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[RPFB] Là où nous mène Grand-Vent

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On m'appelle Riska les Deux Voix


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Posté dans [RPFB] Là où nous mène Grand-Vent   - Ven 27 Fév 2015 - 17:07

La lune était encore haute dans le ciel lorsque la silhouette fine et agile de Riska s’était faufilée entre les rues de Vanylle, sans un bruit. Enroulée dans une cape noire, le visage camouflé par la large capuche, l’ombre se glissa jusqu’à sentir le vent frais en provenance des quais. Encore quelques pas, et elle aperçu enfin les traits du Pourfendeur des Vents. Non loin, la Nuée Ardente attendait sagement un départ qui ne viendrait pas avant un moment, et c’est avec un pincement au coeur que la Canonnière dépassa le vaisseau dont elle faisait partie pour rejoindre celui qui accueillait l’équipage masculin. Aucun bruit ne venait perturber l’avancée de la jeune femme, si ce n’est quelques couinements de rongeurs avides de trouver de quoi grignoter, et le souffle léger et lointain de Grand-Vent, qui venait s’échouer ici, à ses pieds. Lorsque l’imposante forme du Pourfendeur la surplomba largement de sa hauteur, Riska se racla la gorge et scruta le pont. Ses yeux pourtant habitués à l’obscurité ne décelèrent pas le moindre mouvement et elle soupira, avant de tourner les talons.

Satisfaite de son perchoir improvisé, les Deux Voix venait de trouver refuge sur un amas de caisse en bois, aussi grand qu’un homme de belle stature, ce qui lui permettait d’observer en toute tranquillité, les ténèbres qui évoluaient autour d’elle. Le silence ne semblait toujours pas se lasser de cette tranquillité presque trop lourde, et la pirate en profita pour dégainer son poignard. Le fil de la lame vibra et le son résonna dans la nuit, comme le cri fugitif d’un oiseau d’obscurité. Quasiment immobile, seuls ses yeux virevoltaient pour surveiller les quais, elle se mit à aiguiser l’arme d’un geste mécanique et habile. Le son du frottement retentit à son tour, répétitif et constant, assourdi par l’épaisseur de la nuit, il eut bientôt l’apparence d’un hululement d’un quelconque animal.

Le froissement d’un homme marchant tira Riska de son travail, et elle scruta les alentours, comme le ferait un prédateur gardant précieusement sa tanière. Son regard dénué de toute folie, pour le moment, navigua dans l’obscurité, à plusieurs reprises, avant de s’accrocher à quelque chose. Quelqu’un. Qui venait dans sa direction. Sûrement Jaasau, mais les brumes de la nuit l’empêchait de le distinguer correctement, bien qu’il y eut peu de chances que quelqu’un d’autre sache qu’elle se tenait là. Méfiante tout de même, elle se redressa à moitié, se tenant accroupi, prête à bondir en cas de nécessité. La silhouette continuait d’approcher, et n’était plus qu’à quelques mètres. D’un geste rapide, elle tendit le bras, lame en avant pour surprendre l’inconnu. La main qui se referma aussi vivement sur son poignet la conforta dans son idée, et elle détendit ses muscles, presque aussitôt. Un fin sourire étira ses lèvres masquées par la capuche et se libérant de l’emprise, elle abaissa le tissu qui lui cachait le visage, libérant au passage, sa crinière rousse où se mêlaient mèches sauvages et tresses ouvragées. Ses yeux vert-orangés se posèrent sur le visage familier qu’elle n’avait pas vu seul depuis trop longtemps, et elle lâcha dans un murmure serein, cet éternel sourire en coin où se glissait amusement et défiance :

"Bonsoir."




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Posté dans Re: [RPFB] Là où nous mène Grand-Vent   - Ven 27 Fév 2015 - 18:13

Les derniers jours avaient été… riches. Réellement. Pour la première fois de mémoire de Vanyllien (c’est à dire une mémoire assez courte), les équipages bougeaient de concert dans un même objectif. Ils n’étaient certes que deux, mais pas des moindres. Le Pourfendeur n’était pas réputé pour s’allier avec qui que ce soit, à la base. Et la nuée non plus.

Dès que l’entretien entre les dirigeants des navires fut terminé, Jaasau avait tenté de faire parvenir à son contact, un certain Valerian, un message lui annonçant son arrivée. Il savait qu’il n’aurait pas de réponse, mais espérait juste que le message arriverait à destination. Le coursier ne serait pas à la moitié du chemin du retour que le capitaine du Pourfendeur et Riska seraient déjà partis. Mais il avait préféré épargner ce genre de détail à l’une comme à l’autre afin d’éviter les questions gênantes et les remarques idiotes de son homologue capitaine.

Le jour du départ pour Matroos, tout était prêt. Or (et il allait en falloir), quelques armes plus discrètes que ses couteaux de boucher qui prenaient autant de place qu’un blaster longue portée, et c’était à peu près tout. Il s’enfonçait droit dans l’inconnu. Il était déjà allé plusieurs fois à Matroos, mais quasiment toujours dans la fureur d’un raid, la destination lui importait peu à cette époque, seules les danses avaient de l’intérêt. Cette fois c’était différent. Non seulement la destination n’était pas anodine et encore moins la cible d’un raid, mais en plus, il devaient prendre toutes les précautions pour en revenir indemnes. Crever dans les bras de la milice était juste hors de question, en plus d’être la mort la plus déshonorante que pourrait connaître un pirate. Au sol, comme un insecte, rampant pour sa vie, et la perdant dans l’inconnu des terres de ceux qui les avaient confinés dans les terres les plus pestiférées de leur royaume de prétendue beauté et prospérité. A cette simple idée Jaasau frémit de dégoût.

La seule indication de la présence de Riska fut un sifflement discret, mais qu’il reconnut parfaitement pour être celui d’une lame fonçant droit vers lui. Un réflexe lui épargna la peine de voir son sang répandu au sol comme une bière renversée par accident, et un léger sourire déforma ses traits sombres et durs quand il reconnut son agresseur. Un ersatz de tendresse traversa ses iris à la vitesse du vent. Il passa furtivement sa main sur la pommette saillante de Riska, puis lui indiqua de lui emboîter le pas.

«Bonsoir, Riska. Viens.»

Sans plus de mots, il prit la direction du bout des quais, ou la plupart des vaisseaux étaient soient des épaves en cours de rénovation, soit de petits vaisseaux pirates sans la moindre importance. Après avoir réfléchi un moment à la question, il en était venu à la conclusion que déjà, aucun des membres de la Nuée Ardente n’embarquerait jamais sur le Pourfendeur, et réciproquement. Et qu’un vaisseau aussi massif que le Pourfendeur des Vents attireraient le feu nourri de la milice avant même qu’ils n’aient atteint la cité dans laquelle ils se rendaient. Il avait donc fait préparer un des vaisseaux annexes du Pourfendeur, qui servaient pour aborder les plus petits vaisseaux marchands, ou pour abandonner le navire en cas d’extrême nécessité. Car si la vie d’un pirate était courte, la sacrifier inutilement en restant à bord d’un navire perdu était d’une débilité affolante.

Leur vaisseau ressemblait à une version ridiculement miniaturisée du Pourfendeur. Il n’y avait que deux ponts, et le tout devait à peine faire cinquante mètres de long pour une dizaine de haut. Il ressemblait globalement à un vaisseau cargo, mais pour enfant. L’avantage d’un tel vaisseau serait sa discrétion et sa rapidité, contrairement au Pourfendeur qui aurait mis des lustres à atteindre Vuulte.

Les moteurs ronronnaient déjà à leur arrivée. Le pilote était un des ingénieurs du vaisseau, qui exceptionnellement tiendrait lieu de pilote. Jaasau et Riska allaient devoir se déguiser, et préparer leur entrevue avec l’homme qui rendrait possible le passage de Matroos à Korrul.

Il entra avec Riska dans le vaisseau et ne perdit pas de temps : il donna ses ordres au pilote de fortune. Le vaisseau vrombit immédiatement. Pas la peine de s’attarder, plus vite ils y seraient, plus vite ils seraient revenus. Le Baron Noir entraîna sa partenaire et amante dans la cabine principale, quelques mètres derrière le cockpit. Elle devait faire une vingtaine de mètres carré, et un bureau avec une chaise trônait en son centre. Sur les parois métalliques, il y avait des couchettes, normalement destinées aux éventuels blessés.

Une secousse plus tard, et le vaisseau était dans les airs.

«Nous voilà partis… Tu as pensé à prendre l’or et des habits avec toi ? Il faudra être prêts en arrivant, on arrivera pas directement en ville, on se ferait abattre. Il va nous lâcher à quelques kilomètres de la ville, on finira le reste à pieds.»
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Posté dans Re: [RPFB] Là où nous mène Grand-Vent   - Dim 1 Mar 2015 - 6:17

Dans l’obscurité des quais de Vanylle, Riska suivit Jaasau sans un bruit, le coeur palpitant à l’idée de quitter la terre à bord d’un autre vaisseau que la Nuée Ardente. Elle avait toute confiance en le Baron Noir pour cette mission, mais elle ne pouvait s’empêcher de rester méfiante, inconsciemment. Pour une fois, elle n’aurait pas à hurler les ordres d’attaques à tout un équipage qui n’attendait que de tuer. Pour une fois, elle resterait sagement dans une cabine, tandis qu’on les conduiraient jusqu’à Vuulte, la ville où ils devaient rencontrer leur indicateur. Et au fond, c’était sans doute cette attente qui la la gênait le plus.

La fraîcheur des rues disparue tout aussitôt que les deux pirates mirent les pieds dans le petit vaisseau. D’un regard curieux, Riska en observa les moindres détails, toujours silencieuse, et emboîta le pas à Jaasau qui la fit entrer dans la cabine principale. Là, elle se détendit enfin visiblement, et hocha la tête à sa question. Détachant sa cape qui découvrit sa tenue habituelle de pirate; un corset en cuir renforcé qui laissait ressortir une gorge gourmande, un pantalon de la même matière qui épousait parfaitement les jambes agiles et finement musclées, et une paire de bottes noires qui semblaient avoir foulées de nombreux ponts ennemis. Pour l’occasion, elle avait laissé ses protections -gants, épaulières et protège poignets-, ainsi que le reste de ses armes, dans un sac qu’elle avait pris pour le voyage, mais n’ayant pas vu l’intérêt de s’en charger pour l’instant. Le trajet risquait d’être long, alors autant le passer le plus confortablement possible. Quoi qu’il en soit, un sac pendait de son épaule, et elle le retira avant de l’ouvrir, en extirpant un paquet de vêtement et une bourse bien remplie.

"J’ai tout ce qu’il faut oui. C’est bien la première et dernière fois que je serais habillée comme ça d’ailleurs."

Laissa t-elle échapper avec un regard exagérément exaspéré, en sortant la tenue qu’elle revêtirait pour le grand jour. L’ensemble comprenait une simple robe de tissu marron épais, que portait -d’après ce qu’on lui avait expliqué- les domestiques du pays. Un tablier blanc venait se nouer autour de la taille, ainsi qu’une paire de chausses de la même couleur qui faisait office de sous-vêtement. Un foulard écru avait été rajouté par Riska, afin de le nouer autour de la tête dans le but de cacher une chevelure peu commune pour une femme de Matroos. La tenue était simple et sûrement assez discrète pour que personne ne fasse attention à elle lorsqu’elle serait sur terre.
Laissant le paquet de vêtement sur une couchette, elle se retourna et s’avança vers le bureau, s’y hissant pour venir s’y asseoir. Elle croisa les jambes, et vissa son regard étrange sur Jaasau.

"Notre indicateur parle notre langue ? A force d’attaquer des vaisseaux matrosciens je connais quelques mots mais rien de suffisant pour comprendre une conversation de cette importance…"

Elle haussa les épaules nonchalamment, presque déçue de devoir avouer une telle faiblesse. C’était la première fois qu’elle se rendait sur le territoire matroscien, et qu’elle allait y poser les pieds. Si elle connaissait le littoral comme sa poche, elle n’avait jamais eu l’occasion de s’en approcher plus que ne le permettait sa condition de pirate. C’était pour elle, une aventure du début, à la fin.




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Posté dans Re: [RPFB] Là où nous mène Grand-Vent   - Dim 1 Mar 2015 - 7:24

Jaasau se détendit un peu plus lorsque le vaisseau fut parti. Parce que désormais plus rien ne pouvait les empêchait de partir (c’était déjà fait) et que toute machine arrière était impossible. Cette fatalité le rasséréna. Quoi qu’il arrive ils étaient partis pour de bon, lançant leur projet aussi sûrement qu’une pierre dans un lac.

En regardant les habits qu’avait Riska, qu’elle devrait mettre avant leur arrivée, il ne put retenir un rictus de mépris. Il était d’accord avec elle et espérait bien ne jamais la voir habillée comme ça. Son mépris s’étendit à Matroos à son ensemble, d’ailleurs, en songeant à leurs coutumes vestimentaires et sociales. Les pirates vivaient peut-être dans la fange et la maladie, sous une épée de Damoclès chaque jour que Vama, Ruyn ou n’importe qui d’autre faisait, mais au moins ils avaient un minimum de fierté. Et évitaient de porter ce genre de frasques ridicules, accessoirement.

«Nous allons devoir nous déguiser une fois de plus pour passer la Ceinture et nous glisser à Korrul, tu sais...»

L’idée ne l’enchantait guère, mais il préférait s’en désintéresser. Le principal n’était pas spécialement comment ils étaient habillés, mais ce qu’ils allaient faire là bas. Que ça soit Vuulte ou Korrul. Les fringues n’étaient qu’un moyen pour faciliter leur progression.

Pour sa part, il disposait d’habits tout à fait classiques, du tissu sombre dans la majorité. Un pantalon et une chemise de toile, ainsi qu’un manteau avec capuchon de la même couleur que le reste, qui se trouvait vaguement entre le noir et l’anthracite vieilli. Le plus important étant le manteau, car quoi qu’il fasse, outre son teint d’ébène, il y avait aussi sa figure dans son ensemble qui posait problème. Entre le métal qui l’ornait et les tatouages qui s’y pressaient par dizaines, on aurait eu bien du mal à le maquiller ou à le faire passer pour un homme normal. D’autant qu’un Korrulien supposé n’avait rien à faire à Vuulte. Pas s’il n’était pas cultivateur en tout cas. Et l’air animal de Jaasau laissait clairement voir qu’il n’avait rien de noble.

«Il parle le Joyellien, ça suffira largement. Je parle pas un foutu mot de matroscien et lui parle pas un foutu mot de Vanyllien. Et au pire...»

Il fit craquer ses doigts avec un sourire mauvais (bien que chaque sourire soit mauvais chez le Baron Noir). Le langage des signes était un langage universel. Riska pouvait en témoigner d’ailleurs, même si leurs “conversations” n’avaient rien de… vindicatif. Pas trop.

«Ceci dit, j’ai jamais eu affaire à lui directement. Comme tous ces foutus matrosciens, c’est un putain de planqué, il se montre jamais et reste bien au chaud dans sa grande baraque. J’imagine.»

Pragmatique, Jaasau avait généralisé le comportement des victimes de leurs abordages à celui de toute la population, et imaginait tout à fait les matrosciens comme une immense peuplade de bourgeois suffisant et pétochards. Déjà que la couardise était un vice largement répandu chez les pirates, ça ne pouvait qu’être pire dans ce pays d’assistés et d’oisifs. Voilà comment il voyait les choses.

Il s’approcha du bureau sur lequel était perchée Riska, et fixa son regard dans le sien.

«Garde quelques armes discrètes. Ils n’apprécieront pas mais pas le choix, j’ai pas envie de me faire surprendre par ces porcs.»

Le vaisseau fit une légère embardée, qui déséquilibra le Baron. Il se rattrapa agilement à la table en bois, puis lâcha un soupir agacé.

«Qu’on en finisse. Il tourna un regard amusé vers la pirate. D’ailleurs, en attendant notre arrivée, on a du temps à tuer.»
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Posté dans Re: [RPFB] Là où nous mène Grand-Vent   - Lun 2 Mar 2015 - 16:35

Son regard étrange accroché à Jaasau, Riska ne le quittait pas des yeux, le suivant dans le moindre de ses mouvements, cherchant par la même occasion, à capter la moindre de ses paroles. Le plus petit détails était important, et ne pouvait être omis, dans une telle mission. Un rictus d’amusement lui traversa le visage quand elle comprit où voulait en venir son amant, dans le cas où leur indic’ n’arriverait pas à les comprendre par la parole, et elle haussa les épaules pour signifier un parfait accord avec ce genre de pratique. Les gestes étaient toujours efficaces en cas d’incompréhension, et nul doute que les deux pirates parviendraient à se faire entendre au besoin.

Pourtant, un détails embêtait la Canonnière. L’inquiétait peut-être même, si elle n’était pas si fière pour se l’avouer elle-même. Jaasau venait de faire mention du lieu où semblait habiter un homme de l’envergure tel que celui qu’ils allaient rencontrer. Un riche en somme. Qui, d’après ce qu’elle comprenait, avait la chance de vivre dans ce qui paraîtrait pour eux, un palais. Un grand mot sûrement, mais n’ayant jamais vu à quoi ressemblait ce genre d’habitation, Riska ne pouvait que s’imaginer de grandes villas de plusieurs étages et imposantes. Ce qui revenaient à de nombreuses pièces, de nombreux couloirs, de nombreux escaliers… Elle finit par mettre des mots sur son ressentiment.

"Tu crois qu’il va nous emmener chez lui ? Qu’on va discuter dans son… sa grande maison ? Ça ne me rassure pas d’être enfermée dans une piaule gigantesteque et inconnue, déjà qu’on est en terrain hostile…"

Elle grimaça, passant machinalement une main dans sa chevelure en désordre, comme elle le faisait lorsque quelque chose n’allait pas dans le sens qu’elle aurait souhaité. Non pas que l’inconnu l’effrayait, loin de là, elle avait même tendance à aimer ça. Mais se retrouver dans une situation aussi désavantageuse que cela semblait s’annoncer, n’avait rien pour lui plaire. Instinctivement, elle se mordilla la lèvre inférieure, en proie à une certaine réflexion. Elle ne savait rien de plus sur l’endroit où ils se rendraient pour discuter. Elle ne pouvait rien imaginer, un quelconque plan, ou stratégie de retrait. Elle se promit néanmoins, d’être la plus observatrice possible à leur arrivée, afin de noter tout ce qui pourrait les aider à en réchapper au besoin.  

"J’ai pris plusieurs poignards, ça ne se verra pas sous les pans de cette robe immonde. Mais je crois que le blaster restera ici."

Finit-elle par ajouter, laissant ses pensées de côté pour répondre à Jaasau. Elle était aussi habile avec des lames qu’avec ces armes modernes, dont la plupart provenaient des abordages de vaisseaux matrosciens. Dans tous les cas, ils n’auraient aucun mal à se défendre. Mais dans le cas présent, son compagnon de voyage semblait avoir tout autre chose en tête que mettre en place une stratégie de négociation. Et avec un sourire amusé, elle accueillit sa remarque.

"Ah ? Tu as quelque chose à me proposer Baron ?"

Son sourire s’agrandit largement, et elle décroisa les jambes pour les tendre. Agile, elle attira Jaasau jusqu’à elle, avant de l’enfermer dans le cercle de ses cuisses, brisant une distance qui n’avait plus rien de décente. Son regard s’enflamma, de cette lueur de folie qui appelait l’Autre, mais surtout, de cet évident plaisir que lui procurait chaque contact sensuel avec le Baron. Son sourire faiblit, pour ne plus former qu’un rictus en coin, habituel et où se glissait une malice méprisante, et une défiance charmante. Repoussant ses mains du bureau pour se redresser convenablement, elle crocheta la nuque musclée du pirate pour l’entraîner un peu plus vers elle, jusqu’à pouvoir capturer ses lèvres. Qu’elle ne fit qu’effleurer. Avant de tourner la tête, se contentant d’effleurer doucement une joue marquée par les combats, jusqu’à l’oreille et de susurrer :

"On a même plusieurs jours à tuer devant nous. Peut être les derniers."




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Posté dans Re: [RPFB] Là où nous mène Grand-Vent   - Mar 3 Mar 2015 - 12:52

Jaasau n’avait pas de réponse aux questions que la pirate rousse lui adressait. Déjà parce qu’il s’en foutait de savoir où on les emmènerait, leur destination une fois au sol ne leur appartenait pas. En voulant passer la ceinture de feu, ils se mettaient de toute façon à la merci de ceux qui pouvaient le faire, eux-mêmes en étant parfaitement incapable sans sacrifier l’extrême majorité de leur équipage. Le Baron Noir, fataliste et disposant d’une étonnante capacité à admettre les choses qui lui étaient imposées, même déplaisantes, avait donc accepté ce fait, et s’en remettait totalement à Elle et aux quelques talents que ses danses lui avaient conférées pour la suite. Et à rien d’autre. Il ne faisait confiance à personne, n’espérait rien. Les choses arriveraient ou ils périraient. Il ne s’était jamais senti aussi proche de la Mort, et cela avait une nette tendance à rendre son jugement pragmatique (plus que d’ordinaire, s’entend), et ses réactions plus proches de l’instinct animal qu’autre chose. Il se savait beaucoup plus efficace ainsi. Les lueurs d’intense réflexion pervertie qui pouvaient éventuellement percer dans son regard concernaient la plupart du temps Riska. Il avait beau essayer de comprendre (il a abandonné l’idée depuis longtemps), l’idée de la mettre en danger de cette manière lui nouait le ventre de dégoût. Qu’il la traîne lors d’un abordage, où les sabres volaient, ou les blaster tiraient à en faire fondre leur canon, cela ne lui posait aucun souci. Ils vivaient dans cet élément depuis longtemps, trop longtemps pour craindre ce genre de danger. Mais là, les dangers se dissimulaient derrière des masques amicaux. La main tendue renfermait parfois un poignard ou des fioles de poison. L’aide qu’on pouvait leur apporter s’avérait être le plus vicieux des traquenards. Et en coopérant avec l’Insoumise, il jetait sans ménagement Riska dans cette arène remplie non de lions, mais de reptiles perfides et sournois. Quand il en prit conscience, il eut brièvement honte de lui. Le Baron qu’il était ne jouait normalement pas à ce genre de jeu. Ses jeux comportaient des lames et du sang. Pas d’argent et de probabilités diffuses. Qu’Elle lui vienne en aide. Il avait l’impression de se trahir. Cependant, il pouvait tenter d’au moins minimiser les craintes de la jeune pirate.

«On s’en tape. Le lieu où l’on va est inconnu quoi qu’il arrive. Qu’on traite dans des chiottes suintant la merde empestant le parfum de catin au rabais ou qu’on le fasse dans un palais d’or et d’argent, on doit juste payer cette raclure impie et obtenir un aller pour Korrul. Et dis-toi une chose, savoir dans quoi vit notre négociant nous aidera à savoir ce qu’il est. Le rencontrer dans une taverne ne nous apprendra rien.»

Etonnamment lucide pour le coup, Le Baron pensait avec raison qu’on apprenait beaucoup d’un homme ou d’une femme en l’observant dans son élément naturel. Les vaisseaux commerciaux les plus imposants, les plus riches, contenaient souvent les hommes les plus arrogants, les femmes les plus craintives et imbues de leur personne. Alors que les modestes vaisseaux avaient dans ses souvenirs toujours contenu un équipage certes peu entraîné, mais qui s’était défendu avec des tripes qui forçaient le respect. Parce qu’ils n’avaient que peu à perdre, ils donnaient tout. Les pirates étaient pareils. Ils n’avaient plus rien à perdre. On leur avait volé dignité, parfois humanité, ils vivaient sans honneur pour beaucoup. Et une fois ceci accepté, ils se battaient avec la rage de vivre, librement et simplement, n’ayant plus rien d’autre à perdre que la seule chose qu’ils avaient réussi à conserver : la vie. Et c’était d’autant plus flagrant chez les sang-mêlés comme Riska et lui. Qui étaient de toute façon, en dehors de Vanylle, promis à une mort certaine. Et totalement indigne des guerriers qu’ils étaient devenus. De fait, Riska comprendrait ce qu’il venait de dire plus sûrement qu’une bonne partie de ses matelots. Sans compter la capacité qu’elle avait développé à comprendre parfois aussi obscures que sa peau.

«Sois prudente.»

Il n’ajouta rien à ça. Il se contentait de profiter de son étreinte lascive. Il n’avait pas besoin d’en dire plus de toute façon. Mais une fois là bas, son attention serait majoritairement concentrée sur L’Illusionniste, l’homme qui leur offrirait leur chemin sans retour vers Korrul. Il ne pourrait pas faire attention à tout. Et Jaasau connaissait la cupidité instinctive des hommes, qui ne concernait pas que l’argent. A ce qu’il paraissait, les bordels de Matroos étaient réputés pour contenir des perles de beauté et d’exotisme. Il aimerait éviter d’avoir à payer un supplément une fois là bas. Même si beaucoup y laisseraient des plumes, ils étaient deux contre l’inconnu. Autrement dit, une bataille sans la moindre chance de succès.

--- ### ---


Il avait profité du don de Riska, et lui en avait rendu tout autant. Tuer le temps, ils savaient le faire, depuis maintenant quelques années. Et Jaasau adorait tuer. Réellement. Et peu importe la manière - celle-ci ayant l’avantage de laisser des cicatrices terriblement agréables. Et pendant tout le trajet, durant leurs quelques moments de repos (pas une fois Jaasau ne songea au pauvre pilote qui devait avoir la couture des bourses au bord de la rupture), les mots de Riska frappaient comme un marteau dans son crâne. “Peut-être les derniers.”

Pour la première fois depuis un temps dont il ne se souvenait que dans ses rêves et lors de ses danses, il ressentit par à coups une peur brute, sourde, qui tordait ses boyaux aussi sûrement que si on avait lâché un rat affamé dans ses intestins. Cette peur était si forte qu’il en souffrait parfois physiquement. La bile lui brûlait la gorge, et son regard s’éteignait aussi simplement qu’une chandelle que l’on souffle. Son regard mordoré qui brillait normalement d’un éclat sauvage devenait plus terne qu’une flaque d’urine dans les latrines d’un vaisseau. Cela ne durait que quelques secondes, mais ces brefs instants s’ancrèrent profondément en lui.

Il n’avait aucune envie de mourir. Pas la moindre. Et pourtant, le danger était là. Les voiles nébuleux de sa Partenaire s’infiltraient dans son sommeil autant que pendant les moments où il était éveillé. Il la voyait partout, sentait l’odeur douce-amère de son haleine en permanence. Lui qui voulait danser avec elle aussi longtemps que possible, le voilà jeté dans une danse collet serré plus frénétique et langoureuse que jamais. Sauf que cette fois, il ne connaissait pas les pas de la valse qu’il entamait. Il ne pouvait pas s’en remettre à ses fidèles coutelas. Pas même à une arme à feu, qu’il méprisait pourtant. Il vivait dans l’obscurité, mais celle-ci était plus épaisse que la semence d’un pirate revenu d’un an entier de voyage et lâchant sa semence bâtarde au coeur d’une catin. Pour la première fois, il La pria de le laisser danser encore.

Il était justement perdu dans ces noires réflexions quand le pilote les héla depuis le poste de pilotage.

«Change-toi. On arrive.»

La voix du capitaine du Pourfendeur lui sonna comme étrangère. Chaque habitant censé du pays où ils se trouvaient désormais voulait la mort des gens de leur espèce. Cependant, un éclat farouche se mit à pétiller dans son regard, qui bien qu’à moitié mort semblait avoir retrouvé un semblant de vie devant l’inexorabilité de leur arrivée. La peur était une énergie terrible. Froide, infecte, acide, elle brûlait la gorge et lacérait les entrailles, mais elle mettait tous les sens en éveil. Il allait devoir s’en servir, aussi bien qu’il se servait de sa haine, de sa colère, ou mieux encore, de sa folie.

Lui-même se changea rapidement, prenant soin de dissimuler son visage sous un large capuchon. Il paraissait limite encore plus louche ainsi, mais au moins son visage demeurait invisible à qui n’y regardait pas de trop près.

Le vaisseau atterit à quelques kilomètres au nord de Vuulte, comme prévu. Le temps était sombre, très sombre. Il faisait nuit certes, mais on ne voyait rien d’autre qu’un voile d’encre quand on levait les yeux. Et l’air.. il était vicié à n’en plus pouvoir respiré. Même ici les vapeurs de la station d’extraction réduisaient l’air à une substance malodorante donnant la nausée. A Vanylle les rues sentaient mauvais, mais c’était la crasse et la mort qui régnaient. Sitôt en dehors de celle-ci, l’odeur possédait la saveur sauvage et musquée de Grand Vent et de ses courants puissants. Ici… Jaasau fronça le nez de dégoût.

«… Allez, on est partis.»
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Posté dans Re: [RPFB] Là où nous mène Grand-Vent   - Mar 3 Mar 2015 - 14:33

Dans sa situation, Valerian considérait que le fait d’être un bourgeois était des centaines de fois plus avantageux qu’être Marchand. Ce privilège lui avait certes été retiré de force, mais il s’en félicitait, au bout de toutes ces années. Les Marchands étaient un peu comme des Dieux. On ne pouvait pas les atteindre, et ils dominaient Matroos d’une façon proprement écrasante. Mais ce trait d’intouchable allait dans les deux sens. Ils traitaient entre eux, très peu avec le reste de la population. Les Bourgeois, Nouveaux Marchands comme certains allaient à le prétendre (Valerian trouvait ça affreusement idiot de se comparer à ces consanguins), devaient absolument traiter avec tous, autres bourgeois, ou simples citoyens, qui étaient leur fond de commerce. Parfois même avec des gens peu recommandables. Vraiment très peu. Mais certains Marchands peu scrupuleux traitaient avec les bourgeois. Entreprises qui périclitaient, influence sur le bas peuple, corruption, les prétextes étaient nombreux, et ce qui s’en targuaient se gardaient bien de le crier sur les toits.

Valerian s’était dès son arrivée attaché à tisser un vaste réseau, et à cibler les personnes les plus susceptibles d’avoir besoin de son aide. Surtout en tant que mécène. Ce “travail”, qui consistait essentiellement à dépenser de l’argent sous couvert de bonnes intentions (les gens ne connaissaient pas forcément la provenance de cet argent, et ça valait mieux pour leur conscience), lui permettait d’être reçu partout. On ne refusait que très rarement de l’argent gracieusement offert.

Et ces relations étaient très, très utiles. Il n’était pas qu’un mécène, il était le chef d’une vaste entreprise. Une entreprise qui avait besoin d’appuis légaux, pour aider un mécanisme qui lui, était parfaitement illégal.

Quoi qu’il en soit, Valerian avait donné ses ordres, et s’apprêtait à sortir. Il faisait tourner et retourner entre ses doigts un bout de papier froissé, jauni, et même un peu noirci par le long voyage qu’il avait parcouru avant d’atterrir sur son bureau. Voilà qu’on lui demandait un service. Il avait l’habitude de ceux-ci, mais ils étaient généralement parfaitement officiels, légaux. Celui-ci en revanche… le mettait en danger. On parlait de faire passer clandestinement un équipage vanyllien de Matroos à Korrul. Des pirates. Des sauvages. Des criminels de la pire espèce, dont pour beaucoup, le pire méfait était d’exister, purement et simplement. Il n’allait pas faire lui-même le trajet, il allait plutôt faire jouer les relations pour que leur voyage soit possible. Techniquement, il pouvait éventuellement se retrouver hors de tout soupçon, et ne laisser aucune trace de lui. Mais ça n’était pas ce qui lui importait dans le cas présent.

Non, l’idée était dans le projet même. Les raids forbans, il en avait entendu parler. C’était bien évidemment romancé par les Marchands qui les évoquaient, afin de renforcer l’aspect exotique et sauvage (dans le bon sens du terme) de Korrul. Mais eux étaient déjà sur place. Pour les pirates, il n’y avait rien de bon là-bas. La seule raison pour laquelle ils pouvaient se décider à se rendre hors de leur repaire dans les brumes était une nouvelle majeure, un évènement assez marquant pour les pousser à risquer leur vie seulement en tentant de passer. Et pourtant dieu sait que les pirates étaient difficiles à saisir. La preuve, leur repaire n’avait toujours pas été découvert, et ne le serait probablement pas avant qu’un des leurs trahisse les siens (ce qui avait peu de chances d’arriver estimait Valerian, au vu du traitement qui les attendait ensuite).

Il avait fait toutes les recherches, murmuré à beaucoup d’oreilles. Et dans toutes les réponses, plus ou moins fiables qu’il avait rassemblé, ou qu’on lui avait rapporté par les divers moyens de communication au sein du Conclave, une idée commune ressortait : le trésor perdu de Rhodia. Quoi d’autre que le plus grand magot jamais amassé par un seul homme pour pousser un équipage cupide à la plus grande des folies ? Valerian n’avait aucune preuve de ce qu’il pensait, mais il était prêt à mettre sa main au feu. Et le flair de Valerian était, d’aucuns le certifieront, redoutable et quasi infaillible. Surtout s’il y avait de l’argent en jeu.

A l’heure qu’il était, ses émissaires, à savoir un agent de l’Egide accompagné de deux hommes de la Lame Blanche (tous membres du bras armé du Conclave) étaient en route pour réceptionner ses… invités. Il avait hésité, quand même. Mais ce qu’il avait déduit l’intéressait tellement qu’il avait fini par accéder à leur requête et fait préparer un de leurs hangars au sol de Vuulte pour les recevoir. Valerian avait ses limites en effet, hors de questions que ces maladies ambulantes viennent chez lui.

Il finit de s’habiller, et guilleret comme un corbeau sur un champ de bataille, il prit la direction du hangar suscité. Et le Valerian de L’Illusion, Bourgeois excentrique, laissa la place à l’Illusionniste, Victor Parhelion, plus nocif qu’un fils de Yöeust.

--- ### ---

La silhouette discrète d’un vaisseau de petite taille acheva d’indiquer la route à suivre au trio qui se déplaçait, à pieds, en dehors des frontières de la ville. L’air était épais, on n’y voyait pas aussi loin que dans les vertes campagnes du sud. Et pourtant, deux silhouettes se firent apercevoir au bout d’un temps. L’une était grande - vraiment grande -, et l’autre, plus petite, menue, laissait clairement voir que c’était une femme. Cependant, Le Nettoyeur, qui les avait envoyé ici (ils préféraient ne pas poser de question, cette femme avait le blaster plus leste que la langue), les avait cependant mis en garde. Il s’agissait d’un capitaine d’équipage et de l’officier d’un autre. Leur vie était tâchée de sang du début à la fin, et ils étaient probablement armés. Ce pourquoi ils s’étaient eux-mêmes lourdement équipés. Et le Nettoyeur avait cédé au membre de l’Egide deux de ses meilleurs hommes. Des tueurs depuis longtemps recherchés par la milice, dont la prime en cas de capture nourrirait une famille pendant des années.

Ils se campèrent devant les deux étranges personnages, ne cachant ni leur mépris, ni leur dégoût. Des sang-mêlés. L’un d’eux cracha même au sol, avant de s’adresser à eux en langue commune, sans la moindre sympathie.

«Vous deux, suivez-nous. Et faites-vous ptits, si on vous voit, j’vous descend sur le champ. Pas question qu’on me voie en compagnie de deux bâtards.»

Le membre de l’Egide fut plus conciliant. Habitué à intriguer bien plus qu’à tuer, il préférait éviter les bains de sang, qu’il avait en horreur.

«Excusez mon compagnon. Nous allons vous conduire auprès de l’homme que vous avez contacté. Veuillez cependant laisser vos armes à ces deux hommes. L’Illusionniste déteste les armes. Surtout chez les inconnus.»

Il ponctua sa phrase d’un sourire affable, puis prit la tête du cortège en retournant vers la ville. Les deux autres se placèrent derrière les pirates, blaster pointés sur leur dos. Et visiblement ils n’attendaient que l’occasion de s’en servir.
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Posté dans Re: [RPFB] Là où nous mène Grand-Vent   - Jeu 5 Mar 2015 - 0:54

L’arrivée tant attendue, et redoutée à la fois, sur le sol matroscien sortit Riska de l’état presque second dans lequel elle s’était plongé durant le voyage. Ces longs jours à bord du petit vaisseau, elle les avait passé la plupart du temps dans les bras de Jaasau, et lorsqu’elle s’accordait un repos, ennuyeux à côté de ça, c’était pour s’enfermer dans ses pensées, échappant ainsi à la sournoiserie de la peur qui commençait à se faire entendre. Elle parlait peu, ne posait pas plus de questions, et jugeant peu utile de tenter d’en savoir le plus possible sur un endroit qui leur était totalement inconnu. A dire vrai, elle avait surtout l’impression de sauter pieds joints dans la gueule d’un monstre qui n’attendait que de les gober tout crus. Elle avait réellement peur. Mais son sang faisait d’elle une pirate, et ce même sang, la poussait à la curiosité, et à l’excitation d’une telle mission.

Vêtue de la tenue de domestique qu’elle avait dégoté dans une vieille malle de la Nuée Ardente, qui contenait plusieurs ensembles de vêtements récupérés lors d’abordage, Riska posa le pied pour la première fois sur le sol matroscien. Un frisson la parcouru, tant d’une douce frayeur qui s'immisçait en elle, que d’une satisfaction mesquine, à l’idée de fouler un territoire qui avait rejeté son sang et sa mère. Qui voulait sa peau. C’était une aventure entièrement nouvelle. Pourtant, elle regretta bien vite l’air souillé de Vanylle lorsque ses narines eurent respirées celui ambiant, de Vuulte et que la station d’extraction polluait d’une lourde odeur saturée. Une main devant le nez et la bouche, elle retient un juron, qui aurait sans doute fait tache dans un pays peuplé de riches et qui ne savaient sûrement pas parlé autrement qu’avec des mots de dix pieds de long. Laissant sa respiration s’habituer doucement à la puanteur, la canonnière coula un regard vers Jaasau, qui, s’il pensait sûrement la même chose à propos de l’odeur, se montrait plus calme, d’autant que son regard était accroché à quelque chose. Elle se tourna, pour voir elle aussi, et instinctivement, ses doigts recherchèrent le contact de ses lames, glissées sous son jupon. Elle les retira rapidement, quand trois hommes arrivèrent à leur hauteur. Ils étaient là. Pas le contact, mais bien ceux qui les mèneraient à lui.
Pas de présentation, juste du mépris et une fausse politesse qui fit grincer des dents la pirate. Son poing aussi se serra, et n’avait qu’une envie, casser le joli nez de ce garde hautain. Elle n’en fit rien, restant aussi immobile qu’une statue, prônant ainsi une patience que son regard, pour quiconque la connaissait bien, trahissait ouvertement. Ses pupilles dilatées laissaient transparaître une présence qu’elle repoussait, gardant son esprit aussi conscient et lucide qu’elle pouvait. Il le fallait. Pourtant, quand il fut l’heure de se mettre en route, elle ne pu retenir une petite réflexion, qu’elle susurra avec un sourire, en passant devant l’un des hommes armés.

"Fais attention à pas te blesser avec ton jouet."

Un grognement lui répondit, alors que la pointe du blaster s’enfonçait violemment entre ses omoplates pour la faire avancer plus vite. Elle retint un ricanement, et obéit, rattrapant Jaasau, sur qui elle cala ses pas. Le hangar où se déroulerait la rencontre n’était pas loin, et déjà en vue. Inspirant profondément, Riska calma les battements effrénés de son coeur, gardant une mine impassible. Il était hors de question que sa peur se trahisse sur son visage, même devant son amant. Elle profita de sa proximité pour lui glisser quelques mots en vanyllien.

"J’ai plus l’impression qu’on fait office de prisonniers de guerre, que de négociateurs…"

Un rappel à l’ordre lui vibra dans les oreilles, alors qu’un nouveau coup dans le dos lui apprit qu’elle n’avait pas le droit de parler. Du moins, pas dans une langue étrangère incomprise à Matroos. Jetant un regard noir par dessus son épaule au garde qui l’avait touché, elle n’ajouta rien de plus. Le hangar était là. Il était maintenant question d’être le plus crédibles et convaincants possible.




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Posté dans Re: [RPFB] Là où nous mène Grand-Vent   - Jeu 5 Mar 2015 - 14:14

Jaasau ne pipait mot, pas même à l’adresse de Riska qui ironisait et se moquait ouvertement des gardes qui effectivement, les maintenaient captifs. Il luttait contre l’envie de leur sauter à la gorge, comme pouvaient le démontrer ses mains serrées à s’en rompre et ses yeux fixés sur le sol, tâchant d’ignorer la totalité de son entourage. Ce conflit interne était surtout du au fait qu’il aurait sauté à la gorge de n’importe quelle autre personne s’étant adressé à lui ou Riska de cette façon, mais que cette fois seulement il n’en avait pas le droit, auquel cas ils perdraient tout ce pour quoi ils étaient venus. Et évidemment c’était hors de question. Il comptait bien rentrer à Vanylle, puis repartir pour Korrul une fois les préparatifs terminés.

Il n’ouvrit la bouche que bien plus tard, quand ils passèrent les portes du hangar. L’endroit était désespérément crade. Pour un peu, il se serait cru à Vanylle, sur les quais de l’embarcadère, où l’on stockait les quelques marchandises et butins sans valeur. Des bâtisses grandes mais miteuses et branlantes, menaçant de s’écrouler à la moindre rafale un peu trop brusque. C’était un peu la même chose ici. Nombre de caisses et autres appareillages dont Jaasau ignorait la signification étaient entassés et couverts par d’épaisses bâches. Le lieu était vétuste, mais pour une raison qu’il n’aurait su expliquer avec des mots, il sentait bien plus de danger ici que lorsque les gardes les avaient menacés de leurs blaster. Il y avait une menace ici c’était certain. Il entendait les ricanements sournois semblables au crissement des étoiles sur la voûte céleste de sa Partenaire. Elle n’était pas loin. Très, trop proche même.

«Ne me lâche pas d’une semelle.»

Il avait prononcé la phrase avec une voix à peine audible, mais il savait Riska en alerte, et savait également qu’elle ne raterait pas un seul de ses mots. Il avait suivi son exemple et s’était adressée à elle en Vanyllien, pour être sûr que personne d’autre ne comprenne. Plus vite ils seraient partis et mieux ce serait. Le fait d’être au sol les désavantageait déjà horriblement, mais en territoire inconnu et à la merci d’un “indic” qui l’était encore plus...Cette histoire sentait le sapin.

Il furent donc conduits jusqu’à l’extrémité de l’entrepôt, derrière un colossal amas de caisses, au point le plus éloigné de la porte. Evidemment. Réprimant un soupir furieux, il se laissa faire. Rester calme était la clé de leur réussite, il n’avait pas intérêt à la mettre en péril. Il jetait de fréquents regards vers ses geôliers de fortune, et de temps en temps, ses boucles d’oreilles tintaient dans un bruit léger comme la mort quand il relevait la tête. Leur destination ne tarda pas à être clarifiée : un bureau large, très simple (il s’agissait juste d’une table avec quatre pauvres pieds ébréchés), sur lequel reposait un embrouillamini de papiers de toutes sortes, rédigés pour la plupart dans une langue que Jaasau ne comprenait pas. Du Matroscien. Des cartes de Korrul étaient également présentes. Il les reconnut à leur coeur, l’oasis, et à la disposition des trois cités autour. Visiblement, cet homme n’était pas intéressé que par l’or qu’ils avaient pris avec eux. Jaasau en était sûr. Ses dents grincèrent. Les négociations allaient probablement être beaucoup plus dures qu’il ne l’avait imaginé.

«J’ai comme l’impression qu’il va nous demander plus qu’un sac d’or. Sois attentive à tout ce qui est dit. Et à leurs expressions, surtout. Ils parleront sûrement entre eux en Matroscien.»

Il reçut également sa dose de coup dans le dos, pour réprimander ses paroles. Sauf qu’il ne put s’en empêcher. Il se retourna brutalement, prenant un des couteaux de Riska, et une goutte de sang vint s’écraser sur son visage quand il entailla la joue de son garde. Sa voix gutturale, hachée quand il parlait en langue commune, langue qu’il maîtrisait mal, s’échappa d’entre ses lèvres furieuses.

«Je peut-être suis un sang-mêlé. Mais tuer, je sais faire. La prochaine fois, c’est la gorge.»

Il n’eut le temps de regarder sa victime stupéfaite que quelques secondes avant qu’un bruit derrière lui ne le fasse réagir. Il se retrouva, couteau ensanglanté toujours en main, face à un homme bien plus petit que lui, qui les observait en souriant. L’Illusionniste, comme il se faisait appeler.
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Posté dans Re: [RPFB] Là où nous mène Grand-Vent   - Jeu 5 Mar 2015 - 14:32

Il s’amusait. Il n’y avait pas d’autres mots. Comme la plupart de ses semblables, Valerian considérait les sang-mêlés comme de la merde. Et c’était normal : religion et société vous rentraient à grand coups de marteau dans le crâne qu’ils étaient des engeances diaboliques et contre nature, à peu de choses près. Ce qu’il en avait conclu c’est surtout qu’ils n’avaient rien à perdre, et que, à Korrul comme à Matroos, ces gens-là était probablement les plus dangereux sur le continent. On pouvait facilement contrôler une personne qui avait quelque chose à perdre, comme une famille, une réputation, de l’argent. Ces personnes n’avaient plus rien, elles étaient aussi incontrôlables qu’imprévisibles. Saisir sa chance pour exercer son influence dessus demandait un excellent et rarissime timing, qu’il avait eu peine à obtenir. A vrai dire, on lui avait apporté sur un plateau d’argent, platement écrit sur une feuille à moitié pourrie. Ils lui demandaient son aide, tout simplement.

Un sourire éclairait son visage à leur vue. Forts, ils respiraient la violence, et sentaient extraordinairement mauvais. Lui qui était habitué aux parfums raffinés des hautes tours Vuultaises, il se retint de justesse de froncer le nez. N’avaient-ils donc aucune limite ?

«Evitez d’égorger mes gardes s’il vous plaît, ils me coûtent suffisamment cher comme ça pour que je m’occupe en plus de leur fournir des obsèques décentes. Asseyez-vous donc. Et rangez-moi ce truc, vous allez blesser quelqu’un. Et ça ne serait pas une bonne chose pour vous.»

Valerian claqua des doigts, et de derrière les caisses sortit une douzaine d’hommes, bien plus armés que leur escorte, leurs armes pointés vers les pirates. Il ne sortait jamais sans prendre de précautions. Son ton devint dur, froid, et très éloigné du Valerian excentrique, bourgeois et affable qui arpentait Vuulte.

«Qu’on mette les choses au clair. Je sais très bien ce que vous cherchez à accomplir. Et après l’avoir compris, la somme que vous avez apporté avec vous pour payer les services que je vais solliciter est très nettement inférieure à ce que ces services vont vous permettre de faire.»

Il se servit un verre de vin - il pensait vraiment à tout - et en servit deux coupelles à ses “invités”.

«Je vais donc vous laisser discuter un peu. Et après cette discussion, vous me direz ce que vous avez d’autre à m’offrir que des pièces, aussi sonnantes et trébuchantes soient-elles. Dites vous que ce que vous m’apportez là, c’est de l’argent de poche, et qu’il me fallait simplement un peu d’argent pour me payer quelques babioles. Et notamment parce qu’il était parfaitement hors de question que je laisse des engeances sous-développées dans votre genre faire appel à moi sans réclamer quelque tribut.»

Un sourire mielleux éclaira à nouveau son visage. Oui, il les insultait ouvertement - il pouvait se le permettre avec le commando qui assurait ses arrières - et les traitait à peine mieux que des animaux.

«Il va de soi que vous devez trouver quelque chose. Sinon, je ne sais pas comment vous rentrerez chez vous. Carbonisés peut-être. Empoisonnés. Drogués jusqu’à la rupture. Je ne sais pas encore. Mais pas vivants, soyez-en sûrs. Le Conclave n’est pas une oeuvre de charité, pas plus que vos équipages ne sont des enfants de choeur.»

Il but une gorgée de vin et se releva. Fixant tour à tour Jaasau le Capitaine et Riska - sang-mêlé ou non, sacré morceau -, il croisa les bras dans le dos, prenant soin de rester à plusieurs pas de la table - un animal acculé réagit souvent par la violence, et il les collait sans vergogne au mur.

«Et expliquez-moi en détail ce que vous attendez de moi, également. Vous n’avez aucune idée de quel travail m’attend derrière, et je n’ai que peu de temps à accorder à des sauvages sans famille, sans loi, et dénués d’intelligence. Ce que vous accomplissez est pure folie, je tiens à le préciser.»
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Posté dans Re: [RPFB] Là où nous mène Grand-Vent   - Ven 6 Mar 2015 - 4:40

A peine la porte du hangar fut-elle dépassée que Riska cru bien voir la situation dégénérée. Jaasau, une lame à la main, avait sauté sur le garde qui l’avait poussé de son blaster et le menaçait ouvertement. La pirate n’eut pas le temps de s’interposer entre les deux, un bruit dans leur dos attira leur attention, et dans un haussement de sourcil méprisant, elle découvrit qui était réellement celui qui se faisait appeler l’Illusionniste. Mépris qui se chargea rapidement de colère, car si cet homme n’avait rien d’imposant, il laissait sans soucis ses paroles rattraper ce manque. Et dans un déni total de crainte, il enjolivait ses remarques de larges insultes, qui, si elles énervaient au plus haut point la scizophrène, finirent par avoir un goût amer d’amusement. Elle avait trop l’habitude d’être redescendue à son simple statut de bâtard, mais dans le cas présent, toutes ces injures paraissaient finalement, comme le reflet d’une frustration, ou même d’une certaine crainte. Elle le laissa donc finir son monologue ponctué de piques à destination de pirate, et après un long silence, elle répondit, le regard vif et tranchant; et la voix suave :

"Pure folie, et que peu de temps, mais vous perdez quand même le votre à vous demander ce que vous allez pouvoir y gagner. Savoir vivre avec ses contradictions, c’est bien dans ce fichu pays qu’on retrouve des gens comme ça."

Elle se mit à rire, se moquant ouvertement de ce petit homme qui ne semblait pouvoir compter que sur ses molosses armés pour se défendre. A dire vrai, Riska était certaine que malgré son masque d’homme confiant, ce pauvre riche devait mouiller ses bas à l’idée de voir un pirate s’approcher de lui à quelques centimètres. Et si cette idée lui traversa rapidement l’esprit, ses jambes elles, se mirent en marche directement. Elle coula un rapide regard en direction de Jaasau, tant pour le rassurer de ses intentions que pour lui assurer un calme salvateur, et avança sans hésitation vers le bureau. Aussitôt les blasters se relevèrent dans une synchronisation presque parfaite, et la moitié des gardes la mirent en joue, pointant leurs armes sur la jeune pirate. Qui les ignorait totalement. Du moins en apparence, parce que son estomac lui, était au bord de la rupture. Odeur nauséabonde et stress intense ne faisaient pas bon ménage. Elle conserva néanmoins un calme olympien et s’arrêta derrière le bureau, accrochant un regard étrange, et sûrement dégoûtant pour des matrosciens, sur l'Illusionniste.

"Les sauvages comme vous aimez nous appeler, peuvent vous rendre plus riches que vous ne l’êtes déjà. Ce que vous possédez, au vu de votre tronche, n’est qu’une infime partie de ce que vous pouvez avoir. Le Trésor de Rhodia est … inimaginable, et il va sans dire que même deux équipages n’auront jamais assez d’une vie pour dépenser leurs parts. Alors, j’imagine que l’on peut bien partager."

Elle laissa un coin de ses lèvres roses se relever, dans une esquisse de sourire mi-méprisant, mi-amusé. La peur qui lui nouait le ventre s’était doucement dissipée. Elle n’avait pas disparu, mais seulement laissé la plus grosse place à cette excitation qui vrillait maintenant les membres de la canonnière. Si elle accordait une crédibilité parfaite à la menace de mort du matroscien, elle savait aussi qu’il ne s’amusait pas à perdre son temps dans l’optique de tuer simplement deux pirates. Il était intéressé, elle en était certaine, et pour ça, leur vie ne risquait rien. Du moins, pas tant que les négociations pouvaient durer. Elle entreprit donc de continuer.

"Enfin… pour partager, il faut d’jà qu’on puisse accéder à l’Oasis, et en revenir vivants. C’est là qu’on a besoin de vous."

Son regard n’avait pas quitté l’homme, le faisant peser autant qu’elle pouvait. Il ne montrerait rien, elle non plus. Le quittant des yeux un court instant, elle décida de jouer le tout pour le tout, et retira ce déguisement hideux qui lui tenait chaud depuis leur arrivée. Ici, personne d’autre que les gardes et l’Illusionniste ne la verrait, alors autant jouer carte sur table. Elle était pirate, et c’est dans ce rôle qui était sa vie qu’elle s’adresserait à lui. Retrouvant le confort de sa tenue en cuir, cachée sous la robe, elle vint s’asseoir à moitié sur le bureau, reportant un regard moqueur sur le matroscien et lâcha :

"Et dites à vos hommes d’arrêter de me viser avec leurs joujous. On est peut-être dénués d’intelligence pour vous, mais pas encore assez atteints pour développer des symptômes suicidaires."

Elle lui adressa un sourire qui suintait l’ironie, se retenant bien d’ajouter qu’au pire des cas, autant d’hommes ne les arrêteraient pas aussi facilement qu’il pouvait le croire. Finalement, elle le lâcha des yeux et tourna la tête vers Jaasau, qui était resté d’un calme inquiétant depuis qu’elle parlait. Ils devaient continuer sur cette voie.




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Posté dans Re: [RPFB] Là où nous mène Grand-Vent   - Ven 6 Mar 2015 - 15:41

Jaasau ne disait pas grand chose, effectivement. Riska les occupait très bien. La provocation était ouverte, et il croisait mentalement les doigts pour que l’Illusionniste ne décide pas que toute cette histoire était ridicule, et les envoie tous deux en enfer. Ce serait une mort tout à fait indigne. Il ne doutait pas de pouvoir se débarrasser des gardes avant même qu’ils comprennent ce qui leur tombait dessus, mais pour ce qui était des tireurs postés à plusieurs mètres de là, et en hauteur pour certains… Il serait carbonisé avant de pouvoir ne serait-ce que les frôler. Riska n’était pas idiote, elle n’agresserait personne (tant qu’on ne la cherchait pas trop), donc niveau risque ils étaient plutôt sereins pour l’instant.

Il fronça les sourcils, assistant dans le plus parfait silence à la joute verbale qui se déroulait sous ses yeux. Pendant ce temps, il comptait et notait l’emplacement de chaque garde. Non décidément ils étaient trop nombreux. Et entraînés. Peut-être d’anciens miliciens. Ou d’autres criminels qui savaient parfaitement se servir d’une arme. Donc, qui n’hésiteraient pas à tirer. Avec les réflexes nécessaires.

«… Suffit. Riska a raison, laissez tomber négociations si on est menacés. Ca marche pas comme ça.»

Il se fichait totalement de ce que pensait L’Illusionniste de leur prétendue intelligence, ils avaient le mérite d’avoir survécu dans un des milieux les plus hostiles qui fussent. Eux ne dormaient pas chaque soir sur leurs tas d’or en ne sachant pas quoi en faire.

«Ne pas parle de ce que tu connais pas, Matroscien. La folie, elle nous maintient en vie.»

Il lâcha un grognement, et finit par retirer son capuchon. Le déguisement de Riska s’était évaporé, il n’avait plus besoin de se masquer. Il sonda du regard chaque homme et femme (il y en avait une ou deux parmi les gardes) d’un oeil assassin, puis reporta son attention sur l’Illusionniste. Il haïssait déjà cet homme. Il était l’archétype du Matroscien arrogant et trop sûr de lui. Dangereux ? Peut-être. Indispensable ? De toute évidence, vu qu’ils ne connaissaient personne d’autre et que même la capitaine de la Nuée s’en était remise à Jaasau pour le voyage.

«On veut passer la Ceinture de Feu. Vivants. Et en revenir. C’est tout ce qu’on demande. Passer sur une Vivenef. N’importe quoi qui permette de traverser. Et revenir. On sera déguisés en troupe de comédiens.»

Jaasau insista bien sur le retour. Il n’y croyait pas une seconde, mais avait quand même assez envie de rentrer à Vanylle. Le trésor il s’en foutait, ce n’est pas ce qui le faisait vibrer. De nombreuses choses y arrivaient, mais sûrement pas l’argent, pour lequel il n’accordait que l’intérêt qu’un capitaine avait envers les dépenses nécessaires à l’entretien et à la maintenance de son vaisseau. De quoi se payer à boire dans une taverne, aussi. Ca s’arrêtait là. Il n’était pas cupide. Juste fou.

Il vint se placer à côté de Riska, l’observa un moment, puis tourna à nouveau son regard vers l’Illusionniste.

«A ta place, je me méfierais d’elle. Elle est encore plus imprévisible que moi. Si tu t’amuses trop à insulte, tu risques de le regretter. Elle est rapide.»

Il réfléchit un moment à ce qui avait été dit, puis un éclair traversa ses yeux quand il comprit, et s’adressa au Matroscien sur un ton agressif, sifflant.

«Toi. L’argent ne t’intéresse pas. Dis-moi ce que tu veux vraiment. Je t’ai dit ce qu’on vouloir, fais pareil. Et arrête le langage de serpent, soit franc.»

Histoire de donner un peu plus de poids à son propos, il serra le couteau de Riska, qu’il avait toujours en main, et griffa légèrement le bord de la table en bois derrière lui. Peu importe qu’ils se fassent fusiller, s’il continuait sur sa lancée, le Matroscien risquait d’avoir de gros problèmes.
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Posté dans Re: [RPFB] Là où nous mène Grand-Vent   - Ven 6 Mar 2015 - 16:38

Valerian eut un sourire intérieur en doutant brièvement de l’humanité de son interlocuteur. Outre son langage parfaitement déplorable, son apparence était… Aussi répugnante qu’effrayante. Difficile de penser qu’il avait réellement affaire à un homme dans cette situation. Il ne se démonta pas cependant, accueillant chaque remarque balbutiante avec un sourire laconique et un regard pétillant d’amusement.

Il tourna un regard brillant et un grand sourire à la pirate. L’argent, il en avait plus que nécessaire, ça n’était pas vraiment ce qui l’intéressait dans ce fabuleux trésor. Ce qui valait plus que l’or, curieusement, c’était une matière que les Matrosciens qui en avaient les moyens utilisaient tous les jours : le papier. Les dessins, surtout. Très instructifs, aussi. Sa langue vint furtivement humecter ses lèvres, puis il répondit, parfaitement calme, quoi que le ton de sa voix laissait transparaître un réel amusement. Eux semblaient jouer leur vie alors qu’il ne prenait qu’un peu de temps pour jouer. Cette “affaire” qu’ils concluaient ne lui était pas vraiment importante. Son objectif avait beau être Korrul, les pirates ne figuraient absolument pas dans ses plans avant qu’ils prennent contact avec lui. D’ailleurs, il avait bien quelques idées.

«Par tous les dieux, chère euh… Pirate… Veuillez lui apprendre les rudiments du langage. C’est une véritable horreur de l’écouter parler.»

Cette fois, il n’avait pas reculé, mais fit tout de même signe à ses hommes de baisser leurs armes. Ils tireraient probablement comme des bourrins au moindre signe suspect, mais s’il n’y avait que ça pour satisfaire la pirate…

Il lâcha un petit soupir avant de répondre.

«Je n’ai absolument aucune envie de toucher la moindre pièce en dehors de celles que vous m’avez apporté. Je me fiche que l’argent de Rhodia permette de racheter Matroos tout entier. Me rendre aussi riche gâcherait mon plaisir. Et ce que je veux, vous pouvez très bien me le fournir sans avoir besoin de trouver ce trésor.»

Il revint se placer près de la table, se servant une nouvelle coupe de vin.

«Voyez-vous, ici à Matroos, on vous craint essentiellement pour une chose. Et quand je dis “on”, je parle de Matroos en général. Vous ne m’êtes pas plus inquiétant que n’importe quel autre criminel auquel j’ai quotidiennement affaire, notez-le. Cette chose, donc, c’est votre imprévisibilité et surtout, l’impossibilité de sanctionner vos méfaits. Votre sang a beau être pourri, je dois avouer que je suis bien content que vous soyez là, ça détourne un peu l’attention.

«Mais voilà. Vanylle peut m’être utile pour bien des choses, mais pour pouvoir y envoyer de façon disons… régulière et autonome ce que je voudrais y envoyer, il me faudrait savoir où elle est. Et ça par contre, c’est difficile ici. Personne ne sait où elle est, sinon nous n’aurions pas cette charmante discussion.»

Il leur jeta à tous deux un regard entendu. Surtout à Riska, d’ailleurs. C’était assez facile, de fait, de deviner ce qu’il voulait.

«Voilà ce qu’on va faire. Je vais m’arranger pour qu’un Marchand vous fasse embarquer sur sa Vivenef le jour d’une visite ou livraison à Korrul. Les véreux peu scrupuleux ne manquent pas, et tout est aisément corruptible quand on y met le prix ou la pression. En échange, vous allez me fournir une carte pour accéder à Vanylle.»

Conscient de ce qu’il demandait, il lança un regard à ses gardes, puis aux pirates.

«Si ça peut vous rassurer, je ne compte pas divulguer ce genre de documents. Vous pouvez encore m’être utile, et j’aime à penser que je possède des informations que les autres n’ont pas. La Milice et moi nous entendons très mal, même s’ils ne me connaissent pas. Donc aucun risque que ce papier finisse entre leurs mains. Qu’en dites-vous ? Ça me paraît équitable, non ?»

Restait plus qu’à attendre. L’accès à Vanylle était pour ses affaires éminemment plus attractif qu’un trésor, aussi massif soit-il. De toute façon, il pourrait toujours suivre leurs mouvements, dans le pire des cas. Mais pouvoir transporter des cargaisons douteuses et faire passer des messages sensibles plus facilement que via des messagers dont il ne savait jamais s’ils allaient revenir un jour… ça pourrait le mettre dans une position de force vis à vis des autorités, et il ne pouvait pas vraiment s’empêcher de convoiter ce genre d’accès. Quant à ce qu’il avait dit sur la sûreté de leur affaire, pour le coup il était parfaitement honnête. Perdre un tel trésor, c’était complètement idiot.
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Posté dans Re: [RPFB] Là où nous mène Grand-Vent   - Sam 7 Mar 2015 - 12:40

Murée dans un silence et une immobilité qui démontrait toute son attention et sa concentration, Riska ne bougeait que les yeux, les laissant naviguer entre les deux hommes. Parfois, ils s’égaraient, se posant furtivement sur les soldats postés un peu partout et près à tirer au moindre geste suspicieux. Ces coups d’oeil, elle ne les maintenait pas longtemps, préférant ne pas attirer l’attention sur elle, plus qu’elle ne l’était déjà. Ce genre de brute épaisse, sûrement aussi criminelle qu’elle-même, aurait tôt fait de capter ce genre de repérage. Et ce n’était pas le moment de les mettre en rogne. Elle préféra se reconcentrer sur la discussion, et en frissonna d’agacement quand elle capta une nouvelle remarque désagréable. Décidément, ce matroscien n’avait peur de rien, pas même de mourir égorger comme un vulgaire animal, bon à saigner. Par tous les Dieux, il n’y avait rien de plus agaçant que d’avoir besoin d’un être comme ça…

Et la Canonnière n’était pas au bout de ses surprises. Quand l’Illusionniste annonça le véritable prix de son aide, la jeune pirate bondit sur ses pieds, faisant sursauter au passage les gardes les plus proches qui, par un heureux miracle, ne tirèrent pas. Ce réflexe lui tira un ricanement, mais elle revint rapidement sur le sujet et jaugea l’homme devant elle, d’un regard chargé de mépris et de dégoût.  

"Une carte pour aller à Vanylle ?! Vous nous pensez si bêtes que ça pour vous livrer l’accès à la Terre Promise des nôtres aussi facilement ?"

Plantant ses poings sur ses hanches, elle ne le quitta pas du regard de suite, ses doigts caressant lentement les manches de ses lames, accrochées à sa ceinture. Elle mourrait d’envie de lui en planter une entre les deux yeux. Mais la dizaine de blaster autour d’eux auraient tôt fait de les réduire en bouillie avant qu’elle n’ait ressenti la moindre satisfaction de son geste. Dommage. D’autant que ses pupilles commençaient à se dilater, la haine profonde qu’elle nourrissait envers leur indicateur n’avait pas échappé à sa conscience instable qui s’éveillait. Instinctivement, elle se passa une main sur le visage, qui se perdit dans sa crinière rousse et se racla la gorge. Elle devait résister. Encore un peu. D’une voix plus posée, et s’appliquant à parler le plus correctement possible la langue commune, elle reprit rapidement, détournant ses pensées de ce qui se tramait intérieurement.  

"Nous n’avons aucune garantie que vous réussirez vraiment à nous faire passer jusqu’à l’Oasis, ni d’en revenir. Ce serait bien cher payé pour un voyage aussi peu certain et entre vos mains."

De nouveau, elle le fixa intensément, bien que consciente que son regard avait légèrement changé. Il ne se rendrait probablement compte de rien, et Riska l’espérait. Ce n’était pas le moment de passer pour une bête sanguinaire, et de faire abattre dans la seconde suivante. Lui tournant le dos, elle revint vers le bureau, évitant le regard familier de Jaasau qui aurait tôt fait de deviner son état d’esprit, elle retourna à sa position initiale et croisa les bras sur la poitrine.  

"Vous êtes sûrement plus vicieux que la Milice. Qu’est ce que vous voulez faire là-bas ?"

Elle ne se cachait pas pour lui montrer le manque de confiance qu’elle éprouvait à son égard. Après tout, qui aurait pu faire confiance à un homme pareil, dont la simple vision suintait l’arrogance, le pouvoir et le mépris d’autrui. Vanylle était le repère des pirates, et la Milice elle-même n’avait jamais mis la main dessus. En donner l’accès à un magouilleur comme l’Illusionniste était sûrement la porte ouverte à la destruction totale des leurs. Ou peut-être pas.




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Posté dans Re: [RPFB] Là où nous mène Grand-Vent   - Lun 9 Mar 2015 - 8:31

Le pirate s’attendait à bien des demandes, mais ça… Le trésor de Rhodia suffisait à maintenir l’espoir et la motivation de 90% des pirates à bord de Vanylle. Les autres, il les rendait fous d’envie. Mais ce qui les intéressait en règle générale, c’était les montagnes d’or promises par le magot. Qu’il entende que le trésor n’intéressait pas leur négociateur, mais que l’accès à Vanylle, en revanche, serait un paiement adéquat…

Il dut prendre quelques minutes pour réfléchir. Lui ne possédait aucun espèce d’attachement à Vanylle. Cette ville était immonde, et bien qu’elle soit leur refuge, les pirates et autres rebuts étaient envoyés là bas pour y pourrir. La piraterie avait été simplement une activité basée sur la dissimulation du Cap Vanylle aux yeux des autres et l’ennui. Tuer le temps autant que les autres pour ne pas laisser la faiblesse les gagner. Et pour mourir avec un peu plus de dignité que le mendiant croupissant dans sa ruelle en espérant gagner assez de petite monnaie pour s’offrir un quignon de pain noirci par la moisissure et l’humidité. Lui ne vivait que pour danser. Qu’il danse au sol, dans les airs, dans le désert, il s’en fichait. La variété des scènes signifiait la variété des danses. Son raisonnement et ses réflexions s’arrêtaient là. La destruction de Vanylle ne lui importait peu, tant qu’il pouvait continuer à naviguer dans les airs.

Il était cependant d’accord avec l’argumentation de Riska. Un fruit coûtait le travail qu’il avait fallu pour le planter, le faire pousser, le récolter, puis le transporter. Ici c’était la même chose. Ils payaient leur voyage, aller, mais aussi retour. Et le tout sans se faire repérer. Si Jaasau se moquait de revenir ou non, il avait donné sa parole à son équipage que la prétendue troupe de comédiens reviendrait les mains pleines de pièces et de bijoux, et qu’ils auraient chacun assez d’argent pour se payer une flotte de vaisseaux. Une carte… Ce bien était inestimable. Il était leur principal bouclier : Les miliciens et autres matrosciens n’en bénéficiaient pas, donc les pirates étaient saufs. C’était un risque abominable.

«Ce prix… être trop élevé. Et Riska a raison. Nous ne savoir même pas si nous rentrerons. Vanylle est pour nous la seule terre qui pouvoir nous accueillir.»

Son regard devint tranchant comme l’un de ses couteaux. D’ailleurs plus ça allait, plus celui qu’il avait entre les mains lui réclamait du sang. Il n’était jamais bon que Jaasau passe trop de temps sans tuer qui que ce soit, et les préparatifs puis le voyage l’avaient éloigné des scènes de ballet bien trop longtemps. Il était fébrile et instable.

«Vous ne sacrifier pas votre ville pour quelque chose, même précieux. Nous non plus. Nous avons amené beaucoup d’or pour vous payer. Le trésor en contient encore plus. Pourquoi Vanylle ?»

Le Baron ne savait pas lui-même s’il était vraiment prêt à concéder un tel sacrifice. Après tout.. Peut-être pourraient-ils trouver un autre moyen pour passer la Ceinture, sans recourir à cette pourriture. Il jeta un oeil aux gardes à portée de vue. Combien de temps pourrait-il danser avant que les jets de lumière de leurs armes ne fassent tomber le rideau sur la scène ? Les voiles sombres évoluaient toujours dans la pièce. Elle l’appelait. Le poussait à danser.

«Répondez.»
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Posté dans Re: [RPFB] Là où nous mène Grand-Vent   - Lun 9 Mar 2015 - 8:55

Le jeune matroscien ne put dissimuler un soupir affligé. Ces pirates, bien qu’admirables de part leur rage de vivre et leur force, n’étaient vraiment pas intelligents. Ils représentaient tout ce que Valerian abhorrait. Stupidité - à son sens en tout cas - sauvagerie, fermeture d’esprit… Qui étaient-ils pour lui parler ainsi sur son territoire ? Leur mission suicidaire dépendait de son seul bon vouloir, jusqu’à preuve du contraire.

«… Bien. Il semblerait que je doive faire un petit cours. Alors tendez les oreilles, je n’aime pas me répéter.»

Il sortit de sa poche une bourse pleine d’or, et la soupesa avant d’observer de ses yeux doux les deux pirates qui visiblement commençaient à perdre patience.

«Le Conclave, c’est une sorte d’équipage. Mais en beaucoup plus élaboré. Je n’ai pas besoin ni de votre or ni de celui de Rhodia pour plusieurs raisons. La principale, c’est qu’autant d’argent me gâcherait le plaisir de l’extorquer aux honnêtes citoyens matrosciens. Je ne veux pas accumuler de l’argent et me pavaner dans mon or. A mon âge, ça serait idiot. Je veux maximiser l’argent nécrosé insufflé dans la machine matroscienne. Au point de devenir indispensable à l’économie. Je ne vous expliquerai pas les fondements de la finance, évidemment, j’aurais plus de chances de faire un génie d’un Draoma que de réussir à vous faire comprendre quoi que ce soit.»

Les sourires mielleux avaient enfin disparu, laissant place à l’homme d’affaire - et criminel - qu’était Valerian. S’il n’avait aucune chance de vaincre le grand sang-mêlé en combat singulier, ni même la rouquine au tempérament de feu, il avait bien d’autres manières de diminuer l’espérance de vie de quelqu’un.

«L’argent entre et sort avec une parfaite régularité de nos caisses. En avoir trop, ça serait mettre mon organisation en danger. Tout simplement. Mais je ne traite pas que l’argent, même s’il est mon moteur principal. Drogues, armes, humains - principalement de jeunes et jolies jeunes femmes comme vous euh… Riska ? -, tout ce que la société Matroscienne ne veut pas voir, j’en fais commerce. Ces marchandises là, j’ai parfois besoin de les stocker en attendant une vente. Ici c’est pratique, personne ou presque ne descend au sol. Nous sommes d’ailleurs dans un ancien entrepôt ou certains de mes hommes fabriquaient de la drogue. La Milice l’a découvert et les zélés travailleurs sont maintenant emprisonnés, certains ont même été exécutés car déjà recherchés pour d’autres crimes.»

Il désigna d’un geste désinvolte les cartes qui étaient éparpillées sur la table, certaines marquées de chiffres épars, incompréhensibles.

«J’ai déjà essayé de calculer les coordonnées les plus probables de la position de Vanylle, mais le rayon minimum que j’atteins en utilisant chacun des renseignements dont je dispose, la plupart des rapports de miliciens faisant état de destruction de vaisseaux pirates ou d’abordages de vaisseaux commerçants, ne passe pas sous la barre du millier de kilomètres.

«Vanylle est une cachette absolument imprenable. Je n’aurais aucun intérêt à la dévoiler à qui que ce soit. Cela me mettrait dans une position… fâcheuse. A Matroos, à Vuulte surtout, tous me pensent un agréable et peut-être excentrique mécène qui malgré sa richesse passe son temps à dilapider son argent pour le bien-être et la prospérité d’autrui. Je ne nierai pas l’excentricité, mais je tiens à ma couverture.»


Une idée lui vint. Une idée assez folle, d’ailleurs, et terriblement dangereuse. Pour lui, en tout cas. L’ombre d’un sourire passa sur ses lèvres pâles et fines, découvrant une partie de ses dents, très blanches.

«Je suis effectivement bien plus vicieux que la milice, et je viens de vous expliquer pourquoi j’avais besoin de cet accès. Je peux vous fournir une garantie, ou plutôt, un bon moyen de vous venger si je venais à vous faire défaut. L’Illusionniste, vous vous en doutez, n’est pas mon vrai nom. Je peux vous écrire mon nom d’emprunt et mon véritable nom, de naissance. Ce seul renseignement pourrait me faire faire exécuter en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Avec cette garantie en main, je serais obligé de faire ce qu’il faut pour que vous rentriez sains et saufs de Korrul, et pour que vous y accédiez sans problèmes. En échange, évidemment, de cette carte. Qu’en dites-vous ?»

Si aucun garde ici présent ne connaissait Valerian par ce nom, personne tout court au Conclave ni même ailleurs ne se doutait ou n’irait imaginer que l’Illusionniste, Valerian Maevis, était en réalité Victor Parhelion, un des fils bannis de la célèbre famille Marchande de Sant Poséinos. Une telle information rendue publique le conduirait tout droit à l’échaffaud. Ce gage de bonne foi n’était pas sans risque pour lui, mais à vaincre sans péril on triomphe sans gloire, après tout.
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Posté dans Re: [RPFB] Là où nous mène Grand-Vent   - Mer 11 Mar 2015 - 5:18

Jaasau avait enchaîné après elle, bien plus sanguin d’ailleurs, la colère et l’envie de tuer se reflétait sur son visage. Mais Riska avait confiance en lui, et si elle comprenait parfaitement cette soif de sang, elle le savait aussi très doué un sang-froid qu’elle-même, avait un peu plus de mal à garder. D’ailleurs, elle lâcha un léger grognement à l’intention de l’Illusionniste lorsqu’il évoqua le trafic de jeunes femmes, en les comparant à la canonnière. Elle n’avait nullement envie d’être affiliée à ce genre de loques incapables de se défendre et préférant subir, que vivre. L’espace d’une fraction de seconde, elle pensa d’ailleurs à Seylan, mais elle chassa bien vite le visage de son ex-amie de bordel pour se concentrer entièrement sur la discussion, où elle reprit la parole.

"Vous voulez… Vanylle pour cacher votre commerce de magouilleur en attendant de le vendre à Matroos ? C’est bien ça ?"

Elle haussa un sourcil, voguant entre mépris, amusement, et surprise. Lui, un homme riche à en mourir noyer dans l’or, souhaitait se rendre dans la ville des criminels rejetés, dans le simple espoir de pouvoir y cacher les marchandises illégales qu’il ne pouvait plus garder en terres matrosciennes. C’en était tellement ridiculement drôle que la pirate retint de peu à rire franc et franchement moqueur. Devait-elle lui dire qu’il risquait tout autant là-bas qu’ici ? Certes, la Milice n’y mettrait jamais les pieds, mais les bâtards sang-mêlés comme il les appelait, auraient tôt fait de dépouiller ses cargaisons. Elle garda cette hypothèse pour elle-même, et se garda bien de l’ajouter à sa remarque. Après tout, lui non plus ne jouait pas honnêtement, et cela, elle prit bien soin de lui faire comprendre :

"Comment on peut savoir que c’est vraiment votre vrai nom que vous allez nous donner ? Vous détestez les nôtres. Ce serait d’un élan de coeur sans nom si vous nous faisiez un tel cadeau. Ce qui est très étrange."

Elle darda sur lui un regard inquisiteur, dont les envoûtantes prunelles brillaient d’une nuance de folie et de vie. Passant une main dans sa crinière rousse, elle vint ensuite titiller la pointe de la lame qui pendant à sa taille et poussa sur la table pour se redresser. Sans quitter le matroscien du regard, elle fronça les sourcils, en proie à la réflexion, et reprit finalement :

"Et puis… morts, votre nom nous servirez à rien. Ce ne sont pas les autres pirates qui iront vous courir derrière. Non… j’ai plutôt une autre idée. Vous nous aidez à partir et à revenir, vivants. Et seulement à notre retour, vous aurez le plan d’accès à Vanylle."

Tout en parlant, elle s’était levée du bureau qui la supportait depuis le début de la discussion. Un regard en biais à Jaasau la rassura, et elle se mit en marche, avançant d’un pas mesuré vers l’Illusionniste. Ignorant les soldats qui ne savaient plus trop s’il fallait la mettre en joue ou non, - c’est qu’elle bougeait pas mal, et que son imprévisibilité était vraiment… déconcertante -, elle continua sa progression, et s’arrêta à un petit mètre de l’homme. Il était plus grand qu’elle, humait un parfum doucereux de fleurs ou de plantes quelconques et était habillé avec des vêtements précieux, qu’elle même ne pourrait jamais porter de toute sa vie, même en rêve. Elle, sentait un subtil mélange de folie, de vie dangereuse et mortelle, de sang, et de sueur, il fallait bien l’avouer. Et consciente de ce fossé qui les séparait, elle n’en fut que plus déterminée.

"C’est un bon compromis, comme ça, tout le monde est sûr d’avoir ce qu’il veut, tant qu’il respecte le marché. Non ?"

Conclut-elle, alors qu’un sourire méprisant s’installait sur ses lèvres roses. S’il acceptait ce risque, alors les pirates n’auraient plus qu’à rentrer et décoller pour l’Oasis dans les plus brefs délais. S’il refusait, Riska n’était pas sûre de rester aussi patiente et concentrée. C’est qu’il en fallait beaucoup, de détermination et d’envie, pour qu’elle reste aussi calme et lucide. Son Autre guettait la moindre parole, le moindre geste qui serait en trop et qui signerait forcement, un arrêt de mort, des deux côtés.




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Posté dans Re: [RPFB] Là où nous mène Grand-Vent   - Sam 14 Mar 2015 - 9:09

Jaasau admirait silencieusement la conduite de Riska. Elle n’avait décidément peur de rien. Cela lui plaisait. Il savait que si ça dégénérait, il ne serait pas seul dans la mêlée, et qu’en plus, le sang coulerait à flots avant qu’ils ne les neutralisent. Car effectivement, leurs armes leur conférait un avantage contre lequel ils ne pourraient pas lutter longtemps. Mais pas sans leur faire subir de lourdes pertes. Et cet homme infect, qui titillait sérieusement le sens de la danse de Jaasau, serait probablement la première victime de leur folie sanguinaire.

Il ne l’aimait vraiment pas. Son regard, ses manières… Tout inspirait la méfiance. Cet homme n’était pas fiable, et quoi qu’ils tentent, il essaierait probablement de leur mettre à l’envers. A quoi leur servirait un nom, de toute façon ? A qui le donneraient-ils ? Tout ce cinéma commençait à l’énerver sec. Il émit un claquement de langue impatient puis rejoint Riska, assassinant du regard les gardes qui levèrent promptement leurs armes. Un sourire mauvais se dessina sur ses lèvres. Ils pouvaient le craindre et le prendre pour une menace - ce qu’il était de toute évidence - mais ils ne se méfiaient pas assez de la canonnière. Vraiment pas assez.

«Tu nous demande la clé de Vanylle contre quelques mots. Tu es gonflé. A qui donnerait-on ce nom ? Un pirate ? Un rebut exilé à Vanylle ? Riska a raison. Le voyage d’abord. Le reste ensuite. Si tu veux cette carte tu l’auras. Mais pas sans nous avoir prouvé que tu es fiable.»

Oui, il en avait marre du vouvoiement, c’était particulièrement énervant en langue commune. Il ne savait jamais comment prononcer les mots qui venaient après, et avait toujours l’impression de parler à plusieurs personnes, c’était débile.

Il avait mémorisé l’emplacement des gardes, et estimait leurs chances de trancher la gorge à cet odieux manipulateur avant d’y laisser sa propre vie. Vu la distance qui les séparait, lui ou Riska pourraient sans peine lui infliger une blessure mortelle avant de devoir défendre chèrement leur peau. Simplement, il l’avait déjà dit, il était hors de question de mourir ici, leur quête même pas encore réellement entamée. Jouant avec son couteau, il avait le regard perdu dans le vague - mauvais signe - imaginant les chairs tendres de cet homme se déparer, les artères se sectionner, avec cette faible résistance caractéristique. Puis les nerfs, plus solides, mais faciles à trancher. Et enfin, l’os qui soutenait le crâne, difficile à couper au couteau, crissant contre la lame comme une truie suppliciée. Et l’instant qui suivait, parfois même simultanément, le dernier souffle, dernier pas, qui quittait la gorge dévastée pour rejoindre les voiles éthérées de sa Danseuse.

Pendant qu’il rêvait éveillé sa main jouait avec le poignard, imitant presque le geste. Il reprit ses esprits juste avant de faire une bêtise, et constata que les gardes étaient vraiment à deux doigts de tirer. Cet entretien devait vite cesser, il n’allait pas tenir longtemps. La haine soulevait trop de vagues en lui.

«Je te conseille d’écouter Riska. Elle savoir être pire que moi. Et pas que elle. Les Deux Voix, c’est pas qu’un surnom. Ecoute ce qu’elle dit et tu pourras te coucher dans ton lit de plumes moelleux et ton armée d’coussins sans soucis. Refuse et beaucoup d’emmerdes te tomber dessus. Si on y reste tu crèveras aussi de toute façon.»
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Posté dans Re: [RPFB] Là où nous mène Grand-Vent   - Sam 14 Mar 2015 - 9:31

… Douce Vama. Qu’ils étaient idiots. Pour eux qui ne comptaient la valeur des choses qu’en sang et en or, il serait bien en peine de leur expliquer la valeur que pouvait avoir un simple mot, à Matroos. Il pouvait vous offrir du pouvoir, ou au contraire vous mener à la destruction de votre réputation, de vos privilèges, voire même de votre vie, comme c’était le cas pour Valerian.

«Vous êtes encore pire que ce que je pensais. Ulrik, Léanne. S’il vous plaît.»

Les deux susnommés sortirent de l’ombre derrière Valerian. Ils étaient tous les deux armés, et visiblement présents depuis le début, même s’ils n’avaient pas répondu au premier ordre de l’Illusionniste, quand il avait appelé les gardes à se dévoiler. Léanne devait avoir une vingtaine d’années, et était armée d’un poignard. Elle portait des restes d’uniforme Miliciens, mais une chose était sûre, ils n’était pas à elle. Ses yeux étaient d’un orange sablé, qui rappellerait aux Korruliens les dangers et la beauté de leur désert. Une sang-mêlé. Ulrik, lui, était bâti comme une armoire, mais son teint était un peu trop mat pour qu’il fasse simplement “bronzé”. Ses yeux étaient noirs comme la nuit.

«Sachez une chose, je ne vous déteste pas. Ulrik et Léanne n’ont jamais pu accéder à Vanylle alors qu’ils avaient été abandonnés sur les sols de Vuulte pour y mourir. Vous êtes des bâtards, c’est un fait. Conçus dans le pêché, et nés dans la honte. Abandonnés ou laissés pour morts. Sauf que j’ai besoin de toute la main d’oeuvre possible, et honnêtement il ne m’étonnerait pas que j’aie moi-même quelques fils illégitimes à Sant Poséinos ou même à Vanylle. L’exotisme de Korrul est fascinant. Erik ?»

Son majordome était également présent, et assistait à l’entretien dans un complet silence. Si Riska avait été une enfant, il aurait été nettement plus difficile de le contrôler. Il tenait depuis le début un petit coffret en bois ouvragé, qu’il tendit à Valerian. Ce dernier ignora superbement les deux pirates qui visiblement, se voulaient menaçants (boohoo ça faisait peur), et le posa sur la table pour en extraire les documents qu’il contenait.

«Cette boîte contient une copie de mon acte de naissance, de mon état civil et de mes gages de profession. En tant que citoyen Vuultais. Il contient également mon état civil véritable, et une copie de tous les documents éventuels pouvant prouver mon identité. Et parce que je suis quelqu’un de formidablement sympathique, j’ai même dressé une liste des personnes que ces documents raviraient, afin que vous sachiez à qui les faire parvenir.»

Il rangea chacun des papiers au fur et à mesure qu’il les nommait, puis se retourna vers les pirates. Il perdait un temps précieux, à négocier comme il le faisait.

«Ecoutez-moi. Si Vanylle venait à être découverte par la Milice, je n’en aurais rien à faire. Votre survie ou votre mort m’est parfaitement indifférente. En revanche, dans le cas où mes chères tantes me rapporteraient que les recherches de votre havre pestiféré avanceraient, je pourrais, en gage de notre accord, leur mettre quelques petits bâtons dans les roues. Je ne veux pas y aller moi-même. Juste y entreposer quelques petites choses. Et veillez à ne pas sous-estimer mon bras armé, il est très bien entraîné. Suffisamment pour résister à une bande de coupe-jarrets, vous pouvez me croire.»

Il esquissa un sourire, puis reprit, parfaitement sérieux, glacial même.

«Maintenant, je vous laisse deux options. Vous me donnez cette carte et emportez ce coffret avec vous. Je vous ferai même cadeau de l’or que vous avez puisé dans vos coffres, comme je vous l’ai dit je m’en fiche. Et vous avez ma parole que vous partirez pour Korrul, et en reviendrez. Votre mort ne m’arrangerait pas. La seconde, nettement moins alléchante pour vous comme pour moi, et de mourir ici brûlé à je ne sais combien de degrés par les blaster de mes chers collègues. Ne pensez pas qu’être matroscien fait de moi une petite fiotte qui n’a peur que d’une chose, c’est de froisser ses fringues et se péter un ongle. Je hais ces marchands et bourgeois au moins autant que vous si ce n’est plus. Il va falloir vous rentrer dans le crâne que nous sommes dans le même camp. Quand la Milice gagne du terrain, ça m’emmerde. Et je crois que c’est pareil pour vous.»

Il fit un signe de tête sec à ses gardes, qui armèrent leurs armes et se préparèrent à tirer. Valerian avait les mains croisées dans le dos, et les regardait tous les deux, intensément. Il en avait assez et commençait à perdre patience. Eux comme lui avaient des choses à faire, et il n’était pas dans sa nature d’accepter un refus. Encore quelques semaines, quelques mois et quelques sacrifices en plus, et il pourrait peut-être localiser Vanylle. La cartographie n’était pas son domaine de prédilection, mais ses capacités en calcul et déductions compenseraient largement cette légère lacune dans son éducation.

«Décidez vous, les blaster s’impatientent, et moi aussi.»
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Posté dans Re: [RPFB] Là où nous mène Grand-Vent   - Mer 18 Mar 2015 - 9:07

La situation leur échappait. Clairement, et tout aussi simplement que le fait qu’ils n’étaient que deux, et que l'illusionniste n’avait pas le courage de leur parler honnêtement, sans une armée de blasters pour le protéger. Riska serra les dents, ses mâchoires se contractant visiblement en comprenant que pour cette fois, elle devrait retenir une pulsion meurtrière que sa fierté guidait, et qu’elle se contenterait d’accepter un marché qui ne lui plaisait pas du tout. Révéler l’accès de Vanylle à un homme de ce genre, revenait à prendre d’énormes risques. Mais d’un autre côté, elle le pensait trop avare de son commerce illégal pour aller répandre la nouvelle.

"Drôle de façon de montrer que vous êtes dans notre camp pourtant."

Cracha t-elle tout de même, ne retenant pas tant que ça le venin qu’elle avait envie de lui planter en plein coeur. Tournant les talons, elle s’approcha de la table où trônait plusieurs cartes, et se saisit d’une feuille vierge. Prenant le temps de se faire une petite place sur le bureau de fortune, elle fixa un instant sa future oeuvre et réfléchit à toute vitesse. Devait-elle vraiment prendre le risque ? Instinctivement, elle glissa un regard vers le Baron, cherchant presque désespérément un moyen de se convaincre que c’était leur seule chose à faire. L’idée de mourir l’effleura, mais ne parvint pas à la convaincre. Mais l’image de Jaasau, agonisant devant elle, lui fit serrer les dents un peu plus. Elle préférait mille fois le voir mourir dans un combat digne de ce qu’il était, plutôt que carbonisé lâchement par des soldats. Alors, baissant la tête, elle se mit à dessiner, avec une extrême précision les contours de Matroos. Elle connaissait ce genre de carte par coeur, et il ne lui fallait que quelques minutes pour l’achever, pourtant, juste avant de finir par l’endroit exact où se trouvait Vanylle, elle se stoppa subitement, leva seulement les yeux pour observer la petite assemblée armée et lâcha finalement :

"Oh… désolée mais… toutes ces armes vers moi… j’ai du mal à me concentrer…"

Elle grimaça, imitant à perfection un malaise ironique, et haussa les épaules, interrompant en même temps, son croquis. Se redressant, elle fixa tour à tour chaque garde qui les encerclaient, prenant le temps de faire peser sur eux, un regard brillant de folie meurtrière et de défi. Qu’elle soit menacée de mort lui importait peu, elle l’avait déjà frôlé tant de fois qu’elle lui était familière. Et ce n’était sûrement pas une bande de mercenaires armés jusqu’aux dents qui commenceraient à lui mettre les jetons. D’autant qu’elle les trouvait bien lâches, chacun avec un blaster pointé sur Jaasau et elle, sûrement incapables de venir les affronter au corps à corps. C’était tellement plus facile d’appuyer sur une gâchette, sans avoir à prendre le risque de mourir.

En attendant, son regard animal se déplaçait lentement, sans qu’elle ne rajoute un mot. Lorsqu’il tomba enfin sur l’instigateur de tout ce cinéma, elle darda sur lui des yeux inquisiteurs, où flottait une lueur mêlant mépris et amusement. S’il pensait les effrayer avec ses menaces, s’il pensait les impressionner avec ses grands mots et ses belles explications. Elle exécrait les hommes comme lui, qui se disaient comme eux, mais qui ne prenaient jamais le risque de se mouiller dans un combat. Quelle belle puissance en effet. Cette puissance, sur laquelle elle crachait. Elle se retint d’illustrer sa pensée, et pencha plutôt pour une large sourire, carnassier et insolent, dans lequel elle fit clairement comprendre que s’il décidait que les tuer, elle l'emmènerait avec lui.




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Posté dans Re: [RPFB] Là où nous mène Grand-Vent   - Lun 23 Mar 2015 - 15:24

Jaasau était convaincu d’une chose, et d’une seule. Deux, en fait. La première : Il ne voulait pas rester une minute de plus dans cet endroit sordide. Nul doute que dans les airs, personne n’aurait osé leur imposer quoi que ce soit. Malheureusement, ils avaient du consentir quelques sacrifices pour en arriver là, et la perte de leur principal avantage - Grand Vent - faisait partie du lot. Soit. La deuxième: il ne voulait plus jamais revoir cet homme. Jaasau était un homme qui des centaines de fois avait montré plusieurs choses. Sa sauvagerie, son ignorance de la morale humaine, son étrange folie, presque occulte, et surtout, un sens aigu de l’honneur. Il n’affrontait jamais un adversaire blessé au point de l’handicaper au combat, et ne dansait qu’avec ceux qu’il choisissait, ou qui le forçaient à le faire. S’il avait du mal à comprendre ce que racontait l’Illusionniste, il savait en revanche une chose : c’était un homme d’affaires, s’il lui donnaient ce qu’il voulait, ils auraient leur part en retour. Le mépris, le dégoût… tout ceci était secondaire quand on parlait de profit.

Il jeta un regard assassin à chacun des gardes présents, son regard mordoré leur signifiant mieux que des mots qu’ils avaient intérêt à tirer très, très vite s’ils ne voulaient pas finir en charpie. Avisant l’Illusionniste, il put voir le signe qu’il fit aux gardes, qui baissèrent leurs armes.

«Continue Riska… Je vais devenir dingue. Tant pis pour la carte. On pourra racheter tout Matroos avec le trésor. Pour moi la carte n’a aucune valeur. Des miliciens à Vanylle ? Très bien. On commence à manquer de danseurs dignes de ce nom.»

Il posa la main sur son épaule en signe d’encouragement, puis fixa celui qui les avait fait venir dans ce trou à rat des dizaines de fois plus immondes que les rues pestilentielles de Vanylle, au goût du Baron.

«Tu l’auras, ta carte. Mais ne t’avise plus jamais de sous-estimer un pirate. Tu es loin de pouvoir imaginer notre vie. Et notre façon de la combattre.»

En guise de remerciement pour le don de l’Illusionniste, de son coffret stupide et de son accueil, il cracha au pied du Matroscien avec toute la hargne dont il était capable. Un rictus mauvais se dessina sur ses lèvres quand il vit les armes bouger légèrement aux limites de son champ de vision.

«Calmez-vous les filles. Je aller pas le tuer. Pas aujourd’hui, en tout cas.»

Il prit le coffret et observa rapidement ce qu’il y avait dedans. Il avait au moins eu la décence de faire écrire les papiers en Joyellien. Même si les originaux étaient en matroscien. Il y avait bien quelqu’un qui parlait cette putain de langue à Vanylle, de toute façon.

«Si t’as rien d’autre à nous extorquer, on s’tire.»
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Posté dans Re: [RPFB] Là où nous mène Grand-Vent   - Sam 4 Avr 2015 - 4:40

Les négociations touchaient effectivement à leur fin. Esquissant un petit sourire, Valerian alla récupérer la carte de Vanylle, qu’il rangea précieusement dans la poche de sa veste. Les deux pirates étaient presque mignons, à chercher l’accord de l’autre d’un regard, s’exhorter et se rassurer l’un l’autre. Si Valerian n’avait pas manqué à ce point d’empathie, il aurait probablement été ému par cette complicité qui semblait les unir. Il sélectionna ensuite trois hommes, qui descendirent de leurs perchoirs, armes baissées, pour escorter les deux pirates.

«Cher capitaine, il se peut fort que vous ne me tuiez jamais, je ne pense pas que vous ayez l’envie de revenir ici, même dans vos pires cauchemars. Quant à moi, je ne tiens surtout pas à ce que l’on fasse une quelconque relation entre vous et moi. Vous avez votre monde, et moi le mien. Il est bon que nous restions chacun de notre côté. Veuillez quitter cet endroit maintenant. Je vous ferai parvenir un message quand la Vivenef sera prête à vous embarquer pour Korrul.»

Vérifiant qu’il n’avait rien oublié, il se retourna, et avec le reste de son escorte armée, quitta le hangar par une porte de service, non loin du lieu de… “négociation”. Le jeune matroscien était plutôt content de l’issue de cette conversation. Peu lui importait, finalement, la présence de tout cet or (hypothétiquement) par delà les frontières du pays. Bien qu’il espérât la présence de documents anciens pour son propre savoir, il se fichait éperdument de l’argent. A quoi lui aurait-il servi ? Racheter la ville ? Les joutes contre les commerces, Marchands et autres bourgeois étaient bien plus intéressantes et compétitives, et Valerian avait un esprit sportif très prononcé. Une telle avance sur les matchs ne l’intéressait pas.

Son majordome l’attendait à l’extérieur, aux commandes d’un petit module de transport aérien personnel. Une autre des nombreuses preuves de la richesse de Valerian. Les hommes en armes se dispersèrent, et ils décollèrent.

Votre après-midi fut-elle concluante, Monsieur ?

Vous n’imaginez pas à quel point, Erik… Je propose d’ailleurs que nous nous rendions au Celestum, histoire d’y déguster un bon petit plat pour fêter ça. Passons par l’appartement vous prêter des habits un peu plus… décents. L’uniforme de majordome ne vous sied guère en tant que client du restaurant.

Votre générosité m’honore, Monsieur. »

Valerian ne répondit rien, surprenant le regard amusé d’Erik. Le quinquagénaire savait très bien que son patron était tout sauf généreux, et qu’il se moquait totalement des conventions sociales, qu’elles soient bourgeoises ou marchandes. D’où son invitation à dîner. Chose qu’un bourgeois n’aurait probablement jamais faite, vu les conséquences que cela aurait eu sur sa réputation. Mais après tout, il ne l’était pas vraiment.

Quant à cette carte, elle deviendrait rapidement son bien le plus précieux. Et il ferait de son mieux pour que le voyage des pirates se déroule sans accroc. Pas pour qu’ils s’en sortent, mais plutôt pour éviter que les documents qu’il leur avaient confiés soient révélés, et qu’ils aient une dette de reconnaissance envers lui. Car si effectivement ce trésor existait et renfermait ce que Valerian espérait, ils allaient devoir se partager la part du gâteau.

«J’aurais peut-être du leur dire que je comptais récupérer les documents qui figuraient peut-être dans le magot... »

Erik et lui ricanèrent de concert, ce qui, vu par une tierce personne, aurait eu le même effet que la plus terrifiante des scènes de massacre.
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Posté dans Re: [RPFB] Là où nous mène Grand-Vent   - Jeu 9 Avr 2015 - 4:11

Un long soupir de soulagement s’échappa des lèvres de Riska lorsque la lumière du jour l’éblouit à nouveau. Agréablement surprise, elle cligna des yeux à plusieurs reprises, inspirant l’air toujours aussi nauséabond de Vuulte. Cet air pourtant, elle était presque heureuse de pouvoir le sentir, tant elle avait était si proche de ne plus rien respirer du tout. Les négociations avec Valérian s’étaient révélées bien plus compliquées que prévu, et si les pirates avaient du révéler l’emplacement de Vanylle, ils en ressortaient tout de même avec ce qu’ils étaient venus demander. Un trajet direct pour Korrul.

Ce trajet pour lequel ils avaient bataillé dur, et qui avait, pour la première fois depuis longtemps, fait douter la canonnière sur son envie de mourir. Elle n’avait pas peur de la mort, elle la côtoyait chaque jour. Mais périr aussi lâchement dans un entrepôt plein à craquer de soldats prêts à tirer au moindre souffle, était loin d’être sa mort idéale. Elle aurait peut-être pu en tuer quelques un avant de trépasser, mais si peu, pour une pirate sauvage et vivant pour combattre.  Ses dieux ne l’auraient même pas accepté auprès d’eux, si elle avait périt aussi facilement.

Quoi qu’il en soit, ils avaient survécu à un marchandage bien plus complexe qu’ils l’auraient voulu, et se retrouvaient maintenant, dans un petit vaisseau manié par l’un des hommes de Valérian. Deux autres molosses à blasters les escortaient, peut être pour être certains que les pirates ne se vengent pas sur le conducteur.

"La première étape de notre belle aventure est réussie. J’ai hâte de voir tout ces combats que nous réservent la suite. C’lui là était bien trop… intellectuel."

Un large sourire traduisant toute la folie de la jeune femme se dessina sur son visage, alors qu’elle jetait un regard animal à l’un des gardes qui tentait de comprendre ce qu’elle venait de dire. Au loin, la silhouette du vaisseau annexe du Pourfendeur des Vents se traduisait à travers les brumes du littoral. Bientôt, ils seraient de retour dans la ville détestable et puante qu’ils venaient de vendre, pour le plus grand des trésors.
Spoiler:
 




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Posté dans Re: [RPFB] Là où nous mène Grand-Vent   -

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