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Le silence est l'âme des choses

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Posté dans Le silence est l'âme des choses   - Mer 4 Juin 2014 - 7:21

Lorsque le service du midi s'acheva, Seylan rejoignit sa petite chambre à l'étage pour y faire un brin de toilette. Elle versa de l'eau sur une serviette, se nettoya le visage puis se recoiffa. Elle enleva sa robe usée, avant de la jeter en boule dans un coin de la chambre et d'enfiler une longue jupe noire, un petit chemisier blanc et enfin un foulard gris, pour protéger ses épaules dénudées du froid de Vanylle.

Descendant un étage, la jeune femme rejoignit la chambre de l'homme noir, avec lequel elle avait discuté un jour plus tôt, dans une petite ruelle longeant l'Auberge du Butineur Bourré. La proposition qu'il lui avait fait cette nuit là n'avait cessé de l'obséder depuis, la hantant jusque dans ses rêves. Le Pâle n'avait jamais accepté qu'elle apprenne à lire, écrire ou communiquer de quelle que façon que ce soit.

A la fois impatiente et terrifiée, Seylan frappa à la porte, sans obtenir de réponse. Elle recommença de plus belle, sans obtenir plus de succès. Elle écouta un instant à travers la porte, vigilante. N'entendant aucun bruit, elle toqua plus fortement encore. Etait-il possible qu'il soit parti sans le lui dire ? A moins qu'il ne soit sur son vaisseau, à la demande du Capitaine du Pourfendeur des Vents ? Ou peut-être profitait-il des salles d'eau mises à disposition par l'Auberge pour se laver ?

Ne souhaitant pas interroger la patronne sur la présence de l'homme noir dans l'Auberge, Seylan alla chercher un double des clefs, ouvrit la porte et découvrit une chambre pleine de vie. Sur la chaise étaient disposés plusieurs vêtements, dont ceux qu'il portait la veille. Les couettes se trouvaient en bout de lit, a moitié par terre, tandis qu'une odeur particulière régnait dans la pièce. Une odeur d'homme.

Une chose est sûre, cet homme est toujours client du Butineur Bourré...


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Posté dans Re: Le silence est l'âme des choses   - Mer 4 Juin 2014 - 9:38

Comme toujours, la nuit de Jaasau avait été courte, sans vagues, calme. Quelques bruits signifiants des ébats avaient bien éclaté dans les chambres voisines, mais en somme, rien d'inhabituel. Le matin, il était descendu et rapidement sorti aux aurores, pour se rendre dans une échoppe. Ses promesses, il les tenait toujours. Et même s'il n'avait aucune idée de la venue potentielle de Seylan, il préférait avoir un minimum de matériel, au cas où. Dans le pire des cas ça l'occuperait, le temps qu'il se décide à retourner sur le Pourfendeur.

Lorsqu'il rentra dans l'auberge et se dirigea vers sa chambre, il fronça les sourcils. La porte était ouverte, il était pourtant certain de l'avoir fermée à clé en partant... Si un des clients avaient osé entrer pour lui voler quelque chose... non seulement il allait être déçu, mais en plus de ça il risquait de subir la colère de Jaasau, ce qui n'était souhaitable pour personne.

Il regarda par l'entrebaillement, puis soulagé, entra dans le plus parfait des silences. C'était Seylan qui était venue finalement. Comme quoi, il ne haïssait pas tous les pirates au même degré. Et sa théorie, petit à petit, ses paroles, commençaient à se vérifier. Il maîtrisait assez peu l'art du langage, surtout le joyellien qu'il parlait à peine, lui préférant le Vanyllien (qu'on le comprenne ou non ne lui importait que très peu au final), et était finalement assez satisfait d'avoir réussi à piquer son intérêt avec l'intensité suffisante pour qu'elle finisse par venir.

«J'étais sorti.»

Il montra d'un geste rapide les rouleaux de paperasse et le fusain qu'il était acheté -pas vraiment donné d'ailleurs-, et les déposa sur le lit. Traînant deux chaises à côté du matelas, il se saisit des instruments et les lui montra.

«Content que tu aies fini par venir. Ca risque d'être un peu long. Je ne sais pas bien parler et utiliser les termes techniques. On fera avec. Mais tu verras que dessiner, c'est facile si on sait penser. Toi qui ne parles que dans ta tête, tu t'en sortiras bien. Viens.»

Il désigna la seconde chaise qu'il avait prise, fusain et feuilles en main.
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Posté dans Re: Le silence est l'âme des choses   - Jeu 5 Juin 2014 - 15:42

Seylan voulait le croire, elle voulait lui faire confiance, mais elle avait aussi très peur pour sa vie. Tremblante, elle observa le visage paisible, étrangement calme du pirate du Pourfendeur des Vents. Elle ne put détacher ses yeux de son visage, de ses yeux dorés, de ses cheveux noirs et longs qui lui tombaient le long du dos.

Lorsqu'il se retourna et lui proposa de s'asseoir. La jeune femme rougit, gênée qu'il l'ait surprise dans sa contemplation. Elle baissa les yeux sur ses mains, ne sachant pas quoi regarder d'autre, et vint s'asseoir aux côtés de l'homme noir.

Elle n'était pas encore totalement à l'aise avec lui. Il pouvait s'emporter à tout moment. La frapper. La tuer. Peut-être juste hausser la voix. Il était un Pirate après tout. Et un Pirate, ce n'est pas gentil.

Pourquoi m'apprendre à dessiner ? Pour satisfaire votre curiosité ?

Levant les yeux vers lui, elle les baissa aussitôt qu'elle croisa son regard, son attention se portant toute entière sur les outils de dessin.

Que voulez-vous que je vous raconte, une fois que je saurai communiquer ?

Jouant avec les lacets de son chemisier, une multitude de questions lui vinrent à l'esprit, sans qu'elle soit, malheureusement, en mesure de les lui poser. Pouvait-on interroger quelqu'un en dessinant ? Pouvait-on raconter une histoire, répondre à une question, telle que "Qui es-tu", "Comment vas-tu", "Que me veux-tu" ?

La naïveté, naturelle et spontanée, l'avait conduite ici. Rien d'autre. Ne pouvait-il pas simplement lui apprendre à écrire, plutôt que de perdre son temps à lui apprendre les bases de l'art ?

Agacée par tant de faiblesse, Seylan le fusain des mains de l'homme noir et gribouilla sur la feuille posée sur le lit, la transperçant, à certains moments, de petits trous. Son chemisier, si blanc à son arrivée, fut rapidement couvert par une fine pellicule de poudre noire.


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Posté dans Re: Le silence est l'âme des choses   - Ven 6 Juin 2014 - 1:29

Il observa ce qu’elle faisait dans le plus parfait des silences. Il aurait bien pu parler, mais dans tous les cas ç’aurait été un monologue. Il avait l’impression de voir les enfants Vanylliens faire des gribouillis à la pointe du couteau sur les vieux tonneaux, sans la moindre logique, sans aucun sens commun. C’était presque amusant. Presque. Parce qu’en dessinant comme ça, elle n’arriverait à rien. Ou du moins personne ne la comprendrait, ce qui était clairement l’opposé du but de Jaasau.

Interrogeons nous maintenant sur les raisons d’un tel comportement de la part d’un des hommes les plus sanguinaires et violent du Pourfendeur des Vents. Homme qui ne devait pas être loin du record de victimes assassinées sauvagement, sans compter les morts à Vanylle même. La générosité et le don de soi n’étaient clairement pas ses qualités phares. Si sa loyauté et sa fidélité à l’équipage étaient exemplaires, son calme également -perturbé régulièrement par des sautes d’humeur aussi brutales que dangereuses-, il n’était pas du genre à faire les choses gratuitement. Il était pirate. Mais… Seylan, pour l’homme tatoué, était une catin. Pas qu’il méprise cette caste, bien au contraire. Il estimait sa dette éternelle. Sans l’une d’entre elle il serait mort dans l’oubli profond d’une ruelle obscure, et personne n’aurait jamais retrouvé son corps. Si elle n’avait pas été là, il ne L’aurait pas connue. Il ne serait pas la terreur ambulante qu’il était aujourd’hui, il n’aurait connu ni Cynydd ni Pourfendeur. Autremement dit, il lui devait tout et à cause de sa mort, il n’avait jamais pu rembourser ce don de la femme de petite vertu qui par hasard, s’était retrouvée dans la même pièce que lui.

«Tu fais n’importe quoi.»

Il lui prit le fusain des mains et une feuille neuve. Commençons par l’utile, tant pis pour la difficulté, le talent et le coup de main viendraient en s’entraînant.

«Quand quelqu’un te demande qui tu es. Si tu ne sais pas écrire, laisse tomber le prénom. Passe à l’essentiel.»

Il posa la feuille sur ses genoux, et commença à griffonner des traits secs, hachés, mais qui formaient un tout cohérent quand on y regardait bien. Tout était noir, mais naquirent petit à petit un comptoir, des tables et des chaises, et de grossières silhouettes bâclées représentant certainement les clients. L’une d’entre elle, debout et plus détaillée que les autres, était debout, une ébauche de plateau rempli en main. Il fit une petite flèche la désignant au dessus de sa tête.

«Les gens comprendront tout de suite. Tu peux aussi leur demander qui ils sont.»

Il dessina le signe universel de la question, pas besoin de savoir écrire pour le connaître. Un point d’interrogation de l’autre côté de la feuille, et rien d’autre. Il la tint contre lui, et désigna Seylan en pointant du doigt.

«La simplicité, toujours. Ils comprendront aussi. Il faut juste représenter ses idées. L’avantage du dessin est de pouvoir représenter bien plus que ce qu’expriment les mots. Il faut les clés nécessaires pour tout comprendre mais le dessin est fort. Et il ne peut pas mentir. Les mots, eux, le peuvent. Mes tatouages par exemple. Pour une grande partie, c’est moi qui les ai fait, avec de l’encre et une aiguille en acier. Si personne n’a les clés de leur code, ils resteront de simples motifs. Mais quand on les a, ils racontent une histoire, gravée dans la chair et dans l’âme. Comprends-tu ?»

Il lui tendit une feuille neuve et le fusain.

«Entraîne toi. Essaie de dire des choses simples. Le temps qu’il fait. Le prix d’une boisson. Peu importe, tant que c’est facile.»
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Posté dans Re: Le silence est l'âme des choses   - Sam 7 Juin 2014 - 2:39

C'est vous qui faites n'importe quoi, pas moi, marmonna intérieurement la jeune femme, vexée par la remarque de l'homme noir. Je n'ai griffonné sur cette feuille que parce que j'étais en colère et que je voulais vous le montrer, rien d'autre.

D'un geste sec, Seylan attrapa le fusain des mains du Pirate. Elle se mit à griffonner sur le vieux papier blanc avec moins d'art encore que n'aurait pu le faire Le Pâle lorsqu'il n'était qu'un tout petit garçon. Le monde autour d'elle cessa d'exister, seul comptait à présent ce qu'elle souhaitait transmettre, seuls comptaient les rêves sombres qu'elle déversait sur la feuille d'un geste maladroit.

Une heure durant, elle ne leva pas le nez de sa tâche, ignorant les murmures des clients à l'étage en dessous, les grincements du plancher à l'étage supérieur, les grognements d'un Médor dans les ruelles Vanylliennes. Chaque dessin donnait lieu à un autre dessin. Chacun était différent du précédent et pourtant tous représentaient plus ou moins la même chose : le chagrin, la douleur, un corps torturé. Si le style était moins réaliste qu'il n'aurait dû l'être de la main d'un artiste de renom, il n'en était que plus inquiétant et sombre de celle de Seylan. A une nuance près : son tortionnaire n’avait aucun visage.

Lorsqu'elle eut terminée, elle présenta son dessin au Pirate, l'air contrariée. Elle ne donnait pas le prix d'une boisson, ne questionnait personne sur sa vie privée, n'interrogeait pas un homme sur son origine, ni n'exprimait sa joie de voir quelqu'un. Elle transmettait son secret, pour la toute première fois de sa vie. Néanmoins, l'élément essentiel, elle l'avait oublié.

Son visage. Son visage balafré. Des balafres, c'est tout dont elle se souvenait de lui.

Saisissant une autre feuille, Seylan se remit à dessiner, le coeur battant, le souffle court, les traits tremblants. Elle n'avait besoin de rien d'autre. De rien d'autre que de savoir cet homme mort. De rien d'autre que pour une fois dans sa vie, pouvoir partager ce qui l'avait conduite à une vie si misérable. De rien d'autre qu'une solution pour oublier. Une solution pour l'oublier lui. Définitivement.


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Posté dans Re: Le silence est l'âme des choses   - Sam 7 Juin 2014 - 5:46

Décidément le Baron était certainement une des personnes les plus étranges et difficiles à cerner de tout Vanylle. S’il démontrait la plus terrifiante des sauvageries quand il était sur son navire, si la mort et le sang lui étaient indubitablement liées et si le meurtre était l’apanage de toute sa vie, alors il était également capable, patiemment, d’apprendre à une femme des plus inconnues, des plus frêles et des plus haineuses envers la classe pirate d’apprendre à dessiner alors même que son vaisseau était à quai, alors même qu’il pouvait chasser, traquer de potentielles victimes à Lui offrir. Pourquoi ? Pourquoi faisait-il ça, sachant très bien que cela ne lui rapporterait rien ? Par des impulsions, des commandements instinctifs. Par esprit de bonté ? Certainement pas. Jaasau était fondamentalement dérangé. Depuis l’âge de sept ans, où les délires hallucinatoires provoqués par le manque d’oxygène, la terreur et la crainte de mourir lui avaient fait découvrir les voiles éthérés d’un spectre que tous connaissent sous le nom de Faucheuse, Mort, voire pour certain le messager de Yöeust, il vivait pour Elle, par Elle, uniquement. Là, aucun rapport. Il avait juste eu ces pulsions irrépressibles qui vous prennent parfois. Manger un fruit à quatre heures du matin. Tirer une balle dans le crâne du premier importun croisé. Se saouler sans raison. Autant d’impériales pulsions auxquelles le corps et l’esprit sont incapables de résister. Jaasau, à la différence de beaucoup, acceptait sans rechigner ces directives mentales, et se contentait de les concrétiser. Cette femme l’avait intrigué. Parce qu’elle n’était pas la catin de base qu’il connaissait. Parce que son ami avait décidé de la tuer il l’en avait empêché. Et parce qu’il leur devait la vie, chaque occasion de rembourser sa dette était bonne à prendre, comme maintenant. Mais ça… Elle ne le saurait probablement jamais. Se dévoiler n’était pas dans ses habitudes, et s’il pouvait comme actuellement donner de son temps et de sa patience (de son argent aussi mais aucun sous entendu mal placé n’est envisageable), il aimait autant qu’elle ne sache pas pourquoi. Le Baron Noir n’avait pas de faiblesse. Le Baron Noir était le faucheur du Pourfendeur des Vents, celui qui terrifie par son apparence, celui qui paralyse par la sauvagerie de ses coups. Rien d’autre.

Alors, calmement, il l’observait. C’était laid, brouillon, bordélique même. Mais c’était intense. Puissant. Ca avait du sens. Elle n’avait aucun talent pour le dessin (c’était son deuxième), mais la force de ce qu’elle voulait transmettre était largement compensatoire. Alors, calmement, il l’observait. Notait chaque trait, enregistrait la frustration qui guidait ses petites mains fébriles qui griffaient la feuille à coup de fusain. S’il avait été un couteau, la feuille n’aurait plus été que cotillons. Si la poudre noire laissée par le fusain avait été le sang de celui qu’elle maudissait, alors ils se noieraient dedans. Alors, calmement, il l’observait, jusqu’à pouvoir se saisir du dessin. Qu’il parcourut longuement des yeux, cherchant d’abord le sens, puis les émotions couchées sur le papier. C’était de la colère, de la peur et de la tristesse. Des émotions qui n’avaient pas grand chose à voir avec la résignation commune aux catins de quartier, lasses et écartant les cuisses sans volonté, sans plaisir, mais sans aucune émotion négative. Parce que ça n’en valait plus la peine. Cette femme n’avait oublié aucun des torts qu’on lui avait fait, qu’il lui avait fait, et nourrissait une haine féroce. Le Baron commençait à comprendre. Elle n’avait peut-être pas connu tant de pirates que ça pour étayer son jugement. Mais celui qu’elle avait connu avait suffi à faire de ses pensées un gouffre d’ire et de haine. Oui, il comprenait. Il n’essaierait pas de la faire changer d’avis à ce sujet. De toute façon même avec un couteau entre les mains il doutait qu’elle avait la force de ne serait-ce que le griffer. Mais il voulait, comme toujours, aller plus loin.

«N’as-tu que ces balafres comme souvenir ? Ne connais-tu donc personne capable de le retrouver pour mettre fin à ton tourment ? Ce que tu me montres là est mon quotidien. Pour une femme comme toi ça doit être un enfer de tous les instants. Combien de temps cela fait-il que tu vis comme ça ?»

Beaucoup de questions, encore une fois, et sûrement beaucoup de temps pour répondre. Il prit le tas de feuille qui restait sur le lit, et le posa sur les genoux de Seylan. Il s’en moquait, il avait le temps. Mais si elle voulait que lui, Jaasau le Baron Noir, fasse quelque chose et la guérisse de ses cauchemars, alors par obligation contractuelle avec Elle et avec celle qui un jour dans une ruelle, lui lança ce fruit salvateur, il le ferait.
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Posté dans Re: Le silence est l'âme des choses   - Lun 9 Juin 2014 - 4:40

Il est mort.

La main tremblante, Seylan dessina un premier trait sur la feuille vierge.

Il est mort, j’en suis certaine. Il est mort et tout l’équipage de l’Amante avec.

Elle dessina ainsi au fusain une vue de Grand-Vent, des vaisseaux de Vanylle qu'elle apercevait parfois depuis la petite fenêtre de sa chambre, une grande tête, avec un visage primitif, comme le dessin d'un enfant. Les oreilles, le nez, la bouche. Mais ensuite, sur une autre feuille, elle dessina un vaisseau fendu, des cadavres, partout, espérant, à force de reproduire le même dessin, qu'il finisse par en comprendre le sens. Elle se mit même à déchirer chacune de ses œuvres, à la fois agacée et impatiente, souhaitant en finir rapidement avec toute cette histoire.

Le Pâle n'était plus un problème. Et pour une fois dans sa vie, elle avait pu en parler à quelqu'un d'autre qu'à elle-même. Désormais, elle était libre, libre d'écarter les cuisses pour un homme qu'elle aime ou qu'elle désire, libre d'acheter les vêtements de son choix, avec ses maigres économies, libre de préférer une soupe avec des morceaux de viande à un bouillon de légume, libre de prendre un bain presque tous les soirs, dans une eau propre mais soigneusement utilisée.

Jamais plus il ne la violerait. Jamais plus il ne la frapperait. Jamais plus elle n'aura à tenter de l'assassiner pour retrouver sa liberté. Pourtant, elle ressentait un immense vide. Il lui manquait quelque chose. Elle n'était pas heureuse, au Butineur Bourré, bien que la patronne lui offre plus que nécessaire. Elle voulait partir loin. Là où elle ne serait plus en danger. Mais où ? Matroos ne manquait pas de capturer et exécuter les pirates insouciants, et Vanylle n'avait aucun endroit sûr. Quant à Korrul...On lui avait toujours dit qu'il était impossible d'y aller.

Il savait peut-être, lui. Il la protégerait, comme il l'avait fait dans les rues de Vanylle, lorsque son ami avait voulu la tuer. Il était un pirate. Il aimait forcément l'aventure. Il ne serait pas contre l'idée de partir loin d'ici. Attrapant son bras sans réelle délicatesse, Seylan essaya de l'entraîner avec elle hors de l'Auberge, le regard fixé sur l'horizon, le pas incertain.


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Posté dans Re: Le silence est l'âme des choses   - Lun 9 Juin 2014 - 5:35

Au début, il nageait dans la plus totale incompréhension. Il était doué pour décrypter les images, mais quand il s’agissait de représentations grossières et répétées… C’était une autre affaire. Mais il s’appliquait à noter tous les détails de chaque dessin, dans un silence total. Et à chaque fois, ce qu’il y voyait, c’était la vie, Grand Vent et Vanylle, puis la mort. Des corps dessinés de façon rapide, mais clairement dénués de la moindre trace de vie. Et la Mort, ça parlait très bien à Jaasau. De fait, au bout d’un moment, il finit par comprendre. Tant pis, il n’aurait ni à traquer, ni à tuer. Un moyen de moins de rembourser sa dette. Un bref soupir lui échappa, de déception. Lui qui pensait faire un pas en avant, le voilà obligé de stagner. Il lui avait donné les bases de la communication, c’était déjà quelque chose de bien en soi, mais ça ne suffisait pas. N’importe quel abruti prenant le temps de le faire aurait pu en faire de même.

Quand elle commença à le traîner dehors, il la suivit, se demandant quelle surprise elle lui réservait, cette fois-ci. Mais il eut tôt fait de l’arrêter en voyant qu’elle ne savait même pas où elle allait. Il n’était même pas sûr qu’elle sache elle-même où elle voulait aller. Il se stoppa net, et la retint par l’épaule. Ses yeux d’or se plongèrent dans les siens, très sérieux.

«Attends. Où tu vas. Je ne peux pas t’emmener avec moi. Sur le Pourfendeur, nous n’acceptons pas les femmes. C’est une loi d’or, personne ne peut la briser. Le Capitaine Sorcor va vouloir te tuer si je t’y emmène.»

Ce qui était ô combien vrai. Et il avait encore préféré ne pas mentionner qu’avant de la tuer, la moitié de l’équipage risquait de vouloir lui passer dessus. A part son handicap physique, plutôt discret pour le coup, elle restait une fille très mignonne, donc clairement en danger au milieu des malades mentaux dirigés par Sorcor le Terrible. Non, c’était un mauvais plan.

Il fronça les sourcils. Ses yeux se perdirent dans le vague. Réflexion. Il ne savait pas trop quoi faire après tout. Il pouvait aisément comprendre qu’une femme comme elle cherche à fuir la misère de Vanylle et les souvenirs horribles qui y étaient attachés. Mais le Baron Noir n’était pas un faiseur de miracles. Bien au contraire même, ses capacités tendaient surtout vers l’exécution des gens et les mille et une manières qu’il avait de les mettre à mort. Certainement pas de rendre sa liberté et son libre arbitre à quelqu’un. Pas à une femme en tout cas. Illumination. Son regard s’ancra brutalement dans la réalité. Plus intense. Il venait d’avoir une idée.

La saisissant par le poignet, il la traîna avec lui dans les ruelles de la ville du vice, et s’arrêta devant ce qui avait tout l’air d’être une ancienne échoppe. Vide. Fermée. Personne. Par précaution, il tapa sur la porte, pour vérifier si elle n’était pas là. Mais non. Il grogna légèrement, puis se retourna vers Seylan.

«Je ne connais qu’un moyen pour que tu quittes cette ville et que tu fasses ce que tu veux de ton corps et de ton esprit. La piraterie. Tu nous penses peut-être comme étant des sauvageons sans cervelle, mais même les savants et les fiers combattants exilés de Matroos rejoignent des équipages, parce que là bas nous sommes libres. Je connais un bateau pour toi. Je connais des membres de son équipage. Si tu veux, embarque dessus. Elles veilleront sur toi. Que des femmes à bord, soudées. Réfléchis bien à ce choix.»

Il n’avait pas meilleure solution pour elle. Et… Il connaissait la Capitaine et la cannonière de la Nuée Ardente. Cet équipage était le plus sécurisant pour elle. Elles lui apprendraient à communiquer -finiraient l’apprentissage tout du moins-, peut être à écrire, et surtout à se défendre. Si la mort et les batailles n’étaient pas dans sa volonté, elle pouvait toujours s’arranger pour rendre service d’une autre manière. Mais qu’elle réfléchisse bien en effet, on ne quitte pas un équipage comme ça. La liberté a un prix, mais c’est peut-être plus enviable que la vie qu’elle mène ici, dans une tranquillité relative. Une mort à petit feu en fait.
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Posté dans Re: Le silence est l'âme des choses   - Lun 9 Juin 2014 - 9:12

Seylan se débattit, lui lacérant le poignet du tranchant de ses ongles pour le forcer à la lâcher. Elle avait peur. Elle croyait être habituée à la tension continue de la piraterie mais n'avait jamais réussi à se sentir pleinement en sécurité à Vanylle. Et maintenant que l'homme noir la conduisait vers sa soi-disant liberté, elle était certaine d'y trouver plus encore de dangers. L'instinct de survie lui avait permis de rester en vie jusque là. Intégrer cet équipage de femmes pirates, sans nul doute plus cruel et violent que bien d'autres, ne ferait que gâcher toutes ces années qu'elle avait gagné en se contentant d'écarter les cuisses contre quelques galons de bronze. Fuir n'était pas une mauvaise chose. Aller au devant du danger, au contraire, n'était que source de malheurs.

Vous n'avez pas compris...Vous ne comprenez rien...

Combien de fois lui avait-on dit de ne pas marcher trop près des vaisseaux, pour ne pas être capturée par l'un d'eux le temps d'une ou deux nuits ? Et combien de fois l'avait-on répété aux petites nouvelles, lorsqu'elles travaillaient pour la toute première fois au Bordel ? Les pirates se servaient, lorsqu'ils le pouvaient. Ils volaient, violaient, tuaient. Ne pas leur en donner l'occasion était le meilleur moyen de rester en vie. Tirant de toutes ses forces vers l'arrière, Seylan cracha au visage du Pirate puis se laissa tomber au sol, tel un poids mort.

Je ne sais pas me battre ! Je ne sais pas cuisiner ! Je ne connais rien de la navigation, rien de la lecture, je ne sais qu'écarter les cuisses et servir des gens comme vous, lorsqu'ils sont assoiffés !

Elle avait envie de lui dire que personne ne veillait sur quelqu'un d'autre gratuitement. Qu'il y avait toujours un prix à payer. Qu'un jour, on était bien forcé de rembourser sa dette, de quelle que façon que ce soit. Qu'il était trop beau qu'un équipage l'accueille bras ouverts, alors qu'elle était si mince et petite qu'elle pourrait se casser au premier revers que lui mettrait une mousse trop ivre.


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Posté dans Re: Le silence est l'âme des choses   - Lun 9 Juin 2014 - 11:20

Beaucoup de mal à comprendre sa réaction. Suffisamment pour ne comprendre qu’après qu’elle essaie de fuir, comme une petite fille apeurée. Mépris, crachat. Décidément, il ne la comprenait pas. Croyait-elle avoir dix mille options à sa disposition ? Pourquoi tant de monde rejoignaient les équipages à son avis ? Fallait-il être menteur ou tueur pour les intégrer ? Certains les rejoignaient en étant de simples gamins ! Il en avait l’exemple même sur son propre navire. Que pensait-elle donc ? Que la liberté s’acquerrait simplement, sans avoir à fournir le moindre effort ? Sans risque ? Ce qui faisait la valeur de tous ces pirates en vie, c’est justement qu’ils l’affrontaient, et en sortaient vainqueurs. Ils acceptaient les risques d’une telle vie, et devenaient des gens libres, dansant sur un fil fragile, mais bien réel. Colère. Cette fille était idiote. Lui remettre les idées en place.

Il s’avança, essuyant avec une lenteur contrôlée la salive sur son visage, toisant la petite serveuse de toute sa taille. Et dieu sait s’il était imposant. Terrifiant, le regard brûlant d’une ire qu’il contenait à grand peine. Et le ton, quand il parla… vibrant. Déception, colère, un Jaasau que personne n’aimait voir. Un Baron dangereux. Il se maîtrisait, mais ne cachait pas sa colère.

«… Que crois tu… Que la liberté, c’est simple à obtenir ? Nous sommes des *parias*, le monde nous hait et nous méprise ! Si tu veux vivre, sortir de ta vie *sordide* et ennuyeuse, loin des *ennuis* de Vanylle, prends le large !»

Quand Jaasau commençait à mélanger le Vanyllien et le Joyellien, c’était.. Particulier, et inquiétant. Et il n’en avait pas fini avec elle.

«Tu penses que je savais me battre quand je suis devenu pirate ?! Que je suis tueur ?! J’ai grandi dans la fange de cette ville, comme beaucoup, et pire encore, si une catin ne m’avait pas sauvé la vie, je serais comme encore d’autres nombreuses personnes, un vague souvenir, enterré dans les déchets de cette ville. J’ai du apprendre. Difficilement, mais apprendre quand même. J’ai appris à me battre, puis à tuer. Puis à vaincre. Puis à diriger. Ca m’a pris presque trente ans, mais j’ai réussi, et je suis maintenant officier sur le Pourfendeur des Vents, la terreur de Grand Vent ! Si tu as la moindre prétention à vouloir sortir d’ici, bouge ! Ne reste pas, effrayée comme un animal, attendant le prochain prédateur

Il avança encore d’un pas, juste à ses pieds, le regard brûlant, baissé vers le sien. Ses poings serrés, sa voix tonnait comme le son d’un orage qui se prépare, cette sourde et profonde vibration qu’on entend au loin, avant qu’elle soit sur nous et nous assourdisse.

«Si tu ne sais pas cuisiner, apprend. Tu ne sais pas te battre ? Apprend. Tu ne sais rien faire, apprend à être utile. C’est comme ça qu’on évolue. Le forgeron ne naît pas en tant que tel. Le soldat doit faire ses classes. Regarde, tu ne sais ni parler ni écrire, ni même communiquer. Je t’ai donné les bases du dessin. Dans les cieux, j’apprends aux autres pirates à quel point ils sont faibles face à Elle, et ils y laissent la vie. Toi, j’essaie de t’apprendre à vivre mieux, et tu réagis comme la dernière des couardes !»

S’il se contrôlait encore, c’était un miracle. Il encadrait très mal l’idée qu’elle finisse, un jour, comme celle qui l’avait sauvé quand il était petit. Il n’avait pas envie. Cela signifierait qu’il avait échoué à payer sa dette, et que pire encore, elle venait de s’alourdir. S’il voulait être entièrement libre, ne pas être retenu par les chaînes que lui imposaient cette cité… Il se devait de payer. Et voilà qu’elle refusait !

«Tu finiras morte dans un caniveau si tu ne fais rien. Je t’offre une porte de sortie. Est-ce que c’est dangereux ? Oui. Est-ce qu’on peut mourir ? Oui. Intègre toi dans un équipage et il te protègera. Sois utile, apprends à l’être, et tu seras récompensées. L’as-tu seulement réellement été de toute ta vie ? Par des piécettes quand tu écartais les jambes, puis par la perte de ta langue ? On parle de tout autre chose là ! Je La déçois déjà en prenant en charge quelqu’un ne sachant pas danser. Ne m’enfonce pas plus en me disant que tu ne veux même pas le faire !»

Il soupira bruyamment, serrant la mâchoire à s’en casser les dents. Il leva les yeux vers la sortie de la ruelle, puis vers les quelques vaisseaux qui décollaient, au loin, ou atterrissaient.

«Je rentre à l’auberge. T’as moins d’une journée avant que je retourne sur le vaisseau. A toi de voir. Survivre dans la misère, ou vivre, en plein danger, mais vivre pour de vrai. Débrouille-toi, je ne suis personne après tout. Je peux disparaître des années sans revenir ici. La porte est ouverte quelques heures. Sois tu saisis ta chance, sois je la ferme, et la verrouille, définitivement.»

Il l’enjamba d’un geste brusque, et repartit sans un regard en arrière là d’où il venait. Il y était presque. Elle était idiote, voilà tout. Pourquoi s’énervait-il ? Il ne la connaissait même pas. Pourquoi, alors ?! A tous les coups, Elle avait la réponse. Et comme toujours, le ferait mariner dans un brouillard sombre, sans orientation, sans conseil. Il ne trouverait sûrement pas la réponse. Comme toujours.
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INSCRIT LE : 20/03/2014
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Posté dans Re: Le silence est l'âme des choses   - Mer 11 Juin 2014 - 14:08

Suite à ces événements, Seylan s'enferma dans sa chambre et n'en sortit plus de la journée. Le soir, elle se déclara souffrante pour ne pas aller travailler.

Elle voulait rester seule. Assise devant la petite fenêtre qui donnait sur la ruelle principale, la jeune femme tentait en vain de retrouver son calme. Elle essuya la vitre avec le bout de sa manche et découvrit son visage marqué par la peur, la fatigue et la lassitude des années passées à fuir. Jamais elle n'avait vu mine plus pitoyable en vingt-quatre ans d'existence, pas même celle du vieux Leron, le vieil homme toujours assis sur le banc face à l'Auberge. Que dirait la patronne du Butineur Bourré en la voyant ainsi ? Très certainement qu'elle ne trouvera jamais d'autre travail avec si peu de charme et de volonté. Qu'elle ferait bien se bouger et de donner un peu plus de cœur dans chacune de ses tâches.

J'ai pris la bonne décision. J'aurais commis une folie en devenant Pirate. Je me serais fait tuer en moins d'une journée. Je n'aurais même pas eu le temps d'apprendre à me battre ou de cuisiner de bons petits repas aux membres d'équipage. Oui, j'ai fait le bon choix, il n'y a aucun doute.

Pourtant son coeur lui criait tout autre chose. En ne se rendant pas dans la chambre de Jaasau cet après-midi là, elle était passée à côté d'une occasion qui ne se représenterait peut-être plus jamais. Une fois encore, alors qu'elle avait eu l'occasion de changer le cours de sa vie, elle avait fui sans regarder derrière elle.

J'ai pris la bonne décision, se répéta-t-elle, obstinée. Je ne dois avoir aucun regret. Aucun. Je n'en ai pas. J'ai pris la bonne décision. Oui, je suis sûre que je ne pouvais pas faire autrement. Après tout, ma place n'est pas sur Grand Vent.

Enfonçant sa tête dans le creux de ses genoux, Seylan soupira.

Ma place...ma place est ailleurs.


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Posté dans Re: Le silence est l'âme des choses   -

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