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Dans le brouillard, je rencontrerai la reine des pluies

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Posté dans Dans le brouillard, je rencontrerai la reine des pluies   - Ven 26 Avr 2013 - 12:30



Une nouvelle mission pour le clan des Early-Dawn, la lettre reçue avait des allures de message d'alerte, pourtant tous savaient qu'il n'en était rien. Un village centré entre deux clans, pas rivaux pour autant, payait les frais de leurs affrontements réguliers. Deux mois que les dirigeants des deux groupes avaient dit qu'ils se chargeraient eux-mêmes de leurs histoires, deux mois de chaos pour la région qui ne parvenait pas à sortir de chez eux sans craindre qu'à leur retour ils ne puissent plus passer un barrage officieusement érigé. Le Clan Early-Dawn avait fermé les yeux, les jugeant assez saints d'esprit pour parvenir à une solution par leur propre moyen, à l'évidence ils avaient fait fausse route. Pour cette raison, la réponse à la lettre fut bien différente des précédentes : Almarik leur annonçait qu'il dépêchait des troupes sur place.
Chacun des membres de l'unité détachée par leur chef savait que la mission comportait des risques, c'est aussi ce qui les avait motivé. Mêlé à cette foule, Elijah, un jeune militaire, bien loin du second que l'on connaît actuellement. La plupart des autres soldats le considéraient comme un bon élément quoique trop confiant en ses propres facultés, le rendant à la fois prétentieux et distant, tout en restant un digne compagnon d'arme, à l'évidence la confiance réciproque qu'unissait les soldats entre eux avait un léger bémol. Les autres membres du clan, pour ceux qui le connaissaient, s'étaient laissés dire qu'il devait sa place dans le Clan à cause de sa méthode pour résoudre le labyrinthe, sans pour autant savoir de quoi il en ressortait. A l'évidence ça ne dérangeait pas Elijah qui était bien satisfait de leurs extrapolations complètement erronées.

Toutefois ce n'était pas tant le risque que l'Oracle en lui-même qu'Elijah cherchait. Cela faisait maintenant trois bonnes années qu'il était revenu dans le monde "visible" de l'île, il avait entendu mille et une rumeurs sur les pouvoirs et les devoirs des Oracles. Faute d'éducation sur le sujet ou simplement un peu étriqué d'esprit, il restait septique devant tant d'histoires farfelues. Décrit comme il était décrit, il imaginait l'Oracle comme un homme fort, dont le regard suffirait à faire taire une foule en délire. Certains de son unité disaient qu'il s'agissait d'une jeune femme, ce qui ne manqua pas d'amuser les plus novices, dont Elijah. Autant dire que la mission était réglée d'avance : l'Oracle parlerait et ils écouteraient, tous en acquiesçant de la tête, et feraient la paix. Ils étaient tous tenus d'écouter l'Oracle, non ? Tous rassemblés dans le village, prêts pour le départ, ils attendaient l'arrivée de l'Oracle pour commencer leur route. Plus qu'un voyage, il s'agissait d'une escorte.

L'attente laissa place à l'ennui et l'impatience à la lassitude. Sans parler de retard on pouvait dire que l'engouement général avait vite disparu quant à l'annonce de l'Oracle. Oui, il arriverait à temps, mais quand ? Quatre jours étaient passés depuis l'annonce de la mission. Alors que jeux de cartes et d'os pliaient en deux les militaires de rire, certains s'attelaient aux dernières vérifications de matériel, comme chaque jour depuis que tout avait été programmé. A défaut d'argent, l'un des membre du Clan Early-Dawn se leva parmi les siens, criant à qui voudrait l'entendre que les paris étaient lancés. Elijah paria, sûr de gagner. Les rires se stoppèrent à l'approche d'une ombre dans le ciel qui, en s'approchant, se transforma en cinq ombres bien distinctes de Yagocks. Dans les quelques cris des animaux ailés ils atterrirent à l'extérieur du village. Le moment était venu.
Almarik fut le premier à les accueillir, dévoilant ses précautions à l'Oracle quant au voyage qu'ils allaient entreprendre. L'ensemble des autres étaient restés à l'intérieur, se rhabillant et étouffant les rires qui leur restait de leurs jeux de dés. Les portes du village s'ouvraient en grand, un coup de coude vint sortir le futur Second de ses observations : "T'as perdu." lui souffla-t-on moqueur ; "Pas sûr." rétorqua Elijah de mauvaise foi même s'il était pourtant clair qu'il venait de perdre une ration de bouffe dans cette histoire de pari.

Elle était là, l'Oracle, passant les portes de bois entourée de garde aussi costaud les uns que les autres. Almarik les avait prévenus, s'il arrivait quoique ce soit à l'Oracle pendant son escorte il prendrait le premier groupe pour taper sur l'autre. Cette Oracle était-elle simplement au courant que plus de cents hommes allaient l'accompagner ? La rencontre était solennelle au possible, après tout il s'agissait d'un déplacement de l'Oracle pour se rendre dans une région considérée comme risquée. Cette foule amassée devant la porte semblait bien désordonnée, et alors que certains se mirent à hurler pour exalter leur courage, cette présence divine n'évoquait rien chez Elijah... Ni joie, ni peine, ni rancœur. Après tout il n'était pas là pour ça même si tout dans son histoire tendait à prouver le contraire.



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Posté dans Re: Dans le brouillard, je rencontrerai la reine des pluies   - Dim 28 Avr 2013 - 13:54

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Redresse le menton.

Ses yeux quittèrent le sol piétiné et remontèrent lentement l'allée que formaient une centaine de guerriers jusqu'à la salle commune du village. Ils s'attachèrent aux battants de bois de la grande porte surmontée d'une carapace d'urcan.

Tu ne me laisses pas ?

Un rire.
Puis plusieurs des hommes et femmes présents poussèrent des hurlements à la gloire du Gardien. Leur clameur fit frissonner l'oracle mais réjouit le principal destinataire de leurs louanges. Enfin, elle atteignit le perron de la salle où elle retrouva le chef des Early-Dawn. Elle l'avait déjà vu, avec Peottre, et il lui donnait toujours cette même impression, celle de le connaitre ou plutôt de voir à travers lui un être connu. C'était dérangeant mais elle avait appris à mettre une certaine distance entre elle et les "autres".

Après discussion, accords et explications on la conduisit vers un autre homme. Qu'ils étaient tous grands dans ce pays ! C'était fatigant de toujours devoir lever la tête à vous en dévisser la nuque pour simplement leur parler. Les yeux d'un bleu acier, le visage tatoué d'un côté et une longue tignasse blonde, Hjalmar, dit le "porteur de casque" en raison du heaume bosselé dont la rumeur voulait qu'il ne pouvait plus l'enlever depuis que son chef avait assené un coup de marteau sur son crâne, conduirait l'escorte jusqu'à Zebülba. Le voyage serait long. Ils longeraient le canyon avant de traverser la vallée des wörmyn puis de retrouver le lieu du conflit qui l'avait amené si loin des glaciers.
- Les hommes attendent depuis plusieurs jours et la matinée s'achève à peine. Nous partirons dans une heure, déclara Hjalmar de sa voix de barython.

Kataleyah ne trouva rien d'autre à répondre qu'un hochement sec du menton. Ils ne lui laissaient donc pas même le temps de se reposer de son dernier voyage ! Pourquoi elle ? Pourquoi n'envoyait-on pas Peottre ? Elle ne voulait pas parler à ces clans, ils ne l'écouteraient pas elle le savait. Oracle ou non, quand l'adrénaline de la bataille joins au bouillonnement de la vengeance emplissait le coeur des erfeydiens, la raison, aussi divine soit-elle, n'atteignait plus sa cible...

Ainsi fut-il, moins d'une heure plus tard, elle grimpait sur sa monture.

¤¤¤

Leur allure était régulière mais lente. Un aurion les aurait accompagnés qu'ils n'auraient pas été plus rapides. Les hauts plateaux qui environnaient le canyon d'Orio étaient battus par les vents chaque jour de l'année. Ni arbres ni rochers ne coupaient sa course sur ses landes blanches. Lorsqu'il venait du sud comme ici, les kouns peinaient à se mouvoir. Leur forte musculature leur permettait de progresser et ils avaient le pas sûr néanmoins la longue caravane de factionnaire nageait à contre courant. Pour compenser la perte de temps estimé à plusieurs jours, Hjalmar avait décidé de réduire les haltes. Mis à part l'oracle, il n'y avait que des factionnaires habituaient à évoluer dans ces conditions. Dormir quelques heures tous les deux jours ? Facile ! Tant qu'il y avait de l'hydromel pour vous réchauffer et de quoi vous occuper l'estomac le reste du temps, les kouns faisaient le travail.

Un matin, un guerrier se risqua à s'enquerrir de l'état de l'oracle. Son corps supportait bien la fatigue mais la faim... Manger de la viande tuée plusieurs jours auparavant et séchée dans le sel ne comblait en rien l'appétit étrange de la jeune femme. Elle s'efforça malgré tout à répondre le plus aimablement possible à l'homme, le rassurant. Peottre disait toujours que les autres leur était inférieur, qu'ils étaient comme des enfants bruyants qui ne savaient pas se taire et écouter le monde qui les entoure. Ils avaient été choisi, eux, par l'esprit divin. Ils n'étaient plus des Hommes mais ne pouvaient se considérer comme des dieux. Kataleyah ne saississait toujours pas les paroles de son ainé, ce qu'elle retenait seulement là c'était qu'elle ne devait pas se sentir comme leur égal, pas plus qu'ils ne le devaient à son égar. Fatigue ? Faim ? Emotion ? Tout ceci constituait les faiblesses humaines.
Son ton laissa transparaitre ses pensées et on ne vint plus la questionner. Ainsi isolée, ce voyage serait plus long encore...

Laisse moi entrevoir l'autre monde, dieu créateur, pria-t-elle intérieurement alors qu'un nouveau soir teintait d'encre l'horizon glacé.

Par son absence de réponse, elle comprit son refus ; mais pas la raison. Contrariée, elle talonna son koun inutilement. Non loin, les factionnaires démontaient pour installer le prochain campement. Kataleyah était courbaturée par la route mais elle tardait tant d'arriver à destination, au sein d'une peuplade qui la mettait plus à l'aise, qu'elle ronchonna à devoir s'arrêta à nouveau. L'idée du piètre repas qui l'attendait y était pour quelque chose.
Alors qu'elle descellait sa monture tout en maugréant à part contre ce lassant désert poudreux, cette mission ennuyeuse, cette viande dessechée, ces hommes bougons qui l'adulaient trop pour l'approcher et ces fichus volatiles d'Orio qu'elle ne pouvait chasser sans risquer de dévoiler une facette d'elle peu engageante, une exclamation lointaine attira son attention. Elle plissa les yeux et vit une ombre s'éloignait sur la lande puis se pencher pour récuperer son du. Kataleyah s'approcha doucement du petit feu naissant que rejoignait l'homme. Un arc à la main, elle comprit vite qu'il venait de tuer un khan. Aussitôt, elle sentit l'appétit lui monter en bouche. Qu'allait-il en faire ? Ses oiseaux là étaient difficiles à tuer en raison de leur petite taille et de leur plumage idéal pour se confondre avec le décor des Erfeydes. Une si jolie prise... Si elle se montrait, il se sentirait forcément obliger de la lui offrir ? Après tout, elle était l'oracle !

D'un pas décidé, elle vint à la rencontre des trois hommes qui encerclaient le feu. Au moment où elle arriva, elle vit le chasseur offrir sa proie à Leïf, un des rares factionnaires dont elle avait entendu et enregistrer le nom. Une bouffée de jalousie soudaine l'envahit. Pourquoi Leïf ? Non, c'était elle qui mourrait littéralement de faim depuis trois bons jours ! Cette proie lui revenait de droit !

- Pourquoi est-ce que Leif reçoit-il une si belle proie ?! demanda-t-elle brusquement en pénétrant dans le halo de lumière du brasier.

Elle regretta aussitôt ses paroles. Elle les avait pensés et c'était sorti tout seul. Les mots avaient filé entre ses lèvres en reflet de sa jalousie de grande enfant. Elle n'eut que le silence en retour... et le regard pesant des trois hommes sur elle.



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Posté dans Re: Dans le brouillard, je rencontrerai la reine des pluies   - Lun 29 Avr 2013 - 18:38

Quatre jours qu'ils marchaient contre le vent cinglant des plateaux. L'herbe y était couchée, la poudreuse fouettait le visage aussi fort qu'une poignée de sable jetée à la figure et pourtant ils avançaient, car de toute façon ils n'avaient pour la plupart connu que ce train de vie, ou l'avaient tout simplement choisi. Les factionnaires, ces membres de la Faction, des groupuscules qui se vantaient de mille exploits alors qu'un seul avait réellement traversé les âges : Early-Dawn. Vu du ciel, leur avancée avait des airs de guerre, un groupe bruyant, éparse, mais soudé comme les doigts de la main. Elijah se plaisait dans cet environnement, ça lui rappelait les Déserteurs. Il se leva, sourire aux lèvres, arc à la main, la pause ne serait pas pour lui... Le Sölk s'éloigna en intimant à ses compagnons de faire moins de bruit. Trop tard, l'oiseau s'envola, une flèche fendit l'air, droite, parfaite, si la chance avait été plus impartiale elle lui aurait sans doute donné son butin, mais non. La flèche vola si loin qu'il aurait été impossible de la retrouver, même en ayant vu son point d'impact. Des rires, quelques pics, auquel Elijah répondit à la façon d'un jeu d'enfant avec des jouets d'adulte. La fatigue les tiraillait tous, aller chercher cette flèche aurait été une perte de temps, il prétexta toutefois cette excuse pour s'éloigner et retenter son adresse, loin des regards des autres. Il n'en eut pas l'occasion puisqu'à peine une centaine de mètres parcourus, un oiseau sautillait entre herbe et flocon, se rendait-il compte que dans ce paysage bariolé son camouflage ne faisait que le rendre encore plus visible ? Elijah banda son arc, s'il ratait cette cible c'était qu'il venait de régresser, même si en soi le tir à l'arc n'avait jamais été une de ses spécialités tous les Erfeydiens étaient capables de chasser, lui plus qu'un autre. Le sifflement de la flèche couvrit la plainte du Khan del Orio qui mourut presque aussitôt, ramassant son butin, il revint en trottinant, fier de lui : "C'était trop facile depuis le ciel." cria-t-il depuis sa position en sachant pertinemment que ses compagnons ne mordraient pas à cet hameçon douteux. Elijah jeta la proie dans les mains de Leif, le fameux soldat qui l'avait nargué quatre jours auparavant :

‒ « T'as quand même pas cru que j'allais te le cuir, Leif...
‒ Le contraire m'aurait étonné venant de toi.
‒ Pourquoi est-ce que Leif reçoit-il une si belle proie ?! »
Cette voix Elijah ne la reconnu pas. Il se retourna non sans arquer un sourcil étonné. L'Oracle ?! Il la toisa de haut en bas comme pour y voir le mäluinne quelque part. Rien. Elle n'avait pas l'air si féroce, étrange, oui, mais pas méchante. Le troisième homme faisait des yeux ronds comme des ballons pour interpeller les autres. Fallait être idiot pour ne pas comprendre que l'Oracle venait de parler, et ça n'avait absolument rien d'extraordinaire, c'était cela dit pour le moins inhabituel de ce que Elijah avait pu comprendre depuis que l'escorte avait commencé. Un silence tenace s'installa, personne n'osait parler de peur de sortir une bêtise monumentale, finalement la vérité s'imposa à elle-même :

‒ « Parce que je le lui dois. Leif le regarda d'un coup, lui intimant de se taire d'un geste vif de la main. Quoi, me dis pas que t'assumes pas ta victoire, pas toi Leif, pas toi ! Elijah levait les bras en l'air, la comédie dans la peau. Le silence reprit de plus bel, chacun attendant la réponse de Leif.

‒ On a parié sur... le nombre de flèches qu'il utiliserait et... bah il a perdu, rire nerveux. Sacré Elijah, toujours à faire des blagues, son regard était aussi assassin que la malice dans les yeux d'Elijah. »
L'homme non concerné se leva, prétextant une excuse bidon et s'éclipsa aussi vite que possible, ce qui eut le mérite de mettre Leif encore plus dans la bouse de kun. Encore un silence, à l'évidence l'Oracle ne croyait pas un mot de ce pari, faut dire que l'invention de Leif était bancale.

‒ « J'ai parié sur l'autre. un temps. L'autre Oracle. précisa-t-il alors que Leif fondait littéralement sous le poids de la honte. »
Ce n'était pourtant pas la mer à boire cette révélation. Se vexerait-elle ? Si oui, pourquoi donc ? Ca n'avait été qu'un banal jeu de pari, une chance sur deux de perdre donc les mêmes chances de gagner, ça n'avait rien d'offensant... Si ? :

‒ « Mais Leif se fera un plaisir de te le donner, hein Leif. »
Méfait accompli. Lui qui était si content de recevoir son trophée de victoire se voyait désormais obligé de s'e séparer, par respect, si c'était pas cruel de la part d'Elijah... Quoi que plus sadique que cruel si on y réfléchissait bien.



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Posté dans Re: Dans le brouillard, je rencontrerai la reine des pluies   - Mer 1 Mai 2013 - 13:26

Si la nuit ne tombait pas si vite aux Erfeydes, les trois hommes ici présents auraient pu tous voir à quel point un oracle était plus proche d'eux que d'un dieu. Rouge de honte, Kataleyah bénit le vent qui fouettait son visage de ramener plusieurs mèches de cheveux sur ses joues. Elle se reprit vite toutefois et le malaise de son intervention laissa place à la colère lorsqu'elle attrapa le regard plein d'arrogance du chasseur. Venait-il juste de la toiser ? Là, à l'instant ? Pour qui se prenait-il ? Quoi ?! Il n'avait jamais entendu parler un oracle ? Quel imbécile ! Et voilà qu'il lui parlait comme si elle n'était qu'une de ces femmes de la Faction qui partageait son quotidien au sein du clan !
Sa colère lui paraissait presque démesurée mais il en était toujours ainsi de ses émotions. Disproportionnées. Amplifiées. Elle voulut croiser son regard et qu'il voit à ce moment l'éclat flamboyant qui animait ses prunelles moirées. Qu'il y lise sa colère, qu'il comprenne les limites et reprenne sa place.
Et pourtant, au fond, une petite voix s'était réveillée, curieuse. C'était en quelque sorte agréable d'être traiter comme un égal. Interdit, mais agréable.

Elle fut surprise par la teneur du pari. C'était si stupide ! Puis elle voulu demander d'un air mutin si le contraire leur aurait été préférable avant de se forcer à réfléchir à ses prochaines paroles et ne plus agir aussi impulsivement. Elle était déjà dans une situation incommodante qu'elle fuyait à l'ordinaire.
- Peu importe l'hôte, seul le Gardien compte. Il n'est qu'un, il est Tout, énonça-t-elle d'une voix platonique. Je ne comprend pas ce qui motive de tel jeu.
Elle avait prononcé ses derniers plus bas, plus pour elle même qu'à leur attention mais ils parurent résonner comme une réprimande à leurs oreilles. Leif bredouilla une forme d'excuse inutile tout en lui tendant la dépouille du khan. Il regardait partout, sauf vers l'oracle. Avec un soupir, Kataleyah repoussa doucement la main du factionnaire. Elle le sentit frissonner sous son contact et il se retint de reculer trop précipitamment. Allons bon ! Le mäluine n'était pas une maladie !
- C'est ton gain, garde le. Je ne suis pas venue réclamer quoi que ce soit.

Sur ces mots, elle tourna des talons et disparu dans la pénombre de la nuit, trop pressée de s'éloigner avant que son estomac ne hurle sa contestation. Cependant, elle dû s'avouer craindre plutôt une question rebelle du chasseur sur la raison de son intervention dans leurs affaires.




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Posté dans Re: Dans le brouillard, je rencontrerai la reine des pluies   - Ven 3 Mai 2013 - 10:24

‒ « Si l'Oracle le dit. »
Elle s'en alla, aussi vite qu'elle était venue. Une beauté glacée au cœur de givre. Personne ne la lâchait du regard alors qu'elle avait déjà disparu. Elijah sourit à Leif, encore cinq minutes et il se serait pissé dessus. Cette vérité le fit rire jusqu'à l'en taper dans le dos :

‒ « Bon sang, l'Oracle t'a offert un met délicat ! Mais que vas-tu faire de ce cadeau sacré ? Le garder sur toi jusqu'à ce qu'il pourrisse ? »
Leif lui balança l'oiseau à la figure, Elijah le rattrapa de peu. S'en suivit une guerre pour savoir à qui appartenait la proie, après tout Leif s'était fait rembarrer avec son cadeau, ce qui ne manquait pas d'amuser le chasseur du jour. Finalement, en bons Erfeydiens, il finit partager avec ceux qui étaient revenus une fois l'Oracle partie. Elijah eût une pensée pour elle, était-elle aussi seule qu'elle le laissait paraître ?

Le lendemain matin, la marche reprit de plus belle.
Le cinquième et le sixième jours furent rude. Le temps se dégradait de plus en plus pour des raisons qui échappaient aux plus intelligents des factionnaires. Le vent omniprésent se mêlait à un crachin cinglant, depuis ce matin un épais brouillard s'était levé, le vent venait presque à leur manquer... Impossible d'avancer, ce sixième jour fut immobile, paralysé par le climat qui se déréglait complètement. Leur arrivée serait retardée, de toute façon tous s'étaient accordés sur un point : le trajet durerait plus d'une semaine. S'ils avaient prévu plus de vivres et d'eau pour plus d'une semaine, ils n'en avaient cependant pas pour deux ou trois. Quelques Erfeydiens pensaient que le Gardien provoquait la pluie et le beau temps, immédiatement Leif accusa du regard Elijah. Ce n'était quand même pas de sa faute ? Baliverne, le Gardien ne commandait pas les nuages, hein... "Tu l'a offensée.", lui souffla Leif alors qu'ils allaient s'endormir, prêts à passer le septième jour dans le brouillard ; Connerie... pensa Elijah, ne répondant pas à Leif sans pour autant ignorer ses paroles.
Il cogita jusqu'à ce que le sommeil s'emparât de lui. Cette nuit il l'avait passée avec l'impression d'être resté éveillé, pourtant lorsque les gens se mirent à bouger autour de lui, il découvrit avec stupéfaction que le sommeil l'aurait bien gardé. Pas le temps pour ça, les troupes avancèrent dans le brouillard. Pour tous il était hors de question de rester statique une nuit de plus, aussi confortable que ça pouvait l'être pour certains. Les pièges postés aux alentours furent approximativement tous vérifiés ─ difficile de se rappeler exactement la position du dernier avec la brume. Résultat ? Absolument rien, trop près du campement, sans doute. Chacun attela son Koun et repartit dans une marche lente à travers l'épais le voile blanc du brouillard. De sa position, Elijah avait beau être perché sur sa monture qu'il ne distinguait que le dos blanchit de la troisième personne devant lui : "Il faut que je lui parle." adressa-t-il à Leif. Il remonta cette file de factionnaire, l'Oracle devait être devant, du moins elle n'était pas à l'arrière. Il comprit sa position lorsqu'il vit qu'un champ de force entourait littéralement une personne précise :


‒ « Je ne suis pas d'accord. l'interpela-t-il en rompant la limite de la soit disant sécurité. L'hôte est important. »
Elijah rattrapa le Koun de Kataleyah, ne se mettant ni trop en arrière, ni trop en avant. Si Leif avait raison alors pour que le brouillard se lève il lui faudrait faire preuve de tact, ce qu'il savait à peu près faire, des fois. C'était étrange, des centaines d'hommes étaient aux alentours et pourtant le champ de force que générait le mäluinne dans l'esprit collectif donnait l'impression d'être seul :

‒ « Pourquoi être venue l'autre soir ? pas de réponse. Leif pense que tu y es pour quelque chose. il pointa du menton le brouillard. Si c'est vrai, quel est le motif d'une telle punition ? »
Devait-il dire qu'il ne la pensait en rien responsable de tout ça ? Pire, qu'il jugeait le Gardien incapable de provoquer la météo ? Peut-être qu'elle le devinerait dans sa façon de parler, faut dire que le tact d'Elijah n'égalait pas ceux des grands orateurs. Du moins, pas encore.


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Posté dans Re: Dans le brouillard, je rencontrerai la reine des pluies   - Ven 3 Mai 2013 - 12:55

Les yeux fermés, Kataleyah chevauchait perdue dans ses pensées. Elle tâchait de retrouver un certain calme intérieur, ne pas s'éloigner de la sagesse et du guide qu'elle incarnait. Pourtant, c'était plus fort qu'elle. Elle se voyait se lever de sa couche et faire littéralement manger leur jeu de cartes à ce groupe de factionnaires dont les rires insupportables résonnaient encore à ses oreilles. Puis elle aurait été voir Hjalmar et lui aurait envoyé en pleine figure le lard dégueulasse qui les nourrissait tous depuis une semaine. Le chef avait un palet en acier pour aimer ça. Ou en bouse d'howok, vu l'haleine. Une fois cette affaire réglée, elle aurait réquisitionné cette grande fourrure grise striée de noir destiné au doyen de Zebülba en gage d'excuse des Early Dawn pour avoir tarder et aurait parcouru ainsi le reste du voyage emmitouflée comme une enfant. Alors elle aurait pu dormir sur son koun et ne pas voir le temps ralentir jour après jour.
Ces pensées l'apaisèrent presque. Il lui restait encore à corriger son erreur à propos du khan. Là, elle se voyait se saisir de l'animal bien avant que le chasseur ne récupère sa proie, telle une voleuse ou un félin plus astucieux. Juste sous son nez. Elle n'aurait pas eu à leur faire face si stupidement et son appétit serait comblé.
Néanmoins, ces petits tracas n'étaient plus grand chose face au climat. Elle était fille du vent. Contrairement au reste de la troupe, les rafales des premiers jours ne la gênait en rien, si on oubliait le retard qu'elles engendraient mais le brouillard, l'humidité... C'était une vrai purée de poix ! Peut être un peu claustrophobe, Kataleyah supportait de moins en moins cette prison brumeuse. Les factionnaires qui l'encadraient s'étaient légèrement éparpillés tant il était ardu de se positionner dans l'espace. Si les siens ne comptaient pas autant sur elle pour cette mission, la jeune oracle aurait profité du brouillard pour fausser compagnie à Hjalmar et ses amis. Seulement, le devoir la clouait sagement à sa scelle...

Et puis une voix la sortie de ses mauvais plans, qu'elle reconnut aussitôt. Son cœur rata un battement et ses yeux cherchèrent une échappatoire. Trop tard. Le chasseur de la dernière fois apparut près d'elle.
Manqué plus que ça..., pensa-t-elle avec une note de désespoir. Allez savoir pourquoi, sa présence la mettait dans l'embarras. Jamais, depuis qu'elle était oracle, on ne s'était permis de s'adresser à elle avec autant de familiarités. Il n'y avait pas d'irrespect dans ses paroles, pas vraiment.
Sa première idée fut de l'ignorer à la façon de Peottre, mais sa remarque résonna dans sa tête. L'hôte est important, avait-il dit. Cette phrase aurait le mérite d'être broger plus d'une fois dans les jours à venir.
Ne pouvant l'éviter plus longtemps, elle tourna le visage dans sa direction. Une question. Elle replanta son attention sur l'horizon.
Mais va-t-en, priait-elle intérieurement.
Lorsqu'il l'accusa - du moins Leif semblait le faire et par extension lui aussi - d'être la raison de ce maudit temps, elle le fusilla du regard.
Tu te donnes trop d'importance si tu crois que le climat change pour te punir, voulut-t-elle rétorquer. Mais elle avait retenu la leçon et se garda bien de lâcher le moindre mot.

Cependant, ce fut plus fort qu'elle. Avec une exclamation de dédain, elle tira sèchement sur les rennes et mit pied à terre aussitôt le koun à l'arrêt.
- HAAALTE ! brailla une voix d'homme à sa droite à l'attention de la caravane. L'ordre se répercuta en écho jusqu'au bout de la longue file.
Kataleyah se faufila entre les factionnaires pour s'éloigner de la tête conductrice avant qu'ils ne démontent. Elle devina la présence du jeune guerrier non loin derrière elle. Hjalmar s'approcha.
- Les villageois ne peuvent attendre plus longtemps, dit-elle simplement en l'arrêtant d'un geste de la main.
Derrière ses mots qui paraitraient alors emplies de la sagesse et de la bonté du Gardien se cachait la réponse à une provocation masquée. Ses yeux aux reflets dorés croisèrent un instant ceux d'Elijah puis elle s'éloigna encore de quelques pas.

Les paupières closes, elle coupa ses sens du monde extérieur et s'efforça d'oublier les signaux que lui envoyait son corps. Plus de faim, plus de fatigue, plus d'énervement. Elle tendit son esprit sur la seule chose qui comptait : le sang bleu. Il palpitait, il s'agitait. Enfermé dans la fiole à la ceinture du chef, caché dans le médaillon du soigneur qui les accompagnait, dans la garde de l'épée du factionnaire. Elle perçut même les gouttes lovées entre les pétales de nüriss qui tapissaient les falaises du canyon et les hauts rochers de la lande sur près d'une lieue. Chatouillé par la volonté de l'oracle, l'ithylium s'éveillait dans ses différents conteneurs. Lorsqu'elle fut satisfaite de la quantité détectait, elle fit simplement venir chacune des gouttes lumineuses à elle. Elle ne pouvait que se figurait la masse mouvante qu'elles dessinaient devant elle à ce moment là et quand Kataleyah rouvrit les yeux, l'ithylium avait disparu pour se changer en vent. Un courant d'air ou un souffle venu de nul part étrangement puissant qui parcourut la lande devant eux. Il balaya la brume épaisse qui tourbillonnait par endroit, seul indice qui montrait clairement son action. Le vent est invisible, il est insaisissable mais on peut le ressentir et le voir parce que rien ne lui résiste. Le brouillard fuyait sur son passage comme un millier d'oiseaux fuit le prédateur aux crocs et aux griffes mortelles.
En moins de mot qu'il ne faut pour le décrire, le territoire avait retrouvé sa nudité habituelle. De la neige à perte de vue et rien d'autre à part quelques rochers bruns aussi aiguisés que des lames de rasoir. Le vent cessa soudainement et l'ithylium retrouva sa place au creux des fioles et autres cachettes. Elle laissa là ce qu'elle avait prit aux fleurs.

Derrière elle, le silence. Lourd et pesant silence. L'oracle n'osait leur faire face. Paraitrait-elle puérile d'avoir usé ainsi du lien si sacré ? Ils ne devaient pourtant pas modérer leur utilisation au quotidien. En vérité, ce qu'elle fuyait plutôt, c'était leur regard effrayé qu'elle avait si souvent croisé. Ce qu'elle venait de faire n'avait rien d'extraordinaire selon elle, mais elle ne faisait plus la différence entre l'ordinaire et l'étrange depuis sa rencontre avec le Gardien. Aux yeux des erfeydiens, tout prenait des allures divines.
Vidée de toute rancune, seule la profondeur du fossé qu'elle venait d'agrandir demeurait dans son cœur.

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Posté dans Re: Dans le brouillard, je rencontrerai la reine des pluies   - Ven 3 Mai 2013 - 17:53

Tous s'arrêtèrent d'un coup, tous étaient aux aguets des agissements de l'Oracle. Elijah arqua un sourcil presque vexé, c'était quoi ce regard de mijaurée qu'elle lui avait sorti ? Le futur Second lui emboîta le pas, sautant de son Koun sans autre protocole. Il allait la questionner quand sa main, barrière infranchissable, vint se dresser entre elle et lui. Dès lors le spectacle commença, mais personne ne le savait encore. Ce ne fut que lorsque l'Ithylium commença à se faire sentir dans les airs que chacun comprirent la véritable nature de cet arrêt : L'Oracle agissait.
De partout il affluait, tous pouvaient le sentir, du plus loin de l'horizon au plus près, chaque herbe, chaque grain de sable, chaque particule de terre semblait vouloir prêter main forte à leur créateur et lui criait son allégeance, révélant leurs forces même à ceux qui l'utilisaient sans en savoir la provenance. Elijah n'avait jamais été très réceptifs aux vibrations de l'Ithylium, il s'en était toujours servi de façon presque instinctive sans y prêter attention. Aujourd'hui il découvrait la force de la nature à son apogée, du moins le pensait-il. Et puis ce fut le vent. Un vent violent, sans aucune autre source que celle de sa créatrice, et, lorsqu'elle ouvrit les yeux, le brouillard avait laissé place à une lande claire et fraîche. Le silence s'empara de la foule, Elijah fit demi-tour, remonta sur son Koun et repartit à l'arrière, croisant l'Oracle qui remontait à pied vers sa monture, ne lui adressant ni attention, ni regard. Pourtant, dans cette inintérêt il n'y avait aucune animosité. Elle ne lui avait rien dit, rien répondu, il n'avait donc rien à dire, rien à répondre.

Le soir venu, Elijah ne pu faire comme si de rien n'était. Le temps était redevenu normal, tous leurs soucis semblaient s'être volatilisés en un coup de vent, pourtant il restait préoccupé. Il prétexta une chasse nocturne et s'en alla, arc et flèche dans le dos, disparaissant dans le noir tout en veillant à toujours voir la lueur du feu principal au loin. Plateau, colline, bientôt le paysage changerait du tout au tout, il profiterait de l'intimité des dernières vallées. Dans une cuvette formée entre deux hauteurs, il posa ses armes, retira ses affaires. Comme elle, il ferma les yeux, comme elle, il essaya mais la sensation ne revint pas. Sentir l'Ithylium de cette façon lui avait ouvert les yeux, il portait un nouveau regard sur son don, sur ce qu'il en faisait, c'était une chose différente que de savoir et d'expérimenter. Il n'était qu'un factionnaire, c'est ce que tous croyaient, pourtant même s'il se sentait appartenir aux Déserteurs il ne se sentait pas d'haïr tout ce qui était différent. Torse nu, il s'embrasa telle une torche, les bras en croix, le nez vers le ciel, à fixer les étoiles. Les crépitements de son corps, ces particules volatiles qui lui passaient devant les yeux pour disparaître parmi les étoiles, malgré la chaleur on voyait ses bras s'hérissés d'émotion. L'Ithylium, il le sentait, là autour de lui, ça n'avait rien de comparable mais c'était suffisant, à l'image de cette nourriture qu'on leur donnait depuis une semaine, ça ferait l'affaire. Un battement d'aile, Elijah tourna la tête et vit ce qui semblait être un Khan s'enfoncer dans un immense rocher, aller savoir pourquoi, il se décida à le traquer. Peu à peu le feu autour de lui s'éteignit, l'oreille plaqué contre la fente du rocher, il entendant comme des piaillement. Un bref coup d'œil derrière lui, personne, une gerbe de flamme jaillit de sa main, s'immisça dans l'ouverture et happa l'oiseau. Pour le coup une flèche aurait été plus radicale mais cette technique s'avérait forte intéressante puisqu'elle lui permit de leur sortir de son abri.

Elijah retourna au camp, son butin dans un sac de peau. Il comptait sur son épaisseur pour contenir l'odeur de plumes brûlées qui s'en émanait. Il rejoignit son groupe, fouilla quelques fournitures sur son Koun pour en sortir un pic, puis il parcourut chaque feu de camp annexe, cherchant l'Oracle sans la trouver. Ce fut lorsqu'il fit demi-tour qu'il la trouva sans le vouloir, seule, comme d'habitude. Il s'approcha par derrière, restant à bonne distance, comptant sur le bruit de ses pas pour ne pas la faire sursauter lorsqu'il prit la parole, immobile :

‒ « J'ai perdu. il avança jusqu'à son niveau, mais resta debout, brisant sans doute au moins trois règles élémentaires du code tacite des possesseurs du mäluinne. Ne prends pas ça comme de la pitié, vois ça comme... il cherchait, une excuse. De ma part, j'entends. »
Elijah s'accroupit, fouilla dans sa besace et en sorti le Khan, brûlé par endroit. Il le prépara pour la cuisson aussi bien qu'un homme puisse le faire, l'embrocha et le positionna au dessus du feu. Pourquoi tenait-il tant que ça à se rapprocher d'elle ? Elle possédait le mäluinne, était Oracle, sans doute capricieuse et imbue de sa personne, solitaire... Mais quelque part il se disait qu'ils n'étaient pas si différents l'un de l'autre car eux deux étaient des parias, des parias différents, certes, mais pas tant que ça.
Avait-elle remarqué que la nourriture sentait déjà le brûlé avant même d'être sur le feu ? Ferait-elle le rapprochement entre ce qui s'était passé ? Certainement pas. Pourtant Elijah savait bien que chasser à l'aide de l'Ithylium n'était pas courant, pour ainsi dire beaucoup considéraient cette méthode comme la dernière à utiliser, il y avait ce respect de la nature commun à tous, celui de laisser une chance à sa proie de s'enfuir. Elijah, lui, n'avait laissé aucune chance, si elle était Oracle jusqu'aux bouts des ongles, il était certain qu'elle le lui ferait remarquer. Mais les Oracles étaient-ils au courant de tout ? Apparemment non :

‒ « On est quitte. écourta-Elijah. »
Il laissa le Khan sur le feu et s'en alla. Ce jeu du chat et de la souris lui plaisait plus que de raison mais jouer avec le feu, c'était dans sa nature.


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Posté dans Re: Dans le brouillard, je rencontrerai la reine des pluies   - Mer 8 Mai 2013 - 17:24

Avec du recul, Kataleyah considérait cette scène non plus étrange mais déterminante.

L'oracle n'avait pas lâché un mot de son irruption à sa disparition dans les ombres environnantes. Elle s'était contenté de l'observer tout du long. Pas une seconde ses yeux n'avaient détourné leur attention du factionnaire. Elle l'avait regardé sortir le khan, les pupilles soudainement plus dilatées par l'odeur du sang puis toujours aussi impassible elle n'avait pas esquissé un geste avenant dans sa direction alors qu'il dépouillait la carcasse de tout ce que l'homme classe dans la catégorie du superflue. Avec une pointe de regret, elle l'avait regardé embrocher l'animal au dessus du feu.
Elle ne comprenait pas tout mais son attitude qu'on pouvait qualifié à la fois de téméraire et de courageuse avait suffit à piquer sa curiosité. Oh ! Elle avait bien ressenti cette signature propre à l'ithylium qui flottait sur la chair fumante du khan. Cependant, plus forte encore était celle qui enveloppait le chasseur. Comme une aura, à la fois une odeur, un son, un arrière goût et une sensation. A la hauteur de l'énergie développait grâce à l'huile bleuté quand on sait la contenir.
Ce fut cette trace plus que le reste de son attitude particulière qui retourna la situation en sa faveur. Aux yeux de l'oracle, il ne représentait plus ce jeune guerrier bravache qui cherchait à épater ses compagnons d'armes en approchant de - trop ? - près un mäluinne. Il lui inspirait une espèce de singularité qui laissait espérer à la nouveauté. Sans vraiment parvenir à mettre un mot dessus, Kataleyah développa un intérêt grandissant à l'encontre de cet homme, en dépit de sa mission première.

¤¤¤¤

En milieu d'après-midi, le lendemain, l'escorte atteignit la vallée des wörmyn. Au creux des basses montagnes du sud d'Orio, elle s'étendait en sillonnant vaguement jusqu'à l'horizon. Plus large qu'un fleuve, plus blanche que les landes au nord-est, l'épaisse couche de neige scintillait sous le soleil et vous aveuglait douloureusement dès lors qu'on caressait du regard son voile glacé. Une forêt dense de frênes et d'érables tâchait le pied des montagnes de la beauté automnale de ces espèces. D'or et de vermeil, les frondaisons de la saison n'avait pas leur pareil dans l'île. Cette vallée était néanmoins aussi réputée pour sa splendeur que pour ses habitants favoris : les wörmyns, dont elle tenait le nom.
Ces vers géants infestaient les sols de région sans relief telle que la vallée. Les éboulis fréquents et les tempêtes qui abattaient régulièrement les arbres trop rigides constituaient une source d'alimentation idéale pour ces créatures de la nuit. Néanmoins, elles ne rechignaient pas à chasser toutes créatures à sang chaud qui foulaient leur toit de terre et de glace. La moindre vibration parvenait à leur sens comme autant de signal d'alarmes et malgré leur cécité apparente, elles creusaient une galerie jusqu'à la proie égarée aussi silencieuses que des ombres, invisibles jusqu'à ce que leur mâchoire de titan jaillissent du sol pour disparaitre aussitôt savourer son repas à l'abri d'une riposte.

Il était donc de notoriété publique que traverser la vallée des wörmyns équivalait à un acte suicidaire plutôt que héroïque. Le passage offrait un raccourci alléchant et il avait été convenu dès le départ que la troupe passerait par là car les créatures ne s'aventuraient pas dans les forêts, là où les sous-sols étaient envahis de racines peu propices aux galeries. Alors qu'un voyageur isolé risquait de tomber sur une embuscade de déserteurs sans pitié, un groupe aussi conséquent que les cent hommes et femmes qui protégeaient l'oracle n'avait rien à redouter.
Seulement, à moins d'un kilomètre de la vallée, les discussions divergeaient entre Hjalmar et ses plus proches conseillers.
- Si on traverse la forêt, nous devrons sillonner entre les arbres et réduire les hommes de front. Dans le meilleur des cas, ce ne seront pas plus de deux guerriers qui encadreront l'oracle ! protesta un des conseillers d'une quarantaine d'année au long visage émacié.
- Alors quoi Drott ? railla Finnborg, dont la carrure prenait à elle seule la largeur du sentier en question. Tu crains vraiment une attaque de ces misérables fuyards ?
- Les déserteurs connaissent mieux ces bois que nos meilleurs éclaireurs, et personne n'y a mis les pieds depuis trop longtemps. Le peu présent aura eu le temps de poser des pièges et de rassembler d'autres forces, insista Drott.
- Les vers se seront occupés d'eux à notre place ! Et en admettant que ton hypothèse soit juste, nous sommes largement supérieur en nombre.
- Triple idiot ! Crois-tu que la mort leur fait encore peur ?! C'est la vie de l'oracle qu'ils chercheront à atteindre et peu leur importe de se sacrifier pour toucher le Gardien !
- Traite moi encore d'idiot vieux débris et c'est à tes ancêtres que t’ira raconter tes élucubrations de bonne femme !
A ces mots, Hilde jeta un regard furibond à Finnborg.
- Non mais pas des femmes comme toi Hilde, ajouta-t-il en balayant l'air de la main.
- Si on longe la lisière de la forêt, les wörmyns pourront nous atteindre, se contenta-t-elle de préciser.
- Je sais ça, fit Drott avec agacement, mais tant qu'il fait jour nous avons l'avantage. Dès qu'ils sortiront de terre, nos guerriers liés au feu les renverront d'où ils viennent. Ils ne seront pas assez idiots pour retenter l'expérience, conclut-il avec un regard en biais vers Finn.
Ils continuèrent à débattre quelques minutes encore avant d'en venir aux mains. Quelques paires de claques plus tard et un rappel à l'ordre de Hjalmar qui avait jusque là gardé le silence, ils décidèrent de consulter l'oracle.
Cette dernière n'avait pas démonté de selle et observait la voute rougeoyante qui recouvrait le flanc des montagnes. Un vent léger faisait bruire l'épais feuillage. Par moment, il venait à s'intensifier et alors il sifflait en se faufilant entre les rochers. La vallée, au centre, paraissait si calme que Kataleyah aurait pu s'endormir de paresse en plein soleil. Toutefois, elle connaissait aussi bien le lieu que ses compagnons de voyage.
Peut être qu'on pensait qu'entre femmes, l'entente passerait mieux, ainsi avait-on confié la protection de l'oracle à Hilde. C'était un raisonnement stupide renforcé par le caractère glacial de la guerrière. Elle craignait autant l'hôte du Gardien que ses frères et maintenait une distance trop respectueuse pour mettre à l'aise.
- Grande oracle Teim-Cruan, pardonne mon audace en interrompant tes réflexions... chuchota Hilde en approchant, comme si elle craignait de réveiller la colère du Gardien.

A une autre époque, Kataleyah aurait rit de cette attitude. Pas méchamment mais plutôt par exaspération et gêne. La première année, ce genre de comportement l'avait clairement sidéré. Alors que Peottre hochait du menton avec un sourire plaqué aux lèvres, elle avait ricané comme une sotte avant de tenter une approche familière avec la jeune femme qui l'avait salué si pompeusement. Cette dernière s'était pétrifiée d'horreur à son contact. Elle avait reculé puis chuté accidentellement sur l'étal qui présentait une statuette d'argile à l'effigie - supposée - du Gardien. La sculpture s'était brisée en une centaine de morceaux et la pauvre femme y avait vu là un signe de malédiction sur elle et, bien entendu, toute sa descendance. Kataleyah ne sut jamais ce qu'il advint de cette jeune mère de famille mais sa réaction démesurée à ses yeux la garda bien de rire à nouveau de la peur des autres.
Elle adressa un sourire sans lumière à Hilde afin qu'elle poursuive.
- Hjalmar fait appel à tes bons conseils pour la route à prendre.
La guerrière lui résuma la situation et les risques encourues dans les deux cas. Leur dispute ne montrait qu'une chose pour l'oracle : personne ne voulait prendre la décision qui pourrait mettre en péril leur protégée. Peu leur importait de traverser la forêt ou la vallée, c'était la responsabilité d'un accident qu'ils fuyaient tous. Kataleyah ne put retenir un petit soupir. Elle contempla une dernière fois forêt et vallée...
- Nous passerons par la forêt, déclara-t-elle sobrement.

Enfin, le décor allait changer ! Déserteurs ou vers géants, dans tous les cas, le reste de la journée les sortirait probablement de ce début routinier. Drott, Finnborg et Hilde transmirent leurs ordres au reste du clan. Ils sélectionnèrent les meilleurs guerriers aux liens et aptitudes différents pour former un cercle de protection autour de l'oracle. Un devant, un derrière et un de chaque côté. Le chemin ne permettrait pas plus et trop attirerait sans doute l'attention, comme une belle cible mouvante sur la plaine désertique d'Orio.





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Posté dans Re: Dans le brouillard, je rencontrerai la reine des pluies   - Sam 11 Mai 2013 - 8:06

La vallée des wörmyns, on ne pouvait rêver meilleure traversée... Téméraires et idiots s'accordaient pourtant à dire la même chose : ce n'était pas une bonne chose. Et cette chose, c'étaient les wörmyns. Un serpent intra-terrestre d'une vingtaine de mètre de long, aussi large que deux hommes, qui vous happait par le dessous, il fallait être inconscient pour vouloir tenter une percée sur leur territoire. Pourtant, à leur plus grande surprise, le groupe ralentit peu à peu sans s'en apercevoir. Fruit d'une discussion des "hauts placés" de la troupe... Discuter de quoi ! Il n'y avait rien à rediscuter, passer par la vallée était une idée grotesque. Les factionnaires restés derrière parlaient entre eux aussi forts que faire se peut, entraînant une vague de bruit qui parvint jusqu'à la tête de file jusqu'à couvrir leurs voix. Les esprits s'échauffèrent, les plus proches purent deviner une légère altercation - ce qui était plutôt commun aux Erfeydes. "Forêt", ce mot résonna entre toutes les oreilles, la direction avait été choisie et elle était désormais devenue incontestable. Si les wörmyns évitaient les forêts, ce n'était pas le cas de toutes les autres créatures, rien de bien méchant comparé à ce qui se trouvait sous terre cela dit. Entre deux pires, prenons le meilleur, telle avait été la décision aussi ridicule que logique.

Un homme passa dans les rangs, il prit quelques factionnaire, ceux ayant l'air le plus robuste, ou ceux ayant vantés leur mérite en espérant être pris. Elijah, ne fut même pas regardé, l'un dans l'autre ça l'arrangeait bien, faire la garde rapprochée de l'Oracle avait quelque chose de dégradant, pour lui du moins. Les wörmyns craignant le feu, un des hommes des Early-Dawn se présenta comme un feu défensif. Quelques un pouffèrent devant cette combinaison étrange. Le feu avait de particulier qu'il n'était ni entièrement défensif, ni entièrement agressif. Un mur de feu était l'exemple parfait, un mur de glace sous les pieds ça pousse, ça fait s'envoler. Un mur de feu, ça ne fait rien d'autre que de brûler. Si tout ça prêtait à sourire, tous savaient qu'une boule de feu englobant un individu constituait une défense pour le moins difficilement pénétrable, d'autant plus que la spécialité de cet homme-là restait d'activer l'Ithylium à l'intérieur même de la terre pour en faire des colonnes de flamme prenant source on ne sait où. Un lien de terre aurait été d'une utilité capitale, ce dernier aurait pu sentir la moindre vibration dans le sous-sol et, avec un peu de chance, aurait pu permettre à toute la troupe de traverser directement par la vallée. Manque de chance, les liens de terre ça ne courait pas la banquise.
Les voilà donc en pleine forêt, l'Oracle est littéralement encadré par un feu défensif, un feu offensif, un glace créatif et... Non, l'autre Elijah ne le connaissait pas, vu le nombre de personnes qui étaient dans le clan c'était déjà une chance qu'il connaisse trois sur quatre des heureux élus. Le Sölk restait persuadé que l'Oracle aurait pu en une bourrasque se défendre, et quand bien même elle n'y parvenait pas, le Gardien n'était-il pas là pour l'aider ? La mort imminente d'un de ses protégés avait de quoi le faire sortir de ses gonds, non ? Elijah jugeait cette protection plus protocolaire qu'utile.

Une flèche. Un mort. Une flèche. Un blessé. Une flèche... Un gigantesque toit de flamme la carbonise avant qu'elle ne touche qui que ce soit. Les factionnaires ouvraient les yeux, les flèches atterrissaient sur eux presque à la verticale, à travers les arbres, leurs feuillages est clairsemés et rouge, la visibilité était bonne mais rien n'y personne ne semblait y être accroché. Encore une volée de flèche et d'un coup de mur de flamme se transforme en une poussière lourde : du sable.
Les Déserteurs, ils étaient là. Comment avaient-ils eu vent d'un tel voyage ? Des éclaireurs, sans doute. L'utilisation de leur don pour créer des défenses permanentes étaient impossible, chacun veillait à la sécurité de son voisin par ses propres moyens, repoussant les flèches comme il le pouvait. Des gerbes de feu, des pics de glaces, brûlaient et brisaient les flèches tandis que l'Oracle fût peu à peu entrainée au centre de la troupe, à l'abri, entourée par des factionnaires qui n'avaient alors plus qu'une seule mission : la protéger. Quatre personnes pour lui éviter le moindre coup, et cent autres près à en découdre dès que les lâches arrêteraient de tirer depuis les ombres. Des flèches, encore des flèches mais toujours pas un tireur en vu. Ces tirs arqués offrait une pluie de flèche aussi défensive qu'agressive. Une espèce difforme de boule de guerriers s'était formée autour de Kataleyah.

Puis ce fut l'assaut. Une dernière volée de flèche sonna le départ pour des troupes embusquées de part et d'autre de la forêt. Tantôt recouvert de feuille, tantôt dans un trou formé par le relief, les Déserteurs se levèrent, moins nombreux mais bénéficiant d'un effet de surprise non négligeable. Les flèches n'avaient fait que peu de mort, mais déjà une vingtaine d'hommes étaient blessés, que ce soit une flèche dans le bras ou dans le pied.
Elijah resta un instant dans la foule, à se demander si cette occasion n'était pas celle que tous les siens attendaient depuis si longtemps : la mort d'un Oracle. Ce n'était pas son groupe, Zötmadar lui aurait fait parvenir un message, lui aurait au moins donné un signe. Ces Déserteurs n'étaient qu'un groupe chaotique de personnes ayant été chassées, en aucun cas il s'agissait de sa famille, en aucun cas il ne s'agissait des prémices des Murmures de la Sylve. De toute façon pour en avoir le cœur net il n'y aurait qu'à regarder leurs corps mutilés, Elijah saurait trouver l'indice qui lui prouverait que son clan, le vrai, n'y était pour rien.


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Posté dans Re: Dans le brouillard, je rencontrerai la reine des pluies   - Lun 10 Juin 2013 - 14:50

Un sauvageon, le visage transformait par la haine et la folie de ses ambitions bondit du sol comme un skoll enragé et sauta à la gorge du guerrier qui lui faisait face. Il déchiqueta sa gorge d'un coup de poignard édenté tout en hurlant.
Son cri résonna dans le crane de l'oracle car il était bien plus proche d'elle que la centaine d'autre qui formait un vacarme assourdissant. Cette mêlée de coup d'acier contre acier, chair contre chair, cri de guerre et de douleur contrastait avec le calme qui régnait dans la forêt quelques minutes plus tôt.
Kataleyah n'avait pas connu beaucoup de combat. Du moins, pas contre ceux de son espèce. La danse d'un animal qui s'apprêtait à attaquer, l'étrange silence de la nature qui flottait dans l'air avant le premier mouvement. Cela, elle connaissait parfaitement. Mais cette cohue qui animait les guerriers, alliés ou ennemis sans distinction, l'impressionnait d'horreur. Que devait-elle faire ? Rester à l'abri derrière ce rempart composé de dos aux lourdes armures et protéger le bien le plus précieux de son peuple : la mémoire erfeydienne ? Devait-elle être spectatrice du carnage qu'une poignée de sauvages plus proche de l'animal que de l'homme perpétrait sous ses yeux perdus ?
Quand le factionnaire qui la couvrait de toute sa hauteur tomba à terre, deux prunelles étincelantes de colère croisèrent son regard. Ses lèvres retroussées juraient sur cette dentition à la blancheur éclatante au milieu d'un visage émacié maculé de sang sombre. L'assaillant porta toute sa force dans un coup de poignard en direction de Kataleyah. Plus vif qu'un battement d'aile, la main gantée de glace de Leïf, le factionnaire désigné pour assurer les arrières de l'oracle, s'interposa sur la trajectoire de l'arme. La lame ricocha et sous le choc elle échappa des mains du déserteur. La glace s'allongea puis frappa à son tour la poitrine du sauvageon.
Par dessus le bruit des combats, Kataleyah entendit son sauveur s'enquérir de son état. Cette question sembla la sortir de sa béatitude comme une bonne gifle l'aurait fait. Elle esquiva de justesse une flèche qui siffla près de son oreille. Quand elle releva la tête, Leïf gisait sur le tapis de feuilles mortes en bordure du chemin, une lance au travers de sa cotte de maille usée.
La jeune femme eut tout juste le temps de se saisir de la hachette ceint à sa taille pour parer l'attaque d'un déserteur. Un roulement de bras vers l'extérieur pour dégager le torse nu qui s'offrait à elle et l'arme jumelle vint se planter avec toute la force de la vengeance entre les côtes à sa merci.
Presque aussitôt, une femme guère plus âgée que l'oracle se rua hurlante et en larme sur son koun. L'hôte démonta à temps pour protéger la bête et trancha la carotide de la guerrière après quelques échanges qui évaluèrent rapidement la différence de niveau entre les deux femmes.

Soudain, une vibration familière attira son attention, tel un signal d'alerte. Elle pivota vivement sur la gauche pour affronter la nouvelle menace. Une énorme gerbe de flammes d'un rouge presque noir filait droit dans sa direction. Son hoquet de surprise manqua avoir raison d'elle à ce moment ! Elle se ressaisit mais il était trop tard pour esquiver le brasier incandescent qui dévorait tout sur son passage. Elle ferma les yeux et laissa les flammes l'envelopper entièrement.

Le créateur de ce fléau était fort. Sa volonté surpassait de loin celle de ses frères. Elle n'était pas animée par la haine mais par une résolution effrayamment sereine. La chaleur du feu d'ithylium ne brûlait pas encore l'oracle bien qu'elle suffit à recouvrir sa peau d'une pellicule de sueur. La proportion que prenait cette matérialisation apparaissait dans son esprit comme une marre agitée qui gagnait en circonférence. Nul doute que les arbres alentours s'embrasaient telles des torches huilées et les hommes encore dans les parages qui n'avaient eu le temps d'embrasser le sol ou de se munir d'une protection digne de ce nom se tordaient alors de la douleur qu'engendre la chair fondue.
Elle perçut les vaines tentatives de ses alliés pour reprendre le contrôle sur la masse d'ithylium rassemblée par le déserteur au lien de feu. L'effort nécessaire pour séparer toutes ses entités de la principale tout en veillant à assurer sa propre protection grâce à une coquille faite de mouvement d'air épuisait la jeune oracle. Ses pensées s'égarèrent un instant vers son maitre et protecteur. Ou plutôt son absence. Attendait-il le dernier moment pour l'aider ? La testait-il ? Peut être ne méritait-elle pas encore son aide. En vérité, il lui avait inculqué un savoir unique à propos du sang bleu et c'était là l'occasion de mettre en pratique la théorie.
Elle s'accroupit et se protégea la tête des bras. Puis elle porta toute sa concentration sur la volonté adverse jusqu'à affaiblir à la limite du supportable sa propre protection. Cette fois, son corps semblait rejeter la moindre goutte d'eau par tous ses pores. Il lui semblait presque sentir l'odeur de cheveux brûlés ou bien de vêtement peut être. Ses épaules mises à nues, une douleur lointaine l'avertit du danger.
Alors, elle perçut enfin ce qu'elle attendait jusque là. Une baisse légère mais significative d'attention. Aussitôt, son esprit se faufila dans cette brèche et remonta jusqu'à sa source. Sa volonté écrasa celle du déserteur et le feu s'éteignit comme une mèche soufflée par la brise. Seulement, Kataleyah n'en resta pas là. Elle profita de cette seconde de transition entre la concentration extrême propre à la magie erfeydienne et le dur retour à la réalité. Ce brève état de faiblesse où l'esprit n'a pas encore reprit contrôle du corps. D'une rafale violente à la pression assez élevée pour croire le vent tangible, l'oracle acheva cet être infâme qui osait renier son dieu gardien tout en jouissant sans scrupule de son cadeau le plus précieux.
Guidée par la haine, elle s'acharna sur le corps déjà inerte à coup de lames invisibles. Elle ne laissa plus que charpies humaines. Autour d'elle, les factionnaires éliminaient les derniers traitres qui fuyaient. Ils avaient caché là un allié redoutable et l'insouciance de la jeune oracle avait bien faillit lui couter cher.
Calmée mais toujours déconnectée de l'environnement, elle sentit tout juste le vêtement lourd que Hilde posa délicatement sur ses épaules.

Quelques heures plus tard, les blessés avaient reçu les premiers soins et les onze morts reposaient au pied d'un érable d'or libérés de leur devoir par une prière d'adieu de l'oracle.
La proportion de ces pertes plombaient littéralement le moral des factionnaires toujours debout. Ils avaient sous estimé leur ennemi. La voix serpentine de Finnborg ondulait entre les rangs. Oui, cette région était restée trop longtemps sans surveillance. Oui, on aurait du prêter plus d'attention à ses avertissements. Après tout, n'était-ce pas le plus âgé des décideurs ?
Hjälmar maudit ouvertement l'incapacité des éclaireurs du clan et jura sur le Gardien qu'il en toucherait plus d'un mot à Almarik dès leur retour. On pouvait déjà prévoir une grande chasse aux déserteurs dans la vallée d'ici la fin du mois. Initiative obsolète mais nécessaire pour laver cet affront.

Kataleyah souhaitait reprendre la route mais la nuit ne tarderait plus à couver la forêt de son manteau de ténèbres. Elle avait tout juste réussi à distancer de quelques kilomètres leur campement de l'ilot de cendres. Quant à son état, elle avait bénéficié des compétences du soigneur en première, bien évidemment.
Elle avait du perdre cinq bons centimètres de longueur de cheveux. Rien de vraiment gênant. Néanmoins, la peau de ses épaules, avant bras, mains et une partie du haut du dos était salement brûlée. Elle ne pouvait ignorer la douleur mais faisait bonne figure afin de ne pas nourrir de culpabilité chez les factionnaires chargés de sa protection.
Le cataplasme d'herbe médicinales stoppait la progression de la brûlure et à force de patience accélérait la guérison. Cependant, le Gardien jusque là absent avait depuis refait surface. Il veillait lui même à la cicatrisation de son hôte et il fallait reconnaitre que son efficacité était tout autre. Kataleyah savait que dès le lendemain, sa peau ne porterait plus que quelques rougeurs. Elle avait donc bien vite redirigé le soigneur vers les plus nécessiteux.
Cette nuit là, très peu trouvèrent le sommeil.

Dès que les premiers rayons du soleil percèrent la voute de la forêt, la caravane reprit sa route vers Zebülba. Quelques kouns manquaient à l'appel mais c'était toujours assez pour combler chaque cavalier. De plus, il n'y avait pas de blessés graves pour ralentir leur allure. Au moins, l'idée d'une arrivée piteuse ne menaçait plus la fierté guerrière.
En fin d'après midi, on avait atteint la lisière sud de la forêt. Si le temps demeurait aussi clément, le clan atteindrait sa destination avant la fin du prochain jour.
Hjälmar ordonna une halte pour qu'une dizaine de chasseurs profitent du territoire et réapprovisionnent les réserves de viande fraîche.
Installée près d'un feu, Kataleyah s'affairait à aiguiser le tranchant de ses hachettes. C'était plus histoire de laisser filer le temps que par nécessité. Elle aurait aimé participer à la chasse mais ses méthodes ne convenait pas à la traque collective.
Étrangement, sa dernière intervention l'avait rapprochée des factionnaires. Malgré la tristesse de la mort de plusieurs compagnons et la honte de tant de dégâts pour un si petit nombre de déserteurs, chaque homme et chaque femme présents partageaient la satisfaction d'avoir fait démonstration de sa force et de son dévouement au Gardien. Le cœur emplit de fierté, il régnait ce soir là non plus l'aura du deuil mais comme un air de fête.
Cette nuit, ils boiraient et ils chanteraient autour d'un vrai repas. C'était là tout ce que pouvait souhaitait l'oracle à son peuple. Un craquement sec la fit se retourner.






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Posté dans Re: Dans le brouillard, je rencontrerai la reine des pluies   - Mar 11 Juin 2013 - 6:52

‒ « Ce n’est que moi. »
Ce petit sourire accroché au visage, les mains levés mais aussitôt descendu, plus par convention que par nécessité. Il la voyait là, encore seule, toujours seule. Etait-ce là une façon pour elle de se protéger ? Ca il n’en savait rien, il ne voyait qu’une femme pourvu d’un don que personne ne souhaitait avoir mais que tous vénéraient. Tous, non, et lui, à juste titre, il faisait parti de ces gens qui n’en avaient que peu faire. Elle s’était retourné, son regard était profond malgré son apparente furtivité.

Après ce qu’il avait vu il ne pouvait s’ôter de la tête que lui et elle n’étaient pas si différents, ou plutôt qu’elle n’étaient pas si différente de certains d’entre eux. Avant d’être une Oracle c’était une Erfeydienne, une guerrière, et les évènements venaient de le prouver. Contre toute attente son arme n’avait pas été ces deux haches qu’elle s’évertuait à polir et affûter mais l’Ithylium. Seuls les plus forts ou les plus idiots osaient l’utiliser contre un autre habitant de l’Île Blanche, Elijah n’avait jamais pris ce risque. Par peur qu’on ne lui renvoyât ses flammes, sans doute, ce qui était stupide puisqu’il était insensible aux effets du feu. Peut-être qu’au fond de lui il ne possédait pas encore cette volonté qui faisait de notre vie une prise de risque constante, ou alors ne faisait-il plus la différence entre ce qu’était le risque et ce qui était dangereux…
Et pourtant tout portait à croire le contraire. Elijah n’était plus lui-même lorsque l’adrénaline s’emparait de lui. Il n’y avait plus de pensée, seulement son corps qui subissait l’environnement et agissait en conséquence, il n’était même plus sûr de maitriser son propre corps, à défaut de ne pas avoir le temps d’y réfléchir lorsqu’il est dans cet état. Cela dit il avait été l’acteur et le metteur en scène d’une pièce qu’il avait l’impression d’avoir joué sans avoir de texte… Il se revoyait bloquer le bras du Déserteur, s’emparer de son arme et l’utiliser contre lui avant de la jeter sur un autre qui courait vers la mêlée. Il se revoyait esquiver un coup, simple chance du réflexe, et en porter un sans conséquence car non préparé. Oui, il revoyait tous ses ennemis sans leur mettre de visage. Seule l’image du combat lui restait, et non son contenu. Dans le feu de l’action, il n’avait pas remarqué sa blessure à l'aine, c’est un des guérisseur qui lui avait proposé de la soigner, Elijah avait refusé de peur que l’on découvrit son tatouage, ce qui, vu l’endroit de la blessure, était fort probable. Finalement la prise de risque, il savait mieux que quiconque ce que c’était et le pire n’était pas de le cacher mais de le garder caché.

‒ « J’aurai dû être là. Il s’assit à ses côtés d’une façon peu banale afin d’éviter de tirer sur sa blessure à l’aine. A ce qu’on dit Leif s’est mis sur la trajectoire d’une lance à bout portant pour éviter que le Déserteur ne la projette sur nous. J’aurai dû être sur celle du feu. »
Sur ces mots il jeta un bref regard sur les blessures couvertes de crème de Kataleyah. Dans ses yeux il se lisait remords et fierté. Leif était mort en soldat, d’une façon brutale, extrême, tout comme lui, on n’aurait pu rêver meilleure condition pour que cela eût correspondu mieux à Leif. Le remord était pour lui, il y avait des tonnes de blessés, hommes comme femmes, mais l’objectif de la mission avait échoué : l’Oracle avait été blessée. Il y avait fort à parier qu’avec les récents évènements plus aucune mission capitale de protection ne serait confiée à leur clan avant un bon moment, il n’y avait plus rien à perdre désormais. Il fixa Kataleyah du regard, l’apparente gravité de ses propos trouvait grâce dans le sourire complice qui s’accrochait à son visage à chaque fois qu’il avait une idée en tête. Une vibration, un souffle, et voilà que la main d’Elijah s’enflamme, il la tourne dans tous les sens, comme pour la faire miroiter :

‒ « Je n’ai jamais réellement compris pourquoi ma peau… un temps, il se coupa dans sa phrase, faisant monter le feu jusqu’à sa manche qui se mit à brunir. Il éteignit le feu avant qu’elle ne s’embrase. Ne réagit pas comme ma manche. Continua-t-il. J’en avais parlé à Leif, il eut l’air soudain distant, comme nostalgique, et c’est bête mais on avait parié que celui qui serait le plus blessé à la fin du voyage devrait aller te voir. il souffla un rire peiné. Il semblerait que j’ai gagné cette fois… Mais je crois que ces paris n’étaient en réalité qu’une excuse, j’aurais été capable de me laisser toucher juste pour perdre. »
Une excuse pour ? Sa curiosité ? Ou bien son attachement étrange à celle que tout le monde fuit plus ou moins ? A présent Leif ne serait plus là, il avait rempli son devoir, les risques du métier. Quelque part il savait que Leif souriait de le voir assit à raconter ses petites histoires, d’autant plus que Elijah qui se laissait toucher pour perdre à un jeu ça avait quelque chose de risible, jamais il n’aurait voulu perdre. Leif avait toujours su qu’Elijah était un beau parleur, maintenant il en avait la confirmation, mais cela enlevait-il la véracité de ses propos ? Pas le moins du monde.


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Posté dans Re: Dans le brouillard, je rencontrerai la reine des pluies   - Mar 11 Juin 2013 - 11:23

Il ne lui laissait pas le temps de répliquer ni assez pour tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de répondre. Aussi le fixait-elle les sourcils légèrement froncés, embêtée par cette situation inhabituelle. Pas dans le mauvais sens, non. Elle n'avait juste strictement aucune idée de ce qu'elle devait dire ou faire à ce moment. Les discours, c'était pour Peottre. Néanmoins, elle s'avoua apprécier un peu de compagnie et plus étrangement encore, la sienne.
Silencieuse mais attentive, son regard suivit la naissance du feu, son évolution jusqu'à son extinction. Ne connaissait-il vraiment pas la raison des effets inoffensifs de ces flammes ? Son ignorance la surprit sincèrement. Elle préféra toutefois se garder quelques remarques pour ne pas le vexer. Après tout, les erfeydiens se différenciaient les uns des autres par leur maitrise de l'arme blanche. Le Lien ne représentait plus autant à leurs yeux que ce qu'il avait été à une époque lointaine. Cent ans ? Cinq cent ? Plus ?
Elle soupira et par ce geste, sembla se détendre, du moins en apparence. Elle tentait de déchiffrer le visage du factionnaire. Entre ses paroles, son sourire et ses yeux, elle ne décelait aucune cohérence. Se moquait-il ? Était il vraiment affligé par la perte de son frère d'armes ? Remplissait-il là un autre pari ou jeu téméraire et stupide ? Cherchait-il à découvrir ces choses qu'on ne demandait pas sur le Gardien ?
Ce qui déplaisait le plus à l'oracle, c'était l'attitude trop récurrente des erfeydiens à son égard ; quand ils lui parlaient, ils pensaient s'adresser au Gardien, ils croyaient que l'esprit millénaire entendrait leur prière comme s'ils les murmuraient à leur dieu derrière une banale porte en bois. Qu'attendait-il du Gardien en venant la voir ?

Le silence perdurait depuis plusieurs minutes déjà. Kataleyah fixait ce visage sans parvenir à y coller un âge, un nom et encore moins une émotion véritable. C''aurait été presque aussi déstabilisant de parler avec un esprit aux milles visages, s'il avait été possible d'en rencontrer un. La jeune femme ne savait pas sur quelle pied entamer la danse car ce dont elle était sure, c'est qu'il ne partirait pas avant d'avoir obtenu ce qu'il cherchait depuis plusieurs jours en lui tournant autour et qu'elle veillerait à le garder là jusqu'à l'avoir découvert. De préférence en premier.

- Tu aurais brûlé si tu t'étais interposé, fit-elle enfin.

Sans comprendre pourquoi elle entreprit de se débarrasser des bandages de ses mains et tendit l'une d'elle vers le factionnaire pour qu'il puisse contempler l'incroyable cicatrisation opérée par le Gardien. Elle ne confirma pas le doute qu'il ruminait surement à ce sujet. Jusque là, elle avait prit garde de ne pas montrer l'avancée de son rétablissement au soigneur ni à quiconque d'autre. Peut être dans le naïve espoir de préserver cette nouvelle proximité avec le clan, au moins le temps de sa mission. C'était toujours plus simple de voyager au même piédestal que ses compagnons de route.

- Le feu que tu peux créer grâce à l'ithylium n'est pas un feu normal. Il pourrait te brûler, si tu le souhaitais mais ce serait plus simple de sauter du haut de la Muraille et s'envoler que d'aller contre l'instinct de survie. Ce feu noir comportait les propriétés précises pour réduire en cendre tout ce qui se trouvait sur son passage, excepté son créateur.

Elle se permit un léger sourire amusé lorsqu'elle ajouta :
- Nos ancêtres pouvaient geler un arbre avec un feu d'ithylium tant leur capacité à modifier ses propriétés étaient élevées.

Elle capta une lueur de vif intérêt dans le regard d'Elijah. Puis elle reprit la parole un ton plus bas pendant qu'elle enroulait à l'arrache les bandages sur ses doigts rougis.

- Ton ami, Leïf, m'a sauvée la vie. Son nom recevra les honneurs qu'il mérite. Mais mon rôle est aussi, il me semble, de protéger mon peuple quand je le peux...

Elle voulut rajouter que les guerriers du clan n'avaient pas à ressentir la moindre culpabilité de ses blessures. Ils n'avaient pas faillit à leur mission. Mais elle ne s'aventura pas sur ce terrain encore trop étranger pour la jeune oracle qu'elle était. Ainsi isolée de son mentor, elle n'était plus très sure de ce qu'il était permis de dire et de ne pas dire.





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Posté dans Re: Dans le brouillard, je rencontrerai la reine des pluies   - Mer 12 Juin 2013 - 3:32

Geler un arbre avec du feu, cette idée le fit sourire. Il la crut, bizarrement. Après tout qui pouvait savoir ce qui se passait il y a de ça des siècles si ce n’était elle ? Personne. Instantanément il s’était représenté l’action dans les détails les plus spectaculaire : un arbre d’hiver en plein été. Cela voulait-il dire qu’un élément n’avait rien à voir avec ses facultés propres ? Qu’il leur était possible de faire brûler la glace comme de faire geler le feu ? Ca l’amusa, ça l’intrigua, et mieux, ça le passionna. Elle le vit, mais lui ne se rendait pas compte qu’il laissait paraître autant d’intérêt. Le vent pouvait-il guérir ? Normalement non. Mais le feu pouvait-il geler ? Normalement non. Ces nouvelles perspectives le laissèrent rêveur, plus personne n’apprenait à maîtriser l’Ithylium, sauf peut-être quelques passionnés. Aujourd’hui chaque Erfeydien se contentait de trouver son lien inné et se l’appropriait comme étant unique : Kataleyah venait de lui ouvrir les yeux sur la réalité de la chose, il était possible qu’ils aient tous les mêmes capacités latentes et, comme un joueur de musique ou un forgeron, qu’ils se devaient de faire des choix dans un art sans pouvoir maîtriser l’autre. Cela dit rien n’empêchait le forgeron de se saisir de l’instrument du musicien et de jouer une note, tout comme le musicien pouvait prendre le marteau. L’un n’inventera jamais une chanson, l’autre ne forgera jamais une épée, pourtant ils auront appris plus qu’en restant dans leur domaine. La spécialisation avait ses limites, le poison réside dans la quantité. Si trop de spécialisations pouvaient entrainer la médiocrité, l’attrait pour trop d’aspects différents menait au même résultat. Le tout était de trouver le juste milieu :

‒ « Tu parles comme si nous avions tout perdu. fit-il, solennel. Il n’y a que les traditions qui se perdent, pas le lien. Si à l’époque de la Grande Guerre nous avions besoin d’être plus puissants pour se battre entre nous, il est évident que nous cherchions le meilleur moyen de nous détruire les uns les autres. Aujourd’hui le temps est à la paix, une paix erfeydienne, bien sûr, j’imagine que la mémoire a fait son œuvre, on ne peut pas demander au peuple de se souvenir de quelque chose qu’il n’a pas vécu. »
Son raisonnement était clair mais injuste. Et, avant qu’elle n’ait pu répondre à quoique ce fut, il enchaîna conscient de l’effet qu’aurait cette prochaine question :

‒ « C’était son devoir de le faire, tu ne crois pas ? »
Il n’avait pas dit « ton », et aussi réfléchie que semblait cette question elle avait été d’une spontanéité presque enfantine. La Mémoire, c’était le Gardien. S’il y avait bien un responsable pour l’oubli d’un tel lien avec l’Ithylium c’était bien lui. Il l’accusait presque, non, il l’accusait, mais sans le dire. Elijah la testait. Allait-elle monter sur ses grands chevaux et lui rappeler qu’il devait la vie au Gardien ? Qu’était-une existence sans mémoire exactement ? Si rien ne se transmet de génération alors tout se perd et rien ne progresse : tout stagne. Ou pire, comme eux, régresse :

‒ « Comment expliques-tu qu’un Déserteur parvienne à un si haut niveau de maîtrise ? Lui qui a trahi son peuple ? Lui qui a renié le Gardien ? Si aucun Erfeydien ne peut nier le Gardien, pourquoi leur permettre de telles prouesses ? Je pense qu’ils ont accès à bien plus dans les montagnes que nous dans nos villages. il s’arrêta là pour ne pas passer du côté des parjures. Plus nous les chasseront, plus ils deviendront forts. un temps. C’est l’instinct de survie, on ne peut pas lutter. »
Il venait de défendre les Déserteurs. Avec délicatesse, avec recul, mais mine de rien il prêchait pour sa paroisse plus que pour celle du Gardien. Il prenait des risques, à défaut d’être l’exemple parfait du courage Elijah était celui de la témérité. Son sourire, ses yeux brillants d’intérêts, il parlait à Kataleyah comme si le Gardien n’écoutait pas alors qu’Elijah pensait dur comme fer qu’il ne quittait jamais le corps de l’Oracle. Il avait un profond respect pour l’Oracle, pas pour son hôte et, même si cela se ressentait dans son discours, il s’efforçait de ne jamais franchir une certaine limite. Il était un petit garçon au milieu d’un champ de fraises à qui on avait dit de ne rien manger : à défaut d’avoir ce droit, il les touchait, les sentait, autant d’action qui n’avaient jamais été interdites mais que seules de rares personnes osaient faire.
Aujourd’hui il venait d’entrer dans le champ, il savait que le fermier refusait que l’on touche à son fruit. Elijah irait à son rythme : tout le monde sait qu’il ne sert à rien de sentir un fruit encore vert.


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Posté dans Re: Dans le brouillard, je rencontrerai la reine des pluies   - Mer 12 Juin 2013 - 12:29

Elle le considéra d'un œil différent.
Vraiment, elle ne savait pas par quel bout il lui fallait prendre cet erfeydien là ! Quelques minutes plus tôt, son discours était celui d'un pécheur à la recherche du pardon, celui d'un enfant dépassé par les évènements mais ne se l'avoue même pas et voilà que ses paroles frôlaient l'hérésie. Kataleyah était on ne peut plus interloquée. Inquiète aussi, car elle ne put s'empêcher de jeter un œil autour d'eux. Si on écoutait leur conversation à ce moment... peut-être devait elle le remettre sur le droit chemin avant qu'il n'aille trop loin. Elle aurait l'impression de le réprimander comme un bambin. Ce n'était pas son genre.
Bon sang ! Que devait-elle répondre ? Cet échange pouvait devenir dangereux.

- Tu... commença-t-elle avant de s'interrompre brusquement.

Un nouveau contrôle furtif vers les factionnaires du foyer voisin. Ils étaient loin, ils ne pouvaient les entendre nettement.
Une chose après l'autre, elle brûlait de lui faire part de sa pensée sur toutes ses remarques. Il mettait clairement le Gardien en doute et elle s'efforçait à ne pas adhérer à cette idée. Depuis sa naissance, on lui enseignait que le Gardien était leur protecteur mais qu'on méritait cette protection par nos actes. Ceci expliquait tout de suite beaucoup de choses sur la vie erfeydienne, ses coutumes et ses mœurs. Les déserteurs, quant à eux, outrepassaient les limites du peuple ou renier cette entité si généreuse qui n'avait plus à prouver la sincérité de sa parole et de ses ambitions. Parfois même, les deux à la fois.
Devenir plus fort qu'eux ? Que Lui ? Elle aurait bien éclaté de rire si son ton n'exprimait pas autant de sérieux.
Elle inspira profondément, bloqua puis relâcha l'air de ses poumons.  Il parlait trop sans lui laisser le temps de réagir. Ou bien n'était-elle pas assez vive ? Où était passé sa langue acerbe d'autrefois ? Ce n'était pourtant pas si lointain.

- Tu penses que le lien et notre Gardien ne sont pas liés.

C'était une affirmation. Un peu bancale mais elle percevait ses mots ainsi. Elle avait décidé de le pousser plus avant et découvrir jusqu'où allaient ses pensées. Un peu trop confiante dans cette démarche, néanmoins.



- Avec ou sans son aide, on peut parvenir à de grande chose avec l'ithylium, c'est cela que tu insinues ? Que sais-tu vraiment de ces déserteurs que nous avons affrontés ? Il est évident que j'étais leur cible principale. Dois-je en déduire qu'ils vivent d'exil pour hérésie ? Le rapprochement me parait un peu trop facile...

Elle secoua du chef, l'air peu convaincue malgré sa certitude personnelle. Dès lors qu'elle avait croisé le regard du déserteur dont l'avait sauvé Leïf, elle avait comprit ce qui poussait ces hommes au suicide. Sa mort.
Elle frissonna. C'était un fait qui lui restait dur à accepter, même après trois ans.

- Cet homme qui maitrisait si bien le feu à tes yeux, poursuivit-elle lentement, imposait sa volonté à l'ithylium comme le pire esclavagiste. Il ne le comprenait pas, il ne l'écoutait pas. Peu importe ses motivations, ses croyances, son passé quand on touche à la magie erfeydienne de cette façon, on...

Sa voix se coupa. Il n'y avait pas de mot pour exprimer la colère qui l'animait alors. Personne ne semblait seulement se figurer l'ampleur du pouvoir erfeydien. Ils étaient tous sourds et aveugles à l'ithylium. Ils ne méritaient pas un tel présent. C'était comme confier la dernière graine d'un monde en cendre à un animal. Il l'observerait, la consommerait et s'en contenterait.
Elle se sentait terriblement seule à cet instant précis. Ils s’inquiétaient tous d'avoir échoué à leur mission mais plu au Gardien, de satisfaire leurs besoins. Leur curiosité. Elle se leva et remit avec désinvolture une bûche dans le foyer alors que le jour tombait.

- Quel est ton nom ? demanda-t-elle subitement, toute colère évaporait aussi vite qu'elle était apparue.

Elle tourna la tête juste assez pour l'observer. Il lui embrouillait l'esprit. Le fond de sa pensée était si difficile à décrypter qu'il paraissait suspect mais son opinion franche à défaut d'être mesurée intriguait de plus en plus Kataleyah. Elle jouait entre la carte du guide et celle de l'erfeydienne à l'histoire courte mais déjà compliquée.



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Posté dans Re: Dans le brouillard, je rencontrerai la reine des pluies   - Jeu 13 Juin 2013 - 7:54

En une phrase elle venait de résumer le fond de sa pensée. Si le Gardien et le lien étaient liés alors il aurait fait en sorte qu’ils ne puissent pas s’en servir, ainsi leur chasse n’aurait été que plus simple. N’était-ce pas ce qu’il voulait ? Tuer les Déserteurs ? Après tout c’était comme avoir un troupeau de bœuf et en exclure ceux qui boitaient tout en leur disant : courez, on vous laisse une chance. Or le bœuf boiteux trouvait par quelques stratagèmes le moyen de compenser sa perte en se relevant plus fort. Elijah ne les enviait pas, pour la bonne raison qu’il serait stupide d’envier sa propre famille. En revanche il était peiné du manque d’esprit critique des autres Erfeydiens. Le dialogue qu’il avait en ce moment avec l’une des Oracles prouvait bien que le Gardien n’était pas un être assoiffé de pouvoir qui voulait faire du moindre poseur de question un Déserteur. Cette crainte le dépassait :

‒ « Tu es la cible qu’ils peuvent atteindre. »
Il avait jeté ça comme une vérité indéniable, ce qui était le cas. Quel était le seul et unique moyen d’atteindre le Gardien ? De s’attaquer à ceux qui lui permettaient de s’exprimer. Pour Elijah cette tactique était évidente, trop facile, lui et sa logique étrange à mis chemin entre l’Erfeydien moyen et celle du Déserteur, il devait faire attention, oui, encore plus lorsqu’il parlait à cette Kataleyah. Quel était le pourcentage de chance pour que quelqu’un suspecte un membre de la Faction d’être une taupe ?... Proche du néant. La Faction n’irait jamais imaginer un tel plan de la part de clans aussi mal organisés que ceux qu’ils venaient d’affronter. De la puissance oui, mais aucun savoir, sur ce point il était entièrement d’accord avec l’Oracle et, dans un sens, Tobias, Nuha et lui-même étaient là pour palier à ce manque. Pourtant sa quête d’information n’avait pas ce but, non, il était curieux, désespérément curieux. Il se servait de son lien comme n’importe quel Erfeydien : de façon innée, et ça ne lui suffisait plus. Il voulait savoir pourquoi, il voulait progresser, devenir meilleur, indépendamment du fait qu’il lui fallait se rapprocher du chef de son clan pour leur plan, lui voulait être plus fort. Il espérait que l’Oracle puisse l’aider à y parvenir et à vrai dire, à en juger par ses remarques, il commençait à croire qu’il s’était trompé de personne :

‒ « Elijah. Cette réponse était suffisante, pourtant il continua, toujours cet affreux sourire aux lèvres. Et moi, comment dois-je t’appeler ? Kataleyah ? Je ne suis même pas sûr que ce soit ton nom. On ne te présente pas et pourtant tout le monde te connaît, moi ça m’agacerait. Elle répondit, il enchaîna. Je veux que tu m’apprennes. il eût l’air lointain du marin cherchant une terre ferme. Quand tu as dissipé le brouillard j’ai cru m’envoler avec lui, depuis je n’arrive plus à m’imaginer vivre sans cette sensation. Je ne veux plus être spectateur, mais je ne veux pas devenir ce que tu détestes. »
Il aurait fallu être aveugle et sourd pour ne pas déceler la haine qui s’était emparée d’elle à l’évocation du feu noir. Etait-ce dû au fait qu’elle avait été blessée ou simplement que ce type d’utilisation la sortait de ses gonds ? Elijah ne la connaissait pas assez pour pouvoir le dire. Tout ce qu’il savait c’est que l’écoute de l’Ithylium lui avait fait l’effet d’une bouffée d’opium et dorénavant, comme un artiste, il ne parvenait plus à utiliser son don sans se remémorer son dernier shoot : la dissipation du brouillard. Au plus profond de lui il savait ce que Kataleyah voulait dire, jamais chez les Déserteurs il n’avait eu cette impression d’appartenir à la terre sur laquelle il marche. Ce qui l’attirait par cet apprentissage était autant la technique que l’inaccessibilité de celle qui pouvait le lui enseigner. Il ne lui demandait pas d’apprendre en deux jours, loin de là, outre cette demande que l’on pourrait qualifier de faussement professionnelle, il avait le réel désir de se rapprocher de celle que tout le monde fuyait. A l’époque de cette demande, huit ans plus tôt, il se disait qu’être proche de l’Oracle pourrait lui servir dans le futur. Sans se douter qu’en réalité cette approche lui apporterait bien plus, au-delà de toute espérance.


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Posté dans Re: Dans le brouillard, je rencontrerai la reine des pluies   - Jeu 13 Juin 2013 - 11:13

Il s'intéressait à l'ithylium. Cette idée la réjouit plus que de raison. Non pas que cet intérêt émane de sa personne mais le fait que quelqu'un soit prêt à comprendre la magie erfeydienne dans toute sa subtilité et sa splendeur la rendit heureuse. C'était idiot de sa part.
C'était plus fort qu'elle. Un sourire sincère vint se plaquer sur ses lèvres avant qu'elle ne détourne son attention d'Elijah, de crainte que ce sourire soit mal interprété. Son regard sembla se perdre de longues minutes sur les gestes maitrisés d'un factionnaire en train de s'occuper de sa monture.
L'idée d'enseigner quoi que ce soit ne lui déplaisait pas mais elle ne s'estimait pas de taille pour un tel rôle. Comment l'apprenti pouvait-il instruire le novice ? Elle ne méritait pas un tel statut. Il lui restait tant à découvrir sur cette magie que toute une vie n'y suffirait pas. Le Gardien délivrait son savoir avec grande parcimonie. Les oracles étaient honorés de ce privilège, la récompense certaine pour tous leurs sacrifices. Un prix mille fois justifiés ! Et pourtant.
Par quoi commencer... l'origine du sang bleu ? Il fallait bien comprendre ce qu'était réellement l'ithylium pour en mesurer son ampleur.
Une étrange sensation aux tréfonds de son esprit vibra lourdement. Elle l'ignora, plongée dans ses réflexions insouciantes. Serait-elle capable de lui transmettre quelques connaissances alors qu'ils ne partageaient pas la même nature de lien ? Oui, évidemment. C'était possible et elle le savait. Son intervention ne consisterait qu'à lui donner l'élan vers une plus grande maitrise. La sensation se fit plus intense, comme une menace. Cette fois, Kataleyah y accorda attention.
Le Gardien était là, il partageait ses pensées et elle ses émotions. Il n'approuvait pas ses idées rêveuses. Pourquoi ? Ce n'était pas un déserteur, il servait le peuple au péril de sa vie. Pourquoi ne pourrait-il, lui mais aussi les autres erfeydiens accéder à ne serait-ce qu'un centième de Son savoir ? Leurs ancêtres savaient eux.
« Et c'est ce qui les a conduit à la ruine , gronda la voix de plus en plus proche du Gardien. La soif de connaissance est une bonne chose mais elle a ses limites. Tu as vu où elles pouvaient mener. Notre rôle est d'éviter de répéter les erreurs du passé. »

L'hôte ne cacha pas sa déception. Toutefois, sa jeunesse lui épargna de s'avouer vaincue aussi vite. Loin d'être rebelle, Kataleyah avait toujours eu l'impression d'être la favorite parmi les oracles. C'était très présomptueux de sa part. Elle mit donc ses folles idées d'enseignement de côté et se consola à la pensée que ce n'était que partie remise. D'une pierre deux coups, elle testerait la détermination d'Elijah pendant qu'elle tâcherait de trouver un terrain d'entente avec le Gardien. Un centième, ça représentait quoi après tout ? Il ne risquait pas de devenir une menace aux Erfeydes pour si peu... Tendre ignorante.

- Elijah, lâcha-t-elle brusquement en se retournant vers lui avec l'air de quelqu'un qui a une idée en tête. En prononçant son nom à voix haute, elle apprécia sa consonance. C'était un beau prénom. Ta curiosité est peu commune. Je ne sais pas si je dois la juger bonne ou mauvaise, je n'ai pas encore décidé, mais elle est sincère et quelque part, je t'en remercie.

Une pause, le temps de réfléchir à ses prochains mots. A vrai dire, plusieurs questions lui traversaient la tête à ce moment. Elle ne voulait pas paraitre moralisatrice envers quelqu'un d'à peine plus jeune qu'elle tout en ayant parfaitement conscience de détenir une plus grande sagesse. Du moins dans son arrogance, elle en était persuadée vis à vis de la majorité des erfeydiens.

- Je me trompe peut être mais j'ai l'impression qu'en venant vers moi, tu cherches des réponses que je suis la seule à posséder grâce au maluïne. Pourquoi crois-tu cela ? Pourquoi ne pas t'isoler dans la montagne comme a semblé faire le déserteur que j'ai affronté, d'après ce que tu en disais ?

C'était un tantinet mesquin de sa part. Chercher à lui faire dire clairement qu'il y avait bel et bien un lien indiscutable entre le Gardien et la magie erfeydienne. Presque un premier enseignement, se rendit-elle compte.
Une vilaine sensation affola son cœur mais elle ne sut si cette fois encore, elle provenait du Gardien ou d'ailleurs.



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Posté dans Re: Dans le brouillard, je rencontrerai la reine des pluies   - Ven 14 Juin 2013 - 6:28

Un franc sourire se dessina finalement sur les lèvres de celle qui portait sur ses épaules le poids du Gardien. Elle agissait si bizarrement, tout ce mystère, tout ces non-dits, l’aura qui l’enveloppait était si brumeuse que jamais on ne distinguait clairement celle qui était derrière : sauf pendant ce sourire. Etait-elle gênée d’avoir exprimé une émotion aussi banale ? Pour ne pas paraître trop insistant Elijah se mit à fixer le feu qui crépitait d’impatience sur sa nouvelle bûche. Lorsqu’elle l’appela, il la regarda du coin de l’œil avant de tourner la tête quand elle s’apprêtait à continuer… Devant ce semblant de compliment il lui sourit à son tour, leur duo était atypique et pourtant personne ne semblait y prêter attention. Les gens en parleraient dans leur dos, sans doute :

‒ « Je ne viens pas pour le mäluinne. Trancha-t-il, presque déçu d’une telle réponse, elle devait demander ça à tout le monde… Quoi que vu le nombre de personnes qui lui parlaient ça restait à vérifier. Je viens à cause de lui. »
Avant qu’il ne perde son frère, les vagues souvenirs qu’il lui restait du Gardien était sa magnificence et son pouvoir absolu sur le monde et les êtres. En dehors de ça son apprentissage avait été écourté. Se lancer sur une discussion concernant le mäluinne et tout ce qui se rapprochait de près ou de loin au statut d’Oracle et ou de Gardien était une pente glissante. Elle devinerait que son éducation a été inachevée à ce sujet, elle lui poserait des questions, et il aurait des réponses toutes faites. Fort heureusement ils n’étaient pas là pour parler du passer mais du futur, ce qui arrangeait bien ses affaires : son futur était plus facile à défendre que son passé. Il continua, répondant aux questions un peu n’importe comment. Si on le sentait mal à l’aise avec ses mots, l’assurance qu’il dégageait en parlant suffisait à douter de son mal être, lui-même ne s’en rendait pas compte, il pesait le moindre de ses mots pour éviter de mettre un pied sur une pente trop glissante à son goût :

‒ « Si je vais dans la montagne, on vit qu’il s’imaginait la scène, j’apprendrai donc les mêmes choses que les Déserteurs. Donc je deviendrai comme eux. un temps. Je ne veux pas passer pour un Déserteur sous simple prétexte que je suis allé vivre en ermite sous une cascade. Qui me croirait ? Ils diront simplement que je suis un traître, ils n’essaieraient pas de comprendre. »
Ca c’était fait, avouer un élément pour le discréditer de tout soupçon, ça marchait à tous les coups. Ceux qui ont des choses à cacher les cachent, pas Elijah, non, il avait des moyens bien plus subtiles de mener une discussion. Qui irait deviner qu’un Déserteur tentait de s’approcher le plus près du Gardien en passant par le biais d’un jeune factionnaire ? L’Oracle peut-être, mais encore fallait-il qu’elle puisse avoir assez de soupçon pour l’accuser. Certes, elle n’avait pas besoin de l’opinion publique pour prendre une décision, aussi si elle le jugeait coupable il le serait. Cela dit il y avait dans le regard de Kataleyah quelque chose de différent, quelque chose que les autres possesseurs de mäluinne n’avaient. Et, à défaut de connaître beaucoup d’Oracle, Elijah s’accrocha à ce mince espoir en se disant qu’elle était sans aucun doute la seule à porter une telle lueur de liberté dans le regard :

‒ « Je vais être franc avec toi. Fit-il tout en se redressant, l’air sérieux. Ton, votre, isolement m’est insupportable. Ca avait le mérite d’être clair. Posséder le mäluinne n’est pas une maladie, je n’ai pas peur de ton don, je n’ai pas peur du Gardien. Attention. Il est là pour nous, pas contre nous. Bien rattrapé. Kataleyah, fit-il comme pour l’appeler, créer du feu capable de geler un Déserteur est la dernière chose que je cherche à faire. On a chacun notre façon de montrer notre dévotion au Gardien et, jusqu’à présent, je n’ai jamais vraiment eu l’occasion de lui prouver quoi que ce soit. J’ai une famille qui compte sur moi. »
STOP. Dévotion ? Famille ? Bon sang, Elijah marche sur des œufs, il avait intérêt à bien répartir tous ses arguments et ses histoires s’il n’avait pas envie de faire une omelette goût vinaigre.


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Posté dans Re: Dans le brouillard, je rencontrerai la reine des pluies   - Sam 15 Juin 2013 - 14:34

A ses dernières paroles, les émotions défoulèrent et s'emmêlèrent. Les siennes, celles du Gardien. Elles n'allaient pas dans le même sens et l'une d'elle était aussi vaine que remontait l'eau d'un torrent après un ouragan. Il y avait là du mépris, de la colère, de la fierté, de la joie, de l'amusement, de l'exaspération et bien d'autre encore. Un peu plus forte que les autres, une note perchée d'impatience au beau milieu de cette partition discordante.
Puis un voile tomba sur ce vacarme assourdissant. Il l'atténua, le mit de côté. C'était comme observait une dispute sans en capter le moindre son. Ou assister à une explosion volcanique sous-marine. Seul le rire profondément mauvais de l'hôte retentit à ses oreilles. Un rire supérieur. Le leur, car oui l'oracle partageait bel et bien cet amusement avec son maitre.

- Ne pas craindre le Gardien ? s'esclaffa-t-elle avec un sourire carnassier. Elle se pencha vers lui et prit le ton de la confidence. Tu es un idiot, dans ce cas. Le malüine n'est pas une maladie, oh oui ! Mais on ne le fuit pas depuis des siècles sans raison.

Elle se redressa et son sourire s'effaça. Son visage lassé n'exprimait que de la déception.

- Crois au Gardien, car lui crois en toi, récita-t-elle. Crains le, car lui ne craint rien ni personne. Tu as prouvé ta dévotion envers lui en participant au combat dans la forêt et sois en rassuré, il t'a vu. Ta famille peut être fière du factionnaire que tu es, ton chef également.

Ses paroles étaient dures mais il n'y avait aucune moquerie ni méchanceté dans sa voix. C'était plus du respect assaisonné de quelque chose de moins sympathique. Le temps d'un battement de cils, les yeux moirés de l'oracle prirent la teinte lumineuse de l'éclat d'une perle d'ithylium.
A ce moment, elle voyait plus Elijah comme l'une de ces nombreuses gouttes qui forment un océan plutôt que l'individu à la curiosité franche et peu commune qu'elle découvrait la minute précédente. Un parallèle à la vision plus animale du Gardien qui le voyait alors à travers ses iris fatiguées de prédateur. Par sa provocation masquée, il arrivait toutefois à attiser le feu dans les entrailles de cet être cent fois millénaires. C'était revigorant, d'où son rire initial. Cet humain était aussi stupide qu'arrogant. Il espérait lui démontrer l'ombre de sa force dans les jours à venir. Oui, ce serait un bon entrainement pour son hôte. Il ne pouvait décharger trop de son énergie sans risquer de la perdre mais au fil des années, le réceptacle s'endurcirait.

Kataleyah songea à sa remarque sur les déserteurs. Ça sonnait faux ou plutôt comme le discours que répète un enfant sans en partager le fond. S'il réfutait tout lien entre l'ithylium et le Gardien, s'il ne Le respectait pas assez pour le craindre, alors il n'en valait pas la peine. Elle ne cherchait pas un fanatique mais elle ne voulait pas prendre le risque de transmettre ses connaissances durement acquises à un jeune rebelle qui cherchait là à impressionner ses congénères en défiant le malüine et par extension, le Gardien.
Son propre aveuglement l’écœurait. Sans plus de cérémonie, elle reprit l'affûtage de ses haches.



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Posté dans Re: Dans le brouillard, je rencontrerai la reine des pluies   - Mer 19 Juin 2013 - 12:33

Son regard se voulu soudain étrangement intense. Il la regardait avec un intérêt certain, sans pour autant pouvoir dire si, oui ou non, elle avait réellement compris ce qu’il voulait dire. Apparemment non. Il soupira comme devant la remarque d’un enfant, pour lui ça ressemblait à un caprice, et après tout qu’y avait-il d’anormal à ce qu’une Oracle surprotégée et toujours vénérée en fasse un. C’était dans sa nature, se dit-il au même instant qu’elle prononçait sa sentence. A demi-mot il comprit qu’elle ne l’aiderait pas, il acquiesça, que faire d’autre ? La contredire ? Elle se réfugierait sans doute vers son rôle de protectrice de l’entité ô combien importante qui pouvait à tout instant s’emparée d’elle. Elle lui récitait comme un poème en croyant que dans son oreille de Déserteur ces quelques lignes lyriques auraient le même effet que dans celles de ceux qui ne pensent que par les autres. Elle était une torche et lui le papillon et à lui tourner autour il était clair qu’elle ne souhaitait qu’une chose : le chasser. Mais tout bon papillon qui se respectait se devait de papillonner, aussi il revint à la charge, doucement mais sûrement. Kataleyah se mit à affûter ses haches. Dans le cœur d’Elijah se nouait le désir de faire avancer sa cause et celui de se laisser guider par sa propre vie. Vie qui n’était pas si mal ici, car même s’il préférait vivre avec sa véritable famille, il fallait reconnaître que vivre dans une communauté plus « paisible » avait ses avantages :

‒ « Tu as raison. Je trouve juste étrange de craindre quelqu’un qui veut notre protection. »
Il se tût. Fixa le feu d’un œil envieux, il s’imaginait au beau milieu des flammes, malgré les remarques de Kataleyah il restait persuadé que le feu noir ne lui aurait rien fait. Il s’en voulait toujours, plus que d’avoir échoué dans la protection de l’Oracle, la voir blesser le blessait plus encore et ce n’était certainement pas sa blessure à l’aine qui lui faisait le plus mal. S’était-elle défendue seule ? Probablement. Le Gardien l’avait-il aidée ? Probablement aussi. Comment le savoir ? De son œil humain Elijah ne faisait guère la différence entre les deux êtres qui s’emparaient de ce même corps. Il apprendrait, oui, mais pour le moment son ignorance lui desservait. Après près de trente secondes de silence, Elijah se redressa en s’appuyant sur ses mains pour s’épargner une douleur trop aiguë :

‒ « Je t’ai tendu la main, fit-il, tu l’as prise. A présent, soit tu tires dessus et tu m’aides à me lever, soit on reste comme ça, main dans la main, à se regarder, en se disant que chacun de nous peut apporter quelque chose à l’autre mais sans jamais le faire. »
Il se garda bien de dire que sa compagnie serait une récompense suffisante, ce qu’il voulait c’était apprendre et nul doute que s’il avait dit ça il aurait tout mis en l’air. Ce qu’elle lui apporterait ? La connaissance. Ce qu’il lui apporterait ? De la compagnie, ce qui semblait être une denrée plutôt rare chez les Oracles. Ne pas craindre le Gardien avait pour conséquence de se rapprocher de lui, en aucun cas il n’aurait souhaité le voir ou même le toucher, pour ainsi dire ça ne l’intéressait pas le moins du monde. Sur-ce, il se tourna et commença à repartir pour retourner d’où il venait. Il retenait l’irrésistible ordre de son cerveau qui lui criait de boiter. Qui aurait cru qu’une blessure pareille serait aussi chiante que ça ? Et dire qu’à quelques centimètres il se serait littéralement vider de son sang sur le champ de bataille… Etrange réflexion pour un Factionnaire : il avait nullement l’intention de mourir comme Leif, non, il mourrait en héros, pas en protecteur.


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Posté dans Re: Dans le brouillard, je rencontrerai la reine des pluies   -

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