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[RPI] A l'aube d'une nouvelle vie

Invité

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Posté dans [RPI] A l'aube d'une nouvelle vie   - Lun 8 Juil 2013 - 18:42



« Si les regrets étaient des chevaux, les mendiants n'iraient plus à pied. »

*

Vanylle – Quelques jours après mon retour à Vanylle, année matroscienne 1113.


Quel plus grand déshonneur que de pilier les siens ? Je n’en connais pas. Je prie Ruyn et Vama qu’ils absolvent mes pêchés, qu’ils pardonnent les actes honteux dont je suis l’auteur. Je me sens aussi coupable, sinon plus, que la mère qui abandonne son enfant en pleine forêt. Je ressens la culpabilité du meurtrier amoureux. Je regrette les actions à l’encontre de mon peuple.  J’ai été contraint de spolier les habitants de Vanylle et, pour cela, je me repens. Mais avais-je réellement d’autres choix ? Là réside tout le problème.

Je n’ai jamais été adepte du pillage et des larcins ; mon équipage en était bien conscient. Le vol n’est pas chose honorable : prendre par la force ou la ruse ce qui appartient à autrui est dégradant. Lorsqu’il s’agit de matrosciens – ou de korruliens – , je peux me réfugier derrière le bouclier du dédommagement : je saisis des biens en réparation du tort causé aux sangs mêlés.  Néanmoins, dans le cas actuel, j’ai détroussé des vanylliens comme moi. C’est immoral, j’en conviens, mais je rembourserai ma dette un jour. Du moins, je l’espère.

*
Cela faisait quelques jours que j’étais revenu à Vanylle. Je me remettais de l’accident et de mon pénible voyage, dépensant chaque jour  un peu plus d’argent. Aujourd’hui, je n’avais plus rien : les pièces s’étaient évaporées comme nuit au soleil. Comblant une part de mes besoins, de nombreux autres restaient inassouvis et, parmi eux, celui de fendre à nouveau le ciel. J’étais un oiseau sans aile, un vaisseau sans eralium, un pirate sans navire.  Réduit à l’état de mendiant, je fus amené malgré moi à dérober argent et nourriture.

Des bribes de souvenirs me revinrent alors. C’était une discussion avec mon père. Il parlait d’un homme vers qui me tourner en cas de nécessité. Je l’entendais encore me prévenir de ne l’utiliser qu’en dernier recours. Il prononça un nom mais ma mémoire fut incapable de me le rappeler. Néanmoins, elle avait capté le principal : je savais le contacter. Le seul obstacle qui se dressait devant moi – et pas des moindres – était de rejoindre Sant Posséinos. Si j’avais songé à lui lorsque j’étais encore au Mont Centil, nous nous serions probablement déjà rencontré. Je chassai cette idée et me concentrai sur mon but. Plus par épuisement que par paresse, je décidai  de me déplacer à bord d’un aérocargo, bien que je saches pertinemment que je devrais payer ma place, que je devrais escamoter de nouvelles victimes.

Sans plus de réflexions, je me rendis aux abords du spatio-port. Là, je fis le tour des vaisseaux et conversai longuement avec les capitaines ou, à défaut, certains membres de l’équipage. Deux navires – dont l’un se rendait à Sant Poséinos pour « faire affaire » - allaient dans ma direction. Je négociais ma place et réussi à obtenir un prix si je mettais la main à la patte. Je n’avais néanmoins pas l’argent que l’on me demandait.

»Nous levons l’ancre dans deux heures, ne soyez pas en retard ou nous partirons sans vous. »

Je hochai la tête, quittant le bâtiment pour rejoindre les quais. Je m’éloignais un peu et m’enquis de mes économies. Je n’y trouvai que quatre piécettes de cuivre que j’avais dérobé à une jeune femme étourdie. Il me fallait encore réunir cinquante-six galons de cuivre en deux heures. Ma meilleure option était de trainer aux abords de la taverne et de m’enquérir de la bourse de clients éméchés – bien qu’elle soit souvent légère. Néanmoins, à cette heure du jour, il ne risquait pas d’y avoir grand monde. Je finis par choisir de faire le tour des boutiques et de m’emparer des bourses des acheteurs négligents. Je n’en rencontrai pas des masses mais cela suffit à récolter un peu plus que le strict nécessaire.

Il me restait encore un peu de temps avant de rejoindre l’équipage. Aussi, j’achetai du matériel d’écriture bon marché et m’installai pour rédiger ma lettre à celui que je nommais « le marionnettiste ».

*
L’heure fatidique de mon départ surgit hâtivement. Je m’orientai vers ce qui fut un petit vaisseau de croisière. Alors que je grimpai à bord, l’équipage me regarda d’un œil étrange jusqu’à ce que le capitaine m’interpelle.

»Vous avez l’argent ?»

Je m’emparai de ma bourse et l’entrouvris sous son nez  pour qu’il puisse juger par lui-même. Il sembla satisfait car il ne dit mots et s’en retourna à sa cabine – du moins je pense que c’est là qu’il se rendit. Bientôt, un gars solidement constitué me donna mes tâches. Comme je devais m’y attendre, j’étais considéré comme moins qu’un mousse. Mon rôle à bord était de récurer, de tendre ou de desserrer les cordages, d’éplucher les pommes de terre ainsi que d’aiguiser les armes émoussés. Bien que ce soit un travail fatiguant, je m’y attelais de bon cœur : je fendais les airs à nouveau.

Le vol se passa sans réelle encombre. Nous ne tombâmes sur aucun vaisseau de la milice, sur aucun vaisseau des veilleurs pourpres, sur aucun vaisseau marchand. Je n’aimais pas réellement l’ambiance sur le bâtiment. Les pirates beuglaient des chants paillards, tout en s’insultant et se défiant. Quelques rixes éclatèrent et je m’en tins à distance respectable. Nombre d’entre eux étaient sous l’influence de l’alcool ou de la fumée et, que Vama excuse cette pensée, j’ai songé que ces pirates ne survivraient pas jusqu’au prochain hiver. Hébétés comme ils l’étaient, ils ne sauraient être assez réactifs lorsque les tribulations surviendraient. Pauvre équipage, pauvre capitaine, pauvre navire. Que Ruyn veuille sur eux.

*
Lorsque je foulai à nouveau la terre ferme, je me trouvai à moins d’une demi-journée de marche de la cité. Ils m’avaient abandonnés là, prétextant la dangerosité de s’approcher davantage de la ville. Je ne leur en voulais pas de leur incompétence. A ce que j’avais remarqué, ils ne devaient sillonner les cieux que depuis peu de temps. Je n’attendis pas la nuit pour me diriger. D’un pas soutenu, je parcourrai les lieux qui me séparaient de ma nouvelle vie. Quand je déposai la lettre à l’endroit indiqué par mon père, le crépuscule colorait le ciel d’un dégradé allant du bleu violacé à l’orange vif. Je marchai encore quelques longues minutes avant de me reposer au creux d’un arbre. Je bus une longue gorgée d’eau avant de tomber dans un sommeil lourd. J’étais arrivé à destination.
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