. Mais plus de jeu, avec moi. » Qu’avait-il à perdre en lui parlant… Elle ne semblait pas être appréciée par les autres, et si elle le craignait elle ne l’aurait pas guéri. Voire pire, elle aurait pu le tuer tout de suite. Cette ostracisée avait déjà devinée tellement de choses que l’ignorer serait stupide et pourrait même la blesser au point de s’en faire une ennemie. Il n’avait pas été assez discret tout à l’heure, donc foutu pour foutu, il ne pouvait qu’essayer de se faire une alliée en gagnant sa confiance :

« Vous pouvez me gratter en bas du mollet ? Ça chatouille encore un peu… » Sa voix était basse et enrouée. Il s’éclaircit la gorge avant de continuer :
« Oui j’ai une langue pour parler, mais à cause de mes origines que vous avez dû deviner il vaut mieux que je me fasse tout petit.
Tout à l’heure j’ai écrit " qui êtes vous ? Pourqu… " »


Isidro n’eut pas le temps de finir sa phrase. Un marchand vint se reposer à côté de lui, peut-être pour recevoir les soins d’Orän, et il préféra se taire. Ren avait dit à tout le monde qu’il était muet, s’ils réalisaient que ce n’était pas le cas il aurait des problèmes. Il remit aussi ses lunettes qui pendaient à son cou pour cacher ses yeux. C’était le marchant qui devait les accompagner à Penjoie, il ne devait surtout pas connaître ses origines pirates.

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Posté dans Re: Touche le fond mais creuse encore !    - Mer 10 Avr 2013 - 15:21

C’est d’un mauvais œil que Ren avait regardé Orän s’approcher avec son étrange cataplasme. Elle s’était docilement laissée faire, et l’avait immédiatement regretté. Dès lors que la bouillie infâme avait été posée sur sa plaie, la douleur, déjà peu supportable, avait décuplé. Une souffrance qui s’étendait comme un feu malin jusqu’à ses veines, contractant et paralysant ses muscles. Elle voulut hurler à l’empoisonnement, mais seule une série de syllabes restreintes ne purent sortir de sa bouche. Et ensuite ? Son cerveau décida tout simplement de couper le courant et laissa son corps tomber lourdement dans le sable. Ne jamais faire confiance à ces sauvages du désert, elle s’était pourtant bien mit ça dans la tête.
Puis, le noir complet. Elle sentait vaguement son front devenir brûlant, puis gelé. La douleur était lointaine. La jeune femme entendit aussi des voix, et comprit qu’il ne s’agissait pas d’un délire quand elle reconnut Orän et Isidro. Elle dormit un instant.

Ce qui réveilla Ren fut une sensation d’étouffement, surement due à un mauvais rêve. Elle ouvra brusquement les yeux en prenant une grande inspiration et sa première vision fut celle de son compagnon d’infortune discutant avant l’ostracisée. Son esprit un peu engourdi n’analysa pas encore l’importance de ce léger détail. En revanche, quand elle eut remarqué qu’elle était dans ses bras, un peu tenue comme un vulgaire sac à légumes, Ren eut vite fait de combattre l’engourdissement pour se redresser légèrement et ployer sur le côté. Après un petit « IRH » assez significatif, elle le fixa en haussant un sourcil, s’asseyant en tailleur par terre :

-Euh écoute, vieux, t’es bien cool, mais on a pas élevé les draomas ensembles. Donc t’évite de poser tes pattes sur moi, parce que la prochaine fois, je te tranche fissa tes petites mimines un peu crado. Merci.

Elle agita ses épaules pour les détendre et grimaça en sentant la douleur revenir, accompagnée d’une petite migraine. La Korrulienne tilta enfin que les deux jeunes gens étaient actuellement de converser, alors qu’elle avait formellement interdit à Isidro d’ouvrir la bouche, pour éviter tout problème. Elle les regarda tour à tour, avec un air dépassé, et s’arrêta sur l’homme :

-Soit j’ai pas été claire, soit t’es vraiment pas doué à suivre une directive.

Elle tiqua un peu en sentant son bras la lancer et reprit, à l’attention d’Orän, d'une voix plus sèche :

-On verra pour les questions plus tard, de préférence loin des caravaniers.

Ren se tut soudainement en voyant le marchand, qui avait visiblement l’air sain et sauf, arriver, et observa avec un certain soulagement l’étranger remettre ses lunettes à cet instant.


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Posté dans Re: Touche le fond mais creuse encore !    - Mer 17 Avr 2013 - 15:15

La "gentillesse" de Ren me tire l'ombre d'un sourire. Qu'elle se montre revêche à présent n'éclipsait pas qu'elle se soit laisser faire. Qu'elle le regrette ou non, j'en ais bien une petite idée, mais le cataplasme est maintenant en place. Du moment qu'elle ne s'agite pas inutilement, je n'ais rien à redire à cette tête de Capri. Ajouter à cela que cet Isidro n'avait pas opposé trop de résistance... Quelques points positifs qui me font du bien.

"Toujours du mordant. Bien."

Puis je me lève, un marchand approchant... Que je reconnus. Toujours le même. Aussitôt s'était-il approché que je lui indique les deux blessés -qu'il avait semblé reconnaître auparavant, alors qu'ils se débrouillent avec lui-.

"Emmenez-les à l'ombre. Je reviendrais plus tard."

Puis je m'éloigne d'un pas rapide, laissant le trio à lui même. Non pas que cette Ren ait besoin de qui que ce soit pour prendre soin d'elle même... Mais un peu d'aide ne leur fera sans doute pas de mal. Quant à moi, j'allais vérifier si mes capacités étaient requises ailleurs. Et pour cela, rien de mieux que de se repérer aux cris.

Les marchands se ressaisissaient après l'attaque. J'en vis certains faire des comptes, se pencher sur les dégâts causés à leur cargaison, d'autres tirer les carcasses des prédateurs morts à l'écart... Pour dégager le passage où évaluer l'aubaine transquillement, je ne m’appesantissais pas dessus. Un piktas rencontra le plat de ma main. Ces créatures risquaient de pulluler bientôt. Homme et viande à disposition... Un vrai festin. Dans l'air lourd ambiant, j'entend bientôt ce qui m'intéresse. Des exclamations de douleur, quelques gémissements sourds... Les premières m'indiquent que... Peut-être ne suis-je pas la seule à m'occuper des blessés. Fronçant les sourcils, je trouve une toile vite tendue, pour offrir un peu d'ombre salvatrice, tandis que... Quelqu'un se déplace parmi la demi-douzaine d'individus aux traits tirés regroupés-là.

Il ne semble pas remarquer mon arrivée. Presque naturellement, je me penche sur l'un des hommes étendus, aux riches vêtements tâchés, dont l'une des manches est en lambeaux. Même s'il ne semble pas s'être fait happer le bras comme une certaine jeune femme, heureusement pour lui. Tout juste si je peux l'examiner, que l'autre arrive et me tire en arrière.

"Que fais-tu ?!"

D'un geste, je me dégage et me relève. Il ne devrait pas y avoir de surprise, alors que je le vois se renfrogner davantage -car il l'était déjà- en me détaillant de face. Mais cela m'agace tout de même. Lui offrant la figure la moins hostile possible, je rétorque.

"Ôte tes pattes marchand, et accepte l'aide d'une Guérisseuse."

Comme pour appuyer mon propos, Veinard siffle doucement à son intention. Je l'en aurais presque oublié, ce petit-la. Espérant qu'il se fasse discret, je saisis dans ma besace une petite friandise -un rongeur pris sur le chemin- et le lui tend. Sans faire davantage de tapage, il le gobe, et je le sens qui se resserre légèrement autour de mon cou. Rien n'est moins agressif qu'un Fissek avec le ventre calé. Du moment qu'on ne vient pas le chercher. Revenant au soigneur gênant, je remarque un changement, suite à la vue du contenu de ma sacoche. Il parait presque... Juste hautain. Sans le "Tu n'es qu'une vermine" marqué sur le visage.

"C'est toi qui t'es... Occupée d'Ahjun ?"

En disant cela, il fait un geste en direction d'un corps allongé. Je reconnais le dos ravagé, et éprouve une bouffée de soulagement en voyant ce dernier se soulever, témoin d'une faible respiration. Peut-être l'hémorragie le tuera-t-elle dans les jours à venir, malgré toute l'aide qui lui serait apportée... Mais de cela, je ne pourrais rien y faire, d'après ce que je vois à présent sur la face de mon interlocuteur. "Va-t-en." Et moi qui avait cru un temps q'il pourrait faire montre de bon sens. Le "merci" qui s'arrache de sa gorge ne change rien.

Puis son regard se montre de plus en plus nerveux. Quelques coups d’œils aux blessés qui l'attendent, alors que je reste sur place, sans bouger. Je ne demande pas son approbation, mais je crois qu'il ne me laisserait pas faire sans. Et cela n'arrange pas mon humeur. Ce qu'il finit par lâcher est l'étincelle. Avec un soupir, il fouille dans les replis de tissus, et finit par en sortir une... Bourse.

"Prend ça et pars, je n'ai pas besoin d..."

Ses galons de bronze volent tandis que ma main claque sur sa joue. Après un piktas, un marchand. Et en cet instant, je considère que la comparaison insulte le piktas.

"Imbécile ! On ne paye pas une Guérisseuse ! On ne paye pas une vie !"

Lui cracher au visage aurait été un gaspillage d'eau. Je boue intérieurement, et préfère me détourner, m'éloignant rapidement, laissant le marchand bouche-bée. Que la caravane ait un soigneur me rassure... Mais là où chaque ostracisé connait le rôle d'une Guérisseuse, ces korruliens qui vivent si bien dans leur cité prospère n'y comprennent rien. Ne cherchent pas à comprendre. Il me semble ne plus rien avoir à faire ici... Du moins, c'est ce que je pense, en retournant vérifier que Ren et isidro sont bien. Puis je me mets à courir, cette idée  envolée, alors que je vois un sas se refermé sur le duo, et un moteur commencer à produire d'étranges grondements... Qui doivent présager un départ. Avec mes blessés, et un marchand qui avait cru sa vie menacée pour une simple égratignure. Veinard ne semble pas apprécier ma course, alors qu'il serre un peu plus ma gorge. Navrée pour ta digestion, mon écailleux...

Le sable soulevé par le décollage du vaisseau vient me griffer les yeux, alors que je ralentis, jusqu'à m'arrêter. Mes yeux pleurent, alors que j'observe l'engin survoler les dunes. Mon cœur tambourine, mon souffle est court, tandis que je serre les dents, retenant un cri. Envolé. Parti avec les deux blessés. Ne les laisse pas mourir de leurs blessures, stupide marchand, ne les laisse pas mourir...

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Posté dans Re: Touche le fond mais creuse encore !    - Lun 1 Juil 2013 - 14:41

L’aventure suivait son cours, et pas dans n’importe quelle direction. Isidro, celui qui avait toujours vécu dans les airs, pauvre victime du mal de terre (oui oui du mal du terre) se trouvait enfin dans un vaisseau !  C’était un petit engin korrulien, juste de quoi emmener quelques caisses de marchandise pour faire vivre un commerce. Les yeux du mécano ne pouvaient se détacher de la vieille machine. Malgré la rouille et les quelques plaques de ferrailles défoncées lors des erreurs de manœuvres le design était plutôt moderne. Un ensemble lisse, les seules irrégularités étaient les portes, les coups, et les emplacements pour les lumières de sécurité. Un vaisseau classe mais qui avait du vécu, un vaisseau comme Isidro les aimait. Sa blessure à la jambe l’obligea à se tenir à Ren, et par conséquent à la suivre, mais en allant vers le vaisseau il ne rêvait que d’une seule chose : voir les réacteurs !

L’intérieur était encore moins bien entretenu que l’extérieur. Les nombreuses taches d’huile témoignaient des difficultés du marchand à localiser et arrêter une fuite. Ce marchand ne devait pas souvent utiliser son vaisseau, et le pilotait uniquement s’il n’avait pas le choix. Mais peu importait, rien ne put gâcher la joie du pirate lorsque le vaisseau prit vie.  Du ronronnement des moteurs jusqu’au petit tuyau qui vibrait en tapant contre la carlingue, tout l’enjouait. Une situation si agréable qu’il s’endormit rapidement. Sa tête bascula lentement vers la droite ( il prit le soin de ne pas tomber du côté de Ren, la tenir dans ses bras pendant qu’Orän la guérissait avait déjà été assez gênant ), puis le reste de son corps suivit.

Tout se passait très bien jusqu’à une secousse. La tête du pirate tapa alors la carlingue du vaisseau, ce qui le réveilla d’un coup. Dans son cockpit le marchand korrulien criait et pestait contre son engin. Mais qu’est ce qui se passait ? Les secousses continuèrent, des fois il eut même l’impression de passer dans un trou d’air.

«  Ren ! Ren qu’est ce qui se mais aïe ! ».

Une secousse plus violente l’avait obligé à prendre appui sur sa jambe endolorie. Dans le fond du vaisseau il vit quelques caisses tomber.

«  Hé ! Mais qu’est ce qu’il dit l’autre aux commandes ? Qu’est ce qui se passe ? »


Il posa ses mains sur les épaules de Ren et la fixa bien pour être sûr d’avoir toute son attention. Comme depuis le début c'était l'étranger du groupe qui devait jouer le muet, c'était elle qui menait la danse. A présent il pouvait agir et il devait lui le faire comprendre. Sans attendre sa répondre il rajouta :

«  Écoute je suis mécano, mécanicien, je peux aider. »

Puis son regard ce fit plus insistant, il avait du mal à cacher sa montée d'adrénaline. L’idée de finir écraser sous le poids de la marchandise si le vaisseau se crashait ne lui plaisait vraiment pas.

Un jour peut-être ils pourront avoir une discussion normale et tous les réponses aux questions posées pourront être données.

HRP:
 




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Posté dans Re: Touche le fond mais creuse encore !    - Sam 13 Juil 2013 - 11:09

La jeune femme jaugea le vaisseau d’un œil certes moins acéré qu’Isidro, mais non sans critique. Elle avait apprécié son aller coûteux mais plaisant, mais le vieux tacot dans lequel ils montaient n’était pas des plus rassurants. Enfin au moins dans les airs, ils ne subiraient pas une attaque de bêtes féroces qui leur réduiraient un membre en vieille bouillie sanglante. Elle grogna quand le pseudo-aventurier se servit d’elle comme une vulgaire béquille, et lui donna un brutal coup de hanche dans la cuisse pour lui faire comprendre qu’il allait devoir se débrouiller tout seul. Elle aussi était estropiée, non mais oh. Haussant un sourcil, elle observait ce dernier regarder tout autour de lui comme s’il était en  train de visiter un palace, et ne put s’empêcher de ricaner.  Ren s’assit en essayant de trouver une place pas trop inconfortable et grinça des dents lors du démarrage. La carlingue vibrait désagréablement et elle avait l’impression de voyager dans un avion en papier. Il aurait suffi qu’un piaf se le prenne en pleine face et il subirait à coup sûr moins de dégâts que le véhicule.  L’ombre d’un mal de l’air commença à lui malmener l’estomac, lui garantissant un vol qui lui paraîtra bien long. Et au moment où elle s’était faite à cette contrainte et que sa nausée s’était apaisée, de violentes secousses remuèrent sans pitié le vaisseau, la tétanisant sur place.  Se rongeant les ongles, elle attendit patiemment que la crise passe, en faisant en sorte de se vider l’esprit plutôt que l’estomac. Elle n’entendit pas Isidro et ne le remarqua que lorsqu’il lui pressa les épaules, la tirant d’une litanie mentale qu’elle se récitait pour se rassurer. L’assassine s’était levée brusquement, ses nerfs éclatant d’un coup contre le pauvre homme. Le stress parla pour elle, habitant complètement son regard agrandit par la panique, tandis qu’elle gardait difficilement l’équilibre.

-TOI TU M’TOUCHE PAS.

Elle avait hurlé en Korrulien, laissant le pauvre pirate dans l’incompréhension la plus totale, mais s’était très vite refroidie pour le regarder avec des yeux ronds et marmonner un petit pardon gêné. Donc il était aussi mécano hein ? Décidément, soit ce type était le pire des menteurs, soit il avait une vie des plus remplies. Sans rien lui ajouter de plus, elle se pencha vers le marchand et tira son compagnon d’infortune par la manche pour l’amener à lui.

-Le crasseux est mécanicien, laissez-le s’occuper de ça et on aura une chance de ne pas subir le crash le plus ridicule du siècle !

Elle allait les laisser s’arranger entre eux quand une secousse la projeta à terre, la faisant rouler jusqu’au fond du vaisseau. L’assassine évita de peu une caisse qui avait décidé de l’achever et se cala dans un coin en compressant son bras gauche dont la douleur s’était de suite ravivée. Seul Ruyn savait ce qu’elle avait fait dans une vie antérieure, mais vu la poisse monstre et le karma désastreux qu’elle se coltinait, elle avait dû être une pire pourriture que ce qu’elle était déjà maintenant. Elle ferma les yeux en lâchant une légère plainte et quand elle rouvrit les paupières, elle remarqua qu’elle se trouvait à côté d’une clandestine. La jeune fille fit la moue, sembla figée un instant, avant de s’exclamer d’une voix criarde :

-ET C’EST QUOI ÇA ?

Luttant contre les turbulences, elle s’avança d’un pas lourd vers elle pour coller le fil d’une de ses dagues contre le ventre de la femme. Elle ne savait pas ce qu’elle fichait là et s’en moquait éperdument. Les raisons des gens du désert lui importaient peu, car elles étaient presque toujours mal intentionnées. Et cette sotte avait été bien naïve de penser que son faible plan allait la mener à quelque chose :

-Donne-moi UNE bonne raison de ne pas crever le parasite fourbe que tu es !

Elle n’avait pas réellement envie de la tuer, mais elle préférait ne pas avoir à subir le contrecoup d’un manque de prudence. Il n’y avait rien de plus imprévisible que les ostracisés et les forbans. Ren vérifia brièvement ce qui se passait dans le cockpit. Isidro semblait bien occupé, tout comme le commerçant. Le sort de la demoiselle dépendait pour l’instant de sa bonne volonté.


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Posté dans Re: Touche le fond mais creuse encore !    - Dim 25 Aoû 2013 - 4:25

Tiré par Ren, Isidro se retrouva à côté du marchand pour trouver ce qui clochait. Une situation zen et tranquille comme on les aime. Être coincé dans un vaisseau sur le point de s’écraser sans trouver l’origine du problème et avec à côté de soi une personne qui crie tellement fort qu’on en regrette d’avoir des oreilles…. Le quotidien sur l’Hélios pardi ! Le pirate ne comprenait rien à tout ce qui se passait devant lui (encore une fois). Des aiguilles s’agitaient, des nombres en korrulien s’affichaient puis disparaissaient à toute allure. Il aurait dû prendre korrulien en deuxième langue étrangère à l’école des pirates ! Il en était sûr maintenant ! Petit bémol, cette école n’existait pas…
 
Le vaisseau faisait comme des bonds dans le vide. Un moment il descendait, puis remontait. Or le marchand qui pilotait, totalement paniqué, ne touchait plus aux manettes. Un objet devait surement faire un faux contact, d’où la trajectoire anarchique du vaisseau ! Non… il n’aurait quand même pas ?! Isidro se rappela d’un très vieux problème sur l’Hélios, l’énigme du siècle ! La commande d’arrêt des moteurs ne marchait plus et l’Hélios avait été obligé de tourner en rond autour de Vanylle en attendant de trouver une solution… Tout l’équipage avait été réquisitionné pour trouver une solution, surtout que le temps était compté car l’Hélios allait manquer de combustible. Finalement après des heures de recherche c’était un petit papier d’aluminium, utilisé à la base pour conserver de la nourriture, qui s’était glissé derrière le panneau de commande. Le petit papier d’alu tombé entre des fils nus avait créé un faux contact empêchant le contrôle de la puissance des moteurs. Une fin bien ridicule pour un début si épique.
 
Isidro se rappela cette histoire quand il vit le petit paquet de nourriture sur le panneau de commande du vaisseau korrulien. Surement les dernières pâtisseries à la mode ramenées du Festival de Bonne Entente ! Le mécanicien enleva l’emballage ainsi que tout ce qui reposait sur le panneau. Il y avait en effet un trou, et quand le vanyllien y jeta un œil il put voir les reflets argentés du papier entre des fils nus…
 
Après une minute à souffler comme des abrutis pour déloger cette petite feuille d’alu et un bon fou rire, le vol repris son cours. Le vaisseau avançait à une vitesse raisonnable pendant que le soleil descendait lentement dans le ciel pour se cacher derrière des dunes. En parlant de dunes, Isidro se demanda ce qu’était devenue Orän depuis qu’ils étaient montés dans le vaisseau. A ce qu’il avait compris, elle n’était pas acceptée par les korruliens, alors qu’elle n’avait pas hésité une seconde pour venir les aider face aux styx. Si sa blessure à la jambe allait pouvoir cicatriser, c’était grâce à elle. Cette guérisseuse était comme lui, une personne refusée par les peuples dominants. A cette pensée il joignit l’espoir qu’elle vivrait assez longtemps pour accomplir ses objectifs.

Pendant ce temps, quelque part dans le désert, Orän était en train d’être mangée par des styx…. Bon appétit les petits Styx !

Une fois le soleil totalement caché derrière l’horizon et que Ren eut jeté l'ostracisée par dessus bord, le vaisseau atterrit dans le spatioport de Ofägar où le marchand voulait faire un premier passage avant de rejoindre Penjoie le lendemain. Isidro resta scotché à un hublot, c’était la première fois qu’il voyait un autre spatioport que celui de Vanylle. Des vaisseaux de styles totalement différents de tout ce qu’il avait vu y atterrissaient tous les jours. Le paradis pour lui ! Mais surtout, Ren et lui étaient maintenant plus proches de l’Oasis. Le désert n’était plus qu’une mésaventure du passé.





Merci Thélador !

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Posté dans Re: Touche le fond mais creuse encore !    -

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