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« Chaque rencontre est unique. » [VIOLENT] [Privé: Kalysta Klytië & Dhungaärd Hasëkar]

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Posté dans « Chaque rencontre est unique. » [VIOLENT] [Privé: Kalysta Klytië & Dhungaärd Hasëkar]    - Mar 26 Fév 2013 - 6:22

Rappel du premier message :


Depuis combien de jours Noomïa avait-elle quitté la Peuplade ? A vrai dire, la jeune déserteuse avait arrêté de compter depuis qu’une tempête de neige l’avait forcée à se faire un abri des plus archaïques à l’aide de son lien si précieux. Ayant du se séparer de sa monture pour éviter se s’encombrer, elle s’était donc retrouvée seule dans son périple. Bien déterminée à quitter les Erfeydes afin d’aspirer à une vie meilleure, la demoiselle se laissait donc guider par ses sens aiguisés tout en prenant garde de ne pas se faire piéger. Seule contre tous, tel était devenu son statut. Cependant, elle s’en fichait royalement et n’en restait pas moins convaincue que son peuple sans foi ni loi courait à sa perte à cause de ce Gardien qui n’était qu’un prétexte pour expliquer tous les faits et gestes possibles et inimaginables. Peu lui importait d’avoir choisi un chemin des plus ardus à cause de la nature des gens qui l’avait arpenté, peu lui importait de devoir fuir sans cesse pour arriver à atteindre ses rêves du bout des doigts… Tout ce qu’elle souhaitait était de partir, loin de cette terre où le froid régnait en maître.

Ainsi, Noomïa passait ses journées à crapahuter dans la neige sans vraiment avoir une destination fixe tout en évitant soigneusement les points de rassemblement. Lorsque la nuit tombait, elle se mettait à la chasse en s’aidant de son affinité si poussé avec cet élément qui était le sien et qui lui permettait de voir le monde à sa façon. Les débuts furent difficiles et bon nombre de fois la jeune fille passa des journées sans manger… Mais l’instinct de survie finit par rentrer, et elle devint très vite assez habile dans la matière pour satisfaire un minimum son estomac grognon. Les seuls points qui continuaient de l’effrayer concernaient les autres, ceux qui la pourchassaient pour en finir et la traquaient sans relâche. Combien de fois avait-elle du ruser, filer, se cacher, pour éviter de se faire tuer ? Bien trop pour pouvoir les compter et cela n’était que le début.

Cela faisait deux jours à présent qu’elle n’était pas tombée sur un de ses semblables. Marchant silencieusement tout en évitant d’être trop à découvert, Noomïa donnait l’impression de regarder au loin, comme pour tenter de voir quelque chose dans le décor d’un blanc immaculé. Cependant, ses yeux ne discernaient rien, pas la moindre lumière, pas la moindre forme et ce, depuis ça naissance. De ce fait, la demoiselle se concentrait pour arriver à voir à sa manière en utilisant son affinité avec la terre. Se fiant à chaque vibration elle avançait aussi prudemment qu’une pauvre bête traquée, et réagissait à chaque sensation suspecte.

C’est alors qu’une présence se fit ressentir, une présence qui approchait et qui allait bientôt la surprendre. N’ayant rien d’animale, Noomïa sut très rapidement qu’il s’agissait d’une personne. Mais de quel camp ? A priori, elle était seule, mais cela pouvait très bien être un éclaireur. N’attendant pas une seconde de plus, la fuyarde commença à accélérer la marche tout en restant camouflée par le décor dans le but de contourner l’inconnu qui se dirigeait vers elle et dans l’espoir de ne pas se faire repérer. Par précaution, elle usa de son lien avec l’Ithylium pour couvrir ses mains de gants en terre munis de griffe. Le combat ne faisait pas parti de ses atouts mais si la situation dégénérait, elle devait être préparée à toute éventualité. La confiance n’avait jamais été son point fort, et depuis qu’elle avait décidé de rejoindre les Déserteurs, elle était devenue inexistante. Cependant, un étrange pressentiment lui donnait l’impression que s’il y avait rencontre, celle-ci ne serait pas des plus déplaisantes... Vérité ou mensonge ?

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Posté dans Re: « Chaque rencontre est unique. » [VIOLENT] [Privé: Kalysta Klytië & Dhungaärd Hasëkar]    - Sam 23 Mar 2013 - 7:34


Et maintenant ? Telle était la question qui avait effleuré l’esprit de Noomïa. Fuir avait été une belle chose, toutefois, elles se retrouvaient à présent seules, au beau milieu de la forêt qui grouillait d’ennemis en tout genre. La chose qu’elles avaient fuie devait être loin maintenant, mais ce n’était pas une raison pour se sentir apaiser. Bien au contraire.

La demoiselle sentit alors son acolyte bouger à ses côtés, comme si elle cherchait quelque chose parmi les pins qui s'éparpillaient en masse un peu partout. Perdues au milieu de nulle part, voilà où elles se trouvaient. Vulnérables comme jamais elles ne l’avaient encore été, elles pouvaient être facilement prises en embuscade par des membres de la Peuplade ou de la Faction. Puis, il y avait cet étrange village dont la demoiselle à la chevelure de cuivre avait entendu parler, non loin de l’endroit où elles déambulaient dans la tempête.

Perdue dans ses pensées, la jeune fille finit par sursauter lorsqu’elle perçut la voix de l’inconnue. Un retour à la réalité qui lui colla des frissons dans le dos et une envie folle de courir sans s’arrêter. Toutefois, elle se contrôla et décida de puiser dans ses forces pour essayer de trouver une solution. Ainsi, et sans dire un mot, elle s’accroupit et posa ses mains toujours gantées étrangement au sol. Si elle n’avait pas de solution, son fidèle allié, lui, l’aiderait à en trouver une.

De ce fait, Noomïa resta un moment dans cette position, calme et concentrée pour analyser les vibrations et autres caractéristiques qui pouvaient s’avérer utile en usant de son don. C’est alors qu’elle sentit une étrange déformation… Un affaissement similaire à un trou… Se relevant avec vitesse tout en baignant toujours dans sa transe, elle laissa alors échapper quelques mots de sa bouche sur un ton lointain et énigmatique.

« Il y a quelque chose par là… Vite. »

Ni une ni deux, elle se lança entre les arbres en alliant vitesse et agilité. La course ne dura que quelques que secondes et lorsqu’elle fut devant cette chose qu’elle avait sentit, elle repéra un buisson à tâtons… Ou du moins quelque chose de touffu et massif. Parfait, le trou se trouvait en dessous, il suffisait juste de se frayer un chemin à l’intérieur. Sentant alors la présence de la Déserteuse à ses côtés, la demoiselle aux yeux pâles lui lança une phrase, puis rentra dans le « buisson » comme une petite brute.

« Par ici ! Il faut forcer ! »

La traversée fut courte, mais douloureuse. Quelques branches avaient éraflé sa joue, toutefois, et lorsque le moment désagréable fut passé, Noomïa se retrouva dans un petit coin assez profond et caché pour abriter deux personnes accroupies. Voilà qu’un peu de répit se profilait à l’horizon.

S’asseyant alors en sol en adoptant une position en tailleur, la Déserteuse attendit que sa rencontre de la journée ne la rejoigne pour reprendre la discussion.

« Je pense que ça ira pour le moment. De toute façon, il n’y avait pas mieux. »

Ne s’arrêtant que quelques secondes pour reprendre son souffle, elle continua en faisant entendre d’une voix détachée.

« Au fait, moi, c’est Noomïa, Noomïa Eosylys. »

D’ordinaire, les présentations se faisaient toujours en premier. Cependant, et dans ces conditions, dire son prénom n’était vraiment pas la chose à faire. Mais après tout ce qu’il venait de se passer, la jeune fille aveugle avait décidé de briser la glace pour instaurer un nouveau climat de confiance. La méfiance s’était envolée même si elle planait toujours au dessus de sa tête, mais ce n’était pas une raison pour se fermer, bien au contraire.




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Posté dans Re: « Chaque rencontre est unique. » [VIOLENT] [Privé: Kalysta Klytië & Dhungaärd Hasëkar]    - Lun 25 Mar 2013 - 4:08

    Lorsqu'elle avait demandé à la petite Déserteuse si elle avait une idée à proposer, Kalysta ne s'attendait pas à assister à un tel spectacle. Voir les Erfeydiens user de leur Lien avec l'ithylium l'avait toujours fascinée et elle était chaque fois plus étonnée de voir la multiplicité des utilisations qu'il pouvait y avoir à partir de quelques simples gouttes de cette étrange et quelque peu magique substance. Elle pensa que son Lien avec la terre permettait à la jeune aveugle de compenser ou combler sa cécité, c'était une chance ou même mieux, un miracle pour elle. La preuve en était que grâce à son Lien, la jeune fille voyait encore mieux que la grande blonde puisqu'elle-même avait été incapable de trouver un lieu sûr pour elles deux.

    Lorsque Kalysta vit détaler sa compagne, elle ne se posa pas de questions et décida de la suivre. Petit à petit la méfiance qu'elle éprouvait à son égard s'amoindrissait, c'est pourquoi elle lui emboîta le pas sans broncher. Elle la suivit à distance, prenant quand même garde à observer les alentours et la rejoignit alors qu'elle se trouvait devant un buisson étrangement touffu malgré le climat polaire. Certaines espèces végétales avaient été forcées de se transformer et s'adapter aux conditions climatiques des Erfeydes, mais il était quand même rare de croiser des arbustes bien feuillus. Cela dit, la forêt était un écosystème à part entière, et les températures y étaient différentes qu'en plaine grâce aux arbres qui contraient le vent et les giboulées.

    Cependant, la plus âgée des deux Déserteuses ne comprenait pas vraiment où l'autre voulait en venir avec ce buisson, même avec sa phrase d'explication. Elle l'observa quelques secondes puis comprit qu'elle était en train de s'enfoncer dans l'arbuste. Sûrement voulait-elle se cacher en son centre, mais les branches devaient former une barrière infranchissable. Dubitative, Kalysta imita la petite inconnue.

    La traversée fut difficile, les branches lui griffaient le visage et les mains. Heureusement d'ailleurs que son manteau était assez épais pour contrer l'attaque des branches sèches, sinon ses bras et son dos en aurait pâti également. Elle s'enfonca péniblement dans le buisson jusqu'à apercevoir un trou dans la terre. Ainsi elle comprit l'intérêt de se réfugier dans ce végétal. L'espace y était réduit, elles devraient se serrer un peu pour y tenir toutes les deux, mais au moins elles seraient à l'abri du vent et des regards.

    Kalysta s'assit sur le sol meuble aux côtés de l'inconnue, serrant ses jambes près de son corps autant qu'elle le pouvait, et répondit brièvement à sa justification par rapport au lieu qu'elle avait choisi pour les abriter.

    - Ca ira pour cette nuit, au moins on est à l'abri.

    Elle n'était pas du genre difficile quand il s'agissait de trouver un abri. Le plus important était de pouvoir dormir correctement, sans se soucier d'être repérée à tout moment. Les journées étaient longues et rudes pour les Déserteurs, la moindre des choses pour survivre était de pouvoir se reposer la nuit afin de récupérer un maximum d'énergie. C'est pourquoi cet abri était parfait, même s'il était petite et peu confortable, mais ce n'était de loin pas un des critères les plus importants.

    Puis l'inconnue se présenta. Kalysta ouvrit de grands yeux ronds que l'autre Déserteuse ne pouvait heureusement pas voir. Elle était étonnée qu'elle décide de lui communiquer son prénom. Après tout, cela faisait plusieurs heures qu'elles étaient ensemble et à aucun moment la blonde n'avait ressenti le besoin de se présenter. Elles avaient été sur leurs réserves jusqu'à présent, et le fait de dévoiler leur identité détendait soudainement l'atmosphère et tissait un lien de confiance entre les deux femmes. Kalysta était un peu réservée à l'idée de se dévoiler, mais elle décida de jouer le jeu. Après réflexion, elle n'avait pas grand chose à perdre.

    - Kalysta Klytië. Peut-être que mon nom te dit quelque chose?

    Même si elle redoutait que la petite Déserteuse puisse la reconnaître, elle était quand même curieuse de savoir si celle-ci connaissait son histoire et quelle réaction elle adopterait si elle la reconnaissait. Kalysta n'allait certainement pas lui parler de son passé mais il n'était pas impossible que la dénommée Noomïa en sache déjà beaucoup sur elle. Kalysta la toisa d'un air interrogateur, à la fois impatiente et effrayée de sa possible réaction.
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Posté dans Re: « Chaque rencontre est unique. » [VIOLENT] [Privé: Kalysta Klytië & Dhungaärd Hasëkar]    - Mar 26 Mar 2013 - 7:15


Le gros buisson, dans lequel les deux Déserteuses se trouvaient, n’avait rien à voir avec la grotte plongée dans la pénombre qu’elles avaient quittée quelques instants plus tôt. On ne pouvait bouger, et se mettre debout était impossible. Toutefois, et confinées ainsi, le froid se faisait moins mordant et il était plus facile de se réchauffer.

Ayant rabattu ses jambes contre sa poitrine, Noomïa avait posé la tête sur ses genoux. Le faciès d’une neutralité étrange, elle semblait être détachée de la situation… Comme si tout cela était normal… Après tout, elle l’était non ? Fuir, se cacher, courir… Tel était le destin de ceux qui quittaient la Peuplade de gré ou de force. Seules les rencontres étaient moins courantes…

Ainsi, et lorsque l’inconnue finit par se présenter à son tour, la demoiselle aux yeux pâles releva la tête comme pour traduire un soudain intérêt. Kalysta Klytië, voici un nom qui ne lui paraissait pas inconnu. Peut-être se trompait-elle ? C’était fort possible étant donné que le monde était vaste. Néanmoins, et après une profonde réflexion… Elle fut sûre et certain d’avoir au moins entendu ce nom de famille quelque part.

« Klytië… »

Le mot issu de ses pensées avait fini par sortir de sa bouche en un souffle… Pensive et silencieuse, la jeune fille à la chevelure cuivrée s’était à nouveau plongée dans le silence pour réfléchir après cette intervention inutile pour arriver à mettre de l’ordre dans son esprit. C’est alors que le visage d’un homme lui apparut… Un homme que sa famille lui avait présenté. Impossible de remettre un prénom sur son visage, pourtant elle était sûre qu’il portait aussi ce nom. Un frère ? Un cousin ? Le miracle semblait perdurer, toutes les possibilités étaient envisageables à présent. C’est pourquoi, et après un moment de réflexion intense, Noomïa finit par se faire entendre de façon plus claire tout en se tournant vers Kalysta.

« Je crois… avoir connu un Klytië… Un jeune homme, que ma famille m’a présenté, il y a quelques années. Il avait une sœur avec lui, si je me souviens bien… Mais c’est tout ce dont je me souviens. »

Impossible pour elle de faire une description physique de l’homme. Toutefois, elle pouvait parler de son psychisme et des sensations qu’elle avait ressenties. Mais avant de partir dans ce genre de délire qu’elle seule comprenait, elle préférait en savoir plus… Peut-être qu’un lien existait entre la Déserteuse et ce prétendant… Prétendant avec qui d’ailleurs, elle avait partagé le même sentiment. En tout cas, et si la réponse s’avérait positive, Noomïa était persuadée qu’elle n’oublierait pas la journée de si tôt. Deux miracles en si peu de temps relevait de l’impossible… Ou alors cela cachait des choses bien sombres à venir.
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Posté dans Re: « Chaque rencontre est unique. » [VIOLENT] [Privé: Kalysta Klytië & Dhungaärd Hasëkar]    - Mar 26 Mar 2013 - 9:35

    Alors que Kalysta était déjà passablement pressée et impatiente de savoir si oui ou non la petite Déserteuse se souvenait d'elle d'une quelconque manière, cette dernière faisait involontairement durer le suspense. Lorsque l'inconnue, qui ne l'était plus vraiment à vrai dire, maintenant qu'elles avaient toutes deux dévoilé leur identité, répéta dans un souffle son nom de famille, Kalysta se concentra sur son visage afin d'essayer d'en déchiffrer l'expression. C'était une tâche difficile compte tenu des yeux inexpressifs de sa compagne, ce qui avait quelque chose de fascinant et d'effrayant en même temps.

    Son coeur battait la chamade, alors que l'autre réfléchissait profondément. Plusieurs secondes s'étaient écoulées, mais ça aurait pu être des heures, ça ne faisait aucune différence. A quoi donc pouvait elle bien penser si intensément, y avait-il un souvenir qu'elle essayait de faire remonter à la surface?

    Sa réponse tomba finalement comme un couperet, si bien que la blonde en eut le souffle coupé. La demoiselle aux cheveux cuivrés parlait lentement, et à chaque mot qu'elle prononcait son coeur se serrait un peu plus. A la fin de la phrase, elle marqua un temps de suspens. Un nombre infiniment grand de souvenirs se bousculaient dans son esprit.

    - Bradàn?! Tu connais mon frère? Et ma petite soeur?

    Elle aurait voulu poser mille questions mais elle doutait que ce soit une bonne idée. Intérieurement, elle était très excitée et impatiente d'en savoir plus, mais elle se continait volontairement. Même dans ce genre de situations, elle prenait garde à toujours cacher ses sentiments autant qu'elle le pouvait, et même si on sentait l'interrogation et le désir d'en savoir plus dans ses paroles, elle n'exprimait absolument pas tout ce qui bouillonnait en elle. Quoi qu'il arrive, elle garderait le contrôle.

    Désormais elle n'avait plus aucun doute, c'était forcément le Gardien qui avait fait en sorte que le chemin des deux Déserteuses se croise. Après tout ce temps, cette incertitude, ces doutes et ces espoirs, elle allait enfin en savoir plus. A ce moment précis elle était tellement heureuse d'avoir gardé la foi et d'avoir réussi à survivre jusqu'ici qu'elle aurait pu hurler sa joie au monde entier et offrir son propre corps en sacrifice au tant aimé Gardien. Mais mieux valait ne pas se réjouir trop vite, car peut-être la jeune fille aux cheveux cuivrés n'avait pas que de bonnes nouvelles à lui apporter.

    De toute façon, elle allait être fixée très rapidement.
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Posté dans Re: « Chaque rencontre est unique. » [VIOLENT] [Privé: Kalysta Klytië & Dhungaärd Hasëkar]    - Jeu 28 Mar 2013 - 8:07

Bradàn?! Tu connais mon frère? Et ma petite soeur?

Comment ne pas réagir face à cela ? Tout paraissait vraiment irréel. Noomïa ne s’était pas relevée brusquement à l’annonce de cette révélation déstabilisante, mais elle avait froncé les sourcils en relevant la tête avec rapidité. Bradàn ! Oui, c’était bien le nom de ce jeune homme qu’elle avait rencontré par le passé pour un éventuel mariage. Toutefois, tout deux n’avaient pas eu envie, lui voulait être Factionnaire, et elle ne rêvait pas du tout de ce genre de chose. L’échange entre eux deux avait été court et un minimum poli, la preuve, la demoiselle au caractère bien trempé en avait complètement oublié son prénom. Seuls ceux qui lui avaient cherché des noises restaient à graver dans son esprit. Un détail qui en disait long...

Silencieuse en dépit de l’étrange sentiment qui se lisait sur son visage, la Déserteuse ne savait pas par où commencer. Ainsi, elle se contenta de laisser échapper quelques bruits bizarres de sa bouche qui ne constituaient en rien une phrase.

« Heu… Je… heu… »

Les Erfeydes étaient vastes, et voilà qu’elle se retrouvait face à la sœur d’un homme qu’elle avait connu brièvement. N’ayant aucun souvenir d’une autre sœur, elle tenta alors de se souvenir de quelque chose tout en s’exprimant correctement pour ne pas laisser Kalysta dans le doute.

« En fait… je l’ai rencontré, une fois, il y a longtemps… Pour une histoire de mariage qui ne nous plaisait pas vraiment. Si je me souviens bien, il allait être Factionnaire… Je crois qu’il a mentionné une sœur… Après… On n’a pas beaucoup discuté. »

L’instant furtif avait de l’âge et tout n’était plus très clair dans son esprit. Le jeune homme n’en avait pas dit plus et de son côté, elle n’avait pas cherché à en savoir plus sur sa famille. Elle avait entendu dire, par contre, qu’il n’avait plus de parents, et qu’il vivait seul, toutefois, jamais elle n’avait accordé d’importance à ces dires malsains qui se rapprochaient trop des rumeurs. Ainsi, elle avait continué à vivre sa vie, et n’avait jamais eu l’occasion de revoir ce fameux Bradàn.

« Je ne l’ai jamais recroisé après. »

Ne pas faire espérer, tel avait été le but de sa dernière phrase. Noomïa ne savait pas pourquoi Kalysta avait rejoint le camp des Déserteurs, mais son comportement qui venait de changer à la pensée des siens laissait clairement entendre qu’elle n’avait pas souhaité ce qui était arrivé… Au contraire. Toutefois, et même si la demoiselle aux yeux pâles aurait aimé en savoir plus sur cette famille, elle préféra se taire et garder sa curiosité pour plus tard. Après ce qu’elle venait de révéler, sa congénère allait sûrement mettre un moment avant de retrouver son état normal. Cette rencontre relevait du miracle, c’était tellement incroyable qu’il y avait de quoi se poser des questions. A croire qu'elles baignaient toutes deux dans un rêve et doutaient fortement concernant la réalité de la situation qui était tout de même bien présente.
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Posté dans Re: « Chaque rencontre est unique. » [VIOLENT] [Privé: Kalysta Klytië & Dhungaärd Hasëkar]    - Jeu 28 Mar 2013 - 8:58

Visiblement Noomïa devait fouiller dans des souvenirs lointains pour lui apporter une réponse claire, nette et précise, ce qui n'aidait pas Kalysta à se calmer. Cette dernière avait l'image de son frère, là, devant ses yeux, si réaliste qu'elle aurait pensé pouvoir le toucher. Mais ce n'était qu'une illusion. Elle essayait de l'imaginer avec la petite Déserteuse, d'imaginer ce qu'ils avaient bien pu avoir en commun. Leur rencontre s'était certainement faite après son exclusion, sinon elle se serait sans doute rappelé l'étrange regarde de la jeune fille. Avait-elle été importante pour lui? Avaient-ils échangé des informations qui pourraient l'intéresser? Tant de questions qui se bousculaient à sa bouche et qu'elle se refusait de prononcer tant qu'elle n'en saurait pas plus.

Lorsqu'elle l'entendit balbutier, elle se dit que lui mettre la pression n'était pas forcément une bonne idée. Il fallait qu'elle se contienne, car apparemment son empressement à avoir des nouvelles de son frère était plus que palpable, ce qui mettait l'autre demoiselle dans un certain état de stress ou de confusion. Ainsi, Kalysta se recula un peu, laissant à Noomïa un peu de place et d'air afin de rassembler ses idées.
Lorsqu'elle prit enfin la parole, Kalysta écouta attentivement. Elle ne dit pas grand chose mais toutes ses informations étaient précieuses aux yeux de la blonde.

Sa dernière phrase sonna le glas de tous ses espoirs. De toute évidence, elle ne lui en dirait pas plus, parce qu'elle n'en savait pas plus.

Muette, Kalysta se plongea dans ses pensés, décortiquant chaque phrase, chaque mot. Elle avait envie de se lever, partir, s'enfoncer dans la forêt aussi profondément que la manière dont elle voulait graver ces paroles dans son esprit. Mais la nuit était tombée désormais, et il était exclu qu'elle aille se promener seule dans la forêt.

Un mariage... Il était de coutûme chez les Erfeydiens de se marier très tôt. Généralement les parents présentaient un homme à leur fille, et elle n'avait pas le choix que d'accepter. Cela ne l'étonnait pas, qu'on ait choisi son frère comme potentiel époux. En revanche, le mariage ne s'était pas produit, ce qui était étrange, même si ce n'était pas le souhait de Noomïa.

La raison était sûrement qu'il souhaitait devenir Factionnaire. En y repensant, cela semblait vraiment étrange. Pourquoi aurait-il été proposé en tant que prétendant s'il savait qu'il voulait entrer dans la Faction? A moins qu'il ait pris sa décision entre temps, cela semblait invraisemblable. De plus, jamais il n'avait parlé de son intention à Kalysta. Qu'est-ce qui lui était donc passé par la tête?
Mais alors, s'il était vraiment devenu Factionnaire... Kalysta en eut des frissons dans tout le corps. Il était probablement là, quelque part, à la poursuite des Déserteurs et donc, à sa poursuite. On ne rigolait pas avec la Faction ! Si elle croisait enfin son chemin à nouveau, ce qu'elle souhaitait plus que tout au monde, il serait obligé de la tuer, ou au moins de la faire prisonnière.

Pourquoi? Pourquoi avait-il choisi cette voie? Il était son frère, voilà qu'il était désormais son ennemi. Tout s'écroulait. Son seul espoir était que tout ça ne soit qu'un malentendu, une fausse rumeur qui s'était répandue dans les airs ou un mensonge qu'il avait délibérément laissé échapper.

*Oh noble et divin Gardien, toi qui as veillé sur moi jusqu'à maintenant, toi qui m'as permis de garder espoir, tu qui m'as réuni ici avec cette fille, ... Dis-moi que tout n'est pas perdu, qu'il y a encore un espoir. Fais-moi un signe, je t'en supplie et t'en conjure.*

Cela ne pouvait pas se terminer comme ça, il devait y avoir une autre issue, elle était simplement trop naïve pour la voir. Kalysta supplia mentalement le Gardien de lui venir en aide puis, soudain, elle se souvint de la présence de la petite Déserteuse à ses côtés. Elle disait ne l'avoir plus jamais revu après cet épisode. Cependant Kalysta devait s'assurer de la véracité de ses propos précédents.

- Factionnaire? Tu en es sûre? Et... Et tu ne peux rien me dire d'autre?

Elle espérait que la jeune fille aux cheveux cuivrés avait oublié un détail, un détail crucial, et qu'elle allait s'en souvenir et apaiser son esprit. Il y avait peu d'espoir, mais on ne sait jamais. De toute façon, rien ne serait plus jamais pareil à compter de ce jour.
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Posté dans Re: « Chaque rencontre est unique. » [VIOLENT] [Privé: Kalysta Klytië & Dhungaärd Hasëkar]    - Mar 2 Avr 2013 - 12:35


La réponse de Noomïa avait sans douté éveillé de lointains souvenirs. Souvenirs qui changeaient radicalement le visage de Kalysta. Pensive, cette dernière ne disait plus rien et semblait totalement perdue. La demoiselle à la chevelure de cuivre sentait cette différence d’ambiance… Tout avait changé… Le timbre de sa voix, le rythme de ses inspirations… Puis ce silence, si pesant, avait de quoi mettre mal à l’aise.

Ainsi, la Déserteuse aux yeux pâles décida de fouiller un peu plus dans sa mémoire pour essayer de se souvenir du moindre détail qui aurait pu lui échapper. Toutefois, il lui était bien difficile de se souvenir des sensations, et des mots qu’ils avaient pu lui dire. Tout avait été si vite, puis elle n’avait pas été très réceptive étant donné qu’elle n’avait jamais voulu se marier. Ce fut donc la voix de Kalysta qui réveilla en elle quelques petites précisions.

En effet, elle semblait choquée par le choix de son frère concernant la Faction et souhaitait savoir s’il n’y avait pas eu erreur. Hors, c’était sûrement la chose dont elle était sûre à cent pour cent.

« Je suis sûre, il allait y entrer, et il semblait bien déterminé et… »

Sa voix s’était fait entendre, de façon douce et claire, toutefois, elle avait fini par s’éteindre brusquement. Le visage crispé en une expression de réflexion intense, Noomïa donnait l’impression d’avoir une absence… Mais la réalité était tout autre. En effet, tout semblait s’assembler dans son esprit… Cette rencontre, les dires de l’homme, son envie de rejoindre l’ennemi qui les pourchassait…

Ainsi, et après quelques secondes, la demoiselle finit par reprendre la parole tout en reprenant un calme des plus angoissants.

« Peut-être qu’il… veut te retrouver… je ne sais pas. Il n’a rien dit du tout… »

La logique voulait que ce soit la bonne réponse. Et pourtant. Tout dépendait du pourquoi est-ce que Kalysta avait rejoint les Déserteurs ?. Si cela n’avait pas été de sa faute, alors l’homme souhaitait peut-être la sauver de son destin funeste… Mais si au contraire, elle avait été bannie pour un crime, chose dont elle doutait tout de même, il s’était donc engagé pour la traquer sérieusement, soeur ou non… Du moins, il n’y avait pas d’autres solutions possibles… Sauf si bien sûr, le facteur des liens affectifs entrait en compte... car elle semblait tenir à son frère et sa soeur, il ne fallait pas l'oublier.

L’histoire était bien compliquée, surtout pour celle qui n’y comprenait rien et qui ne souhaitait pas poser de questions pour éviter de passer pour une impolie. La femme qui se trouvait devant elle était un véritable casse-tête… et Noomïa allait devoir attendre un coup de pouce, un indice, même infime, pour pouvoir le résoudre.

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Posté dans Re: « Chaque rencontre est unique. » [VIOLENT] [Privé: Kalysta Klytië & Dhungaärd Hasëkar]    - Mer 3 Avr 2013 - 5:19

Difficle de se concentrer et d'avoir les idées claires quand tant de pensées se poussent, se bousculent et se chevauchent comme des soldats sur un champ de bataille. Kalysta avait longtemps espéré avoir enfin des nouvelles de son bien aimé frère, mais elle s'attendait à ce qu'il la retrouve de lui-même, pas à ce qu'elle obtienne des informations de la part d'une tierce personne. Il était d'ailleurs difficile, surtout pour elle, de faire confiance à une inconnue. Cependant elle n'avait aucune raison de mentir, et puis elle disait être absolument sûre d'elle.

Bradàn, déterminé à entrer dans la Faction, cela semblait complètement irréel. Il y a quelques années encore, il disait que son rôle était de prendre soin de sa famille dont il était désormais le chef. Ce rôle lui tenait à coeur, et jamais il n'aurait abandonné ses deux plus jeunes soeurs pour aller risquer sa vie aux côtés des Factionnaires.

Le silence était retombé, Noomïa semblait réfléchir. Réflchir à quoi? Qu'avait-elle oublié? Kalysta s'attendait à tout, elle était même prête à tout entendre pourvu qu'elle parle rapidement. De toute façon, elle aurait bien besoin d'une journée de réflexion pour faire de l'ordre dans ses idées et espérer y comprendre quelque chose.
Mais la jeune Déserteuse émit une hypothèse à laquelle elle n'aurait jamais pensé. Mais oui ! Et si tout ça n'était qu'un stratagème pour la retrouver, après toutes ses années? Le voilà, l'indice qu'elle avait quémandé au Gardien ! À cette idée, le coeur de Kalysta se réchauffa et elle retrouva un semblant de sourire sur son visage.

Mais son sourire n'y demeura pas longtemps. Il était très difficile d'entrer dans la Faction, ça ne se faisait pas en un claquement de doigt et même si Bradàn avait largement les capacités physiques pour y entrer, il n'aurait été accepté que s'il avait démontré un réel intérêt pour les valeurs que véhiculent les Factionnaires. Or, croire en ces valeurs implique de vouloir éliminer les Déserteurs, tous, sans exception. À cet instant, Kalysta envisagea une toute nouvelle possibilité ; celle que son frère ait été terriblement déçu des actes de sa soeur et qu'il en ait tellement honte, pour lui et sa famille, qu'il ait décidé de la retrouver pour... La tuer. La blonde frissonna et enfouit son visage dans ses bras posés sr ses genoux.

Quel scénario était le bon? La jeune femme avait beaucoup de mal à croire que son frère veuille sa mort - elle ne l'avait d'ailleurs jamais envisagé. Au contraire, elle a toujours vécu avec la certitude qu'elle lui manquait autant qu'il lui manquait et qu'un jour ils seraient réunis à nouveau. Mais la Faction ne semblait pas être le meilleur moyen de les réunir, loin de là !

Perdue, Kalysta décida de faire part de ses questionnements à la petite Déserteuse toujours assise à ses côtés. Peut-être pourrait-elle l'aider, peut-être pas. Dans tous les cas, la blonde se sentait obligée d'exprimer ses pensées à voix haute, sans quoi elle allait commencer à s'emmêler les pinceaux.

- S'il est entré dans la Faction, alors peut-être ne vaut-il mieux pas qu'il me trouve.

Elle avait parlé d'un ton relativement neutre mais emprunt de tristesse. Elle ne se sentait pas prête à en dire plus, mais de cette manière la jeune fille aux cheveux cuivrés comprendrait certainement ce qu'elle avait en tête. Les Factionnaires chassent les Déserteurs, voilà tout. Après tout, il était inutile d'essayer de trouver un contre-exemple.
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Posté dans Re: « Chaque rencontre est unique. » [VIOLENT] [Privé: Kalysta Klytië & Dhungaärd Hasëkar]    - Ven 5 Avr 2013 - 10:33


Les révélations de Noomïa profitèrent au silence qui s’installa dès lors qu’elle eût fermé la bouche. Sentant alors le malaise arriver, elle se plongea elle aussi dans sa bulle pour faire mine de réfléchir. Toute cette histoire avait l’air bien compliquée, et les hypothèses étaient bien trop nombreuses pour résoudre le casse-tête qu’était son frère. Puis, la demoiselle aux yeux pâles n’avait plus rien à ajouter là-dessus et elle ne comptait pas mentir pour apaiser l’esprit de celle qui se trouvait cachée avec elle dans le buisson.

Ainsi, les genoux repliés contre sa poitrine, elle attendit patiemment une quelconque réaction de la part de Kalysta. La journée avait été tellement riche en événements qu’elle se demandait si elle pourrait de nouveau de faire à la solitude et au fait de fuir sans relâche en ayant la peur au ventre. Toutefois, et avant de sombrer dans une sorte de torpeur étrange, la voix de la Déserteuse s’éleva dans les airs. Ayant jugé qu’il ne valait mieux pas que son frère la retrouve, Noomïa se posa une multitude de question… Cette conclusion avait été une évidence par rapport à ce qu’elle avait pu faire par le passé ? Où était-ce plutôt à cause d’un pessimisme sans limite ?

Ne sachant pas quoi répondre, la jeune fille à la chevelure cuivrée lâcha quelques mots sur un ton assez doux, ses yeux baignant dans le vide.

« Peut-être… »

Comment pouvait-elle contredire de telle affirmation alors qu’elle ne savait pas ce qu’il s’était passé ? Puis elle n’avait pas envie de demander, de peur de se faire envoyer promener. De ce fait, elle n’ouvrit pas la bouche tout de suite, et se mit à penser à son propre frère… Imbu de sa personne, complètement invivable, il devait être à sa recherche et pas pour jouer à cache-cache dans la neige. Bien trop arrogant, il devait rêver de l’attraper pour la retenir prisonnière à jamais ou pour la tuer lentement mais sûrement.

Un rire nerveux sortit alors de sa bouche à la pensée de ce frère qu’elle n’avait jamais vraiment supporté. Peut-être pouvait-elle donc rassurer Kalysta en lui contant rapidement son histoire…

« J’ai un frère, plus âgé… Et je ne le porte pas dans mon cœur. Il n’en vaut pas la peine. C’est un type malsain, trop étroit d’esprit, manipulateur…bref, la totale, et encore j’suis même pas sûre de tout savoir. Je suis partie de mon plein gré et je doute qu’il ne l’ait supporté. Ce serait le genre de type à entrer dans la Faction pour me r’trouver. »

Tout avait été dit sans pour autant entrer dans les détails… Ainsi, Noomïa poursuivit pour arriver à la comparaison qu’elle avait voulu faire depuis le début pour tenter de rassurer la Déserteuse.

« Ton frère ne m’a pas laissée cette impression. Tu me diras, je l’ai vu très peu, mais il n’était pas comme le mien. Et ce… lien que tu as avec les tiens a l’air d’être… assez fort… »

Même si elle ne pouvait pas voir, la demoiselle ressentait toutes sortes de choses qui l’éclairaient toujours pleinement sur ses interlocuteurs. Kalysta avait réussi à la toucher avec son histoire, c’est pourquoi elle avait réussi à passer outre son caractère de solitaire renfrognée pour parler longuement.
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Posté dans Re: « Chaque rencontre est unique. » [VIOLENT] [Privé: Kalysta Klytië & Dhungaärd Hasëkar]    - Lun 8 Avr 2013 - 6:24

Isolée dans ses pensées, seule avec elle-même, Kalysta ressassait les différentes hypothèses qui s'offraient à elle. Toutes semblaient invraisemblables, elle ne parvenait pas à savoir quelle supposition était la meilleure et la plus plausible. La petite Déserteuse n'avait pas vraiment réagi à sa pseudo phrase d'explication. Soit elle n'avait pas compris l'allusion, soit elle préférait rester discrète et ne pas poser de question. Après tout, les deux cas lui plaisaient, et elle avait le sentiment que Noomïa commencait gentiment à connaître son caractère et à savoir ce qu'il fallait faire ou non.

Cependant, ça n'empêchait pas la blonde d'être mal à l'aise. Elle avait le sentiment que la jeune fille en savait un peu trop sur elle, bien qu'elle ne se soit pas dévoilée toute seule. Elle ne pouvait pas empêcher la demoiselle d'avoir appris des choses sur elle sans s'en rendre compte, cela faisait partie du passé et nul n'aurait pu prédire que leurs chemins se rencontreraient un jour. Mais Kalysta était pudique, et ça la gênait quand même beaucoup de savoir qu'elle n'avait pas eu le contrôle sur tout.

Alors que Noomïa semblait plongée dans ses pensées elle-aussi, Kalysta l'observa longuement. Si les choses s'étaient passées différemment, cette jeune fille qui se trouvait devant elle aurait pu être sa belle-soeur et, dans ce cas elles se seraient comportées complètement différemment. Kalysta était persuadée que, qui que soit la compagne de son frère, elle ne pouvait que s'entendre à merveille avec elle puisqu'elle s'accordait avec son frère. Ainsi, elles auraient probablement pu être amies et se raconter leurs moindres secrets. Tout ceci n'était qu'une hypothèse, mais en contemplant les cheveux aux mille reflets de la fille qui se trouvait en face d'elle, ainsi que ses yeux si pâles qu'on aurait dit deux miroirs étincelants, Kalysta se sentit soudainement apaisée et plus prompte à parler d'elle et de son passé.

La petite Déserteuse sembla d'ailleurs ressentir ce changement d'état d'esprit car elle reprit la parole et lui raconta un bout de son histoire, d'une voix calme et douce, comme s'il n'y avait plus aucun danger. Kalysta écouta attentivement ce qu'elle avait à dire. Elle se rendit compte qu'elle ressassait les mêmes idées depuis plusieurs années, à toujours imaginer le pire, alors qu'en fin de compte elle ne pouvait s'en prendre qu'à elle-même si elle se retrouvait dans cette situation. Les paroles de Noomïa étaient très sages et la jeune femme aux cheveux blonds se sentait maintenant en confiance. Désormais apaisée, elle répondit d'une voix calme.

- Merci...

Ce simple mot venait du fond de son coeur. Sans le vouloir, la jeune fille avait réussi à trouver les mots exacts qu'il lui fallait pour être rassurée. On n'efface pas des liens aussi fort que celui qu'elle avait avec son frère en un claquement de doigts. S'il s'était engagé dans la Faction - Kalysta ignorait encore pourquoi - c'était son droit ; mais jamais il ne ferait de mal à sa petite soeur, jamais.

- Je crois que tu as raison. Tout ce qu'on a vécu, cette complicité qu'on avait, ça n'a pas pu partie en fumée comme ça. Il faut que j'arrête d'imaginer le pire. Mais ça fait tellement longtemps... J'espérais qu'il tenterait de me retrouver immédiatement après... Après mon départ.

Le fait de se dévoiler ainsi lui faisait une drôle de sensation, et elle sentait une boule se former dans le creux de son estomac. Pourtant, le poids qu'elle portait sans se rendre compte sur ses épaules depuis tout ce temps semblait s'être allégé. Elle leva les yeux au ciel, tendant d'apercevoir quelque chose à travers les branches du buisson dans lequel elle se trouvait. Dans des moments comme celui-ci, elle s'attendait à apercevoir le Gardien, bien haut dans le ciel étoilé, qui ferait son apparition pour lui montrer qu'il veillait sur elle. Bien sûr, cela n'arrivait jamais, mais c'était un peu sa façon de le remercier, autrement que par la prière. De cette manière, elle prouvait sa foi en lui en pensant pouvoir le voir de ses propres yeux.

- En tout cas, si ton frère est bien comme tu le décris, je te souhaite de ne jamais le revoir !

Kalysta n'avait volontairement posé aucune question à la jeune fille. Elle en avait, pourtant, mais maintenant qu'elles semblaient bien parties elle préférait attendre qu'elle parle d'elle-même plutôt que la questionner et risquer une nouvelle rupture. Elle espérait qu'avec ces quelques mots, la petite Déserteuse comprendrait son intention, qui était simplement une manière de la remercier d'avoir ouvert le dialogue et de lui montrer qu'elle s'intéressait volontiers à ce qu'elle avait à raconter.

La nuit serait encore longue, et les deux jeunes filles allaient certainement en resortir complètement changées.
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Posté dans Re: « Chaque rencontre est unique. » [VIOLENT] [Privé: Kalysta Klytië & Dhungaärd Hasëkar]    - Mar 9 Avr 2013 - 9:07


Le foyer est derrière...
Le devoir est devant...


Le vent, les bourrasques, tentent d'engloutir les mots, et l'ouïe de Dhungaärd n'en perçoit que des fragments. L'individu qui les a prononcé est invisible à ses yeux, bien que le jeune guerrier sache qu'il est là. Dans la tourmente froide, Dhungaärd est aveugle. L'horizon se résume à une débandade de flocons. Les bruits du monde, jusqu'au craquement du manteau blanc à chacun de ses pas, il n'y plus rien. Sifflements aigus et tourmentés. Gifles glacées. Les éléments ne trouvent aucun écho en lui, si ce n'est ses paupières mi-closes pour protéger un tant soit peu ses yeux de leurs agressions monotones. Aucuns repères d'espace. Ni de temps. Dhungaärd ne se fit qu'à cette présence qu'il devine, qui se fait quelques fois entendre. Havard est son binôme, l'éclaireur du duo, homme mince et rapide, adepte de l'épée et de l'arc, mais surtout... Celui qui pouvait avancer sans craintes dus à l'absence de visibilité.

Son lien avec l'ithylium... Quand l'homme avait tenté de le lui expliquer, Dhungaärd n'avait pas saisi. Pas pu... Imaginer les sensations qu'il devait ressentir. Havard se "glissait" à l'intérieur des plantes, tandis que Dhungaärd était ses flammes. La nuance lui échappait. Mais qui sait si chaque Erfeydien percevait son lien d'une manière semblable à son voisin, même entre deux lien de même élément ? Distraitement, il se remémorait les paroles de l'éclaireur. Dont une, qui s’avérait grandement utile. La perception de la vie végétale. La facilité d'Havard à se mouvoir lui indiquait que, malgré la dureté du climat, le sol sous la neige ne devait pas être mort... Ainsi, d'une tape discrète il remettait le géant aveugle sur le chemin. Ou l'en détournait, sans explications. Mais tenter de parler dans la tourmente était vain.

Des formes se dessinent, et se précisent, jusqu'à le surplomber.  L'alourdi branchage des arbres faisant obstacle au vent, Dhungaärd y vit un peu mieux, assez pour distinguer les quelques branchages à la hauteur de son visage, ainsi qu'Havard, à quelques mètres de lui. Le rejoignant, il constate son visage fermé. Il se secoue, délogeant la neige qui commençait à lui couler dans les yeux, puis entend l’Éclaireur dire à voix basse, mais portant assez pour que Dhungaärd l'entende distinctement.

Il y a un peu plus de monde par ici, malgré les apparences. La tempête va nous servir. Avec ce temps, bêtes comme déserteurs doivent se terrer. Avance, je t'indiquerais s'il y a quoique ce soit.

Un léger frémissement prend Dhungaärd à ces paroles. Les déserteurs. Leur objectif. Aucune haine particulière ne l'animait à leur sujet, mais... Des ordres avaient été données par l'Oeil de Glace. Nettoyer la zone au sud du Camp. Comme si quelque chose se préparait, il lui semblait. Mais les camps étaient agités depuis l'arrivée des étrangers... Ce rappel sembla le réchauffer un peu, jusqu'à ce que le froid reprenne ses droits, refusant d'être oublier. Aucun Erfeydien ne l'oubliait jamais. Dhungaärd l'ignorait, simplement. Voulant reprendre la marche, il n'entendit pas moins la dernière parole de l'Eclaireur, prononcée avec une pointe d'amusement.

Tu t'es dirigé droit vers un urcan tout à l'heure. Au retour dis-moi, confronteras-tu ta boule de métal à piques contre cette boule de bois ?

Peut-être... Peut-être aurait-il faim plus tard. L'urcan était-il comestible ? Puis il mit de côté les questions de gastronomie, progressant dans le sous-bois à pas lourds, attentif au moindre signe de la part d'Havard. Déroulant sa chaîne de son épaule, il la tenait à présent entre ses mains, l'agitant doucement. Sans heurter de troncs, ni de feuillage. Pas de mouvements remarquables. Rien qu'une haute silhouette silencieuse progressant entre les arbres enneigées, rendue floue par les bourrasques restantes, d'autant que la peau à nue du haut de son corps avait adopté une teinte pâle similaire...

Puis il se tourne dans une direction, où apparaît Havard. Il recommençait à discerner enfin à mieux discerner ce qui l'entourait. L'Eclaireur était à présent tendu, sa lame sortie. Devant. Sous un buisson. Trop petit pour un wyrmide, mais trop gros pour un skoll. Je vais contourner. Dhungaärd acquieca, tandis que son corps s'éveillait, après avoir situer l'amas végétal alourdi de neige. Sans un mot, Havard s'était à nouveau éloigné, Dhungaärd suivant sa progression du coin de l'oeil. Jusqu'à ce que sa silhouette fine ne soit plus. L'Eclaireur était rapide, tout en contrôle. Puis il s’avança. Pas après pas, sa morgenstern commençant à s'envoler à s'envoler timidement. Fixant sa destination, qui se précisa avec la diminution de la distance. Il crut distinguer l'Eclaireur de l'autre côté. Les sens en éveil, un léger tiraillement vint le titiller. De l'ithylium ?
Sa réponse vint sous la forme d'une agitation végétale. Se "glisser" dans la plante... Et Havard fit s'animer le buisson, jusqu'à ses racines qui allèrent tâtonner les êtres cachés en dessous.

HRP:
 
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Posté dans Re: « Chaque rencontre est unique. » [VIOLENT] [Privé: Kalysta Klytië & Dhungaärd Hasëkar]    - Mar 9 Avr 2013 - 10:55


La tension qui était née à leur rencontre n’avait plus lieu d’être à présent. Après la fuite et les confessions, les deux Déserteuses avaient fini par installer un climat apaisant qui rendait la tempête bien moins insupportable. Un remerciement, aussi sincère qu’agréable, s’était fait entendre après le monologue dans lequel s’était lancée Noomïa sans se contrôler. Mal-à-l’aise, la demoiselle se contenta d’hocher la tête tout en restant dans sa position. Ses révélations concernant son propre frère avaient porté leur fruit… Au final, cela ne servait à rien de rester enfermer dans sa bulle… Mais était-ce utile d’avoir appris ça maintenant alors qu’elle avait opté pour une vie de fuyarde qui courrait après des chimères ?

Ne poussant pas la réflexion plus loin, la jeune fille aux yeux pâles se contenta d’écouter Kalysta avec attention tout en affichant un faciès décontracté. Son lien avec Bradàn semblait être fort… et son exil, forcé ou non, devait dater de quelques années… Voilà le point qui la déstabilisait concernant les aveux faits plus tôt. Le temps avait passé, et elle avait raison d’imaginer le pire. Après tout, on ne sait jamais ce que l’avenir nous réserve.

Toujours aussi silencieuse, Noomïa réagit alors à la dernière phrase lancée par son interlocutrice. Un sourire nerveux, moqueur et sincère étira ses lèvres fines lorsqu’elle imagina son frère la retrouver. Oh non, il ne le fallait pas, et jamais elle ne chercherait à le revoir. Toutefois, et si lui s’était lancé à ses trousses, alors son envie de rêve et d’évasion tournerait sûrement très mal… Renier le Gardien était une chose, vivre dans un autre monde relevait de l’utopie.

Était-ce le moment de parler d’elle un peu ? Sûrement. Après tout, elle devait bien ça à Kalysta.

Cependant, et alors qu’elle s’apprêtait à prendre la parole, une étrange sensation vint la figer d’horreur. En effet, des vibrations, infimes, lui parvenaient à travers le sol comme pour traduire la présence d’ennemis. Relevant la tête avec vitesse, Noomïa posa alors son index contre ses lèvres comme pour intimer le silence à celle qui se trouvait en face d’elle puis se concentra davantage sur sa fidèle alliée, la terre, pour avoir de nouvelles informations.

Deux. Ils étaient deux. Humains, animaux… Elle ne savait pas encore, et les arbres environnant semblaient la gêner. Les végétaux n’étant pas une chose maîtrisée, elle avait l’impression de se heurter à des zones d’ombres qui lui faisaient prendre conscience de son handicap. Déstabilisée, elle se retenait de respirer, de peur d’attirer l’attention et espérait sincèrement que le calme reviendrait rapidement.

Toutefois, tout ne se passa pas du tout comme prévu.

Une étrange sensation parcourut le corps de Noomïa lorsqu’elle sentit les branches s’animer tout autour. La nature semblait prendre vie, comme si elle avait décidée de se liguer contre les deux déserteuses afin de les faire sortir de leur cachette. Le piège se renfermait autour du buisson, la demoiselle aux cheveux de cuivre le ressentait… C’est pourquoi elle finit par crier un seul mot à Kalysta.

« COURS !!! »

Mettant tous ses espoirs dans les sensations qui lui permettaient de voir à sa façon, elle se lança alors hors de la petite planque pour courir comme jamais elle n’avait couru auparavant. Espérant sincèrement que sa nouvelle ‘amie’ ne se fasse pas avoir pour qu’elle puisse la retrouver par la suite, elle continuait de tracer sa route en évitant de peu les arbres qui se dressaient devant elle. De peu, oui, car elle n’était pas du tout affiliée aux végétaux, et leur présence était compliquée à déterminer ce qui la ralentissait considérablement.

La situation avait donc fini par se retourner contre elle. En quelques secondes, l’apaisement qu’elle avait ressenti s’était envolé au profit de la terreur. Peut-être que le Gardien existait et avait décidé de la punir pour ne pas avoir cru en lui ? Non. C’était impossible… Impossible.

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Posté dans Re: « Chaque rencontre est unique. » [VIOLENT] [Privé: Kalysta Klytië & Dhungaärd Hasëkar]    - Mer 10 Avr 2013 - 3:58

Quelque chose qui ressemblait fortement à un semblant de complicité était en train de s'établir lentement entre les deux Déserteuses. Kalysta regrettait d'avoir été aussi froide auparavant. Elle n'était plus dans son village, au sein de la Peuplade, entourée d'Erfeydiens égoïstes et méprisants. Désormais, elle avait intégré un autre rang, elle était pourchassée pour ce qu'elle était et ce qu'elle avait fait. C'était le quotidien de tous les Déserteurs, tous étaient dans la même galère et la jeune femme commençait à prendre conscience que le plus important était de survivre et que, pour cela, il valait mieux se faire des amis que des ennemis.

Maintenant qu'elle s'était confiée, elle s'attendait à ce que Noomïa fasse de même. Silencieuse, elle observait à nouveau ses yeux sans vie et attendait patiemment qu'elle prenne la parole. Les sourcils de la petite Déserteuses se froncèrent soudain, adoptant une expression suspicieuse, la même qu'elle avait eu quelques heures auparavant, lorsqu'elles avaient dû quitter précipitemment la grotte où elles s'étaient installées. Kalysta n'eut pas besoin de la voir poser un doigt devant ses lèvres pour comprendre qu'il valait mieux rester silencieuse. Tendue, elle retint sa respiration le temps de savoir ce qu'il se passait. Il ne fallait pas esquisser le moindre mouvement. Pas un bruit, ni sous leur abri de fortune, ni à l'extérieur. L'air lui manquait, sa vue commencait à se brouiller mais elle refusait de respirer, pas tant que le danger ne serait pas passé.

Mais alors qu'elle était au bord de l'évanouissement, elle sentit les branches qui l'entouraient se mouvoir, s'entortiller lentement les unes entre les autres, faisant tomber la neige qui les recouvrait. Le bruissement des feuilles sonnait comme un murmure, comme si la nature tentait de la prévenir, de lui faire passer un message. Mais ce message, elle était incapable de le comprendre, alors elle resta immobile, figée, les yeux rivés sur la jeune fille toujours assise en face d'elle. Soudain, Noomïa bondit sur ses pieds et lui adressa un ordre bref. Elle comprit. Elles avait été démasquées. Kalysta reprit une énorme bouffée d'air qu'elle sentit remplir ses poumons avec plaisir et sauta sur ses jambes. Maintenant, il fallait courir, courir sans s'arrêter, plusieurs jours peut-être, mais il ne fallait surtout pas s'arrêter tant qu'elle n'était pas certaine d'être à l'abri. Les branches lui griffèrent encore une fois les bras et le visage tandis qu'elle sortait de sa cachette. Un rapide coup d'oeil autour d'elle lui permit d'apercevoir la silhouette massive d'un homme qui, déjà, se précipitait sur Noomïa. Etait-il seul? Impossible à dire. Pas le temps de réfléchir.

Kalysta partit dans la direction opposée de celle de sa compagne, espérant la retrouver bientôt saine et sauve. Ses membres étaient engourdis par la position inconfortable qu'elle avait sous le buisson, mais ils allaient vite se réveiller. Sans même savoir où elle allait, elle fonça tout droit, s'enfonçant dans la forêt dense. La neige était fraîche et ne constituait pas un obstacle conséquent à ses foulées. En revanche, le sol qui se trouvait juste en dessous était parsemé de cailloux, de racines et elle priait le Gardien de toutes ses forces pour ne pas trébucher.

Un grognement retentit derrière elle. Elle était suivie. Evitant les arbres qui barraient sa route, elle continua sa course avec plus d'ardeur que jamais. Aveuglée par la tempête, elle n'avait aucune idée de la direction qu'elle avait prise. Echapper à son poursuiveur, c'était la seule chose qui comptait. Son seul espoir était de courir plus vite que lui.

Pourtant, après quelques mètres seulement, le vent apporta à ses oreilles des sons étranges. Kalysta crut percevoir des gémissements, le crissement de la neige, un son sec et bref. Son coeur manqua un battement. Noomïa. Il fallait qu'elle aille à son secours. C'était de la folie, et pourtant... La jeune femme changa brusquement de direction, formant une large boucle pour ne pas se retrouver face à son ennemi et se continua sa course face au vent. Elle espérait prendre son ennemi par surprise, par derrière, lui assener un coup fatal et s'occuper du deuxième ensuite. Son plan était complètement fou, mais il fallait essayer. Elle n'avait pas vraiment d'autre choix, elle ne pourrait pas courir à l'infini et le Factionnaire qui la suivait finirait forcément par la rattraper.

*Pourvu qu'il ne soit pas trop tard.*

HRP:
 
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Posté dans Re: « Chaque rencontre est unique. » [VIOLENT] [Privé: Kalysta Klytië & Dhungaärd Hasëkar]    - Lun 15 Avr 2013 - 15:30

HRP:
 

Un instant de perdu. juste un instant où le métal le gène, où il le place sur sa large épaule avant d'allonger sa foulée. Deux femmes ont surgis, qui se sont enfuis. Havard a réagi au quart de tour après un instant de surprise, prenant en chasse la plus proche. Dhungaärd l'a aussitôt perdu de vue, focalisé sur sa fuyarde. Juste un temps maladroit, puis voilà son pas qui s'allonge, sa respiration se bloquant, alors qu'il prend de la vitesse. Etrange. La femme n'a pas eu le temps de disparaître bien loin. Alors qu'elle ré-intègre son champ de vision, il voit sa course comme... Hésitante. Malhabile. Stimulée par la peur, mais bridée par un facteur dont il n'a pas conscience. Qu'importe. Il ne s'attarde pas sur le détail, et dévore la distance qui les sépare, la neige craquant, le vent tentant toujours de le ralentir. Mais les ordres. Les ordres ont été donnés. Nettoyage.

Sa force lui vient de son corps vigoureux. Son obstination, à parcourir la toundra malgré la tempête, de son devoir envers l'Oeil. Mais il y a quelque chose d'autre, qui lui est resté de son... Temps d'égarement. Le fait d'être le poursuivant, plutôt que le poursuivi. Une touche animale, qui appelle la proie à courir pour sa vie, tout en la talonnant, humant l'odeur de sa peur, de la pulsation désespérée de son sang. Mêlé à cela, une volonté qui s'est rappelée à elle même, avec la chute de sa chaîne : la volonté de redevenir un erfeydien, pas un idiot que l'on enchaîne pour l'oublier, après l'une de ses énièmes fugues sans but. Que sa chef ordonne, et il était désormais capable d'agir en conséquence. Tout cela lui donne un goût de déception dans la bouche, alors qu'il s'approche inéluctablement, aisément de sa cible. Une dernière impulsion. Son bras se tend.

Saisissant une épaule, il l'attire vers lui, la déséquilibrant. Il ne lui laisse pas le temps de se ressaisir, ignore ses tentatives de coups, et enserre ses épaules dans l'étaux de se mains. Puis une vision l'interrompt, effaçant un temps son objectif. Celle des yeux blancs qui ne le voyaient pas. Femme. Aveugle. Faible. Ou peut-être pas, alors qu'il voit, et aussitôt ressent l'ithylium se changeant, habillant les mains pâles. Cesse. Sa voix basse emplie un instant l'endroit... Avant que ne retentisse un *Clac* claire et sonore. Une main s'est libérée, qui est venue frapper la joue de la femme. Pas dans le but de lui briser la nuque non. La calmer. Rapidement. Une force justement jaugée. Causer davantage de douleur ne m'intéresse pas. Es-tu une déserteuse ?

La question est abrupte, sans préambule. Ridicule, trouveraient certains des siens. Qu'importe leur logique, qu'il devrait rejoindre au plus vite son binôme. Seul compte le fait de savoir. Et d'agir en conséquence. Malgré lui, son cœur bat un peu plus vite à cette idée, sans que son faciès n'en trahisse rien, à peine une légère pression sur l'épaule toujours prisonnière. L'Oeil a ordonné. Elle a ordonné des exemples. Son ton était sans équivoque, son désir de mettre en valeur la force guerrière des Shaas ne faisant pas le moindre doute. Que cela passe par l'exécution et la mise en scène de la mort d'une aveugle n'entrait pas en ligne de compte. Aucune gloire à en tirer pour son clan, juste de la crainte. S'il s'agissait bien d'une déserteuse -il n'y avait pas de place au doute, malgré la question posée-, il agirait. Un mensonge n'y changerait rien.
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Posté dans Re: « Chaque rencontre est unique. » [VIOLENT] [Privé: Kalysta Klytië & Dhungaärd Hasëkar]    - Mar 16 Avr 2013 - 4:35


La course effrénée au cœur de la forêt enneigée ne seyait guère à Noomïa qui avait du mal à avancer. Tiraillée par la peur, perturbée par ces arbres qui venaient obstruer sa vision bien étrange, elle ralentissait sans cesse, se heurtait aux branches et changeait de direction pour sûrement tourner en rond. La panique était donc à son comble, d’autant plus que quelque chose de massif semblait être à sa poursuite.

En effet, la vibration que la jeune demoiselle avait perçue à travers le sol l’avait figée de terreur, toutefois, et à cause du flux de sentiments qui s’était emparé de son esprit, elle ne s’était pas attardée dessus, en pensant qu’elle serait plus rapide. Grossière erreur. La chose en question qui s’avérait être humaine, ne lui laissait aucun répit. Le cœur battant à tout rompre, la Déserteuse tentait de se concentrer pour fuir afin d’échapper à une mort certaine. Refusant d’hurler ou de pleurer, elle avançait, plus ou moins avec rapidité, en essayant d’ignorer les vibrations fulgurantes qui témoignaient de la présence de son ennemi.

Mourir. Non, elle ne pouvait pas mourir, pas ici, pas maintenant.

Bien que déterminée à poursuivre son rêve, elle ne put échapper à l’être qui la traquait sans relâche. De ce fait, et après de longues minutes de course éreintant, Noomïa sentit quelque chose lui agripper l’épaule pour la faire pivoter brusquement comme une toupie. A ce moment, elle comprit qu’il serait bien difficile de trouver une parade, néanmoins, cela ne l’empêcha pas de se débattre tout en essayant d’utiliser son lien si précieux. Mais il était trop tard. Coincée entre les mains de son bourreau, elle tenta à nouveau de gesticuler, mais une voix rauque, dissuasive se fit entendre suivie d’une gifle monumentale ce qui la figea littéralement.

Le souffle coupé, le corps secoué par de faibles tremblements, la demoiselle sentait sa pommette s’enflammer. A croire que l’homme l’avait brûlée en la touchant. Ainsi, elle déglutit douloureusement tout en gardant un semblant de calme. C’est alors qu’une question franchit les lèvres de celui qui la retenait prisonnière. Une question piège à laquelle elle ne pouvait échapper.

Était-elle une Déserteuse ? La réponse était évidente. Que faire dans une telle situation ? Mentir ? Non. Cela ne ferait qu’aggraver son cas et la mort viendrait la prendre beaucoup plus vite. Devait-elle dire la vérité, même si cela mènerait aux bras de la faucheuse inéluctablement ?

Serrant les dents tout en respirant bruyamment, la jeune fille aux yeux pâles et au caractère bien trempé avait tourné son visage vers son ennemi. Tout cela était injuste. Certes. Pas le droit de rêver, pas le droit de partir de son plein gré. Les Erfeydes courraient à leur perte en traquant le moindre petit écart du troupeau nommé la peuplade. L’heure était donc venue de se faire entendre, et de révéler les pensées les plus sombres qui avaient pu envahir son esprit. Ainsi, et après un moment de silence, la voix de la demoiselle se fit entendre. Lointaine, légèrement froide, loin d’être agréable et quelque peu chevrotante, elle traduisait clairement sa détermination.

« Si… Si tu considères une personne ayant... fui de son plein gré pour vivre ailleurs…Loin de… d’ici et des préceptes idiots qui tournent autour.. .d'un... d’une entité inexistante qui ne sert que de prétexte pour faire tout et... et... et n'importe quoi Alors... oui. »

Noomïa avait toujours eu conscience du risque, la mort avait souvent hanté ses rêves… Peut être qu’au final, seule cette dernière pouvait lui permettre d’échapper à la réalité pour vivre dans un monde meilleur. Croyance idiote ? Sûrement. Mais rien ne pouvait être pire que de vivre aux côtés de personnes croyant à un Gardien de pacotille et l’utilisant pour faire la justice à leur guise.

« Si, tu… tu… ne veux pas me laisser partir… alors…»

Les larmes commençaient à perler au coin de ses yeux vides… Cependant, elle ne se laissa pas envahir par la peur, et prit une bonne bouffée d’air afin de terminer sa phrase d’une voix forte mais résignée.

«Vas… Vas-y. »

Fière, Noomïa l’était, toutefois, et dans les tréfonds de son âme, elle était prisonnière d'une terreur sans nom. L’espoir de la survien basé sur l'impact de son discours, était mince, trop mince pour y croire. Elle avait voulu jouer, elle avait perdu. Tout ce qu’elle pouvait faire à présent était de permettre à Kalysta de fuir. Ou alors d'espérer qu'un miracle ne se produise.


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Posté dans Re: « Chaque rencontre est unique. » [VIOLENT] [Privé: Kalysta Klytië & Dhungaärd Hasëkar]    - Mar 16 Avr 2013 - 6:36

L'air se faisait rare. Du moins c'était l'impression qu'avait Kalysta, alors qu'elle courait face au vent et qu'elle s'essouflait peu à peu. Depuis le début de sa course, elle avait réussi à gagner quelques mètres par rapport à l'homme qui la poursuivait. Il était costaud, musclé, mais plus large d'épaules qu'elle. Le vent avait donc plus d'emprise sur lui que sur elle, et le ralentissait considérablement. Cependant il ne désespérait pas pour autant, et Kalysta avait bien l'impression qu'il la suivrait jusqu'en enfer s'il le fallait.

La jeune femme suivait désormais la voix de Noomïa que le courant d'air glacial portait jusqu'à elle. Elle n'était pas très loin, si bien qu'elle arriva vite à sa hauteur. Alors qu'elle aperçevait déjà les silhouettes de Noomïa et du Factionnaire qui la retenait prisonnière, Kalysta se rendit compte qu'elle n'avait pas de plan. Que faire? Si elle s'arrêtait, son poursuiveur la rattraperait. Il était vital de continuer à fuir, puisque de toute évidence elle n'était pas de taille pour combattre son agresseur.

Sans réfléchir plus longtemps, la Déserteuse se baissa, plongeant sa main dans la neige fraîche. Elle tâtonna pendant une seconde, peut-être deux, et saisit le plus gros caillou qu'elle put trouver. Puis elle s'approcha encore un peu plus du Factionnaire qui tenait Noomïa fermement entre ses mains. De toutes ses forces, elle lanca le caillou à la tête de l'inconnu. En plein dans le mille ! Elle espérait ainsi l'assommer assez longtemps pour que Noomïa puisse s'enfuir, tandis qu'elle-même continuait à fuir son poursuiveur. Encore fallait-il que celui-ci ne change pas de cible. Ou mieux, peut-être allait-il se diriger vers son coéquipier pour lui porter secours. Tant de suppositions que Kalysta n'eut pas le temps de vérifier. A peine avait-elle lancé son projectile qu'elle s'était déjà remise à courir, espérant que le Gardien leur donne un coup de pouce...

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Posté dans Re: « Chaque rencontre est unique. » [VIOLENT] [Privé: Kalysta Klytië & Dhungaärd Hasëkar]    - Dim 21 Avr 2013 - 4:46


Là. Sans aucunes supplications formulées, rien qu'une voix hésitante dont Dhungaärd écoute le plaidoyer, impassible. Que signifient ces paroles ? Quel passé en est l'origine ? Il n'a pas à savoir cela, non. Les martyrs déserteurs n'ont droit à aucun chant pour leur trépas, parmi les fidèles du Gardien. Qu'ils affrontent leur mort sans ciller indiffère ces derniers. La différence ne vient que de la croyance, mais cela suffit à nier tout autre élément de leur vie, même une qualité loué par ceux qui les chassent jusqu'à leur mort. Pourtant, ce petit bout de femme n'implore pas. Pas volontairement du moins. Mais le tremblement que Dhungaärd perçoit au contact de sa beau, et celui qu'il entend dans sa voix sont éloquents. Résolue à ne pas montrer sa peur...

Déserteuse, tu as choisi. Tu n'as rien à espérer, lâche-t-il, froid.

La pitié n'a pas sa place ici. Une telle émotion serait vaine. Sans envisager un seul instant de la laisser fuir, il sait bien que cela mènerait juste sa lutte à durer un peu plus longtemps. Mais elle serait toujours perdante. Havard la rattraperait plus sûrement que sa comparse. Ou n'importe quel autre erfeydien. Se guider dans la tourmente lui était sûrement plus aisé comparé à qui sa vue était indispensable pour se repérer, mais par temps claire, la déserteuse devait être d'une vulnérabilité excessive, que seul l'appartenance à un groupe aurait pu palier. Parcourant ainsi seule la toundra, elle n'tait qu'une proie pour les chasseurs erfeydiens.

Rien qu'une mort rapide.

Sa seule mise en garde, alors que brusquement ses deux mains viennent saisir son coup, paraissant presque monstrueuses alors qu'elles l'enserrent, ainsi que ses mâchoires. Chose fragile entre ses doigts. En comparaison avec sa propre chaleur, la déserteuse lui semble bien froide. Il sent encore la vie qui palpite sous la peau, battant à tout rompre. Une pression, et ce sera fini.

Son attention focalisée sur la jeune femme, il ne perçoit que trop tard le bruit d'un pas précipité. Trop tard pour réagir. Choc. Le métal sonne en réponse alors que Dhungaärd vacille, les yeux écarquillés. Le lancé, juste, l'avait atteint à la tête. Là où se trouvait l'ancienne plaie, souvenir traîtreusement sensible du Labyrinthe.

Mais il avait veillé ne pas rester vulnérable, et le casque qui couvrait la moitié de son crâne encaissa bien mieux le choc que la peau ne l'aurait fait. Il n'en fut pas moins sonné, son corps tressaillant à l'impact. Sans que sa prise ne se défasse. Serrant les mâchoires, il se reprend. Exerce une pression, poussant en un bref instant le cou de sa proie jusqu'au point de rupture, avant de lâcher le corps soudain mou, et de faire volt face. Mais l'autre déserteuse avait déjà repris sa fuite. Le claquement de la nuque rompant s'est évanoui, pourtant il croit encore l'entendre.

Surgissant à la suite de la déserteuse, Havard, le souffle rapide, se fige un instant devant Dhungaärd, et du corps qui gît dans le manteau blanc, qu'aucun sang n'est venu tâché. Elle court encore. Constate simplement Dhungaärd. Havard lui répond par un regard entendu Ne pas gâcher son souffle pour des mot inutiles. L’Éclaireur reprend sans tarder sa chasse, disparaissant à nouveau dans le bois, sur les traces de la déserteuse. Le bruit de sa course ne s'est pas encore éteint que la voix de Dhungaärd tonne, défiant le sifflement geignard des bourrasques neigeuses.

ELLE EST MORTE ! UN SHAAS D'ARGENT LUI A BRISE LA NUQUE COMME A UN CHEVRIN BOITEUX ! FUIS ! TERRE-TOI AVEC LES FAIBLES ! LA EST VOTRE SEULE CHANCE DE SURVIE !

Le silence qui suit n'en est que plus assourdissant. La puissance de sa voix masque le vide de ses paroles. La déserteuse était aveugle, et elle n'avait pas supplié. Dhungaärd a connu la survie. Mais là où cela n'était dû qu'à son égarement, les déserteurs eux font face à tout un peuple fanatique, dont ils sont issus pour la plupart. Vivre paisiblement leur est impossible, la seule voie qui leur est permise est celle de la survie. Aucune gloire. Mais à quoi bon vivre pour la gloire si cela les mènent tous à une mort précoce ? Des actions héroïques isolées réduiraient simplement leur nombre. Cette exclamation n'a pour but que de distraire la déserteuse. Ou, dans le cas le plus improbable, de lui faire faire demi-tour. Une tête brûlée leur faciliterait les choses.

Fixant encore un instant le bois, dans l'attente d'un bruit en réponse, le guerrier finit par se détourner. Havard est le mieux placé pour des courses de longue haleine. Endurant, et avec un lien terre, bien que Dhungaärd ne puisse que supposer tous les avantages conférés par un tel lien. Mais cela ne le concerne plus à présent. S'accroupissant, il se penche sur le corps de la déserteuse. Le froid et la mort commencent à le rendre rigide, mais la force du jeune homme n'y trouvera pas une opposition suffisante. Une fin rapide. Là était toute la "clémence" que permettaient les ordres reçus. "Faire des exemples" est gravé dans sa mémoire. Ainsi a ordonné l'Oeil. En cette instant, aucune dissidence ne se glisse dans son esprit, alors qu'il empoigne un bras.

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Posté dans Re: « Chaque rencontre est unique. » [VIOLENT] [Privé: Kalysta Klytië & Dhungaärd Hasëkar]    - Dim 21 Avr 2013 - 6:57


La voix du bourreau sembla résonner dans les airs de façon brutale. Certes, Noomïa avait fait un choix, et elle ne comptait pas l’implorer pour tenter de survivre. Si le Gardien existait vraiment, alors il avait enfin l’opportunité de se manifester. Après tout, jamais la demoiselle n’avait tué, elle avait juste douté fortement. Le seul véritable problème dans cette histoire concernait les Erfeydes. Blanc ou noir, bon ou mauvais, il n’y avait pas de juste milieu, ni ne serait-ce qu’une once d’intelligence. On ne pouvait croire en tout et n’importe quoi car il n’y avait qu’un code à suivre. Celui de cette entité vénérée.

Consciente qu’une telle intervention n’aurait jamais lieu, la Déserteuse avait commencé à se résigner. La fuite était terminée, l’homme qui l’avait rattrapée comptait la tuer, et d’une façon rapide. Suite à cet aveux quelque peu étrange, la jeune fille à la chevelure de cuivre avait acquiescé d’un signe de tête sans dire ne serait-ce qu’un seul mot. Rongée par la peur, tétanisée par sa rencontre imminente avec la mort, elle retenait ses larmes ainsi que ses tremblements. Ne pas flancher, ne pas défaillir, ne pas crier, ne pas pleurer. Penser à la paix, oui cette paix que la faucheuse pouvait lui accorder en prenant sa vie. Peut-être était-ce cela… la liberté.A près tout, ses rêves, aussi utopiques les uns que les autres n’auraient jamais pu se réaliser car la guerre les aurait toujours fini par les réduire à néant.

Fermant ses yeux pâles comme pour faire comprendre qu’elle était prête, Noomïa sentit alors les mains de l’inconnu lui entourer le cou… Le cœur battant à tout rompre, ses jambes tremblant sur le coup de l’émotion, elle ne demandait plus qu’une chose, que cela soit rapide. Toutefois, et contre tout attente, le bourreau fut interrompu dans sa démarche pour une raison qui échappa à la jeune Déserteuse. Durant un quart de seconde, l’espoir sembla s’embraser de nouveau en elle, mais il s’évapora tout aussi rapidement lorsqu’elle sentit de nouveau cette pression qui l’étouffait. La fin, c’était la fin. Angoisse, terreur, torpeur, douleur. Le sang lui montait à la tête, l’air ne pouvait plus sortir de ses poumons. Mourir, il lui fallait mourir. Plus rien ne la retenait dans ce monde, plus rien. Sa famille avait perdu toute sa considération, son père lui avait menti, son frère n’avait cessé de la torturer psychologiquement. Et sa mère, elle, l’avait trahie. Au final, sa mort ne ferait que les accabler de remord, et c’était le coup le plus dur qu’elle pouvait leur porter. Ainsi, une douleur incommensurable la traversa de toute part, le genre de douleur qui donne envie d’hurler à s’en déchirer les cordes vocales, puis, ce fut terminé. Son corps inerte se déposa dans la couche de neige, aux pieds de l'homme qui venait de la tuer.
_____________

Délivrance, liberté, repos… Noomïa avait toujours pensé que rien ne pouvait être pire que les Erfeydes. De ce fait, elle avait su, et jusqu’à la dernière seconde, que son âme trouverait un endroit bien meilleur pour y reposer en paix et que le fameux Gardien n’existait que dans l’esprit des plus faibles. Tous ses espoirs s'étaient envolés donc vers Kalysta, cette femme qui avait été sa dernière rencontre et qui méritait de retrouver ceux qu'elle avait du quitter.

La fuite avait cessé, enfin elle allait vivre dans ses rêves et ce pour l'éternité.

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Posté dans Re: « Chaque rencontre est unique. » [VIOLENT] [Privé: Kalysta Klytië & Dhungaärd Hasëkar]    - Lun 22 Avr 2013 - 5:21

Ne pas baisser les bras. Fuir, courir, agir, mais surtout ne jamais s'arrêter de bouger, de faire, de lutter. Kalysta avait agi, et maintenant elle fuyait à nouveau. Elle avait agi, certes pas de la meilleure manière qui soit, mais l'important c'était ça, elle avait agi. Elle avait contribué à l'écriture de quelques mots dans le récit de l'histoire qu'était la sienne, celle de Noomïa et de ces deux Factionnaires qui en avaient après elles. Et maintenant elle courait. Elle avait trop peur de se retourner, elle craiganait que son poursuiveur ne la rattrappe ou pire, que sa tentative n'ait servi à rien. Alors elle fuyait, encore, inlassablement, courant de toutes ses forces dans l'amas de flocons qui recouvrait tout le domaine des Erfeydes, et bien plus encore. Mentalement, elle implorait le Gardien, lui demandait de l'aide. Elle le suppliait d'aider Noomïa, qui était en bien moins bonne posture qu'elle, puis elle espérait que la divinité se tournerait vers elle à nouveau et l'aiderait à s'enfuir.

Soudain, un cri retentit au loin, derrière elle. Ce n'était pas un cri strident, c'était un cri d'homme, un homme qui jubilait d'avoir atteint son objectif. Il la prévenait, la mettait en garde. Ses paroles résonèrent entre les arbres, autour des montagnes, portées par le vent glacial. Elle avait échoué, la petite Déserteuse n'était plus, il n'y avait plus rien à faire. Alors que le cri du Factionnaire lui glaçait les entrailles et formait une boule désagréable au creux de son estomac, elle accéléra encore. La tempête faisait rage, le vent avait tourné et la fouettait désormais sur tout le côté du visage. Elle sentait sa peau geler malgré la chaleur qui emplissait son corps. Derrière elle, son ennemi était toujours là, elle le sentait. Il se rapprochait d'ailleurs dangereusement alors qu'elle, épuisée, trébuchait dans la neige épaisse. Il allait la rattraper, ce n'était plus qu'une question de minutes, de toutes petites minutes.

Kalysta pensa utiliser son Lien avec l'ithylium pour se sauver, mais c'était inutile. Le temps que ses flammes se dirigent vers l'ennemi, il aurait largement le temps de tendre son esprit vers l'ithylium pur pour transformer ses flammes en quelque chose d'inoffensif. Sa seule issue était de courir sans s'arrêter, en espérant que le Factionnaire abandonne ou qu'un quelconque miracle se produise.

Courir, toujours courir. Ignorer les battements de son coeur, la douleur dans les jambes, l'air se faisant rare. Ne penser à rien d'autre que sa propre survie, c'était ça ou se résigner, poser un genou à terre et attendre la mort. Car c'est ce qui l'attendait, tout comme la petite Noomïa. Kalysta comptait bien survivre. Elle souhaitait retrouver son frère avant de mourir, réparer ses erreurs, et pour ça, elle avait besoin de temps.

Perdue dans le néant de son esprit, la Déserteuse ne sentit pas tout de suite le sol se dérober sous ses pieds. Elle vacilla, chancela, tomba en avant avant de se retourner et tenter de se raccrocher à quelque chose. Sous ses pieds, une crevasse de plusieurs mètres de profond. Plus paniquée que jamais, elle empoigna la neige qui partait en fumée dans ses mains, essayait de trouver le sol pour s'y accrocher, mais rien à faire. La neige tombait au fond du précipice sans faire de bruit et avec elle, le corps tétanisé de la jeune femme. La chute sembla durer une éternité, en réalité elle n'avait duré que quelques secondes. Le corps de la jeune femme heurta violemment le sol gelé. Elle était comme morte, inconsciente. Au moins, personne ne viendrait la chercher ici. Mais il y avait de fortes chances qu'elle n'aperçoive plus jamais la lumière du jour, quand bien même ses yeux s'ouvraient à nouveau. Elle était seule au monde, dans un corps meurtri en bientôt endolori par le froid.

Cette fois, le Gardien avait mieux à faire.

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Posté dans Re: « Chaque rencontre est unique. » [VIOLENT] [Privé: Kalysta Klytië & Dhungaärd Hasëkar]    - Dim 28 Avr 2013 - 6:08


Debout malgré les bourrasques, le guerrier attend. La chaîne entre ses doigts tournoie doucement, la masse mortelle à son extrémité, alors que son regard vagabond parcourt les bois l'entourant. A la recherche d'un mouvement. Aux aguets. Sa peau frémit tout juste à chaque assaut du vent. Son calme apparent dissimulait les images qu'il se remémorait. A peine quelques minutes, peut-être une heure plus tôt. Mais ces souvenirs-là n'étaient pas de ceux qu'on laisse de côté, ne lors attribuant nulle importance. Durant ces quelques années sous les ordres de l’Oeil, il l'avait déjà fait. Se servir d'un corps mort, le transformer en un avertissement à l'égard des autres. Il se rappelait de chaque fois, du moindre détail, du temps qu'il avait fait, de ce qu'il avait ressenti alors... De l'expressions de ceux qui l'accompagnaient, qu'il n'avait pas partagé. D'où venait la différence ? Cette mince interrogation darda le bout de son nez gelé alors qu'une ombre s'approchait, se distinguant bientôt. Une légère inclinaison de la tête de Dhungaärd à l'attention d'Havard, qui revenait bredouille, d'après la contrariété tout juste dissimulée que traduisait la tension de sa mâchoire, son regard fixe. L'Eclaireur ouvre la bouche, des mots près à en jaillir... Mais n'en sort qu'un hoquet, alors qu'il lève les yeux, cherchant un instant, puis trouvant. Dhungaärd sait vers quoi, et n'a pas besoin de suivre son regard. Son souvenir lui suffit à savoir quelle vision surprend ainsi l'homme. Mais une chose dont il n'a pas idée, et sur laquelle il se penche un instant : quelles perceptions, au travers de son lien, Havard a-t-il de la chair morte, alors que les branches la traversent, tels des crochets où l'on suspend des proies pour les vider ensuite.

Ce que l'Eclaireur voyait, c'était un corps blafard et nu que l'on avait hissé à quelques mètres de hauteur, avant de briser les maigres branchages d'une zone, et de le planter sur leurs moignons végétales. Havard ressentait-il l'étreinte de la chair froide sur eux ? Le froid avait saisi le cadavre avant toute action à son encontre, bien peu de fluide avait coulé. Sans doute le tronc de l'arbre aurait-il viré rouge, si tel n'avait pas été le cas. Car le corps avait été démembré. Bras et jambes n'étaient plus raccrochés au buste, seule la tête l'était encore. La tête aux cheveux sales, dont le regard crevé fixait l'horizon, le crâne maintenu en place par le petit moignon de bois vert qui perforait l'os. Bras et jambes n'étaient plus que des membres cassés, tordus dans un sens inhabituel, dont une blancheur teintée de rouge perçait au niveau des articulations torturées. Quelques courts sillons de sang coagulés contrastaient avec la blancheur de la peau. A la vision des membres suppliciés, s'ajoutait celui du torse... La cage thoracique avait été pulvérisée. La peau déchirée, les muscles et les organes écrasés en une bouillie sanglante étaient parsemés d'éclats blancs. Pas parfaitement blancs non. Mais au milieu de ces teintes de rouges immondes, ils le paraissaient. D'un blanc sale et hideux. Seul le ventre demeurait inviolé... En comparaison. Car, surplombant l'intimité cuivrée, se lisaient un simple mot, tracé de chaires brûlées sur la peau blanche. "Shaas."

La chaîne continue de tournée, stoïque comme celui qui la manie. Dhungaärd observe les frondaisons devant lui durant un instant, mémorisant comme à l'habitude ce qu'il voie, du mouvements des branches à l'expression de L'Eclaireur, sans s'appesantir sur les émotions qu'il y lit. Puis ses mots tranchent le silence qui durait. Que gagne-il à fixer le corps si longtemps ? La vision ne lui est pas destinée. La déserteuse ? Havard le fixe un instant avant de répondre, se rembrunissant un peu. Tombée dans une crevasse. Impossible de savoir si elle a survécu ou non. La limite de son lien... ? Il n'y a donc plus rien à attendre ici. Ralentissant le mouvement de la morgenstern, Dhungaärd en enroule la chaîne autour de son épaule, avant de s'éloigner de l'arbre mortuaire sans un mot. Au bout de quelques pas, il entend Havard le suivre, avant de passer devant lui. L’Éclaireur. Il semble à Dhungaärd surprendre un regard à son encontre, avant que la silhouette ne se fonde dans la forêt. La déserteuse n'était plus que chaire morte quand il avait commencé à lui arracher les membres. Il n'avait donc pas joui comme un fou de ses hurlements d'agonie, de la douleur qu'il lui aurait causé. Quelles limites serait imposé l’Éclaireur, s'il était parvenu à rattraper sa proie ? Seule l'Oeil jugerait la chose, une fois leur rapport fait, à la fin de leur ronde.

Quittant les lieux, Dhungaärd laissait le corps à sa place, livré aux intempéries et aux quelques charognards qui parviendraient à l'atteindre. Libre aux déserteurs, ou à d'autres factionnaires, d'y voir ce qui leur chanterait. Violence, bestialité, inhumanité... La chef des Shaas avait demandé des exemples, et le guerrier s'y employait comme il le devait. Dans le cas, qu'il considérait improbable, qu'elle y trouve à redire, il lui demanderait alors des instructions plus claires. Il ne s'inquiétait en rien des répercussions, et s'éloignait en se remémorant simplement le souvenir de la déserteuse. Aucune haine, aucun plaisir à la tuer. Peut-être ressentait-il une once de respect, pour cette frêle femme. La peur l'avait fait trembler, mais elle avait tenu. Une mort qui n'était pas pathétique, sans jérémiades inutiles, ni mensonge qui l'eut entaché. Retenir cela. Quant à son choix de se détourner du mode de vie d'un peuple entier... Il ne se prononçait pas sur la question, ayant conscience que là était un point qui pourrait lui valoir quelques désagréments. L'idée de tuer des compagnons butés ne l'attirait pas.

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