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Les affaires des autres ont toujours un intérêt certain.

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On m'appelle Varen Shei'Arcath


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Posté dans Les affaires des autres ont toujours un intérêt certain.   - Ven 12 Juil 2013 - 11:37


Domaine Shei'Arcath, Gernie, automne 1113

Tonton Varen faisait sa petite promenade de santé. Il était au Domaine depuis quelques temps déjà, et il avait eu le temps de se reposer des soins que son médecin lui avait prodigués à son arrivée, notamment l'ablation de quelques branches importunes. Pour se remettre en forme, il ne devait pas oublier de marcher, sous peine de voir ses articulations se figer dans le bois. Cependant... Il ne pouvait pas aller dehors. Alors il s'était trouvé un nouveau sport, très très amusant. Écouter aux portes.

C'est ainsi qu'il avait appris que la cuisinière avait une affaire avec le jardinier, ou que son frère Roval avait des verrues aux pieds. Cette dernière l'avait bien fait rire, malgré qu'il aurait dû se regarder une bonne fois dans un miroir pour être honnête. Et le voilà qui se dandinait péniblement dans les couloirs, à l'affût de ragots croustillants ou d'informations utiles. Après tout, il vaut mieux en savoir le maximum sur sa famille, n'est-ce pas ?

~

Des éclats de voix attirèrent son attention alors qu'il arrivait tout près de sa chambre, où il rentrait se reposer après une longue tournée bredouille. Cela venait de la pièce voisine, et d'après les voix, c'était une partie des appartements de son neveu Déolin. Intéressant. La vieille fouine colla son oreille contre la porte, l'action mettant son chapeau de travers sur sa tête.

Varen avait déjà constaté, avec son regard affûté d'homme intelligent, que quelque chose n'allait pas trop chez celui de ces neveux qui l'inspirait le moins, mais il n'avait pas réussi à mettre le doigt dessus. Et voilà qu'on lui offrait sur un plateau. Que demandait le peuple.

C'était une dispute violente, de laquelle il ne saisit pas tout, mais il était clairement question d'une absence d'enfant. Un cri plus fort que les autres. Un bruit de gifle. C'était la fête là dedans ! Mais après quelques minutes à ce train là, la voix la plus aiguë, sans doute celle de la petite Marchebois, se rapprocha dangereusement de la porte. Il était temps de décamper.

Se balançant aussi vite qu'il le pouvait sur un pied puis sur l'autre, le gros bonhomme atteignit la porte de sa chambre au moment où celle de ses neveux s'ouvrait, et il réussit tout juste à disparaître dans la pièce sombre avant que la dame qui sortait ne puisse percevoir autre chose qu'un mouvement du coin de l'oeil. Avez-vous déjà vu un politicien ninja ? Ce n'est pas très discret, surtout avec le bruit de la canne. Mais au moins, il pourrait faire semblant que ce n'était pas lui : pas vu, pas pris.

Il s'écroula dans son fauteuil, hors d'haleine. Ce n'était plus de son âge, de gambader comme cela, mais qu'est-ce que c'était instructif ! Cependant, tout à son ricanement intérieur de vieux mêle-tout, il avait quand même un petit pincement au coeur pour la petite Marchebois... Déolin avait la chance d'avoir une femme, là où Varen avait dû éloigner sa maîtresse sans explications... Le garnement aurait pu en prendre soin, tout de même.


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Posté dans Re: Les affaires des autres ont toujours un intérêt certain.   - Dim 14 Juil 2013 - 10:33

Miobë Shei’Arcath avait plus d’une fois déçue sa famille par le passé, et voilà maintenant qu’elle décevait son propre époux. Elle était probablement à ses yeux tout sauf une femme digne d’intérêt. Tout ce qu’elle avait entrepris ces dernières années, tous ses efforts pour être l’épouse idéale, venaient de voler en éclats en une fraction de secondes. Il avait suffi d’un énième conflit au sain du couple.

Ce soir, lorsqu’elle avait senti sur sa joue la brûlure cuisante de la gifle de Déolin, elle avait soudainement eu la force de se rebeller. C’était tout lui ce comportement ! Il était bien un fils Shei’Arcath ! Irascible dès qu’une autre famille que la sienne, les Saule dans le cas présent, leur demandait maladroitement pourquoi, même après dix années de vie commune, sa femme n’était pas encore parvenue à lui donner des héritiers. De quoi mettre hors de lui tout homme pourvu d’un semblant de fierté.
Puis l’ambiance s’était naturellement dégradée. Fidèle à lui-même, Déolin s’était isolé avec son épouse une fois les invités partis, avant de la faire responsable de tous ses malheurs. C’était sa manière bien à lui de lui rappeler ce qu’il attendait d’elle. Néanmoins, il y avait eu quelque chose de différent ce soir-là : l’homme avait posé son premier et dernier ultimatum. Si Miobë ne tombait pas enceinte dans l’année à venir, alors il ferait valoir ses droits et réclamerait la rupture du contrat qui lie les Shei’Arcath à la famille Marchebois.
Désemparée, Miobë quitta la chambre conjugale pour vagabonder dans les couloirs.

Il s’écoula une heure tout au plus, avant qu’elle ne vienne frapper à la porte de Varen Shei’Arcath. Sans attendre de réponse de sa part, elle entra et le trouva allongé sur son canapé, plus épuisé que d’accoutumée. Plusieurs fois dans la semaine, Miobë s’assurait que le vieil homme soit en vie, et de préférence, en bonne santé.
Si Miobë ne s’était fiée qu’aux rumeurs, jamais elle n’aurait fait sa rencontre. Il était souvent décrit comme quelqu’un de particulièrement cynique. Le genre de vieillard manipulateur que peu sont capables d’apprécier à sa juste valeur. La jeune femme, elle, le trouvait très instruit et réfléchi. Elle aimait sa compagnie plus que celle de n’importe quel autre Shei’Arcath, surtout après que son époux ait sévi. Il n’était pas un symbole de perfection, loin de là, mais c’était ce qui faisait tout son charme.
Depuis longtemps déjà elle aimait lui apporter le thé. Elle connaissait ses goûts sur le bout des doigts et écoutait attentivement tout ce qu’il pouvait lui dire. Pourtant, elle gardait une réserve minutieusement calculée avec lui, parce qu’il était un homme Shei’Arcath, un politicien et surtout son aîné. Jamais elle ne le tutoyait, jamais elle ne l’appelait « mon oncle », et encore moins elle osait le toucher, aussi inquiétant soit son état certains jours.

- Je vous apporte votre thé, Monsieur Shei’Arcath, dit-elle d’une voix douce. J’ai demandé à Grimpow de vous le préparer. Vous savez combien ses préparations sont goûteuses ?

La vie n’était pas des plus tendres avec cet homme. Plus le temps passait, plus sa santé lui causait du souci. Miobë s’efforçait de ne pas laisser transparaître sa peine, pour que Varen soit traité comme les autres, comme quelqu’un de normal, pour qu’une fois dans sa vie la maladie ne semble pas l’avoir pris pour cible. Si elle pleurait, alors elle le faisait une fois qu’elle avait quitté sa chambre. Ses larmes, elle ne les versait pas parce que Vama lui avait fait don de ce si funeste destin. Elle pleurait parce qu’elle avait osé penser à la mort, ce choix si simple, alors qu’un autre, dans une chambre voisine, se battait pour survivre.

- Vous êtes sorti de votre chambre, tout à l’heure, n’est-ce pas ? Il me semble vous avoir aperçu…à moins que je vous ai confondu avec l’un des domestiques. Comment vous sentez-vous ?
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Posté dans Re: Les affaires des autres ont toujours un intérêt certain.   - Dim 14 Juil 2013 - 14:10

Varen ouvrit un oeil lorsque la femme de son neveu entra. Il avait eu le temps de faire une courte sieste, en attendant qu'elle se présente. Il ne pouvait pas nier que la visite ne le surprenait pas, vu sa petite prestation. Il était même étonné que son thé ne soit pas arrivé plus tôt ce jour-là.

Il s'assit péniblement dans son canapé, la respiration ronflante, alors que la jeune femme déposait le thé près de lui, avant de lui répondre d'une voix un peu brusque. Oh, pas méchamment, mais du ton ronchon qu'il se plaisait à prendre devant la marmaille de ses frères.

« Je vous ai déjà dit de m'appeler Oncle comme tous les autres, petite fille. Vous avez épousé mon neveu, vous avez au moins le droit de vous considérer de la famille pour compenser cette peine. Et asseyez-vous, vous êtes toute pâle. »

L'amour que le politicien portait à Déolin Shei'Arcath était palpable dans sa phrase : il ne le supportait pas. Varen avait beau aimer les gens ambitieux, celui-là avait un orgueil mal placé qui ne le laissait pas accepter les conseils. Ce garçon allait droit dans le mur, et les nouveaux éléments que la vieille fouine avait récolté dans sa promenade n'arrangeaient pas les choses.

Il la regarda en biais, saisissant la tasse pour en humer le fumet délicat. Elle avait appris à connaître ses goûts, et ce thé était infusé à la perfection, rien que son nez pouvait le lui dire.

« Je vous remercie. Grimpow s'est surpassé, une fois de plus. Et vous aussi, pour prendre la peine de venir me voir. Tout le monde ici n'a pas la même gentillesse pour le vieil homme que je suis. »

Entre Déolin avec lequel la relation se détériorait et Eshisil qui se méfiait de Varen comme de la peste, le bonhomme regrettait bien le départ de Mahatos pour les Terres Boréales. Enfin, pas qu'il ait tant que ça besoin d'attention... Il trouvait juste intéressant de voir qui se préoccupait de sa pauvre carcasse, et prenait des notes. Cela pourrait s'avérer utile dans le futur.

Le vieux grincheux but une gorgée de thé, avant de s'appuyer sur le dossier de son fauteuil, prenant ses aises. Et alors qu'elle reprenait la parole, il sourit. On en venait au sujet qu'elle souhaitait sans doute aborder. Il hésita un instant à faire semblant que ce n'était pas lui, pour la beauté du jeu, mais... Elle lui faisait de la peine. Quitte à s'en mêler, autant essayer de l'aider.

« Je suis sorti me promener, en effet. Mon charlatant de médecin insiste bien pour que je marche quotidiennement, même si cela ne sert qu'à me fatiguer. Je rentrais justement au moment où vous êtes sortie. » Il reprit une gorgée. « Je ne me sens pas trop mal, ma foi, mais j'aimerais aujourd'hui vous retourner la question, ma nièce. »

Déposant sa tasse, il darda sur la dame un regard inquisiteur. 

« Il me semble avoir entendu par mégarde des bribes d'une dispute, et pire encore, un bruit qui sonnait suspicieusement comme un coup. A moins que mon neveu n'ait en privé un caractère tout autre que celui qu'il me montre, j'en viens à craindre pour vous, mon enfant. »

Au moins, c'était direct. Mais à présent qu'il avait la frêle jeune femme sous les yeux, le pincement au coeur de tout à l'heure se transformait en inquiétude. La gamine errait comme une âme en peine, et personne n'était fichu d'y faire quoi que ce soit. Un beau gâchis.


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Posté dans Re: Les affaires des autres ont toujours un intérêt certain.   - Dim 28 Juil 2013 - 10:28

La jeune femme était désemparée. Quelles solutions s’offraient à elle, maintenant que l’Oncle Varen avait été le témoin de l’une de leurs disputes ? Il valait mieux pour elle que Déolin ne soit jamais au courant de cela, sans quoi il allait se mettre dans une colère noire ! Rien de très rassurant pour l’ensemble de son entourage, y compris ses propres cousins !

Ces derniers mois de douloureux silence entre le couple avaient finalement pris fin, mais ce fut pour laisser place à des disputes incessantes, alimentées par l’incapacité d’enfanter de Miobë. Cette dernière en finit par se demander si elle ne préférait pas, après tout, leur statut antérieur, morose et frustrant, mais sans comparaison avec ces crises terribles qui les laissaient tous les deux brisés et meurtris.
Elle voulait plus qui quiconque qu’il la serre contre lui, qu’il l’aime, qu’il la console. Elle voulait le redécouvrir, se sentir irrésistible, tomber de nouveau amoureuse de lui comme au tout premier jour. Son regard s’embua soudain. Elle ne put retenir plus longtemps ses larmes. Il y avait en elle des paroles tant tues, tant de sentiments qu’elle voulait désespérément exprimer. Oui, c’est vrai, elle redoutait ses réactions, comme n’importe quelle autre femme redoutait les réactions d’un homme Shei’Arcath, mais pour obtenir son amour, elle était prête à tout ! Pourtant, ses efforts, Déolin ne semblait pas y porter la moindre intention…N’allaient-ils pas passer le reste de leurs jours ensembles ? N’y avait-il pas là l’unique raison de faire des efforts pour se comprendre mutuellement ?

Elle était haletante, paniquée, effrayante à voir, mais se rappelant la présence de l’Oncle de Déolin à ses côtés, elle sécha rapidement ses larmes avec son précieux mouchoir, espérant en vain lui faire oublier la scène pitoyable qu’elle venait de lui offrir. Que son époux perde de sa notoriété à cause de sa faiblesse d’esprit n’était pas dans ses projets, bien au contraire. Si Déolin était aussi en colère, c’était uniquement de sa faute : voilà dix ans qu’il attend d’elle un enfant, dix ans qu’il fait preuve d’une patience à toute épreuve, dix ans qu’elle est pour lui une immense déception ! Il avait toutes les raisons de lever la main sur elle, ou encore de souhaiter rompre le contrat qui lie les Shei’Arcath aux Marchebois !

- Mon Oncle, vous devriez plutôt vous préoccuper de votre santé ! Il est vrai que mon époux possède un fort caractère, mais c’est bien grâce à lui qu’il est aujourd’hui l’un des Marchands les plus respectés ! Ce qui semble être des négociations n’en sont plus avec lui, et la famille Shei’Arcath en profite plus que n’importe quelle autre famille de Matroos. Je suis certaine qu’il aurait été un bien meilleur héritier que Mahasael…avoua-t-elle dans un faible murmure.

Elle devait rapidement trouver de quoi changer de sujet, si le vieux Varen n’y voyait aucun inconvénient bien évidemment. La première idée qui lui vint lui parut presque trop brillante.

- On m’a dit que Mahatos vous rendez souvent visite à votre chevet, lorsqu’il en trouvait le temps ! Je suis heureuse de savoir que d’autres se préoccupent de votre santé ! Je suis certaine qu’il met à profit ses talents pour soulager votre douleur. Quel dommage qu’il ne soit pas le médecin attitré de la famille, car le vieux Galaad me donne vraiment la chair de poule ! C’est dans ces situations que je suis bien heureuse de n’attraper que très rarement la fièvre !

Elle émit un faible rire, souhaitant retrouver par elle-même le sourire, et ainsi réchauffer le cœur du vieil homme. Sans peur aucune, elle lui prit la main et la serra chaleureusement.

- Que dit le médecin de votre état ?
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Posté dans Re: Les affaires des autres ont toujours un intérêt certain.   - Lun 29 Juil 2013 - 4:14

Oh, par Vama. Des larmes. Il aurait dû les voir venir, mais non. Varen n'était pas à l'aise devant les larmes, aussi subtil qu'il puisse être dans nombre d'autres circonstances. Il avait la réaction typique du vieux mâle ronchon : tripoter nerveusement de bord de son chapeau élimé, et hésiter entre attendre que ça passe et la tapoter maladroitement sur l'épaule. La deuxième solution nécessitant de se lever, il s'abstint.

« Allons, allons... Ne froissez donc pas ce joli visage... »

Devant une femme qui pleure, il se sentait autant dans son élément qu'un poisson dans le désert. Et il n'en était que plus gêné, puisque la faute lui incombait en partie, pour avoir mis son nez de fouineur dans les affaires d'autrui. Finalement, le tact, c'était parfois bien aussi, ça pouvait éviter de se retrouver devant les chutes du Mont Centil sans savoir comment stopper l'inondation.

Néanmoins, tout à son embarras, il ne pouvait s'empêcher d'avoir toujours une part de son esprit qui ramageait des malédictions à l'encontre de Déolin. Il faudrait vraiment qu'il ait une petite discussion entre quatre yeux avec cet enfant, de toutes façons il ne pouvait pas vraiment s'en faire détester plus. Restait à espérer que sa gueulante serait entendue au travers de l'égo épais comme un mur que son neveu se plaisait à entretenir.

Enfin, la petite sembla se décider à fermer les vannes. Intense soulagement. Il ne laisserait pas pour autant tomber l'affaire, mais il devait bien avouer que reprendre une conversation plus normale n'était pas de refus. Il l'écouta parler avec bienveillance, sans faire le moindre commentaire sur sa voix hachée. Si son vieux coeur se brisait devant ce pathétique spectacle, il se brisait en silence ; il préférait songer à ce qu'il pourrait faire pour l'aider que de lui offrir une épaule inutile pour épancher sa tristesse.

Il ne put s'empêcher de ricaner en son for intérieur. Déolin, un meilleur héritier ? Il n'était pas du même avis. Les fils Shei'Arcath possédaient la même ambition dévorante, la seule différence entre eux était que Mahasaël avait les moyens de la faire aboutir. Roval et Kalder avaient bien mal élevé leurs gamins, de son point de vue, bien qu'il ne puisse pas leur jeter la pierre, n'ayant pas de nouvelles du sien depuis des années... Mais ce n'était pas pareil, il n'avait pas le Nom grandiose de la Famille, n'est-ce pas ? Quoiqu'il en soit, Varen n'en voyait pas l'un pour rattraper l'autre, mais il se garda bien d'en faire la remarque à Miobë. Au contraire, son dévouement avait quelque chose d'honnête qui l'intriguait. Elle semblait sincère, trop sincère pour quelqu'un sur qui on levait la main pour une histoire de virilité défaillante.

« Certes, mon petit. Il a ses qualités, mais ce n'est pas pour autant que je ne suis pas préoccupé. Nous en reparlerons. Et s'il recommence, n'hésitez pas à m'en faire part, que je sois ici ou ailleurs. »

Reprenant une gorgée de thé, il sourit devant son changement de sujet. C'était habile. Elle lui rappelait justement Mahatos, à qui il avait eu le malheur d'apprendre les subtilités du discours, et qui retournait ses conseils contre lui. Ils auraient été bien mieux ensemble, d'ailleurs, ces deux petits... Le hasard des alliances faisait parfois bien mal les choses, et Varen se surprit à réfléchir un instant à un moyen de changer la donne. Peut-être trop compliqué...

Tiré de ses considérations matrimoniales par une petite main dans la sienne, il la serra doucement, faisant grincer le cuir de son gant tout neuf. Un geste de compréhension, faisons comme si de rien n'était.

« Mon médecin est plutôt... Optimiste. »

C'était à la fois une cruelle vérité et un horrible mensonge. Pour l'avancée normale de la maladie, Varen se portait comme un charme, mais par rapport à un homme sain... L'issue se rapprochait inéluctablement. Peut-être dans quelques mois, peut-être dans plusieurs années, nul ne le savait. Et le vieux bonhomme lui-même préférait l'ignorer. La gamine croyait qu'il était atteint d'une arthrite fulgurante, aussi ne s'inquiéterait-elle pas outre mesure. Du moins, il espérait qu'elle ne s'inquiéterait pas assez que pour l'interroger elle aussi.

« Il dit que mon séjour ici me fait le plus grand bien, et que je devrais venir m'y reposer bien plus souvent. Mais les affaires de la capitale ne savent attendre que je fasse mes petites cures, je me dois d'être présent à Sant Poseïnos au risque de perdre mes fonctions. » Il eut un sourire un peu blasé. C'était étrange de devoir sans cesse rappeler à sa famille que non, il n'était pas un vieillard impotent, que oui, il était l'un des personnages les plus importants de Matroos. Étrange contraste entre le public et l'intimité s'il en est. « Enfin... Mahatos vient me rendre visite plus souvent qu'à son tour, en effet, il est bien le seul avec vous, petite fille. Cette garce d'Eshisil a peur que je ne contamine ses enfants, ou je ne sais quoi. » Il grogna de contrariété, lui qui aimait tant raconter des histoires aux deux garnements. « Savez-vous que Mahatos a été désigné pour partir aux Terres Boréales avec la prochaine expédition ? Je suis bien curieux de ce qu'il nous ramènera comme récits... »

A dire vrai, il était surtout inquiet, un peu plus encore. Pourquoi fallait-il que ses chouchous soient ceux qui aient la vie la plus complexe, entre le devoir souvent sous-estimé d'une épouse malheureuse et le danger reconnu de la vie milicienne ?


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Posté dans Re: Les affaires des autres ont toujours un intérêt certain.   - Lun 29 Juil 2013 - 8:32

- Pourquoi ont-ils choisi Mahatos ? s’emporta-t-elle soudain. Il y a bien assez de médecins au service de la Milice !

L’imaginer accomplir des tâches ingrates et subir un entraînement dur et sadique sous les ordres d’un parfait inconnu avait de quoi révolter Miobë. Pourquoi sacrifier sa vie pour terres gelées, alors que ses deux filles adorées lui offrent ici tout ce qu’un père peut désirer ? Peut-être préfère-t-il la peur à l’ennui d’une demeure. Au moins, quand on a peur, on sait qu’on est en vie. L’énergie vous inonde l’esprit et le corps au point de déborder sous forme de transpiration. Votre cœur – le moteur qui brûle toute cette énergie – se met à cogner dans votre poitrine comme un vieux tambour par une journée d’été. On oublie qu’on est épuisé, qu’on a faim et froid. On oublie son genou abîmé et ses yeux gonflés. On oublie le passé et on oublie qu’il existe un point essentiel qui s’appelle Avenir. En tant que Milicien, il doit être un expert de la peur maintenant. Il a sûrement éprouvé toutes les émotions fortes possibles : l’amour, la compassion, la haine et la jalousie. Mais la peur est la plus forte parmi toutes. Aucun autre ne vous agrippe les tripes comme peut le faire la peur. Aucun  autre ne vous possède comme ça, pas même la mort. C’est une espèce de maladie incurable, de fièvre qui vous dévore.

Miobë a ses propres méthodes pour contrer la peur. Ca paraît plutôt simple de son point de vue. Il suffit de se répéter inlassablement : « Je refuse d’avoir peur aujourd’hui. Je vais faire preuve de courage. » Ca aide pour les petites peurs comme celles qui vous rongent avant un Bal important, ou encore lorsque les affaires vont mal pour les Shei’Arcath. Mais pas pour la panique. Quand la terreur vous envahie toute entière, aucun défense quelle qu’elle soit ne peut la contenir.

- Il ne m’a pas parlé de ce départ la dernière fois que nous nous sommes vus…Mais…Mais bien entendu, je me doutais que ce jour arriverait. Les choses vont si mal…

Mahatos n’avait pas besoin qu’on vienne le supplier de rester au Domaine le temps de la guerre. Il avait plutôt besoin du soutien de toute sa famille. De tous, et plus particulièrement de ses chères filles, qu’il aimait plus que quiconque. Avait-il déjà pris l’initiative de leur annoncer son départ prochain ? Que pouvait-elle faire pour aider Mahatos ? La seule idée qui lui vint en tête dans l’instant, était celle d’aider Esmée à veiller sur les filles. De son côté, elle n’avait d’enfant sur qui veiller, donc le temps qu’elle ne lui accordait pas pouvait tout autant être offert à d’autres.
Il était peut-être temps qu’elle prenne son courage à deux mains et aborde ce délicat sujet avec lui. Après tout, si elle se débrouillait à merveille avec les enfants d’Eshisil, pourquoi ne s’en sortirait-elle pas avec les jumelles ?

-Je trouve qu’Esmée a beaucoup de courage. Jamais je n’aurais supporté de savoir mon époux sur des terrains hostiles. Chaque jour elle doit craindre qu'on vienne lui annoncer son décès. Parfois, il m'arrive d'envier la patience de cette femme.
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Posté dans Re: Les affaires des autres ont toujours un intérêt certain.   - Lun 29 Juil 2013 - 14:18

Ohoh. Ainsi donc, Miobë s'indignait de son annonce. C'était d'un intérêt vif pour Varen, depuis qu'il avait eu ses idées entremetteuses quelques instants plus tôt. Il fit néanmoins semblant de rien ; au vu de ses louanges sur son impossible époux, elle s'indignerait sûrement de ses manigances intérieures.  Il but donc une gorgée de thé avant de lui répondre posément.

« Soyez honorée plutôt qu'attristée de le voir partir, même en tant que médecin il a la chance de pouvoir apporter la gloire à notre famille. Chacun oeuvre dans son domaine, mais nous visons tous le même but. »

Gloire et honneur aux Shei'Arcath, un leitmotiv souvent répété, asséné par les trois frères de la génération alors dirigeante. Roval apportait la richesse, Kalder avait compté nombre d'exploits militaires, Varen maniait le pouvoir ; d'Elishia, nulle trace dans les discours, son seul défaut étant pourtant d'être née femme. Les épouses avaient pourtant leur rôle à jouer... Mais pas dans la même partie. Il fallait bien que quelqu'un élève les héritiers, mais il n'était pas cruel, il ne le rappellerait pas à la douce demoiselle à ses côtés. Il revint plutôt à ce qu'elle lui disait de Mahatos :

« Certes, il ne voulait sans doute pas vous affoler. Mais je ne pense pas qu'il parte à cause d'une conjoncture défavorable... Les Terres Boréales ne sont en aucun cas un signe que les choses vont mal, mon enfant. Elles sont la promesse de nouveautés, d'apports à notre nation comme ni vous ni moi n'en avons jamais vécu. Prenez patience, et priez notre bonne Vama pour que Grand Vent souffle en notre faveur. »

Ce n'était qu'à moitié vrai. Des petits oiseaux qu'il entendait chanter, Varen savait que des choses se tramaient, que tout n'était pas en règle, qu'il y avait eu bien trop de hâte à attaquer. Certains Marchands pressaient pour la conquête après avoir eu vent par leurs enfants Miliciens des trésors d'ithylium de cette île mystérieuse... Cela n'était pas bon du tout. Mais le politicien restait un Shei'Arcath malgré tous les efforts qu'il mettait depuis toujours à contrer son patrimoine génétique machiste : il n'inquiéterait pas sa nièce pour des affaires qui ne la concernaient en rien. Autant la rassurer, elle ne risquerait de toutes façons rien. Il était là pour y veiller. Quant au gamin, et bien... Il était à supposer que Mahatos savait ce qu'il faisait. On n'enverrait pas un médecin au front direct. Et si on le faisait, des têtes allaient sauter.

Mais il fut vite question de sujets bien plus proches des considérations de Miobë. Esmée Nelligan. Varen ne la connaissait pas très bien, contrairement à ce que l'on aurait pu croire. Ses conversations avec Mahatos ne regardaient que l'oncle et son neveu, et la Dame de ce dernier n'avait jamais fait montre d'intérêt pour ces rencontres. Il fallait néanmoins avouer qu'elle était d'un admirable stoïcisme devant les évènements. Une gorgée de thé supplémentaire, et le vieux bonhomme donnait son avis, comme sur tout.

« Elle est admirablement dévouée à ses enfants, je pense que s'occuper de ses filles la préserve des noires idées qui pourraient lui venir... » Il s'interrompit un instant pour reprendre une gorgée de son thé, qui commençait à refroidir. « J'imagine qu'elle se remet à des volontés qui nous échappent. »

Sa maladie l'avait rendu fataliste, mais il n'y avait pas grand chose à dire, après tout. Avoir un Milicien dans ses proches, c'était vivre dans la peur ; plus grande la proximité, plus terrible l'angoisse. Mais il lui sembla voir là un moyen de revenir à ses premières préoccupations.

« Vous avez de la patience, croyez-moi. Ne soyez pas envieuse. A votre place, j'aurais de moi-même envoyé votre époux en terrains hostiles. Mais ceci reste un point de vue extérieur, évidemment, je ne peux juger que de son comportement envers moi-même. » Il fit tourner le thé dans sa tasse, une vieille habitude attrapée à force de boire du vin. « Néanmoins... Soyez honnête avec moi, jeune fille. N'y a-t-il que la patience que vous enviez à Esmée, ou aimeriez-vous aussi que votre mari soit absent ? » Il sourit avec douceur, avant de reprendre : « Ne vous méprenez pas, je ne soupçonne aucun amant à vos côtés, même si je le comprendrais tout à fait, je ne suis pas un exemple dans ce domaine, puisque mes enfants ne portent pas mon nom. Je vous demande simplement si mon neveu vaut tout le malheur que vous m'avez exprimé tout à l'heure. Je n'aime pas que l'abcès que j'ai entrevu reste à moitié plein. »

C'était plus fort que lui, il revenait à la charge. Mais plus délicatement, cette fois, avec des tournures de phrases et une intonation d'une douceur presque déplacée pour un vieux roublard comme lui. Étrangement, malgré le risque que les larmes recommencent, malgré son accord tacite d'il y a quelques minutes de la laisser se reprendre... Il ne pouvait pas laisser les choses en l'état.


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Posté dans Re: Les affaires des autres ont toujours un intérêt certain.   - Mar 6 Aoû 2013 - 3:14

-Vous…vous vous trompez ! se défendit-elle.

Miobë se fit violence pour ne pas avouer à son Oncle qu’elle aurait souhaité ne jamais être marié à un Shei’Arcath. Elle se sentait si seule dans cette demeure, et elle avait si peur. Pour la première fois de sa vie, elle désira un instant la mort de son époux et à cette pensée, son cœur s’emballa, lourd et douloureux. Elle était pleine de honte et de remords. Comment pouvait-elle envisager de rejeter cet homme, le seul pont qui permettait aux Marchebois d’accéder aux richesses de Gernie, et qu’elle avait pour devoir de préserver à tout prix ? Elle pressa ses mains contre son ventre, implorant le pardon de son père, d’Hador et de tous les autres. Oui elle n’avait pas  ici tout ce à quoi elle aspirait, mais toutes ces épreuves qu’elle aurait à traverser pour sa famille en valaient largement la peine d’être endurées, non ?

Néanmoins, un problème subsistait malgré les années : sa stérilité. Certaines avaient eu le courage de braver l’interdit pour enfanter, priant avec ferveur Vama pour que mal vienne de leurs époux et non d’elles. Miobë se souvenait de quelques femmes qui avaient mis au monde des enfants bâtards, de la façon dont-elles avaient été traitées, dont leurs enfants avaient été la risée de tout Matroos, et alors, des larmes brûlantes lui montèrent aux yeux. L’une d’elle, une jeune fille de son âge, avait même préféré mettre fin à ses jours plutôt que d’affronter la colère de sa famille. Miobë frissonna, terrifiée d’avoir un seul instant songé à partager la couche d’un autre pour régler ses problèmes. Hador n’aurait jamais approuvé pareille initiative. Ni aucun autre d’ailleurs.

Que cherchait donc exactement l’Oncle Shei’Arcath en la confrontant ainsi à ses démons ? Il fallait qu’elle se montre plus forte que lui, quitte à froisser son égo de mâle dominant. Jamais elle ne s’abaisserait à blâmer mon époux.

- Ce mariage était de la volonté de Sahjak Marchebois, avoua finalement la jeune femme. Mais je l’ai désiré également. Je l’ai désiré de toute mon âme, parce que j’avais enfin l’occasion d’accomplir mon devoir envers ma vraie famille !

Son discours sonnait faux, mais elle s’évertuait à le défendre. Quand son père, Tybalt, lui avait annoncé la nouvelle de son mariage avec le fils Shei’Arcath, Miobë s’était laissée submerger par la crainte. Petite, elle avait un connu un Déolin fou de curiosité, joueur et particulièrement vif pour son jeune âge. Mais l’homme qu’il était devenu n’était pas celui qu’elle avait tant admirée enfant. Si son intelligence restait intacte, sa vision du monde elle avait totalement changée : comme tous les autres adultes Shei’Arcath, il s’était mis à mépriser les femmes de pouvoir, y comprit celles qui osent prendre la parole sans y avoir été invitées. De quoi briser les derniers espoirs d’une épouse qui pensait être en mesure de s’investir pleinement dans les ventes du vin de Gernie.

Elle releva fièrement le menton, profitant non sans honte d’être debout et donc de le dominer au moins par la hauteur. Son regard était celui d’une Marchande. Mais suffirait-il à le faire plier ? Miobë craignait que son petit jeu ne réveille l’instinct de chef du Shei’Arcath, mais également du Politicien.

-Je ne sais pas ce que vous attendiez de moi en me posant pareilles questions, mais quoi que ce soit, vous ne l’obtiendrez pas.
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Posté dans Re: Les affaires des autres ont toujours un intérêt certain.   - Mar 6 Aoû 2013 - 10:41

Comme cela, il se trompait ? Oh, la belle accusation hésitante, le joli visage à l'air si perdu... Varen savait qu'il ne se trompait pas. Comment ? Il le sentait, voilà tout. Lorsqu'on a soi-même l'habitude des mensonges, on sait les détecter chez l'innocent qui s'y risque.

Elle finit tout de même par avouer que ce mariage était arrangé par son oncle Aënor, avant de défendre avec véhémence son envie personnelle d'y prendre part. D'oncle à oncle, Varen savait qu'Aënor avait sans doute fait peu de cas de leur nièce commune, n'y voyant qu'une jeune pouliche à vendre pour servir ses affaires ; une philosophie commune entre les Shei'Arcath et les Marchebois, que le politicien déplorait mais qui avait aidé dans la conclusion de leur contrat. Le triste constat de la vente d'êtres humains, qui étaient conditionnés à y trouver un grand honneur ; jolies petites esclaves emballées de soie pour être déposées, consentantes ou non, dans le lit du plus offrant.

Varen avait pourtant cette impression étrange de comprendre l'enfant, malgré tout ce qui les séparait et la froideur avec laquelle il analysait la situation d'un point de vue de vieux Marchand. Il fallait faire des sacrifices pour servir sa famille, et il soupçonnait que celui de Miobë était peut-être équivalent à ceux que lui-même avait dû faire en son temps. Le discours de la demoiselle sonnait faux, mais il résonnait vrai pour celui qui savait entendre au delà des simples mots. Accomplir son devoir... Une sensation bien connue. Ressentie lors de son exil d'étude à Sant Poséïnos, puis plus loin encore, six mois à Korrul loin des siens. Ressentie encore lors de son accession au Conseil Marchand, puis lors de son institution en tant que Conseiller du Gouverneur. Il servait les Shei'Arcath depuis toujours, et il en avait perdu tout espoir d'avoir des enfants dont il pourrait s'occuper, d'aimer une femme sans la déshonorer. Il y avait même laissé une bonne partie de son sens moral, en plus de sa santé.

Et cela n'arriverait pas à l'un de ceux sur lesquels il veillait.

« Ce que j'attendais de vous, petite fille ? De l'honnêteté. Et vous avez bien raison, je ne l'ai pas obtenue. »

Il but une gorgée de son thé, l'air de rien. Elle le dominait par sa hauteur, mais le vieil homme ne se laissait pas abuser. Force tranquille, il n'avait aucune raison de s'énerver ; il n'était pas son frère, après tout, ni son neveu, et il n'avait qu'une fois dans sa vie levé la main sur une dame. Pour son bien, par dessus le marché.

« Vous avez désiré servir votre famille, je le conçois aisément, car je trouve en vous un admirable reflet des valeurs que je défends. Je ne vous parle pas ici de suivre les desseins de votre oncle, si grand homme soit-il. De toutes façons, vous êtes une Shei'Arcath, à présent, ce n'est plus à lui que vous devez rendre des comptes. »

Il ne leva pas les yeux vers la jeune femme, se comportant comme si elle était encore calmement assise à côté de lui.

« Je vous parle de mon neveu, et de rien d'autre qui tourne autour de votre union. Déolin vous fait-il du mal ? C'est une question rhétorique, Miobë, je peux aisément m'imaginer toutes les réponses du monde et agir en conséquence. Mais si vous me disiez la vérité, vous éviteriez peut-être que je ne m'en mêle, parce que telle est mon intention pour l'instant. »

La vieille fouine n'avait pas dit son dernier mot, loin de là. Était-il d'ailleurs possible d'avoir le dernier mot avec un homme Shei'Arcath, politicien de surcroît ?


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Posté dans Re: Les affaires des autres ont toujours un intérêt certain.   - Mar 13 Aoû 2013 - 12:28

- Je vous en prie ! Ne vous mêlez pas d’affaires qu’il ne vous appartient pas de connaître, Monsieur Shei’Arcath ! s’emporta la jeune femme, totalement dépassée par les ruses de son oncle.

Elle s’assit au bout de son fauteuil, le cœur battant à tout rompre. Ses jambes tremblaient au sol tant elle avait peur de ce qui allait arriver.
Varen Shei’Arcath, comme tous les autres d’ailleurs, devait à tout prix rester en dehors de cette sombre histoire, sans quoi Miobë perdrait définitivement toute chance de conquérir le cœur de son mari ! Bien qu’il dépasse souvent les limites de l’acceptable, Déolin était un homme capable et exigeant envers lui meêm. Il devait très probablement souffrir d’être le seul parmi tous à ne pas avoir une vie de famille. Miobë était après tout la mieux placée pour comprendre sa douleur : elle-même désirait un enfant depuis le tout premier jour de son mariage. Et aujourd’hui, bien qu’elle en veuille terriblement à son époux de se montrer si cruel à son égard, jamais elle ne laisserait qui que ce soit lui faire du mal, y compris Varen ! En tant qu’épouse, elle se devait d’être l’un de ses piliers les plus solides.

Mais que pouvait-elle donc faire contre lui ? Il était l’un des hommes les plus respectés de tout Matroos, et pas seulement grâce à son statut de politicien. Le mieux était peut-être de tout lui avouer, en espérant qu’il ne prenne pas de mesures radicales à l’encontre de son neveu. D’une main tremblante, elle dévoila son épaule et l’énorme hématome qui y trônait.

- Il y a deux jours, mon époux a invité son ami, Monsieur Saule, ainsi que son épouse. Tout se passait pour le mieux, jusqu’à ce que le vin commence à faire son effet. Alors que je voulais le reconduire à notre chambre, il s’est montré agressif et m’a violemment bousculé. Mon épaule a percuté un meuble du couloir.

La douleur était encore vive, mais ce n’était rien à côté de ce qu’elle avait ressenti lorsque son époux s’était couché à son côté, sans même lui accorder la moindre attention.

- Lorsque ce n’est pas l’alcool qui le rend violent, c’est sa colère. Il ne supporte pas qu’on le contredise, ni qu’on lui rappelle qu’il n’a toujours pas de fils malgré ses dix années de mariage. Il lui arrive de me gifler, mais sinon, il se contente de quelques paroles acides, celles qu’il se retient de déverser sur celui qui n’a fait que dire la vérité.

Accablée par la peine, elle se laissa tomber sur les genoux et déversa un torrent de larmes, laissant de côté de son honneur de Marchebois.

- Ne faites rien qui lui porte le moindre préjudice ! Je veux gagner légitimement son amour et sa reconnaissance ! Je veux qu’il me regarde parce qu’il m’aime et non parce qu’on lui aura demandé de le faire !
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Posté dans Re: Les affaires des autres ont toujours un intérêt certain.   - Mer 14 Aoû 2013 - 15:23

Il est des spectacle d'une beauté rare, d'une beauté dérangeante. Celui de Miobë Marchebois s'effondrant ne pouvait qu'émouvoir même une vieille écorce ; c'était l'honneur qui rendait les armes, l'éternel silence qui se fissurait lentement pour laisser transparaître la douleur. Le vieil homme savait qu'il avait devant lui quelque chose de rare, même s'il l'avait extorqué de force. Il n'était évidemment pas question qu'il mette ses menaces à exécution, du moins rien de plus que des remontrances, mais cela avait marché, peut-être au delà de ses espérances.

Varen regardait en silence l'épaule qui aurait dû être de l'albâtre le plus pur, et qui n'était pourtant que violacée. Il baissa rapidement les yeux, secouant la tête pendant qu'elle parlait. Il avait envie de s'excuser pour les autres, de faire pardonner ce comportement des hommes de sa famille, qu'il n'avait jamais cautionné... Il était le seul qui aurait pu éduquer un gamin correctement, et il était le seul qui n'avait pas pu le faire.

Passer sa colère sur une femme, un exutoire bien lâche. Il fallait bien se trouver du pouvoir quelque part, lorsque l'on en avait aucun à faire valoir... Cousin de l'héritier, moindre parti dans la famille... L'orgueil gonflé de cet enfant devait bien trouver des manières de s'exprimer, et il ne choisissait pas les meilleurs.

Elle était à genoux à côté de lui, en larmes, toute discrétion oubliée pour exprimer une douloureuse supplique, et il la regardait, tentant vainement de comprendre cette dévotion maladive. Qu'avait fait Déolin dans sa vie pour mériter qu'elle le protège ? Pourquoi toute cette douceur se retrouvait-elle à la merci de sa brusquerie ? Elle voulait gagner son amour... Se rendait-elle compte que l'homme était acide pour bien d'autres raisons que sa seule faute, qu'un enfant auquel il n'aurait à laisser qu'une part infime de ce qu'aurait Mahasaël ne le comblerait pas ? Son mari voulait le monde, et elle en faisait les frais.

Il la laissait épancher sa tristesse sans mot dire, sans pouvoir exprimer l'étendue de sa désolation devant pareil gâchis. Il soupira, grognant à moitié, devant toute cette douleur, ce qu'il percevait comme une blessure à vif, gonflée et douloureuse. Il n'avait pas voulu la raviver, pas vraiment, mais il avait au moins une vision plus claire de la situation ; cela aurait pu être pire.

S'il avait été moins vieux, moins malade, s'il n'avait pas été un homme important caché derrière un mur de convenances, il aurait été tenté de la prendre dans ses bras, de lui jurer que tout irait mieux. Mais il était ce qu'il était, usé et désabusé... Il ne pouvait rien promettre, à part qu'il surveillerait tout cela, qu'il l'aiderait autant qu'il le pouvait, et il n'était pas sûr qu'elle ait envie d'entendre cela.

« Vous l'aimez. »

Ce n'était pas une question, c'était une malheureuse constatation, suivie d'un nouveau soupir.

« Je ne dirai rien, vous avez ma parole, bien que cela me coûte. Mais, petite fille... »

Malgré tout, il se sentait perdre ses moyens, devant ces traits si doux déformés par sa faute. Il était assis là, inutile malgré le pouvoir qu'il avait amassé, impuissant devant un membre de sa précieuse famille qui souffrait sans qu'il puisse rien y faire.

« Vous allez acheter mon silence en me promettant de me tenir au courant. Je ne veux pas m'imiscer dans vos affaire plus que je ne l'ai déjà fait, mais s'il advenait que mon neveu devienne un danger plus important envers vous, je veux le savoir. »

Et il paiera, ajouta-t-il mentalement.


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Posté dans Re: Les affaires des autres ont toujours un intérêt certain.   - Mar 20 Aoû 2013 - 14:33

-Je vous en fais la promesse. Sans condition, parvint-elle à articuler, malgré sa gorge serrée.

Elle sécha ses larmes mais d'autres suivirent, bien malgré elle. Ce n'était pas la première fois cette semaine qu'elle s'effondrait ainsi. Mais pour l'instant, elle voulait continuer de l'aimer, comme elle l'avait aimé le premier jour de leurs fiançailles. Malgré la peur. Malgré l'incertitude.

Pourtant, chaque matin, elle sait ce qui l'attend et elle y va avec le sourire. Par espoir et volonté, on lui avait dit qu'on pouvait se sortir de toutes les situations. Mais souvent, elle redécouvrait le goût amer des larmes qui coulent silencieusement. Désormais, l'angoisse de l'avenir. Les larmes qui ne peuvent compenser la peine. Et plus tard, quoi d'autre encore ?
Une vie qui se brise ? Un espoir fini ? Un mari qui part ?

Lasse de sa journée, elle se leva et quitta les appartements de son Oncle sans un mot. Miobë lui faisait confiance : comme il le lui avait assuré, il ne touchera pas un mot de toute cette histoire à Déolin. C'est donc le coeur ravagé par le chagrin et l'angoisse qu'elle se coucha auprès de son mari une fois la nuit tombée. Et pour la première fois depuis bien longtemps, il ne la touche pas ce soir là, lui permettant de trouver un semblant de repos.

Et maintenant, le soleil se lève. Un nouveau jour. Elle n'a eu que la nuit pour essayer de comprendre. Que la nuit pour déverser sa peine. La fenêtre grande ouverte, elle voit l'arbre centenaire, elle voit le ciel, le soleil qui commence à se lever. Recroquevillée dans son lit, les larmes ont séché. Mais ses yeux sont encore rouges et son coeur saigne encore. Tout paraît fade. Le vent, la vie rentre dans la chambre. Mais rien ne veut bouger. Rien n'a changé.

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Posté dans Re: Les affaires des autres ont toujours un intérêt certain.   -

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