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Le hasard fait bien les choses.

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Bourgeois

On m'appelle Venycia Howk


Infos Personnage
RANG: Thélador Gotruscos, Elior Gotruscos, Solomon Valyssar, Varen Shei'Arcath, Coco du Rico, Jack Belfort, Delian Howk, Errol Parhelion (Moda l'Imposteur), Nodin Kellen (Günel), Miobë Shei'Arcath, Talis Hadmas, Neylie Valyssar, Hiempsal Saule, Ebenezer Eisenheim
VILLE & APPARTENANCE : Vuulte ● Famille Marchande Gotruscos / Famille Bourgeoise Howk
MON AGE : 18 printemps.
Féminin
MESSAGES : 378
AGE : 26
INSCRIT LE : 13/04/2013
PSEUDO HABITUEL : Kathy
Joyaux : 1356
http://www.ile-joyaux.com/t1523-cher-journal http://www.ile-joyaux.com/t1507-venycia-howk-gotruscos
Posté dans Le hasard fait bien les choses.    - Sam 16 Nov 2013 - 5:11

Le premier Fredas du mois était un jour particulier dans l'agenda de Venycia. C'était l'un des jours où elle sortait du domaine Davil, de manière régulière et planifiée. Oh, elle sortait bien pour rencontrer des gens, assister à des évènements, mais ce n'était pas pareil. Ici, il s'agissait de faire une bonne action, chose à laquelle sa nouvelle famille l'avait initiée bien vite après ses fiançailles. A présent, elle était mariée, et c'était devenu une habitude. Une excellente habitude, à vrai dire.

Dans le vaisseau qui l'amenait à un orphelinat de la ville, la jeune fille réfléchissait à la manière dont allait se passer son après-midi. Il avait été perturbant au départ d'aller passer un peu de temps avec les enfants. Avant qu'elle ne rejoigne la famille et prenne un nom mille fois plus facile à épeler que le premier, c'était le travail de Lisbeth, mais elle n'était pas très intéressée... Elle avait sauté sur l'occasion de se décharger d'une corvée lorsque Veny, soucieuse de s'intégrer, lui avait demandé quoi faire. La nouvelle épousée avait été surprise, mais n'avait osé refuser, malgré une certaine répulsion pour les enfants, sans doute due conjointement à son jeune âge et à la quasi-certitude de ne pas en avoir elle-même. Et pourtant... Elle se surprenait à attendre ce moment, au milieu de toutes les autres obligations qui réglaient son temps.

C'est qu'elle avait appris, depuis quelques séances déjà, le prénom de chacun des quatorze enfants qui habitaient le refuge. Elle apportait des bonbons, en plus de la dotation mensuelle que les Davil versaient à la pension, pour étaler (surtout) leur richesse et (un peu) leur générosité. C'était un brin perturbant de prendre goût à la tâche qui lui aurait semblé la plus pénibles de toutes celles qui auraient potentiellement pu lui incomber, mais elle n'allait pas s'en plaindre.

Enfin, l'arrivée. Elle portait une longue robe, gris clair et rose tendre, volumineuse, dont les jupons étaient le cauchemar des autres passagers lorsqu'il y en avait, ce qui n'était pas le cas ce jour-là. C'était toujours pénible de s'extirper d'un vaisseau avec ses atours habituels, mais elle avait développé une certaine technique, qui lui permit de sortir sans trop de mouvements ridicules. Prenant une grande goulée d'air, Veny se dit qu'elle regrettait bien Gernie, ou même Errande, où différentes circonstances l'avaient amenée peu de temps auparavant. Il y faisait tellement plus propre qu'à Vuulte, cité encrassée d'ithylium, dans laquelle elle avait pourtant grandi... Mais dire de cette ville que l'herbe était toujours plus verte ailleurs n'était pas une image, loin de là. Elle soupira. Ce n'était pas le quartier le plus grandiose de la ville, en plus, cela se voyait bien à l'allure sombre des bâtiments, mais un orphelinat citoyen ne pouvait pas avoir le même panache qu'une demeure march... bourgeoise, c'était évident.

Époussetant ses jupes, elle entra dans l'orphelinat de Miss Wayham, refusant de montrer sa hâte au pilote qui la voyait, mois après mois, passer de moins en moins de temps à l'extérieur avant de se résoudre à passer la porte, et qui souriait d'un air entendu. Comme tout le monde, les domestiques voulaient pouponner. Nouveau soupir.

Cependant... Pousser la porte, et faire un petit pas à l'intérieur suffit à illuminer son expression, devant la marée de morveux qui se pressaient pour l'accueillir.
"Bonjour Madaaame !"
"Madame Howk, tu apportes encore des bonbons ?"
"Miss Veny, Miss Veny, vous zavez vu que z'ai une nouvelle robe ?"

Elle essayait qu'ils utilisent son prénom, tout simplement, mais ce n'était pas facile de contrer l'éducation stricte d'Eléanor Wayham, qui s'efforçait admirablement d'en faire des enfants polis. Venycia répondait à chacun, par son nom, fière des progrès qu'elle avait fait aussi bien pour les retenir que simplement en patience, en acceptant les petites mains parfois un peu baveuses au creux des siennes, ou en s'extasiant devant des gribouillis objectivement atroces. Les salutations faites, d'ailleurs, il était temps de se diriger vers la grande pièce qui servait à la fois de salle de classe et de salle de jeu, l'endroit où elle pourrait passer du temps avec eux.

Un rien perplexe, comme toujours, Veny se laissait guider par les enfants, et observait avec une attention (feinte) le dernier papouff dessiné par Edgar, avec admiration (sincère) les premiers points de broderie de Félicia. Elle chatouilla la plus petite, de quelques mois à peine, ne grimaçant presque pas lorsque l'enfant éternua, elle donna un nouveau livre au plus grand qui s'était pris de passion pour les contes. Si l'on pouvait dire bien du mal de la jeune femme, on ne pouvait pas nier qu'elle avait bon coeur.

Après une bonne heure à accorder quelques minutes à chacun, elle s'assit dans le fauteuil du coin de la pièce, celui d'où la maîtresse des lieux surveillait tout ce petit monde... L'heure de la distribution de bonbons avait sonné, son moment préféré. A chaque fois, le sac était un peu plus gros, et Veny se surprenait à grignotter et à rire avec les gamins, quoiqu'elle se crispe lorsqu'ils devenaient tout barbouillés et l'approchaient de trop près ; c'était un moment précieux, dont l'absence de témoins la réjouissait. Enfin, jusqu'à ce qu'elle se rende compte qu'il y en avait un.
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On m'appelle Invité

Posté dans Re: Le hasard fait bien les choses.    - Sam 16 Nov 2013 - 5:15

Quelques rayons de soleil agaçaient son visage écrasé contre son bureau, étais-ce le matin? Pas seulement le soleil troublait son repos éphémère et imprévue, la queue qu'un Nsache fouettait malicieusement son nez avec un air souverain. Un petit grognement résonna de la masse affalé du gentilhomme, quel état!

À quelques part de lui se tenait deux personnages, une bonnes d'âge mûres et un homme que la maladie avait bien fait vieillir. Appuyé sur sa canne, il pencha sur le coté la tête puis s'adressa à la cuisinière.

-Madame Sorel, ma bonne dame, je crois que notre jeune maître est en vie finalement. Il semblerait bien que ses études appliquées des 72 dernières heures ont causé un léger trouble du sommeil à celui-ci.

-Vous avez bien raison monsieur Strahen mais je crains que nous soyons tout deux trop vieux pour transporter notre maître comme nous le faisions jadis. Monsieur Eisenheim, si vous êtes parmi nous, auriez vous l'amabilité de bouger la main droite?

Sous la tignasse de cheveux sombre, une main droite bougea vaguement d'un bord à l'autre.

-Quel soulagement ma bonne Sorel. Soyez une sainte une fois de plus, voulez-vous, et allez donc faire couler le bain de monsieur. Je crois que nous avons là un cas critique de poisson desséché contre son ouvrage. Il nous faut remettre ce spécimen Eisenheim immédiatement à l'eau.

En tant normal, le majordome et la cuisinière d'un bourgeois ne peuvent prétendre à une telle familiarité ni effronterie moqueuse avec leur maître. Le cas actuel était cependant particulier, ils avaient veillé sur les jumeaux Eisenheim, surtout Ebenezer, depuis qu'il avait perdu son père. Hors, ils pouvaient se permettre quelques libertés et ils savaient aussi que leur jeune maître n'était pas à ça près de l'étiquette avec eux.

Une délicieuse tasse d'infusion en main, un mélange riche de thé Matroscien avec une touche d'épice Korrulienne, Grégoire, le majordome, pris place auprès d'Ebenezer. Le Bourgeois, reprenant droit tranquillement sur son corps, revenait à lui juste assez pour se redresser et prendre la tasse en main. Le visage fantomatique, cerné, il fit un signe de tête à son fidèle bras droit et englôutit le liquide brûlant. Déjà il se sentait plus vivant.

-Grégoire, je crois avoir trouvé une piste dans ces ouvrages d'herboristerie pour soigner votre mal.

-Vraiment? Dit le majordome, rangeant d'une main le bureau qui devenait un réel pandémonium. Ça me semble très intéressant Ebenezer, que diriez-vous de me suivre pour me raconter vos découvertes?

Encore endormi, plus ou moins présent, le jeune homme dans la mi-vingtaine se leva pour suivre d'un pas lasse mais déterminé son vieil ami afin de lui confier ses trouvailles. Avant même qu'il s'en aperçoive, il était rendu dans son bain, une serviette tiède sur le visage et seul. Un agenda soigné était déposé auprès du bain, un rappel des obligations. Ces dernières années de deuil l'avait poussé dans une inaction accablante et un isolement social malsain. Maintenant qu'il se pliait bien aux "caprices" de son ancien tuteur, Grégoire se faisait un plaisir de remplir l'agenda avec toute sorte de tâche qu'il qualifiait de "socialement gratifiante, épanouissante et curatrice".

Ils étaient donc le premier Fredas du mois et il y avait à l’horaire quelques activités mineure ainsi qu'une de charité: aller porter de l'eau potable à l'Orphelinat Wayham. La dame en question était très courageuse et à quelques reprise, les lettres clandestine anonyme de sa jumelle l'avait interpellé à aider cette femme dévouée. Après un moment à se laisser flotter dans l'eau, il se sentait déjà revivre, à croire que l'emblème de la famille, un poisson volant, avait un sens plus aiguë que les diverses métaphores auquel il était lié.

Le reste de la routine du matin passa rapidement, on lui servit son repas, l'invita à manger même si la faim se faisait désirer, on lui reprocha sa tenue moins soignée, il riposta qu'un veuf n'a pas à être élégant, joute verbale s'en suit, il fini par soigner son apparence correctement pour échapper aux deux mégères qui lui servent de cuisinière et de majordome. Ce genre de matin un peu chaotique était sa routine depuis son retour à la "vie sociale". Bien qu'il n'avait pas encore eu le cœur de se remontrer le nez dans une réception chic, il avait au moins l'envie de sortir de chez-lui, ce qu'il s'empressa même de faire ce jour là.

Chapeau haut de forme en main, manteau noir classique bordé d'or des Eisenheim et ses gants de cuir orné de son sigil sur le dos de la main, il descendit au hangar de son domaine. Accompagné de son chauffeur personnel il prit un petit vaisseau stationné. Quelques uns étaient des prototypes, d'autres étaient des modèles qu'il avait gardé. À Vuulte, on ne peut pas réellement se passer de vaisseau, tout est trop vertigineux... Enfin, quand on a les moyens.

Le paysage défila sous ses yeux encore lasse par les efforts fournis dans les derniers jours, il somnola même un peu contre la vitre de son transport. Son petit module pour le déplacement dans Vuulte était en réalité très confortable, l'effet de voyager sur un nuage, ou presque. À ses pieds, environ six caisses de vingt-cinq bouteilles de verres remplit d'eau chantaient leur mélodie en cognant les unes au autre imperceptiblement, un petit bruit clair à chaque léger impact. Bercé par le son cristallin, il ne sortit que du monde des songes à l’atterrissage, ils étaient arrivé.

Cette sieste brève lui avait fait un bien fou, beaucoup plus reposante que de dormir sur la terre ferme, dans son manoir. Pour une raison ou une autre, il avait tant voyagé à bord de l'Arcadia ces dernières années, fuyant la société, qu'il se sentait maintenant moins à l'aise au sol. À peine eu-t-il le temps de déchargé la moitié des bouteilles que la voix d'une femme résonna derrière lui, une voix courtoise et pleine de discipline.

-Monsieur Eisenheim, je dois vous avouer que je n'y croyais plus. Nous ne nous voyions plus personnellement depuis les 5 dernières années, seulement vos hommes.

Le gentilhomme se retourna et afficha un bref sourire courtois, le visage paisible mais le regard ayant un fond vibrant de mélancolie.

-Très aimable à vous, Madame, de m'accueillir. Il faut excuser mes dernières années d'absence, elles étaient nullement contre votre établissement.

La femme observa un moment le visage du Bourgeois, ses yeux couleur jade avaient tellement changé. Autrefois si vivant et maintenant tellement plus éteint. Heureusement ils brillait encore une lueur de détermination au fond d'eux, quelque part, dans cet air élégant et réservé. Toujours aussi indéchiffrable.

-Entrez donc, certains de nos plus vieux se souviennent encore de vous, ils leur feront plaisir de vous voir.

Retirant son chapeau, il entra doucement. Il avait continué à visiter les orphelinats qu'il aidait financièrement sur base régulière, les trois Orphelinats de sa jumelle, mais celui-ci, ça datait comme l'avait fait remarquer sa propriétaire. Est-ce que les enfants seraient aussi heureux qu'avant? Son chauffeur, pendant ce temps, empilait dans la cuisine les caisses de bouteilles d'eau pleine et reprenait les bouteilles de verre vide pour les ramener à l'usine. Il arriva enfin dans l'embrasure de la porte et observa un moment les enfants en silence, ne remarquant pas immédiatement la jeune femme habillé de gris et de rose. D'un œil protecteur, il observait les jeunes êtres s'amuser et s'émerveiller devant des choses toutes simples. Il leur enviait un peu cette aptitude à être fondamentalement heureux, encore naïf de bien des choses. C'est alors que son regard croisa celui de la jeune femme et qu'il se rendit compte de la présence de celle-ci.

Croiser le regard avec un membre de la famille d'Inventeur est toujours un peu troublant dans les premier temps: D'une part parce que le premier regard qu'un Eisenheim pose sur vous semble dépecer ainsi que décrypter votre âme et de l'autre part la lueur perçante d'intelligence qui vrille au fond de celui-ci doublé d'une franchise au couteau. Certains disent que c'est intimidant, d'autres disent que c'est ce qui représente leur vive inébranlable intégralité.

Dans tous les cas, il ne fallut pas long au Chef de Famille pour réaliser qu'il avait devant lui une femme de la Haute. Un peu plus jeune que lui, ces cheveux de feu lui disait quelques choses. Les avaient-ils déjà vue à une réception du temps qu'il avait encore sa femme? Probablement pas? Non, il n'avait jamais croisé celle-ci... Peut-être entendu parler? Était-elle Marchande?.. Il avait l'impression d'avoir l'identité de celle-ci à porté de main, il connaissait quand même bien les hautes sphères de Vuulte... Mais les années avaient passés et 5 ans donne amplement le temps à une jeune pousse de devenir une fleur méconnaissable.

Son évaluation et son questionnement interne , n'avaient durée qu'une fraction de seconde. Le plus important était le dernier détail qu'il avait remarqué: le bracelet de mariage. Il savait donc comment s'adresser à celle-ci pour la saluer correctement. S'inclinant légèrement, il dit tout simplement.

-Madame, veuillez m'excuser, je ne pensais pas trouver qui que ce soit en mettant les pieds dans l'embrasure de la porte. En aucun cas je ne désirais troubler vos instants ici. Madame Mayham a dût omettre m'en informer, ne lui en tenez pas rigueur. Je vous prie de pardonner, par la même occasion, mon intrusion inapproprié.

Un enfant plus curieux que le reste approcha avec la mine curieuse, la tête penché sur le coté. D'une voix pleine de de questionnement, il dit au gentilhomme:

-Diteuh... vous z'êtes monsieurs Zeizenheim? Vous z'avez les mêmes poissons sur les mains que sur les bouteilles d'Ô.

D'une voix douce, il répondit.

-Oui, je suis monsieur Eisenheim, celui qui vous donne l'eau. Vous avez des nouveaux draps aussi, cette fois. L'hiver sera moins pénible.

Les enfants murmurèrent avec admiration entre eux et s'amassèrent pour voir la cargaison arriver dans la cuisine. Pendant ce temps, Ebenezer fit deux ou trois pas, laissant une distance raisonnable entre la jeune femme et lui, puis s'adressa à nouveau à elle.

-Excusez-moi si je ne vous reconnais point ou si je ne vous connais pas. Les dernières années de ma vie ont été en retrait et je crois bien ne plus être à jour. J'ai pour habitude d'avoir une bonne mémoire mais je ne me souviens pas de vous avoir rencontré. Je suis Ebenezer Eisenheim, peut-être avez-vous déjà entendu mon nom. Auriez-vous la grand amabilité de me permettre de connaître qui vous êtes? J'avoue être surpris de rencontrer une autre personne qui fait du mécénat mais c'est très agréable de voir qu'il existe encore de la bonté.
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Bourgeois

On m'appelle Venycia Howk


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Posté dans Re: Le hasard fait bien les choses.    - Sam 16 Nov 2013 - 5:22

Venycia avait levé la tête, sa nuque chatouillant sous la sensation familière que l'on a lorsqu'on se sent observé ; ce n'était pas elle que l'on regardait, c'étaient plutôt les enfants, mais cela ne changeait pas grand chose si l'on comptait qu'un certain nombre d'entre eux se trouvaient autour d'elle. Le nouveau venu était visiblement aussi étranger qu'elle à l'environnement, avec sa mise sombre, ces vêtements d'extérieur qui affichaient clairement qu'il venait d'arriver.

Leurs regards se croisèrent, et la jeune fille fut surprise d'y trouver une espèce de recherche de compréhension... Il avait l'air non seulement de se demander ce qu'elle faisait là, mais aussi qui elle était. Cela ne tombait pas plus mal, car malgré sa fine connaissance de la plupart des gens qui auraient pu présenter une apparence pareille, elle ne parvenait pas d'emblée à mettre un nom sur ce visage. Peut-être un riche citoyen... ?

Déjà, il coupait sa réflexion en s'avançant et en la saluant, alors qu'elle se levait et s'inclinait à son tour. Il avait très visiblement remarqué son bracelet, il connaissait les usages... Venycia restait perplexe, mais la réponse lui fut bien vite apportée par une petite voix zézéyante. Monsieur Eisenheim. Le gallon tomba, ce nom lui évoquait bien des choses. Ses yeux s'agrandirent alors qu'elle contemplait les probabilités... Ebenezer Eisenheim...? Ce fut vite confirmé.

Il s'agissait de prendre des pincettes, car beaucoup de rumeurs couraient à son sujet. Certaines étaient fantasques, pas de doutes là dessus, mais d'autres... Sur ces autres, l'hésitation était permise. Venycia papillonna des yeux, essayant de revenir à l'instant présent plutôt que de se perdre dans mille hypothèses bancales, et elle sourit avec politesse.

« Je suis enchantée, Monsieur Eisenheim. »

C'était assez vrai. Avec tout ce qui se disait à son sujet, avoir la source des ragots sous les yeux ne pouvait que piquer la curiosité. Elle lissa une nouvelle fois ses jupes pourtant en excellente condition, tic nerveux qui lui occupait toujours les mains, expression inconsciente d'un souci de perfection qui lui était venu récemment et contre son gré.

« Je pense que nous ne nous sommes jamais croisés, bien que j'aie effectivement entendu parler de vous. » Ne pas donner de précisions sur la nature de ces paroles était bien plus honnête que de rajouter que c'était en bien ; l'art du mensonge n'échappait pas à Venycia, l'omission étant sa forme la plus élégante. « Mon nom est Venycia Gotruscos, épouse de Delian Howk. »

Son sourire devint presque une excuse, pour cette aveu de la complexité de sa situation. A n'en pas douter, puisque les Eisenheim étaient de mémoire établis à Vuulte, il devait bien en connaître les grands noms, et savoir que ceux qu'elles annonçait n'étaient pas compatibles. Elle détourna le regard vers la porte ouverte de la cuisine, par laquelle on voyait les petits s'extasier sur le nouvel arrivage. C'était un jour de surprises, et celles du bourgeois étaient autrement plus utiles que le sachet de bonbons de Venycia, abandonné sur l'accoudoir du fauteuil.

« Je ne fais pas du mécénat depuis bien longtemps, mais ma tante par alliance m'a délégué le soin de venir passer un peu de temps avec les enfants, elle subit de terribles migraines qui l'empêchent de tolérer les rires et les cris. » C'était l'excuse officielle, bien entendu. Les rires des jeunes premiers trouvaient toujours grâce aux oreilles de Lisbeth Davil. « Je dois avouer que j'y ai pris goût, ils sont adorables. Toutefois... J'ai bien l'impression que le ravitaillement que vous apportez est autrement plus important que ma présence. »

Ce n'était aucunement une reproche, plutôt un simple constat énoncé d'une voix posée, avec un sourire vaguement amusé. Si les gamins s'étaient rués vers le nouveau venu plutôt que vers ce qu'il apportait, la jeune femme l'aurait peut-être mal pris, mais ce n'était pas le cas.

« Il m'est également agréable de voir que d'autres s'occupent d'eux, pour vous rassurer quant à vos excuses interrompues. Je serais bien triste d'avoir le monopole des visites. Vous apportez donc de l'eau ? »

Si Veny était très bien au courant des ragots et autres histoires croustillantes, elle n'avait qu'une vague idée des choses qui auraient semblé essentielles à son père et à son frère, comme le type de commerce des autres familles aux alentours, sauf si elle y trouvait un intérêt personnel. Plus encore, élevée comme une marchande, les familles bourgeoises lui avaient été presque inconnues jusqu'à il y a peu, à moins d'une alliance tordue comme son père savait les nouer. Les Eisenheim produisaient-il donc... de l'eau en bouteilles ? Curieuse idée lorsque l'on a toujours vécu avec de l'eau courante de bonne qualité...
Invité

On m'appelle Invité

Posté dans Re: Le hasard fait bien les choses.    - Sam 16 Nov 2013 - 5:23

Les yeux qui s'agrandirent à son nom ne lui échappèrent pas et il n'en fût pas offusqué ou surpris. Les dernières années avaient été particulièrement fructueuse pour les histoires à son intention, surtout mauvaise. Il le vivait avec une bonne dose de fatalité, comment arrêter les femmes de la Haute se raconter des ragots. Il y avait probablement une dizaine d'offre de remariage qu'il avait repoussé du revers de la main qui avait été coûteux en terme de mauvaise langue. Encore là, sa famille était naturellement propice aux rumeurs à cause de leur mode de vie qualifié de "fantasque". Un inventeur est un passionné, un esprit libre, comment pouvait-il pleinement satisfaire la société strictement tissé du Matroos? Porter concurrence à la classe Marchande en étant Bourgeois rajoutait une autre couche d'huile sur le feu.

En contrepartie de ces yeux ronds, qui lui arrachèrent presque l'ombre d'un sourire, la réponse fût si polie et si convenable qu'il l'apprécia à sa pleine valeur. "Je suis enchantée" peut bien paraître banale, mais pour un homme dans l'ombre des rumeurs depuis quelques années, cette salutation sans la moindre once d'interrogation, de séduction ou de mépris était pleinement la bienvenue. Il rencontrait la première personne de la Haute civilisée et équilibrée depuis bien longtemps.

Un tic, un lissage de robe tout simple captura un moment sa pupille, le regard toujours aussi analytique, Ebenezer observait encore la jeune femme avec un curiosité non-feinte. Comprendre est probablement le péché de sa famille, que ce soit les mystères de l'Ithylium, de l'esprit ou... des domaines qu'il vaut mieux éviter, plus destructeur. La jeune femme semblait, par ce simple geste, porter une sorte d'attention pointu à sa mise. Dans un lot d'idée encore vague qui définissait Venycia, il plaça un adjectif en suspend: perfectionniste. Malgré tout, Ebenezer prenait un grand soin à ne jamais être impressionné par la première impression. Il y a tellement de faux semblant dans le monde de la richesse que croire en la première idée venue était aussi censé que de se jeter dans le lac de Vama un ancre attaché au cou.

La deuxième phrase arriva et son impression de la jeune femme en fût également bonne. Plus que quiconque, il savait à quel point les vipères pouvaient se donner à coeur joie sur lui et combien sa famille portait à la controverse de temps à autre. Simplement dire qu'elle avait entendu parler de lui sans mentionner quoique ce soit d'autre s'avérait à ses yeux un geste d'une délicatesse non-négligeable. Combien de personne l'avait impulsivement questionné sur les mystères de sa famille alors qu'ils étaient encore des étrangers l'un pour l'autre? Un nombre peu élogieux pour la bienséance. Le regard d'Ebenezer se fit moins perçant lorsque celle-ci déclina son nom actuel et son nom de jeune fille.

Gotruscos... Marchand de Vuulte, Cosmétique.. difficulté financière si on souvenir de certains histoires étaient bonne. À l'époque il n'y avait porté qu'une oreille mais sachant que la jeune femme avait épousé un Bourgeois... N'y avait-il pas également un membre de la famille qui avait été envoyé à Korrul comme un enfant peut parfois se faire envoyer à Midel-Heim? Ses yeux clignèrent légèrement, il releva la tête avec le regard éclairé.

-Madame Howk, oui, enchanté de faire votre connaissance. Je me souviens des lettres annonçant votre union avec monsieur Howk.

Un mariage d'amour..? Il lui semblait que si, mais il préférait ne rien mentionner, au cas.

-Je m'excuse, d'ailleurs, de mon absence à cet évènement. Je n'étais pas dans les meilleures conditions pour me présenter à un moment aussi heureux.

Son regard suivit celui de la jeune épouse vers la cuisine puis revînt à elle, son commentaire était plein de logique. Pourtant, il ne croyait pas son don meilleur. Un petit sourire étira enfin les lèvres du gentilhomme bien que son regard gardait la marque d'une tristesse mal guérit. (Les cernes n'aidaient pas, il faut dire)

-Votre gentillesse et générosité vous honore, Madame Howk, ces enfants ont besoin de toute l'aide qui puisse leur être offerte.

Certes, il avait été orphelin tardivement du coté de son père et jeune du coté de sa mère, il restait qu'il avait développé cette compassion pour les enfants n'ayant pas de parent.

-Si vous me pardonnez ma divergence d'idée, je crois que votre don est plus précieux que le mien. L'argent est la source de biens des besoins, certes essentiel, mais elle ne peut que combler les besoins matériels. Le sourire et la joie que vous cultivez dans leur cœur, aucun gallon ne pourrait réellement acheter ce geste tout simple qui est de donner un moment de sa vie pour illuminer celle d'un autre. Du moins, c'est ce que je crois. J'ai passé des années sans les voir, leur offrant cette eau et des biens primaires.


Un pause puis il reprit, clignant des yeux comme s'il ressortait d'une réflexion.

-Oui, de l'eau. J'ai créé il y a quelques années un brevet pour une machine qui embouteille l'eau de notre précédent brevet privé, le "Virgo". Si vous avez déjà entendu parler de nos inventions, celle-ci n'a jamais été publique, vœux sacré d'un de mes ancêtres, que le brevet ne soit jamais commercialisé. Le Virgo permet de récolter l'humidité dans l'air, ou les nuages lorsque nous sommes en vol, pour ensuite remplir des réservoirs. Nos demeures respective détiennent peut-être un aqueduc tout à fait convenable, mais ces enfants n'ont pas accès exactement à l'eau comme nous. Cette installation a peut-être un robinet, et encore... Il est même très possible que les tuyaux alimentant les zones plus pauvres de la villes sont en moins bon états et exposé à aux contaminations. Je suis venu ici il y a environ 5 ans lorsque tous les enfants avait été foudroyé par une colique très maligne. Je ne suis pas médecin de profession, mais je m'y débrouille et nous avions dans notre serre la plante idéale pour les soigner. Après cette mésaventure, j'ai établis ce projet et embouteille de l'eau pour les diverses orphelinat de Vuulte. Notre ville est terriblement pollué, je le crains, et l'eau qui leur est accessible est sujette à les rendre malade n'importe quand.

Un léger silence suivit.

-Pardonnez-moi, je crois que je me suis emballé dans des explications, j'espère que je ne vous ai pas ennuyé.
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Bourgeois

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Posté dans Re: Le hasard fait bien les choses.    - Sam 16 Nov 2013 - 5:28

Un sourire mitigé accueillit les excuses du sieur Eisenheim. Pas que Venycia lui tienne rigueur de cet absence à « un moment si heureux », loin de là. Mais... Elle avait reçu tant de félicitations, tant d'excuses auxquelles elle ne pouvait décemment pas répondre par la vérité que ses réactions devenaient automatiques. Elle aurait bien aimé que les choses se tassent et que, par l'éloignement de Delian, elle puisse avoir une certaine forme d'indépendance, qui la sortirait de l'ombre dans laquelle même son nom la plongeait. A Matroos, une femme mariée n'était plus elle-même, elle se transformait en l'aide efficace et discrète de l'homme auquel elle se liait. « Madame Howk », ce ne pouvait pas être elle, c'était sa belle-mère ; elle aurait tant aimé que les enfants le comprennent, d'ailleurs. Elle était un peu perdue, elle n'était au fond que Veny, elle avait toujours voulu l'être, mais les choses ne vont pas toujours comme on le souhaite. Au moins avait-elle eu la possibilité de monter ce stratagème et de s'épargner bien des malheurs auprès d'un homme qui aurait tenu du mari plus que le rôle administratif. Elle ne fit aucun commentaire.

Cependant, il enchaînait sur autre chose.Ce devait être difficile pour lui de parler de mariage, Veny s'en doutait, ayant une vague idée de pourquoi de ces années de retrait de la société. On disait que Dame Rosamund était très belle, on disait beaucoup de choses en vérité, comme une légende, comme un conte de fées. Venycia aimait les contes de fées, mais celui-là apparaissait comme cruel, même au delà de son mystère. La flamme de la curiosité s'avivait seule, mais ne s'exprimait pas. Elle suivait le changement de sujet, bien qu'elle ne puisse empêcher ses pensées de vagabonder.

Une longue tirade suivait, et la jeune femme s'en étonnait. Tout cela était bien plus complexe qu'elle ne se l'imaginait, avec l'accès qu'elle avait à l'eau courante. Elle n'imaginait pas que ce ne soit pas pareil partout, il lui aurait semblé impensable de renoncer à ses bains bien chauds ou aux autres commodités de ce genre... Un rose léger s'installa sur ses joues, à mesure qu'elle prenait conscience de sa chance ; c'était l'un de ces moments où l'on se rend compte que, malgré tous les problèmes que l'on peut avoir dans sa vie, il y aura toujours bien quelqu'un qui sera plus mal loti. Les visites à l'orphelinat y contribuaient déjà grandement, mais ce genre de conversations était ce qui lui faisait regarder autre chose que son nombril. Un grand pas en avant par rapport à son passé. Apparemment, Venycia mûrissait, et cela l'étonnait elle-même.

Eisemheim avait l'air passionné par son métier, puisque c'était bien de cela dont il s'agissait. Elle n'avait pas spécialement entendu parler des inventions en question, on ne lui demandait que très rarement d'utiliser des machines, quelles qu'elles soient. Néanmoins... Celle-là, dans le contexte en présence, titillait son intérêt. L'explication se terminait, et un léger silence s'installa, alors que Veny réfléchissait. Tirée de ses pensées par – une fois de plus – des excuses, elle s'empressa de les rendre obsolète.

« Ne vous excusez pas, c'est... Intéressant. » La pause n'était pas une hésitation sur le concept à exprimer, mais plutôt sur la manière de le faire. « Je veux dire, vous allez peut-être me trouver complètement irresponsable, ce que je suis peut-être au final, mais... Je n'y avais jamais songé. C'est tellement facile de tourner un robinet, j'y suis habituée depuis l'enfance, et on finit par en oublier que derrière, toute une installation doit suivre, et qu'en plus, elle doit être de qualité pour ne pas exposer ceux qui les utilisent à de nombreux maux... Ce sont toutes des choses auxquelles il est facile de ne plus penser lorsqu'on a la possibilité de ne pas les voir au quotidien. »

Un sourire d'excuse, accompagnant l'aveu d'une certaine superficialité. On ne peut aller contre sa nature.

« Quoiqu'il en soit, c'est admirable de votre part, et plus encore d'avoir partagé cette fameuse plante. Mes parents ont également des serres, quoiqu'avec un peu de recul je trouve étrange de cultiver à Vuulte, avec toute cette pollution... J'ai quelques doutes sur le fait qu'ils auraient distribué un remède gratuitement, puisqu'ils en font le commerce. »

C'était une simple constatation ; la charité était plutôt le genre des Davil. Les Marchands n'avaient pas besoin de se faire bien voir, ils avaient le pouvoir. Un court silence s'installa, avant qu'elle n'eut une nouvelle idée.

« Si vous me permettez de le formuler ainsi, je pense que vous avez tort sur un point, après réflexion. Nous devons nous dire qu'il est heureux que nous soyons deux, plutôt que de tenter de déterminer lequel des dons est le plus important... Au fond, ils sont plutôt complémentaires. »

Veny regardait distraitement les enfants qui aidaient au rangement des bouteilles, pour les plus grands. Les petits, qui auraient pu les casser par mégarde, revenaient doucement vers la salle de jeu. Elle trouvait qu'il y en avait déjà beaucoup ici... Autre chose piquait sa curiosité, à vrai dire.

« Vous vous occupez donc de plusieurs établissements de ce genre ? Vous devez me trouver bien sotte, une fois encore, mais je ne connais que celui-ci, puisqu'on m'y a envoyée. Ce n'est pas... Enfin... »

Elle se refusait à dire à portée des petits ce que n'était pas le genre de quartiers qu'elle fréquentait habituellement, ne voulant pas qu'ils se sentent mis de côté. A nouveau, un sourire d'excuse. Qu'elle était difficile, la danse des convenances !
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Posté dans Re: Le hasard fait bien les choses.    - Sam 16 Nov 2013 - 5:29

Le regard aiguisé avait attrapé maladroitement la lueur mitigé du regard de la jeune femme, bien qu'il ne sut exactement comment la percevoir? Étais-ce un sujet sensible? Les mariages sont souvent une histoire très complexe et ceux des Marchands, en particulier, un cauchemar. Il retint une mine réprobatrice à la pensée de ces unions tout aussi sincère que croiser du bétail. Son regard s'était baissé brièvement vers son propre bracelet de bois sorcier, toujours accroché a son poignet. Il transparaissait à peine entre sa manche et son gant, d'un bois rouge vin qui avait tout de suite plût à sa défunte femme. Ah les souvenirs, un doux poison. Il préféra savourer le présent et profiter de la rencontre rafraîchissante de la jeune femme.

-Vous avez raison, il est parfois difficile de s'imaginer la misère quand nous en sommes fondamentalement séparé. Cela ne fait pas de vous une personne irresponsable. Il y a, en cette ville, de vrais irresponsables et ce n'est ni vous, ni moi.

Il enchaînait ensuite sur cette constatation intéressante.

-Il est vrai que cultiver des plantes ne Vuulte est très étrange. Notre domaine a certains arbres, mais le principal de nos plantes est dans notre vaisseau, l'Arcadia. La serre de l'Arcadia est abondante et très utile. En réalité la personne qui a organisé les plantations à l'intérieur de celle-ci est ma mère. La serre avait été laissé intacte par mon père et j'ai moi-même laissé tel quel l’œuvre de ma mère, par hommage. Il fallait dire qu'elle avait un goût tout particulier pour les fleurs qui sentent bon, elle fabriquait du parfum. La serre de l'Arcadia et son jardin d'eau servent aussi essentiellement à donner une fraîcheur à l'air du navire qui manque souvent dans ce genre d'installation. Sans parler de la possibilité de bénéficier en tout temps d'aliment frais en plein voyage. Je ne penses pas avoir été généreux, du moins... pas à mes yeux. Ça aurait été le désir de la véritable maîtresse de ce jardin, après tout, d'en faire profiter des enfants qui n'ont même pas encore eu la chance d'user du cadeau de la vie. J'imagine que si ma famille en avait fait son commerce principal, ma pensée aurait été autrement. Heureusement pour eux, nos plantes ne sont pas dans nos plans d'affaires.

Les yeux plissés, un vague regard d'incertitude mélangé à de l 'amusement, son regard se perdit dans le "lointain" comme s'il visualisait une image mentale. Le Bourgeois laissa tomber par la suite, pratiquement une remarque adressé à lui-même.

-Après coup j'ai découvert que ma mère était en fait bien plus qu'une parfumeuse. Il y a beaucoup trop de plante médicinale et toxique dans ce jardin pour qu'il soit sans but, probablement qu'elle était biologiste ou chimiste à l'insu des gens.

L'art d'être différent est de laisser du vague, le regard rusé du gentilhomme laissait l'impression qu'il connaissait plus que l'information qu'il laissait passer. Pourtant, c'est avec une réserve admirable qu'il ne rajouta rien de plus.

La conversation précédente lui revînt en tête et réplique de Venycia à propos l'avait surpris, agréablement, il souhaitait revenir sur le sujet. De toute manière, le sujet du vaisseau et de ses parents n'était probablement pas intéressant.

Agréablement surprise, en effet, il ne s'était pas attendu à ce qu'elle développe son avis et viens même réfuter ses propos. Tant de femmes étaient brisé par leur mari, rabaissé à l'état de bibelot vivant à féconder, qu'il se ravissait en réalité que la vivacité d'esprit de la jeune épouse ai survécu l'éducation marchande doublé d'un mariage dans une famille très... Présente? À chaque fois qu'il entendait parler du clan Davil et de leur ultra-cohabitation, il se sentait, presque, provisoirement claustrophobe. Si sa sœur jumelle avait été là, probablement qu'elle aurait remonté le menton avec fierté et dardé son frère avec un regard moqueur disant: "Tiens, dans tes dents l'intello-philosophe, elle a un point."

-Je suis en réalité ravis que vous me partagiez votre point de vue une fois de plus, vous marquez tout à fait un point. Une vie dans une cage froide remplit d'argent n'est pas une vie et on ne vit pas non-plu sans manger, je le crains. Ces enfants ont besoin des deux mondes pour être bien. Je vous cède volontiers la conclusion de cette réflexion. Vous vous dites peut-être irresponsable, mais vous songez de manière bien plus Éveillée qu'une grande part des gens de la Haute, à mon avis. Il est facile de devenir aveugle à la réalité si on ne garde pas un pied sur terre.

La fin de la phrase fût ponctué d'un air amusé. Décidément, il allait probablement sourire un peu plus que l'habitude aujourd'hui. Son air déjà plus illuminé, un peu plus vivant, il semblait prendre plaisir à la conversation. Le plus "étrange" était peut-être sa manière de s'adresser à celle-ci, traitant ses paroles avec un égard respectueux et non uniquement polie, un pratique moins commune dira-t-on. On marmonne parfois que la famille Eisenheim laisse trop de crédit au beau sexe, trop de liberté de penser aussi. Un mauvais exemple pour des gens bien éduquer, les filles Eisenheim font de très mauvaises épouses. Trop intelligente et trop vive de caractère.

La discussion avait enchaîné sur les Orphelinats, un terrain glissant sur lequel il voulut bien s'aventurer de bon gré, la jeune femme se montrait une personne intéressante avec qui discuter et surtout, elle était polie avec lui: Dans le regard de celle-ci brûlait la curiosité, mais s'abstenait. Comment le reprocher? Par moment il se sentait un peu comme un phénomène de foire et d'une autre part il savait combien la vie des gens manquait de fantaisie. Courraient-ils après leur rêve au moins une fois dans leur vie? La vie d'un Eisenheim était une longue course vers ses aspirations, il ne pouvait pas imaginer la vie autrement, en réalité.

-Il existe effectivement d'autres Orphelinats, madame, dont un qui est financé par ma famille. Ma soeur jumelle s'occupe de celui-ci en grande partie ainsi que de deux autres établissements.

Madame Mayham passa au salon ramasser les enfants pour leur donner une collation que le chauffeur privé d'Ebenezer distribuait en la compagnie de celle-ci. Pas bien difficile à faire le lien vue que celui-ci avait le sigil du double poisson sur les hauts de manche de son uniforme. Profitant de l'absence temporaire des enfants, il continua sur le ton de confidence, murmurant.

-Il faut savoir que Vuulte a de nombreux délaissés, la plupart des enfants que vous voyez ici sont les enfants illégitimes de familles riches. Les femmes qui ont eu un moment d'égarement dans leur engagement vont souvent porter leur enfant à des établissements comme ceux-ci.

Les propos du gentilhomme étaient resté très propre envers les enfants, ne disant pas le mot "bâtard", et même envers les femmes adultères, préférant "égarement" au lieu de "tromperie" ou "cocufication".

-Alors, bien qu'on ne s'y attendrait pas, la ville a bel et bien sa dose d'orphelins. Ah, ces enfants.!, murmura-t-il d'un air absent. Ils étaient tous à deux doigt de vivre une vie privilégié. La plupart son doué, brillant et recèlent en eux tous les trésors nécessaire pour en faire des citoyens modèles, voir plus. Je crois que je songerai à une manière d'améliorer leur éducation. Plus que combler les besoins immédiats, il faudrait une manière de s'assurer qu'ils puissent vivre convenablement dans l'avenir et gagner leur vie honnêtement.

Il regarda par la suite Venycia, intéressé par son avis sur la chose. Sa première réflexion s'était avéré surprenante puisqu'il ne s'y attendait pas. Maintenant, il l'observait en désirant entendre son point de vue sur cette nouvelle théorie. Si Venycia n'était peut-être pas habituée que l'on tente de s’enquérir de son point de vue personnel, elle allait connaître tout autre avec le Sieur Eisenheim comme compagnon de conversation.
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Posté dans Re: Le hasard fait bien les choses.    - Sam 16 Nov 2013 - 5:31

Une serre dans un vaisseau... ? Veny avait toujours pris ce genre d'installations pour une légende urbaine, bien qu'elle ait brièvement aperçu la vivenef des Shei'Arcath lors de sa précédente visite à Gernie, et qu'elle ait été époustouflée par l'étendue de sa surface qui était de verre ; la vivenef de ses parents était bien plus quelconque, et vraisemblablement bien moins lumineuse. La jeune fille plissa les yeux à la mention d'un jardin d'eau. Était-ce une blague... ? Elle savait que certains vaisseaux étaient remplis de choses que l'on ne s'attendrait pas à trouver à l'intérieur, mais imaginer un jardin aquatique... Cela semblait assez surréaliste, et pourtant, l'homme avait l'air sérieux, d'autant plus que sa mère semblait avoir fait de drôles d'usages du contenu de cette pièce – si l'on pouvait l'appeler une pièce, vu la description qu'il en faisait.

Pouvait-elle poser des questions ? Elle avait entendu beaucoup de choses à propos de cette étrange famille, tant de rumeurs qui voyageaient sans doute à leur insu, et malgré cela, son interlocuteur avait l'air plutôt ouvert, à discuter comme cela de choses qu'elle n'aurait pas soupçonné et qui, fondamentalement, n'arrangeaient pas son cas. Autre que Venycia, qui s'était déjà frottée aux ragots d'un côté comme de l'autre du problème, aurait sans doute sauté une étape de plus : parfumeuse, biologiste, chimiste... Empoisonneuse. C'était peut-être un peu cliché, mais le poison était définitivement une arme à portée des matrosciennes, qui n'en avaient pas beaucoup d'autres. Elle hocha la tête.

« Il n'est pas toujours bon de laisser entendre que l'on possède ce genre de savoir-faire. Votre mère était sage de cacher pareille activité, si c'était bien le cas.  La description que vous me faite des lieux attise ma curiosité, dans tous les cas... Je n'ai jamais entendu parler d'une serre sur un engin volant, ou alors je ne l'ai pas cru. Cela semble un peu étrange, sauf votre respect... Y a-t-il vraiment un plan d'eau ? »

La conversation revenait sur les enfants, et la réflexion un rien audacieuse qu'elle avait posé. Curieusement, il ne semblait pas offensé, abondant même en son sens, ce qui lui valut un sourire sincère. Leur discussion était une danse étrange, où l'on tourne gentiment autour des sujets que l'on veut aborder, mille politesses qui font avancer de deux pas puis reculer de trois mais étrangement... Elle était la plus franche qu'elle ait eu depuis un bon moment.

La mention d'une « cage froide remplie d'argent » fit détourner les yeux à la jeune femme, elle retint de justesse le sourire sur ses lèvres avant qu'il ne s'enfuie, mais il n'était plus aussi affirmé, elle avait plutôt l'air de déguster une agrume particulièrement acide. Cette expression lui parlait sans doute mieux qu'à quiconque. Veny vivait depuis quelques temps déjà entourée de sa belle-famille au grand complet et, malgré qu'elle eut pour elle les appartements conjugaux, elle se savait surveillée par le moindre domestique. Elle commençait à se dire qu'il faudrait qu'elle engage une servante personnelle, quelqu'un qui la serve sans qu'elle n'ait à recourir au personnel commun qui s'empresserait de rapporter ses moindres faits et gestes aux véritables maîtres de la maisonnée. Si ce n'était pas là une cage du meilleur modèle... Mais elle ne commenterait pas, parce que ç'aurait été se trahir un peu, et personne ne devait savoir que ce qui faisait aux yeux du monde le centre de sa vie, son mariage, ne tenait pas debout. Heureusement, il changeait déjà de sujet, plus ou moins.

« Votre soeur s'occupe donc d'orphelinats également ? Est-ce une tradition familiale ? Je sais que les Davil diversifient les mécénats, ils tendent à dépenser de l'argent dans les arts principalement, chaque famille semble avoir un domaine de prédilection. »

Il parlait de manière délicate, évitant les mots qui blessent comme elle avait voulu le faire précédemment. C'était admirable. Elle secoua la tête, les bras croisés, navrée par ces explications.

« Vous pensez donc que c'est la manière dont la plupart d'entre eux ont atterri ici ? J'aurais aimé penser que leurs parents sont disparus d'une manière ou d'une autre, pas qu'ils les aient abandonné... »

Songeuse, elle se disait que, malgré les dissensions dans sa famille et l'enfance un brin mouvementée qui avait été la sienne, elle était chanceuse de ne pas être née dans de telles conditions.

« Vous songez à améliorer l'éducation de ces enfants-ci, mais il faudrait peut-être commencer par celles de ceux qui les ont engendrés, si la situation est telle que vous me la décrivez. Je ne veux pas m'avancer, mais il existe des moyens de se prémunir, même lorsque l'on souhaite fauter. » Une pause. « Je veux dire, il est de notoriété publique, même sans chercher bien loin, que la tisane appropriée évitera à un enfant un destin bien triste, s'il n'est pas désiré. Éduquer ceux qui sont déjà là serait admirable, mais il faudrait éviter que d'autres vivent la même chose, ce serait faire une faveur à la société. »

Elle semblait plus dure qu'elle ne voulait l'être, et c'était un sujet sensible. Veny se mordilla la lèvre inférieure, pas vraiment sûre de la manière dont son avis serait compris... Elle n'avait pas vraiment l'habitude, en effet, de pouvoir débattre de ce genre de choses.
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Posté dans Re: Le hasard fait bien les choses.    - Sam 16 Nov 2013 - 5:33

Observant la jeune femme avec attention, il se permit de sourire légèrement à la remarque dubitative de celle-ci. Elle semblait réellement hésiter sur l'existence d'une des merveilles de l'Arcadia. Il pouvait amplement le comprendre. À bien y songer, considérant les soucis financier que la famille Gostruscos avait eu, il se demandait à quel point leur vie était luxueuse ou libre de réaliser leur aspiration/fantasme. Certes un jardin d'eau pouvait sembler très anodin pour lui, il avait grandit auprès de celui-ci. Tout comme.. la fameuse pièce qu'ils gardent secret dans les tréfonds de leur navire aux treize? Non, que douze pour le moment. Il avait beau être le capitaine de l'Arcadia depuis une dizaine d'année, le plus jeune chef de famille jamais vue chez les Eisenheim, il n'avait pas encore eu la grande inspiration, le coup de foudre.

Il avait, tant bien que mal, essayé une tonne de loisir divers, mais en vain. Il se débrouillait en médecine sans y accrocher, tout comme la botanique, l'astronomie, la nage...La plupart des loisirs de ses ancêtres, il les avait essayé en réalité. Bien évidemment, il n'avait jamais songé à s'intéresser au Dévoreur, contrairement à sa soeur, et il n'avait pas la touche de leur père pour l'art culinaire. Calista faisait des miracles avec rien, en contre-partie, en terme d'aptitude à la chimie des aliments. Le seul loisir qu'il avait partiellement eu était la danse, ça, il avait un don naturel et aucun de ses ancêtres n'avaient démontré un dévolue particulier pour ce genre d'activité. La chose fâcheuse était que bien qu'il avait été un excellent danseur jadis, il avait eu dans ses bras celle qui avait inspiré le tout: sa femme. Sans elle, danser semblait fade... inintéressant.

Les yeux ronds, il réalisa qu'il avait laissé un certain silence et que son regard devait avoir semblé absent.

-Veuillez m'excusez, j'ai étudié sans relâche de la médecine ces derniers 72 heures, je suis légèrement fatigué. Ne le prenez pas mal, je trouve notre conversation très intéressante. Si vous me pardonnez, je vais prendre place sur cette petite chaise juste là.

Il lui laissait évidemment le fauteuil, un homme avec un brin de savoir vivre n'envoie pas une dame sur un tabouret médiocre. Il s'en contentait très bien pour lui-même. Il passa une main dans ses cheveux pour se réveiller et reprise l'emprise sur la conversation, comme si un second souffle animé par une inexorable volonté tenait encore debout l'inventeur. Être têtue, terriblement têtue, rentrait dans les ragots aussi.

-Vous avez raison à propos de la sagesse de ma mère, surtout qu'elle eut le courage de porter le nom de famille Eisenheim.

Il n'ajouta rien à cette phrase bien qu'il laissait sous-entendre, possiblement, qu'il était conscient des histoires. Sa main libre effleurait de manière absente son bracelet dans un mouvement répétitif, si elle plissait sa robe, il avait son propre tic. Après, il fallait trouver la signification réelle de celui-ci, cela pouvait signifier bien des choses. Il eut cependant un bref moment une mine affligée, comme si l'effort d'être heureux l'abandonnait quelque seconde. La volonté repris une fois de plus le dessus, inspirant profondément il dégagea son esprit de la nostalgie alimenté par la fatigue.

-Sinon, je peux vous affirmer que l'Arcadia contient un jardin d'eau. Aimez-vous ce genre d'installation? Je sais que c'est plutôt rare et il faut dire qu'un de mes ancêtres avait cette passion pour l'eau qui lui a fait faire bien des inventions. Ce bassin a été remplit à l'aide du Virgo et de patience, rassurrez-vous. La majorité de l'eau qui est utilisé sur mon navire est en réalité généré par nos machines. Cela me permet de soulager le Matroos d'un consommateur d'eau de plus, c'est une denrée si rare. J'étais en premier assez mitigé quand au souhait de mon ancêtre de ne pas faire circuler le brevet sous forme de machine, donner de l'eau potable à tous. C'est après coup que j'ai compris que cela pourrait mener à de l'excès, que la machine, mal employée, pourrait dé-balancer la nature. Au lieu de cela, je préfère distribuer de l'eau à ceux qui en ont vraiment de besoin. D'ailleurs, j'ai cru comprendre que le Sieur Delian Davil était absent à Korrul? Je me remet tranquillement à jour des nouvelles, voyez-vous. Si vous aimez les jardins aquatiques et que vous êtes en quête d'une activité, je peux glisser un mot à mes domestiques comme quoi vous auriez le droit de venir visiter un de ces jours. Je suis conscient que le temps doit être long quand vous avez perdu votre compagnon, que ce soit provisoire...

Son regard baissa vaguement vers on poignet.

-Ou permanent.

Le regard suivant cette phrase fût assez évocateur quand à la souffrance ressentit, bien qu'il ne désirait pas spécialement le montrer. Ebenezer restait humain et ce premier pas vers l'extérieur, en compagnie d'une femme pouvant lui rappeler son ancienne vie, ravivait certaines choses. Le sujet de sa soeur emporta cependant le moment il lui permit de passer une fois de plus à un autre sujet.

-Ma soeur... Oui, ma soeur jumelle, Calista Eisenheim. Elle a adhéré Vama lorsqu'elle avait 14 ans. C'est une mode qu'elle a instauré d'elle-même, sa propre décision et je l'appuie dans ses entreprises de charité. Mais elle est la réelle architecte de tout cela. Ma famille se passionne pour trop de domaines et trop de sujets divers, on nous le reproche souvent, d'ailleurs. Pas assez conforme ils disent. Être inventeur est l'antithèse de la conformité. Si on ne va pas vers l'inconnu, on ne peut pas inventer. On ne peut répéter ce qui a été déjà fais.

Il ne commenta pas plus l'histoire de Calista et son air un peu plus fermé ne semblait pas inviter à poser des questions là-dessus. Après tout.. il devait protéger leur secret et la femme au cheveux de feu ne pouvait être introduite aussi vite à un secret d'un telle gravité. Le regard de celui-ci semblait également tenter de voir si elle le jugeait, comme toutes les autres. Pourtant, ces yeux d'un noisette chaud ne semblaient pas lui porter ce même regard de mépris, d'envie ou de curiosité superficiel auquel il avait si souvent affaire. Cela détendit ses traits, offrant à Venycia une expression amicale.

Lorsqu'elle aborda le sujet des tisanes, Ebenezer releva la tête avec une expression difficile à déchiffré puis il répondit avec une voix qui semblait s'étonner positivement.

-Voilà des propos que je n'avais pas entendu depuis longtemps! Je suis admiratif de votre présence d'esprit, Madame. Ce que vous dites là est remplis de bon sens et je suis parfaitement d'accord qu'une femme devrait.. enfin.. pouvoir prendre les moyens qu'il faut pour éviter ce genre de situation fâcheuse. Cependant... Quand vous dites que je devrais les éduquer, je crois que ce soit un idée catastrophique, sans vous offenser. Laissez-moi vous confier pourquoi.

Il se releva et regarda vaguement par la fenêtre puis se retourna vers elle. Allons, après une telle valse d'excuse et de politesse, ils pouvaient bien mettre carte sur table un brin.

-Mon petit doigt me dit que vous savez... Comment vous l'exprimer. Vous et moi savons très bien que ma famille a ses histoires. Ne soyez pas gênée et puis je suis habitué à ce genre de curiosité dormante dans le regard. Je vous remercie, d'ailleurs, d'avoir eu la bienséance de ne pas m'ensevelir de question. Je trouve l'attention très délicate, en réalité, très respectueuse. Pour cela, vous avez réellement tous mes bons sentiments.

À la dernière phrase, il ponctua avec un sourire sincère, doux, bien que fatiguée, et continua.

-Mais imaginez un peu la réaction du Matroos si le chef de la famille Eisenheim se met à éduquer les femmes sur une manière de s'émanciper légèrement de leur relation conjugale? Le scandale? Ce mot serait beaucoup trop faible. Un peu plus de la moitié de la haute m'en voudrait mortellement de faire effondrer leur univers. J'aimerais vivre encore quelques années, si possible. Ma réputation est déjà suffisamment bâclé pour que je puisses prendre un tel risque. Qui plus est, les principales personne a avoir mentit de manière relativement ignoble sur moi seraient les principales bénéficiaires d'un tel conseil. Je crains que ma bonté ai une limite, vous comprenez?


Voilà, il l'avait fait. Un Eisenheim peut difficilement rester longtemps "assimilé" à la société. Il savait ses propos un peu trop coloré ou libre pour une société aussi patriarcale que le Matroos mais à quoi bon faire semblant d'être d'accord? Il ne l'était pas et sa soeur Calista avait bien travaillé là-dessus. Sur cette envolé de propos plus délicat, certains enfants semblaient revenir au salon. Il fallait peut-être reprendre une conversation moins portée à la controverse? Une petite fille approcha avec sa peluche et les regarda tour à tour. Elle s'assit finalement à terre et demanda d'une toute petite voix:

-Vous connaissez des jolies histoires..?
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Posté dans Re: Le hasard fait bien les choses.    - Sam 16 Nov 2013 - 5:36

Monsieur Eisenheim n'avait pas semblé porter beaucoup d'attention aux paroles de Veny, au point de départ, et elle s'était vaguement demandé si elle l'ennuyait pendant ce silence où il avait affiché un air presque endormi. Pourtant, il sembla s'en rendre compte, et écarta toute impolitesse en expliquant les raisons de ce manque de présence, aussi infime soit-il ; étudier pendant 72 heures d'affilée... ? C'était au tour de la jeune femme d'afficher des yeux ronds. Était-il lui-même une sorte de machine ? Elle pouvait bien comprendre qu'il s'asseye, avec tant de fatigue apparemment accumulée... Presque gênée de ne pas lui laisser le siège le plus confortable mais ne pouvant contredire sa galanterie, elle reprit place dans le vieux fauteuil qu'elle avait occupé jusqu'à son entrée, d'autant plus qu'il fallait bien avouer qu'avec ses atours, elle aurait été bien en peine de s'installer sur un tabouret.

Et, comme cela, il entreprenait de répondre à tout ce dont elle avait parlé ; il avait effectivement écouté. Son explication s'étendait sur l'Arcadia, faisant montre de passion. Peut-être était-il lui-même fasciné par le vaisseau familial mais dans tous les cas, il avait l'art de piquer la curiosité à un niveau plus sain que celui des ragots qui s'éveillait le premier à son abord. A la mention de Delian, la jeune fille eut une moue discrète qui tentait de cacher son malaise. L'époux était en effet absent, à Korrul pour une durée indéterminée, et elle n'avait pas assez de nouvelles à son goût. Pas qu'elle se soit attachée plus qu'elle ne l'aurait dû, mais il était avant tout son ami, et avec le contexte politique qui s'empirait de jour en jour selon les nouvelles, elle ne pouvait que s'inquiéter de ce silence que sa raison essayait d'imputer à une passion débordante pour le moindre pistil de fleur korrulienne. Elle poussa un soupir presque inaudible, qui fut de suite coupé par cette succession étrange d'une proposition enthousiasmante et de l'aveu d'une douleur indicible. Elle ne sut quoi dire pendant quelques secondes.

« Je serais ravie de visiter votre vaisseau, rien que pour voir cette merveille que vous décrivez. J'ai toujours aimé les jardins, à vrai dire, et Vuulte n'offre pas spécialement de lieux d'exception dans ce domaine... Avez-vous déjà visité les abords de Gernie ? J'ai eu l'occasion de me promener un peu de ce côté à l'occasion de la préparation des fiançailles de mon frère, la différence est vraiment flagrante. Quant à l'absence de Delian... »


Elle fit une pause. C'était à la fois délicat d'expliquer son erreur de nom au Sieur Eisenheim et de parler avec la plus grande délicatesse de la perte provisoire d'un compagnon qui, sans ces inquiétudes sur sa situation, ne lui aurait pas tant manqué que cela.

« Je me permets de vous corriger, soyez assuré que ce n'est en rien hautain, mais il me semble important que si vous souhaitez revenir dans le monde, il ne peut que vous être bénéfique que l'on vous fasse remarquer ce genre de choses. Delian ne porte pas le nom de Davil mais celui de Howk, tout comme je le porte par extension, puisque la famille Bourgeoise Howk, plus modeste, a été intégrée au grand ensemble des Davil par le mariage de ses parents. Je n'ai pas retenu les détails exacts, mais il me semble que c'est l'histoire en très gros. Delian a déçu son père en devenant Milicien, et plus encore en partant étudier les plantes et animaux de Korrul juste après notre mariage. Puisqu'il est entré dans la Milice, il n'est pas officiellement hérité, et la famille s'impatiente donc de voir apparaître le prétendant au titre. »

Elle regarda ses ongles, mine de rien perturbée par son propre discours. Il lui semblait bien cruel de décevoir ces gens qui n'avaient somme toute pas idée que tout cela était un stratagème, et la pression était grande. Elle n'osait pas imaginer ce que ce serait lorsque Delian reviendrait. Les yeux baissés, Veny se rendit brusquement compte que ce n'était pas là le discours d'une femme amoureuse, et qu'elle avait l'air plus ennuyée par les regards de sa belle-famille que par le départ de Delian en lui-même, d'autant plus que cela n'était pas très courtois face à quelqu'un qui, très visiblement, souffrait encore de la perte de l'être aimé.

« Enfin... Quoiqu'il en soit... Il me manque. Je suis inquiète de ne pas recevoir beaucoup de nouvelles, surtout par les temps qui courent. J'ai peur que brusquement les Veilleurs Pourpres, chez qui il est accueilli, voient en lui un danger ou un espion et qu'ils soient peu délicats avec lui... C'est sujet de préoccupation pour toute la maisonnée, et pour moi plus encore. »

Au final, le changement de sujet était heureux. Il était question de sa jumelle... Calista Eisenheim. On pouvait presque voir les rouages du cerveau de Venycia tourner, alors qu'elle cherchait dans sa base de données de ragots où elle avait bien pu entendre parler d'elle, dont le nom lui évoquait bien quelque chose... Oh oui. Elle était entrée dans les ordres de Vama, en effet, mais l'on disait que c'était une forte tête qui avait refusé de se marier.

Lorsqu'elle était seule dans sa chambre à pondérer les différentes possibilités qui s'offraient à elle pour s'éviter une vie misérable, cette solution était venue à l'esprit de la jeune fille, mais elle l'avait rapidement écartée. Elle se disait qu'elle était trop délicate, mais peut-être au fond était-elle surtout trop superficielle que pour prendre le voile ; plus de sorties, plus de voyages, ne plus fréquenter le monde... Cela au moins elle l'avait en petite partie en ayant épousé Delian, ce n'était pas négligeable mais elle se sentait quelque part faible lorsqu'on lui mettait le nez sur la volonté infaillibles des autres qui ne s'étaient pas tant accrochés à leur cocon sécurisé.

En parlant de sortir de sa zone de confort, elle fut agréablement surprise de voir la réaction de l'homme à sa précédente explication, quoiqu'il ne prenne pas le parti d'appliquer les résolutions qu'elle avait exposées. Mais ce n'était pas grave, elle rosissait déjà d'être complimentée sur sa présence d'esprit, chose sur laquelle peu de gens s'étendaient pour se concentrer plutôt sur ses allures de petite poupée. Les explications de l'homme eurent le mérite de la faire sourire alors qu'elle imaginait les conséquences de tels apprentissages ; c'était absolument surréaliste.

« Je comprends parfaitement, ne vous inquiétez pas, je n'imaginais d'ailleurs pas que vous songeriez à répandre cette bonne parole vous-mêmes. Ce serait bien étrange que de vous imaginer donner pareil cours aux grandes dames de Matroos... Plutôt cocasse en vérité. Il serait bien plus normal de voir les mères donner ce genre de conseils à leurs filles au milieu de ceux qu'elles prodiguent déjà et... »

Se taisant brusquement, Veny avisa la petite demoiselle qui venait s'installer devant eux. Ce n'était définitivement pas un sujet qu'il convenait d'aborder si près de jeunes enfants, malgré qu'il serait bon de leur en parler plus tard, lorsqu'ils seraient en âge. Prise dans l'imagination de la scène précédemment citée, la jeune femme n'avait pas perçu le retour de certains petits.

Tâchant de ne pas montrer qu'elle avait été prise au dépourvu, elle se pencha vers l'enfant avec un sourire.

« De jolies histoires... ? » Elle ne savait pas trop que répondre à ça ; elle en connaissait quelques unes, aimant assez bien les contes et légendes, mais elle n'avait pas idée du genre que l'enfant aimait. Elle glissa un regard vers Eisenheim. « Quel genre de jolies histoires, ma chérie ? Qu'est-ce que tu voudrais entendre ? »

Elle était toute disposée à raconter, comme elle-même adorait écouter des récits en tous genre, comme pouvaient en attester les gens qui l'avaient connue enfant et qu'elle avait accaparés le temps d'une histoire. Alors que l'enfant semblait hésiter, cependant, plusieurs autres virent s'installer en tailleur près d'elle, sentant visiblement qu'on allait s'occuper de la petite et voulant leur part d'attention. Venycia sourit alors franchement avant d'annoncer la couleur.

« Et bien... Je viens souvent vous dire bonjour, mais Monsieur Eisenheim ici près de moi n'est pas venu depuis longtemps, donc il connaît peut-être de nouvelles histoires ! » A l'homme en question, elle s'enquit : « Du moins si vous ne voyez pas d'inconvénient à raconter ? Si cela vous gêne, j'ai quelques contes en réserve, ne vous en faites pas. »

Néanmoins, elle avait un sourire encourageant. S'il voulait revenir près d'eux régulièrement, sortir de sa réserve, c'était un excellent moyen de commencer.
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Posté dans Re: Le hasard fait bien les choses.    - Sam 16 Nov 2013 - 5:40

Déposant une main dans son front, il fit un lent signe de négation. Comment avoir pu mélanger le nom de famille du mari de celle-ci alors qu'elle était Howk et jadis Gotruscos? Vraiment son esprit devait être dans un état pitoyable pour ainsi s'emmêler les pinceaux!

-Encore une fois, laissez-moi oser accuser ma fatigue. Mon lapsus ne fait pas de sens, qui plus est, puisque je vous appelle Madame Howk et donc le nom de famille de votre époux est évident. Quel esprit confus je dois faire! Je vous assure d'être plus vigilant que cela en temps normal. Fût un temps où je sortais régulièrement aux réceptions mondaine, je suis bien au courant de cette fusion de famille. Pourtant, j'avoue qu'il m'arrive d'être mélangé dans les différentes branches de la famille Davil. Ils sont très unis, dissocier les branches me semble plus difficile. Ma propre famille est constamment sur le bord de l'extinction, les grandes familles m'étourdissent plus facilement.

Il n'ajouta rien de plus sur la famille Bourgeoise Davil, famille qui comptait principalement sur son charme physique pour conclure les affaires. Il faut dire qu'avec la devise des Eisenheim, ce n'était pas exactement la grande compatibilité des valeurs: les Eisenheim l'intelligence et les Davil le physique (selon les rumeurs). Les Eisenheim n'étaient pas spécialement élitiste comme famille, non... Quoiqu'il avait un gros penchant pour les gens brillant, peu importe leur milieu, peut étais-ce là leur sorte de "snobisme". Ainsi, le noble se demanda l'espace d'un moment si cette jeune femme à l'esprit vivace ,voir innovateur par ses idées fraîches qui dérogent de la norme, ne s'ennuyait pas dans cette grande tradition d'hyper concentration et de superficialité mise de l'avant? D'un autre coté, qui n'aime pas les belles choses? Sa famille se faisait un point d'honneur à construire des inventions toujours élégantes, toujours visuellement harmonieuse. Il y avait aussi eu plusieurs artistes mêlés à ses ancêtres... D'un autre coté, étais-ce vrai ces histoires à propos des Davil? On leur prêtait parfois des moyens de persuasion pas du tout net ni honorable. Quelque chose qui se passe entre les pieds et la ceinture. Qui était-il pour se fier à un ragot? Pas la bonne personne. Mais malgré lui, il y avait ici et là des indices échappés comme quoi le mariage des deux tourtereaux n'étais pas exactement ce qui avait été annoncé. Elle parlait avec calcul, ce n'était pas vraiment une attitude du grand amour. Malgré lui, il connaissait plutôt bien l'attitude de l'ivresse, de la perte d'équilibre que provoque un grand coup de foudre.

- Vous avez tous mes meilleurs vœux pour son retour sécuritaire, sincèrement.

Il ponctua ces paroles d'une main sur le coeur, parlant avec grande sincérité. Il ne sert à rien de souhaiter le malheur d'autrui même si on n'est pas tout à fait heureux soi-même. Le jeune chef de famille ne comprenait pas la mauvaise foi des personnes malheureuse qui se nourrissaient de la douleur des autres. Quelle horrible manière de vivre.

-Sur une touche plus joyeuse, pardonnez-moi de susciter tous ces sujets sensible, oui, j'ai connue Gernie. Je passe régulièrement là-bas pour voir mes trois tantes, l'une d'elle s'est lancée avec son époux dans le commerce de miel de butineur. Croyez-moi, nos cuisiniers s’extasient encore d'explorer ce nouvel ingrédient. Si nous avons éventuellement l’occasion de rediscuter et que je suis dans un état moins lamentable, je vous promet d'être de meilleure conversation. Je crains que la vie m'a rendu un peu amer malgré moi et tourne mes pensées vers des sujets plus terne de temps à autre.

Un vague sourire désolé suivit la phrase puis il reprit, se passant une main dans sa crinière, le haut de forme en main. Il écoutait Venycia s'amuser de l'idée qu'il puisse éduquer les femmes alors qu'une adorable enfant se présenta à eux. La situation semblait en premier prise en main par la jeune épouse quand tout à coup, la passe arriva vers lui.

Raconter une histoire? Lui? Mhh...

La petite marrée d'enfant échoua bientôt à leur pied et le Eisenheim observa cette nué de yeux ronds les observer. Ces adorables petites créatures, comment leur refuser quoique ce soit?

-Je connais en réalité plusieurs histoires, dit-il en souriant à Venycia puis aux enfants, visiblement pas très sauvage comme personne.

En réalité, il semblait beaucoup plus facile d'approche de ce qu'on disait de lui. Il était très probablement que ne pas l'approcher avec un nouveau bracelet de bois sorcier aidait fortement la communication et l'échange, il ne se sentait pas "menacé" ou "traqué".

-Le plus dur est de choisir la bonne histoire... N'est-ce pas les enfants?

Il cligna des yeux un moment, son esprit semblait choisir dans une énorme librairie mentale.

-Tenez, j'ai trouvé...une première histoire. J'en raconterait une au besoin car la première va peut-être intéresser les filles. Mais je vous dis, jeunes hommes, que cette histoire peut vous apprendre quelque chose de précieux.

Il fit une pause puis se pencha vers l'avant, prenant un ton de confidence comme s'il racontait aux gens présent dans la pièce un secret.

-Il était une fois un musicien qui aimait les fleurs, il était violoniste. Il adorait les fleurs en réalité, de toutes les formes et toutes les couleurs, ils les trouvaient si jolie qu'il ne pouvait s'empêcher de vouloir toutes les collectionner. Pourtant, ce n'était pas très bien car à chaque fois qu'il avait une nouvelle fleur préféré, il oubliait l'autre.

Vous savez ce qui arrive quand on oublie une fleur? Elle fane, ce n'est pas juste. Alors que les fleurs étaient tour à tour très jolie pour lui, lui il restait lunatique et attendait la prochaine. Un jour, une des fleurs, l'une des plus colorés, lui demanda de jouer du violon pour elle, pour lui prouver qu'elle était belle à ses yeux. Le jeune homme était trop aveuglé par son talent, par lui-même, il fût égoïste et refusa de jouer pour elle.

Attristée, en colère, la fleur décida d'aller pousser dans le jardin d'un autre et alors que les années passèrent, la fleur devînt différente. Ses couleurs devinrent peut-être plus terne, mais le coeur de la fleur, l'intérieur de celle-ci, était devenue si beau, qu'il était impossible de ne pas tomber sous le charme. Un matin, le violoniste passa et vit la fleur dans l'autre jardin. Émue, il désirait plus que tout ravoir cette fleur de nouveau. Il était maintenant plus vieux et ne collectionnait plus toutes les fleurs, il voulait s'occuper d'une seule fleur et correctement, la chérir et faire de cette fleur la maîtresse de son jardin. Hors, la fleur s'était épanouie et la sagesse s'était instauré en elle. Quand le violoniste la supplia de revenir, elle lui demanda ce qu'il avait, lui , de plus qu'avant? Elle avait changé, il n'avait pas changé si ce n'est son désir d'être fidèle à une seule fleur.

Le violoniste était triste, il ne savait pas comment dire à la fleur qu'il n'y avait plus qu'elle maintenant, comment lui prouver? Hors, il se rappela ce qu'il lui avait jadis refusé: une musique, une ode à sa beauté. Il ne se contenta pas uniquement de vouloir pour la fleur, non, il construit un violon plus beau que tous les violons qui existent, un violon qui était aussi magnifique que la fleur dans ses débuts. Avec ce violon magnifique, il alla se présenter à la fleur et joua pour elle tout le contenu de son coeur et sa dévotion. Émue, la fleur accepta de lui revenir. Le violoniste avait enfin la plus belle fleur qui soit dans son jardin et elle inspira sa musique jusqu'à la fin de ses jours.


Un léger silence suivit, l'histoire semblaient avoir plus à certain enfant, au moins, même quelques garçons. Un enfant demanda ensuite:

-Dites monsieur Eisenheim, est-ce une histoire vrai? Les fleurs ne parlent pas.

-Je ne sais pas si tout est vrai dans l'histoire que je vous ai raconté, dit-il avec une certaine réserve un peu malicieuse. Mais il y a un fond de vrai, je peux vous le promettre. Savez-vous pourquoi?

Les enfants firent signe que non.

-Parce que j'ai le violon de l'histoire chez moi et c'est grâce à lui que je connais l'histoire.

L'histoire s'était avérée une version "enchantée" d'une des histoires de la famille, celle du "Violon Blanc". L'information fit effet et se retourna vers Venycia, souriant en coin, toujours aussi énigmatique.

-Je vous cède la place pour l'histoire suivante Madame Howk. Je suis certain que vous avez un meilleur talent que moi là-dedans.
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Bourgeois

On m'appelle Venycia Howk


Infos Personnage
RANG: Thélador Gotruscos, Elior Gotruscos, Solomon Valyssar, Varen Shei'Arcath, Coco du Rico, Jack Belfort, Delian Howk, Errol Parhelion (Moda l'Imposteur), Nodin Kellen (Günel), Miobë Shei'Arcath, Talis Hadmas, Neylie Valyssar, Hiempsal Saule, Ebenezer Eisenheim
VILLE & APPARTENANCE : Vuulte ● Famille Marchande Gotruscos / Famille Bourgeoise Howk
MON AGE : 18 printemps.
Féminin
MESSAGES : 378
AGE : 26
INSCRIT LE : 13/04/2013
PSEUDO HABITUEL : Kathy
Joyaux : 1356
http://www.ile-joyaux.com/t1523-cher-journal http://www.ile-joyaux.com/t1507-venycia-howk-gotruscos
Posté dans Re: Le hasard fait bien les choses.    - Sam 16 Nov 2013 - 5:43

Un mince sourire accueillit la remarque sur la taille de la famille Davil... Venycia aurait nettement préféré qu'elle soit moins étendue, c'était une énorme erreur de calcul de sa part dans le plan qu'elle avait pourtant cru bien pensé. Enfin... Au moins était-elle amie avec les filles de Lisbeth, qui avaient à peu près son âge. Cleo Davil était son amie depuis toujours, et bien qu'elle soit devenue un peu peste depuis quelques temps, c'était toujours une alliée. Une alliée ignorante du fond de la situation, mais une alliée tout de même.

Hochant la tête aux meilleurs voeux du sieur Eisenheim pour le retour sain et sauf de Delian, la jeune femme jugea bon de ne pas s'attarder sur le sujet. Elle avait au sujet de son interlocuteur l'impression qu'il pesait et analysait soigneusement chacun des mots qu'elle prononçait, et cette sensation menait par extension à l'idée qu'elle pouvait se compromettre à tout moment si elle ne faisait pas plus attention. Ce serait un désastre, surtout après qu'elle ait réussi à tenir tous les mensonges ensemble pendant tant de temps.

Après avoir partagé son expérience de Gernie, somme toute fort différente de celle de Veny mais apparemment également réjouissante, il s'excusait encore. Cela faisait sourire la demoiselle, d'un sourire attristé néanmoins. Il était de meilleure compagnie que bien des gens qu'elle avait croisé.

Lorsqu'il fut question de cette fameuse histoire, Veny fut agréablement surprise de voir l'homme prendre la place du conteur sans rechigner ; il faisait véritablement des efforts pour accorder quelques instants d'attention aux enfants, malgré sa fatigue et son prétendu manque de conversation du jour. Pour quelqu'un qui était épuisé, il était déjà bien accueillant, ce devait être un charme lorsqu'il était bien réveillé.

Venycia écouta l'histoire, appuyée sur l'accoudoir de son fauteuil, les mains paisiblement jointes au dessus de ses genoux. C'était effectivement une histoire pour filles, et elle comprenait bien, elle, que les fleurs n'en étaient pas vraiment. Ce musicien qui aimait les fleurs de toutes formes et de toutes couleurs devait être un sacré coureur de jupons, à défaut d'être botaniste, et la fleur inaccessible une amante éconduite fichtrement futée. L'intérêt réel du récit, cependant, était sans doute l'innocente question de l'enfant après ce silence ébahi qui suit toujours les bonnes histoires. Un fond de vrai... Était-ce lui, le héros de l'histoire... ? Cela semblait peut probable. S'il aurait sans doute embelli la fin de sa propre histoire, il n'aurait pas été aussi serein de clamer l'amour du violoniste et de la fleur jusqu'à la fin de leurs jours. La jeune fille scruta le conteur, tentant de déterminer d'où pouvait bien venir ce récit. Une fois de plus, sa curiosité était piquée.

Elle sortit de ses réflexions comme quelqu'un qui s'éveille, clignant des yeux plusieurs fois avant de sourire et de réagir vivement à l'invitation qui venait de lui être faite de choisir à son tour un conte.

« Oh... Euh... Bien sûr. Votre histoire était tout à fait charmante, je ne sais si j'en trouverai une équivalente. » Elle se tourna vers les enfants. « Vous connaissez déjà une bonne partie de mon répertoire, cela dit... Je n'ai plus grand chose d'original à vous proposer, je le crains, mais disons... Que nous allons faire plaisir aux garçons, cette fois. »

Réduire le champ des possibilités était un bon moyen de commencer, et Venycia, par ses propres affinités avec les histoires de filles, ne connaissait que peu de légendes qui puissent convenir au public qu'elle souhaitait intéresser. Et toutes celles concernées tournaient autour de la même chose : les Pirates.

Elle s'éclaircit la gorge.

« Je vais faire de mon mieux, ce n'est pas mon répertoire préféré, je vous l'avoue. Donc... Connaissez-vous l'histoire de la Nuée Ardente ? »


Des petits yeux se remplirent d'étoiles, autant chez les filles que chez les garçons. La légende du vaisseau pirate était très répandue à Matroos, quoique l'on en trouve des versions différentes selon les villes pour la rendre plus proche et donc plus effrayante.

« Alors alors... Il était autrefois, il y a bien longtemps, un vaisseau pirate qui ne payait pas de mine. Son nom ? La Gloussante. C'est vous dire si c'était là le bâtiment le plus effrayant de Vanylle ! Mais son capitaine, que l'on a par la suite appelé le Sanglant, » Elle ne se rappelait jamais du nom de l'homme, autant l'éluder. « était un homme ambitieux et roublard, qui voulait explorer toute l'Île et plus encore, les récifs au large. Alors, il engagea les hommes les plus vaillants du Cap Vanylle, qui n'avaient pas peur d'un brin d'aventure ! Ensemble, ils partirent le long de la côte, bravant les courants de Grand Vent et les embûches du Cap comme personne avant eux. »

Elle laissa planer un léger silence, souriant de son effet. Ils avaient beau connaître la légende, il n'y avait pas de mal à lui ajouter un peu d'intonation.

« Ils en avaient après Vuulte, voyez-vous, car l'ithylium est ce qui fait voler les vaisseaux, et les pirates ont bien du mal à s'en procurer. C'était l'une des priorités de leur voyage, de piller notre belle ville. Cependant ! Arrivés à hauteur de la chaîne d'Armory, les pirates ne purent plus diriger leur vaisseau à leur guise, le vent soufflant en tout sens, un étrange brouillard montant du fond de Grand Vent pour recouvrir tout l'horizon. Ils échangeaient des regards inquiets, » ... Un peu comme les enfants dans le public. « et ils essayaient de redresser leur situation sans jamais y parvenir. »

Comme déjà mentionné, chaque ville avait sa version. Dans celle de Gernie, la ville était pillée pour ses réserves de nourriture, Sant Poséïnos se voyait agressée car elle était le siège du pouvoir, Midel-Heim était menacée pour ses vivenefs et Errande pour ses merveilleuses pierres précieuses.

« Enfin, le brouillard se leva en partie, et ils purent accoster sur une île inconnue, peuplée de créatures sur lesquelles personne n'avait encore posé les yeux. Elles étaient incroyablement belles, les femmes ailées, les sireyn, au point que les hommes charmés en oublièrent leurs serres acérées. Ils furent nombreux à succomber, ça oui, mais le capitaine, à deux doigts de se voir dévoré dans le nid de l'une d'entre elle, croisa son regard, alors qu'il braquait son pistolet à poudre sur elle dans une tentative de se défendre. »

Un peu de suspens. Reprenons.

« L'instant d'après, il était amoureux, car la sireyn était bonne et belle, elle tomba amoureuse, car l'homme avait pour lui charme et assurance. Cet amour lui sauva la vie, ainsi qu'aux marins qu'il put secourir des griffes des soeurs de sa belle. Croyant l'étape terminée, ils embarquèrent, un peu sonnés, dans la Gloussante pour tenter de poursuivre leur route, mais la sireyn du capitaine, bonne, belle et surtout muette, ne cessait de le houspiller pour qu'il la suive. Exaspéré, il finit par se plier à son bon vouloir, et quelle ne fut pas sa surprise lorsque la douce le mena dans des ruines bien plus loin vers le coeur de l'île, des ruines sur les murs desquelles était peinte une immense carte de Matroos ! Oh bien sûr, ce n'était pas une carte de Matroos comme nous la connaissons aujourd'hui, il y avait des choses en plus, des choses en moins, mais l'important est que Vuulte y était marquée par une grande croix, avec des indications mystérieuses tout autour. Il n'était alors plus question de repartir, ça non, il fallait d'abord étudier soigneusement cette carte ! »

Veny était ravie de voir son petit public suspendu à ses lèvres. Ses débuts en tant que conteuse n'avaient pas été faciles, mais elle s'était améliorée en peu de temps.

« C'est ainsi que lorsque la Gloussante reprit le vent, c'était pour revenir dans la ville aux hauteurs vertigineuses, mes enfants. Ils avaient beau avoir vu leurs rangs décimés par les mystérieuses sireyns, ils avaient la soif de l'or qui les tenaillait, et qui les aida à massacrer tous les protecteurs de la ville jusqu'au dernier. Cependant, ils n'étaient plus là pour piller, oh non. Ils étaient là pour fouiller les catacombes de la Grande Eglise, et passèrent des jours à en chercher l'entrée... et quand ils y parvinrent, oh, tout ce qu'ils y trouvèrent, mes amis... »

Feignant une émotion palpable, la jeune fille poursuivit :

« De l'or, de l'argent, des bijoux, des tas et des tas de galons ! Mais au milieu de tout cela brillait plus fort que le reste une relique des temps anciens, un immense instrument de musique. Une corne déposée là par Vama elle-même, disait-on. Le capitaine, un homme intelligent, était intrigué, et l'a ramenée sur son vaisseau pour faire retentir son chant à chaque abordage, en guise d'avertissement. Quelle ne fut pas sa surprise lorsque le son de l'objet attira les nuages autour du vaisseau, offrant un camouflage parfait au milieu de tous les autres nuages blancs ! »

Venait bientôt le dénouement. Venycia commençait à regretter d'avoir choisi une histoire aussi longue, mais ça en valait la peine, apparemment.

« Une autre surprise les attendait au premier abordage qui les attendait. En effet, à chaque goutte de sang qui était versée à l'intérieur du nuage, celui-ci devenait de plus en plus rouge. Le capitaine trouvant que le rose était une couleur peu appropriée à son équipage déjà raillé pour son nom, s'en suivirent une série de massacres dans l'unique but de rougir le nuage jusqu'à ce qu'il soit d'un écarlate flamboyant, et que la Gloussante change de nom. Toujours suivie par la sireyn, qui répondait au doux nom de Siwan, la Nuée Ardente était née, et parcourt depuis Grand Vent à la recherche de tous les trésors de notre Île. On dit de Siwan qu'elle fut une compagne aimante, et que les capitaines suivants tenaient d'elle leur charme dévastateur... Et l'on dit, bien sûr, ceci de la Nuée : Quand un nuage rouge flotte dans Grand Vent, quand vous entendez le son du cor, fuyez, mes enfants ! »

L'histoire était finie, sur les mots rituels que Veny n'aurait pu omettre. Un silence planait, presque consistant.
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Posté dans Re: Le hasard fait bien les choses.    - Sam 16 Nov 2013 - 5:44

L'histoire du Bourgeois semblait avoir plongé la jeune femme dans un état de réflexion. S'il avait été précédemment lunatique, c'était le tour de celle-ci, visiblement. Pourtant, elle reprit le dessus sur sa pensée et merveilleusement bien. La jeune femme avait, comme le croyait le chef de famille, toute les qualités d'une bonne oratrice. Il ressentait à elle cette pincée qui fait d'une personne l'épice parfait d'une scène de théâtre. Ces grands yeux brillant alors qu'elle racontait l'histoire ou ces moments de suspend qui accrochait à ses lèvres son auditoire agissait tel un filet. Le salon entier était sa prise, lui compris. Appuyé sur un poing, il l'écoutait en souriant paisiblement.

Étrangement, Ebenezer savoura grandement ce moment d'une belle simplicité. Il était d'ailleurs très heureux que la dame, ai accepté de raconter une histoire. Une part de lui était parfaitement conscient que son regard scrutateur pouvait être dérangeant par moment, ou intimidant. Pourtant, il était curieux et voilà un vice qu'il avait du mal à cacher. Comprendre était sa seule passion connu à ce jour et comprendre madame Howk était l'énigme du jour. Hors il écouta l'histoire avec un curiosité d'enfant, il la regardait comme tous les autres avec des yeux remplis d'attention. Un instant, son esprit erra dans un vieux souvenir où il était assit dans une chambre. Un lit énorme, deux enfants inséparable lové devant et une femme assise devant eux avec un ouvrage.

Comme elle sentait bon... Comme sa voix était douce... Et combien elle leur faisait horriblement peur avec ses histoires de pirate! Jamais il n'oserait l'avouer, mais il s'était caché derrière sa jumelle à quelque reprise. Un enfant trop doux, lui et sa soeur, ils auraient dût échanger de corps. Quoique non... La nature belliqueuse de celle-ci aurait rendu sa condition d'héritier dangereux pour son pays, elle était suffisamment dangereuse comme ça. La Nuée Ardente... Il avait eu quelques jeux imaginaires dans sa jeunesse comprenant ce bateau terrifiant. Sa soeur avait joué le camp des pirates et lui le brave milicien. Une chance qu'elle l'avait laissé gagné à quelques reprises, sinon Matroos serait tombé à plusieurs reprise. Que de beaux souvenirs.

Le silence était installé, fermement, les enfants mût dans un silence d'admiration. Ebenezer les sortis de leur torpeur en s'adressant à eux.

-Allons les enfants, il faut remercier votre merveilleuse Oratrice! Applaudissez donc avec moi!

Les enfants applaudirent avec beaucoup de joie, tout à coup surexcité de joie. Le Bourgeois leva brièvement une main pour faire cesser les applaudissent puis repris parole.

-Vous savez quoi? Nous allons même applaudir mieux que cela. Je vais vous apprendre une manière d'applaudir qui félicite encore plus un artiste après son œuvre. On appelle cela une ovation. Pour une ovation, il faut se lever debout en applaudissant. Voyez.

Lui-même se leva pour se mettre debout auprès des enfants et reprise ses applaudissements en souriant en coin. Les enfants, souhaitant remercier leur bienfaitrice, prirent très au sérieux cette information et elle eu droit à une véritable ovation de la part des petits. C'est sous le spectacle charmant qu'Ebenezer eut un petit miracle. Devant ces petits bouts si zélé, si sérieux dans leur applaudissement, il eut soudain un léger fou-rire. Rire, voilà une chose qui n'avait pas eu lieu depuis des années. Une main contre le torse, ces muscles ayant oublié comment fonctionner, il rit. Pendant ce simple instant il avait sentit que toute cette lourdeur sur ces épaules et gravé dans son visage avait momentanément pris la clé des champs. Quel plaisir!

Les enfants se calmant enfin, lui-même reprenant un air calme, il laissa tomber d'un ton absent, peut-être même à son insu (la fatigue lui jouant des tours).

-Merci infiniment.

Le moment magique passé, son air rêveur et mélancolique lui revînt assez rapidement, bien que moins lourd qu'à son arrivée. Quelques pas résonnèrent dans la pièce, son chauffeur approchait.

-Veuillez m'excuser monsieur Eisenheim, commença-t-il en tâtant son chapeau dans ses mains, tantôt regardant madame Howk, les enfants puis son maître, un peu éberlué de le voir si heureux visiblement. Je voulais simplement vous souligner qu'il serait bientôt temps d'aller à votre prochain engagement, nous n'avons pas terminé le tour des Orphelinats. Que désirez-vous faire de votre horaire?

On aurait presque dit que le chauffeur espérait que son maître reste là, à sourire de temps à autre. Étais-ce du respect dans ce regard? Du respect et de l'affection pour son maître?

-Ah, Boris, une chance que je vous ai. Disons.. je retarderai mon prochain repas. Vous enverrez toutes mes excuses à madame Sorel pour cela, je sais qu'elle déteste que je mange froid ce qu'elle s'efforce à me cuisiner avec tant de d'attention. Je vais rester ici encore un petit moment et après quoi, nous ne ferons pas attendre d'avantage ces enfants. Rappelez-moi d'acheter un cadeau sur le retour pour Madame Sorel, histoire de me faire pardonner. Je ne suis pas fiable aujourd'hui, je m'emmêle pour des noms de famille, imaginez.


-Vous êtes effectivement très fatigué monsieur...

Un silence suivit, le chauffeur réprima visiblement un avis, s'inclina légèrement et retourna à la porte de l'établissement. On aurait presque dit que son regard semblait signifier: Par pitié, reposez-vous.

Il se retourna vers les enfants et Venycia.

-Je crains, mes chers amis, que le temps file trop vite. Que pourrions-nous faire avant que le devoir m’appelle, mh?

Son visage amical regarda Venycia puis les enfants tour à tour.
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Bourgeois

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Posté dans Re: Le hasard fait bien les choses.    - Sam 16 Nov 2013 - 5:46

Si les joues de Venycia avaient rosi sous le plaisir de recevoir de si sincères applaudissements, elles avaient cependant rougi devant une ovation. C'était sans doute un peu trop pour une modeste histoire que chacun à Matroos connaissait, d'autant plus qu'elle n'avait sans doute pas respecté à la lettre l'ancestrale légende. Elle adressa un regard gêné au sieur Eisenheim, qui semblait rire sous cape du degré de sérieux auquel les enfants avaient pris son invitation.

"Ce n'était pourtant que bien peu imaginatif... Enfin, je suis contente que l'histoire vous ait plu !"

Elle s'adressait autant aux enfants qu'au bourgeois qui avait l'air bien plus détendu qu'auparavant, malgré la fatigue encore bien visible. Il devait vraiment n'avoir vu personne depuis un bon moment, pour s'enthousiasmer à ce point de cette histoire-là... A moins qu'il ne veuille simplement être flatteur mais, si tel était le cas, c'était de la manière la plus subtile que Veny ait jamais vue. Autant la démonstration était exagérée, autant elle semblait sincère, c'était particulièrement curieux.

Le moment fut cependant interrompu par un homme, vraisemblablement le chauffeur de Monsieur au vu de sa mise, qui venait le rappeler à l'ordre. Prenant bien garde de ne pas se faire repérer, Venycia laissa échapper un très léger soupir. Elle détestait les rappels d'horaire. Quand elle-même les entendait, elle n'avait presque jamais le choix d'en accepter ou refuser le message, il fallait y aller, sans discussion... Une entrave palpable à la liberté la rendait plus conscience de l'absence de la dite liberté que toutes les limitations dont elle ne se rendait la plupart du temps pas compte. Au moins, ce serviteur-là était plus respectueux que ceux auxquels Veny avait affaire, ceux des Davil dont les mots étaient polis mais l'air tout à faire dédaigneux. Boris, puisque c'était son nom, avait l'air de vraiment apprécier son maître... Une énigme de plus dans un monde où, normalement, les relations de ce type restaient d'utilité réciproque.

Néanmoins, il semblait qu'être héritier avait ses avantages à ce niveau, encore un détestable privilège masculin. Certes, les hommes travaillaient certainement plus dur qu'elle-même, mais ce n'était pas forcément une raison, n'est-ce pas ? Toujours est-il qu'Eisenheim semblait vouloir prolonger sa visite, au détriment de son repas apparemment, plus encore que de son repos. La jeune femme haussa un sourcil. Pourquoi rester ici au détriment d'un autre orphelinat ?

La réponse était plutôt évidente, et Veny sentit ses joues chauffer encore. Il était plutôt flatteur de sentir quelqu'un apprécier sa compagnie, après les dernières rencontres qu'elle avait faites qui s'étaient révélées glaciales. Les enfants, qui n'avaient pas non plus perdu une miette de l'échange entre l'homme et son serviteur, chuchotaient activement entre eux, visiblement enthousiasmés par une présence supplémentaire.

Une petite voix s'éleva à la question :

« Vous zavez aussi des devoirs, monsieur Zeisenheim ? »

Un sourire amusé apparut sur les lèvres de Veny. Question innocente s'il en était, l'enfant ramenait les choses à ce qu'il connaissait au quotidien. A vrai dire, en fin de journée, la jeune dame allait probablement passer un peu de temps penchée sur un travail scolaire ou l'autre avec les plus grands, qui étaient éduqués par Mrs. Wayham lorsque la gestion de la maison lui en laissait le temps. Il était déjà miraculeux que les petits parlent aussi bien le matroscien, un grand avantage par rapport à d'autres dans le même cas.

« Tout le monde a des devoirs, Heinrich, mais ils n’ont pas tous la même forme. Parfois, le devoir des grands, c’est d’être au bon endroit au bon moment. », intervint-elle.

Au-delà de l’évidence du respect de l’agenda, c’était un peu plus profond ; c’était ce qu’ils faisaient là, être présents pour ceux qui en avaient besoin. L’enfant hocha la tête, semblant avoir compris et visiblement heureux qu’elle l’appelle par son prénom, qui était facile à retenir car elle tentait parfois de lui apprendre à l’écrire sans omettre de lettre, ce qui lui serait bien utile pour signer ses dessins. A cette idée lui vint un exemple d’activité tout à fait sympathique pour les quelques instants que le bourgeois parvenait à grapiller.

« Mais voyons voir… Si nous montrions à Monsieur Eisenheim le couloir des dessins, pour qu’il puisse admirer vos oeuvres ? »

Les enfants approuvèrent avec enthousiasme, comme elle l’avait prévu, et Veny se leva pour que tous se mettent en route vers le couloir entre les dortoirs, nommé par tous le couloir des dessins car on n’en voyait plus les murs sous les multiples feuilles de papier qui les recouvraient. C’était le musée de l’orphelinat, un passage obligé mais qui ne prenait que le temps que l’on voulait lui accorder. Avec un sourire, la jeune fille se souvint qu’il y avait là quelques représentations maladroites du poisson Eisenheim, dessinées depuis les étiquettes des bouteilles, ou encore des portraits plus ou moins réussis des différents visiteurs. Elle entreprit de faire la visite guidée, désignant l’un ou l’autre chef d’œuvre dont elle savait l’auteur présent dans la pièce, mentionnant judicieusement les noms pour le plaisir de voir les petits visages s’illuminer, avec un sourire entendu à l’attention du visiteur qui devait, bien entendu, s’extasier au mieux de ses possibilités. Elle évita toutefois certains dessins représentant suspicieusement un certain personnage un peu difforme, aux cheveux oranges et aux robes envahissantes. Enfin, jusqu’à ce qu’une petite fille vint tirer sur sa manche pour en designer un, probablement le plus laid, le montrant silencieusement pour ne pas déranger le bout de doudou qui avait place dans sa bouche. Veny eut un soupir à la fois résigné et amusé.

« … Et à côté de la ravissante nature morte de Valentin, un portrait de moi-même par Juliette. »

Allez-y, moquez-vous.
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Posté dans Re: Le hasard fait bien les choses.    - Sam 16 Nov 2013 - 5:50

Essayer de déchiffrer Ebenezer à la première rencontre pouvait s'avérer un casse-tête difficile. Pourquoi s'attarder en effet? Quel homme Matroscien se serait attardé pour une personne du beau sexe et une poignée d'enfant sans appartenance? Pas beaucoup, probablement. Sa famille avait beau être des marginaux, être un original ne les rendait peut-être que plus agréable pour une part du peuple souvent oublié: les femmes et les gens de moindre fortune. Pourtant, au court de sa vie, il avait rencontré quelques femmes tout à fait exceptionnelle et les personnes du sexe féminin avait toujours eu la main lourde dans la famille, même si ce n'est pas publiquement reconnu. Une entreprise n'aurait pu se tenir publiquement droite en affirmant une telle chose, malheureusement.

À la gêne de la jeune Marchande (maintenant Bourgeoise), il ne laissa rien paraître de plus que son vague sourire. Il avait ses raisons et ça lui suffisait, pas besoin de tout expliquer, non? Probablement le deuxième plus gros défaut, son don innée pour laisser des zones d'interprétations ou inexpliqué. La plupart du temps, les interprétations ne jouaient pas en sa faveur. Pourquoi pas la simplicité? "Parce que j'en ai envie" aurais été le "pourquoi" le plus sincère si les questions avait dépassé l'état du regard. Mais il n'en fût rien, à l'interrogation couleur noisette aucune réponse ne sortie des iris jade.

C'est alors qu'un enfant posa une question qui s'avérait très profonde pour une petite personne, une question qui pouvait dépasser en terme de complexité toute les questions qu'il avait reçu pendant les dernières années de la part des bécasses jalouse qui avaient tenté de le remarier. Les yeux vaguement arrondis, le regard franchement pensif, il cherchait une réponse convenable à la demande quand Madame Howk vînt à son secours, pleine d'astuce dans sa manière de contenter l'insatiable curiosité des enfants. Aux mots de celle-ci, il appuya le tout d'un acquiescement avec un sourire difficile à définir.

La jeune femme à la crinière flamboyante trouva ensuite une idée intéressante: lui présenter l'art, la créativité des enfants. Voilà de quoi de charmant! Savait-elle l'intérêt de sa famille pour la créativité? Elle pouvait difficilement trouver mieux en terme de proposition pour le Sieur Eisenheim. Ainsi les deux membres de la haute prirent le chemin vers cette légendaire galerie d'art où les œuvres des plus petits trônaient sur le mur auprès de celle des plus grand. Il regardait les dessins attentivement, prenant le temps de féliciter ici et là les enfants pour leur effort,tentant en même temps d'en appeler certains par leur prénom. Les appeler par un prénom est bien peu, mais c'est une petite marque de respect qui peut faire toute la différence pour un oublié de la société et encore plus pour un enfant. Lorsque la petite Julliette montra le dessin de ce qui était vraisemblablement Venycia, le regard d'Ebenezer sembla se briser un bref moment, inexplicablement. Son regard observait la petite fille au cheveux auburn, une teinte qui ressemblait à ceux de sa défunte femme. Tranquillement, il mit un genoux au sol et laissa l'enfant venir à lui, faisant même signe d'approcher. La petite, intriguée, approcha le "gentil monsieur" qui leur donnait "selon maman Mayham" régulièrement des cadeaux précieux. Il la souleva sur un bras, la petite assise au creux de son coude et il alla devant le dessin.

-Alors, Juliette, c'est toi qui a fait ce dessin pour Madame Howk?

S'il avait eut des enfants avec sa femme, une fille, elle aurait probablement son âge... Peut-être même son allure? Son regard observait l'enfant avec une nostalgie non feinte.

-Oui... dit la petite timidement, à travers sa doudou bien gluante.

-C'est très gentil de ta part de faire de l'art pour honorer une Dame qui t'inspire. Tu aimes beaucoup madame Howk?

La petite hocha vivement de la tête et à cette démonstration d'affection, il eut un sourire attendrit. Pourtant, il devait déposer cette enfant et briser l'illusion. La vie n'avait pas pris ce chemin. Une fois la petite au sol, il tourna lentement sur lui même, observant encore tous les dessins un dernière fois, son regard calculateur semblant s'attarder sur chaque détail. Ce couloir, ce couloir remplit d'aspiration, d'admiration, de rêve, de peur... Les enfants couchent sur papier sans retenue leur émotion, contrairement aux adultes qui, eux, doivent négliger l'Être pour mettre de l'avant le Paraître. À ces paroles il acquiesçait lentement à lui-même, fermant tranquillement les yeux comme si son esprit en était venu à une conclusion. Un brin lunatique? Peut-être, surtout quand il était fatigué, il avait quelques tendances lyriques.

C'est alors qu'il se retourna tranquillement vers le reste de la compagnie, la dame et les enfants.

-Tout à l'heure, on m'a demandé si j'avais des devoirs, commença-t-il simplement.

Prenant un moment de silence, comme s'il méditait à ses paroles, il cala son chapeau sous son bras et mit un genoux au sol pour regarder les enfants dans les yeux, à leur hauteur.


-Alors je vous dis, oui, moi aussi, j'ai des devoir. Il faut que vous sachez les enfants que la vie ne sera pas toujours douce avec vous, elle vous donnera par moment plusieurs devoirs, certains que vous aimez, d'autre qui vous rebute. Pourtant, l'important n'est pas là, l'important c'est de réfléchir au bien que vos devoirs font.

Il prit une pause, son regard se baissant sur l'effigie de ses gants un instant.

-La question n'est pas si vous êtes capable ou non de l'accomplir, le désir est la vrai clé de l'accomplissement. Peu importe qui vous êtes, peu importe ce que l'on dit de vous, il faut que vous gardez en tête que votre détermination fera foi de tout. Ce n'est pas parce que vous n'êtes pas talentueux dans un domaine que vous ne le serez jamais, il faut persévérer. Peut-être que un jour vous n'aurez plus envie de persévérer. Si ça vous arrive un jour, essayez de vous souvenir de ce conseil: Pensez aux gens qui croient en vous. Si vous ne voulez pas triompher pour vous même, triomphez pour ceux qui ont cru en vous. Moi, je crois en vous les enfants. Je sais que vous serez tous de bonnes personnes.


Un enfant plus spontané que les autres s'exclama suite à cette brève ouverture de coeur une question qui lui démangeait les lèvres.

-Mais vous m'sieur Zeiseinheim, vous zavez déjà perdu l'envie de perzévérer, vous?

Le bourgeois entendait les pas de son chauffeur approcher, il connaissait si bien Boris, il en aurait mis la main au feu. Tranquillement, il se releva et remit son chapeau.

-Oui, mon petit, personne n'est invincible. J'ai perdu la foi, pendant plusieurs années. Maintenant, j'ai un nouveau devoir à accomplir et je dois triompher pour les gens qui croient en moi. Il y a une personne qui compte sur moi, bien qu'elle ne me l'avouera jamais, elle souhaite, j'en suis certain, mon succès.

-Quel succès? S'exclama un autre enfant.

-De trouver une cure à sa maladie.

Un sourire triste ponctua ces paroles et il lui sembla que sa mélancolie affecta une partie de l'assemblée, à son désarroi.

-Maintenant je dois vous quitter, un autre devoir m’appelle, d'autres enfants plein d'avenir attendent leur eau. N'oubliez pas les enfants, ce que je vous ai dis.

Son regard se releva finalement vers la jeune épouse. Soit elle allait lui cracher dans son dos, soit elle allait respecter ses paroles. Il ne pouvait pas savoir de quel bois elle était faite, pas encore. Pourtant, il avait eu une excellente impression d'elle alors il termina sur une dernière note amicale. S'inclinant avec élégance, il dit simplement:

-Au plaisir de rediscuter avec vous Madame Howk, les portes de ma serre vous sont ouverte pour une visite, à votre guise.

Se redressant, il inclina la tête vers le lot et dit en toute simplicité:

-Bonne journée.

Il repartit, le mystère et la mélancolie le suivant comme son ombre, quittant l'endroit. Le chauffeur ferma la marche, suivant son maître de manière protectrice.
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Posté dans Re: Le hasard fait bien les choses.    - Sam 16 Nov 2013 - 5:51

Dire que Veny était surprise de la réaction du Bourgeois était un joli euphémisme. A vrai dire, c'était bien curieux de se lancer dans de telles démonstrations, un brin grandiloquentes malgré les paroles tout à fait justes, pour un simple dessin d'enfant. Peut-être était-ce là une marque de la fatigue ; certaines personnes avaient l'esprit plus enclin au rêve lorsqu'ils étaient en état de somnolence – dit comme cela, c'était tout à fait logique, réalisa-t-elle – et cela ne l'aurait pas étonnée que ce soit le cas d'Eisenheim. A moins que ce ne soit son style en général d'être extravagant, mais il était un peu tôt pour le dire dans tous les cas.

Debout au milieu des enfants, elle assistait à la scène en se demandant bien quel était ce drôle de personnage et surtout, ce qu'il avait fait tant de temps loin de cet endroit où il pouvait faire de grandes choses avec ses discours... Les enfants l'écoutaient religieusement. Veny croisa les bras, souriant doucement. Belles paroles, certes. Pensez aux gens qui croient en vous.... Elle voulait bien l'écouter, elle se doutait qu'elle-même presque adulte avait des choses à apprendre de lui, mais personne ne croyait plus en elle depuis un certain temps déjà. Il était un bien meilleur exemple pour les petits, c'était chose certaine.

Quant à la suite... Certains détails accrochèrent son oreille, alors qu'ils laissaient les enfants indifférents ou simplement curieux. Veny, elle, analysait chaque mot. Un nouveau devoir à accomplir... Pendant un instant, elle se demanda si le retour de l'homme à la société était la marque de l'apparition d'une nouvelle dame à ses côtés, mais son air abattu d'un peu plus tôt avait laissé présager qu'il était loin d'avoir tourné la page sur la précédente. Enfin, l'un n'empêchait pas l'autre, et...

Et ce n'était pas ça. Trouver une cure à une maladie... Se tramait-il encore des tragédies chez les Eisenheim ? Le décès de Dame Rosamund n'avait-il pas été suffisant ? Veny haussa un sourcil. De plus en plus curieux. Elle sursauta presque lorsqu'elle vit surgir à côté de l'homme le chauffeur déjà apparu un peu plus tôt. Il fallait qu'elle arrête de le dévisager en se posant mille et une questions qu'elle ne pouvait formuler à voix haute, cela commençait à devenir impoli.

Décroisant les bras, elle baissa les yeux sur ses jupes, les lissant alors qu'il s'adressait à elle. Geste machinal, retour à la perfection après la sensation d'avoir commis un impair, manie difficile à contrôler. Elle inclina la tête respectueusement.

« Au plaisir, oui, Monsieur Eisenheim. »

Elle le regarda partir avec une curiosité mêlée de l'amertume de la voir inassouvie. Une pointe d'hésitation, aussi ; elle l'avait rencontré à peine une heure plus tôt, une telle invitation était-elle sérieuse, aussi tentée soit-elle ? La première conclusion était que non. L'avenir le dirait, si toutefois ils se recroisaient un jour.

En attendant, elle ne pouvait que réfléchir, les rouages de son cerveau tournant alors qu'elle consacrait le reste de sa journée aux enfants comme si de rien n'était. Oh, sa réflexion lui donnait l'air un peu absent, mais les enfants ne lui en tinrent pas rigueur ; eux aussi posaient des questions sur le visiteur.

« Il va revenir, monsieur Zeisenheim ? »


« Je ne sais pas, Juliette. Je ne sais pas. »

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Posté dans Re: Le hasard fait bien les choses.    -

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